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Corps finis et théorie de Galois

Le document présente un exposé sur les corps finis et la théorie de Galois, abordant des concepts fondamentaux tels que les groupes, les anneaux, et les applications des corps finis. Il décrit la structure des groupes, les morphismes de groupes, ainsi que les propriétés des anneaux, tout en soulignant l'importance de la théorie de Galois dans divers domaines mathématiques. L'exposé inclut également des exercices et des appréciations du correcteur.

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Corps finis et théorie de Galois

Le document présente un exposé sur les corps finis et la théorie de Galois, abordant des concepts fondamentaux tels que les groupes, les anneaux, et les applications des corps finis. Il décrit la structure des groupes, les morphismes de groupes, ainsi que les propriétés des anneaux, tout en soulignant l'importance de la théorie de Galois dans divers domaines mathématiques. L'exposé inclut également des exercices et des appréciations du correcteur.

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République du Cameroun Republic of Cameroon

Année académique 2023-2024 Academic


year 2023-2024
Paix- Travail- Patrie Peace-
Work- Fatherland

3ème année Ingénierie Financière et Actuarielle

Examinateur :
Dr TALE
KALACHI

Groupe n° 1

EXposé d’algebre commutative


THEME : CORPS FINIS ET THEORIE DE GALOIS
PLAN DU TRAVAIL

Introduction

Rappels (Des groupes aux anneaux)

Corps dans sa généralité

Introduction à la théorie de Galois

Etude de l’anneau K[X], irréductibilité des polynômes

Etude du corps Z/pZ

Construction des corps finis

Application des corps finis aux codes correcteurs d’erreur

Correction des exercices

Conclusion

Avec la participation de : Appréciations du correcteur

 BETSENE Manuela

 MBOCK PAUL DENIS

 MOTUE MICHELLE-ANGE

 GAMEGNE ERIC

 ANYU MVONDO

INTRODUCTION
La théorie de Galois, développée par Évariste Galois au XIXe siècle, est une
branche essentielle de l'algèbre abstraite. Elle se concentre sur l'étude des
polynômes et de leurs racines, ainsi que sur les extensions de corps. Une
extension de corps est un nouveau corps qui contient les racines d'un
polynôme donné en plus du corps original. La théorie de Galois explore les
relations entre les polynômes et les extensions de corps, en utilisant des
outils tels que les groupes de Galois pour comprendre les propriétés
fondamentales des polynômes, leur factorisation et la résolution d'équations
polynomiales.

La théorie de Galois a des applications dans divers domaines mathématiques.


Elle est utilisée en géométrie algébrique, en théorie des nombres et en
cryptographie, entre autres. Elle est également étroitement liée à d'autres
domaines de l'algèbre abstraite, tels que la théorie des groupes et la théorie
des corps. En résumé, la théorie de Galois constitue une base essentielle
pour comprendre les polynômes, les extensions de corps et leurs applications
dans différents domaines mathématiques.
I. DES GROUPES AUX ANNEAUX

I.1 Les groupes


I.1.1 Lois de composition interne

Soit E un ensemble. Une loi de composition interne (LCI) sur E est une
application T de E × E dans E,
Notée généralement de façon infixe : on écrit x T y plutôt que T (x, y), lorsque (x,
y) ∈ E × E.
Exemples
• La somme sur N, N∗, Z, Q, R, C (mais pas sur Z∗, Q∗, R∗, C∗).
• Le produit sur N, N∗, Z, Q, R, C.
• La différence sur R ou Z (mais pas sur N).
• La composition des applications sur F (applications de F dans F).
• La loi ⊕ définie sur R² par (x1, y1) ⊕ (x2, y2) = (x1 + x2, y1 + y2).
• La loi ⊗ définie sur R² par (x1, y1) ⊗ (x2, y2) = (x1x2 − y1y2, x1y2 + x2y1)
(vous la reconnaissez ?)
• Les lois ∪, ∩ et ∆ (réunion, intersection et différence symétrique) définies sur
P(F).

• Une LCI T sur E sera dite associative lorsque :


∀x, y, z ∈ E3 , (x T y) T z = x T (y T z).
• Une LCI T sur E sera dite commutative lorsque :
∀x, y ∈ E², x T y = y T x.
• Si T est une LCI associative sur E, e ∈ E est un neutre pour T lorsque :
∀x ∈ E, x T e = e T x
I.1.2 Structure de groupe
Définition — Un groupe est un ensemble G muni d’une loi de composition
interne
G×G→G
(x, y) → xy
Qui est associative :
∀x, y, z ∈ G, x(yz) = (xy)z,
Lorsque la loi ● est associative, x(yz)=xyz et x●x●x…●x= x n (où x est multiplié n
fois)
Admet un élément neutre e :
∀x ∈ G, Xe = ex = x. – Les notions de neutre à gauche et à droite sont aussi
définies.
On dit que la loi * est distributive par rapport à la loi ● si ∀x, y, z ∈ G,
x*(y●z) = (x*y) ●(x*z)
Et tout élément x du groupe G admet un inverse (ou symétrique) y :
∀x ∈ G, ∃y ∈ G, xy = yx = e,
Cet élément y est alors unique, on le note x−1.
En outre le groupe est dit commutatif ou abélien s’il vérifie également la
condition suivante :
∀x, y ∈ G, xy = yx.
— Nous prendrons souvent une notation additive pour la loi d’un groupe
abélien, la loi s’écrira alors (x, y) 7 → x + y et le symétrique (ou opposé) d’un
élément x sera noté −x.
Exemple — L’ensemble Z muni de l’addition est un groupe commutatif. Il en est
de même pour Q, R munis de l’addition. L’addition munit également Z/nZ d’une
structure de groupe abélien. Par contre, N muni de l’addition n’est pas un
groupe puisque les éléments strictement positifs n’ont pas de symétriques dans
N.
Groupes monogènes, groupes cycliques

Un groupe G est dit monogène s’il est engendré par un de ses éléments appelé
générateur du groupe. Si g est un de ses générateurs, on a donc G=<g>.
Z et Z/nZ sont des groupes monogènes, 1 et -1 constituant des générateurs
évidents
(Notons que, dans un cas comme dans l’autre, la loi de groupe étant donnée
additivement, la puissance n-ième d’un élément g est notée ng plutôt que gn.
Lorsque le groupe G est monogène, s’il est fini, alors il est dit cyclique.
Lorsque le groupe est fini, on appelle ordre du groupe son cardinal et l’ordre
d’un élément du groupe x, le plus petit entier n tel que x n=e . Lorsque le groupe
est fini, l’ordre de chaque élément est fini (cela signifie que l’entier n existe
toujours) ; lorsque cet entier n’existe pas, l’ordre de l’élément est dit infini.
Proposition : sous-groupe et sous-groupe engendré par une partie
Soit G un groupe et H un sous-ensemble de G. H est un sous-groupe de G si H
contient l’élément neutre de G et H est un groupe pour la loi de composition
interne de G (H est stable par cette loi).
Exemple- Z est un sous-groupe de Q pour la loi +,
Exemple- Les sous-groupes de Z pour la loi + sont les nZ, n ∈ N
Soit G un groupe, H un sous-ensemble de G. Le sous-groupe engendré par H est
le plus petit sous-groupe contenant H (c’est-à-dire l’intersection de tous les
sous-groupes contenant H, au sens de l’inclusion). On le note <H>.

On montre que <H>=∏


i∈ J
xi , x i∈ J , J étant une partie finie de H

En particulier, pour un élément a de G, <a>={ ak , k ∈ Z }

Théorème : Lagrange
Dans un groupe fini, le cardinal de tout sous-groupe divise le cardinal du groupe.
Preuve :
Soit G un groupe fini, H un sous-groupe de G. Soit x dans G. Alors,
L’application f : H → xH qui à tout h ∈ H associe xH est bijective .
Il est évident que f est surjective (d’après même la définition de f).
Soient h et k dans H, tels que f(h)=f(k). Alors, xh=xk. En multipliant l’égalité
précédente par l’inverse de x on obtient h=k et donc f est injective, f est
bijective et donc |xH|=|H|.
Soient a et b dans G. On montre que soitaH ∩bH =∅ , soit aH=bH .
En effet, siaH ∩bH ≠ ∅ , il existe u dans aH ∩bH . Soit x dans aH .On a :
D’une part, u=ah et d’autre part, u=bk, h et k dans H. Aussi, x=ag, g dans H.
Ainsi, a=bk h−1 , donc x =bk h−1 g , x ∈bH . aH est donc inclus dans bH .On montre de même que
Bh est inclus dans aH.
Enfin, puisqueG=¿ x ∈G xH , et que les xH sont disjoints deux à deux lorsqu’ils ne
sont pas confondus, alors G=¿ x ∈G ' xH où ∀ x , y ∈ G' on a xH ∩ yH =∅ .

