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Yantras et Tracés Médiévaux

Le document présente les travaux de Louis Rosier sur les yantras et les tracés dynamiques des Maîtres d’œuvre du Moyen-Age. Il inclut des informations variées sur la symbolique des tracés, la quadrature du cercle, et d'autres concepts géométriques et mystiques. Le cahier est conçu pour une impression recto verso, avec des pages blanches pour faciliter la prise de notes.

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Yantras et Tracés Médiévaux

Le document présente les travaux de Louis Rosier sur les yantras et les tracés dynamiques des Maîtres d’œuvre du Moyen-Age. Il inclut des informations variées sur la symbolique des tracés, la quadrature du cercle, et d'autres concepts géométriques et mystiques. Le cahier est conçu pour une impression recto verso, avec des pages blanches pour faciliter la prise de notes.

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Louis Rosier

les yantras
Les cahiers de Louis Rosier

Tracés dynamiques
des Maîtres d’œuvre du Moyen-Age
et autres tracés…
La mise en page du cahier a été conçue pour une impression recto verso, comprenant
des pages blanches signalées par leur numéro en bas de page.

2
Louis Rosier

les yantras
Tracés dynamiques
des Maîtres d’œuvre du Moyen-Age
et autres tracés…

B.P. 310 — F42314 Roanne cedex


[Link]
Du même auteur :

«Le Dic’autre, le dictionnaire des Savoirs Autres »


2006 - Editions Mosaïque.

Le Dic’Autre, ou Dictionnaire des Savoirs Autres, nous entraîne dans


une vertigineuse spirale de connaissances au sein de mondes, de lieux et
d’époques plus divers les uns que les autres (histoire, ésotérisme, philosophie,
symbolique, géobiologie, art sacré, religions, mythologies, légendes, astro-
nomie, celtisme, science, thérapies…).
Grâce à la sagesse de l’auteur, Louis Rosier, qui manipule cette variété
de données avec fidélité tout en y introduisant une pâte personnelle, le lec-
teur traverse ces vastes domaines avec intérêt car, même lorsqu’il les connaît,
le narrateur y aura diffusé un éclairage totalement … Autre !
En effet, les informations, extrêmement variées, que recèle l’ouvrage
ont été patiemment récoltées par Louis Rosier depuis de longues années ;
au fur et à mesure de sa quête, ce «chercheur» a inlassablement ordonné ses
découvertes, ses transcriptions et ses notes, avec le souci essentiel de pouvoir
les partager avec le plus grand nombre.
On réalise vite que cet ouvrage ne constitue pas une simple compila-
tion de données éparses. Et s’il fait l’intérêt du simple curieux autant que de
l’initié, c’est bien aussi pour toutes ces qualités inhérentes à l’esprit de son
créateur : celles d’un «éclectisme éclairé», d’une curiosité fondamentale, d’un
sens «encyclopédique»… et d’un goût pour le voyage dans toutes les dimen-
sions possibles, du temps comme de l’espace.

© Éditions Mosaïque 2013


Tous droits de traduction, reproduction
et adaptation réservés pour tous pays.

ISBN 978-2-909507-24-8

4
SOMMAIRE
- Introduction au travail de Louis Rosier - La quadrature du cercle : tracé mystique
……………………………………… Page 10 …………………………………… Page 43
- Les Yantras ……………………… Page 13 - Quadratures et périmétries …… Page 44
- Les tracés générateurs …………… Page 15 - Cercles de quadrature et de périmétrie
- Symbolique du tracé …………… Page 16 ……………………………………… Page 45
- Cercles et carré en quadrature … Page 46
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

LA COURSE DU SOLEIL SUR LE LIEU - Cercles et carré en périmétrie … Page 47


- Lever et coucher du soleil (Définition des - Cercle de périmétrie et de quadrature sur
paramètres) ……………………… Page 18 grille de 20 ………………………… Page 48
- Lever et coucher du soleil (exemple pra-
tique) ……………………………… Page 19 LA DIVINE PROPORTION
- Hauteur du soleil ………………… Page 20 - Les proportions harmoniques … Page 50
- Quadrilatère solsticial d’un lieu… Page 21 - La section dorée ………………… Page 51
- Lever et coucher du soleil, pour la fête de - Le rapport d’harmonie, processus de tra-
L’Assomption à Orcival ………… . Page 22 çage ………………………………… Page 52
- Quadrilatère solsticial de Jérusalem …… - Le rapport d’harmonie ………… Page 53
……………………………………… Page 23 - Les valeurs de Phi, à partir de la suite de
- Quadrilatère solsticial de Rome …Page 24 Fibonacci ………………………… Page 54
- Quadrilatère solsticial d’Amiens …Page 26 - Valeurs géométriques de j …… Page 55
- Quadrilatère solsticial de Montdidier ……
……………………………………… Page 26 LES RACINES
- Quadrilatères solsticiaux extrêmes de - La notion de racine ……………… Page 58
France et leurs basculement « esprit »…… - Les racines de 2 et 3 à partir du rectangle
……………………………………… Page 27 d’or ………………………………… Page 59
- Quadrilatères solsticiaux remarquables … - Les racines de 2 et 3 à partir de la grille de
……………………………………… Page 28 3 …………………………………… Page 60
- Le côté du module solaire ……… Page 30
- Quadrilatère solsticial et carrés de quadra- - LES TRIANGLES REMARQUABLES
ture ………………………………… Page 31 - Le triangle rectangle 3-4-5 ……… Page 62
- L’ombre solaire ………………… Page 32 - L’équerre « pythagoricienne » 3-4-5 …Page 63
- La notion de verticale …………… Page 34 - Les huit équerres 3-4-5 externes … Page 64
- Les 3-4-5 dans la grille de 7 ……… Page 65
QUADRATURE DU CERCLE - le A de Charlemagne …………… Page 66
ET PÉRIMÉTRIE - Le Pentalpha, triangle sublime..… Page 67
- La quadrature du cercle, tracé convention- - Le périmètre Papillon …………… Page 69
nel …………………………………. Page 37 - La nef d’Hippocrate de Chios …… Page 70
- La quadrature du cercle par l’étoile à neuf - Le triangle divin ………………… Page 71
rayons …………………………… Page 38 - La coupole elliptique à partir du triangle
- La quadrature du cercle à partir du fron- divin ………………………………… Page 72
ton des temples grecs …………… Page 39 - Le triangle isocèle de Viollet le Duc ……
- La quadrature du cercle d’après la grille ……………………………………… Page 73
de 4 ……………………………… . Page 40 - Les triangles héroniens ……… Page 74
- La quadrature du cercle par le triangle rec- - Les triangles pythagoriciens …… Page 75
tangle 3-4-5 ………………………. Page 41 - Triangulation du cercle ………… Page 76
- La quadrature du cercle par l’équerre 3-4-5 - Le corps du Pendule …………… Page 77
…………………………………….. Page 42 - Les frontons des temples grecs … Page 78

5
- Trisection d’un angle ………………… Page 79 LES GRILLES
- Transfert linéaire sur circulaire …… Page 80 - Tracé des grilles, selon la méthode de
Raymond Montercy ………………… Page 114
LES POLYGONES - Les pétales …………………………… Page 115
- Tracé du Pentagone ………………… Page 82 - Le carré de la mère ………………… Page 116
- Tracé du Pentagone, à partir d’un carré de j - Carré matière et Losange sacré …… Page 117
de côté ………………………………… Page 83 - Génitifs et créatifs …………………… Page 118
- Tracé du Pentagone depuis la demi-diagonale - La structure interne ………………… Page 119
√5 ……………………………………… Page 84 - La grille de 3 ………………………… Page 120
- Tracé du Pentagone par les arcs tangents … - La grille de 4 ………………………… Page 122
…………………………………………… Page 85 - La grille 5, la grille de 7 …………… Page 125
- Tracé du Pentagone à partir de la mesure d’un - La grille de 6 ………………………… Page 126
côté ………………………………………Page 86 - Passage de la grille de 6 à la grille de 4 ……
- Tracé du Pentagone inscrits dans le cercle de ………………………………………… Page 128
quadrature du carré …………………… Page 87 - La grille de 7 et sa première duplication rétro-
- Le Pentagramme : résumé des angles et rap- grade ………………………………… Page 129
ports …………………………………… Page 88 - La grille de 7 : les carrés de Vénus complé-
- Le tas de sable ………………………… Page 89 mentaires ……………………………… Page 130
- Tracé de l’Heptagone, polygones régulier à - La grille de 8, carré de Mercure …… Page 131
sept côtés ……………………………… Page 90 - La grille de 9, carré de la lune ……… Page 132
- Angle au centre de l’Heptagone …… Page 91 - La grille de 10 …………………………Page 134
- Tracé de l’Heptagone, construction d’Albrecht - La grille de 11 ………………………… Page 136
Dürer …………………………………… Page 92 - La grille de 12 ………………………… Page 138
- Tracé de l’Heptagone régulier ……… Page 93 - La grille de 13 ……………………… Page 140
- Tracé de l’Heptagone depuis le demi-côté du - La grille de 14 ……………………… Page 142
triangle équilatéral …………………… Page 94 - La grille de 15 ………………………… Page 144
- Tracé de l’Heptagone par la tangente au cercle - La grille de 17 …………………………Page 146
de périmétrie ………………………… Page 95 - La grille de 19 ……………………… Page 148
- Tracé de l’Heptagone selon Rabelais .. Page 96 - La grille de 21 ……………………… Page 150
- Les octogones ………………………… Page 97 - La grille de 23 ………………………… Page 152
- Tracé de l’Ennéagone, polygone convexe à - La grille de 27 ……………………… Page 154
neuf côtés ……………………………… Page 98 - La grille de 28 ……………………… Page 155
- Tracé du côté de l’Ennéagone ……… Page 99
- Tracé du décagone, depuis le pentagone … LA FIGURE ORIGINELLE
………………………………………… Page 100 DES MAÎTRES CONSTRUCTEURS
- Tracé de l’hendécagone, polygone convexe à - La mesure originelle ……………… Page 158
onze côtés ……………………………… Page 101 - Le tracé de base des anciens …………Page 159
- Tracé de l’Hendécagone convexe … Page 102 - Cercle initial et son carré en quadrature ……
- Tracé du dodécagone, par les deux hexagone ………………………………………… Page 160
………………………………………… Page 103 - Quadrature du cercle initial ……… Page 161
- Tracé du Pentadécagone …………… Page 104 - Cercle de quadrature du carré initial … Page 162
- Cercle de périmétrie du carré initial..Page 163
LES SOLIDES PYTHAGORICIENS - Cercle de périmétrie du carré interne Page 164
- Les solides parfaits………………… Page 108 - Tracé du cercle de périmétrie ………Page 165
- Les solides parfaits, valeurs respectives des
côtés …………………………………… Page 109 LES MESURES
- La tétrade …………………………… Page 110 - Symbolique des duplications ……… Page 168
- Notion de fractalité………………… Page 111 - Duplications : coudée, pied, empan …Page 170

6
- Coudée solaire, coudée du lieu …Page 171 - Les signes runiques ………………Page 230
- Tracé de la coudée du lieu ……… Page 172 - Les carrés magiques …………… Page 234
- La coudée royale ………………… Page 174 - Les trois irrationnelles ………… Page 239
- Le mètre ………………………… Page 175
- Le tracé du mètre depuis la coudée royale FORMES GÉOMÉTRIQUES
……………………………………… Page 177 REMARQUABLES
- Le tracé du mètre à partir de la faux …… - La faux …………………………… Page 242
……………………………………… Page 178
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

- La francisque …………………… Page 243


- Les mesures sacrées …………… Page 179 - La hallebarde …………………… Page 244
- Le cardo et le decumanus ……… Page 186 - La pioche ………………………… Page 245
- Le tracé modulaire arithmétique.. Page 187 - Le calice ………………………… Page 246
- Les mesures romaines ………… Page 188 - la ronde des bacchanales ……… Page 247
- Temps d’oscillation du Pendule …Page 189 - Le symbole de l’amour ………… Page 248
- Les billes dans la sphère …………Page 249
CARRÉS ET RECTANGLES
- Structure symbolique des Carrés .. Page 192 TRACÉS GÉOMÉTRIQUES
- Doubler la surface du carré …… Page 193
ET FORMES OPÉRATIVES
- La duplication √2 du carré ……… Page 194
- Les émissions dues aux formes … Page 252
- La triple enceinte ……………… Page 195
- Mandala des EIFs ……………… Page 253
- Rapport du carré à son cercle inscrit ……
- Le nombre psy ……………………Page 254
……………………………………… Page 196
- Le nœud de vie ……………………Page 255
- La proportion économique ………Page 197
- Le rééquilibrateur Bélizal ………Page 256
- Les cinq rectangles dorés ……… Page 199
- Le chapeau à Napoléon …………Page 258
- Les six carrés des Grecs ………… Page 203
- Le tracé de base ………………… Page 259
- L’ourobouros …………………… Page 204
- Le rectangle de la Genèse ……… Page 206
- Les antennes coudées ………… Page 207 LES CROIX
- Le rectangle 2 x 1 et le nombre d’Or …… - La croix celtique ………………… Page 262
…………………………………… Page 208 - Tracé de la croix celtique sur le cercle de
- Les rectangles dynamiques …… Page 209 Keugant …………………………… Page 263
- Les vingt rectangles sacrés : les dix dyna- - Tracé de la croix celtique sur le cercle de
miques ………………………………Page 212 quadrature du carré ………………Page 264
- Les vingt rectangles sacrés : les dix sta- - Le pendule à Salomon ………… Page 265
tiques ……………………………… Page 213 - La croix grecque …………………Page 266
- Les rectangles statiques …………Page 214 - La croix chrétienne ………………Page 267
- La croix templière ………………Page 268
- La croix templière secrète ……… Page 269
LES TABLES
- Le code secret des templiers …… Page 271
- Les tables mystiques …………… Page 218
- La croix des huit béatitudes, tracé de base
- Les 7 tables ……………………… Page 219
……………………………………… Page 272
- Positionnement des 7 tables …… Page 221
- La croix des huit béatitudes, par les dupli-
- La table universelle de 8 …………Page 222
cations √2 ………………………… Page 273
- Les 3 tables et la triple enceinte …Page 223
- Croix honorifiques ………………Page 274
- La tétraskèle grecque ……………Page 275
NOMBRES, GÉOMÉTRIE - Le cinha ………………………… Page 276
ET SYMBOLES - Le swastika ……………………… Page 277
- Le pantagruel de Rabelais ……… Page 226 - Le swastika linéaire ………………Page 278
- Le pantagruel de Rabelais : révélations nu- - Le swastika tétraskèle ………… Page 279
mériques ……………………………Page 227 - Le swastika oviphile …………… Page 280
7
SACRÉS TRACÉS ……………………………………… … Page 343
- Construction d’une église…………… Page 282
- Église gothique à deux côtés, schéma direc- LES ÉTOILES
teur d’après Lund……………………… Page 287 - L’étoile à trois branches …………… Page 346
- L’équerre Saint-Pierre de Poitiers……Page 289 - L’étoile à quatre branches ……………Page 347
- Le labyrinthe de Chartres ……………Page 291 - L’étoile à cinq branches « Bouclier de David »
- La colonne du temple ……………… Page 294 ………………………………………… Page 348
- Colonnes des temples ……………… Page 296 - L’étoile à six branches ……………… Page 349
- La Nave et le Tiers-point ……………Page 297 - L’hexagramme ou Sceau de Salomon …Page 350
- Les mandorles ……………………… Page 298 - Le Sceau de Salomon de l’Auvergne ... Page 351
- Le quatre feuilles …………………… Page 299 - L’étoile à sept branches ………………Page 354
- La Pesanteur ………………………… Page 300 - L’étoile à huit branches ………………Page 355
- La numérotation des bâtisseurs …… Page 301 - La lyre cosmique …………………… Page 356
- Les voûtes dans l’Antiquité ………… Page 302 - L’étoile à neuf branches …………… Page 357
- Les différentes ogives médiévales … Page 303 - L’étoile à dix branches ……………… Page 358
- Le cintre surbaissé ……………………Page 304 - L’étoile à onze branches …………… Page 359
- L’anse de panier ………………………Page 305 - L’étoile à douze branches ……………Page 360
- L’anse de panier à 5 rayons …………Page 306 - L’étoile à treize branches ……………Page 361
- L’anse de panier à 53° …………………Page 307 - L’étoile à quatorze branches………… Page 362
- L’Œuf cosmique, symbole de naissance et de - L’étoile à quinze branches ………… Page 363
résurrection ……………………………Page 308 - L’étoile à seize branches …………… Page 364
- L’Œuf géométrique ………………… Page 309 - L’étoile à dix-sept branches …………Page 365
- Le cromlec’h Borrow-Sone ………… Page 311 - L’étoile à dix-huit branches ………… Page 366
- Le cromlec’h de Penmaen-Mawr …… Page 312 - L’étoile à dix-neuf branches …………Page 367
- Le cromlec’h Long Meg …………… Page 313 - L’étoile à vingt branches ……………Page 368
- Mystérieux Crop-Circles …………… Page 314 - L’étoile à vingt et une branches …… Page 369
- Le cropcircle de Avebury …………… Page 317 - L’étoile à vingt-deux branches ………Page 370
- Le cropcircle de Land-Park ………… Page 318 - L’étoile à ving-huit branches ……… Page 371
- La stèle d’Orcival …………………… Page 319 - L’étoile à trente-six branches ……… Page 372
- La dalle d’Orcival ……………………Page 320 - L’étoile de Burgos. ……………………Page 373

TRACÉS DES PYRAMIDES LES SPIRALES


- La grande pyramide d’Égypte ……… Page 322 - Spirale sur rectangle d’or, progression à 90° …
- La grande pyramide, sa face et son schéma di- ………………………………………… Page 389
recteur ………………………………… Page 327 - Spirale sur carré long, progression √5 ………
- Les mensurations de la Pyramide … Page 328 ………………………………………… Page 390
- L’arête de Khéops …………………… Page 330 - Spirale sur √5 ……………………… Page 391
- La grande pyramide, triangle directeur …… - Spirale sur pentagone régulier …… Page 392
………………………………………… Page 331 - Spirale sur racine de phi …………… Page 393
- L’énergie des pyramides …………… Page 332
- Le carré de Khéops ………………… Page 333 ROSES et ROSACES
- Harmakhis, le grand Sphynx ……… Page 334 - Symbolisme des Roses ……………… Page 396
- Le cartouche égyptien ……………… Page 337 - Rose de Saint-Eustache ………………Page 399
- Géométrie des Pyramides et des Ziggourat … - La Rose ouest de Lausanne ………… Page 400
………………………………………… Page 338 - La rosace de Lausanne ……………… Page 401
- Schéma directeurs comparatifs des pyramides - La rosace de Lausanne, tracé générateur ……
………………………………………… Page 342 ………………………………………… Page 402
- La pyramide Maya sur schéma directeur 3-4-5 - La rosace de Lausanne, schéma directeur …

8
……………………………………… Page 403 - Le Yin Yang, la monade chinoise .. Page 420
- La rosace de Lausanne, structure minérale - Le tracé du Yin Yang …………… Page 421
………………………………………Page 404 - Le Pa-Koua, ordre du ciel intérieur………
- La rosace de Lausanne, colorisée… Page 405 ……………………………………… Page 423
- La rose ouest de la Collégiale Notre-Dame - Le Mandala Yin Yang ………… Page 425
de Mantes-la-Jolie …………………Page 406 - Mandala vingt pétales ………… Page 426
- Essai de composition chromatique sur le - Mandala type …………………… Page 427
schéma directeur de la rose ouest de la ca- - Couleur des mandalas ………… Page 428
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

thédrale de Mantes ……………… Page 408 - Mandala type colorisé ………… Page 431
- La rosace de la cathédrale de Strasbourg - Mandala triskel colorisé ……… Page 432
………………………………………Page 409 - Mandala Borobudur colorisé … Page 433
- La rosace des Bourbons ………… Page 410 - Mandala quadrants triples …… Page 434
- La rosace de Sées ………………… Page 411 - Mandala Sri Yantra …………… Page 435
- La rosace de Notre-Dame de Paris …Page 412 - Mandala Arc-en ciel …………… Page 436
- La rose des Roses ………………… Page 413 - Mandalas hébraïque …………… Page 437

MANDALAS DESSIN ENERGÉTIQUE


- Les Mandalas …………………… Page 418 - Les Ondes de diffusion des Forces ………
- Mandalas et carrés magiques ……Page 419 ……………………………………… Page 439

9
Introduction au travail de Louis Rosier

E
n 2006, je publiais avec bonheur le termine à la baguette. Louis ne dit rien, me
premier livre de Louis Rosier, cet laisse faire puis va chercher un dossier, l’ana-
étonnant « Dictionnaire des Autres lyse qu’il avait fait lui-même de son lieu de vie
Savoirs ». C’est le livre d’un infatiga- à la lecture des tracés régulateurs. Il était arrivé
ble curieux qui a croisé ma route il à la conclusion qu’il fallait dynamiser le terrain
y a maintenant près de 30 ans. en travaillant sur un point de quadrature qu’il
avait déterminé. Entre le point qu’il avait tracé
L’amour de la découverte du monde mé- sur son plan et celui que j’avais trouvé par dé-
galithique nous avait rapprochés. Il avait tection, il y avait moins de dix centimètres
sillonné les provinces françaises à la décou- d’écart !
verte de la plus petite pierre plantée ou du der-
nier dolmen oublié, en rapportant une Lors d’un voyage que nous fîmes ensem-
documentation notamment photographique ble en Irlande en 1996, il fut le seul d’entre-
exceptionnelle. Ensemble, nous nous passion- nous à se poser la question de savoir pourquoi
nâmes sur les routes de Bretagne, d’Irlande ou tous les « stones-circles » que nous rencontrions
des Orcades à la recherche de nouvelles pierres avaient le même diamètre, à savoir 6 mètres.
à découvrir. En effet, la latitude de l’Irlande variant depuis
le sud jusqu’au nord de 51°28’ à 55° 23’, le dimen-
En « honnête homme », avide et curieux sionnel des cercles de pierres aurait dû varier.
il se passionna également pour la géobiologie Il prit donc le problème à l’envers et calcula à
Sa curiosité universelle et sa soif de connais- quelle latitude de l’Irlande très exactement, on
sances l’avaient porté à suivre de nombreux pouvait trouver une dimension solaire de 6 m.
stages, et c’est là où nous nous sommes rencon- Il trouva que cela correspondait précisément à
trés. Il avait d’ailleurs animé lui-même certains la latitude de Tara, le centre celtique et histo-
stages avec l’humour et le franc parlé qui lui rique de l’Irlande !
était propre, et en vrai passionné il était parfois
intarissable. Mais ce n’était pas un homme de Voilà ce qu’il m’écrivit le 23 juin 1996 :
terrain et il a peu pratiqué l’art de la réharmo- « Il s’agit du carré solaire de l’Irlande, vé-
nisation de lieux. Par contre, sa passion et sa rifié et revérifié à plusieurs reprises par les uns
compétence étaient incontestables en matière et par les autres. Jean-Marc nous a appris que
de tracés. le corps éthérique de l’Irlande est tout entier
calé sur un module de six mètres de côté, alors
Un jour, il me demanda de venir faire que les calculs en fonction de la latitude don-
l’analyse et la correction de sa propre maison. nent 6,22 m au Sud et 5,70 m au Nord.
Elle avait de particulier d’être placé sur une
coulée de lave de 120 km de long. Après étude Pour un inconditionnel de la géométrie
sur le terrain, j’en arrive à la conclusion qu’il sacrée, c’est difficile à avaler. Ce qui reste de
fallait poser une pierre à un endroit que je dé- mes neurones ayant subi des ans l’irréparable
-----
1/ Au Moyen-Âge, les ordres monastiques avaient l’habitude de construire les monastères des maisons-filles sur
les données solaires de la maison-mère. Ce qui fait que tous les monastères étaient ainsi reliés entre eux d’une
part, et de l’autre à la maison mère. Concernant le prieuré de Saint-Michel-de-Grandmont, dans l’Hérault, il a été
construit sur les mesures solaires de la maison-mère qui se trouvait à Muret à côté de Limoges. Or aujourd’hui le
monastère de Muret n’existe plus et Saint-Michel-de-Grandmont est livré à lui-même.

10
outrage, j’ai certes le cerveau lent, mais pas gestion de ma part, Louis entreprit une
au point de croire que l’homme peut modi- tâche insensée, celle de retrouver l’Atlan-
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

fier à sa guise les lois cosmiques. tide par le tracé ! Il partait d’un postulat sim-
ple, celle qu’un géomètre comme Platon, ne
Il reste que cette mesure de six mè- pouvait se tromper quand il donnait des re-
tres est, en quelque sorte la moyenne arith- levés et des mesures. Il se fit donc la relec-
métique des valeurs extrêmes. Et là, ture du Timée et du Critias, où il releva
intervient ton information sur la « coudée- toutes les dimensions de la cité atlante dé-
mère de Grandmont 1 », réelle à Limoges et crite avec beaucoup de détails par Platon. Il
appliquée à tous les monastères de l’Ordre en trouva la mesure de référence, et en re-
à travers l’Europe. Cela a fait tilt dans ma construit le quadrilatère solsticial et le mo-
vieille cervelle où l’intuition domine le plus dule solaire qui, alors, lui donnaient
souvent la raison. Je me suis dit que ce qui précisément sa latitude sur la planète.
était vrai pour un Ordre pouvait l’être pour L’Atlantide pouvait donc être n’im-
l’Île d’Irlande qui fut, du temps des Fir Bolg porte où sur cette latitude. Même si cette
et de leur reine Tailtui, un univers ! donnée était incomplète, elle permettait
d’éliminer bon nombre d’hypothèses fantai-
J’ai donc, comme pour la coudée de sistes comme Santorin, Héligoland, le Sinaï
Grandmont, effectué la démarche inverse ou les Bahamas. Ses tracés le ramenaient
et recherché à quelle latitude, on pouvait plus près des Açores. Malheureusement ce
avoir un module solaire de six mètres. C’est travail restera inachevé !
53°32’ Nord. Et, alors là, cramponne-toi. Que
trouve-t-on sur ce parallèle : tout simple-
ment la colline sacrée de Tara, le Druim Louis Rosier s’était intéressé très tôt
Chain (le joli sommet), le centre spirituel de aux Tracés régulateurs. Dès le début des an-
l’Irlande ! nées quatre-vingt-dix, il avait commencé à
développer ses concepts. Tous ces tracés,
Il reste à admettre que le module so- qu’il nous offre aujourd’hui ont d’abord été
laire à la verticale de Tara s’est dupliqué de faits à la main, à l’encre de chine puis des
proche en proche sur tout le territoire de années plus tard, reconstruit à l’aide du nu-
l’Irlande. Moi je veux bien le croire. » mérique. Très tôt, il avait associé dans sa dé-
marche la notion de « yantras », terme qu’il
D’un seul coup, nous comprenions avait par la suite adopté, faisant la liaison
que tous les mégalithes de l’île étaient reliés entre la géométrie opérative occidentale,
au centre mystique de l’Irlande. celle qui servit à la construction de nos ca-
D’un seul coup, et grâce au travail de thédrales et l’approche orientale qui fait du
Louis, nous comprenions le rôle de la pierre dessin créé un support de méditation. C’est
de Fial, la pierre du Destin, où ne pouvait pour cela notamment, qu’il a travaillé les
monter que celui qui était le roi légitime de roses et les rosaces de nos cathédrales
l’Irlande, en accord vibratoire avec la puis- comme des mandalas. En les sortant de leur
sance des quatre comtés. contexte et en les retravaillant au niveau
des couleurs, les rosaces de Notre-Dame de
Fort de ce succès et suite à une sug- Paris ou celle de Strasbourg deviennent un

11
support de méditation à part entière. Certains Ce cahier sur les Yantras, montre pour
tracés, qu’il appelle d’ailleurs « dessins énergé- chaque tracé une réelle diversité d’approche.
tiques », sont d’ailleurs d’excellents supports Non seulement le processus de traçage est par-
d’évolution. Je pense notamment à ce laby- faitement indiqué et permet donc à chacun de
rinthe en forme de croix, calé sur les quatre les reproduire et de les mettre en pratique,
orients et qu’il avait appelé les « ondes de dif- mais en plus ils sont le plus souvent explicités
fusions des forces ». dans leurs différents contextes historiques ou
symboliques, sans en oublier la réalité spiri-
Dans notre démarche pour présenter son tuelle ou énergétique. C’est en cela que le tra-
travail, nous avons volontairement pris le che- vail de Louis Rosier est unique.
min qui part des Tracés dynamiques des com-
pagnons bâtisseurs de cathédrales et qui se Il avait pris pour lui, la devise du maître
termine par l’incarnation du verbe dans le compagnon Parisien l’ami des autres : « Si tu ne
Mandala. sais, apprends-le pour toi. Si tu le sais apprends-
le aux autres ». Chercheur infatigable, pas-
Le 1er juillet 2011, Louis Rosier monta re- sionné d’histoire, et plus particulièrement de
joindre les ors de l’Académie de Platon pour l’autre histoire, il avait pris l’habitude de regar-
comparer ses épures à celles de Pythagore ou der le monde différemment et d’aller chercher
de Viollet-le-Duc. Il m’avait demandé un an ce qui était caché sous le voile d’Isis en y asso-
avant son départ de voir comment il était pos- ciant toujours l’historique avec la symbolique.
sible de transmettre ce travail représentant Il nous laisse aujourd’hui plusieurs milliers de
quinze ans de recherches, plus de 350 tracés pages, répartis dans plus de trente cahiers, sem-
opératifs ! La forme que nous avions envisagée blables à celui-ci, et que nous espérons un jour
à l’origine s’avérant lourde et peu pratique, aussi, amener à publication.
nous avions laissé le projet en suspens. Au-
jourd’hui, grâce au téléchargement, nous avons Jacques Bonvin
la possibilité de le faire et nous vous le propo- En ce jour du vendredi saint 2013.
sons en respectant sa volonté de mettre son tra-
vail à la disposition du plus grand nombre.

