Cours sur le Calcul Intégral et les Équations Différentielles
Cours sur le Calcul Intégral et les Équations Différentielles
IST-D
Introduction
L’application du calcul intégral et des équations différentielles prédomine dans la science
et de la technologie. A titre d’exemple, le calcul intégral permet de déterminer la distance
parcourue par un point mobile, dont la vitesse de déplacement est connue. De même, on
calcule les charges électriques ou l’énergie fournie par un système avec l’intégrale.
Le cours Calcul Intégral et Équations Différentielles (CIED) est la suite logique des cours
d’analyse, d’algèbre et de trigonométrie, tous inclus dans l’Unité d’Enseignement Mathéma-
tiques, aux étudiants en première année DTS. Écrit à l’intention des étudiants en première
année DTS, ce cours comprend quatre chapitres dans lesquels sont présentés les théorèmes
fondamentaux des calculs et leurs applications. Les définitions et les principales proprié-
tés sont mis en évidence. De nombreux exemples et exercices permettront à l’étudiant de
consolider le cours.
1
Chapitre 1
Tout au long de ce chapitre, sauf mention contraire, toutes les fonctions utilisées sont définies,
continues et dérivables sur un ensemble I ⊂ R.
Définition
On dit que la fonction F est une primitive de la fonction f sur l’intervalle I si :
1. F est dérivable sur I
2. ∀x ∈ I, F 0 (x) = f (x).
Ici, F 0 désigne la fonction dérivée de F.
t3
Exemple 1.1. • Prenons f (t) = t2 + 2t + 1 et F (t) = 3
+ t2 + t − 5
1
F 0 (t) = 3t2 + 2t + 1 − 0
3
= t2 + 2t + 1
= f (t).
Puisque pour tout t, F 0 (t) = f (t), F est donc une primitive de f.
• Prenons h(t) = 3 sin(3t + 1) et H(t) = − cos(3t + 1).
Rappelons que dtd (cos(at + b)) = −a sin(at + b).
d d
H 0 (t) = (− cos(3t + 1)) = − (cos(3t + 1))
dt dt
= −(−3 sin(3t + 1)) = 3 sin(3t + 1)
= h(t).
2
IST-D CIED
Activité :
Dans chacun des cas et en se servant de la définition d’une primitive, cochez les fonctions
F qui correspondent aux primitives de f . Prenez un brouillon, réfléchissez avant de cocher
quoi que ce soit.
1 1
2 4)f (t) = − (t+1)2
+1
3)f (t) = −2te1+t + sin t + t cos t cos2 t
1
F (t) = t sin t − et
2 +1
F (t) = t + t+1
+ tan t + 5
2 t2
F (t) = t sin t − et + 1 F (t) = (t+1)
+ tan t + 5
2 +1
F (t) = t + cos t − et F (t) = t + 1
t+1
+ tan(t + 1)
t2 +1
F (t) = t sin t − e +3 F (t) = t + 1
+ tan t + 1
t+1
2 +1
F (t) = t sin t − et + 13 F (t) = t + 1
+ sin t
−1
t+1 cos t
et 1
6)f (t) = (cos t + sin t) +
cos2 t (t + 1)2
3
IST-D CIED
−1 x
Exemple 1.3. La fonction x 7→ g(x) = (x−1) 2 est la dérivée de x 7→ G(x) = x−1 .
x −1
Donc, la fonction définie par x 7→ G(x) = x−1 est UNE primitive de x 7→ g(x) = (x−1)2
.
On a donc :
−1
Z
x
2
dx = .
(x − 1) x−1
Remarque 1. Si F est une primitive de f , alors pour toute constante k, F + k est aussi
une primitive de f . En effet, (F (x) + k)0 = F 0 (x) = f (x) (dérivée d’une constante est nulle).
En d’autre terme, une fonction continue f a une infinité de primitive.
On note : Z
f (x)dx = F (x) + k.
