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Secteur public et administrations publiques

Ce chapitre définit le champ d'application du système SFP en précisant les concepts de secteur et d'unité institutionnelle, en se concentrant sur les administrations publiques et le secteur public. Il décrit les biens et services destinés à la consommation collective et individuelle, ainsi que les entités impliquées dans les politiques fiscales et budgétaires. Enfin, il aborde la classification des unités institutionnelles, y compris les sociétés publiques et les quasi-sociétés, et leur rôle dans l'administration publique.

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Secteur public et administrations publiques

Ce chapitre définit le champ d'application du système SFP en précisant les concepts de secteur et d'unité institutionnelle, en se concentrant sur les administrations publiques et le secteur public. Il décrit les biens et services destinés à la consommation collective et individuelle, ainsi que les entités impliquées dans les politiques fiscales et budgétaires. Enfin, il aborde la classification des unités institutionnelles, y compris les sociétés publiques et les quasi-sociétés, et leur rôle dans l'administration publique.

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2.

Champ d’application du système SFP

Ce chapitre définit les concepts de secteur et d’unité 2.2 Les biens et services destinés à la consomma-
institutionnelle, puis utilise ces concepts pour défi- tion collective comprennent normalement les ser-
nir le secteur des administrations publiques et le vices administratifs, la défense et le maintien de
secteur public. l’ordre et de la sécurité publique. Par définition, les
services collectifs sont toujours gratuits. Quant aux
biens et services destinés à la consommation indivi-
A. Introduction duelle, des exemples types sont l’éducation, la santé,
le logement, les loisirs et les services culturels. Ces
2.1 Les administrations publiques d’un pays sont services peuvent être fournis gratuitement ou
constituées des pouvoirs publics et de leurs organes moyennant une redevance. Les biens et services
d’exécution, qui sont des entités instituées par déci- fournis à la collectivité dans son ensemble ou aux
sion politique exerçant un pouvoir législatif, judi- particuliers peuvent être produits par les administra-
ciaire ou exécutif sur un espace territorial donné1. tions publiques elles-mêmes ou achetés par ces der-
Les principales fonctions économiques des adminis- nières à des tiers.
trations publiques consistent 1) à fournir à la collecti-
vité des biens et des services non marchands destinés 2.3 En principe, le système SFP est applicable à
à la consommation collective ou individuelle et 2) à toutes les entités effectivement impliquées dans la
redistribuer le revenu et la richesse au moyen de conduite des politiques fiscales et budgétaires. Nor-
transferts2. Les administrations publiques se caracté- malement, ces politiques relèvent d’entités dont la
risent en outre par le fait que ces activités doivent être seule vocation est de remplir les fonctions d’admi-
financées principalement par l’impôt ou par d’autres nistration publique, comme dans le cas d’un minis-
transferts obligatoires3. Bien évidemment, les admi- tère. Néanmoins, elles peuvent aussi relever de
nistrations publiques peuvent aussi financer une part sociétés détenues ou contrôlées par ces administra-
de leurs activités au cours d’une période donnée par tions qui exercent principalement des activités mar-
l’emprunt ou par l’acquisition de ressources autres chandes. Bien que ces sociétés, désignées sociétés
que des transferts obligatoires, comme le produit des (ou entreprises) publiques, comme, par exemple, une
intérêts, les ventes résiduelles de biens et de services banque centrale ou une société nationale des che-
ou les loyers (rentes) de gisements. mins de fer, ne fassent pas partie des administrations
publiques, il est néanmoins utile de produire des sta-
1 Le terme «administrations publiques» est de nature générique, dési- tistiques sur leurs opérations.
gnant toutes les entités qui, dans un pays, répondent à cette défini-
tion. Les différentes administrations d’un pays seront le plus souvent
désignées de façon spécifique. Par exemple, un pays peut avoir une 2.4 L’identification des entités à prendre en compte
administration centrale, des administrations d’États fédérés, de pro- dans le système SFP repose sur deux considérations.
vinces ou de régions et de nombreuses administrations locales.
2Les concepts de production marchande et non marchande sont présen- La première considération concerne le type d’unités
tés dans les paragraphes 2.31 à 2.37. En bref, la production non mar- statistiques pour lesquelles des statistiques peuvent
chande est constituée de biens et de services distribués gratuitement ou être utilement produites, et la deuxième concerne
vendus à très bas prix.
3 Cette caractéristique est nécessaire pour différencier une administra- l’identification, parmi ce type d’unités, de celles à
tion publique d’une institution sans but lucratif qui peut remplir les inclure effectivement dans le système SFP.
mêmes fonctions, mais tirer ses ressources de transferts volontaires, du
revenu de la propriété ou de la vente. L’affectation de transferts obliga-
toires peut être indirecte. Par exemple, une administration locale peut 2.5 En ce qui concerne la première considération,
financer ses activités par les dons de l’administration centrale. l’unité statistique utilisée par le système SFP est

7
Manuel de statistiques de finances publiques 2001

l’unité institutionnelle, unité fondamentale du SCN des activités des sociétés publiques aux politiques
1993. Comme il est expliqué dans la suite de ce cha- fiscales et budgétaires. Ce secteur comprend donc
pitre, cette unité peut, de son propre chef, détenir des toutes les unités du secteur des administrations
actifs, contracter des engagements et s’engager dans publiques augmenté des sociétés publiques. En
des activités économiques et dans des transactions outre, un certain nombre de sous-secteurs d’admi-
avec d’autres entités. Il y a plusieurs raisons de choi- nistration publique et du secteur public sont à
sir cette unité : déterminer selon leur utilité analytique éventuelle.

• Les statistiques des unités institutionnelles reposent 2.8 La suite de ce chapitre définit tout d’abord les
sur des données provenant d’entités pour les- concepts de secteur et d’unité institutionnelle. Ces
quelles des ensembles complets de comptes, y concepts sont ensuite appliqués au secteur des admi-
compris des bilans, peuvent être établis et qui per- nistrations publiques et au secteur public. Enfin, une
mettent l’intégration des flux et des stocks. Ceci description est faite des autres secteurs mentionnés
implique que toute variation de la valeur nette pen- dans ce manuel et du critère de résidence.
dant une période comptable peut être imputée à
une transaction ou à un autre événement identifié
et enregistré dans le système. B. Secteurs et unités institutionnelles4
• Les données nécessaires pour établir les statis- 1. Définition d’un secteur
tiques peuvent généralement être tirées des docu-
ments comptables normalement établis par les uni- 2.9 L’ensemble de l’économie d’un pays peut être
tés institutionnelles ou pouvant l’être. divisée en secteurs, chaque secteur comprenant un
certain nombre d’unités institutionnelles résidentes
• Parce que les unités institutionnelles pour les- de ce pays et définies dans la section suivante. Ce
quelles les statistiques des administrations pu- manuel suit le SCN 1993 en divisant dans un
bliques sont établies sont définies de la même premier temps l’ensemble de l’économie en cinq
façon que dans le SCN 1993, ces statistiques secteurs mutuellement exclusifs. À l’intérieur de
peuvent être harmonisées avec celles de la comp- chaque secteur5, les unités institutionnelles partagent
tabilité nationale. des objectifs communs qui diffèrent de ceux des
unités des autres secteurs. Ces cinq secteurs sont les
2.6 Une autre méthode consisterait à établir des suivants :
statistiques provenant de toutes les unités de l’éco-
nomie, tout en ne retenant que les données qui con- • Le secteur des sociétés non financières, compre-
cernent spécifiquement les finances publiques. nant les unités institutionnelles produisant des
Cette approche ne permettrait pas, à partir des sta- biens et des services non financiers marchands.
tistiques ainsi produites, d’établir des bilans et
d’expliquer les variations de la valeur nette. En • Le secteur des sociétés financières, comprenant
outre, dans la pratique, il serait sans doute impos- les unités dont l’activité principale est d’offrir des
sible de faire la distinction entre les opérations des services financiers marchands.
sociétés publiques de nature fiscale ou budgétaire
et leurs activités propres. Par exemple, il est peu • Le secteur des administrations publiques, com-
probable que les prêts bonifiés des institutions prenant les unités dont l’activité principale est
financières publiques puissent être distingués de d’exercer les fonctions d’administration publique.
prêts comparables aux taux du marché.
• Le secteur des institutions sans but lucratif au
2.7 L’identification des unités institutionnelles service des ménages, comprenant toutes les insti-
pour lesquelles les statistiques doivent être établies tutions sans but lucratif résidentes offrant des
se fait en deux temps. Le secteur des administra-
tions publiques doit d’abord être défini. Ce secteur
comprend toutes les unités institutionnelles princi- 4 Les définitions et descriptions des secteurs et des unités institution-
palement engagées dans des activités non mar- nelles sont volontairement alignées sur les définitions et descriptions
équivalentes du chapitre IV du SCN 1993.
chandes. C’est ensuite au secteur public d’être 5Pour abréger, le terme «unité» à la place de «unité institutionnelle»

