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Formation sur la lutte contre la Striga

Ce document présente un module de formation participative pour lutter contre la Striga en Afrique, une plante parasitaire qui menace gravement la production vivrière. Il décrit les principales espèces de Striga, leurs impacts économiques, et propose des méthodes de lutte intégrées, y compris des approches participatives pour sensibiliser et former les agriculteurs. Le module vise à fournir des connaissances pratiques pour aider les agriculteurs à prendre des décisions éclairées afin de maîtriser les ravages de la Striga.

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Formation sur la lutte contre la Striga

Ce document présente un module de formation participative pour lutter contre la Striga en Afrique, une plante parasitaire qui menace gravement la production vivrière. Il décrit les principales espèces de Striga, leurs impacts économiques, et propose des méthodes de lutte intégrées, y compris des approches participatives pour sensibiliser et former les agriculteurs. Le module vise à fournir des connaissances pratiques pour aider les agriculteurs à prendre des décisions éclairées afin de maîtriser les ravages de la Striga.

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MODULE DE FORMATION EN LUTTE

PARTICIPATIVE CONTRE LA STRIGA EN


AFRIQUE

1
MODULE DE FORMATION PARTICIPATIVE EN
LUTTE CONTRE LA STRIGA EN AFRICA

TABLE DES MATIERES

Page

I. AVANT PROPOS 4

II. PREFACE 5

III. REMERCIEMENTS 6

IV. ACRONYMES ET ABREVIATIONS 7

1. INTRODUCTION 8
1.1. Principales espèces de Striga , leur répartition et importance
1.2. quelques efforts notables de lutte contre la Striga en Afrique

2. OBJECTIFS DE LA FORMATION
11

3. SESSIONS DE FORMATION
11
3.1. PARASITISME VEGETAL: QUELQUES DEFINITIONS
11
3.2. DESCRIPTION DE LA STRIGA ET DES ESPECES CONNEXES
11
3.3. BIOLOGIE ET ECOLOGIE DE LA STRIGA 17
3.3.1. Cycle de vie
(Conditionnement, germination, prise, croissance et développement)
3.1.2 Mécanismes de survie et de dispersion
3.4. PRINCIPES ET PRATIQUES DE LA LUTTE CONTRE LA STRIGA
20
3.4.1. Prévention
3.4.2. Désherbage manuel
3.4.3. Résistance de la plante hôte
3.4.4. Assolement
3.4.5. Gestion de la fertilité

2
Page

3.4.6. Approches de méthodes culturales


[Link]. Culture par intervalle
[Link]. Culture par relais
3.4.7. Méthodes lutte biologique
3.4.8. Lutte chimique
3.4.9. Lutte intégrée contre la Striga (LIS)
[Link]. LIS dans les zones sévèrement/modérément infestées
[Link]. LIS dans les zones de faible infestation
3.5. APPROCHES PARTICIPATIVES A LA SENSIBILISATION 29
ET LUTTE CONTRE LA STRIGA
3.5.1. Sensibilisation
3.5.2. Elaboration et vulgarisation participatives de technologies
3.6. METHODOLOGIES DE RECHERCHE SUR LA STRIGA
30
3.6.1. Enquête
[Link]. Evaluation de la répartition et de la gravité de la Striga spp.
[Link]. Récolte des graines et des échantillons d’herbarium
3.6.2. Etudes en laboratoire et en serre
3.6.3. Enquêtes de terrain
3.7. PROGRES RECENTS DANS LA LUTTE CONTRE LA STRIGA EN AFRIQUE:
LECONS A TIRER 35

4. PROGRAMME DE MISE EN OEUVRE 36

5. BUDGET 38
5.1 Budget estimatif d’un cours de formation pour les agriculteurs
5.2 Budget estimatif de la mise en place de FFS (facultatif)
5.3 Budget estimatif d’un cours de formation pour les agents du développement et les
chercheurs

6. RESULTATS ATTENDUS
40

7. REFERENCES SELECTIONNEES
40

8. ANNEXES 41

8.1. Annexe 1. Module de formation


8.1.1. Module de formation pour les agriculteurs
8.1.2. Module de formation pour les agents de la vulgarisation et du développement
8.1.3. Module de formation pour les jeunes chercheurs

3
8.2. Annexe 2. Formulaire de test de repère
8.3. Annexe 3. Formulaire d’évaluation de la formation
8.4. Annexe 4. Programme et curriculum de la formation des FFS

4
AVANT - PROPOS

La production vivrière en Afrique sub-saharienne est sévèrement affectée par la Striga. Dans
les zones sub-humide et semi-arides où la plus grande partie des céréales et des légumineuses
est produite et qui souffrent déjà des aléas pluviométriques et de la dégradation des sols,
l’invasion par la Striga peut causer des pertes de récoltes allant jusqu’à 40% à un échec total
de la production.

La gravité du problème a été sans cesse réaffirmée dans de nombreux forums. Cependant, au
grand désarroi des personnes souffrant de ce fléau, les efforts restent encore isolés, à
l’exception des efforts limités mas louables du Réseau Panafricain de Lutte contre la Striga
(PASCON). Comme s’il était encouragé par ce manque d’action concertée mais aussi à cause
de la diminution de la base de ressources naturelles, le problème de la Striga est en train
d’empirer. Etant donné que le problème s’aggrave, favorisé par la faible fertilité des sols et la
pluviométrie aléatoire, il affecte les petits exploitants qui sont les moins productifs et les
moins capables de s’acheter des intrants pour la lutte.

Au fil des années, la FAO, l’OUA, le SAFGRAD, et les réseaux mondiaux et régionaux ont
créé une prise de conscience autour de ce problème alarmant. Malheureusement, la
communauté international n’a pas encore totalement reconnu sa gravité pour les agriculteurs
en Afrique, qui manquent encore de moyens pour lutter efficacement contre la Striga.

Le SAFGRAD continuera de considérer le problème de la Striga comme l’une des priorités à


résoudre en Afrique. Il est convaincu que la mise en œuvre d’un programme coordonné de
lutte contre la Striga, à l’échelle du continent, visant à renforcer les activités de réseautage, la
recherche nationale et les programmes de vulgarisation est essentielle pour surmonter ce
problème. Cette préoccupation entre également dans le cadre de l’approche sérieuse adoptée
par l’organisation pour améliorer la situation de la production vivrière en Afrique. Chaque
année, la Striga réduit le rendement et la production de céréales importantes consommées par
les populations en Afrique sub-saharienne. Il est par conséquent important de rendre
disponibles les meilleures mesures de lutte contre la Striga à l’intention des agriculteurs et
des institutions publiques de ces pays et d’aider à réduire les pénuries alimentaires
récurrentes qu’ils connaissent.

La sensibilisation adaptée au contexte et les fonctions de partage des connaissances


constituent l’un des moyens d’atteindre l’objectif ci-dessus. En se focalisant sur la formation
qui est une composante importante de ces fonctions, le SAFRGRAD a produit ce module de
formation conçu pour être largement diffusé et utilisé par les Systèmes Nationaux de
Recherche et de Vulgarisation Agricoles (SNRVA) d’Afrique. Le souhait est que cette
publication soit informative et contribue à l’atteinte du but visé de création de communautés
d’agriculteurs outillées de connaissances pratiques pour prendre des décisions éclairées pour
maîtriser les ravages de cette herbe nocive.

Le Directeur du SAFGRAD

5
PREFACE

On pourrait dire que la Striga est la plus grande contrainte biologique pour la production
vivrière en Afrique, et menace la vie de plus de 100 millions de personnes. C’est un problème
important au plan économique dans 59 pays. Malgré l’ampleur considérable du problème,
des efforts visant le fléau sont fragmentés et peu coordonnés. L’accès des agriculteurs et des
agents du développement aux nouvelles évolutions de la recherche est très limité. Un effort
coordonné doit être entrepris pour mettre en place un mécanisme efficace de réseautage pour
faciliter la libre circulation de l’information à l’intérieur des pays et entre les pays. Une série
de fonctions organisées de sensibilisation et de programmes appropriés de formation sont
nécessaires pour créer le degré de compréhension requis pour faire face au problème
complexe de la Striga. Cette compréhension est particulièrement importante pour stimuler
une nouvelle réflexion et animer les parties prenantes d’un désir de s’allier, mettre ensemble
leurs ressources pour relever le défi. Malheureusement, les directives de formations qui
pourraient aider à exécuter la tâche sont peu nombreuses et tardent à venir. Un module de
formation pratique et orienté vers l’action a été donc élaboré et présenté.

Dans la partie introductive de ce document, les principales espèces de la Striga présentes sur
le continent, leur répartition et importance sont brièvement décrites. Le cours de formation
proposé comprend sept sessions. Des efforts ont été déployés pour ne pas surcharger les
sessions avec des informations complexes et difficiles à suivre pour des personnes peu
familières des domaines techniques. Le choix s’est porté sur un cours qui pourrait transmettre
un message concis avec des exemples pratiques, aux personnes du terrain. Trois modules ont
été élaborés pour permettre d’adapter le cours à trois groupes de stagiaires, à savoir les
agriculteurs, les agents de vulgarisation et du développement et les jeunes chercheurs. Les
aspects pratiques de la lutte contre la Striga, les approches participatives, les études de cas et
les cas de réussite ont été mis en exergue dans le module de formation conçu pour les
agriculteurs. Il est recommandé que la formation formelle soit suivie de mesures pour
organiser les agriculteurs en groupes pour un développement de technologies et une
vulgarisation participatifs en utilisant par exemple, les écoles agricoles de terrain ou les
groupes de recherche des agriculteurs pour assurer la continuité. En dehors des aspects
appliqués, les connaissances théoriques sur la Striga, et les approches participatives de
recherche et de vulgarisation constituent le module pour les agents de vulgarisation et de
développement. Un traitement approfondi de la biologie de la plante parasitaire, des
interactions entre l’hôte et le parasite, des nouveaux progrès scientifiques, des méthodologies
de recherche et de la lutte intégrée contre la Striga sont les domaines qui seront largement
couverts dans le module de formation conçu pour les jeunes chercheurs.

Bien que l’idée principale soit d’avoir un module de formation avec un programme d’action
complet sur la biologie et la lutte contre la Striga, des tentatives ont été faites pour rendre le
document attrayant et intéressant pour un large éventail d’utilisateurs, allant des agents de la
vulgarisation aux universitaires. Une description de quelques efforts louables de lutte contre
la Striga en Afrique, des nouveaux progrès dans la recherche et la vulgarisation en matière de
Striga, des approches participatives et des cas de réussite qui ont été partagés entre les
SNRVA.

6
Fasil Reda (EIAR, Ethiopie)
et
Oumar Ouédraogo (INERA, Burkina Faso)

REMERCIEMENTS
Les auteurs voudraient exprimer leur sincères remerciements au Gouvernement de la
République de la Corée du Sud pour son soutien financier.

7
ACRONYMES ET ABREVIATIONS

ASARECA: Association for Strengthening Agricultural Research in East and Central Africa
ACDI: Agence Canadienne pour le Développement International
CIMMYT: International Center for Maize and Wheat Improvement
EARSAM: Eastern African Sorghum and Millet Improvement Network
ECARSAM: East and Central African Sorghum and Millet Improvement Network
CEE: Commission Economique Européenne
EIAR: Ethiopian Institute of Agricultural Research
FAO: Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
ICRISAT: International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics
IITA: International Institute for Tropical Agriculture
INTSORMIL: International Sorghum and Millet Research Support Program
IRAT: Institut pour la Recherche Agronomique (Cameroun)
LIS: Lutte Intégrée contre la Striga
MINAGRI: Ministère de l’Agriculture (Cameroon)
SNRVA: Systèmes Nationaux de Recherche et de Vulgarisation Agricoles
OUA: Organisation de l’Union Africaine
PASCON: Pan-African Striga Control Network
RTI: Royal Tropical Institute
SAFGRAD: Semi-Arid Food Grain Research and Development
STD: Science et Technologie pour le Développement
CSTR: Commission Scientifique, technique et de recherche
GTS: Groupe de Travail Scientifique
ONU: Organisation des Nations Unies
PNUD: Programme des Nations Unies pour le Développement
UPMC: Université Pierre et Marie Curie (France)
USAID: United States Agency for International Development
WASIP: West African Sorghum Improvement Project

8
1. INTRODUCTION

1.1 PRINCIPALES ESPECES DE STRIGA, LEUR REPARTITION ET


IMPORTANCE
Dans le royaume végétal, le parasitisme a évolué de manière indépendante, se produisant
dans au moins 17 familles végétales différentes. Cependant, les familles qui comprennent les
espèces importantes comme mauvaises herbes ne dépassent pas huit au total. Une famille est
connue pour ses membres parasitaires: il s’agit de l’Orobanchaceae. Cette famille comprend
plus de 45 genera et 1650 espèces parasitaires et montre la gamme complète de conditions
trophiques que l’on retrouve chez les plantes parasitaires – des hémiparasites aux holo-
parasites (Nickrent et Duff, 1996).

Sur les plus de 30 espèces connues, trois causent des dégâts considérables aux cultures en
Afrique au sud du Sahara, à savoir S. hermonthica, Striga asiatica et Striga gesnerioides. Le
S. hermonthica attaque essentiellement le sorgho, le petit mil et le maïs dans les régions
tropicales et sub-tropicales qui s’étendent d’Afrique de l’Ouest à l’Ethiopie. Il attaque
également de plus en plus le riz en Afrique de l’Ouest. S. hermonthica est l’ennemi le plus
nuisible aux cultures dans toute sa couverture géographique. S. asiatica parasite le sorgho, le
mil et le maïs en Afrique Australe, le maïs et le sorgho en Afrique de l’Est et le maïs en
Afrique de l’Ouest; et S. gesnerioides, est un parasite des plantes dicotylédones à larges
feuilles dont le niébé en Afrique de l’Ouest, le tabac en Afrique de l’Est.

La Striga représente la plus grande contrainte biologique pour la production vivrière en


Afrique avec la plus grande diversité dans les savanes et les prairies au nord de l’équateur et
il constitue un problème majeur au plan économique dans 59 pays (Mboob, 1989). L’on
estime que la Striga menace la vie de plus de 100 millions de personnes en Afrique. Deux
tiers des 73 millions d’hectares consacrés à la production des cultures céréalières en Afrique
sont gravement touchés. Au bas mot, 40% des pertes de récoltes seraient causés par la Striga
en Afrique, ce qui représente une perte annuelle de céréales d’une valeur de sept milliards de
dollars américains (Sauerborn, 1991). La perte totale de production céréalière s’élève à
plus de quatre millions de tonnes. Les rapports de recherche indiquent en outre que 44
millions d’hectares dans les zones de production de céréales pourraient être à risque. En
Afrique de l’Est, le parasite est un ennemi sérieux qui menace la production céréalière de
subsistance. L’extension de la Striga à des zones où elle n’était pas encore présente été
récemment signalée.

1.2 QUELQUES EFFORTS NOTABLES DE LUTTE CONTRE LA STRIGA EN


AFRIQUE

1.2.1 Collaboration en matière de recherche et réseautage


La production vivrière en Afrique sub-saharienne est sévèrement affectée par les mauvaises
herbes parasitaires en particulier la Striga. L’attaque par la Striga est la principale contrainte
biotique dans la production vivrière en Afrique sub-saharienne. Malgré la reconnaissance
générale du problème que pose la Striga, la plupart des efforts visant à lutter contre ces
mauvaises herbes parasitaires ont été menés de manière isolée. Cependant, suite aux
recommandations de la Consultation des Tous les Gouvernements africains sur la lutte contre

9
la Striga en Afrique tenue à Maroua au Cameroun en 1986 sous l’égide de la FAO et de
l’OUA, des efforts ont été déployés pour promouvoir une collaboration plus active dans les
domaines de la recherche et de la lutte contre la Striga. En conséquence, le Réseau
Panafricain de Lutte contre la Striga en Afrique (PASCON) a été créé lors de l’atelier de la
FAO-OUA sur la lutte contre la Striga en Afrique tenu à Banjul en Gambie en décembre
1988. Les objectifs du Réseau étaient de promouvoir et de faciliter l’échange et la
dissémination d’informations, d’expériences et d’idées sur la recherche et la lutte contre la
Striga entre les institutions, les personnes travaillant sur la Striga tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur de la région Afrique; renforcer les capacités des Services Nationaux de Recherche
et de Vulgarisation Agricoles (SNRVA) dans les domaines de la recherche et de la lutte
contre la Striga; promouvoir une recherche collective pour l’élaboration de stratégies de lutte
appropriées et rentables contre la Striga; et encourager leur adaptation et mise en œuvre par
les agriculteurs africains. Les quatre SNRVA fondateurs de PASCON en 1988 étaient le
Burkina Faso, le Cameroun, le Nigeria et le Zimbabwe. Dans les années qui ont suivi,
PASCON a réussi à avoir l’adhésion de 27 pays comme membres actifs et à publier un
bulletin d’information, organiser des ateliers et fournir une assistance technique directe à ses
membres. La coordination aux niveaux national et sous-régional s’est améliorée et des essais
régionaux ont été formulés et promus pour un test sur site dans les SNRVA participants.
Depuis la création de PASCON en décembre 1988, la FAO a joué un rôle clé dans la
promotion d’activités collectives de recherche et de lutte contre la Striga en Afrique. Le
Secrétariat Technique de PASCON était basé au Bureau Régional de la FAO à Accra au
Ghana, permettant ainsi à PASCON de bénéficier d’un appui technique et administratif
permanent. L’Atelier Général de PASCON a été un forum important pour la facilitation de
l’échange d’information, d’expériences et d’idées sur la recherche et la lutte contre Striga.
Par la publication et la distribution des conclusions de cet atelier, PASCON et la FAO ont
rendu les dernières connaissances sur la recherche sur la Striga accessibles aux travailleurs de
la Striga en Afrique. Cependant, le manque d’une source constante de financement qui
constitue la principale difficulté pour mener des activités de réseau à plus grande échelle, a
commencé à affecter sérieusement le PASCON depuis son démarrage. Un accord formel des
pays membres sur la participation et la contribution aux opérations du Réseau n’a pas été
établi tisser des liens étroits entre le Réseau et les programmes nationaux à travers des
relations institutionnelles. Cela aurait permis une meilleure coordination, basée sur le
caractère géographiquement commun du problème de la Striga, L’adhésion se serait élargi
pour enregistrer l’appui et le leadership de programmes nationaux solides. Néanmoins, la
tentative de forger un réseau fonctionnel couvrant l’ensemble du continent sur la Striga à
travers le PASCON était louable, même si elle n’a pas atteint la situation souhaitée et les
objectifs fixés à cause de plusieurs raisons.

