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Contrôle d'Analyse Numérique X2009

Le document présente une analyse numérique et une optimisation d'un problème variationnel en utilisant le théorème de Lax-Milgram pour démontrer l'existence et l'unicité d'une solution. Il aborde également des questions de convergence et de stabilité d'un schéma numérique, en se concentrant sur les propriétés des formes bilinéaires et linéaires dans un espace de Hilbert. Enfin, il traite des projections orthogonales et des conditions aux limites pour des fonctions test dans des espaces de Sobolev.

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Le document présente une analyse numérique et une optimisation d'un problème variationnel en utilisant le théorème de Lax-Milgram pour démontrer l'existence et l'unicité d'une solution. Il aborde également des questions de convergence et de stabilité d'un schéma numérique, en se concentrant sur les propriétés des formes bilinéaires et linéaires dans un espace de Hilbert. Enfin, il traite des projections orthogonales et des conditions aux limites pour des fonctions test dans des espaces de Sobolev.

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Ecole Polytechnique, Promotion X2009

Analyse Numérique et Optimisation (MAP431)


Contrôle Hors Classement du 12 avril 2011
Correction

Problème (14 points).


1. Le problème s’écrit sous la forme

Trouveruε ∈ H01 (Ω), tel que ∀v ∈ H01 (Ω), a(uε , v) = L(v) , (1)

avec a(·, ·) la forme bilinéaire définie sur H01 (Ω) × H01 (Ω) par
Z Z
1 1
∀u, v ∈ H0 (Ω) , a(u, v) = ∇u · ∇v dx + ∇u · ∇v dx
Ω ε Ω1

et L la forme linéaire sur H01 (Ω) définie par


Z
1
∀v ∈ H0 (Ω) , L(v) = f v dx .

L’existence et l’unicité d’une solution découlent de l’application du


théorème de Lax-Milgram dans H01 (Ω) qui est un espace de Hilbert,
à condition de vérifier que L est continue et que a est continue et coer-
cive sur H01 (Ω).
Or
Z
∀v ∈ H01 (Ω) , |L(v)| = f v dx

≤ ||f ||L2 ||v||L2
≤ C||f ||L2 ||v||H01

où C est la constante de Poincaré de Ω. Ainsi L est continue. De


même, a est continue car
Z Z
1 1
∀u, v ∈ H0 (Ω) , |a(u, v)| = ∇u · ∇v dx + ∇u · ∇v dx
Ω ε Ω1
 
1
≤ 1+ ||u||H01 ||v||H01
ε

1
Enfin, a est coercive puisque
Z Z
1 2 1
∀u ∈ H0 (Ω) , a(u, u) = ||∇u|| dx + ||∇u||2 dx ≥ ||u||2H 1 .
Ω ε Ω1
0

Prenons v ∈ C0∞ (Ω \ Ω̄1 ). On peut intégrer par parties la formulation


variationnelle car uε |Ω\Ω̄1 ∈ H 2 (Ω \ Ω̄1 ). on trouve
Z Z
− ∆uε v dx = f v dx
Ω\Ω̄1 Ω\Ω̄1

soit comme tous les termes sont dans L2 (Ω \ Ω̄1 )


−∆uε = f p.p. sur Ω \ Ω̄1 . (2)
En procédant de même sur Ω1 on trouve
 
1
− 1+ ∆uε = f p.p. sur Ω1 . (3)
ε

On a par ailleurs uε |∂Ω = 0 au sens de la trace (donc presque partout


pour la mesure de bord sur ∂Ω). Enfin, il reste une condition sur ∂Ω1
à expliciter.
On prend donc maintenant v ∈ C0∞ (Ω) quelconque. En intégrant par
parties on trouve:
Z Z
1
∇uε · ∇v dx + ∇uε · ∇v dx
Ω ε Ω1
Z  Z
1
= ∇uε · ∇v dx + 1 + ∇uε · ∇v dx
Ω\Ω̄1 ε Ω1
Z  Z
1
= − ∆uε v dx − 1 + ∆uε v dx
Ω\Ω̄1 ε Ω1
Z  2 
1 ∂u1ε
 
∂uε
+ − 1+ v ds
∂Ω1 ∂n ε ∂n
Z
= f v dx ,

où l’on a noté n la normale à ∂Ω1 dirigée vers l’intérieur de Ω1 et u2ε


(resp. u1ε ) la restriction de uε à Ω \ Ω̄1 (resp. Ω1 ).
En utilisant (2) et (3), on obtient
Z  2 
1 ∂u1ε
 
∞ ∂uε
∀v ∈ C0 (Ω), − 1+ v ds = 0
∂Ω1 ∂n ε ∂n

2
ce qui donne la condition de saut sur l’interface ∂Ω1 (de nouveau toutes
les traces sont dans L2 (∂Ω1 ))

∂u2ε 1 ∂u1ε
 
− 1+ = 0 p.p. sur ∂Ω1 .
∂n ε ∂n

Enfin, comme a est symétrique on sait d’après le cours que uε est aussi
la solution du problème de minimisation
1
min a(u, u) − L(u)
u∈H0 (Ω) 2
1

et l’on constate que 12 a(u, u) − L(u) = Jε (u) .

