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Révisions sur les séries numériques 2023-2024

Le document traite des séries numériques, en définissant des concepts clés tels que la convergence et la divergence des séries, ainsi que la nature des suites associées. Il souligne que la convergence d'une série implique que son terme général tend vers zéro, et présente des théorèmes nécessaires pour déterminer la nature des séries. Enfin, il aborde des méthodes pour établir la convergence ou la divergence, notamment par la technique de télescopage.

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Révisions sur les séries numériques 2023-2024

Le document traite des séries numériques, en définissant des concepts clés tels que la convergence et la divergence des séries, ainsi que la nature des suites associées. Il souligne que la convergence d'une série implique que son terme général tend vers zéro, et présente des théorèmes nécessaires pour déterminer la nature des séries. Enfin, il aborde des méthodes pour établir la convergence ou la divergence, notamment par la technique de télescopage.

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PSI 2023-2024

Remarque
• On ne change pas la nature d’une suite (un ) en modifiant un nombre fini
CH I : Séries numériques - révisions, compléments de ses termes. Par exemple, la suite (vn ) définie par :

v0 = 2, v1 = 42, v2 = e et : ∀n ⩾ 3, vn = un
Dans toute la suite, le symbole K désigne l’ensemble des réels R ou l’ensemble
des complexes C. Cette notation sera utilisée pour tous les résultats qui sont est de même nature que la suite (un ).
vérifiés pour ces deux ensembles. (note : on aurait pu changer d’autres termes que les premiers)
Elle admet notamment la même limite, si elle existe, que la suite (un ).
I. Notion de série numérique • On ne modifie pas non plus la nature d’une suite en supprimant un nombre
fini de ses termes. La suite (un+1 ) n’est autre que la suite (un ) privée de son
I.1. Définitions générales premier terme. Ces deux suites sont de même nature et ont même limite,
si cette limite existe.
Définition
• Cela s’applique évidemment à une suite de sommes partielles (Sn ).
Soit (un )n∈N ∈ KN . Cette suite est de même nature que (Sn+1 ), (Sn+2 ) . . .
P
• On appelle série de terme général un et on note un la suite (Sn )n∈N • Pour les séries, on peut aussi se poser une autre question, à savoir :
n
P
dont le terme général Sn est défini par : Sn = uk . qu’advient-il si on somme à partir de 3 et plus de 0 ?
k=0 Il suffit de remarquer :
• La suite (Sn ) est appelée suite des sommes partielles associée à la série
n
P  n 
un . Son termePgénéral Sn est appelé somme partielle d’ordre n P P
uk = uk − (u0 + u1 + u2 )
associée à la série un . k=3 k=0
P
• On dit que la série un est convergente si la suite de ses sommes n n
P P
partielles (Sn )n∈N est convergente. Ainsi ( uk ) et ( uk ) sont de même nature (on peut par exemple dé-
P k=3 k=0
• On dit que la série un est divergente si la suite de ses sommes partielles montrer que si l’une converge, l’autre aussi). Par contre, dans le cas où il
(Sn )n∈N est divergente. y a convergence, ces deux suites n’ont évidemment pas la même limite :
P
• Lorsque un est convergente, la limite de la suite (Sn )n∈N est appelée
+∞
+∞ 
somme de la série et est (souvent) notée S. On a alors : P
uk =
P
uk − (u0 + u1 + u2 )
+∞
 n  k=3 k=0
P P
S = uk = lim Sn = lim uk
k=0 n→+∞ n→+∞ k=0

• Déterminer la nature d’une série, c’est déterminer si elle est convergente


ou divergente.

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À RETENIR I.2. Cas particulier des séries à termes complexes


On ne modifie pas la nature d’une série en commençant la sommation en n0 Théorème 1.
(au lieu de 0) mais, en cas de convergence, on modifie évidemment la somme Soit (un )n∈N ∈ CN .
+∞
P +∞
P (
uk ̸=
P
obtenue ! De manière générale : uk . P • Re(un ) converge
k=0 k=n0 un converge ⇔ P
• Im(un ) converge

P
• Une série un est une
 suite particulière. En cas de convergence, on a de plus :
Pn
C’est la suite uk constituée des sommes partielles. +∞
P +∞
P +∞
P
k=0 n∈N uk = Re(uk ) + i Im(uk )
P k=0 k=0 k=0
• Cela ne signifie en AUCUN CAS que la série un et la suite (un )
sont le même objet ! Ce sont des notions totalement différentes Démonstration.
qu’il ne faut pas confondre. Rappelons que toute suite (vn ) complexe vérifie :
• On prendra particulièrement garde aux énoncés qui ne font pas  
apparaître le symbole Σ. Cela peut amener à confusion. Plus pré-
 • Re(vn ) n∈N converge
(vn ) converge ⇔
cisément, si l’on rencontre l’énoncé (par exemple) :  • 
Im(vn ) n∈N converge
5 P
ln(n) On applique ce résultat à le suite (Sn ) des sommes partielles de la série un .
« Déterminer la nature de la série de terme général »
n2 P
un converge ⇔ (Sn ) converge
il est conseillé de le réécrire sous la forme :
 
 • Re(Sn ) n∈N converge
5 ⇔
ln(n)

« Déterminer la nature de la série
P
»
 • Im(Sn ) n∈N converge
n2   n 
P
Re(u ) converge
 •

 k
• Il ne faut pas confondre les notations : 
k=0 n∈N
P
× un qui désigne la série de terme général un ,  n 
⇔ 
 P
Pn  •
 Im(uk ) converge
× Sn = uk qui est la somme partielle d’ordre n de cette série, k=0 n∈N
k=0 (car la partie réelle d’une somme finie est la
+∞
× S =
P
uk qui désigne, SI LA SÉRIE EST CONVERGENTE, la somme des parties réelles)
k=0
( P
• Re(un ) converge
somme de cette série (la limite finie (∈ K) de la suite (Sn )). ⇔ P
• Im(un ) converge

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Remarque I.3. Reste d’une série convergente


• Ce résultat sert généralement à obtenir l’expression de sommes de séries Théorème 2.
réelles à l’aide de l’étude d’une série complexe.
Soit (un )n∈N ∈ KN .
• Par exemple, on peut démontrer (on le verra en TD) que, pour tout α ∈ On suppose que la série P u est convergente.
n
P ei nα
]0, π], la série est convergente et de somme : On note (Sn ) la suite des sommes partielles associées et S sa somme.
n !
m
P
P ei kα
+∞   α  π−α 1) Pour tout n ∈ N, la suite uk est convergente. La limite de
= − ln 2 sin +i k=n+1
m>n
k=1 k 2 2 P
cette suite est notée Rn et appelée reste d’ordre n de la série un .
Cela permet de démontrer que : Pm +∞
P
Par définition : ∀n ∈ N, Rn = lim uk = uk
P cos(n α) m→+∞ k=n k=n
× la série est convergente et de somme :
n
 2) ∀n ∈ N, S = Sn + Rn
+∞
P cos k α   α 
= − ln 2 sin 3) La suite (Rn ) est convergente et de limite nulle : lim Rn = 0
k=1 k 2 n→+∞

P sin(n α) Démonstration.
× la série est convergente et de somme :
n 1) (et 2) ) Soit n ∈ N et soit m > n. On a :
m m n

+∞
P sin k α π−α P P P
= uk = uk − uk = Sm − Sn
k=1 k 2 k=n+1 k=0 k=0
P
La série un étant convergente, la suite (Sm )m l’est et par passage à la
limite, on obient :
m
P 
lim uk = lim Sm − Sn
m→+∞ k=n+1 m→+∞
= lim Sm − lim Sn = S − Sn
m→+∞ m→+∞

Ce qui permet de conclure : Rn = S − Sn .


3) D’après ce qui précède :

Rn = S − Sn −→ S − S = 0
n→+∞

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II. Méthodes pour déterminer la nature d’une série Définition


Soit (un ) ∈ KN .
II.1. Une condition NÉCESSAIRE de convergence P
On dit que la série un est grossièrement divergente si son terme
Théorème 3. général un est tel que : un −→
̸ 0.
n→+∞
Soit (un ) ∈ KN .
P Remarque
un converge ⇒ un −→ 0
n→+∞ • Le théorème précédent stipule que si une série est grossièrement divergente
Pour qu’une série converge, il faut que son terme général tende vers 0. alors elle est divergente.
• Cet énoncé permet d’établir la divergence de séries. Par exemple, les séries :
Démonstration. P
Supposons que la série un converge. Ainsi, la suite (Sn ) est convergente P
1,
P
n,
P 2 P 3
n , n et
P n
q avec |q| ⩾ 1
vers un élément S ∈ K. Or, pour tout n ⩾ 1, on a :
un = Sn − Sn−1 sont (grossièrement) divergentes.
• L’idée derrière ce théorème est que pour assurer la convergence d’une série
Comme Sn −→ S et Sn−1 −→ S, on obtient : un −→ 0. P
n→+∞ n→+∞ n→+∞ un , c’est-à-dire pour pouvoir sommer tous les termes de la suite (un ),
il faut que les termes de cette suite (un ) soient « suffisamment petits ».
 Cette condition est nécessaire mais pas suffisante. Autrement dit, • On notera au passage qu’une suite (un ) qui converge vers ℓ ̸= 0 est « trop
on peut trouver une suite (un ) telle que : grosse » pour qu’on puisse espérer effectuer la somme (infinie) de tous ses
P termes (attention à bien lire l’énoncé du théorème !).
un −→ 0 ⇒ un converge
n→+∞

1 P 1
☞ −→
n n→+∞ 0 mais la série n n’est pas convergente.
n⩾1
Théorème 4.
Soit (un ) ∈ KN .
P
un −→
̸ 0 ⇒ un diverge
n→+∞

Pour qu’une série diverge, il suffit que son terme général ne tende pas vers 0.
Démonstration.
C’est la contraposée de l’énoncé précédent.

