Métallurgie extractive du cuivre : procédés et applications
Métallurgie extractive du cuivre : procédés et applications
Page | 1
UTILISATION DU CUIVRE
a. Secteur d’utilisation
• Bâtiment : 38,5%
• Electricité : 28,7%
• Mécanique : 13,8%
• Transport : 10%
• Electroménager : 9%
b. Utilisations particulières
MINERAIS DU CUIVRE
2 catégories :
a. Sulfurés :
• Chalcopyrite CuFeS₂ ;
• Chalcosine (Chalcocite) Cu₂ S ;
• Bornite Cu₅ FeS₄ ;
• Covellite CuS
b. Oxydés :
• Malachite CuCO. Cu(OH) ₂ ;
• Azurite 2CuCO₃ .Cu(OH) ₂ ;
• Chrysocolle CuSiO₃ .2H₂ O ;
• Cuprite Cu₂ O ;
• Brochantite CuSO₄ .3Cu(OH)₂ ;
• Mélaconite CuO;
Page | 2
• Atacamite CuCl .3Cu(OH) ;
NB : on trouve aussi le cuivre à l’état natif et des nombreuses variétés des sulfures où le cuivre est
associé à l’As, le Sb, le Co, le Zn, et même le Pb.
Les schémas des opérations métallurgiques diffèrent suivant qu’il s’agit des métaux
réactifs ou non.
On appelle métaux réactifs ceux dont les affinités pour l’oxygène et les métalloïdes
sont très grands. Il s’agit de :
On appelle métaux non réactifs ceux dont les affinités pour l’oxygène et les
métalloïdes sont très modérées. Il s’agit du manganèse, du fer, du cobalt, du nickel, du cuivre,
du zinc, de l’argent, du plomb, du cadmium, de l’étain, de l’antimoine, de l’or, du mercure, du
plomb etc.
D’une façon générale, les métaux non réactifs peuvent être produits à l’état brut avant
d’être affinés ou raffinés tandis que les métaux réactifs étant donné leur grande réactivité sont
généralement produits à l’état des composés purs dont on extrait ensuite le métal.
Le choix d’une méthode d’extraction dépend de plusieurs facteurs tels que la réactivité
des éléments présents, le niveau de pureté requis du métal à obtenir, le comportement des
impuretés et leur destination.
Page | 3
METALLURGIE PAR VOIE SECHE OU PYROMETALLURGIE
Concentré
SO2
Grillage partiel
Calciné Fondant
Page | 4
II. GRILLAGE DES CONCENTRES
II.1 Définition
La décomposition directe des sulfures sous l’action d’un réactif X déplaçant le métal des
sulfures par réalisation de la réaction de précipitation MeS + X = Me + SX (1).
Cas du Cuivre :
a. En pyro:
utiliser la chaleur de grillage pour sécher la charge ;
augmenter la concentration du cuivre dans la matte.
b. en Hydro :
Sulfures difficiles à lixivier → mettre sous formes faciles à lixivier (oxydes et/ou sulfates)
Exemples :
Choix important à faire. En effet, le choix de la température doit être fait pour rencontrer les
objectifs de la voie utilisée pour l’extraction du cuivre.
En Hydro minimiser le sulfate de fer et favoriser le sulfate cuivre et les oxydes de fer.
Les diagrammes d’Ingraham des systèmes Cu-O-S et Fe-O-S montrent qu’il faut pour la pyro
travailler à basse température et pour l’hydro utiliser une température plus élevée que celle du
Page | 5
grillage préalable à la fusion. A l’industrie pour la pyro le domaine de température est de 500550°C
et pour l’hydro on travaille à 675°C (cas Gécamines) RDC, 680°C (cas Chambishi) Zambie.
Les diagrammes d’enthalpie des sulfates aident à voir les réactions possibles en fonction des
gammes de température.
Page | 6
Figure 4 : Four Wedge
Le concentré alimenté au sommet du four est séché sur la première sole et ensuite les bras racleurs
refroidis à l’air ou à l’eau le font passer d’une sole à l’autre. L’air est injecté à contre-courant de
la charge.