défini, permettant ainsi de capturer la contribution sera souvent utilisé dans la suite de ce manuel.

8
Champ d’application du système SFP

biens et des services non marchands aux ménages, 2.12 Deux types principaux d’entités remplissent les
sauf celles qui sont contrôlées et principalement conditions requises pour constituer une unité institu-
financées par les administrations publiques. tionnelle : 1) les personnes physiques ou les groupes
de personnes physiques, qui forment les ménages, et
• Le secteur des ménages, constitué des petits groupes 2) les entités juridiques ou sociales (ou personnes
de personnes mettant en commun une partie, ou la morales), reconnues par la loi ou par la société indé-
totalité, de leur revenu et de leur patrimoine, consom- pendamment des personnes ou des autres entités qui
mant collectivement certains types de biens et de ser- les possèdent ou les contrôlent.
vices et partageant le même logement.
2.13 Les quatre types d’entités juridiques ou
2.10 Pour les besoins de l’analyse, chacun de ces sociales identifiées en tant qu’unités institutionnelles
secteurs peut être subdivisé en sous-secteurs, pou- dans le SCN 1993 et dans le présent manuel sont les
vant eux-mêmes être regroupés de différentes sociétés, les quasi-sociétés, les institutions sans but
manières pour former d’autres secteurs. Par lucratif et les unités d’administration publique.
exemple, le secteur des administrations publiques
peut se subdiviser en sous-secteurs de l’administra- 2.14 Une société est une entité juridique créée dans
tion centrale, des administrations d’États fédérés et le but de produire des biens ou des services pour le
des administrations locales; de même, le secteur marché. Elle peut être une source de profit ou
des sociétés non financières peut être subdivisé d’autres gains financiers pour ses propriétaires. Elle
entre les sociétés publiques non financières et les est propriété collective de ses actionnaires, qui ont le
autres sociétés non financières. pouvoir de nommer les administrateurs responsables
de sa gestion. Les unités institutionnelles détenues
2. Définition d’une unité institutionnelle ou contrôlées par les administrations publiques et
qui remplissent les critères définissant une société
2.11 Une unité institutionnelle est une entité écono- sont dénommées sociétés publiques. Selon la nature
mique capable, de son propre chef, de posséder des de leurs activités principales, les sociétés font partie
actifs, de contracter des engagements et de s’engager soit du secteur des sociétés financières, soit de celui
dans des activités économiques et dans des transac- des sociétés non financières.
tions avec d’autres entités. Les unités institutionnelles
présentent donc d’importantes caractéristiques. 2.15 La classification d’une unité en société ne
dépend pas de son statut juridique, mais du fait que
• Une unité institutionnelle est en mesure de possé- son activité consiste à produire des biens et des ser-
der pour son propre compte des biens et des actifs; vices marchands et qu’elle constitue une source de
elle est donc capable d’échanger ses biens et ses profit ou d’autres gains financiers pour ses proprié-
actifs avec d’autres unités institutionnelles. taires. Bien que certaines institutions sans but lucra-
tif ou des unités d’administration publique puissent
• Elle est capable de prendre des décisions écono- être juridiquement constituées en sociétés, elles ne
miques et de s’engager dans des activités écono- doivent pas être considérées comme telles pour les
miques pour lesquelles elle est tenue directement besoins des statistiques économiques si elles n’ont
responsable et redevable en droit. pas une activité de production marchande. D’autres
institutions sans but lucratif juridiquement consti-
• Elle est capable de souscrire des dettes en son nom tuées en sociétés et produisant pour le marché
propre, de contracter d’autres engagements ou de peuvent ne pas constituer une source de gains finan-
prendre des engagements sur l’avenir et de con- ciers pour leurs propriétaires. À l’inverse, certaines
clure des contrats. entités dont les désignations peuvent varier, comme
les sociétés à responsabilité limitée (S.A.R.L.), sont
• Il existe pour l’unité institutionnelle un ensemble considérées comme des sociétés aux fins des statis-
complet de comptes, y compris un bilan présentant tiques économiques.
l’état des actifs, des passifs et de la valeur nette. Si
un tel bilan n’existe pas, il devrait être possible et 2.16 Une quasi-société est une entité non consti-
significatif, à la fois d’un point de vue écono- tuée en société, ni autrement établie juridiquement,
mique et juridique, d’établir un ensemble complet mais qui opère comme une société selon les critères
de comptes si nécessaire. définis aux deux paragraphes précédents. Les quasi-

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Manuel de statistiques de finances publiques 2001