4
IST-D CIED
R 0 C
R a (C te ) ax + C
xα+1
R xα (α ∈ R − {−1}) +C
α+1
1
R∗ ln |x| + C
x
R ex ex + C
1 (ax+b)
R e(ax+b) , (a ∈ R − {0}) e +C
a
R sin x − cos x + C
1
R sin(ax + b), (a ∈ R − {0}) − cos(ax + b) + C
a
R cos x sin x + C
1
R cos(ax + b), (a ∈ R − {0}) sin(ax + b) + C
a
R − (2k + 1) π2 ; k ∈ Z
tan x − ln |cos x| + C
1 x
R ax , (a ∈ R∗+ − {−1}) a +C
ln a
1
] − 1; +1[ √ arcsin x + C
1 − x2
−1
] − 1; +1[ √ arccos x + C
1 − x2
1
R arctan x + C
1 + x2
−1
R arccotanx + C
1 + x2
Tableau 1.1 – Tableau de primitive de certaines fonctions usuelles
Il faut noter que les fonctions usuelles qui se trouvent dans le tableau 1.1 sont des fonctions
qui sont censées être vue dans les antérieures (classe de Terminale et classe de première).
Nous allons voir comment trouver une primitive des fonction hyperboliques. Avant cela, nous
5
IST-D CIED
allons voir dans le tableau 1.2 la description de ces fonctions hyperboliques : sinus hyper-
bolique (sh(x)), cosinus hyperbolique (ch(x)), tangente hyperbolique (th(x)) et cotangente
hyperbolique (cth(x)).
ex −e−x
R shx sh(x) = 2
ex +e−x
R chx ch(x) = 2
sh(x) ex −e−x
R th(x) th(x) = ch(x)
= ex +e−x
ch(x) ex +e−x
R∗ coth(x) coth(x) = 1
th(x)
= sh(x)
= ex −e−x
ch 2 x − sh2 x = 1
ch x − sh x = e−x
ch x + sh x = ex
ch (a + b) = ch a × ch b + sh a × sh b
sh (a + b) = sh a × ch b + sh b × ch a
En effet :
ch 2 x − sh2 x = (ch x − sh x) (ch x + sh x)
e + e−x ex − e−x e + e−x ex − e−x
x x
= − +
2 2 2 2
x −x
2e 2e
=
2 2
x −x
= e ×e
= 1.
Pour la deuxième propriété, on a :
ex + e−x ex − e−x
ch x − sh x = −
2 2
e−x −e−x
= −
2 2
e−x e−x
= +
2 2
−x
= e
6
IST-D CIED
En utilisant les mêmes démarches, on peut montrer facilement les autres propriété[Link],
nous allons voir ls primitives associées aux fonctions hyperboliques.
Z
x+5
Exemple 1.4. Cherchons uns primitive de √ dx.
1 + x2
Z Z Z
x+5 x 5
√ dx = √ dx + √ dx
1 + x2 Z 1 + x 2
Z 1 + x 2
1 2x 1
= √ dx + 5 √ dx
2 1 + x 2 1 + x 2
Z Z
1 −1
2 2 1
= 2x 1 + x dx + 5 √ dx
2 1 + x2
−1
+1
(1 + x2 ) 2
= −1 + 5 arg sh x + K
2
+1
Z
x+5 √
D’où √ dx = 2 1 + x2 + +5 arg sh x + K
1 + x2
7
IST-D CIED
Leibniz en 1686. Il s’agit d’un « S »allongé, pour dire que l’intégrale est une somme (limite de
sommes). Dans l’expression sous-intégrale, f est appelée un intégrande, a et b sont les bornes
d’intégration (resp. borne inférieure et borne supérieure). Le symbole x s’appelle variable
d’intégration.
Remarques :
Si G et F sont deux primitives de f , alors G(x) = F (x) + C, avec C une constante. On a
donc : G(b) − G(a) = (F (b) + C) − (F (a) + C) = F (b) − F (a). Donc, il est inutile d’ajouter
une constante à une intégrale définie, car c’est un nombre fixe dont la valeur ne dépend pas
du choix de la primitive. D’autre part, la valeur de l’intégrale ne dépend pas de la variable
figurant dans la notation sous-intégrale. Autrement dit :
Zb Zb Zb
f (x)dx = f (y)dy = f (z)dz =F (b) − F (a)
a a a
Interprétation géométrique
Soit f une fonction continue et positive sur un intervalle [a; b] et C sa courbe représentative
dans un repère (O;~i; ~j). orthogonal. L’intégrale de a à b de la fonction f représente la mesure
de l’aire en unité d’aire de la partie A du plan délimitée
Rb par l’axe des abscisses, les droites
d’équations x = a et x = b et la courbe C. On note a f (t)dt cette aire.