12
Les Yantras

Yantra est un mot sanskrit qui signifie littéralement "support" ou "instrument". C'est
une figure géométrique qui est, dans la pure tradition hindoue, la représentation linéaire
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

des manifestations de l'ordre cosmique et la matérialisation des puissances divines. En


Inde, au Népal et au Tibet, les yantras ont une fonction rituelle. Les petits yantras sont
des supports de méditation et les grands yantras définissent les plans des temples. Ils ma-
térialisent tous la dualité liant le divin, symbolisé par le point et le cercle, et le monde
des contraires représenté par le carré, le premier des vingt rectangles sacrés.

Le yantra est l'équivalent graphique du mantra qui est la formulation mentale de


ces notions ésotériques. Il combine le concept de l'infini, symbolisé par le cercle de l'Unité,
avec celui du fini, symbolisé par le carré de la Terre. On retrouve aussi cet emploi conjoint
du cercle et du carré dans l'art arabe des mosquées et dans l'art gothique des cathédrales.
La rose sud de la cathédrale de Clermont-Ferrand est significative à cet égard. Elle ex-
prime l'infini dans le monde du fini par une disposition quasi islamique des figures géo-
métriques. Quant au mantra, c'est en quelque sorte, l'âme du yantra. Ils sont d'ailleurs
rituellement utilisés ensemble. Les Orientaux disent volontiers : « Ce que l'huile est à la
lampe et le corps à l'âme, le Yantra l'est à la Divinité ». C'est pourquoi ils observent la
plus grande prudence dans le maniement des yantras et les considèrent un peu comme
des divinités secondaires, des moyens permettant l'approche divine.

La forme du yantra produit un champ de forces (ou d'énergies) qui est celui de la
divinité représentée par le yantra. C'est ce qui se passe avec les mandalas que sont les ro-
saces de nos cathédrales. Les Orientaux utilisent la forme du mandala pour bien donner
aux limites extérieures des enceintes sacrées de leurs temples leur vraie fonction de fron-
tière entre le monde sacré et le monde profane. Leurs temples ont le plus souvent la
forme du yantra "vâstu-purusha" qui représente l'essence de l'homme, son Moi divin. Un
yantra pratiquement parfait est celui constitué par le stùpa de Borobudur, dans l'île de
Java. C'est une montagne entièrement recouverte d'une multitude de temples édifiés au
cours du VIIIe siècle de notre ère.

Mandala signifie en sanskrit "roue d'énergie" ou "roue de vie". Le plus connu en Oc-
cident est le mandala du tai-chi, la monade chinoise ou Yin-Yang. Mais, ce terme de man-
dala peut désigner toutes les formes qui, au travers des diverses traditions, ont servi à
représenter l'ordre et l'harmonie du Cosmos. C'est un symbole universel remarquable-
ment illustré par la lame 10 du Tarot intitulée la "Roue du Destin". On peut l'admirer sur
le portail de la cathédrale de Beauvais.

Les mandalas sont des formes parfaites qu'on rencontre partout dans la nature
pour peu qu'on se donne la peine de regarder. Elles permettent d'accéder à la vision pro-
fonde du centre qui est en nous, la redécouverte de ce centre nous invitant à réintégrer
l'Unité. Les formes parfaites des mandalas propres à la culture occidentale sont magnifi-
quement exprimées par les rosaces médiévales de nos cathédrales. Il n'y a d'ailleurs pas
grande différence dans l'ordonnancement des espaces sacrés de l'Orient et de l'Occident.

13
Dans les deux cas, le centre (le point sans espace) est le point primordial d'où jaillit toute création.
Étant à la fois unité et totalité, il contient en devenir toute la Création.

La méditation sur un yantra s'accompagne de la vocalisation répétitive d’un mantra. C’est


une syllabe émise sur une certaine tonalité et dont le son s'enfle en volume pendant l’inspiration
pour diminuer ensuite au cours de l'expiration. Cette répétition a pour but de centrer la
conscience. De même que le yantra qui ne doit pas être utilisé à tort et à travers, le mantra ne
doit pas être chanté dans un contexte profane.

Opérant sur des plans subtils, son usage irrespectueux pourrait s'avérer dangereux pour
l'inconscient qui ne respecterait pas le rite. Il est normal que des sons soient associés aux yantras
car, en tant que modèle énergétique, chaque yantra a une forme et des couleurs spécifiques ainsi
qu’une tonalité propre. Les sons et les couleurs sont liés par leur tonalité.

En Occident, les figures géométriques de base portent simplement le nom de "tracés". Tout
l'art des bâtisseurs du Moyen-Âge résidait dans l'harmonisation des constructions en fonction
de proportions axées sur des constantes architecturales connues depuis la plus haute antiquité
dans le monde entier.

Le yantra est un tracé géométrique plan qui peut, éventuellement, comporter une troi-
sième dimension, mais elle n'est pas figurée. Les formes géométriques de base qui entrent dans
la composition des yantras orientaux sont identiques à celles des roses médiévales de l'Occident.
Ce sont essentiellement :

- Les triangles, correspondant à l'élément (tattva) Feu. S'ils sont présentés la pointe en haut,
on a affaire à Purusha ou Shiva, le feu, le linga (ou phallus). Si, au contraire, ils sont inversés, la
pointe étant dirigée vers le bas, c'est Prakriti, l'énergie féminine ou Shakti. C'est l'eau, la yoni ou
matrice primordiale. Le centre de ces triangles, qu'ils soient présentés en Yin ou en Yang, c'est
le bindu, le point non figuré correspondant à l'élément immatériel Akasha (l'éther) autour du-
quel s'équilibrent les triangles en opposition. Par exemple, le shrîyantra est constitué de quatre
triangles yang et de cinq triangles yin.

- Les cercles. Ils sont les symboles de l'expansion dans le monde intermédiaire. Souvent
représentés par des couronnes de lotus, ils traduisent les notions d'évolution et d'involution des
traditions bardiques ou scandinaves de l'Occident. Ils correspondent au "tattva" Air. La demi-lune
en croissance correspond au tattva Eau.

- Le carré. Premier de tous les rectangles sacrés, c'est le symbole de la Terre. Il peut être
percé de quatre portes orientées sur les points cardinaux (mandala), rejoignant en cela la sym-
bolique de la Pyramide dont les quatre faces sont cardinales. Pour les bâtisseurs de l'Europe, c'est
le carré du transept des églises romanes.

- Le graphisme. C'est celui des caractères très particuliers de l'écriture sanscrite. Ces signes
sont, à la fois, les racines graphiques (mûla-yantra) et la fixation des mantras.

Tous comme les vitraux de nos cathédrales, les yantras ont des significations accessibles
aux seuls initiés et des pouvoirs secrets dépendant d'animations rituelles.

14
Les tracés générateurs

Tout tracé géométrique est générateur. Dès qu'on trace, on crée un volume, mais
cette troisième dimension n'est, en général, pas figurée.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

En Occident, les figures géométriques de base sont appelées « tracés générateurs »,


ou simplement « tracés ». C'est l'équivalent des yantras de la tradition bouddhique, sup-
ports et compléments des mantras, vocalisations ésotériques de ces manifestations li-
néaires d'ordre cosmique. (Yantra et mantra sont des mots sanscrits).

Tout tracé géométrique commence par un point (bindu en sanskrit) qui est le com-
mencement et l'aboutissement de TOUT. C'est Barbarin qui a dit : Dieu est mathématicien.
Ce point est l'Unité-Totalité, le centre du cercle de Keugant de la tradition bardique. Ce
point sans consistance ni dimension est l'âme du yantra qui va naître de cette potentialité.
Il va réaliser son expansion, big-bang originel en réduction, en créant un cercle, monde
de l'Esprit et des Archétypes où rien ne peut pénétrer parce que tout y est déjà.

Après le positionnement du point fractal, la deuxième démarche consiste à tracer


deux lignes droites qui se coupent sur ce point. Les lignes sont des infinités de points ou,
si l'on préfère, la multiplication du point par lui-même. La ligne nord/sud est celle du
« cardo », la ligne est/ouest est celle du « decumanus ». Il y en a une troisième, qui n'est
pas figurée, la verticale passant par le point d'émergence, la ligne « zénith/nadir ». On a
donc six directions, plus une septième : le centre. L'espace devient volume, défini par les
« sept voies de la Sagesse » du bouddhisme tantrique.

On va maintenant tracer un premier cercle, centré sur le point originel, puis quatre
autres de même rayon, centrés sur les intersections de ce cercle avec les deux droites. Ces
cinq cercles forment une rosace, symbole d'amour universel, bien visible sur les basiliques
romanes. (Voir celle d'Orcival dans le Puy de Dôme).

Une expérience amusante consiste à faire rouler, sans glissement, les quatre cercles
tangents deux à deux au point central, à l'intérieur d'un cercle circonscrit de diamètre
double. On constate qu'un point quelconque de l'un des quatre cercles décrit pendant la
rotation une ligne droite passant par le centre du grand cercle. C'est le principe des en-
grenages épicycloïdaux des différentiels de voitures, mais c'est aussi la « Ronde des Bac-
chanales ». Quant au petit cercle central, c'est l'univers de Platon.

A ce stade du tracé, on a déjà des figures intéressantes : les mandorles romanes (re-
liées à la Mère), les mandorles gothiques (reliées au Père), le nœud de Vie (8), l'infini (∞),
le symbole de l'Amour, le point « racine de trois » (√3), etc.

On constate, au pendule ou à la mono-antenne, qu'il y a inversion des polarités


quand on passe du nœud de vie à l'infini, par demi de part et d'autre des pétales, mais pas
avec la même force sur les deux demi-quadrants.

15
Symbolisme du tracé

Le bâtisseur plante un pieu pour marquer le centre, l'origine, le point de départ. Il


matérialise le UN, le réel absolu, c'est-à-dire : DIEU. Ce point fractal, c'est la concentration de
l'énergie qui va exploser dans le cercle. C'est l'unité qui va rayonner dans le multiple. C'est la
source de tous les Nombres. C'est aussi le symbole de l'Esprit qui va se transcender dans le monde
spirituel, symbolisé par le cercle que trace maintenant le géomètre arpenteur. Le cercle, c'est
I'Orobouros, l'éternel recommencement, le mouvement, le défilement du temps, la roue.

Notre bâtisseur trace maintenant deux lignes perpendiculaires passant par le centre. Par
ce moyen, il indique les quatre directions cardinales. C'est la rencontre du Ciel et de la Terre.
Les points de croisement des lignes droites avec le cercle sont au nombre de quatre, le Nombre
de la Mesure. Et les deux lignes sont la matérialisation de la Croix. Avec le point central se réalise
la synthèse des quatre éléments : terre, air, feu et eau, qui se joignent en une harmonie équilibrée.
Le Nombre de l'Harmonie, c'est le Cinq. C'est la médiation entre le Ciel et la Terre, le temps et
l'espace, l'Homme et Dieu.

A partir des quatre points d'intersection de la croix avec le cercle, le constructeur dessine
le carré, figure indéformable fixée par ses diagonales. C'est l'univers créé, la stabilité. Le carré
symbolise l'arrêt, le positionnement sur les quatre éléments. Ensuite, c'est le tracé du pentagone
régulier inscrit dans le cercle, puis du rectangle d'Or bâti sur un côté du pentagone.

Après cela, tout est possible. Par exemple l'arc triomphal des Romains, association du cer-
cle et du carré, du Ciel et de la Terre; On le trouve aussi dans les églises romanes où cette forme
symbolise l'union entre l'univers visible et l'univers invisible, le rationnel et l'irrationnel, la ma-
tière et l'esprit. Et, bien évidemment, dans le mandala qui est, dans les traditions orientales, la
focalisation de la totalité.

16
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

La course
du soleil sur
le lieu
Lever & coucher du Soleil
(Définition des paramètres)

Partageons l'année en deux parties : l'une s'étendant du point vernal à l'équinoxe d'au-
tomne, et l'autre couvrant les six mois qui séparent l'équinoxe d'automne de l'équinoxe de prin-
temps suivant. Appelons P1 la période séparant le 20 ou le 21 mars du 22 ou 23 septembre et
englobant le solstice d'été, et P2 celle allant du 23 septembre au 20 mars et entourant le solstice
d'hiver.

Il faut maintenant affecter à la date choisie pour cette étude la valeur en degrés corres-
pondant au nombre de jours écoulés depuis le point vernal, c’est-à-dire, par jour, le rapport
360/365,25. En valeur décimale, cela donne 0,9856263 que l'on multiplie par le nombre de jours.
Appelons N cette valeur de n fois 0,9856.

Ensuite, on calcule la déclinaison solaire, symbole δ, qui est liée à l'angle de l'inclinaison
de la Terre par rapport au plan de l'écliptique. Cet angle varie d'environ une demi-seconde. Par
an (exactement 7’ 48” tous les mille ans). La déclinaison solaire s'exprime par le sinus de la valeur
N multiplié par l'angle (symbole ε) d'obliquité de l'écliptique.

L'obliquité de l'écliptique, symbole ε, se calcule par rapport à une position de référence


qui est celle de l'année 1900. À cette date, la position de l'axe de la Terre par rapport au plan de
l'écliptique était de 23° 27’ 8”, soit en décimal : 23,45 degrés. On peut se procurer la formule de
calcul pour l'année en cours au Bureau des Longitudes. Pour 1992, ε vaut 23° 26' 14". A la fin du
XXe siècle, en 2000, il vaudra 23° 26’ 21” 4/10. À la date où est reprise cette étude (1996), la valeur
décimale de cet angle est 23,43.

L'azimut du lever du Soleil est donné par la formule : Cos-1 x (sin δ / cos latitude). L'angle
obtenu est reporté sur le côté Est du graphique, à partir du Nord pour la période P1, et à partir
du Sud pour la période P2.

L'azimut du coucher du soleil s'obtient en retranchant de 360° l'angle d'azimut du lever


du même jour. Il se positionne sur le graphique, côté Ouest, à partir du Nord pour la période P1,
et à partir du Sud pour la période P2.

Accessoirement, la longueur de l'ombre du bâton de un mètre, planté verticalement, vaut :


1) Au midi vrai du solstice d'été : tg (90° - (90° - latitude + ε)).
2) Au midi vrai du solstice d'hiver : tg (90° - (90° - latitude - ε)).
3) Au midi vrai des équinoxes : tg latitude.

L'angle avec le sol du rayon solaire à midi, complémentaire de l'angle β que fait le rayon
solaire avec la verticale gravitationnelle, est donné par la formule :

a = (90° - latitude) + (Sin N x ε).

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Lever & coucher du Soleil
(Exemple pratique)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit à déterminer les azimuts de lever et de coucher du Soleil le 15 août 1996, jour
de l'Assomption, à la basilique romane d'Orcival dans le Puy-de-Dôme.

Paramètres connus :

1) Latitude du lieu : 45° 41' Nord, soit en nombre décimal : 45,68.


2) Nombre de jours depuis le point vernal : 148. (Par ailleurs, cette date est au j de
l'année (365/228 = 1,6), mais ceci est une autre histoire).
3) Obliquité de l'écliptique : E = 23,43.
4) Période : P1 .
5) Module solaire : 10 x Cos latitude = 6,986651 (pratiquement 7 mètres).
360
Détermination de N : 365,25 x 148 = 145, 87269.

Déclinaison solaire d : sin N x e = 0,561 x 23,43 = 13,14423.


sin d 0, 2274031
-1
Azimut lever du Soleil : Cos-1 x cos latitude = Cos x 0, 6986651
= Cos-1 x 0, 3254823 = 71,005204
~ pratiquement 71o.
Azimut coucher du Soleil : 360° -71o =289°.

Angle a du rayon solaire avec le sol à midi : 57° 04' .

Cas particulier du solstice d'été :

Nombre de jours : 82
N : 80,821355 .
d : 0, 9871958 x 23,43 = 23,13 .
Azimut lever du Soleil : Cos-1 x 0,5622417 = 55,79.

Le quadrilatère solsticial est donc orienté :


Au 55° 48' au lever du Soleil au solstice d'été (LSSE).
Au 123° 53' au lever du Soleil au solstice d'hiver {LSSH}.
Au 235° 47' au coucher du Soleil au solstice d'hiver (CSSH).
Au 304° 13' au coucher du Soleil au solstice d'été (CSSE).

19
Hauteur du Soleil

C'est l'angle que fait avec le sol, à une date et à une latitude données, le rayon solaire à
midi (midi vrai, bien entendu).

Il s'exprime par la formule : b = 90° - (latitude + d) .

La déclinaison d s'obtient par le sinus du nombre de jours depuis l'équinoxe, exprimé en


fractions de 360 (c'est à dire 0,9856 par jour), multiplié par l'angle e d'obliquité de l'écliptique, ac-
tuellement 23,43 en valeur décimale.

La formule complète est donc :

b = 90° - latitude + ( sin 360 x Nombre ) x 23,43 .


365,25

La hauteur solaire, l'angle a , vaut :

a = 90° - b

En corollaire, la valeur de l'ombre d'un bâton de un mètre planté verticalement est, ce


jour-là, la co tg de b ( ou la tg de a ) .

20
Quadrilatère solsticial d’un lieu

Le rayon du cercle circonscrit aux carrés virtuels dont la surface est égale à celle
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

du quadrilatère solsticial à la latitude d'un lieu est donné par la formule :

√4 x (tg (90° - cos-1 (sin 23°439 /cos lat))))


r=
p

On peut obtenir le même résultat en partant de la valeur de l'azimut nord, c'est-à-


dire le lever du soleil au solstice d'été, avec la formule :

r=
√ 4 x tg (90° - AzN)
p

Note : L'azimut Nord (AzN) vaut : cos-1 de sin 23°439 / cos latitude

Dans le cas de figure, la latitude est celle de Clermont-Ferrand : 45° 46' nord, soit en
décimal 45°, 77. L'azimut nord est à 55° 44' (55°, 73 en décimal). Rapport : 1,46.

Les rectangles noirs représentent les quadrilatères solsticiaux à la latitude du lieu


en phase « matière » (horizontal) et en phase « esprit » (vertical).

En vert est représenté l’un des deux carrés d’installation issu directement de la po-
sition des quadrilatères solsticiaux, tous inscrits dans le même cercle.

En rouge est représenté l'un des deux carrés dont la surface est égale à celle du
quadrilatère solsticial à la latitude du lieu. Ces carrés de quadrature se croisent aux points
de rencontre des deux quadrilatères

21
Lever & coucher du Soleil
(Pour la fête de l’Assomption à Orcival)

Latitude : 45° 41’ Nord


Date : 15 août (148e jour).

ABRÉVIATIONS UTILISÉES POUR LA LECTURE DES QUADRILATÈRES SOLSTICIAUX :

LSSE :Lever du soleil au solstice d’été.


CSSE : Coucher du soleil au solstice d’été.
LSSH : Lever du soleil au solstice d’hiver.
CSSH : Coucher du soleil au solstice d’hiver.

22
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Quadrilatère solsticial de Jérusalem

Latitude : 31° 47’ Nord (31,78 en décimal)


Rapport des côtés : TgAzn = 1,92.

23
Quadrilatère solsticial de Rome
(rapport des côtés : 1,5818)

Latitude : 41° 53’ 33 Nord Rapport des côtés : Azn = 57,70.

L'Église a toujours considéré comme complémentaires les traditions grecque et latine. On


en a un exemple flagrant dans le rite célébré encore de nos jours par un évêque qui consacre
une église. Il trace sur le sol la figure ci-dessous qui comporte les vingt-quatre lettres de l'alpha-
bet latin (le I et le J étant deux graphismes de la même lettre) et les diagonales d'un rectangle
qui a précisément un rapport des côtés en exacte corrélation avec le quadrilatère solsticial à la
latitude de Rome.

24
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Quadrilatère solsticial d’Amiens

Latitude : 49°54 Nord . (49,90 en décimal).


Azimut Nord (LSSE) : 52° 25’ (52,42 en décimal)
Rapport des côtés : TG AzN = 1,30.

25
Quadrilatère solsticial de Montdidier
(Levers et couchers solsticiaux du soleil)

Latitude : 49° 394 Nord (49,65 en décimal).


Azimut Nord (LSSE) : 52° 38’ (52,64 en décimal)
Rapport des côtés : Tg Azn = 1,31

26
Quadrilatères solsticiaux extrêmes de la France
(et leurs basculements « esprit »)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Au Sud : Bonifacio, latitude : 42°21’. (42,35 en décimal).


Au Nord : Dunkerque, latitude : 51°21’ (51,35 en décimal)
Écart des latitudes : 9 degrés.
Écart des levers du Soleil au solstice d’été : 57°26’ - 50°26’ = 7 degrés.
Soit : Az N Bonifacio - Az N Dunkerque = 57,44 - 50,44 = 7

27
Quadrilatères solsticiaux remarquables

- Le Mont Athos, à la latitude de 37°, 30, présente un quadrilatère solsticial dont l'azimut
Nord est à 60°, définissant un rectangle horizontal. Il anime la Matière.

- La ville d'Oslo en Norvège, à la latitude de 62°, 65 a un quadrilatère solsticial également


en rectangle √3, mais vertical, l'azimut Nord étant à 30°. Il anime l'Esprit.

La superposition des deux rectangles conduit au « Sceau de Salomon » et à la détermina-


tion des trois dessins de la croix templière (ou croix de Malte), résurgence des phénomènes na-
turels, matérialisant les trois grades d'écuyer, de chevalier et de commandeur.

- La ville de Moscou, à la latitude de 55°, 80, présente un quadrilatère solsticial dont l'azimut
Nord est à 45°, définissant un rectangle aux côtés égaux, donc un carré. La plupart des isbas de
la région sont de plan carré.

- A Éléphantine en Égypte, à la latitude de 23°, 44, à l'endroit où le fleuve Nil « fait la


chaise », on est au point focal énergétique de l'Égypte. Le quadrilatère solsticial s'inscrit dans
l'heptagone, le polygone régulier convexe à sept côtés égaux. Az N = 64°,30.

- A Crucuno, à Plouharnel en Bretagne, à la latitude de 47°, 618, l'azimut nord est de 53°, 83.
Ce quadrilatère est matérialisé au sol depuis des millénaires par un cromlec'h de vingt-deux
(nombre sacré) pierres dressées.

En France, l'écart de latitude entre le sud et le nord du pays est d'environ 9 degrés (de 42°,
35 à 51°, 35). L'écart d'azimut des quadrilatères solsticiaux est de 7 degrés. La structure des deux
rectangles superposés précise l'énergie globale de la France en tant qu'entité territoriale.

28
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

29
Quadrilatères solsticiaux remarquables
Le côté du module solaire

Le côté du carré solaire s'obtient en prenant dix fois le cosinus trigonométrique de l'angle de la-
titude. C'est évidemment une valeur théorique qui se vérifie rarement au sol, car le géomagné-
tisme local (directement lié à la vitesse circonférencielle de la Terre et à la fréquence de son
manteau), ainsi que la structure géologique et les pollutions industrielles perturbent notable-
ment cette manifestation de l'activité solaire.

Le repérage sur le terrain du module solaire ne peut se faire qu'à l'aide de méthodes bio-
sensibles. Les différences constatées avec le calcul mathématique sont toutefois intéressantes
dans la mesure où elles matérialisent en un lieu donné l'écart existant entre la valeur calculée
et la valeur repérée.

Sur un lieu où les conditions d'échange sont proches de la normale, la valeur du côté du
carré solaire est quasiment celle de 10 cos latitude. Il donne naissance, par diffraction, au maillage
dit de « Hartmann » (le réseau global ou les « veines du Dragon »). Cependant, si on active un
carré solaire en plaçant quatre personnes aux angles, on constate qu'il n'y a plus aucune trace
du réseau Hartmann à l'intérieur du module.

30
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Quadrilatère solsticial et carrés de Quadrature

31
L’ombre solaire
et l’ombre du mètre

Depuis la nuit des temps, nos ancêtres avaient remarqué que l'ombre d'un bâton planté
verticalement se projette sur le sol de façon différente, en longueur et en direction, depuis le
lever du soleil jusqu'à son coucher. Le matin, elle s'étire longuement, vers le nord/ouest l'hiver,
et vers le sud/ouest l'été. À midi, elle est courte et indique le Nord. Le soir, elle est à nouveau
longue et désigne le nord/est l'hiver et le sud/est l'été.

Les Anciens avaient pris l'habitude de considérer comme le milieu de la journée l'instant
où le soleil est au plus haut de sa course et où, par conséquent, l'ombre du bâton est la plus
courte. Et, il ne leur avait pas échappé qu'à ce moment-là, cette ombre donnait une direction
qui, dans le ciel, désignait une étoile bien précise, la Polaire. Ils avaient donc établi très tôt cette
première loi solaire : « Lorsque l'ombre du bâton est la plus courte de la journée, elle indique la
direction du Nord et définit le midi vrai du lieu ».

Mais, ils avaient aussi remarqué que cette ombre à midi était très longue l'hiver, lorsque
le soleil est bas sur l'horizon, qu'elle s'amenuise ensuite au fil des mois jusqu'à un certain jour
du plein été, et qu'elle recommence ensuite à grandir pendant la seconde moitié de l'année. Ces
deux jours, à six mois d'intervalle, où l'ombre du bâton à midi atteint ses dimensions extrêmes
ont pris le nom de solstices, en latin solstitium (de sol : soleil et stare : s'arrêter). D'où cette seconde
loi solaire : « Le jour où l'ombre du bâton à midi est la plus courte de l'année est celui du solstice
d'été. Le jour où l'ombre du bâton à midi est la plus longue de l'année est celui du solstice d'hi-
ver ». Les solstices sont les deux points les plus éloignés de l'équateur céleste. Ils sont situés sur
le diamètre de l'écliptique perpendiculaire à la ligne des équinoxes.

