0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
20 vues5 pages

Tabagisme au Sénégal : chiffres et enjeux

Au Sénégal, 6% des adultes fument des produits du tabac, avec une prévalence plus élevée chez les hommes. Le tabagisme est une cause majeure de maladies cardiovasculaires et de décès, et la majorité des fumeurs souhaitent arrêter, mais peu reçoivent un soutien adéquat. La sensibilisation sur les dangers du tabac est élevée, mais des mesures de lutte antitabac et une taxation plus stricte sont nécessaires pour réduire la consommation.

Transféré par

serigneboy98
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
20 vues5 pages

Tabagisme au Sénégal : chiffres et enjeux

Au Sénégal, 6% des adultes fument des produits du tabac, avec une prévalence plus élevée chez les hommes. Le tabagisme est une cause majeure de maladies cardiovasculaires et de décès, et la majorité des fumeurs souhaitent arrêter, mais peu reçoivent un soutien adéquat. La sensibilisation sur les dangers du tabac est élevée, mais des mesures de lutte antitabac et une taxation plus stricte sont nécessaires pour réduire la consommation.

Transféré par

serigneboy98
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Au Sénégal, on fume, on vapote. Mais jusqu’à quel niveau ?

Les
chiffres font froid au dos en corrélation avec les conséquences sur le
plan de la santé des hommes et des femmes. Les enfants ne sont pas en
reste. Même l’économie et l’environnement prennent un sacré coup.

Au Sénégal, un demi-million (6,0%) des adultes utilisent actuellement


les produits du tabac avec 11,0% d’hommes et 1,2% de femmes. Il faut
noter que l ’enquête sur le tabagisme chez les adultes (Global Adulte
Tobacco Survey, GATS) est menée auprès des hommes et des femmes
âgés de 15 ans et plus résidant dans les ménages ordinaires,
représentatifs au niveau national. Elle a été réalisée par l’Agence
Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), sous la
coordination du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale.

Notre pays a ratifié en 2005 la Convention-cadre de l’OMS pour la


lutte anti-tabac (CCLAT). Cette lutte est menée en grande majorité
par la Ligue sénégalaise contre le tabac (LISTAB) coordonnée
aujourd’hui par Djibril Wellé, une figure de la lutte à l’image du
docteur Abdoul Aziz Kassé et du docteur Oumar Ba qui dirige le
programme national de lutte contre le tabac. Pour ces derniers,
compte tenu du respect de la convention, l’enquête va générer des
données comparables au sein du pays et ce qui se fait ailleurs. En 2008,
par exemple, l’OMS a identifié six mesures de lutte antitabac, basées
sur des données probantes, qui sont les plus efficaces pour réduire
l’usage du tabac. Connues sous l’acronyme MPOWER, elles
correspondent à une ou plusieurs mesures de réduction de la demande
contenues dans la CCLAT.
Le tabac à fumer est la principale forme d'utilisation du tabac avec
5,4% (0,4 million) des adultes étant des fumeurs actuels du tabac. Les
hommes étant plus nombreux que les femmes (10,7% contre 0,4%)
parmi les fumeurs actuels de tabac. Il n’y a pas de différence
significative dans la consommation de tabac à fumer entre le milieu
urbain (5,8%) et le milieu rural (5,0%). La consommation de tabac à
fumer est la plus élevée chez les 45-64 ans (8,0%) et les 25-44 ans
(6,7%). Parmi les adultes, 4,9% sont des fumeurs quotidiens (9,7% des
hommes et 0,3% des femmes) et 0,5% sont des fumeurs occasionnels.
Le type de tabac à fumer le plus communément consommé par les
adultes est la cigarette manufacturée, utilisée par 4,0% des adultes (0,3
million). Dans l’ensemble, les consommateurs fument en moyenne 9,4
cigarettes par jour avec le tiers (31,6%) d’entre eux fumant de 5 à 9
cigarettes par jour. Un peu plus de 7 Sénégalais sur 10 (71,6%) âgés de
20 à 34 ans ayant déjà fumé quotidiennement ont commencé avant
l’âge de 20 ans. L’initiation au tabagisme est précoce, avant l’âge de 15
ans, pour le quart d’entre eux. L’initiation à la cigarette à un jeune âge
(moins de 15 ans) est plus marquée en milieu rural (36,7%) qu’en
milieu urbain (15,9%). Comparativement au tabac à fumer, le tabac
sans fumée est utilisé par peu de Sénégalais, soit 0,7%. Les femmes
sont légèrement plus nombreuses à consommer le tabac sans fumée
(1% pour les femmes et 0,3% pour les hommes).

Le tabagisme est la deuxième cause de décès des maladies


cardiovasculaires après l'hypertension. « En plus de dissuader ceux
qui n’ont pas encore commencé, il faut aussi penser à sevrer ceux qui
désirent arrêter de fumer » souligne le docteur Omar Ba,
coordonnateur du programme national de lutte contre le tabac au
Sénégal (PNLT). Au Sénégal, selon les chiffres de l’Agence Nationale
des Statistiques et de la Démographie, 8 fumeurs actuels sur 10 ont
envisagé d’arrêter ou y ont pensé. Ils sont 59,6 % à avoir essayé
d’arrêter au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Ils sont
66,2% en milieu rural à avoir essayé d’arrêter de fumer et 54,1% en
milieu urbain. La quasi majorité (86%) de ceux qui ont tenté
d’abandonner la cigarette parmi les fumeurs actuels et anciens
fumeurs s’étant abstenus de fumer pendant moins de 12 mois, l’ont
fait sans assistance ».

