Il s’agit l’article 83 de la Loi n° 23-09 du 3 Dhou El Hidja 1444, correspondant au 21 juin
2023, constitue un élément clé du titre V de la loi monétaire et bancaire algérienne, qui
s’intéresse l’Organisation bancaire. Inscrits dans le Chapitre 3éme intitulé " Interdictions"
Cet article est largement inspiré du principe de monopole bancaire, qui est un fondement
classique du droit bancaire dans la plupart des systèmes juridiques.
Ce principe vise à réserver certaines opérations économiques sensibles notamment :
La collecte de fonds du public
L’octroi de crédits et la gestion de moyens de paiement aux seuls établissements agréés par
l’État
L’intérêt majeur de cet article réside dans la sécurisation du marché bancaire et la
rationalisation des acteurs économiques habilités à traiter des flux financiers.
En période d’instabilité économique ou de forte inflation, limiter la possibilité de détourner
l’activité bancaire hors du cadre légal devient une question cruciale.
La problématique actuelle est de savoir si cette interdiction, aussi stricte soit-elle, est
réellement efficace pour endiguer l’économie informelle, en l’absence d'un contrôle strict et
de moyens réels d’application.
Le contrôle des opérations bancaires et le respect des interdictions ne sont pas seulement des
devoirs réglementaires, mais des fondements essentiels pour préserver l'intégrité du système
financier." Jean-Claude Trichet
L'article commence par l'expression catégorique :
« Il est interdit » — formulation impérative, qui souligne qu’il s’agit d’une prohibition
absolue et non d’une simple recommandation.
Puis, il désigne le destinataire :
« à toute personne physique ou morale » cela inclut donc tout individu, société, association
ou entité, quelle que soit sa forme juridique.
L’universalité du sujet évacue toute ambiguïté : aucun acteur, à moins d’être expressément
autorisé, ne peut exercer ces activités.
Suit une précision restrictive :
« autre que banque ou établissement financier, selon le cas » le texte opère ici une distinction,
permettant uniquement à ces deux catégories d’organismes agréés d'exercer les opérations
mentionnées.
Puis une référence explicite :
« D’effectuer les opérations que ceux-ci exercent d’une manière habituelle en vertu des
articles 75 à 77 ci-dessus » cela renvoie à un corpus d’articles qui liste les opérations
bancaires spécifiques, ce qui permet de borner clairement le périmètre interdit.
Cette précision empêche toute lecture expansive et limite l’application aux opérations
strictement définies dans ces articles.
Enfin, une exception :
« à l’exception des opérations de change effectuées conformément au règlement du Conseil »
— ici, le texte introduit une exception réglementaire, admettant que certaines activités de
change, bien que relevant des opérations financières, puissent être réalisées par des non-
banques sous le contrôle d’un règlement spécifique, probablement émis par le Conseil de la
Monnaie et du Crédit.
Cette exception vise à prendre en compte des réalités économiques locales, où des bureaux de
change ou des opérateurs autorisés autres que des banques participent à la régulation des flux
monétaires, tout en demeurant sous surveillance.
Finalement Cet article 83, par son caractère d’interdiction ferme, vise à instaurer une
discipline financière essentielle pour la stabilité économique nationale.
Mais une question subsiste :
Le seul cadre légal suffit-il à dissuader les pratiques financières illicites, ou faut-il repenser
l’efficacité des mécanismes de contrôle et de sanction pour donner tout son poids à une telle
interdiction ?