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II.2. Technique de télescopage Exemple


 
P 1
Théorème 5. 1) À l’aide d’un télescopage, on démontre la divergence de ln 1 + .
n⩾1 n
Soit (un )n∈N ∈ KN . En effet, le terme général de cette série vérifie :
P    
La suite (un ) converge ⇔ La série (un+1 − un ) converge 1 n+1
vn = ln 1 + = ln = ln(n + 1) − ln(n)
n n
Démonstration. P
Ainsi, la somme partielle d’ordre n de vn est :
Notons (vn )n∈N la suite Pde terme général : vn = un+1 − un . n n
Par définition, la série vn est convergente si sa suite des sommes partielles Sn =
P
vk =
P 
ln(k + 1) − ln(k) = ln(n + 1) − ln(1) −→ +∞
(Tn ) est convergente. Or, pour tout n ∈ N : k=1 k=1 n→+∞
 
n n P 1
Tn =
P
vk =
P
(uk+1 − uk ) = un+1 − u0 et donc la série ln 1 + est divergente.
n⩾1 n
k=0 k=0
P 1
2) On peut aussi montrer que la série est convergente.
(⇐) Si (un ) converge, il en est de même de (un+1 ). n⩾1 n(n − 1)
Ainsi, par l’inégalité précédente, la suite (Tn ) est convergente. 1 1 1
Remarquons : ∀k ⩾ 2, = − . On a donc :
k(k − 1) k−1 k
P
(⇒) Si (un+1 − un ) converge, c’est-à-dire si (Tn ) converge, l’égalité :
n n
 
P 1 P 1 1 1
un+1 = Tn + u0 = − = 1− −→ 1
k=2 k(k − 1) k=2 k − 1 k n n→+∞

permet d’affirmer que (un+1 ) converge et donc (un ) converge. Remarque


• Il faut savoir repérer la technique de télescopage même lorsqu’elle est ca-
Exercice
chée comme dans le point 1) .

u0 ∈ ]0, 1]
On considère la suite (un ) définie par :
∀n ∈ N, un+1 = un − un 2 • Le point 2) illustre quant à lui la technique de décomposition en élément

1. Montrer : ∀n ∈ N, un ∈ ]0, 1]. simple (DES) qu’il est fréquent de voir associée à un télescopage.
2. Montrer que la suite (un ) converge et donner sa limite. Exercice
1
un 2 et donner sa somme, si elle existe. On considère la série de terme général un = .
P
3. Étudier la nature de la série
  (n + 1)(n + 2)(n + 3)
P un+1 1. Quelle est la nature de cette série ?
4. Prouver que la série ln est divergente.
un 2. Déterminer la somme de cette série.
P
5. En déduire la nature de un .
 
a b c
on pourra mettre un sous la forme un = + +
n+1 n+2 n+3

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P 1 P 1 P 1
Application de l’exercice précédent : nature de et de 2
2) Montrons que la série 2
est convergente.
n⩾1 n n⩾1 n n⩾1 n
P 1 1 1
1) Montrons, à l’aide du résultat précédent, que la série est divergente. • Remarquons tout d’abord : ∀k ⩾ 2, 2 ⩽ (⋆).
n⩾1 n
k k(k − 1)
• On remarque tout d’abord : • Ainsi, pour tout n ⩾ 2, on obtient par sommation :
Pn 1 Pn 1 1
∀x ⩾ 0, ln (1 + x) ⩽ x Sn = 2
⩽ =1− ⩽1
k=2 k k=2 k(k − 1) n
L’inégalité de droite est une inégalité de convexité.
• La suite (Sn )n⩾2 est :
En effet, la fonction f : x 7→ ln(1 + x) est concave.
1
Sa courbe est donc située en dessous de ses tangentes, notamment sa × croissante puisque pour tout n ⩾ 2, Sn+1 − Sn = ⩾ 0,
tangente en 0, droite d’équation : (n + 1)2
× majorée par 1.

y = f (0) (x − 0) + f (0) = x La suite (Sn ) est donc convergente.
P 1
(évidemment, on peut aussi démontrer cette inégalité en étudiant le Autrement dit, la série 2
est convergente.
n⩾2 n
signe de la fonction x 7→ x − ln(1 + x))
1 Remarque
• Cette inégalité étant vraie en x = ⩾ 0, on en déduit :
k • Dans le point 2) , on compare la taille d’une suite (vn ) à la taille d’une
P
  suite (un ) (inégalité P (⋆)) pour démontrer la convergence de la série vn
1 1
∀k ⩾ 1, ln 1 + ⩽ sachant que la série un converge.
k k
• En utilisant cette idée, on peut facilement démontrer que pour tout α ⩾ 2,

• Ainsi, pour tout n ∈ N∗ , on obtient par sommation : P 1


la série α
est convergente.
n⩾2 n
n 1 n n
 
P P 1 P 
• Cette idée permet de préciser le résultat énonçant la condition nécessaire
⩾ ln 1 + = ln(k + 1) − ln(k) = ln(n + 1)
k=1 k k de
P convergence. On sait déjà que pour assurer la convergence d’une série
k=1 k=1
un , il faut que les termes de la suite (un ) soient « suffisamment petits ».
• Or : ln(n + 1) −→ +∞. On peut maintenant ajouter que :
n→+∞
n 1 1
× la suite ( ) est « trop grosse » pour que l’on puisse sommer tous ses
P
On en déduit par théorème de comparaison : −→ +∞. n
k=1 k n→+∞ termes,
P 1
La série est donc divergente. 1
× la suite ( ) et toutes les suites plus petites sont « suffisamment petites »
n⩾1 n n2
(on peut sommer tous leurs termes).

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II.3. Règle de d’Alembert Démonstration.


• Profitons de cette démonstration pour rappeler la définition de convergence
Théorème 6.
d’une suite (vn ) vers une limite ℓ.
Soit (un )n∈N ∈ KN .
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, (n ⩾ n0 ⇒ |vn − ℓ| < ε)
On suppose que les termes de (un ) sont non nuls (au moins à partir d’un
certain rang). (ou avec l’abus de notation habituel : ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ⩾ n0 , |vn −ℓ| < ε)
(« quelle que soit la précision ε (> 0) choisie, on peut trouver un rang à
un+1 
un+1

partir duquel les éléments de la suite ne s’écartent pas de ℓ de plus de ε »)
Supposons : −→ ℓ ∈ R (la suite un est convergente).
un n→+∞  
P • On suppose que la suite uun+1 n
converge vers un réel ℓ < 1.
Alors 1) 0 ⩽ ℓ < 1 ⇒ La série un est (absolument) convergente  
P Comme uun+1 est à termes positifs, alors : ℓ ⩾ 0.
La série un est (grossièrement) n
2) ℓ>1 ⇒ La convergence vers ℓ assure que tous les termes de la suite, à partir d’un
divergente (c’est aussi le cas si « ℓ = +∞ »)
certain rang, appartiennent tous à l’intervalle rouge ci-dessous :
ε ε
Remarque
• Dans le cas où ℓ = 1, la règle de d’Alembert n’est pas suffisante pour 0 ℓ 1
conclure quant à la nature de la série. Cela signifie que, lorsque ℓ = 1, la ℓ−ε ℓ+ε
série peut être convergente ou divergente. Considérons par exemple : Pou assurer la validité d’un tel schéma, il faut choisir ε de sorte à ce que
1 1 l’intervalle rouge ne contienne pas 1. Pour ce faire, on peut considérer
∀n ∈ N∗ , un = et vn = ε = 1−ℓ ℓ 1−ℓ
n n2 2 (ou encore ε = min 2 , 2 pour s’assurer que l’intervalle rouge
ne continenne pas 0 non plus).
On a alors, pour tout n ∈ N∗ :
1
1−ℓ
un+1 un+1 n+1 n n 1) • Soit ε = .
= = ∼ 1 −→ 1 2
×
1 = n + 1 n→+∞ =  
un un n
n n→+∞
Comme la suite uun+1 converge vers ℓ, il existe un rang n0 tel que :
n
1
vn+1 vn+1 (n+1)2 n2 n2 un+1
× = = 1 = ∼ = 1 −→ 1 ∀n ⩾ n0 , −ℓ <ε
vn vn n2
(n + 1)2 n→+∞ n2 n→+∞
un
P 1
Dans ces deux cas, ℓ = 1. Mais, comme on l’a vu avant, la série En particulier, pour tout n ⩾ n0 :
n
P 1 0 < |un+1 | = |un+1 − ℓ un + ℓ un |
diverge et la série converge.
n2 ⩽ |un+1 − ℓ un | + |ℓ un |
• On peut évidemment appliquer ce résultat pour les séries à termes stricte-
ment positifs. ℓ+1
⩽ ε |un | + ℓ |un | = (ℓ + ε) |un | = |un |
2

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PSI 2023-2024

 n
• On a alors : |un0 | ℓ+1
 n • Or : ℓ+1 n0
 −→ + ∞.
|un0 | ℓ+1 2
2 n→+∞
× ∀n ⩾ n0 , 0 < |un | ⩽ ℓ+1 n0
 (par récurrence).
2
2 Ainsi, par théorème de comparaison (sur les limites), la suite numérique
P

ℓ+1
n (un ) a pour limite +∞. On en conclut que la série numérique un
ℓ+1 P
× Comme
2 ∈ [0, 1[, la série géométrique 2
converge est (grossièrement) divergente.
ℓ + 1 n 3) Le cas ℓ = +∞ se traite de manière similaire.
 
P |un0 |
(rappel à venir) et il en est de même de la série ℓ+1
 n0 un+1
2
2 • Comme la suite
un diverge vers +∞, il existe un rang n0 tel que :
(on ne change pas la nature d’une série en multipliant son terme
un+1
général par un nombre non nul). ∀n ⩾ n0 , ⩾2
un
Ainsi, par théorème dePcomparaison des séries à termes positifs (résultat
à venir), que la série |un | est convergente. En particulier, on en déduit : ∀n ⩾ n0 , | un+1 | ⩾ 2 |un |.
• Ainsi, par récurrence immédiate : ∀n ⩾ n0 , |un | ⩾ 2
n−n0 |u |.
n0
P
Autrement dit, la série un est absolument convergente. n−n
Or : 2 0 |un0 | −→ + ∞.
2) • Si ℓ > 1, on raisonne de la même façon. n→+∞
 
La convergence de la suite un+1
vers ℓ est alors représentée par le Ainsi, par théorème de comparaison (sur les limites), la suite numérique
un P
(un ) a pour limite +∞. On en conclut que la série numérique un
schéma suivant.
est (grossièrement) divergente.
ε ε
Exercice
0 1 ℓ an n!
ℓ−ε ℓ+ε Soit a > 0. Pour tout n ∈ N∗ , on note un = .
nn
ℓ−1 1. On suppose dans cette question : a ̸= e.
Soit ε = . P
2   Étudier la convergence de la série un .
un+1
Comme la suite un converge vers ℓ, il existe un rang n 0 tel que : 2. On suppose maintenant a = e.  
un+1 1 1
a) Démontrer : =1+ + o .
un+1 un 2n n→+∞ n
∀n ⩾ n0 , −ℓ <ε
un
P
b) En déduire la nature de la série un .
ℓ+1
En particulier, on en déduit : ∀n ⩾ n0 , | un+1 | > |un |. Exercice
2 P xn
• Ainsi, par récurrence immédiate : 1) Pour tout x ∈ R, montrer que la série converge.
  n!
|un |

ℓ+1
n P 2n
∀n ⩾ n0 , |un | > ℓ+1 0n0 2) Étudier la nature de la série .
2 n
2

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III. Séries usuelles Remarque


• Même si les formules font apparaître des divisions par 2, 6 et 4, il est
III.1. Calcul direct des sommes partielles : sommes des puis-
évident que la somme des n premiers entiers, carrés, ou encore cubes a un
sances d’entiers résultat entier.
1) Somme des n premiers entiers • Généralement, on démontre ces résultats par récurrence.
• On peut aussi démontrer ces formules de manière directe. Par exemple,
n n n(n + 1)
Sn =
P
k=
P
k= pour la somme des n premiers entiers, on commence par remarquer :
k=0 k=1 2
(k + 1)2 − k 2 = 2k + 1
n
P (n − m + 1)(m + n) n n n
Sn − Sm−1 = k = On en déduit :
P
((k + 1)2 − k 2 ) = 2
P
k+
P
1
k=m 2
k=1 k=1 k=1
q q 
Remarque  n
(n + 1)2 − 12
P
La formule donnant la valeur de Sn − Sm−1 peut se retenir comme étant 2 k +n
k=1
le résultat du demi-produit : et enfin :
× du nombre de termes de la somme (n − m + 1),  n

= (n + 1)2 − 12 − n = n2 + 2n + 1 − 1 − n
P
× par la somme (n + m) formée du 1er terme m et du dernier n. 2 k
k=1
2) Sommes des n premiers carrés d’entiers = n2 + n = n(n + 1)

ce qui permet de conclure :


n n n(n + 1)(2n + 1)
P P 2
Tn = = k = n n(n + 1)
k=0 k=1 6 P
k=
k=1 2
3) Sommes des n premiers cubes d’entiers

n n n2 (n + 1)2
k3 = = Sn 2
P P
Rn = =
k=0 k=1 4

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III.2. Séries géométriques × Si |z| > 1, on procède par l’absurde.


