FICHE 1
LA DÉCLARATION DES DROITS DE LA
FEMME ET DE LA CITOYENNE, de Olympe de
Gouges
INTRODUCTION À écrire
CITATION
La lutte de la femme pour affirmer ses droits
fut un un long combat car tres tot , elle a ete
décrétée inférieures à l homme . Et avec la
révolution Française s'élèvent des voix comme
celle de François Poulain de La Barre , ou encore de
Choderlos de Laclos pour réclamer l'égalité entre l
homme et la femme . C est dans ce contexte des
lumières que la femme de lettre et autodidacte
OlympesDe Gouges va monopoliser sa vie pour
mener de multiples combats sur differents fronts qui
vont de l abolition de l esclavage ,à un programme d
aide sociale aux plus demunis , en tout en se
concentrat sur les droits des femmes à l egalite et à
la liberte selon selon la loi de la nature , de la raison
ce combat s affirme à travers la diversité de ses
oeuvres qui vont du theatre , au pamplet , à l essai
ou au manifeste .Gouge va meme pasticher LA
declaration des droits de l homme et du citoyen
dans son oeuvre majeur la declaration de la femme
et de la citoyenne publié en 1791
OUVERTURE
● Une femme engagée :
● ODG se bat pour l’égalité des droits
entre les sexes, mais aussi pour l’abolition
de l’esclavage, la reconnaissance des
enfants illégitimes,…
● Écrit de nombreux textes (pièces de
théâtre (Zamore et Mirza), réécriture de la
DDHC (DDFC),…) pour dénoncer les causes
pour lesquelles elle se bat.
● Elle n’en est pas à son premier écrit sur
les femmes, elle a écrit le Cri du sage,
par une femme en 1789 et elle accuse
les femmes du fait que leur situation
s’est empirée après la Révolution.
● Théroigne de Méricourt s’engage
également, à la même époque, pour
l’égalité des sexes à travers ses actes et
ses discours comme par exemple le
Discours prononcé à la Société
fraternelle des Minimes prononcé le 25
mars 1791, dans lequel elle incite les
femmes à s’émanciper et à récupérer
leur droits qu’elles avaient au temps des
Gaulois.
● Une voix de femme à la voix des
femmes :
● Elle défend les femmes qui ne peuvent
pas s’exprimer sur ce sujet, ainsi que
toutes les autres femmes, elle parle au
nom de toutes les femmes.
● Elle s’adresse à la Reine d’égale à
égale et l’encourage à faire quelque chose
en faveur des femmes.
● Affirmation d’une égalité naturelle :
● Elle s’appuie sur les lois de la nature de
Rousseau, sur lesquelles l’Assemblée s’est
appuyée pour rédiger la DDHC, afin de
montrer que les deux sexes sont égaux et
doivent vivre en harmonie. Pour elle,
seule la société est génératrice
d’inégalités et d’injustice.
● « La femme nait et demeure égale à
l’homme en droits » (art.1)
● A la fin du roman épistolaire Les
lettres persanes de Montesquieu (1721),
Roxane dénonce l’oppression que lui a
fait subir Usbek et dévoile avoir
« réformé (s)es lois de la nature » en le
trompant.
● Dans Le Partisan de l’égalité politique
entre les individus (1793), Pierre
Guyomar affirme à travers de nombreux
arguments que les hommes et les
femmes sont égaux et qu’il ne devrait
pas y avoir une inégalité entre ces deux
sexes au sein de la société.
● Une adresse aux femmes :
● Critique des femmes dans la société
de L’Ancien .Régime :
● Les femmes séduisaient avec leur
corps afin d’être respectées et pour avoir
le pouvoir, elles tenaient une
« administration nocturne » (elles
vendent leur corps).
● « La femme n’avait besoin que d’être
belle ou aimable ; quand elle possédait
ces deux avantages, elle voyait cent
fortunes à ses pieds. » (Postambule)
● Elle compare les femmes aux esclaves
qu’on achetait sur les côtes d’Afrique.
● Dans Femmes, soyez soumises à vos
maris (1768), Voltaire, à travers la
maréchale, critique vivement
l’oppression que les hommes font subir
aux femmes sachant qu’elles même
vivent des atrocités (règles, grossesse,…)
dans leurs vies, et que ceci est injuste.
● L’adresse aux femmes dans un ton
éducatif dans une prise de conscience :
● Olympe de Gouges fait prendre
conscience aux femmes de leur situation
et leur montre la gravité de celle-ci, afin
de les pousser à se révolter et à changer
leurs situations .
● « Femme, réveille-toi ; le tocsin de la
raison se fait entendre dans tout
l’univers ; reconnais tes droits. »
(Postambule)
● « Ô femmes ! femmes, quand
cesserez-vous d’être aveugles ? »
(Postambule)
● « Les mères, les filles, les sœurs,
représentantes de la nation, demandent
d’être constituées en Assemblée
nationale. » (Préambule)
● Dans Des femmes et de leur éducation
(1783), Laclos critique la situation dans
laquelle se situent les femmes ainsi que
le fait qu’elles s’y plaisent et les incite à
s’émanciper et à s’éduquer.
● Dans Discours de la servitude volontaire
(1576), La Boétie incite les opprimés en
général à se révolter, et leur fait prendre
conscience que leur situation est
anormale.
● Gouge n’ est pas à son premier écrit
sur les femmes, elle a écrit le Cri du
sage, par une femme en 1789 et elle
accuse les femmes du fait que leur
situation s’est empirée après la
Révolution.
● Une œuvre adressée aux hommes :
● Dans « l’adresse aux hommes », ODG
s’adresse directement aux hommes en
utilisant « tu » et cherche à dénoncer
l’oppression injuste et inexpliquée qu’ils
font subir aux femmes. Elle les provoque
également afin qu ‘ils lisent ses propos et
pour mieux contrer leurs arguments.
❖ « Qui t’a donné le souverain empire
d’opprimer mon sexe ? » (« L’adresse aux
hommes »)
❖ « Homme, es-tu capable d’être juste ?
» (« L’adresse aux hommes »)
● Dans Femmes, soyez soumises à vos
maris (1768), Voltaire, à travers la
maréchale, critique vivement l’oppression
que les hommes font subir aux femmes
uniquement parce qu’ils ont une barbe,
plus de muscles ou une « tête mieux
organisée ».
● L'inégalité dans le mariage :
● Les hommes divorcent des femmes
quand ils veulent (postambule)
● Les femmes doivent accepter l'argent des
hommes sinon elles sont considérées
comme de "mauvaises têtes"
(postambule)
● Les femmes sont comparées à des
esclaves "qu'on achète en Afrique"
(postambule)
● "Les séducteurs nous assiègent et misère
nous poignarde" (le mariage de Figaro)
● La femme dans la société française :
● Les hommes sont les seuls à asservir
les femmes, ils ne respectent pas la loi de
la nature (l'adresse aux hommes)
● Les femmes ne font rien pour
s'émanciper (le postambule)
● Les femmes n'ont pas accès à l'éducation
(liaisons dangereuses)
● La pensée est volée aux femmes (liaisons
dangereuses)
● "Considération dérisoire" (le mariage de
Figaro)
● "Votre conduite nous fait horreur ou
pitié" (le mariage de Figaro)
● Le mépris après la révolution :
● "Un mépris plus marqué, un dédain
plus signalé" (postambule)
● "La femme à le droit de monter sur
l'échafaud, elle a le droit de monter sur la
tribune" (article 10)
● "Nous sommes traités en majeures pour
nos fautes et traités en mineurs pour nos
biens" (le mariage de Figaro)
● La corruption de la femme :
● Les femmes doivent accepter l'argent des
hommes sinon elles sont considérées
comme de "mauvaises têtes"
(postambule)
● La femme doit être corrompue pour bien
vivre dans la société française
(postambule)
● Les réformes dans les mariages :
● Partage des biens entre le couple marié
(postambule)
● Égalité dans le mariage ((révolte des
femmes) liaisons dangereuses)
● Les réformes dans l'administration
publique :
● Le préambule + les articles
● Les femmes ont le droit de travailler dans
l'administration publique (préambule)
● Elles s'éduquent en cachette (liaisons
dangereuses)
● Olympe de Gouges incite les femmes à
se battre :
● Elle incite les femmes à s'émanciper
(postambule + Le Cri du Sage)
● Elle se présente en femme
combattante :
● Elle s'adresse directement à la Reine
en utilisant : "Madame" et s'adresse à elle
directement sans utiliser le langage de la
cour (l'adresse à la Reine)
● Elle prend la défense de la Reine
(l'adresse à la Reine)
AXES
I) LA VOIX DE FEMME À LA VOIX DES FEMMES
1/ Une femme engagée qui prends la parole de manière audacieuse
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est tout d'abord une
prise de parole audacieuse dans un contexte sociopolitique troublé et violent :
celui de la Révolution française.
La structure même de ce texte porte la trace de cette période de transition qui
fait passer de la monarchie à la république : s'affirmant comme le pendant
féminin (et la réécriture ironique) de la Déclaration des droits de l'homme et du
citoyen de 1789 rédigée par les « représentants du peuple français, constitués
en assemblée nationale », la Déclaration d'Olympe de Gouges est pourtant
dédiée « À la reine », Marie-Antoinette (qui sera guillotinée en 1793).
-Si cette dédicace manifeste un souci de concorde politique de la part
d'Olympe de Gouges, elle s'explique également par le fait que son autrice a
conscience de son audace lorsqu'elle réclame, en tant que femme, les mêmes
droits pour les femmes que pour les hommes. Aussi cherche-t-elle à obtenir
l'appui de celle qui est encore la femme la plus puissante de France, la reine :
« Il n'appartient qu'à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de
donner du poids à l'essor des droits de la femme, et d'en accélérer les succès »,
écrit-elle.