Page | 7
L’examen du four Wedge a montré que c’est au moment où la charge passe d’une sole à l’autre
qu’il y a le maximum de grillage. De ce fait on a supprimé les soles intermédiaires pour
augmenter la hauteur de la chute du concentré et maximiser ainsi son grillage.
c. Grille DWIGHT-LLOYD
Le grillage agglomérant est nécessaire lorsqu’on travaille au four à cuve. La charge à griller
est placée sur une chaîne qui tourne autour de 2 roues. On amorce le grillage par un brûleur et le
reste de l’opération se fait par aspiration d’air dans les caissons placés en-dessous de la chaîne. Au
bout de la chaîne le front de flamme touche pratiquement la grille et toute la charge est ainsi grillée.
Ensuite, elle est brisée en morceaux par un hérisson.
Page | 8
Figure 6 : Grille Dwight-Lloyd
25 à 120 cm/minute.
d. Four FLUO-SOLID
Contrôle de la température très important : (paramètres :eau, gaz refroidis, vitesse alim.), on règle
la température soit en aspergeant le lit avec l’eau, soit en y introduisant les gaz refroidis, soit en
réglant la vitesse d’alimentation
La calcine est récupérée en partie par débordement et en partie dans les poussières
Caractéristiques :
Page | 9
- contrôle des réactions d’oxydation par le rapport débit d’air/vitesse alimentation
concentré.
- temps de séjour 2 à 4 h
III. FUSION
• Les réductions des oxydes (métallothermie, réduction par le carbone, réduction gazeuse,
électrolyse ignée) ;
Les minerais sulfurés sont transformés partiellement ou intégralement en oxydes suivant que
la réaction d’oxydation du sulfure métallique peut ou ne peut pas, dans des conditions opératoires
suffisamment peu onéreuses, conduire à l’obtention du métal. Ce dernier cas est le plus fréquent
Page | 10
et généralement, l’opération finale d’obtention du métal est une réduction. Celle-ci est d’autant
plus difficile que le composé oxydé est plus stable.
La réduction des oxydes les moins stables (oxydes des métaux nobles jusqu’au fer inclus) est
réalisée en même temps que la scorification de la gangue dont les constituants sont, dans ce cas,
des oxydes plus stables que celui que l’on veut réduire.
D’une façon simple et schématique, pour les métaux nobles jusqu’au fer inclus, la
scorification de la gangue constitue l’opération principale et l’obtention du métal par réduction
une opération secondaire, tandis que pour les métaux moins nobles, l’opération principale est
la réduction de l’oxyde, la formation des laitiers étant ici l’opération secondaire.
Il est possible de classer les oxydes par ordre d’affinité pour l’oxygène notamment dans
le diagramme d’Ellingham.
Page | 11
Figure 9 : Diagramme D’Ellingham
Tous les facteurs modifiant la variation de l’énergie libre entre les produits et les corps
initiaux de la réaction MeO + R Me + RO (1) modifient la réductibilité de l’oxyde MeO par le
réducteur R.
• la présence, à côté de l’oxyde à réduire, d’autres oxydes ayant pour lui une certaine
affinité ;
C’est le cas notamment quand il y a inter affinité entre le solvant et l’oxyde dissout. Ce dernier
devient alors plus stable, donc moins facilement réductible. Si, au contraire, il existe un inter
affinité entre Me ou RO et le solvant, la réductibilité de l’oxyde MeO est augmentée.
Donc la présence, à côté de l’oxyde à réduire, d’autres composés ayant une affinité pour MeO,
pour Me ou pour RO, modifie la réductibilité de MeO. Celle-ci est diminuée si ces composés ont
une affinité positive pour MeO. Elle est augmentée s’ils ont une affinité positive soit pour
Me, soit pour RO.
Principe : fondre les concentrés sulfurés frais ou partiellement grillés entre 1150-1250°C.
On distingue 2 phases liquides : -scorie (phase oxydée) ;
-matte (phase sulfurée).
Objectif principal : sulfurer tout le Cu de la charge → matte.