:::::::::
Supposons que la suite (z n+1 )n est convergente. Or, comme |z| > 1 :
Théorème 7.
|z n+1 | = |z|n+1 −→ +∞. Absurde !
n→+∞
Soit z ∈ K.
La suite (z n+1 )
est donc divergente. Il en est de même de la suite (z n ),
zn
P
1) Tout d’abord : converge ⇔ |z| < 1 . ce qui démontre que (Sn ) l’est.

+∞
× Si |z| = 1 (et z ̸= 1), on procède par l’absurde.
:::::::::
P k 1 Supposons que la suite (z n+1 ) converge vers une limite ℓ (∈ K).
2) De plus, si |z| < 1 : z = .
k=0 1−z Il en est alors de même de la suite (z n ). Or :

Démonstration. z n+1 = z z n
1) Soit z ∈ K. Deux cas se présentent.
n Par passage à la limite, on obtient : ℓ = z ℓ. Ainsi : (1 − z) ℓ = 0.
1k = n + 1 −→ +∞.
P
Si z = 1, on a Sn = Comme 1 − z ̸= 0 (car z ̸= 1), on en déduit : ℓ = 0. Or :
k=0 n→+∞
Si z ̸= 1, on commence par remarquer, pour tout n ∈ N : × comme z n −→ ℓ alors |z n | −→ |ℓ|
n→+∞ n→+∞
n n n × comme |z| = 1 alors |z n | = |z|n = 1 −→ 1
zk = zk − z k+1
P P P
(1 − z) n→+∞
k=0 k=0 k=0 Finalement : |ℓ| = 1 et ℓ = 0. Absurde !
n n+1
=
P
zk −
P
zk (par décalage d’indice) La suite (z n ) est donc divergente, ce qui démontre que (Sn ) l’est.
k=0 k=1 2) Soit z ∈ C.
n n
P n
Si de plus |z| < 1, alors la série z est convergente (cf point précédent)
  P 
zk − z k + z n+1
P
= 1+
k=1 k=1 et :
+∞
P k n
zk
P
= 1− z n+1 z = lim
n→+∞ k=0
n 1 − z n+1 k=0
zk =
P
On en conclut alors (comme z ̸= 1) : . Et ainsi :
k=0 1−z 1 − z n+1
= lim
n→+∞ 1−z
z n est convergente ⇔ La suite (z n+1 )n∈N est convergente
P
La série
1
=
Trois sous-cas se présentent alors. 1−z
n+1
× Si |z| < 1, on a z n+1 = z
:::::::::
−→ 0.
n→+∞
+∞ 1
Ainsi, z n+1 −→ 0, donc (Sn ) converge et : zk =
P
.
n→+∞ k=0 1−z

10
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Cas des séries géométriques (dérivées) à variable entière Application


• Lorsque x est un réel, on démontre de manière aisée : Dans les exercices, il faudra savoir reconnaître les séries géométriques et
géométriques dérivées et savoir calculer leur somme.
n xn−1 converge ⇔ |x| < 1
P
1) P n
n⩾1 1) Montrer que est convergente et calculer sa somme.
32n+1
 2k+1  2 !k
k 1 1 1
n(n − 1) xn−2 converge ⇔ |x| < 1
P
2) Pour k ∈ N, on note : uk = 2k+1 = k = k .
n⩾2 3 3 3 3
n
 k n
 k−1
De plus, si |x| < 1, on obtient les sommes suivantes. 1 P 1 1 P 1
On a donc, pour tout n ∈ N : Sn = k = k .
3 k=0 9 27 k=0 9
+∞ 1 +∞ 2 C’est la somme partielle d’une série géométrique dérivée qui est conver-
k xk−1 = k(k − 1) xk−2 =
P P
a. 2
b. 3 1
k=1 (1 − x) k=2 (1 − x) gente car de raison ∈ ] − 1, 1[.
9
n 1 1 1 92 3
xk .
P
• Pour la démonstration 1) , on peut considérer la fonction fn : x 7→ Ainsi : Sn −→ 2 = 2
= .
27 1 − 1 3×9 8 64
n→+∞

k=0 9
C’est une fonction polynomiale et elle est donc de classe C ∞ sur R.
n P n2
De plus, pour tout x ∈ R : fn′ (x) = k xk−1 .
P
2) Montrer que est convergente et calculer sa somme.
k=1 2n  k
1 − xn+1 2 1
Or, comme vu précédemment, pour tout x ̸= 1 : fn (x) = . Pour k ∈ N, on note : uk = k .
1−x 2
On en déduit : En écrivant : k 2 = k(k − 1) + k, on obtient :
−(n + 1) xn (1 − x) + (1 − xn+1 ) −(n + 1) xn + n xn+1 + 1
fn′ (x) = =  k
1
 k
1 1
 k−2
1 1
 k−1
1
(1 − x)2 (1 − x)2 uk = k(k − 1) +k = k(k − 1) + k
2 2 4 2 2 2
De plus, si |x| < 1, on a (n + 1) xn −→ 0 et n xn+1 −→ 0 et la série
n→+∞ n→+∞
 k−2  k−1
n xn−1 est donc convergente (x fixé). Finalement, si |x| < 1 :
P n n
1 P 1 1 P 1
On a donc, pour tout n ∈ N : Sn = k(k−1) + k .
n +∞ 1 4 k=0 2 2 k=0 2
′ P k−1 P k−1
fn (x) = kx −→ kx =
k=0 n→+∞ k=0 (1 − x)2 On reconnaît la somme partielle d’une série géométrique dérivée et la
somme partielle d’une série géométrique dérivée seconde toutes deux
• Pour la démonstration 2) , on raisonne de même. Si x ̸= 1 : 1
n−1 n n+1 convergentes car de raison ∈ ] − 1, 1[.
−(n + 1)n x + 2(n + 1)(n − 1) x + n(1 − n) x +2 2
fn′′ (x) = 1 2 1 1 24 22
(1 − x)3 Ainsi : Sn −→ + = + = 4 + 2 = 6
n→+∞ 4 1 − 1 3 2 1− 1 2 4 2
 
n +∞ 2 2 2
fn′′ (x) = k(k − 1) xk−2 −→ k(k − 1) xk−2 =
P P
n→+∞ k=2 (1 − x) 3
k=2

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III.3. Série exponentielle Finalement :


Théorème 8. n xk | x |n+1
ex − ⩽ (1 + ex )
P
0 ⩽
P xn +∞ xk k=0 k! (n + 1)!
ex =
P
Pour tout x ∈ R, la série converge et : .
n! k=0 k!
Or :
n xk 0 −→ 0
ex .
P
Ainsi : −→ ×
n→+∞
k=0 k! n→+∞
xn+1
Démonstration. × (1 + ex ) −→ 0
(n + 1)! n→+∞
Commençons par rappeler l’inégalité de Taylor.
n xk
ex .
P
Ainsi, par théorème d’encadrement, on en déduit : −→
Soit f : R → R une fonction de classe C n+1 (n ∈ N). k=0 k! n→+∞
Alors, ∀x ∈ R, ∀x0 ∈ R :
! Remarque
n f (k) (x0 ) k |x − x0 |n+1  
• L’inégalité de Taylor se démontre à l’aide de la formule de Taylor avec reste
f (n+1) (t)
P
f (x) − (x − x0 ) ⩽ max
k=0 k! (n + 1)! t∈I(x0 ,x) intégral. Cette formule est au programme en MPSI-MPII (et PSI) mais n’est
pas exigible en PCSI. Examinons cet énoncé.
où on a noté I(x0 , x) le segment d’extrémités x0 et x (c’est [x0 , x] si x ⩾ x0
et [x, x0 ] si x < x0 ). Soit f : R → R une fonction de classe C n+1 (n ∈ N) sur R.
Appliquons ce résultat à la fonction f : t 7→ et (de classe C ∞ sur R) en Alors, ∀x ∈ R, ∀x0 ∈ R :
x0 = 0. On a alors, pour tout k ∈ N : ! Z x
Pn f (k) (x0 ) k (x − t)n (n+1)
f (x) = (x − x0 ) + f (t) dt
∀t ∈ R, f (k) (t) = et , d’où f (k) (0) = e0 = 1 k=0 k! x0 n!

Ainsi, pour tout x ∈ R : Ce résultat se démontre par récurrence (cf TD).


n xk • Il est à noter que la formule de Taylor et l’inégalité qui s’en déduit, sont
|x|n+1
ex − et
P 
⩽ max aussi valables pour les fonctions de la variable réelle et à valeurs complexes.
k=0 k! (n + 1)! t∈I(0,x)
En particulier, on peut appliquer l’inégalité de Taylor à la fonction (de la
Or : max et

⩽ 1 + ex . En effet : variable réelle) f : t 7→ ei t ce qui donne le résultat suivant.
t∈I(0,x)

si x ⩾ 0 alors : ∀t ∈ [0, x], et ⩽ ex .


k
× +∞ ix
ix P
∀x ∈ R, e =
× si x < 0 alors : ∀t ∈ [x, 0], et ⩽ 1. k=0 k!
Dans les deux cas : ∀t ∈ I(0, x), et ⩽ 1 + ex .