sociétés sont traitées comme les sociétés dans le unités institutionnelles autres que l’organisme fon-
système SFP, constituant ainsi des unités institution- dateur ou celui qui la gère ou la finance. Comme
nelles distinctes de celles dont elles dépendent juri- les sociétés et les quasi-sociétés, les ISBL mar-
diquement. Les quasi-sociétés sont donc à inclure chandes font partie soit du secteur des sociétés
soit dans le secteur des sociétés financières, soit financières, soit du secteur des sociétés non finan-
dans celui des sociétés non financières, selon la cières. Les autres ISBL font partie soit du secteur
nature de leur activité principale. des institutions sans but lucratif au service des
ménages, soit du secteur des administrations
2.17 Le concept de quasi-société permet de distin- publiques, selon le type des unités qui les con-
guer de leurs unités de tutelle les entreprises non trôlent et les financent principalement.
constituées en sociétés qui sont à la fois engagées
dans des activités de production marchande et suffi- 2.20 Les unités d’administration publique sont des
samment autonomes ou indépendantes pour se con- unités institutionnelles qui exercent les fonctions
duire comme si elles étaient effectivement consti- d’administration publique en tant qu’activité princi-
tuées en sociétés. Pour qu’une entreprise soit une pale. Cela signifie qu’elles exercent un pouvoir
quasi-société, un ensemble complet de comptes doit législatif, judiciaire ou exécutif sur d’autres unités
exister (ou pouvoir exister), retraçant notamment institutionnelles sur un territoire donné, qu’elles
tout flux de revenu ou de capital entre cette quasi- assument la responsabilité de fournir des biens et des
société et son unité de tutelle. Une imprimerie natio- services non marchands à la collectivité ou aux
nale ou un organisme produisant des services cultu- ménages, qu’elles redistribuent le revenu et la
rels vendus au public constituent des cas possibles richesse au moyen de transferts, et qu’elles financent
de quasi-sociétés publiques. leurs activités, directement ou indirectement, princi-
palement par l’impôt et d’autres prélèvements obli-
2.18 Pour qu’une quasi-société publique puisse gatoires en provenance des autres secteurs. Toutes
exister, l’administration publique doit laisser aux les unités d’administration publique font partie du
responsables de l’entité en question une grande lati- secteur des administrations publiques.
tude en matière de gestion de la production et d’utili-
sation de ses ressources financières. Les quasi-socié- 2.21 Une administration de sécurité sociale repré-
tés publiques doivent pouvoir disposer de leurs sente un type particulier d’unité d’administration
propres fonds de roulement et financer une partie ou publique consacré à la gestion d’un ou de plusieurs
la totalité de leur formation de capital sur ressources régimes de sécurité sociale, selon la définition don-
propres ou par l’emprunt. Le fait que les flux de née dans l’annexe de ce chapitre. Une administration
revenu et de capital entre une quasi-société et son de sécurité sociale doit présenter les caractéristiques
administration de tutelle puissent être identifiés générales d’une unité institutionnelle. Cela signifie
implique que les activités d’exploitation et de finan- qu’elle doit avoir une organisation autonome par
cement de ces deux entités ne sont pas totalement rapport aux autres administrations publiques, qu’elle
intégrées, même si celles-ci ne constituent pas des détient des actifs et des passifs séparément de ces
entités juridiques distinctes. dernières et qu’elle effectue des transactions finan-
cières pour son compte propre.
2.19 Les institutions sans but lucratif (ISBL) sont
des entités juridiques ou sociales créées dans le but 3. Application de la définition d’unité institutionnelle
de produire des biens ou des services, dont le statut aux administrations publiques
ne leur permet pas d’être une source de revenu, de
profit ou d’autre forme de gain financier pour les 2.22 Compte tenu de la complexité avec laquelle
unités qui les ont créées, les contrôlent, ou les sont organisées les administrations publiques, il
financent. Une ISBL peut être engagée dans des peut être difficile d’identifier leurs unités institu-
activités marchandes ou non marchandes. Si cette tionnelles. La plupart des ministères, départements,
ISBL est engagée dans des activités marchandes, établissements, conseils administratifs, commis-
comme dans le cas d’un hôpital appliquant des sions, autorités judiciaires, organes législatifs et
tarifs de marché ou d’une université offrant des ser- autres organes qui composent une administration
vices payants, elle doit alors conserver tout excé- ne constituent pas des unités institutionnelles dis-
dent tiré de ses activités productives en vue de tinctes parce qu’elles n’ont généralement pas le
financer ses opérations futures ou le distribuer à des pouvoir de détenir des actifs, de contracter des

10
Champ d’application du système SFP

engagements ou d’effectuer des opérations de leur 2.26 Lorsqu’une administration publique d’un pays
propre chef. En général, il convient donc de regrou- comprend plusieurs unités institutionnelles, l’une de
per en une seule unité institutionnelle toutes les ces unités contrôle généralement les autres. En
entités financées par des crédits ouverts dans le général cette unité est constituée des organes légis-
cadre d’un budget voté. latif, exécutif et judiciaire (l’État). Une unité
d’administration publique exerce son contrôle sur
2.23 L’étendue d’une unité d’administration pu- une autre en nommant ses responsables ou en pre-
blique n’est pas déterminée par sa situation géogra- nant des dispositions législatives ou réglementaires
phique. Par exemple, les différents ministères ou visant son financement plutôt que par une participa-
départements d’un gouvernement peuvent être déli- tion au capital comme dans le cas d’une société.
bérément dispersés dans tout le territoire régi par Aucune unité d’administration publique ne peut
celui-ci. Ils font néanmoins partie de la même unité donc en détenir une autre ou émettre des titres de
institutionnelle. De même, un ministère ou un dé- participation.
partement donné peut avoir de nombreuses an-
tennes ou agences pour répondre aux besoins lo- 2.27 Les sociétés publiques, en revanche, peuvent
caux. Ces antennes et agences font partie de la être sources de gains financiers pour les administra-
même unité institutionnelle. tions publiques qui les détiennent ou les contrôlent.
Au cas où les sociétés publiques émettent des titres
2.24 Il peut néanmoins exister des entités d’adminis- de participation, les gains ou les pertes financières
tration publique bénéficiant d’un statut juridique dis- peuvent être clairement imputés aux unités de tutelle.
tinct et d’une large autonomie; elles peuvent notam- Même dans les cas où il n’y a pas émission effective
ment être libres de déterminer le volume et la de titres de participation, le contrôle et la responsabi-
composition de leurs dépenses, et disposer d’une lité financière de l’administration publique de tutelle
source directe de revenu sous forme d’impôts affec- sur les activités de la société en question restent mal-
tés. Ces entités administratives sont souvent chargées gré tout clairement établis. Cette unité est dite alors
d’exercer des fonctions particulières, comme la cons- détenir une participation implicite.
truction de routes, ou la production de services non
marchands de santé ou d’éducation. Il faut les traiter
comme des unités institutionnelles distinctes si elles C. Secteur et sous-secteurs
tiennent une comptabilité complète, possèdent des
des administrations publiques
biens ou des actifs en leur nom propre, sont engagées
dans des activités non marchandes pour lesquelles
elles sont redevables en droit, et peuvent contracter 1. Secteur des administrations publiques
des dettes et conclure des contrats.
2.28 Le secteur des administrations publiques est
2.25 De nombreux pays affectent un volume de res- constitué de toutes les unités d’administration
sources considérables à la protection sociale sous la publique et de toutes les ISBL non marchandes con-
forme de prestations sociales en espèces ou en trôlées et principalement financées par des unités
nature destinées à protéger la totalité de la popula- d’administration publique6. Le terme unité d’admi-
tion ou des groupes distincts contre certains risques nistration publique (ou, pour abréger, adminis-
sociaux. Un risque social est un événement ou une tration publique) désignera ci-après les unités de
circonstance qui peut affecter défavorablement le ce secteur7.
bien-être des ménages concernés soit en occasion-
nant des dépenses supplémentaires, soit en rédui-
sant leurs revenus. Les prestations sociales peuvent 6 Seules les unités d’administration publique et les ISBL résidentes
inclure la fourniture de services médicaux, les allo- sont incluses dans le secteur des administrations publiques, mais on
cations de chômage ou les pensions de retraite. peut supposer que toutes ces unités et les ISBL qu’elles contrôlent
Étant donné que les systèmes de protection sociale sont résidentes. Le concept de résidence est exposé dans les para-
graphes 2.70 à 2.77.
sont très étendus dans de nombreux pays et qu’ils 7 Le terme «unité d’administration publique» sera généralement uti-

peuvent être organisés de différentes manières, une lisé dans ce manuel. Ce dernier sera cependant aussi applicable dans
annexe à ce chapitre décrit les différents types de la plupart des cas aux sociétés publiques. Dans certains cas, pour la
clarté de l’exposé, le texte se référera spécifiquement aux sociétés ou
régimes et leurs effets sur les statistiques du secteur au secteur public. Dans le cas contraire, on pourra supposer que le
des administrations publiques. texte s’appliquera à l’ensemble du secteur public.