2. On prend v = uε dans la formulation variationnelle du problème. On


obtient
Z Z Z
2 1 2
||∇uε || dx + ||∇uε || dx = f uε
Ω ε Ω1 Ω
≤ ||f ||L2 ||uε ||L2
≤ C||f ||L2 ||uε ||H01

où C est la constante de Poincaré de Ω. Ainsi on a

||uε ||2H 1 ≤ C||f ||L2 ||uε ||H01


0

ce qui donne
||uε ||H01 ≤ C||f ||L2
puis
Z
1
||∇uε ||2 dx ≤ C||f ||L2 ||uε ||H01
ε Ω1

≤ (C||f ||L2 )2 .

On répond ainsi à la question avec C1 = C2 = (C||f ||L2 )2 .

3. On sait que V ⊂ H01 (Ω) qui est un espace de Hilbert. On considère


donc une suite (un )n∈N d’éléments de V et de Cauchy dans H01 (Ω). On
appelle u∞ ∈ H01 (Ω) sa limite. Le problème consiste à montrer que
u∞ ∈ V , c’est-à-dire que u∞ est constant sur Ω1 .
Or on sait que
∇un −→ ∇u∞

3
dans L2 (Ω) lorsque n → +∞, et comme ∇un |Ω1 = 0, on en déduit que
∇u∞ |Ω1 = 0. Enfin puisque Ω1 est connexe, on en déduit que u∞ est
constant sur Ω1 c’est-à-dire que u∞ ∈ V .
Ainsi V muni du produit scalaire (et de la norme) H01 est un es-
pace de Hilbert. Le problème proposé est en fait le même problème
qu’initialement mais posé sur V (car si u ∈ V alors ∇u = 0 sur Ω1 )
Trouver u0 ∈ V tel que ∀v ∈ V, a(u0 , v) = L(v)
et par application du théorème de Lax-Milgram il admet une unique
solution.
4. En prenant comme fonction test v ∈ V dans la formulation variation-
nelle initiale, on a que uε vérifie (car ∇v = 0 sur Ω1 )
Z Z
∇uε · ∇v dx = f v dx
Ω Ω
et d’autre part Z Z
∇u0 · ∇v dx = f v dx .
Ω Ω
En soustrayant ces deux équations, on obtient
Z
∀v ∈ V, ∇ (uε − u0 ) · ∇v dx = 0 .

On prend alors v = u0 , et on arrive à
Z Z
2
||∇u0 || dx = ∇uε · ∇v dx
Ω Ω
≤ ||∇uε ||L2 ||∇u0 ||L2
ce qui donne
||uε ||H01 ≥ ||u0 ||H01 .
5. Soit w ∈ V . La question 4. nous dit (en prenant v = u0 − w ∈ V )
Z
∇ (uε − u0 ) · ∇(u0 − w) dx = 0 .

On en déduit alors que
Z Z
2
||∇(uε − u0 )|| dx = ∇(uε − u0 ) · ∇(ε − u0 ) dx
Ω ZΩ
= ∇(uε − u0 ) · ∇(ε − u0 + u0 − w) dx
ZΩ

= ∇(uε − u0 ) · ∇(uε − w) dx

≤ ||uε − u0 ||H01 ||uε − w||H01

4
c’est-à-dire que

∀w ∈ V, ||uε − u0 ||H01 ≤ ||uε − w||H01 .

En prenant l’inf sur w ∈ V on obtient

||uε − u0 ||2H 1 ≤ inf ||uε − w||2H 1 .


0 w∈V 0

L’inégalité en sens inverse étant évidente (u0 ∈ V ) on obtient l’égalité

||uε − u0 ||H01 = inf ||uε − w||H01 .


w∈V

Ceci traduit exactement le fait que u0 est la projection (orthogonale


par rapport au produit scalaire H01 ) de uε sur V . En particulier il est
intéressant de constater que cette projection ne dépend pas de ε.

6. Soit v ∈ V ⊥ vérifiant |v|V = 0. On a alors ∇v = 0 sur Ω1 et comme Ω1


est connexe, v est constante sur Ω1 . Ainsi v ∈ V et v ∈ V ∩ V ⊥ = {0}.
| · |V vérifie alors les trois axiomes qui en font une norme sur V ⊥ :

– ∀v ∈ V ⊥ , |v|V ≥ 0
– ∀v ∈ V ⊥ , ∀λ ∈ R, |λv|V = |λ| |v|V
– Si v ∈ V ⊥ vérifie |v|V = 0 alors v = 0

7. On admet que la norme | · |V est équivalente à la norme H01 sur V ⊥ ,


c’est-à-dire

∃α1 > 0, α2 > 0, ∀v ∈ V ⊥ , α1 ||v||H01 ≤ |v|V ≤ α2 ||v||H01 .