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Un mot sur ce type d’objets n ( 1 )k 1


P 2
• D’autre part, on a : 7 −→ 7 e 2
+∞ k=0 k! n→+∞
an xn peut être vue comme une généralisation de la notion
P
• L’écriture
n=0 15 1 15 √
On en conclut : Sn −→ e2 = e.
de polynômes : c’est un polynôme de degré +∞. n→+∞ 2 2
• On appelle cet objet une série entière et on dit alors que la fonction ex-
ponentielle est développable en série entière (DSE). Toutes les fonctions ne III.4. Les séries de Riemann
sont pas développables en séries entières. L’intérêt de ce type de dévelop- Théorème 9.
+∞
an xn et notamment son bon Soit α ∈ R. Alors :
P
pement est la relative simplicité de l’objet
n=0
comportement vis-à-vis de certaines opérations telles que la dérivation. P 1
converge ⇔ α > 1
• En PSI, un chapitre est dédié à l’étude des séries entières. nα
+∞ zk Démonstration.
∀z ∈ C, ez =
P
On verra d’ailleurs qu’on peut généraliser : .
k=0 k! 1
• Si α ⩽ 0 : alors −→
̸ 0.
nα n→+∞
Application P 1
Ainsi, la série est (grossièrement) divergente.
Dans les exercices, il faudra savoir reconnaître la série exponentielle et cal- nα
culer la somme associée. • Si α > 0 : deux cas se présentent.
P n+7 × cas 0 < α ⩽ 1 : alors pour tout k ⩾ 1, on a :
Montrer que est convergente est calculer sa somme.
2n n!
1 1
k+7 k ( 12 )k ( 21 )k ⩽ α (car k 1−α ⩾ 1)
Pour k ∈ N, on note : uk = k = + 7 . k k
2 k! k! k!
Ainsi, pour tout n ∈ N∗ , on obtient par sommation :
n
P k ( 21 )k n
P ( 21 )k
On a donc : Sn = + 7 . n 1 n 1
k! k=0 k!
P P
k=0 ⩽ α
Étudions séparément ces deux sommes. k=1 k k=1 k

• Tout d’abord : Pn 1
Or, on a déjà démontré : −→ +∞.
n k ( 1 )k n k ( 12 )k 1 Pn ( 12 )k−1 k=1 k n→+∞
P 2 P
On en déduit, par le théorème de comparaison des suites qui divergent
= =
k=0 k! k=1 k! 2 k=1 (k − 1)! Pn 1
vers l’infini : −→ +∞.
P ( 12 )k
1 n−1 1 1 α
k=1 k n→+∞
= −→ e2 P 1
2 k=0 k! n→+∞ 2 Ainsi, la série est divergente.
α
n⩾1 n

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× si α > 1 : Soit k ⩾ 2. Pour tout t ∈ [k − 1, k] :


1
(i) On considère la fonction f : x 7→ . k−1 ⩽ t ⩽ k

Cette fonction est dérivable sur ]0, +∞[. De plus, pour tout x > 0 : donc f (k − 1) ⩾ f (t) ⩾ f (k)

f ′ (x) = −αx−α−1 ⩽ 0 (car −α ⩽ 0 puisque α > 1 ⩾ 0) (car f est décroissante sur ]0, +∞[)
Z k Z k Z k
On en déduit que la fonction f est (strictement) décroissante sur donc f (k − 1) dt ⩾ f (t) dt ⩾ f (k) dt
]0, +∞[. k−1 k−1 k−1

(ii) La deuxième étape de la démonstration consiste à démontrer :


(par croissance de l’intégrale, les bornes étant
dans l’ordre croissant (k − 1 ⩽ k))
Z k Z k
∀k ⩾ 2, f (k) ⩽ f (t) dt ⩽ f (k − 1) donc f (k − 1) ⩾ f (t) dt ⩾ f (k)
k−1 k−1

Cette inégalité se comprend (mais cela ne constitue pas une démons- (iii) Ainsi, par sommation des inégalités de droite, pour tout n ⩾ 2 :
tration !) à l’aide de la représentation graphique suivante.
n
P n
P
Z k
f (k) ⩽ f (t) dt
k=2 k=2 k−1
q q
Z 2 Z n Z n
Sn − 1 f (t) dt + . . . + f (t) dt = f (t) dt
1 n−1 1
(par relation de Chasles)

f (k − 1) Or, comme α ̸= 1 :
f (k) n
n
t−α+1
Z   
1 1 1
dt = = 1−
x 1 tα −α + 1 1
α−1 nα−1
k−1
k 1 1
Enfin > 0 (car α > 1) et α−1 > 0 ce qui permet de conclure :
α−1 n
f (k) Z n
1 1 1
α
dt ⩽ et Sn ⩽ 1 +
1 t α−1 α−1
Démontrons cette inégalité.

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(iv) La suite (Sn ) est : Remarque


1 • Le programme précise que « Les étudiants doivent savoir utiliser la com-
× croissante puisque pour tout n : Sn+1 − Sn = ⩾ 0,
(n + 1)α paraison série-intégrale pour établir des convergences et des divergences
1 de séries, estimer des sommes partielles de séries divergentes ou des restes
× majorée par 1 + .
α−1 de séries convergentes dans le cas d’une fonction monotone ». Il est donc
Elle est donc convergente. primordial de connaître la technique de comparaison série-intégrale même
P 1 s’il n’y a pas de théorème spécifique au programme.
Ce qui signifie que la série α
est convergente.
n⩾1 n
• Dans l’exercice, on a considéré une fonction continue sur [2, +∞[. En consé-
Remarque quence, la sommation a été effectuée pour des entiers plus grands que 2.
De manière générale, si f est une fonction continue et décroissante sur
• Il faut savoir reconnaître ce type de séries dans les exercices. Par exemple :
P 1 P 1 P 1 [n0 , +∞[ (où n0 ∈ N), on peut démontrer :
× les séries
3
, 2
, √ sont convergentes.
n⩾1 n n⩾1 n n⩾1 n n Z k
P 1 P 1 ∀k > n0 , f (k) ⩽ f (t) dt ⩽ f (k − 1)
× les séries , √ sont divergentes. k−1
n⩾1 n n⩾1 n
• Cette démonstration est une illustration de la technique dite de comparai-
Et par sommation :
son séries / intégrales.
n
Z n n−1
Comparaison séries / intégrales ∀n > n0 ,
P
f (k) ⩽ f (t) dt ⩽
P
f (k)
• On considère une fonction f : [0, +∞[ → R continue sur [0, +∞[. k=n0 +1 n0 k=n0

• On suppose de plus que f est décroissante sur [0, +∞[. Alors :


Ce qui peut encore s’écrire :
Z k
∀k ∈ N∗ , f (k) ⩽ f (t) dt ⩽ f (k − 1) Z n n
Z n
k−1
P
∀n > n0 , f (t) dt + f (n) ⩽ f (k) ⩽ f (n0 ) + f (t) dt
n0 k=n0 n0
On en déduit, par sommation :

n
Z n n • Enfin, si on suppose de plus que la fonction f est positive, on a :
∗ P P
∀n ∈ N , f (k) ⩽ f (t) dt ⩽ f (k − 1)
k=1 0 k=1 Z n
P L’intégrale f (t) dt admet une limite
f (n) converge ⇔ n0
n n n−1
Enfin :
P
f (k) = Sn − f (0) et
P
f (k − 1) =
P
f (k) = Sn−1 fine lorsque n → +∞
k=1 k=1 k=0
(prudence lors de la sommation : sur quels entiers k peut-on sommer ?)

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IV. Le cas particulier des séries à termes positifs IV.2. Critère de comparaison des séries à termes positifs

IV.1. Les résultats fondamentaux Théorème 12.


P P
Soient un et vn deux séries réelles à termes positifs.
Théorème 10.
Soit (un ) ∈ RN . Supposons : ∀n ∈ N, 0 ⩽ un ⩽ vn
P
On note (Sn )n∈N la suite des sommes partielles associée à la série un .
P P
Alors 1) vn converge ⇒ un converge
P P
(∀n ∈ N, un ⩾ 0) ⇒ (Sn ) est croissante 2) un diverge ⇒ vn diverge

Démonstration. Démonstration.
Supposons : ∀n ∈ N, un ⩾ 0. Comme : ∀k ∈ N, 0 ⩽ uk ⩽ vk , on en déduit, pour tout n ∈ N :
Soit n ∈ N. On a Sn+1 − Sn = un+1 ⩾ 0. Ainsi, (Sn ) est croissante. Pn n
P
× Sn = uk ⩽ vk = Tn ,
Remarque k=0 k=0
P P
On peut s’interroger sur la réciproque de ce théorème. Si (Sn ) est croissante, × (Sn ) et (Tn ) sont croissantes puisque un et vn sont à termes positifs.
alors pour tout n ∈ N : Sn+1 − Sn = un+1 ⩾ 0. Ainsi : ∀n ∈ N∗ , un ⩾ 0. 1) Si
P
vn converge, alors (Tn ) est majorée. Ainsi, il existe M ∈ R tel que :
Théorème 11. ∀n ∈ N, Tn ⩽ M . D’où : ∀n ∈ N, Sn ⩽ Tn ⩽ M .
P Cela signifie que (Sn ) est majorée par M . De P plus, (Sn ) est croissante.
Soit un une série réelle à termes positifs : ∀n ∈ N, un ⩾ 0.
Elle est donc convergente. On en conclut que un converge.
P
1) (Sn ) est majorée ⇒ un converge 2) Si
P
un diverge, la suite croissante (Sn ) est non majorée.
On en déduit : Sn −→ +∞. Or :
2) (Sn ) non majorée ⇒ Sn −→ +∞ n→+∞
n→+∞
∀n ∈ N, Tn ⩽ Sn
Démonstration.
C’est une conséquence directe du théorème de convergence monotone. On en déduit : Tn −→ +∞.
n→+∞
La suite (Sn ) est croissante. Ainsi : (on peut aussi remarquer que cet énoncé est la contraposée du 1) )
× si elle est majorée, elle est convergente.

× si elle est non majorée, elle tend vers +∞. Remarque


Remarque • La conclusion reste valable avec l’hypothèse moins stricte suivante :
P
Si un est une série à termes positifs divergente, alors la suite de ses
sommes partielles a pour limite +∞. On s’autorise alors, dans ce cas, à ∀n ⩾ n0 , 0 ⩽ un ⩽ vn
+∞
pour un certain n0 ∈ N.
P
noter : uk = +∞.
k=0 (la convergence d’une série ne dépend pas des 1er termes u0 , . . ., un0 )

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PSI 2023-2024

•Ce théorème est important. Il signifie que pour déterminer la nature d’une IV.3.b) Rappel sur les relations de comparaison sur les suites
série réelle à termes positifs, il suffit de comparer son terme général à celui
Définition
d’une série de référence (dont on connaît la nature).
Soit (un ) ∈ RN .
IV.3. Application : les autres critères de comparaison des sé- Soit (vn ) une suite qui ne s’annule pas (au moins à partir d’un certain rang).
ries à termes positifs • On dit que (un ) est dominée par (vn ), et on note un = O (vn ) si la
n→+∞
 
IV.3.a) Résultat intermédiaire un
suite est bornée, c’est-à-dire si :
vn
Théorème 13.
P P un
Soient un et vn deux séries réelles à termes (strictement) positifs. ∃M ∈ R, ∀n ∈ N, ⩽ M
vn
un
Supposons qu’il existe (m, M ) ∈ R2 : ∀n ∈ N, 0 < m ⩽ ⩽M À l’oral, on dit que « un est un grand o de vn ».
vn
P P ( o = 15ème lettre de l’alphabet)
Alors les séries un et vn sont de même nature.
• On dit que (un ) est négligeable devant (vn ), et on note un = o (vn ),
n→+∞
Plus précisément, on a :  
un
P P si la suite est convergente de limite 0, c’est-à-dire si :
1) un converge ⇔ vn converge vn
un
P P
2) un diverge ⇔ vn diverge ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ⩾ n0 , ⩽ ε
vn
Démonstration.
un
Soit n ∈ N. Par hypothèse, on a : 0 < m vn ⩽ un ⩽ M vn . un = o (vn ) ⇔ lim = 0
n→+∞ n→+∞ vn
Par le théorème 12, on en déduit :
P P P
1) M vn converge ⇒ un converge ⇒ m vn converge, À l’oral, on dit que « un est un petit o de vn ».
2)
P
m vn diverge ⇒
P
un diverge ⇒
P
M vn diverge. ( o = 15ème lettre de l’alphabet)
Il suffit alors de remarquer que les séries
P
m vn ,
P
M vn et
P
vn sont de • On dit que (un ) est équivalente à (vn ), et on note un ∼ vn , si la suite
n→+∞
n n  
même nature puisque
P
M vk = M
P
vk . un
est convergente de limite 1, c’est-à-dire si :
k=0 k=0 vn
Remarque un
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ⩾ n0 , −1 ⩽ ε
• La remarque précédente s’applique (ainsi qu’au théorème suivant). vn
• On peut aussi relâcher l’hypothèse de stricte positivité. Le théorème reste un
vrai si (un ) est à termes positifs et (vn ) est une suite de termes positifs qui un ∼ vn ⇔ lim = 1
n→+∞ n→+∞ vn
ne s’annule pas à partir d’un certain rang.