En passant au cardinal, |G|=|¿ x ∈ G' xH ∨¿ ∑ |xH|= ∑ |H|=|G |∨H∨¿ ¿.


'

Proposition : Soit G un groupe fini, a dans G. Supposons que l’ordre de a est p.


' '
x ∈G x∈G

Alors, a engendre un sous-groupe de cardinal p, qui n’est nul autre que <a>. De
plus, l’ordre de p divise n (conséquence du théorème de Lagrange).
Proposition : Si l’ordre de a c’est p, l’ensemble des entiers naturels vérifiant
a =e est pZ
n

Preuve :
Par division euclidienne de n par p on a n=pk+r.

Si r=0, a n=a pk=(a p)k =e

Si r<p, a n=a r ≠ e , par définition de l ' ordre de a

Théorème :
Tout groupe fini d’ordre premier est cyclique.
Preuve : elle devient évidente
Théorème :
Soit G un groupe fini commutatif. Il existe un élément de G d’ordre le ppcm des
ordres des éléments de G.
Preuve : On fera la preuve dans le cas des corps

Groupes quotient

On considère un groupe multiplicatif (G, .) non nécessairement abélien et H un


sous-groupe de G. Par analogie avec le cas abélien, on définit une relation ≡ sur
G par x ≡ y ⇐⇒ x−1 y ∈ H. De même que le cas abélien, on peut vérifier qu'il s'agit
d'une relation d'équivalence.
Ainsi pour la réflexivité, on a pour tout x ∈ G, x ≡ x, car x x−1 = e ∈ H car H est
un sous-groupe de G, i.e. il doit contenir l'élément neutre.
Pour la symétrie, pour tous x ≡ y, on a x x−1 y ∈ H et H est stable par passage à
l'inverse, i.e. (x y−1)−1 ∈ H ⇐⇒ y x−1 ∈ H ⇐⇒ y ≡ x.

Enfin, pour la transitivité, pour tous x ≡ y et y ≡ z, et grâce à la stabilité de H


sous le produit, on a (x y −1 )(y z−1) ∈ H ⇐⇒ xe z−1 ∈ H ⇐⇒x z−1 ∈ H ⇐⇒ x ≡ z.
La classe d'équivalence d'un élément x de G se note x^ . Nous remarquons
directement que y ∈ ^x veut dire ^y = ^x ⇐⇒ x ≡ y ⇐⇒ x ^y ∈ H ⇐⇒ y ∈ xH.
Ainsi, on remarque que ^x = xH := {xh, h ∈ H}.

Quotient d'un groupe multiplicatif par un sous-groupe


Ainsi on note G/H := {xH, x ∈ G}. Les éléments xH s'appellent aussi les classes à
gauche de H ou les translatés à gauche de H par x. On peut également définir
une relation x ≡ y par x y −1 ∈ H, auquel cas les classes d'équivalences sont
données par
x^ = Hx et sont appelées les classes à droite de H ou les translatées à droite de
Hpar x. Dans ce cas, on notera H \ G := {Hx, x ∈ G.}
Nous pouvons munir l'ensemble quotient G/H d'une structure de groupe.
Proposition : Le couple (G/H,*) est un groupe.
Démonstration
Si on définit sur G/H un produit donné par ^x∗^y = ^ xy , alors il est clair que cette
loi est bien définie (donc interne et partout définie).
Cette loi est associative. En effet, pour tous ^x , ^y , ^z dans G/H, on a

^x *( ^y ∗^z) = ^x *( ^
yz ) = x^
yz = (^
xy ) z= ^
xy∗^z =( ^x∗^y )∗^z

Cette loi admet un élément neutre, l’on montre que 1G / H =1^G

Pour le symétrique de x^ , considérer ^


x
−1

Morphismes de groupes
Soit (G,*) et (J,#) deux groupes. On appelle morphisme de groupes de G dans J
toute application f vérifiant :
∀ x , y ∈G , f ( x∗y ) =f ( x ) ¿ f ( y )
On appelle noyau de f kerf={x de G tels que f(x)= e J }
On appelle image de f imf={f(x), x dans G}
L’application f est injective si et seulement si kerf={eG } et surjective si et
seulement si imf=J. Il est important de noter que kerf et imf permettent dans un
très grand nombre de cas de résoudre les problèmes de surjection et injection
plus facilement lorsque l’utilisation des définitions n’apportent pas de solutions.
Lorsque f est bijective, elle est dite isomorphisme de groupes.
Lorsque G=J, on parle d’endomorphisme.
Lorsque f est bijective et f est un endomorphisme, f est un automorphisme.
Théorème :
Tout groupe cyclique d’ordre n est isomorphe à (Z/nZ,+)
Preuve : Montrer que l’application de Z/nZ dans G qui à k associe a kest un
isomorphisme de groupe où a est un générateur du groupe G.
LES ANNEAUX

Définition 15.
Soit A un ensemble non vide muni de deux opérations notés ” + ” et ”*”. Le
triplet (A.+, .) est un anneau si:
(A, +) est un groupe commutatif
La loi ”*” définie pour tous x, y ∈ A par x*y ∈ A est associative,
distributive par rapport à l'addition et admet un élément unité, i.e. ∃1 A ∈
A, ∀x ∈ A, x∗1 A =1 A∗x=x . Cet élément est unique et différent du neutre par
la première loi que l’on notera 0 A
Proposition 1. Soit A un anneau commutatif (la loi * est commutative). Soient
a, x ∈ A et n ∈ N \ {0}. Alors,
n
n

k=0 k
()
( x +a ) =∑ n x k an −k

Preuve :
Soit le polynôme P(x)= ( x +a )n =( x+ a ) ( x+ a ) … ( x+ a )
Ce produit est une somme de termes en x k an−k ;en éffet, pour obtenir le
coefficient de x k , il faut prendre k facteurs (x+a) dans les n dont on dispose,
en les multipliant entre eux, le coefficient de x k est 1, pour donc avoir son
coefficient dans P(x), le multiplier par a dans chaque facteurs (x+a) restants,
c’est-à-dire par a n−k. Comme il y’a façons de faire le choix des facteurs à
( n)
k
prendre, le coefficient de x k est donc a . En prenant chaque k de 0 à n on
()
n−k n

a donc le polynôme
k

P(x)=( x +a ) =∑
n
n

k=0 k
()
n x k an −k

Sous-anneau
Définition 16.
Soit (A,+,*)un anneau et B un sous-ensemble de A. B est un sous-anneau de
A si (B, +, *) est un anneau, B contient 1 A , 0 A et B est stable pour chacune des
lois.
Définition
On appelle morphisme d’anneaux toute application f qui est un morphisme
d’anneaux pour chacune des lois et l’image de 1 A par f c’est 1 A ' où A’ est
l’ensemble d’arrivée. De même, les notions d’isomorphisme, endomorphisme
et automorphisme d’anneaux sont valables.
Définition
On appelle caractéristique de l’anneau le minimum de l’ensemble {
n ∈ N , n 1 A =0 A } lorsqu’il est non vide, et 0 lorsqu’il est vide. C’est aussi l’entier
naturel n tel que le noyau de l’application f de Z dans A qui à tout k associe k
1 A soit égal à nZ.

Exemple- La caractéristique de Z/Pz où p est premier est p


Proposition :
La caractéristique d’un anneau est soit nulle, soit un nombre premier.
Définition
Soit (A,+,*) un anneau et a élément non nul de A. a est un diviseur de zéro
s’il existe c élément non nul de A tel que a*c=0 A .
Exemple- L’anneau M n ( R ) possède des diviseurs de zéro car

(00 01)(10 00)=0 Mn( R)

Définition
Si A est un anneau commutatif non réduit à {0 A }ne possédant pas de diviseur
de zéro, A est un anneau intègre.
Exemple- (Z,+,x) est un anneau intègre, L’anneau M n ( R ) ne l’est pas.

