États n'est pas toujours garantie.
A. Rapprochements et Distinctions :
• DIP et Droit des gens : Le droit des gens est présenté comme l'ancienne appellation du
DIP, distinct du droit romain et du droit naturel. Le terme DIP est aujourd'hui privilégié.
• DIP Public et DIP Privé : Une distinction fondamentale est opérée. Le DIP privé, branche
du droit interne, régit les relations privées à caractère international. Le DIP public, quant à
lui, est le droit des relations interétatiques, dont l'objet s'est élargi.
B. Tentatives de Définition du DIP :
• Par son objet : Initialement centré sur les relations interétatiques, l'objet du DIP s'étend
désormais à d'autres acteurs (firmes multinationales, OI, ONG) et à divers domaines. Il
est qualifié d'"instrument de régulation des RI, mais pas le seul. Il permet de réguler les RI
mais peut aussi passer par la puissance (loi du (+) fort). Son objet n’est pas la paix, il est
neutre voire peut être facteur de conflits."
• Par ses sujets : Le DIP s'adresse aux acteurs de la société internationale, avec les États
comme "sujet originaire du DI, qui détiennent des compétences générales/capacités
pleines & entières. Ils désignent les sujets du DI. L’évolution du DI nous montre que le DI,
historiquement seulement opposable aux états, est devenu opposable à d’autres acteurs."
La notion de "société internationale" est préférée à celle de "communauté internationale".
• Par son origine : Le DIP émane principalement de la volonté des États ("Le DI est
principalement issu de la volonté des états et de leurs engagements (doctrine
volontariste). Le DI est composé de coutumes & traités, symboles de l’accord de volonté
manifeste de la part des États."), se manifestant par la coutume et les traités. Le DIP
positif a supplanté l'ancien DIP de nature naturelle ou divine, bien que certaines normes
impératives s'imposent aux États.
Bilan de la section I : Le DIP est un ensemble de règles complexes et évolutives, dont la
définition dépend de l'approche adoptée (objet, sujets, origine). Il dépasse les relations purement
interétatiques et est fortement lié à la volonté des États, tout en reconnaissant l'existence de
normes impératives.
II. Permanence et Évolutions du Droit International Public :
Le DIP a une histoire ancienne, mais son système juridique cohérent est plus récent.
A. Bref Historique du Droit International :
• Des formes rudimentaires existent depuis l'Antiquité, mais le DIP moderne émerge avec
la Renaissance et l'avènement des États souverains, traditionnellement daté de 1648
avec les traités de Westphalie.
• Les réflexions théoriques débutent au XVIIe siècle avec Hugo Grotius, distinguant droit
naturel et droit volontaire. Emer de Vattel, au XVIIIe siècle, fonde le positivisme. Il
souligne que "Il appartient à tout état libre de juger en conscience de ce que ces devoirs
exigent (…).". Chaque état est l’interprète libre du droit naturel."
• Des principes fondamentaux émergent au XVIIIe siècle (souveraineté, égalité des États,
DIP interétatique, consentement des États), ainsi que la permissivité de la guerre
(désormais interdite). La coopération a mené au développement du DIP et des OI.
B. Développements Institutionnels et Normatifs :
• Le DIP évolue d'un interétatisme pur vers un universalisme. On observe un mouvement
d'institutionnalisation (Concert Européen, Conférences de la Haye, SDN, OI).
• Une "explosion normative" au XIXe siècle voit la multiplication des traités et l'extension du
DIP à de nouveaux domaines (droit de l'espace, droits de l'homme, etc.).
Bilan de la section II : Le DIP a connu une évolution significative vers un système plus
institutionnalisé, couvrant un champ plus large, avec l'émergence des OI comme acteur majeur.
III. Particularités du Droit International Public :
Le DIP se distingue des ordres juridiques internes par sa décentralisation et l'absence de
hiérarchie formelle des normes, en raison de la souveraineté des États.
A. Le Droit International Confronté à la Souveraineté de l'État :
• La souveraineté étatique (interne et internationale) est le fondement du DIP. L'absence
d'autorité supérieure conduit à un système décentralisé où les États produisent et
consentent aux normes.
• Contrairement aux ordres internes, le DIP n'a pas de hiérarchie formelle, bien que
l'existence du droit impératif ("Il existe un droit impératif ou règles indérogeables que l’on
peut comparer aux normes opposables à tous, questionnant cette absence de hiérarchie
des normes. [...] Un traité contraire à une règle indérogeable est nul.") remette en
question cette absence de hiérarchie.
B. Le Droit International Contesté :
• Le DIP fait face à des contestations quant à son efficacité en raison de l'absence de
législateur unique, de constitution formelle, de police centralisée et de juge obligatoire
sans consentement.
• Malgré cela, le DIP existe et est globalement respecté en raison de la coopération, de la
réciprocité des intérêts et du principe de la bonne foi.