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PSI 2023-2024

Remarque • Pour tout a > 0, b > 0, q > 1, on a :


• Les relations de comparaison asymptotiques vérifient les propriétés sui-
vantes. (ln(n))b << na << qn << n! << nn

b
o O ∼ na , na = qn , qn =
  
La relation La relation La relation c’est-à-dire ln(n) = o o o n! ,
n→+∞ n→+∞ n→+∞
n→+∞ n→+∞ n→+∞
n

n! = o n
n→+∞
N’est PAS réflexive est réflexive est réflexive
Exercice ! √ !
2
N’est PAS symétrique N’est PAS symétrique est symétrique en e n
Déterminer la limite des suites et .
n n
est transitive est transitive est transitive
IV.3.c) Quelques développements limités à connaître

Du fait de ces 3 propriétés, on dit que la relation est une relation Théorème 14.

n→+∞
Rappelons que si f est de classe C n+1 au voisinage de 0 alors elle admet un
d’équivalence.
DLn (0) qui s’écrit :
• Par ailleurs, comme toute suite convergente est bornée, on démontre :
n f (k) (0) n f (k) (0)
xk + o xn xk + O xn+1
P  P 
f (x) = ou f (x) =
un = o (vn ) ⇒ un = O (vn ) k=0 k! x→0
k=0 k! x→0
n→+∞ n→+∞

x2 x3 xn
ex = 1 + x + + O xn+1

et un ∼ vn ⇒ un = O (vn ) • + + ... +
n→+∞ n→+∞ 2 6 n! x→0

En particulier : x2 x4 x2p
+ . . . + (−1)p + O x2p+2

• cos(x) = 1 − +
  2 4! (2p)! x→0
un
La suite admet une limite finie ⇒ un = O (vn )
vn n→+∞ x3 x5 x2p+1
+ . . . + (−1)p + O x2p+3

• sin(x) = x − +
6 5! (2p + 1)! x→0
• Lorsque un = o (vn ), on utilise parfois la notation un << vn .
n→+∞
Cette notation, trompeuse, est à réservée à l’écriture d’échelles asympto- x2 x3 (−1)n+1 n
x + O xn+1

• ln(1 + x) = x − + + ... +
tiques. 2 3 n x→0

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PSI 2023-2024

1 Démonstration.
= 1 − x + x2 + . . . + xn + O xn+1


1−x x→0 1) On suppose : un ∼ vn .
n→+∞
un
α(α − 1) . . . (α − n + 1) n Rappelons : un ∼ vn ⇔ −→ 1.

α
(1 + x) = 1 + αx + . . . + x + O xn+1
 n→+∞ vn n→+∞
n! x→0
un
Ainsi : ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ⩾ n0 , − 1 ⩽ ε.
vn
IV.3.d) Les critères de négligeabilité, domination et équivalence 1
Par exemple, si ε = , il existe n0 ∈ N tel que :
2
Théorème 15.
P P 1 un 3
Soient un et vn deux séries réelles à termes (strictement) positifs. ∀n ⩾ n0 , 0 < ⩽ ⩽
2 vn 2
• ∀n ∈ N, vn ⩾ 0
) P P
On conclut alors à l’aide du théorème 13 que les séries un et vn
1)
P P
• un ∼ vn ⇒ un et vn sont de même nature sont de même nature.
n→+∞ P
2) On suppose que la série vn converge et : un = o (vn ).
n→+∞
• ∀n ∈ N, un ⩾ 0 et vn ⩾ 0  un
 Rappelons : un = o (vn ) ⇔ −→ 0.
vn n→+∞

2) • un = o (vn )  P n→+∞
n→+∞ ⇒ un est convergente un

P
vn est convergente
 Ainsi : ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ⩾ n0 , ⩽ ε.
vn


un
Par exemple, si ε = 1, il existe n0 ∈ N tel que : ∀n ⩾ n0 , ⩽1
• ∀n ∈ N, un ⩾ 0 et vn ⩾ 0  vn
 un
Autrement dit : ∀n ⩾ n0 , ⩽ 1 et donc 0 ⩽ un ⩽ vn .

• un = o (vn ) 
vn
P
n→+∞ ⇒ vn est divergente P
P  On conclut, à l’aide du théorème 12, que la série un converge.
• un est divergente 
 P
3) On suppose que la série vn converge et : un = O (vn ).
n→+∞

∀n ∈ N, un ⩾ 0 et vn ⩾ 0
 

 un
 Autrement dit, la suite est bornée. Il existe donc M > 0 et un
vn

3) • un = O (vn )  P
n→+∞ ⇒ un converge un

P
vn converge

 rang n0 ∈ N tel que : ∀n ⩾ n0 , ⩽ M . Ainsi :
 vn
∀n ⩾ n0 , 0 ⩽ un ⩽ M vn
• ∀n ∈ N, un ⩾ 0 et vn ⩾ 0 
P

 La série M vn est à termes positifs et est convergente (on ne change
• un = O (vn ) 
P général par M ̸= 0).
P
n→+∞ ⇒ vn est divergente pas la nature d’une série en multipliant son terme
On en conclut, par le théorème 12, que la série un converge.
P 
• un est divergente 

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PSI 2023-2024

Un point sur les relations de comparaison dans ces théorèmes Exercice


Pour les séries à termes Déterminer la nature des séries suivantes, sans chercher à calculer leur somme.

P positifs, l’idée de ces théorèmes est de déterminer la
nature d’une série un en comparant son terme général au √
Pterme général P n+1 P 4 −n P n P ln(n)
vn d’une série de référence (dont on connaît la nature) vn . Pour ce a. 2 d. n e g. i.
(n + 3) n 2 2n
faire, on utilise les relations de comparaison o , O , ∼ . Il s’agit
n→+∞ n→+∞ n→+∞ 1 P n −n P 1 P ln(n)
n e
P
de déterminer si les suites (un ) et (vn ) ont un comportement asymptotique b. p e. h. j.
n(n + 1) n2 n n2
proche. Plus précisément :  
  P 1 P ln(n)
× la relation un ∼vn siginifie que les suites (un ) et (vn ) ont même P 1 f. ln 1 + 2 k.
n→+∞ c. ln 1 + n n
P n
comportement asymptotique. La nature d’une série un ne dépend
pas desPpremiersPtermes de la suite (un ). Il paraît donc logique que les
séries un et vn aient même nature si les suites (un ) et (vn ) ont Un point sur le caractère positif P
même comportement asymptotique. • Il est à noter que pour étudier une série
P un à termes négatifs, il suffit
× la relation u = o (v ) siginifie que la suite (u ) est négligeable d’étudier la série −un qui est à termes positifs.
n n n
n→+∞
• On aurait donc pu énoncer les Théorèmes 12, 13, 15 sur des séries à
devant (vn ). Ainsi, si la suite (vn ) est suffisamment petite (convergence
termes négatifs. En fait, l’hypothèse adéquate pour ces théorèmes est celle
suffisamment rapide vers 0) pour que l’on puisse sommer ses termes, il
des séries à termes de signe constant.
est logique qu’il en soit de même pour la suite (un ).
• Notons que certaines séries ne sont pas à termes de signe constant.
× la relation un = O (vn ) siginifie que la suite (un ) a un comporte-
n→+∞ Pour déterminer la nature d’une telle série, on se sert souvent de la notion
ment asymptotique au pire à hauteur de celle de (vn ) à un coefficient de convergence absolue.
multiplicatif près. Il est donc là encore logique que si la suite (vn ) est suf-
fisamment petite pour que l’on puisse sommer ses termes, il est logique
qu’il en soit de même pour la suite (un ).

20
PSI 2023-2024

V. Convergence absolue d’une série numérique • Pour tout n ∈ N : 0 ⩽ vn ⩽ |un |.

V.1. La convergence absolue implique la convergence × Par hypothèse, |un | est le terme général d’une suite convergente.
P
× Ainsi, par le théorème 12, la série vn est convergente.
Définition
• De même, pour tout n ∈ N, on a : 0 ⩽ wn ⩽ |un |.
Soit (un ) ∈ KN .
P P × Par hypothèse, |un | est le terme général d’une suite convergente.
• La série un est dite absolument convergente si la série |un | est P
convergente. × Ainsi, par le théorème 12, la série wn est convergente.
Enfin, on remarque que, pour tout n ∈ N, un = vn − wn . Le terme
Remarque général de
P
un apparaît comme somme de deux termes généraux de
Évidemment, dans le cas d’une série à termes positifs, convergence et conver- séries convergentes. La série
P
un est donc convergente.
gence absolue sont deux propriétés synonymes.
Démonstration dans le cas où (un ) est une suite complexe
P
Théorème 16. (Inégalité triangulaire) On suppose que la série |un | est convergente.
P
Soit (un ) ∈ KN . Il s’agit alors de démontrer queP la série uP
n est convergente.
C’est le cas si et seulement si Re(un ) et Im(un ) le sont.
P
un est absolument P Il suffit alors de remarquer :
1) ⇒ un est convergente
convergente
0 ⩽ | Re(un )| ⩽ |un | ( et 0 ⩽ | Im(un )| ⩽ |un | )
2) Dans le cas de la convergence absolue, on a de plus :
On en déduit,P par théorème P de comparaison des séries à termes positifs
+∞ +∞ que les séries Re(un ) et Im(un ) sont (absolument) convergentes,
P P
uk ⩽ |uk | ce qui permet de conclure.
k=0 k=0 n n
P P
2) Par inégalité triangulaire, on a, pour tout n ∈ N : uk ⩽ |uk |.
k=0 k=0
Démonstration. Les séries
P
un et
P
|un | étant supposées convergentes, on obtient le
P
1) On suppose que la série |un | est convergente. résultat souhaité par passage à la limite dans cette inégalité.
Démonstration dans le cas où (un ) est une suite réelle
Exercice
On introduit (vn ) et (wn ) les suites définies par : P (−1)n
Déterminer la nature de la série .
n2
un + |un | |un | − un
vn = (= max (0, |un |)) et wn = (= − min (0, |un |))
2 2
vn est la partie positive de un et wn est la partie négative de un .

