PRÉSENTATION DE LA SERVICE DE LA LÉGISLATION ET
RÉGLEMENTATION DOUANIÈRE
CHAPITRE I : GÉNÉRALITÉ SUR LA DOUANE
Section 1 : HISTORIQUE DE LA DOUANE
La douane malgache est une Administration ancienne, dont l'existence remonte à l'époque de
la monarchie royale merina au début du 19ème siècle. L'intensification du commerce
extérieur sous le règne de Radama I, notamment après l'abolition de l'esclavage Anglo-merina
en 1817, a contribué à la mise en place de la douane pour alimenter les caisses de l'État
monarchique. C'est ainsi que les premières recettes des douanes furent créées sur les littoraux
est, ouest et sud. Ces premières recettes avaient plusieurs points communs : elles étaient
confiées à des parents du roi, dirigées par des généraux (ce qui en faisait un service
militarisé), et leur objectif principal était d'intensifier le commerce extérieur et de faire rentrer
les devises.
Sous le règne de Ranavalona I, le plus long (33 ans), la douane a connu trois périodes : le
prolongement du système de Radama I (1828 à 1845), la fermeture des frontières (1845 à
1853), et la réouverture des frontières et le rétablissement du commerce extérieur (1853).
Avec la réouverture des ports, les droits de douane étaient exclusivement destinés à la
cassette royale et étaient perçus sur l'importation et l'exportation de tous les biens, à
l'exception des esclaves dont l'exportation était interdite par un traité signé par Radama I. Au
milieu du 19ème siècle, la répartition des Droits de Douane était la suivante : 10/120ème
allait aux proches parents de la reine et à quelques favoris, 11/120ème allait aux officiers
supérieurs, et 99/120ème revenait à la cassette royale. Ayant réussi à asseoir son autorité sur
l'île, Ranavalona I a su constituer un véritable "corps des douanes" chargé non seulement de
garder l'étanchéité de la frontière maritime, mais aussi de réglementer les échanges
commerciaux, qui n'étaient possibles qu'en des points de trafic continuellement gardés par les
soldats douaniers.
Sous le règne de Radama II, la douane royale fut un prolongement du régime précédent.
Cependant, un décret du 20 août 1861 supprima les droits de douane à l'importation et à
l'exportation, provoquant l'amertume des bénéficiaires de la répartition et favorisant la
spéculation. Cette politique d'ouverture coûta la vie à Radama II, mais à sa mort, la douane
continuait de jouer son rôle budgétaire.
Sous les règnes de Rasoherina (1863-1868) et Ranavalona II (1868-1883), les historiens n'ont
pas signalé de trait particulier pour la douane royale, le système précédent continuant
d'assurer les rentrées fiscales. Sous Ranavalona II, la fonction de la douane royale n'a pas
évolué quant au système de prélèvement, mais elle prenait une importance croissante du fait
de l'ouverture vers l'extérieur et des relations diplomatiques entretenues avec des pays
occidentaux comme la France, l'Allemagne et les États-Unis d'Amérique.
Sous le règne de Ranavalona III, les relations franco-malgaches se détériorèrent, menant à la
première guerre franco-hova (1883-1885), qui se termina par la signature d'un traité
assujettissant Madagascar au régime du protectorat français en décembre 1885. Ce traité
contenait deux clauses importantes : la monarchie cédait à la France les départements
ministériels des relations avec l'étranger (Affaires Étrangères) et les recettes douanières.
Pour assurer le recouvrement des dommages de guerre, un accord de prêt fut conclu avec le
Comptoir National d’Escompte de Paris (CNEP), garanti par les recettes douanières dont la
perception fut confiée au CNEP. Pour assurer ces perceptions, le CNEP fit appel à des
expatriés français volontaires (très rares) pour remplacer les douaniers malgaches, mais la
nécessité de recruter des autochtones sur place s'imposa, et les douaniers de cette époque
étaient donc recrutés par le CNEP.
Sous le régime colonial (1896-1960), la douane de Madagascar dépendait étroitement des
douanes françaises. Les échanges s'effectuaient principalement avec la France, et la
réglementation française était intégralement applicable à Madagascar jusqu'en 1939.
L'effectif douanier était composé d'expatriés de la Métropole. En 1942, la conquête de
Madagascar par les Anglais suspendit toute activité douanière jusqu'à la fin de la Seconde
Guerre Mondiale (1939-1945). Les droits de douane furent suspendus en 1942, mais les taxes
locales (TI et TC), augmentées, compensèrent cette suppression. Ce n'est que tardivement
après la guerre que des malgaches furent recrutés après une formation de deux ans à l’École
le Myre de Villers, obtenant le diplôme de CESD (équivalent 3ème secondaire, axé sur le
français et l'arithmétique). Le cadre de "commis des douanes" fut créé pour les tâches
d'exécution. Le service actif était assuré par d'anciens militaires, encadrés par des agents
métropolitains. La fonction publique était clairement répartie entre cadres métropolitains et
"indigènes". Ce n'est qu'après la Loi-cadre Gaston Deferre de 1955 que les malgaches eurent
accès aux cadres supérieurs. Pendant cette période, les réglementations douanières étaient
calquées sur les françaises, et les perceptions se limitaient aux taxes TI et TC, la taxe TT
(taxe sur la transaction de 2%) étant perçue pour le compte des Impôts Indirects.
Sous la Première République, la Loi de Finances pour 1961 rétablit la perception des droits
de douane. Madagascar adhéra au GATT le 23 octobre 1963. De 1964 à 1974, Madagascar
était associé à la CEE et appliquait les règles d’origine de Yaoundé I et II pour bénéficier du
traitement préférentiel. Dans ce régime de libre-échange bilatéral, les marchandises d'origine
CEE étaient exonérées de droits de douane à leur entrée à Madagascar dans le cadre du
contingent CEE, tandis que les produits malgaches bénéficiaient d'un traitement préférentiel
sur le marché communautaire (absence de restriction quantitative et exemption de droits de
douane). Seules les marchandises d'origine de pays tiers étaient frappées de droits de douane
(droits protecteurs). Ces droits étaient de deux sortes : le tarif général (pour pays tiers non
membres du GATT) et le tarif minimum (pour pays tiers parties contractantes du GATT), le
tarif général étant le triple du tarif minimum.