LE PORTE PAROLE DES FEMMES / une femme de lettre combattant (l’éthos)
qui se met en scène:
ODG se met en scène dans sa DDFC afin de convaincre par
l’ethos, selon les principes de l’art de la rhétorique d’Aristote.
• Olympe de Gouges a donc conscience qu'en tant que femme, sa voix risque
de n'être pas entendue. C'est pourquoi elle voudrait ne plus être seulement
une voix singulière mais devenir la voix des femmes.
Dans le « Préambule » de sa Déclaration, c'est au nom des « mères », des
« filles », des « sœurs », « représentantes de la nation », qu'elle s'exprime :
elle entend ainsi représenter toutes les femmes françaises.
De même, dans le « Postambule », elle exhorte les femmes à reconnaître leurs
droits : « Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ? » Elle les
appelle à s'unir afin d'obtenir l'égalité : « opposez courageusement la force de
la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les
étendards de la philosophie ».
• Cette (ré)union des femmes qu'Olympe de Gouges appelle de ses vœux peut
se lire aussi dans l'emploi récurrent qu'elle fait du singulier « femme » ou « la
femme » dans sa Déclaration. À ce terme de « femme », elle accole celui de
« citoyenne », façon de revendiquer l'égalité civile entre les femmes et les
hommes.
L’IMAGE D’UNE FEMME ÉGALE À LHOMME =selon
des droits philosophiques=nature et raison
I/droits naturels:
1) • Avec cette Déclaration, Olympe de Gouges entend affirmer l'égalité en
droits des femmes et des hommes, comme l'énonce l'article premier : « La
femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. » Elle justifie cette
assertion par le caractère naturel de cette égalité : « l'exercice des droits
naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme
lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la
raison » (art. iv).
• En rappelant le caractère naturel de l'égalité en droits des femmes et des
hommes, Olympe de Gouges légitime les revendications des femmes à
l'égalité : fait de société, la suprématie des hommes est une injustice qu'il
convient d'effacer à présent que s'institue un régime démocratique, la
Première République, qui doit faire respecter les « lois de la raison ». Ce n'est
donc que justice et bon sens que de concourir à protéger et à faire respecter
les droits des femmes, qui sont les mêmes que ceux des hommes.
DROITS POLITIQUE l’affirmation du statut de citoyenne :
Mais Olympe de Gouges ne se contente pas de vouloir faire reconnaître
l'égalité en droits des femmes et des hommes : elle atteste aussi du statut de
« citoyennes »des femmes et, par là, de la nécessité de leur participation au
façonnement de la société et de la nation, comme l'énoncent les
articles xiii et xiv.
Cette nécessaire participation des citoyennes à la vie de la société va de pair
avec la garantie de leur liberté d'opinion et d'expression, inscrite dans les
articles x et xi de cette déclaration : « Nul ne doit être inquiété pour ses
opinions mêmes fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l'échafaud,
elle doit avoir également celui de monter à la tribune » (art. x). Les femmes
étant soumises aux mêmes rigueurs de la loi que les hommes (art. vi à ix), elles
doivent réciproquement disposer des mêmes libertés.
• En garantissant la liberté d'expression des femmes, Olympe de Gouges
introduit dans sa Déclaration la question épineuse de la reconnaissance de la
paternité des enfants, obligeant les hommes à prendre leur part de
responsabilité dans la naissance d'» enfants naturels », refusant que les
femmes portent seules cette responsabilité (appréhendée par la société
comme une culpabilité) et que l'identité de leurs enfants s'en ressente. Car
Olympe de Gouges entend aussi faire évoluer la façon dont les femmes sont
perçues et se perçoivent.
une réécriture genrée :
La déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est une réécriture
critique de la DDHC qui vise à souligner l’exclusion des femmes . En effet Il
est intéressant de remarquer qu’Olympe de Gouges a remplacé dans de
nombreux endroits « l’homme » par « la femme et l’homme », de façon à
rendre claire la concordance entre les deux sexes. Olympe de Gouge veut
donc mettre les femmes et les hommes à un même pieds d’égalité comme on
le voit dans l’article 1 de la DDFC : “ la femme naît libre et demeure égale à
l’homme en droits” Le fait de désigner les femmes par le singulier « femme »
dans les articles, contrairement à la DDHC qui utilise le pluriel « les hommes »
permet à Olympe de Gouges d’insister sur la notion de genre plutôt que sur
des additions d’individualités donnant une portée soi-disant universelle de la
DDHC dans laquelle le terme générique « les hommes » exclue en réalité les
femmes. On peut également évoquer dans cette même perspective l’article 2 :
“ 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits
naturels et imprescriptibles de la femme et de l’homme. Ces droits sont la
liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l’oppression. » Olympe
de Gouges ajoute une nouvelle fois une perspective de genre à l’œuvre
révolutionnaire avec l’ajout de « de la femme » en 1 ère position.
UNE ADRESSE AUX FEMMES ET AUX HOMMES :
1) adresse aux femmes :
Olympe de Gouge fait une adresse aux femmes dans son oeuvre face à la
situation injuste vis à vis de l’égalité : en premier lieu elle apostrophe ses
contemporaines pour susciter la prise de conscience : “Ô femmes ! femmes,
quand cesserez-vous d'être aveugle ?” dans le postambule
éduquer les femmes :
Avec cette Déclaration, Olympe de Gouges exprime l'urgence de se
pencher sur la question de l'éducation des femmes : « puisqu'il est
question, en ce moment, d'une éducation nationale, voyons si nos
sages législateurs penseront sainement sur l'éducation des femmes ».
Dépassant le cadre stricto sensu(stricte) d'une déclaration de droits,
Olympe de Gouges ébauche(première forme) déjà la perspective dans
laquelle devra s'inscrire un projet d'éducation des femmes : il s'agit de
faire d'elles des êtres libres de leurs pensées et de leurs actes, ce qui
coïncide avec la réforme du statut civil des femmes et des «
conventions conjugales ».
de même
CHODERLOS DE LACLOS dans LA LETTRE 81 du roman
épistolaire fictif LES LIAISONS DANGEREUSES (1782) met en
scène le personnage la marquise de Merteuil, une femme libertine
critiquant l education des femmes de son epoque “ j etais vouée
au silence et à l inaction”
ADRESSE AUX HOMMES :
toutefois ODG s’adresse également aux hommes sur un ton polémique du
pamphlet qui précède la déclaration : “ Homme, es-tu capable d’être juste ?” ,
l’homme est en effet présenté comme un être bizarre , aveugle, boursouflé de
sciences et dégénéré {...} dans l’ignorance la plus crasse” ; son désir de
“commander en despote” y est ridiculisé . De meme dans les lettres persanes de
Montesquieu (1721), Roxane affirme sa liberté inaliénable face à la tyrannie
domestique de son époux : “ j’ai pu vivre dans la servitude; mais j’ai toujour été
libre : j’ai réformé tes lois sur celles de la nature ; et mon esprit s’est toujours
tenu dans l’indépendance”
dans cette même perspective gouge insiste sur la domination exercée
par les hommes sur les femmes qu' elle compare à la tyranie quand elle
affirme qu’il exerce “le souverain empire d’opprimer” il “est devenue
injuste envers sa compagne”et affiche à son egard son “mépris”et du
"dédain" . c est ainsi que l ancetre des feministes attaque à l injustice
des hommes quand elle affirme pour justifier le droit de la femme au
respect et aux même droits car elle respecte les mêmes devoirs :
« La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également
le droit de monter à la tribune » Article X de la Déclaration des droits
des femmes et de la citoyennes, 1791.
UN TABLEAU PATHÉTIQUE DE LA CONDITION
FÉMININE: 1) femmes dans l’ancien regime
• Dans le « Postambule », Olympe de Gouges brosse un « effroyable
tableau de ce que [les femmes ont] été dans la société » : substituant
à la force qui leur manquait la ruse et le charme, les femmes y
apparaissent comme de dangereuses éminences grises, « le
gouvernement français […] [ayant] dépendu, pendant des siècles, de
l'administration nocturne des femmes ».
• En peignant les femmes sous les traits de manipulatrices et de
meurtrières, Olympe de Gouges reprend des clichés répandus dans
la société quant à la « nature » des femmes.
Mais elle ne les reprend que pour mieux en dénoncer le caractère
culturel : « Une femme n'avait besoin que d'être belle ou aimable ”
au service de l homme et pour satisfaire ses moindre desirs ,raison
pour laquelle gouge la compare à la situation des esclaves dans les
colonies quand elle affirme dans le postambule “ la fortune est
fermée à la femme que l homme achète, comme l esclave sur les
cotes d afrique”ainsi le rapprochement entre la condition des
femmes et celles des esclaves noirs est un motif recurent dans l
oeuvre.
FEMMES VICTIMES La justice : un élément central
Par ailleurs, l’auteure ne revendique pas de droits spécifiques ou
supplémentaires (des dérogations ou passe-droits) pour les femmes
(voir à cet effet l’article VII : « Nulle femme n’est exceptée ; elle est
accusée, arrêtée et détenue dans les cas déterminés par la loi »). Dès
lors, ces dernières doivent pouvoir jouir des droits et des devoirs dont
elles disposent, tout comme les hommes. En d’autres termes, l’identité
des devoirs doit entraîner celle des droits et inversement. Elle affirme
ainsi dans l’article IX que « Toute femme étant déclarée coupable, toute
rigueur est exercée par la loi ». Les femmes sont donc victimisée ainsi
gouge dans LE CRI DU SAGE, datant de 1789, elle s ‘adonne à une
critique des hommes en s ‘adressant aux femmes en témoigne :
“livrés dans les bras des serviteurs corrompus, ils ont appris à
vous haïr et à vous mépriser"
MAIS ANTITHÈSE
Luttes contre l’esclavage :
Ses premières luttes ont été contre l’esclavage avec ses pièces de théâtre.