LES IDEAUX
Définition
Soit (A,+,*) un anneau commutatif, soit I un sous-ensemble de A. On dit que I
est un idéal de A si :
(I,+) est un sous-groupe de (A,+)
∀ ( a , i ) ∈ A × I a∗i ∈ I (I absorbe les éléments de A)


NB : La structure d’idéal est importante quant au fait qu’elle pourrait
quotienter l’anneau par cette dernière et ainsi retrouver une structure
d’anneau.
Proposition : Soient (A,+,*) et (D,∎,° ) deux anneaux. Tout morphisme
f : A → B est tel que kerf est un idéal.
Preuve :
Kerf est un sous-groupe de (A,+), puisque f est un morphisme de (A,+) vers
(D,∎ ¿. De plus, soit i dans kerf et a dans A, on a f(a*i)=f(a) ° f (i)=0 Det donc
on a bien a*i∈ kerf.
Proposition : Soient (A,+,*) un anneau commutatif. L’anneau A est un corps
si et seulement si ses seuls idéaux sont A et {0 A }.

ANNEAUX QUOTIENTS
Dééfinition :
Si X est un ensemble muni d’une relation d’équivalence &, l’application
X → X /¿ qui à tout x associe ^x est appelée surjection canonique ou projection
canonique de X vers X/&. Lorsque X est un groupe et & la relation
d’équivalence définie par x&y si et seulement si x y −1 ∈ H alors, cette
application est de X → X /¿ et quià tout x associe xH .
Théorème :
Soit (A,+,*) un anneau commutatif. Soit & une relation d’équivalence sur A,
et soit p la surjection canonique associée. Alors on peut munir A/& d’une
structure d’anneaux telle que p soit un morphisme d’anneau si et seulement
s’il existe un idéal I de A telle que, pour tout (x,y) ∈ A × A , x&y❑
⇔ x-y
∈ I , et on
note alors A/&=A/I. Et on a kerp=I.
Preuve :
Si la relation d’équivalence est de la forme voulue, on utilise la définition
d’idéal pour montrer qu’elle est est compatible avec les opératons d’anneau.
Dans l’autre sens, poser I={x-y|(x,y) ∈ A × A et x&y}, et montrer qu’il s’agit
d’un idéal.

Définition :
Soit (A,+,*) un anneau commutatif, soit I un idéal de A. On dit qu’il est
maximal lorsqu’il est maximal au sens de l’inclusion dans A.
Théorème :
Soit (A,+,*) un anneau commutatif, soit I un idéal de A. L’anneau quotient A/I
est un corps si et seulement si I et un idéal maximal.

IDEAL ENGENDRE, ELEMENT PREMIER


Soit (A,+,*) un anneau commutatif.
 L’intersection quelconque d’idéaux de A est un idéal
 Soit x∈ A , l’idéal engendré par x noté (x) est l’intersection de tous les
idéaux de A contenant x.
 Soit x∈ A , on dit que x est irréductible si x est non inversible et (x) est
un idéal maximal.
 Soit x∈ A , on dit que x est premier si x est non inversible et si
∀ ( a , b ) ∈ A , x|ab implique x| a ou x∨b . On retrouve ainsi la notion de nombre
premier dans Z.
2

 Soit x∈ A , alors (x)=xA={x*a, a dans A}


ANNEAU PRINCIPAL, ANNEAU FACTORIEL
Définitions :
Soit (A,+,*) un anneau commutatif. Il est dit principal s’il est intègre et pour
tout idéal I de A, il existe u dans I tel que I=(u)=uA.
Exemple -Montrer que (Z,+,x) est un idéal principal (exercice)
Soit (A,+,*) un anneau principal. Soient a et b dans A. On dit que a divise b
lorsqu’il existe un élément p de A tel que b=a*p
Exemple- Dans (Z,+,x), 3 divise 15 car 3x5=15.
Si A est un anneau factoriel, on appelle K son corps de fraction, le plus petit
corps commutatif qui contient A

LES CORPS (GENERALITES)

Définition :
Soit (K,+,x) un anneau. K est un corps si K muni de la loi x est un groupe.
Exemple- (Z/pZ,+,x) est un corps si et seulement si p est premier, p entier
naturel.
Preuve : (exercice)

Propriétés :
Un corps ne possède pas de diviseur de zéro
On définit aussi de la même façon que les anneaux les morphismes de

corps.

Si K est un corps, l’annneau des poynômes K[X] est un anneau


principal.

Preuve : exercice
On définit de la façon que les anneaux les sous-corps d’un corps.
On définit de façon analogue aux anneaux la notion de caractéristique

d’un corps

Les seuls idéaux d’un corps sont 0 K et K


Soit (A,+,*) un anneau commutatif, soit I un idéal de A. L’anneau

quotient A/I est un corps si et seulement si I et un idéal maximal.


Les corps qui font l’objet de notre étude sont les corps finis K, c’est-à-dire |K|
est fini.

PROPRIETES DES CORPS FINIS


 Soit K un corps fini, car(K) est un nombre premier (non nulle) et divise |K|
Preuve :
Soit f : N → K qui à tout n associe n1 K . Cette application ne peut être
injective car |K| est fini. Ainsi, il existe n et n’ différents dans N tels que n
1 K =n ' 1 K , alors, on a donc (n-n’) 1 K =0 K . Sans nuire à la généralité, prendre n
plus grand que n’, on peut donc conclure que car(K) est non nulle, c’est
donc un nombre premier.
Maintenant, montrons que car(K) divise |K|. En considérant le groupe fini
(K,+), car(K) est l’ordre de 1 K . Et donc car(K) divise |K|
 Le corps F p=Z / pZ est l’unique corps de cardinal p (premier) à
isomorphisme près.
Preuve : Soit f: F p → K qui à tout k associe k1 K où K est un corps de cardinal
p. La caractéristique de K étant un nombre premier, car(K)=p. On
démontre donc facilement que f est injective. En prenant a et b dans F p,
f(a)=f(b) équivaut à (a-b) 1 K =0 K . Si a>b, a-b<p et donc a-b=0. D’où f est
injective. On conclut que f est bijective.
 Théorème : Tout corps fini est de caractéristique p, nombre premier et est
isomorphe à F p où n est un entier naturel donné.
Preuve : exercice
n

 Théorème : Le groupe multiplicatif d’un corps fini est cyclique


Preuve : exercice
 Théorème : Soient K un corps fini et F un polynôme irréductible de degré
n dans K[X]. L’anneau K[X]/(F) est un corps fini, de même caractéristique
que K et son cardinal est ¿ K∨¿n ¿
Preuve : exercice

INTRODUCTION A LA THEORIE DE GALOIS


EXTENSIONS DE CORPS, ELEMENTS ALGEBRIQUES , ELEMENTS
TRANSCENDANTS

Définition :
Soit K un corps et L un surcorps de K (K est un sous-corps de L), alors, L est une
extension de K et on note cela L/K, qui veut dire L est une extension de K.
En gros, une extension d’un corps, c’est juste un corps plus grand que lui.
Exemple- R est une extension de Q
Propriété : S’il existe un morphisme f de K dans L, en identifiant K à f(K), K est
une extension de L. Ceci est dû au fait qu’un morphisme de corps est toujours
injectif.
Proposition : Q ne possède pas de sous-corps strict
Preuve : exercice
Définition :
Soit K un corps, s un élément de L, extension de K. S’il existe un polynôme de
K[X] qui s’annule en s, alors s est un élément algébrique de K ; sinon, s est un
élément transcendant de K.
Exemple- π et e sont des nombres transcendants ( sur Q )
Exemple- √ 2 est algébrique ( sur Q ) , puisqu ' il s' annule en x 2−2

Soit L/K une extension. On peut ainsi munir L d’une structure d’espace vectoriel
sur le corps K, et on définit [L :K] le degré de l’extension L/K qui n’est rien
d’autre que la dimension du K espace vectoriel L.
Exemple-
C={ a+ ib, a , b ∈ R } est un surcorps de R et C/R est une extension de degré 2.

