Corps finis et théorie de Galois
Corps finis et théorie de Galois
Examinateur :
Dr TALE
KALACHI
Groupe n° 1
Introduction
Conclusion
BETSENE Manuela
MOTUE MICHELLE-ANGE
GAMEGNE ERIC
ANYU MVONDO
INTRODUCTION
La théorie de Galois, développée par Évariste Galois au XIXe siècle, est une
branche essentielle de l'algèbre abstraite. Elle se concentre sur l'étude des
polynômes et de leurs racines, ainsi que sur les extensions de corps. Une
extension de corps est un nouveau corps qui contient les racines d'un
polynôme donné en plus du corps original. La théorie de Galois explore les
relations entre les polynômes et les extensions de corps, en utilisant des
outils tels que les groupes de Galois pour comprendre les propriétés
fondamentales des polynômes, leur factorisation et la résolution d'équations
polynomiales.
Soit E un ensemble. Une loi de composition interne (LCI) sur E est une
application T de E × E dans E,
Notée généralement de façon infixe : on écrit x T y plutôt que T (x, y), lorsque (x,
y) ∈ E × E.
Exemples
• La somme sur N, N∗, Z, Q, R, C (mais pas sur Z∗, Q∗, R∗, C∗).
• Le produit sur N, N∗, Z, Q, R, C.
• La différence sur R ou Z (mais pas sur N).
• La composition des applications sur F (applications de F dans F).
• La loi ⊕ définie sur R² par (x1, y1) ⊕ (x2, y2) = (x1 + x2, y1 + y2).
• La loi ⊗ définie sur R² par (x1, y1) ⊗ (x2, y2) = (x1x2 − y1y2, x1y2 + x2y1)
(vous la reconnaissez ?)
• Les lois ∪, ∩ et ∆ (réunion, intersection et différence symétrique) définies sur
P(F).
Un groupe G est dit monogène s’il est engendré par un de ses éléments appelé
générateur du groupe. Si g est un de ses générateurs, on a donc G=<g>.
Z et Z/nZ sont des groupes monogènes, 1 et -1 constituant des générateurs
évidents
(Notons que, dans un cas comme dans l’autre, la loi de groupe étant donnée
additivement, la puissance n-ième d’un élément g est notée ng plutôt que gn.
Lorsque le groupe G est monogène, s’il est fini, alors il est dit cyclique.
Lorsque le groupe est fini, on appelle ordre du groupe son cardinal et l’ordre
d’un élément du groupe x, le plus petit entier n tel que x n=e . Lorsque le groupe
est fini, l’ordre de chaque élément est fini (cela signifie que l’entier n existe
toujours) ; lorsque cet entier n’existe pas, l’ordre de l’élément est dit infini.
Proposition : sous-groupe et sous-groupe engendré par une partie
Soit G un groupe et H un sous-ensemble de G. H est un sous-groupe de G si H
contient l’élément neutre de G et H est un groupe pour la loi de composition
interne de G (H est stable par cette loi).
Exemple- Z est un sous-groupe de Q pour la loi +,
Exemple- Les sous-groupes de Z pour la loi + sont les nZ, n ∈ N
Soit G un groupe, H un sous-ensemble de G. Le sous-groupe engendré par H est
le plus petit sous-groupe contenant H (c’est-à-dire l’intersection de tous les
sous-groupes contenant H, au sens de l’inclusion). On le note <H>.
Théorème : Lagrange
Dans un groupe fini, le cardinal de tout sous-groupe divise le cardinal du groupe.
Preuve :
Soit G un groupe fini, H un sous-groupe de G. Soit x dans G. Alors,
L’application f : H → xH qui à tout h ∈ H associe xH est bijective .
Il est évident que f est surjective (d’après même la définition de f).
Soient h et k dans H, tels que f(h)=f(k). Alors, xh=xk. En multipliant l’égalité
précédente par l’inverse de x on obtient h=k et donc f est injective, f est
bijective et donc |xH|=|H|.
Soient a et b dans G. On montre que soitaH ∩bH =∅ , soit aH=bH .
