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Cours sur le Calcul Intégral et les Équations Différentielles

Le document présente un cours sur le Calcul Intégral et les Équations Différentielles (CIED) destiné aux étudiants de première année DTS. Il couvre les théorèmes fondamentaux, les définitions, les propriétés des primitives, ainsi que des exemples et exercices pour aider à la compréhension. Les fonctions usuelles et hyperboliques, ainsi que leurs primitives, sont également abordées.

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Cours sur le Calcul Intégral et les Équations Différentielles

Le document présente un cours sur le Calcul Intégral et les Équations Différentielles (CIED) destiné aux étudiants de première année DTS. Il couvre les théorèmes fondamentaux, les définitions, les propriétés des primitives, ainsi que des exemples et exercices pour aider à la compréhension. Les fonctions usuelles et hyperboliques, ainsi que leurs primitives, sont également abordées.

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Institut Supérieur de Technologie

IST-D

CIED : Calcul Intégral et Équation


Différentielle
R. Harrimann
IST-D CIED

Introduction
L’application du calcul intégral et des équations différentielles prédomine dans la science
et de la technologie. A titre d’exemple, le calcul intégral permet de déterminer la distance
parcourue par un point mobile, dont la vitesse de déplacement est connue. De même, on
calcule les charges électriques ou l’énergie fournie par un système avec l’intégrale.
Le cours Calcul Intégral et Équations Différentielles (CIED) est la suite logique des cours
d’analyse, d’algèbre et de trigonométrie, tous inclus dans l’Unité d’Enseignement Mathéma-
tiques, aux étudiants en première année DTS. Écrit à l’intention des étudiants en première
année DTS, ce cours comprend quatre chapitres dans lesquels sont présentés les théorèmes
fondamentaux des calculs et leurs applications. Les définitions et les principales proprié-
tés sont mis en évidence. De nombreux exemples et exercices permettront à l’étudiant de
consolider le cours.

1
Chapitre 1

Généralités sur les primitives et le calcul


intégrale

Tout au long de ce chapitre, sauf mention contraire, toutes les fonctions utilisées sont définies,
continues et dérivables sur un ensemble I ⊂ R.

1.1 Primitives d’une fonction(Rappel et Complément)


1.1.1 Définition et propriétés

Définition
On dit que la fonction F est une primitive de la fonction f sur l’intervalle I si :
1. F est dérivable sur I

2. ∀x ∈ I, F 0 (x) = f (x).
Ici, F 0 désigne la fonction dérivée de F.

t3
Exemple 1.1. • Prenons f (t) = t2 + 2t + 1 et F (t) = 3
+ t2 + t − 5
1
F 0 (t) = 3t2 + 2t + 1 − 0
3
= t2 + 2t + 1
= f (t).
Puisque pour tout t, F 0 (t) = f (t), F est donc une primitive de f.
• Prenons h(t) = 3 sin(3t + 1) et H(t) = − cos(3t + 1).
Rappelons que dtd (cos(at + b)) = −a sin(at + b).
d d
H 0 (t) = (− cos(3t + 1)) = − (cos(3t + 1))
dt dt
= −(−3 sin(3t + 1)) = 3 sin(3t + 1)
= h(t).

Puisque pour tout t, H 0 (t) = h(t), H est donc une primitive de h.

2
IST-D CIED

Activité :
Dans chacun des cas et en se servant de la définition d’une primitive, cochez les fonctions
F qui correspondent aux primitives de f . Prenez un brouillon, réfléchissez avant de cocher
quoi que ce soit.

1)f (t) = t2 − sin t 2) f (t) = − 3t12 + 2e2t + √ t


t2 +1

 F (t) = t3 − cos t  F (t) = 1
+ e2t +
t2 + 1 − 5
3t
t3 √
 F (t) = 3
+ cos t  F (t) = − 3t1 + e2t + t2 + 1 − 3
t3 √
 F (t) = 3
+ cos t + 3  F (t) = 3t1 + e2t + t2 + 1 + 15
t3 √
 F (t) = 3
+ cos t − 5  F (t) = 3t1 + 21 e2t + t t2 + 1
t3 √
 F (t) = 3
+ cos t + 3t + 1  F (t) = 3t1 + 21 e2t + t2 + 1

1 1
2 4)f (t) = − (t+1)2
+1
3)f (t) = −2te1+t + sin t + t cos t cos2 t

1
 F (t) = t sin t − et
2 +1
 F (t) = t + t+1
+ tan t + 5
2 t2
 F (t) = t sin t − et + 1  F (t) = (t+1)
+ tan t + 5
2 +1
 F (t) = t + cos t − et  F (t) = t + 1
t+1
+ tan(t + 1)
t2 +1
 F (t) = t sin t − e +3  F (t) = t + 1
+ tan t + 1
t+1
2 +1
 F (t) = t sin t − et + 13  F (t) = t + 1
+ sin t
−1
t+1 cos t

et 1
6)f (t) = (cos t + sin t) +
cos2 t (t + 1)2

5)f (t) = 2t cos(2t + 1) + sin(2t + 1) − 2e2t + 1 et t


t  F (t) = +
cos t t + 1
 F (t) = t sin(2t + 1) − e2t + ln(t)
ln (t + 1)2

et
 F (t) = t sin(2t + 1) − e2t + ln(3t)  F (t) = +
cos t 2
2
 F (t) = t sin(2t + 1) − et + ln(t) et −1
 F (t) = +
cos t t + 1
 F (t) = t + sin(2t + 1) − e2t + ln(t)
et 1
 F (t) = t cos(2t + 1) − e + ln(t) 2t  F (t) = − +3
cos t t + 1
et (ln(t + 1))2
 F (t) = +
cos t 2

3
IST-D CIED

Existence de primitive et notation


Soit I un intervalle de R. Si f est continueRsur I, Ralors elle a une primitive sur cet
intervalle. Une primitive de f est notée par f ou f (x)dx.

Exemple 1.2. La fonction définie par x 7→ f (x) = 2x est la dérivée de x 7→ F (x) = x2 .


Donc, fa fonction définie par x 7→ F (x) = x2 est une primitive de x 7→ f (x) = 2x.
On note : Z
x2 dx = 2x.

−1 x
Exemple 1.3. La fonction x 7→ g(x) = (x−1) 2 est la dérivée de x 7→ G(x) = x−1 .
x −1
Donc, la fonction définie par x 7→ G(x) = x−1 est UNE primitive de x 7→ g(x) = (x−1)2
.
On a donc :
−1
Z
x
2
dx = .
(x − 1) x−1
Remarque 1. Si F est une primitive de f , alors pour toute constante k, F + k est aussi
une primitive de f . En effet, (F (x) + k)0 = F 0 (x) = f (x) (dérivée d’une constante est nulle).
En d’autre terme, une fonction continue f a une infinité de primitive.
On note : Z
f (x)dx = F (x) + k.

A titre d’exemple, pour toute réelle constante k, on a :


Z
x2 dx = 2x + k.

Propriété 1.1. Soit I un intervalle de R, f et g deux fonctions continue sur I.


R R R
1. (f (x) + g(x))dx = f (x)dx + g(x)dx
R R
2. ∀k ∈ R, kf (x)dx = k f (x)dx.

1.1.2 Primitives des fonctions de formes usuelles


Dans cette section, nous allons voir une primitive de certaines fonctions usuelles. En effet,
on peut trouver facilement une primitive d’une certaines fonctions usuelles. Il est nécessaire
de connaître ces primitives afin de les exploiter dans des cas plus complexes. Certaines de
ces primitives sont groupées dans le tableau 1.1.