Le maximum de cuivre est sulfuré par FeS. En effet au-dessus de 1100° C l’énergie de formation
de FeS par 2Fe + S₂ → FeS plus élevée que celle de la réaction 4Cu + O₂
→2Cu₂ O
à 1200 °C 𝐾𝑇 = 104
On voit bien que l’oxyde de cuivre sera complètement sulfuré par FeS.
III.3.1 Constitution et Caractéristiques des mattes
Constituants CuS et FeS mais pas en réalité car la matte contient d’autres éléments. Pour besoin
d’études on considère une matte binaire CuS-FeS.
Diagramme Cu-Fe-S : on voit sur ce diagramme le domaine d’existence des mattes.
Les conditions de travail étant oxydantes → mattes industrielles contiennent moins de soufre par
rapport à la stœchiométrie.
Teneurs cuivre mattes varient de 30-60% Cu mais parfois on arrive à 75% Cu.
Problèmes des mattes riches :
Page | 13
-si l’Arsenic est présent: il se forme une phase métallique dite speiss qui solubilisent les métaux
précieux qui normalement iraient dans la matte.
-précipitation Cu métallique qui reste sur la sole du four ou dans des poches de coulée ; -teneur
Cu scorie augmente.
Problèmes des mattes pauvres :
-très fluides : elles ont tendance à pénétrer la sole du four ; -coût
de la conversion augmente.
Principales Caractéristiques :
-plus denses que scories (4,4 g/cm3) ( scorie = 3 – 3,7 g/cm3); -faible
La scorie qui est formée des oxydes de la gangue des minerais, du fondant, des oxydes formés
lors de la fusion, des morceaux de réfractaires etc… et qui comprend généralement (FeO, Fe₃ O₄
, SiO₂ , CaO, MgO, Al₂ O₃ ) doit remplir les conditions suivantes :
On distingue 3 catégories des scories en fonction de l’indice d’acidité qui est le Rapport pondéral
Oxygène dans oxydes acides/Oxygène dans oxydes basiques
En pratique i =
Scorie basique i < 1
Scorie neutre i = 1
Scorie acide i>1
Critère de séparation de la matte et de la scorie
Qui se regroupent ensemble dans phase séparée (scorie). Les sulfures n’ont pas tendance à
former des anions complexes ,ils restent donc dans une phase distincte covalente(matte). La
chaux et l’alumine tendent à stabiliser cette immiscibilité entre matte et scorie .Elles sont
bénéfiques en petites quantités.
Page | 15
I.2.3 Fours de Fusion Pour Matte
1-Four à cuve
Caractéristiques :
- dimensions typiques : 1,5 m de large, 7 m de long (niveau tuyères)
5m de haut.
Surface de la sole 9,2 m2
- diamètre intérieur tuyères 15 cm ;
- au niveau de la scorie pas des réfractaires ;il y a des Water-Jacket ( caissons d’acier
refroidis par l’eau).
- pression au niveau tuyères 0,15 atm.
- température de travail 1400°C au niveau des tuyères et 1200-1250°C dans le
four.
Page | 16
2-Four à réverbère
Principe :
Les calories nécessaires à la fusion sont obtenues par combustion de charbon pulvérisé, de fueloil
ou encore de gaz naturel. La chaleur est transmise à la charge en partie directement par la flamme
et en partie par réverbération sur la voûte et sur les murs latéraux.
Caractéristiques :
-sole en forme rectangulaire allongée, à l’une des extrémités sont disposés les brûleurs ;
Page | 17
Largeur 3 à 10m ;
Hauteur 2,5 à 4 m au-dessus du bain ;
Sole : compacte, réfractaire en silice damée avec ajout la scorie coulée, repose sur
un massif de béton ;
Piédroits : en briques de silice ou de chrome-magnésie au-dessus du bain, en magnésie
de la sole au niveau de la scorie ; Voûte : suspendue et en chrome-magnésie ;
Réactions dans le four :
Thermodynamiquement un grand nombre des réactions est possible, mais assez lentes car
elles se déroulent en phases solides ou partiellement fondues, du moins au début.