En effet, siaH ∩bH ≠ ∅ , il existe u dans aH ∩bH . Soit x dans aH .On a :
D’une part, u=ah et d’autre part, u=bk, h et k dans H. Aussi, x=ag, g dans H.
Ainsi, a=bk h−1 , donc x =bk h−1 g , x ∈bH . aH est donc inclus dans bH .On montre de même que
Bh est inclus dans aH.
Enfin, puisqueG=¿ x ∈G xH , et que les xH sont disjoints deux à deux lorsqu’ils ne
sont pas confondus, alors G=¿ x ∈G ' xH où ∀ x , y ∈ G' on a xH ∩ yH =∅ .
Alors, a engendre un sous-groupe de cardinal p, qui n’est nul autre que <a>. De
plus, l’ordre de p divise n (conséquence du théorème de Lagrange).
Proposition : Si l’ordre de a c’est p, l’ensemble des entiers naturels vérifiant
a =e est pZ
n
Preuve :
Par division euclidienne de n par p on a n=pk+r.
Théorème :
Tout groupe fini d’ordre premier est cyclique.
Preuve : elle devient évidente
Théorème :
Soit G un groupe fini commutatif. Il existe un élément de G d’ordre le ppcm des
ordres des éléments de G.
Preuve : On fera la preuve dans le cas des corps
Groupes quotient
^x *( ^y ∗^z) = ^x *( ^
yz ) = x^
yz = (^
xy ) z= ^
xy∗^z =( ^x∗^y )∗^z
Morphismes de groupes
Soit (G,*) et (J,#) deux groupes. On appelle morphisme de groupes de G dans J
toute application f vérifiant :
∀ x , y ∈G , f ( x∗y ) =f ( x ) ¿ f ( y )
On appelle noyau de f kerf={x de G tels que f(x)= e J }
On appelle image de f imf={f(x), x dans G}
L’application f est injective si et seulement si kerf={eG } et surjective si et
seulement si imf=J. Il est important de noter que kerf et imf permettent dans un
très grand nombre de cas de résoudre les problèmes de surjection et injection
plus facilement lorsque l’utilisation des définitions n’apportent pas de solutions.
Lorsque f est bijective, elle est dite isomorphisme de groupes.
Lorsque G=J, on parle d’endomorphisme.
Lorsque f est bijective et f est un endomorphisme, f est un automorphisme.
Théorème :
Tout groupe cyclique d’ordre n est isomorphe à (Z/nZ,+)
Preuve : Montrer que l’application de Z/nZ dans G qui à k associe a kest un
isomorphisme de groupe où a est un générateur du groupe G.
LES ANNEAUX
Définition 15.
Soit A un ensemble non vide muni de deux opérations notés ” + ” et ”*”. Le
triplet (A.+, .) est un anneau si:
(A, +) est un groupe commutatif
La loi ”*” définie pour tous x, y ∈ A par x*y ∈ A est associative,
distributive par rapport à l'addition et admet un élément unité, i.e. ∃1 A ∈
A, ∀x ∈ A, x∗1 A =1 A∗x=x . Cet élément est unique et différent du neutre par
la première loi que l’on notera 0 A
Proposition 1. Soit A un anneau commutatif (la loi * est commutative). Soient
a, x ∈ A et n ∈ N \ {0}. Alors,
n
n
k=0 k
()
( x +a ) =∑ n x k an −k
Preuve :
Soit le polynôme P(x)= ( x +a )n =( x+ a ) ( x+ a ) … ( x+ a )
Ce produit est une somme de termes en x k an−k ;en éffet, pour obtenir le
coefficient de x k , il faut prendre k facteurs (x+a) dans les n dont on dispose,
en les multipliant entre eux, le coefficient de x k est 1, pour donc avoir son
coefficient dans P(x), le multiplier par a dans chaque facteurs (x+a) restants,
c’est-à-dire par a n−k. Comme il y’a façons de faire le choix des facteurs à
( n)
k
prendre, le coefficient de x k est donc a . En prenant chaque k de 0 à n on
()
n−k n
a donc le polynôme
k
P(x)=( x +a ) =∑
n
n
k=0 k
()
n x k an −k
Sous-anneau
Définition 16.
