LES SALPINGITES AIGUES
A –Définition
La salpingite est une infection de la trompe. Elle est généralement la conséquence d’une
infection ascendante dont l’origine peut être iatrogène ou liée aux infections sexuellement
transmissibles.
B- Etiologie
Les germes en causes
Les germes pathogènes peuvent être sexuellement transmissibles ou banals :
Le chlamydia trachomatis (40%), germe intracellulaires est le plus fréquent
Et le plus délétère par les lésions tubaires qu’il peut entraîner.
Les mycoplasmes (5 à20%) ,Mycoplasma hominis et Uréaplasma uréalyticum ne
seraient pathogènes que lorsqu’il sont associés à d’autres micro-organismes
Le gonocoque, très contagieux est devenu relativement rare.
Les germes opportunistes sont : [Link], streptocoques, staphylocoque, anaérobies.
Les facteurs favorisants
La multiplicité des partenaires sexuels
Infections génitales basses
Port de D.I.U
Les manœuvres endo-utérines : hystérosalpingographie, révision utérine, Hystéro
scopie, biopsie de l’endomètre, interruption volontaire de grossesse, délivrance
artificielle.
Foyer infectieux de voisinage : appendicite, sigmoïdite ou péritonite.
C –Symptomatologie
C-1 Salpingite aigue habituelle
Il s’agit d’une jeune femme qui consulte pour des douleurs vives d’apparition récente ;
associées à des leucorrhées abondantes et jaunâtres ;
Signes généraux : Hyperthermie franche 38 à 40°c alors que l’état générale est
conservé.
Examen clinique :
L’examen abdominal relève une douleur pelvienne, et une sensibilité du bas ventre
Sans contracture ;
L’examen au spéculum montre un col infecté avec une glaire louche
Le toucher vaginal (doit être pratiqué avec douceur) retrouve une vive douleur à la
palpation du culs de sac latéraux du vagin et à la mobilisation de l’utérus.
Biologie :
VS généralement augmenté ;
NFS montre une hyperleucocytose
C-2 Formes trompeuses
Elles sont fréquentes.
La douleur est sourde, les signes peuvent être unilatéraux,les métrorragies sont fréquentes
Il existe des formes apyrétiques notamment les salpingites décapitées par une antibiothérapie.
C-3 Formes graves :
Elles sont rares. C’est le cas de pelvipéritonites ; pyosalpinx ; abcès de Douglas, ou de
péritonite généralisée
C-4 Examens complementaires
Sérologie : Syphilis, HIV, Chlamydia, mycoplasme.
Prélèvement bactériologique : pris au niveau de l’orifice vulvaire, méat urétrale,
liquide péritonéale et en cas de.
Coelioscopie : c’est l’examen majeur chez la femme désirant un enfant, elle doit être
précoce .Elle permet le diagnostic et le bilan initial des lésions, en mettant en
évidence l’inflammation tubaire, les adhérences et les suppurations tubaires
(pyosalpinx).Elle permet aussi de faire des prélèvements bactériologiques, et de faire
un geste thérapeutique (lavage péritonéal, libération des adhérences ou adhésiolyse).
D - Diagnostic différentiel
L’appendicite aigue
Grossesse extra-utérine
Torsion d’annexe
Certaines pathologies spécifiques génitales : tuberculose génitale.
E- Evolution
Lorsque le traitement est précoce l’évolution est rapide et favorable. En 24 à 48h il y a
disparition de l’hyperthermie ; les douleurs pelviennes disparaissent et on peut espérer une
guérison sans séquelles.
Quand le traitement n’est pas précoce ; l’évolution se fait vers des complications :
-Pyosalpinx
-Pelvipéritonite
-Abcès de Douglas
-Péritonite généralisée (rare).
Le pronostic des salpingites est lié à leurs séquelles qui surviennent surtout lorsque
l’infection initiale est passée inaperçue :
-Algies pelviennes chroniques qui sont en rapport avec les adhérences ; et des
lésions dystrophiques de l’ovaire.
-Stérilité : c’est la séquelle majeure ; elle est liée à une obturation tubaire ou des
adhérences péri ovariennes (c’est pourquoi le critère objectif de guérison est la
survenue ultérieure d’une grossesse).
F- Traitement
Le traitement est essentiellement médical, il comprend
Un traitement d’attaque : qui nécessite une hospitalisation en gynécologie, il est basé
sur le repos strict ; une antibiothérapie parentérale, on peut associer plusieurs
antibiotiques, des anti-inflammatoires .Le traitement du partenaire est impératif.
La surveillance doit être strict (clinique et biologique)
Un traitement d’entretien :
-poursuite du repos à domicile pendant plusieurs semaines (4 semaines
environ)
-traitement antibiotique
-traitement anti-inflammatoire
Le traitement chirurgical : Il a peu d’indications ; il est surtout indiqué en cas de péritonite,
rupture du pyosalpinx, et à distance pour le traitement microchirurgical.
G- Rôle infirmier
En matière de prévention :
Eduquer les femmes en matière de prévention des IST ;
Expliquer aux femmes l’importance de consultations gynécologiques régulières, et
surtout en cas d’apparition de signes : leucorrhées, douleurs pelviennes… ;
Respecter les règles d’asepsie lors des manœuvres intra-utérines ;
Veiller à l’entretien et à une bonne stérilisation du matériel utilisé pour des
manoeuvres endo-utérine (DIU ; hystérosalpingographie, curetage…);
Eduquer et informer le partenaire.
En matière de surveillance du traitement
Administrer et surveiller le traitement prescrit par le médecin ;
Surveiller l’évolution des constantes : surtout la température ;
Pratiquer les examens biologiques prescrits par le médecin traitant ;
Insister sur l’importance du suivi du traitement même après la sortie de l’hôpital ;