Dès 1788, elle fait paraître Réflexions sur les hommes nègres, ce qui la
met en relation avec la Société des amis des Noirs. Elle publie en 1792
L’esclavage des noirs, ou l’heureux naufragequi lui vaut de nombreuses
menaces de mort. Très jeune, elle s’intéresse à la question raciale : «
L’espèce d’hommes nègres m’a toujours intéressée à son déplorable sort.
Dans une lignée voltairienne, elle dresse un tableau du sort des Noirs de
son époque : « Les Européens avides de sang et de ce métal que la
cupidité a appelé de l’or, ont fait changer la nature de ces climats
heureux. Le père a méconnu son enfant, le fils a sacrifié son père, les
frères se sont combattus, et les vaincus ont été vendus comme des bœufs
au marché. Que dis-je ? C’est devenu un commerce dans les quatre
parties du monde. Un commerce d’hommes ! … grand Dieu ! et la nature
ne frémit pas ! S’ils sont des animaux, ne le sommes-nous pas comme eux
? et en quoi les Blancs diffèrent de cette espèce ?
LUTTE politique :
Outre son combat contre l’esclavagisme, Olympe de Gouges,
royaliste et catholique convaincue, porte son combat contre les
Montagnards et la Convention. Elle s’adresse à Robespierre en ces
termes « Ecoute Robespierre, c’est à toi que je vais parler, entends
ton arrêt et souffre la vérité. Tu te dis auteur de la Révolution, tu n’en
fus, tu n’en es, tu n’en seras éternellement que l’opprobre et
l’exécration. »Elle assimile la figure de Robespierre à l’anti-
patriotisme et au despotisme de la Convention. La native de
Montauban, dans son écrit Pronostics sur Maximilien de Robespierre
met en garde le peuple contre les dérives d’une guerre civile et le
non-sens des assassinats perpétrés entre patriotes. Elle déclare : «
Les Anglais firent monter sur l’échafaud leur roi, mais ils n’étaient
pas républicains. Apprends donc que ce titre suffit pour donner des
vertus, que les esclaves ne sentirent jamais. L’esclavage t’a montré le
chemin de la liberté ; la liberté va te conduire à celui de toutes les
vertus républicaines. »
Sa critique de la Convention (1792-1795) se porte plus
particulièrement sur le tribunal révolutionnaire. Dans son écrit
Adresse au tribunal révolutionnaire, elle évoque sa future arrestation
et condamnation à mort : « Les lois républicaines nous promettaient
qu’aucune autorité illégale ne frapperait les citoyens, cependant un
acte arbitraire, tel que les inquisiteurs, même de l’Ancien Régime,
auraient rougi d’exercer sur les productions de l’esprit humain, vient
de me ravir ma liberté, au milieu du peuple libre. »
Face aux dérives des Montagnards, Olympe de Gouges défend la
République et se place du côté des Girondins, défenseurs d’une
République modérée. Elle expose, dans son conservatisme politique,
des idées égalitaires et de partage que l’on retrouve dans la Lettre au
Peuple de 1788 : « Si l’on indique un impôt volontaire, j’ose croire
qu’on établira une caisse nationale, propre à recevoir les deniers
consacrés à acquitter les dettes de l’Etat. […] La véritable sagesse ne
connaît ni préjugé, ni prévention ; le vrai seul l’intéresse et le bien
général la guide ; c’est donc à cette sagesse à qui je soumets le fruit
de mes réflexions. »
SA CONDAMNATION N' EST PAS LIÉE A LA RÉDACTION DE LA DDFC
Mais ce sont ses brochures politiques qui l ont menées à la
potence
Elle fait imprimer, le 20 juillet 1793, une affiche bordée de rouge
intitulée « Les trois urnes ou le salut de la patrie », où elle ne
demande rien de moins que le droit au référendum des
Français sur leur futur gouvernement ou elle demande aux
citoyens de choisir entre la monarchie, le fédéralisme ou la
République. Accusée de remettre en cause le principe républicain, la
Girondine est inculpée par le Tribunal révolutionnaire, le 2
novembre. L’accusateur Fouquier- Tinville plaide « l’attentat à la
souveraineté du peuple ». La cause sera vite entendue. Gouges,
veuve Aubry, 45 ans, est condamnée à la peine de mort. La
sentence sera exécutée vingt-quatre heures plus tard
UNE LUTTE SOCIALE Une forme de contrat sociale :
Le postambule de la DDFC est suivi par un court essai intitulé Forme
du contrat social de l’homme et de la femme Olympe de Gouges y
développe la nécessité de certaines réformes sur le statut des femmes
et notamment à propos du contrat de mariage ; Après avoir évoqué, à
la fin du postambule, la situation des femmes sous l’Ancien Régime,
elle entend démontrer qu’il est nécessaire de modifier le régime
matrimonial sous peine de voir les “vices ” inhérents au règne de la
monarchie, perdurer. L’action révolutionnaire, à ses yeux, doit en effet
s’accompagner de mesures législatives efficaces pour garantir la
protection des femmes et mettre un terme à la dépendance arbitraire
qui les lie à leurs époux. L’extrait étudié commence à “Voilà à peu près
la formule de l’acte conjugal “ et se termine par “le gouvernement
français ne saurait plus périr
∙ A son combat majeur qui vise à accorder aux femmes les mêmes
droits que les hommes, Olympe de Gouges associe des luttes
secondaires. C'est le principe de l'intersectionnalité des causes, selon
lequel plusieurs formes de discrimination ou d’injustice peuvent
s'entrecroiser dans une société, et parfois toucher les mêmes
individus, comme une femme victime de sexisme et de racisme par
exemple.
Ainsi, Olympe de Gouges milite pour une union conjugale libre
dans laquelle les conjoints sont strictement égaux dans la
gestion des biens du ménage et dans l'autorité sur les enfants.
Elle considère qu'il faut également améliorer le statut des
prostituées, des enfants baterds autoriser le mariage des
prêtres
A APPRENDRE
UNE FEMME ENGAGÉE
Olympe de Gouges se bat pour :
- l’égalité des droits entre les sexes,
- pour l’abolition de l’esclavage et
- la reconnaissance des enfants illégitimes
Elle écrit de nombreux textes (pièces de théâtre → Zamore et Mirza), réécriture
(pastiche) de la DDHC (La DDFC) pour dénoncer les injustices de la société envers
les femmes et les esclaves.
En réécrivant la DDHC, OdG propose de mettre sur le même pied d’égalité les deux
sexes en termes de droits et de libertés.
Pour ce faire, elle substitue les hommes par les femmes dans le préambule en
transformant la première phrase en “les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la
nation”.
Les articles du texte fondateur subissent le même processus de féminisation : OdG
remplace “les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits” par “La femme
nait et demeure égale à l’homme en droits” (art.1).
De plus, selon OdG, une nation n’en n’est pas une si elle ne réunit pas les hommes et
les femmes.
“La loi doit être l’expression de la volonté générale ; toutes les citoyennes et citoyens
doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation.”,
“La Constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la nation, n'a pas
coopéré à sa rédaction.” (art.16).
Cette réécriture a également pour objectif la mise en relief de l’oubli des femmes dans
la DDHC, sachant qu’elles ont eu un grand rôle dans la Révolution (la marche des
femmes par exemple). Elle relève également le caractère misogyne de la DDHC tout
en défendant les femmes.
!
Elle n’en est pas à son premier écrit sur les femmes, elle a publié le Cri du sage, par
une femme en 1789 et elle accuse les femmes de se complaire dans la soumission aux
hommes.
!
ELLE SE PRÉSENTE COMME UNE FEMME
COMBATTANTE
Elle se bat, tout au long de la DDFC, pour que les femmes obtiennent une égalité de
traitement et de considération. En effet, à l’époque, les femmes étaient considérées
comme mineures au yeux de la loi, elle ne servirait qu’à obéir à leur maris et à élever
leurs enfants. Elle le fait à travers la réécriture de la DDHC.
OdG propose de mettre sur le même pied d’égalité les deux sexes du point de vue
juridique. Ainsi, elle substitue “homme” par “femme” dans les 17 articles de la
déclaration comme par exemple “les hommes naissent et demeurent libres et égaux en
droit” (art.1) par “La femme nait et demeure égale à l’homme en droits” (art.1). Ici,
elle exige que le droit de vote soit attribué aux femmes, ainsi que le statut de citoyenne
et le droit de travailler.
Dans l’article 10, elle rappelle que “la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle
doit également avoir celui de monter à la tribune”(art 10).
Elle dénonce grâce à cet article le fait que les femmes peuvent être condamnées à mort
alors qu’elles ne peuvent pas donner leur opinion sur les lois qui les gouvernent.
UNE VOIX DE FEMME AU SERVICE DES FEMMES
Elle défend les femmes qui ne peuvent pas s’exprimer, elle parle au nom de toutes les
femmes. Contrairement aux autres écrivains ayant écrit pour la même cause (Voltaire,
Laclos), OdG a la légitimité d'être une femme, donc elle peut mieux les défendre et la
communication avec les autres femmes est plus simple. “Femme, réveille -toi”.
Elle s’adresse à la Reine avec franchise et loin de toutes les convenances en quête de
sa protection “Mon but, Madame est de vous parler franchement”, sachant que
l’autrice l’a défendue lorsqu’elle a été accusée de trahison par le peuple français.
Mais nous savons qu'elle voulait en réalité trouver en la femme la plus puissante un
soutient.
La voix d'OdG s'exprime explicitement par deux fois dans l'ensemble de l'œuvre.
1. Dans la Dédicace à la Reine : l'auteur n'hésite pas à s’adresser à la souveraine
d'égale à égale, en négligeant ouvertement tous les codes de déférence (=
politesse) qu’un sujet doit manifester.