Soit (A,+,*)un anneau et B un sous-ensemble de A. B est un sous-anneau de
A si (B, +, *) est un anneau, B contient 1 A , 0 A et B est stable pour chacune des
lois.
Définition
On appelle morphisme d’anneaux toute application f qui est un morphisme
d’anneaux pour chacune des lois et l’image de 1 A par f c’est 1 A ' où A’ est
l’ensemble d’arrivée. De même, les notions d’isomorphisme, endomorphisme
et automorphisme d’anneaux sont valables.
Définition
On appelle caractéristique de l’anneau le minimum de l’ensemble {
n ∈ N , n 1 A =0 A } lorsqu’il est non vide, et 0 lorsqu’il est vide. C’est aussi l’entier
naturel n tel que le noyau de l’application f de Z dans A qui à tout k associe k
1 A soit égal à nZ.
Définition
Si A est un anneau commutatif non réduit à {0 A }ne possédant pas de diviseur
de zéro, A est un anneau intègre.
Exemple- (Z,+,x) est un anneau intègre, L’anneau M n ( R ) ne l’est pas.
LES IDEAUX
Définition
Soit (A,+,*) un anneau commutatif, soit I un sous-ensemble de A. On dit que I
est un idéal de A si :
(I,+) est un sous-groupe de (A,+)
∀ ( a , i ) ∈ A × I a∗i ∈ I (I absorbe les éléments de A)
NB : La structure d’idéal est importante quant au fait qu’elle pourrait
quotienter l’anneau par cette dernière et ainsi retrouver une structure
d’anneau.
Proposition : Soient (A,+,*) et (D,∎,° ) deux anneaux. Tout morphisme
f : A → B est tel que kerf est un idéal.
Preuve :
Kerf est un sous-groupe de (A,+), puisque f est un morphisme de (A,+) vers
(D,∎ ¿. De plus, soit i dans kerf et a dans A, on a f(a*i)=f(a) ° f (i)=0 Det donc
on a bien a*i∈ kerf.
Proposition : Soient (A,+,*) un anneau commutatif. L’anneau A est un corps
si et seulement si ses seuls idéaux sont A et {0 A }.
ANNEAUX QUOTIENTS
Dééfinition :
Si X est un ensemble muni d’une relation d’équivalence &, l’application
X → X /¿ qui à tout x associe ^x est appelée surjection canonique ou projection
canonique de X vers X/&. Lorsque X est un groupe et & la relation
d’équivalence définie par x&y si et seulement si x y −1 ∈ H alors, cette
application est de X → X /¿ et quià tout x associe xH .
Théorème :
Soit (A,+,*) un anneau commutatif. Soit & une relation d’équivalence sur A,
et soit p la surjection canonique associée. Alors on peut munir A/& d’une
structure d’anneaux telle que p soit un morphisme d’anneau si et seulement
s’il existe un idéal I de A telle que, pour tout (x,y) ∈ A × A , x&y❑
⇔ x-y
∈ I , et on
note alors A/&=A/I. Et on a kerp=I.
Preuve :
Si la relation d’équivalence est de la forme voulue, on utilise la définition
d’idéal pour montrer qu’elle est est compatible avec les opératons d’anneau.
Dans l’autre sens, poser I={x-y|(x,y) ∈ A × A et x&y}, et montrer qu’il s’agit
d’un idéal.
Définition :
Soit (A,+,*) un anneau commutatif, soit I un idéal de A. On dit qu’il est
maximal lorsqu’il est maximal au sens de l’inclusion dans A.
Théorème :
Soit (A,+,*) un anneau commutatif, soit I un idéal de A. L’anneau quotient A/I
est un corps si et seulement si I et un idéal maximal.
Définition :
Soit (K,+,x) un anneau. K est un corps si K muni de la loi x est un groupe.
Exemple- (Z/pZ,+,x) est un corps si et seulement si p est premier, p entier
naturel.
Preuve : (exercice)
Propriétés :
Un corps ne possède pas de diviseur de zéro
On définit aussi de la même façon que les anneaux les morphismes de
corps.