CORPS FINIS D'UN CARDINAL DONNE


D’après les sections précédentes, il en ressort que les corps finis sont toujours
ceux de cardinal pn où p est un nombre premier et n un entier naturel
quelconque. Ils sont notés F p et sont isomorphes entre eux, vu qu’ils sont tous
isomorphes à F p .
n

Nous n’allons donc pas nous plonger dans la théorie de Galois, de peur de se
n

noyer dans un océan de mathématiques qui nous sortirait du cadre de cet


exposé.

CORPS DE RUPTURE
Définition :
Soit K un corps, soit L un surcorps de K. Soit P un polynôme irréductible sur
K[X]. On dit que L est un corps de rupture de P sur K si et seulement si il existe
a ∈ L tel que P(a) =0 L. On note L = K(a)
Théorème : Soit (K, +, ×) un corps, soit P un polynôme irréductible de K[X].
Alors il existe un corps de rupture de P sur K.
Preuve :
Le polynôme P est irréductible, donc l'idéal (P) est un idéal maximal, donc K1 =
K[X]/(P) est un corps dans lequel s'injecte K. Et on a, avec π : K[X] → K[X]/(P) la
surjection canonique, P(π(X)) = π(P(X)) = π(P) = π(0) = 0 L, car Ker(π) = (P).
Donc π(X) est une racine de P dans K[X]/(P). On a donc trouvé un surcorps de K
contenant une racine de P. On considère ensuite L = K1(π(X)) le sous-corps de L
engendré par π(X). L est bien un corps de rupture de P sur K. De plus, π est
injective sur K, donc K et π(K) sont deux corps isomorphes, donc on peut bel et
bien voir K[X]/(P) comme un surcorps de K.
Corollaire :
Soit (K, +, ×) un corps, soit P un polynôme. Alors il existe un surcorps de K dans
lequel P est scindé (i.e. P est produit de polynômes de degré 1)
Preuve :
P se décompose en produit de facteurs irréductibles. (ici, K[X] × = K\{0 K }), et on
raisonne par récurrence sur le degré de P, en décomposant le polynôme P sur
un corps de rupture, qui existe d'après le théorème précédent. Alors, dans L[X],
P = Q(X − a) et Q est de degré plus petit, et on applique l'hypothèse de
récurrence.
Corollaire 2 Soit (K, +, ×) un corps, soit Q un polynôme irréductible. Alors tout
corps de rupture de Q sur K est isomorphe à K[X]/(Q).
Preuve Soit L un corps de rupture de Q sur K. Alors il existe β ∈ L tel que L =
K(β) et P(β) = 0. Alors, on définit la fonction f de L dans K[X]/(Q) qui envoie β
sur π(X) (avec π : K[X] → K[X]/(Q) la surjection canonique). Cette fonction est
bien définie car L = K(β). Et cette application est un isomorphisme de corps. (se
montre facilement)
CORPS DE DECOMPOSITION
Définition
Soit (K, +, ×) un corps, soit P un polynôme non-nul de K[X]. Soit L un surcorps
de K. On dit que L est un corps de décomposition de P sur K si et seulement si
P est constant ou scindé sur L
L est le corps engendré par les racines de P, i.e. tout sous-corps de L

contenant les racines de P vaut L tout entier.


Théorème :
Soit (K, +, ×) un corps, soit P un polynôme non-nul de K[X]. Alors il existe un
corps L de décomposition de P sur K, unique à isomorphisme de corps près.
Alors L est une extension finie de K et il s'injecte dans tout surcorps de K sur
lequel P est scindé.
Preuve
Existence : On reprend la démonstration du théorème précédent en
ajoutant à l'hypothèse de récurrence que le corps ainsi construit est

une extension finie (car le ϕa associé est non injectif car on a déjà un
polynôme annulateur dans K[X]). On prend ensuite L le sous-corps de
K1 engendré par les racines de P (ou bien on le construit à l'aide de
polynômes à n variables (ou n est le degré de P) de manière analogue
à la construction de K(a) ou bien on considère que c'est l'intersection
de tous les corps contenant les racines de P). Le corps demandé par le
théorème est alors construit.
 Nous allons admettre l’unicité

ANNEAU DES POLYNOMES ET CORPS FINIS


Irréductibilité des polynômes dans un corps finis

Soit K un corps et P un polynôme à coefficients dans K.


Le polynôme P est dit réductible s’il peut se mettre comme produit de
polynômes non constants (à coefficients dans K) de degré strictement inférieurs
à lui, et s’il n’est pas de degré 1. Dans le cas contraire, il est dit réductible. Il
sera question pour nous ici de statuer sur l’irréductibilité de P dans le corps K.
1. Tout polynôme à coefficients dans C est scindé, en d’autres termes, tout
polynôme de C de degré n>1 peut se mettre comme produit de polynômes
de degré 1, et est donc par conséquent réductible. (C’est le théorème
fondamental de l’algèbre)

2. Les polynômes irréductibles de R[X] et de degré n>1 sont les polynômes


de degré 2 à discriminants strictement négatifs.
En effet, pour les polynômes de degré impair, à cause du théorème des
valeurs intermédiaires, cela se voit aisément. Pour ceux de degré pair n>2,
considérons P ( x )=a n x +an−1 x + …+a1 x+ a0 à coefficients dans R. D’après le
théorème fondamental de l’algèbre, il contient au moins une racine et si le
n n−1

complexe z est racine de P, alors z l’est aussi. Ainsi, le polynôme (x−z )¿)
est à coefficients dans R et divise P. P se met donc sous forme de produit
de polynômes de R.

3. Lemme de Gauss
Soit P un polynôme de Z[X]. Si on peut factoriser P dans Q[X], alors, on
peut factoriser P dans Z[X].
Il permet d’affirmer que si l’on réussit à réduire un polynôme de Z[X] dans
Q[X], alors on peut le réduire dans Z[X].

4. Théorème (critère d’Eisenstein).

Soient A un anneau factoriel et K son corps des fractions. Soit f (X )=∑ ai X


n
i

un polynôme de A[X], n ≥ 1. S’il existe un élément irréductible p de A tel


i=0

que :
p ne divise pas a n , a i ≡ 0 (mod p), i < n, p2 ne divise pas a 0, alors f(X) est
irréductible dans K[X]
Preuve :
En mettant en facteur le pgcd des coefficients de f, on peut supposer que c(f)=1.
Supposons que f(X) s’écrive comme produit de deux polynômes de K[X], de
degré supérieur ou égal à 1. D’après la remarque 1.2, on a f(X) = g(X)h(X) dans
A[X].

Posons g( X)=∑ bi X , h( X )=∑ c i X , avec b p ≠ 0, c q ≠ 0, p ≥ 1, q ≥ 1. Puisque b 0 c o =


p q
i i

a 0 est divisible par p mais pas par p 2, l’un et l’un seulement des éléments b 0 ou c o
i=0 i=0

est divisible par p. On peut supposer que b 0 n’est pas divisible par p et que c o
est divisible par p. Puisque b p c q = a n n’est pas divisible par p, c q n’est pas
divisible par p. On peut donc considérer r, r ≤ q<n, le plus petit entier tel que c r
ne soit pas divisible par p. Alors, a r = b 0 c r + b 1 c r−1+ ··· n’est pas divisible par p,
puisque p ne divise pas b 0 c r mais divise tous les autres termes de la somme, ce
qui est contraire à l’hypothèse.
On travaillera dans le cas spécifique de A=Z et K=Q.
Exemple :
Soit n un entier naturel non nul, p un nombre premier, alors x n− pest irréductible
dans Q[X], et donc par conséquent dans Z[X].

5. Théorème : Soit P un polynôme de Z[X], p un nombre premier. On note P


le polynôme de F p [ X ] obtenu en réduisant les coefficients de P modulo p.
Alors, si le degré de P est celui de P, et P est irréductible dans F p [ X ], alors,
P est irréductible dans Q[X].
La réciproque est fausse
Preuve : exercice

Le théorème précédent est donc très important, car exhibe l’utilité des corps F p .
Maintenant, pour réduire un polynôme dans Z[X], il suffira de le réduire dans
F p [ X ] .Si cela est impossible, le polynôme est irréductible dans Z[X].