Cependant, plus de la moitié de ceux qui ont consulté un personnel de


santé ont été questionnés par ces derniers sur leur consommation de
tabac (54,0%) et conseillés d’arrêter (50,9%). Sur le plan national, il
n’existe pas de service d’aide au sevrage tabagique dans les
dispensaires, les établissements de soin primaire et les hôpitaux. Ce
service d’aide tabagique existe dans quelques centres communautaires.

La fumée du Tabac ne nuit pas seulement aux fumeurs. Ils sont aussi
victimes de toutes les personnes qui inhalent la fumée de leurs «
Voisins » fumeurs. Les chiffres du tabagisme passif sont passés au
peigne fin par l’enquête de l’ANSD. En effet, « un demi-million
(30,4%) de travailleurs ont été exposés à la fumée secondaire sur leur
lieu de travail. Parmi eux, un nombre important de non-fumeurs (0,4
million). Le nombre d’adultes exposés à la fumée secondaire au
domicile est de 1,642 million (21,6%). Cette exposition à la fumée
secondaire au domicile touche 1,364 million (19%) de non-fumeurs
autant les hommes que les femmes. Ceci n’est pas sans danger. Le
professeur Abdoul Aziz Kassé explique que ces derniers sont plus
exposés. « Le fumeur fait passer la fumée dans le filtre de la cigarette,
le non-fumeur prend la fumée brute en plus de celle que rejette le
fumeur ». Les chiffres varient selon les lieux : « Dans les universités,
28,8% dans les restaurants, 24,2% dans les bâtiments administratifs,
20,7% dans les établissements scolaires, 14,3% dans les transports en
commun et 10,2% dans les établissements de soins de santé. Et
pourtant au Sénégal, depuis 2014, une législation antitabac interdit de
fumer dans des lieux publics tels que les établissements de soins de
santé, les établissements d’enseignement, les bâtiments administratifs,
les lieux de travail fermés et les transports publics », explique
l’enquête.

Tous ceux qui fument, ne savent pas que le tabac est dangereux pour
leur santé et celle de leur entourage. Dans l’ensemble, 93,9% des
adultes pensent que le tabagisme peut entraîner des maladies graves
(92,5% des fumeurs actuels et 93,9% des non-fumeurs). Neuf (09)
adultes sur 10 (91,9%) pensent que respirer la fumée des autres peut
causer une maladie grave chez les non-fumeurs (87,4% des fumeurs
actuels et 92,1% des non-fumeurs). Ces croyances sont partagées aussi
bien dans le milieu urbain (94,7%) que dans le milieu rural (89,0%).
Pour le tabac sans fumée, 79,0% des adultes croient qu’il peut causer
des maladies graves, que ce soit les consommateurs actuels (74,5%) ou
les non consommateurs (79,1%), tant pour les adultes vivant en milieu
urbain (79,5%) qu’en milieu rural (78,4%). Sept maladies sont citées.
En effet, 92,7% des Sénégalais pensent que le tabagisme peut causer le
cancer du poumon, 71,3% une crise cardiaque, 75,1% le cancer de
l’estomac, 67,7% un accident vasculaire cérébral, 60,0% une naissance
prématurée, 65,4% le cancer de la vessie et 60,3% une perte osseuse. Il
faut noter qu’au Sénégal, la loi exige des mises en garde sanitaires qui
doivent apparaître sur les paquets des produits du tabac. Depuis 2014,
la loi exige que les mises en garde sanitaires incluent des photos
illustrant les méfaits du tabac allant dans le sens de décourager les
fumeurs.

En plus d’être mauvais pour la santé, le tabac ruine les fumeurs. En


effet, la dépense moyenne mensuelle en cigarettes par fumeur est de 6
716 FCFA. Les dépenses moyennes mensuelles en cigarettes
augmentent avec l’âge allant de 5140 F CFA chez les 15-24 ans à 8 980
chez le groupe d’âge 45-64 ans. La grande majorité des Sénégalais
adultes (95,5%) sont favorables à une hausse de la taxe sur les produits
du tabac. Il faut noter que la marque la plus courante de cigarette au
Sénégal est taxée à 40,3%. C’est d’ailleurs le combat de la société
civile. La société civile sénégalaise porte le plaidoyer pour
l’instauration d’une taxe parafiscale sur le tabac pour financer la lutte
antitabac et les Maladies Non Transmissibles (MNTS). En effet, dans
son rapport de 2022, l'organisation mondiale de la santé a révélé que
les maladies non transmissibles causent 45% des décès au Sénégal. Sur
le même volet, les Comptes Nationaux de la Santé (2017-2021)
démontrent que les dépenses liées à la prise en charge des MNTS sont
estimées à 233 milliards F CFA dont les 3/4 sont supportés par les
ménages. Au Sénégal, le niveau de taxation des produits du tabac
s'élève à 23% du prix selon le rapport de la Banque Mondiale sur la
situation économique de 2023, alors que l’OMS fixe cette taxation à
70% du prix des produits ». La marge

Vous aimerez peut-être aussi