Sous les IIème et IIIème Républiques, l’adhésion de Madagascar à des conventions
multilatérales et régionales (comme les conventions de Lomé I, II, III, IV, et depuis 1995 la
convention de Cotonou) a davantage compliqué le contrôle douanier. La convention de
Cotonou est un régime de libre-échange unilatéral, où seuls les produits des pays ACP
(Afrique, Caraïbes, Pacifique) bénéficient du traitement préférentiel. Les droits de douane
vis-à-vis de la CEE ont été rétablis depuis 1976. Des arrangements régionaux (COI,
COMESA, SADC) ont également été mis en place avec un double objectif : constituer une
zone de négociation internationale et, à terme, former une Union Douanière pour favoriser
l’intégration régionale.
h) Vers la modernisation
La douane malgache a entrepris plusieurs étapes de modernisation :
● 1998 : Mise en place d'un partenariat public-privé pour le contrôle avant
embarquement avec le Bureau Veritas.
● 2005 : Lancement de la première stratégie de modernisation, incluant l'informatisation
et une refonte complète du Code des Douanes.
● 2005 : Établissement d'un partenariat public-privé avec la société SGS.
● 2007 : Lancement de Sydonia++, un nouveau système de dédouanement.
● 2008 : Deuxième stratégie de modernisation, axée sur la facilitation du commerce et
l'ambition d'être une administration phare et de confiance.
● 2015 : Mise en place du guichet unique TradeNet.
● 2018 : Lancement de Sydonia World, en remplacement de Sydonia++.
● 2020 : Troisième stratégie de modernisation, définie par le plan stratégique
2020-2023, qui positionne la Douane comme une administration innovante, redevable,
partenaire pour l’émergence du pays.
● 2021 : Mise en place de la Brigade canine à Antananarivo dans un premier temps, en
coopération avec l’Ambassade du Japon et l’OIM.
● 2022 : Effectivité du scanning à 100% des conteneurs à l’import et à l’export au
Bureau des Douanes de Toamasina.
i) La Douane actuelle
La Douane Malagasy s’efforce de perfectionner ses moyens matériels et de former un
personnel qualifié. Face aux difficultés engendrées par la mondialisation et la globalisation
des échanges, elle modernise ses moyens pour améliorer les modalités de perception, assurer
le contrôle "a posteriori" et mieux garder ses frontières, qui mesurent 5000 km. La Douane
d’aujourd’hui se veut moderne afin de mieux conforter ses missions fiscale, économique et
sécuritaire. L’Administration douanière a lancé son plan stratégique pour 2020-2023, qui vise
la modernisation et comprend trente-et-un projets pour faire de la Douane une Administration
innovante, redevable et partenaire pour l’émergence du pays.
Section 2 : PRINCIPALES MISSIONS DE LA DOUANE
Sous l’autorité du ministre de la finance et du budget, la direction générale de la Douane a
pour mission principale la conception et la mise en œuvre de la politique du gouvernement en
matière de Douane.
Paragraphe 1 : Mission fiscale
L’administration douanière fait partie de l'administration publique et a des objectifs d'intérêt
général. Elle joue un rôle très important en matière budgétaire, constituant une mission
traditionnelle relative à la perception des droits et taxes à l’importation et à l’exportation au
profit du budget général de l’État. Cette mission reste très importante pour les pays en voie de
développement, où la part de la recette douanière représente près de 50% du budget général
de l’État.
La perception au profit de l’État inclut notamment les droits et taxes suivants inscrits aux
tarifs des douanes :
● DD : Droit des Douanes : Ces droits visent à protéger le commerce, l’industrie et
l’agriculture de la République de Madagascar. Leurs taux peuvent varier (taux
minimum/conventionnel à taux général) selon l’origine ou la destination des
marchandises.
● TVA : Taxes sur les Valeurs Ajoutées : Elles sont perçues sur les importations quelle
que soit l'origine ou la provenance.
● TPP : Taxe sur les Produits Pétroliers
● Droit de navigation
Paragraphe 2 : Mission économique
La douane malgache agit comme un facteur d'accentuation de la croissance du pays. Les
échanges commerciaux internationaux sont une source majeure de recettes pour l'État, la
douane étant l'un des organes piliers qui assure à l'État un apport en devises ou en budget.
La douane protège l'espace économique en assurant :
● Le respect des accords économiques auxquels Madagascar est adhérent.
● La lutte ou la limitation des marchandises dans le territoire douanier par
l'intermédiaire de barrières.
● Le contrôle du commerce extérieur pour l’élaboration de statistiques en collaboration
avec l’INSTAT.
Elle a également pour rôle de promouvoir les échanges et notamment les exportations en :
● Simplifiant et personnalisant les procédures.
● Développant l’information économique et le rôle de conseil pour les entreprises
(recette douanière et procédure).
Paragraphe 3 : Mission de sécurité
Grâce à sa présence aux frontières, la douane assure la sécurité. Ses missions dans ce
domaine incluent :
● Protection de la société civile contre les produits contrefaits, les armes et munitions,
et les produits portant atteinte aux bonnes mœurs.
● Protection de l’environnement, par exemple la protection des espèces protégées par
application de la convention CITES.
● Protection du patrimoine national.
● Application des lois nationales et règlements fiscaux pour le compte d'autres
administrations.
● Contrôle de conformité des produits, ce qui inclut :
○ Protection de la santé publique et lutte contre le trafic de stupéfiants.
○ Contrôle des produits pharmaceutiques périmés ou dangereux.
○ Contrôle sanitaire et phytosanitaire (police sanitaire des végétaux, animaux et
denrées alimentaires).
○ Contrôle de santé dans les aéroports.
○ Lutte contre le trafic d’armes.
○ Protection de la propriété et de l’origine des produits (contre les contrefaçons,
protection des marques et de l'origine).
○ Protection des consommateurs (respect des normes techniques de sécurité pour
appareils, machines, jouets).
○ Marquage de certains produits.
○ Vérification des instruments de mesure par la métrologie légale.
○ Contrôle de l’application des règles sur les déchets toxiques et dangereux.
○ Protection du patrimoine culturel et national, surveillance de l’exportation
d'arts et de produits sensibles comme la mine, le bois ou les tableaux.