En employant le mot “Madame “ et en insistant sur sa volonté de lui parler
“franchement”, sans adopter le langage habituel et la flagornerie (flatterie grossière)
des courtisans, elle s'affirme comme un individu libre d'exprimer ses idées.
En procédant ainsi, elle prétend parler à la reine de femme à femme, et ignorer la
distance sociale qui les sépare.
UNE ADRESSE AUX FEMMES
Dès le préambule (“les mères ,les filles ,les soeurs, représentantes de la nation”), elle
remplace “Homme” de la DDHC par cette accumulation dont le but de monopoliser
l’attention du sexe masculin sur la ligitimité des droits du sexe feminin quand nous
savons que tout homme a une mère, une fille ou une soeur qu’il pourrait défendre.
“Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent d’être
constituées en Assemblée nationale.” (Préambule).
CRITIQUE DES FEMMES DANS LA SOCIÉTÉ DE
L'ANCIEN RÉGIME
Les femmes séduisent avec leur corps afin d’être respectée et d’avoir du pouvoir, elles
tenaient une « administration nocturne » . Elles étaient qualifiées de sexe "méprisable
et respecté".
Elles dominaient les hommes grâce à la ruse et à leur charmes étant donné qu’elles
étaient privées d’éducation. “La femme n’avait besoin que d’être belle ou aimable ;
quand elle possédait ces deux avantages, elle voyait cent fortunes à ses pieds.”
(Postambule)
Elle met en valeur une analogie entre les femmes et les esclaves que “l'homme achète
(…) sur les côtes d’Afrique”. Cette comparaison provocatrice a pour but d'éveiller les
esprits féminins.
Cependant, dès que leurs charmes se sont dissipés, la plupart sombraient dans la
pauvreté. En effet, les hommes avaient la possibilité de les abandonner selon leur
volonté.
L'ADRESSE AUX FEMMES DANS UN TON
ÉDUCATIF (PRISE DE CONSCIENCE DES
FEMMES)
OdG fait prendre conscience aux femmes de leur situation et leur montre sa gravité,
afin de les pousser à se révolter et à changer les choses. “Femme, réveille-toi ; le
tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits.”
(Postambule) pour ajouter “Ô femmes! Femmes, quand cesserez-vous d’être
aveugles ?” (Postambule). L’utilisation des injonctions “reconnais tes droits” et des
adresses directes “femme” renforce cette ambition de réveiller les esprits endormis.
Gouges cherche ainsi à pousser la joute féminine à la révolte.
OG La visionnaire +Dans le Contrat social de
l'homme et de la femme : non seulement elle s'adresse clairement à
ses détracteurs potentiels, qu'elle identifie et interpelle en termes peu flatteurs: “les
tartufes, les bégueules, le clergé toute la séquelle infernale”, mais elle évoque
également comme preuve de l'injustice régnante à l'égard des femmes, son cas
personnel, aux prises avec un cocher qui veut lui faire payer la course qu'elle vient de
faire à un prix exorbitant, elle porte l'affaire au tribunal où elle tombe sur un magistrat
qui la traite avec mépris et condamne à payer au cocher la somme que celui-ci lui
réclame.
OdG donne donc d'elle-même une image de femme indépendante, pleine d'audace et
de fougue, qu'elle fonde sur des actes.
Gouges dans Le Cri du Sage, datant de 1789, s‘adonne à une critique des hommes en
s‘adressant aux femmes en témoignant : “livrés dans les bras des serviteurs corrompus,
ils ont appris à vous haïr et à vous mépriser”.
Elle reproche également aux femmes leur naïveté croyant pouvoir accéder à la
considération des hommes : “Ô femme ! Qu'avez-vous fait ? Qu‘avez-vous produit?”.
AFFIRMATION D'UNE ÉGALITÉ NATURELLE
Elle s’appuie sur les lois de la nature de Rousseau, sur lesquelles l’Assemblée s’est
référée pour rédiger la DDHC, afin de prouver que les deux sexes sont égaux et
doivent vivre en harmonie.
Pour elle, seule la société est génératrice d’inégalités et d’injustice. “observe le
créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur (….) et donne-moi
si tu l'oses, l'exemple de cet empire tyrannique”, elle lance ainsi un défi à l'homme à
travers cet argument d'autorité dont il pourrait s’inspirer.
De même, l’article 4 stipule que les femmes ont les mêmes droits naturels que les
hommes, et qu’il faut réformer les limites imposées au sexe féminin par le sexe
masculin. “L’exercice des droits naturels de la femme n’a de bor nes que la tyrannie
perpétuelle que l’homme lui oppose; ces bornes doivent être réformées par les lois de
la nature et de la raison.”
Elle expose sa propre vision de la femme et blâme les hommes affirmant que les deux
sexes sont complementaires. C’est une manière pour elle de montrer que l’égalité entre
les hommes et les femmes est naturelle.
FEMMES DU FUTUR=visionnaire
La femme du futur, à l'inverse des deux figures précédentes, est une femme libre,
indépendante et l'égale des hommes, comme le montrent tous les articles de la
Déclaration qui la dessinent en creux.
Elle aura le droit d'aller à l'école, de voter, d'être élue, de s'exprimer en public
librement, de postuler à tous les emplois selon ses capacités, de gérer son patrimoine,
d'exercer son autorité sur ses enfants.
OdG fait aussi l'éloge de toutes ses potentialités “déployez toute l'énergie de votre
caractère” et n'hésite pas à renverser le préjugé qui fait des femmes le sexe faible en le
qualifiant de “sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances
maternelles.”
UNE OEUVRE ADRESSÉ AUX HOMMES
Dans “l’adresse aux hommes”, OdG s’adresse directement aux hommes sur un ton
polémique en utilisant “tu” et cherche à dénoncer l’oppression injuste et inexpliquée
qu’ils font subir aux femmes.
Elle les provoque également afin qu'ils adhèrent à sa quête et pour mieux contrer leurs
arguments. “Qui t’a donné le souverain empire d’opprimer mon sexe ?” (L’adresse
aux hommes) “Homme, es-tu capable d’être juste ?” (L’adresse aux hommes).
L'INÉGALITÉ DANS LE MARIAGE
- “Les hommes peuvent répudier ou abandonner les femmes selon leur bon
vouloir” (Postambule)
- Les femmes doivent être corrompues sinon elles sont considérées comme de
“mauvaises tête” (Postambule)
- Les femmes sont comparées à des esclaves “qu'on achète en Afrique”
(Postambule)
- “Les séducteurs nous assiègent et misère nous poignarde” (Le Mariage de
Figaro)
LA FEMME DANS LA SOCIÉTÉ FRANCAISE
Les hommes sont les seuls à asservir les femmes, ils ne respectent pas la loi de la
nature (l'adresse aux hommes) “Observe le créateur dans sa sagesse; parcours la nature
dans toute sa grandeur (….) et donne-moi si tu l'oses, l'exemple de cet empire
tyrannique”.
“Les femmes ne font rien pour s'émanciper” (le Postambule)
“Les femmes n'ont pas accès à l'éducation” (Les Liaisons dangereuses)
“La pensée est volée aux femmes” (Les Liaisons Dangereuses)
“Considération dérisoire” (Le Mariage de Figaro)
“Votre conduite nous fait horreur ou pitié” (Le Mariage de Figaro)
LE MÉPRIS APRÈS LA RÉVOLUTION
Suite à la Révolution, les femmes, qui espéraient une amélioration de leur situation
(rédaction dans le cahier des doléances), n’ont rien reçu de la part de l’Assemblée.
Au contraire, leur situation s’est aggravée. Elles ont en effet perdu leur domination
qu’elles avaient vis-à-vis de la gente masculine et elles sont devenues plus méprisées
par les hommes : “Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé” (Postambule).
Si l’Assemblée a décidé de ne pas accorder de droits aux femmes, elle les a en
revanche mis sur le même pied d’égalité concernant les sentences.
“La femme à le droit de monter sur l'échafaud, elle a le droit de monter sur la tribune”
(article 10) et “Nous sommes traités en majeures pour nos fautes et traités en mineurs
pour nos biens” (Le Mariage de Figaro).
Ici, le fait que les femmes puissent être exécutées sans pouvoir donner leur opinion sur
les lois qui les gouvernent.
r le même pied d’égalité les deux sexes du point de vue juridique.
LES RÉFORMES PROPOSÉES
A la fin de son ouvrage, OdG propose de multiples réformes qui ont pour but
d’améliorer la condition féminine comme par exemple le partage des biens entre le
couple en cas de divorce, l’héritage, mais aussi concernant la vie quotidienne comme
le droit au travail.
OLYMPE DE GOUGES, HÉRITIÈRE DES
LUMIÈRES
Elle s’appuie sur les lois de la nature de Rousseau, sur lesquelles l’Assemblée
s’est référée pour rédiger la DDHC, afin de prouver que les deux sexes sont égaux
et doivent vivre en harmonie.
Pour elle, seule la société est génératrice d’inégalités et d’injustice. “observe le
créateur dans sa sagesse ; parcours la nature dans toute sa grandeur (….) et donne-moi
si tu l'oses, l'exemple de cet empire tyrannique” elle lance ainsi un défi à l'homme à
travers cet argument d'autorité dont il pourrait s’inspirer.
De même, l’article 4 stipule que les femmes ont les mêmes droits naturels que les
hommes. “L’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie
perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de
la nature et de la raison.”
Selon OdG, cette injustice n’est que le fruit de l’ignorance, ironique vu qu’elle
s’exprime au siècle des Lumières, et que les deux sexes sont naturellement égaux.
Cependant, les idées qu’avance OdG arrivent trop tôt pour son époque, les femmes
elles-mêmes ne semblent pas prêtes à les recevoir et à les comprendre.