11
Manuel de statistiques de finances publiques 2001

2.29 Les ISBL non marchandes qui sont à la fois 2.32 Par prix économiquement significatifs, il faut
contrôlées et financées principalement par des unités entendre des prix ayant un impact sensible sur les
d’administration publique, même si elles sont juridi- quantités que les producteurs sont disposés à offrir et
quement distinctes de celles-ci, seront considérées que les acquéreurs souhaitent acheter. Il faut cepen-
comme partie intégrante du secteur des administra- dant appliquer cette définition avec beaucoup de dis-
tions publiques dont elles exécutent les politiques. cernement, après avoir pris en considération tous les
Les pouvoirs publics peuvent en effet choisir de con- éléments du contexte. Bien qu’aucun traitement pré-
fier l’exécution de certaines politiques à des institu- cis ne puisse être préconisé, il est clair qu’un prix n’a
tions sans but lucratif si ces dernières sont perçues pas besoin d’atteindre un niveau qui couvre tous les
comme neutres, objectives et à l’abri des ingérences coûts de production pour être économiquement
politiques. Par exemple, la recherche-développe- significatif. À l’autre extrême, un prix économique-
ment, ou la définition et la révision périodique des ment non significatif est un prix qui n’est pas quanti-
normes dans les domaines de la santé, de la sécurité, tativement significatif du point de vue de l’offre ou
de l’environnement et de l’éducation sont des de la demande. Ce type de prix peut être pratiqué en
domaines dans lesquels les ISBL peuvent être plus vue d’obtenir des recettes ou de réduire quelque peu
efficaces que les organismes administratifs. l’excès de la demande qui apparaît lorsque des ser-
vices sont offerts gratuitement, mais ne vise pas à
2.30 Une unité d’administration publique contrôle éliminer cet excès de demande. Il sert tout au plus à
une ISBL non marchande lorsqu’elle est en mesure dissuader les unités dont les besoins sont les moins
de déterminer sa politique générale ou ses activités en pressants, sans beaucoup réduire la demande totale.
exerçant le droit de nommer ses dirigeants ou un con-
trôle financier. Le degré de contrôle sur une ISBL 2.33 La production marchande est constituée des
que procure le soutien financier qui lui est apporté biens et des services vendus à des prix économique-
dépend du calendrier de financement, des restrictions ment significatifs ou écoulés autrement sur le mar-
liées à cet appui, ainsi que de son montant. Il faut ché, ou encore destinés à être vendus ou écoulés sur
donc faire preuve de discernement en fonction des le marché. La production non marchande com-
faits et des conditions propres à chaque cas. Une prend les biens et les services offerts gratuitement à
ISBL est financée principalement par une unité d’autres unités institutionnelles ou à la collectivité
d’administration publique si celle-ci lui procure la dans son ensemble, ou à des prix qui ne sont pas éco-
majeure partie de ses ressources d’exploitation8. nomiquement significatifs.

2.31 Le secteur des administrations publiques 2.34 Un producteur marchand est une unité qui
n’inclut pas les sociétés ou quasi-sociétés publiques. met sur le marché la totalité de sa production. La
Lorsqu’une unité vend une partie ou la totalité de sa production marchande doit inclure aussi la formation
production, il peut être difficile de décider si elle doit de capital fixe pour compte propre. Un producteur
être considérée comme une unité d’administration non marchand est une unité dont l’activité princi-
publique ou comme une entreprise publique, ou pale est de fournir des biens ou des services gratuite-
encore comme une quasi-société publique. En géné- ment ou à des prix économiquement non significatifs
ral, cette décision dépend des prix auxquels elle vend aux ménages ou à la collectivité. Les producteurs
sa production. Toutes les unités qui vendent la totalité non marchands peuvent aussi vendre une production
ou la quasi-totalité de leur production aux prix du marchande dans le cadre d’une activité secondaire.
marché doivent faire partie des sociétés ou des quasi-
sociétés, et toutes les autres doivent appartenir aux 2.35 Par conséquent, deux questions sont à considé-
administrations publiques. Cependant, comme il rer pour décider de la classification des unités qui
n’est pas toujours facile d’identifier les prix de la pro- vendent une partie ou la totalité de leur production.
duction des unités du secteur public, le concept de Premièrement, si une unité vend la majeure partie ou
prix économiquement significatif est alors utilisé la totalité de sa production, la vend-elle à des prix
pour déterminer si ces prix sont ou non ceux du mar- économiquement significatifs? S’ils le sont toujours,
ché en vue de classer les unités institutionnelles. alors l’unité est une société publique. Si les prix
ne sont jamais économiquement significatifs, alors
8 Comme indiqué dans la note de bas de page 4, l’affectation des
l’unité doit faire partie des administrations publiques.
ISBL aux différents secteurs doit être la même que dans les comptes Deuxièmement, si les prix ne sont économiquement
nationaux. significatifs que dans certains cas ou si l’unité ne vend

12
Champ d’application du système SFP

qu’une partie de sa production, est-il alors possible plet et ne sera pas en mesure d’effectuer des opéra-
d’identifier, à l’intérieur de cette unité, une quasi- tions financières en son nom propre; s’il présentait
société? Si cela est possible, alors les organismes qui ces caractéristiques, il serait alors traité comme une
écoulent la production à des prix économiquement quasi-société. Les ventes réalisées par les établisse-
significatifs et pour lesquels il existe un ensemble ments marchands sont définies dans le chapitre 5
complet de comptes doivent être traités comme une comme une catégorie de recettes spécifique. Le pro-
quasi-société. Les autres composantes constituent une duit des ventes des établissements non marchands, à
unité d’administration publique. S’il n’est pas pos- des prix économiquement significatifs ou non, doit
sible d’identifier une quasi-société, alors les compo- être classé sous une autre catégorie de recettes, à
santes qui vendent leur production à des prix écono- savoir les ventes résiduelles de biens et de services.
miquement significatifs restent partie intégrante de
l’unité d’administration publique et le produit de leurs 2.38 Il y a deux exceptions à ces règles générales
ventes fait partie des recettes de cette unité. concernant la classification des unités. Premièrement,
si l’unité est un organisme de services interne qui
2.36 Si une unité d’administration publique vend vend sa production principalement à d’autres unités
une partie de sa production à des prix économique- d’administration publique, comme un parc de véhi-
ment significatifs, un ou plusieurs établissements cules, un dépôt de fournitures ou une fabrique de
marchands peuvent exister. Un établissement se munitions, elle est alors traitée comme une unité
définit comme une entreprise9, ou une partie d’entre- auxiliaire, et ses activités sont à regrouper avec celles
prise, située en un lieu unique, et dans laquelle une de l’unité des administrations publiques qui la con-
seule activité de production est exercée, ou dans trôle. Deuxièmement, dans certains cas, une unité
laquelle la majeure partie de la valeur ajoutée pro- ressemblant à une société financière est en fait une
vient de l’activité de production principale. En pra- unité d’administration publique. Il arrive en effet sou-
tique, il est généralement possible d’associer un éta- vent que les pouvoirs publics établissent un orga-
blissement à un lieu de travail déterminé dans lequel nisme central de financement qui emprunte sur le
est exercé un type particulier d’activité de produc- marché pour prêter uniquement aux unités d’admi-
tion. Une unité institutionnelle peut être constituée nistration publique, en général aux conditions du
d’un ou de plusieurs établissements. marché. Ces organismes ne font que faciliter les
emprunts des administrations publiques et doivent
2.37 Un établissement marchand appartenant à une être considérés comme des unités de ces dernières11.
unité d’administration publique est un établissement
qui vend, ou écoule autrement, la totalité ou la 2.39 L’établissement des statistiques sur la base de
majeure partie de sa production à des prix économi- critères institutionnels peut amener à inclure une par-
quement significatifs10. Tout autre établissement est tie de l’autorité monétaire dans le secteur des admi-
un établissement non marchand. Un producteur non nistrations publiques. En principe, la banque centrale
marchand, comme une unité d’administration est une unité institutionnelle distincte classée parmi
publique, aura des établissements pour la plupart les sociétés publiques. Toutefois, dans certains pays,
non marchands, mais pourra aussi détenir un ou plu- l’administration centrale peut inclure des unités
sieurs établissements marchands. Ainsi, une piscine effectuant des opérations financières du ressort habi-
municipale dont l’entrée est payante, ou encore une tuel de la banque centrale dans d’autres pays. En par-
imprimerie nationale qui vend des publications, peut ticulier, des unités d’administration publique peuvent
être un établissement marchand. Il découle de cette être chargées d’émettre de la monnaie, de détenir des
définition qu’un établissement marchand doit pou- réserves internationales, de gérer des fonds de stabili-
voir établir un ensemble complet de données comp- sation des changes ou d’effectuer des opérations avec
tables concernant ses activités de production, y com- le FMI. Si ces unités restent financièrement intégrées
pris la valeur de sa production et ses coûts. En aux administrations publiques et directement contrô-
revanche, l’établissement n’aura pas de bilan com- lées par ces dernières, alors elles ne peuvent être trai-
tées comme des unités institutionnelles distinctes.
Toute opération relevant de l’autorité monétaire et
9 Une entreprise se définit comme une unité institutionnelle engagée
conduite par les administrations publiques est alors à
dans une activité de production.
10 «L’établissement marchand» dans le présent manuel est le plus