Section 3 : CHAMP D’ACTION DE L’ADMINISTRATION DE DOUANE
L’Administration des douanes a le pouvoir de contrôler et de surveiller toutes les
marchandises qui entrent ou sortent du territoire national, que ce soit par voie terrestre,
maritime ou aérienne. Elle peut effectuer des contrôles aux frontières, dans les ports, les
aéroports, les gares, les entrepôts, etc..
Une zone de surveillance spéciale est organisée le long de la frontière maritime pour
améliorer le contrôle et lutter contre la fraude. Cette zone, appelée le rayon des douanes,
comprend une zone maritime et une zone terrestre. La zone maritime s’étend du littoral
jusqu’à la limite de la zone exclusive maritime malgache. La zone terrestre s’étend sur
soixante kilomètres en deçà du rivage de la mer et sur soixante kilomètres autour des
aéroports internationaux. Pour renforcer la lutte contre la fraude, le Ministre chargé des
Douanes peut augmenter la profondeur de la zone terrestre jusqu’à un maximum de 100
kilomètres, par arrêtés pris après avis du Ministre de l’Intérieur. Ces distances sont calculées
en ligne droite (à vol d’oiseau).
L’Administration des douanes dispose ainsi d'un pouvoir étendu pour contrôler les échanges
commerciaux et lutter contre la fraude sur l’ensemble du territoire national, avec une
attention particulière sur la frontière maritime et les aéroports internationaux.
CHAPITRE II : FONCTIONNEMENT DE L’ADMINISTRATION DOUANIÈRE ET
LA DROIT PÉNAL DOUANIER
Section I : FONCTIONNEMENT DE L’ADMINISTRATION DOUANIÈRE
La douane est dirigée par un Directeur Général nommé par arrêté pris en conseil des
ministres sur proposition du Ministre chargé de l’économie et des Finances.
PARAGRAPHE 1 : Organigramme et Attribution de la douane
I. Direction Générale des Douanes (DGD)
La Direction Générale des Douanes a pour mission principale de proposer et mettre en œuvre
la politique douanière de l’État. Cela inclut la collecte efficace et optimale des recettes
douanières, ainsi que la collecte et l'analyse des statistiques liées au commerce extérieur. La
DGD est également chargée de surveiller le territoire national pour garantir la sécurité des
frontières et lutter contre la fraude douanière, ce qui est essentiel pour assurer la juste
perception des droits et taxes. Enfin, elle a pour mission de sécuriser la chaîne logistique
internationale en prévenant les risques liés au transport de marchandises. La DGD joue un
rôle crucial dans la protection des intérêts économiques et sécuritaires du pays.
Plusieurs services sont rattachés à la Direction Générale des Douanes :
● Un Service de Coordination des Actions Douanières et de la Programmation (SCAP)
● Un Service de l’Inspection Douanière (SID)
● Une Personne Responsable des Marchés Publics (PRMP)
Plusieurs directions collaborent avec la Direction Générale des Douanes :
● Une Direction des Affaires Juridiques et de la Lutte contre la Fraude (DAJLF)
● Une Direction des Statistiques et de la Comptabilité (D5C ou DSC selon le texte)
● Une Direction de la Législation et de la Valeur (DLV)
● Une Direction des Ressources et de la Formation (DRF)
● Une Direction des Services Extérieurs (DSE)
● Une Direction de la Surveillance Douanière (DSD)
1. Direction des Affaires Juridiques et de la Lutte contre la Fraude (DAJLF) Elle
est responsable de l'étude et du traitement des dossiers contentieux impliquant les
douanes ou leurs agents. La DAJLF est aussi chargée du contrôle a posteriori des
déclarations en douane pour vérifier leur conformité. Elle mène des enquêtes dans les
entreprises pour détecter et prévenir la fraude douanière et collecte, analyse et gère les
informations liées à la lutte contre la fraude. La DAJLF dispose de :
○ Un Service des Affaires Juridiques et Contentieux
○ Un Service de la Lutte contre la Fraude
○ Un Service Du Renseignement et de l’Analyse des Risques
2. Direction des Statistiques et de la Comptabilité (DSC) Sa mission est de proposer
et participer à la mise en œuvre de la stratégie d’information des douanes. Elle traite,
exploite, diffuse et archive les données statistiques sur les recettes douanières et le
commerce extérieur. Elle met en place et exploite un système informatisé et intégré de
comptabilité douanière dans le cadre du Système Intégré de la Gestion des Finances
Publiques. Elle contrôle et gère les interfaces informatiques internes et externes. Elle
joue un rôle essentiel dans la collecte, le traitement et la diffusion des données
financières et statistiques. La DSC dispose de :
○ Un Service de la Comptabilité Douanier
○ Un Service de l’Informatique
○ Un Service des Statistiques et des Analyses Economiques
3. Direction de la Législation et de la Valeur (DLV) Elle joue un rôle crucial dans la
mise en œuvre de la politique douanière de l’État. Elle propose et exécute cette
politique en participant notamment à l'élaboration du projet de Loi de Finance. Elle
étudie et traite les dossiers relatifs aux régimes douaniers, tarifs, professions des
commissaires en douane, valeur et origine des marchandises, et inspection. La DLV
participe activement aux rencontres internationales sur la douane et met en œuvre les
engagements pris. Elle soutient les opérateurs économiques en les assistant dans
l'application des textes et en les informant des évolutions. Elle est chargée d'élaborer
les textes législatifs et réglementaires en matière douanière pour garantir cohérence,
adaptation et transparence. La DLV dispose de :
○ Un Service des Actions Economiques
○ Un Service de la Valeur et de l’Origine
○ Un Service de la Législation et de la Règlementation
○ Un Service des Relations Internationales
○ Une cellule de Décision Anticipée et Tarif
4. Direction des Ressources et de la Formation (DRF) Elle gère les ressources
humaines (planification, recrutement, formation, évaluation, carrières) et les
équipements. Elle assure la formation initiale des agents destinés à servir dans
l'administration douanière ainsi que la formation continue et le perfectionnement. Elle
forme également les agents auxiliaires et contribue au renforcement des capacités des
douanes étrangères. La DRF est un pilier essentiel pour la gestion des RH, la
formation et le renforcement des capacités. La DRF dispose de :
○ Un Service des Ressources Humaines
○ Un Service de la Formation
○ Un Service des Equipements
○ Un Service de la Documentation et de la Communication
5. La Direction des Services Extérieurs (DSE) Son rôle principal est de superviser et
contrôler les activités des Recettes des Douanes chargées de collecter les droits et
taxes. Elle met en place des structures locales sur le territoire national pour un
dispositif de gestion plus rapprochée afin de faciliter les échanges et lutter contre la
fraude. La DSE supervise également la surveillance générale du Territoire National,
incluant la lutte contre la contrebande et le trafic illicite. Elle contribue à assurer la
sécurité du territoire tout en facilitant les échanges légitimes. Elle joue un rôle crucial
dans la gestion des activités douanières du pays. La DSE est disposée de :
○ Un Service de Suivi des Opérations Commerciales
○ Un Service de Pilotage et de Coordination des bureaux des Douanes
○ Un Service de Suivi et de Contrôle Zones et Entreprises Franches
6. La Direction de la Surveillance Douanière (DSD) Elle joue un rôle crucial dans la
lutte contre les trafics illicites de toute nature en optimisant la surveillance du
territoire douanier pour détecter et réprimer les activités criminelles. Elle protège la
population contre les produits nocifs et dangereux. Elle élabore et met en œuvre la
politique globale en matière de renseignements douaniers. La DSD participe
activement à la lutte contre les trafics d’armes et le terrorisme. Elle assure la
coordination de ses trois services pour une action cohérente et efficace. La DSD
dispose de :
○ Un Service de la Surveillance du Territoire de la lutte contre la Contrebande
○ Un Service des Renseignements et Enquête
○ Service de la Lutte contre les Stupéfiants et les produits Nocifs
II. Bureaux régionaux
Les bureaux régionaux sont des organes de coordination et de contrôle décentralisés de la
Direction Générale des Douanes. Ils représentent la DGD dans les régions ou localités.