Pendant ce temps, le problème de la Striga dans son envergure, a continué à attirer l’attention
des organisations de recherche et de développement. Dès lors, un certain nombre d’initiatives
et de réseaux régionaux et sous-régionaux, de centres internationaux de recherche agricole,
d’agences des Nations Unies, se sont efforcés de combler la lacune en apportant un soutien
aux SNRVA à divers niveaux. La FAO a été l’un des principaux donateurs des projets de
recherche sur la Striga à travers le continent. En dehors de l’appui considérable fourni au
PASCON, cette organisation des Nations Unies a financé des projets de lutte contre la Striga
en Tanzanie et en Gambie au début des années 1990. La FAO a également co-financé le

10
projet PNUD/FAO/MINAGRI de lutte contre la Striga au Cameroun pendant la même
période. Le SAFGRAD qui anime plusieurs réseaux sous-régionaux sur le maïs, le niébé et le
sorgho en Afrique de l’Ouest et Centrale, a créé des groupes de travail scientifiques pour
aider à coordonner la recherche sur la Striga dans la région. Par ailleurs, reconnaissant les
responsabilités continentales du PASCON, il a apporté un soutien sans réserve pour renforcer
les activités du réseau au fil des années. Le SAFGRAD a promu l’évaluation sur l’ensemble
de la région des variétés résistantes et d’autres mesures de lutte à travers ses relations de
collaboration (EARSAM/ICRISAT/SAFGRAD et OUA/CSTR/SAFGRAD).

Deux cultures, chacune dans les mandats de l’IITA (niébé et maïs) et de l’ICRISAT (sorgho
et mil) sont sévèrement touchées par la Striga. Dans les premières années (après 1988), en
dehors de la principale tâche de développement et de fourniture de divers matériels
génétiques, l’ICRISAT a étendu son programme pour inclure la mise au point de
technologies de lutte contre la Striga et la formation des chercheurs et techniciens des
SNRVA. L’ICRISAT a concentré ses efforts de recherche sur la Striga essentiellement sur la
résistance de la plante hôte. En outre, la recherche sur la Striga du niébé a commencé par le
projet IITA/SAFGRAD à la fin des années 1970. Au cours du projet, des variétés
remarquables dotées d’une grande résistance au Striga gesnerioides ont été identifiées. En ce
qui concerne la Striga du maïs (S. hermonthica), IITA a commencé à travailler au début des
années 1980. Cependant, les premiers travaux n’ont produit que les sources de tolérance dans
plusieurs variétés hybrides et à pollinisation en plein air. L’IITA a pris une mesure dans les
années 1990 visant à intensifier sa recherche sur la Striga du maïs en recrutant davantage de
chercheurs et a réussi à augmenter et à élargir sa contribution en travaillant sur un éventail de
sujets y compris la biologie, la lutte biologique et les méthodes culturales. Un effort intense a
été déployé par l’institut pour renforcer les capacités des SNRVA collaborateurs. Des
opportunités de formation ont été offertes par les chercheurs de l’ IITA sur une série de
thèmes dont les techniques de recherche sur la Striga. Ce centre international de recherche
travaillait aussi avec des programmes nationaux de la région à travers des réseaux tels que le
PEDUNE, PRONAF sur le niébé; et WECAMAN sur le maïs pour élaborer et vulgariser les
technologies de lutte contre la Striga.

Financés par le Ministère français de la Recherche et de la Technologie, le Programme


National du Mali et l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC) se sont engagés dans un large
éventail d’activités collectives comprenant des études agro-écologiques et agronomiques et la
formation de techniciens et de chercheurs dans le cadre d’un dispositif tripartite
IRAT/ICRISAT/WASIP. En outre, l’UPMC, avec l’appui financier de la CEE, a continué à
travailler en collaboration avec un certain nombre de programmes nationaux ouest africains
dont le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal sur la biologie , la taxonomie et la bio-chimie de
la Striga. Par ailleurs, l’UPMC a formé une équipe avec l’USAID, l’ICRISAT et le Royal
Tropical Institute (RTI) d’Amsterdam sur ce qui avait été appelé à l’époque, projets de
Science et de Technologie pour le Développement (STD) en appui aux activités de recherche
et de renforcement des capacités dans cette même région.

A l’Est, le Réseau Régional Est-Africain sur le Sorgho et le Mil (EARSAM) était le premier
à lancer des activités sur la Striga au niveau régional avec l’appui de l’ICRISAT. Le réseau a
été créé lors de l’atelier Est-Africain sur le Sorgho et le Mil tenu à Bujumbura au Burundi en

11
1986, par les chercheurs du sorgho et du mil des SNRVA de la région. Les objectifs généraux
du réseau étaient de renforcer les liens entre les chercheurs des SNRVA de la région ;
promouvoir le libre échange de l’information scientifique des germplasmes; développer une
recherche collective sur les contraintes prioritaires régionales; et mettre en place un réseau
régional coordonné de test pour les variétés élites de la région. Depuis sa création, le réseau a
apporté une contribution positive et importante à la recherche sur le sorgho et le mil dans la
région. IL convient de noter en particulier l’effort du réseau pour promouvoir la libre
circulation des des gerplasmes élites y compris les sources de résistance à la Striga; améliorer
les compétences scientifiques aussi bien des chercheurs que des techniciens des SNRVA du
réseau en organisant des formations à court terme et des formations continues; fournir un
forum aux chercheurs des SNRVA pour échanger gratuitement l’information sur les r
recherches et les germplasme, et promouvoir une interaction scientifique entre les chercheurs
à travers des ateliers régionaux, des tournées de suivi de la recherche, des groupes de travail
scientifiques etc. Avec l’appui du réseau, le Groupe de Travail Scientifique Régional sur la
Recherche sur la Striga (GTS) se réunissait régulièrement pour examiner et approuver les
activités de recherche et de vulgarisation sur la Striga à mettre en oeuvre au niveau régional,
définir les priorités, les plans et les stratégies à l’échelle régionale. Malheureusement, à cause
du manque de fonds, les activités de l’EARSAM ont été suspendues au début des années
1990. Le programme Est-Africain de CIMMYT avec l’aide financière de l’ACDI est venu
combler le vide et fournir une assistance au GTS. Le GTS a repris ses activités et commencé
à identifier des méthodes de lutte contre la Striga pour les tester sur l’ensemble de la région
jusqu’à la fin des années 1990. Le réseautage régional a souffert d’un retard encore pendant
quelque temps et en 2003, le Réseau d’Afrique de l’Est et Centrale sur le Sorgho et le Mil
(ECARSAM) a vu le jour. L’ECARSAM opérant sous les auspices de l’ASARECA a
identifié la Striga comme étant l’une des contraintes majeures dans la région. Ce réseau est
entrain de financer deux projets régionaux de lutte contre la Striga avec l’appui financier de
l’Union Européenne. Ces projets mettent l’accent sur la promotion à grande échelle des
méthodes disponibles de lutte contre la Striga dans la région.

Les programmes d’appui à la recherche, les instituts de formation et les laboratoires


supérieurs d’Europe et d’Amérique du Nord ont aussi joué un rôle actif dans le domaine de la
recherche et de la vulgarisation sur la Striga en Afrique au fil des années. Leur contribution
allait de la génération de données inestimables à partir d’études de base à la fourniture d’un
appui technique, la formation et le développement des ressources humaines. Il convient de
donner une mention spéciale à l’UPMC de la France, RTI des Pays-Bas, Long Ashton
Research Station du Royaume Uni, à l’Université de Purdue et INTSORMIL des Etats-Unis
d’Amérique.

1.2.2 Formation et renforcement des capacités


De nombreux programmes nationaux ont bénéficié des engagements de collaboration décrits
ci-dessus avec les institutions internationales de recherche, les réseaux régionaux et
mondiaux, les laboratoires supérieurs et les programmes d’appui à la recherche. Par
conséquent, beaucoup d’entre eux ont pu améliorer et équiper leurs laboratoires et former
leur personnel pour les amener à un niveau élevé de qualification. L’un des premiers projets
était le projet IPM du début des années 1980 financé par la FAO et l’USAID. Près de neuf
pays, le Cap Vert, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Mali, le Burkina

12
Faso, le Niger et le Tchad ont participé à cette entreprise réussie qui énormément contribué
au renforcement de la recherche dans les pays participants en termes d’infrastructures et de
formation. L’Université Pierre et Marie Curie de France a été active pendant plus de dix ans
au Mali, au Sénégal et au Burkina Faso en offrant un appui au renforcement des capacités et à
la recherche avec des fonds obtenus auprès de la Communauté Européenne. Le projet le plus
récent, conjointement soutenu par le Gouvernement de la République de la Corée et l’Union
Africaine à travers le SAFGRAD, a apporté et apporte toujours une contribution énorme dans
plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale. Le projet fournit une assistance pour la mise
en œuvre sur le terrain de mesures de lutte contre la Striga, la formation des agriculteurs, des
journées au champ et des tournées de suivi scientifique. En conséquence, des progrès
constants dans la recherche et la lutte contre la Striga ont été accomplis par les pays
participants. En outre, le projet a permis le renforcement de la complémentarité, de la
synergie et du partenariat en matière de recherche entre les SNRVA, les agriculteurs, les
agences de vulgarisation, les CIRA, les IRA (Corée du Sud), WECAMAN et le SAFGRAD.
De même, le Programme International de Recherche sur le Sorgho et le Mil (INTSORMIL) a
aide un certain nombre de programme nationaux d’Afrique de l’Est et de l’Ouest en termes
de développement des ressources humaines. Un bon nombre de chercheurs, en particulier du
Niger et du Soudan ont bénéficié de formations pour des diplômes de haut niveau à travers
INTSORMIL. Un projet de TCP de la FAO impliquant le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le
Niger, le Sénégal et le Togo sur IPM pour la lutte contre la Striga, par l’approche améliorée
de recherche et de vulgarisation de FFS, a récemment pris fin. Le projet a fourni aux
agriculteurs des pays participants, l’occasion d’expérimenter eux-mêmes, de sélectionner et
d’adapter des technologies qui leur conviennent.

Des efforts considérables ont été déployés par des réseaux régionaux et mondiaux, les
agences des Nations Unies et des gouvernements, des laboratoires supérieurs et des
programmes d’appui à la recherche pour renforcer les SNRVA et contribuer à la réduction du
problème de la Striga sur le continent. Cependant, la plus grande partie de l’assistance s’est
concentrée sur la mise en œuvre d’activités conjointes de recherche et sur la formation des
chercheurs pour des diplômes supérieurs. Très peu d’attention a été accordée à la recherche
de voies et moyens de faire connaître les acquis de la recherche par les utilisateurs finaux à
travers la formation et d’autres moyens appropriés. Il y a encore une pénurie de manuels et de
directives de formation appropriés pour mener des formations afin de transmettre les
connaissances et les informations générées par la recherche aux agents sur le terrain, à savoir
les vulgarisateurs et les producteurs. Même s’il y a eu récemment quelques évolutions
encourageantes. Des manuels tels que ceux sur la lutte contre les mauvaises herbes destiné
aux pays en développement (FAO), les méthodologies de recherche sur la Striga (IITA), la
recherche et la vulgarisation sur les mauvaises herbes parasitaires (par Kroschel de
l’Université de Hohenheim, Allemagne) ont été publiés et ceux-ci seront certainement très
utiles et permettront de combler certaines lacunes. Cependant, un problème important reste
posé, à savoir celui d’un module de formation orienté vers une action adaptée et conçu
spécifiquement pour le pire ennemi des agriculteurs d’Afrique subsaharienne – la Striga. La
plupart des manuels produits jusqu’ici sont soit sur les mauvaises herbes parasitaires en
général ou sur la recherche en tant que telle et ne sont pas conçus pour transmettre des
informations d’importance pratique aux agriculteurs frappés par ce fléau.

13
2. OBJECTIFS DE LA FORMATION
La formation des agriculteurs, du personnel de la vulgarisation et des jeunes chercheurs est
d’une importance capitale s’ils doivent apporter une contribution visible à la mise en oeuvre
d’une stratégie et d’approches de lutte intégrée. Il est indispensable que ces groupes
connaissent l’écologie et la biologie des mauvaises herbes parasitaires. Il est également
important de pouvoir reconnaître et discuter de la relation entre la lutte contre les mauvaises
herbes parasitaires et les facteurs écologiques, économiques, sociaux et culturels pertinents
pour l’agriculture. Il est absolument nécessaire de créer la prise de conscience requise que
seule une application à long terme de méthodes combinées de lutte peut réduire de manière
significative la menace des mauvaises herbes parasitaires à la production des cultures.

Le cours décrit ici est centré sur l’action. Il s’agit d’une formation pratique destinée aux
agriculteurs, aux agents de la vulgarisation et aux jeunes chercheurs.

Les objectifs spécifiques sont:


• Aider les agriculteurs et les agents de la vulgarisation à acquérir une connaissance
approfondie et globale des technologies les plus pratiques, faisables et rentables de
lutte contre la Striga
• Contribuer à une large diffusion des connaissances de base sur la biologie et
l’écologie de la Striga
• Examiner les progrès et les acquis les plus notables enregistrés dans la recherche et la
vulgarisation en matière de Striga en Afrique et les faire largement connaître et
ensuite utilisées comme intrant dans les futurs efforts
• Démontrer au grand public l’importance capitale des approches communautaires et
du partenariat pour une lutte efficace contre les mauvaises herbes parasitaires

3. SESSIONS DE FORMATION

3.1 PARASITISME VEGETAL: QUELQUES DEFINITIONS IMPORTANTES

Parasite: Organisme qui dépend d’un autre organisme hôte pour une partie ou pour toute
sa nutrition

Hemi-parasite: Plante partiellement parasitaire, possédant son propre chlorophylle


(couleur verte) et dotée d’une capacité photosynthétique. (peut être
facultative ou obligatoire – voir ci-dessous)

Parasite obligatoire: Plante qui ne peut pas s’établir et se développer seule

14
Parasite facultatif: Plante qui se comporte normalement comme un
parasite pour une partie de sa nutrition, mais qui est capable de pousser
seul en cas de besoin

Holo-parasite: Plante totalement parasitaire, manquant de chlorophylle

Haustorium: `bande' de matière liant l’hôte au parasite, habituellement une masse enflée
composée de la matière de l’hôte et du parasite à la fois

3.2 DESCRIPTION DE LA STRIGA ET DES ESPECES CONNEXES

Alectra vogelii
Alectra vogelii s’identifie par ses feuilles étroites, vert-pâles et courtes, son calyxe avec un
duvet uniforme. Cette espèce attaque principaux les espèces légumineuses et constitue un
parasite grave pour le niébé et l’arachide et sévit dans certains endroits d’Afrique de
l’Ouest, Centrale et du Sud, en particulier le Botswana. Le niébé est parfois attaqué mais de
manière moins constante.

Alectra vogelii

Buchnera hispida
Il s’agit d’une plante en hauteur qui peut atteindre 1 m de
hauteur, rugueuse au toucher (hispide), avec de simples
feuilles lancéolates leaves de 5 cm de long et de petites
fleurs (0.5-1 cm de diamètre) bleu-claires. C’est un
hemi-parasite facultatif, qui peut au besoin, s’établir et
continuer à pousser sans hôte . Si d’autres plantes sont
présentes, cependant, elle peut s’attacher aux racines de presque toute autre espèce. L’une
des caractéristiques des parasites facultatifs, c’est de vivre chez une très vaste gamme
d’hôtes. Elle pousse très largement en Afrique sur des prairies naturelles, parasitant
apparemment les espèces d’herbes essentiellement. Elle n’a été trouvée sur aucune culture
sauf en Afrique de l’Ouest où elle a été parfois signalée pour ses dégâts sur le sorgho et le
mil.

15
Buchnera hispida

Ramphicarpa fistulosa
Il s’agit d’un hémi-parasite obligatoire avec de
très petites graines mais un feuillage très
finement divisé et une fleur d’une blancheur
éclatante de 1-2 cm de diamètre qui s’ouvre le soir. Elle pousse de manière sporadique sur
des sols humides. En Afrique de l’Ouest, elle est connue pour parasiter le riz et lui causer
des dégâts sur des terres partiellement inondées.

Ramphicarpa fistulosa

Striga asiatica
Striga asiatica est une espèce auto-pollinée. C’est une plante beaucoup plus petite que S.
hermonthica, qui pousse normalement de 15 à 30 cm seulement de hauteur. Ses feuilles
sont vertes et entières, mais plus petites que celles S. hermonthica. La couleur de ses
fleurs varie beaucoup mais les plus courantes sont l’orange, le jaune et le blanc.

Striga asiatica

Striga aspera
Striga aspera est une plante de pollinisation croisée qui ressemble à S. hermonthica dans
tous les autres aspects sauf qu’elle est plus petite. Les principaux traits distinctifs étant
que le tube de la corolle a un duvet glandulaire et s’étend au-delà du bout de calyxte
avant de se recourber.

16
S. aspera S. hermonthica (left) and S. aspera (right)
Striga forbesii
Striga forbesii est une herbe en hauteur qui se situe dans sa taille entre S. asiatica et S.
hermonthica, souvent 30-40 cm de hauteur, et qui se différencie de ces deux espèces dans
la forme de ses feuilles qui sont plus larges. Les fleurs sont larges, comparables à celles
de S. hermonthica et sont de couleur rouge écarlate ou jaune. Cette espèce peut se
distinguer de S. hermonthica par la présence de deux fleurs qui ne s’ouvrent qu’à chaque
inflorescence et par des feuilles lobées. S. forbesii pousse dans les situations d’humidité.
Bien qu’elle ait été rarement signalée pour ses attaques de cultures, elle fait des dégâts sur
le maïs et le sorgho au Zimbabwe et en Tanzanie, et sur le riz en Afrique de l’Ouest.

Striga forbesii

Striga gesnerioides
Striga gesnerioides, contrairement aux autres espèces de la Striga, forme un très large
haustorium de tubercule pouvant atteindre 3 cm de diamètre. Sur les cultures hôtes, la
plante a généralement des branches étendues, avec des tiges de 15 à 20 cm de haut. Les
petites feuilles en forme d’étagère sont collées à la tige. Les fleurs varient du rose pâle au
violet foncé. Dans de rares cas, elles sont blanches ou jaunes. Les fleurs s’agglutinent le
long de la tige. Le niébé est la culture la plus durement frappée en Afrique de l’Ouest,
mais l’espèce est aussi connue pour ses dégâts au tabac en Afrique Australe.

Striga gesnerioides

Striga hermonthica

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Striga hermonthica est la plus grande des espèces qui poussent couramment comme
mauvaises herbes. C’est une herbe annuelle, de pollinisation croisée qui pousse en
hauteur atteignant au moins 30-40 cm de hauteur d’habitude et parfois 100 cm ou plus.
Chez la S. hermonthica, on observe une large variation dans le type végétal, la forme de
la corolle, la taille et la couleur. Cependant, le rose clair est la couleur habituelle même si
des plantes à fleurs blanches ont été occasionnellement trouvées.

Striga hermonthica

3.3 BIOLOGIE ET ECOLOGIE


Pour présenter aux stagiaires les principales herbes parasitaires dans l’agriculture africaine,
une description de la Striga et des espèces connexes est donnée dans le chapitre ci-dessus.
Les chapitres suivants sur la biologie et la lutte concernent la Striga étant donnée que cette
plante est l’ennemi le plus terrible de l’agriculture africaine.

3.3.1 CYCLE DE VIE


Il est souhaitable de commencer les sessions de formation par une introduction à la biologie
de la Striga. Le principal objet ici est faire une description générale du processus, qui
commence par des explications sur la graine dans le sol jusqu’à la formation des plantes
mûres. Il convient de noter le lien étroit entre l’hôte et le parasite, et l’échange de signaux
entre les deux sans aller dans les moindres détails techniques sur la nature et la biochimie de
l’ensemble de l’interaction complexe.