On peut noter les réactions suivantes :
Inconvénients du four :
- consommation élevée en combustible surtout quand on charge crû ;
- il est très polluant ;
- mise à feu et arrêt très lent à cause de la grande masse des réfractaires.
Page | 18
3 Four Electrique
Principe
Four à arc immergé dans la scorie, utilisé surtout quand l’énergie électrique est
moins chère que le combustible.
Caractéristiques
- faible débit gazeux (pas des produits de la combustion gazeuse) ;
- rendement thermique excellent ;
- réglage température matte par profondeur immersion électrodes ;
- contrôle facile de la couche de la magnétite sur la sole par augmentation t° matte;
3Fe3O4 + FeS → 10FeO + SO2
- gaz contiennent peu de poussières et titrent environ 10% 𝑆𝑂2 Construction
Page | 19
Avantages et désavantages
a) avantages :
- s’adapte facilement au traitement de tous les types des concentrés ;
4-Four de Flash-Smelting
Principe L’idée de base du procédé flash-smelting est de regrouper les différentes étapes de la
production de la matte→ dans un même réacteur et utiliser la chaleur de combustion des
sulfures pour fondre la charge enfournée car réactions sont exothermiques :
Page | 20
CuFe FeO + SO2 : ΔH°298= -78.000 Kcal/ kgmole CuFe𝑆2
Caractéristiques
INCO OUTOKUMPU
Productivité(t 11,6 8,7
charge/jour.m²)
Volume gaz (Nm³/t charge) 175 1100
Fuel (kg/t charge) 8 55
Oxygène (kg/t charge) 200 -
𝐒𝐎𝟐 gaz sortants (%) 80 10-15
Cu matte (%) 47-50 45-55
Cu scorie (%) 0,7 1
Dans OUTOKUMPU productivité limitée par le débit des gaz ;si débit important les pertes dans
les poussières augmentent.
IV. LE CONVERTISSAGE
La matte contient :-Cu, Fe, S en majorité ;
-métaux précieux ;
But de la conversion : éliminer le Fer, le Soufre et impuretés pour obtenir le cuivre blister
(98,599,5% Cu)
2 étapes :
Fin de l’étape dès apparition des traces de Cu2O le blister contient 1,8% O2 et 1,2% S qui réagissent
selon :
Page | 22
Convertisseurs Industriels
1. Convertisseur Pierce-Smith
Page | 23
2. Convertisseur type Hoboken
- évite la pollution atmosphérique car le gaz est récupéré dans un récipient au lieu
d’être lâché dans l’atmosphère;
- durant le soufflage le trou de coulée peut être fermée → on minimise la dilution des
gaz en empêchant les infiltrations d’air, et également on empêche les fuites de SO2
dans l’atmosphère.
- chargement durant le soufflage d’où temps mort minimum ;
Mais la coulée du cuivre et de la scorie nécessite toujours un arrêt de soufflage.
Page | 24
METALLURGIE PAR VOIE HUMIDE OU HYDROMETALLURGIE
Page | 25
A- Minerais pauvres
Minerai
Lixiviation en place
ou en tas
Solution
Solution
Electrolyse d’extraction
Céments impurs
vers traitement de
récupération du
Cuivre Fusion des cathodes
B-MINERAIS RICHES
Oxydes Sulfures
SO₂ SO2
Grillage
Solution
Résidu
Electrolyte épuisée en Séparation solide/liquide
cuivreet enrichie en
acide
Purification de la solution
Electrolyse d’extraction
Remarque :
Le traitement des minerais par ce procédé est nettement moins polluant que le traitement en
pyrométallurgie, mais les métaux précieux présents dans le minerai restent dans la gangue et ne
sont pas récupérés.
3. LIXIVIATION
La voie humide est choisie lorsque la voie sèche ne peut pas être appliquée pour diverses
raisons qui peuvent être d’ordre technique et/ou économique.
La lixiviation qui vient du latin lixiviere signifie en fait un lessivage qui va être fait au
minerai ou concentré à l’aide d’un solvant qui permettra l’obtention d’une phase aqueuse
susceptible de dissoudre le métal du minerai.