Preuve : exercice
On définit de la façon que les anneaux les sous-corps d’un corps.
On définit de façon analogue aux anneaux la notion de caractéristique
d’un corps
Les corps qui font l’objet de notre étude sont les corps finis K, c’est-à-dire |K|
est fini.
Définition :
Soit K un corps et L un surcorps de K (K est un sous-corps de L), alors, L est une
extension de K et on note cela L/K, qui veut dire L est une extension de K.
En gros, une extension d’un corps, c’est juste un corps plus grand que lui.
Exemple- R est une extension de Q
Propriété : S’il existe un morphisme f de K dans L, en identifiant K à f(K), K est
une extension de L. Ceci est dû au fait qu’un morphisme de corps est toujours
injectif.
Proposition : Q ne possède pas de sous-corps strict
Preuve : exercice
Définition :
Soit K un corps, s un élément de L, extension de K. S’il existe un polynôme de
K[X] qui s’annule en s, alors s est un élément algébrique de K ; sinon, s est un
élément transcendant de K.
Exemple- π et e sont des nombres transcendants ( sur Q )
Exemple- √ 2 est algébrique ( sur Q ) , puisqu ' il s' annule en x 2−2
Soit L/K une extension. On peut ainsi munir L d’une structure d’espace vectoriel
sur le corps K, et on définit [L :K] le degré de l’extension L/K qui n’est rien
d’autre que la dimension du K espace vectoriel L.
Exemple-
C={ a+ ib, a , b ∈ R } est un surcorps de R et C/R est une extension de degré 2.
Nous n’allons donc pas nous plonger dans la théorie de Galois, de peur de se
n
CORPS DE RUPTURE
Définition :
Soit K un corps, soit L un surcorps de K. Soit P un polynôme irréductible sur
K[X]. On dit que L est un corps de rupture de P sur K si et seulement si il existe
a ∈ L tel que P(a) =0 L. On note L = K(a)
Théorème : Soit (K, +, ×) un corps, soit P un polynôme irréductible de K[X].
Alors il existe un corps de rupture de P sur K.
Preuve :
Le polynôme P est irréductible, donc l'idéal (P) est un idéal maximal, donc K1 =
K[X]/(P) est un corps dans lequel s'injecte K. Et on a, avec π : K[X] → K[X]/(P) la
surjection canonique, P(π(X)) = π(P(X)) = π(P) = π(0) = 0 L, car Ker(π) = (P).
Donc π(X) est une racine de P dans K[X]/(P). On a donc trouvé un surcorps de K
contenant une racine de P. On considère ensuite L = K1(π(X)) le sous-corps de L
engendré par π(X). L est bien un corps de rupture de P sur K. De plus, π est
injective sur K, donc K et π(K) sont deux corps isomorphes, donc on peut bel et
bien voir K[X]/(P) comme un surcorps de K.
Corollaire :
Soit (K, +, ×) un corps, soit P un polynôme. Alors il existe un surcorps de K dans
lequel P est scindé (i.e. P est produit de polynômes de degré 1)
Preuve :
P se décompose en produit de facteurs irréductibles. (ici, K[X] × = K\{0 K }), et on
raisonne par récurrence sur le degré de P, en décomposant le polynôme P sur
un corps de rupture, qui existe d'après le théorème précédent. Alors, dans L[X],
P = Q(X − a) et Q est de degré plus petit, et on applique l'hypothèse de
récurrence.
Corollaire 2 Soit (K, +, ×) un corps, soit Q un polynôme irréductible. Alors tout
corps de rupture de Q sur K est isomorphe à K[X]/(Q).
Preuve Soit L un corps de rupture de Q sur K. Alors il existe β ∈ L tel que L =
K(β) et P(β) = 0. Alors, on définit la fonction f de L dans K[X]/(Q) qui envoie β
sur π(X) (avec π : K[X] → K[X]/(Q) la surjection canonique). Cette fonction est
bien définie car L = K(β). Et cette application est un isomorphisme de corps. (se
montre facilement)
CORPS DE DECOMPOSITION
Définition
Soit (K, +, ×) un corps, soit P un polynôme non-nul de K[X]. Soit L un surcorps
de K. On dit que L est un corps de décomposition de P sur K si et seulement si
P est constant ou scindé sur L
L est le corps engendré par les racines de P, i.e. tout sous-corps de L
Théorème :
Soit (K, +, ×) un corps, soit P un polynôme non-nul de K[X]. Alors il existe un
corps L de décomposition de P sur K, unique à isomorphisme de corps près.