Bilan de la section III : Le DIP fonctionne dans un contexte de souveraineté étatique, le rendant
décentralisé et sans hiérarchie normative formelle. Il est un ordre juridique réel et globalement
respecté malgré l'absence de mécanismes coercitifs centralisés.
IV. La Formation du Droit International :
L'article 38 du Statut de la CIJ est la référence pour les sources formelles du DIP : traités,
coutume, principes généraux de droit, jurisprudence et doctrine (à titre auxiliaire). Les actes
unilatéraux des États sont également reconnus comme source.
Chapitre 1. La Formation Conventionnelle (Les Traités) :
• Un traité est défini comme "un accord écrit conclu entre États (et OI), régi par le DIP,
quelle que soit sa dénomination. Il se distingue des actes concertés non-conventionnels
(soft law, gentlemen's agreements) qui peuvent avoir des effets juridiques mais ne sont
pas obligatoires au sens strict. Les traités sont soumis au principe pacta sunt servanda."
• La procédure de conclusion implique l'élaboration du texte (négociation, adoption),
l'expression du consentement à être lié (signature, ratification, adhésion) et des
dispositions spécifiques en droit français.
• L'"entrée en vigueur des traités" marque le moment où ils deviennent obligatoires au
niveau international et interne (souvent par publication).
• Les réserves sont des déclarations unilatérales visant à exclure ou modifier l'effet de
certaines dispositions. Leur opposabilité dépend des réactions des autres États.
• Les effets des traités entre les parties sont régis par le principe pacta sunt servanda (art.
26 CV) et la non-rétroactivité (art. 28 CV). À l'égard des tiers, le principe est l'effet relatif
(art. 34 CV), avec des aménagements (obligations ou droits pour les tiers avec leur
consentement).
• La fin des traités peut survenir par diverses modalités (nullité, suspension,
retrait/dénonciation, extinction) et conditions (dispositions du traité, consentement des
parties, violation substantielle, impossibilité d'exécution, changement fondamental de
circonstances).
Chapitre 2. La Formation Coutumière du DI :
• La coutume internationale résulte d'une "pratique générale acceptée comme étant le
droit" (art. 38 Statut CIJ).
• Elle repose sur deux éléments constitutifs : un élément matériel (une pratique générale,
cohérente, répétée, des États intéressés, incluant les actes et omissions des organes
étatiques et le rôle des OI) et un élément psychologique (opinio juris sive necessitatis,
l'acceptation de cette pratique comme étant du droit).
• La preuve de la coutume est complexe, d'où l'importance de la codification (conversion
des règles coutumières en traités par la CDI de l'ONU). La codification apporte sécurité
juridique mais la norme conserve son statut coutumier pour les États non parties. La
Convention de Vienne sur le droit des traités est largement opposable à la France comme
droit coutumier.
• Le principe de l'objecteur persistant (un État s'opposant constamment à une coutume en
formation peut ne pas se la voir appliquer) est complexe. Les nouveaux États sont
généralement liés par le DI coutumier existant.
Chapitre 3. La Formation Unilatérale :
• Les actes unilatéraux des États sont une source spécifique du DIP, ne nécessitant pas
d'échange de volontés. Ils sont essentiels pour le positionnement des États.
• Leurs critères d'identification incluent l'imputabilité à un État, l'engagement de la volonté
de l'auteur et l'absence d'exigences formelles (mais la publicité est nécessaire pour
l'opposabilité).
• Ils peuvent être classifiés formellement (origine, caractère) et matériellement (objet,
cause). Leurs effets dépendent de leur conformité aux normes conventionnelles et
coutumières, et de la réaction des autres États.
• Les actes unilatéraux des OI sont adoptés selon leur charte constitutive et doivent être
conformes à la norme supérieure (traité constitutif). Ils peuvent être obligatoires ou non
pour les États membres, et l'OI a un pouvoir auto-normateur. Dans certaines limites, le
CS de l'ONU peut s'adresser à des États tiers.
Bilan de la section IV (Partie 1) : Le DIP se forme par la volonté des États (traités et coutume)
et par des actes unilatéraux (étatiques et des OI). La codification clarifie le droit coutumier.
V. L'Application du Droit International :
Le respect du DIP repose sur la responsabilité des sujets de droit international.
Chapitre 1. La Mise en Œuvre du Droit International dans l'Ordre Juridique International :
• Dans une société décentralisée, les États sont traditionnellement responsables du respect
du droit. La responsabilité internationale de l'État pour fait internationalement illicite est un
moyen de correction et de réparation.
• La responsabilité peut être engagée pour la violation d'une obligation internationale
attribuable à un État (comportement de ses organes, même ultra vires, ou de personnes
agissant sous son contrôle, ou par abstention). La qualification de l'illicéité relève du DIP.