Page | 28
• en faisant abstraction de la région alcaline du diagramme que la mise en solution du
cuivre ne peut se faire qu’en milieu acide (pH < 6) et oxydant (0,4- 1V). L’oxygène
dissous et/ou les ions ferriques remplissent la condition de rendre le milieu oxydant.
• On remarque que la présence d’ammoniaque forme avec le cuivre des complexes aminés
solubles, ce qui élargi le domaine de mise en solution du cuivre
• Comparé au diagramme tension-pH du système de base cuivre-eau, on peut voir que
l’introduction des ions cyanures augmente le domaine de mise en solution du cuivre
jusqu’au potentiels négatifs surtout dans la région alcaline du diagramme.
1. Lixiviation Acide
a) Oxydes
-Les oxydes sont directement lixiviés par des solutions H2SO4 - H2O selon la réaction
+
CuO + H2SO4 → Cu2 + H2O
La vitesse de mise en solution dépend du mode de lixiviation et des conditions de travail.
H2SO4 (jusqu’à 150 g/l parfois plus), la température de travail (jusqu’à 60°C), une bonne agitation
et un contact intime entre solution et minerai.
b) Sulfures
Les sulfures de cuivre ne sont pas solubles dans H2SO4 sauf dans des conditions oxydantes. Et
même dans ce cas les réactions sont lentes. Pour augmenter leur cinétique on doit travailler dans
des conditions très oxydantes sous haute pression d’oxygène.
Réaction:
+
Cu → 2 Cu2 + 2SO4+ H2O
Page | 29
A titre d’exemple les vitesses de lixiviation des sulfures de cuivre sont :
- la lixiviation de la chalcocite (Cu2S), covellite (CuS), bornite (𝐶𝑢5𝐹𝑒𝑆4) exige plusieurs mois par
lixiviation en tas (Heap Leaching) ;
- la lixiviation de la chalcopyrite (CuFeS2) demande des années pour une lixiviation en tas (Dump
Leaching).
Les minerais sulfurés forment lors de la lixiviation des composés intermédiaires et libèrent le
soufre élémentaire. Ceci inhibe 𝐹𝑒+++ ou O2 et les empêchent d’entrer en contact avec la surface
du minerai non encore lixiviée et ralenti les réactions de lixiviation.
En particulier la chalcopyrite se lixivie très lentement en tas (Heap et Dump Leaching) parce que
:
- le Fer de CuFeS2 entre en solution avant le cuivre et laisse derrière lui une couche passive
métastable de CuS2 ;
Toutes ces couches inhibent la lixiviation d’où la très lente vitesse de lixiviation observée pour la
chalcopyrite.
Ce procédé concerne surtout les minerais contenant le cuivre à l’état oxydé ou à l’état natif.
Notamment lorsque la gangue ne se prête pas à une attaque acide, ou lorsque le minerai contient
trop de cuivre natif qui ne se dissout que très lentement dans des solutions de sulfate ferrique.
Page | 30
Exemples:
2FeS2+7O2+ H2O → 2 Fe + 2 SO4 + 2H2SO4 (1)
CuFeS + H2SO4 +5/4O2 + 1/2 H2O → CuSO4 + Fe (OH) C + 2S° (pression d’oxygène 15-40 atm)
-procédé Anaconda-Treadwell
Dans ce procédé la lixiviation est suivie d’une extraction par solvant avant l’électrolyse
d’extraction qui se fait sur une membrane divisée en cellule d’électrolyse. On obtient avec
cette méthode du cuivre métallique en poudre.
-procédé Duval-Cominco
b) par l’ammoniaque :
exemple :
-procédé Escondida
➢ Dump leaching
Elle est souvent appliquée aux rejets pauvres des mines à ciel ouvert. Les minerais sont placées
en tas sur une surface naturellement imperméable. La solution lixiviante est aspergée audessus du
tas et on récupère la solution enrichie vers le bas du tas. ➢ Heap leaching
Le principe est le même que pour le Dump leaching mais le tas des minerais est placé sur une
surface rendue artificiellement imperméable.