Alors L est une extension finie de K et il s'injecte dans tout surcorps de K sur
lequel P est scindé.
Preuve
Existence : On reprend la démonstration du théorème précédent en
ajoutant à l'hypothèse de récurrence que le corps ainsi construit est
une extension finie (car le ϕa associé est non injectif car on a déjà un
polynôme annulateur dans K[X]). On prend ensuite L le sous-corps de
K1 engendré par les racines de P (ou bien on le construit à l'aide de
polynômes à n variables (ou n est le degré de P) de manière analogue
à la construction de K(a) ou bien on considère que c'est l'intersection
de tous les corps contenant les racines de P). Le corps demandé par le
théorème est alors construit.
Nous allons admettre l’unicité
complexe z est racine de P, alors z l’est aussi. Ainsi, le polynôme (x−z )¿)
est à coefficients dans R et divise P. P se met donc sous forme de produit
de polynômes de R.
3. Lemme de Gauss
Soit P un polynôme de Z[X]. Si on peut factoriser P dans Q[X], alors, on
peut factoriser P dans Z[X].
Il permet d’affirmer que si l’on réussit à réduire un polynôme de Z[X] dans
Q[X], alors on peut le réduire dans Z[X].
que :
p ne divise pas a n , a i ≡ 0 (mod p), i < n, p2 ne divise pas a 0, alors f(X) est
irréductible dans K[X]
Preuve :
En mettant en facteur le pgcd des coefficients de f, on peut supposer que c(f)=1.
Supposons que f(X) s’écrive comme produit de deux polynômes de K[X], de
degré supérieur ou égal à 1. D’après la remarque 1.2, on a f(X) = g(X)h(X) dans
A[X].
a 0 est divisible par p mais pas par p 2, l’un et l’un seulement des éléments b 0 ou c o
i=0 i=0
est divisible par p. On peut supposer que b 0 n’est pas divisible par p et que c o
est divisible par p. Puisque b p c q = a n n’est pas divisible par p, c q n’est pas
divisible par p. On peut donc considérer r, r ≤ q<n, le plus petit entier tel que c r
ne soit pas divisible par p. Alors, a r = b 0 c r + b 1 c r−1+ ··· n’est pas divisible par p,
puisque p ne divise pas b 0 c r mais divise tous les autres termes de la somme, ce
qui est contraire à l’hypothèse.
On travaillera dans le cas spécifique de A=Z et K=Q.
Exemple :
Soit n un entier naturel non nul, p un nombre premier, alors x n− pest irréductible
dans Q[X], et donc par conséquent dans Z[X].
Le théorème précédent est donc très important, car exhibe l’utilité des corps F p .
Maintenant, pour réduire un polynôme dans Z[X], il suffira de le réduire dans
F p [ X ] .Si cela est impossible, le polynôme est irréductible dans Z[X].
Lemme :
Pour tout polynôme Q non constant tel que Q p=Q , dans F p /(P), on a :
P= ∏ pgcd (P , Q−a)
a∈ F p
Preuve :
Par le lemme chinois des restes, on a un isomorphisme, on a F p /(P) qui est
isomorphe à .Si on note Q 7→ (Q1, . . . , Qr) pour l'isomorphisme
Fp Fp Fp
× …×
Comme les Pi sont irréductibles, les ( Pi) sont premiers et les F p /(Pi ) sont des
corps sur lesquels le polynôme x p−x admet au plus p racines. Dans chaque cas, il
s'agit exactement des p constantes. Par conséquent, Q i ∈ F p.