4
IST-D CIED

Ensemble de définition Fonction : x 7→ f (x) Primitive : x 7→ F (x) + C(C : C te )

R 0 C

R a (C te ) ax + C

xα+1
R xα (α ∈ R − {−1}) +C
α+1
1
R∗ ln |x| + C
x

R ex ex + C

1 (ax+b)
R e(ax+b) , (a ∈ R − {0}) e +C
a

R sin x − cos x + C

1
R sin(ax + b), (a ∈ R − {0}) − cos(ax + b) + C
a

R cos x sin x + C

1
R cos(ax + b), (a ∈ R − {0}) sin(ax + b) + C
a

R − (2k + 1) π2 ; k ∈ Z

tan x − ln |cos x| + C

1 x
R ax , (a ∈ R∗+ − {−1}) a +C
ln a
1
] − 1; +1[ √ arcsin x + C
1 − x2
−1
] − 1; +1[ √ arccos x + C
1 − x2
1
R arctan x + C
1 + x2
−1
R arccotanx + C
1 + x2
Tableau 1.1 – Tableau de primitive de certaines fonctions usuelles

Il faut noter que les fonctions usuelles qui se trouvent dans le tableau 1.1 sont des fonctions
qui sont censées être vue dans les antérieures (classe de Terminale et classe de première).
Nous allons voir comment trouver une primitive des fonction hyperboliques. Avant cela, nous

5
IST-D CIED

allons voir dans le tableau 1.2 la description de ces fonctions hyperboliques : sinus hyper-
bolique (sh(x)), cosinus hyperbolique (ch(x)), tangente hyperbolique (th(x)) et cotangente
hyperbolique (cth(x)).

Ensemble de définition Fonctions Expressions

ex −e−x
R shx sh(x) = 2

ex +e−x
R chx ch(x) = 2

sh(x) ex −e−x
R th(x) th(x) = ch(x)
= ex +e−x

ch(x) ex +e−x
R∗ coth(x) coth(x) = 1
th(x)
= sh(x)
= ex −e−x

Tableau 1.2 – Fonctions hyperboliques

Quelques propriétés des fonctions hyperboliques

ch 2 x − sh2 x = 1
ch x − sh x = e−x
ch x + sh x = ex
ch (a + b) = ch a × ch b + sh a × sh b
sh (a + b) = sh a × ch b + sh b × ch a
En effet :
ch 2 x − sh2 x = (ch x − sh x) (ch x + sh x)
e + e−x ex − e−x e + e−x ex − e−x
 x  x 
= − +
2 2 2 2
 x   −x 
2e 2e
=
2 2
x −x
= e ×e
= 1.
Pour la deuxième propriété, on a :
ex + e−x ex − e−x
ch x − sh x = −
2 2
e−x −e−x
= −
2 2
e−x e−x
= +
2 2
−x
= e

6
IST-D CIED

En utilisant les mêmes démarches, on peut montrer facilement les autres propriété[Link],
nous allons voir ls primitives associées aux fonctions hyperboliques.

Ensemble de définition Fonction f (x) Primitive F (x) + C (C : constante)


R shx chx + C
R chx shx + C
R∗ 1
shx
ln |th x2 | + C
1
R chx
2 arctan ex + C
R∗ 1
sh2 x
= coth2 x − 1 −cothx + C
R 1
ch2 x
= 1 − th2 x thx + C
R thx ln(chx) + C
R∗ cothx ln |shx| + C
(
argshx + C
R √ 1 √
x2 +1
ln(x + x2 + 1) + C
(
argchx + C
]1; +∞[ √ 1 √
x2 −1
ln(x + x2 − 1) + C

] − ∞; −1[ √ 1 ln |x + x2 − 1| + C
x2 −1 (
1 arcthx + C
] − 1; 1[ 1−x2 1
2
ln 1+x
1−x
+C

Tableau 1.3 – Primitives usuelles des fonctions hyperboliques

Z
x+5
Exemple 1.4. Cherchons uns primitive de √ dx.
1 + x2
Z Z Z
x+5 x 5
√ dx = √ dx + √ dx
1 + x2 Z 1 + x 2
Z 1 + x 2

1 2x 1
= √ dx + 5 √ dx
2 1 + x 2 1 + x 2
Z Z
1  −1
2 2 1
= 2x 1 + x dx + 5 √ dx
2 1 + x2
−1
+1
(1 + x2 ) 2
= −1 + 5 arg sh x + K
2
+1
Z
x+5 √
D’où √ dx = 2 1 + x2 + +5 arg sh x + K
1 + x2

7
IST-D CIED

1.2 Intégrale définie


Définition 1.1. Soit f une fonction continue sur un segment [a; b] et soit F sa primitive.
L’intégrale définie de f entre a et b est le réel :
Zb
f (x)dx = F (b) − F (a)
a

On note souvent F (b) − F (a) par [F (x)]ba ou [F (x)]x=b


x=a . Le symbole a été introduit par
R

Leibniz en 1686. Il s’agit d’un « S »allongé, pour dire que l’intégrale est une somme (limite de
sommes). Dans l’expression sous-intégrale, f est appelée un intégrande, a et b sont les bornes
d’intégration (resp. borne inférieure et borne supérieure). Le symbole x s’appelle variable
d’intégration.
Remarques :
Si G et F sont deux primitives de f , alors G(x) = F (x) + C, avec C une constante. On a
donc : G(b) − G(a) = (F (b) + C) − (F (a) + C) = F (b) − F (a). Donc, il est inutile d’ajouter
une constante à une intégrale définie, car c’est un nombre fixe dont la valeur ne dépend pas
du choix de la primitive. D’autre part, la valeur de l’intégrale ne dépend pas de la variable
figurant dans la notation sous-intégrale. Autrement dit :
Zb Zb Zb
f (x)dx = f (y)dy = f (z)dz =F (b) − F (a)
a a a

Interprétation géométrique
Soit f une fonction continue et positive sur un intervalle [a; b] et C sa courbe représentative
dans un repère (O;~i; ~j). orthogonal. L’intégrale de a à b de la fonction f représente la mesure
de l’aire en unité d’aire de la partie A du plan délimitée
Rb par l’axe des abscisses, les droites
d’équations x = a et x = b et la courbe C. On note a f (t)dt cette aire.

Fig. 1.1 – Intégrale définie

8
IST-D CIED

Rx
Propriété 1.2. Pour tout x ∈ [a , b], la fonction F définie par : F (x) = a f (t)dt est une
primitive de f . F est l’unique primitive de f qui s’annule en a. En d’autres termes, F est
continue et dérivable sur [a, b] et sa dérivée est égale à f :
 x 
Z
d 
F 0 (x) = f (t)dt = f (x).
dx
a

Preuve Pour fixer les idées et faciliter


R x0 la compréhension, supposons que f soit croissante.
Soit x0 un réel dans [a; b], F (x0 ) = a f (t)dt représente (en unité d’aire) l’aire sous la courbe
C, les droites d’équation respective x = a et x = x0 ( Fig. 1.2a). Soit h un réel positif tel que
R x +h
x0 + h reste dans [a; b]. La quantité F (x0 + h) = a 0 f (t)dt, représente aussi l’aire sous la
courbe C, les droites d’équation respective x = a et x = x0 + h (Fig. 1.2b).

(a) (b)

R x0 R x0 +h
Fig. 1.2 – Aires représentant F (x0 ) = a
f (t)dt et F (x0 + h) = a
f (t)dt

La figure 1.3 montre la différence entre les deux aires F (x0 + h) et F (x0 ) (Aire en rouge -
moins aire en bleu).

Fig. 1.3 – Aire représentant F (x0 + h) − F (x0 )

9
IST-D CIED

Cette aire (Fig.1.4 c) est comprise entre l’aire du rectangle de hauteur f (x0 ) et de largeur h
(Fig.1.4 a)et l’aire du rectangle de hauteur f (x0 + h) et de largeur h (Fig.1.4b).