21
PSI 2023-2024

V.2. Critère de domination pour démontrer l’absolue conver- • Dans la démonstration, on démontre :
gence d’une série
un = O (vn ) ⇒ | un | = O (vn )
Théorème 17. n→+∞ n→+∞

Soit (un ) ∈ CN .
N De manière similaire, on peut démontrer (revenir à la définition de négli-
Soit (vn ) ∈ R+ ((vn ) est une suite d’éléments réels positifs). geabilité) :
• ∀n ∈ N, un ∈ C et vn ⩾ 0 
un = o (vn ) ⇒ | un | = o (vn )
n→+∞ n→+∞

 P
• un = O (vn ) 
La série un est
n→+∞ ⇒
P  (absolument) convergente On peut alors présenter le critère de négligeabilité sous la forme :
• vn converge 

• ∀n ∈ N, un ∈ C et vn ⩾ 0 
Démonstration. 
 P
• un = o (vn ) 
La série un est
• Remarquons tout d’abord que pour toute suite (wn ) d’éléments de K : n→+∞ ⇒
P  (absolument) convergente

(wn ) bornée ⇒ |wn | bornée • vn converge 

 
un
En appliquant ce résultat à la suite , on démontre : |un | = O (vn ). • La notion d’absolue convergence n’est pas équivalente à la notion de conver-
vn n→+∞
gence. Plus précisément : il existe des séries convergentes qui ne sont pas
• Il suffit de remarquer :
absolument convergentes. On parle alors de série semi-convergente pour
× ∀n ∈ N, |un | ⩾ 0 et vn ⩾ 0
désigner une série convergente mais non absolument convergente.
× |un | = O (vn ) P (−1)n
n→+∞
• Un exemple classique est celui de la série . Cette série est :
n
P
× La série vn est (absolument) convergente. n⩾1
Ainsi, par le théorème de domination des séries à termes positifs, la série × convergente. On va le démontrer dans le paragraphe suivant.
P
|un | est convergente. × non absolument convergente. En effet, pour tout n ⩾ 1 :
Remarque (−1)n 1
=
• Cette présentation du théorème de domination est celle du programme n n
officiel. Elle est intéressante car permet de s’abstraire de l’utilisation du P 1
module qui n’apparaît pas directement dans les hypothèses. Cependant, Or, la série est divergente.
n
d’un point de vue pédagogique, il est bienvenu de se poser la question de C’est un cas très particulier de série semi-convergente. En effet, on a ici
la convergence absolue et il est donc pertinent de penser à travailler avec affaire à une série alternée, c’est-à-dire une série dont le terme général
le module (ou la valeur absolue selon le contexte) du terme général de la change de signe à chaque rang. Pour démontrer la convergence de ces séries,
série. La présentation mise en avant dans le programme ne doit donc être on utilise le critère spécial des séries alternées.
utilisée qu’en cas de recul suffisant.

22
PSI 2023-2024

VI. Le cas particulier des séries alternées Démonstration.


Pour plus de lisibilité, on suppose dans cette démonstration que la suite (an )
Définition est positive (le cas des suites à termes négatifs se traite de manière similaire).
Soit (un ) ∈ RN . 1. Montrons que les suites (S2n ) et (S2n+1 ) sont convergentes
P
• On dit que la série un est alternée si pour tout n ∈ N, un et un+1 Pour cela, on démontre qu’elles sont adjacentes.
sont
 de signes
 opposés. Autrement dit, la série est alternée si la suite • La suite (S2n ) est décroissante. En effet :
n
(−1) un est de signe constant. 2n+2 2n
(−1)k ak − (−1)k ak
P P
S2(n+1) − S2n = S2n+2 − S2n =
k=0 k=0
Remarque P = (−1)2n+1 a2n+1 + (−1)2n+2 a2n+2
Du fait même Pde cette définition, une série alternée un est souvent notée
= a2n+2 − a2n+1 ⩽ 0
sous la forme (−1)n an où (an ) est une suite réelle de signe constant.
Remarquons dans ce cas que pour tout n ∈ N : • La suite (S2n+1 ) est croissante. En effet :
2n+3 2n+1
| un | = | (−1)n an | = | (−1)n | | an | = | an | (−1)k ak − (−1)k ak
P P
S2(n+1)+1 − S2n+1 = S2n+3 − S2n+1 =
k=0 k=0
(−1)n an = (−1)n (−1)n un = (−1)2n un = un

= (−1)2n+2 a2n+2 + (−1)2n+3 a2n+3
= a2n+2 − a2n+3 ⩾ 0
Théorème 18. (Critère spécial des séries alternées)
Soit (un )n∈N ∈ RN . • Enfin on a :
2n+1 2n
(−1)k ak − (−1)k ak = (−1)2n+1 a2n+1
P P
1. Énoncé du critère spécial des séries alternées S2n+1 − S2n =
k=0 k=0
P = − a2n+1 −→ 0
• un est une série alternée  n→+∞
(−1)n an
P
(s’écrit sous la forme 

 On en conclut que les suites (S2n ) et (S2n+1 ) sont adjacentes.

où (an ) de signe constant)
P
La série un

⇒ Elles sont donc convergentes et convergent vers la même limite ℓ ∈ R.
est convergente

• |un | est décroissante, 

 Démontrons alors que la série
P
un est convergente (de somme notée S)

|un | −→ 0.


n→+∞ Soit ε > 0.
• On sait : S2n −→ ℓ.
P n→+∞
2. De plus, si un est une série alternée convergente, alors : Ainsi, il existe un rang n1 ∈ N tel que : ∀n ⩾ n1 , |S2n − ℓ| ⩽ ε.
+∞
P (ceci signifie qu’à partir du rang n1 , tous les éléments de (S2n ) sont
a) ∀n ∈ N, Rn = uk est du signe de un+1 .
k=n+1 dans l’intervalle rouge)
(Rn est le reste d’ordre n de la série
P
un ) ε ε
b) ∀n ∈ N, | Rn | = | S − Sn | ⩽ | un+1 |. ℓ
ℓ−ε ℓ+ε

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• On sait : S2n+1 −→ ℓ. b) Montrons que S vérifie : ∀n ∈ N, |Sn − S| ⩽ an+1


n→+∞
Ainsi, il existe un rang n2 ∈ N tel que : ∀n ⩾ n2 , |S2n+1 − ℓ| ⩽ ε. Soit n ∈ N. Deux cas se présentent.
( ceci signifie qu’à partir du rang n2 , tous les éléments de (S2n+1 ) sont • Si n pair : il existe p ∈ N tel que n = 2p.
::::::::
dans l’intervalle rouge) On a alors : S −Sn = S −S2p ⩽ 0 (d’après la question précédente).
Notons N = max(2n1 , 2n2 +1). Ces deux inégalités permettent d’affirmer : On en déduit :
∀n ⩾ N, |Sn − ℓ| ⩽ ε
|S − Sn | = S2p − S ⩽ S2p − S2p+1 (car S ⩾ S2p+1 )
(ceci signifie qu’à partir du rang N , tous les éléments de (Sn ) sont dans q
l’intervalle rouge) −(−1)2p+1 a2p+1 = a2p+1 = an+1
Ainsi (Sn ) est convergente de limite ℓ (notée S).
2. a) Il s’agit de déterminer le signe des termes de la suites (Rn ). • Si n impair : il existe p ∈ N tel que n = 2p + 1.
:::::::::::

Démontrons tout d’abord : ∀n ∈ N, S2n+1 ⩽ S ⩽ S2n On a alors : S − Sn = S − S2p+1 ⩾ 0 (question précédente).


On en déduit :
La suite (S2n ) (resp. (S2n+1 )) est décroissante (resp. croissante) donc,
sa limite S est sa borne inférieure (resp. supérieure) et est donc un |S − Sn | = S − S2p+1 ⩽ S2p+2 − S2p+1 (car S ⩽ S2p+2 )
minorant (resp. un majorant). Ainsi : q
∀n ∈ N, S2n+1 ⩽ sup S2n+1 = S = inf S2n ⩽ S2n (−1)2p+2 a2p+2 = a2p+2 = an+1
n∈N n∈N

Soit n ∈ N. Démontrons maintenant que Rn est du signe de un+1 . Ainsi : ∀n ∈ N, |Sn − S| ⩽ an+1 .
Deux cas se présentent alors.
Exercice
• Si n est pair alors il existe p ∈ N tel que : n = 2p. Alors :
:::::::::::: P (−1)n
+∞ 1) Démontrer que la série est convergente mais non absolument
P n⩾2 ln(n)
Rn = R2p = uk = S − S2p ⩽ 0 convergente.
k=2p+1
(−1)n
 
P
Et Rn est bien du signe de : 2) Déterminer la nature de la série ln 1 + .
n⩾2 n2
un+1 = u2p+1 = (−1)2p+1 a2p+1 = −a2p+1 ⩽ 0
(−1)n
 
P
3) Déterminer la nature de la série ln 1 + .
• Si n est pair alors il existe p ∈ N tel que : n = 2p + 1. Alors :
:::::::::::: n⩾2 n
+∞
P (penser à un développement asymptotique)
Rn = R2p+1 = uk = S − S2p+1 ⩾ 0
k=2p+2

Et Rn est bien du signe de :


un+1 = u2p+2 = (−1)2p+2 a2p+2 = a2n+2 ⩾ 0

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VII. Propriétés des séries convergentes VII.2. Produit de Cauchy de deux séries convergentes

VII.1. Propriétés algébriques élémentaires VII.2.a) Définition

Théorème 19. Définition


Soient (un ) ∈ KN et (vn ) ∈ KN . Soient (un ) ∈ KN et (vn ) ∈ KN .
P P P P
On suppose que les série un et vn sont convergentes. • On appelle produitPde Cauchy de deux séries numériques un et vn
la série numérique cn dont le terme général est défini par :
1) Linéarité
P 
a) Pour tout (λ, µ) ∈ K × K, la série λ un + µ vn est convergente. n
P n
P
∀n ∈ N, cn = ui vn−i = un−j vj
+∞  +∞ +∞ i=0 j=0
P P P
b) De plus : λ uk + µ vk = λ uk + µ vk .
k=0 k=0 k=0
VII.2.b) Résultat
2) Positivité
Théorème 20.
+∞
P Soient (un ) ∈ KN et (vn ) ∈ KN .
∃n0 ∈ N, ∀k ⩾ n0 , uk ⩾ 0 ⇒ uk ⩾ 0 n
P n
P
k=n0 Pour tout n ∈ N, on note : cn = ui vn−i = un−j vj .
i=0 j=0
P P
3) Croissance 1) Si les séries u n et vn sont absolument convergentes alors la série
P
cn , produit de Cauchy des deux précédentes, est elle aussi absolument
+∞
P +∞
P convergente.
∃n0 ∈ N, ∀k ⩾ n0 , uk ⩽ vk ⇒ uk ⩽ vk
k=n0 k=n0 +∞
+∞  +∞ !
P P P
2) Dans ce cas : ck = ui vj
Remarque k=0 i=0 j=0

• On peut démontrer, à l’aide de ce résultat :


Démonstration.
P
• La série un est convergente  P • La démonstration n’est pas exigible. On se contente ici de donner une une
La série (un + vn )
• La série
P
vn est divergente ⇒ représentation graphique expliquant la forme du terme général de la série
est divergente
obtenu par produit de Cauchy.