En 1789, lors de la rédaction des cahiers de doléance, des femmes engagées y plaident
leur cause, mais elles s’enferment dans leur rôle qui leur est attribué, se jugeant ainsi
indignes d’accéder aux sciences.
Elles affirment : “nous voulons bien laisser aux hommes la valeur, le génie ; mais
nous leur disputerons toujours le dangereux et précieux don de la sensibilité”.
Elles se réduisent donc à des êtres sensibles et douces , tout comme elles ont été
éduquées.
AFFIRMATION DU STATUT DE CITOYENNE droit
politique
Selon OdG, une nation n’en n’est pas une si elle ne réunit pas les hommes et les
femmes. “La loi doit être l’expression de la volonté générale; toutes les citoyennes et
citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa
formation.”.
OdG, en écrivant la DDFC, propose de mettre sur le même pied d'égalité politique l
homme et la femme
Ainsi, elle substitue “homme” par “femme” dans les 17 articles de la déclaration
comme par exemple : “les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit”
(art.1) par “La femme nait et demeure égale à l’homme en droits” (art.1).
Ici, elle exige que le droit de vote soit attribué aux femmes, ainsi que le statut de
citoyenne et le droit de travailler.
Dans l’article 10, elle rappelle que “la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle
doit également avoir celui de monter à la tribune”.
Elle dénonce grâce à cet article le fait que les femmes peuvent être condamnées à mort
alors qu’elles ne peuvent pas donner leur opinion sur les lois qui les gouvernent.
synthèse
ECHEC DE LA DDFC = au XVIIIe siècle, les conditions de
réalisation du texte n’étaient pas réunies.
-les obstacles rencontrés
L’écrivaine prévoyait déjà dans son texte les obstacles que rencontrerait le
combat pour les droits des femmes.
quand elle dit dans le contrat social “a la lecture de ce bizarre écrit , je vois s
‘élever contre moi les tartuffes , les bégueules , le clergé et toute la séquelle
infernale “Olympe de Gouges semble attendre peu de choses des hommes
qu’elle exhorte : « Homme, es-tu capable d’être juste ? » “ Ainsi la
Déclaration des droits de la femme n’a pas trouvé d’écho législatif.,et n a
jamais été accepté par les deputés La Déclaration des droits de la femme
sera toujours réduite à l’identité de celle qui l’énonce : une femme. Le
choix du style juridique de la Déclaration « sera le lieu même de l’attaque
dirigée contre elle : on ne lui pardonnera pas de s’être approprié les outils
propres au mode masculin d’expression ; en “déclarant” des droits, en
proposant un autre modèle de “contrat social”, Olympe de Gouges sera
perçue comme une “folle” ».
2: une répression masculine
Les années qui suivent la publication de la Déclaration sont marquées
par la censure et la répression de la parole des femmes, comme
Teroigne de Mericourt a été violenté et a connu un destin déplorable
puisqu' elle a terminé sa vie dans un asile de fou .En effet leurs
paroles servent à les inculper. Olympe de Gouges perdra la vie, non
pour avoir écrit la DDFC, guillotinée par les mêmes despotes qu’elle
condamnait dans son œuvre en 1793 , elle est accusée d’aoir
placardé des affiches pour demander un referundum des francais et
francaises
VISIONNAIRE /POSTERIORITE
-Malgré l’échec de la mise en œuvre de la Déclaration, les revendications de
l’écrivaine sont actualisées dans le combat contemporain pour l’égalité des
hommes et des femmes.
Plongé dans l’oubli pendant deux siècles, le texte connaît au XX ieme siecle
une renaissance par l historien Olivier Blanc qui la réhabilite .Mais c est
surtout Benoite Groult qui en fera une ancetre feministe
C’est l’actualisation des revendications par la relecture de la Déclaration qui
venge l’écrivaine, comme elle l’avait souhaité lors de son exécution :
« Enfants de la patrie, vous vengerez ma mort ! »
L’écrivaine a été pionnière dans la revendication politique et juridique des
droits des opprimés : droit au divorce et à l’union libre, lutte contre la misère,
abolition de l’esclavage; . La formulation de ces propositions a préparé le
chemin pour les combats sociaux qui ont suivi. Elle constitue une figure de
référence pour les féministes qui poursuivent son [Link] Simone De
Beauvoir qui affirme dans son essai le deuxieme sexe “on ne nait pas femme ,
on le devient “
2. En appelant à la solidarité entre femmes de toutes conditions, elle a dessiné la
forme que prendrait le combat pour l’égalité. notamment par l'émergence du
courant de pensée :le féminisme qui a pris la forme d ‘un mouvement
social et politique actif à partir du XIX ème siecle en Angleterre et aux
Etats Unis et au XX eme siècle en france . IL a pour but d'émanciper les
femmes en leur accordant les mêmes droits et le même statut que les
hommes dans la société . Dans la Déclaration, Olympe de Gouges appelle
de ses vœux une lutte solidaire, qui transcende non seulement les
inegalités entre les femmes, mais aussi les différences entre leur combat et
ceux des autres populations opprimées, notemment l esclavage
LES THÈMES IMPORTANTS DE LA DÉCLARATION
DES DROITS DE LA FEMME ET DE LA CITOYENNE
A.L'ÉGALITÉ
Olympe de Gouges estime que l'égalité entre la femme et l'homme est inscrite dans la
nature, ce qui lui donne un caractère inaliénable. droit philosophique
=nature +raison
Elle invite à observer la coopération naturelle des animaux dans la nature :
« Cherche, fouille et distingue, si tu le peux, les sexes dans l'administration de la
nature. Partout, tu les trouveras confondus, partout ils coopèrent avec un ensemble
harmonieux à ce chef-d'œuvre immortel. »
Dans l'article 5, elle évoque « Les lois de la nature et de la raison » alors que cette
mention est absente de la DDHC.
Les propriétés sont considérées à l'article 17 comme « vrai patrimoine de la nature » et
doivent à ce titre être partagées entre l'homme et la femme.
Au 18ème siècle, on considérait que la nature créait des différences entre les deux
sexes, en fonction de critères comme la force physique.
Or pour Olympe de Gouges, la nature est au contraire placée sous l'égide d'une
autorité, « l'Être suprême » (préambule), rationnelle et juste, soucieuse de l'égalité
entre l'homme et la femme.
Ainsi les hommes, en oppressant les femmes, se sont éloignés de l'égalité naturelle.
B. LA JUSTICE= DROIT POlitique
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est avant tout un texte juridique.
Son objet est donc la justice.
Olympe de Gouges en a une conception distributive de la justice : pour elle, il s'agit de
répartir les biens, dignités, emplois et récompenses en fonction de la valeur et du
mérite de chacun (art. 6) : « toutes les citoyennes et tous les citoyens, étant égaux à ses
yeux, doivent être également admissibles à toutes les dignités, places et emplois
publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus
et de leurs talents ».
Donc les distinctions ne doivent plus reposer sur le sexe mais uniquement sur le mérite
et les talents de chacun, hommes et femmes confondus.
Elle insiste aussi sur le principe de responsabilité, indissociable de la justice.
Elle n'hésite pas ainsi à détourner le sens des articles 7, 8, 9 et 10 de la DDHC pour
affirmer que la loi doit s'appliquer avec la même rigueur aux femmes et aux hommes.
Olympe de Gouges pousse cette logique jusqu'à revendiquer un « droit » à l'échafaud :
« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le
droit de monter sur l'échafaud » (art. 10).
[Link] LIBERTÉS POLITIQUES POUR LES
FEMMES
Si Olympe de Gouges revendique un droit à l'échafaud, c'est pour mieux justifier celui
de « monter à la tribune » car elle revendique pour les femmes des libertés politiques
et économiques.
Elle met en valeur le rôle politique des femmes et réclame dans l'article 10 la liberté
d'expression pour tous.
Elle souhaite également que les femmes soient intégrées à l'administration et aux
charges publiques importantes (article 13), qu'elles aient un rôle décisionnaire dans la
répartition de l'impôt (art. 14), symbole de l'appartenance à la nation.
L'auteur va plus loin dans l'article 16 en défendant le rôle actif des femmes dans la
rédaction de la Constitution.
En tant que corps de la Nation, les femmes doivent pouvoir assumer tous les rôles
politiques et parcourir tous les échelons des emplois publics.
[Link] RÉVOLUTION
On est en 1791, donc, pendant la révolution française juste après la fin de l'ancien
régime en 1789. Or, réécrire la DDHC alors qu'on est encore en pleine révolution, est
hautement symbolique.
La DDHC est le texte clé de la révolution, celui qui fixe les nouveaux droits, hérités du
combat des Lumières : l'égalité, la liberté, la propriété et la souveraineté de la nation.
C'est un texte fondateur qui fait toujours partie de la Constitution de la France.
Or, en écrivant ce texte, Olympe de Gouges fait comprendre que la révolution est
incomplète, que ce grand texte juridique n'incarne pas l'égalité des droits qu'il est censé
prôner
Pour Olympe de Gouges, c'est l'occasion de faire une Révolution dans la Révolution.
Il est important de constater qu'Olympe de Gouges se considère comme une
révolutionnaire intègre, elle n'est pas contre la révolution, bien au contraire, elle veut
aller au bout du processus révolutionnaire en accordant aux femmes l'égalité face aux
hommes.
E. LE MARIAGE
Dans le postambule, Olympe de Gouges affirme : « le mariage est le tombeau de la
confiance et de l'amour ». Elle souhaite substituer à ce sacrement religieuse des «
conventions conjugales » afin que les relations entre époux soient fondées sur un
contrat, une sorte de pacte civil qui donne à la femme une place digne dans son foyer
et dans la société
L'ÉCRITURE DE LA DDFC
.
THÈME
[Link]
Ces deux termes, parfois confondus, ne sont pourtant pas identiques
mais la déclaration d'Olympe de Gouges relève sans doute des deux.