Chaque direction comporte des services de bureaux et des services de brigade. Des bureaux
de douane, des brigades et des postes de douane sont créés au niveau subrégional. Chaque
bureau de douane est dirigé par le Receveur de douane.
1. Les bureaux régionaux de la douane Il existe 21 bureaux régionaux de la douane.
Les sources listent leurs localisations et adresses, notamment :
○ ANTANANARIVO (Douanes magasins Généraux)
○ IVATO (Enceinte Fret Ivato Aéroport)
○ MAMORY IVATO (BATIMENT ICARE)
○ ANTSIRABE
○ TAMATAVE PORT (Boulevard Ratsimilaho)
○ TAMATAVE PETROLE (Enceinte de GALANA RAFFINERIE TERMINAL
SA)
○ BDD. SHERRITT (Sherritt Betainomby)
○ ANTALAHA (Boulevard Maritime)
○ SAMBAVA (Sambava Centre)
○ VOHEMAR (ANDRANOSIMASIBE1)
○ ANTSIRANANA (Ville Basse)
○ NOSY-BE (Rue RIMBAUT CAMP VERT)
○ TOLIARY (ROUTE DU PORT)
○ TAOLAGNARO (VIEUX PORT BAZARIBE)
○ MORONDAVA (Sans-fil)
○ MANAKARA (Ambalafary Gare)
○ FIANARANTSOA (ANKAZONDRANO IVORY ATSIMO)
○ MANANJARY (Espace Hangar de la Voirie Municipale)
○ MAHAJANGA (QUAI ORSINI)
○ SAINTE MARIE (ILOT MADAME AMBODIFOTATRA)
○ MAROANTSETRA
2. Receveur des douanes et ces attributions Chaque bureau de douane est dirigé par le
Receveur de douane. Le Receveur a le rang de chef de service et représente la
Direction Générale des douanes dans les régions ou localités où se trouvent les
bureaux. Il est le garant de l’application uniforme de la législation, de la
réglementation et des procédures.
Le receveur est un acteur clé pour le bon fonctionnement du bureau. Sa mission
principale est de faire respecter les objectifs fixés par la Direction Générale. Il
supervise et contrôle l’ensemble des activités du bureau, s'assurant du respect des
procédures et de l'atteinte des objectifs. Il organise et dirige la réunion mensuelle du
Comité Interne de Suivi et d’Evaluation (C.I.S.E) pour évaluer les performances. En
charge de la gestion des finances du bureau, il établit et gère les documents
comptables et assure le recouvrement des recettes douanières. Il a également un rôle
de conseil et de proposition pour adapter et améliorer le fonctionnement en tenant
compte des particularités du bureau.
PARAGRAPHE 2 : PROCÉDURE DE DÉDOUANEMENT
A) PRÉSENTATION SIMPLIFIÉE DU PROCESSUS DE DÉDOUANEMENT À
MADAGASCAR
Le processus simplifié de dédouanement à Madagascar est le suivant :
● La Compagnie de Transport dépose le manifeste dans SW (Sydonia World).
● Le Gestionnaire du Port/Aéroport procède au débarquement des marchandises.
● Le Commissionnaire Agréé en Douane (CAD) dépose le DAU (Document
Administratif Unique) dans SW.
● Le Bureau des Douanes contrôle le DAU et procède à la liquidation.
● L'Importateur paie les DTI (Droits et Taxes à l'Importation).
● Le Bureau des Douanes contrôle et enregistre la sortie du port/aéroport.
1. Généralités Le système Malgache est un système déclaratif : le dépôt d'une
déclaration en détail est obligatoire, même sans droits et taxes à l'importation. La
saisie d'un Commissionnaire Agréé en Douane (CAD) est obligatoire. Le système de
dédouanement est informatisé, utilisant SYDONIA WORLD (SW) et APPLIDOUAR.
2. PROCÉDURES DE DÉDOUANEMENT À L’IMPORT (Droit Commun)
○ A) Quand dédouaner ? La déclaration en détail doit être déposée après
l'arrivée des marchandises dans les magasins et aires de dédouanement (Art.
86 alinéa du code de douane) et après le dépôt du manifeste de la cargaison
par la compagnie de transport (Art 61, 71 CD). Les formalités peuvent
commencer avant l'arrivée des marchandises sous certaines conditions (Art 86
al.2). La déclaration doit être déposée dans un délai maximum de quinze jours
francs après l'arrivée des marchandises au bureau. Si un changement de tarif
survient après le dépôt de la déclaration et avant l'arrivée du navire, les droits
et taxes sont recouvrés selon les dispositions des Articles 13 et 14 du code.