proche équivalent de «l’unité de production marchande des adminis- 11 Sil’unité prête principalement aux entreprises publiques, alors elle
trations publiques» du Manuel SFP 1986. doit être classée parmi les sociétés financières.

13
Manuel de statistiques de finances publiques 2001

tions de sécurité sociale dont le rôle dans la politique


Graphique 2.1. Le secteur des administrations des finances publiques rend nécessaire le regroupe-
publiques et ses sous-secteurs ment des statistiques de l’ensemble de leurs opéra-
tions dans un sous-secteur spécifique au secteur des
administrations publiques.
Sous-secteur de
l'administration
2.42 Des problèmes de classification d’une unité
centrale1
peuvent se poser lorsque les transactions sont effec-
tuées par une administration publique qui relève à la
fois de deux niveaux d’administration, car la classifi-
cation de l’organisme en question peut être difficile,
Sous-secteur des en particulier s’il dispose de sa propre source de
Secteur des
administrations administrations financement, comme par exemple des recettes fis-
publiques d'États fédérés1 cales affectées. De même, une ISBL peut être con-
trôlée et principalement financée par plusieurs unités
qui se situent à différents niveaux d’administration.
Par exemple, une administration d’États fédérés peut
nommer la majorité des responsables d’une ISBL,
Sous-secteur des alors que le financement de cette dernière provient
administrations principalement de l’administration centrale. Les uni-
locales1 tés d’administration publique soumises à un double
contrôle doivent être incluses au niveau de l’admi-
1Y compris les administrations de sécurité sociale. Ces dernières peuvent aussi être
nistration qui prédomine dans le financement et le
regroupées dans un sous-secteur distinct. contrôle de leurs opérations, sans qu’aucune règle
précise générale ne puisse être formulée à ce sujet.

enregistrer dans les comptes du secteur des adminis- 2.43 Deux assemblages différents sont envisa-
trations publiques. geables pour répondre à la sectorisation des unités
d’administration publique en sous-secteurs : selon le
2. Sous-secteurs des administrations publiques niveau auquel elles appartiennent ou selon qu’elles
constituent ou non des administrations de sécurité
2.40 Il est souvent nécessaire ou souhaitable, pour des sociale. Dans un premier cas, toutes les administra-
raisons analytiques, de désagréger les statistiques du tions de sécurité sociale peuvent être classées au
secteur des administrations publiques. Selon la niveau d’administration où elles sont gérées, et être
manière dont sont traitées les administrations de sécu- regroupées avec les autres unités d’administration
rité sociale, deux méthodes principales d’établisse- publique du même niveau. Les sous-secteurs seraient
ment des sous-secteurs sont exposées ci-après. alors les suivants : administration centrale, adminis-
trations d’États fédérés, provinces ou régions et
2.41 Suivant les dispositions administratives et juri- administrations locales — à supposer que ces trois
diques en vigueur, un pays donné peut avoir plusieurs niveaux existent (graphique 2.1). Dans un deuxième
niveaux d’administration pour chacun desquels les cas, toutes les administrations de sécurité sociale
statistiques doivent être établies. Trois niveaux peuvent être regroupées dans un sous-secteur dis-
d’administration sont prévus dans le système SFP : tinct, toutes les autres unités d’administration
l’administration centrale, les administrations d’États publique étant classées selon leur niveau propre.
fédérés, de provinces ou de régions et les administra- Dans ce cas, les sous-secteurs — administration cen-
tions locales. Ces trois niveaux n’existent pas dans trale, administrations d’États fédérés, provinces ou
tous les pays; certains ont seulement une administra- régions et administrations locales — seraient consti-
tion centrale, d’autres une administration centrale et tués de toutes les unités d’administration publique
un seul niveau inférieur. Dans d’autres pays encore, autres que les organismes de sécurité sociale.
plus de trois niveaux peuvent exister. Dans ce cas, il
convient de classer les diverses unités dans les trois 2.44 Ces deux variantes de sous-sectorisation sont
niveaux proposés ici. Ces niveaux d’administration conçues pour répondre à des besoins d’analyse diffé-
étant définis, il peut en outre exister des administra- rents. Le choix de la variante dans un pays donné