Très tôt aussi, les hommes ont éprouvé le besoin de mesurer cette ombre et de la comparer
à une mesure sacrée, immuable, la coudée cosmique (ou coudée royale), la fameuse « 52,36 ». Ils
ont donc planté un bâton sur un sol plan, en soignant tout particulièrement cette fois sa parfaite
verticalité et en lui donnant une dimension hors-sol de cinq empans, soit exactement un mètre.
La longueur de l'ombre de ce bâton, projetée par le soleil à midi le jour du solstice d'été, est celle
de la coudée solaire.

Puis, une autre notion s'est rapidement imposée pour définir le rythme propre des édifices
sacrés, celle de la coudée du lieu. De nos jours, on sait la calculer par la tangente du demi-angle
exprimant la latitude du lieu mais les Anciens ne connaissaient pas la trigonométrie. Ils s'y pre-
naient donc autrement en mesurant, le jour du solstice d'hiver, à midi, la hauteur au-dessus du
sol de l'extrémité d'un bâton de un mètre de long, incliné en direction du soleil de telle sorte
que son ombre soit nulle. Cette méthode, ignorée du grand public depuis plus d'un siècle, a été
retrouvée par le chercheur Raymond Montercy.

32
Il faut cependant noter que certaines basiliques romanes ont leur coudée du lieu
en relation avec la hauteur de l'extrémité du bâton incliné en ombre nulle, non le jour
du solstice d'été, mais le jour de la fête du saint à qui est dédicacée l'église. C'est ainsi qu'à
l'église Saint-Sernin de Toulouse 25 « coudées du lieu » valent 22 « coudées royales ». Sa-
turnin, le premier évêque de Toulouse, a été martyrisé le 29 novembre 250.

La coudée du lieu sert aussi, par sa première duplication expansive √2, à déterminer
l'épaisseur des murs externes des bâtiments. Ainsi, à Orcival dans le Puy de Dôme, où la
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

coudée du lieu vaut 0,46 mètre, la largeur théorique des murs des habitations entourant
la basilique est de 0,64 mètre.

L’ombre du mètre au solstice d’été à midi.

33
La Notion de Verticale

Il y a la verticale gravitationnelle que tout le monde connaît, c'est la direction donnée par
le fil à plomb soumis à l'action de la pesanteur, et il y a la normale de l'horizon qui est la per-
pendiculaire à un plan d'eau calme. L'écart entre les deux est très faible mais néanmoins per-
ceptible pour un œil exercé.

Attention, il ne s'agit pas de la pente de plusieurs degrés donnée, par exemple, aux rem-
parts, ce qu'on appelle le « fruit » et qui est destiné à équilibrer les poussées. Le fil à plomb et la
perpendiculaire au plan d'eau sont deux manifestations de la même notion.

Pour vérifier concrètement leur différence, il faut construire une espèce de radeau avec
un panneau de contreplaqué d'environ deux mètres sur trois et le doter d'une équerre d'un mètre
ou deux fixée verticalement en son milieu. On pose l'engin sur un plan d'eau calme et on vise à
quelques centaines de mètres de là un immeuble de grande hauteur. La différence entre les deux
verticales apparaît alors nettement. Elle est même encore plus réelle la nuit car, si les deux ver-
ticales ne sont, ni l'une, ni l'autre, rigoureusement stables, la perpendiculaire à l'horizon varie
plus que le fil à plomb.

S'il est pratiquement impossible de mesurer les déviations de la normale à l'horizon, il est
en revanche très facile de matérialiser celles du fil à plomb. Les chercheurs du groupe ARK'ALL
à Chamarande ont réalisé l'expérience à l'intérieur d'une cheminée d'usine désaffectée, donc à
l'abri du vent et des rayons solaires et lunaires, de 37 mètres de hauteur. Le fil était en acier aussi
fin que le permettait le poids de 50 kilogrammes fixé à son extrémité et muni d'un feutre fin. Ils
ont ainsi obtenu des centaines de graphiques particulièrement riches d'enseignements.

Cette même expérience est menée en permanence au Palais de la Découverte à Paris de-
puis plusieurs années. Elle est publique et n'importe qui peut voir de près le stylet traçant en
continu les variations de la verticale gravitationnelle.

Il est même quelquefois utilisé un plateau pivotant effectuant un tour en 24 heures et


dont le centre de giration est situé à une trentaine de centimètres du point de contact moyen du
fil à plomb. Les déformations par rapport au cercle idéal permettent de transcrire sur un gra-
phique linéaire les écarts en plus ou en moins.

Une autre expérience étonnante peut être vécue si l'on peut accéder à la partie supérieure
d'une tour assez haute. On en trouve encore en façade de quelques anciennes églises de Bretagne.
Si vous laissez filer un fil à plomb le long de cette tour, dont vous avez vérifié depuis le sol qu'elle
n'est pas verticale, vous vous attendez à ce que le plomb bute contre la muraille ou, au contraire,
qu'il s'en écarte.

Et bien, vous serez stupéfaits de constater que les deux verticales n'en font qu'une ! Le
plomb file le long du mur, sans le heurter et sans s'en écarter. Ne vous creusez pas la tête pour
essayer de comprendre : on n'explique pas l'irrationnel par le rationnel !

34
LES CAHIERS DE LOUIS ROSIER - les YANTRAS

quadrature
du cercle et
périmétrie
« — La quadrature du cercle, dites-vous ?
— Oui : le passage de la table ronde à la table carrée !
— On serait curieux de voir ça !
C'est simple, dit le Prophète tout gonflé de fierté, mais se donnant des airs modestes.
Vous développez la circonférence pour en avoir la longueur. Cette longueur servira de
base à un triangle dont la hauteur égale le rayon du cercle. Vous obtenez ainsi un triangle
qui a même surface que le cercle.
— Vous croyez ? dit un jeune Père.
— Si je le crois ? Dites que j'en suis sûr comme de la précession des équinoxes !
— Mais la table carrée, comment l'obtenez-vous ?
Le Prophète regarda le jeune Père qui posait la question comme s'il venait de lui vendre
des fèves qui ne voulaient pas cuire :
— Comment, à partir de ce triangle, on obtient un carré de même surface ?… Alors là,
mes Pères, à quoi vous sert d'avoir saint Benoît comme maître ? Allez le demander à votre
Abbé, il connaît ça, j'en suis sûr, comme je suis sûr qu'il connaît le symbolisme de la
Croix du Dendrophore, la croix éduenne, notre croix, bien antérieure à celle du Christ !
Les Pères s'entre-regardèrent comme s'ils eussent découvert l'Anté-Christ en personne.
— Je vous choque, hein ? fit le Prophète. Mais soyez tranquilles : le fait qu'il ait existé plu-
sieurs Révélations avant celle du Christ ne diminue en rien, à mes yeux, la valeur de la
sienne, que vous n'avez pas encore comprise, mes pauvres petits Pères !
Le Prophète reprit souffle et continua :
— Heureusement... heureusement, il y en a parmi vous qui savent !... Et surtout l'un de
vous.. . que je ne veux pas nommer, mais que vous connaissez bien... il fera parler de
lui... il n'y a pas si longtemps, il est arrivé à la porte de votre monastère avec trente de ses
amis, et voilà déjà que l'évêque de Langres le donne comme abbé de Clairvaux ! Cram-
ponnez vous bien, il va vous secouer les puces, celui-là ! »

Henri Vincenot,
Les Étoiles de Compostelle.
Édition Denöel
1982

36
La quadrature du cercle
(Tracé conventionnel)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit le cercle de centre O et de diamètre AB, positionné sur une droite xx'.
AC
On place le point C tel que BC = j AB, puis D tel que CD = 5 ,
AB
et enfin E, tel que DE = 4

On trace la droite Dy perpendiculaire à xx' en D, et un demi-cercle de diamètre AE


centré en O', qui coupe Dy en F. On construit alors le carré DFGH dont la surface est égale
à celle du cercle de centre O.

Vérification : application du théorème de Pythagore au triangle AFE.


On a : DF2 =AD x DE
AB
2 = ( 2,618 + 0,5236 ) AB x 4
C’est-à-dire : DF
AB
2 = 3,1416 AB x 4
DF
p x AB2
DF2 =
4

Un papyrus trouvé à Louqsor a été acheté par un nommé Rhind qui en a fait don
plus tard au British Museum. Ce document, appelé depuis « papyrus de Rhind » donnait,
1 800 ans avant notre ère, au nombre transcendantal p une valeur égale au carré du rapport
16/9, soit 3,1605. Il énonçait aussi le problème de la quadrature du cercle.

37
Quadrature du cercle
(Par l'étoile à neuf rayons)

Soit le cercle de centre I et un de ses diamètres KL. Traçons un des rayons Iw de l'étoile à
neuf branches, (donc à 360°/9 = 40° d'arc du point K) qui coupe le cercle en R. De ce point, menons
une parallèle au diamètre KL qui coupe en S la perpendiculaire tt' à KL. Le segment RS est le
côté d'un carré RSTU. Celui-ci est en quadrature (à 0,7 % près) avec le cercle centré en I qu'il
tangente en L.

38
La quadrature du cercle
(A partir du fronton des temples grecs)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Traçons le rectangle « 6 x 1 » (les six carrés des Grecs) RSTU. Du milieu V de


RS, traçons les diagonales racine de dix VU et VT des rectangles RVWU et VSTW.
Du milieu W de UT, traçons le cercle de centre W et de rayon WU. Du milleu I de
VW, traçons le cercle tangent à VU et VT qui coupe VW en V'. Le triangle UV'T
est le véritable fronton des temples grecs (sauf le Parthénon) donnant l'angle exact
de 144° alors que celui de UVT n'est que de 143° 07’ 48” 36/100.
Du point W, traçons les droites Wt et Wt' à 45° de UT. De V' comme centre,
traçons les arcs de cercle de rayon V'U (ou V'T) coupant Wt et Wt' en K et L. Il ne
reste qu'à joindre K et L et à construire le carré de côté KL dont les droites t et t'
sont les diagonales. Ce carré est en quadrature avec le cercle (avec 0,6 % d'erreur).

39
La quadrature du cercle
(d’après la grille de 4)

Dans le cas de figure, le carré contenant la grille de quatre a 123,6 millimètres (une palme)
de côté. Sa surface est donc de :
S = 123,6 x 123,6 = 15 277 millimètres carrés.
Le rayon d'un cercle de même surface serait donc :
r = √sπ x √4 862,81 = 69,7338 millimètres.

Or, le rayon du cercle passant par les huit points déterminés par la figure √5 du quart du
côté du carré, soit : 30,9 millimètres. D'où :
r = √5 x 30,9 = 69,0945 millimètres.
La différence est de : 0,6393 millimètre, soit : 0,9 %.

40
Quadrature du cercle
(Par le triangle-rectangle 3-4-5)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit le carré RSTU et une de ses diagonales à laquelle on donne la valeur 5.


Traçons le triangle-rectangle «pythagoricien 3-4-5» SVU dont la diagonale SU est
l'hypoténuse. Son petit côté, SV vaut 3 et le grand, UV, vaut 4. On obtient le point V par
le croisement de l'arc de centre S et de rayon 3 avec l'arc de rayon 4 centré en U. Ce point
V étant, comme le point T, sur le cercle de diamètre SU (théorème de Pythagore). Traçons
le cercle de centre I, milieu de UV, donc de rayon 2 . Ce cercle est en quadrature avec le
carré (à 0,5 % près).
Vérification :
Surface du cercle : pr2 = 4p = 12,56636 .
Surface du carré : (5 / √2 )2 = 12,50 .
Différence : 0,06636, soit : 0,53 % .

41
Quadrature du cercle
(Par l’équerre 3-4-5)

Soit le carré RSTU, traité en grille de 4 (Carré de Jupiter), dont on trace la première du-
plication rétrograde √2, c’est-à-dire le carré en losange WXYZ. Le cercle en quadrature avec le
carré s’obtient (avec une approximation en excès de 0,3 %) en utilisant l’équerre 3-4-5 définie par
le triangle RSV. Sa diagonale coupe celle du rectangle RSPQ en A, ce point se trouvant sur le
cercle de quadrature centré en I. Géométriquement le rayon du cercle de quadrature vaut
48,02 mm dans le cadre de figure. En réalité, le carré ayant une surface de 7 200 mm2, le rayon
du cercle vaut 47,87 mm, qiur une différence de 0,15 mm, c’est-à-dire 0,3 %.

Cette figure donne aussi l’angle au centre de l’Heptagone régulier, à 0,7 % près par défaut,
l’angle exact étant de 51°26’.

42
Quadrature du cercle
(Tracé mystique)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Il est géométriquement impossible de tracer un carré ayant rigoureusement la


même surface que le cercle initial. On peut cependant s'en approcher avec une différence
qui n'est que de 1% environ. En revanche, sur le plan philosophique, il s'agit d'un «passage»
(lié à la symbolique du cheval) du terrestre au céleste, des ténèbres à la lumière, de l'im-
pureté à la pureté.

Vu sous l'angle spirituel, le point O, centre du cercle, c'est le bindu, l'origine. Les
deux droites perpendiculaires passant par ce point, le cardo et le decumanus, constituent
la croix. Le cercle de centre O, c'est le ciel. Quant aux deux pentagones inversés, ils sym-
bolisent la dynamique, la vie.

Processus de traçage.
On trace le cercle de centre O et deux droites perpendiculaires passant par ce point
qui coupent le cercle en A, B, C et D. De M milieu de OB, on trace un arc de cercle de
rayon MA qui coupe BD en A'. La valeur AA' est le côté du pentagone régulier inscrit
dans le cercle dont on veut transposer la surface dans un carré.
On trace deux de ces pentagones. L'un avec un sommet en A, l'autre avec un som-
met en C. A partir des sommets E, F, G et H de ces pentagones, on mène des droites à 45°
des perpendiculaires de base, qui les coupent en I, J, K et L. Le carré ainsi défini a sensi-
blement la même surface que le cercle.

43
Quadratures et Périmétries

Les Sumériens maîtrisaient les deux notions de « Quadrature du cercle », c’est-à-dire le


tracé d’un carré ayant la même surface, et le « Principe de périmétrie », c’est-à-dire le tracé d’un
cercle ayant le même périmètre que le carré.

Ils traçaient la première duplication √2 du carré de base, ce qui donnait le carré sacré in-
terne à 45°. Ils obtenaient le cercle de quadrature de ce carré à l’aide de la division du carré de
base en 16 cases, complétée par le tracé de leurs diagonales. Le cercle de quadrature du carré de
base s’inscrivait de lui-même.

Soit le carré KLMN et ses médianes PS et TR. Le cercle de quadrature du carré sacré passe
par les croisements des côtes du losange avec les diagonales des cases du carré de base. La pré-
cision est de 0,9 %. Le cercle de périmétrie de ce même carré passe par le milieu (point E) de la
diagonale du rectangle « 2 & 1 » constitué par deux cases. La précision est de 0,12 %.

44
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Cercles de Quadrature et Périmétrie

1. Cercle de quadrature.
Le rayon du cercle de quadrature du carré sacré, première duplication √2 du carré
de base, vaut un quart de √5 du côté de ce carré. Déjà connu des Sumériens, cela conduit,
pour un carré de base de 120 millimètres de côté à une conclusion géométrique de 4 7,434
millimètres pour le rayon du cercle de quadrature. Le calcul donne 47,873 millimètres,
soit une différence de 0,439 millimètre, donc une erreur de 0,9 % !

2. Cercle de périmétrie.
Les constatations géométriques donnent 54,083 millimètres de rayon à ce cercle.
Le calcul mathématique conduit à une valeur de 54,019 millimètres, soit une différence
de 0,064 millimètre, c'est-à-dire une erreur de 0,12 % ! Mais, si l'on fait tangenter le cercle
de périmétrie avec la diagonale du double-carré au lieu de passer par son point milieu,
son rayon est pratiquement celui que donne le calcul.

45
Cercle et carré en quadrature
(à partir du triangle 3-4-5)

Aussi appelé «quadrature aréolaire», c'est l'identité de surface d'un cercle et d'un carré. Bien
que lié à p par le cercle, le rapport du diamètre de celui-ci au côté du carré, soit 1,1280, est très
proche de la racine quatrième de j qui vaut 1,1278.

Soit le triangle-rectangle ABC dont la valeur des côtés est 3 et 4, et celle de l'hypoténuse 5.
De A, sommet de l'angle droit, abattre AB sur le prolongement xx' de la base AC
qu'il recoupe en D. De C comme centre, tracer un arc de rayon CD coupant le prolongement yy'
de AB en E. De A comme centre, tracer un arc de rayon AE coupant xx' en F. De F comme centre,
tracer le cercle de rayon FB. Le carré est obtenu en reportant la valeur AF depuis E sur les paral-
lèles à xx' et yy'. Son demi-côté vaut √33, soit dans le cas de figure d'un triangle 3-4-5 de base 40
millimètres, la valeur 57,45. Le rayon du cercle vaut √42, soit dans le cas de figure 64,8 millimètres.
La surface du cercle est de (64,8)2 x p = 1319,2 mm2 et celle du carré est de (57,45 x 2)2 = 1920 mm2.
Soit une erreur minime de 0,04 ‰

46
Cercle et carré en périmétrie
(depuis le carré)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit le carré ABCD et ses médianes qui coupent les côtés en E, F, G et E et se croi-
sent en O. On positionne le point M au milieu de EO et on trace l'arc de cercle de rayon
MF centré en M qui recoupe EG en N. On trace ensuite l'arc de cercle de rayon EN, centré
en E qui recoupe le prolongement de HF en P. Le rayon du cercle dont la circonférence
est égale au périmètre du carré est OP. Il vaut √j du 1/2 côté du carré. Dans le cas de fi-
gure, le périmètre du carré vaut : 115 x 4 = 460 mm2 et la circonférence du cercle vaut (57,5
x 2) x √j x p = 459,55 mm2, soit une erreur de 0,12 %.

47
Cercle de périmétrie et de quadrature
sur grille de vingt

Les cercles de périmétrie sont en vert et les cercles de quadrature en rouge. Les trois car-
rés-matière de la triple enceinte sont en bleu, ainsi que le centre sacré bordé d'une petite enceinte
séparant les deux mondes. Les trois carrés sacrés sont en orange.

48
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

La
Divine
proportion
Les proportions harmoniques

Cet aspect du Tracé directeur (ou tracé harmonique) est une représentation figurée de la
transcription des nombres abstraits en mesures de longueurs par le génial Vitruve. Il se perd
dans la nuit des temps. Il a, comme son complément le Tracé géométrique cher aux pythagori-
ciens, son perfectionnement et son aboutissement dû à l’emploi des nombres irrationnels dyna-
miques, une origine commune : le « Grand Architecte ». C’est Lui qui les avait réunis à leur
naissance sous l’égide des deux symboles divins, le nombre 1, le Ciel exprimé par le carré, et le
nombre 2, la Terre exprimée par le rectangle bi-carré. D’après Vitruve et les Théoriciens, pour
qu’un bâtiment affirme son eurythmie, c’est-à-dire son harmonie générale, il faut que son tracé
modulaire arithmétique réponde à deux conditions essentielles : la symétrie et la proportion.

La notion de symétrie doit cependant être prise au sens éthymologique du terme, c’est-à-
dire commensurable. Cela signifie que toutes les dimensions doivent se mesurer en nombres
entiers d’une même unité, les modules, ou fractionnaires, les minutes. En grec, le mot « symé-
trie » est synonyme de commodulatio qui exprime cette notion de nombres entiers de modules.
Dans les temples grecs, ce module est généralement le rayon des bas de colonnes. Quant au
nombre de modules utilisés, ce sont des multiples de 2, 3 et 5, les nombres premiers divinement
créés, auxquels il faut ajouter le 16, la métrologie grecque reposant sur le pied de seize dactyles.

La tradition biblique utilisait les nombres 2, 3, 6, 7, 10 et leurs multiples. Les Sumériens et


les Égyptiens ajoutèrent le 11 et le 13. On peut donc considérer que les Anciens ont utilisé dans
la construction tous les nombres premiers inférieurs à 17. La notion de proportion fait intervenir
les trois « moyennes » ou « médiétés ». Le choix de l’une ou l’autre de ces moyennes dans le tracé
d’un édifice conférait à celui-ci un thème mélodique propre l’intégrant, sur le plan métaphy-
sique, à l’Esprit du Créateur. L’emploi d’une seule et même proportion provoquait une récur-
rence entre les multiples mesures de la construction. Les trois proportions connues étaient :
- La proportion 1 - 2 - 3, dite arithmétique.
- La proportion 1 - 2 - 4, dite géométrique.
- La proportion 2 - 3 - 6, dite harmonique.

Citons aussi, pour mémoire, la proportion spaciale des triades bardiques : 1 - 3 - 9 - 27 - 81


qui n’apparaît vraiment que dans la croix celtique avec les valeurs des cercles de Keugant,
d’Abred, d’Annouin et de Gwended, les Celtes n’ayant pas construit de temples ni de palais. Bri-
seux (1680-1754) en avait même retrouvé six autres, datant du premier siècle de notre ère et dues
aux néopythagoriciens.

50
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La section dorée

Aussi nommée « divine proportion » ou « rapport d'harmonie », c'est la division


d'un segment de droite en deux parties inégales, dans le rapport phi (j). Le grand ma-
thématicien grec d'Alexandrie Euclide (IIIe siècle avant notre ère), auteur du fameux
théorème, la nommait plus prosaïquement : « Partage en moyenne et extrême raison ».

Comme l'a si bien exprimé le grand architecte militaire romain du premier


siècle de notre ère Marcus Vitrivius Pollo, plus connu sous le nom de Vitruve : « Pour
qu'un tout partagé en deux parties inégales paraisse beau, il faut que le rapport entre la
petite partie et la grande soit le même qu'entre la grande et le tout ».

Cette proportion est dite « économique » parce qu'elle ne comporte que deux
termes qui sont les deux parties du segment de base. La moyenne raison est constituée
par la plus grande. La mineure représente la plus courte, et l'extrême raison (ou la ma-
jeure) est la somme des deux, c’est-à-dire le segment en entier.

Si l'on désigne par a et b les deux parties du segment, on voit que : a = a+b = j.
b a
Cette « divine proportion » était connue des Assyriens et des Perses, comme des
Égyptiens qui ont construit les pyramides et des Juifs du temps de Salomon. Ce rapport,
qui est celui de l'un quelconque des nombres de la série de Fibonacci à celui qui le pré-
cède, vaut lorsqu'il naît à la matière et devient nombre : 1,61800339… Son carré (j2) vaut
2,617935… et son inverse (1/j) vaut 0,6180457…

51
Le rapport d'harmonie
(Processus de traçage)

Soit à opérer la « section dorée », autrement dit à partager le segment AB en « divine pro-
portion », c’est-à-dire dans le rapport φ (phi).

D'un point quelconque au-dessus de AB, on décrit un arc de cercle de centre O et de rayon
OB qui coupe AB en K. On joint K à O et on prolonge jusqu'à couper l'arc de cercle en L. Le
triangle KBL est rectangle (théorème de Pythagore) et la droite By, qui passe par B et L, est per-
pendiculaire à AB.

De A et B comme centres, on trace deux arcs de cercle d'égale valeur qui se coupent en t
et t'. La droite passant par ces deux points coupe AB en T, en deux parties égales.

De B comme centre, on trace l'arc de cercle de rayon BT qui coupe By en C. On joint A à


C, créant l'hypoténuse du triangle rectangle ABC.

De C comme centre, on trace l'arc de cercle de rayon CB qui coupe AC en D. Puis, de A


comme centre, on trace l'arc de cercle de rayon AD qui coupe AB en N.

Le point N partage le segment AB en « moyenne » et « extrême » raison.

AN AB
On a bien : NB = AN = j phi.

Concrètement, si AB vaut 2, BC vaut 1 et AC vaut √5 (triangle de Pythagore), c’est-à-dire :


2,236. La valeur AD, et donc AN, vaut AC - CB, soit : √5 - 1, c’est-à-dire 1,236. Et NB est égal à AB -
AN, soit : 2 - 1,236 = 0,764.

Exprimées en décimètres, ces dimensions sont les valeurs de la paume, de la palme et de


l'empan, mesures sacrées qui, par leurs multiples de raison φ, conduisent au pied et à la coudée
royale, la mythique « 52,36 ».

Cette constante 1/j - 1 - j se retrouve dans la série de Fibonacci où n'importe quel terme
est la moyenne proportionnelle entre le terme qui le précède, la mineure, et le terme qui le suit,
l'extrême. Ceci indépendamment de l'aspect arithmétique qui veut qu'un nombre quelconque
de la série soit la somme des deux nombres qui le précèdent.

52
Rapports d'harmonie
(Les 5 mesures sacrées)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

53
Les Valeurs de Phi
(À partir de la suite de Fibonacci)

Ces valeurs de Phi deviennent significatives à partir du dixième rapport : 89 à 55, et se sta-
bilisent à partir du quinzième, celui de 987 à 610, donnant le « nombre d'Or » :
j = 1,618033 ou 1,618034.

C'est aussi la valeur qui ressort de l'application de la formule classique : 1+√5/

1/1 = 1 89/55 = 1,618181 6 765/4 181 = 1,618033


2/1 = 2 144/89 = 1,617977 10946/6 765 = 1,618034
3/2 = 1,50 233/144 = 1,618055 17711/10 946 = 1,618033
5/3 = 1,6666 377/233 = 1,618025 28657/17 711 = 1,618034
8/5 = 1,60 610/377 = 1,618037 46368/28 657 = 1,618033
13/8 = 1,625 987/610 = 1,618033 75025/46 368 = 1,618034
21/13 = 1,615384 1 597/987 = 1,618034 121 393/75 025 = 1,618033
34/21 = 1,619047 2 584/1 597 = 1,618033 196 418/121 393 = 1,618034
55/34 = 1,617647 4 181/2 584 = 1,618034 317 811/196 418 = 1,618033

À partir de la coudée royale, qui est le cinquième de j2, on a la même valeur :

j2 = 5 coudées = 0,5236062 x 5 = 2,6180310.


Donc : j = √2,618,310 = 1,6180331

Mais, si on part du nombre transcendantal p, cette valeur est très légèrement différente.
On a, en effet :
j = racine de = 5p/6 = √26 179 917 = 1,6180209

L'écart est minime : 0,000012, mais il existe !

On retrouve d'ailleurs ce même genre d'écart si on calcule la coudée royale à partir du


nombre transcendantal p et du nombre irrationnel j. On a, en effet :

Coudée royale = p/6 = 0,5235983, et coudée royale = j2/5 = 0,5236062.

Soit un écart de : 0,0000079, parfaitement normal si l'on considère qu'il n'y a pas de rapport
exact entre j et p.

54
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Valeurs géométriques de j

Soit le carré ABCD et ses médianes EF et GH se croisant en O. Si l'on considère l'in-


tersection de la diagonale OF du rectangle bi-carré EFCD avec OH, on obtient le point I.
On trace ensuite un arc de cercle de centre I et de rayon IE qui coupe OG en J.

Si la valeur du rayon du cercle inscrit dans le carré est de 1, HJ vaut j, OJ vaut 1/j
et JG vaut 1/j2. Si l'on donne au côté du carré la valeur de une palme, soit 123,6 millimètres,
HJ vaut j de la moitié de 123,6, c'est-à-dire 100 millimètres, intéressante relation entre les
mesures sacrées et le système métrique.

55
56
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Les Racines
Notion de Racines

Le signe « racine de », √ vient des Babyloniens.


Un carré est structuré par ses diagonales (Fig. 1). Il ne peut pas se déformer. Ses médianes
ne le fixent pas (Fig. 2).

Tout ce qui se trouve entre les verticales et les horizontales est une racine (Fig. 3). Tout ce
qui est dans les verticales et les horizontales est l'incarnation de la matière (ou son extériorisa-
tion).