Le pastiche se présente en effet comme une copie qui reprend en les
soulignant les traits d'écriture d'un texte. En cela, il peut constituer un
hommage, mais aussi une prise de distance, pour ne pas dire un
affranchissement. Telle est bien la fonction de la Déclaration des droits
de la Femme et de la Citoyenne démarquant la Déclaration des droits
de l'Homme et du Citoyen. -Olympe de Gouges entend bien, dans sa
reprise,réécriture rendre hommage à un texte dont elle reconnaît toute
l'importance et la valeur, mais, en même temps, prendre ses distances
avec lui et s'affranchi du despotisme masculin dont il est selon elle
porteur.
les moyens= La reprise du vocabulaire juridique des articles initiaux,
voire de passages entiers, s'y trouve en effet présentée .
.
B. LE COMIQUE
Ce dernier n'en est pas complètement absent. En règle générale, les
quelques éléments de comiques qui apparaissent ici et là dans le texte
sont avant tout mis au service de la polémique et relèvent le plus
souvent de l'ironie du sarcasme, par exemple au début du préambule.
La Déclaration d'Olympe de Gouges : des procédés et
tonalités variés
Olympe de Gouges dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
utilise l'écriture comme une arme de combat au service de l'égalité entre les femmes et
les hommes.
Les procédés et tonalités auxquels elle a recours sont variés.
Nous avons vu qu'elle utilise l'écriture juridique pour donner solennité et force de loi à
son combat.
Mais son texte est également un pastiche de la DDHC de 1789. Olympe de Gouges fait
parfois preuve d'une ironie grinçante, comme dans l'article 4 où elle définit la liberté
de la femme : « l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie
perpétuelle que l'homme lui oppose ».
Elle s'exprime de manière plus énergique et vigoureuse dans le postambule où elle
emploie les figures de l'antithèse et du chiasme pour rendre sa lutte mémorable.
Elle y écrit par exemple : « tout a été soumis à l'ambition de ce sexe autrefois
méprisable et respecté et depuis la Révolution, respectable et méprisé. » Ce chiasme
montre la situation contradictoire dans laquelle est enfermée la femme au 18ème siècle
: sa valeur intérieure (« respectable ») ne correspond pas à sa situation politique («
méprisée »).
L'apostrophe aux femmes les invite à faire la Révolution dans la Révolution mais
relève aussi d'une tirade tragique aux accents raciniens : « ô femmes, femmes, quand
cesserez-vous d'être aveugles ? ». Cette tonalité rappelle que les femmes sont victimes
d'une tragédie politique.
Dans le postambule, Olympe de Gouges adopte aussi un style romanesque : « D'autres
exemples encore plus touchants s'offrent à la raison .» L'adjectif « touchants » dévoile
une sensibilité préromantique.
La situation de la jeune femme évoquée par l'écrivaine (« l'ingrat la laissera après
quelques années » ...) rappelle le destin de Manon Lescaut, l'héroïne du roman de
l'Abbé Prévost ou l'histoire de Polly Baker dans Supplément au voyage de
Bougainville de Diderot.
L'EMPLOI DE L'ART DE LA RHÉTORIQUE
[Link] RHÉTORIQUE
À l'époque encore, en tout cas dans un certain genre dramatique, le style
théâtral emprunte largement à la rhétorique classique. Olympe de
Gouges n'échappe pas à la règle.
On retrouve à l'œuvre chez elle les grands principes hérités d'Aristote, au
premier rang desquels le recours au célèbre triptyque ethos, pathos et
logos, soit, en plus des arguments logiques disposés selon une
progression étudiée (logos), le fait que l'orateur doit se présenter de
façon à inspirer confiance à son auditoire par sa façon d'être (ethos) et le
persuader en jouant sur ses émotions (pathos). On peut ajouter le souci
d'une captatio benevolentiae initiale qui doit permettre de s'assurer la
bienveillance de l'auditoire. On pourra cependant constater que, si
l'écrivaine reprend bien ces principes, elle en fait un usage pour le moins
original car reposant sur la provocation systématique renforcée par le
style théâtral dont nous avons parlé. Dans le préambule, elle ne se
départit jamais d'un ton supérieur, pour ne pas dire condescendant,
comme quand elle écrit par exemple« rends-toi à l'évidence quand je t'en
offre les moyens »,qu'on ne peut manquer d'entendre comme : « rends-
toi puisque je suis assez généreuse pour accepter une reddition que j'ai
rendue inévitable ».
Sa présence se décèle aussi à toutes les marques du jugement ou de
l'émotion qui ponctuent ses textes. Le lexique affectif, toujours très
présent, exprime ses sentiments, comme par exemple une forme
d'indignation, voire de colère, dans son apostrophe initiale ou la
conclusion, tandis que le lexique évaluatif porte ses juge ments de
valeurs comme sa célébration du «créateur dans sa sagesse » ou de «la
nature dans toute sa grandeur».
Elle est aussi présente dans le postambule, quand elle s'adresse aux
femmes pour les réveiller, sans cette fois ni les défier ni les heurter. On
notera cependant qu'elle ne recourt jamais à la première personne du
pluriel qu'on serait pourtant en droit d'attendre dans un souci de se
concilier les lectrices en rappelant ce qu'elles ont en commun. Au
contraire, elle se détache, d'abord pour convaincre les autres, les
rassurer, les exhorter et elle finit seule, en championne de son sexe face
à tous les hommes : « je n'ai qu'un moment pour les faire [les
remarques], mais ce moment fixera l'attention de la postérité la plus
reculée.»
Tout au long de son œuvre, OdG utilise de multiples façons de convaincre et de
persuader à différents endroits de l’écrit.
Logos (fond du message, logique),
Ethos (forme du message) : l’adresse à la Reine et anecdote finale (elle donne une
image positive d’elle-même),
Pathos (forme émotionnelle du message).
UN ETHOS POSITIF
OdG refuse la flatterie et l’usage du langage des courtisans en s’adressant à la Reine.
Tout au long du préambule, OdG n’emploie jamais la 1ère personne du singulier.
Elle propose une reformulation générale des droits des femmes, donc c’est l'intérêt des
femmes qui l’importe et non le sien.
De même, Simone de Beauvoir, en rédigeant le Deuxième sexe, enquête sur la
condition féminine en général sans parler d’elle-même (sans faire usage de la
dimension autobiographique).
La dramaturge agit avec courage au nom des mêmes valeurs qu’elle défend par ses
écrits. L’anecdote finale relève bel et bien qu’il n’y a aucun écart entre ce qu’elle écrit
et sa façon d’agir.
LES CARACTÉRISTIQUES DE L'ÉCRITURE D'OLYMPE
DE GOUGES
Olympe de Gouges choisit la forme de la Déclaration pour défendre la place de la
femme dans la société. Elle réécrit la DDHC en reprenant scrupuleusement ses
concepts juridiques.
La division en « articles », la rédaction d'un préambule et d'un postambule montrent le
désir de rendre solennelle cette déclaration et de lui donner force juridique. Olympe de
Gouges souhaitait en effet que sa déclaration soit présentée et votée par la
représentation nationale, ce qui ne sera jamais fait.
Mais dans le postambule, Olympe de Gouges sort du cadre juridique et se fait plus
rhétorique : « Femme réveille-toi (...) reconnais tes droits »
Cette apostrophe à l'allégorie de la femme adopte le style emphatique des
révolutionnaires qui employaient des formules identiques.
En modifiant le sens originel de certains articles de la DDHC de 1789, Olympe de
Gouges fait par moments une parodie de la DDHC.
Ainsi, l'article 9 de la DDHC évoque la présomption d'innocence : « Tout
homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable
(...) ». Mais dans sa Déclaration, Olympe de Gouges opère un détournement ironique
en écrivant : « Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la
loi. ». Les femmes se voient presque appliquer une présomption de culpabilité !
La Déclaration d'Olympe de Gouges : des procédés
et tonalités variés
Olympe de Gouges dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
utilise l'écriture comme une arme de combat au service de l'égalité entre les femmes et
les hommes.
Les procédés et tonalités auxquels elle a recours sont variés.
Nous avons vu qu'elle utilise l'écriture juridique pour donner solennité et force de loi à
son combat.
Mais son texte est également un pastiche de la DDHC de 1789. Olympe de Gouges fait
parfois preuve d'une ironie grinçante, comme dans l'article 4 où elle définit la liberté
de la femme : « l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie
perpétuelle que l'homme lui oppose ».
Elle s'exprime de manière plus énergique et vigoureuse dans le postambule où elle
emploie les figures de l'antithèse et du chiasme pour rendre sa lutte mémorable.
Elle y écrit par exemple : « tout a été soumis à l'ambition de ce sexe autrefois
méprisable et respecté et depuis la Révolution, respectable et méprisé. » Ce chiasme
montre la situation contradictoire dans laquelle est enfermée la femme au 18ème siècle
: sa valeur intérieure (« respectable ») ne correspond pas à sa situation politique («
méprisée »).
L'apostrophe aux femmes les invite à faire la Révolution dans la Révolution mais
relève aussi d'une tirade tragique aux accents raciniens : « ô femmes, femmes, quand
cesserez-vous d'être aveugles ? ». Cette tonalité rappelle que les femmes sont victimes
d'une tragédie politique.
Dans le postambule, Olympe de Gouges adopte aussi un style romanesque : « D'autres
exemples encore plus touchants s'offrent à la raison .» L'adjectif « touchants » dévoile
une sensibilité préromantique.
La situation de la jeune femme évoquée par l'écrivaine (« l'ingrat la laissera après
quelques années » ...) rappelle le destin de Manon Lescaut, l'héroïne du roman de
l'Abbé Prévost ou l'histoire de Polly Baker dans Supplément au voyage de
Bougainville de Diderot.