(a) (b)

(c)

Fig. 1.4 – Comparaison de h × f (x0 ), F (x0 + h) − F (x0 ) et h × f (x0 + h)

On peut facilement constater que :


h × f (x0 ) 6 F (x0 + h) − F (x0 ) 6 h × f (x0 + h).
En divisant par h, on a :
F (x0 + h) − F (x0 )
f (x0 ) 6 6 f (x0 + h).
h
Or, f est continue en x0 . Donc, lim f (x0 + h) = f (x0 ) et d’après le théorème des gen-
h→0, h>0
darmes,
F (x0 + h) − F (x0 )
lim = f (x0 ) (1.1)
h→0,h>0 h
Par le même raisonnement on peut montrer que :
F (x0 + h) − F (x0 )
lim = f (x0 ). (1.2)
h→0,h<0 h

10
IST-D CIED

Les expressions 3.5 et 1.2 montrent que F est dérivable en x0 de nombre dérivé f (x0 ) et ceci
pour tout x0 de [a; b].
Donc, pour tout x dans [a; b] : si
Z x
F (x) = f (t)dt, alors F 0 (x) = f (x).
a

Définition 1.2. Soit f une fonction continue sur [a, b], on appelle valeur moyenne de f
sur [a; b], le réel
Z b
1
µ= f (x) dx
b−a a

Quelques propriétés utilisées dans les calculs intégrales

Relation de Chasles et ses conséquences


Soit f une fonction continue sur [a, b] :
Rc Rb Rb
• Pour tout c ∈ [a, b], f (x)dx + f (x)dx = f (x)dx
a c a

• Pour tout α dans [a, b], α f (x) dx = 0
Ra Rb
• b f (x) dx = − a f (x) dx

Linéarité de l’intégrale
Soient f et g deux fonctions continues sur [a, b], k un réel quelconque :
Rb Rb Rb
• a (f (x) + g(x)) dx = a f (x) dx + a g(x) dx
Rb Rb
• a kf (x) dx = k a f (x) dx

Positivité et conservation d’ordre


Soit f une fonction continue sur [a, b] :
Rb
• Pour tout réel x de [a, b], si f (x) > 0, alors f (x) dx > 0 ;
a
Rb Rb
• Pour tout réel x de [a; b], f (x) 6 g(x), alors a f (x) dx 6 a g(x) dx.

Inégalités de la moyennes
Soient m et M deux réels, f une fonction continue sur [a, b] :
Rb
• Pour tous réels x dans [a, b], si m 6 f (x) 6 M , alors m(b−a) 6 a
f (x)dx 6 M (b−a) ;
1 Rb
• Pour tous réels x dans [a, b], si m 6 f (x) 6 M , alors m 6 f (x)dx 6 M .
(b − a) a
1 Rb
Rappelons que µ = f (x)dx est la valeur moyenne de f sur [a, b].
(b − a) a

11
IST-D CIED

Quelques exemples
R 1 de calcul intégrale :
Calculons : I1 = −1 (1 + x ) dx
2

Z 1
I1 = (1 + x2 ) dx
−1
x=1
x3

= x+
3 x=−1
   
1 −1
= 1+ − −1 +
3 3
4 4
= +
3 3
R1 8
D’où : I1 = −1
(1 + x2 ) =
3
R2
Calculons : I3 = 1
x(1 + x2 )3 dx
Z 2
I3 = x(1 + x2 )3 dx
1
Z 2
1
= 2x(1 + x2 )3 dx
2 1
x=2
1 (1 + x2 )3+1

=
2 3+1 x=1
" #
4
1 (1 + 4) (1 + 1)4
= −
2 4 4
" #
1 (5)4 (2)4
= −
2 4 4

R2 609
D’où : I3 = 1
x(1 + x2 )3 dx =
8
R1
Calculons :I3 = x
0 2−5x2
dx
Z 1
x
I3 = 2
dx
0 2 − 5x
Z 1 
1 −10x
= − dx
0 10 2 − 5x2
 
1  x=1
= − ln 2 − 5x2 x=0
10
 
1
= − (ln | − 3| − ln |2|)
10
R1 1 3 1 2
D’où : I3 = x
0 2−5x2
dx = − ln = ln
10 2 10 3

12
Chapitre 2

Quelques techniques de recherche de


primitive et de calcul intégrale

Nous avons vu des définitions et certaines propriétés des primitives et de calcul intégrale.
Les tableaux de primitive des fonctions usuelles que nous avons vu au premier chapitre per-
mettent de trouver une primitive d’une fonction dont la forme peut être ramenée à l’une
des formes qui se trouvent dans ces tableaux. Pour certaines primitives, l’utilisation de ces
tableaux ne suffit pas, il est nécessaire de déployer des techniques beaucoup plus sophisti-
quées. Ce second chapitre a pour objet de montrer comment utiliser ces techniques. Nous
allons voir en premier lieu la technique d’intégration par parties. Ensuite, nous verrons com-
ment effectuer un changement de variable et, nous terminerons sur l’intégration des fonctions
rationnelles et trigonométriques.

2.1 Intégration par parties


Soient u et v deux fonctions suffisamment régulières sur un ensemble I. On sait que d’après
la propriété de la dérivée d’un produit, on a :
∀x ∈ I, (u(x)v(x))0 = u0 (x)v(x) + u(x)v 0 (x). (2.1)
À partir de (2.1), on peut tirer :
u0 (x)v(x) = (u(x)v(x))0 − u(x)v 0 (x), (2.2)
et aussi :
u(x)v 0 (x) = (u(x)v(x))0 − u0 (x)v(x). (2.3)
À partir de (2.2), on peut tirer les relations :
 Z Z


 u (x)v(x)dx = (u(x)v(x)) − u(x)v 0 (x)dx
0

Z b  b Z b (2.4)
0
u (x)v(x)dx = u(x)v(x) − u(x)v 0 (x)dx



a a a

À partir de (2.3), on peut tirer les relations :


 Z Z


 u(x)v (x)dx = (u(x)v(x)) − u0 (x)v(x)dx
0

Z b  b Z b (2.5)
0
u(x)v (x)dx = u(x)v(x) − u0 (x)v(x)dx



a a a

13
IST-D CIED

L’intégration par parties consiste à utiliser l’une de relations (2.4) ou (2.5). Il faut noter
que les deux relations sont équivalentes. Donc, il suffit d’en choisir une. Prenons quelques
exemples simples.
Z
Exemple 2.1. Calculons I1 (x) = 3xe5x dx
Posons u0 (x) = e5x et v(x) = 3x
1
Si u0 (x) = e5x , alors u(x) = e5x
5
Si v(x) = 3x, alors v 0 (x) = 3
Z  5x  Z  
5x e 3 5x 3 5x 3
I1 (x) = 3xe dx = 3x − e dx = xe − e5x + K
5 5 5 25
Z
3 3
D’où I1 (x) = 3xe5x dx = xe5x − e5x + K
5 25
Z 1
Exemple 2.2. Calculons I2 = (x2 + 1)ex dx
0
Posons u0 (x) = ex et v(x) = (x2 + 1)
Si u0 (x) = ex , alors u(x) = ex
Si v(x) = x2 + 1, alors v 0 (x) = 2x
Z 1  1 Z 1
2 x 2 x
I2 = (x + 1)e dx = (x + 1)e −2 xex dx
0 0 0

Remarquons que l’on a besoin de faire une deuxième intégration par parties. Dans certaine
situations, il est possible de faire plusieurs intégrations par paries avant d’aboutir au résultats
attendus. Z 1
Nous allons calculer : xex dx Posons u0 (x) = ex et v(x) = x
0
Si u0 (x) = ex , alors u(x) = ex
Si v(x) = x, alors v 0 (x) = 1