REDUCTION DE POLYNOMES DANS F p[ X ] , ALGORITHME DE


BERLEKAMP

Étant donné P un polynôme unitaire de F p avec p premier, on cherche à le


décomposer en produit de facteurs premiers irréductibles. Pour l'instant, on
suppose que P est sans facteur carré, i.e. P = P1 . . . Pr deux à deux distincts. On
a alors le lemme suivant :

Lemme :
Pour tout polynôme Q non constant tel que Q p=Q , dans F p /(P), on a :
P= ∏ pgcd (P , Q−a)
a∈ F p

Preuve :
Par le lemme chinois des restes, on a un isomorphisme, on a F p /(P) qui est
isomorphe à .Si on note Q 7→ (Q1, . . . , Qr) pour l'isomorphisme
Fp Fp Fp
× …×

précédent, Q =Q p dans F p /(P) correspond exactement à ∀i, Qi =Qi dans F p /(Pi ).


P1 P2 Pr
p

Comme les Pi sont irréductibles, les ( Pi) sont premiers et les F p /(Pi ) sont des
corps sur lesquels le polynôme x p−x admet au plus p racines. Dans chaque cas, il
s'agit exactement des p constantes. Par conséquent, Q i ∈ F p.
Donc Pi∨¿ Q−a ¿ équivaut à dire a=Qi puisque Pi et Q sont constants,
P= ∏
i , a=Qi
pgcd (P ,Q−a)

On en déduit donc le lemme.


Les pgcd pouvant être calculés efficacement par l'algorithme d'Euclide, on
s'intéresse donc à l'équation Q p=Q qui admet Pr solutions (les r-uplets de
constantes). Or le morphisme φ : Q 7→ Qp est linéaire dans Fp, ce qui nous
permet de l'écrire sous forme matricielle dans la base (1,X,…, X n−1 ) où n =
deg(P). D'après le nombre de solutions, on aura dim ker (φ − Id) = r. On ne
suppose plus que P est sans facteur carré et on va utiliser ces résultats dans
l'algorithme suivant :

Algorithme de Berlekamp :
Initialisation : On calcule D = pgcd(P, P’). Alors P/D est sans facteur carré, et si
D est différent de 1, on lui applique l'algorithme.
Premier pas : On résout le système (φ − Id)(Q) = 0 pour déterminer r
Deuxième pas : Si r = 1, P est irréductible et on a fini. Si r ≥ 2, on prend une
solution non constante quelconque Q, et le lemme nous fournit une
décomposition non triviale
P= ∏ pgcd (P , Q−a)
a∈ F p

Exemple :

A = K[X]/(X9 + X6 − X + 1) .
C'est un K-ev de dimension 9 dont une base est {1, X, X 2 , . . . , X8}. Pour
calculer la matrice de l'endomorphisme F − Id on aura besoin des
puissances de X3 jusqu'a X24. Je vais calculer aussi X10 et X11, vous verre'.
tout de suite pourquoi en suivant le calcul :
X910= −X67+ X − 1
X = −X + X2 −
X X11 = −X8 + X3
− X2
X12 = −(−X6 + X − 1) + X4 − X3 = X6 + X4 − X3 − X + 1
X15 = (−X6 + X − 1) + X7 − X6 − X4 + X3 = X7 + X6 − X4 + X3 + X − 1
X18 = (−X7 + X2 − X) + (−X6 + X − 1) − X7 + X6 + X4 − X3 = X7 + X4 − X3
+ X2 − 1
X21 = (−X 7
+ X2 − X ) + X7 − X6 +8X5 −6X3 =5 −X6 4+ X5 8− X3 5+
X4 − X X = −(−X + X − 1) + X − X + X − X = X + X −
2 24 6

X −X +1
On peut alors ecrire la matrice de
F − Id :

1

0 0 0 −1 1 −1 −1 0 1
0 −1 −1 
0 X
0 −1 0 1 −1 1
 0 0 −1 0 0 0 1 1

0 −1  X2
 0 1 0 −1 −1 1 −1 −1 0 
0 0 0 0 0 −1 1

X3
 0 0 0 0 0 −1 0 1 1

 0 0 1 −1 1 1 −1 −1 0

X 4
0 0 0 0 0 1 1 −1 0
 0 0 0 0 0 0 0 0 0

5


X

 X6
 7
X

X8
POLYNOME CYCLOTOMIQUE
Le n-ième polynôme cyclotomique Φ n est défini par :
ϕ (n)
Φ n (X )=∏ ( X−ζ i )
i=1

Il est de degré ϕ(n) racines n-ième primitives de l’unité, ζ i ,...,ζϕ(n)


Soit x une racine n-ième de l’unité. Si x est d’ordre d, alors d divise n et x est une racine
d-ième primitive de l’unité. Réciproquement toute racine d-ième primitive de l’unité est
racine n-ième de l’unité si d divise n. On a donc

Xn – 1 =∏
d ∨n
Φd (X )

Factorisation
Pour tout entir naturel n strictement positif, on a :
d
Φ n (X )=∏ ( X n −1)µ(d )
d ∨n

où µ : N → {−1, 0, 1} est la fonction de Möbius définie comme suit :

{
1 si n=1
µ ( d )= (−1)k si n n ’ est pas divisible par un carré et k est ≤nombre de facteurs premiers de n
1 sinon

Si n ≥ 1 est impair, on a Xn + 1 =∏
d ∨n
Φ2 d ( X )

Si p est un nombre premier et n ≥ 1 un entier, on a :

{
Φn ( X ) si p∨n
p

et
p p
X −1
Φ n ( X )= =∑ X p−i Φn ( X )
p
X−1 i=1 sinon
Φn ( X )

Si p est un nombre premier et k, n ≥ 1 sont des entiers, on a :

{
Φn ( X ) si p∨n
k
p

Φ p n ( X )= Φn ( X p )
k
k

sinon
Φn ( X )
k−1
p

Encadrement
φ (n )
(¿ a∨−1)φ(n) ≤ Φ n (a)≤(|a|+1)

De plus, lorsque n > 2, ces inégalités sont strictes. En lien avec l’arithmétique, les
résultats suivants sont les plus souvent utilisés :
Proposition 1 :
Soient m, n ≥ 1 des entiers, a ∈ Z et p un nombre premier. On suppose que p divise Φ m (a)
et que p divise Φ n (a). Alors il existe k ∈ Z tel que :

=p .
m k
n

De plus, PGCD¿, Φ n (a)) est une puissance de p.

Proposition 2 :
Soit p un nombre premier, n ≥ 1 et a ∈ Z.

(i) Si p | Φ n (a), alors p ≡ 1 (mod n) ou p | n.

(ii) Si n = pα N avec p premier avec N et p | Φ n (a), alors l’ordre de a modulo p vaut N.

(iii) Si p et n sont premiers entre eux, p | Φ n (a) si, et seulement si, l’ordre de a modulo p
vaut n .

Domaines d’applications des corps finis

Lorsqu’on parle d’une “application aux corps finis“, on se réfère à l’utilisation pratique
des propriétés des corps finis dans divers domaines technologiques et scientifiques. Les
corps finis également connus sous le nom de champs finis ou finite fields en anglais sont
des structures algébriques qui contiennent un nombre fini d’éléments et où l’on peut
effectuer les opérations telles que la multiplication, la soustraction, l’addition et la
division (excepté par zéro) avec des règles bien définies. Ainsi ces applications sont
vastes et diverses notamment :
1) La cryptographie
Les corps finis(CF) sont essentiels dans de nombreux algorithmes cryptographiques
comme RSA, AES ( Advanced Encryption Standarde) et ECC (Elliptic Curve
Cryptography) exemple :

① Algorithme de encrypte ECC-EL Gamal :


Input :public key P, an encoded integer m ∈[0 ;p-1] representing a message
Output : (x₁,y₁,c)
K⇽ᴿ {1,….. , t-1}
(x₁,y₁)⇽[k]G
(x₂,y₂)⇽[k]P
c⇽x₂+m mod p
return(x₁,y₁,c)

②Algorithme de decrypte ECC-EL Gamal :


Input :private key d,an encrypted message (x₁,y₁,c)
Output : an encoded integer m’∈[0 ;p-1] representing a message
(x’₂,y’₂)⇽[d](x₁,y₁)
m’⇽c-x’₂ mod p
return m’
2) Géométrie algébrique
Les concepts des corps finis sont appliqués en geometrie algebrique pour etudier les
soulutions des equations polynomiales sur les corps finis, ce qui a des implications dans
la comprehension des formes geometriques et leurs proprietés
Voici un exemple de code en utilisant la bibliothèque SymPy pour travailler avec
des objets géométriques algébriques, comme des courbes elliptiques :