MATERIELS
En ce qui concerne les matériels nécessaire pour cette session, il faut tout simplement une
affiche ou un bon dessin décrivant le cycle de vie (voir la figure ci-dessous) de la Striga.

PROCEDURE
• Il est utile de commencer cette session par une explication sur les graines de la Striga,
faire comprendre qu’elles sont produites en grandes quantités (50000 à 200000
graines/plant). La graine est très minuscule (0.2 mm) et peut vivre dans le sol pendant
15-20 ans. (Il serait utile de montrer par exemple la différence de taille entre la graine
de Striga et le grain de maïs pour faire observer aux stagiaires à quel point ces graines
sont petites et nombreuses).
• La nature obligatoire de la Striga, qui fait qu’elle n’a qu’une croissance limitée avant
que les stocks/réserves de graines ne s’épuisent.

18
• Les graines sont habituellement dormantes pendant quelques mois après les récoltes
et avant d’acquérir la capacité de germiner. Après cette période latente, les graines
ont besoin d’un temps de conditionnement.
• La nécessité de conditionner les graines de Striga. Les graines de Striga ne peuvent
pas germiner, même en présence d’un stimulant convenable, jusqu’à ce qu’elles aient
été imbibées (gardées dans un milieu humide) pendant au moins quelques jours et
idéalement 1-2 semaines, à une bonne température. Les graines doivent être très
proches de la racine hôte (à 10 mm) pour être stimulées. A une température favorable
de 30-35 0C, la germination des graines se produit en l’espace de 24 heures.
• La température optimale pour faire germiner les graines de Striga est de 30 0C, bien
que les graines puissent germiner sur un large éventail de températures allant de 20
0
C à 400C.
• Une fois que les graines germinant en réaction au stimulant chimique de l’hôte, elles
doivent établir le contact avec la racine hôte afin de la parasiter. Un comportement
chimiotropique semble aider la racine du parasite à pousser vers la racine hôte et
entrer en contact avec elle. Dès le contact avec la racine, le sommet de la radicule de
la Striga se transforme en haustorium (un organe rond et enflé de liaison). Un duvet
épais se développe sur le jeune haustorium, qui aide le parasite à adhérer à la racine.
La Striga produit alors des enzymes qui l’aident à pénétrer la racine hôte.
• Après s’être établi, le parasite endommage l’hôte en retirant les photosynthates
(aliments) et en affectant son équilibre hormonal. Les jeunes plants de Striga sont
complètement parasitaires pendant qu’ils sont souterrains car à cette étape, ils causent
le maximum de dégâts. Après avoir émergé de la terre, ils développent des feuilles
vertes qui produisent leurs propres photosynthates. Cependant, il y a un flux
permanent d’hydrates de carbone, d’eau et de minéraux venant de l’hôte et qui
perturbent la croissance.
• Après la germination et l’attachement, la Striga prend quelques semaines pour
émerger, selon la profondeur à laquelle se trouve la graine dans le sol. Après son
émergence, elle prend environ 4-8 semaines pour achever son cycle de vie. Ainsi, 2-4
mois sont nécessaires de la germination à la production des graines. L’on observe
souvent que la Striga peut achever son cycle de vie sur l’éteule de la culture après la
récolte de l’hôte.
• La Striga est une espèce nuisible des climats chauds et secs et il est d’autant plus un
problème dans les zones où les sols sont pauvres et dégradés. La reconnaissance du
dernier point est particulièrement importante parce que la fertilisation des sols est
essentielle pour la lutte contre la Striga.

19
Cycle de vie de la Striga

3.3.2 MECANISMES DE SURVIE ET DE DISPERSION


Le nombre élevé de graines produites par chaque plante (jusqu’à 200000/plante) et la petite
taille des graines (0,2 mm) constituent certainement des facteurs qui contribuent à
l’invincibilité de la Striga. La petite taille de la graine est liée au caractère obligatoire du
parasitisme. A moins que la graine ne reçoive un signal chimique d’un hôte très proche, elle
peut rester dormante mais viable pendant 20 ans.

Par conséquent, la capacité prolifique de fixation de la graine et donc sa capacité à se créer


une grande réserve dans le sol en peu de temps, couplée avec la longévité des graines et leur
grande légèreté qui leur permet d’être facilement dispersées par le vent, l’eau, le bétail,
l’homme et autres agents, font de la Striga l’une des mauvaises herbes les plus pénibles dans
l’agriculture.

PROCEDURE
• Montrer la capacité très unique de fixation de la graine de la mauvaise herbe
parasitaire. Avec une plante mûre de Striga, le formateur peut montrer le très grand
nombre de capsules de graines (jusqu’à 60 par plante) produites par une seule plante.
Faire observer par les stagiaires, les nombreuses graines contenues dans chaque
capsule (jusqu’à 700 par capsule) en ouvrant une capsule est très révélateur.
• Par ailleurs, à l’aide d’échantillons de plante, montrer comment la production de
graines progresse à partir des capsules du bas. Les capsules du sommet peuvent être
vertes et immature, alors que celles du bas sont déjà mûres et volent en éclat et cela
est l’un des facteurs qui doivent être pris en compte pour lutter efficacement contre la
Striga.
• Il faut exposer les échantillons de graines de Striga, de maïs et de sorgho pour
comparer les tailles respectives. Mélanger les graines de Striga avec les grains de
sorgho et de maïs pour montrer à quel point les graines de Striga sont invisibles dans
les grains de ces cultures.
• La longévité et la dureté des graines. Noter que les graines peuvent passer par le
système digestif des animaux sans se détériorer. Les mécanismes de propagation et
de dispersion. Le vent, les outils agricoles, les animaux sont quelques uns des agents
mais il faut souligner que les grains de cultures contaminés représentent la principale
voie de propagation.

20
NOTE
• Avec le mouvement régulier des graines pour la vente, l’échange ou les dons au sein
des pays et entre les pays; et des lignes de reproduction et de nouvelles variétés
prometteuses entre les programmes de recherche, il est essentiel que toutes les
précautions soient prises pour s’assurer que des lots de graines ne soient pas
contaminées.
• Pour être totalement à l’abri, toutes graines destinées à l’exportation vers des régions
non-encore infestées doivent être produites sur des sites non-encore infestées.
• La recherche sur la Striga ne doit être menée que sur des sites qui sont déjà infestés.
• Les graines parasitées ne doivent pas être récoltées dans une région pour être
utilisées sur un site de recherche infesté ailleurs dans le même pays jusqu’à ce que
l’éventail des hôtes de l’échantillon déplacé ne soit pleinement compris.

3.4 PRINCIPES ET PRATIQUES DE LA LUTTE CONTRE LA STRIGA

3.4.1. PREVENTION

Des mesures appropriées d’assainissement sont essentielles en particulier quand on traite de


mauvaises herbes nocives comme la Striga. L’accent majeur doit être mis sur la protection
des zones moins infestées ou non-infestées étant donné qu’il est plus pratique de gérer de
nouvelles incursions d’herbes parasitaires. Une fois qu’elle s’installe, la Striga devient
presque impossible à s’en débarrasser. Dans les champs déjà infestés, les mauvaises herbes
poussant dans les zones périphériques doivent être enlevées pour éviter la production et la
dissémination de leurs graines.

PROCEDURE

• Faire une enquête ou utiliser les données disponibles pour cartographier l’infestation
dans une zone
• Pour les endroits non-infestés ou nouvellement infestés, des mesures strictes
d’assainissement ou de mise en quarantaine doivent être prises pour éviter
l’introduction de graines et d’outils aratoires contaminés. Le mouvement des
animaux doit aussi être limité et suivi. Les graines qui sont utilisées dans de tels
endroits doivent provenir de zones non-infestées
• Pour les zones modérément/hautement infestées, des mesures de précaution doivent
être prises pour éviter l’introduction de races plus virulentes. L’utilisation de
semences propres et certifiées est d’une importance capitale dans ces endroits. Tous
les efforts doivent être déployés en particulier pour ne pas permettre aux populations

21
agressives de Striga, capables d’attaquer les nouvelles cultures, de se propager vers
de nouvelles écologies et d’installer leurs graines
• Des précautions doivent également être prises pour s’assurer que les méthodes
traditionnelles de récolte et de gestion post-récolte n’entraînent pas la contamination
des céréales par la Striga. Par exemple, la majorité des agriculteurs du Burkina Faso
mettent leurs récoltes par terre et cette pratique pourrait augmenter le risque de
contamination des produits.

3.4.2 DESHERBAGE A LA MAIN

• Arracher à la main des plantes de Striga est la méthode de lutte la plus faisable pour
les communautés des petits agriculteurs de subsistance en Afrique. Cependant,
l’efficacité dépend largement d’une bonne programmation de l’opération.
L’expérience a montré que la plante pourrait être arrachée à la main de manière
efficiente et économique tard dans la saison (pendant la floraison) avec moins de la
moitié du travail requis pour un désherbage en début de campagne (au stade végétatif,
pratique de l’agriculteur). En outre, le désherbage tardif est moins fastidieux et plus
facile à gérer étant donné que seules les plantes fleuries de Striga doivent être
arrachées. Cependant, des précautions doivent être prises pour arracher toutes les
plantes florissantes de Striga avant qu’elles ne portent des graines et continuer
l’opération de désherbage jusqu’à la récolte et au-delà.

PROCEDURE
• Prendre des plantes de Striga nouvellement récoltées à différents stades de croissance
pour montrer la différence dans la consistance des tiges. Indiquer le fait qu’il est non
seulement facile d’arracher une plante de Striga mûre et florissante qui a une tige
consistante que mais aussi, cela est plus efficace.
• Arracher les jeunes plantes au stade précoce de végétation est souvent un exercice
futile car cela induit une repousse des bourgeons souterrains.
• Un désherbage rigoureux est particulièrement encourageant là où l’infestation est très
localisée et où la densité est très faible; et dans les zones où une nouvelle population,
capable d’infester de nouvelles récoltes est suspectée d’être entrain de se développer
• Après avoir arraché, souligner la nécessité de sécher les plantes, dans des fosses et de
les brûler pour empêcher les graines de se disperser.
• Des mesures doivent être prises pour éviter les attentes inutiles souvent observées de
la part des agriculteurs concernant cette méthode. Il faut informer l’agriculteur qu’il
est presque impossible d’avoir un avantage immédiat du désherbage à la main.
L’expérience montre que la réalisation de meilleurs rendements dès la première
saison est difficile étant donné que les plus grands dégâts sont faits avant que la
Striga ne sorte de terre. Le but ultime de l’utilisation de cette pratique doit être la
prévention de la production de graines et la réalisation de meilleurs retombées
économiques grâce à la réduction de l’infestation dans le long terme.

22
3.4.3 RESISTANCE DE LA PLANTE HOTE

Des ressources considérables ont été consacrées à la recherche pour identifier les sources de
résistance contre la Striga à travers le monde. Le résultat a été très décourageant et varie
beaucoup entre les cultures et les espèces et populations de Striga. Néanmoins, des progrès
visibles ont été enregistrés pour le sorgho, le maïs et le niébé. Il convient de noter les variétés
résistantes disponibles, leurs potentialités et leurs limites. L’utilisation des variétés culturales
résistantes, une méthode qui peut être facilement adoptée et mise en œuvre par la grande
majorité des petits exploitants, doit bénéficier d’une attention particulière dans les
programmes de vulgarisation et de transfert des technologies.

PROCEDURE
• Introduire et expliquer le concept de tolérance et de résistance. Les cultures tolérantes
supportent autant de plantes de Striga que les variétés sensibles, et la seule différence
est que les variétés tolérantes réussissent à avoir des rendements substantiels alors
que les variétés sensibles n’y parviennent pas. A l’inverse, les variétés résistantes
supportent un nombre réduit de pousses de Striga.
• En principe, l’utilisation de variétés tolérantes et même résistantes ne doit pas être
encouragé à moins qu’elles ne soient utilisées en combinaison avec d’autres
méthodes qui peuvent aider à réduire l’installation de graines dans la Striga.
• Organiser des visites de terrain dans une zone où les variétés de sorgho résistantes à
la Striga hermonthica ou les variétés de niébé résistantes à la Striga gesnerioides
sont produites, afin de permettre aux agriculteurs de mesurer les différences. Le niébé
B301 et certaines des variétés de l’Université de Purdue (USA) ont montré une large
base de résistance à travers les régions et les populations de Striga, et si une demande
est exprimée, ces variétés valent la peine d’être essayées.
• Faire une liste des variétés résistantes et donner une description des bonnes et des
moins bonnes caractéristiques de ces variétés en dehors de la résistance à la Striga
(agronomiques, qualité des graines etc.) Les variétés résistantes produisent des
rendements là où d’autres échouent, mais par moments, l’on peut observer que ces
mêmes variétés sont inférieurs sur certains aspects: battage, émergence faible
positionnement, courtes tiges etc.
• Informer que la seule utilisation des variétés résistantes ne peut pas résoudre le
problème. La méthode doit être combinée avec l’utilisation d’engrais, la conservation
de l’humidité et le désherbage pour maximiser les avantages
• Stimuler la discussion pour savoir s’il existe des variétés locales retenues et utilisées
par les agriculteurs pour leur résistance/tolérance à la Striga. L’identification et la
promotion de ces variétés est beaucoup plus facile car elles sont souvent bien
adaptées et productives.
• Si possible faire un petit essai de germination (voir la section 3.6 sur les méthodes de
laboratoire) pour expliquer la résistance par exemple celle basée sur la faible
production de stimulant de germination.

3.4.4 ASSOLEMENT
L’assolement des terres infestées en cultures non-sensibles ou en jachère est théoriquement
l’une des solutions les plus simples, mais aussi une solution qui n’est ni simple, ni acceptable.

23
Les agriculteurs sont habituellement réticents à briser le cycle de production des céréales. Les
nombreuses années qui seraient éventuellement nécessaires pour produire un impact et
épuiser la réserve de graines de Striga dans le sol compliquent davantage la situation.
Cependant, la promotion de l’utilisation de l’assolement est souhaitable, même si cela vise
seulement à améliorer la productivité et aider à maintenir la fertilité des sols. Si la fertilité
des sols est sensiblement améliorée, cela pourrait entraîner la réduction de l’infestation par
les mauvaises herbes parasitaires en fin de compte.

PROCEDURE
• Définir le concept de culture-piège. Les cultures-pièges provoquent la germination
des graines de Striga mais les graines meurent vite parce que ces cultures ne les
aident pas à se développer.
• Les cultures-pièges sont préférées comme cultures convenables pour la rotation dans
les zones endémiques de la Striga parce qu’elles contribuent à la réduction de la
réserve de graines de Striga.
• Parmi les cultures connues pour avoir un effet piège, on peut citer: le soja et le petit
pois pour la souche de Striga gesnerioides du niébé; le coton, le niébé, le haricot pour
la Striga hermonthica
• Les cultures ont été testées pour leur potentiel de cultures-pièges. Par exemple, ce ne
sont pas toutes les variétés de niébé qui sont des cultures –pièges efficaces contre la
Striga hermonthica, il en va de même pour les autres cultures. Ainsi, l’évaluation
initiale du germplasme existant des cultures-pièges potentielles est essentielle pour
identifier celles qui sont susceptibles d’être efficaces contre une ou des populations
données de Striga
• Si une cessation à long terme de la culture d’une céréale (sorgho et maïs)ne sera pas
acceptable à cause de la pression pour la production vivrière ou pour d’autres raisons,
des variétés alternées pourraient être utilement employées. Une expérience
quinquennale a été conduite en Ethiopie pour explorer au moins les avantages
éventuels de la culture alternée du sorgho et de légumes annuels sur le système
existant de monoculture céréalière dans un environnement infesté par la Striga. Les
résultats obtenus ont montré que la rotation annuelle du sorgho avec le niébé ou le
haricot permettait des rendements céréaliers très élevés mais n’entraînaient pas une
réduction concomitante de l’infestation par la Striga. La leçon tirée était que le court
terme (rotation annuelle) ne peut pas entraîner une baisse significative de
l’infestation, cependant, elle peut servir à améliorer le système en termes
d’augmentation de la productivité par zone unitaire.

3.4.5. GESTION DE LA FERTILITE


La Striga cause moins de dégâts et est souvent moins sévère sur les sols fertiles et l’élément
fondamental parmi les nutriments serait l’azote (N). L’un des effets de l’azote pourrait être la
réduction de l’exsudation du stimulant. Les engrais à l’azote retarderaient et réduiraient
l’infestation par la Striga, même si cela n’est pas toujours le cas. En effet, dans certaines
situations, une aggravation du problème pourrait être observée en particulier dans les zones
de faible fertilité naturelle. La réponse de la Striga aux engrais de différentes sources pourrait
aussi varier. Un rapport de la Tanzanie a indiqué que la fumure animale était relativement
plus efficace que l’engrais provenant de sources inorganiques. Des résultats incohérents ont

24
été observés sur la Striga du niébé en Afrique de l’Ouest. De même, des résultats mitigés ont
été obtenus en Ethiopie. Aucun avantage n’a été obtenu à partir de l’utilisation du taux
complet recommandé d’engrais dans les hautes terres sèches du nord-est avec des sols
dégradés. Par ailleurs, sur un autre site ayant de meilleures conditions édaphiques et
climatiques, la réponse exceptionnellement bonne à l’intrant à permis une amélioration
remarquable de la productivité du sorgho même s’il n’y a pas eu une réduction concomitante
de l’infestation, éventuellement à cause de la courte durée de l’essai. Néanmoins, le
renforcement de la fertilité des sols doit être considéré comme l’élément central de toute
stratégie de lutte contre la Striga, parce que c’est sur une terre ayant une bonne fertilité
qu’une entreprise agricole viable peut être développée. En outre, l’application d’engrais
renforce la résistance/tolérance des variétés.

PROCEDURE
• Présenter des engrais de différentes sources (organiques et non-organiques) et
l’avantage et l’inconvénient de leur utilisation
• Sources organiques – fumure animale, fumure verte (paille verte et biomasse
végétale), et sources non-organiques - urée, phosphate de di-ammonium (DAP) etc.
• Expliquer la différence variétale dans les réponses aux engrais. Le fait que certaines
variétés soient plus sensibles que d’autres.
• Les facteurs environnementaux ont un impact sur l’efficacité des engrais. Par
exemple, l’humidité, la fertilité naturelle du sol, le climat, etc.
• Une gestion intégrée de l’eau, des sols et des nutriments fournit une option plus
holistique. La Striga est une problème dans les zones frappées par la sécheresse et
ayant des sols dégradés. L’adoption et la promotion de paquets qui intègrent les
technologies nécessaires pour améliorer la structure et la fertilité du sol et conserver
l’humidité sont d’une importance capitale pour apporter un changement. Par
exemple, un agriculteur qui utilise la fumure et les engrais chimiques et des billons
stabilisés pour la conservation de l’humidité couplés avec le désherbage à la main a
une meilleure chance d’avoir une meilleure récolte grâce à la suppression de la
Striga.