○ B) Où dédouaner ? CONDUITE EN DOUANE À l'arrivée dans un endroit
avec un bureau de douane, une déclaration pour les marchandises transportées
doit être remplie. Cela doit être fait dans un bureau spécifique selon l'opération
envisagée, et il existe des bureaux spécialisés pour certains régimes
économiques.
○ C) Comment dédouaner ? Avant l'importation, l'importateur doit créer un
BSC (Bordereau de Suivi des Cargaisons), et le Service en charge de l'Analyse
des Risques doit analyser les risques. La compagnie de transport doit ensuite
déposer le manifeste dans le système SW.
3. DÉDOUANEMENT PROPREMENT DIT Le dédouanement consiste à déposer la
déclaration en douane dans le système informatique, à la contrôler, à la liquider, et à
suivre les procédures en cas de litige.
MAINLEVÉE La mainlevée implique le paiement des DTI/amende et le contrôle et
l'enregistrement de la sortie des marchandises du port/aéroport.
B) PROCÉDURES POUR LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DES BIENS DE
SECOURS (BUREAU MARITIME)
1. Avant arrivée du navire La compagnie maritime dépose le manifeste et obtient le
gros d’entrée. Le CAD dépose le DAU IM4 et prépare les autorisations ou
soumissions nécessaires (autorisation de franchise, attestation de destination, etc.).
2. Arrivée du navire Différents acteurs interviennent : les manutentionnaires préparent
le débarquement, les CAD effectuent le paiement des Droits et Taxes d’Importation,
la douane procède à la liquidation des DTI, le transporteur enlève la marchandise au
moment du débarquement, et les CAD éditent le bon de sortie permettant la sortie du
port. Chaque étape est essentielle pour assurer la fluidité et la conformité des
opérations.
3. Après dédouanement Le CAD régularise les soumissions dans le délai imparti s'il y
en a.
4. Au moment du dédouanement
○ a- Base du contrôle La base du contrôle est la régularité des éléments de la
déclaration en douane (espèce, valeur et origine) vis-à-vis des réglementations
applicables.
○ b- Types de contrôles effectués
■ Contrôle de recevabilité : Vérifier la régularité formelle des
déclarations déposées et l'existence des pièces jointes requises.
■ Passage au scanner : Faire passer le conteneur au scanner.
■ Vérification physique : Ouvrir le conteneur et vérifier son contenu,
intégralement ou par épreuve.
■ Contrôle documentaire : Vérifier la véracité des éléments de la
déclaration (contrôle sur le fond).
○ c- Types de circuits de déclaration Les circuits déterminent le type de
contrôle pour une opération d’importation :
■ Circuit vert : Aucun contrôle, délivrance automatique du bon à
enlever.
■ Circuit rouge : Passage au scanner et vérification physique si le
résultat est "suspect".
■ Circuit jaune : Contrôle documentaire.
■ Circuit bleu : Contrôle a posteriori pour des investigations
approfondies par le service central.
C) CONTRÔLES EN COURS DE CIRCULATION
1. Objet du contrôle Vérifier si les marchandises en circulation sont en règle vis-à-vis
des réglementations douanières. Ceci inclut le contrôle des acquis-à-caution pour les
marchandises en transit et le contrôle des pièces justifiant le paiement des droits et
taxes ou l'origine des marchandises.
2. Obligation du conducteur de moyen de transport Tout conducteur doit se
soumettre aux injonctions des agents des douanes, qui peuvent utiliser tout moyen
pour immobiliser ceux qui ne s’arrêtent pas.
3. Scellement des conteneurs Si la vérification physique est jugée nécessaire, le
transporteur peut être demandé d'acheminer les marchandises vers un lieu de
vérification. Les contenants sont scellés pour sécuriser le transport.
D) CONTRÔLES A POSTERIORI
● a. Objet du contrôle Les contrôles a posteriori portent sur les documents de toute
nature relatifs aux opérations intéressant le service de lutte contre la fraude (écritures
commerciales, pièces comptables, documents de dédouanement, données
informatiques).
● b. Finalité de contrôle Constater toutes les infractions douanières prévues par le
Code des Douanes.
● c. Exécution du contrôle Le service des douanes peut demander la communication
de pièces et documents et procéder à leur saisie, y compris les supports électroniques.
Les agents effectuant un contrôle a posteriori doivent être munis d’un ordre de
mission signé par le chef du service de lutte contre la fraude ou une autorité
supérieure.
E) AUTRES RÈGLES CONCERNANT EN COMMUN LES CONTRÔLES
DOUANIERS EN COURS DE CIRCULATION ET A POSTERIORI
Tous les agents de contrôle doivent être munis de leur commission d’emploi et l'exhiber à la
première réquisition. En cas de problèmes, les usagers peuvent s'adresser directement à la
hiérarchie supérieure compétente. Des auditions peuvent être menées et consignées sur
procès-verbaux par des agents ayant au moins le grade de contrôleur (article 54 – 2° du Code
des Douanes). Si des irrégularités sont constatées, un procès-verbal de saisie est dressé. Cet
acte établit l’existence d’une infraction douanière à l’égard des personnes mentionnées
comme auteur ou intéressées à la fraude.
F) CIRCUIT DE LA PROCÉDURE CONTENTIEUSE
1. Constatation de l’infraction Une infraction douanière, établie suite aux enquêtes et
contrôles, est constatée sur un procès-verbal de saisie par le Service de la Lutte contre
la Fraude Douanière. Ce service fixe le montant des droits compromis ou éludés. Le
dossier est ensuite transmis au Service des Affaires Juridiques et du Contentieux pour
finalisation (dont la fixation des amendes) et recouvrement des créances de l’État.
PARAGRAPHE 3 : NOTION DU TRANSIT ET RÉGIME ÉCONOMIQUE
A – NOTION DU TRANSIT
1. Définition de transit générale En sens général, le transit est synonyme de passage
(traversée, transition, voyage). Il désigne tout ce qui concerne le commerce
international : transport, transfert, portage, colportage, chargement, enlèvement,
livraison, transbordement, expédition, déportation. C'est l'action subie par les
marchandises durant les étapes des contrats dans le cadre du commerce international.