Z 1  1 Z 1
x x
xe dx = xe − ex dx
0 0 0
 1  1
= xex − ex
0 0
= e − (e − 1)
= 1.
Z 1
D’où I2 = (x2 + 1)ex dx = 2e − 3
0

Z 3
Exemple 2.3. Calculons I3 = x ln x dx
1
Posons u0 (x) = x et v(x) = ln(x)

14
IST-D CIED

0 x2
Si u (x) = x, alors u(x) =
2
0 1
Si v(x) = ln x, alors v (x) =
x
Z 3 3 3  3
1 3
 2  2
1 x2
Z
x x
I3 = x ln x dx = ln x − x dx = ln x −
1 2 1 2 1 2 1 2 2 1
Z 3
9 ln 3
D’où I3 = x ln x dx = −2
1 2

Faisons une remarque par rapport au choix de u0 et v. Supposons qu’on a posé u0 (x) = ln x, on
devait trouver u, c’est à dire, une primitive de x 7→ ln(x). Trouver cette primitive nécessite
une autre intégration par parties. Supposons qu’on l’a quand même fait, on va avoir les
expressions suivantes :
Si u0 (x) = ln(x), alors u(x) = x ln(x) − x
Si v(x) = x, alors v 0 (x) = 1
Z 3  3 Z 3
I3 = x ln x dx = x(x ln x − x) − (x ln x − x) dx
1 1 1
Z 3 Z 3
I3 = 3(3 ln 3 − 3) − 1(1 ln 1 − 1) − (x ln x) dx + x dx
1 1
9 1
= 9 ln 3 − 9 + 1 − I3 + −
2 2
= 9 ln 3 − I3 − 4
2I3 = 9 ln 3 − 4,
9 ln 3
Donc I3 = −2
2
On peut remarquer que dans ce deuxième supposition, le calcul est beaucoup plus lourd. Il
faut donc faire très attention ux rôles joués par u0 et v. Dans certains cas, un mauvais choix
conduit tout simplement à un problème plus compliqué à résoudre.
Z π
3
Exemple 2.4. Calculons : x cos x dx
0

Ici, on peut effectuer les suppositions ci-après :


Si u0 (x) = cos x, alors u(x) = sin x
Si v(x) = x, alors v 0 (x) = 1

15
IST-D CIED

Z π   π3 Z π
3 3
x cos x dx = u(x)v(x) − u0 (x)v(x) dx
0 0 0
  π3 Z π
3
= x sin x − sin(x) dx
0 0

π 3 π
= + [cos x]03
6

π 3 1
= − .
6 2
Z π √
3 π 3 1
D’où x cos x dx = − .
0 6 2

Supposons qu’on avait fait le choix ci-après :


x2
Si u0 (x) = x, alors u(x) =
2
Si v(x) = cos x, alors v 0 (x) = − sin x
Z π   π3 Z π
3 3
x cos x dx = u(x)v(x) − u(x)v 0 (x) dx
0 0 0
2
 π3 π
x2
 Z
x 3
= cos x + sin x dx.
2 0 0 2
Rπ 2
Jusqu’ici, tout est correcte. Mais, la recherche 03 x2 sin x dx est une autre histoire. C’est
encore plus compliquée que le problème initial. Donc, le mauvais choix sur les rôles joués par
u0 et v pourrait engendrer ce type de difficulté.

2.2 Intégration par changement de variable


Dans certains cas, le calcul intégral nécessite des changements de variables afin de retrouver
des formes plus simples ou les formes usuelles. Il n’y a pas de recette magique, tout va
dépendre de la forme de l’expression à intégrer et la forme de l’expression que l’on souhaite
retrouver.

2.2.1 Changement de variable de type u = φ(x)


Recherche de primitive
Supposons que l’on cherche à trouver une primitive de la forme F (x) = f (x)dx. Si l’ex-
R

pression f (x)dx peut être sous forme de g(φ(x))φ0 (x)dx avec g une fonction plus simple à
intégrer dont une primitive est notée par G, alors on peut poser u = φ(x) et on obtient :
Z Z
F (x) = f (x)dx = g (φ (x)) φ0 (x) dx,
Z
= g (u) du,

= G(u) + C.

16
IST-D CIED

du
En effet, si on pose u = φ(x), alors = φ0 (x) et on a donc : du = φ0 (x)dx.
dx
Notre primitive devient :
Z Z Z
0
F (x) = f (x)dx = g (φ (x)) φ (x) dx, = g (u) du.
Z
x
Exemple 2.5. Cherchons un primitive de √ dx.
1 + 3x2
du
Posons u = 1 + 3x2 , donc = 6x (du = 6xdx)
dx
Z Z Z
x 1 1 du du
√ dx = √ xdx = √ ( car xdx = )
1 + 3x 2 1 + 3x 2 u 6 6

On a donc :
1
1 u− 2 +1
Z Z
1 1 1 − 12
√ du = u du = +C
6 u 6 6 − 12 + 1
1
1 u2 1√
= 1 +C = u+C
6 2 3

1√ 1√
Z
x
D’où √ dx = u+C = 1 + 3x2 + C
1 + 3x 2 3 3
Z
1
Exemple 2.6. Cherchons un primitive de √ dx pour tout x > 0.
x+ x
√ du 1 1
Posons u = x, donc = √ =
dx 2 x 2u
du 1
À partir de la relation = , on peut facilement tirer : 2udu = dx. On a donc :
dx 2u
Z Z Z
1 1 1
√ dx = 2
2udu = 2 du
x+ x u +u u+1


= 2 ln |u + 1| + K = 2 ln | x + 1| + K

√ √
Z
1
Puisque x + 1 est toujours positif, on a : √ dx = 2 ln( x + 1) + K
x+ x

Calcul d’intégrale
Rb
Supposons que l’on cherche à calculer I = f (x)dx. Si l’expression f (x)dx peut être sous
a
forme de g(φ(x))φ0 (x)dx avec g une fonction plus simple à intégrer dont une primitive est

17
IST-D CIED

notée par G, alors on peut poser u = φ(x) et on obtient :


Zb Zb
I= f (x)dx = g (φ (x)) φ0 (x) dx
a a
Zφ(b)
= g (u) du
φ(a)

= G(φ(b)) − G(φ(a))
du
En effet, si on pose u = φ(x), alors = φ0 (x) et on a donc : du = φ0 (x)dx.
dx
De plus, si x = a, alors u = φ(a) et si x = b, alors u = φ(b).
Notre intégral devient :
Zb Zb Zφ(b)
0
I= f (x)dx = g (φ (x)) φ (x) dx, = g (u) du.
a a φ(a)

Z3
dx
Exemple 2.7. Calculons J = √
(1 + x) x
1
3
√ du 1 1
Si on pose u = x, alors on aura = √ (soit 2du = √ dx).
dx 2 x x
Précisons que nous allons utiliser u comme nouvelle variable. Il est donc IMPÉRATIF d’ex-
primer la valeur de chaque borner en fonction de u.
1 1 1
Si x = , alors u = =√
3 √ 3 3
Si x = 3, alors u = 3 √
Remarquons pour tout x > 0, x = ( x)2
Z3 Z3
dx 1 dx
J= √ =  √ 2  √x
(1 + x) x 1 + ( x)
1 1
3 3
√ √
Z3 Z3
1 du
= 2du = 2
(1 + u2 ) (1 + u2 )
√1 1

3 3

√ √
 
3 1
= 2 [arctan u] √1 = 2 arctan 3 − arctan √
3 3
π √ π √
Remarquons que tan = 3, donc = arctan( 3).
3 3  
π 1 π 1
De même, tan = √ , donc = arctan √ .
6 3 6 3