Si on rabat une diagonale sur l'horizontale, on la fait naître à la matière. On peut alors créer
(Fig. 4).

Lorsqu'une racine passe dans la matière, elle devient nombre, elle émerge. Pour faire naître
la racine à la matière, il faut l'extraire. Exemple : √2 devient 1,414.

58
Les racines de 2 et 3
(à partir du rectangle d’or)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Pour obtenir la racine de 2 à partir du rectangle d'Or ABCD, c'est-à-dire dont le


grand côté vaut 1, et le petit côté 1√j, il suffit de construire le carré ABEF en donnant à
son côté la valeur 1. Sa diagonale AE vaut √2.

Pour obtenir à partir du rectangle d'Or ABCD la racine de 3 du côté du carré ABEF
auquel on a donné la valeur 1, il suffit de construire sur son petit côté BGHC de valeur
1/j. La diagonale DG du rectangle AGHD vaut √3 .

59
Les racines de 2 et 5
(à partir de la grille de 3)

60
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Les
triangles
remarquables
Le triangle rectangle 3 - 4 - 5

On peut très facilement construire un triangle 3-4-5 à partir des diagonales √5 des rectan-
gles « 2 & 1 », c’est-à-dire de la structure interne du carré-matière. C'est l'équerre interne des com-
pagnons finis car, l'angle droit étant à l'intérieur du carré, elle ne touche pas sa matière. L'angle
de 90 degrés est l'esprit de la matière. On peut inscrire huit équerres internes 3-4-5 à l'intérieur
du carré-matière.

Soit le carré KLMN et ses médianes PR et OQ qui le partagent en quatre rectangles « 2 &
1 » (ou bi-carrés) KLQO, PLMR, QMNO et RNKP. On trace les diagonales de ces rectangles et
l'on retient, par exemple, le « A de Charlemagne » NPM. L'intersection de PN avec OM détermine
le point T qui est le sommet de l'angle droit du triangle PTM dont les côtés valent respectivement
3 unités arbitraires pour PT, 4 pour TM et 5 pour PM.

Les équerres de l'apprenti-compagnon sont des triangles 3-4-5 dont les cathètes 1 épousent
un côté du carré de base ou une parallèle à celui-ci. (Voir le schéma directeur de la pyramide
maya). Il y a 8 équerres-matière dans le carré (grille de huit).
-----
1/ Dans un triangle rectangle, une cathète est un côté adjacent à l'angle droit.

62
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras L’équerre « pythagoricienne » 3 - 4 - 5

Le triangle 3-4-5 Le rectangle 3 x 4

La croix ancestrale … et le cube qui en découle

Traditionnellement, le côté 3 représente la Providence, le côté 4 la Volonté hu-


maine et le côté 5 le Destin.
Si l'on affecte le côté 3 à Salomon, donc la lettre hébraïque Shin de valeur numé-
rique 300, le côté 4 à Moïse, donc Mem de valeur numérique 40 et qu'on additionne ces
deux valeurs au côté 5, on obtient le nombre 345, celui d'El Shaddaï, c’est-à-dire « Dieu
Tout-Puissant », grand architecte de l'Univers.

63
Les huit équerres 3-4-5 externes

Les équerres-matière de l'apprenti-compagnon, dites « externes », sont des triangles-rec-


tangle de type 3-4-5 dont les cathètes épousent deux côtés du carré de base. Il s'en inscrit huit
dans la grille de quatre.

64
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Les 3-4-5 dans la grille de 7

Le carré central, de côté 1, a une superficie égale au 1/6 de celle d'un des triangles-
rectangles 3-4-5. La grille de 7 en accepte 8, soit 48 modules de base, le 49e étant le carré
central. Ce dessin figure dans le Tchou-Pei, un traité mathématique chinois du Xle siècle
avant notre ère. On le trouve aussi dans le traité hindou de Bhâskara.

65
Le « A » de Charlemagne

Il fait intervenir la diagonale du double-carré, c’est-à-dire « racine de cinq ».

Les branches du A sont les diagonales des carrés longs AEGD et EBCG, c’est-à-dire √5 du
demi-côté du carré de base. La barre transversale MN du « A » vaut la moitié du côté de base,
donc les branches valent chacune √5 de cette barre d'une demi-palme, soit : 13,818 centimètres.

66
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le Pentalpha

Aussi appelé‚ « triangle sublime », c'est le triangle isocèle qui résulte de la construc-
tion du décagone, c’est-à-dire le partage en dix sections du cercle de 360°. L'angle au som-
met de ce triangle vaut donc 36°. Ce triangle sacré, c'est le « pentalpha » de la tradition
dont les angles de base valent chacun 72°.

Bien évidemment, le rapport d'un des côtés sur la base est celui de la divine pro-
portion, appel‚ en 1932 « nombre d'Or » par le prince roumain Matyla Ghyka, diplomate
et ingénieur, puisqu'il s'agit du rapport entre le côté‚ du pentagone régulier étoilé et le
côté‚ du pentagone régulier convexe.

Si l'on partage ce triangle en deux selon sa hauteur et qu'on accole les deux trian-
gles-rectangles obtenus par leur cathète courte (le petit côté), on obtient le fronton des
temples grecs dont la pente est de 18° et l'angle au sommet de 144°.

67
Le Pentalpha et son pentagone complémentaire
(schéma directeur : le décagone)

Les côtés du Pentalpha sont en divine proportion avec sa base, ainsi qu’avec le côté du
pentagone.

68
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le périmètre Papillon

Surtout destiné à mettre en valeur les angles remarquables de 18°, 36°, 54°, 72°, 90°
et le 108°, l'angle sublime du triangle divin.

On trace le carré de base ABCD, ses médianes EG et HF et son cercle inscrit de cen-
tre O, tangent en E, F, G, et H. On mène la diagonale EC qui détermine le point N, milieu
de OF et centre du cercle de rayon ON.

On peut maintenant tracer la mandorle gothique de centres E et G. Elle coupe le


cercle inscrit du carré de base en T, U, V et W, déterminant ainsi deux des côtés du déca-
gone inscrit. On relie VT et WU et l'on a le « périmètre papillon » qui vaut :

1/phi de AE + AB + 1/phi de AE + AB = phi carré de AB

... soit un pied (32,36 cm) dans le cas de figure. Ce périmètre « Papillon » vaudrait
une coudée si le côté du carré de base était l'empan.

69
La nef d’Hippocrate de Chios

Comme le périmètre Papillon, mais basée sur le pentagone étoilé, elle est surtout
remarquable par son exposé des angles sacrés.

La Nef d'Hippocrate de Chios, c'est la surface abcde. Les angles sacrés qu'elle révèle sont
principalement :
w = 18° a = 36° b et g = 54°
q = 72° d = 90° s = 108°

70
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le triangle Divin

En partant du dixième rectangle dynamique, constitué de deux rectangles dyna-


miques 2/j accolés par le petit côté, on peut créer un triangle isocèle dont la base est le
grand côté du rectangle et les côtés les diagonales des rectangles 2/j qui génèrent les an-
gles exacts de 36° et 54°. L'angle au sommet, appelé « angle divin » ou « delta lumineux »,
vaut donc 108° et la base est en divine proportion avec l'un ou l'autre des deux côtés.

Dans le cas de figure, les dimensions : 155 /95,8 = j. Si l'on se réfère aux polygones,
la base du triangle est le côté de l'étoile à cinq branches et le côté du triangle est celui du
pentagone régulier convexe qui la circonscrit. Il ne faut pas le confondre avec le triangle
isocèle constitué par deux triangles-rectangle « 3-4-5 » accolés par leur cathète courte (le
petit côté), dont l'angle au sommet est d'environ 108°.

Les nombres des trois premiers cubes : 1, 8 et 27, sont positionnés sur les sommets
du triangle divin. Rangés dans l'ordre 1-2-3-4-9-8-27, les sept nombres du triangle divin ser-
vent de base aux intervalles musicaux.

Sur l'un des côtés du triangle isocèle, les nombres 1, 2, 4 et 8 ont une progression de
raison 2. Sur l'autre côté, celle des nombres 1, 3, 9 et 27 est de raison 3.

Le père Jean Bétous a longuement étudié le « Delta lumineux » et les proportions


basées sur le nombre j dans la cathédrale d'Auch.

71
La coupole elliptique
(à partir du triangle divin)

C'est le tracé adopté par les architectes achéménides et Sassanides pour les profils des cou-
poles, cinq cents ans avant notre ère. La base du schéma directeur est le triangle divin 108°. Il est
constitué de deux triangles rectangles 3-4-5 accolés par le côté 3. Les 2 arcs de cercle de centres
A et B, de rayon 8, sont raccordés par l'arc de cercle sommital de centre C et de rayon 3.

72
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le triangle isocèle de Viollet le Duc

On voit fréquemment ce triangle isocèle, très proche du triangle √j dont l'angle


a est de 51° 49’ 38”, dans les cathédrales gothiques, dont Notre-Dame de Paris. L'angle de
base de ce triangle vaut 51° 20' 24".

73
Les triangles Héroniens

Deux triangles diophantins juxtaposés ayant en commun un côté de l'angle droit forment
un triangle « héronien » dont la surface est mesurée par un nombre entier.

Dans le cas de la figure ci-dessus, les triangles 5-12-13 et 9-12-15 réunis par le côté 12, et dont
les diagonales sont 13 et 15, composent le triangle héronien 13-14-15 dont surface est [(5 + 9) x 12]
/2 = 84.

74
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Les triangles pythagoriciens

Bien connus des Égyptiens, des Sumériens et des sociétés mégalithiques anté-
rieures, ce sont des triangles rectangles dont les dimensions peuvent se ramener à un
nombre entier d'unités. Les principaux sont :

Le 3 - 4 - 5 Angles de 37° et 53°


Le 5 - 12 - 13 Angles de 23° et 67°
Le 7 - 24 - 25 Angles de 16° et 74°
Le 8 - 15 - 17 Angles de 28° et 62°
Le 9 - 12 -15 Angles de 37° et 53°
Le 9 - 40 - 41 Angles de 13° et 77°
Le 11 - 60 -61 Angles de 10° et 80°
Le 13 - 84 - 85 Angles de 09° et 81°

On les appelle « diophantins » ou « pythagoriciens » car c'est à l'illustre mathéma-


ticien grec qu'ont été révélées les propriétés de ces triangles, lors de l'un de ses deux
voyages initiatiques en Égypte, par les savants de ce pays. Cette série n'est pas exhaustive
et se poursuit de façon à ce que les petits côtés de l'angle droit soient proportionnels aux
nombres impairs. Les grands côtés définissent une série 0-4-12-24-40-60-84 ... telle que ses
différences premières : 4-8-12-16-20-24 ... constituent une série arithmétique de raison 4.
Quant à l'hypoténuse du triangle, elle s'obtient en ajoutant 1 au grand côté. Comme tous
les triangles rectangles, les triangles pythagoriciens possèdent trois caractéristiques prin-
cipales :
1. Ils s'inscrivent dans un demi-cercle dont leur hypoténuse BC constitue le diamètre.
2. La hauteur AH menée de l'hypoténuse partage celle-ci en deux segments dont le pro-
duit est égal au carré de cette hauteur.
3. La somme des carrés des côtés est égale au carré de l'hypoténuse.

75
Triangulation du cercle

Soit un cercle de diamètre d et de rayon r. Si on développe la circonférence de ce cercle


en une droite AB tangente au cercle en H et qu'on joigne les points A et B au centre O, on obtient
un triangle isocèle dont la surface est égale à celle du cercle.

On vérifie en effet facilement que la surface du cercle est TT r2, et que celle du triangle
est AB x OH, donc TT d x r = T T r2
2 2

Construction de la figure en vraie grandeur :

Concrètement, sur le terrain, le tracé du cercle ne pose pas de problème. Il suffit de planter
un piquet en O et de matérialiser le cercle avec une corde réglée au rayon voulu.
La droite qui comportera ultérieurement les points A et B est définie par deux opérateurs
qui tendent une corde et la font tangenter le cercle. Il reste ensuite à positionner
exactement le point de tangence, en partant du principe qu'un triangle-rectangle a le sommet
de son angle droit sur le cercle dont son hypoténuse est le diamètre.

On trace donc une droite quelconque issue de O qui coupe la droite déjà tracée en un
point qui définit le diamètre d'un cercle contenant en H le sommet de l'angle droit recherché.
La hauteur OH du futur triangle (dont la surface sera égale à celle du cercle étant trouvée, il
reste à déterminer la longueur AB de la base.

Pour cela, on va construire un rectangle tri-carré dont le petit côté vaut le diamètre du
cercle. La diagonale √10 de ce rectangle donne la valeur de AB qu'il suffit de reporter par moitié
de part et d'autre de H.

76
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le corps du Pendule

Cette figure définit la section suivant l'axe vertical du pendule courant, mais aussi
les angles sacrés de 18° (pente du fronton des temples grecs) et de 144°.

On trace les diagonales du carré de base, puis les diagonales EF du carré EBFO et
EH du carré AEOH qui recoupent les précédentes en K et L. De K et L, on mène KF et
LH qui coupent EG en O'. De O' comme centre, on trace le demi-cercle de rayon O'F qui
définit la section suivant son axe du corps du pendule.

77
Les frontons des temples grecs

78
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Trisection d’un angle

Soit l'angle formé par les demi-droites Ox et Ox'. Tracer sa bissectrice yz puis, de O
comme centre, tracer un cercle quelconque coupant Ox en M, Ox' en N et yz en P. De P
comme centre, tracer un cercle de rayon PM coupant yz en Q. Positionner le point R, mi-
lieu de PQ, et tracer RM et RN. Il ne reste plus qu'à mener des parallèles à ces deux droites
passant par O pour diviser l'angle MON en trois parties égales.

79
Transfert linéaire sur Circulaire

Principe du tracé des angles d'après une droite, cette résolution du linéaire sur le circulaire
était connu des Assyriens du temps de Sargon l'Ancien. Il consiste à reporter sur une droite RS
dix-huit fois une valeur linéaire donnée, chaque section représentant une valeur angulaire de
dix degrés, soit 180°, valeur du demi-cercle. De R et S comme centres, on trace deux arcs de cercle
de rayon RS qui se coupent en T. De ce point, on trace une droite passant par la valeur sur la
droite de l'angle recherché qui coupe le cercle en L. Il ne reste plus qu'à joindre L au centre du
cercle (point 9) pour matérialiser l'angle. Dans le cas de figure sont illustrées en L et N les valeurs
angulaires de 47° et 122°.

80
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Les
Polygones
Tracé du Pentagone
(Processus de traçage)

Si la base du futur pentagone est positionnée, on détermine par le procédé de moyenne


et extrême raison le point A sur le segment JH et on trace le carré ABCD dont le côté de base,
sur la droite vw, vaut j celui du pentagone à obtenir.

De A comme centre, on trace un arc de cercle de rayon AC qui recoupe la base vw en E.


On joint E à B, la droite ainsi définie coupant AC en F, ce qui donne un premier sommet du pen-
tagone convexe.

Un second sommet du pentagone convexe est obtenu en traçant un arc de cercle de centre
E et de rayon EF, qui coupe vw en H. Si le point A a été correctement défini au départ, le point
H est confirmé.

Un troisième sommet du pentagone convexe est obtenu en traçant un arc de cercle de


centre H et de rayon HF, qui coupe vw en J.

Un quatrième sommet du pentagone est obtenu en traçant un arc de cercle de centre F et


de rayon FH, qui coupe EB en I. (Même remarque que pour H).

Le cinquième sommet s'obtient en traçant un arc de cercle de centre I et de rayon IF qui


coupe au point K un autre arc de cercle de centre J et de rayon JH.

On trace la bissectrice Ey de l'angle aigu BEA du triangle-rectangle BAE, qui coupe le côté
HF du pentagone en son milieu G. On vérifie l'exactitude du tracé en constatant que Ey passe
par le point de rencontre des deux arcs de cercles définissant le point K.

Un autre critère de la précision du tracé est donné par le point N, au croisement de EF et


de CD. Si le point G est correctement placé, il permet le tracé avec N d'une droite qui est rigou-
reusement parallèle à vw.

Si l'on trace les médiatrices des cinq côtés, chacune d'elles passe par le sommet opposé et
elles se croisent au centre O de cercle circonscrit au pentagone. Si l'on trace les rayons de ce
cercle passant par les sommets du pentagone, on détermine avec les médiatrices 10 triangles
« 54 x 36 » (ou 2/j, second dynamique) dont le petit côté vaut 1/2φ du côté du carré et dont le rap-
port du grand côté à l'hypoténuse vaut j/2.

Cette hypoténuse étant le rayon du cercle circonscrit au pentagone, celui-ci vaut 1/√φ2+1
= 0,547 du côté du carré de base. (Cette valeur est l'inverse de la diagonale du rectangle phi, cin-
quième dynamique, qui vaut √j2 + 1 = 1,902).

82
Tracé du Pentagone
(À partir d’un carré au φ du côté)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Ce tracé présente une originale progression de géométrie sacrée car il débute par
le carré ABCD, évolue en un triangle-rectangle √2 ABE et aboutit finalement au penta-
gone IFHJK, archétype de j, donc de √5.

Le côté du pentagone obtenu vaut 1/φ du côté du carré initial. Il suffit donc, pour
obtenir un pentagone convexe dont la valeur du côté est donnée, de partir d'un carré
dont le côté vaut j, celui du pentagone à obtenir.

83
Tracé du Pentagone
(Depuis la demi-diagonale √5)

Soit le cercle de centre O et de rayon r, ainsi que ses diamètres perpendiculaires PQ et RS.
De Q comme centre et avec le même rayon, on trace un arc coupant le cercle en K et L. La droite
xy passant par ces points coupe OQ en O', milieu de la diagonale racine de cinq du rectangle « 2
& 1 » fictif bâti sur RS et OQ.

De O' comme centre, on trace l'arc de rayon O'R coupant PQ en T. Puis, de R comme cen-
tre, on trace l'arc de rayon RT qui coupe le cercle en U et V. Ces points sont (avec R) des sommets
du pentagone régulier. Les deux autres sont obtenus en reportant depuis U et V la valeur RU ou
RV du côté, ce qui donne les points W et Z.

O'R (et donc O'T) valant « x r, RT (ou RU) vaut : « r x », c’est-à-dire :


Concrètement, pour obtenir un pentagone régulier convexe de 100 millimètres de côté,
il faut partir d'un cercle directeur de 85,1 millimètres de rayon.

84
Tracé du Pentagone
(Par les arcs tangents)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit les cercles de centres M et N, tangents en O, centre d'un troisième cercle


de diamètre double. On trace la perpendiculaire xy à MN coupant le grand cercle
en A, par convention un des cinq sommets du polygone, et en Q.

De Q comme centre, on trace les arcs tangents aux deux cercles en R, S, T et


U qui coupent le grand cercle en B, C, D et E. Les points de tangence S et T sont
sur QN et les points de tangence R et U sont sur QM.

85
Tracé du Pentagone
(À partir de la mesure d’un côté)

Ce remarquable tracé est dû à Albert Dürer, un grand initié né à Nuremberg en 1471 et


mort dans cette même ville en 1528. Dessinateur et architecte de génie, il publia en 1525 un ex-
traordinaire livret d'instructions pour « mesurer au compas et à la règle ». D'abord élève de Wohl-
gemut, il se lia ensuite d'amitié avec Bellini qui fit de lui un peintre et un graveur hors du
commun.
Cette méthode de construction du pentagone présente l'originalité d'être entièrement
menée avec une seule ouverture de compas, donnée par le segment de base MN.
De M comme centre, on trace un cercle de rayon MN. De N comme centre, on trace un
autre cercle de rayon MN qui recoupe le premier en P et Q, définissant ainsi la médiatrice de
MN. De P comme centre, on trace l'arc yy' qui coupe PQ en Z.
On trace RZ que l'on prolonge jusqu'à couper le cercle de centre N en T, et SZ que
l'on prolonge jusqu'à couper le cercle de centre M en U. Puis, de T et U comme centres, on trace
les arcs de rayon MN qui se coupent en W, sur la médiatrice de MN.
Il ne reste plus qu'à joindre T à N et W, et U à M et W pour terminer le tracé du
pentagone régulier convexe.

86
Tracé du Pentagone
(Inscrit dans le cercle de quadrature du carré)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit le carré RSTU, traité en grille de 4 (Carré de Jupiter), dont on établit la pre-
mière duplication rétrograde racine de deux, c'est-à-dire le carré sacré WXYZ. On trace
les cercles de quadrature et de périmétrie de ce losange carré. Une ligne passant par le
croisement du cercle de périmétrie du carré sacré avec les diagonales du carré de base
contient un côté du pentagone régulier convexe. Les sommets A et B sont situés aux croi-
sements du cercle de quadrature avec cette droite. Les sommets C et D sont aux croise-
ments des côtés du carré sacré avec son cercle de quadrature. Le sommet E est situé sur
la médiane WY, au croisement avec le cercle de quadrature.

87
Le Pentagramme
(Résumé des angles et rapports)

On a : BE/BA = BE/CD = MO/NO = AN/NM = NM/NA = j

On constate aussi que : MA= MO

De même que les angles : ABE = EBD = CED = 36°

Le pentagramme complet a été découvert par Lund à Spaleto dans une église byzantine
e
du Vl siècle. Il figure aussi sur un vitrail de Notre-Dame de Paris. On peut aussi le voir sur le
mausolée de Théodoric à Ravenne et sur les tracés du temple de Minerve Medica à Rome. En
Allemagne, il est représenté sur l'église de Saint-Géréon à Cologne. Les triangles OED et OBC
sont des pentalphas.

88
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le tas de sable

Le Pentagramme est présent dans la nature car c'est la pente de 72° qu'adopte au
bout de quelques jours un tas de terre déversé sur le sol. Les cantonniers d'antan ne s'y
sont pas trompés car c'est la section qu'ils donnaient aux dépôts de matériaux routiers.
Schéma réglementaire des ex - Ponts et Chaussées.

89
Tracé de l’Heptagone
(Polygone régulier convexe à sept côtés)

Soit le cercle de centre O et son carré circonscrit ABCD. Au milieu de AB, on positionne
le point E qui sera un des sommets de l'Heptagone. On partage ensuite les segments AD et BC
en divine proportion, ce qui donne les points F et G.
On a donc : AD = j = BC Tracer alors OE, OF et OG.
AF BG
L'angle EOF vaut 102° 51' 26". Sa bissectrice détermine l'angle au centre de l'heptagone ré-
gulier, exact au septième de seconde près (1/3 600). Procéder de même sur l'angle EOG. Ces bis-
sectrices coupent le cercle en H et I, sommets de l'heptagone régulier convexe. Il suffit de tracer
un arc de centre F et de rayon FH pour obtenir le point J. Même manœuvre pour le point K.

Les sept rayons sont les axes de l'étoile à sept branches, celle de l'Incarnation, dont l'angle
au centre vaut 51,428571..... degrés, ou 51° 25' 43". Il est intéressant de remarquer que les angles de
base du triangle isocèle FEG ont une valeur proche de 51°26', ce qui a permis aux Anciens d'ob-
tenir l'angle de l'heptagone avec la corde druidique à treize nœuds (donc douze intervalles) en
l'utilisant de façon à tracer un triangle isocèle dont la base valait cinq coudées et les côtés chacun
quatre coudées.

90
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Angle au centre de l’Heptagone

Le partage du cercle en sept parties


égales par la méthode graphique est
impossible. Différentes approches ont
cependant été proposées, notamment
pour le tracé de l'étoile à sept branches
dont la fonction symbolique est attestée
depuis la plus haute antiquité.

Une des plus précises est celle qui fait


appel à la corde à treize nœuds disposée
de façon à composer un triangle équi-
latéral de quatre intervalles pour les
côtés et cinq pour la base. L'angle ob-
tenu vaut 51° 19’ 04” 13/100 (ou
51,31781255), très proche de la valeur
exacte de l'angle au centre de l'hepta-
gone régulier : 51° 25’ 43” (ou 51,428571).

Une autre méthode, qui ne présente qu'un écart d'un tiers de degré avec l'angle
exact utilise le rapport j dans la construction d'un triangle isocèle dont la base vaut, par
exemple, une coudée royale, et la hauteur le pied cosmique, soit : 0,5236 et 0,3236 mètre.
Les angles de base valent 51° 01’ 50” 11/100 (ou 51,03058629).

C'est ce dernier triangle qui a servi de schéma directeur pour la construction de la


Grande Pyramide, dite de « Khéops », dont les côtés du triangle-rectangle générateur va-
lent respectivement 1 et √j, et l'hypoténuse j.

91
Tracé de l’Heptagone
(Construction d’Albrecht Dürer)

Soit un cercle de centre O et de rayon OA. De M, milieu de OA, on élève une perpendi-
culaire qui coupe le cercle en N. Le segment MN est une valeur approchée du côté de l'hepta-
gone, symbole de la virginité.

92
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Tracé de l’Heptagone régulier

Soit le cercle de centre I et ses diamètres PG et FH. De J, milieu de IH, on élève la


médiatrice de ce rayon qui coupe le cercle en K. De J comme centre, on trace un arc de
cercle de rayon JP qui coupe le diamètre FH en L. De K comme centre, on trace un arc
de cercle de rayon KL qui coupe le diamètre PG en M et le cercle en N. La corde MN
vaut le côté approché de l'heptagone régulier convexe inscrit dans le cercle.

93
Tracé de l’Heptagone
(depuis le demi-côté du triangle équilatéral)

Soit le cercle de centre O et le triangle équilatéral inscrit ABC. On trace BO qu'on prolonge
pour couper AC en son milieu D. L'arc de rayon AD centré en A, par convention un des sommets
de l'heptagone régulier inscrit en détermine deux autres en recoupant le cercle de base en E et
F. Il suffit ensuite de reporter quatre fois la valeur AE (ou AF) sur la circonférence, depuis E ou
F.

Ce tracé approché détermine un angle au centre de l'heptagone régulier convexe de 51°


06' au lieu de 51° 26', soit une erreur d'un tiers de degré.

94
Tracé de l’Heptagone
(Par la tangente au cercle de périmétrie)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit le cercle de centre I et son carré inscrit KLNR. On trace le cercle de périmétrie
de ce carré. De l'un des sommets du carré, on mène une droite qui tangente le cercle de
périmétrie et coupe le cercle de base en S. Le segment KS constitue un des côtés de l'hep-
tagone régulier convexe KSTUPWZ (à 0,4 % près, r' valant r sin a). Le cercle inscrit dans
l'heptagone se confond avec le cercle de périmétrie du carré.

95
Tracé du côté de l’Heptagone
(selon Rabelais, approche à 0,084 %)

Soit un cercle de diamètre AB partagé en 7 parties égales. De A et B comme centres, on


trace deux arcs de cercle de rayon AB se croisant en D. De ce point, on mène une droite passant
par le point E situé sur AB à trois sections de A et coupant le cercle en G. Même manœuvre avec
le point F situé à 5 sections de A et coupant le cercle en H. Le segment GH est une très bonne
valeur du côté de l'heptagone régulier, exacte à 0,084 % près. Une précédente approche (d'origine
inconnue) donnait le segment BH. Il présentait une erreur de 0,16 %, certes faible mais néan-
moins double de celle de l'initié François Rabelais, contemporain et ami de Nostradamus.

96
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Les Octogones

L'octogone régulier convexe a été très uti-


lisé dans le tracé des églises, dômes et tours des
époques romane, arabe et byzantine. Les exem-
ples les plus connus étant l'église de Saint-Nec-
taire en France, de San Vitale de Ravenne en
Italie et la cathédrale carolingienne d'Aix-la-
Chapelle en Allemagne. A rappeler aussi la mos-
quée d'Omar à Jérusalem.