8
IST-D CIED
Rx
Propriété 1.2. Pour tout x ∈ [a , b], la fonction F définie par : F (x) = a f (t)dt est une
primitive de f . F est l’unique primitive de f qui s’annule en a. En d’autres termes, F est
continue et dérivable sur [a, b] et sa dérivée est égale à f :
x
Z
d
F 0 (x) = f (t)dt = f (x).
dx
a
(a) (b)
R x0 R x0 +h
Fig. 1.2 – Aires représentant F (x0 ) = a
f (t)dt et F (x0 + h) = a
f (t)dt
La figure 1.3 montre la différence entre les deux aires F (x0 + h) et F (x0 ) (Aire en rouge -
moins aire en bleu).
9
IST-D CIED
Cette aire (Fig.1.4 c) est comprise entre l’aire du rectangle de hauteur f (x0 ) et de largeur h
(Fig.1.4 a)et l’aire du rectangle de hauteur f (x0 + h) et de largeur h (Fig.1.4b).
(a) (b)
(c)
10
IST-D CIED
Les expressions 3.5 et 1.2 montrent que F est dérivable en x0 de nombre dérivé f (x0 ) et ceci
pour tout x0 de [a; b].
Donc, pour tout x dans [a; b] : si
Z x
F (x) = f (t)dt, alors F 0 (x) = f (x).
a
Définition 1.2. Soit f une fonction continue sur [a, b], on appelle valeur moyenne de f
sur [a; b], le réel
Z b
1
µ= f (x) dx
b−a a
Linéarité de l’intégrale
Soient f et g deux fonctions continues sur [a, b], k un réel quelconque :
Rb Rb Rb
• a (f (x) + g(x)) dx = a f (x) dx + a g(x) dx
Rb Rb
• a kf (x) dx = k a f (x) dx
Inégalités de la moyennes
Soient m et M deux réels, f une fonction continue sur [a, b] :
Rb
• Pour tous réels x dans [a, b], si m 6 f (x) 6 M , alors m(b−a) 6 a
f (x)dx 6 M (b−a) ;
1 Rb
• Pour tous réels x dans [a, b], si m 6 f (x) 6 M , alors m 6 f (x)dx 6 M .
(b − a) a
1 Rb
Rappelons que µ = f (x)dx est la valeur moyenne de f sur [a, b].
(b − a) a
11
IST-D CIED
Quelques exemples
R 1 de calcul intégrale :
Calculons : I1 = −1 (1 + x ) dx
2
Z 1
I1 = (1 + x2 ) dx
−1
x=1
x3
= x+
3 x=−1
1 −1
= 1+ − −1 +
3 3
4 4
= +
3 3
R1 8
D’où : I1 = −1
(1 + x2 ) =
3
R2
Calculons : I3 = 1
x(1 + x2 )3 dx
Z 2
I3 = x(1 + x2 )3 dx
1
Z 2
1
= 2x(1 + x2 )3 dx
2 1
x=2
1 (1 + x2 )3+1
=
2 3+1 x=1
" #
4
1 (1 + 4) (1 + 1)4
= −
2 4 4
" #
1 (5)4 (2)4
= −
2 4 4
R2 609
D’où : I3 = 1
x(1 + x2 )3 dx =
8
R1
Calculons :I3 = x
0 2−5x2
dx
Z 1
x
I3 = 2
dx
0 2 − 5x
Z 1
1 −10x
= − dx
0 10 2 − 5x2
1 x=1
= − ln 2 − 5x2 x=0
10
1
= − (ln | − 3| − ln |2|)
10
R1 1 3 1 2
D’où : I3 = x
0 2−5x2
dx = − ln = ln
10 2 10 3
12
Chapitre 2
Nous avons vu des définitions et certaines propriétés des primitives et de calcul intégrale.
Les tableaux de primitive des fonctions usuelles que nous avons vu au premier chapitre per-
mettent de trouver une primitive d’une fonction dont la forme peut être ramenée à l’une
des formes qui se trouvent dans ces tableaux. Pour certaines primitives, l’utilisation de ces
tableaux ne suffit pas, il est nécessaire de déployer des techniques beaucoup plus sophisti-
quées. Ce second chapitre a pour objet de montrer comment utiliser ces techniques. Nous
allons voir en premier lieu la technique d’intégration par parties. Ensuite, nous verrons com-
ment effectuer un changement de variable et, nous terminerons sur l’intégration des fonctions
rationnelles et trigonométriques.
Z b b Z b (2.4)
0
u (x)v(x)dx = u(x)v(x) − u(x)v 0 (x)dx
a a a
Z b b Z b (2.5)
0
u(x)v (x)dx = u(x)v(x) − u0 (x)v(x)dx
a a a
13
IST-D CIED
L’intégration par parties consiste à utiliser l’une de relations (2.4) ou (2.5). Il faut noter
que les deux relations sont équivalentes. Donc, il suffit d’en choisir une. Prenons quelques
exemples simples.
Z
Exemple 2.1. Calculons I1 (x) = 3xe5x dx
Posons u0 (x) = e5x et v(x) = 3x
1
Si u0 (x) = e5x , alors u(x) = e5x
5
Si v(x) = 3x, alors v 0 (x) = 3
Z 5x Z
5x e 3 5x 3 5x 3
I1 (x) = 3xe dx = 3x − e dx = xe − e5x + K
5 5 5 25
Z
3 3
D’où I1 (x) = 3xe5x dx = xe5x − e5x + K
5 25
Z 1
Exemple 2.2. Calculons I2 = (x2 + 1)ex dx
0
Posons u0 (x) = ex et v(x) = (x2 + 1)
Si u0 (x) = ex , alors u(x) = ex
Si v(x) = x2 + 1, alors v 0 (x) = 2x
Z 1 1 Z 1
2 x 2 x
I2 = (x + 1)e dx = (x + 1)e −2 xex dx
0 0 0
Remarquons que l’on a besoin de faire une deuxième intégration par parties. Dans certaine
situations, il est possible de faire plusieurs intégrations par paries avant d’aboutir au résultats
attendus. Z 1
Nous allons calculer : xex dx Posons u0 (x) = ex et v(x) = x
0
Si u0 (x) = ex , alors u(x) = ex
Si v(x) = x, alors v 0 (x) = 1
Z 1 1 Z 1
x x
xe dx = xe − ex dx
0 0 0
1 1
= xex − ex
0 0
= e − (e − 1)
= 1.
Z 1
D’où I2 = (x2 + 1)ex dx = 2e − 3
0
Z 3
Exemple 2.3. Calculons I3 = x ln x dx
1
Posons u0 (x) = x et v(x) = ln(x)
14
IST-D CIED
0 x2
Si u (x) = x, alors u(x) =
2
0 1
Si v(x) = ln x, alors v (x) =
x
Z 3 3 3 3
1 3
2 2
1 x2
Z
x x
I3 = x ln x dx = ln x − x dx = ln x −
1 2 1 2 1 2 1 2 2 1
Z 3
9 ln 3
D’où I3 = x ln x dx = −2
1 2
Faisons une remarque par rapport au choix de u0 et v. Supposons qu’on a posé u0 (x) = ln x, on
devait trouver u, c’est à dire, une primitive de x 7→ ln(x). Trouver cette primitive nécessite
une autre intégration par parties. Supposons qu’on l’a quand même fait, on va avoir les
expressions suivantes :
Si u0 (x) = ln(x), alors u(x) = x ln(x) − x
Si v(x) = x, alors v 0 (x) = 1
Z 3 3 Z 3
I3 = x ln x dx = x(x ln x − x) − (x ln x − x) dx
1 1 1
Z 3 Z 3
I3 = 3(3 ln 3 − 3) − 1(1 ln 1 − 1) − (x ln x) dx + x dx
1 1
9 1
= 9 ln 3 − 9 + 1 − I3 + −
2 2
= 9 ln 3 − I3 − 4
2I3 = 9 ln 3 − 4,
9 ln 3
Donc I3 = −2
2
On peut remarquer que dans ce deuxième supposition, le calcul est beaucoup plus lourd. Il
faut donc faire très attention ux rôles joués par u0 et v. Dans certains cas, un mauvais choix
conduit tout simplement à un problème plus compliqué à résoudre.
Z π
3
Exemple 2.4. Calculons : x cos x dx
0
15
IST-D CIED
Z π π3 Z π
3 3
x cos x dx = u(x)v(x) − u0 (x)v(x) dx
0 0 0
π3 Z π
3
= x sin x − sin(x) dx
0 0
√
π 3 π
= + [cos x]03
6
√
π 3 1
= − .
6 2
Z π √
3 π 3 1
D’où x cos x dx = − .
0 6 2
pression f (x)dx peut être sous forme de g(φ(x))φ0 (x)dx avec g une fonction plus simple à
intégrer dont une primitive est notée par G, alors on peut poser u = φ(x) et on obtient :
Z Z
F (x) = f (x)dx = g (φ (x)) φ0 (x) dx,
Z
= g (u) du,
= G(u) + C.
16
IST-D CIED
du
En effet, si on pose u = φ(x), alors = φ0 (x) et on a donc : du = φ0 (x)dx.
dx
Notre primitive devient :
Z Z Z
0
F (x) = f (x)dx = g (φ (x)) φ (x) dx, = g (u) du.
Z
x
Exemple 2.5. Cherchons un primitive de √ dx.
1 + 3x2
du
Posons u = 1 + 3x2 , donc = 6x (du = 6xdx)
dx
Z Z Z
x 1 1 du du
√ dx = √ xdx = √ ( car xdx = )
1 + 3x 2 1 + 3x 2 u 6 6
On a donc :
1
1 u− 2 +1
Z Z
1 1 1 − 12
√ du = u du = +C
6 u 6 6 − 12 + 1
1
1 u2 1√
= 1 +C = u+C
6 2 3
1√ 1√
Z
x
D’où √ dx = u+C = 1 + 3x2 + C
1 + 3x 2 3 3
Z
1
Exemple 2.6. Cherchons un primitive de √ dx pour tout x > 0.
x+ x
√ du 1 1
Posons u = x, donc = √ =
dx 2 x 2u
du 1
À partir de la relation = , on peut facilement tirer : 2udu = dx. On a donc :
dx 2u
Z Z Z
1 1 1
√ dx = 2
2udu = 2 du
x+ x u +u u+1
√
= 2 ln |u + 1| + K = 2 ln | x + 1| + K
√ √
Z
1
Puisque x + 1 est toujours positif, on a : √ dx = 2 ln( x + 1) + K
x+ x
Calcul d’intégrale
Rb
Supposons que l’on cherche à calculer I = f (x)dx. Si l’expression f (x)dx peut être sous
a
forme de g(φ(x))φ0 (x)dx avec g une fonction plus simple à intégrer dont une primitive est
17
IST-D CIED
= G(φ(b)) − G(φ(a))
du
En effet, si on pose u = φ(x), alors = φ0 (x) et on a donc : du = φ0 (x)dx.
dx
De plus, si x = a, alors u = φ(a) et si x = b, alors u = φ(b).
Notre intégral devient :
Zb Zb Zφ(b)
0
I= f (x)dx = g (φ (x)) φ (x) dx, = g (u) du.
a a φ(a)
Z3
dx
Exemple 2.7. Calculons J = √
(1 + x) x
1
3
√ du 1 1
Si on pose u = x, alors on aura = √ (soit 2du = √ dx).
dx 2 x x
Précisons que nous allons utiliser u comme nouvelle variable. Il est donc IMPÉRATIF d’ex-
primer la valeur de chaque borner en fonction de u.
1 1 1
Si x = , alors u = =√
3 √ 3 3
Si x = 3, alors u = 3 √
Remarquons pour tout x > 0, x = ( x)2
Z3 Z3
dx 1 dx
J= √ = √ 2 √x
(1 + x) x 1 + ( x)
1 1
3 3
√ √
Z3 Z3
1 du
= 2du = 2
(1 + u2 ) (1 + u2 )
√1 1
√
3 3
√ √
3 1
= 2 [arctan u] √1 = 2 arctan 3 − arctan √
3 3
π √ π √
Remarquons que tan = 3, donc = arctan( 3).
3 3
π 1 π 1
De même, tan = √ , donc = arctan √ .
6 3 6 3
√
Z
x 1 π π π
D’où √ dx = 2 arctan 3 − arctan √ =2 − =
1 + 3x2 3 3 6 3
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IST-D CIED
19
IST-D CIED
La fonction φ doit être choisie de telle sorte qu’une fois la variable d’intégration devient
t, l’expression sous le symbole d’intégration va devenir plus simple à intégrer. Il faut aussi
noter que la fonction φ doit être bijective.
Z1
1
Exemple 2.9. Nous allons calculer I = √ dx
1 − x2
0
1
Certes, une de la fonction √ figure bel et bien dans la table de primitive des fonctions
1 − x2
usuelles. Pour calculer l’intégral I, on aurait pu récupérer tout simplement une primitive de
cette fonction dans notre table. Pourtant, le but de cet exemple est de nous montrer comment
utiliser un changement de variable de type x = φ(t). Nous allons donc ignorer l’existence de
cette table. C’est aussi une occasion pour nous montrer comment ce résultat figurant dans la
table a été obtenu.
En posant x = sin t, on a :
dx 1 1 1 1
= cos t et √ =p =√ = (∀t tel que cos t > 0) .
dt 1 − x2 1 − sin2 t cos2 t cos t
Si x = 0, alors t = arcsin(0) = 0
π
Si x = 1, alors t = arcsin (1) =
2
Dans ce cas, notre intégral devient :
π π
Z1 Z2 Z2 h i π2
1 1 π
I= √ dx = cos t dt = 1 dt = t =
1 − x2 cos t 0 2
0 0 0
Z 1
dx π
D’où √ = .
0 1−x 2 2
20
IST-D CIED
Définition 2.1 (Polynôme). Soit X un réel. Un polynôme à coefficients dans R est une
expression de la forme P (X) = an X n + an−1 X n−1 + · · · + a2 X 2 + a1 X + a0 , avec n ∈ N et
a0 , a1 , . . . , an ∈ R.
L’ensemble des polynômes à coefficients dans R est noté R[X].
Exemple 2.10.
• P (X) = X 4 − 5X + 1
4
est un polynôme de degré 4, (d◦ P = 4).
Démonstration.
x3 + 1 x−5 1
f (x) = g(x) = h(x) =
x−3 x2 + 1 x2 + 2x + 1
Propriété 2.1. Soient N et D deux polynômes de degré respectif n et d. Soit f une fraction
N (x)
rationnelle définie par : f (x) = . Si d◦ N > d◦ D, alors il existe deux polynômes Q et
D(x)
R(x) R(x)
R tels que f (x) = Q(x) + avec d◦ R < d◦ D. Dans ce cas, la fonction rationnelle
D(x) D(x)
est appelée fonction rationnelle propre.
Puisque Q est un polynôme, son intégration est triviale. Donc, la difficulté de l’intégration
d’une fonction rationnelle se résume à l’intégration d’une fonction rationnelle propre.
21
IST-D CIED
x2 + 1 B(x − 1) C(x − 1)
=A+ + .
(x − 2)(x − 3) x−2 x−3
Maintenant, en prenant la limite quand x → 1, on a :
1+1 B(1 − 1) C(1 − 1)
=A+ +
(1 − 2)(1 − 3) 1−2 1−3
2 B(0) C(0)
=A+ +
(−1)(−2) −1 −2
22
IST-D CIED
On trouve A = 1.
En effectuant le même raisonnement (en multipliant l’égalité 2.13 par (x − 2) et prenant la
limite quand x → 2), on trouve B = −[Link] même demarche nous amène à trouver C = 5.
Donc,
1 5 5
f (x) = − + .
x−1 x−2 x−3
Maintenant, nous allons voir comment trouver une primitive d’une fonction rationnelle
propre. Pour cela, il est fondamentale de distinguer les trois formes de base suivantes.