Donc Pi∨¿ Q−a ¿ équivaut à dire a=Qi puisque Pi et Q sont constants,
P= ∏
i , a=Qi
pgcd (P ,Q−a)
Algorithme de Berlekamp :
Initialisation : On calcule D = pgcd(P, P’). Alors P/D est sans facteur carré, et si
D est différent de 1, on lui applique l'algorithme.
Premier pas : On résout le système (φ − Id)(Q) = 0 pour déterminer r
Deuxième pas : Si r = 1, P est irréductible et on a fini. Si r ≥ 2, on prend une
solution non constante quelconque Q, et le lemme nous fournit une
décomposition non triviale
P= ∏ pgcd (P , Q−a)
a∈ F p
Exemple :
A = K[X]/(X9 + X6 − X + 1) .
C'est un K-ev de dimension 9 dont une base est {1, X, X 2 , . . . , X8}. Pour
calculer la matrice de l'endomorphisme F − Id on aura besoin des
puissances de X3 jusqu'a X24. Je vais calculer aussi X10 et X11, vous verre'.
tout de suite pourquoi en suivant le calcul :
X910= −X67+ X − 1
X = −X + X2 −
X X11 = −X8 + X3
− X2
X12 = −(−X6 + X − 1) + X4 − X3 = X6 + X4 − X3 − X + 1
X15 = (−X6 + X − 1) + X7 − X6 − X4 + X3 = X7 + X6 − X4 + X3 + X − 1
X18 = (−X7 + X2 − X) + (−X6 + X − 1) − X7 + X6 + X4 − X3 = X7 + X4 − X3
+ X2 − 1
X21 = (−X 7
+ X2 − X ) + X7 − X6 +8X5 −6X3 =5 −X6 4+ X5 8− X3 5+
X4 − X X = −(−X + X − 1) + X − X + X − X = X + X −
2 24 6
X −X +1
On peut alors ecrire la matrice de
F − Id :
1
0 0 0 −1 1 −1 −1 0 1
0 −1 −1
0 X
0 −1 0 1 −1 1
0 0 −1 0 0 0 1 1
0 −1 X2
0 1 0 −1 −1 1 −1 −1 0
0 0 0 0 0 −1 1
X3
0 0 0 0 0 −1 0 1 1
0 0 1 −1 1 1 −1 −1 0
X 4
0 0 0 0 0 1 1 −1 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0
5
X
X6
7
X
X8
POLYNOME CYCLOTOMIQUE
Le n-ième polynôme cyclotomique Φ n est défini par :
ϕ (n)
Φ n (X )=∏ ( X−ζ i )
i=1
Xn – 1 =∏
d ∨n
Φd (X )
Factorisation
Pour tout entir naturel n strictement positif, on a :
d
Φ n (X )=∏ ( X n −1)µ(d )
d ∨n
{
1 si n=1
µ ( d )= (−1)k si n n ’ est pas divisible par un carré et k est ≤nombre de facteurs premiers de n
1 sinon
Si n ≥ 1 est impair, on a Xn + 1 =∏
d ∨n
Φ2 d ( X )
{
Φn ( X ) si p∨n
p
et
p p
X −1
Φ n ( X )= =∑ X p−i Φn ( X )
p
X−1 i=1 sinon
Φn ( X )
{
Φn ( X ) si p∨n
k
p
Φ p n ( X )= Φn ( X p )
k
k
sinon
Φn ( X )
k−1
p
Encadrement
φ (n )
(¿ a∨−1)φ(n) ≤ Φ n (a)≤(|a|+1)
De plus, lorsque n > 2, ces inégalités sont strictes. En lien avec l’arithmétique, les
résultats suivants sont les plus souvent utilisés :
Proposition 1 :
Soient m, n ≥ 1 des entiers, a ∈ Z et p un nombre premier. On suppose que p divise Φ m (a)
et que p divise Φ n (a). Alors il existe k ∈ Z tel que :
=p .
m k
n
Proposition 2 :
Soit p un nombre premier, n ≥ 1 et a ∈ Z.
(iii) Si p et n sont premiers entre eux, p | Φ n (a) si, et seulement si, l’ordre de a modulo p
vaut n .