Z  
x 1 π π  π
D’où √ dx = 2 arctan 3 − arctan √ =2 − =
1 + 3x2 3 3 6 3

18
IST-D CIED

2.2.2 Changement de variable de type x = φ(t)


Recherche de primitive
Z
Supposons que l’on cherche à trouver une primitive de la forme F (x) = f (x)dx. En posant
dx
x = φ(t), on obtient : = φ0 (t). Autrement dit, dx = φ0 (t)dt. Dans ce cas, notre primitive
Z dt Z
devient : F (x) = f (x)dx = f (φ(t))φ0 (t)dt.
La fonction φ doit être choisie de telle sorte qu’une fois la variable d’intégration devient
t, l’expression sous le symbole d’intégration va devenir plus simple à intégrer. Il faut aussi
noter que la fonction φ doit être bijective. En effet, pour pouvoir retrouver la variable x de
départ, on doit pouvoir compter sur l’expression t = φ−1 (x).
Z
1
Exemple 2.8. Cherchons F (x) = dx.
1+ x2  0 
dx 1 0 sin t 1
En posant x = tan t, on a : = il faut se rappeler que (tan t) = = .
dt cos2 t cos t cos2 t
En effectuant ce changement de variable, on a :
Z Z
1 1 1
2
dx = 2
dt.
1+x 1 + tan t cos2 t
1 1 1 1
Or, = 2 = 2 = = cos2 t.
2
1 + tan t sin t 2
cos t + sin t 1
1+
cos2 t cos2 t cos2 t
Donc, Z Z Z Z
1 1 1 2 1
dx = dt. = cos t 2 dt = dt = t
1 + x2 1 + tan2 t cos2 t cos t
Ici, on peut constater que le changement de variable nous a permis d’avoir une expression
plus simplifiée.
Puisque x = tan t, on a t = arctan x.  π π

La
 π fonction tangente est continue et monotone sur − 2
, + 2
, elle admet une bijection de
− 2 , + π2 vers R.

Z
1
D’où dx = arctan x + C
1 + x2

Cas de calcul intégrale


Z b
Supposons que cherche à trouver une intégrale de la forme I = f (x)dx. En posant
a
dx
x = φ(t), on obtient : = φ0 (t). Autrement dit, dx = φ0 (t)dt. Comme dans le précédent
dt
cas, il va falloir IMPÉRATIVEMENT exprimer les bornes d’intégration en fonction de la
nouvelle variable.
Étant donnée que x = φ(t), si x = a, alors t = φ−1 (a) et si x = b, alors t = φ−1 (b). Dans ce
cas, notre intégral devient :
Z b Z φ−1 (b)
I= f (x)dx = f (φ(t))φ0 (t)dt.
a φ−1 (a)

19
IST-D CIED

La fonction φ doit être choisie de telle sorte qu’une fois la variable d’intégration devient
t, l’expression sous le symbole d’intégration va devenir plus simple à intégrer. Il faut aussi
noter que la fonction φ doit être bijective.
Z1
1
Exemple 2.9. Nous allons calculer I = √ dx
1 − x2
0
1
Certes, une de la fonction √ figure bel et bien dans la table de primitive des fonctions
1 − x2
usuelles. Pour calculer l’intégral I, on aurait pu récupérer tout simplement une primitive de
cette fonction dans notre table. Pourtant, le but de cet exemple est de nous montrer comment
utiliser un changement de variable de type x = φ(t). Nous allons donc ignorer l’existence de
cette table. C’est aussi une occasion pour nous montrer comment ce résultat figurant dans la
table a été obtenu.
En posant x = sin t, on a :
dx 1 1 1 1
= cos t et √ =p =√ = (∀t tel que cos t > 0) .
dt 1 − x2 1 − sin2 t cos2 t cos t
Si x = 0, alors t = arcsin(0) = 0
π
Si x = 1, alors t = arcsin (1) =
2
Dans ce cas, notre intégral devient :
π π
Z1 Z2 Z2 h i π2
1 1 π
I= √ dx = cos t dt = 1 dt = t =
1 − x2 cos t 0 2
0 0 0

Z 1
dx π
D’où √ = .
0 1−x 2 2

Notons que, si onZ a voulu seulement


Z Z trouver une primitive, on aurai pu avoir :
1 1
√ dx = cos t dt = 1 dt = t et, sachant que x = sin t ⇔ t = arcsin x.
1 − x2 cos t
Z
1
On a : √ dx = t + C = arcsin x + C.
1 − x2

20
IST-D CIED

2.3 Intégration des fonctions rationnelles


Avant de voir comment trouver une primitive d’une fonction rationnelle, il est nécessaire de
connaître certaines propriétés des fonctions rationnelles.

Définition 2.1 (Polynôme). Soit X un réel. Un polynôme à coefficients dans R est une
expression de la forme P (X) = an X n + an−1 X n−1 + · · · + a2 X 2 + a1 X + a0 , avec n ∈ N et
a0 , a1 , . . . , an ∈ R.
L’ensemble des polynômes à coefficients dans R est noté R[X].

• Les ak sont appelés : coefficients du polynôme.

• On appelle le degré de P le plus grand entier k tel que ak 6= 0 ; on le note d◦ P .

Exemple 2.10.

• P (X) = X 4 − 5X + 1
4
est un polynôme de degré 4, (d◦ P = 4).

• Q(X) = X n − 3 est un polynôme de degré n, (d◦ Q = n).

• C(X) = 2 est un polynôme constant, de degré 0, (d◦ C = 0).


P (x)
Définition 2.2. Soient P et Q deux polynômes. Toute expression de la forme est
Q(x)
appelée fraction rationnelle.

Démonstration.
x3 + 1 x−5 1
f (x) = g(x) = h(x) =
x−3 x2 + 1 x2 + 2x + 1

Propriété 2.1. Soient N et D deux polynômes de degré respectif n et d. Soit f une fraction
N (x)
rationnelle définie par : f (x) = . Si d◦ N > d◦ D, alors il existe deux polynômes Q et
D(x)
R(x) R(x)
R tels que f (x) = Q(x) + avec d◦ R < d◦ D. Dans ce cas, la fonction rationnelle
D(x) D(x)
est appelée fonction rationnelle propre.

Puisque Q est un polynôme, son intégration est triviale. Donc, la difficulté de l’intégration
d’une fonction rationnelle se résume à l’intégration d’une fonction rationnelle propre.

Décomposition en éléments simples


R(x)
Soit f une fonction rationnelle propre telle que : f (x) = .
D(x)
Supposons que :

• D possède k racines réelles a1 , a2 , ..., ak dont chacune de multiplicité respectif n1 , n2 , ..., nk ,

21
IST-D CIED

• D possède h couple de racines complexes conjuguées, racines des polynômes x2 + bi x + ci


i = 1 · · · h dont chacune de multiplicité mi .
Dans ce cas, D s’écrit sous forme de :
m1 mh
D(x) = α(x − a1 )n1 · · · (x − ak )nk x2 + b1 x + c1 · · · x 2 + bh x + c h

La fonction rationnelle f peut s’écrire :


R(x) A11 A12 A1n1
= + 2 + ··· + (2.6)
D(x) (x − a1 ) (x − a1 ) (x − a1 )n1
A21 A22 A2n2
+ + 2 + ··· + (2.7)
(x − a2 ) (x − a2 ) (x − a2 )n2
+ ··· + (2.8)
Ak1 Ak2 Aknk
+ + 2 + ··· + (2.9)
(x − ak ) (x − ak ) (x − ak )nk
B11 x + C11 B12 x + C12 B1m1 x + C1m1
+ + 2 + ··· + (2.10)
2
(x + b1 x + c1 ) (x + b1 x + c1 )
2 (x2 + b1 x + c1 )m1
+ ··· + (2.11)
Bh1 x + Ch1 Bh2 x + Ch2 Bhm x + Chmh
+ + + ··· + 2 h (2.12)
2
(x + bh x + ch ) (x2 + bh x + ch ) 2
(x + bh x + ch )mh