3.4.6. APPROCHE SYSTEMES CULTURAUX


Dans le passé, la plupart des mesures de lutte n’étaient pas pratiques dans des systèmes
d’agriculture de subsistance à faibles capitaux et à forte intensité de main d’oeuvre d’Afrique.
Une technologie qui a un potentiel de viabilité doit être à faible coût et à la portée de la
communauté des petits agriculteurs. Il doit en outre résoudre au moins les deux problèmes
interdépendants de la faible fertilité des sols et de la Striga. Les approches systèmes culturaux
doivent résoudre ces deux préoccupations importantes. Il existe beaucoup de résultats de
recherche qui peuvent être utilisés pour réduire le fléau de la Striga, améliorer la productivité
par zone unitaire et atténuer le risque qu’il ne soit un problème présent dans les
environnements secs et fragiles infestés par la Striga.

[Link].CULTURE PAR INTERVALLE


Même si une réduction considérable de la Striga asiatica à travers la culture par intervalle du
maïs et du niébé a été signalée depuis les années 1930, l’accent n’a pas été mis sur la culture
par intervalle comme méthode utile pour réduire l’infestation par les mauvaises herbes

25
parasitaires, malgré l’importance du système de culture par intervalle dans beaucoup de
régions d’Afrique infestées par la Striga. Par ailleurs, la culture par intervalle a été
prometteuse comme méthode à faible coût de lutte contre la Striga. Beaucoup de chercheurs
ont montré que la culture par intervalle peut approter un meilleur rendement de sorgho et une
plus grande réduction de l’incidence de la Striga.

PROCEDURE
• Présenter les cultures qui peuvent être utilisées dans la culture par intervalle avec
des céréales. Il s’agit des cultures suivantes: arachides, niébé, soja, dolichos
lablab, sésame et haricot.
• Expliquer les avantages de la culture par intervalle– maintien de la fertilité du sol
et amélioration de l’environnement du sol, amélioration du rendement par aire
unitaire et répartition du risque. Expliquer aussi que cette méthode est surtout
utilisée pour introduire les légumes afin d’améliorer la méthode traditionnelle de
monoculture des céréales. Mais, indiquer aussi que cette concurrence entre les
différentes cultures peut entraîner une baisse de rendement de la principale
céréale dans des situations de sécheresse, ce qui ne pourrait pas être acceptable
pour les agriculteurs. Pour prévenir de tels incidences, il est recommandé que la
culture par intervalle soit promue en même temps que des méthodes de
conservation de l’humidité, par exemple les billons stabilisés dans les
environnements très durs et secs.
• Dans la sélection des cultures composantes appropriées et la disposition des
plants, de précautions doivent être prises pour ne pas compromettre la
productivité de la principale culture, surtout la céréale. Les agriculteurs ont des
difficultés à accepter un système qui met leur principale culture, très souvent le
sorgho ou le maïs en situation de désavantage. L’on peut limiter ces effets
indésirables par une bonne disposition dans l’espace et le temps. L’utilisation
d’une disposition moins intime des plants (ex: rangées alternées de plants au lieu
d’alterner à l’intérieur même des rangées et de planter à la volée) et l’étalement
de la plantation dans le temps (planter le légume 2-3 semaines après la céréale et
donner à la céréale un temps pour démarrer à l’avance) sont souhaitables dans des
environnements de terres sèches où la compétition pour l’humidité entre les
cultures composantes, pourrait être serrée. Le changement du rythme de semis
pourrait être envisagé pour limiter la compétition, par exemple utiliser le rythme
soutenu de semis pour la principale culture et la moitié du rythme recommandé
pour la culture accompagnatrice, s’est avéré bénéfique à plusieurs occasions.
• La culture par intervalle peut être utilisée pour améliorer un système improductif
existant. Par conséquent, une attention particulière doit être accordée à la
recherche de légumes compatibles avec les céréales locales populaires.
• Les légumes qui ont un potentiel efficace de culture par piège (capables d’induire
une très forte germination des graines des populations disponibles de Striga)
doivent être sélectionnés à cet effet. La conduite de simples essais de germination
pour identifier les variétés de légumes ayant le plus grand potentiel est un
exercice qui en vaut la peine avant de sélectionner les cultures accompagnatrices
pour la culture par intervalle. De petits essais de vérification peuvent être
planifiés pour sélectionner les cultures appropriées qui sont adaptées et

26
compatibles avec la principale céréale. Le niébé a été jugé très efficace parmi une
gamme de cultures testées dans des expériences de cultures par intervalles en
Ethiopie et au Cameroun. Il a été prouvé que le Dolichos lablab et l’arachide sont
de qualité supérieure au Soudan et en Gambie respectivement.
• En sélectionnant une culture accompagnatrice, des précautions doivent être prises
pour ne pas choisir une culture qui aide à limiter le problème avec une seule
espèce de Striga car cela ne fait qu’aggraver le problème avec une autre espèce.
Par exemple, là où S. hermonthica et S. gesnerioides poussent, la sélection de
variétés de niébé sensibles à S. gesnerioides, comme cultures d’intervalle, n’est
pas conseillée.

[Link] LA CULTURE RELAIS


La culture relais et les systèmes de jachère améliorée qui consistent à utiliser des boutures de
légume pérennes bénéficient d’une attention accrue comme méthode prometteuse pour les
communautés agricoles pauvres. La jachère améliorée nécessite l’interruption de la
production de céréales, ce qui n’est bien accepté par les agriculteurs de subsistance. Mais la
culture relais pourrait être une option attrayante dans les zones où la densité démographique
est élevée, les périodes de jachère sont en diminution et des terres supplémentaires ne sont
pas disponibles. Les boutures légumineuses peuvent constituer des sources inestimables de
produits rares (fourrage, bois de chauffe, etc.), et améliorer la situation des nutriments des
sols, en particulier l’azote, à travers la fixation biologique de l’azote et le recyclage des
nutriments.

PROCEDURE
• Présenter les espèces de bouture légumineuses qui peuvent être utilisées comme
cultures relais. Il s’agit de: Sesbania, Leucaena and Cajanus.
• Un essai d’adaptation initial peut être conduit pour sélectionner les meilleures espèces
de bouture légumineuses qui seront largement promues plus tard. Dans les
environnements de terres sèches du Nord de l’Ethiopie, Sesbania sesban était la
culture relais la plus performante et la plus efficace
• Expliquer les avantages de la culture relais – maintien de la fertilité des sols et
amélioration de l’environnement des sols, amélioration des rendements par aire
unitaire, répartition du risque, source d’aliments de bétail et de bois de chauffage.
• La plantation en zigzag est recommandée dans la culture relais pour limiter la
compétition entre les cultures accompagnatrices. Le plant de la légumineuse (âgée de
3-4 mois) doit être transplantée au moins trios semaines après le semis de la céréale.
Au moment où la bouture s’installe, la céréale atteint un stade avancé pour éviter la
concurrence. Après la récolte de la céréale, les boutures légumineuses peuvent
pousser jusqu’à la saison suivante et produire une biomasse qui peut être utilisée
comme source de bois de chauffe, aliments de bétail ou fumure verte.
• Une pépinière doit être disponible dans les environs pour faire pousser les jeunes
plants de bouture légumineuse. Il n’est pas nécessaire de créer une pépinière séparée
s’il existe des pépinières utilisées par les communautés agricoles à d’autres fins telles
que les programmes de reboisement

27
• La plupart des effets bénéfiques de la culture par intervalle décrits ci-dessus
s’appliquent aussi à la culture relais.
• L’utilisation combinée de la culture relais, des méthodes agronomiques et de récolte
des eaux doit être encouragée pour maximiser les avantages. En particulier sur les
terres sèches où l’humidité est réduite, l’utilisation des billons stabilisés pourrait être
très utile
• Les boutures légumineuses sont récoltées juste avant le début de la saison suivante et
la biomasse divisée en parties qui sont utilisées comme aliments de bétail (feuilles et
twigs), fumure verte (branches) et bois de chauffe (tiges)

NOTE
• Les technologies de culture intercalée et relais doivent être adaptées aux conditions
locales. Il n’y a pas de recommandation spécifique efficace dans tous les
environnements. Par exemple, le sorgho et le niébé semblent être compatibles pour la
culture intercalée dans diverses agro-écologies de terre sèche. Cependant, il est
souhaitable de faire un petit essai de vérification pour rechercher les meilleures
cultures compatibles et les dispositions optimales dans le temps et dans l’espace dans
les zones où ces méthodes sont promues.

3.4.7 LUTTE BIOLOGIQUE


La formation des agriculteurs en matière de lutte biologique pourrait être considérée comme
une idée saugrenue. Mais ce domaine est une science qui évolue rapidement et dans peu de
temps, une formulation avec des agents biologiques (ex : les agents pathogènes) pourrait être
disponible pour une large utilisation en Afrique. La lutte biologique est de plus en plus
considérée comme étant une composante utile et viable de la stratégie de lutte intégrée. Par
conséquent, se lancer dans des programmes qui pourraient aider l’agriculteur et les agents du
développement à acquérir les connaissances de base et une compréhension de la méthode est
essentielle. Il est regrettable que peu d’efforts aient été faits jusqu’ici pour poursuivre cet axe
plutôt prometteur d’investigation même par les SNRVA d’Afrique.

PROCEDURE
• Montrer qu’une vaste gamme d’insectes et d’agents pathogènes est connue pour ses
dégâts à la Striga. La plupart d’entre eux sont cependant polyphages et ne sont pas
spécifiques à l’hôte et ne sont donc pas convenables pour la lutte biologique.
Ramasser des plantes malades et endommagées par des insectes et aider les stagiaires
à observer pour voir si certains bio-agents connus causent des dégâts
• L’insecte qui est d’un grand intérêt pour la lutte biologique est le charançon
Smicronyx, le charançon qui cause la gale, capable d’endommager les capsules
portant des graines et empêcher la production de graines
• La recherche sur la lutte biologique contre les mauvaises herbes avec des
champignons dure depuis vingt ans. L’approche myco-herbicide (avec des agents
pathogènes exotiques vivants) est la plus prometteuse. Cela implique l’application
périodique de doses massives d’inoculum de champignons phyto-pathogéniques
pour créer une forte infestation quand les conditions sont favorables au
développement de la maladie et à la lutte contre les mauvaises herbes. De très grands
progrès ont été accomplis récemment avec Fusarium oxysporium. Les chercheurs

28
travaillent actuellement pour élaborer un système efficace d’utilisation (formulations
faciles à utiliser) et améliorer la faisabilité de la méthode dans l’agriculture africaine.
• L’une des options consiste à utiliser les agents pathogènes sous fourme de myco-
herbicides comme décrit ci-dessus. L’autre alternative théoriquement plausible est la
production de masse d’agents disponibles au niveau local. Cette dernière possibilité
nécessiterait une collaboration étroite entre les agences de recherche, de vulgarisation
et de développement d’une part et les agriculteurs et leurs associations d’autre part.

NOTE
• L’une des réserves très souvent exprimée par rapport à la lutte biologique est le fait
qu’elle porte sur la manipulation d’organismes vivants qui pourraient éventuellement
évoluer et développer un nouveau comportement au fil du temps et devenir néfastes
pour les cultures économiquement importantes. Pour de nombreux pays en
développement où les systèmes de réglementation sont souvent très faibles,
l’existence de ces éventualités, bien qu’elles soient éloignées, pourraient être une
source de grande préoccupation.

3.4.8 LA LUTTE CHEMIQUE


La perspective d’une application à grande échelle de produits chimiques dans le cadre de la
lutte contre la Striga n’est pas très probable en Afrique. Il y a deux raisons à cela: 1. le fait
que les agriculteurs sont démunis et n’en ont donc pas les moyens. 2. Le manque d’herbicides
très efficaces capables d’arrêter le développement précoce du parasite pour éviter la perte de
la récolte. Cependant, les herbicides (composés de post-émergence pour une pulvérisation
ciblée) resteront une composante essentielle d’une méthode intégrée de lutte contre la Striga,
en particulier dans les vastes zones agricoles où l’emploi d’une main d’œuvre pour la lutte
contre les mauvaises herbes parasitaires pourrait être peu pratique. En outre, de nouvelles
méthodes prometteuses sont en train de voir le jour telles que les variétés de maïs résistantes
à l’imidazolinone (IR) vulgarisées par CIMMYT, et qui permettent l’utilisation de l’herbicide
comme traitement dressing des graines pour prévenir une attaque par la Striga. L’une des
contraintes de la technologie de l’IR est qu’elle présuppose l’existence d’un système national
semencier organisé et efficace, capable de fournir de nouvelles semences de la variété
résistante, ce qui est rarement le cas dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne.

PROCEDURE
• Présenter le concept de lutte chimique et le potentiel et limites de la technologie par
rapport à la gestion des mauvaises herbes parasitaires. Parler des herbicides qui ont
un contact et un mode systémique d’action, la préoccupation grandissante en ce qui
concerne la santé et l’environnement
• L’utilisation la plus simple des herbicides se présente comme une alternative au
désherbage à la main pour tuer les jeunes plants parasitaires. L’herbicide le moins
coûteux et le plus largement utilisé à cet effet est le 2,4-D. Il est appliqué à raison de
1 kg de produit/ha, comme traitement ciblé entre les rangées de céréales, répété
autant que nécessaire tout au long de la saison
• Avant d’appliquer des herbicides, la taille du champ à traiter doit être connue.
Calibrer le pulvérisateur pour définir le temps nécessaire pour pulvériser l’aire selon
la vitesse de la personne qui pulvérise.

29
• Calculer la quantité d’herbicides nécessaire et mélanger avec une quantité d’eau
définie à l’avance (en supposant que la quantité de solution nécessaire est de 250
litres/ha)
• Ne pas pulvériser pendant une période de vent ou quand la pluie se prépare. Eviter de
dévier le pulvérisateur en particulier le 2,4 – D vers des cultures sensibles telles que
le coton et les légumes à gousse
• Avec la technologie de l’IR, les semences de la variété résistante de maïs sont
trempées dans une solution contenant l’herbicide, avant d’être semées pour protéger
le jeune plant de la culture en croissance de l’attaque par la Striga. Là où cela est
possible, les variétés de maïs IR doivent être testées pour une adaptation,
acceptabilité et v, avant d’être vulgarisation
• L’avantage de la technologie de l’IR est qu’une très petite quantité d’herbicides est
utilisée avec un effet minime ou inexistant sur l’environnement.

3.4.9. LA LUTTE INTEGREE


Aucune méthode pleinement efficace contre la Striga n’a été découverte. Une intégration
logique des mesures efficaces de lutte peut apporter une solution holistique au problème. Les
résultats de recherche ont montré que l’utilisation intégrée de la lutte contre la Striga et de
pratiques culturales appropriées (bonne culture, semis en rangées, semis en temps opportun et
utilisation de taux appropriés de semences) peut renforcer la productivité et aider à réduire le
problème. L’intervention de lutte intégrée contre la Striga (LIS) qui peut être efficacement
adoptée à travers les agro-écologies varier selon plusieurs facteurs environnementaux et
socio-économiques, mais surtout selon le degré d’infestation par la Striga. Les formateurs
doivent s’assurer que les stagiaires sont conscients de ces faits. Dans tous les cas, les
agriculteurs doivent être encourages à utilise rune combinaison de méthodes, ayant une
efficacité prouvée selon leur contexte, pour éviter l’installation des graines et l’émergence de
races encore plus virulentes. La mise en œuvre d’une approche holistique est la seule
perspective dans la lutte contre ce problème multidimensionnel et très complexe de la Striga.

PROCEDURE

[Link]. LA LIS POUR LES ZONES SEVEREMENT/MODEREMENT INFESTEES


• L’accent doit être mis dans cette situation, sur l’utilisation de mesures de LIS visant
à diminuer la réserve de graines de Striga dans le sol
• La rotation du champ sans hôtes sensibles, en particulier dans les champs infestés,
est probablement la méthode la plus simple mais pas très acceptable. Les longues
années nécessaires pour produire un impact sur la Striga compliquent davantage la
situation. Dans les zones où il est possible d’utiliser cette méthode, celle-ci doit être
intégrée avec des mesures de renforcement de la fertilité des sols, des pratiques
d’assainissement et l’enlèvement à la main de la Striga sur les hôtes alternés
(mauvaises herbes).
• L’autre alternative plus plausible est l’utilisation d’un programme de LIS qui
combine l’utilisation de variétés résistantes (ex: les variétés de sorgho de Purdue) là
où cela est possible, et les pratiques de gestion des cultures et de la Striga (semis en
rangées, billons stabilisés, engrais, désherbage à la main/herbicide/2,4-D). En
Ethiopie, l’utilisation intégrée de semis en rangées, d’engrais minéraux (42 kg N/ha)

30
et herbicide 2,4-D (1 litre de produit/ha) a permis une augmentation à 40% du
rendement des céréales et une réduction significative de l’infestation par la Striga
comparée à la lutte (semis à la volée, pas d’engrais et désherbage précoce, pratique
agricole). L’utilisation combinée des semis en rangées, d’engrais et du désherbage à
la main (pendant la floraison) a permis une augmentation de 48% du rendement
céréalier et plus de 50% de réduction des pousses de Striga comparativement à la
pratique de l’agriculteur dans un endroit beaucoup plus sec. De même, au Burkina
Faso, la lutte intégrée avec une variété résistante, des engrais inorganiques, le
désherbage à la main ou l’herbicide 2,4-D, a sensiblement amélioré le rendement du
sorgho et permis une diminution substantielle de l’infestation par la Striga.

[Link]. LA LIS POUR LES ZONES A FAIBLE INFESTATION


• Les agences de développement et de vulgarisation agricoles doivent accorder la plus
grande priorité aux zones faiblement infestées par la Striga. Aucun effort ne doit être
ménage pour éviter une propagation et un renforcement de l’infestation. Il est très
difficile de réduire l’infestation par la Striga, une fois que l’on laisse cette mauvaise
herbe parasitaire continuer de proliférer et de se développer. Cependant, dans les
zones où l’infestation est faible et où la Striga vient d’être introduite, l’on pourrait
arrêter son extension.
• La formation et la sensibilisation de la communauté des agriculteurs et du grand
public sont l’une des fonctions clés qui doivent être accomplies dès le début.
• Le désherbage à la main en temps opportun (à la floraison mais avant l’installation
des graines) et de manière fréquente (plusieurs fois au cours de la saison), pourrait
être la seule méthode qui doit être utilisée de manière organisée. Cependant, même si
le désherbage à la main est la principale composante, son intégration avec des
mesures d’assainissement et de mise en quarantaine (prévention de l’invasion par des
graines contaminées et utilisation de semences saines et certifiées) pourrait aider à
atteindre à la maîtrise totale.

3.5 APPROCHES PARTICIPATIVES POUR LA SENSIBILISATION ET LA


LUTTE CONTRE LA STRIGA
1. L’expérience montre sans équivoque que le progrès dans la lutte contre les
mauvaises herbes parasitaires ne peut être réalisé qu’à travers des approches
communautaires. Des programmes agressifs doivent être mis en place pour
sensibiliser pleinement la communauté sur les menaces éventuelles et sur la
gravité et l’ampleur du problème en vue de déblayer le terrain pour
l’élaboration et la mise en oeuvre d’une stratégie holistique à long terme qui
pourrait apporter une solution durable. Les activités requises dans le domaine
de la sensibilisation et dans le développement et le transfert participatifs de
technologies sont définies ci-après.

3.5.1. LA SENSIBILISATION
La valeur d’une prise de conscience est inestimable. Il est absolument crucial d’aider les
populations à avoir une compréhension approfondie de l’ampleur du problème et à atteindre
le niveau de détermination requis pour une action communautaire soutenue et bien
coordonnée contre la Striga.