P (−1)n
• Application : déterminer la nature de la série √ .
n − (−1)n
(penser à un développement asymptotique)

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PSI 2023-2024

P P
• Soient un et vn deux séries absolument convergentes. Dans ce cas : • Afin de mieux comprendre ce dernier point, on peut faire les représentations
graphiques correspondantes.
! !! (la somme de la série P v
+∞
P
 +∞
P +∞
P +∞
P n
ui vj = ui vj est un réel indépendant de la
i=0 j=0 i=0 j=0 variable de sommation i) .. .. .. .. .. ..
. . ... ... . ... . . ... ... . ...
!
+∞
P +∞ P u0 vj u1 vj . . . . . . ui vj . . . u0 vj u1 vj . . . . . . ui vj . . .
= ui vj ⋆1 (par linéarité)
i=0 j=0 .. .. .. .. .. ..
. . . . . .
P
= ui vj ⋆2 u0 v1 u1 v1 ... ... ui v1 ... u0 v1 u1 v1 ... ... ui v1 ...
0⩽i,j⩽+∞
u0 v0 u1 v0 ... ... ui v0 ... u0 v0 u1 v0 ... ... ui v0 ...
+∞
+∞ 
P P
= ui vj ⋆3
j=0 i=0 Sommation suivant les colonnes (⋆1 ) Sommation suivant les colonnes (⋆3 )
!
+∞
P +∞ +∞
+∞ 
L’écriture ⋆2 stipule qu’il s’agit de sommer toutes les quantités ui vj pour P P P
ui vj ui vj
(i, j) parcourant tout N2 . Si on présente les couples (i, j) sur le quart de i=0 j=0 j=0 i=0
plan et qu’on positionne les quantités ui vj aux places correspondantes, on
comprend qu’il y a essentiellement 3 manières d’obtenir la somme de tous ..
.
ces termes :
u0 vk

..
faire une somme suivant les lignes (écriture ⋆3 ).

.
×
..
× faire une somme suivant les colonnes (écriture ⋆1 ). . u1 vk−1

..
.
× faire une somme suivant les diagonales. ..
. u2 vk−2
C’est l’idée derrière le produit de Cauchy.

..

..
=

.
2
u0 v2

..

..

..

..
=

.
1
u0 v1 u1 v1

..

..

..

..
=

.
0
u0 v0 u1 v0 u2 v0 ... ... uk v0 ...

Sommation suivant les diagonales (produit de Cauchy)


!
+∞
 k  +∞   +∞ k
P P P P P P
ui vk−i = ui vj = uk−j vj
k=0 i=0 k=0 (i, j) ∈ N2 k=0 j=0
i+j =k

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PSI 2023-2024

Remarque VII.2.c) Application : série exponentielle complexe


• On peut se demander d’où vient la nécessité de l’hypothèse d’absolue
Théorème 22.
convergence. C’est celle qui permet de parler de convergence d’une sé-
P zn +∞ zk
rie réelle indépendamment de l’ordre de sommation choisi. En particulier, ez =
P
Pour tout z ∈ C, la série converge et :
si une série est absolument convergente, on peut sommer ses termes par n! k=0 k!
paquets sans que cela ne change le résultat de la sommation.
Démonstration.
• Dans le cas d’une série réelle convergente mais non absolument convergente,
l’ordre de sommation joue un rôle primordial. Plus précisément, quelle que • Soit z ∈ C. On note x = Re(z) et y = Im(z).
soit la série semi-convergente étudiée, on peut, en modifiant l’ordre de
ez = ex+i y
sommation, créer une série qui converge vers n’importe quel α ∈ R choisi
(par propriété de
à l’avance (on peut même prendre α = +∞ ou α = −∞). = ex ei y
l’exponentielle complexe)
• Ce résultat est contraire à l’intuition : on ne s’attend pas à ce que la
! 
+∞ xj P (i y)k
+∞

P (par propriétés vu dans le
somme de tous les termes dépende de l’ordre de sommation. Il a été établi =
j=0 j! k=0 k! paragraphe III.3 )
par Riemann et est connu sous le nom de théorème de réarrangement.

Théorème 21. (CULTURE) ! (par produit de Cauchy


+∞
P Pk xj (i y)k−j puisque les deux séries
Soit (un ) ∈ RN . =
P k=0 j=0 j! (k − j)! étudiées sont absolument
Soit un une série semi-convergente. convergentes)
( P
un converge !
c’est-à-dire P +∞ k 1
|un | diverge xj (i y)k−j
P P
=
k=0 j=0 j! (k − j)!
Alors, pour tout α ∈ R, il existe une permutation σ de N telle que :
n
P !
uσ(k) −→ α +∞ 1 P k k!
xj (i y)k−j
P
k=0 n→+∞ =
k=0 k! j=0 j! (k − j)!
Remarque
P (−1)n+1 !
On a déjà rencontré une série semi-convergente : . +∞ k
 
• 1 P k
n xj (i y)k−j
P
n⩾1 =
En TD, on démontrera : k=0 k! j=0 j
× que cette série a pour somme ln(2).
+∞ P zk
+∞
 
× qu’en modifiant l’ordre de sommation des termes, on peut créer une P 1   k
3 = x + iy =
somme de valeur ln(2). k=0 k! k=0 k!
2

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Exercice VIII. Applications du chapitre


1. Démontrer, à l’aide d’un produit de Cauchy :
VIII.1. Nature d’une série par développement asymptotique
u+v u v
∀(u, v) ∈ C, e = e ×e VIII.1.a) Un cas simple

z n (où z ∈ C) est-elle On présente cette technique en l’illustrant par un exemple.


P
2. a) Sous quelle condition la série numérique
convergente ?    
P 1 1
b) Démontrer, à l’aide d’un produit de Cauchy : La série n sin − est convergente
n n
1 +∞
(n + 1) z n
P
∀|z| < 1, 2
= • Commençons par rappeler le développement limité de la fonction sin en 0 :
(1 − z) n=0
x3 x2n+1
+ . . . + (−1)n + O x2n+3

c) Quel résultat plus général cet exerccie semble-t-il illustrer ? sin(x) = x −
3! (2n + 1)! n→+∞
• On en déduit :
   
1 1 1
sin = + O
n n n→+∞ n3
   
1 1 1
donc sin − = O
n n n→+∞ n3
     
1 1 1
donc n sin − = O
n n n→+∞ n2
   
∗ 1 1 1
× ∀n ∈ N , n sin − ⩾ 0 et 2 ⩾ 0
n n n
     
1 1 1
× n sin − = O
n n n→+∞ n2
P 1
× La série est convergente en tant que série de Riemann d’exposant
n2
2 (> 1).
Ainsi, par 
théorème
 de domination des séries à termes positifs, la série

P 1 1
n sin − est (absolument) convergente.
n n

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PSI 2023-2024

VIII.1.b) Un cas plus subtil Cette dernière inégalité est vérifiée dans le cas n pair mais ne l’est pas
1
On présente cette technique en l’illustrant par un exemple. dans le cas n impair (puisqu’alors √ √ < 1>2).
n+1+ n
La suite (|un |) n’est donc pas décroissante.
(−1)n 1

P
La série √ est divergente × √ −→ 0.
n − (−1)n n − (−1)n n→+∞
• On peut aussi penser à l’utilisation de la règle de d’Alembert.
Démonstration.
(−1)n+1
• La première question que l’on doit se poser est de savoir si le critère spécial √
un+1 n+1−(−1)n+1
des séries alternées s’applique. = (−1)n
un √
(−1)n n−(−1)n
Pour tout n ⩾ 2, on note : un = √ .
n − (−1)n √
(−1)n+1 n − (−1)n
(−1)n |(−1)n | 1 = √ ×
Ainsi : ∀n ⩾ 2, |un | = √ n
= √ n
= √ . n + 1 − (−1)n+1 (−1)n
n − (−1) | n − (−1) | n − (−1)n
On a : √
(−1)n (−1)n+1 | n − (−1)n |
× La série
P

n − (−1)n
est une série alternée. ✓ = √
n + 1 − (−1)n+1
×
| (−1)n |
 
× La suite √
1
n − (−1)n
est décroissante. ✗ √
n − (−1)n
= √
Pour mettre en avant le problème, procédons par équivalence. n + 1 − (−1)n+1
Pour tout n ∈ N∗ :
√ √
n n
|un+1 | − |un | < 0 ∼ √ ∼ √ =1
n→+∞ n+1 n→+∞ n
⇔ |un+1 | < |un |
un+1
1 1 On démontre ainsi : lim = 1.
⇔ √ <√ n→+∞ un
n + 1 − (−1)n+1 n − (−1)n
On est dans le cas où on ne peut pas conclure par la règle de d’Alembert.
√ √ (par stricte décroissance de la
⇔ n + 1 − (−1)n+1 > n − (−1)n
fonction inverse sur ]0, +∞[)
√ √
⇔ n+1− n > (−1)n+1 − (−1)n = 2 (−1)n+1
(n + 1) − n (à l’aide de la quantité
⇔ √ √ > 2 (−1)n+1
n+1+ n conjuguée)

29
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P
• Il faut alors envisager une autre méthode. Cependant, comme la série un • Le pointPprécédent ne nous permet pas de conclure quant à la nature de
n’est pas une série dont le terme général est de signe constant, on ne peut la série un . En effet, une série non absolument convergente peut être
pas appliquer les théorèmes de comparaison des séries à termes positifs. convergente ou divergente.
Plus précisément, même si on sait : Il faut alors réaliser une étude plus fine du terme général de la série. On
(−1)n (−1)n peut le faire grâce à un développement asymptotique. Plus précisément,
× √ ∼ √ on remarque :
n − (−1)n n→+∞ n
n
P (−1) (−1)n (−1)n 1
× La série √ est convergente (par le critère spécial des séries al- √ = √ n
n n − (−1)n n 1 − (−1)√
n
ternées).
(−1)n 
 −1 
(−1)n (−1)n
on ne peut pas en conclure pour autant que la série
P
√ est = √ 1 − √n
n − (−1)n n
convergente car les critères d’équivalence des séries à termes positifs s’uti-
(−1)n (−1)n
  
1
lisent . . . pour des séries à termes positifs ! = √ 1+ √ + O
P n n n→+∞ n
• Même si la série un n’est pas de terme général de signe constant, on
(−1)n
 
peut utiliser les théorèmes de comparaison en travaillant avec la valeur 1 1
= √ + + O √
absolue du terme général. n n n→+∞ n n
P
(−1)n (−1)n (−1)n (−1)n 1 Ainsi, le terme général de un apparaît comme la somme de trois termes
√ ∼ √ donc √ ∼ √ = généraux :
n − (−1)n n→+∞ n n − (−1)n n→+∞ n n
P (−1)n
On a : × la série √ est convergente par le critère spécial des séries alter-
n
1 nées.
× ∀n ∈ N∗ , ⩾0 P 1
n
× la série est divergente.
(−1)n 1 n
× √ ∼ .  
n
n − (−1) n→+∞ n 1
× pour toute suite (wn ) telle que wn = O √ , on a :
P 1 n→+∞ n n
× La série est est une série de Riemann d’exposant 1 (̸> 1).
n⩾1 n
1
− ∀n ∈ N∗ , |wn | ⩾ 0 et √ ⩾ 0
Elle est donc divergente. n n
 
Ainsi, par le critère d’équivalence des séries à termes positifs, la série 1
− |wn | = O √
P (−1)n n→+∞ n n
√ est divergente.
n⩾1 n − (−1)n P 1
(−1)n − la série √ est convergente en tant que série de Riemann d’ex-
Autrement dit, la série
P
√ n’est pas absolument convergente. n n
n − (−1)n posant 32 (> 1).