Par rapport au rayon r du cercle circonscrit,


le côté de l'octogone vaut :

a = r √2- √2

L'apothème vaut :

d = r/2 √2 +√2

Sous sa forme étoilée, il a été abondam-


ment employé comme motif géométrique d'or-
nementation de l'art décoratif musulman
(plafonds mauresques) et dans les « dentelles de
marbre » de l'Inde et de la Mongolie.

La disposition, plus rare, des deux carrés su-


perposés décalés de 45°, se remarque dans la
forme de la salle d'accueil du musée du Louvre,
à Paris, sous la pyramide.

97
Tracé de l’Ennéagone
(Polygone régulier convexe à neuf côtés)

Soit les cercles de centres M et N, tangents en O, centre d'un troisième cercle de même
diamètre et centre d'un quatrième, de diamètre double. Les trois petits cercles se coupent en P,
Q, R et S. On trace la perpendiculaire xy à MN coupant le grand cercle en A, par convention un
des neuf sommets du polygone.

On trace une parallèle à MN, tangente aux trois petits cercles, qui coupe le grand cercle
en B et C, autres sommets de l'ennéagone. Du point B, on trace BQ qu'on prolonge jusqu'à couper
le grand cercle en D. Même manœuvre pour CP qui donne le point E. Les points F et G sont ob-
tenus en prolongeant CM et BN. Les deux derniers sommets, H et I sont définis par le prolon-
gement de AR et AS.

98
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Tracé du côté de l’Ennéagone

Cette authentique figure médiévale donne non seulement le côté de l'ennéagone,


polygone régulier convexe à neuf côtés, mais aussi une valeur approchée de l'angle de
13 degrés dont on ne connaissait pas de tracé.

99
Tracé du Décagone
(depuis le pentagone)

Le côté du pentagone régulier convexe que l'on se propose de dessiner avant d'entrepren-
dre le tracé du décagone, a une longueur donnée. Elle est matérialisée par le segment MN sur
lequel on construit le carré MNOP.

De Q, milieu de NO, comme centre, on trace un arc de rayon QP qui coupe le prolonge-
ment de NO en R.

De N comme centre, on trace l'arc de rayon NR (le j du segment de base) qui coupe la
médiatrice xx' en S. Ce point est le sommet du pentagone de base MN. Il suffit de tracer les arcs
de rayon MN, centrés sur S et M qui se recoupent en T, d'une part et centrés sur S et N qui se re-
coupent en U, d'autre part, pour avoir les autres sommets du pentagone.

On a le centre du cercle circonscrit à ce pentagone régulier en traçant la médiatrice de


SN (côté du pentagone étoilé) qui croise xx' en V. Le point S est le centre du cercle de rayon SN
contenant les sommets du décagone régulier convexe de côté MN.

100
Tracé de l’Hendécagone
(Polygone régulier convexe à onze côtés)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit un cercle de centre O et ses diamètres LR et ST. De R comme centre, on trace


l'arc de cercle de rayon RO qui coupe le cercle de centre O en U et V.

De S et T comme centres, on trace les arcs de rayon TO et SO qui recoupent le cer-


cle de centre O en X et Y.

De V comme centre, on trace l'arc de rayon VY qui coupe LO en W. On peut faire


de même avec U comme centre et UX de rayon.

La valeur WX (ou WY) est celle du côté de l'hendécagone convexe, que l'on reporte
onze fois à partir de L sur la circonférence. Il ne reste plus qu’à joindre tous ces points
pour obtenir le polygone régulier à onze côtés

101
Tracé de l’Hendécagone convexe

Soit un cercle de centre O et ses diamètres LR et ST. De R comme centre, on trace l'arc de
rayon RO qui coupe le cercle de centre O en U et V.

De S et T comme centres, on trace les arcs de rayon TO et SO qui recoupent le cercle de


centre O en X et Y.

De V comme centre, on trace l'arc de rayon VY qui coupe LO en W. On peut faire de même
avec U comme centre et UX de rayon.

La valeur WX (ou WY) est celle du côté de l'hendécagone convexe, que l'on reporte onze
fois à partir de L sur la circonférence. Il ne reste plus qu'à joindre tous ces points pour obtenir
le polygone régulier à onze côtés.

102
Tracé du Dodécagone
(par les deux hexagones)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit le cercle de centre I et son carré sacré, le losange KLNR. On trace les médianes
de ce carré qui déterminent sur le cercle les sommets « du carré de la Mère ». On trace
ensuite les deux hexagones complémentaires. Leurs sommets sont ceux d'un Dodéca-
gone. On constate alors que les douze points de croisement des deux hexagones sont sur
le cercle de périmétrie commun aux deux carrés qui se confond d'ailleurs avec le cercle
circonscrit d'un second décagone. L'erreur n'est que de 0,4 %.

103
Tracé du Pentadécagone
(Polygone régulier à 15 côtés)

Soit le cercle de centre O.

D'un point A de la circonférence, on trace l'arc de rayon AO qui coupe le cercle en B et


sous-tend un angle de 60°.

Du point C, milieu de OA, on trace un arc de cercle de rayon CD qui coupe le prolonge-
ment du rayon OA en E.

On trace alors un autre arc de cercle de centre A et de rayon AE qui coupe le cercle direc-
teur en F. Le segment BF est le côté du pentadécagone.

On a bien AB = r, donc un angle sous-tendu de 60° et AF, côté du décagone est égal à r/j.

Donc un angle de 36°.

Par ailleurs, 60° -36° = 24°, arc qui est le 1/15e de la circonférence angulaire.

La longueur du segment FB s’exprime par la formule :

FB = r/4 = (√ 10 + 2√ 5 − √3 ( √5 -1 ))

C = r/2 (√1,618 + 2 - √3/1,618)

On peut voir dans la cathédrale de Rouen de très belles rosaces à tracé pentadécagonal
dont le noyau est un pentagramme.

104
Tracé du Pentadécagone
(Polygone régulier à 15 côtés)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On trace le carré de base ABCD, ses médianes EG et HF et son cercle inscrit de


centre O, tangent en E, F, G et H. On joint E à F et on trace l'arc de cercle de centre F et
de rayon OF qui coupe EF en b. A partir d'un point quelconque du cercle directeur, on
reporte quinze fois la valeur Eb. Il ne reste plus qu'à joindre par des segments de droite
les points ainsi déterminés pour obtenir le pentadécagone.

105
Tracé du Pentadécagone
(Par l’hexagone et le décagone)

Le côté du pentadécagone (polygone à 15 côtés) en rouge, s'obtient facilement ensuperpo-


sant un hexagone en orangé, et un décagone en vert, dans le même cercle.
Si on considère un côté AB de l'hexagone et un côté AC du décagone, BC est le côté du
pentadécagone.
Le segment AB, côté de l'hexagone, sous-tend un angle de 60°. Le segment AC, côté du
décagone, sous-tend un angle de 36°. Donc le segment BC sous-tend un angle de 60°- 36° = 24°,
soit le 1/15e de la circonférence.
La valeur du côté du pentadécagone, rapportée au rayon du cercle circonscrit, est
donnée par la formule :
BC = r/4 ((√10 + 2 √5) - √3 (√5 - 1))

106
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Les solides
pythagori-
ciens
Les solides parfaits

En géométrie, les solides parfaits, dits aussi « platoniciens » si on les considère comme des
entités mathématiques peuplant séparément un monde particulier, sont des volumes limités par
des surfaces, des arêtes et des angles égaux. Ce sont :
- Le tétraèdre régulier est un volume doté de 4 sommets. Il est formé de quatre triangles
équilatéraux égaux et présente six arêtes d'égale longueur. Si on donne à la longueur d'une arête
la valeur a, la surface du solide vaut (a2 x √3) et son volume est le 1/12 de a3 x √2. Il représente le
Feu sur le plan symbolique.

- Le cube ou hexaèdre, un volume a 8 sommets. Il est formé de 6 carrés égaux et présente


12 arêtes égales. Si a est la longueur d'une arête, sa surface vaut 6a2 et son volume a3. Symboli-
quement, il représente la Terre.

- L'octaèdre régulier, formé de huit triangles équilatéraux égaux et présentant douze arêtes
égales. Si a est la longueur d'une arête, la surface vaut 4a x √3 et le volume 1/6 de a3 x √2. On
peut l'inscrire dans un cube, chacun des six sommets étant positionné au centre de chaque face
du cube. Sur le plan ésotérique, il représente l'Air.

- L'isocaèdre régulier, formé de vingt triangles équilatéraux et présentant quarante arêtes.


Dans l'univers des symboles, il représente l'Eau.

- Le dodécaèdre, formé de douze pentagones réguliers et présentant trente arêtes. C e r -


tains dodécaèdres en bronze trouvés en Gaule sont à rapprocher, sur le plan ésotérique bien sûr,
des « œufs de serpents » dont parle Pline l'Ancien et qui symbolisent, eux aussi, le développement
de l'Univers. Ce qui tendrait à prouver que les conceptions celtiques des druides gaulois étaient
très proches de celles des pythagoriciens grecs, le symbole géométrique du dodécaèdre étant le
nombre d'Or.

Enfermons une sphère dans un octaèdre de telle façon qu'elle tangente ses faces et met-
tons le tout dans une autre sphère passant par les sommets de l'octaèdre. Enfermons maintenant
cette seconde sphère et son contenu dans un isocaèdre de façon qu'elle tangente ses faces et met-
tons le tout dans une autre sphère passant par les sommets de l'isocaèdre. Enfermons ensuite
cette troisième sphère dans un dodécaèdre et ce volume dans une quatrième sphère. Procédons
de même avec un tétraèdre et une cinquième sphère que nous enfermons à son tour dans un
cube, et le tout dans une sixième sphère. On a la modélisation du système solaire tel que le
concevait le grand Kepler dans son célèbre ouvrage « Mysterium cosmographicum ».

Le génial astronome avait retrouvé l'harmonie des sphères de Pythagore, de Platon et de


Philoaos mais, si tout allait bien pour les planètes Mercure, Vénus, Terre et Mars, il s'aperçut
que Jupiter était trop près et sa place occupée par Saturne. Comme Kepler était un inconditionnel
de Pythagore, il ne pouvait remettre en cause la justesse de son raisonnement et en conclut qu'il
manquait une planète entre Mars et Jupiter.
C'est William Hershel qui la découvrira et lui donnera le nom d'Uranus proposé par Bode,
le directeur de l'observatoire de Berlin. Plus tard, Piazzi décèlera Cérès ainsi que d'autres débris
de la planète éclatée et connue depuis comme la « ceinture d'astéroïdes ». Puis Johann Gottfreid
Galle trouvera Neptune en 1846 et Clyde William Tombaugh révélera Pluton en 1930.

108
Les cinq solides parfaits
(Valeurs respectives des côtés)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit une droite xy sur laquelle on reporte trois fois une valeur donnée déterminant
les points A, B, C et D. De O, milieu de AD, comme centre, on trace un demi-cercle de
diamètre AD. De C, on élève une perpendiculaire qui coupe le demi-cercle en E. Le côté
du tétraèdre (4 faces triangulaires) est donné par le segment AE. Le côté du cube est
donné par le segment ED. De O, on élève une perpendiculaire qui coupe le demi-cercle
en F. Le segment FD donne le côté de l'octaèdre (8 faces triangulaires). De A comme cen-
tre, on trace un arc de rayon AD qui coupe en G la perpendiculaire à xy élevée en A. La
droite OG coupe le demi-cercle en H. De ce point H, on trace la perpendiculaire à xy
donnant le point I. Le segment AI est le côté de l'isocaèdre (20 faces triangulaires). Enfin,
de E comme centre, on trace un arc de rayon EF qui coupe ED en J. Le segment JD est le
côté du dodécaèdre (12 faces pentagonales).
109
La Tétrade

Ce nom vient du grec tétras qui signifie « ensemble de quatre choses ». Pythagore voyait
dans la suite des quatre premiers nombres : « La Tétrade sacrée, immense et pur symbole, source
de la Nature et modèle des Dieux ».
Il présentait ces quatre nombres dans la disposition de la quatrième triangulaire et leur
donnait les valeurs suivantes :

1
symbole de l'élément Feu, c'est l'Unité, l'Esprit créateur : Dieu. L'Unité est antérieure au Nom-
bres puisque tous les nombres en sont issus. Principe de tous les nombres, il contient à la
fois le Pair et l'Impair. Ce principe est défini dans le Prologue de Jean de Patmos comme
étant l'Arché. Il contient le début et la fin, l'Alpha et l'Oméga. Il est la source manifestée, l'Esprit,
la Couronne (ou séphirah Kether ).

2
symbole de l'élément Air, c'est la dualité, l'état instable (Caph-Shin-Phé), l'opposition
Bien/Mal, Lumière/Ténèbres, Terre/Ciel, etc. C'est le principe Pair. Il est le seul qui donne le
même résultat en s'ajoutant à lui-même ou en se multipliant par lui-même. La géométrie
de la ligne commence avec lui. Il est la manifestation de la vie : Chaud/froid, actif/passif,
Yin/Yang, etc.

3
symbole de l'élément Eau, c'est l'action de l'Esprit sur la matière. Il est le principe Impair. Il
possède dans le temps un commencement, un milieu et une fin. Il est le triangle, donc l'es-
pace. Temps et espace font de lui l'Existence. Il est le ternaire alchimique Mercure/Soufre/Sel
de l'Adepte et le Principe/Verbe/Substance du Platonicisme.

4
symbole de l'élément Terre, c'est la manifestation sensible. C'est l'universelle mesure qui
structure le monde matériel. Les saisons et les phases lunaires sont des mesures de temps.
Les points cardinaux sont des mesures d'espace. Il y a les 4 évangélistes, les 4 éléments, les
4 fleuves du Paradis, les 4 âges, les 4 cavaliers de l'Apocalypse, etc.

Cette symbolique des Nombres n'échappera pas à saint Martin qui dira : « Les Nombres
sont les enveloppes visibles des êtres ", et surtout pas à saint Augustin qui a écrit : "L'âme, mue
par une espèce d'inspiration miraculeuse, a soupçonné qu'elle était un nombre. Tout dans la Na-
ture tend à réaliser le Nombre, l'Unité. »

Pythagore et Platon reconnaissaient aussi deux autres tétrades, appelées Tétractys, qui
étaient constituées, d'une part des quatre premiers nombres impairs : 1, 3, 5 et 7, et d'autre part
des quatre premiers nombres pairs : 2, 4, 6 et 8. Le total de ces huit nombres donne 36, un des
grands nombres sacrés, somme des trois premiers cubes (1 + 8 + 27), produit des deux premiers
carrés (4 x 9), et les nombres des sommets du triangle divin.

Les nombres de la tétrade, plus le 8 et le 9 du triangle divin, définissent les intervalles


musicaux, l'octave : 2/1, la quinte : 3/2, la quarte : 4/3, la seconde : 9/8.

110
Notion de Fractalité

Vers 1980, certains scientifiques s'aperçurent que les objets naturels, depuis les ro-
chers, les montagnes et les fleuves, jusqu'aux planètes, étoiles et galaxies ont des formes
extrêmement compliquées dont les contours complexes ne peuvent s'inscrire dans les
trois dimensions de l'espace euclidien.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Il en est de même au niveau du vivant, qu'il soit végétal, animal ou humain. les vé-
gétaux, de l'herbe la plus fine à l'arbre le plus gigantesque, les animaux, de l'amibe au
baleinoptère, et l'humain, depuis la protéine jusqu'au squelette et aux masses musculaires,
tous sont concernés par ce concept.

Tous ces objets, vivants ou non, sont dits fractals parce qu'il faut pour les décrire
une dimension nouvelle appelée « fractale» pour fractionnaire. leur motif constitutif de
base se répète, toujours identique, comme les triangles semblables.

C'est un français, le mathématicien Benoît Mandelbrot qui a inventé l'adjectif « frac-


tal» pour qualifier les séries de formes emboîtées et homologues qui conservent ta même
structure à des échelles différentes.

Le contour, la surface et le volume de ces objets naturels est toujours plus grands
que l'unité utilisée pour les mesurer. Ils présentent une sur-dimension, dite fractale, et
l'espace qu'ils occupent est fractalisé. C'est ainsi que les objets naturels acquièrent une
qualité qui les fait s'inscrire dans un espace à 3, 3 dimensions (et même davantage) alors
que les objets fabriqués restent dans l'espace euclidien à trois dimensions.

Bien sûr, cette dimension nouvelle n'est pas mesurable sur le plan physique. L'éva-
luation de la dimension fractale est un artifice de calcul, un rapport entre les mesures
prises avec des échelles différentes. Il en est ainsi du nombre d'Or, directement inspiré
de la suite de Fibonacci, et de la distribution, au niveau des chromosomes, des bases de
l'ADN. On peut aussi y inclure les réseaux géobiologiques qui, par la duplication de leurs
mailles, semblent bien être de nature fractale.

La surface rugueuse d'un rocher ou d'un tronc d'arbre confèrent à ces objets une
nature fractale. Si ces objets entrent en résonance avec un être humain (autre objet frac-
talisé) ils délivrent un message que le système nerveux autonome de l’homme peut dé-
coder. Ce qui permet au géobiologiste Gilbert Fleck d'émettre l'hypothèse selon laquelle
« la qualité fractale (ou fractalité) des objets naturels qui nous entourent est une clé ma-
jeure pour rendre compte de la rationalité des phénomènes sensibles».

111
112
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Les grilles
Tracé des Grilles
(Méthode Raymond Montercy)

Nous disposons donc, à partir de la rosace, d'un cercle axé sur deux droites normales (per-
pendiculaires) et de quatre « pétales », les mandorles gothiques.

On trace alors les diagonales de la figure, axes de symétrie des pétales, qui coupent le cer-
cle en quatre points. Ces points sont les sommets du premier carré, celui de la Mère, permettant
l'émergence à la matière.

Les côtés de ce carré recoupent les pétales en deux points, alignés sur les points de croi-
sement des deux droites avec le cercle, qui sont les sommets du carré à 45°, celui du Père, géniteur
et organisateur de la matière.

La grille est désormais tracée et génère tout l'ordonnancement de la matière. Ce qu'il y a


autour, c'est toute la relation avec l'univers, la quintessence, dont Montaigne disait que c'est une
qualité dont notre raison est incapable de trouver la cause.

On trace alors le carré en quadrature avec la Mère (premier fils, relié à la Mère), puis le
carré de la première fille, en parallèle à celui de la Mère. Les carrés à 45° sont des génitifs (mâles)
et les horizontaux sont des créatifs (femelles).

On peut maintenant tracer la première grille, celle de trois, aussi appelée « Carré de Sa-
turne », en menant des parallèles au carré de la Mère par les points de croisement des diagonales
des rectangles bi-carrés avec les axes de symétrie des pétales. Pour cela, on trace quatre fois le
A de Charlemagne.

En application sur le terrain, le carré de la maison, c'est celui de la Mère, la bulle du bâti-
ment étant définie par la pointe des pétales. Quant à la première pierre, elle sera implantée au
centre du système. Il en est de même pour un temple, une citadelle ou une ville. Il y a ainsi neuf
duplications dans le sens rétrograde, et neuf dans l'autre sens.

Si l'on donne au petit carré central, celui qui circonscrit le « zong » de la monade chinoise,
une dimension de un mètre par un mètre, on a un carré de la Mère de 32 mètres de côté et un
losange carré de 724 mètres de côté pour l'expansion maximum.

114
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

115
Les Pétales
Le Carré de la Mère

116
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

117
Carré-matière et Losange sacré
Génitifs & Créatifs

118
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La Structure interne

La structure interne (en carmin) est constituée par les diagonales √5 des quatre
rectangles bi-carrés formés par les médianes du carré de la Mère. la structure interne est
à la base du tracé de toutes les grilles.

119
La grille de Trois

La grille de Trois s’obtient en traçant des parallèles au carré de base passant par les inter-
sections des diagonales de la structure interne (ronds noirs).

120
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Trois

Croix de saint-André Grille matière

Symbolique templière Croix templière

Croix templière (ou croix de Malte). Cette croix blanche, symbole de la lumière,
rappelle par ses huit pointes les huit béatitudes du Sermon sur la Montagne. Ces huit
béatitudes sont d’ailleurs neuf, la dernière constituant la conclusion, l’illumination, Le
point d’aboutissement, le moteur immobile au centre de la croix : Dieu. Pour cette raison,
la croix de Malte a souvent été appelée « ennéade ».

121
La grille de Quatre

La grille de Quatre s’obtient en traçant des parallèles au Carré-Matière passant par les
croisements de la structure interne avec les médianes du carré de la Mère (points noirs).

122
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Quatre

Le passage de la grille de Quatre s’effectue en prenant en compte le croisement


des racines de cinq des doubles carrés formés par les médianes du carré de la Mère. On
mène par ces points les parallèles au carré de base, ce qui donne la grille de 4 ou « carré
de Jupiter ».
On remarquera que le premier fils naît avec la grille de 4 prise en losange interne.
Les huit diagonales √5 des rectangles bi-carrés définissent un polygone convexe
régulier à huit côtés. Cette figure centrale constitue la base de la symbolique templière.
Les sommets de cet octogone sont situés, d’une part sur les croisements des lignes
internes de la grille de 3 (ligne 2 et 3), et d’autre part à l’intersection des diagonales √5
des rectangles bi-carrés (lignes 2 et 4) de la grille de 4.

123
La grille de Quatre

La grille de Quatre s’obtient en traçant des parallèles au Carré-Matière passant par les
croisements de la structure interne avec les médianes du carré de la Mère (points noirs). En poin-
tillé, la grille de trois. La grille de Cinq

124
La grille de Cinq
La grille de Sept
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

LA GRILLE DE 5 se définit à partir de la grille de 3 en prenant en compte les croise-


ments des huit diagonales √5 entre elles et en menant par ces huit points des parallèles
au carré initial. Le carré de 5 ou « carré de Mars » interfère par les angles externes de sa
croix centrale avec les intersections des √5 initiales.

LE CARRÉ DE 7 ou « carré de Vénus », s'obtient en traçant le carré dont les sommets


sont les pointes des pétales. On peut réaliser une forme intéressante avec une grille de 7
d'un empan de côté, soit vingt centimètres, taillée dans du plastique de cinq millimètres
d'épaisseur. Il faut graver l'octogone à la pointe sèche et percer huit trous de 1,5 millimè-
tre de diamètre aux intersections des lignes 3, 4, 5 et 6. Bien caler le carré au Nord de
Forme et poser l'objet ou le produit à tester au milieu.
125
La grille de Six
(Processus de traçage)

- Mettre en place le cercle directeur, le cardo et le decumanus, les pétales et leurs axes de
symétrie, diagonales du carré de la Mère.

- Tracer le carré de la Mère, le losange du Père et les quatre « A » de Charlemagne (les


diagonales des rectangles bi-carrés) qui constituent la « Structure interne ».

- Le losange du Père n'intervient pas dans le tracé des grilles de Six et de Douze. Il ne
figure que pour l'équilibre énergétique de la forme.

- Tracer la Grille de Trois (lignes 1) en utilisant les croisements des diagonales du carré de
la Mère avec la structure interne et en menant par ces points des parallèles aux côtés du carré
de base (ronds blancs).

- Les lignes 2 sont les médianes du carré de base. Elles se confondent avec le cardo et le
decumanus. Elles passent par les croisements centraux des diagonales racine de cinq des rectan-
gles bi-carrés (ronds noirs).

- Les lignes 3 sont des parallèles au carré de base passant par les intersections des pétales
avec la structure interne (carrés noirs).

- On obtient ainsi la Grille de Six aussi dénommée « Carré du Soleil ».

126
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

127
La grille de Six
Passage de la grille de 6 à la grille de 4
(Par basculement sur grille de 5)

Cas concret d'implantation d'un centre commercial dont l'orientation administrative po-
sitionnait la façade principale 25 ou 30 degrés à l'ouest du nord géographique. La latitude du
lieu imposant une grille de 6 (ou 12), un premier basculement a de 11°30' a provoqué le passage
en grille de 5. Un second basculement b de 26° 54' permit l'orientation souhaitée et conduisit à
une grille de 4.
Les points communs à la grille de 4 et à la grille de 6 initiale sont, pour huit d'entre eux,
sur le cercle de quadrature du carré bascu lé de 4. Ces 21 points forts se révélèrent être ceux sou-
haités par les architectes pour les piliers de soutènement du toit de l'édifice. Complétés par ceux
communs à la grille de 4 et à la grille de 6 dupliquée en grille de 12, leur nombre put passer à
25.
128
La grille de Sept
(et sa première duplication rétrograde)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On trace le cardo, le décumanus, le cercle directeur, les pétales et le carré défini


par la pointe des pétales. Ce carré sera le cadre de la grille de 7 externe

La grille interne de 7, duplication « racine de deux » de la grille externe, est obte-


nue à l'aide d'une structure qui n'est pas conservée après réalisation. Les deux grilles de
7 sont en parfaite harmonie, tous les points de croisement de la grille interne étant posi-
tionnés sur le maillage de la grille externe.

On trace dans l'enceinte carrée de la future grille de 7 externe le losange en du-


plication rétrograde √2 de la grille de sept interne. Des quatre angles du carré de base,
on mène les tangentes aux pétales qui coupent le losange interne en quatre points dé-
terminant les lignes 1 et 2 de la grille de sept interne.

On mène par ces points les parallèles au carré de base qui déterminent les lignes
1 et 2 de la grille de sept externe. Quatre des sommets de l'octogone défini par les croise-
ments des lignes de la structure provisoire permettent de tracer les lignes 3 de la grille
de sept externe. Ces lignes coupent le losange à 45° aux points permettant le tracé des
lignes 3 de la grille de sept interne.

Ce processus original permet le tracé des deux grilles complémentaires de 7, l'une


en configuration Père, l'autre en configuration Mère.

129
La grille de Sept : les carrés de Vénus Complémentaires
(En duplication √2 - basculement : 45°)

Le rayon du cercle directeur vaut une paume (76,4 mm).

130
La grille de Huit
(Carré de Mercure)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On trace très facilement la gille de huit pat simple dédoublement de la grille de 4.


Il suffit pour cela de mener des parallèles au carré de la Mère, passant par les points d’in-
tersections des lignes 2 avec la structure interne (gros points noirs)

131
La grille de Neuf
(Processus de traçage)

- Mettre en place le cercle directeur, le cardo et le decumanus, les pétales et leurs axes de
symétrie, diagonales de la Mère.

- Tracer le carré de la Mère et le losange du Père.

- Tracer les quatre « A de Charlemagne » (les diagonales des rectangles bi-carrés) qui
constituent la « structure interne ».

- Par les huit points d'intersection des pétales avec la structure interne, mener les parallèles
aux côtés du carré de la Mère (lignes 1) qui déterminent la croix centrale.

- Effectuer le bouclage en traçant par ces points les perpendiculaires aux lignes 1, ce qui
permet de matérialiser les lignes 2.

- Tracer l'octogone, lequel conduit à une grille de cinq (dans une grille de neuf non révé-
lée). Quatre des huit sommets de l'octogone sont aux points de croisement des lignes internes
de la grille de trois, sous-tendue dans la grille de neuf. Tracer par ces points les parallèles au
carré de la Mère (lignes 3).

- Boucler l'enceinte en menant des parallèles au carré de la Mère par les intersections des
branches du « A de Charlemagne » avec les lignes numéro 1. On obtient les lignes numéro 4 qui
terminent la grille de neuf.

- Pris en mandala, le carré de neuf constitue le schéma directeur de la citadelle romaine,


les portes étant positionnées sur les directions cardinales entre les lignes 1, aux extrémités de la
croix centrale. Autrefois, c'était le schéma d'implantation des camps militaires des armées ro-
maines en campagne, qui étaient ceinturés de palissades dotées de quatre portes. Celle du Sud
était celle des militaires. Celle du Nord était réservée aux fonctionnaires civils. Les religieux en-
traient par la porte Est. Celle de l'Ouest servait conjointement à l'entrée des vivres pour les rési-
dents et à l'évacuation des morts de la nuit.