31
PROCEDURE
• Une série d’actions de sensibilisation bien pensées doit être mise en œuvre de
manière simultanée, en impliquant toutes les personnes concernées issues des
institutions publiques et privées
• Les écoles, les lieux de culte peuvent être utilisées pour la sensibilisation
• Des groupes de réflexion et de pression (ex: un comité comprenant les notables
locaux, les responsables religieux etc.) peut initier des discussions ouvertes sur le rôle
du grand public et des différentes couches de la société (les associations de jeunesse,
les agriculteurs, etc.) en particulier.
• Les médias écrits, audio-visuels et électroniques peuvent être utilises pour atteindre le
plus grand public possible. Des informations concises et directes sur le type d’action
requis peuvent être données à travers des émissions télévisuelles et radiophoniques,
des affiches et des dépliants et les journaux
• L’organisation d’une série de sessions de formation pourrait être utile pour
transmettre des connaissances et des informations venant d’institutions de recherche
et académiques à travers les agences de développement jusqu’au niveau des
communautés de base.

3.5.2. DEVELOPPEMENT ET VULGARISATION PARTICIPATIFS DE


TECHNOLOGIES
Une fois que la Striga s’installe, il devient immédiatement un trop grand problème qu’aucune
communauté agricole ne peut gérer. C’est la raison pour laquelle les fonctions de
sensibilisation décrites ci-dessus sont si importantes. Ces programmes permettent d’aider le
grand public à se mettre à la hauteur de la tâche, apporter toute son assistance nécessaire et
jouer son rôle dans une campagne énergique de lutte contre la Striga. Au niveau local,
villageois, des systèmes améliorés de vulgarisation tels que les Ecoles Rurales des
Agriculteurs (ERA) et les Groupes de Recherche des Agriculteurs (GRA) peuvent être
utilisés pour aider les agriculteurs à s’organiser, à se former et à prendre des décisions
individuelles ou collectives éclairées qui pourraient en fin de compte mener à une action
d’équipe centrée sur les résultats.

L’on se rend de plus en plus compte que les méthodes classiques de vulgarisation sont
insuffisantes pour aider les agriculteurs à prendre des décisions éclairées sur la gestion des
cultures et des ennemis des cultures. L’un des moyens de combler cette lacune est d’atteindre
et d’outiller les agriculteurs à travers l’auto-apprentissage dans les ERA ou les GRA par
exemple à travers des sessions hebdomadaires pour leur donner l’occasion de pouvoir
participer et de reconnaître les facteurs qui affectent la performance des cultures. L’aspect le
le plus important de l’utilisation des approches participatives est que les agriculteurs utilisent
des techniques qui leur permettent de visualiser les facteurs qui affectent l’installation, le
développement et la propagation d’ennemis tels que la Striga. Evaluer les facteurs
édaphiques et climatiques et les pratiques traditionnelles contribuant au développement de
l’infestation par les herbes parasitaires et apprendre les différents moyens utiliser pour
soulager la situation. Les agriculteurs apprendront à travers des exercices basés sur l’auto-
découverte. Il s’agit d’exercices au champ, du partage d’expériences, de sessions de
formation à la carte. L’utilisation d’approches participatives de recherche et de vulgarisation
permettent une diffusion rapide de l’information, des connaissances et des technologies pour

32
apporter un changement au niveau des communautés de base. Un programme provisoire de
formation des ERA sur la gestion de la Striga est présenté à l’annexe 4. Ce programme
comprend une série de sessions pratiques qui doivent être administrées dans le champ avec
les agriculteurs et par les agriculteurs. Les agents du développement et les chercheurs
peuvent servir de facilitateurs. Les ERA pourraient fonctionner pendant plusieurs saisons le
cas échéant, étant donné que cela implique un processus d’apprentissage continu par la
pratique. L’utilisation des ERA ou de toute autre méthode participative est présentée comme
une option à envisager par les programmes nationaux intéressés par l’approfondissement et le
suivi des connaissances acquises à partir de ce cours de formation.

3.6 METHODOLOGIES DE RECHERCHE SUR LA STRIGA

3.6.1. L’ENQUETE

[Link] EVALUATION DE LA REPARTITION ET DE L’IMPORTANCE DE LA


STRIGA
La connaissance de l’incidence et de la gravité du problème de la Striga est un préalable pour
le succès d’une intervention de recherche et de lutte. Cependant, cela n’est pas souvent réalisé
et l’on assiste à un gaspillage des ressources dans une tentative de mettre en oeuvre une
approche uniforme à travers des zones caractérisées par des conditions différentes. Une
enquête globale doit être conduite pour cartographier la répartition de cette mauvaise herbe et
concevoir ainsi une stratégie appropriée selon la spécificité des situations.

Les enquêtes de terrain constituent généralement un outil important, en particulier dans la


gestion intégrée de la Striga, pour avoir une meilleure compréhension de la nature du
problème de la Striga et son ampleur. Les objectifs de l’enquête sont:
• Connaître la répartition géographique de la Striga
• Obtenir des données sur l’ampleur de l’infestation et sur les cultures infestées
• Suivre les changements dans le degré d’infestation pendant une période donnée à
travers des enquêtes répétées
• Créer une base de données des études écologiques et de perte de rendement
• Obtenir des informations sur les zones menacées par l’éventualité de nouvelles
incursions de plantes parasitaires.

MATERIELS
• Carte
• Guide d’identification
• Pressoir d’herbarium
PROCEDURE
• Faire une sélection aléatoire des champs (environ tous les 5 à 10 km) à étudier le
long d’une route
• Sélectionner les champs où la Striga n’a pas encore été arrachée. La préférence est
donnée aux champs portant une culture qui a atteint le stade de reproduction.
• Faire une évaluation visuelle de la plante parasitaire et de l’effet qu’elle a sur la
culture

33
• La méthode d’inspection du champ dépend de la nature de la culture et la pratique
agricole utilisée. Cependant, pour faciliter la mise en œuvre, la marche en zigzag et
l’arrêt tous les 20 pas pour faire une évaluation d’une surface de 1m sur 2m sont
recommandés. A chaque arrêt, compter le nombre de parasites par plante culturale ou
par touffe (hill).
• Il faut savoir que toutes les plantes parasitaires comptées poussent sur une culture et
non sur de mauvaises herbes. Déraciner la plante de temps à autre est souhaitable
pour rechercher les plants de Striga encore enfouies dans le sol. Compter les jeunes
plants visibles peut parfois ne pas refléter la situation réelle. Dans les champs
extrêmement infestés, les plants de Striga peuvent ne pas sortir de terre à cause d’une
compétition rude entre les espèces.
• Utiliser des fiches de données préparées à l’avance pour enregistrer les données et les
observations

DONNEES A COLLECTER
• Taux d’infestation: Pourcentage de champs infestés (%)
• Intensité de l’infection: Pourcentage de plants infectés

NOTE
• Le degré d’infestation peut être très variable entre les années. Les facteurs tels que les
conditions climatiques, le moment des semis, la fertilité du sol, influencent
l’émergence du parasite.

[Link] COLLECTE D’ECHANTILLONS DE GRAINE ET D’HERBARIUM

La préservation minutieuse de collections de référence des différents morphotypes


(différentes couleurs de fleurs, structures de branches et de tiges) de la Striga pour une
utilisation future par les étudiants, les chercheurs et les formateurs, doit être encouragée. De
même, avoir des semences propres et de bonne qualité (quelques centaines de grammes pour
chaque espèce) est essentielle pour des études de base. Occasionnellement, une grande
quantité de semences peut être collectée selon les besoins pour avoir suffisamment de
semences pour établir un périmètre uniformément infesté par la Striga en vue d’une
expérimentation.

MATERIEL
1. Pressoir d’herbarium, vieux journaux pour la collecte des échantillons
2. Pour la collecte des semences: papier et sacs plastiques, tamis, récipients en
plastiques, pour le stockage des semences et un magasin sec et frais

PROCEDURE
1. Collecte d’herbarium
• Des plantes fraîches, de préférence vertes et au stade initial de floraison sont
placées entre des feuilles de papier
• Les feuilles de papier contenant les plantes sont placées entre des planches dures
et plates. Un certain nombre de feuilles de papier et de planches plates peuvent
être empilées et pressées à l’aide d’un pressoir d’herbarium.

34
• Les feuilles de papier contenant les échantillons de plante doivent être
régulièrement vérifiées et changées jusqu’à ce que les plantes sèchent en gardant
leur couleur naturelle
• Enfin, les plantes séchées sont attentivement collées à la planche, étiquetées et
placées dans des vitrines d’herbarium
2. Collecte des graines

• Une plante est considérée comme étant mûre quand il n’y a aucune ou seulement
quelques fleurs apicales
• Chaque collecte doit être faite sur le même hôte
• Les plantes doivent être transportées dans des sachets en papier et ensuite séchées
au soleil
• Après le séchage, les capsules sont battues à la main dans des sacs ou sachets en
papier. Les grosses parties végétales sont séparées et les parties restantes
tamisées. Les graines de Striga vont se déposer dans un petit maillage de 100 µm
du tamis
• Les graines propres et sèches peuvent être stockées dans des récipients en
plastique à la température ambiante.
• Un étiquetage minutieux des récipients est très important. L’étiquette doit porter
le nom de l’espèce, l’hôte, la date et le lieu de la collecte, toute autre observation
jugée nécessaire.
• La viabilité des échantillons doit être régulièrement vérifiée.

NOTE
• Les graines doivent être collectées au moins une saison avant de pouvoir être
utilisées pour des expérimentations à cause de la condition de post-maturité des
graines de Striga

3.6.2. ETUDE DE LABORATOIRE ET DE SERRE


Des expérimentations au champ ont été menées pendant plusieurs années. Malheureusement,
les résultats de ces expérimentations n’ont pas souvent été concluants à cause de la variabilité
de l’infestation par la Striga, la perte d’essais due à la sécheresse etc. Cela nécessite que le
travail de terrain soit complété par des expérimentations dans des conditions contrôlées.

OBJECTIFS:
• Avoir une meilleure compréhension de la biologie de la Striga, en particulier son
comportement germinal et son interaction avec les facteurs environnementaux –
nutriments, température, humidité etc., qui pourrait aider à développer de meilleures
approches agronomiques pour la lutte
• Définir la variation possible dans le comportement / éventail des hôtes des
différentes populations de Striga, ce qui n’est pas faisable sur le terrain
• Comparer les variétés prometteuses selon leur résistance à la Striga dans des
conditions contrôlées
• Comprendre, si possible, les mécanismes de résistance et peut-être élaborer sur cette
base des méthodes simplifiées de test qui pourraient aider à accélérer la sélection de
matériaux prometteurs parmi différentes variétés ou matériaux de reproduction

35
MATERIELS
o Boîtes de Petri, tasse en plastique transparentes, eau distillée, papier filtre en fibre de
verre (GFA), marqueurs, compteurs numériques, incubateurs mis à 32 0C pour le test
d’exsudation des racines en laboratoire (voir l’image ci-dessous)
o Pots en plastique d’un litre, sol stérilisé, étiquettes, tuyau d’arrosage pour les
expérimentations en serre

PROCEDURE
o ETUDES EN LABORATOIRE
o On fait pousser de jeunes plants de la culture hôte pendant quatre jours à 32 0C
entre une couche de papier filtre mouillé et la surface d’un récipient clair en
plastique de yaourt. Un bout de 1,5 cm de chaque extrémité de racine est ensuite
coupé, rincé et incubé dans une eau distillée équivalente à 0,5 ml par bout
pendant 24 heures à 32 0C. Pendant ce temps, les segments de racine exude un
stimulant et la solution est alors utilisée pour des études de germination.
o Des graines conditionnées de Striga, habituellement 2 semaines à 32 0C dans des
conditions d’humidité, sont utilisées pour des essais en laboratoire. Les graines de
Striga sont éparpillées dans de petits disques ronds (2 mm) GFA dans une assiette
Petri. Trois disques contenant environ 50-60 graines représentent un traitement et
sont ainsi trempés dans la solution obtenue à partir d’une entrée test spécifique
(voir fig. ci-dessous).
o Après 48 heures, le décompte de germination est effectué sous microscope avec
des compteurs numériques pour déterminer le pourcentage de graines induites
pour initier une croissance de la radicule.
o ETUDES EN SERRE
o Des pots sont remplis à moitié avec un sol stérilisé et des graines de Striga
(environ 1000) mélangées jusqu’à la moitié supérieure des pots. Selon le type
d’expérimentation, un engrais (phosphate de Diamonium) peut aussi être
appliqué dans la moitié supérieure des pots à raison de 1 g/pot. Les graines de la
culture ou d’autres hôtes (ex: étude de gamme d’hôtes) sont semées à une petite
profondeur et plus tard réparties à un nombre standard par pot. Les
expérimentations peuvent être mises en place en RCBD et arrosées
régulièrement.
o Pendant l’expérimentation, l’émergence de la Striga est compté à des intervalles
hebdomadaires. Les racines des cultures sans Striga sont lavées pour détecter les
parasites qui n’ont pas encore émergé.
o D’autres données peuvent être recueillies sur la culture telles que la hauteur, le
stade de croissance et le rendement de la biomasse.

NOTE
o L’utilisation de la procédure d’essai en laboratoire, le dépistage d’un grand
nombre de lignes de reproduction et de variétés pour rechercher la production à
faible stimulant, le meilleur mécanisme caractérisé résistant connu chez les
céréales peuvent être effectués. Une recherche approfondie peut être menée sur

36
la biologie et l’écologie de la germination de la Striga pour déterminer les besoins
écologiques des différentes espèces et races.
o Une évaluation de stade avancé des génotypes prometteurs en termes de
résistance à travers des races virulentes de Striga peut être menée sur des pots de
serre. En outre, des études de gamme d’hôtes des populations de Striga collectées
sur différentes hôtes et de lieux peuvent être effectuées sur les grandes espèces
sélectionnées de culture et de mauvaises herbes.

Conditionnement des graines de Striga (gauche) et mise en place d’un essai en laboratoire (droite).

3.6.3. INVESTIGATIONS EN CHAMP


Une large gamme d’expérimentations en champ est menée sur différents aspects de la lutte
contre la Striga. Cependant, les résultats, en particulier les données sur le décompte des
pousses de Striga sont souvent incohérentes, en particulier à cause du caractère sporadique de
l’infestation parasitaire par les mauvaises herbes. Etant donné que la résistance de la plante
hôte est la principale composante de la lutte intégrée contre la Striga, des techniques
appropriées de division du champ doivent être adoptées pour obtenir des résultats significatifs
à partir des expérimentations de dépistage.

PROCEDURE
• Sélectionner un site ayant des antécédents de forte infestation uniforme par la Striga
• Utiliser une présentation modifiée de “planche de vérification” (voir fig. ci-dessous)
avec des vérifications sensibles répétées après toutes les deux entrées tests. Les
surfaces répétées de vérification donnent une indication de la nature de l’infestation
par la Striga. Par ex : si une faible émergence de la Striga est observée sur une entrée
test, l’on peut utiliser la surface adjacente de vérification pour voir si cette faible
incidence est due à une véritable résistance ou simplement à une absence de Striga
dans cet endroit précis.
• Toutes les données agronomiques, y compris l’émergence des cultures, l’installation
des tiges, la hauteur des plantes et le rendement doivent être collectées. Le décompte
des pousses de Striga peut être fait en comptant et en enlevant les plantes
florissantes. Des données de très grande valeur peuvent être générées en calculant le
pourcentage de plantes de Striga qui poussent sur chaque entrée test
comparativement au périmètre de vérification adjacent.

37
NOTE
• Pour éviter l’échec des cultures, qui se produit plutôt fréquemment dans les zones
frappées par la sécheresse où la Striga est une difficulté majeure, l’utilisation des
méthodes de conservation de l’eau (ex : billons stabilisés) est souhaitable.

Modèle d’une expérimentation de dépistage d’une variété

1 2 3 4 5 6 7
Rep. I
C 1 2 C 3 4 C
Rep. II 14 13 12 11 10 9 8
C 8 7 C 6 5 C
Rep. III 15 16 17 18 19 20 21
C 9 10 C 11 12 C

Note: Rep. – réplication, c – périmètre de vérification, 1 – 12 les nombres en gras sont des entrées tests, 1 –

21 sont des nombres de périmètre

3.7 PROGRES RECENTS SUR LA GESTION DE LA STRIGA EN AFRIQUE:


LECONS A APPRENDRE
Le souhait d’avoir un effort organisé à l’échelle du continent n’a pas été réalisé, mais il y a eu
beaucoup d’initiatives et des engagements collectifs entre les centres internationaux de
recherche, les agences des Nations Unies, les laboratoires supérieurs des pays occidentaux et
les SRVA d’Afrique, qui ont apporté des contributions visibles. Nous avons décrit ces
initiatives et ces engagements en détails dans les chapitres précédents. Les futures entreprises
de lutte contre la Striga doivent capitaliser ces efforts et se bâtir sur eux et sur l’éventail des
cas de réussite peu connus et qui existent dans les programmes nationaux à travers le
continent. Une tentative a été faite ci-dessous pour examiner brièvement les efforts
exemplaires et parlants afin qu’ils puissent être sélectionnés et mis en oeuvre par d’autres.

3.7.1 CAMPAGNES DE MASSE DE LUTTE CONTRE LA STRIGA EN ETHIOPIE


La première tentative pour mettre en oeuvre une mobilisation de masse sur l’ensemble du
pays, impliquant différents secteurs de la société contre la Striga a été faite en Gambie avec
l’appui de la FAO à la fin des années 1980. L’on ne sait pas si l’impact et le résultat final du
programme ont été totalement évalués et rendus publics. Néanmoins, les informations tirées
de la campagne elle-même ont été une source d’inspiration pour certains programmes
nationaux. Parmi ces programmes, on compte le Programme National Ethiopien. L’Ethiopian
Institute of Agricultural Research (Institut Ethiopien de Recherche Agricole) et l’Ethiopian
Weed Science Society (Société Ethiopienne de la Science des Mauvaises Herbes) ont utilisé
des publications et tous les moyens disponibles pour publier largement leur expérience et
poser des arguments sur la nécessité de lancer une initiative similaire dans le pays. En
conséquence, deux Etats régionaux du nord de l’Ethiopie (Amara et Tigray) ont réussi à
élaborer un plan et à mettre en œuvre des campagnes d’éradication. Aucune évaluation
systématique n’a été faite pour quantifier l’impact du programme qui a été conduit pendant

38
plusieurs années, rassemblant le grand public pour des campagnes répétées de désherbage
pendant chaque saison. Cependant, quel que soit le résultat, la compréhension générale qui
s’est développée sur l’ampleur et la complexité du problème, suite à ces efforts, a servi à
changer l’attitude du public et des décideurs politiques.

3.7.2 COMMERCIALISATION D’UNE VARIETE QUI TOLERE LA STRIGA EN


OUGANDA
Epuripur, une variété sélectionnée au départ pour sa tolérance Striga, a connu un succès
immédiat et est aujourd’hui cultivé sur plus de 40000 ha pour la bonne qualité de ses grains
qui sont très demandés par les brasseries du pays. La sélection, la promotion et la
commercialisation de ces variétés pourraient contribuer énormément à améliorer le revenu et
changer les moyens d’existence des agriculteurs et les motiver à faire des investissements
pour endiguer les effets néfastes de la Striga.