14
Champ d’application du système SFP

dépend de l’organisation et de l’importance des admi- L’administration centrale a le pouvoir de lever des
nistrations de sécurité sociale, et du degré d’indépen- impôts sur toutes les unités résidentes et les unités
dance dont elles disposent par rapport à leurs adminis- non résidentes engagées dans des activités écono-
trations de tutelle. Si la gestion des administrations de miques dans le pays. L’administration centrale est
sécurité sociale dépend fortement des impératifs à responsable de la prestation de services collectifs au
court ou à moyen terme de la politique économique profit de la population dans son ensemble, parmi les-
générale, au point que les cotisations et les prestations quels figurent la défense nationale, les relations avec
ciblent délibérément les buts de cette politique, il les gouvernements étrangers, le maintien de l’ordre
devient difficile, sur le plan conceptuel, d’établir une public et de la sécurité, ainsi que la gestion efficace
distinction nette entre la gestion de la sécurité sociale du cadre économique et social du pays. Elle peut, en
et les autres fonctions économiques de l’administra- outre, effectuer des dépenses pour fournir des ser-
tion publique. Il arrive aussi que, dans certains pays, vices qui, comme l’éducation ou la santé, profitent
les administrations de sécurité sociale existent sous principalement aux ménages à titre individuel. Enfin,
une forme très rudimentaire. Dans les deux cas, le trai- elle peut procéder à des transferts au profit d’autres
tement des administrations de sécurité sociale en tant unités institutionnelles, y compris aux autres niveaux
que sous-secteur distinct à égalité avec l’administra- de l’administration.
tion centrale, les administrations d’États fédérés et les
administrations locales serait difficile à justifier. 2.49 Il est particulièrement important d’établir des
statistiques pour l’administration centrale, parce que
2.45 Outre les sous-secteurs définis en fonction du celle-ci tient une place particulière dans l’analyse des
niveau d’administration et du traitement des admi- politiques de finances publiques. C’est en effet princi-
nistrations de sécurité sociale, il est aussi possible palement par l’intermédiaire des activités de ce sous-
d’établir, à chaque niveau d’administration, des secteur que la politique fiscale et budgétaire agit sur les
sous-secteurs selon la source du financement des pressions inflationnistes ou déflationnistes dans l’éco-
unités, à savoir le budget voté à un niveau particulier nomie. Et c’est en général seulement au niveau de
d’administration ou des ressources extrabudgétaires. l’administration centrale que les pouvoirs publics
Il est souvent souhaitable, pour l’analyse, de classer peuvent formuler et exécuter les politiques visant des
séparément ces types d’unités parce que leurs objectifs économiques pour l’ensemble du pays. Les
sources de financement et les modalités du contrôle autres niveaux d’administration ne visent d’habitude
public de leurs activités diffèrent. pas des objectifs de politique économique nationale et,
à la différence de l’administration centrale, ils n’ont
2.46 Outre la classification des unités par niveau pas accès aux crédits de la banque centrale.
d’administration et par fonction de sécurité sociale,
la classification de certaines transactions reprend le 2.50 L’administration centrale est, dans la plupart
secteur de l’autre partie à la transaction. Dans ce cas, des pays, un sous-secteur vaste et complexe, compre-
le groupe d’unités intitulé «autres unités d’adminis- nant un groupe central de départements ou de minis-
tration publique» comprend toutes les unités d’admi- tères constituant une unité institutionnelle, ainsi que
nistration publique autres que celles pour lesquelles d’autres entités ayant un statut légal distinct et une
les statistiques sont établies. Si l’on considère, par autonomie suffisante pour pouvoir constituer des uni-
exemple, les statistiques de l’administration centrale, tés supplémentaires de l’administration centrale.
ce groupe inclut toutes les unités des administrations
publiques autres que celles de l’administration pu- b. Administrations d’États fédérés, de provinces
blique centrale. ou de régions

2.47 Les niveaux de l’administration sont définis 2.51 Un État fédéré, une province ou région, corres-
dans les sections qui suivent. Ces définitions sont pond à la zone géographique la plus étendue pouvant
applicables indépendamment du traitement choisi constituer une subdivision politique ou administrative
pour les administrations de sécurité sociale. d’un pays. Cette zone géographique peut avoir
d’autres appellations, comme celles de canton, comté,
a. Administration centrale république, préfecture ou département, et de région
administrative. Par commodité et conformément au
2.48 Les pouvoirs de l’administration centrale SCN 1993, ce niveau d’administration sera désigné ci-
s’étendent sur la totalité du territoire national. dessous par l’appellation d’États fédérés.

15
Manuel de statistiques de finances publiques 2001

2.52 Le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif de vue administratif et politique. Leurs pouvoirs sont
l’administration d’un État fédéré s’étend sur l’en- généralement beaucoup plus limités que ceux de
semble de son territoire, lequel comprend générale- l’administration centrale ou des administrations d’États
ment de nombreuses localités, mais exclut les terri- fédérés. Elles peuvent parfois être habilitées à prélever
toires d’autres États fédérés. Dans certains pays, il des impôts sur des unités institutionnelles résidant sur
n’existe ni États fédérés ni administrations d’États leur territoire et leurs activités. Elles dépendent sou-
fédérés. Dans d’autres pays, notamment ceux qui ont vent beaucoup de soutiens ou de transferts en prove-
des constitutions fédérales, il arrive que les adminis- nance des niveaux supérieurs de l’administration, et il
trations d’États fédérés disposent de pouvoirs et de leur arrive également d’agir dans une certaine mesure
responsabilités considérables. en qualité d’agents de l’administration centrale ou
d’administrations d’États fédérés. Toutefois, pour être
2.53 Une administration d’un État fédéré a en général traitées comme des unités institutionnelles, elles
le pouvoir de lever des impôts sur les unités institution- doivent avoir le droit de posséder des actifs, de se pro-
nelles qui résident ou s’engagent dans des activités curer des ressources financières et de contracter des
économiques sur son territoire. Pour être considérée engagements en empruntant en leur nom propre. Elles
comme une unité d’administration publique, il lui faut doivent aussi disposer d’une certaine latitude dans
être en mesure de posséder des actifs, de se procurer l’utilisation de leurs ressources et avoir la capacité de
des ressources financières et de contracter des engage- choisir leurs propres responsables, indépendamment
ments en son nom propre. Il faut également qu’elle ait des contrôles administratifs externes.
le droit de dépenser, ou d’affecter, en fonction de ses
propres politiques au moins une partie des impôts ou 2.56 Les administrations locales fournissent en géné-
des autres recettes qu’elle perçoit. Une administration ral aux résidents locaux un large éventail de services,
d’un État fédéré peut cependant recevoir de l’adminis- dont certains sont parfois financés par des dons prove-
tration centrale des transferts affectés à des objectifs nant de niveaux d’administration plus élevés. Les sta-
particuliers. Elle doit également être en mesure de tistiques des administrations locales peuvent couvrir
nommer ses propres fonctionnaires, indépendamment un ensemble très divers d’unités institutionnelles,
des contrôles administratifs externes. Si une entité comme les départements, cantons et comtés, les com-
d’administration publique effectuant des opérations munes, municipalités, villes et agglomérations, ou
dans un État fédéré dépend entièrement de ressources encore les quartiers, les districts scolaires et les dis-
de l’administration centrale, et si cette dernière décide tricts de distribution des eaux ou de services sanitaires.
également de la façon dont celles-ci doivent être Souvent, des unités d’administration locale chargées
dépensées, cette entité doit être alors traitée comme de fonctions différentes exercent leurs compétences
faisant partie de l’administration centrale. sur un même territoire géographique. Par exemple, dif-
férentes unités d’administration locale représentant
2.54 Les principaux départements ou ministères une municipalité, un comté et un district scolaire
d’une administration d’un État fédéré, là où il en peuvent exercer leurs compétences sur le même terri-
existe, constituent une unité institutionnelle unique toire. En outre, les administrations locales de plusieurs
analogue à l’unité principale de l’administration cen- territoires contigus peuvent instituer une unité dotée
trale. Il peut en outre exister des organismes opérant d’un pouvoir régional (syndicats de communes, etc.)
sous l’autorité d’un État fédéré, ayant un statut légal responsable devant chacune d’entre elles. Les unités de
distinct et une autonomie suffisante pour constituer ce type doivent aussi être incluses dans le sous-secteur
des unités institutionnelles additionnelles. Il peut des administrations locales.
aussi y avoir des unités institutionnelles dont l’acti-
vité s’étend dans plusieurs États et qui sont sous le 2.57 Les fonctions des administrations locales les
contrôle respectif de chacun de ces États. Ces unités plus courantes couvrent 1) les établissements sco-
doivent aussi être incluses dans le sous-secteur des laires, pour lesquels la tarification des usagers est
administrations d’États fédérés. faible par rapport au coût supporté par les administra-
tions locales; 2) les hôpitaux et les services sociaux,
c. Administrations locales comme les jardins d’enfants, les crèches ou les loge-
ments sociaux; 3) l’assainissement public et des enti-
2.55 Les administrations locales exercent leur pouvoir tés apparentées, comme les systèmes et les usines de
législatif, judiciaire et exécutif sur les plus petits des traitement des eaux, les services de ramassage des
territoires géographiques pouvant exister d’un point de ordures et d’évacuation des déchets, les cimetières ou