Lorsqu’on parle d’une “application aux corps finis“, on se réfère à l’utilisation pratique
des propriétés des corps finis dans divers domaines technologiques et scientifiques. Les
corps finis également connus sous le nom de champs finis ou finite fields en anglais sont
des structures algébriques qui contiennent un nombre fini d’éléments et où l’on peut
effectuer les opérations telles que la multiplication, la soustraction, l’addition et la
division (excepté par zéro) avec des règles bien définies. Ainsi ces applications sont
vastes et diverses notamment :
1) La cryptographie
Les corps finis(CF) sont essentiels dans de nombreux algorithmes cryptographiques
comme RSA, AES ( Advanced Encryption Standarde) et ECC (Elliptic Curve
Cryptography) exemple :
# Opérations de base
addition = a + b
multiplication = a * b
inverse_modulaire = 1 / a # Inverse modulaire de a
Les codes correcteurs d'erreurs sont des méthodes utilisées pour détecter et corriger
les erreurs qui peuvent survenir lors de la transmission de donné[Link] les systèmes de
communication numérique, les données sont souvent représentées par des mots binaires
ou des symboles provenant d'un alphabet fini.
Exemple d’un code sur python :
class CorpsFinis:
def __init__(self, p):
self.p = p # caractéristique du corps fini
# Exemple d'utilisation :
cf = CorpsFinis(7) # Corps fini avec caractéristique 7
a=4
b=5
print("Addition de {} et {} dans le corps fini : {}".format(a, b, [Link](a, b)))
print("Multiplication de {} et {} dans le corps fini : {}".format(a, b,
[Link](a, b)))
print("Soustraction de {} et {} dans le corps fini : {}".format(a, b, [Link](a,
b)))
print("Division de {} par {} dans le corps fini : {}".format(a, b, [Link](a, b)))
EXERCICES ET CORRECTIONS
Exercice1
Soit n ∈ IK, n ≠ 0Q = 0 IK . Puis que K est un corps, et que l’inverse de n dans Q est ,alors
1
n
∈ K. Par conséquent , en prenant, m ∈ Z , m x = ∈ IK,
1 1 m
n n n
Exercice2
Montrer que le groupe multiplicatif d’un corps commutatif fini est cyclique.
Soit K un corps fini, montrons que (IK,x) est cyclique.
1. Soient a,b ∈ IK, tels que ord(a) = p,ord(b)=q,si p^q=1, montrons que ord(ab) = pq.
(ab) =1 IK
pq
Ainsi, s| pq.
On remarque (a pq )−1 = b pq
Calculons a qs ( si a qs = 1 IK , alors impliquera que p|qs, et donc p|s )
a
qs
= (a ¿¿ s)q ¿
=(b ¿¿−s) q ¿
= (b ¿¿ q)−s ¿
2. Soient a,b ∈ IN* , demontrons que, ∃ a’,b’ ∈ IN*, a’|a , b’|b, et a’^b’=1 , a’b’ =avb.
Écrivons a et b sous- forme de produits de facteurs premiers.
Alors, a =∏ P i et b =∏ P i ,
∞ ∞
αi βi
i=1 i=1
On a : avb =∏ P i
∞
max (∝ i , βi)
i=1
{
∞
Prenons
a' =∏ Pi où x i= αi si αi≥ βi
i =1
∞
xi
0 sinon {
b ' =∏ Piyi
i=1
{ 0 sinon
où y = βi si αi< βi
i
x i ≥ 0 implique
{ soit x i=0 (cas vrai)
soit x i >0 entraine αi ≥ βi(absurde)
Maintenant, a’b’=
∞
∏ P xii + yi
On montre aisément que x i+ y i = max{αi , βi }
i=1
En effet soit i ∈ IN .
Si αi ≥ β i , max{αi , βi } et x i=αi , y i =0 ,
Donc x i+ y i = αi
= max{αi , βi}
De meme , si αi< βi , max{αi , βi } = βi
Aussi, y i = βi , x i=0, x i+ βi = βi
=max{αi , βi}
D’où a’b’ = avb et le couple (a’,b’) choisi respecte les conditions
3. Montrons que,∃ x ∈IK tel que ord(x) = m où m est le ppcm des ordres des éléments de
IK.