3.7.3 PROMOTION A GRANDE ECHELLE DE LA CULTURE EN INTERVALLE DU


SORGHO AVEC LE NIEBE RESISTANT AUX GESNERIOIDES DE LA
STRIGA AU MALI ET AU BURKINA FASO
Des résultats très encourageants ont été enregistrés au Mali et au Burkina Faso récemment
avec la promotion à grande échelle de l’approche culture en intervalles avec des variétés de
sorgho résistantes /tolérantes envers la Striga (Seguetana au Mali et F2-20 au Burkina Faso)
et de niébé résistantes au S. gesnerioides (Sankaranka au Mali et KVX-61-1 au Burkina
Faso).

3.7.4 PROJET INTEGRE DE LUTTE CONTRE LA STRIGA EN ETHIOPIE


Le projet commun entre l’Ethiopian Institute of Agricultural Research (EIAR) et le
Programme d’Appui à la Recherche sur le Sorgho et les Mils (INTSORMIL) a été lancé en
2002. Il comprend trois activités: la multiplication des semences des deux variétés résistantes
(Gubiye et Abshir), la vulgarisation de ces variétés dans les champs des agriculteurs et une
démonstration à grande échelle d’une méthode intégrée (variétés résistantes, conservation de
l’eau et utilisation d’engrais). Le projet qui a commencé avec quelques agriculteurs a
maintenant atteint plus de 10000 agriculteurs issus des quatre Etats régionaux (Oromiya,
Amara, Etat du Sud et Tigray). La leçon tirée de l’expérience a été que pour la réussite de
toute activité de promotion d’une variété, des systèmes fonctionnels d’approvisionnement en
semences doit être mis en place. L’inclusion d’une pratique de conservation de l’humidité
(billons stabilisés) a renforcé la performance des variétés dans les zones sèches où les
schémas climatiques sont plutôt aléatoires.

4. PLAN DE MISE EN OEUVRE


Le cours est élaboré pour la formation des formateurs y compris les agriculteurs, les agents
du développement et de la vulgarisation et les jeunes chercheurs. Il est évident que le contenu
du cours varie pour les différents groupes de bénéficiaires (voir le module en annexe 1). Par
exemple, pour les agriculteurs, les sections qui sont trop techniques sont omises pour
consacrer davantage de temps aux choses pratiques à savoir les options de lutte et les études
de cas. Il est prévu que les personnes formées adaptent et modifient au besoin, le cours selon
les conditions locales et l’utilisent pour diffuser les connaissances aux communautés
d’agriculteurs affectées par le problème de la Striga. Les personnes qui seront chargées de

39
conduire cette formation en utilisant le module après avoir reçu une formation des formateurs
eux-mêmes, seront en mesure d’accomplir leur tâche avec succès si elles avaient déjà été
exposées aux méthodes de formation des adultes. Ce qui est envisagé, c’est de mettre en
œuvre une formation pratique centrée sur l’action et visant essentiellement les agriculteurs,
qui ne sont pas habitués à un type formel de formation mais qui se sentent plutôt à l’aise dans
les programmes plus interactifs et participatifs dans un cadre informel. Et cela nécessite une
compétence spéciale.

En général, la durée de la formation ne doit pas dépasser quatre jours. Un cours de trois jours
est proposé pour les agriculteurs et quatre jours pour les agents du développement et les
chercheurs. La conduite du cours de formation avant ou pendant la saison des cultures
dépend de la disponibilité d’un temps suffisant pour les stagiaires et pour les formateurs et de
la disponibilité de la Striga dans le champ. Autrement, l’observation des plantes parasitaires
et l’effet des interventions de lutte contre la Striga ne seraient pas possibles. La conduite
précoce de la formation permet aux stagiaires d’utiliser les connaissances nouvellement
acquises pendant la saison en cours. La formation pourrait gérée comme une démonstration
pratique sur le site de formation ou au champ avec des discussions et des évaluations des
options de lutte par exemple. La contribution des groupes de travail et les communications
par des participants ne doivent pas être sous-estimées. Le travail de groupe facilite
l’interaction et donc un meilleur échange des connaissances et des expériences. Les
communications des participants donnent l’occasion d’exprimer et de partager différents
points de vue. Pendant le cours, les agriculteurs et les agents de vulgarisation peuvent être
invités à décrire les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans la réalité.

Avant l’organisation du cours, des personnes ressources doivent être identifiées et dotés d’un
contrat pour aider à adapter le contenu du cours et les matériels de formation aux besoins et
aux conditions locaux. Les chercheurs activement impliqués dans la recherche appliquée
peuvent servir de personnes ressources. Ils peuvent participer aux aspects liés à leurs
domaines d’expertise. Une discussion préalable doit avoir lieu entre les organisateurs du
cours et les chercheurs pour expliquer aux derniers que les informations à fournir doivent être
pertinentes pour les agriculteurs et pour les vulgarisateurs et compréhensibles pour des
personnes non-intellectuelles. Des agriculteurs et des agents du développement innovateurs
qui ont déjà reçu une formation peuvent aussi servir de personnes ressources . Il est essentiel
de s’assurer que les formateurs ont une bonne expérience du terrain et une expérience du
travail avec les agriculteurs pour être en mesure de contribuer efficacement à l’adaptation du
contenu du cours aux besoins et aux conditions spécifiques. La préparation et l’adaptation du
contenu du cours et des matériels peuvent prendre quelques semaines selon les moyens de
communication.

Les présentations/cours magistraux peuvent être distribués sous forme d’imprimés. Les
imprimés doivent être préparés en langues simples, faciles à comprendre et dénuées de
jargons et de termes scientifiques compliqués. D’autres documents peuvent compléter le
manuel, ex : les dépliants et les directives techniques. Les informations doivent être
présentées autant que faire se peut sous forme visuelle. Les croquis et les graphiques de tous
les aspects pertinents liés au cycle de vie et les relations entre le parasite et ses hôtes peuvent
être présentés oralement. D’autres informations telles que la dispersion des graines et les

40
mesures de lutte doivent être présentées sous forme de texte. Une présentation orale doit être
soutenue par une présentation réelle par exemple, des prélèvements et des échantillons des
différentes espèces de Striga et de leurs hôtes, accompagnée d’un visionnage sous
microscope.

Les formateurs doivent essayer de stimuler la discussion et de créer un cadre convivial. Le


dialogue et l’interaction doivent être la norme pour une meilleure communication des
connaissances et des expériences. La conduite d’un test repère aide dans cette situation à
définir le niveau des connaissances de base des participants (annexe 2). Le même test peut
être utilisé à la fin du cours pour voir si les stagiaires ont bien acquis les connaissances et les
informations. Il est souhaitable que le processus de formation soit évalué chaque jour de
manière participative, pour avoir un retour d’information et revoir et adapter constamment le
contenu du cours. La conduite d’une évaluation finale est considérée comme une partie
intégrante de la formation permettant aux stagiaires d’exprimer leurs points de vue et de faire
des suggestions pour une amélioration future du contenu du programme (annexe 3).

Pendant le cours, l’utilisation des matériels suivants est requise:


• Projecteurs de Power point/multimédias et un ordinateur, un projecteur de
diapositives et un écran. Si ces matériels ne sont pas disponibles, des transparents et
un rétro-projecteur peuvent les remplacer.
• Tableau d’affichage/ marqueurs
• Brochures/dépliants et autres publications
• Blocs notes/cahiers et stylos
• Matériels de démonstration: graines de Striga, plantes séchées et vertes
• Microscope et lentilles d’agrandissement
• Echantillons de matériels de vulgarisation
• Boîtes de Petri, pots en plastique (pots d’un litre), papier filtre en fibre de verre, eau
distillée, graines stérilisées
• Pulvérisateur à dos, seau, cylindre de mesure, chronomètre

Après la formation formelle décrite ci-dessus, il est recommandé que les agriculteurs soient
organisés pour des formations en groupes en utilisant la méthode appropriée de recherche et
de vulgarisation à savoir l’ERA ou les GRA. L’utilisation de ces méthodes offre l’opportunité
de suivre et de s’assurer que les connaissances acquises sont intériorisées et utilisées de
manière durable. En outre, les agriculteurs doivent apprendre et travailler ensemble pour
améliorer constamment leur savoir-faire s’ils doivent vaincre ce problème très variable et
complexe de la Striga. Des projets de calendrier et de programme de formation pour les ERA
en matière de lutte contre la Striga figurent en annexe 4.

5. BUDGET
Le budget requis pour chaque programme de formation peut varier sensiblement selon le
nombre et l’origine (local ou de l’extérieur) des stagiaires/formateurs et selon l’endroit où la
formation doit se dérouler parce que ces éléments ont des implications budgétaires. Une
proposition de budget est présentée ci-dessous avec l’hypothèse que pour un cours de
formation centré sur l’action, le programme peut être exécuté localement pour les trois
groupes de stagiaires en employant des personnes ressources.

41
5.1 BUDGET ESTIMATIF D’UN COURS DE FORMATION POUR LES
AGRICULTEURS
Désignation/fonction Description Coût ($US)
Perdiems du formateur Deux semaines pour la préparation et trois 850
jours de formation, 17 jours à 50 $ US /jour
Perdiems du personnel 3 personnes, 3 jours à 20 $US /jour 180
d’appui
(Facilitateur, secrétaire,
chauffeur)
Perdiems des stagiaires 25 stagiaires, 5 jours (1 jour pour chacun 1250
pour l’aller-retour au lieu de travail et 3
jours de formation à 10 $/personne/jour
Restauration & Déjeuner et rafraîchissements pendants les 609
rafraîchissements sessions du matin & après-midi, 29
participants y compris les formateurs, 3
jours à environ 7 $US /personne/jour
Location de la salle de 3 jours à 50 $US /jour 150
réunion
Carburant & lubrifiants Montant forfaitaire de 300 $ 300
Frais de transport Pour les agriculteurs venant des localités 250
éloignées, un montant d’environ 250 $ US
Papier Flip charts, marqueurs, cahiers à un montant 100
estimatif de 100 $ US
Impression & photocopies Montant forfaitaire de 150 $ US pour 150
l’impression et la photocopie de documents
Internet, fax et Paiement de frais de communication par 150
communications téléphone, fax et internet pendant
l’organisation et la formation :150$ US
Imprévus (10%) 399
Total 4388

5.2 BUDGET ESTIMATIF POUR LA MISE EN PLACE DES ERA (FACULTATIF)


Le processus de mise en place d’une ERA fonctionnelle prend au moins deux saisons entières
de culture. Avec l’aide du facilitateur, les agriculteurs sont en permanence engagés dans un
processus d’apprentissage par la pratique, en suivant les évolutions phonologiques de la
culture et de l’ennemi sur une période de trois à quatre mois chaque année. Les sessions sont
conduites sur les champs des agriculteurs dans leur village, et par conséquent, les dépenses ne
comprendront que les honoraires du facilitateur qui sera recruté pour une période de quatre
mois chaque année à un taux mensuel de 2000 $ US et les divers (papier et matériels de
bureau, carburant, location du véhicule, indemnité du personnel d’appui) pour un montant
forfaitaire de 500 $ US par mois, ce qui fait un budget total de 20.000 $ US (y compris le
salaire et autres dépenses pour 8 mois.)

42
5.3 BUDGET ESTIMATIF D’UN COURS DE FORMATION POUR LES AGENTS DU
DEVELOPPEMENT ET LES JEUNES CHERCHEURS
Désignation/fonction Description Coût (US$)
Perdiems du formateur Deux semaines pour la préparation et 900
quatre jours de formation, 18 jours à 50
$/jour
Perdiems du personnel 3 personnes, 4 jours à 20$ US/jour 240
d’appui
(Facilitateur, secrétaire,
chauffeur)
Perdiems des stagiaires 25 stagiaires, 6 jours (1 jour chacun pour 3000
l’aller-retour au lieu de travail,
formation de 3 jours à 20 $ US
/personne/jour
Restauration & Déjeuner et rafraîchissements pendants 812
rafraîchissements les sessions du matin & après-midi, 29
participants y compris les formateurs, 3
jours à environ 7 $US /personne/jour
Location de la salle de 4 jours à 50 $US /jour 200
réunion
Carburant & lubrifiants Montant forfaitaire de 300 $ 300
Frais de transport Pour les agriculteurs venant des localités 250
éloignées, un montant d’environ 250 $
US
Papier Flip charts, marqueurs, cahiers à un 100
montant estimatif de 100 $ US
Impression & photocopies Montant forfaitaire de 150 $ US pour 150
l’impression et la photocopie de
documents
Internet, fax et Paiement de frais de communication par 150
communications téléphone, fax et internet pendant
l’organisation et la formation :150$ US
Imprévus (10%) 610
Total 6712

6. RESULTATS ATTENDUS
Les résultats attendus de la formation sont:
• Avoir un nombre accru d’agriculteurs, d’agents du développement et de la
vulgarisation et de chercheurs dotés de connaissances pratiques sur la Striga et la lutte
contre cette plante parasitaire et les approches participatives nécessaires pour
améliorer la probabilité de succès contre ce problème énorme.
• Aider les SNRVA africains à mettre en oeuvre des programmes de formation et de
sensibilisation ciblés et centrés sur l’action à travers une large utilisation du module
de formation

43
• Accomplir de nouveaux progrès dans la recherche et faire connaître les cas de succès
peu connus des SNRVA africains pour une adoption et une promotion à grande
échelle.
Les indicateurs des réalisations seront le nombre de stagiaires dans chaque SNRVA formés et
pratiquant les connaissances acquises pour faire la différence sur le terrain. Des informations
quantifiées sur le niveau de diffusion des technologies de lutte intégrée contre la Striga à
travers les SNRVA peuvent également faire connaître le succès et l’acceptabilité du module
de formation.

7. REFERENCES SELECTIONNEES

EARSAM, 1991. Report of EARSAM Scientific Working Group on Striga. ICRISAT.


Nairobi, Kenya
ECARSAM, 2006. Report on inception workshop of the project on integrated Striga
management for improved sorghum productivity in East and Central Africa. 6 – 10
February 2006. Machakos, Kenya
FAO, 1994. Weed Management for developing countries
IITA, 1997. Striga research methods – A manual
Kroschel, J, 2001. A technical manual for parasitic weed research and extension. Kluwer
Academic Publishers. Dordrecht, The Netherlands
Mbwaga, A.M., J. Kaswende and E. Shayo, 2000. A reference manual on Striga distribution
and control in Tanzania
Parker, C. and C.R. Riches, 1993. Parasitic weeds of the world: Biology and control. CAB
International. Wallingford, Oxon OX10 8DE, UK
PASCON, 1990. Towards an integrated control of Striga in Africa. Proceedings of the 1st
PASCON Workshop. PASCON, FAO. 11 – 14 March 1990. Ibadan, Nigeria
PASCON, 1991. Improving Striga management in Africa. Proceedings of the 2nd PASCON
Workshop. PASCON, FAO. 23 – 29 June 1991. Nairobi, Kenya

44
8. ANNEXES

ANNEXE 1. PROJET DE MODULE D’UN COURS DE FORMATION SUR LA LUTTE CONTRE LA STRIGA

1.1 MODULES D’UN COURS DE FORMATION POUR LES AGRICULTEURS


Session Jour I Jour II Jour III
Début de la • Ouverture & accueil Discussions en groupe sur la faisabilité des Approches participatives pour la
matinée • Présentation des participants par eux- différentes méthodes de lutte. Quel type de sensibilisation et la lutte contre la Striga
(2 hrs) mêmes LIS et pourquoi? • Fonctions de sensibilisation
• Mythes & perceptions concernant la Striga • Approches à base communautaire
• Principales espèces, leur répartition et • Introduction à l’appréciation rapide
importance participative (ARP) & développement
• Introduction à la biologie avec un accent participative de technologies (DPT)
particulier sur la production et la dispersion
des graines
Fin de la matinée Aspects pratiques sur la biologie en groupes: Rapports des Groupes • Approches Participatives (suite)
(2 hrs) • Etude des parties florales & reproductives • Discussions
• Production des graines (pas de capsules/de
plante, graines/capsules)
• Jeu de rôle (amener les agriculteurs à
essayer d’expliquer la biologie de la Striga
en utilisant leur propre dessin)
Début d’après- Méthodes de lutte et leur intégration Cas de succès de la lutte contre la Striga par Visite de terrain: périmètre de démonstration
midi • Assainissement & mise en quarantaine les SNRVA africains & station de recherche
(2 hrs) • Utilisation des variétés résistantes
• Temps & fréquence du désherbage manuel
• Rotation des cultures & systèmes culturaux
• Lutte intégrée contre la Striga (LIS)

Fin d’après-midi Méthodes de lutte (suite) • Discussions en groupes sur les cas de • Visite de terrain (suite.)
(2 hrs) succès & comment ils peuvent être mis • Discussion générale
en oeuvre • Evaluation du cours
• Rapports des Groupes • Clôture (Remise de Certificats)

1.2 A MODULE DU COURS DE FORMATION POUR LES AGENTS DE LA VULGARISATION ET DU DEVELOPPEMENT


Session Jour I Jour II Jour III Jour IV
Début de la matinée • Ouverture Méthodes de lutte et leur • Cas de succès de la lutte contre • Aspects pratiques
(2 hrs) • Présentation des participants intégration la Striga par les SNRVA (suite)
par eux-mêmes africains • Rapports des Groupes
• Attentes • Discussions sur les possibilités
• Test repère d’adoption & d’extension des
approches réussies
Fin de matinée • Principales espèces, leur Méthode de lutte (suite) Approches participatives pour la • Compétences
(2 hrs) répartition et importance sensibilisation et la lutte contre la d’animation
• Cycle de vie Striga • Matériels de
• Mécanismes de survie & de • Fonctions de sensibilisation vulgarisation et leur
dispersion • Approches à base utilisation
communautaire
• Introduction à l’Appréciation
Rapide Participative (ARP) &
Développement participatif de
technologies (DPT)
Début d’après-mide Aspects pratiques sur la biologie Discussions de groupe sur Approches Participatives (suite) Sortie sur le terrain: visite
(2 hrs) en groupes: la LIS (Quel type de LIS et • Principes et pratiques des ERA de champs d’agriculteurs,
• Identification des pourquoi?), expériences • Elaboration du Curriculum des de périmètres de
prélèvements personnelles avec les ERA démonstration, station de
• Etude des parties florales & agriculteurs (méthodes • Etudes des Cas de Succès des recherche
reproductives localement appliquées, ERA
• Production des graines (pas leurs faiblesses & forces)
de capsules/de plante, etc.
graines/capsules)
• Jeu de rôle (amener les
stagiaires à essayer
d’expliquer la biologie de la
Striga en utilisant leur propre
dessin)

46
Fin d’après-midi (2 Aspects pratiques (suite) Rapports des Groupes Aspects pratiques en groupes • Test repère
hrs) • Création d’un environnement • Evaluation
favorable aux ERA • Clôture (remise de
• Sélection des participants et du certificats)
site
• Analyse agro-écosystémique
• DPT
• Collecte, traitement &
présentation des données