Une marchandise est dite en transit lorsqu'elle est en stade d'acheminement, n'étant
plus chez l'exportateur mais pas encore arrivée chez l'importateur
(EXPORTATEUR-TRANSIT- IMPORTATEUR).
2. Définition donnée par la douane malgache Selon l'article 139-1° du nouveau code
de douane établi en 2006, le transit est le régime douanier sous lequel sont placées les
marchandises transportées sous contrôle douanier d’un bureau à un autre en
suspensions des droits et taxes et des mesures de prohibition. Dans le langage courant,
transit est synonyme de mouvement ou déplacement, mais en commerce extérieur, il
signifie l'ensemble des opérations subies par les marchandises objet de la déclaration
en douane. Les marchandises sont en transit lorsqu'elles passent par un pays sans
payer ni droits ni taxes douanières. L'article 139 – 2° note que pour bénéficier du
transit, le soumissionnaire doit souscrire une déclaration en détail comportant un
engagement cautionné. Il s'engage, sous peine de droit, à faire parvenir les
marchandises dans un bureau déterminé sous scellement intact, dans un délai imparti
et en suivant l'itinéraire prescrit.
3. COMISSIONNAIRES AGRÉÉ EN DOUANE Ce terme désigne toute personne
physique ou morale autorisée à exercer la profession d’accomplissement des
formalités douanières pour le compte d’autrui, moyennant rémunération (honoraire).
4. L’ORDRE DE TRANSIT L'ordre de transit est le contrat conclu entre le transitaire
et le client. Ce contrat fait loi entre les parties durant toutes les opérations de
dédouanement et contient des renseignements comme la durée d’exécution et le
régime douanier à assigner aux marchandises. Cet ordre est une combinaison d’un
contrat de mandat avec une certaine autonomie et liberté d’action pour le transitaire.
B - RÉGIME ÉCONOMIQUE DE LA DOUANE
1. Généralité Les régimes économiques en douane permettent la suspension des droits
et taxes et des prohibitions économiques dont les marchandises importées sont
passibles à l’entrée du territoire de la république de Madagascar. Ils donnent aux
opérateurs économiques établis à Madagascar la possibilité de stocker, transformer ou
utiliser des marchandises non nationalisées selon leurs besoins, avant de leur donner
ultérieurement un régime définitif ou un autre régime économique apurant le premier
(mise à la consommation, exportation ou autre régime économique).
2. Avantages procurés par ces régimes
○ La fonction stockage permet aux entreprises de disposer d’un stock sans
payer les droits et taxes afférents qu’au moment opportun.
○ La fonction transformation permet l’ouvraison, réparation ou transformation
de matières premières ou produits semi-finis. Une combinaison avec le
stockage est possible (entrepôt industriel). La transformation peut aussi
s'opérer dans un pays tiers avant réimportation sans paiement de droits et taxes
sur la valeur initiale.
○ La fonction utilisation permet le transfert de matériel, technologie ou
marchandise pour un délai déterminé à Madagascar. Si la marchandise est
réexportée, aucun droit n'est payé (sauf exception comme l'admission
temporaire spéciale pour les engins).
3. Condition d’octroi L'octroi d'un régime économique se fait sur demande de
l’intéressé. L’autorisation peut être un arrêté du ministre chargé de la douane ou une
décision de l’administration des douanes. L’autorisation définit les droits et
obligations du bénéficiaire vis-à-vis de l’Administration.
4. Les types de régime économique Les régimes économiques incluent :
○ L’entrepôt douane (régime IM7)
○ L’admission temporaire (régime IM5)
○ Le perfectionnement actif (régime IM 52)
○ L’exportation temporaire (régime IM6)
○ L’exportation temporaire pour perfectionnement passif
○ Transformation sous douane
○ L’usine exercée
PARAGRAPHE 4 : LES PARTENAIRES DE LA DOUANE
Les partenaires et collaborateurs des douanes sont essentiels pour assurer le bon
fonctionnement des opérations.
1. Au niveau national
○ La société GasyNet : fournit des services informatiques et technologiques
pour faciliter les échanges de données et la gestion des flux de marchandises.
○ Les banques primaires : facilitent les transactions financières liées aux
opérations douanières.
○ Le ministère de finance et des budgets : est un partenaire important pour la
coordination et la régulation des activités douanières.
2. Au niveau international
○ L’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) : joue un rôle crucial en
fournissant des normes et directives internationales pour harmoniser les
pratiques.
○ Les organisations d’intégration régionales comme le COMESA, la COI et la
SADC : partenaires clés pour faciliter les échanges commerciaux et renforcer
la coopération douanière entre pays membres.
En travaillant en étroite collaboration avec ces partenaires, les douanes peuvent améliorer
l’efficacité, renforcer la sécurité et faciliter les échanges internationaux. La coopération et la
coordination sont essentielles pour le bon fonctionnement des douanes et la promotion du
commerce mondial.
SECTION II : LE DROIT PÉNAL DOUANIER
PARAGRAPHE 1 : Les infractions douanières
I. Définition
En droit pénal général, une infraction est une action ou omission imputable à son auteur et
punie par la loi. Selon l’article 266 du code de douane, les infractions douanières sont tous
actes qui tendent à la violation des prescriptions du Code de douane et des lois et règlements.
L’infraction douanière est un acte positif ou négatif violant le code et frappé des peines
afférentes.
II. Les éléments constitutifs des infractions douanières
Contrairement au droit pénal général qui en comprend trois (l'élément légal, matériel et
moral), en droit pénal douanier, il n'y a que deux éléments :
● L’élément légal : Selon le principe "Nulumcrimen, nullapoena, Sinélegé" (article 4 du
code pénal malagasy), il n’y a pas d’infraction ou de peine sans texte légal.
L'infraction est définie par l'article 266 du code de douane.
● L’élément matériel : C'est le comportement extérieur de l'homme, la manifestation
extérieure de la volonté, qui est indispensable en matière douanière.
L'élément moral fait défaut en droit pénal douanier, on peut donc qualifier ces infractions de
matérielles.
III. L’auteur de l’infraction douanière
En droit pénal douanier, il y a l'auteur matériel et l'auteur moral.