- La grille de 9, réalisée avec un carré de la Mère d'une coudée de côté (52,36 cm) posée au
sol et orientée au nord de forme, permet l'explosion des énergies si l'on place au centre un disque
en plexiglas de 10 centimètres de diamètre et 2 centimètres d'épaisseur sur lequel est posée une
sphère en laiton de 0,10 mètre de diamètre.

- Pour savoir si l'on peut travailler avec cette forme, poser en son centre une feuille d'un
arbre avec lequel on entretient des relations d'amitié (avec la permission de l'arbre, bien entendu).
La réponse vous donnera la conduite à suivre.

- Ne jamais mettre une photo sur la croix centrale.

132
La grille de Neuf
(Carré de la Lune)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Le rayon du cercle directeur vaut une paume (76,4 mm).

133
La grille de Dix
(Processus de traçage)

- Tracer le cardo et le decumanus, puis le cercle directeur et les quatre « pétales ».

- Tracer les axes de symétrie des pétales. Ils déterminent, avec le cercle directeur, les angles
du carré de la Mère.

- On peut tracer le losange du Père mais il n'intervient pas dans la détermination du tracé
de le grille de Dix.

- Tracer les quatre « A » de Charlemagne, c’est-à-dire les diagonales des quatre rectangles
bi-carrés. Ces huit droites constituent la « structure interne ».

- On peut maintenant commencer le tracé proprement dit de la grille en matérialisant les


lignes centrales (lignes 1) qui ne sont autres que les médianes du carré de la Mère, confondues
avec le cardo et le decumanus.

- À partir de là, l'ensemble de la grille sera entièrement généré par des croisements des
lignes de la structure interne.

- Ces croisements des diagonales de la structure interne (sauf ceux définissant les centres
des rectangles bi-carrés) positionnent des points par lesquels on mène des parallèles au carré de
base. On dessine ainsi la croix centrale (lignes 2) et les lignes 3.

- Les lignes 4 sont obtenues en menant par les croisements des lignes 2 avec la structure
interne, des parallèles au carré de base.

- Enfin, on boucle l'enceinte en traçant les lignes 5 qui sont des parallèles au carré de base
passant par les points de croisement des lignes 3 avec la structure interne.

134
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Dix

Le diamétre du cercle directeur vaut un empan (20 cm)

135
La grille de Onze
(Processus de traçage)

Spécifique au Cambodge, et plus particulièrement à Angkor, la grille de Onze fut peu em-
ployée en Europe, au profit de la grille de quatorze, plus polyvalente.

- Tracer le cardo, le decumanus, le cercle directeur et les quatre « pétales ». Tracer les axes
de symétrie des pétales qui déterminent les angles du carré de la Mère. Tracer celui-ci ainsi que
le losange du Père. (Il n'intervient pas dans le tracé de la grille de Onze et ne figure que pour
l'équilibre énergétique de la forme).

- Commencer le tracé par les lignes 1. Elles sont définies par les parallèles au carré de base
passant par les points de croisement des pétales avec la structure interne, les diagonales « racine
de cinq » des rectangles bi-carrés (ronds blancs).

Ce positionnement n'est d'ailleurs pas d'une rigueur absolue et on le constate aisément


en vérifiant les écartements à la pointe sèche, une fois la grille terminée. Mais le déport est né-
gligeable, moins de 1/30e de la valeur de la maille.

La suite du tracé sera entièrement définie par des intersections avec les huit diagonales
des rectangles bi-carrés, c’est-à-dire la structure interne.

- Les lignes 2 sont des parallèles au carré de base passant par les intersections des lignes 1
avec la structure interne (ronds noirs).

- Les lignes 3 sont obtenues en menant des parallèles au carré de base passant par les
points de croisement des lignes 2 avec la structure interne (carrés blancs).

- Les lignes 4 se définissent en menant des parallèles au carré de base passant par les points
de croisement des lignes 3 avec la structure interne (carrés noirs).

- Les lignes 5 font apparaître la croix centrale de la grille de Onze et en terminent le tracé.
Elles sont obtenues en menant des parallèles au carré de base passant par les points de croise-
ment des lignes 4 avec la structure interne (losanges noirs).

136
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Onze

Le diamétre du cercle directeur vaut un empan (20 cm)

137
La grille de Douze
(Processus de traçage)

- Mettre en place le cercle directeur, le cardo et le decumanus, les pétales et leurs axes de
symétrie, diagonales du carré de la Mère.

- Tracer le carré de la Mère, le losange du Père et les quatre « A » de Charlemagne (les


diagonales des rectangles bi-carrés) qui constituent la « Structure interne ».

- Le losange du Père n'intervient pas dans le tracé des grilles de Six et de Douze. Il ne
figure que pour l'équilibre énergétique de la forme.

- Tracer la Grille de Trois (lignes 1) en utilisant les croisements des diagonales du carré de
la Mère avec la structure interne et en menant par ces points des parallèles aux côtés du carré
de base (ronds blancs).

- Les lignes 2 sont les médianes du carré de base. Elles se confondent avec le cardo et le
decumanus. Elles passent par les croisements centraux des diagonales racine de cinq des rectan-
gles bi-carrés (ronds noirs).

- Les lignes 3 sont des parallèles au carré de base passant par les intersections des pétales
avec la structure interne (carrés noirs).

- On obtient ainsi la Grille de Six aussi dénommée « Carré du Soleil ».

- Les lignes 4 sont déterminées, comme les lignes 3, par des parallèles au carré de base
menées par les points de croisement des pétales avec la structure interne (carrés noirs). Elles dé-
finissent la croix centrale de la future grille de Douze.

- Les lignes 5 passent, comme les lignes 2, par les croisements centraux des diagonales
des rectangles bi-carrés (ronds noirs).

- Enfin, on boucle l'enceinte en traçant les lignes 6 qui sont des parallèles aux côtés du
carré de base passant par les intersection des lignes 3 avec la structure interne (carrés blancs).
On obtient ainsi la Grille de Douze.

- On peut construire la Grille de Vingt-Quatre par dédoublement de la grille de Douze en


utilisant les croisements de ses lignes avec la structure interne et en menant par ces points des
parallèles au carré de la Mère.

138
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Douze

Le diamétre du cercle directeur vaut un empan (20 cm)

139
La grille de Treize
(Processus de traçage)

- Tracer le cardo, le decumanus, le cercle directeur et les quatre « pétales ». Tracer les axes
de symétrie des pétales qui déterminent avec le cercle directeur les angles du carré de la Mère.
Tracer celui-ci ainsi que le losange du Père, bien que ce dernier n'intervienne pas dans le tracé
de la grille de Treize. Il ne figure dans le dessin que pour l'équilibre énergétique de la forme.

- Il est conseillé de commencer le tracé par les lignes 1. Elles sont définies par les parallèles
au carré de base passant par les points de croisement des pétales avec la « structure interne »,
c'est à dire les diagonales « racine de cinq » des rectangles bi-carrés (ronds blancs), ce qui déter-
mine la croix centrale.

- La suite du dessin de la grille sera entièrement définie par des intersections avec la struc-
ture interne des lignes déjà tracées.

- Les lignes 2 et 3 sont des parallèles au carré de base passant par les points de croisement
des lignes 1 avec la structure interne (ronds noirs).

- Les lignes 4 sont des parallèles au carré de base passant par les intersections des lignes
2 avec la structure interne (carrés blancs).

- Les lignes 5 sont obtenues en menant des parallèles au carré de base passant par les
points de croisement des lignes 4 avec la structure interne (carrés noirs).

- Les lignes 6 sont des parallèles au carré de base passant par les intersections des lignes
3 avec la structure interne (losanges noirs).

140
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Treize

Le diamétre du cercle directeur vaut un empan (20 cm)

141
La grille de Quatorze
(Processus de traçage)

- Mettre en place le cercle directeur, le cardo et le decumanus, les pétales et leurs axes de
symétrie, diagonales du carré de la Mère.

- Tracer le carré de la Mère, le losange du Père et les quatre « A » de Charlemagne (les


diagonales des rectangles bicarrés) qui constituent la structure interne.

- Comme il s’agit d’une grille paire, les lignes 1 sont bien évidemment les médianes du
carré de base. Les lignes 2 passent par les points d’intersection des diagonales du carré de la Mère
avec les côtés du losange du Père. Mais attention, pour que le tracé de la grille soit régulier, il
faut tenir compte d’un faible déplacement de ces points vers l’extérieur, dans le rapport de 2,8 à
3. Sans ce petit transfert, on aurait un léger rétrécissement de la maille entre les lignes 2 et 7 (pe-
tits cercles blancs).

À partir de là, toute la grille est générée par des croisements des lignes √5 de la structure
interne avec des parallèles au carré de base.

Les lignes 3, 4 et 5 sont déterminées par les points de croisements des lignes 2 avec la struc-
ture interne (gros points noirs). Les lignes 6 passent par les points de croisement des lignes 4
avec la structure interne (carrés blancs). Les lignes 7 passent par les points de croisement des
lignes 5 avec la structure interne (carrés noirs).

Une fois la grille terminée, il y a lieu de remettre en place les lignes 2, ce qui conduit à un
faible élargissement de la maille entre les lignes 2 et 3, et un léger rétrécissement de la maille
entre les lignes 2 et 7.

La grille de 14, plus plate, plus passe-partout, est un peu polyvalente. Elle réalise la syn-
thèse entre les grilles de 10, 11, 12 et 13.

142
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Quatorze

Le diamétre du cercle directeur vaut un empan (20 cm)

143
La grille de Quinze
(Processus de traçage)

- Tracer le cardo, le decumanus, le cercle directeur et les quatre « pétales ». Tracer les axes
de symétrie des pétales qui déterminent avec le cercle directeur les angles du carré de la Mère.
Tracer celui-ci ainsi que le losange du Père, bien que ce dernier n'intervienne pas dans le tracé
de la grille de Quinze. Il ne figure dans le dessin que pour l'équilibre énergétique de la forme.

- Commencer le tracé par les lignes 1, 2 et 3 qui sont déterminées par des parallèles au
carré de base passant par les croisements entre elles des huit branches de la « structure interne »,
c’est-à-dire les huit diagonales « racine de cinq » des rectangles bi-carrés formés par les médianes
du carré de la Mère (ronds blancs).

- Les lignes 4 sont des parallèles au carré de base passant par les points de croisement des
lignes 1 avec les pétales (ronds noirs).

- Les lignes 5 et 6 sont des parallèles au carré de base passant par les intersections des
lignes 4 avec la structure interne (carrés blancs).

- Les lignes 7 sont obtenues en menant des parallèles au carré de base passant par les in-
tersections des lignes 5 (ou des lignes 6) avec la structure interne (carrés noirs), ce qui détermine
la croix centrale.

144
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Quinze

Le diamétre du cercle directeur vaut un empan (20 cm)

145
La grille de Dix-sept
(Processus de traçage)

- Tracer le cardo, le decumanus, le cercle directeur et les quatre « pétales ». Tracer les axes
de symétrie des pétales qui déterminent avec le cercle directeur les angles du carré de la Mère.
Tracer celui-ci ainsi que le losange du Père.

- Commencer le tracé par les lignes 1 qui sont déterminées par des parallèles au carré de
base passant par les points de croisement des côtés du carré de la Mère avec ceux du losange du
Père. Par ces points passent aussi les pétales (ronds blancs).

- Les lignes 2 sont des parallèles au carré de base passant par les intersections des lignes 1
avec les pétales, ce qui détermine la croix centrale (ronds noirs).

- Les lignes 3 et 4 sont des parallèles au carré de base passant par les intersections des
lignes 2 avec la structure interne (carrés blancs).

Nota. À ce stade d'élaboration de la grille de 17, on peut stopper le tracé et ne conserver


que les vingt lignes obtenues. On définit alors un mandala particulièrement riche comportant :
1. Un carré central de 9 mailles, à enceinte et croix centrale (la citadelle romaine), 2 .
Seize carrés de trois mailles (une évidente Sésame).
3. Vingt-cinq carrés de une maille.
Cette forme inachevée de la grille de dix-sept a été retrouvée sur des mosaïques mises à
jour dans les ruines de Ravenne et de Pompéi.

- Les lignes 5 et 6 sont des parallèles au carré de base passant par les intersections des
lignes 1 avec la structure interne (carrés noirs).

- Les lignes 7 sont obtenues en menant des parallèles au carré de base passant par les croi-
sements des lignes 4 avec la structure interne (losanges blancs).

- Les lignes 8 sont obtenues en menant des parallèles au carré de base passant par les croi-
sements des lignes 6 avec la structure interne, ou par les croisements des lignes 7 avec le losange
du Père (losanges noirs).

146
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Dix-sept

Le diamétre du cercle directeur vaut un empan (20 cm)

147
La grille de Dix-neuf
(Processus de traçage)

- Tracer le cardo, le decumanus, le cercle directeur et les quatre «pétales». Tracer les axes
de symétrie des pétales qui déterminent avec le cercle directeur les angles du carré de la Mère.
Tracer celui-ci ainsi que le losange du Père, bien que ce dernier n'intervienne pas dans le tracé
de la grille de 19. Il ne figure dans le dessin que pour l'équilibre énergétique de la forme.

- Tracer les lignes 1 qui sont déterminées par des parallèles au carré de base passant par
les points de croisements des «pétales» avec la «structure interne», c'est-à-dire les huit diagonales
«racine de cinq» des rectangles bi-carrés formés par les médianes du carré de la Mère.

- Toutes les autres lignes sont définies par des parallèles au carré de base passant par les
points de croisement avec la structure interne des lignes déjà tracées.

- Les lignes 2 par les intersections des lignes 1 avec la structure interne.

- Les lignes 3 par les intersections des lignes 2 avec la structure interne.

- Les lignes 4 par les intersections des lignes 3 avec la structure interne.

- Les lignes 5 par les intersections des lignes 4 avec la structure interne.

- Les lignes 6 par les intersections des lignes 5 avec la structure interne.

- Les lignes 7 par les intersections des lignes 6 avec la structure interne.

- Les lignes 8 par les intersections des lignes 7 avec la structure interne.

- Les lignes 9 par les intersections des lignes 8 avec la structure interne.

148
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de Dix-neuf

Le diamétre du cercle directeur vaut un empan (20 cm)

149
La grille de vingt et un
(Processus de traçage)

- Tracer le cardo, le decumanus, le cercle directeur et les quatre « pétales ». Tracer les axes
de symétrie des pétales qui déterminent avec le cercle directeur les angles du carré de la Mère.
Tracer celui-ci ainsi que le losange du Père, à 45° du carré de la Mère et de même dimensions,
ses médianes étant les axes de symétrie des pétales.

- Commencer le tracé par les lignes 1 qui sont déterminées par des parallèles au carré de
la Mère passant par les points de croisement des axes de symétrie des pétales avec les côtés du
losange du Père (pieds de ses médianes).

- Les lignes suivantes sont définies par des parallèles au carré de la Mère passant par les
points de croisement avec la structure interne (ou avec les pétales) des lignes qui viennent d'être
tracées. On va ainsi successivement positionner :

- Les lignes 2 aux intersections des lignes 1 avec la structure interne.

- Les lignes 3 aux intersections des lignes 2 avec la structure interne.

Une grille de Sept vient d'être révélée.

- Les lignes 4 par le croisement entre elles des branches de la structure interne, ainsi
qu'avec les axes de symétrie des pétales (les médianes du Père.)

- Les lignes 5 aux intersections des lignes 4 avec les pétales.

- Les lignes 6 aux intersections des lignes 5 avec la structure interne.

- Les lignes 7 aux intersections des lignes 2 avec les pétales.

- Les lignes 8 aux intersections des lignes 7 avec la structure interne.

- Les lignes 9 aux intersections des lignes 8 avec la structure interne.

- Les lignes 10 aux intersections des lignes 9 avec la structure interne

150
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de vingt et un

Le diamétre du cercle directeur vaut un empan (20 cm)

151
La grille de vingt-trois
(Processus de traçage)

- Tracer le cardo, le decumanus, le cercle directeur et les quatre « pétales ». Tracer les axes
de symétrie des pétales qui déterminent avec le cercle directeur les angles du carré de la Mère.
Tracer celui-ci ainsi que le losange du Père, bien que ce dernier n'intervienne pas dans le tracé
de la grille de 23. Il ne figure dans le dessin que pour l'équilibre énergétique de la forme.

- Il est recommandé de tracer en premier les lignes 1 qui sont déterminées par des paral-
lèles au carré de base passant par les points de croisements des « pétales » avec la « structure in-
terne », c'est-à-dire les huit diagonales « racine de cinq » des rectangles bi-carrés formés par les
médianes du carré de la Mère.

- Toutes les autres lignes sont définies par des parallèles au carré de base passant par les
points de croisement avec la structure interne des lignes déjà tracées.

- Les lignes 2 par les intersections des lignes 1 avec la structure interne.

- Les lignes 3 par les intersections des lignes 2 avec la structure interne.

- Les lignes 4 par les intersections des lignes 3 avec la structure interne.

- Les lignes 5 par les intersections des lignes 4 avec la structure interne.

- Les lignes 6 par les intersections des lignes 5 avec la structure interne.

- Les lignes 7 par les intersections des lignes 6 avec la structure interne.

- Les lignes 8 par les intersections des lignes 7 avec la structure interne.

- Les lignes 9 par les intersections des lignes 8 avec la structure interne.

- Les lignes 10 par les intersections des lignes 9 avec la structure interne.

- Les lignes 11 par les intersections des lignes 10 avec la structure interne.

152
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de vingt-trois

Nota : Pour ne pas surcharger le dessin, il n’est figuré qu’un des points de croise-
ment définissant les quatre lignes de même rang.

153
La grille de vingt-sept

Les points significatifs engendrent les lignes 1, 2, et 3. Le croisement de la ligne 1 avec la


structure interne donne les lignes 4 et 5. Le croisement de la ligne 5 avec la structure interne
amène la ligne 6, et ainsi de suite jusqu’à la ligne 12 qui donne la ligne 13.

154
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La grille de vingt-huit

Construite par dédoublement de la grille de quatorze, elle est entièrement définie


par les intersections des lignes 1, 3 et 7 avec la structure √5. La ligne 1 génère la ligne 8 ;
la 3, les lignes 9 et 10 ; la 6 les lignes 11 et 12 et enfin la 7, les lignes 13 et 14.

155
156
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

La figure
originelle
des maîtres
Bâtisseurs
La figure originelle

Le chercheur en géométrie sacrée Jean-François Bougard 1, grand spécialiste de la cathé-


drale de Chartres, a retrouvé la très ancienne figure originelle dont se sont servis les maîtres
d'œuvre du Moyen-Âge. Il s'agit d'une grille de Quatre dotée de son cercle inscrit. Ce carré initial
et les tracés qui en découlent permettent une multitude de constructions géométriques d'une
étonnante précision.

Processus de traçage :

Sur une droite xy est positionné un point O qui sera le centre de la figure. Une quelconque
ouverture de compas permet de tracer un cercle de centre O et de diamètre AB. De A et de B
comme centres, des arcs de cercles permettent par leurs croisements de tracer une droite per-
pendiculaire à AB qui coupe le cercle en C et D.

De chacun de ces quatre points, une ouverture de compas de valeur OA ou OB permet,


par les croisements des arcs, de tracer les angles du carré circonscrit au cercle. Ce carré EFGH
sera le carré initial de la figure.

Ce carré de base est ensuite démultiplié en 16 carrés secondaires par le tracé du milieu de
chacun des côtés des 4 carrés principaux. Cela donne les points I, J, K, L, M, N, P et Q que l'on
joint au centre O par des segments de droite coupant le cercle en 8 points. Par ces points sont
menés des segments de droites parallèles aux côtés du carré initial.

La « Figure originelle » des maîtres constructeurs depuis la plus haute antiquité est termi-
née. Malgré son extrême simplicité, elle va permettre de déterminer le rapport j, celui de √5,
celui de √3, les quadratures, les périphéries ainsi que bien d'autres aspects de la géométrie plane
classiques.

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1/ Les livres de Jean-François Bougard sont toujours disponibles aux Éditions Mosaïque.

158
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

159
Le Tracé de base des Anciens
Cercle initial et son carré en quadrature

160
Quadrature du cercle initial
(Tracé de Jean-François Bougard)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On joint A à B, ce segment coupant le carré de la grille de 4 interne en C. Le pro-


longement de DC donne E. Le cercle de centre F et de rayon FE coupe l'axe OD en G. Le
cercle de centre H et de rayon HG coupe BF en I. Enfin, HI coupe OJ en K.

OK est le demi-côté du carré (en rouge) ayant la même superficie que le cercle
(en vert), avec une précision inférieure au 3/10000e. On sait désormais que le cercle de
quadrature du carré interne passe par le quart du côté.

161
Cercle de quadrature du carré initial
(Tracé de Jean-François Bougard)

On trace AB qui coupe le côté du carré interne en C. On prolonge DC en E sur le carré


initial externe. De F comme centre, on trace un arc de cercle de rayon FE qui coupe l'axe central
vertical en G. De H comme centre, on trace un arc de cercle de rayon HG qui coupe l'axe hori-
zontal en I, sur le cercle de quadrature du carré initial. Le cercle de rayon OI (en rouge) a la
même surface que le carré-matière (en vert).

162
Cercle de périmétrie du carré initial
(Tracé de Jean-François Bougard)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit le carré de base ABCD et son cercle inscrit tangent en E. On trace EF qui coupe
le diamètre vertical en G. De H comme centre, on trace l'arc de cercle de rayon HG cou-
pant le diamètre horizontal en I. Le rayon OI est celui du cercle de périmétrie du carré
initial ABCD. Pour mettre en évidence les diamètres respectifs des cercles de périmétrie
et de quadrature du carré de base, ce dernier est figuré en rouge pointillé.

163
Cercle de périmétrie du carré interne
(Tracé de Jean-François Bougard)

On trace AB qui coupe le côté du carré interne en C. On prolonge DC en E sur le carré ex-
terne initial. De F comme centre, on trace un arc de cercle de rayon FE qui coupe l'axe central
vertical en G. De H comme centre, on trace un arc de cercle de rayon HG qui coupe l'axe hori-
zontal en I, sur le cercle de quadrature du carré initial. Le cercle de rayon OI (en vert) a la même
circonférence que le périmètre du carré interne (en rouge). On remarquera que sur cet étonnant
tracé de base le cercle de quadrature du carré initial se confond avec le cercle de périmétrie du
carré interne. On remarquera aussi que le cercle de périmétrie du carré interne est obtenu di-
rectement par le croisement des rayons de la figure avec le carré initial de base.

164
Tracé du cercle de périmétrie
(avec le cercle inscrit du carré de base)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On trace AB qui coupe l'axe vertical de la figure originelle en C. De D comme cen-


tre, on trace un arc de rayon DC qui coupe le carré de base en E. On trace ED qui coupe
l'axe horizontal en F. La valeur OF est le demi côté du carré dont le périmètre est égal à
la circonférence du cercle inscrit dans le carré de base.

165
166
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Les Mesures
La Symbolique des duplications

Dans la symbolique des compagnons bâtisseurs, les clefs géométriques essentielles


étaient véhiculées sous forme de symbole et de petites histoires, les dits, qui n’étaient rien d’au-
tres que des crochets de mémoire.

Nous allons essayer, en utilisant cette méthode d’expliquer très simplement les clefs sym-
boliques qui sous-tendent le principe des duplications géométriques, dont on retrouvera la lo-
gique et les clefs d’utilisation dans tous les autres textes de cet ouvrage faisant référence à l’Art
du trait, appelé également Tracés harmoniques ou générateurs.

Tout part du point, symbole du Créateur dans toutes les traditions. Au


début de la Genèse, il est replié sur lui-même, il est esprit.

Pour se manifester, il devra se développer aux confins de l’uni-


vers. Il devient l’incarnation de l’esprit. C’est le symbole du ciel qui
est la représentation du cercle parfait, qui s’ouvre dans les quatre di-
rections de l’univers, qu’il maîtrise en faisant apparaître pour la pre-
mière fois les axes Nord Sud et Est Ouest. L’espace est ainsi défini.

Puis il va s’incarner dans la matière, symbolisée par le carré.


La matière est générée par l’esprit de la même manière que le carré
est inscrit dans le cercle. Mais il ne touche le plan de la matière que
par un seul point. Dans la tradition, le carré sur pointe est appelé le
Carré Père, car il est le géniteur, c’est lui qui donne la vie.

Puis il se répand dans toutes les dimensions de l’espace, par


l’apparition des diagonales. Il permet alors la représentation de la lu-
mière avec l’apparition de la patte-d’oie qui a toujours servi à repré-
senter les levers et les couchers du soleil aux solstices et aux équi-
noxes. La lumière née du Carré Père ou carré Esprit va pouvoir alors
donner naissance au carré Matière.

168
Il apparaît alors, de même surface que le Carré Père,
mais ancré par sa base à plat dans la matière. Dans la tradi-
tion, le carré à plat est appelé le Carré Mère.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

La mère peut alors donner naissance au fils, qui est un


carré Esprit s’inscrivant dans une nouvelle manifestation. Il
s’inscrit lui-même dans un cercle esprit qui lui est propre.

Ce principe (arrêté ici à la première duplication) peut se développer théoriquement


jusqu’à l’infini (mais en principe, seulement jusqu’à la 7e duplication √2). Chaque nou-
veau Père donne naissance à une nouvelle fille et chaque nouvelle Mère à un fils. C’est
une des clefs fondamentales de la géométrie des bâtisseurs et dont la symbolique est uni-
verselle. Le lecteur attentif ne s’étonnera donc pas de nous voir utiliser ces termes de
Carré Père ou losange du Père (solaire) et de Carré Mère (lunaire) chaque fois que nous
aborderons sous une forme ou une autre le tracé compagnonnique.

169
Duplications : Coudée, Pied, empan
(dans le système √2)

Cette coudée vaut deux empans, soit 0,40 mètre. C'est l'ammatu des anciens peu-
ples de Mésopotamie, point de départ d'un système de mensurations comprenant la
canne, ou kanu, valant six ammatus, et le gar d'une valeur de deux kanus. Les sous-mul-
tiples étaient représentés par des unités plus petites, notamment le 1/7 d'ammatu (environ
57 millimètres) qu'on peut assimiler à une « paume », et le doigt, ou ubanu valant le quart
de cette paume. C'était, en fait, la 7e triangulaire de l'ammatu, le 1/28. Les Sumériens et,
plus tard, les Babyloniens disposaient donc de cinq mesures de longueur, dans le rapport
de 1 à 336, couvrant une gamme de 14,3 millimètres pour le doigt, à 4,80 mètres pour le
gar. Cependant, les Babyloniens donnaient au gar une valeur de dix « coudées » au lieu
de douze, soit quatre mètres au lieu de 4,80 mètres.

170
Coudée Solaire, coudée du lieu

Les valeurs de la coudée solaire et de la coudée du lieu, que les Anciens mesuraient
à l'aide d'un bâton de cinq empans de longueur (donc un mètre), peuvent se calculer très
facilement sur nos modernes calculettes, si on connaît la latitude du lieu.

Coudée solaire : Elle s'obtient en affichant la demi-valeur de l'angle exprimant la


Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

latitude du lieu et en appuyant sur la touche TAN qui calcule la tangente trigonomé-
trique, c’est-à-dire le rapport sinus/cosinus. Il faut cependant prendre la précaution de
transformer les minutes d'arc en centièmes de degré (en les divisant par 60). Par exemple,
la latitude 46° 45' devient, en nombre décimal, latitude 46,75. La coudée solaire sur ce pa-
rallèle s'exprime par la formule : tg ½ latitude = tg 23,375 = 0,4322207. Cette coudée solaire
est aussi le rayon du cercle de l'ombre.