1.3 MODULE D’UN COURS DE FORMATION POUR LES JEUNES CHERCHEURS


Session Jour I Jour II Jour III Jour IV
Début de la • Ouverture Méthodes de lutte et leur Méthodologies de Recherche Visite de terrain: visite
matinée • Présentation des participants par intégration • Enquête champs d’agriculteurs,
(2 hrs) eux-mêmes • Laboratoire (essais en lab. périmètre de démonstration,
• Attentes Pour le dépistage du station de recherche
• Test repère germplasme)
• Principales espèces, principales • Expérimentation dans les pots
espèces hôtes, leur répartition et (évaluation de la variété,
importance études de l’éventail des hôtes)
• Expérimentation sur le champ
(périmètre malade, bonne
disposition)
Fin de matinée • Identification des principales • Méthodes de lutte (suite) Méthodologies (suite) • Visite de terrain (suite)
(2 hrs) espèces • Cas de succès de la lutte • Evaluation de la sortie sur
• Cycle de vie contre la Striga par les le terrain
• Interaction chimique & SNRVA africains
physiologique entre l’hôte & le
parasite
• Spécificité de l’hôte & races
physiologiques
• Production des graines,
mécanismes de survie & de
dispersion

47
Début d’après- Aspects pratiques sur la biologie en Discussions en groupes sur les Aspects pratiques Approches participatives pour
midi (2 hrs) groupes: méthodes de lutte & LIS (méthodologies) la sensibilisation et la lutte
• Identification des prélèvements (Quel type de LIS et • Connaissance de la répartition contre la Striga
• Etude des parties florales & pourquoi?), quelles leçons & de l’importance de la • Fonctions de
reproductives peut-on tirer des cas de Striga sensibilisation
• Production des graines (pas de succès? • Collecte des • Introduction aux ERA
capsules/de plante, prélèvements/graines
graines/capsules) • Tests simples de germination
• Jeu de rôle (amener les stagiaires En utilisant les exsudats de
à essayer d’expliquer la biologie racines
de la Striga en utilisant leur • Mise en place des
revêtement approprié) expérimentations dans les
pots
• Disposition des semis dans
le champ
Fin d’après- Aspects pratiques (suite) Rapports de groupes Aspects pratiques sur les • Test repère
midi (2 hrs) méthodologies (suite) • Evaluation
• Clôture (remise de
certificats)

48
ANNEXE 2. TEST REPERE

TITRE: COURS DE FORMATION SUR LA BIOLOGIE ET LA LUTTE CONTRE


LA STRIGA

Nom: Note:
Date:

Instruction: Répondre aux questions suivantes en cochant la bonne réponse. Noter qu’il
peut y avoir plusieurs bonnes réponses

1. Lesquelles des plantes suivantes sont parasitaires pour les cultures céréalières?
• Striga asiatica __________________
• Striga gesnerioides _______________
• Striga forbesii _______________
• Striga hermonthica _______________
2. Lesquelles des cultures suivantes sont des hôtes de :
S. hermonthica S. gesnerioides
2.1 Coton ____________ ____________
2.2 Soja ____________ ____________
2.3 Maïs ____________ ____________
2.4 Arachide ____________ ____________
2.5 Sorgho ____________ ____________
2.6 Mil ____________ ____________
2.7 Niébé ____________ ____________
2.8 Riz ____________ ____________
3 Comment la Striga diminue-t-elle le rendement des céréales?
3.1 Ombre à la plante hôte _________________________________
3.2 Compétition pour l’espace et la lumière ___________________________
3.3 Consommation d’eau et de minéraux du sol ___________________
3.4 Réduction de la taille et du poids de l’hôte _____________________
3.5 Consommation directe d’eau et de minéraux sur l’hôte ______________
4 Comment la Striga se reproduit-elle?
4.1 Par les racines _______________________________________
4.2 Par les graines _______________________________________
4.3 Par les tubercules _______________________________________
4.4 Par les rhizomes _______________________________________
5 Comment la Striga se propage-t-elle?
5.1 Par les animaux _______________________________________
5.2 Par le vent _______________________________________
5.3 Par l’eau _______________________________________
5.4 Par l’Homme _______________________________________
5.5 Par les graines de culture _______________________________________
5.6 Par les outils _______________________________________
6 Quelle est la taille de la graine de Striga?
6.1 1 cm _______________________________________
6.2 0,5 cm _______________________________________
6.3 0,2 mm _______________________________________
7 Combien de graines une plante de Striga peut-elle produire?
7.1 50 _______________________________________
7.2 500 _______________________________________
7.3 5000 _______________________________________
7.4 50000 & plus ________________________________________
8 Pendant combien d’années la graine de Striga peut-elle survivre dans le sol?
8.1 1 an ________________________________________
8.2 5 ans ________________________________________
8.3 10 ans ________________________________________
8.4 50 ans ________________________________________
9 Où est-ce que la Striga constitue-t-elle un problème plus grave?
9.1 Les sols très fertiles ____________________________
9.2 Avec la monoculture ____________________________
9.3 Rotation entre les céréales & et les légumes ______________________

50
9.4 Après une longue période de jachère ____________________________
9.5 Champs peu fertiles ____________________________
10 Pourquoi le désherbage à la main est-il important?
10.1 Pour éviter la perte de rendement
____________________________
10.2 Pour éviter la reproduction de la Striga ______________________
11 Quel est le moment recommandé pour le désherbage?
11.1 Immédiatement après l’émergence ____________________________
11.2 A la floraison ____________________________
11.3 Après les récoltes ____________________________
12 Comment devez-vous éliminer les plantes de Striga?
12.1 Laisser dans le champ comme fumure verte ______________________
12.2 Nourrir les animaux __________________________________
12.3 Enterrer & brûler dans une fosse__________________________________
13 Qu’est-ce qu’une culture piège?
13.1 Une plante qui stimule la germination de la graine de Striga mais ne lui
permet pas de se développer
____________________________
13.2 Une plante qui stimule la germination des graines de Striga et favorise leur
croissance ____________________________
13.3 Une plante qui produit des exsudats toxiques mais ne stimule pas la
germination de la Striga
____________________________
14 Qu’est-ce que la culture en intervalle/culture relais?
14.1 Mélange de céréales et de légumes dans le champ
______________________
14.2 Mélange de céréales/céréales dans le champ
______________________
14.3 Les deux ______________________
15 Quels sont les avantages de la culture en intervalle et de la culture relais?
15.1 Améliorent le rendement ____________________________

51
15.2 Diminuent l’infestation par la Striga ____________________________
15.3 Renforcent la fertilité du sol ____________________________
16 Quel est le moment opportun pour semer le légume en intervalle/relais dans les
environnements de terre sèche? Pourquoi?
16.1 Simultanément avec la céréale ______________________
16.2 Quelques semaines après la culture céréalière ______________________
17 Donner un exemple d’un bon programme de rotation? Pourquoi?
17.1 Sorgho-sorgho-sorgho ____________________________
17.2 Sorgho-niébé-blé-sorgho ______________________
17.3 Sorgho-maïs-blé ____________________________
17.4 Sorgho-niébé-coton-sorgho ______________________
18 Selon vous, comment doit-on intégrer les méthodes de lutte? Pourquoi?
18.1 Variété résistante semée en rangées, engrais, récolte des eaux
_________
18.2 Variété résistante semée à la volée, engrais __________________
18.3 Variété résistante semée en rangées, engrais, récolte des eaux, désherbage
______
18.4 Variété locale sensible semée à la volée, pas d’engrais, désherbage _______
19 Devez-vous suivre la même stratégie de lutte pour les zones faiblement, modérément et
fortement infestées par la Striga? Pourquoi?
Oui ___________ Non ___________
20 Quelle est la bonne stratégie pour les zones faiblement infestées?
20.1 Désherbage manuel ___________________________________
20.2 Eradication ___________________________________
20.3 Abandon de la production du sorgho _______________________
21 Quelle est la bonne stratégie pour les zones fortement/moyennement infestées?
21.1 Désherbage manuel seulement ___________________________________
21.2 Eradication ___________________________________
21.3 Rotation ___________________________________
21.4 Lutte intégrée ___________________________________

52
ANNEXE 3. EVALUATION DU COURS DE FORMATION

• Pendant la formation (ex: chaque jour avant la clôture), les attentes des participants
telles qu’exprimées le premier jour, doivent être examinées et il faudra demander aux
participants si leurs attentes sont satisfaites jusqu’ici. Cela permet d’adapter et de
modifier le programme en cas de besoin
• Les résultats du premier test repère permettent de savoir si les connaissances des
participants sont limitées ou assez bonnes déjà. Cela doit aider les formateurs à
accorder une attention particulière aux points faibles révélés par le test.
• L’évaluation de l’atelier vise deux objectifs:
o Evaluer le contenu, le programme et l’organisation faite par les participants
et,
o Evaluer les connaissances améliorées sur la Striga à travers un test repère.
• L’évaluation du cours peut être faite en utilisant des cartes et la visualisation sur des
tableaux d’affichage
Qu’est-ce qui m’a plu dans l’atelier?
Qu’est-ce qui doit être amélioré?
• Pour savoir si les participants ont assimilé les informations présentées, la
comparaison avec les tests de départ peut être faite.

53
ANNEXE 4. PROGRAMME ET CURRICULUM DE FORMATION SUR LA LUTTE
CONTRE LA STRIGA DANS LES ECOLES RURALES DES
AGRICULTEURS

4.1 FORMATION DES FORMATEURS SUR LA CREATION D’ECOLES RURALES


DES AGRICULTEURS POUR UN DEVELOPPEMENT ET UNE
VULGARISATION PARTICIPATIFS DE TECHNOLOGIES

Programme
Date:

Lieu:

JOUR I
9:00 – 9:30 Inscription
9:30 – 9:45 Mots de bienvenue
9:45 – 10:00 Création d’une atmosphère favorable et organisation de la FDF
10:00 – 10:30 Pause
10:30 – 12:00 La Striga - Biologie & lutte
12:00 – 12:30 Discussion
12:30 – 14:00 Déjeuner
14:00 – 16:00 Expérience en matière de recherche et de vulgarisation sur la Striga
16:00 – 16:30 Pause
16:30 – 17:15 Discussion
17:15 – 17:30 Evaluation du programme du Jour I et informations administratives

JOUR II
9:00 – 10:30 Formation participative des agriculteurs sur la lutte contre la Striga
10:30 – 11:00 Pause
11:00 – 12:30 Présentation des ERA
12:30 – 14:00 Déjeuner
14:00 – 15:30 Méthodologie des ERA
15:30 – 16:00 Pause
16:00 – 17:00 Méthodologie des ERA (suite)
17:00 – 17:30 Discussion

EXERCICE DE TERRAIN JOUR III - XII

JOUR III
Matin – Concept de l’analyse agro-écosystémique (AESA)

54
Après-midi – Travaux de Groupes & discussions de groupes

JOUR IV
Matin – Conditions de réussite d’une ERA, sélection des participants & des sites
APRÈS-MIDI – Organisation et gestion de l’ERA (calendrier de l’école)

JOUR V
MATIN – visite de terrain
APRÈS-MIDI – visite de terrain & rapport des groupes

JOUR VI
MATIN – compétences d’animation
APRÈS-MIDI – Discussions

JOUR VII
MATIN – développement participatif des technologies (DPT)
APRÈS-MIDI – Exercices de groupes & discussions sur le DPT

JOUR VIII
JOUR DE REPOS

JOUR IX
MATIN – Visite d’une ERA
APRÈS-MIDI – Traitement, présentation & discussion sur l’ERA (journée au champ)

JOUR X
MATIN - Discussion sur le leadership & les medias traditionnels
APRÈS-MIDI – Visite d’une ERA

JOUR XI
MATIN – Discussion sur la rédaction du rapport & documentation,
APRÈS-MIDI – Discussions sur l’organisation du groupe & création d’un esprit d’équipe

JOUR XII
MATIN – Forces & faiblesses d’une ERA & solutions
APRÈS-MIDI – Plan d’action/de travail

JOUR XIII
MATIN – Evaluation de la FDF & préparation de la sortie
APRÈS-MIDI – Cérémonie de Sortie & clôture

55
4.2 CURRICULUM DES ERA

Le curriculum comprend neuf sessions. Les sessions sont formulées et conçues pour les
agriculteurs pour qu’ils se l’approprient et le mettent en oeuvre eux-mêmes. Les experts
peuvent diriger la première introduction du programme et servir de facilitateurs. Une ERA
comprend un maximum de 25 agriculteurs. Un village peut avoir plusieurs ERA. Des
programmes conjoints et des visites d’échange doivent être organisés régulièrement pour
faciliter le partage d’expériences. Les agriculteurs innovateurs et influents peuvent aider à
organiser les écoles et à convaincre d’autres agriculteurs à y venir. Cependant, il faut veiller à
s’assurer que ces personnes ne dominent pas les sessions de formation et d’expérimentation.
Il est absolument essential que les agriculteurs se sentent à l’aise. Ils ne doivent pas se sentir
dominés et ils doivent s’estimer capables de participer et de contribuer librement.

La première session est importante étant donné qu’elle servira de motivation pour les
participants pour continuer à assister l’école. En plus de cela, il y aura des discussions et des
accords sur la manière par laquelle les activités de l’ERA seront mises en oeuvre.
L’engagement et la responsabilité des facilitateurs seront établies à ce moment-là et l’on
espère que cela sera utile au-delà de l’activité. En outre, la première session sera utilisée pour
définir les connaissances de base des agriculteurs sur la Striga et sur d’autres mauvaises
herbes, ennemis des cultures, maladies et la lutte contre ces fléaux.

SESSION I
TITRE: Présentation du concept et des pratiques de l’Ecole Rurale des Agriculteurs
(ERA), appréciation rapide participative (ARP)
OBJECTIF:
• Faciliter la conceptualisation de l’approche ERA
• Identifier et prioriser les problèmes de production et de gestion des ressources
• Créer un esprit d’équipe
MATERIELS: flip charts, stylos, crayons de papier, cahiers
PROCEDURE:
• La session doit être conduite séparément pour chaque ERA séparée
• Se connaître les uns les autres et connaître les attentes des agriculteurs dans leur
implication dans les ERA
• Introduction à la formation des adultes et à la formation sur le tas (ERA)

SESSION II

TITRE: Connaissances et attitudes des agriculteurs envers la Striga, et mesures de lutte


pratiquées par les agriculteurs
INTRODUCTION
• Avant le début des activités de l’ERA, le facilitateur doit définir le niveau de
connaissances et la perception des agriculteurs sur la Striga.
• La meilleure façon de procéder est d’avoir des séances de questions-réponses.

56
OBJECTIF
• Définir les connaissances, les perceptions, les attitudes et les pratiques existantes les
mauvaises herbes et en particulier la Striga et d’autres ennemis des cultures.
• Permettre aux agriculteurs de partager les connaissances et les idées.
NOTES POUR LES FACILITATEURS
• N’oubliez pas que les agriculteurs ont beaucoup de connaissances et de l’expérience.
Essayez d’écouter ce qu’ils ont à dire et apprenez de leurs expériences. Orientez les
discussions de manière à focaliser l’attention sur les mauvaises herbes et plus
particulièrement sur la Striga et sur d’autres contraintes biotiques. Cela peut fournir
l’occasion de réorienter l’ERA sur la base des problèmes et des sujets qui intéressent
beaucoup les agriculteurs.
• Etant donné que l’objectif de la session n’est pas de faire un diagnostic détaillé, les
activités doivent être menées de manière à encourager la discussion dans une
atmosphère dynamique et agréable, à travers des exemples, des échantillons, des
photos, des dessins, etc.
• Il est souhaitable d’avoir deux facilitateurs pour gérer l’activité. L’un d’eux peut
diriger la discussion pendant que l’autre prend des notes sur les travaux.
MATERIELS
• Questionnaire d’enquête, liste de contrôle, flip charts, marqueurs & stylos, scotch,
différents photos et dessins convenables pour la session, échantillons des principales
espèces de mauvaises herbes, échantillons de maladies et d’ennemis des cultures
PROCEDURE
• Former des groupes composés de 3 – 6 agriculteurs. Les groupes doivent être
uniformes en termes de tranches d’âges, de statut et de représentation du genre
• Donner un nom à chaque groupe
• Les facilitateurs présentent les questions ou les sujets de discussion un par un. Les
petits groupes sont autorisés à discuter de chaque question/sujet pendant une période
de temps bien définie (10-15 minutes) et de faire une présentation pour illustrer leurs
travaux. La représentation de chaque groupe résume les résultats des discussions du
groupe en cinq minutes. Les discussions sur les présentations doivent être ouvertes
avec une participation active de tous les membres. Les facilitateurs doivent
encourager les participants à contribuer aux débats et ils doivent s’abstenir de donner
leurs propres opinions et informations.

SESSION III

TITRE: Concept de base de l’expérimentation: Méthode aléatoire, réplication et


échantillonnage. Créer une meilleure comprehension des experimentations des
ERA.
INTRODUCTION
L’un des objectifs de l’Ecole Rurale est d’amener les agriculteurs à améliorer leur capacité à
mener leurs propres expérimentations. Pour cela, les agriculteurs doivent se familiariser avec
les concepts et le but de la recherche. Ils doivent avoir des connaissances de base sur les
traitements, les méthodes aléatoires et les réplications. Les agriculteurs participeront à un
certain nombre d’expérimentations pendant la saison agricole. Le principal objet de la
conduite des expérimentations est de permettre aux agriculteurs d’appliquer correctement les

57
traitements, différencier les réponses aux traitements et apprendre comment mener des
observations et des évaluations.
OBJECTIF
• Aider les agriculteurs à avoir une idée des aspects élémentaires d’un modèle
expérimental
• Encourager les agriculteurs à soulever des questions et à concevoir des
expérimentations pour trouver les réponses
A la fin de cet exercice, les agriculteurs doivent avoir une idée de la valeur et de l’importance
de la conduite d’expérimentations.
NOTES POUR LE FACILITATEUR
Les agriculteurs sont en train de tester de nouvelles idées /technologies. Il est important qu’ils
comprennent le concept de base et les principes de l’expérimentation sur le terrain, la collecte
et l’interprétation des données. Il faut d’abord se rendre compte qu’une expérimentation est
conçue quand il y a plusieurs alternatives de solutions (traitements) à un problème où le
meilleur traitement n’est pas connu. Par exemple, il peut y avoir cinq variétés de sorgho et
l’on ne sait pas laquelle d’entre elles résiste mieux à la Striga. Les traitements sont les
alternatives que nous voulons comparer. Par exemple, chacune des cinq variétés de sorgho
constituera un traitement. En outre, il convient d’expliquer que les réplications servent à
vérifier que les résultats ne sont pas dus à un accident ou au hasard mais aux différences de
traitements, c’est–à-dire que certains traitements sont meilleurs à d’autres. Le périmètre
(bloc) est censé être uniforme. La prochaine étape consiste à affecter un traitement au hasard.
Il s’agit ici de la méthode dite aléatoire. Elle est utilisée pour permettre aux traitements
d’avoir une exposition égale à l’environnement, faciliter une comparaison juste entre eux.