Z
f (x) dx = A ln |x − x1 | + B ln |x − x2 | + c
1 4 (x + 1)
f (x) =
4 2x2 + x + 1
1 4x + 4
=
4 2x2 + x + 1
1 4x + 1 + 3
=
4 2x2 + x + 1
1 4x + 1 1 3
= +
4 2x2 + x + 1 4 2x2 + x + 1
1 4x + 1 3 1
= +
4 2x2 + x + 1 4 2x2 + x + 1
23
IST-D CIED
4x+1
On peut intégrer la première partie de notre fraction rationnelle 2x2 +x+1
:
u0 (x)
Z Z
4x + 1
2
dx = dx = ln 2x2 + x + 1 + c
2x + x + 1 u(x)
1
Occupons nous de l’autre partie 2x2 +x+1 , nous allons l’écrire sous la forme u21+1 (dont une
primitive est arctan u). En
h utilisant la forme i canonique d’un trinôme de second degré de la
b 2 b2 −4ac
2
forme : ax + bx + c = a x + a − 4a2 , on a :
1 1 1
= −7
=
1 2
2(x + 14 )2 + 7
2x2 +x+1 2 (x + 4 ) − 16 8
Pour avoir la forme u21+1 , on peut multiplier le numérateur et le dénominateur par la même
quantité 87 . Ainsi, nous obtenons :
1 8/7 8/7
= 8 =
· 2(x + 14 )2 + 87 · 7 2
2x2 +x+1 7 8 √4 (x + 14 ) +1
7
Finalement :
Z
1 3 4 1
f (x) dx = ln 2x2 + x + 1 + √ arctan
√ x+ +c
4 2 7 7 4
Commençons par I1 .
x2
Pour la fonction rationnelle (x−1)(x+2)(x+1) , le degré de numérateur est strictement plus petit
que celui de dénominateur. Ainsi, on peut tout de suite commencer la décomposition en
élément simple :
x2 A B C
= + + , (2.14)
(x − 1)(x + 2)(x + 1) x−1 x+2 x+1
24
IST-D CIED
13 3 11
I1 = ln 2 + ln 3 − ln 5
6 2 6
Calculons I2
Pour la fonction rationnelle (x+1)12 (x−2) , le degré de numérateur est strictement plus petit que
celui de dénominateur. Ainsi, on peut tout de suite commencer la décomposition en élément
simple :
1 A B C
2
= 2
+ + , (2.15)
(x + 1) (x − 2) (x + 1) (x + 1) (x − 2)
Maintenant, il faut déterminer les constantes A, B et C.
En multipliant les deux membres de l’égalité 2.15 par (x − 2), on a :
1 A(x − 2) B(x − 2)
= + +C
(x + 1)2 (x + 1)2 (x + 1)
En prenant la limite quand x → 2, on trouve facilement C = 1/9.
En multipliant les deux membres de l’égalité 2.15 par (x + 1)2 , on a :
1 C(x + 1)2
= A + B(x + 1) +
(x − 2) (x − 2)
En prenant la limite quand x → −1, on trouve facilement A = −1/3.
En multipliant les deux membres de l’égalité 2.15 par (x + 1), on a :
1 A C(x + 1)
= +B+
(x − 2)(x + 1) (x + 1) (x − 2)
25
IST-D CIED
4x2 + 9
Nous allons maintenant nous occuper de la fonction rationnelle . On peut re-
x4 − 3x2 − 4
marquer que le degré de numérateur est plus petit que celui de dénominateur. Maintenant,
il faut factoriser le dénominateur et passer à la décomposition en éléments simples. Après
factorisation, on trouve : x4 − 3x2 − 4 = (x2 + 1)(x − 2)(x + 2). Ainsi, la décomposition
s’écrit :
4x2 + 9 4x2 + 9 Ax + B C D
4 2
= 2
= 2 + +
x − 3x − 4 (x + 1)(x − 2)(x + 2) x +1 x−2 x+2
En effectuant des démarches similaires avec les deux premiers exemples, on trouve :
5 −5
A = 0 ; B = −1 ; C = ; D =
4 4
D’où :
1 5 5 46
I3 = −Arc tan + ln +
13 4 3 3
26
IST-D CIED
1. x2 ln x dx
R
2. x arctan x dx
R
3. ln x dx puis
R R
(ln x)2 dx
4. cos x exp x dx
R
27
Chapitre 3
3.1 Introduction
Un bon nombre de phénomène physique peuvent être modélisés sous forme d’équation ou de
système d’équations faisant intervenir une fonction et ses dérivées de différents ordre. C’est
ce type d’équation ou de système d’équations que l’on appel communément équation dif-
férentielle ou système d’équations différentielles. Ce chapitre a pour objet de fournir
des outils mathématiques permettant de trouver une solution d’une équation différentielle.