16
Champ d’application du système SFP

les crématoriums; 4) les établissements culturels, les


lieux de loisirs et les installations sportives, comme Graphique 2.2. Le secteur public
les théâtres, salles de spectacles, musées, galeries
d’art, bibliothèques, et jardins publics ou parcs.
Secteur public
2.58 Les unités d’administration publique au ser-
vice à la fois d’une administration d’État fédéré et
d’une ou plusieurs administrations locales sont à
classer au niveau d’administration qui prédomine
pour leurs opérations et leur financement. Dans cer- Administrations Sociétés
publiques publiques
tains pays, il existe plusieurs niveaux intermédiaires
d’administration entre l’administration centrale et
les plus petites unités des administrations publiques
Sociétés Sociétés
locales. Si c’est le cas, ces niveaux intermédiaires Administration
publiques publiques non
d’administration doivent être regroupés avec le centrale
financières financières
niveau auquel ils s’apparentent le plus (États fédérés
ou administrations locales).
Administrations Sociétés publiques monétaires,
d'États fédérés y compris la banque centrale

D. Secteur public
Sociétés publiques
Administrations
financières
2.59 Parce que les sociétés publiques peuvent avoir locales
non monétaires
des activités gouvernementales sur instructions de
leurs administrations de tutelle, il convient d’établir
des statistiques pour le secteur public aussi bien que
pour les administrations publiques. Ces activités
peuvent prendre des formes diverses. Par exemple, fins de l’analyse, divers groupes — ou sous-secteurs
une société publique peut effectuer des transactions du secteur public (graphique 2.2). Quatre groupes de
spécifiques en application d’une mesure gouverne- sociétés publiques forment un noyau à partir duquel
mentale, comme l’octroi à certains agents de crédits d’autres groupes peuvent être établis. Ces quatre
à taux bonifiés ou l’application d’un tarif réduit groupes sont les suivants :
d’électricité à certains abonnés. Plus généralement,
une société publique peut exécuter des mesures de • Les sociétés publiques non financières — toutes
politique budgétaire en employant des effectifs en les entreprises non financières résidentes contrô-
surnombre, en acquérant des biens intermédiaires lées par l’administration publique.
supplémentaires, en achetant ces biens à des prix
supérieurs à ceux du marché ou en vendant une large • Les sociétés publiques financières non monétaires
part de sa production en dessous des prix pratiqués — toutes les sociétés financières résidentes con-
par le secteur concurrentiel. trôlées par les administrations publiques, à
l’exception de la banque centrale et des autres ins-
2.60 Les statistiques sur les sociétés publiques sont titutions publiques de dépôts. Les institutions de
aussi souvent nécessaires pour établir les statistiques dépôts sont des sociétés financières, des quasi-
complètes des administrations publiques. Par exemple, sociétés ou des ISBL marchandes dont l’activité
les variations de la valeur nette des entreprises principale est l’intermédiation financière et dont
publiques se répercutent sur la valeur des participa- les engagements sont sous forme de dépôts ou
tions que détiennent les administrations publiques. Les d’instruments financiers facilement substituables à
comptes des entreprises publiques apportent donc des des dépôts.
renseignements sur les facteurs de variations de leur
valeur nette utiles à l’analyse de la viabilité des poli- • Les sociétés publiques monétaires autres que la
tiques fiscales et budgétaires. banque centrale — toutes les institutions de
dépôts résidentes autres que la banque centrale
2.61 En établissant les statistiques des sociétés contrôlées par des unités des administrations
publiques, il peut être souhaitable de distinguer, aux publiques.

17
Manuel de statistiques de finances publiques 2001

• La banque centrale, qui comprend la banque cen- 2.64 Le secteur des institutions financières est
trale proprement dite et l’institut d’émission ou constitué de toutes les sociétés, quasi-sociétés et
l’autorité monétaire autonome qui émettent de la ISBL marchandes dont l’activité principale est
monnaie nationale pleinement adossée à des l’intermédiation financière ou la conduite d’opéra-
réserves de change, ainsi que d’autres organismes tions financières auxiliaires étroitement liées à
sous tutelle administrative formant des unités ins- cette dernière. Dans certains cas, ce secteur se sub-
titutionnelles distinctes et qui effectuent princi- divise en trois sous-secteurs : la banque centrale,
palement des opérations de banque centrale. les autres institutions de dépôts et les sociétés
financières non classées ailleurs.
2.62 À partir des quatre groupes définis ci-dessus et
des sous-secteurs d’administration publique, il est 2.65 Le sous-secteur des autres institutions de
possible de constituer d’autres sous-secteurs du sec- dépôts est constitué de toutes les sociétés, quasi-
teur public, en particulier : sociétés et ISBL recevant des dépôts, sauf la banque
centrale.
• Le secteur public non financier — le secteur des
administrations publiques augmenté des sociétés 2.66 Le sous-secteur des sociétés financières non
publiques non financières. classées ailleurs comprend l’ensemble des institu-
tions financières — sociétés, quasi-sociétés et ISBL
• Le secteur public non monétaire — constitué des marchandes — ne recevant pas de dépôts12. Il com-
entreprises publiques non financières, des institu- prend les unités qui se procurent des fonds autres
tions publiques financières non monétaires et du que des dépôts sur les marchés de capitaux et les
secteur des administrations publiques. utilisent pour acquérir d’autres types d’actifs finan-
ciers, comme, par exemple, les sociétés d’investis-
• Le secteur public central — le sous-secteur de sement, les sociétés de location-vente, de crédit-bail
l’administration centrale augmenté des sociétés et les autres sociétés offrant des services de crédit
publiques qu’il contrôle. individuel ou de crédit à la consommation, les com-
pagnies d’assurances ou les caisses de retraite auto-
nomes. Il inclut aussi les sociétés, quasi-sociétés et
E. Secteurs autres que le secteur ISBL marchandes dont les activités principales sont
des administrations publiques étroitement liées à l’intermédiation financière,
comme les bourses de valeurs et les marchés de
2.63 Dans le système SFP, certaines transactions titres, les agents de change et courtiers, les sociétés
sont classées suivant le secteur auquel appartient de change, les sociétés de garantie d’investisse-
l’autre partie à un instrument financier. Par exemple, ments, les sociétés de services auxiliaires d’assu-
comme il est expliqué dans le chapitre 9, les passifs rances et de pensions et les unités créées par les
au titre de la dette des administrations publiques administrations publiques chargées de réglementer
peuvent être classés selon le secteur d’où provient le les institutions financières.
financement (reste de l’économie ou reste du monde,
par exemple). Il est donc nécessaire de pouvoir éta- 2.67 Le secteur des autres non-résidents regroupe
blir une classification selon les secteurs autres que l’ensemble des sociétés non financières non rési-
les administrations publiques ou le secteur public. dentes, des ménages non-résidents et des ISBL non
Cette section résume les critères de définition de ces résidentes au service des ménages avec lesquels le
autres secteurs. Dans certains cas, les secteurs sont secteur des administrations publiques effectue des
les mêmes que ceux du SCN 1993. Dans d’autres transactions.
cas, d’autres groupements d’unités institutionnelles
sont appropriés pour les besoins du système SFP. En 2.68 Le secteur des organisations internationales
particulier, alors que le SCN 1993 n’utilise le terme comprend toutes les organisations internationales,
«secteur» que par référence aux unités institution- par définition toutes des non-résidentes. Comme
nelles résidentes, l’ensemble des unités institution-
nelles non résidentes constituant le «reste du
12 Ce sous-secteur regroupe les trois sous-secteurs du SCN 1993 sui-
monde», le présent manuel applique le terme «sec-
vants : les autres intermédiaires financiers, à l’exception des sociétés
teur» aussi bien aux unités non résidentes qu’aux d’assurances et les fonds de pension; les auxiliaires financiers; les
unités résidentes. sociétés d’assurances et les fonds de pension.