SESSION IV

TITRE: Sélection du site, préparation du lit des semences, disposition de l’essai et


semis
OBJECTIF
• Présenter les rudiments de la gestion des essais aux agriculteurs
• Parvenir à un accord sur le partage des responsabilités
• Sélectionner les traitements et un site approprié pour l’expérimentation
PROCEDURE
Les antecedents du champ à utiliser pour la production du sorgho sont très importants.
Sélectionner le site de l’essai sur la base des antecedents d’infestation par la Striga. De
preference, la culture précédente sur les perimeters d’essai sélectionnés à cette fin doit être la
meme. Le sol doit avoir des antecedents peu graves de maladies. Les participants doivent être
encourages à observer et à definer les types de sol convenables pour la production du sorgho
et connaître la manière don’t le type et la gestion du sol peut affecter la croissance des
cultures. Une bonne preparation du lit des semis est un préalable pour la qualité des semis qui
en retour constitue un facteur clé pour un bon rendement. Contrairement aux procedures
classiques expérimentales, chaque traitement doit être appliqué sur un périmètre séparé.
MATERIELS
Houe, charrue, piquets, mètres, cordelettes en sisal.

58
ACTIVITE
• Les agriculteurs doivent prélever des échantillons de sol sur différents endroits du
champ (en haut de la colline, en bas de la vallée, etc)
• Permettre aux agriculteurs d’observer les prélèvements de sol et de les classer selon
leur couleur
• Peuvent-ils distinguer le type de bon sol sur la base de la couleur ou de la texture?
• Lesquels des sols sont convenables pour la culture du sorgho selon eux?
• Quels intrants et matériels utilisent-ils pour la preparation du champ?

SESSION V

TITRE: Utilisation de semences propres et de bonne qualité

INTRODUCTION
Dans cette session, la qualité des semences et son impact sur la propagation de la Striga
seront traités. Il s’agit de leur faire découvrir et comprendre que la qualité des semences est
importante dans la prévention de l’introduction des graines de plantes parasitaires dans les
champs. La présence ou l’absence de graines de Striga dans des lots de semences de cultures
sera examinée par les agriculteurs. Les ventes et l’échange de semences comme principal
facteur de diffusion de graines de plantes parasitaires seront discutés.
OBJECTIF
• Améliorer la prise de conscience de l’importance de l’utilisation de semences
propres
• Production, stockage et gestion de semences de bonne qualité
EXERCICE: Expérimentations dans la sélection de semences propres et de bonne qualité
MATERIELS
• Des échantillons de semences provenant de différents agriculteurs, récipients en
plastique et loupes. Les échantillons de semences peuvent venir de magasins de
stockage des agriculteurs, de marchés et de stations expérimentales.
PROCEDURE
Diviser les participants en groupes de 4 à 6 personnes. Chaque groupe doit être invité à
examiner la qualité des semences en utilisant les loupes. Inspecter le lot de semences pour
rechercher les signes de maladie et de dégâts causés par des insectes, voir s’il y a des
impuretés quelconques et si la semence de culture est pleine et de bonne qualité. En général,
une “règle de cinq pour cent” est appliquée à tout lot de semences. Un lot de semences ayant
cinq pour cent ou plus de défauts totaux est considérée comme étant trop risquée à utiliser.
Avec les mauvaises herbes parasitaires, aucun niveau de contamination n’est toléré. Les
agriculteurs doivent s’efforcer d’utiliser la meilleure qualité de semences qu’ils peuvent
obtenir, connaître la source, les antécédents d’un lot de semences. Permettre aux membres du
groupe de noter les lots de semences en termes de santé et de degré de contamination et
choisir le lot qu’ils considèrent comme étant convenable pour les semis.

59
EXPERIMENTATION DANS DE PETITS POTS SUR L’UTILISATION DES
SEMENCES DE BONNE QUALITE
Les agriculteurs peuvent faire une petite expérimentation sur des échantillons de lots de
semences qu’ils ont à portée de main. Utiliser des pots d’un litre. Remplir avec de la terre
stérilisée ou de la terre collectée dans des zones exemptes de Striga. Semer et observer pour
savoir si les lots de semences utilisés comme source de semences étaient contaminés par la
Striga et/ou d’autres maladies/ennemis des cultures.
• Collecter les échantillons de semences contaminées et de semences propres
• Semer les graines dans de la terre non-contaminée dans des pots en argile
• Arroser les pots régulièrement et mettre sous étroite supervision par un groupe
d’agriculteurs
• Discuter de l’observation et prendre des notes pour une présentation lors des
discussions de groupe

SESSION VI

Titre: Gestion des cultures et son effet sur la culture céréalière et la Striga (semis en rangées,
billons stabilisés, application d’engrais, démariage, culture en mi-saison, désherbage,
lutte contre les maladies et les ennemis)

INTRODUCTION
Une grande attention est nécessaire pour créer un environnement dans lequel la culture peut
atteindre son potentiel et pouvoir se defender ou tolérer une attaque pathologique ou par les
ennemis. Par conséquent, il faut une bonne préparation du lit des semences, l’utilisation de
semences propres et un dosage optimal des semences pendant les semis, l’utilisation du taux
recommandé d’engrais et des mesures requises pour protéger la culture des contraintes
biotiques méritent une prise en compte adéquate. Dans les endroits élevés avec un relief
irrégulier, le terrassement et autres mesures appropriées de gestion du sol doivent être mises
en oeuvre.

1. EMERGENCE DE LA CULTURE

INTRODUCTION
L’émergence de la culture est un aspect important de la croissance végétale. Une mauvaise
émergence peut indiquer un mauvais état sanitaire de la semence ou la présence de maladies
contenues dans le sol. Un retard dans l’émergence des jeunes plants peut aussi être dû à une
mauvaise préparation du lit des semences. Ex: un sol dur ou en croûtes, ou manque de pluies.
En général, les agriculteurs doivent connaître toutes les conditions liées à la préparation du lit
des semences ou du champ, le moment des semis, etc. Les maladies et les insectes ravageurs
qui affectent la germination et l’émergence des semences sont d’une importance particulière.
Les pathogènes et les insectes ravageurs font partie des causes importantes d’une émergence
tardive ou inégale
MATERIELS
Flip charts, lentilles manuelles, marqueurs, stylos, photos et diagrammes de plantes
endommagées par des maladies et des ravageurs, flacons, filet, etc.

60
ACTIVITE
• L’agriculteur doit être encouragé à observer et noter le rythme de l’émergence et de
l’établissement des jeunes plants. Cela peut donner une piste sur la santé de la
semence utilisée pour le semis.
• Les plants qui n’ont pas poussé doivent être déterrés et examines pour rechercher la
Striga, les germes pathogenes et les ravageurs.
• Initier la discussion sur les causes de la mauvaise émergence.

2. DESHERBAGE

OBJECTIF: faire connaître aux agriculteurs le moment opportun et la bonne fréquence du


désherbage.

INTRODUCTION
Les mauvaises herbes rivalisent avec les cultures pour la lumière, les nutriments et l’eau et les
rendements peuvent en conséquence être fortement réduits. Les plantes parasitaires peuvent
en outre induire des perturbations physiologiques entravant la croissance de la culture. Le
degré de dommages peut varier selon l’intensité de l’infestation par la mauvaise herbe et la
capacité compétitive des espèces de mauvaises herbes présentes. Les mauvaises herbes
peuvent nourrir des germes pathogènes et des ravageurs et infliger des dégâts indirects. La
valeur de la production culturale peut être gravement compromise à cause de la
contamination par les graines de mauvaises herbes. La préparation du champ, le moment des
semis, le taux de semences et la disposition des semis, le type de sol et de culture et les
conditions climatiques peuvent tous affecter la dynamique des mauvaises herbes. Cependant,
il est très important de savoir qu’un moment opportun et une bonne fréquence du désherbage
sont nécessaires pour gérer les mauvaises herbes.

ACTIVITE 1. Le facilitateur doit initier la discussion sur le moment et la fréquence du


désherbage pratiqué par les agriculteurs.
• Premier désherbage: en général, les cultures sont sensibles à la compétition avec les
mauvaises herbes pendant le stade de croissance initiale et le premier désherbage
doit être fait dans les quatre premières semaines. Dans certains cas, si la culture est
semée après le début des pluies, le premier désherbage doit être probablement fait
tôt, peut-être deux semaines après les semis.
• Deuxième désherbage: Cette opération est normalement conduite entre six et huit
semaines après les semis. On peut en même temps faire des butes ou des billons
stabilisés. Pendant cette opération, il faut faire attention pour ne pas endommager les
racines des cultures.
• L’élimination de la Striga est plus efficacement fait après la floraison mais avant
l’établissement des graines.
ACTIVITE 2. Le facilitateur initie un échange d’idées et de connaissances sur les espèces
existantes de mauvaises herbes.
• Former des groupes de 4-6 agriculteurs chacun.
• Les agriculteurs observant, collectent et identifient les différents types de mauvaises
herbes.

61
• Classifier les mauvaises herbes selon leur type (annuelles/pérennes, nocives/non-
nocives, parasitaires/non-parasitaires, etc).
• Discuter des facteurs possibles affectant la dynamique des mauvaises herbes.

3. GESTION DE LA FERTILITE DU SOL

OBJECTIF: Améliorer les connaissances des agriculteurs en matière de gestion intégrée


de la fertilité

INTRODUCTION
La gestion de la fertilité est l’un des éléments fondamentaux de la production agricole et de la
gestion des mauvaises herbes. L’utilisation d’une dose optimale et la combinaison d’engrais
organiques et non-organiques et une bonne application en temps opportun de l’intrant
peuvent permettre le succès de la production agricole. Les agriculteurs doivent acquérir des
connaissances de base sur la gestion intégrée des cultures et des nutriments. La gestion des
sols et de la fertilité est l’un des aspects de la production agricole que les petits exploitants
négligent.

PROCEDURE
• Stimuler la discussion sur le concept de gestion intégrée des cultures et des
nutriments.
• Aider les stagiaires à développer une vue holistique, expliquer que la résolution des
problèmes liés aux cultures et aux sols de manière intégrée est l’un des moyens très
utiles pour améliorer la productivité du système et combattre les contraintes biotiques
telles que la Striga
• Amener les agriculteurs à discuter des « pour » et des « contre » de l’utilisation
d’engrais de différentes sources dans différents conditions (ex : dans des climats
humides et dans les zones arides)
• Encourager les agriculteurs à discuter du problème qui prévaut sur la dégradation de
la nature en général et des sols en particulier et comment les pratiques culturales
traditionnelles contribuent au problème. Le raclage constant du sol (enlèvement total
des résidus des cultures) est la règle plutôt que l’exception dans l’agriculture de
subsistance d’Afrique tropicale
• La préparation du compost à partir de matériaux locaux disponibles doit être
suffisamment couvert avec une démonstration pratique en appui
• L’utilisation appropriée de la fumure du champ après séchage et décomposition aide
à réduire la propagation des mauvaises herbes parasitaires et il est important que les
agriculteurs reconnaissent l’importance de cette opération

62
SESSION VII

TITRE: Symptômes et diagnostic de la Striga, d’autres maladies et ravageurs de cultures

INTRODUCTION
Cette session donne à l’agriculteur l’opportunité de reconnaître différents types de
symptômes de la Striga, les maladies (ex: maladies des feuilles) et ravageurs sur les cultures
dans le champ et de les étudier à l’aide de lentilles manuelles. En outre, les agriculteurs
doivent incuber les feuilles et d’autres parties végétales ayant différents symptômes dans des
chambres humides (récipients en plastique) pour observation.

Activité I: Diagnostic de la Striga et des maladies des plantes


• Diviser les participants en petits groupes de 4 ou 5 membres pour une visite de
terrain et une analyse agro-écologique
• Savoir si les agriculteurs peuvent distinguer entre les symptômes de la Striga, les
principales maladies et les ennemis des cultures (ravageurs)
• Identifier les principales espèces de Striga, maladies et ravageurs présents dans la
zone et savoir combien d’agriculteurs connaissent ces ennemis des cultures et leur
gestion
• Encourager les agriculteurs à apprendre davantage sur les contraintes biotiques,
apprendre à reconnaître et à différencier les symptômes typiques de la Striga et les
diverses classes de ravageurs et de maladies
• Laisser chaque groupe expliquer ce qu’il observe sur la base de son évaluation des
plantes maladies et celles en bonne santé et après avoir pris des notes sur les facteurs
environnementaux responsables du ou des problèmes. L’explication doit inclure la
symptômologie de la Striga/maladie/ravageur (où commencent les symptômes? A
quoi ressemblent-ils?), et la biologie (moyens de propagation et de reproduction)
• Amener chaque groupe à produire des dessins des symptômes, en incluant les
facteurs qui y contribuent
MATERIELS
Plantes culturales ayant des symptoms (une ayant la Striga, une ayant un ravageur ou un type
pathogène), marqueurs de couleurs, loupes, flip charts, récipients en plastique et boîtes de
Petri.
NOTE POUR LES FACILITATEURS
C’est une manière pratique pour les agriculteurs pour diagnostiquer la Striga, les maladies et
ravageurs courants et c’est aussi un bon exercice de renforcement de l’esprit d’équipe. Les
participants doivent former de petits groupes pour permettre une implication active de tous.
Les groupes doivent étudier et dessiner les plantes affectées, présenter et comparer les
résultats. Dessiner permet aux gens d’intérioriser ce qu’ils observent.

63
SESSION VIII

Titre: Infestation par la Striga et environnement

INTRODUCTION
L’analyse agro-écologique ou l’observation détaillée du champ sera la principale partie de
chaque session à partir de maintenant. Dans cette session, les facteurs environnementaux qui
influencent le développement de la Striga et le concept de gestion intégrée de la Striga seront
introduits.

ANALYSE AGRO-ECOLOGIQUE
L’objectif est d’observer et d’analyser l’agro-écosystème et la diversité des champs de
cultures.
NOTES POUR LE FACILITATEUR
Cette session sera conduite pour créer une prise de conscience et susciter l’intérêt de
l’agriculteur à entreprendre une observation détaillée et un suivi de ses champs. Avec une
bonne observation du champ, l’agriculteur peut prendre de meilleures décisions de gestion et
acquérir une capacité de résolution des problèmes au niveau local.
MATERIELS
Papier, stylo/crayon de papier, flip charts, marqueurs, sacs plastiques, petits plateaux en
plastique pour la collecte des échantillons

PROCEDURE

ACTIVITE 1
Les participants formeront des groupes de 4-6 membres. Chaque groupe sera affecté à un
endroit ou un lopin de terrain précis. Les agriculteurs doivent faire leur observation, dessiner
et catégoriser les mauvaises herbes, les types de sol, les insectes (classifiés comme étant bon
ou mauvais selon des critères définis par les agriculteurs). Les agriculteurs doivent essayer
tout ce qu’ils observent, collecter des échantillons et enregistrer les symptômes. Les
agriculteurs doivent faire leur propre évaluation de la situation générale, des facteurs
biotiques et abiotiques et leur interaction en leur sein, entre eux et avec l’environnement.

Après un temps fixé à l’avance, les groupes se réunissent pour présenter leurs résultats.
Quand un groupe présente, les membres des autres groupes doivent être encouragés à poser
des questions et à demander des clarifications. Les facilitateurs peuvent fournir un appui en
termes de clarification des doutes ou en termes de proposition de tests pour vérifier les
observations. Avant la fin de l’exercice, il faudra avoir eu un échange suffisant d’idées et
d’opinions pour tirer des conclusions sur la gestion des champs.
ACTIVITE 2
Cette partie sera centre sur l’élaboration des facteurs qui contribuent à l’enracinement de la
Striga. Les agriculteurs connaissent les conditions qui sont favorables à l’infestation par les
plantes parasitaires, mais ils sont incapables de donner la contribution relative de chaque
facteur. Les groupes d’agriculteurs doivent essayer de travailler sur les facteurs édaphiques et
climatiques possibles qui jouent un rôle dans la dynamique des mauvaises herbes/ravageurs.
Les agriculteurs doivent être encourages à établir une liste des facteurs, qui vont à leur tout

64
être séparés selon qu’ils causent “plus de Striga” ou “moins de Striga”. Les questions
auxquelles il faut répondre pourraient être les suivantes: Pourquoi y a –t-il plus/moins de
Striga dans les sols engorgés, en saison sèche, dans les sols légers, avec la monoculture, en
cultivant différentes variétés et en ayant différentes pratiques de gestion ? L’on s’attend à ce
que les agriculteurs puissent déduire des discussions que la Striga est favorisée par la
dégradation des terres, le stress de l’humidité et d’autres facteurs qui peuvent affaiblir le
système de défense naturelle de la culture.

SESSION IX

TITRE: Lutte intégrée contre la Striga (LIS) à travers l’intégration de variétés


résistantes/tolérantes, une bonne préparation des terres, l’utilisation de semences propres, une
culture optimale y compris l’utilisation des engrais et la pratique de la conservation de
l’humidité, un bon moment et une bonne fréquence du désherbage manuel.

ACTIVITE 1
Un exercice simple pour aider les agriculteurs à mesurer la taille de la graine de Striga, cette
graine minuscule, presque microscopique et le fait que la Striga est un parasite obligatoire qui
ne peut pas germer et pousser sauf en présence d’un hôte convenable dans les environs. Le
fait que le parasite est un fixateur prolifique de graines et que quelques plantes seulement
suffisent pour produire et diffuser des millions de graines est l’un des problèmes. L’objectif
principal de toute intervention de lutte et de gestion doit donc être la destruction progressive
de la réserve de graines enfouie dans le sol.
Pour démontrer le processus, suivre les étapes ci-dessous:
• Placer les graines de Striga et quelques cultures sur un plateau et montrer le contraste
entre les tailles
• Placer les échantillons de graines sur un papier de fibre de verre dans des boîtes de
Pétri et ajouter de l’eau pour démontrer que contrairement aux graines de cultures et
d’autres graines de mauvaises herbes, les graines de Striga ne germent pas dans l’eau
sauf si elles reçoivent des stimulants exsudants de racines venant des plantes hôtes.
• Montrer avec une loupe, comment les graines de Striga ont des structures qui les
aident à se diffuser facilement
• Plus tard au cours de la saison, déterrer une culture, une mauvaise herbe et un pied
de Striga et comparer la quantité de graines produites par chaque plante. Cela aide
les agriculteurs à se rendre compte de l’importance de garder leurs champs exempts
de toute plante parasitaire.

ACTIVITE 2
Mettre en place une expérimentation pour comparer les avantages d’une gestion intégrée des
cultures et de la Striga et ceux des pratiques agricoles traditionnelles. Le paquet amélioré doit
inclure:
• Une bonne préparation du lit des semences
• L’utilisation de semences propres, un dosage optimal de semences et d’engrais
• Un bon désherbage et autres pratiques culturales
• Les pratiques de lutte recommandées (variétés résistantes, semis en rangées,
conservation de l’humidité, désherbage manuel et/ou herbicides en temps opportun.)

65
Les groupes devront assurer le suivi, prendre des notes et collecter et interpréter des données,
rédiger un rapport et faire une présentation de leurs résultats.

66
AFRICAN UNION UNION AFRICAINE
African Union Common Repository [Link]
Department of Rural Economy and Agriculture (DREA) African Union Specialized Technical Office on Research and Developmen

2007

Module de formation en lutte


participative contre le Striga en Afrique

AU-SAFGRAD
AU-SAFGRAD

[Link]
Downloaded from African Union Common Repository

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