Les solutions de cuivre obtenues avec la lixiviation en place et la lixiviation en tas sont
généralement pauvres ( 1-5 g/l Cu++).
b) lixiviation en cuve
Elle est pratiquée sur des particules fines (d’habitude 90% à -75 m ).On utilise
des solutions acides (50-100g/l H2SO4). C’est une lixiviation rapide qui dure de
2-5h.
La cinétique rapide de cette lixiviation s’explique par la finesse de grains,
l’intense agitation par l’air ou mécano-pneumatique, la température relativement
élevée ( 60°C) .
Les appareils utilisés sont les agitateurs Dorr (agitation mécano-pneumatique) et
les Pachuca ( agitation pneumatique ) (schémas voir Hydrométallurgie du zinc).
Ces appareils sont toujours placés en série de 4 à [Link] solution passe d’une cuve a l’autre.
Page | 33
4. PURIFICATION DES SOLUTIONS DE LIXIVIATION
Les traitements de purification des solutions de lixiviation sont fonction des impuretés présentes
et du type de procédé envisagé pour récupérer le cuivre contenu.
1° Dans le cas de l’extraction du cuivre par cémentation sur le fer métallique, la purification
Ces précipités qui sont volumineux emportent avec eux la majeure partie de l’arsenic et de
l’antimoine.
Une méthode originale est pratiquée à Chambishi en Zambie. En effet, une partie de la solution de
lixiviation est introduite dans le four de grillage en lit fluidisé. Ceci a comme avantages :
-réguler la température dans le four ;
-le bilan d’eau de l’usine est maintenu convenablement par l’évaporation de l’eau ;
-le fer de la solution est rendu insoluble en le transformant en Fe2O3 ce qui permet de l’enlever du
circuit électrolytique.
Page | 34
Cependant comme la solution qui sort de l’électrolyse est recyclée à la lixiviation on n’élimine pas
tout le fer. En général en laisse en solution environ 2,5 g/l de fer. Elimination du Chlore
Le chlore est surtout gênant parce qu’il risque de se dégager à l’anode en plomb et provoquer
sa corrosion en détruisant la couche de passivationPbO2. Ceci a pour conséquence la
contamination de la solution par le Pb qui de ce fait pollue la cathode de cuivre. Le chlore peut
aussi former un film non-conducteur de chlorure cuivreux sur les cathodes, ce qui bloque les ions
de cuivre qui doivent se déposer à la cathode.
On peut éliminer le chlore en le précipitant sous forme de CuCl avec le cuivre métallique en
poudre.
Elimination du sélénium
Le sélénium est très nocif. Sa teneur dans les cathodes de cuivre ne peut pas dépasser quelques
ppm.
En effet, Se précipite aux joints des grains ce qui provoque des criques de rive au laminage, sa
présence dans le cuivre ne permet pas un bon tréfilage, il diminue la malléabilité du cuivre et
lixiviations en place et en tas, il y a donc une grande quantité des impuretés en solution.
➢ mettre en contact la phase aqueuse de la lixiviation (1-5 g/l Cu++,1-10 g/l H2SO4) avec
une phase liquide organique non miscible et moins visqueuse (viscosité 10-20 cp) qui
extrait sélectivement le cuivre de la solution traitée ;
➢ séparer par différence de densité la phase aqueuse appauvrie en cuivre de la phase
organique enrichie en cuivre ;
Page | 35
➢ recycler la phase aqueuse à la lixiviation ;
➢ mettre en contact la phase organique chargée en cuivre avec l’électrolyte venant de la salle
d’électrolyse (25-35 g/l Cu++, 145-185 g/l H2SO4) .Cette étape est le stripping. Il permet
de transférer le cuivre de la phase organique à l’électrolyte qui titre ainsi à la sortie (40-50
g/l Cu++,140-150 g/l H2SO4) ;
➢ séparer de nouveau par différence de densité l’électrolyte de la phase organique ;
➢ recycler la phase organique pauvre en cuivre à la première étape ;
➢ l’électrolyte est envoyé à la salle d’extraction ;
➢ recycler la solution d’électrolyse épuisée à la 4ème étape.