Coudée du lieu : Le calcul de la coudée du lieu s'obtient, en partant de la coudée


solaire, par la formule : √ (coudée solaire x 2) 2 + 1 - 2 coudées solaires. Avec une calculette,
c'est un jeu d'enfant. L'opération peut se décomposer comme suit :
a) Trouver la coudée solaire comme indiqué précédemment en calculant la tan-
gente trigo d'un nombre exprimant en valeur décimale la moitié de la latitude du lieu.
Dans le cas de figure, la latitude du lieu devient le nombre 46,75 et sa demi-valeur : 23,375.
La tangente trigonométrique vaut : 0,4322207.
b) Doublons ce nombre, ce qui donne : 0,4322207 x 2 = 0,8644414. Appelons ce nombre
« A » et prenons-le en note.
c) Élevons au carré ce nombre A, ajoutons-lui 1 et extrayons la racine carrée de la
somme obtenue. Nous appellerons « B » le résultat.
d) Il suffit de retrancher A de B pour avoir la valeur de la coudée du lieu, toujours
inférieure au mètre, soit sur le parallèle 46° 45' de l'exemple :
Coudée du lieu = √ (A2) + 1 - A = √ 0,7472589 + 1 - 0,8644414
= √ 1,7472589 – 0,8644414 = 1,3218392 - 0,8644414
= 0,4573978 (pratiquement 45,7 centimètres.)
Cela donne pour les latitudes intéressant l'Europe, les coudées du lieu suivantes :
40° Nord : 508,9497, pratiquement 50,9 cm pour une coudée solaire de 36,4 cm
41° Nord : 500,8935, " 50,1 cm " " 37,4 cm
42° Nord : 492,9885 " 49,3 cm " " 38,4 cm
43° Nord : 485,2313, " 48,5 cm " " 39,4 cm
44° Nord : 477,6181, " 47,8 cm " " 40,4 cm
45° Nord : 470,1458, " 47 cm " " 41,4 cm
46° Nord : 462,8108, " 46,3 cm " " 42,4 cm
47° Nord : 455,6101, " 45,6 cm " " 43,5 cm
48° Nord : 448,5401, " 44,9 cm " " 44,5 cm
49° Nord : 441,5982, " 44,2 cm " " 45,6 cm
50° Nord : 434,7805, " 43,5 cm " " 46,6 cm.
Les règles antiques de construction donnaient à l'épaisseur des murs une valeur de √2 de
la coudée du lieu. A Jérusalem, la coudée du lieu vaut 0,5672 mètre (13/12 de la CR). L'épais-
seur des murs vaut donc : 0,5672 x 1,414 = 0,8020 mètre, c’est-à-dire 2 pieds du lieu, celui-ci
valant 1/√2 de la coudée du lieu, soit 0,5672/1,414 = 0,4011 mètre. Dans les églises, la coudée
du lieu gère les espaces et la coudée royale mesure les volumes.

171
Tracé de la coudée du lieu

On trace le carré de base ABCD et ses médianes HF et EG qui se croisent au point O, centre
du carré. On relève sur une carte géographique la latitude du lieu, c'est-à-dire l'angle que fait
avec le plan de l'équateur terrestre une droite partant du centre de la planète et passant par ce
lieu. On calcule la tangente du demi-angle de cette latitude, c'est-à-dire le rapport sin/cos, et on
reporte cette valeur (toujours inférieure à l'unité) sur OF, auquel on donne arbitrairement la va-
leur 1. On obtient ainsi le point a. Puis de E, on tire une droite passant par a et coupant CD en
b. De b comme centre, on trace un arc de cercle de rayon bG qui coupe Ob en g. De O comme
centre, on trace un second cercle tangent en g au précédent, qui coupe OF en d. La valeur Od est
la coudée du lieu, Oa étant la coudée solaire.

172
Si l'on trace le cercle de l'ombre (rayon Oa), on constate que la médiane √5 du
carré-long AEGD passe au milieu de l'intervalle entre les deux cercles. La droite Ea coupe
le cercle de l'ombre en a'. Si l'on trace Oa', on constate que l'angle aOa' est identique à
celui de la latitude du lieu. Une approche plus fine de la coudée du lieu s'obtient en cal-
culant la longueur de l'hypoténuse du triangle rectangle OGb et en retranchant au nom-
bre obtenu deux fois celui donnant la tangente.

Dans ce cas de figure, Oa vaut 0,4142136 (tangente du demi-angle 45°), Gb vaut le


Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

double, soit : 0,8284271 et Ob, par application de théorème de Pythagore : 1,2985729.


La coudée du lieu vaut donc : 1,2985729- 0,8284271 = 0,4701458, pratiquement : 47 cm.

173
La Coudée Royale

Cette coudée est plus connue sous le vocable qui exprime sa longueur en centimètres.
C'est la « 52,36 », une constante architecturale qui a traversé les millénaires. Mais c'est aussi et
surtout l'unité de battement du CHRONOS ou Temps universel. Cette valeur sacrée est la résul-
tante du battement du champ magnétique terrestre, la fréquence de Beckmann (47 Hz), et le
rythme dynamique au niveau de l'horloge humaine, la fréquence de Schumann qui se situe dans
l'étroite fourchette de 7,45 Hz à 7,85 Hz.

La coudée royale est issue de l'étalon originel (bien avant l'époque où l'on mesurait en
« Pan ») selon une progression en divine proportion, la « section d'Or », improprement appelée
de nos jours « Nombre d'Or » car il s'agit d'un rapport : celui du côté du pentagone étoilé au côté
du pentagone convexe. Bien évidemment, il génère un nombre lorsqu'il naît à la matière, mais
ce nombre est irrationnel. Il s'exprime par la relation :
1 + √5 , et vaut : 1,618033989…
2
Il est plus logique de l'exprimer par le rapport de deux termes successifs de la suite de Fi-
bonacci, par exemple : 89/55, 144/89, 233/144, 377/233 ou 610/377. Le symbole de ce rapport est la
lettre grecque φ (phi). La coudée royale vaut φ pieds ou φ2 empans, l'empan étant la cent-mil-
lionième partie du méridien terrestre, d'un pôle à l'autre, c’est-à-dire 0,20 mètre. Ce qui donne,
en centimètres, 32,36 pour le pied et 52,36 pour la coudée.

Si l'on trace un cercle à l'aide de la corde à treize nœuds (donc de 12 intervalles de une
coudée), la circonférence de ce cercle mesure 6,28318… mètres et son diamètre est exactement
de 2 mètres, c’est-à-dire 10 empans. Le rapport de la circonférence au diamètre s'exprime par la
lettre grecque π (pi), du grec periphereia (circonférence), et conduit, lorsqu'il naît à la matière,
au nombre transcendantal 3,141592653389793… et à son inverse 1/π = 0,3183098...
Et l'on découvre l'inconcevable a priori, un rapport simple entre le nombre transcendantal
π et le nombre irrationnel φ ! La formule peut s'écrire :
0,20 x φ x φ x 12 x 10 = 12/10 φ2
π = 0,20

Or, le rapport 12/10, c'est le Nombre d'Osiris !

La coudée, c'est le 1/6 de π et 5 coudées = φ2 .

On constate aussi qu'un arc de longueur 52,36 d'une circonférence de rayon 100, construit
un demi-triangle équilatéral. Si l'on joint au centre du cercle les 12 points de la circonférence qui
séparent des longueurs d'arc d'une coudée, on trace 12 angles de 30°.

Ne pas confondre avec le radian, angle qui intercepte sur une circonférence une longueur
égale au rayon de ce cercle. Cet angle au centre vaut 57° 17’ 44” 81/100 ou 57,29577951 degrés. Si le
rayon vaut 1, il y a 2π radians sur la circonférence. L'arc de circonférence intercepté par cet angle
vaut aussi un radian.

174
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le Mètre

Dès 1670, l'abbé Gabriel Mouton avait tenté de rationaliser les différentes mesures
de longueur en usage en France et proposa comme étalon la longueur d'une minute
d'arc du méridien terrestre. L'année suivante, l'astronome français Picard estima que la
longueur du fil d'un pendule battant la seconde serait plus facile à mesurer. Celle-ci vaut
994 millimètres à la latitude de Paris. Il fut suivi dans cette voie par l'Anglais Wren, puis
par Huyghens deux ans plus tard, en 1673. La Condamine reprit l'idée en 1746.

Enfin, en 1790, Talleyrand fit adopter par l'Assemblée Constituante, en pleine Ré-
volution, un projet reprenant une très ancienne mesure celtique, basée sur le quarante
(nombre sacré dans les sociétés mégalithiques) et le tour de la Terre. On savait aussi que
le diamètre d'un cercle de douze coudées royales de Memphis de circonférence (6,2832
mètres) vaut dix empans, soit 2 mètres). Il était donc facile de tracer un cercle de 6 cou-
dées de circonférence pour avoir le mètre par son diamètre. On aurait pu aussi tracer un
cercle de 10 coudées de circonférence (5,236 mètres) dont le diamètre aurait été de 25/3
d'empans, soit 5/3 de notre mètre, (10 CR x 3) : (p x 5) = un mètre. On vérifie bien en traçant
un rectangle 3-4-5 avec ce diamètre pour hypoténuse que le petit côté vaut 3, c’est-à-dire
un mètre, (1,6667 x 3) : 5. Mais la réalisation scientifique menant à un mètre-étalon précis
est impossible par ces moyens.

La commission désignée par l'Académie des Sciences et comprenant Borda, La-


grange, Laplace, Monge et Condorcet entérina le projet et définit le « mètre » comme
étant la dix-millionième partie (l'angström) du quart de la circonférence terrestre. Le
mot mètre vient du latin metrum et du grec métron qui signifient tous les deux « me-
sure ». La loi du 30 mars 1791 ordonna les opérations nécessaires pour fixer cette base en
déterminant exactement la différence de latitude entre Dunkerque et Barcelone. Cette
opération, dirigée par Méchain et Delambre dura sept ans, de 1792 à 1799. Mais, ce n'est
qu'en 1801 et grâce à l'appui de Napoléon, qu'un décret donna, le 2 novembre, au Système
Métrique Décimal son existence légale sur tout le territoire.

Il a d'ailleurs fallu toute l'autorité de l'Empereur pour que le grand initié qu'était
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838), évêque d'Autun en 1788 puis chef du
clergé constitutionnel, accepte de mesurer la fréquence 52,36 qui est non seulement la
mesure de la coudée royale mais aussi et surtout l'unité de battement du CHRONOS ou
Temps universel. Cette valeur sacrée est aussi la résultante du battement du champ ma-
gnétique terrestre et le rythme dynamique au niveau de l'horloge humaine (battements
de Schuman). On ne sait pas comment s'y est pris Talleyrand. Le point de départ de sa
recherche était p (pi) et la grille utilisée donnait le mètre. Chez les Anciens, le mètre per-
mettait de gérer l'esprit de la matière.

En 350 avant notre ère, Aristote (384-322) explique dans son traité d'astronomie in-

175
titulé « Le Ciel », que l'une des dimensions du plus ancien des stades grecs, celui construit en
776 avant notre ère à Olympie pour la codification des Jeux, était la 1/400 000e partie de la cir-
conférence terrestre. Cette dimension, retrouvée sur le terrain, vaut exactement cent mètres. Hé-
rodote (484-404 avant notre ère), l'historien grec d'Halicarnasse qui effectua deux séjours en
Égypte, en fait état dans un de ses livres. Les Égyptiens connaissaient, eux aussi, les dimensions
de la terre, la coudée sacrée valant 635 millimètres, c’est-à-dire la 1/10 000 000e partie de son
rayon qui est de 6,367654 mètres. Cette « coudée sacrée » n'a cependant rien de commun avec la
« coudée royale de Memphis », la mythique 52,36.

176
Le Tracé du Mètre
(depuis la coudée royale)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On peut obtenir le mètre à partir du triangle directeur de la Grande Pyramide


(aussi dénommé « triangle de Khéops », le 1 - √j-j, à condition de donner à la valeur 1
du petit côté une dimension de cinq palmes. Dans son acception cosmique, la palme est
la troisième duplication rétrograde de raison j de la coudée royale, c'est-à-dire CR/j3, et
non le 1/7 de la coudée commune qui portait aussi le nom de « palme ».

Cette palme cosmique s'obtient en divisant en moyenne et extrême raison un seg-


ment valant une coudée royale, soit 0,5236 mètre. On obtient ainsi le pied (0,3236 mètre)
et l'empan (0,20 mètre). Cet empan est ensuite partagé à son tour en divine proportion,
ce qui donne la palme (0,1236 mètre) et la paume (0,0764 mètre).

À partir de ce segment de une palme de longueur (123,6 millimètres), on construit


le rectangle bi-carré RSTU de cinq palmes sur dix, soit 0,618 x 1,236 mètre. Puis, on trace
sa médiane VW et le cercle centré en O, milieu de VW, tangent aux deux grands côtés
du rectangle. Il ne reste plus qu'à porter la diagonale US qui coupe le cercle en X et à re-
porter la valeur UX en Y. Le côté UY ainsi défini est l'hypoténuse du triangle-rectangle
URY et vaut cinq empans, c'est-à-dire un mètre. On vérifie bien que : 0,20 mètre x 5 = 1.00
mètre.

177
Le Tracé du Mètre
(À partir du tracé de la faux)

À partir de l'une des figures de base des compagnons-bâtisseurs du Moyen-Âge intitulée


« la Faux », il est possible d'obtenir le mètre en partant de la coudée royale.

Il y a d'abord lieu de diviser la coudée royale en moyenne et extrême raison, ce qui donne
le pied et l'empan, puis de recommencer avec l'empan. On obtient alors la palme et la paume.
Toutes ces valeurs étant des duplications de raison j de la coudée royale, la palme vaut dans
cette acception et dans le système métrique 123,6 millimètres.

Il faut alors tracer un carré ABCD de dix palmes de côté, ses médianes HF et EC, ainsi
que la diagonale HC du rectangle bi-carré HFCD qui coupe EG en J.

De J comme centre, on trace un arc de rayon JH qui coupe EG en I. Le segment IG vaut :


(√5 x DH ) + DH, c’est-à-dire j/2 du carré de base, soit 1 mètre.
2 2

178
Les mesures sacrées

Le point de départ de toutes les mesures sacrées, c'est l'empan, la cent millionième
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

partie de la distance terrestre d'un pôle à l'autre, dix fois contenue dans l'angström du
méridien. Sa valeur dans le système métrique est exactement de 0,20 mètre. Le mot
empan vient du vieux français espan, lui-même dérivé de l'allemand spannen qui peut
se traduire par « étendre ».

Par l'application de la « Divine proportion », l'empan a donné naissance à la palme


qui est le quotient de la valeur de l'empan par phi, symbole grec (φ) de la divine propor-
tion. La valeur de la palme dans le système métrique est de 12,36 centimètres. La même
formule a donné la paume qui est le quotient de la palme par φ ou, ce qui revient au
même, de l'empan par le carré de φ. Sa valeur en centimètres est de 7,64.

Dans l'autre sens, on a le pied qui est le produit de l'empan par φ (1,618), soit : 32,36
centimètres et la coudée royale qui est le produit du pied par φ (ou de l'empan par φ2)
soit : 52,36 centimètres. Il y a une autre valeur, peu connue, appelée « yard mégalithique »
par Alexander Thom qui remarqua cette constante de mesure sur les sites mégalithiques
de Grande-Bretagne. Elle vaut φ coudées (ou φ3 empans), soit : 84,72 centimètres. Mais
Thom n'a pas vu la relation, se contentant en bon anglais de l'estimer à 2 pieds 9 pouces.

Bien entendu, ces dénominations de paume, palme, empan, pied et coudée ne sont
apparues que beaucoup plus tard lorsqu'on s'aperçut que ces valeurs de mesure, réservées
aux initiés, se référaient directement aux mesures humaines (en lignes) du pied, du bras
et de la main, ainsi qu'à la progression liée au pentagone régulier, donc à la section d'Or
ou « Divine Proportion ». On retrouve cependant l'action de « mesurer en pans » dans de
très anciens textes romains traduits du gaulois.

On ne sait pas ce qu'exprimaient à l'origine les valeurs de 34, 55, 89, 144 et 233 lignes
qui avaient précédemment été, au cours des temps, matérialisées par des grains de sé-
same, puis par des grains d'orge. La redécouverte du φ et de cette progression, à la fois
géométrique et arithmétique par les savants antiques, puis par Fibonacci à la fin du
XIIe siècle a mis en évidence les propriétés remarquables de cette suite dont chaque
terme est à la fois la somme des deux précédents et le produit de celui qui le précède
par φ.

Cela a donné le bâton de mesure d'une longueur de 1,2472 mètre ou 555 lignes des
compagnons bâtisseurs du XIIe siècle, les « kuldées ». Cette canne des Maîtres, l'Abacus,
lointaine descendante de la « verge » d'Aaron, le frère de Moïse, était graduée en une
paume, une palme, un empan, un pied et une coudée. Cet ensemble de valeurs de mesure
des maîtres de l'œuvre était connu au Moyen-Âge sous le nom de « la Quine », très peu
différente de l'aune de Vallouise valant 1,25 mètres.

179
Cependant, pour donner ses instructions aux compagnons, le maître leur confiait une
règle de la longueur de l'abacus, divisée en 24 « modules » valant sensiblement le double-pouce
gothique, ce pouce étant le 1/12e du pied. Le compas du compagnon, dont les branches mesuraient
0,70 mètre (exactement 698,2 millimètres), servait de rapporteur et permettait de définir les an-
gles en plaçant les pointes sur les graduations indiquées par le maître de la confrérie. La gra-
duation 19 plaçait les branches à angle droit.

La coudée royale est une constante architecturale qui, à travers les siècles, s'est répandue
dans le monde entier. L'ancienne coudée de Salomon valait une coudée royale plus une palme,
soit : 233 + 55 = 288 lignes, c’est-à-dire : 64,7136 centimètres, très proche de la coudée hachémique.
Le sahne valait 400 coudées de Salomon, soit sensiblement 260 mètres. Il existait aussi d'autres
valeurs locales de la coudée, notamment la demi-coudée des Celtes Eduens d'environ 0,30 mètre.
La coudée assyrienne valait 0,545 mètre.

La coudée sacrée de la Grande Pyramide est un sous-multiple du rayon de la Terre


(6 356,6 km) et vaut donc 0,63566 mètre. La coudée commune du Moyen-Orient antique, dont on
trouve trace dans la Bible, valait de 0,5238 à 0,637 mètre et la coudée des pyramides-tombeaux :

180
: 0,625 mètre. La palme commune valait 1/7e de la coudée commune, soit environ 9 cen-
timètres et le doigt un quart de palme, environ 22,5 millimètres.

Une autre notion déterminante dans la construction des édifices, qu'ils soient civils,
militaires ou religieux, est celle de la coudée du lieu. La valeur de cette coudée est liée
à la latitude de l'endroit et se définit aisément en calculant la tangente (rapport sin/cos)
du demi-angle exprimant cette latitude. Mais, les Anciens ne connaissaient pas la trigo-
nométrie, aussi utilisaient-ils un moyen purement visuel, totalement empirique, mais
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

néanmoins extrêmement précis.


Cette méthode est, bien entendu, toujours valable et consiste à mesurer à midi, le
jour du solstice d'été, la hauteur au-dessus du sol de l'extrémité d'une tige de un mètre
de longueur, inclinée en direction du soleil de telle sorte que son ombre soit nulle. Igno-
rée du grand public depuis plus d'un siècle, elle a été retrouvée par Raymond Montercy.

Nos ancêtres savaient que le jour du solstice d'été est celui où l'ombre d'un bâton
planté verticalement est la plus courte de l'année. Ils savaient aussi que le midi solaire
est le bref instant où l'ombre de ce même bâton est la plus courte de la journée. Et la
longueur de cette ombre au midi vrai du solstice d'été donne la coudée solaire du lieu.
Dans la construction des basiliques romanes, puis des cathédrales gothiques, la différence
entre la coudée royale et la coudée du lieu donne le rythme propre de l'église. C'est ainsi
qu'à la cathédrale Saint-Étienne de Montpellier 22 coudées royales équivalent à 25 coudées
du lieu, c’est-à-dire 11,52 mètres. Cette synchronicité permet la transmission de la matière
et sa répartition avec l'énergie liée au lieu. Et la différence conditionne le choix de la
grille qui sera utilisée pour la construction de l'édifice.

Ainsi des endroits aussi divers que Saint-André de Cubzac, Les Quatre-Routes (au
sud de Brive), Castel Merle (sur la Vézère), Le Pas de Cère (dans le Cantal), Fay sur Lignon
(dans la Haute-Loire) et les magnifiques chapelles Notre-Dame de Commiers et Notre-
Dame de Vaulx dans la montagne du Conest, ont la même coudée du lieu, en l'occurrence
0,470163 mètre parce que tous situés sur le parallèle 45° Nord. Sur ce parallèle, l'ombre
portée du bâton vertical d'un mètre vaut 0,41419 mètre. C'est la coudée solaire à cette la-
titude où 30 coudées du lieu valent 27 coudées royales (14,12 mètres).

Lorsqu'on détermine la coudée du lieu par la méthode graphique, on constate


qu'une diagonale racine de cinq de la structure interne (une branche du « A » de Charle-
magne) passe exactement entre le cercle de rayon « coudée du lieu » et le cercle de l'om-
bre, dont le rayon est la « coudée solaire ».

Les arpenteurs de l'Égypte antique utilisaient pour les grandes distances sur le ter-
rain une unité de mesure nommée « atur » et valant 15 000 coudées royales, soit 7 854 mè-
tres. Ils avaient ainsi déterminé une distance de 106 « atur » entre la première cataracte,
près de Syène, à la latitude de 24° Nord et Béhèdet, sur la Méditerranée, à la latitude de
31° 30' Nord. Ils avaient aussi établi que Pi-Hapy, l'endroit où les eaux du Nil se séparent
aux environs du Caire pour former le delta, était situé à 20 atur de la mer et 86 atur de
la limite sud de l'empire. Ces mesures sont gravées au temple d'Amon.

On reste confondu devant le génie des géomètres égyptiens qui n'ont commis
qu'une erreur de 1 432 mètres sur plus de 830 kilomètres, soit moins de deux pour mille

181
(exactement 17/10000). Sur la longueur de l'atur, près de huit kilomètres, cela représente
13,50 mètres ! La distance réelle entre les parallèles 24° Nord et 31° 30' Nord est de 831,092
kilomètres et les Égyptiens avaient trouvé 832,524 kilomètres. Et rien ne dit, le littoral
méditerranéen ayant pu changer en cinq mille ans, que ce ne sont pas eux qui avaient
raison. Ces étonnants géomètres, les arpédonaptes (littéralement « tendeurs de cor-
deaux ») étaient chargés de retrouver les limites des parcelles cadastrales après les crues
du Nil.

Un autre exemple de l'extrême précision des constructeurs égyptiens nous est


donné par les dimensions du carré de base de la Grande Pyramide, dite de Khéops. Le
schéma directeur de ce monument est le triangle-rectangle √φ, appelé aujourd'hui
« triangle khéops », dont les valeurs des côtés sont 1, √φ et φ. Le grand côté est la hauteur
de la pyramide, soit 280 coudées. Le petit côté est la demi-médiane du carré de base, soit
220 coudées. Et l'hypoténuse est l'apothème (hauteur d'une face), soit 356 coudées.

La valeur du carré de base est de 440 coudées, soit 230,38 mètres. (Le volume de la
Grande Pyramide a des dimensions basées sur la coudée royale alors que les chambres
et les couloirs du temple initiatique interne se mesurent en coudées sacrées). Or, les di-
mensions relevées au laser sont respectivement de 230,45 mètres - 230,39 mètres - 230,36
mètres et 230,34 mètres, soit une moyenne de 230,38 mètres !

Au Moyen-Âge, le pied avait un sous-multiple valant un 1/12e, soit 27 millimètres.


Il y eut aussi la toise qui valait six pieds, soit 1,94 mètre. Plus, bien entendu, une multitude
de mesures locales n'ayant souvent pas la même longueur d'une vallée à l'autre dans le
même canton.

En plus de l'abacus, les bâtisseurs du Moyen-Âge utilisaient la corde à 13 nœuds,


soit 12 intervalles de une coudée, donc d'une longueur totale de 6,2832 mètres. Disposée
en cercle, par exemple pour le tracé au sol d'un pilier de dix empans de diamètre, cette
corde est la démonstration éclatante que le nombre transcendantal nommé π (pi) par
les Grecs était connu de toute éternité. Si on applique cette valeur π (qui est en réalité
un rapport) à une mesure de 5 empans, c’est-à-dire un mètre, on voit immédiatement
que la coudée royale vaut 1/6 de π, soit 52,36 centimètres. Par ailleurs, 5 coudées valent
φ2, soit : 2,618. Étonnantes relations entre le nombre irrationnel φ et le nombre trans-
cendantal π qui, a priori, ne devraient avoir aucun point commun.

Mais, il ne faut pas confondre la corde à 13 nœuds des Maîtres bâtisseurs avec celle
des Druides qui, elle, est basée sur les parallèles terrestres et non sur les méridiens. Sa
longueur est donc variable et il y a autant de cordes druidiques que de lieux de construc-
tion. Par exemple, à Locmariaquer, l'unité de mesure mégalithique vaut 26,8 centimètres.
C'est la cent-millionième partie du parallèle 48° Nord, celui passant par Carnac, dont la
longueur est de 26 800 kilomètres. À Newgrange en Irlande, elle vaut 23,68 centimètres,
le parallèle 54° Nord ayant une longueur de 23 680 kilomètres. Et, à l'équateur, elle vaut
40 centimètres.

Il faut toutefois noter que sur un même site druidique, les prêtres-arpenteurs n'uti-
lisaient pas une seule corde à treize nœuds, mais trois. Le système mégalithique étant
basé sur le triangle-rectangle 3-4-5, la mesure unitaire était appliquée à l'échelle 3 sur

182
une corde, à l'échelle 4 sur une autre corde et à l'échelle 5 sur une troisième. Les mesures
du rectangle de Crucuno, en Bretagne, constituent un exemple remarquable à cet égard.

Les sociétés mégalithiques pré-celtiques avaient trouvé le mètre en partant de π


et de la fréquence 52,36 qui est non seulement une mesure royale mais aussi l'unité de
battement du Chronos ou Temps Universel. C'est aussi la résultante du battement du
champ magnétique terrestre et le rythme dynamique au niveau de l'horloge humaine
(battements de Schuman). Si l'on multiplie la coudée royale par 15 (rythme du noyau ter-
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

restre) on obtient 7,854 mètres. Il est troublant de constater que c'est précisément cette
valeur, multipliée par mille, qui a été choisie les anciens Égyptiens pour leur unité de dis-
tance, l'atur.

Une autre mesure très répandue dans l'Égypte antique était le 1/7 de coudée, valant
dans notre système métrique 74,8 millimètres. Comme la coudée royale vaut 1/6 de π,
cette mesure (très proche de la paume valant 76,4 millimètres) représentait 1/42 de π. La
notoriété de cette mesure venait probablement du fait qu'il y avait 42 nomes en Haute et
Basse Égypte, ramenés à 40 par les Romains pour respecter le nombre des juges.

La mesure originelle, nommée par la suite pan ou empan est, en fait, un rapport.
C'est la 1/100 000 000e partie du méridien terrestre, d'un pôle à l'autre. Le physicien suédois
né à Lögdö, Anders Jonas Angström (1814-1874) s'est inspiré de ce rapport antique pour
créer la très petite mesure dont les scientifiques avaient besoin, notamment pour mener
à bien les travaux d'analyse spectrale. Il l'a appliqué au centimètre, permettant ainsi de
définir une unité de 1/10.000 de micron, commode pour mesurer les longueurs d'onde
des moyennes et hautes fréquences.