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PSI 2023-2024

P
On en conclut, par le critère de domination, que la série wn est pour déterminer la convergence de cette série, on réalise un dévelop-

(absolument) convergente. pement asymptotique de son terme général vn+1 − vn , ce qui permet
Finalement, le terme général de la série
P
un apparaît comme somme de de le comparer par rapport aux termes généraux de séries de référence
termes généraux d’une série convergente et du via les théorèmes de comparaison des séries à termes positifs.
P terme général d’une série √
divergente. On peut en conclure que la série un est divergente. 2) Démonstration que la limite de (un ) est 2 π
Ce résultat est fourni par l’étude d’une intégrale de Wallis.
VIII.2. La formule de Stirling
Démonstration.
Théorème 23 (Formule de Stirling). 1) • Pour tout n ∈ N∗ , on note : vn = ln(un ) et wn = vn+1 − vn .
√  n n !  
n! ∼ 2πn (n + 1)! n!
n→+∞ e wn = ln 3 − ln 1
(n + 1)n+ 2 e−n−1 nn+ 2 e−n
1
!
Remarque (n + 1)! nn+ 2 e−n
= ln × 3 × −n−1
• Dans ce qui suit, on démontre cette équivalence sous l’écriture suivante, n! (n + 1)n+ 2 e
plus simple pour mener les calculs : 1 !
n + 1 −n− 2
 
√ 1
1 = ln (n + 1) × × ×e
n! ∼ 2 π nn+ 2 e−n n n+1
n→+∞
 
Par ailleurs, pour tout n ∈ N∗ , on note : 1
= ln e ×  1

1 αn n+1 n+ 2
αn = n!, βn = nn+ 2 e−n et un = n
βn  1!
n + 1 n+ 2

• La démonstration exploite plusieurs résultats du chapitre. = ln(e) − ln
n
Son schéma est le suivant.    
1) Démonstration que la suite (un ) converge 1 1
= 1− n+ ln 1 +
Pour ce faire : 2 n
▶ on introduit la suite (vn ) de terme général : vn = ln(un ) (ce qui x2 x3
x3 . On en déduit :

• Rappelons : ln(1 + x) = x − 2 + 3 + o
permet de travailler sur des sommes et pas des quotients). x→0

▶ on exploite alors la propriété de sommation télescopique :    


1 1 1 1 1 1 1
ln 1 + = − 2
+ + o
(vn ) converge ⇔
P
(vn+1 − vn ) converge n n 2 n 3 n3 n→+∞ n3

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Et ainsi : 2) La deuxième partie de la démonstration se base sur le résultat ci-dessous.


Intégrales de Wallis
   
1 1 1 1 1 1
n ln 1 + = 1 − + 2
+ o π
n 2 n 3 n n2
Z
n→+∞ 2 n
    Pour tout n ∈ N, on note : Wn = sin(t) dt.
1 1 1 1 1 1 1 1 1 0
ln 1 + = − 2
+ + o
2 n 2 n 4 n 6 n3 n→+∞ n3 r
π π(2n)!
a) Wn ∼ b) ∀n ∈ N, W2n =
22n+1 × (n!)2
     
1 1 1 1 1 n→+∞ 2n
donc : n+ ln 1 + = 1 + + o
2 n 12 n2 n→+∞ n2
  (démonstration en TD)
1 1 1 ℓ
Finalement : wn = − + o . • Pour plus de lisibilité, notons : K = e .
12 n 2 n→+∞ n2 Remarquons tout d’abord :
• Or :
1 1 π(2n)!
× ∀n ∈ N∗ , − ⩽0 W2n =
12 n2 22n+1 × (n!)2
1
1 1 π K (2n)2n+ 2 e−2n
× wn ∼ − ∼
n→+∞ 12 n2 n→+∞
 1
2
22n+1 × K nn+ 2 e−n
P 1 1
× La série − est convergente en tant que série de Riemann
12 n2 1
π K 22n+ 2 n2n+ 2 e−2n
1

d’exposant 2 (> 1). =


K 2 22n+1 n2n+1 e−2n
Ainsi,
P par critère d’équivalence
P des séries à termes négatifs, la série
wn (c’est-à-dire (vn+1 − vn ) est convergente. π 1 1 π
= 1 1 = √
• On en conclut que la suite (vn ) est convergente. Notons ℓ sa limite. K 22 n2 K 2n


car la fonction exp
 2n 1
un = e ln(un )
= e vn
−→ e ℓ On en déduit : W2n −→ .
n→+∞ est continue en ℓ π n→+∞ K
• Or, par la propriété a) :
αn √ √ √ r
Finalement : un = −→ eℓ > 0 et donc :
r

βn n→+∞ 2n 2n π π 2n 1 1
W2n ∼ = = √ √
π n→+∞ π 4n π 4n π 2
1
αn ∼ eℓ βn ou encore n! ∼ eℓ nn+ 2 e−n Par unicité de la limite, on obtient :
n→+∞ n→+∞

√ 1 1 √
ℓ √ = ou encore K= 2π
√  il reste donc à démontrer : e =
Pour conclure, 2 π, c’est-à-dire :
2π K
ℓ = ln 2 π .
Ce qui permet de conclure.

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.. ..
. .
IX. Bilan du chapitre
Résumé des séries rencontrées qn q n converge ⇔ |q| < 1
P P
n⩾0
On regroupe dans le tableau ci-dessous les séries rencontrées dans le cha-
n q n−1 n q n−1 converge ⇔ |q| < 1
P P
pitre (cours et TD). Savoir démontrer les résultats contenus dans ce tableau
n⩾1 n⩾1
constitue un excellent exercice de vérification des techniques du chapitre.
n(n − 1) q n−2 n(n − 1) q n−2 converge ⇔ |q| < 1
P P
P P
un Nature de un n⩾2 n⩾2

P ln(n) P ln(n)
converge
n3 n3 2 2
P P
diverge (grossièrement) n⩾1 n n⩾1 n

P ln(n) P ln(n)
converge
n2 n2 diverge (grossièrement) 2n n
P P
n⩾0 2

e−n e−n converge


P P
P P
n n diverge (grossièrement) n⩾0

P xn P xn
P P converge (pour tout x ∈ R)
1 1 diverge (grossièrement) n! n!
P zn P zn
converge (pour tout z ∈ C)
   
P 1 P 1
ln 1 + ln 1 + diverge n! n!
n⩾1 n n⩾1 n
P (−1)n P (−1)n
P 1 P 1 semi-convergente
diverge n⩾1 n n⩾1 n
n⩾1 n n⩾1 n
(−1)n (−1)n
   
P P
P 1 P 1 ln 1 + ln 1 + semi-convergente
2 2
converge n⩾2 n n⩾2 n
n⩾1 n n⩾1 n
    P (−1)n P (−1)n
1 1 est (absolument) convergente
n2 n2
P P
ln 1 + 2 ln 1 + 2 converge n⩾1 n⩾1
n⩾1 n n⩾1 n
(−1)n (−1)n
   
P P
P 1 P 1 ln 1 + ln 1 + (absolument) convergente
α α
converge ⇔ α > 1 n⩾2 n2 n⩾2 n2
n⩾1 n n⩾1 n
P (−1)n P (−1)n
.. .. √ √ divergente
. . n⩾2 n − (−1)n n⩾2 n − (−1)n

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PSI 2023-2024

P
MÉTHODO Étude de séries (bilan du chapitre) 3) Si un est à termes positifs (c’est-à-dire si : ∀n ∈ N, un ⩾ 0)

L’étude de la nature de
P
un s’effectue par l’une des techniques suivantes. On dispose des quatre outils suivants.
1) Si la série
P
un est d’une forme particulière a) Critère de comparaison par inégalité des séries à termes positifs.

• On peut directement déterminer la nature d’une série si :


b) Critère de comparaison par équivalence des séries à termes positifs.
× son terme général est, à multiplication par un réel/complexe non nul c) Critère de comparaison par négligeabilité des séries à termes positifs.
près, le terme général d’une série dont on connaît la nature, d) Critère de comparaison par domination des séries à termes positifs.
× son terme général est la combinaison linéaire de termes généraux de
séries convergentes (dans ce cas, la série étudiée est convergente). On estime ici plus précisément la « taille » du terme général un de la série
P
× son terme général est la combinaison linéaire de termes généraux un étudiée. Pour ce faire, on compare un au terme général vn d’une
d’une série convergente et d’une série divergente (dans ce cas, la série de référence. On pensera notamment :
1
série étudiée est divergente). × à comparer avec des séries de terme général vn = dont la nature

Ces deux derniers cas sont souvent utilisés dans le cas de développement est donnée par le critère de Riemann.
asymptotiques (une bonne connaissance des DLm (0) usuels est exigée !). (on pourra aussi penser à comparer au terme général d’une série géo-
• On peut revenir à la définition de convergence : la série
P
un est conver- métrique ou au terme général de la série exponentielle ou plus généra-
gente ssi la suite (Sn ) est convergente (c’est notamment utile lorsqu’il lement au terme général d’une série dont on a établi la nature précé-
s’agit de « Déterminer la nature d’une série et calculer sa somme ») : demment)
× on peut calculer Sn : en reconnaissant la somme partielle d’une série × à utiliser la formule de Stirling pour évaluer la taille d’un terme général
usuelle (notamment les séries géométriques et géométriques dérivées faisant apparaître des factorielles.
première / deuxième, la série exponentielle) ou en faisant apparaître P
Note : si Pun est à termes négatifs, on étudie
P
−un qui est de même
une sommation télescopique. nature que un .
× on peut estimer Sn à l’aide d’une inégalité telle que celle fournie par
P
une comparaison séries / intégrales. 4) Si un est à termes réels de signes non constants ou est à termes
complexes
2) Étude de la suite (un ) réelle ou complexe
a) (i) Si un −→ ̸ 0, la série
P
un diverge grossièrement donc diverge. On pourra penser à l’une de ces méthodes.
n→+∞
P a) Utilisation du critère spécial des séries alternées si le cadre s’y prête.
(ii) Si un −→ 0, la série un ne diverge pas grossièrement.
n→+∞ P b) Démontrer de la convergence absolue (comme |un | ⩾ 0, les techniques
La série un peut être divergente ou convergente. du 3) sont utilisables)
(une étude plus précise doit être réalisée) P P
• Si |un | est convergente (c’est-à-dire un absolument conver-
b) Utilisation de la règle de d’Alembert (si le terme général s’écrit à l’aide gente) alors
P
un est convergente.
de produits / quotients). P P
• Si |un | est divergente alors un peut être divergente ou conver-
C’est
P une première étude de la « taille » du terme général un de la série gente (une étude plus précise doit être réalisée).
un étudiée.

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