# Définir les coefficients d'une courbe elliptique


a = Symbol('a')
b = Symbol('b')

# Equation d'une courbe elliptique : y^2 = x^3 + ax + b


x = Symbol('x')
y = Symbol('y')
equation = Eq(y**2, x**3 + a*x + b)

# Résoudre l'équation pour y en fonction de x


solutions = solve(equation, y)
print("Solutions pour y en fonction de x:")
for sol in solutions:
print(sol)

# Exemple de substitution de valeurs pour a et b


a_val = 2
b_val = -1
equation_substituted = [Link]({a: a_val, b: b_val})
print("Equation avec a =", a_val, "et b =", b_val, ":")
print(equation_substituted)

# Résoudre l'équation pour y en fonction de x après substitution de valeurs


solutions_substituted = solve(equation_substituted, y)
print("Solutions pour y en fonction de x après substitution:")
for sol in solutions_substituted:
print(sol)
Cet exemple démontre comment travailler avec des courbes elliptiques en utilisant
SymPy. Il définit une courbe elliptique en termes de ‘’a’’ et ‘’b’’, puis résout
l'équation pour ‘’y’’ en fonction de ‘’x’’. Ensuite, il effectue une substitution de
valeurs pour ‘’a’’ et ‘’b’’, et résout à nouveau l'équation pour ‘’y’’ en fonction de ‘’x’’
après la substitution.

3) Théories des nombres


Exemple de code en Python pour travailler avec des corps finis en théorie des
nombres. Dans cet exemple, nous utiliserons la bibliothèque sympy pour manipuler les
polynômes et effectuer des opérations modulo d’un nombre premier.

# Définir un corps fini avec un nombre premier p


p = 13
Fp = FiniteField(p)

# Créer des éléments dans le corps fini Fp


a = Fp(5)
b = Fp(9)

# Opérations de base
addition = a + b
multiplication = a * b
inverse_modulaire = 1 / a # Inverse modulaire de a

# Affichage des résultats


print("Addition:", addition)
print("Multiplication:", multiplication)
print("Inverse modulaire de", a, ":", inverse_modulaire)

# Manipulation de polynômes dans un corps fini


x = Symbol('x')
polynome = x**2 + 2*x + 1 # Par exemple, x^2 + 2x + 1
polynome_mod_p = polynome % p # Réduction modulo p

# Affichage du polynôme réduit modulo p


print("Polynôme réduit modulo", p, ":", polynome_mod_p)

Applications aux codes correcteurs d'erreurs

Les codes correcteurs d'erreurs sont des méthodes utilisées pour détecter et corriger
les erreurs qui peuvent survenir lors de la transmission de donné[Link] les systèmes de
communication numérique, les données sont souvent représentées par des mots binaires
ou des symboles provenant d'un alphabet fini.
Exemple d’un code sur python :
class CorpsFinis:
def __init__(self, p):
self.p = p # caractéristique du corps fini

def addition(self, a, b):


return (a + b) % self.p

def multiplication(self, a, b):


return (a * b) % self.p

def soustraction(self, a, b):


return (a - b) % self.p

def division(self, a, b):


# Pour les corps finis, la division est la multiplication par l'inverse
inverse_b = [Link](b)
if inverse_b is None:
raise ValueError("Division par zéro n'est pas possible dans un corps fini.")
return [Link](a, inverse_b)

def inverse(self, a):


# Trouver l'inverse de a dans le corps fini
for i in range(self.p):
if (a * i) % self.p == 1:
return i
# Si l'inverse n'existe pas (a n'est pas inversible), retourner None
return None

# Exemple d'utilisation :
cf = CorpsFinis(7) # Corps fini avec caractéristique 7
a=4
b=5
print("Addition de {} et {} dans le corps fini : {}".format(a, b, [Link](a, b)))
print("Multiplication de {} et {} dans le corps fini : {}".format(a, b,
[Link](a, b)))
print("Soustraction de {} et {} dans le corps fini : {}".format(a, b, [Link](a,
b)))
print("Division de {} par {} dans le corps fini : {}".format(a, b, [Link](a, b)))

EXERCICES ET CORRECTIONS

Exercice1

Montrer Q n’admet pas de sous-corps strict. Avec (Q, +, x)


Resolution:
Soit (IK,+,x) un corps , tel que IK ⊂ Q , montrons que IK=Q.
Puisque K, sous-corps de Q , l’élément neutre de Q(1Q) , ainsi
∀ n ∈ N , n1Q =n ∈ IK. Donc N ⊂ IK,
De plus, ∀ n ∈ IK, (n ∈ N), -n ∈ IK, alors Z ⊂IK.

Soit n ∈ IK, n ≠ 0Q = 0 IK . Puis que K est un corps, et que l’inverse de n dans Q est ,alors
1
n
∈ K. Par conséquent , en prenant, m ∈ Z , m x = ∈ IK,
1 1 m
n n n

D’où ∀ (m,n) ∈ ZxN*, ∈ IK , et Q ⊂IK.


m
n
Conclusion: comme IK⊂Q et IK⊂Q, Q=IK.

Exercice2
Montrer que le groupe multiplicatif d’un corps commutatif fini est cyclique.
Soit K un corps fini, montrons que (IK,x) est cyclique.

1. Soient a,b ∈ IK, tels que ord(a) = p,ord(b)=q,si p^q=1, montrons que ord(ab) = pq.

Ord(a)=p, alors a m=1 IK implique , donc m=pk, k ∈ IN*.Appelons s= ord (ab)


p
m
Remarquons déjà que (ab) pq = a pq. b pq
= (a ¿¿ p)q .( b¿¿ q) p ¿ ¿

(ab) =1 IK
pq

Ainsi, s| pq.
On remarque (a pq )−1 = b pq
Calculons a qs ( si a qs = 1 IK , alors impliquera que p|qs, et donc p|s )

a
qs
= (a ¿¿ s)q ¿

=(b ¿¿−s) q ¿
= (b ¿¿ q)−s ¿

a = 1 IK , alors, p|qs, comme p^q=1, p|s.


qs

On montre de façon analogue que q|s.


Comme p^q=1, alors pq | s or s| pq, donc pq=s.
D’où ord(ab)= pq.

2. Soient a,b ∈ IN* , demontrons que, ∃ a’,b’ ∈ IN*, a’|a , b’|b, et a’^b’=1 , a’b’ =avb.
Écrivons a et b sous- forme de produits de facteurs premiers.
Alors, a =∏ P i et b =∏ P i ,
∞ ∞
αi βi

i=1 i=1

On a : avb =∏ P i

max (∝ i , βi)

i=1

{

Prenons
a' =∏ Pi où x i= αi si αi≥ βi
i =1

xi

0 sinon {
b ' =∏ Piyi
i=1
{ 0 sinon
où y = βi si αi< βi
i

Montrons que a’^b’ =1 et a’b’ = avb.

Soient i ∈ IN . Si x i ≥ 0 et que y i> 0, alors βi >αi or

x i ≥ 0 implique
{ soit x i=0 (cas vrai)
soit x i >0 entraine αi ≥ βi(absurde)

Donc si x i >0 implique y i=0


De meme, y i > 0 implique x i=0

Conséquence: Les nombres premiers apparaissent dans la decomposition en produits


de facteurs premiers de a’ n’apparaissant pas dans b’ et vis-versa.
D’où a’^b’ =1.