18
Champ d’application du système SFP

indiqué au paragraphe 2.76, les organisations tibles ou des minéraux présents sous les fonds des
supranationales constituent un type d’organisation mers et des océans.
internationale.
• Les enclaves territoriales situées dans d’autres pays
2.69 Comme indiqué plus haut, les transactions entre et dont le gouvernement est le propriétaire ou loca-
les unités d’administration publique et les sociétés taire avec l’accord politique formel du gouverne-
publiques peuvent avoir un impact important sur les ment du pays d’accueil. De telles enclaves sont utili-
statistiques des administrations publiques. Dans ce sées par les ambassades, consulats, bases militaires,
cas, les secteurs et sous-secteurs des sociétés non stations scientifiques, bureaux d’information, bu-
financières et financières peuvent être divisés en un reaux d’immigration ou organismes d’aide. Inverse-
sous-secteur des sociétés publiques et un sous-sec- ment, le territoire économique d’un pays exclut les
teur des autres sociétés. Ce dernier inclurait toutes les enclaves territoriales situées sur son territoire géo-
sociétés sous contrôle étranger. graphique utilisées par des gouvernements étrangers
ou par des organisations internationales.

F. Résidence • Toute île appartenant à un pays et relevant des


mêmes autorités budgétaires, fiscales et monétaires
2.70 Le concept de résidence est important pour que le territoire continental.
déterminer le champ d’application du système SFP et
la classification des transactions, puisque l’économie • Les zones franches, les entrepôts sous douane ou les
totale d’un pays est constituée de l’ensemble des uni- usines situées sur le territoire géographique et
tés institutionnelles résidentes et que le secteur des exploitées par des entreprises offshore sous contrôle
administrations publiques comprend toutes les unités douanier.
des administrations publiques résidentes. En outre,
comme indiqué dans les chapitres ultérieurs, certains 2.73 Une unité institutionnelle a un centre d’intérêt
types de transactions et d’encours d’actifs et de passifs économique dans un pays lorsqu’il existe à l’intérieur
du secteur des administrations publiques doivent être du territoire économique de ce pays un emplacement
classés dans le système SFP en fonction de l’autre par- — domicile, lieu de production ou autre endroit — sur
tie à l’instrument financier, dont la résidence constitue lequel, ou à partir duquel, elle exerce et a l’intention de
aussi l’un des critères de classification. continuer d’exercer des activités et d’effectuer des
transactions d’une ampleur significative, soit indéfini-
2.71 Une unité institutionnelle est résidente d’un ment, soit pendant une période définie, mais prolon-
pays lorsqu’elle a, sur le territoire économique de ce gée. Dans la plupart des cas, une telle période peut être
pays, un centre d’intérêt économique. La détermina- définie comme une période d’un an ou plus. Il n’est
tion de la résidence, dans le système SFP, ne repose pas nécessaire que l’emplacement soit fixe, dès lors
pas sur la nationalité ou des critères juridiques, bien qu’il se situe sur le territoire économique.
qu’elle puisse être analogue aux critères retenus dans
beaucoup de pays pour le contrôle des changes, la 2.74 D’après cette définition du concept de rési-
fiscalité ou à d’autres fins. dence, toutes les unités d’administration publique
doivent être considérées comme des résidents de leur
2.72 Le territoire économique d’un pays consiste en propre pays quel que soit le lieu où elles se trouvent
un territoire géographique administré par les admi- physiquement. Les sociétés publiques, en revanche,
nistrations publiques. Le territoire économique n’est sont considérées comme des résidents des écono-
pas nécessairement circonscrit par les frontières mies sur les territoires desquels elles exercent leurs
matérielles et politiques du pays, mais leur corres- activités. Ainsi, une administration publique résidant
pond généralement de près. En particulier, le terri- dans un pays peut détenir une société publique rési-
toire économique comprend les espaces suivants : dant dans un autre pays. En particulier, lorsqu’une
société publique résidente maintient une succursale,
• L’espace aérien, les eaux territoriales et le plateau un bureau ou un site de production dans un autre
continental situé dans les eaux internationales sur pays afin d’y produire en quantité significative pen-
lesquelles le pays jouit de droits exclusifs ou sur dant une période prolongée, cette succursale, ce
lesquelles il a ou revendique compétence en matière bureau ou ce site est considéré comme une quasi-
de droits de pêche ou d’exploitation des combus- société résidente de cet autre pays.

19
Manuel de statistiques de finances publiques 2001

2.75 Le territoire économique d’une organisation les statistiques pour les autorités supranationales en
internationale comprend les enclaves territoriales utilisant le cadre des SFP, comme si elles consti-
qu’elle administre. En conséquence, les organisa- tuaient des administrations publiques distinctes.
tions internationales ne sont considérées comme Dans ces conditions, il conviendrait de classer les
résidentes d’aucune économie nationale, y compris diverses catégories de transactions et d’autres flux
celle sur le territoire de laquelle elles se trouvent ou économiques en fonction du pays membre où se
dans laquelle elles mènent leurs activités. trouve l’autre partie à l’opération, de manière à ce
que des indicateurs analytiques de l’impact de ces
2.76 Les autorités supranationales sont des organi- institutions supranationales puissent être établis
sations internationales dotées du pouvoir de lever pour chaque pays.
des impôts ou d’autres prélèvements obligatoires
dans les territoires de leurs pays membres. Même si 2.77 Une banque centrale régionale est une institu-
les autorités supranationales remplissent dans tion financière internationale qui agit en qualité de
chaque pays membre une partie des fonctions rele- banque centrale commune à un groupe de pays
vant des administrations publiques, elles ne sont membres. Elle a son siège dans un pays et elle a
résidentes d’aucun pays. Par conséquent, les tran- généralement des bureaux nationaux dans chacun
sactions entre les autorités supranationales et les des pays membres. Chaque bureau national agit en
unités institutionnelles résidentes, autres qu’avec qualité de banque centrale du pays considéré et doit
celles du secteur des administrations publiques ou être considéré comme une unité institutionnelle rési-
du secteur public, ne sont saisies par le système SFP dente de ce pays. Le siège, en revanche, est une or-
d’aucun pays. Il serait toutefois possible d’établir ganisation internationale.

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