Avantages de la technique
➢ on obtient une solution apte pour l’électrolyse directement à partir des solutions de
lixiviation très pauvres en cuivre ;
➢ les impuretés de la solution de lixiviation sont pratiquement exclues de l’électrolyte, d’où
pas d’étape de purification avant électrolyse ;
b. Stripage
-être soluble dans un diluant moins coûteux (ex Kérosène, Escaid 100, Shell sol, Phillips Sx-
7..) ;
Page | 36
-pouvoir se séparer rapidement et facilement des solutions de lixiviation et de l’électrolyte ( ne pas
former avec elles des émulsions stables) ;
d’appoint
Four à Anodes
Cathodes vers fusion
ou utilisées comme
Solution feuilles amorces en
électrolyse
Electroraffinage
d’extraction
Chauffage de la solution
Saignée
Cathodes impures
Objectif :
L’objectif de l’électro raffinage est double :
➢ éliminer les impuretés qui sont nocives pour les propriétés électriques et mécaniques du
cuivre ;
➢ récupérer les métaux précieux (ex. Au, Ag...) contenus dans l’anode de cuivre.
Page | 37
Composition moyenne d’une anode de cuivre :
Teneur en %
Cu 99-99,8
O 0,1-0,2
Ag 0,01-0,5
S 0,0005-0,005
Ni 0,002-0,7
Pb trace -0,5
Sb trace -0,1
As trace -0,2
Fe 0,001-0,006 Se
Te trace -0,003
Bi 0 -0,01
Au 0- 0,005
On applique un potentiel électrique entre une anode en cuivre (impur) et une cathode en cuivre
(pur) ou en acier inoxydable plongées dans une solution de CuSO₄-H₂SO₄-H₂O
Principe
A l’anode il y a oxydation du cuivre qui passe en solution avec les métaux moins nobles que lui
alors que les métaux plus nobles que le cuivre n’entrent pas en solution et tombent sous forme de
boues au fond du bac d’électrolyse.
A la cathode, les métaux plus nobles que le cuivre ne se déposent pas parce qu’ils ne sont pas
entrés en solution, et les métaux moins nobles ne se déposent pas non plus tant que la concentration
du cuivre en solution est suffisante.
Ce principe général peut cependant être perturbé lorsque la surtension anodique permet la
dissolution de certains éléments plus nobles que le cuivre et/ou que la surtension cathodique
permet le dépôt de certains éléments moins nobles que le cuivre.
Page | 38
➢ A l’anode : Cu → Cu2+ + 2e−
➢ les électrons produits vont à la cathode à travers les bus bars et les connections
extérieures et grâce à l’énergie appliquée ;
➢ les ions Cu2+ migrent vers la cathode par convection et diffusion ;
➢ à la cathode Cu2+ + 2e− → Cu
Comportement des impuretés
➢ Ag, Au, Pt et Pd : ces métaux ne se dissolvent pas dans les solutions sulfates. Cependant
on trouve Ag dissous dans une petite proportion dans la solution. Ceci est attribué à une
sorte de lixiviation des boues anodiques par l’oxygène dissous. On précipite Ag en Agcl
par ajout dans la solution de petites quantités de NaCl
(max 0,05 g/l) ou un peu de HCl. Ces métaux se retrouvent dans les boues anodiques qui
sont récupérées périodiquement et envoyées au circuit de récupération des métaux
précieux.
➢ S, Se et Te : ces éléments se trouvent dans les anodes sous forme des composés avec le
cuivre et l’argent : Ag2Se, CuAgSe, Cu₂Se, AgCuTe, [Link] vont aussi dans les boues
anodiques
➢ Pb et Sn : le plomb et l’étain forment des sulfates solides et précipitent (PbSO4,
Sn(OH)₂SO₄).On les retrouve également dans les boues anodiques.
➢ As, Bi, Co, Fe, Ni et Sb : ces éléments sont moins nobles que le cuivre et ils entrent en
solution .Pour éviter qu’ils se déposent à la cathode, on pratique sur une partie de la solution
circulante une purification pour maintenir le plus bas possible leur concentration.