Notons IK={ x 1,......., x n} = IK\{0 IK }
Posons ord( x 1) = a 1, ........., ord( x n)=a n
Notons q 1= , q 2= , alors ¿
a1 a2
a '1 a '2
multiplicatif
de chacun de ses éléments divise 2. Seul 1 est d’ordre 1 donc x est d’ordre 2. On a x · x =
1 et
< x >= F 3.
¿
* On a :
— 1 + 1≠ 0 sinon 1 serait d’ordre additif 2.
— 1 + 1 ≠ 1 sinon 1 + 1 = 1 ⇒ 1 + 1 − 1 = 0 ⇒ 1 = 0 impossible.
donc 1 + 1 = x.
* On a :
— x + x ≠ 0 sinon x serait d’ordre additif 2.
— x + x ≠ x sinon x = 0, ce qui est impossible.
donc x + x = 1.
*On a :
— 0 · 0 = 1 · 0 = x · 0 = 0 · x = 0 car 0 est l’élément absorbant de la multiplication.
— 1 · x = x · 1 = 1 par définition de l’élément neutre de la multiplication.
Cela nous donne les tables suivantes :
Table d’addition :
0 1 x
+
0 0 1 X
1 1 x 0
x x 0 1
Table de multiplication
. 0 1 x
0 0 1 0
1 0 1 x
x 0 x 1
F 3 est donc un corps commutatif. On retrouve les mêmes tables que pour Z/3Z en
prenant x = 2.
Exercice 4 Soit n ≥ 2. Il existe une infinité de nombres premiers p tels que p ≡ 1 (mod n).
Solution de l’exercice 4 Par l’absurde, supposons qu’il n’en existe qu’un nombre fini.
Notons T le produit de ces nombres, multiplié également par tous les diviseurs premiers
de n. Comme T > 1, il existe un entier k ≥ 1 tel que Φn(T k ) > 1. Soit alors p un diviseur
premier de Φn(T k ). D’après une propriété du cours , ou bien p ≡ 1 (mod n), ou bien p
divise n. Or p | Φn(T k ) | Tnk − 1, donc p est premier avec T. Donc p est premier avec n, ce
qui implique p ≡ 1 (mod n) et est absurde.
propriété du cours, on a q = p ou q ≡ 1 (mod p). Le premier cas étant exclu car q divise
( p−1)
Comme tous les éléments non nuls sont d’ordre additif 2 alors les
combinaison linéaires de 0, 1, x et 1 + x n’apportent pas d’éléments
supplémentaires.
Il existe donc un 5ème élément y distinct.
Par stabilité additive, F6 contient 1 + y et on montre que 1 + y est distinct des autres
éléments :
— 1 + y /= 0 sinon 1 + y = 0 ⇒ 1 + 1 + y = 1 ⇒ 0 + y = 1 ⇒ y = 1 (impossible).
— 1 + y /= 1 sinon 1 + y = 1 ⇒ y = 0 (impossible).
— 1 + y /= x sinon 1 + y = x ⇒ y = 1 + x (impossible).
— 1 + y /= y sinon 1 + y = y ⇒ 1 = 0 (impossible).
donc F6 = {0, 1, 2, x, 1 + x, 2 + x }.
Mais par stabilité additive, F6 contient 2x. Or, on a :
— 2x /= 0 sinon x + x = 0 ce qui contredirait la minimalité de l’ordre additif de x
égale à 3.
— 2x /= 2 sinon 2x = 2 ⇒ 2(x—1) = 0 ⇒ x— 1 = 0 par intégrité de K ⇒ x = 1
(impossible).
— 2x /= x sinon 2x = x ⇒ x = 0 (impossible).
— 2x /= 1 sinon 2x = 1 ⇒ 3x = x + 1 ⇒ 0 = x + 1 ⇒ 2 = x + 1 + 2 ⇒ x = 2
(impossible).
— 2x /= x + 1 sinon 2x = x + 1 ⇒ x = 1 (impossible).
— 2x /= x + 2 sinon 2x = x + 2 ⇒ x = 2 (impossible).
EXERCICE 10: