Déterminants de l'Investissement Privé en RDC
Déterminants de l'Investissement Privé en RDC
PROFESSEUR MANGONGO
0. INTRODUCTION
0.1 PROBLÈMATIQUE
Dans le contexte de la RDC en particulier, selon les données de la banque mondiale
et la banque Africaine de développement, malgré toutes ses immenses ressources humaines et
naturelles, la RDC est classée comme l’une des Cinq nations les plus pauvres du monde en 2021 et
soumise à une instabilité politique durant plusieurs années. D’où près de 64% de la population vit
avec moins de 2.15 dollars par personne et par jour ([Link]).
Et partant des certaines enquêtes le plus récentes accessibles au public et utilisées
pour estimer l’indice de pauvreté monétaire (IPM) de la RD Congo des années 2017 et 2018, 64.5
% de la population (soit 54,239 milliers de personnes) croupissent en situation de pauvreté
multidimensionnelle ; d’autres sont en situation catastrophique ( c’est-à-dire vulnérables à la
pauvreté multidimensionnelle), soit 17.4 % alors qu’il y a des politiques qui peuvent faire sortir la
RDC de cette impasse situation telle que la politique visant à favoriser les investissements privés.
Cependant, à l’exception de l’année 1961, le taux d’investissement privé a évolué en
dessous de 10% pendant plusieurs années en RD Congo atteignant jusqu’à 4% en 2009 et une
valeur maximale de 9,8% en 2021 ; ce qui parait faible par rapport aux opportunités
d’investissement que le pays regorge et à la moyenne africaine qui s’élève à 13% (NTUMWA,
2007)1.
En effet, l’accélération de la croissance et la réduction de la pauvreté ne peut se
faire sans une plus grande participation des populations (ménages et entreprises) en mettant en
place des conditions favorables pour les investissements productifs comme démontré par une
étude de l’OCDE sur le développement (2005), et les auteurs de la croissance endogène dont
Romer (1986 et 1990), Lucas (1988) Barro (1990) et Baldwin (1989). Et comme le montre aussi le
travail pionnier de Khan et Reinhart (1990), les investissements privés entretiennent des effets
stimulateurs sur la croissance économique.
Une croissance rapide et durable est favorisée par une conjoncture propice aux
investissements privés et publiques (J Hubert, 2015). Et ce sont ses effets d’entraînement qui
génèrent la réduction du chômage, l’apparition des nouvelles technologies, etc. Ainsi, la mise en
exergue des déterminants des investissements privés est cruciale pour permettre une croissance
économique capable d’atteindre des ODD d’ici 2030. Vu son rôle comme l’un des moteurs de la
croissance et sa capacité de faire baisser la pauvreté, c’est pourquoi les politiques économiques
favorisant une mobilisation de l’investissement privé serait donc appelée à gagner de l’importance
en RDC.
C’est ainsi que nous nous proposons d’identifier les principaux déterminants de
l’investissement privé en RDC, afin de mieux comprendre les facteurs qui expliquent son
1
NTUMWA B. Les facteurs déterminants de l’investissement privé : cas de la RDC 2007 p.9
2
insuffisance, et voir les politiques économiques capables de l’accroître dans le cadre de ce travail.
Plus précisément, nous cherchons à répondre aux questions suivantes :
Quel sont les principaux facteurs déterminant l’investissement privé en RDC ?
Quelle est l’influence que chacun de ces facteurs exercent sur l’investissement privé ?
0.2 OBJECTIFS DU TRAVAIL
0. 2. 1. Objectif général
Ce travail a pour objectif principal d’identifier les principaux facteurs déterminants
de l’investissement privé afin de proposer les politiques économiques à mettre en place en RDC
pour atteindre le niveau d’investissement privé le plus élevé possible.
0. 3. 2. Objectifs spécifiques
Les objectifs de notre étude sont les suivants :
Identifier les principaux facteurs déterminants de l’investissement privé en RDC
L’influence que chacun de ces facteurs exercent sur l’investissement privé
0.4. HYPOTHÈSES DE RECHERCHE
Les hypothèses à Identifier les principaux facteurs déterminants puis tester
l'influence de différents facteurs sur l'investissement privé sont les suivantes :
H1 : Les principaux facteurs de l’investissement privé en RDC sont l'investissement public,
taux de croissance du PIB, la stabilité politique, le taux d’épargne, taux d'intérêt débiteur, les
investissements directs étrangers, l’inflation ainsi que la pression fiscale.
H2 : Le taux de croissance du PIB, la stabilité politique et l’épargne interne et les
investissements directs étrangers, ont une influence positive ; Et l'investissement public qui
exerce un effet intermédiaire ; tandis que le taux d'intérêt débiteur, l'inflation ainsi que la
pression fiscale influencent négativement le comportement de l’investissement privé.
3
d’une part à cause du comportement irrationnel des ressources par les autorités politiques constaté
surtout pendant la période des élections, d’autre part à cause de l’absence de volonté de la part des
différents créanciers, y compris les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale).
Malgré cette performance économique enregistrée pendant ces quelques années, la
stabilité macroéconomique en RDC demeure encore très fragile et dépendante des conditions
politiques nationales et de conditions des prix des miséreux sur le marché mondial.
1.1.6 La septième phase de 2006 à 2016 : l’amélioration des taux de croissance économique
Pour cette période, la situation économique de la R.D.C est caractérisée par
l’orthodoxie de la politique économique et des performances imputables aux effets des réformes
l’amélioration des taux de croissance économique, engagées qui ont permis d’importants
investissements l’amélioration des taux de croissance économique.
Ce qui a fait de cette période un tournant décisif pour l’économie congolaise, avec
l’amélioration des taux de croissance économique jusqu’ à atteignant un pic de 9,5% en 2014, avec
une baisse sensible des volatilités des prix intérieurs et une relative amélioration de
l’environnement des affaires dans le pays.
Ladite croissance s’est ralentie à près de 2,5% du PIB en 2016, suite à la baisse
sensible des cours des matières premières au niveau international occasionnant ainsi la réduction
des revenus des entreprises minières dans le pays.
1.1.7 La huitième phase de 2017 à 2021 : faible croissance et la fragilité suite à la covid19
Cette période a été marquée par une faible croissance jusqu’à la crise mondiale
créée par pandémie de la COVID19 en 2020. Spécialement vers 2017 et 2019, ce taux de
croissance est passé respectivement à 3,7% ; 5,8% et 4,6% occasionné par l’augmentation sur le
marché international des cours de certaines matières dont le cobalt.
Pendant la même période, l’inflation a été maintenue suite à une politique
monétaire voire budgétaire orthodoxe par une stabilité. En effet, en l’absence des chocs
occasionnée par l’environnement extérieur, le cadre macroéconomique a demeuré stable. Le
marché de change était également caractérisé par une stabilité structurelle.
Il est important de souligner, que c’est à la suite de l’avènement de la crise sanitaire
mondiale causée par la pandémie de Covid-19, que l’économie congolaise est affectée à l’instar
d’autres pays de la planète et certaines mesures conjoncturelles ont été prises progressivement pour
juguler les méfaits de ladite crise et permettre aux entreprises de se maintenir dans une situation
d’équilibre et de maximisation des profits pour une croissance stable2.
En 2020, la conjoncture économique a été marquée par le ralentissement de la
croissance économique, expliqué principalement par les effets néfastes de la propagation de la
2
Anapi 2022
7
Total
20
10
0 Total
19901992 1994199619982000 2002200420062008201020122014201620182020
-10
-20
l’économie, c’est ainsi que nous analysons le taux de croissance économique, les investissements le
taux d’inflation et les investissements domestiques total.
Fig.1. Evolution du taux de croissance du PIB
A la lumière du graphique représenté par la Fig.1 ci-dessous, il y a lieu de relever ce
qui suit : les années 1990 et 2000, le taux de croissance était négatif sauf en 1994 ; C’est vers ls
années 2002 jusqu’à la suite des années que reprendra le chemin de la positivité.
TINF
25000
20000
15000
10000
5000
taux de croissance s’est situé à -5.4 % en 1997, -4.3 % en 1999 et -6.9 % en 2000.
Fig.2. Evolution du taux d’inflation en RD Congo (1990-2021)
30
20
10
le sens de la baisse. Ainsi, à partir de 1994 jusqu’en 2021 la part des investissements ont évolué de
façon croissante et accusent les points culminants en 1996, 2010 et 2016 dont les parts sont
respectivement de 27,1 %, 28, 72% et 36,76 %. Toutefois, comme le démontre la Fig.3 ci-dessous,
la tendance générale reste positive.
Fig.3. Evolution des investissements domestiques
(PME), microfirme et artisanat. L’autre variable de distinction réside dans le fait que certaines
entreprises agissent dans l’informel et les autres dans le formel, en se fondant sur le caractère
permanent de la comptabilité et sur l’exercice légal des leurs activités.
Les entreprises composant le secteur privé en RDC peuvent être classées selon
leurs secteurs d’activités (Services, Industrie, Agriculture et Exploitation forestière et
Infrastructures), leurs sous-secteurs (branches) ainsi que selon l’origine de leurs capitaux
(investissements directs étrangers et investissements nationaux (ANAPI/2022).
Les opérations de la grande entreprise en RDC se concentrent essentiellement
dans les secteurs minier, pétrolier, forestier, agroindustriel ou agro-alimentaire, des matériaux de
construction, de la métallurgie et des services. Celles de PME se concentrent dans les secteurs du
commerce, des transports, de l’agriculture, de la manufacture, de la construction et de la
communication.
En RDC, il a été constaté que la forte présence de l’Etat dans les grandes
entreprises constitue un handicap à l’initiative privée. En effet, le secteur des entreprises est très
étendu, commençant par administration publique quasi autonomes jusqu’aux sociétés d’économie
mixte dans lesquelles l’Etat est associé à des privés mais ne détient qu’une partie d’action. A la fin
de 1997, le secteur comptait environs 122 entités (PNUD/RDC, 2000). Le tableau ci-après reprend
la composition du secteur des entreprises publiques et mixtes.
Agriculture 2 5 … 8 15
Mines - 4 2 3 9
Energie - 3 - 12 15
Eau - 1 - 1
Industrie - 2 2 16 20
Transports - 13 - 3 16
et
communication
Banques 3 5 2 2 12
et
assurances
Autres services 2 4 4 10 20
Autres 4 6 - 4 14
Total 11 43 10 58 122
Source : PNUD/RDC (2000)
11
2017 36 21 0 0
2018 64 26 3 2
2019 35 26 1 1
2020 30 25 0 4
2021 27 32 2 3
TOTAL 192 130 6 10
Source : Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (2022)
Partant de ce tableau, nous voyons combiens le secteur de services primes sur les
autres secteurs dans l’investissement privé en RDC. Ainsi, une représentation graphique nous
permettrait de bien visualiser le comportement des différents projets selon les secteurs d’activité.
Figure 2.4. Evolution du nombre de projets agréés par secteur d’activité
à créer et coûts d’investissement, qui sont enregistrés dans le cadre des agréments au Régime
Général du Code des Investissements accordés au travers de l’ANAPI.
100
96
50 64
57 62 59
0
2017 2018 2019 2020 2021
3,87 3,98
2,5 2,67
1,28
entre les EtatsUnis et la Chine, les craintes d’un BREXIT sans accord, lesquelles ont freiné
l’activité à l’échelle mondiale. En 2020, il s’est observé un effondrement de l’économie mondiale,
causé par la crise sanitaire mondiale dont les effets néfastes ont causé la persistance des
incertitudes pour l’année 2021, à la suite des nouvelles vagues de la Covid-19.
Cette tendance néfaste n’a pas laissé le volume des investissements des projets
agréés au Code des Investissements inchangé, ce pour cela qu’il est passé de 3,87 milliards USD en
2017 à 3,98 milliards USD en 2018. Cependant, en 2019, l’activité économique a connu aussi un
frein de sa croissance jusqu’à 4,4%, expliqué par la détérioration de l’environnement économique
et politique (élections, arrêt de la production de certaines entreprises œuvrant dans le secteur
minier, etc.). Au niveau du Code des Investissements, cette situation s’est ressentie par la
diminution rapide du volume des investissements de 1,28 milliards USD en 2019 par rapport à
3,98 milliards USD enregistrés en 2018.
D. Obstacles au développement du secteur privé
De façon générale, le secteur privé souffre du manque d’infrastructures, de
l’insécurité juridique, et économique, de l’inefficacité du secteur public, de la corruption de
l’administration, de l’endettement de l’État, des coûts élevés de l’énergie et de la concurrence
souvent déloyale des importations frauduleuses3.
Le problème des infrastructures, notamment dans le domaine des transports, est
d’une importance capitale en RDC, car il conditionne les possibilités du retour à une situation
normale. Le réseau routier congolais est de 57 700 km mais une partie seulement est asphaltée, et
même une grande partie asphaltée se trouve en état de délabrement par manque d’entretien par
l’Etat congolais. De plus, avant même le début de la guerre, le trafic fluvial sur le Congo et ses
affluents était presque inexistant à cause du risque de rançonnement des voyageurs et des
marchandises. Les installations portuaires ne sont presque pas suffisantes et les installations en
eaux profondes sont quasi inexistantes en RDC.
Sur le plan juridique, le cadre qui organise le système congolais est fondé sur l'idéal
de la promotion, du développement et de l'expansion des entreprises locales, qui sont identifiées
comme moteur de la croissance économique du pays. Cependant, l'organisation de ce système
incitatif repose sur des structures mal définies et pas bien coordonnées.
En effet, des mesures incitatives à l'investissement privé ont été initiées mais
parfois mis en pratique de façon disparate dans des ministères et organismes pris isolément, c'est-à-
dire, sans coordination efficace, puisque le texte réglementaire ne prévoit pas clairement des
mécanismes de concertation et une bonne attente préalable entre différents secteurs.
3
BAHATI NTUMWA/ les facteurs déterminants de l’investissement privé : cas de la république démocratique du
Congo/ Mai 2007 p.21
17
principaux secteurs visés et concernés par ces réformes sont les suivants : le secteur d’industries
extractives, celui de transports, de l’énergie, de la télécommunication ainsi que le système financier.
Des programmes de Partenariat Public-Privé sont en train d’être mis en œuvre, car le conditions
politiques et sociales actuelles n’étaient pas vraiment propice même à la privatisation des
entreprises publiques.
Enfin, malgré certains progrès ont été réalisés, notamment par le biais du « Guichet
unique » qui est un programme national dont l’objectif est de consolider les documents nécessaires
pour faire des affaires et réduire les coûts de procédures et sa lourdeur en plein mis en place de
manière plus efficace. Ce pour cela que la RDC, est également devenue le 17e pays à adhérer au
traité OHADA en 2012, un système d’harmonisation des lois des affaires adoptées par 17 pays
africains francophones. Ces deux cadres sont considérés comme une base solide pour la réforme
de l’environnement professionnel actuellement en RDC4.
Malgré tous ces programmes de réforme, les résultats des enquêtes notamment
celle de la Banque mondiale (2020) sur le climat de l’investissement en RDC prouvent qu’il y a eu
moins de changements, mais les obstacles sont encore présents.
La conclusion partielle
Le chapitre a porté sur l’historique de la situation économique et sociale sans
oublier l’état de lieu de la RD Congo de 1965 à 2021 d’une part et sur l’analyse graphique
d’évolution des indicateurs macroéconomiques, d’autre part.
Il ressort dans cette situation que de 1965 à 1990, la RDC a vécu sous le régime
autocratique avec parti unique, où le pouvoir était centralisé dans les mains du Président de la
République. Bien qu’en 1990 soit déclenché le processus de démocratisation avec l’autorisation du
multipartisme, mais l’organisation des élections et la décentralisation n’était pas mise en œuvre. La
fin de ce rédime sera marqué par le coup d’Etat de M’zee Laurent-Désiré Kabila en 1997.
Cette grande instabilité que le pays traverse va essayer de s’améliorer après l’entrer
au pouvoir par Joseph Kabila en 2001 l’on, où on a assisté relativement à des avancées en termes
de liberté des partis politiques, organisation d’élections, il y avait toujours des manifestations et
violations massives de droits sans oublier la fragilité de l’économie du pays, etc.
Quant à la situation économique, le taux de croissance du PIB réel par habitant est
resté négatif durant toute la décennie 1990 et qui essaie de prendre la positivité à partir de 2002
jusqu’à ce jour bien que sa croissance ne soit pas importante. Quant à la croissance économique
congolaise reprend après une forte dépression de la décennie 1990, c’est vers les années 2001
jusqu’à la suite des années que reprendra le chemin de la positivité jusqu’à ces jours bien que cela
n’améliore pas la situation sociale de la population.
4
Oxford Policy Management I Résumé d’apprentissage I 2018
19
Ensuite nous avons analysé l’évolution du taux d’inflation, celle-ci nous permet de
voir comment la décennie 1990, a été marquée par le taux le plus élevé où à partir de 1991, le taux
d’inflation s’est situé au-delà de 3 chiffres et a atteint le record de 9796.9 % en 1994 avant de
reprendre sa tendance initiale.
Nous avons également analysé l’évolution des investissements domestiques (public
et privé), où il ressort que la part des investissements domestiques dans le PIB évolue en fluctuant
dans le sens de la hausse bien que très faible. Cependant à partir de 1994 jusqu’en 2021. Nous
avons étalé cette variable tout en se réfèrent des différents projets, et les perspectives de soutien à
l’investissement privé en RDC. Ainsi, nous passons au troisième et dernier chapitre, qui nous
présentera, les estimations de nos variables de la vérification de nos hypothèses.
Section 2 : VERIFICATION EMPIRIQUE DE PRINCIPAUX
DETERMINANTS DE L’INVESTISSEMENT PRIVE EN RD CONGO
Il s’agit, dans ce chapitre, de spécifier un modèle économétrique qui fera l’objet de
nos analyses, de décrire la source des données ainsi que leurs caractéristiques, et enfin, d’estimer et
interpréter les résultats. Puis Avant la conclusion du travail, nous proposerons quelques
recommandations et des critiques sur les politiques mises en place en vue de relancer le secteur de
l’investissement privé en RDC dans ce dernier chapitre de notre travail.
2.1 SPECIFICATION DU MODELE
Dans cette première section, nous commencerons par spécifier le modèle d’analyse
du comportement de l’investissement privé qui sera adapté aux composantes Keynésiennes,
néoclassiques, ainsi que celles de l’incertitude, et des spécificités de l’économie congolaise. Ainsi,
nous nous basons sur les modèles conçus pour les PVD et PMA, par Blejer et Kahn (1984), Serven
& Solimano (1992), Zeufack (2004) ainsi que d’autres auteurs que nous avons cité dans la revue de
la littérature tout en tenant compte des réalités socioéconomiques propres au pays. C’est pourquoi,
notre fonction d’investissement privé peut être présenté de la manière suivante :
𝐼𝑁𝑉𝑃𝑅𝑡 = (𝑇𝑋𝑃𝐼𝐵𝑅𝐻𝑡, 𝐼𝑁𝑉𝑃𝑈𝐵𝑡, 𝐼𝑆𝑃𝑉𝐼𝑂𝐿𝑡, 𝑇𝑋𝑆𝑡, 𝑇𝐼𝑅𝑡, 𝑇𝑋𝐼𝑁𝐹𝑡 𝐼𝐷𝐸𝑡)………(eq 3.11)
Avec 𝑇𝑋𝑃𝐼𝐵𝑅𝐻𝑡 : Taux de croissance du PIB réel par habitant à la période t
Ce modèle exprime l’investissement privé est fonction du taux de croissance du PIB réel par
habitant (𝑇𝑋𝑃𝐼𝐵𝑅𝐻𝑡), de l’investissement public ( 𝐼𝑁𝑉𝑃𝑈𝐵𝑡), de la stabilité politique et violence
(𝐼𝑆𝑃𝑉𝐼𝑂𝐿𝑡), du taux d’épargne (𝑇𝑋𝑆𝑡), du Taux d’intérêt réel (𝑇𝐼𝑅𝑡), du taux d’inflation (𝑇𝑋𝐼𝑁𝐹𝑡)
et des apports nets des capitaux étrangers sous forme d’investissement direct ( 𝐼𝐷𝐸𝑡).
La forme linéaire du modèle général est la suivante :
𝐼𝑁𝑉𝑃𝑅𝑡= a0+ a1 𝑇𝑋𝑃𝐼𝐵𝑅𝐻𝑡 + a2 𝐼𝑁𝑉𝑃𝑈𝐵𝑡 + a3 𝐼𝑆𝑃𝑉𝐼𝑂𝐿𝑡+ a4 𝑇𝑋𝑆𝑡 + a5 𝑇𝐼𝑅𝑡 + a6 𝑇𝑋𝐼𝑁𝐹t
+ a7 𝐼𝐷𝐸𝑡 + εt …………………………………………………………….. (éq.3.12)
l’investissement public peut soit conduire aux effets d’entraînement ou soit aux effets
d’éviction selon le secteur d’affectation des ressources et sources de moyens de
financement.
3º Indice de la stabilité politique (𝐼𝑆𝑃𝑉𝐼𝑂𝐿𝑡) : l’indice de stabilité politique variant
entre 1 et 2,5 selon les certaines études empiriques (TUTONDA 2020) pour la saisi de la
variable quantitative. Rappelons que nous partons de la définition de l’instabilité politique
pour définir la stabilité politique. Ainsi, dans le cadre de ce travail, la stabilité politique
est perçue comme l’absence totale ou partielle de manifestations des
caractéristiques de l’instabilité politique notamment les guerres civiles, les
émeutes, les pillages et guérillas, les protestations, les coups d’Etat, les
remaniements, etc5. Et cfr annexe 2.
4º Epargne Brut en pourcentage du PIB : L’épargne intérieure brute est égale à la
différence entre le PIB et la consommation finale. La consommation finale recouvre les
dépenses de consommation des ménages et des administrations publiques. L’épargne
nationale brute est la somme de l’épargne intérieure brute, du revenu net et des transferts
courants nets provenant de l’extérieur (Le Groupe de la Banque Mondiale, 2021). Dans
une économie fermée, l'épargne nationale est obligatoirement égale à l'investissement.
5º. Le Taux d’Intérêt Réel (TIR) : Le taux d’intérêt réel est le taux d’intérêt nominal
corrigé des effets de l’inflation. Il est considéré comme la mesure réelle du coût de
l’emprunt. La décision d’investissement dépend donc de ce taux d’intérêt réel et non du
taux d’intérêt nominal (Mankiw, 2003). Les modèles d’investissement théoriques et les
travaux empiriques indiquent la décroissance de la fonction de l’investissement privé par
rapport au taux d’intérêt réel, Nous pouvons retenir les travaux de Sundararajan et Thakur
(1980), TunWai et Wong (1982) et Blejer et Khan (1984) leurs études avaient abouti aux
conclusions telles que le taux d’intérêt réel (comme le coût du capital) est lié
négativement à l’investissement privé.
7° Taux d’inflation (TINF) comme tous les biens et services consommés par les
ménages durant l’année considérée sont représentés par un « panier ». Chaque bien ou
service figurant dans ce panier a un prix, qui peut varier dans le temps. C’est pourquoi, le
taux d’inflation annuel est obtenu en comparant le prix total du panier au cours d’un mois
donné à celui relevé pour le même mois de l’année précédente. Du point de vu empirique,
en Inde dans une étude réalisée par Patnaik et Joshi (1998), ces deux auteurs avaient trouvé
qu’une augmentation du taux d'inflation avait un impact négatif sur l'investissement
privé.
PIB
ISPVIOL L’auteur Indice de la stabilité politique
globale et violence
TIR Banque mondiale (World Taux d’intérêt réel
development Indicators)
TINF Banque mondiale (World Taux d’inflation
development Indicators)
TXS Banque mondiale (World La Formation brute de capital
development Indicators) par le secteur public en % du
PIB
IDE Banque mondiale (World La quantité d’investissements
development Indicators) directs étrangers en % du PIB
Source : l’auteur
Nos données proviennent de la base des données de la banque mondiale (World
development Indicators), et de l’Agence Nationale pour la promotion des investissements
(ANAPI).
La variable indice de la stabilité politique (ISPVIOL) variant entre 1 et 2,5 selon
l’approche de l’instabilité violente (menasse). S’est fabriqué de la manière que le chiffre 1
représente une instabilité très faible ; 1,5 représentant une période d’une Faible instabilité ; 1,75 la
situation moyenne, le chiffre 2 la situation d’une forte instabilité et 2,5 comme très forte instabilité.
Par ailleurs, rappelons que nous partons de la définition de l’instabilité politique
pour définir la stabilité politique. Ainsi, dans le cadre de ce travail, la stabilité politique est perçue
comme l’absence totale ou partielle de manifestations des caractéristiques de l’instabilité politique
notamment les guerres civiles, les émeutes, les pillages et guérillas, les protestations, les coups
d’Etat, les remaniements, etc. tout en nous référant au mémoire de monsieur TONDA (2020)
Pour la mesure des variables, nous avons préféré les rapports en pourcentage
(indice ou ratios) afin d’éviter de plusieurs difficultés dont celles liées à la linéarisation de données
et de changement de monnaie dans la structure économique du pays (TONDA 2020). En effet, par
exemple, la RDC a connu plusieurs changements de monnaies depuis son indépendance jusqu’à
présent. Entre 1980 et 2004, la monnaie a été : le Zaïre (appelé aussi « ancien Zaïre »), 1980-1993 ;
le Nouveau Zaïre, de 1993 à 1998 ; le Franc Congolais, à partir de 1998 jusqu’à présent.
Ainsi, nous passons à la section suivante qui nous donnera les informations
importantes sur la description de nos données.
2.5 ANALYSE ECONOMETRIQUE
2. 5.1 Analyse descriptive des variables de l’étude
a) Caractéristiques descriptives des variables
D’une manière générale, selon la probabilité associée à la statistique de Jarque-Bera,
toutes les variables présentent une distribution normale au seuil de 5%, exception faite pour la
variable TXINF et IDE dont les probabilités de la statistique Jarque-Bera est inférieure à 0,05
(soit respectivement 0,0000 et 0.002139).
24
Observations 33 33 33 33 33 33 33 33
• Le taux d’investissement privé (INVPR) en pourcentage du PIB est en moyenne de %12.64, il est autour de sa moyenne de la période,
il a évolué positivement pendant la période d’étude. Tandis que le taux d’investissement public (INVPUB) en pourcentage du PIB est
en moyenne de % 2.53. La valeur minimal et maximal de l’investissement privé est respectivement de % 1,38 en 1993 à cause de
pillages et % 2.65 en 1996 ; alors que pendant cette période avec les écart-type de %7,48 ; pour l’investissement public sa valeur
minimale est de %0,1 atteint en 2001 alors que le pays connaissait des vrais instabilités politiques et la valeur maximale de % 6,73
alors en 1997 pendant la relance pour sortir le pays de la crise qui caractérisait la période. Mais la moyenne est restée si bas.
26
• Le taux de croissance du PIB réel par habitant (TXPIBRH) avait atteint sa valeur minimal -
16,19 en 1993 pendant les pillages et son niveau maximale de 5,76 en 2014 période d’une
croissance économique significative et d’une amélioration du cadre macroéconomique dans
l’ensemble ; mais sa moyenne est restée négative d’une valeur de -1.433424 % et un écart-
type de 5.8950 pendant la période d’étude, et sa distribution est asymétrique à gauche et
leptocurtique.
• Pour l’indice de stabilité politique, le niveau de stabilité de minimale est de 1a pendant
plusieurs années et le niveau de stabilité le plus élevé de 2, et une la moyenne de la période
revient à 1,40909 et d’un écart-type de 0.4499.
• Pour l’épargne en pourcentage du Pib, présente aussi un minimum de -0,999 et d’un
maximum de 27,81 ; sachant que la moyenne tombe à 11.8598 et avec un écart-type situé à
6.94 pendant la période de notre étude.
• Mais de façon globale, l’on note que les variables sous-étude sont normalement distribuées
(Prob. Jarque-Bera > 5%), sauf pour le taux d’inflation et le les investissements directs
étrangers en pourcentage du PIB. Dans ce cas, une modélisation hétéroscédastique serait
privilégiée en présence d’effets ARCH.
27
Colon
ne1 INVPR INVPUB ISPVIOL TIR TXINF TXPIBRH TXS IDE
- 0.6153455
0.0940528 0.3875301 0.5455655 0.2101573 43372769 0.7696352 0.3647983
INVPR 1 5232246 358771069 624249435 792622645 6 230618538 847133615
- 0.2580514
INVPU 0.0940528 0.2198108 0.3102849 0.2142805 06263737 0.1003248 0.2459752
B 5232246 1 079057518 752788125 726335033 3 688064849 673904741
0.3875301 0.2198108 0.0345311 0.1622517 0.0857384
ISPVIO 35877106 07905751 301409827 0.2388897 67123786 0.4313082 837147082
L 9 8 1 1 975072901 7 922361521 1
0.5455655 0.3102849 0.0345311 - 0.8586002
62424943 75278812 301409827 0.5208278 19963241 0.1988360 0.5862158
TIR 5 5 1 1 926311616 3 939472218 640635865
- - - -
0.2101573 0.2142805 - 0.3488391 0.0697532 -
79262264 72633503 0.2388897 0.5208278 54020146 022901223 0.2150983
TXINF 5 3 975072901 926311616 1 1 4 405228456
0.6153455 0.2580514 -
TXPIB 43372769 06263737 0.1622517 0.8586002 0.3488391 0.2770046 0.6164840
RH 6 3 671237867 199632413 540201461 1 705201323 815202667
-
0.7696352 0.1003248 0.0697532 0.2770046
23061853 68806484 0.4313082 0.1988360 022901223 70520132 0.1994568
TXS 8 9 922361521 939472218 4 3 1 349915298
0.3647983 0.2459752 0.0857384 - 0.6164840
84713361 67390474 837147082 0.5862158 0.2150983 81520266 0.1994568
IDE 5 1 1 640635865 405228456 7 349915298 1
taux d’intérêt et le taux des investissements directs étrangers en pourcentage du PIB, mais
négativement corrélée avec le taux d’inflation. Le taux d’inflation quant à elle est corrélé
négativement avec le taux des investissements directs étrangers en pourcentage du PIB et le taux
d’épargne bien que faible. Ces résultats indiquant une forte corrélation entre certaines variables
présagent une certaine multi colinéarité qu’il faut tenir compte au moment de l’estimation.
2.6 ETUDE DE LA STATIONNARITÉ DES VARIABLES UTILISÉES
L’analyse de la stationnarité est un préalable dans l’analyse des séries temporelles
pour éviter des régressions fallacieuses. Le test d’ADF proposé par Dickey Fuller pour évaluer
l’ordre d’intégration des séries temporelles a été utilisé pour l’étude de la stationnarité de nos séries.
Ci-dessous les résultats de test de la racine unitaire :
𝑦𝑡 𝑎𝑝𝑦𝑡−𝑝 + 𝑡
𝑃
𝑦𝑡 𝑡… … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … . . (3.12)
𝑖
• Des valeurs présentes des variables indépendantes (Xt) et leurs valeurs décalées dans le
temps (Xt-i). Il s’agit ici des « modèles à retards échelonnés » (DL) qui ont la forme
𝑦𝑡 𝑏𝑞𝑥𝑡−𝑞 + 𝑧𝑡
𝑞
𝑦𝑡𝑏𝑗𝑥𝑡−𝑞 + zt … … … … … … … … … … … … … … … …. (3.14)
𝐽
• Ses propres valeurs décalées, des valeurs présentes des variables indépendantes (Xt) et
leurs valeurs décalées dans le temps (Xt-i). Ces types des modèles combinent les
caractéristiques de deux modèles précédents et sont appelés « modèles autorégressifs à
retards échelonnés ou distribués », en anglais « ARDL model ». Ci-dessous leurs formes :
𝑦𝑡 𝑎𝑝𝑦𝑡 bqXt − q + 𝑡
𝑝 𝑞
31
L’on notera que « 𝑏0 » traduit l’effet à court terme de Xt sur Yt. Cependant, l’effet à long
terme de Xt sur Yt (soit « Ɣ ») sera obtenu en partant de la relation de long terme suivant : 𝑡 = 𝑘
+ 𝛾𝑥𝑡 + 𝜇
Dans le cadre de notre étude, nous cherchons à saisir la significativité et les effets
des variables taux de croissance du PIB réel par habitant, les investissements publics en
pourcentage du PIB, la stabilité politique, le taux d’intérêt réel, le taux d’épargne qui sont des
variables d’intérêt sur l’investissement privé qui représente la variable dépendante, tenant compte
d’autres variables de contrôle indispensables dont l’influence améliore les résultats (ces variables
sont couramment utilisées dans bien d’études sur les déterminants de l’investissement privé), à
savoir: les investissements directs étrangers en pourcentage du PIB intérieur et le taux d’inflation
qui explique aussi très souvent le comportement de l’investissement privé dans les analyses
empiriques.
Nous allons estimer un modèle dont les données de chaque variable sont exprimées
en pourcentage qui exprime linéarisation de ce modèle de façon automatique, qui va nous
permettre de saisi la significativité et les effets directs de chacune de variables sur l’investissement
privé en RDC.
b. La Spécification du modèle :
Effets d’interaction entre taux de croissance du PIB réel par habitant, les
investissements publics en pourcentage du PIB, la stabilité politique, le taux d’intérêt réel, le taux
d’épargne, la pression fiscale, les investissements directs étrangers en pourcentage du PIB intérieur
et le taux d’inflation sur l’investissement privé.
Dans le cadre de ce modèle, théoriquement nous allons estimer la fonction
suivante :
INVPR = F (INVPUB, TXPIBRH, ISPVIOL, TXS, TIR, IDE, TXINF) … … …. (1.20) (1.20
Si l’on se propose également de saisir les effets de court terme et ceux de long terme des variables
explicatives ci-dessus sur l’investissement privé, la représentation ARDL de la fonction (4) sera
𝑃 𝑞 𝑞
32
Comme pour tout modèle dynamique, nous nous servirons des critères d’information
(AkaikeAIC, Shwarz-SIC et Hannan-Quin) pour déterminer les décalages optimaux (p,q) du
modèle ARDL, par parcimonie.6
6Il s’agit d’une technique consistant à retenir le modèle significatif (faible AIC, SC) qui a le moins de paramètres
possible.
33
• Nous allons d’abord générer une nouvelle variable qui vient de la combinaison de la variable
TIR et TXPIBRH, pour donner TIPIBRH ;
• Puis, il faut déterminer le décalage optimal (AIC, SC) ;
• Implémenter le test de ficher pour vérifier les hypothèses suivantes :
La procédure du test est telle que l’on devra comparer les valeurs de Fisher
obtenues aux valeurs critiques (bornes) simulées pour plusieurs cas et différents seuils par Pesaran
et al. L’on notera des valeurs critiques que la borne supérieure (2ème ensemble) reprend les valeurs
pour lesquelles les variables sont intégrées d’ordre 1 I (1) et la borne inférieure (1er ensemble)
concernent les variables I (0).
Si Ficher ˃ borne supérieure : Cointégration existe
Si Ficher ˂ borne inférieure : Cointégration n’existe pas
Si borne inférieure ˂ Ficher ˂ borne supérieure : Pas de conclusion.
Grâce à la procédure de Pesaran et al. (2001), un modèle à correction d’erreur (MCE) peut aider
à confirmer l’existence ou non de la cointégration entre variables. Ce modèle aura la forme
suivante dans le cadre de notre étude :
𝑃 𝑞 𝑞
𝑖 𝑖 𝑖
7
Baron et Kenny, 1986, p. 1174, traduction libre
35
-2
-4
-6
ARDL(2, 4, 4, 4, 4, 4)
ARDL(2, 4, 3, 4, 4, 4)
ARDL(1, 4, 4, 4, 4, 4)
ARDL(1, 4, 3, 4, 4, 4)
ARDL(2, 4, 2, 4, 4, 4)
ARDL(1, 4, 3, 4, 3, 4)
ARDL(1, 4, 4, 4, 3, 4)
ARDL(2, 4, 3, 4, 3, 4)
ARDL(2, 4, 4, 4, 3, 4)
ARDL(2, 4, 4, 4, 2, 4)
ARDL(1, 4, 4, 4, 2, 4)
ARDL(2, 4, 3, 4, 2, 4)
ARDL(1, 4, 3, 4, 2, 4)
ARDL(1, 4, 3, 4, 3, 3)
ARDL(1, 4, 3, 4, 2, 3)
ARDL(1, 4, 3, 4, 4, 3)
ARDL(1, 4, 4, 4, 3, 3)
ARDL(2, 4, 3, 4, 3, 3)
ARDL(2, 4, 3, 4, 2, 3)
ARDL(1, 4, 4, 4, 4, 3)
Comme on peut le voir, le modèle ARDL (2, 4, 4, 4, 4, 4) est le plus optimal parmi les 20 modèles
présentés, car il offre la plus petite valeur du SIC. Ci-dessous les résultats d’estimation du modèle
ARDL optimal retenu
Tableau N° : Résultats de l’estimation du modèle optimal
*Note: p-values and any subsequent tests do not account for model
selection.
8 Mean -8.51e-15
Median -0.000717
Maximum 0.011051
6 Minimum -0.007367
Std. Dev. 0.004059
Skewness 1.029467
4
Kurtosis 4.223160
2 Jarque-Bera 6.930192
Probability 0.031270
0
-0.005 0.000 0.005 0.010
Test Equation:
Dependent Variable: RESID^2
Method: Least Squares
Date: 10/16/24 Time: 16:51
Sample: 1994 2022
Included observations: 29
(2, 4, 4, 4, 4, 4) estimé est globalement bon et explique à 98% la dynamique de l’investissent priver
en RDC, de 1990 à 2022.
40
ARDL Cointegrating And Long Run Form Colonne1 Colonne2 Colonne3 Colonne4
Dependent Variable: INVPR
Selected Model: ARDL(2, 4, 4, 4, 4, 4)
Date: 10/16/24 Time: 17:07
Sample: 1990 2022
Included observations: 29
Cointegrating Form
décennies c’est-à-dire depuis 1990 à 2003. En outre, le taux moyen de croissance du PIB
réel par habitant a été de -1.433 dans nos donnees. Cette situation très critique montre à
quel point la dégradation du PIB par habitant a été un frein à l’accroissement du taux
d’investissement privé en RDC.
L’épargne en pourcentage du PIB, est le facteur explicatif de l’investissement privé en RDC
dans le court-terme. Son coefficient de 0,498287 indique que, toute chose égale par ailleurs,
une augmentation de 1% du taux d’épargne brute intérieure entraîne une augmentation du
taux d’investissement privé bien que moins proportionnel mais très significatif de 0,498%.
C’est résultat, rejoint ceux de nombreux travaux empiriques tant sur les pays développés
que sur les pays en développement. C’est le cas par exemple de B. Ntumwa (2004),
Feldstein et Horioka (1980) et Cadoret et al. (2004) sur les pays de l’OCDE, Mersch (2003)
sur le Luxembourg, McKinnon (1973) et Shaw (1973) sur des pays en développement. Ceci
s’explique par le fait qu’au moment où l’Etat a récupéré la grande part du crédit intérieur
(plus de 90% en 1990 selon le Rapport de la BAD, 2005)
Et où les capitaux en provenance de l’étranger étaient insuffisants, les entreprises ont
recouru à leurs propres épargnes et à une partie de l’épargne des ménages. Mais l’épargne
de ces deux agents étant faible (le taux moyen d’épargne brute intérieure de 1990-2021 est
de 11.85% (voir tableau 3.9)), le taux d’investissement privé est également resté faible.
c. Dynamique de long terme
Le tableau ci-dessus nous fournit les coefficients ou élasticités de long terme
estimées ; Comme à court terme, les effets des différentes variables sur l’investissement privé.
Comme nous pouvons le constater, les effets de l’investissement public restent négatifs et
significatifs à long terme c’est-à-dire toute variation de l’investissement public de 1% engendre
une baisse de l’investissement privé de 2,98% toute chose restante égale par ailleurs. Affirmant
l’effet d’éviction comme trouvé dans les travaux de B. Ntumwa (2004) et Serven et Solimano
(1992). En dehors de problème des infrastructures en RDC qui constitue un véritable obstacle
aux investissements privés, il faut souligner qu’à long-terme ce résultat est attribuable surtout à
la forte présence de l’Etat depuis les années soixantedix quand il a pris la décision de
nationaliser toutes les entreprises étrangères. Dès lors, l’Etat est devenu propriétaire de toutes
les grandes entreprises, dans tous les secteurs ; une situation qui a étouffé l’initiative privée. A
cela, nous pouvons ajouter les investissements publics non productifs (éléphants blancs de la
période de Mobutu), ainsi que l’insuffisance, les réalisations des travaux publics
d’infrastructures en RDC sont parfois accompagnées des actes de détournements de fonds et
44
autres formes de corruption. Ceci fait que les ouvrages réalisés sont toujours de qualité très
médiocre et ne durent jamais longtemps.
Pour les variables PIBRH et le TIR dont leur combinaison a donné IPIBR, les effets à long
terme sont négatifs tel qu’une variation simultanée de 1% de ces deux variables engendre une
diminution bien que moins proportionnel mais significatif de plus de -0,007763% de
l’investissement privé, ignorant la théorie de l’accélérateur. En effet, en RDC, on a assisté à
une récession depuis pratiquement la deuxième moitié des années soixante-dix. En
conséquence, le taux de croissance du PIB réel par habitant a été négatif mais une
amélioration ces dernières années qui a permis une croissance bien que faible.
Comme à court-terme et même plus que cela, la stabilité politique même à long terme a
toujours des effets favorables, plus que proportionnel et largement significatifs à
l’investissement privé en RDC : un accroissement de l’indice de stabilité de 1 point accélère
l’investissement privé de 8.13 % à LT toute chose restante égale par ailleurs. Comme le
résultat trouvé par Therit (2001) où la stabilité politique est l’une de variables qui font partie
des mesures d’encouragement à l’investissement privé même à long terme par la sureté de la
récupération du capital investi par les entrepreneurs et d’un environnement à risque réduit,
sans pillage, massacres, etc.
L’épargne intérieure en pourcentage du PIB présente aussi des effets positifs et significatifs à
long terme sur l’investissement privé. Son coefficient est se situe à un niveau tel qu’une
augmentation de l’épargne de 1% engendre une augmentation de 0,20 % comme à court
terme. Un tel résultat, rejoint ceux de nombreux travaux empiriques tant sur les pays
développés que sur les pays en développement. C’est le cas par exemple de Feldstein et
Horioka (1980) et Cadoret et al. (2004) sur les pays de l’OCDE, Mersch (2003) sur le
Luxembourg, McKinnon (1973) et Shaw (1973) sur des pays en développement. Ce qui est
justifié par la bancarisation des beaucoup d’opérations financières de l’Etat congolais, mais
nécessitant des suffisantes améliorations.
La conclusion partielle
Le présent chapitre a porté sur la vérification empirique de déterminants de
l’investissement privé en RD Congo, en considérant la période de 1990 à 2022. Partant d’un
modèle de variables susceptibles suite aux travaux empirique dans les PVD, nous avons estimé
modèle : ARDL par l’approche à correction d’erreur qui nous a conduit à vérifier une relation à
long terme des variables susceptibles d’être des déterminants de l’investissement en RDC.
45
Comme les IDE sont non significatives ; l’Etat doit aussi Créer un environnement
attrayant aux IDE et les orienter vers les secteurs qui a des effets d’entraînement sur
les entrepreneurs locaux qui peuvent embaucher les plus des gens possibles en leurs
assurant un accroissement du revenu ; qui conduira à stimuler la demande potentielle
qui est un facteur de l’investissement privé.
Partant du comportement du taux d’intérêt réel, l’état doit veiller à la stabilisation du
taux d’intérêt réel en le maintenant à un niveau favorable à l’investissement et à
l’épargne intérieur des agents intérieurs ;
Pour les autres variables, juste l’amélioration du cadre macroéconomique stimulera
l’investissement privé en RDC toute chose restante égale par ailleurs.
Toutefois, ces résultats doivent être pris avec des pincettes, car ils n’ont pas la
prétention de clore le débat sur les déterminants de l’investissement privé. Il y a lieu
de considérer d’autres aspects notamment structurel, culturel, etc.
48