Mécanisme de contamination
La plupart des impuretés qui sont dans les cathodes sont dues à l’occlusion des boues
anodiques et de l’électrolyte dans les cathodes. Cependant comme l’Ag se dissous en petite
quantité dans la solution, sa présence dans la cathode est due à une codé position avec le [Link]
la concentration en cuivre de la solution descend en dessous de 20 g/l ,Bi,As et Sb peuvent se
déposer à la cathode.
Page | 39
-diminue la qualité du dépôt ;
En effet, une augmentation de la densité de courant met plus rapidement au niveau de l’anode en
solution les ions Cu++ alors que ceux-ci n’ont pas de temps de se déplacer (par convection) vers
la cathode. Il y a donc une grande concentration des ions Cu2+ à la surface de l’anode ce qui
provoque la précipitation de Cu₂O et CuSO₄.5H₂O qui passivent l’anode.
En pratique on travaille avec Jc = 170- 240 A/m2 (voir ~300 A/m2). La technique de renverser
périodiquement le sens du courant permet d’éviter la passivation anodique et de travailler à des
densités élevées (>300 A/m2).
Page | 40
En pratique la consommation spécifique est de 180-330 KWh/t de cathodes de cuivre.
Pratique Industrielle
2. les électrodes :
- anodes : elles sont en cuivre impur avec des dimensions d’environ 1m * 1m avec une
épaisseur de 50mm à peu près. Toutes les anodes d’une cellule sont au même potentiel.
Chaque anode est placée entre 2 cathodes, ainsi sa dissolution électrochimique s’effectue
approximativement à la même vitesse.
La durée de vie d’une anode varie de 10- 28 jours. On l’enlève avant qu’elle ne soit
complètement corrodée c a d quand elle est corrodée à 80-85%.Elle est refondue pour
Les cathodes d’une cellule sont connectées aux anodes de la cellule voisine.
chaque cellule ou par des scanners à infrarouge portables ou des gauss mètres portables
également.
Page | 41
3. électrolyte : titre 40- 50 g/l Cu++, 160-220 g/l H₂SO₄ température : 60-65°C à l’entrée ;
55-60°C à la sortie ; elle circule à 12-15 l /min ce qui signifie que la cellule change sa
solution toutes les 5-6 heures. A cette vitesse les boues anodiques ne sont pas transportées à
la cathode.
Cette circulation est essentielle pour 3 raisons :
Page | 42
RISQUES ENVIRONNEMENTAUX ET SANITAIRES
Des mines à ciel ouvert ou souterraines jusqu'au stade du cuivre pur, les processus industriels en jeu dans le
cycle de production (séparation des composants minéraux par flottation, traitement du concentré par
pyrométallurgie, raffinage par électrolyse) posent cependant de lourds problèmes environnementaux. Ces
procédés sont générateurs de déchets solides, liquides et gazeux, qui représentent une source considérable
de pollution par les métaux lourds et les dérivés soufrés. Les impacts sur les sols, les ressources en eaux et,
en définitive, sur la santé humaine sont très sérieux à l'échelle locale.
"C'est dans ce cadre que s'inscrit, depuis 2003, le projet européen Intreat, explique son coordinateur
Dimitrios Panias de l'Université technique nationale d'Athènes (NTUA). L'objectif est de remédier à ces
atteintes à l'environnement, jusqu'ici largement négligées, et qui conditionnent la réouverture de certaines
exploitations et le développement de ce secteur. Les recherches, menées en partenariat multinational
(Grèce, Allemagne, Serbie, Bulgarie et ex-République yougoslave de Macédoine), doivent mettre au point
des mesures préventives et des remèdes techniques pour minimiser les rejets, restaurer les sites de déchets
et prévenir la contamination des eaux de la région. Il s'agit également d'évaluer les risques d'impact sur la
santé humaine et les écosystèmes et développer des mesures techniques à des coûts acceptables. Sur le plan
légal, Intreat vise aussi à satisfaire les directives européennes, et particulièrement la directive IPPC, dans la
législation des deux pays concernés."
Page | 43