Exemple de décomposition en élément simple


Pour commencer, décomposer la fonction rationnelle f définie par :
x2 + 1
f (x) =
(x − 1)(x − 2)(x − 3)
Ici, le degré de numérateur est strictement plus petit que celui de dénominateur. Donc,
la fraction rationnelle f est irréductible (plus de simplification possible). En observant la
forme de l’expression de f et celle des expressions 2.6 et 2.7 (n1 = 1, n2 = 1, n3 = 1), la
décomposition de f s’écrit :
x2 + 1 A B C
f (x) = = + + , (2.13)
(x − 1)(x − 2)(x − 3) x−1 x−2 x−3
où A, B et C sont trois réels.
Pour trouver A, on peut multiplier chaque membre par (x − 1), on a :

x2 + 1 B(x − 1) C(x − 1)
=A+ + .
(x − 2)(x − 3) x−2 x−3
Maintenant, en prenant la limite quand x → 1, on a :
1+1 B(1 − 1) C(1 − 1)
=A+ +
(1 − 2)(1 − 3) 1−2 1−3
2 B(0) C(0)
=A+ +
(−1)(−2) −1 −2

22
IST-D CIED

On trouve A = 1.
En effectuant le même raisonnement (en multipliant l’égalité 2.13 par (x − 2) et prenant la
limite quand x → 2), on trouve B = −[Link] même demarche nous amène à trouver C = 5.
Donc,
1 5 5
f (x) = − + .
x−1 x−2 x−3
Maintenant, nous allons voir comment trouver une primitive d’une fonction rationnelle
propre. Pour cela, il est fondamentale de distinguer les trois formes de base suivantes.

2.3.1 Trois situations de base


On souhaite d’abord intégrer les fractions rationnelles f (x) = axαx+β 2 +bx+c avec α, β, a, b, c ∈ R,

a 6= 0 et (α, β) 6= (0, 0).


Premier cas. Le dénominateur ax2 +bx+c possède deux racines réelles distinctes x1 , x2 ∈ R.
Alors f (x) s’écrit aussi f (x) = a(x−xαx+β
1 )(x−x2 )
et il existe des nombres A, B ∈ R tels que
f (x) = x−x1 + x−x2 . On a donc
A B

Z
f (x) dx = A ln |x − x1 | + B ln |x − x2 | + c

sur chacun des intervalles ] − ∞, x1 [, ]x1 , x2 [, ]x2 , +∞[ (si x1 < x2 ).

Deuxième cas. Le dénominateur ax2 + bx + c possède une racine double x0 ∈ R.


Alors f (x) = a(x−x
αx+β
0)
2 et il existe des nombres A, B ∈ R tels que f (x) = (x−x )2 + x−x . On a
A
0
B
0
alors Z
A
f (x) dx = − + B ln |x − x0 | + c
x − x0
sur chacun des intervalles ] − ∞, x0 [, ]x0 , +∞[.

Troisième cas. Le dénominateur ax2 + bx + c ne possède pas de racine réelle. Voyons


comment faire sur un exemple.

Exemple 2.11. Soit f (x) = 2x2x+1


+x+1
. Dans un premier temps on fait apparaître une fraction
u0
du type u (que l’on sait intégrer en ln |u|).

 
1 4 (x + 1)
f (x) =
4 2x2 + x + 1
 
1 4x + 4
=
4 2x2 + x + 1
 
1 4x + 1 + 3
=
4 2x2 + x + 1
   
1 4x + 1 1 3
= +
4 2x2 + x + 1 4 2x2 + x + 1
   
1 4x + 1 3 1
= +
4 2x2 + x + 1 4 2x2 + x + 1

23
IST-D CIED

4x+1
On peut intégrer la première partie de notre fraction rationnelle 2x2 +x+1
:

u0 (x)
Z Z
4x + 1
2
dx = dx = ln 2x2 + x + 1 + c
2x + x + 1 u(x)

1
Occupons nous de l’autre partie 2x2 +x+1 , nous allons l’écrire sous la forme u21+1 (dont une
primitive est arctan u). En
h utilisant la forme i canonique d’un trinôme de second degré de la
b 2 b2 −4ac
2

forme : ax + bx + c = a x + a − 4a2 , on a :

1 1 1
= −7
=
1 2
2(x + 14 )2 + 7

2x2 +x+1 2 (x + 4 ) − 16 8

Pour avoir la forme u21+1 , on peut multiplier le numérateur et le dénominateur par la même
quantité 87 . Ainsi, nous obtenons :

1 8/7 8/7
= 8 =
· 2(x + 14 )2 + 87 · 7 2
2x2 +x+1 7 8 √4 (x + 14 ) +1
7

Ensuite, on effectue le changement de variable u = √4 (x + 14 ). On obtient donc du = √4 dx


√ 7 7
7
(soit dx = 4
du). Ainsi, on a :
Z Z √ Z
dx 8/7 8 1 7
2
= 2 dx = 2
· du
2x + x + 1 4 1
√ (x + ) +1 7 u +1 4
7 4
 
2 2 4 1
= √ arctan u + c = √ arctan √ x + +c.
7 7 7 4

Finalement :
Z  
1 3 4 1
f (x) dx = ln 2x2 + x + 1 + √ arctan

√ x+ +c
4 2 7 7 4

2.3.2 Quelques exemples de recherche de primitive des fonctions


rationnelles
Calculons les intégrales ci-après :
Z 4 Z 4 Z 4 6
x2 1 x − 9x2 − 3
I1 = dx ; I2 = 2
dx ; I3 = 4 2
dx
3 (x − 1)(x + 2)(x + 1) 3 (x + 1) (x − 2) 3 x − 3x − 4

Commençons par I1 .
x2
Pour la fonction rationnelle (x−1)(x+2)(x+1) , le degré de numérateur est strictement plus petit
que celui de dénominateur. Ainsi, on peut tout de suite commencer la décomposition en
élément simple :
x2 A B C
= + + , (2.14)
(x − 1)(x + 2)(x + 1) x−1 x+2 x+1

24
IST-D CIED

Maintenant, il faut déterminer les constantes A, B et C.


En multipliant les deux membres de l’égalité 2.14 par (x − 1), on a :
x2 B(x − 1) C(x − 1)
=A+ +
(x + 2)(x + 1) x+2 x+1
En prenant la limite quand x → 1, on trouve facilement A = 1/6
En multipliant les deux membres de l’égalité 2.14 par (x + 2), on a :
x2 A(x + 2) C(x + 2)
= +B+
(x − 1)(x + 1) x−1 x+1
En prenant la limite quand x → −2, on trouve facilement B = 4/3
Enfin, en multipliant les deux membres de l’égalité 2.14 par (x + 1), on a :
x2 A(x + 1) B(x + 1)
= + +C
(x − 1)(x + 2) x−1 x+2
En prenant la limite quand x → −1, on trouve facilement C = −1/2
Ainsi, on a :
1 4 1
x2 6 3 2
= + −
(x − 1)(x + 2)(x + 1) x−1 x+2 x+1
Z 4 4
x2

1 4 1
dx = ln |x − 1| + ln |x + 2| − ln |x + 1|
3 (x − 1)(x + 2)(x + 1) 6 3 2 3

13 3 11
I1 = ln 2 + ln 3 − ln 5
6 2 6
Calculons I2
Pour la fonction rationnelle (x+1)12 (x−2) , le degré de numérateur est strictement plus petit que
celui de dénominateur. Ainsi, on peut tout de suite commencer la décomposition en élément
simple :
1 A B C
2
= 2
+ + , (2.15)
(x + 1) (x − 2) (x + 1) (x + 1) (x − 2)
Maintenant, il faut déterminer les constantes A, B et C.
En multipliant les deux membres de l’égalité 2.15 par (x − 2), on a :
1 A(x − 2) B(x − 2)
= + +C
(x + 1)2 (x + 1)2 (x + 1)
En prenant la limite quand x → 2, on trouve facilement C = 1/9.
En multipliant les deux membres de l’égalité 2.15 par (x + 1)2 , on a :
1 C(x + 1)2
= A + B(x + 1) +
(x − 2) (x − 2)
En prenant la limite quand x → −1, on trouve facilement A = −1/3.
En multipliant les deux membres de l’égalité 2.15 par (x + 1), on a :
1 A C(x + 1)
= +B+
(x − 2)(x + 1) (x + 1) (x − 2)

25
IST-D CIED

En prenant la limite quand x → 0, on trouve facilement B = −1/9.