ECRITURE
[Link] STYLE
“Il faut que j'obtienne de vous une indulgence plénière pour toutes mes
fautes qui sont plus graves que légères: fautes de français, fautes de
construction, fautes de style, fautes de savoir, fautes d'intéresser, fautes
d'esprit, fautes de génie ... En effet, on ne m'a rien appris. Élevée dans
un pays où l'on parle mal le français,je ne connais pas les principes,je ne
sais rien. Je fais trophée de mon ignorance, je dicte avec mon âme,
jamais avec mon esprit.” (L'Homme généreux, Préface)
Jusqu'au bout, en effet, Olympe de Gouges prétendra faire primer le
contenu de ses écrits, ou plutôt l'intention vertueuse qui les anime sur
leur qualité littéraire.
E. UNE ÉCRITURE THÉÂTRALE
Il faut insister en commençant sur l'importance du modèle théâtral chez
Olympe de Gouges qui a été largement formé aux lettres par la lecture
des grandes pièces classiques du répertoire.
Même quand elle ne compose plus de pièce, Olympe de Gouges
continue à être inspirée par le genre dramatique et le style tout à la fois
ampoulé et vi peut prendre la production de l'époque. Olympe de
Gouges n'écrivait pas directement, comme la plupart de ses
contemporains, mais dictait à des secrétaires. De fait, son style
conservera toujours une dimension volontiers orale, voire certains traits
familiers ou inspirés de la langue occitane dont elle devait user
régulièrement, du moins dans sa jeunesse. On peut ainsi relever dans le
préambule l'utilisation du verbe familier «fagoter» qui signifie
métaphoriquement composer à la hâte et n'importe comment.
Les apostrophes dont elle use dans le préambule et le postambule ne
peuvent jouer dans l'argumentation un rôle capital que par la force de
leur formulation. Elles débutent brutalement le texte à la manière d'une
ouverture théâtrale où un personnage s'adresse à un autre sans que le
spectateur puisse déterminer a priori ce qui motive cette question, ou
plutôt cette sommation. Cette première phrase est encore renforcée par
celle qui suit et qui en est comme une transposition soulignant
l'antithèse fondatrice : à « homme »correspond « femme ».Le texte se
poursuit à la manière d'un véritable dialogue ponctué d'interrogations
rhétoriques (« qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe?
ta force? Tes talents? ») ou d'impératifs qui lui confèrent cette
dimension orale et théâtrale : « Donne-moi » , « Remonte ». L'appel à la
femme du postambule est rédigé selon des principes analogues
F. LA CONSTRUCTION DES PHRASES
1. LA SYNTAXE
La syntaxe d'Olympe de Gouges, selon un procédé rhétorique habituel,
fait alterner phrases courtes et longues périodes, c'est-à-dire phrases
complexes et longues. Ainsi, au début du préambule, à deux questions
nominales très brèves
«ta force? tes talents? »,succède une période plus ample où sont
coordonnées deux principales à l'impératif, la première complétée par
une relative et la seconde par une subordonnée conditionnelle beaucoup
plus courte.
Le rythme y joue un rôle de premier plan et varie, lui aussi, au cours du
discours: tantôt binaire, tantôt ternaire, croissant ou décroissant, selon
l'effet à produire. Relevons par exemple dans le postambule ce binaire
encore souligné par les homéotéleutes: «Un mépris plus marqué, un
dédain plus signalée. »On peut noter un ternaire particulièrement
expressif au début du postambule, qui joue de surcroît sur l'alternance
entre deux membres de phrase courts (le premier comporte 6 syllabes; le
dernier 7) et un élément central plus long (17 syllabes).
Le deuxième paragraphe du préambule offre, lui, un bel exemple de
rythme progressif construit sur une succession de verbes à l'impératif
(« Remonte ... consulte ... étudie ... jette enfin ... et rends-toi...»).
2. LES PARALLÉLISMES
Olympe de Gouges écrit dans par exemple dans le postambule «Ce que
la force leur avait ravi, la ruse leur a rendu. »,où le second membre de
phrase, plus court (on passe de 10 à 7 syllabes), donne l'impression de
clôture.
[Link] FIGURES DE STYLE
Elles doivent mettre en valeur la thèse, les arguments ou les exemples.
On peut relever celles qui participent à l'amplification, comme
l'hyperbole qu'on trouve dans les épithètes qualifiant l'homme : «
bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré »,ou la nature, « ce
chef-d'œuvre immortel » ; même phéno mène avec «le tocsin de la
raison» qui se fait entendre dans «tout l'univers», et les expressions
«elle voyait cent fortunes à ses pieds», l'« empire tyrannique» de
l'homme ou « l'effroyable tableau» de la femme sous l'Ancien Régime.
Ce vocabu laire n'est d'ailleurs pas totalement absent des articles de la
Déclaration elle-même, quand elle parle de « la tyrannie perpétuelle que
l'homme lui oppose» ou du « préjugé barbare» qui force la femme à taire
la vérité sur l'identité du père de son enfant. Il est le signe manifeste que
le détachement juridique attendu cède devant le scan dale de certaines
situations qui ne peuvent laisser l'auteure de marbre. On trouve aussi les
figures d'insistance comme la répétition donnant un effet
d'accumulation : « bizarre, aveugle, boursouflé sciences et dégénéré»
(préam bule) ou «ambassade, commandement, ministère, présidence,
pontificat, cardi nalat» (postambule). On peut aussi relever les onze
impératifs qui se succèdent dans le préambule.
L'anaphore est aussi présente comme dans « Partout tu les trouveras
confondus, partout ils coopèrent ... », mais surtout dans la page du
postambule où Olympe de Gouges décline toutes les situations où peut
se trouver exposée la femme finale ment abandonnée par son séducteur
et qui débutent toutes par « si ».
Olympe de Gouges recourt également aux figures d'opposition comme
l'antithèse, par exemple entre « ce siècle de lumières et de sagacité» et «
l'ignorance la plus crasse» qui suit.
On trouve également ce qu'elle baptise elle-même une « sorte d'antithèse
» et qui apparaît aussi comme un chiasme, mais particulièrement
recherché : « ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la
Révolution, respectable et méprisé.» La combinaison de ces deux
figures de style se révèle particulièrement expressive pour rendre
compte du renversement paradoxal opéré par la Révolution dans la
façon de juger les femmes .
[Link] IMAGES
Enfin, et ce sont sans doute les figures qu'elle affectionne par-dessus
tout, les comparaisons et les métaphores abondent chez Olympe de
Gouges. Ainsi, dit elle de «la femme que l'homme achète» qu'elle est«
comme l'esclave sur les côtes d'Afrique ». On fera observer qu'ici la
comparaison n'a pas qu'une valeur expres sive, elle permet à l'auteur
d'aborder, fût-ce incidemment, un autre sujet qui lui tient
particulièrement à cœur. La Déclaration des droits fondamentaux,
liberté, égalité, n'a en effet pas de sens pour elle s'ils ne s'appliquent pas
à tous les êtres humains, femmes ou noirs. Certaines images sont des
expressions très usuelles dans le style rhétorique de l'époque comme« le
flambeau de la vérité» dissipant« les nuages de la sottise et de
l'usurpation» qui ouvre le postambule ou« les étendards de la philo
sophie». Plus rare peut-être « le tocsin de la raison ».
I. LES REGISTRES
Olympe de Gouges joue aussi sur les différents registres du texte, tour à
tour polémique, comme au début du préambule dont tous les procédés
d'écriture, nous l'avons vu, font une véritable attaque ou un assaut en
termes d'escrime, didactique dans le deuxième paragraphe du même
texte, pathétique quand elle peint le tableau de la femme abandonnée
par le séducteur, sans ressources et livrée au mépris général dans le
postambule. Alors abondent les épithètes suscitant la pitié pour les «
nobles victimes »,comme cette «infortunée» devenue « pauvre et vieille
», cette «jeune personne sans expérience »prête à croire le premier venu
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ASSOCIATION AVEC LE PARCOURS : “ÉCRIRE ET
COMBATTRE POUR L'ÉGALITÉ”
Éclaircissement sur le terme « égalité »
Par sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges écrit
et combat pour l'égalité entre les hommes et les femmes.
Mais on peut remarquer que le parcours ne mentionne pas le combat pour l'égalité
femmes-hommes. Il évoque simplement « l'égalité ».
Ce parcours nous permet donc d'explorer aussi d'autres combats, comme celui pour
l'abolition de l'esclavage ou pour l'égalité politique entre tous les hommes, quelle que
soit leur origine.
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+FICHE DE LECTURE
Titre : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Auteur : Olympe de Gouges
Date : 1791 (juste après la Révolution de 1789)
Mouvement Littéraire : Dans la continuité des Lumières
Parcours Associé : Écrire et Combattre pour l'Égalité
La DDFC est un texte qui n'a eu quasiment aucun retentissement en 1791, on est à une
époque où la supériorité masculine est si ancrée dans la société que ce texte est passé
inaperçu et Olympe de Gouges est rapidement tombée dans l'oubli. En fait, ce sont les
mouvements féministes du 20e siècle qui lui ont redonné de la visibilité, en racontant
son histoire, en publiant ce texte et Olympe de Gouges est considéré maintenant
comme une des figures précurseurs du féminisme.
RÉSUMÉ DE L'OEUVRE
1. Le Préambule
Dans le Préambule, Olympe de Gouges demande que les femmes soient constituées en
Assemblée nationale et que la déclaration rappelle à tous les membres du corps social
leurs droits et leurs devoirs vis-à-vis d'elles. Ce petit texte introduit les articles qui vont
suivre.
2. La Déclaration
La Déclaration elle-même est composée de 17 articles qui adoptent la même structure
syntaxique que ceux de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
La Déclaration d'Olympe de Gouges est donc un texte-miroir voire un pastiche
(imitation parodique) de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Les droits suivants y sont proclamés :
● L'égalité des droits de l'homme et de la femme (art.1)
● La liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression pour les deux
sexes (art. 2)
● La souveraineté qui est la réunión de l'homme et de la femme dans le corps
politique (art. 3)
● La protection des droits de la femme par les lois de la nature et de la raison (art.
4 et 5).
● Le droit pour la femme et l'homme de participer à l'élaboration des lois et de
prétendre aux dignités selon leur mérite. (art. 6)
● L'égalité devant la loi pour les deux sexes, y compris pour les devoirs et les
châtiments (art. 7, 8, 9 et 10).
● La liberté d'expression pour la femme (art. 10 et 11).
● La garantie des droits de la femme (art. 12)
● La contribution de la femme à l'impôt et le droit de participer à la distribution
des places, des emplois, des dignités et de l'industrie. (art. 13 et 14).
● Le droit pour la femme de demander à tout agent public des comptes sur son
administration (art. 15).
● La participation des femmes à la rédaction de la Constitution (art. 16).
● Le droit à la propriété, « inviolable et sacré » pour les deux sexes (art. 17).
3. Le Postambule
Le Postambule est un texte plus rhétorique, où Olympe de Gouge fait valoir ses
capacités oratoire, elle commence par un appel à la lutte pour l'égalité : « Femme,
réveille-toi ».
Olympe de Gouges constate que malgré la Révolution, les femmes sont toujours
méprisées et dédaignées.
Elle évoque le rôle décisif des femmes dans l'Histoire. Mais une fois leur capital de
jeunesse et de beauté disparu, ces dernières perdent leur influence dans la société.
C'est pourquoi Olympe de Gouges propose de sécuriser leur situation juridique par le «
partage des fortunes entre les hommes et les femmes, et de l'administration publique ».
Olympe de Gouges s'insurge également contre l'institution du mariage, « tombeau de
la confiance et de l'amour ». Elle souhaite préparer l'émancipation de la femme par
l'éducation et les « conventions conjugales » qui transformeraient les relations
conjugales en relations contractuelles.
tion de la France.
Or, en écrivant ce texte, Olympe de Gouges fait comprendre que la révolution est
incomplète, que ce grand texte juridique n'incarne pas l'égalité des droits qu'il est censé
prôner
Pour Olympe de Gouges, c'est l'occasion de faire une Révolution dans la Révolution.
Il est important de constater qu'Olympe de Gouges se considère comme une
révolutionnaire intègre, elle n'est pas contre la révolution, bien au contraire, elle veut
aller au bout du processus révolutionnaire en accordant aux femmes l'égalité face aux
hommes.
FICHE L'AUTEUR
Née en 1748, Marie Gouze grandit en Occitanie dans un milieu modeste.
Mariée à l'âge de 16 ans à un homme plus âgé, elle trouve quelques années plus tard,
grâce au veuvage, une liberté inattendue.
Elle prend alors le nom d'Olympe de Gouges et monte à Paris poursuivre une carrière
littéraire en publiant essentiellement des pièces de théâtre.
Sensible aux questions progressistes de l'époque, elle milite pour la condition de la
femme et l'abolition de l'esclavage.
Son écrit le plus célèbre, La déclaration des droits de la femme et de la citoyenne 1791
est une réécriture parodique de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de
1789. Elle y défend la cause des femmes, oubliées par l'univers masculin de la
Révolution française.
Elle est guillotinée en 1793 pour un manifeste jugé anti-révolutionnaire dans lequel
elle dénonçait les crimes de la Terreur. (Après la chute des Girondins, dont elle a pris
le parti, elle est accusée d'être l'auteur d'une affiche girondine.)
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Référence à connaître
1. Le Cri du Sage, par une femme (1789), Olympe de Gouges
OdG n’en est pas à son premier écrit sur les femmes, elle a écrit le Cri du sage, par
une femme en 1789 et elle accuse les femmes du fait que leur situation s’est empirée
après la Révolution.
2. Le Deuxième Sexe (1949), de Simone de Beauvoir
Comme la féministe engagée Simone de Beauvoir, qui affirme dans son essai Le
Deuxieme Sexe (1949) “on ne nait pas femme on le devient” car c’est l’éducation
melée de préjugés qui crée dès la naissance la séparation entre les sexes feminin et
masculin.
3. De l'égalité des deux sexes (1673), de François Poullain
François Poullain de La Barre publie quant à lui en 1673 De l'égalité des deux sexes :
Discours physique et moral où l'on voit l'importance de se défaire des préjugés. Dans
ces deux brefs ouvrages aux titres explicites, Marie de Gournay et François Poullain
de La Barre entendent démontrer que, contre l'opinion communément admise, les
femmes ne sont pas inférieures aux hommes.
4. Égalité des hommes et des femmes (1622), de Marie de Gournay
Marie de Gournay et François Poullain de La Barre méritent d'être mentionnés comme
étant parmi les premiers philosophes à publier des textes affirmant l'égalité des
femmes et des hommes. Marie de Gournay, “fille d'alliance” de Montaigne, fait
paraître en 1622 Égalité des hommes et des femmes.
5. Défense des droits de la femme (1792), de Marry Wollstonecraft
En 1792, l'Anglaise Mary Wollstonecraft publie le court texte Défense des droits de la
femme (A Vindication of the Rights of Women) en réponse au Rapport sur
l'instruction publique rédigé par le Français Talleyrand en 1791 pour l'Assemblée
nationale et qui évacue la question de l'éducation des femmes comme étant peu
pertinente.
Dans ce livre, Mary Wollstonecraft, qui a déjà publié en 1786 Réflexions sur
l'éducation des filles, dénonce les préjugés dont sont victimes les femmes et réclame le
droit pour elles à une éducation semblable à celle des hommes ainsi que l'égalité des
droits entre les deux sexes.
6. Discours prononcé à la Société fraternelle des Minimes (1791), de
Théroigne de Méricourt
Théroigne de Méricourt s’engage également, à la même époque, pour l’égalité des
sexes à travers ses actes et ses discours comme par exemple le Discours prononcé à la
Société fraternelle des Minimes prononcé le 25 mars 1791, dans lequel elle incite les
femmes à s’émanciper: “Françaises, (…) il est temps enfin que les femmes sortent de
leur honteuse nullité, où l'ignorance, l'orgueil, et l'injustice des hommes les tiennent
asservies depuis si longtemps”.
7. Le Partisan de l'égalité politique entre les individus (1793), de Pierre
Guyomar
Dans Le Partisan de l’égalité politique entre les individus (1793), Pierre Guyomar
affirme à travers de nombreux arguments que les hommes et les femmes sont égaux et
qu’il ne devrait pas y avoir une inégalité entre ces deux sexes au sein de la société.
Il rejoint ainsi Gouges quand elle dit “La femme nait et demeure égale à l’homme en
droits” (art.1).
Gouges est ainsi à l’image de Pierre Guyomar,
8. Les Liaisons Dangereuses (1782), Choderlos De Laclos
Choderlos De Laclos dans la lettre 81 du roman épistolaire fictif Les liaisons
dangereuses (1782) met en scène le personnage de la marquise de Merteuil, une
femme libertine critiquant l’education des femmes de son époque “j’étais vouée au
silence et à l’inaction” (critique de l’éducation des femmes).
9. Des femmes et de leur éducation (1783), Choderlos De Laclos
De meme dans son essai Des femmes et de leur éducation, datant de (1783) Choderlos
de Laclos incite les femmes a se révolter contre les hommes “Apprenez qu'on ne sort
de l'esclavage que par une grande révolution. Cette révolution est-elle possible ? C'est
à vous seules de le dire puisqu'elle dépend de votre courage”.
10. A Room of One's Own (1929), de Virginia Woolf
Une chambre à soi (A Room of One's Own) (1929) de Virginia Woolf réunit les
conférences que Virginia Woolf donna en 1928 dans les collèges féminins des
universités de Cambridge (Newnham College et Girton College) concernant les
femmes et le roman.
En réfléchissant à ce sujet, elle se met à dénoncer les nombreuses difficultés
auxquelles se heurtaient les femmes qui souhaitaient s'instruire et écrire, revendiquant
le droit pour elles de devenir des écrivaines à part entière et d'être reconnues comme
telles.
11. L'admission des femmes au droit de cité (1789), de Nicolas de
Condorcet
Condorcet, philosophe des Lumières, affirme dans son texte Sur l'admission des
femmes au droit de cité, publié dans le journal de la société de 1789 où il se prononce
sur le droit de vote : “il serait difficile de prouver que les femmes sont incapables
d'exercer les droits de la cité” ce qui rejoint la demande de Gouges sur le droit à la
citoyenneté.
12. Cinq mémoires sur l'instruction publique (1791), de Nicolas de
Condorcet
lui il pense à la qst sociale mais pas à la situation des femmes, pour lui les mères
doivent être instruite pour aider leurs enfants
il s'en fou du développement, des aspirations de femmes
la femme est vu comeme un outil à rendre une famille harmonieuse
Condorcet (un des rares à avoir parler sur l'instruction des filles mais si on y regarde
de + plus près ses arguments c : les enfants égaux et pour le bien de la famille ) est un
d + progressiste pourtant il va réclamer l'éducation pour les filles au nom de l'égalité
sociale entre les enfants et aux noms du bonheur de la famille (pour que son fils ne
soit pas inciter à la mépriser, à la trouver ridicule).
13. Les “lois de la nature”, de Rousseau
Elle s’appuie sur les lois de la nature de Rousseau, sur lesquelles l’Assemblée s’est
référée pour rédiger la DDHC.
14. Les Épîtres (1er siècle), de Saint-Paul
Les épîtres de Paul ou épîtres pauliniennes sont un ensemble de treize lettres
attribuées à l'apôtre Paul de Tarse et adressées à différentes communautés chrétiennes
du I er siècle.