● A. L’auteur matériel du fait C'est la personne qui commet l'infraction, celle qui fait
la démarche de la fraude. Exemple : un transitaire déclare un camion mais le
conteneur contient un véhicule de plaisance, son intérêt étant de diminuer les droits et
taxes ; le transitaire est l'auteur matériel.
● B. L’auteur moral C'est la personne considérée comme responsable du fait d’autrui,
c'est-à-dire du fait de l’auteur matériel. Il existe deux catégories :
1. L’auteur moral considéré comme le véritable auteur de l’infraction : C'est
la personne qui donne le pouvoir à une autre de commettre une infraction, le
"moteur" de l'infraction. Exemple : un entrepreneur demande à son transitaire
de modifier la provenance d'une marchandise (ex: de USA à un pays SADC
comme l'Afrique du Sud) pour éviter des droits et taxes. Le transitaire est
l'auteur matériel et l'entrepreneur l'auteur moral.
2. L’auteur moral considéré comme ayant agi de mauvaise foi : Similaire au
précédent, mais l'un n'est pas au courant que l'autre a commis une faute. Cette
catégorie concerne plusieurs hypothèses, par exemple les détenteurs de
marchandises en fraude sont réputés responsables de cette fraude.
IV. Classification des infractions douanières
En matière d’infraction douanière, il y a deux catégories : la contravention douanière et les
délits douaniers. Les crimes n’existent pas dans cette matière.
1. Les contraventions douanières Toutes les infractions moins graves sont qualifiées de
contraventions. Il existe 4 classes selon le code de douane :
○ La contravention de première classe : Omission ou inexactitude dans la
déclaration sans influence sur les droits ou prohibitions ; omission
d’inscription au répertoire ; refus de communication de pièces ; dissimulation
d’opération. L'amende est de 250 mille à 2.500 mille FMG (article 356).
○ La contravention de deuxième classe : Déficits dans le nombre de colis
déclarés/manifestés/transportés ; déficits sur la quantité de marchandises sous
régime suspensif ; non représentation de marchandises en entrepôt fictif ou
spécial ; représentation sous scellé rompu ou altéré ; inexécution totale ou
partielle des engagements souscrits (acquis à caution) ; excédents sur le
poids/nombre/mesure déclarée. La peine est le paiement d'une amende égale
au quadruple des droits et taxes éludés ou compromis.
○ La contravention de troisième classe : Contrebande ou
importation/exportation sans déclaration pour des marchandises non prohibées
ni fortement taxées ; fausse déclaration sur l'espèce, la valeur, l'origine si un
droit ou taxe est éludé/compromis. Elle tombe sous les dispositions de l’article
358. Inclut aussi fausse déclaration sur le destinataire/expéditeur réel, fausse
déclaration pour obtenir indûment une franchise, détournement de
marchandises non prohibées de leur destination privilégiée, présentation
groupée de colis comme une seule unité, absence de manifeste ou non
représentation de l'original, omission de marchandises dans les manifestes,
différence dans la nature litigieuse. L'amende est de 250 mille à 2.500 mille
FMG.
○ La contravention de Quatrième classe : Présentation sous scellé
rompu/altéré ; inexécution totale ou partielle d’engagements souscrits ;
excédent sur poids/nombre/mesure déclarée, passible de confiscation des
marchandises et d'une amende égale au quadruple de leur valeur ; toute
infraction aux lois et règlements douaniers concernant des marchandises
prohibées à l'entrée/sortie. L'article 359 prévoit une amende comprise entre 1
et 2 fois la valeur de la marchandise.
2. Les délits douaniers Il existe trois (03) classes de délits douaniers :
○ Le délit de première classe : Contrebande ou importation/exportation sans
déclaration lorsque cela concerne des marchandises prohibées ou fortement
taxées à la sortie. Il est passible de la confiscation de l'objet de fraude, des
moyens de transport et objets servant à masquer la fraude, d'une amende égale
au triple de la valeur de l'objet fraudé et d'un emprisonnement de sept (07)
mois à un (01) an.
○ Le délit de deuxième classe : Contrebande commise par un groupe de trois à
six individus (auteurs, coauteurs, receleurs, complices, comparses sont
qualifiés d'auteurs principaux). Il est passible d’une sanction fiscale et d’un
emprisonnement d’un an au moins et de trois ans au plus. Toutes infractions à
l'article 34 paragraphe 1èr du code de douane sont passibles de la même peine
d’emprisonnement et d'une amende de 250.000 à 25.000.000 FMG.
○ Le délit de troisième classe : Réputé importation ou exportation sans
déclaration de marchandises prohibées. Inclut toute infraction à l'article 27 du
code, l'obtention d'une délivrance visée par cet article par contrefaçon, fausse
déclaration ou moyens frauduleux ; toute fausse déclaration ayant pour but
d’éluder les mesures de prohibition ; la fausse déclaration d'espèce, valeur,
origine, destinataire/expéditeur réel si commise à l’aide de documents faux,
inexacts ou incomplets (factures, certificats, etc.). Les moyens de transport
utilisés sciemment pour commettre ces délits deviennent propriété de l’État
représenté par l’administration des douanes.
PARAGRAPHE 2 : Contentieux douanier
I. Tribunaux compétents en matière de douane
● A. Compétence d’attribution
○ 1) Le Tribunal correctionnel : Compétent pour juger les contraventions, les
délits de douane, les infractions au contrôle des changes, les infractions mixtes
de douane et de change, et toutes les questions douanières soulevées par voie
d’exception.
○ 2) Le Tribunal Civil : Compétent pour les contestations relatives au refus de
paiement des droits et taxes, à leur recouvrement, à la contrainte, aux
oppositions, à la non décharge des acquit-à-caution et aux autres affaires
civiles de douane.
○ 3) Le Tribunal administratif : Compétent pour juger les actes et décisions
administratifs.
● B. Compétences territoriale
○ Le Tribunal territorialement compétent est celui dans le ressort duquel est situé
le bureau des douanes le plus proche du lieu de la commission de l’infraction.
○ En cas de pluralité d’infractions résultant d’un fait délictueux commises en
plusieurs endroits, le Tribunal compétent est celui du ressort du bureau des
douanes le plus proche du lieu de rédaction du procès-verbal de saisie.