Maintenant, a’b’=

∏ P xii + yi
On montre aisément que x i+ y i = max{αi , βi }
i=1

En effet soit i ∈ IN .
Si αi ≥ β i , max{αi , βi } et x i=αi , y i =0 ,
Donc x i+ y i = αi
= max{αi , βi}
De meme , si αi< βi , max{αi , βi } = βi
Aussi, y i = βi , x i=0, x i+ βi = βi
=max{αi , βi}
D’où a’b’ = avb et le couple (a’,b’) choisi respecte les conditions
3. Montrons que,∃ x ∈IK tel que ord(x) = m où m est le ppcm des ordres des éléments de
IK.
Notons IK={ x 1,......., x n} = IK\{0 IK }
Posons ord( x 1) = a 1, ........., ord( x n)=a n

D’aprés la question précedente , ∃ a ' 1∨a1, a ' 2∨a2 , et a ' 1 a ¿=1 ,


¿
1

a ' 1 . a ' 2=a1 a2

Notons q 1= , q 2= , alors ¿
a1 a2
a '1 a '2

En effet, soit p tel que ( x 1 ¿ ¿ = 1 IK .


q p 1

Alors, (x 1) = 1 IK . Si p< a ' 1 , pq 1 < q 1 a ' 1, donc


pq 1

pq 1 < a 1 mais (x 1) = 1 IK . (absurde).


pq 1

Ainsi, l’élément x 1 . x 2 est d’ordre a ' 1 . a ' 2=a1 va 2 .


q q 1 2

On construit donc recursivement, l’élément X d’ordre a 1 va2 .v.....a n


D’où, il existe X ∈ IK , tel que ord(X)=ppcm(a 1 a 2 .....a n), ord(X) =m

Exercice 3 : Corps fini à trois éléments


* F3 contient les deux éléments neutres 0 et 1 ainsi qu’un 3éme élément x distinct de 0 et de
1.
On a F3 = {0, 1, x}.
* F3 muni de l’addition est un groupe additif de cardinal 3. L’ordre additif de ses
éléments est
donc un diviseur de 3 soit 1 ou 3. Seul l’élément neutre de l’addition, 0, est d’ordre 1.
1 et x sont donc d’ordre 3.
* Le groupe des inversibles est F 3= F3 \ {0} = {0, 1}. Il est d’ordre 2 car l’ordre
¿

multiplicatif
de chacun de ses éléments divise 2. Seul 1 est d’ordre 1 donc x est d’ordre 2. On a x · x =
1 et
< x >= F 3.
¿

F 3 est donc un groupe cyclique de générateur 2.


¿

* On a :
— 1 + 1≠ 0 sinon 1 serait d’ordre additif 2.
— 1 + 1 ≠ 1 sinon 1 + 1 = 1 ⇒ 1 + 1 − 1 = 0 ⇒ 1 = 0 impossible.
donc 1 + 1 = x.
* On a :
— x + x ≠ 0 sinon x serait d’ordre additif 2.
— x + x ≠ x sinon x = 0, ce qui est impossible.
donc x + x = 1.
*On a :
— 0 · 0 = 1 · 0 = x · 0 = 0 · x = 0 car 0 est l’élément absorbant de la multiplication.
— 1 · x = x · 1 = 1 par définition de l’élément neutre de la multiplication.
Cela nous donne les tables suivantes :
Table d’addition :

0 1 x
+
0 0 1 X
1 1 x 0
x x 0 1

Table de multiplication

. 0 1 x
0 0 1 0
1 0 1 x
x 0 x 1

F 3 est donc un corps commutatif. On retrouve les mêmes tables que pour Z/3Z en
prenant x = 2.
Exercice 4 Soit n ≥ 2. Il existe une infinité de nombres premiers p tels que p ≡ 1 (mod n).
Solution de l’exercice 4 Par l’absurde, supposons qu’il n’en existe qu’un nombre fini.
Notons T le produit de ces nombres, multiplié également par tous les diviseurs premiers
de n. Comme T > 1, il existe un entier k ≥ 1 tel que Φn(T k ) > 1. Soit alors p un diviseur
premier de Φn(T k ). D’après une propriété du cours , ou bien p ≡ 1 (mod n), ou bien p
divise n. Or p | Φn(T k ) | Tnk − 1, donc p est premier avec T. Donc p est premier avec n, ce
qui implique p ≡ 1 (mod n) et est absurde.

Exercice 5 Soit p un nombre premier. Montrer que pp − 1 admet un diviseur premier


congru à 1 modulo p.

Solution de l’exercice 5 Soit q un diviseur premier de = Φp(p). D’après une


p
( p −1)

propriété du cours, on a q = p ou q ≡ 1 (mod p). Le premier cas étant exclu car q divise
( p−1)

pp − 1, le résultat demandé en découle.

Exercice 6 (Liste courte Olympiades Internationales de Mathématiques 2006) Trouver


tous les entiers relatifs x, y tels que = y5 − 1.
7
x −1
x−1
Solution de l’exercice 6 L’égalité est équivalente à 1 + x + · · · + x6 = (y − 1)(1 + y + y2 +
y3 + y4 ).
Comme 1 + x + · · · + x 6
= Φ7(x), d’après une propriété du cours, un diviseur premier de
1 + x + · · · + x6 est soit égal à 7, soit est congru à 1 modulo 7.
Ainsi, un diviseur de 1 + x + · · · + x6 est soit divisible par 7, soit congru à 1 modulo 7.
Ainsi, y ≡ 1 (mod 7) ou y ≡ 2 (mod 7). Dans le premier cas, 1 + y + y2 + y3 + y4 ≡ 5 (mod
7), ce qui n’est pas possible, alors que dans le second cas, on a
1 + y + y 2+ y 3
+ y 4 ≡ 2 (mod 7), ce qui n’est pas possible non plus. Il n’y a donc pas de
solutions.

EXERCICE 7:Tentative de construction du corps fini à six éléments F6

÷ F6 muni de l’addition est un groupe additif de cardinal 6. L’ordre additif


de 1 est donc un diviseur de 6 soit 1, 2, 3 ou 6.
A noter que comme on l’a vu précédemment, tous les éléments non nuls
de F6 auront le même ordre que 1.
On a ord(1) /= 1 sinon 1 = 0.
÷ Supposons que ord(1) = 6 alors 6 · 1 = 0.
Mais 6 · 1 = (2 · 1) · (3 · 1) ⇒ par intégrité de K on aurait 2 · 1 = 0 ou 3 ·
1 = 0 ce qui contredirait la minimalité de 6.
÷ Supposons que ord(1) = 2
F6 contient alors 0, 1 et un troisième élément x distinct de 0 et 1. Par
stabilité additive, il contient aussi 1 + x. On a :
— 1 + x /= 0 sinon 1 + x = 0 ⇒ 1 + 1 + x = 1 + 0 ⇒ 2 · 1 + x = 1 ⇒ 0 + x = 1
⇒x=1
(impossible).
— 1 + x /= 1 sinon 1 + x = 1 ⇒ x = 0 (impossible).
— 1 + x /= x sinon 1 + x = x ⇒ 1 = 0
(impossible). donc 1 + x est le quatrième
élément de F6.

Comme tous les éléments non nuls sont d’ordre additif 2 alors les
combinaison linéaires de 0, 1, x et 1 + x n’apportent pas d’éléments
supplémentaires.
Il existe donc un 5ème élément y distinct.
Par stabilité additive, F6 contient 1 + y et on montre que 1 + y est distinct des autres
éléments :
— 1 + y /= 0 sinon 1 + y = 0 ⇒ 1 + 1 + y = 1 ⇒ 0 + y = 1 ⇒ y = 1 (impossible).
— 1 + y /= 1 sinon 1 + y = 1 ⇒ y = 0 (impossible).
— 1 + y /= x sinon 1 + y = x ⇒ y = 1 + x (impossible).
— 1 + y /= y sinon 1 + y = y ⇒ 1 = 0 (impossible).

donc F6 = {0, 1, x, 1 + x, y, 1 + y}.


Mais par stabilité additive, F6 contient x + y. Or, on a :
— x + y /= 0 sinon x + y = 0 ⇒ x + y = 2x = 0 car ord(x) = 0 ⇒ y = x (impossible).
— x + y /= 1 sinon x + y = 1 ⇒ y = 1 + x (impossible).
— x + y /= x sinon x + y = x ⇒ y = 0 (impossible).
— x + y /= y sinon x + y = y ⇒ x = 0 (impossible).
— x + y /= 1 + x sinon x + y = 1 + x ⇒ y = 1 (impossible).
— x + y /= 1 + y sinon x + y = 1 + y ⇒ x = 1 (impossible).