On a donc :
1 −1 1 1
2
= 2
− +
(x + 1) (x − 2) 3(x + 1) 9(x + 1) 9(x − 2)
Z 4
dx
I2 = 2
3 (x + 1) (x − 2)
Z 4
1 4 dx 1 4 dx
Z Z
1 dx
= − − +
3 3 (x + 1)2 9 3 (x + 1) 9 3 (x − 2)
 4
1 1 1 1
= − ln |x + 1| + ln |x − 2|
3 (x + 1) 9 9 3
 
1 5 1
I2 = − ln −
9 8 60
Z 4 6
x − 9x2 − 3
Pour terminer cette série d’exemples, calculons I3 = 4 2
dx
3 x − 3x − 4
Avant tout, il faut remarquer que le degré de numérateur est lus grand que celui de dénomi-
nateur. Devant une telle situation, on doit d’abord effectuer une division euclidienne. Dans
notre cas, nous avons :
x6 − 9x2 − 3 x4 − 3x2 − 4
−x6 + 3x4 + 4x4 x2 + 3
+3x4 − 5x2 − 3
−3x4 + 9x2 + 12
4x2 + 9
C’est ainsi qu’on obtient :
x6 − 9x2 − 3 2 4x2 + 9
= x + 3 +
x4 − 3x2 − 4 x4 − 3x2 − 4

4x2 + 9
Nous allons maintenant nous occuper de la fonction rationnelle . On peut re-
x4 − 3x2 − 4
marquer que le degré de numérateur est plus petit que celui de dénominateur. Maintenant,
il faut factoriser le dénominateur et passer à la décomposition en éléments simples. Après
factorisation, on trouve : x4 − 3x2 − 4 = (x2 + 1)(x − 2)(x + 2). Ainsi, la décomposition
s’écrit :
4x2 + 9 4x2 + 9 Ax + B C D
4 2
= 2
= 2 + +
x − 3x − 4 (x + 1)(x − 2)(x + 2) x +1 x−2 x+2
En effectuant des démarches similaires avec les deux premiers exemples, on trouve :
5 −5
A = 0 ; B = −1 ; C = ; D =
4 4
D’où :    
1 5 5 46
I3 = −Arc tan + ln +
13 4 3 3

26
IST-D CIED

Équation différentielle ordinaire Calculer les primitives suivantes :


Z Z Z Z
x ln x
e cos xdx ; n
dx n ∈ N ; xArctan xdx ; (x2 + x + 1)ex dx.
x
Calculer les primitives suivantes par intégration par parties.

1. x2 ln x dx
R

2. x arctan x dx
R

3. ln x dx puis
R R
(ln x)2 dx

4. cos x exp x dx
R

27
Chapitre 3

Équations différentielles ordinaires

3.1 Introduction
Un bon nombre de phénomène physique peuvent être modélisés sous forme d’équation ou de
système d’équations faisant intervenir une fonction et ses dérivées de différents ordre. C’est
ce type d’équation ou de système d’équations que l’on appel communément équation dif-
férentielle ou système d’équations différentielles. Ce chapitre a pour objet de fournir
des outils mathématiques permettant de trouver une solution d’une équation différentielle.
Nous allons commencer ce chapitre en fournissant des terminologies et propriétés élémentaire
relatives aux équations différentielles.

3.2 Généralités
Définition 3.1. Une équation différentielle est une équation reliant une fonction et ses
dérivées de différents ordres. Elle est de la forme : F (x, y, y 0 , y”, ..., y ( (n))) = 0, avec F une
fonction Rn+2 dans R. L’ordre d’une équation différentielle est le plus grand ordre de dérivée,
parmi les dérivées contenues dans l’équation.

Exemple 3.1. En électricité, dans le circuit schématisé par la figure 3.1, le courant i est
di R E
une fonction de temps (i : t 7→ i(t)) vérifiant l’équation différentielle : + i=
dt L L

Fig. 3.1 – Circuit R-L

Maintenant, est-il possible de trouver l’expression de i(t) à partir de la précédente équation


différentielle ? La démarche permettant de trouver l’expression de i(t) est appelée Résolution

28
IST-D CIED

d’une équation différentielle. Dans ce cas, la fonction i : t 7→ i(t) est appelée Solution de
l’équation différentielle.

3.3 Résolution de quelques EDO


3.3.1 Équations différentielles d’ordre 1
Définition 3.2. Une équation différentielle ordinaire (EDO) du premier ordre est une
équation qui a pour inconnue une fonction y, définie et dérivable sur une partie I de R et
qui s’écrit sous la forme de :
∀t ∈ I, y 0 (t) = f (t, y(t)). (3.1)
Avec f une fonction continue sur I × R

Équations à variables séparables


Une équation à variable séparable est une équation différentielle que l’on peut écrire sous
forme de :
f (y(t)).y 0 (t) = g(t).
En effet, en considérant symboliquement que y soit une variable (pourtant y est une fonction
de variable t, c’est la fonction inconnue), y 0 n’est rien d’autre que dy
dt
.
On a donc :
dy
f (y) = g(t).
dt
À partir de cette dernière expression, on obtient :

f (y)dy = g(t)dt.

Si on observe bien cette dernière forme, nous pouvons constater de la variable symbolique y
et la variable t se trouvent de part et d’autre e l’équation. L’avantage avec une telle forme
est la possibilité d’effectuer une intégration membre à membre.

f (y)dy = g(t)dt,
Z Z
f (y)dy = g(t)dt,
F (y) = G(t) + C

Où F et G désignent respectivement une primitive de f et celle de g, C une constante (par


rapport à la variable x.)
Dans certains cas, il est possible de trouver explicitement F −1 , dans ce cas, on a :

y(t) = F −1 (G(t) + C).

Exemple 3.2. Considérons l’équation différentielle ci-après :

y 0 (x) = x2 y(x) (3.2)

Nous allons chercher la fonction y solution de l’équation 3.2.

29
IST-D CIED

Résolution
dy
En remplaçant y 0 par , on a :
dx
dy
= x2 y
dx
dy
= x2 dx
y
En intégrant les deux membres de la dernière égalité, on obtient :
Z Z
dy
= x2 dx
y
x3
ln |y| = +C
3
x3 x3
|y| = e 3 +C = eC e 3
x3
Ici, on peut expliciter l’expression de y. On a : y = ±eC e 3 En posant K = ±eC , l’équation
x3
différentielle 3.2 a pour solution : y(x) = Ke 3 , avec K une constante réelle.
Exemple 3.3. Équation différentielle avec une condition initiale
Considérons un corps de température initial égale à 100◦ C placé dans un milieu ambiant de
température 25◦ C. Le corps va se refroidir progressivement. Supposons que ce refroidissement
suit la loi de Newton qui affirme que le refroidissement d’un corps est proportionnel à la
différence de température. C’est à dire qu’il existe une constante k telle que :

 T 0 (t) = k(T (t) − 25)
(3.3)
 T (0) = 100◦ C

L’équation (3.3) est une équation différentielle d’ordre 1 à variable séparable.


En effet, symboliquement, (3.3) peut être écrit sous forme de : T 0 = k(T − 25). Puisque
dT dT
T0 = , on a donc : = k(T − 25).
dt dt
dT
En séparant les variables, on a : = kdt. En prenant une primitive de chaque membre,
T − 25
on obtient :
Z Z
dT
= kdt
T − 25
ln(T − 25) = kt + C,
T − 25 = ekt+C = ekt eC = Dekt , ( Avec D = eC ).
Donc, T (t) = Dekt + 25
Maintenant, nous allons utiliser la condition initiale pour trouver la constante D appropriée.
Condition initiale : à t = 0, T = 100(T (0) = 100)
Puisque T (0) = Dek(0) + 25, on a donc : 100 = D + 25. On peut trouver facilement la
constante D = 100 − 25 = 75. D’où l’expression de T .

D’où T (t) = 75ekt + 25

30
IST-D CIED

Équations différentielles linéaire d’ordre 1


Définition 3.3. Soit I une partie de R, une équation différentielle linéaire de premier ordre
est une équation de la forme : ∀t ∈ I, y 0 (t) + a(t)y(t) = b(t), où a et b sont des fonctions
continues sur I.
Exemple 3.4. Voici quelques exemples d’équations différentielles linéaires d’ordre 1 :

∀x ∈ R, y 0 (x) + 2xy(x) = ex (Fonction inconnue : x 7→ y(x))


∀t ∈ R, x0 (t) + t2 x(t) = t + 1 (Fonction inconnue : t 7→ x(t))
∀x ∈ R, f 0 (x) + 2f (x) = 3 (Fonction inconnue : x 7→ f (x))

Résolution
On cherche une fonction y définie sur un intervalle I vérifiant l’équation : y 0 + ay = b, avec
a et b deux fonctions continues sur I.
Autrement dit, la fonction y est une fonction dérivable sur I telle que :

∀t ∈ I, y 0 (t) + a(t)y(t) = b(t). (3.4)

Formellement, on peut tout simplement écrire y 0 + ay = b, avec a et b deux fonctions. La


résolution de l’équation 3.4 se fait en deux étapes :
1. Recherche de solution générale yG de l’équation sans second membre (équation homo-
gène) : y 0 + ay = 0
2. À partir de solution de l’équation homogène, on cherche une solution particulière yp
de l’équation complète 3.4
La solution de l’équation 3.4 sera : y(t) = yG (t) + yp (t).
L’équation homogène associée à l’équation 3.4 est une équation à variable séparable. En effet,
on a :
y 0 + a(t)y = 0 ⇔ y 0 = −a(t)y
dy
donc dy
= −a(t)y
dy
y
= −a(t)dt
Après l’intégration, on obtient :
Z
−A(t)
yG (t) = Ce avec A(t) = a(t)dt

3.3.2 Équations différentielles d’ordre 2


On considère les équations différentielles linéaires du 2nd ordre à coefficients constants de la
forme
∀t ∈ R, u00 (t) + au0 (t) + bu (t) = 0, (3.5)
où a, b ∈ R. Le but est de déterminer toutes les fonctions qui sont solutions de cette équation
différentielle.

31
IST-D CIED

La première partie traite de la résolution de cette équation différentielle et la seconde du


problème de Cauchy constitué de cette équation et de conditions initiales de la forme u (t0 ) =
α et u0 (t0 ) = β.

3.4 Résolution de l’équation différentielle


L’ensemble des solutions de l’équation différentielle (3.5) est un espace vectoriel : il suffit de
vérifier que si u et v sont 2 fonctions solutions de (3.5) , alors pour tout (µ, ν) ∈ R2 , µu + νv
est également solution de cette équation différentielle. On admettra que cet espace vectoriel
est de dimension 2. Pour le déterminer, il suffit donc de trouver 2 fonctions solutions de
l’équation différentielles (3.5) qui sont linéairement indépendantes.
On commence par chercher les fonctions de la forme u (t) = exp (λt) qui vérifient l’équation
(3.5) . On obtient alors une équation du second degré en λ, appelée équation caractéris-
tique associée à l’équation différentielle (3.5) :

λ2 + aλ + b = 0. (3.6)

On a la propriété : λ est une solution de l’équation (3.6) si et seulement si la fonction


t 7→ exp (λt) est solution de l’équation différentielle (3.5) .
Selon la valeur du discriminant ∆ = a2 − 4b, on obtient les résultats suivants :

• Si ∆ > 0, l’équation (3.6) admet 2 racines réelles distinctes λ1 et λ2 . Les fonctions qui
vérifient l’équation différentielle (3.5) sont telles que

u (t) = A exp (λ1 t) + B exp (λ2 t) avec A, B ∈ R.

Ces fonctions sont définies sur R tout entier.


L’ensemble des solutions de l’équation différentielle (3.5) forme un espace vectoriel de
dimension 2 engendré par les 2 fonctions f1 et f2 telles que :

f1 (t) = exp (λ1 t) et f2 (t) = exp (λ2 t) .

• Si ∆ = 0, l’équation (3.6) admet 1 unique racine réelle λ0 . La fonction x 7→ exp (λ0 t)


est donc solution de l’équation différentielle (3.5) . On montre alors que la fonction
x 7→ t exp (λ0 t) est également solution de (3.5) . Ces 2 fonctions sont linéairement
indépendantes. On en déduit que les fonctions qui vérifient l’équation différentielle
(3.5) sont telles que

u (t) = (A + Bt) exp (λ0 t) avec A, B ∈ R.

Ces fonctions sont définies sur R tout entier.


L’ensemble des solutions de l’équation différentielle (3.5) forme un espace vectoriel de
dimension 2 engendré par les 2 fonctions f1 et f2 telles que :

f1 (t) = exp (λ0 t) et f2 (t) = t exp (λ0 t) .

32
IST-D CIED

• Si ∆ < 0, l’équation (3.6) admet 2 racines complexes conjuguées λ = µ + iν et λ̄. Les


fonctions qui vérifient l’équation différentielle (3.5) sont telles que

u (t) = A exp (λt) + B exp λ̄t avec A, B ∈ C.




Ces fonctions sont définies sur R tout entier. On note que si l’on veut des solutions
réelles (ce qui est en général le cas dans une équation modélisant un problème physique),
on doit avoir B = Ā. On peut alors écrire exp (λt) = exp (µt) × exp (iνt) . En utilisant
les formules d’Euler, on obtient la forme réelle des fonctions solutions de l’équation
différentielle (3.5) :
 
u (t) = exp (µt) × Ã cos νt + B̃ sin νt ,

où Ã et B̃ sont des constantes réelles. Plus précisément, on a :

A + Ā A − Ā
à = = Re (A) et B̃ = = Im (A) .
2 2i

L’ensemble des solutions de l’équation différentielle (3.5) forme un R−espace vectoriel


de dimension 2 engendré par les 2 fonctions f1 et f2 telles que :

f1 (t) = exp (µt) cos νt et f2 (t) = exp (µt) sin νt.

3.5 Problème de Cauchy


En général, l’équation différentielle (3.5) est couplée avec des conditions initiales de sorte
que le problème à résoudre soit :

 u00 (t) + au0 (t) + bu (t) = 0
, (3.7)
 u (t ) = α et u0 (t ) = β
0 0

avec α, β données et t0 ∈ R.
Dans ce cas, on commence par résoudre l’équation différentielle (3.5) : se reporter au para-
graphe précédent. Résoudre le problème (3.7) revient alors à chercher parmi les solutions de
(3.5) celles qui vérifient de plus la condition

 u (t ) = α
0
.
 u0 (t ) = β
0

Dans tous les cas, le problème admet une unique solution obtenue en résolvant le système
linéaire ci-dessus.

33

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