• Des circonstances excluant l'illicéité existent (consentement, légitime défense, contre-
mesures, force majeure, détresse, état de nécessité - conditions strictes).
• Les conséquences de la responsabilité incluent le maintien de l'obligation primaire, la
cessation du fait illicite, des garanties de non-répétition et l'obligation de réparation du
préjudice (restitution, indemnisation, satisfaction).
• Un régime particulier existe pour les violations graves d'obligations découlant de normes
impératives du DI général (jus cogens), impliquant une obligation de réaction et de
coopération pour les États.
• L'invocation de la responsabilité revient principalement à l'État lésé, mais en cas
d'obligations erga omnes, tous les États peuvent être considérés comme lésés.
L'invocation se fait par voies diplomatiques, et en cas d'échec, par la saisine d'un juge.
Les contre-mesures sont un moyen de mise en œuvre.
Chapitre 2. L'Adoption de Contre-Mesures (= Sanction), un Moyen d'Exécution :
• Les contre-mesures sont des réactions à un fait internationalement illicite visant à inciter
l'État responsable à revenir à la licéité. Elles peuvent être étatiques (unilatérales) ou
décidées dans le cadre des OI (sanctions institutionnelles ou collectives).
• Il faut distinguer les contre-mesures visant à la satisfaction d'un droit subjectif de celles
visant la satisfaction d'un droit objectif de la communauté internationale (moins clairement
reconnues).
• La rétorsion est un acte licite en réponse à un acte illicite, tandis que la représaille
(contre-mesure) est un acte intrinsèquement illicite dont l'illicéité est couverte par l'action
initiale.
• Le régime juridique des représailles prévoit le maintien de certaines obligations
(interdiction des représailles armées, respect des droits fondamentaux et du DI
humanitaire, etc.), une obligation de demande infructueuse et de notification préalable, et
une obligation de proportionnalité.
• Dans le domaine des RI commerciales (OMC), le recours aux procédures de l'OMC est
obligatoire en cas de différend, interdisant les contre-mesures unilatérales pendant la
phase de règlement.
Bilan de la section V (Partie 2) : L'application du DIP repose sur la responsabilité des États et,
en dernier recours, sur les contre-mesures encadrées par le DI. Le système reste décentralisé
mais des mécanismes institutionnels se développent.
VI. Le Règlement des Différends dans l'Ordre Juridique International :
L'obligation de règlement pacifique des différends (art. 2,3 Charte ONU) et l'interdiction du
recours à la force (art. 2,4) sont fondamentales. Les États ont le libre choix des modes de
règlement pacifique (art. 33), avec une obligation de bonne foi dans les négociations. Un
différend est défini comme un désaccord sur un point de droit ou de fait.
I. Le Libre Choix du Mode de Règlement des Différends :
• On distingue les modes diplomatiques (négociation, bons offices, médiation, conciliation,
enquête) et les modes juridictionnels (arbitrage, règlement judiciaire).
• L'arbitrage est un mode souple (tribunal créé par les parties), pouvant être interétatique
(CPA) ou transnational (droit des IDE, CIRDI).
• Le règlement judiciaire se fait devant des cours permanentes comme la CPJI (remplacée
par la CIJ), le TIDM, les juridictions régionales et spécialisées, et les juridictions pénales
internationales. Il n'existe pas de système hiérarchisé.
• Les OI peuvent jouer un rôle de médiateur dans le règlement des différends.
II. L'Engagement Juridictionnel :
• L'engagement juridictionnel repose sur le consentement des États, qui peut être donné
avant (clause compromissoire, déclarations unilatérales de compétence obligatoire de la
CIJ) ou après la naissance du différend (compromis).
• Le consentement without privity est spécifique à l'arbitrage en matière d'investissement
(offre d'arbitrage dans les TBI acceptée par l'investisseur).
• La compétence du tribunal est déterminée par le consentement et comprend une
compétence de la compétence. Les conditions de compétence sont matérielle,
personnelle, spatiale et temporelle. La recevabilité de la demande requiert un différend
justiciable et un intérêt à agir.
Bilan de la section VI (Partie 2) : Le règlement pacifique des différends est une obligation. Les
États choisissent librement les modes de règlement, et l'engagement juridictionnel repose sur leur
consentement.
Conclusion Générale :
Le document "[Link]" offre une analyse approfondie des fondements et du fonctionnement du
Droit International Public. Il met en lumière son caractère dynamique, sa dépendance à la volonté
étatique tout en reconnaissant la présence de normes impératives, ses spécificités liées à la
souveraineté et les défis de son application dans un contexte décentralisé. Les développements
historiques, les sources du droit international, les mécanismes de responsabilité et de règlement
des différends sont des éléments clés soulignés. La tension constante entre la souveraineté des
États et la nécessité de coopération internationale pour régir les relations demeure un fil
conducteur essentiel de cette discipline.