(En fait, on n’utilisera pas l’inégalité de droite.)


On remarque que la question 4. stipule exactement que uε − u0 ∈ V ⊥
et on a donc
1
||uε − u0 ||H01 ≤ |uε − u0 |V
α1
Z  21
1 2
= ||∇(uε − u0 )|| dx
α1 Ω1
Z  12
1 2
= ||∇uε || dx
α1 Ω1

car u0 ∈ V est constant sur Ω1 .

5
Ceci se majore d’après la question 2. et on obtient
1 1
||uε − u0 ||H01 ≤ (C2 ε) 2
α1

C2
ce qui répond à la question avec C = α1
. On en déduit que

lim ||uε − u0 ||H01 = 0


ε→0

c’est-à-dire que uε converge dans H 1 (Ω) vers u0 lorsque ε tend vers 0.

Exercice (6 points).
1. ATTENTION: Dans le poly seule la notion de stabilité L2 avec des
conditions périodiques au bord a été vue. Le calcul suivant suppose
implicitement cette condition.
Pour étudier la stabilité L2 du schéma, on calcule le facteur d’amplifica-
tion du schéma. Plus précisément, on pose
1 1
un (x) = unj pour x ∈](j − ∆x), (j + ∆x)[
2 2
et l’on décompose un en une somme de Fourier
X
un (x) = ûn (k) exp(2iπkx) .
k∈Z

Le schéma se réécrit sous la forme


un+1 (x) − un (x)
 n
u (x + ∆x) − un (x) un (x) − un (x − ∆x)

+c θ + (1 − θ) = 0.
∆t ∆x ∆x
En appliquant la transformée de Fourier, on obtient

ûn+1 (k) = A(k)ûn (k)

où le facteur d’amplification A(k) est donné par


∆t
A(k) = 1 − c (θ(exp(2iπk∆x) − 1) + (1 − θ)(1 − exp(−2iπk∆x)))
∆x
= 1 − λ((1 − 2θ)(1 − cos(2kπ∆x)) + i sin(2kπ∆x))
= 1 − λ((1 − 2θ)(2 sin2 (kπ∆x)) + 2i sin(kπ∆x) cos(kπ∆x))

6
On en déduit que

|A(k)|2 − 1 = 4λ sin2 (kπ∆x) (2θ − 1) + λ(1 − 2θ)2 sin2 (kπ∆x) + λ cos2 (kπ∆x)


= 4λ sin2 (kπ∆x) 2θ − 1 + λ + λ(4θ2 − 4θ) sin2 (kπ∆x)




Le schéma sera stable si et seulement si |A(k)|2 −1 ≤ 0 pour tout k ∈ Z,


c’est-à-dire

λ 2θ − 1 + λ + λ(4θ2 − 4θ) sin2 (kπ∆x) ≤ 0 ∀k ∈ Z .




Comme − 41 ≤ θ2 − θ ≤ 0, il s’agit d’un polynôme du second degré en


λ de coefficient principal positif et l’on trouve que le schéma est stable
si et seulement si la condition de type CFL suivante est vérifiée

1 − 2θ ≤ λ ≤ 0 ou 0 ≤ λ ≤ 1 − 2θ . (4)

En particulier la condition précédente oblige de décentrer dans “la


bonne direction”. Si λ ≤ 0, il faudra prendre pour avoir stabilité
θ ≥ 1−λ
2
≥ 21 et inversement si λ ≥ 0.

2. On montre d’abord que le schéma est consistant avec l’équation d’advection.


Soit u(x, t) une solution régulière de l’équation d’advection. L’erreur
de troncature liée au schéma est donnée par

u((n + 1)∆t, j∆x) − u(n∆t, j∆x) u(n∆t, (j + 1)∆x) − u(n∆t, j∆x)


enj = + cθ
∆t ∆x
u(n∆t, j∆x) − u(n∆t, (j − 1)∆x)
+c(1 − θ) .
∆x
En faisant un développement limité, on trouve
∂u ∂u ∂u
enj = (n∆t, j∆x) + O(∆t) + cθ (n∆t, j∆x) + c(1 − θ) (n∆t, j∆x) + O(∆x)
∂t ∂x ∂x
∂u ∂u
= (n∆t, j∆x) + c (n∆t, j∆x) + O(∆t + ∆x) .
∂t ∂x
Comme u est solution de l’équation d’advection, l’erreur de consistance
tend vers 0 lorsque ∆t et ∆x tendent vers 0, et le schéma est donc
consistant avec l’équation d’advection.
En appliquant le théorème de Lax, le schéma sera convergent pour la
norme L2 sous la condition de stabilité (4).

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