Nous allons commencer ce chapitre en fournissant des terminologies et propriétés élémentaire
relatives aux équations différentielles.
3.2 Généralités
Définition 3.1. Une équation différentielle est une équation reliant une fonction et ses
dérivées de différents ordres. Elle est de la forme : F (x, y, y 0 , y”, ..., y ( (n))) = 0, avec F une
fonction Rn+2 dans R. L’ordre d’une équation différentielle est le plus grand ordre de dérivée,
parmi les dérivées contenues dans l’équation.
Exemple 3.1. En électricité, dans le circuit schématisé par la figure 3.1, le courant i est
di R E
une fonction de temps (i : t 7→ i(t)) vérifiant l’équation différentielle : + i=
dt L L
28
IST-D CIED
d’une équation différentielle. Dans ce cas, la fonction i : t 7→ i(t) est appelée Solution de
l’équation différentielle.
f (y)dy = g(t)dt.
Si on observe bien cette dernière forme, nous pouvons constater de la variable symbolique y
et la variable t se trouvent de part et d’autre e l’équation. L’avantage avec une telle forme
est la possibilité d’effectuer une intégration membre à membre.
f (y)dy = g(t)dt,
Z Z
f (y)dy = g(t)dt,
F (y) = G(t) + C
29
IST-D CIED
Résolution
dy
En remplaçant y 0 par , on a :
dx
dy
= x2 y
dx
dy
= x2 dx
y
En intégrant les deux membres de la dernière égalité, on obtient :
Z Z
dy
= x2 dx
y
x3
ln |y| = +C
3
x3 x3
|y| = e 3 +C = eC e 3
x3
Ici, on peut expliciter l’expression de y. On a : y = ±eC e 3 En posant K = ±eC , l’équation
x3
différentielle 3.2 a pour solution : y(x) = Ke 3 , avec K une constante réelle.
Exemple 3.3. Équation différentielle avec une condition initiale
Considérons un corps de température initial égale à 100◦ C placé dans un milieu ambiant de
température 25◦ C. Le corps va se refroidir progressivement. Supposons que ce refroidissement
suit la loi de Newton qui affirme que le refroidissement d’un corps est proportionnel à la
différence de température. C’est à dire qu’il existe une constante k telle que :
T 0 (t) = k(T (t) − 25)
(3.3)
T (0) = 100◦ C
30
IST-D CIED
Résolution
On cherche une fonction y définie sur un intervalle I vérifiant l’équation : y 0 + ay = b, avec
a et b deux fonctions continues sur I.
Autrement dit, la fonction y est une fonction dérivable sur I telle que :
31
IST-D CIED
λ2 + aλ + b = 0. (3.6)
• Si ∆ > 0, l’équation (3.6) admet 2 racines réelles distinctes λ1 et λ2 . Les fonctions qui
vérifient l’équation différentielle (3.5) sont telles que
32
IST-D CIED
Ces fonctions sont définies sur R tout entier. On note que si l’on veut des solutions
réelles (ce qui est en général le cas dans une équation modélisant un problème physique),
on doit avoir B = Ā. On peut alors écrire exp (λt) = exp (µt) × exp (iνt) . En utilisant
les formules d’Euler, on obtient la forme réelle des fonctions solutions de l’équation
différentielle (3.5) :
u (t) = exp (µt) × Ã cos νt + B̃ sin νt ,
A + Ā A − Ā
à = = Re (A) et B̃ = = Im (A) .
2 2i
avec α, β données et t0 ∈ R.
Dans ce cas, on commence par résoudre l’équation différentielle (3.5) : se reporter au para-
graphe précédent. Résoudre le problème (3.7) revient alors à chercher parmi les solutions de
(3.5) celles qui vérifient de plus la condition
u (t ) = α
0
.
u0 (t ) = β
0
Dans tous les cas, le problème admet une unique solution obtenue en résolvant le système
linéaire ci-dessus.
33