○ Pour les constatations des agents des services centraux, le Tribunal compétent
est le plus proche de ces services.
○ En matière civile, le Tribunal compétent est celui du ressort du bureau du
service ou de la Recette, demandeur ou défendeur.
II. Les dispositions particulières aux instances résultant d’infractions douanières
● A) Preuve de non-contravention Dans toute action sur une saisie, il appartient au
saisi de faire la preuve de non-culpabilité.
● B) Action en garantie La confiscation des marchandises saisies peut être poursuivie
contre ceux qui avaient la charge de les conduire ou de les déclarer en Douane, sans
que l’administration soit tenue de mettre en cause les propriétaires, même s'ils lui sont
indiqués. Toutefois, si les propriétaires interviennent ou sont appelés en garantie, les
tribunaux statueront sur ces interventions ou appels.
TROISIÈME PARTIE : ÉVALUATION ET SUGGESTIONS
CHAPITRE I : ÉVALUATION
Section 1 : Point Fort de la douane
1. Sur l’analyse des données au sein de la douane L'accès à la technologie et aux
outils d’analyse des données ainsi que le personnel qualifié sont essentiels pour la
compétitivité, l’efficacité, le contrôle qualité, la gestion des risques et la conformité.
Auparavant, l'analyse des données était difficile à la DGD en raison d'une
infrastructure technologique limitée, du manque de connectivité entre systèmes, de
l'accès aux données et de leur qualité. Malgré cela, le département d’analyse
économique avait montré que la douane disposait des éléments nécessaires (données,
spécialistes) pour l'analyse. Avec la nouvelle équipe de direction, la DGD s'est
engagée dans un processus de changement incluant l'investissement dans la formation
et la réaffectation des RH pour placer les bonnes personnes aux bons endroits. La
douane s'est efforcée de créer les conditions pour exploiter son important volume de
données internes et externes.
2. Sur le cadre institutionnel Avec un objectif clair, l'engagement de partenaires
externes pour l'échange d'informations et une base de données plus solide, l'équipe a
obtenu d'excellents résultats en analyse de données. Une collaboration exemplaire est
en cours avec la DGD, incluant échange de données en temps réel et groupes de
travail actifs. Des agents des unités de renseignement et des conseillers du Directeur
général participent à ces échanges.
Grâce à l'échange d’informations, la DGD a réussi à :
○ Améliorer le profil des contribuables.
○ Identifier les contribuables déclarant des chiffres différents à la DGD
concernant la valeur et la quantité des ventes locales et des marchandises
achetées à l’étranger.
○ Valider le paiement des taxes à l’importation et des charges de licence sur les
véhicules automobiles.
○ Faire l’inventaire des actifs et biens immobiliers des contribuables reconnus
coupables de fraude par la DGD.
Section 2 : POINTS À AMÉLIORER
Au niveau de la douane, il est nécessaire d'ajouter des matériels détecteurs pour l’examen des
marchandises. L'évaluation des marchandises importées doit se faire selon l'accord sur
l'évaluation en douane de l’Organisation Mondiale du Commerce, basé sur des faits réels.
Tout document fournissant de faux renseignements contrevient à cet accord. L'administration
des douanes n'est pas obligée de tenir compte d'une déclaration frauduleuse. Comme dans
toutes les administrations publiques, la corruption est malheureusement présente, et il est
impératif de mettre fin à ces pratiques.
CHAPITRE II : SUGGESTIONS
Pour que le personnel chargé de l’analyse des données puisse avancer, il est suggéré de :
● Se concentrer sur les ressources dont l’organisation dispose.
● Obtenir le soutien de la direction, car le reste de l’organisation suivra.
● Présenter des résultats concrets, meilleur argument pour solliciter le soutien de la
direction.
● Terminer ce qui est commencé.
L’analyse des données est un processus continu qui doit s’adapter aux changements
organisationnels et aux règles du commerce. Le but est de générer des connaissances pour
renforcer la prise de décision, affiner les pratiques de travail et les critères de risque,
positionnant la douane comme une administration moderne capable d’améliorations
continues.
Au niveau de la douane, il est essentiel de renforcer la collaboration avec les associations
anticorruption pour mettre un terme définitif à la corruption. La douane doit aussi renforcer la
protection des frontières contre l’importation de produits prohibés et l’exportation de pierres
précieuses.
Lorsqu’une catastrophe se produit, un cadre juridique clair et des procédures de
dédouanement efficaces sont très bénéfiques pour gérer les mouvements de marchandises
prioritaires et coordonner l’aide humanitaire. Il est erroné de vouloir développer de nouvelles
règles après une catastrophe. Les administrations douanières devraient participer à la
planification et préparation des secours prévues par leurs gouvernements pour les
catastrophes naturelles. Le gouvernement a la responsabilité principale des opérations de
secours, avec un rôle clé d'appui pour les acteurs de la société civile. Pour plus d'efficacité, la
douane devrait exiger, si l’infrastructure le permet, des renseignements sur les envois de
secours avant leur arrivée. Une gestion des risques en amont et une meilleure répartition des
tâches accélèrent considérablement le dédouanement et la mainlevée des envois de secours.
CONCLUSION
En conclusion, une grande partie de la population de Madagascar dépend de l’importation de
produits de première nécessité en raison du manque d’industries locales. Les échanges
commerciaux internationaux jouent donc un rôle crucial. L’administration douanière est
responsable du contrôle des marchandises et des personnes entrant ou sortant du territoire ou
rayon douanier. Elle assure la sécurité de la frontière nationale, ce qui la distingue de la
gendarmerie ou de la police chargées de l’ordre public.
L’administration douanière est une administration de l’État qui apporte beaucoup d’argent
dans les caisses de l’État. Elle fait rentrer la moitié du budget de l’État par ses opérations
de dédouanement. Le territoire douanier correspond à l’ensemble du territoire national, ce
qui la différencie des autres administrations publiques dont la circonscription est limitée.
En matière d’infraction douanière, deux éléments principaux sont à considérer : l’élément
légal et l’élément matériel. Les contraventions et délits douaniers sont jugés par le tribunal
correctionnel, tandis que le tribunal civil est compétent pour les affaires liées au paiement des
droits et taxes. La compétence territoriale est déterminée par la localisation du bureau des
douanes le plus proche du lieu de l’infraction.