F6 contiendrait un 7ème élément ce qui est impossible donc ord(1) /= 2


÷ Supposons que ord(1) = 3
F6 contient 0, 1, 2 car 2 distinct de 1 et 0 car 2 = 1 ⇒ 1 = 0 et 2 = 0
contredit la minimalité de l’ordre de 1.
F6 contient un quatrième élément x distinct de 0,1 et 2.
Par stabilité additive, F6 contient x + 1 et x + 2 qui sont distincts des
autres éléments de F6. On a :
— 1 + x /= 1 sinon 1 + x = 1 ⇒ x = 0 (impossible).
— 1 + x /= 2 sinon 1 + x = 2 ⇒ x = 1 (impossible).
— 1 + x /= x sinon 1 + x = x ⇒ 1 = 0 (impossible).
— 1 + x /= 0 sinon 1 + x = 0 ⇒ 2 + 1 + x = 2 ⇒ 3 + x = 2 ⇒ 0 + x = 2 ⇒ x = 2
(impossible).
On a :
— 2 + x /= 0 sinon 2 + x = 0 ⇒ 1 + 2 + x = 1 + 0 ⇒ x = 1 (impossible).
— 2 + x /= 1 sinon 2 + x = 1 ⇒ 1 + 2 + x = 1 + 1 ⇒ x = 2 (impossible).
— 2 + x /= 2 sinon 2 + x = 2 ⇒ 1 + 2 + x = 1 + 2 ⇒ x = 0 (impossible).
— 2 + x /= x sinon 2 + x = x ⇒ 2 = 0 (impossible).

donc F6 = {0, 1, 2, x, 1 + x, 2 + x }.
Mais par stabilité additive, F6 contient 2x. Or, on a :
— 2x /= 0 sinon x + x = 0 ce qui contredirait la minimalité de l’ordre additif de x
égale à 3.
— 2x /= 2 sinon 2x = 2 ⇒ 2(x—1) = 0 ⇒ x— 1 = 0 par intégrité de K ⇒ x = 1
(impossible).
— 2x /= x sinon 2x = x ⇒ x = 0 (impossible).
— 2x /= 1 sinon 2x = 1 ⇒ 3x = x + 1 ⇒ 0 = x + 1 ⇒ 2 = x + 1 + 2 ⇒ x = 2
(impossible).
— 2x /= x + 1 sinon 2x = x + 1 ⇒ x = 1 (impossible).
— 2x /= x + 2 sinon 2x = x + 2 ⇒ x = 2 (impossible).

F6 contiendrait un 7ème élément ce qui est impossible donc ord(1) /= 3.


÷ on a montré que l’ordre additif de 1 ne peut être égal à un diviseur de 6,
ce qui impossible donc le corps à 6 éléments F6 n’existe pas.

Il n’existe donc pas de corps fini de cardinal n pour tout n ∈ N∗.

EXERCICE 8:. Tous les idéaux de K[X] sont principaux.


Soit I un idéal de K[X] alors il existe P ∈ K[X] tel que I = (P ).
Démonstration.
Soit P un polynôme de K[X] alors (P ) est
un idéal. Soit J un idéal de K[X].
Premier cas : J = {0} alors J est l’idéal engendré par le polynôme nul.
Deuxième cas : J non réduit à 0. Alors il existe un polynôme Q non nul de
degré q appartenant à J . Soit A, l’ensemble des degrés possibles des
éléments de J . A est non vide car q ∈ A.
Posons p le plus petit degré possible dans A. Alors il existe P ∈ K[X] tel que
deg(P ) = p. Montrons que J = (P ) :
— Si J contient P alors il contient (P ) car J est un idéal (il contient tous les multiples de
P ).
Donc (P ) ⊂ J .
— Soit S ∈ J . Alors deg(S) = s ≥ deg(P ) = p par minimalité de p.
Divisons S par P . Il existe Q, R ∈ K[X] tel que S = PQ + R avec 0 ≤
deg(R) < deg(P ) = p. Comme PQ ∈ (P ) et (P ) ∈ J alors PQ ∈ J . Mais
S ∈ J donc R = S − PQ ∈ J . deg(R) doit être égal à 0 sinon cela
contredirait la minimalité de p. On a donc S = PQ ∈ (P ).
D’où J ⊂ (P ).
Exercice 9 : si p est premier, alors Z/pZ est un corps.
— dans Z, les idéaux maximaux non réduits à {0} sont les pZ avec p premier.
En effet, si nZ ⊂ dZ alors d divise n (ainsi 6Z ⊂ 2Z).
Les idéaux maximaux sont ceux qui n’ont donc comme diviseur que 1 ou
eux-mêmes. Ce sont les nombres premiers. Donc ce sont les pZ avec p
un entier naturel premier.
— comme Z est un anneau et pZ un idéal maximal, l’ensemble quotient Z/pZ est un
corps.

EXERCICE 10:

L’anneau quotient A/I est un corps si et seulement si I est un idéal


maximal. Démonstration.
1. Soit I, idéal maximal de A. Soit a ∈ A tel que a /= 0 et montrons que a est
inversible dans
A/I.
Soit Ja = {j ∈ A | j = ab + i avec b ∈ A et i ∈ I}.
÷ Montrons que Ja est un idéal de A.
— Ja est un sous-groupe additif de A car Ja est un sous-ensemble non vide de A
tel que
(Ja, +) est un groupe. En effet :
— Soit j ∈ Ja tel que j = ab + i ⇒ −j = −(ab + i) = a · (−b) + (−i). Comme A
et
I sont des groupes additifs, on a (−b) ∈ A et (−i) ∈ I ⇒ (−j) ∈ Ja.
— Soit k ∈ Ja tel que k = ac + ir ⇒ j + k = ab + i + ac + ir = a · (b + c) + (i +
ir) ∈ Ja
car par stabilité additive, on a b + c ∈ A et i + ir ∈ I.
— Soit d ∈ A. Alors dj = d · (ab + i) = dab + di = a(db) + di.
di ∈ I par idéalité de I et db ∈ A par stabilité de la multiplication donc dj ∈
Ja et
Ja est un idéal.
÷ On a I ⊂ Ja.
Soit i ∈ I alors i = a · 0 + i. Or 0 ∈ A donc i = ab + i avec b = 0. Donc i ∈ Ja.
÷ Mais a /= 0 ⇒ a ∈/ I. Or a ∈ Ja car a = a · 1 + 0 avec 1 ∈ A et 0
∈ I donc I /= Ja.
÷ On a donc I ⊂
Ja ⊂ A et Ja /= I.
Comme I est
maximal, alors
Ja = A.
Or 1 ∈ A ⇒ 1 ∈ Ja ⇒ il existe b ∈ A et i ∈ I tels que 1 = ab + i
d’où 1 = ab + 0 = a · b
donc b est l’inverse de a.
2. Réciproquement. soit I un idéal
de A tel que A/I soit un corps.
Soit J , un idéal de A tel que I ⊂ J
⊂ A.
— Si J /= I alors il existe a ∈ J qui n’appartient pas à I
donc a est non nulle et ainsi a est inversible dans le
corps A/I.
— ∃ b ∈ A | 1 = a · b donc 1 = ab ⇒ 1 − ab = 0 ⇒ 1 − ab = 0 ⇒ 1
− ab ∈ I
⇒ ∃ c ∈ I | 1 − ab = c ⇒ 1 = c + ab.
— Mais a ∈ J ⇒ ab ∈ J par idéalité de J . Et c ∈ I ⇒ c ∈ J . Par
stabilité additive,
1 = ab + c ∈ J .
— Mais un idéal qui contient
l’unité est égal à A donc J = A. J est
donc un idéal maximal de A.
CONCLUSION

En conclusion, la théorie de Galois est une branche profonde et


influente de l'algèbre abstraite qui a révolutionné notre compréhension
des polynômes, des extensions de corps et de leurs relations. Elle nous
permet d'étudier les propriétés fondamentales des polynômes, telles que
leur factorisation et la résolution d'équations polynomiales. Grâce à des
concepts clés tels que les extensions de corps, les racines des polynômes
et les groupes de Galois, cette théorie offre des outils puissants pour
explorer les structures mathématiques [Link] théorie de Galois
trouve des applications dans de nombreux domaines des mathématiques,
allant de la géométrie algébrique à la cryptographie en passant par la
théorie des nombres. Elle a également des liens étroits avec d'autres
branches de l'algèbre abstraite, ce qui en fait un pilier central de cette
[Link]âce à la théorie de Galois, nous sommes en mesure de
comprendre en profondeur les polynômes et leurs propriétés, ce qui
élargit notre perspective mathématique et nous permet de résoudre des
problèmes complexes dans divers domaines. La théorie de Galois
témoigne de la beauté et de la profondeur des mathématiques, et elle
continue de jouer un rôle essentiel dans la recherche mathématique
contemporaine.

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