Textes et Sujets de Commentaire Compose
Texte 1 : Victor Hugo, Les Contemplations - « Demain, des l'aube »
Demain, des l'aube, a l'heure ou blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la foret, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixes sur mes pensees,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbe, les mains croisees,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyere en fleur.
Sujet : Commentez ce poeme en montrant comment Victor Hugo exprime la douleur liee a la perte
d'un etre cher.
Texte 2 : Camara Laye, L'Enfant noir (extrait)
Ma grand-mere mourut quelques mois apres mon depart. Je n'en fus pas informe tout de suite ; ce
ne fut qu'au moment des vacances, au moment ou j'allais la revoir que l'on m'apprit qu'elle etait
morte. J'eclatai en sanglots ; j'eus le sentiment d'une perte irreparable. On ne me laissa pas aller
chez moi ; j'etais tenu de rester dans la capitale, ou je devais suivre les cours de vacances. Le
souvenir de ma grand-mere ne me quitta pas un instant. C'est a elle, bien souvent, que j'ai pense,
lorsque, l'ame lasse, je me demandais pourquoi je souffrais autant.
Sujet : Montrez comment l'auteur fait ressentir au lecteur l'intensite de sa douleur et de son
attachement a sa grand-mere.
Texte 3 : Jean de La Fontaine, Le Loup et l'Agneau
La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout a l'heure.
Un Agneau se desalterait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient a jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
- Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras chatie de ta temerite.
- Sire, repond l'Agneau, que votre Majeste
Ne se mette pas en colere ;
Mais plutot qu'elle considere
Que je me vas desalterant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par consequent, en aucune facon,
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bete cruelle,
Et je sais que de moi tu medis l'an passe.
- Comment l'aurais-je fait si je n'etais pas ne ?
Reprit l'Agneau, je tette encor ma mere.
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frere.
- Je n'en ai point.
- C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'epargnez guere,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge.
La-dessus, au fond des forets
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de proces.
Sujet : Commentez cette fable en montrant comment La Fontaine critique les injustices du pouvoir a
travers le recit.