Les Anciens connaissaient aussi le mètre qui était, pour eux, cinq fois la mesure de
base, le 5 étant la mesure de l'homme. Lorsque, en 1790, De Talleyrand Périgord fit adopter
un projet reprenant une très ancienne mesure celtique, il proposa le mètre (du latin me-
trum et du grec métron : mesure) comme étant la dix-millionième partie du quart de la
circonférence terrestre dans son plus grand diamètre. Il fallut d'ailleurs toute l'insistance
de Napoléon pour que ce grand initié consente à rechercher la vraie valeur du mètre en
partant de π et de la fréquence 52,36. Ce n'est que le 2 décembre 1801 qu'un décret donna
officiellement à la France son « Système métrique décimal ». La loi fut votée le 19 Frimaire
an VIII.

L'évêque d'Autun savait, comme les Anciens, que la valeur du mètre est liée à la
vitesse de la lumière. Mais, nos ancêtres n'avaient pas à l'époque les moyens d'en définir
la fréquence. Elle est maintenant connue comme étant de 299 792 458 cycles par seconde.
Le mètre vaut donc, à peu de chose près, la trois-cent-millionième partie de la distance
parcourue par la lumière dans le vide en une seconde. D'autres mesures furent utilisées
dans le passé, notamment celles rapportées par Hérodote dans ses « Histoires », les prin-
cipales étant :

Les mesures romaines : le pied de 29,6 centimètres, la coudée de 52,7 centimètres


et le pas de 74,03 centimètres, qui n'est autre que la première duplication expansive √2 de
la coudée royale, la « 52,36 ». Le passus ou pas romain de la Gaule Narbonnaise, valait cinq
pieds de 0,2935 mètre, soit 1,472 mètre. C'est en réalité la foulée. Le passus valait deux

183
gradus de 0,736 mètre. Le « pas » tel que nous le concevons valait, chez les Romains, en-
viron 74 centimètres.

La coudée romaine valait 7 palmes de 75,3 millimètres et chaque palme valait qua-
tre doigts de 18,8 millimètres. On replonge dans la symbolique du 28, c’est-à-dire de la
septième triangulaire et quatrième hexagonale. On a retrouvé des règles-étalons gra-
duées en 1/7 de coudée. (Mais aussi d'autres graduées en tiers, en quart, en cinquième,
etc. et en 1/10.) Elles étaient destinées aux exécutants, comme la règle à 24 graduations
des Maîtres de l'architecture médiévale, extrapolée de l'abacus.

L'orgye (ou brasse) de 1,77 mètre et le plèthre de 29,6 mètres (100 pieds romains).

Le stade de 177,6 mètres (6 plèthres) et le schène de 10 656 mètres (60 stades). Il y


avait aussi un stade de 184 mètres, en rapport avec le mille romain, valant 1 472 mètres,
soit mille passus ou huit stades. Enfin, une mesure d'origine perse : le parasange de 5 940
mètres, très proche du farsakh arabe valant six kilomètres.

Les mesures grecques étaient basées sur le stade, valant 600 pieds de 16 dactyles.
La piste pédestre du stade d'Athènes (comme celle d'Épidaure) mesurait 184,96 mètres,
soit six cents pieds attiques de l'Acropole, d'une valeur de 0,3083 mètre. Ce pied était
divisé en 16 doigts (les dactyles) de 19,2 millimètres. La piste du stade de Milet était un
peu plus longue et mesurait 191,38 mètres, soit mille « modules » de dix dactyles, ou 0,192
mètre (à quelques millièmes près).

Mais, la plus longue de toutes ces pistes était celle, pédestre, du stade d'Olympie
avec un « stade » de 192,25 mètres, soit mille modules de 19,25 centimètres. La piste de
l'hippodrome valait quatre stades, soit exactement 770 mètres. En revanche, à Delphes,
la piste du gymnase ne mesurait que 173 mètres, soit neuf cents modules. Sa longueur
est, de ce fait, presque identique à celle du stade romain de 177 mètres.

Il y eut aussi des stades plus courts, comme le « stade asiatique » de Xénophon, de
147,85 mètres et le « stade routier » d'Eratosthène de 157,50 mètres. Le pied italique grec
de Sicile, plus petit que le pied attique de l'Acropole et légèrement plus grand que le
pied romain, valait 0,2996 mètre.

Pour ce qui est des mesures celtiques, on a :


Le pouce, qui vaut un douzième de π, c’est-à-dire : 3,1416/12 = 2,618 centimètres,
cette valeur rappelant par les chiffres qui la composent le nombre de φ2 : 2,618.

Le pied, valeur des rapports 22/7, 355/113, 377/120 ou 864/275, soit : 314,16 millimètres.
Certains auteurs font état d'un pied celtique de 0,3175 mètre, mais les sources pour le
moins douteuses de cette information lui enlèvent beaucoup de sa crédibilité.

La coudée : c'est la coudée royale, donc 20 pouces d'un douzième de π.

La toise, valant 6 pieds, soit 31,416 x 6 = 1,885 mètre.

Mille ans plus tard, le pied byzantin qui a présidé sous Justinien, de 532 à 537, à la

184
réalisation de la basilique Sainte-Sophie à Constantinople, sous la direction des architectes
Anthémius de Tralles et Isidore de Milet, est basé sur un pied de 0,3123 mètre, divisé en
12 dactyles. Le tracé régulateur du plan, entièrement basé sur les nombres 2, 3, 5 et 13 est
étonnamment simple puisqu'il s'agit essentiellement de deux rectangles bi-carrés de 100
pieds sur 200 séparés par un intervalle de 15 pieds, d'un carré central de 130 pieds de côté
et de trois cercles de 100 pieds de diamètre.

Il y avait sous Charlemagne le « pied du Roi » valant pratiquement la moitié de la


Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

coudée « atlante » de Pornic (un multiple de 4 φ, soit 647,2 millimètres). Ce « pied de


Charlemagne » valait 324,84 millimètres, soit une infime différence de 1,24 millimètre
avec le pied sacré de 2 φ ou 323,6 millimètres. Il se divisait en 12 pouces de 27,07 millimè-
tres, démultipliés en 12 lignes de 2,256 millimètres. La toise valait 6 pieds, soit 1,94904
mètre. Et aussi une mesure de 0,8125 mètre dont on ne connaît pas l'origine. Quant aux
bâtisseurs celtes Udéens de Vézelay, ils utilisaient un « pied » valant 1/14 de π, soit 224,4
millimètres et une « coudée » d'environ 0,30 mètre.

185
Cardo - Décumanus

186
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le Tracé modulaire arithmétrique

Cet aspect du Tracé directeur (ou tracé harmonique) est une représentation figurée
de la transcription des nombres abstraits en mesures de longueurs par le génial Vitruve.
Il se perd dans la nuit des temps. Il a, comme son complément le Tracé géométrique
cher aux pythagoriciens, son perfectionnement et son aboutissement dû à l’emploi des
nombres irrationnels dynamiques, une origine commune : le «Grand Architecte». C’est
Lui qui les avait réunis à leur naissance sous l’égide des deux symboles divins, le nombre
1, le Ciel exprimé par le carré, et le nombre 2, la Terre exprimée par le rectangle bi-carré.
D’après Vitruve et les Théoriciens, pour qu’un bâtiment affirme son eurythmie, c’est-à-
dire son harmonie générale, il faut que son tracé modulaire arithmétique réponde à deux
conditions essentielles : la symétrie et la proportion.

La notion de symétrie doit cependant être prise au sens éthymologique du terme,


c’est-à-dire commensurable. Cela signifie que toutes les dimensions doivent se mesurer
en nombres entiers d’une même unité, les modules, ou fractionnaires, les minutes. En
grec, le mot «symétrie» est synonyme de commodulatio qui exprime cette notion de
nombres entiers de modules. Dans les temples grecs, ce module est généralement le
rayon des bas de colonnes. Quant au nombre de modules utilisés, ce sont des multiples
de 2, 3 et 5, les nombres premiers divinement créés, auxquels il faut ajouter le 16, la mé-
trologie grecque reposant sur le pied de seize dactyles.

La tradition biblique utilisait les nombres 2, 3, 6, 7, 10 et leurs multiples. Les Sumé-


riens et les Egyptiens ajoutèrent le 11 et le 13. On peut donc considérer que les Anciens
ont utilisé dans la construction tous les nombres premiers inférieurs à 17. La notion de
proportion fait intervenir les trois «moyennes» ou «médiétés». Le choix de l’une ou l’autre
de ces moyennes dans le tracé d’un édifice conférait à celui-ci un thème mélodique pro-
pre l’intégrant, sur le plan métaphysique, à l’Esprit du Créateur. L’emploi d’une seule et
même proportion provoquait une récurrence entre les multiples mesures de la construc-
tion. Les trois proportions connues étaient :
- La proportion 1 - 2 - 3 , dite arithmétique.
- La proportion 1 - 2 - 4 , dite géométrique.
- La proportion 2 - 3 - 6 , dite harmonique.

Citons aussi, pour mémoire, la proportion spaciale des triades bardiques : 1 - 3 - 9 - 27 -


81 qui n’apparaît vraiment que dans la croix celtique avec les valeurs des cercles de Keu-
gant, d’Abred, d’Annouin et de Gwended, les Celtes n’ayant pas construit de temples ni
de palais. Briseux (1680-1754) en avait même retrouvé six autres, datant du premier siècle
de notre ère et dues aux néopythagoriciens.

187
Les mesures romaines

1) Mesures linéaires agraires et itinéraires :


Le doigt (digitum) 18,5 millimètres
La paume (4 doigts) 74 millimètres
Le demi-pied (2 paumes) 148 millimètres
L’once (12 doigts) 222 millimètres
Le pied (4 paumes) 296 millimètres
La coudée (1 pied ½ ou 2 onces) 444 millimètres
Le grade (10 paumes ou 2 pieds ½) 0,74 mètre
La brasse (4 pieds) 1,184 mètres
Le pas (5 pieds) 1,48 mètres
Le Decempeda (10 pieds) 2,96 mètres
La perche (12 pieds de 18 doigts) 4 mètres
L’actus (120 pieds de 18 ou 10 perches) 40 mètres
Le stade (625 pieds) 185 mètres
Le mille (5000 pieds) 14, 8 kilomètres

2) Les multiples de l’Once :


Sescuncia (1 once ½) 333 millimètres
Sextans (2 onces) 444 millimètres
Quadrans (3 onces) 676 millimètres
Trians (4 onces) 890 millimètres
Quincunx (5 onces) 1,11 mètres
Semis ou ½ as (6 onces) 1,33 mètres
Septunx (7 onces) 1,55 mètres
Bes (8 onces) 1,78 mètres
Dodrans (9 onces) 2 mètres
Dextans (10 onces) 2,22 mètres
Deunx (11 onces) 2,44 mètres
As (12 onces) 2,66 mètres

3) Les sous-multiples de l’Once :


Le semiuncia (½ once) 111 millimètres
Le double-sela (1/3 once ou paume) 74 millimètres
Le lycus (1/4 d’once) 55,5 millimètres
Le sela (1/6 d’once) 37 millimètres
Le demi-sela ou doigt (1/12 d’once) 18,5 millimètres
4) Les mesures de surface :
Le porca : 7 200 pieds carrés 630 mètres carrés
Le versus : 8 640 pieds carrés 756 mètres carrés
Le agnua : 14 400 pieds carrés 1 260 mètres carrés
La jugère : 28 000 pieds carrés 2 520 mètres carrés
La centurie : 200 jugères 5 040 hectares
2
Un pied carré vaut environ 0,0875 m . La centurie est un carré d’environ 708 mètres de
côté. Cette dimension peut cependant varier de 703 mètres à 710 mètres en fonction des valeurs
locales du pied, comprises entre 0,2957 et 0,2960 mètres. (Informations extraites du corpus des Gromatici
veteres. Kretschmer 1966.)

188
Temps d’oscillation du pendule
(en fonction de la longueur du fil)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

- Durée : 1 seconde. Longueur du fil 0,994 mètre, soit pratiquement 1 mètre.

- Durée : 2 secondes. Longueur du fil 3,98 mètres, soit pratiquement 4 mètres.

- Durée : 3 secondes. Longueur du fil 8,95 mètres, soit pratiquement 9 mètres.

- Durée : 4 secondes. Longueur du fil 15,90 mètres, soit pratiquement 16 mètres.

- Durée : 5 secondes. Longueur du fil 24,85 mètres, soit pratiquement 25 mètres.

- Durée : 6 secondes. Longueur du fil 35,80 mètres, soit pratiquement 36 mètres.

189
190
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Carrés et
rectangles
Structure symbolique des Carrés

Le bâtisseur plante un pieu pour marquer le centre, l’origine, le point de départ. Il maté-
rialise l’UN, le réel absolu, c’est-à-dire : DIEU.

Ce point fractal, c’est la concentration de l’énergie qui va exploser dans le cercle. C’est
l’unité qui va rayonner dans le multiple. C’est la source de tous les nombres.

C’est aussi le symbole de l’Esprit qui va se transcender


dans le monde spirituel, symbolisé par le cercle que trace
maintenant le géomètre-arpenteur. Le cercle, c’est l’Orobou-
ros, l’éternel recommencement, le mouvement, le défile-
ment du temps, la roue.

Notre bâtisseur trace maintenant deux lignes perpen-


diculaires passant par le centre. Par ce moyen, il indique les
quatre directions cardinales. C’est la rencontre du Ciel et de
la Terre. Les points de croisement des lignes droites avec le
cercle sont au nombre de quatre, le Nombre de la Mesure. Et
les deux lignes sont la matérialisation de la Croix.

Avec le point central se réalise la synthèse des quatre


éléments : terre, air, feu et eau, se joignant en une harmonie équilibrée. Le Nombre de l’harmonie,
c’est le cinq. C’est la médiation entre le Ciel et la Terre, le
temps et l’espace, l’homme et Dieu.

À partir des quatre points d’intersection de la croix


avec le cercle, le bâtisseur construit le carré, figure indéfor-
mable fixée par ses diagonales. C’est l’univers créé, la stabi-
lité. Le carré symbolise l’arrêt, le positionnement sur les qua-
tre éléments.

Ensuite, c’est le tracé du pentagone régulier inscrit


dans le cercle, puis du rectangle d’Or bâti sur un côté du pen-
tagone.

Après cela, tout est possible. Par exemple l’arc triomphal des Romains, association du cer-
cle et du carré, du Ciel et de la Terre. On le trouve aussi dans les églises romanes oû cette forme
symbolise l’union entre l’univers visible et l’univers invisible, le rationnel et l’irrationnel, la ma-
tière et l’esprit. Et, bien sûr, dans le mandala qui est dans les traditions orientales, la focalisation
de la totalité.

192
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Doubler la surface du carré

D'après Pythagore. (Figure 1).

Il s'agit, en fait, de la duplication √2 du carré de base MNOP. Pour ce faire, il suffit


de tracer ses médianes qui se coupent en I, centre du carré, et de les prolonger en dehors
de la figure. Depuis l'angle P, tracer un demi-cercle de rayon PI qui coupe les médianes
prolongées en Q et R. La même manœuvre depuis N donne les points S et T. Le carré
QSTR a une surface double de celle du carré de base MNOP.

D'après Villard de Honnecourt. (Figure 2).

Le grand architecte picard se contentait d'abaisser une demi-diagonale OM du


carré de base sur une médiane prolongée qu'elle coupe en N. Une parallèle menée de ce
point N, tangente au cercle circonscrit au module de base, donne le côté d'un autre carré
dans lequel ce même cercle est inscrit et dont la surface est double.

193
Les duplications √2 du carré

Normales Basculées à 45°

A chaque duplication rétrograde √2 basculée de 45° correspond une largeur de « marche »


(socle des croix templières) de 1/7 de la longueur du côté du carré de base (à 0,3 % près, la formule
exacte étant : 1 - ½√2 .
2
Chaque carré ayant une valeur du côté de un demi de √2 du précédent, la sixième dupli-
cation rétrograde conduit à un dimension du côté du carré central valant le 1/8e du côté du carré
de base et le 1/64e de sa surface.

A chaque duplication rétrograde, la surface du carré est la moitié de celle du précédent.


Érigé en pyramide, l'angle au sommet virtuel de l'empilement des mastabas est de 90°. (Voir le
socle de la croix templière de Ste-Eulalie-du-Cernon).

194
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La triple enceinte

Une seconde duplication rétrograde √2 du carré de base amène un second carré-


matière dont le côté vaut la moitié du côté du carré de la Mère. Traité lui aussi en grille
de huit, comme le grand carré de base, ce second carré comporte également quatre tables
rectangulaires ainsi que les cercles de quadrature et de périmétrie de son losange sacré.

Répétée une troisième fois, l'opération conduit au troisième carré et à ses propres
tables. Ces trois carrés constituent la « Triple Enceinte » et l'ensemble de la figure re-
groupe 21 formes géométriques (trois fois sept).

On remarquera que le centre sacré, régulièrement attesté dans les ruines des tem-
ples grecs, est séparé de l'ultime duplication rétrograde √2 par une petite enceinte qui
est, en quelque sorte, un « no man's land » entre deux mondes.

Une application rigoureuse des formules mathématiques ferait apparaître de lé-


gères différences dans la détermination par le tracé géométrique des rayons des cercles.
Mais ces erreurs ne sont que de 0,9 % pour la quadrature et 0,12 % pour la périmétrie.
C'est le « principe d'incertitude », sans conséquence dans la pratique.

Il est intéressant de remarquer qu'un cercle identique au troisième cercle de qua-


drature, centré sur le premier au croisement avec une des médianes du carré de base, tan-
gente à la fois le carré de la Mère et les deux premières tables « 2 & 1 » basculées. C'est
évidemment une conséquence logique de la construction géométrique globale mais, dans
les relations entre la matière et son esprit, cette constatation est riche d'enseignements.

195
Rapport du carré à son cercle inscrit

Périmètre du carré
= √ j ((à 0,001 % près)
Périmètre du Cercle
Le petit écart d'erreur de un millième est nécessaire.

C'est toute la différence entre la géométrie formelle et la géométrie sacrée.

196
La proportion économique

Soit le carré ABCD auquel on accole un second carré identique. On obtient un rec-
tangle bi-carré, ou carré-long, ou rectangle 21 (prononcer 2 & 1) ABFE.

On trace les diagonales de ce rectangle qui se croisent en O, milieu de l'hypoténuse


des triangles-rectangles ABF et AEF. On peut alors tracer un cercle de centre O passant
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

par A, B, F et E. Ce même cercle établit donc la qualité de « rectangle » au triangle GAH,


dans lequel AD2 = GD x DH. Or : DH = DC + CH et CH = GD.

On peut donc écrire : AD2 = GD x (DC + GD).

DC étant égal à AD (côtés du carré), on a : AD2 = GD x (AD + GD).

Ces segments constituent les côtés de l'angle droit du triangle-rectangle ADG. Don-
nons à AD la valeur a et à GD la valeur b. On a alors : a2 = b x (a + b).

D'où : a = b x (a + b) a+b a
=
a et a b

Cette proportion étant entièrement définie avec seulement deux termes, ne peut
pas être plus « économique ». Elle est aussi en « divine harmonie », comme le prouve le
calcul si on donne au côté a la valeur 1.

On a, en effet, dans le rectangle bi-carré ABFE : AB = 1 et AE = 2.

Donc, AF = √5, et GH également puisque c'est aussi un Ø du cercle.

D'où : GH = GD + DC + CH, c’est-à-dire : √5 = b + a + b = 1 + 2b.

Et algébriquement : b = (√5 – 1) = 0,618 , c’est-à-dire 1/φ.


2

D'autre part, a + b = 1 + √5 – 1 = 2 + √5 - 1.
2 2
= 1 + √5 = 1,618 , c’est-à-dire φ .
2
Si on construit le rectangle GHIJ, on constate qu'il est de la forme √5 caractérisée
par le coefficient k de rapport des deux côtés égal à 2,236 (huitième harmonique) puisque
son grand côté GH est un diamètre du cercle et que le petit côté vaut 1.

D'autre part, les deux rectangles situés de part et d'autre du carré de base sont de
la forme 1 x 0,618, c’est-à-dire des rectangles 1/φ.

On constate donc qu'avec seulement deux valeurs, on peut construire un carré


(ABCD), un rectangle 2 & 1 (ABFE), un triangle-rectangle (GAH), un rectangle √5 (GHIJ),
des rectangles φ (AIHD et JBCG), et des rectangles 1/φ (JADG et BIHC).

197
La proportion économique

a=1
b = 1/j = 0,618
c = √1/j2 + 1
d = √2 =1,414
e = √(a+2b)2 + 1 =√6 = 2,449
f = √j2 + 1 = 1,902
g = a + 2b = √5 = 2,236

198
Les cinq Rectangles dorés
Elisa Maillard qui a longuement étudié les tracés régulateurs des églises du XIIe au
XVe siècles, les églises byzantines, le Parthénon, le vitrail de la Crucifixion et les sculp-
tures de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers a pu mettre en évidence cinq des rectangles
dynamiques, dits « dorés ». Relevés sur l'autel portatif du XIe siècle de l'abbatiale de Saint-
Hilaire-le-Grand et sur la dalle funéraire du XIIIe siècle de l'église Saint-Nicaise, ces tra-
cés ont été réalisés à l'aide du compas de réduction, apporté en Gaule par les Romains et
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

réglé sur la proportion dorée. Le terme « nombre d'Or » a été inventé par le diplomate et
ésotériste roumain Matila C. Ghyka en 1932.

- Le premier de ces cinq rectangles, c'est le quatrième des dynamiques, le 72°, lié au dé-
cagone. Son rapport k, lorsqu'il émerge à la matière et devient nombre, vaut 1,559. Si on
le partage en deux par une médiane longue, on obtient deux rectangles dont les diago-
nales font entre elles un angle de 36° et dessinent le pentalfa. (Figure 1).

- Le second de ces cinq rectangles est obtenu en construisant le carré AFGD et en ra-
battant la diagonale DF sur le prolongement de DG. Le rectangle AHID ainsi défini est
donc un √2, troisième rectangle dynamique dont le rapport k, lorsqu'il émerge à la ma-
tière et devient nombre, vaut 1,414. Si l'on trace les diagonales de ce nouveau rectangle,
on définit le point J qui permet par un arc de cercle de rayon JH de retrouver le sommet
du pentalfa inscrit dans le rectangle précédent. (Figure 2).

- Le troisième de ces cinq rectangles est le √j, le premier des dynamiques, dont la dia-
gonale de valeur j constitue l'hypoténuse du « triangle de Khéops » 1-j-√j. Le rapport
des côtés de ce rectangle vaut 1,272 lorsqu'il émerge à la matière et devient nombre. Il est
très proche du troisième rectangle statique, le fameux 3-4-5 dont le rapport k = 1,333. Ce
dernier était connu des sociétés mégalithiques pré-celtiques. On le traçait à l'aide de la
corde à treize nœuds (donc douze intervalles), dite « des druides ». (Figure 3).

- Le quatrième de ces cinq rectangles est obtenu très simplement en basculant la dia-
gonale DK du précédent rectangle sur sa base. Cela conduit au rectangle AMND qui est
un rectangle j, c’est-à-dire le cinquième dynamique, dont le rapport k vaut, lorsqu'il
émerge à la matière et devient nombre, la valeur de 1,618. (Figure 4).

Le cinquième et dernier de ces cinq rectangles « dorés » est un double-carré légère-


ment aplati, de telle sorte que les diagonales du rectangle AOPD et de sa moitié QOPR
soient en divine harmonie : OD/OR = j. Dénommé aussi « rectangle Parthénon », le rap-
port k de ses côtés (lorsqu'il émerge à la matière et devient nombre) est de 2,164. On le
rencontre en général sous une forme approchée au rapport k de 2,157, plus facile à déter-
miner car on trace d'abord un rectangle j dont on rallonge le grand côté d'un tiers. Le
rectangle AOPD est le septième dynamique de la nomenclature. (Figure 5).

Du temps du célèbre maître d’œuvre picard (de Cambrai) Villard de Honnecourt et de


son compatriote rémois Hue Libergier, ces tracés étaient très facilement réalisés à l'aide
d'une équerre spéciale dont un exemplaire est conservé aux Monuments Historiques.
Elle figure sur la pierre tombale de Libergier. Une autre, un peu différente et plus petite,
du XIe siècle, apparaît sur un bas-relief de la cathédrale de Poitiers.

199
Les cinq Rectangles dorés
(Le troisième et le quatrième sont dynamiques)

Figure 1 : le 72°, quatrième dynamique

Figure 2 : le √2, troisième rectangle dynamique

200
Les cinq Rectangles dorés
(Le premier et le cinquième sont dynamiques)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Figure 3 : le √j, premier dynamique

Figure 4 : le rectangle « j », cinquième dynamique

201
Les cinq Rectangles dorés
(Le septième des dynamiques et l’ensemble)

Figure 5 : le rectangle « Parthénon », septième dynamique

Figure 6 : ensemble des cinq rectangles dorés

202
Les six carrés des Grecs
(1700 avant J.-C.)

Symbole de l'Ouroboros.

Pour faire se manifester la forme, faire tout le dessin au crayon et repasser à l'encre
de chine les deux ronds et le point de centre.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

L'écart entre le cercle tangent au rectangle et le cercle tangent aux diagonales √10
représente la différence entre la géométrie pure et la géométrie sacrée. Ce léger écart
n'est que de 0,06 % du diamètre du grand cercle, valeur du côté du carré de base.

La diagonale √10 du rectangle tri-carré constitue la développante du cercle telle


que la concevait les compagnons-constructeurs du Moyen-Age. Il faut cependant remar-
quer qu'elle n'est pas rigoureusement exacte et que l'angle de 144° déterminé par les deux
diagonales √10 ne l'est pas non plus (143° 07' 48" 36/100).

Lorsque √10 émerge dans la matière, elle devient nombre et vaut 3,1623...., ce qui
donne à la développante du cercle une valeur supérieure de 0,027. Mais, elle devient
exacte si on l'applique au petit cercle de diamètre 0,9934...., le grand cercle valant 1.

Principe de détermination de racine de 10.

√4 émerge en base 2. √9 émerge en base 3 et donne naissance au rectangle 3 x 1 (le tem-


ple de Salomon) qui a pour diagonale √10 = 3,16227766.....

203
L’Ourobouros

Le graphisme du cercle gnostique du serpent qui se mord la queue et tourne sans cesse
sur lui-même symbolise le cycle indéfini des morts et des renaissances. Il évoque la roue des
existences, le Samsâra des hindous, terme sanskrit qui définit la suite des réincarnations jusqu'à
la délivrance finale par le Nirvâna. Il est le Oshumare des peuples de la côte de Guinée. Pour les
cabbalistes, le serpent roulé en cercle, la queue dans la geule, c’est le Dieu suprême, éternel, in-
fini. En terme de cabbale tzjwya et en latin «Absque fine».

Les philosophes utilisent cette figure pour traduire le cercle central du mercure dans la
notation graphique, l'union du corps et de l'esprit, du fixe (la tête) et du volatil (la queue). Les al-
chimistes grecs appelaient « mange-queue », de ουρa (queue) et bορος (dévorant), ce tracé sym-
bolique de l'infini de l'espace et de l'éternité du temps.

Cet emblème et le sceau de Salomon sont les signes distinctifs du Grand Œuvre. L'Ouro-
boros est le hiéroglyphe d'union absolue, d'indissolubilité des quatre éléments et des deux prin-
cipes ramenés à l'unité dans la pierre philosophale. Le grand adepte Fulcanelli y voyait le
symbole complet de l'ouvrage alchimique et de son résultat.

L'Ouroboros (ou Orobouros selon certaines transcriptions) implique aussi une dynamique
du mouvement et une idée de continuité. La queue enfoncée dans la bouche suggère une sorte
d'autofécondation permanente, indispensable à l'éternel recommencement illustré par la forme
circulaire du symbole, celui de la roue.

Une autre interprétation veut que le serpent, symbole du monde terrestre, tente de trans-
cender son niveau d'animalité pour accéder au monde céleste figuré par le cercle. Mais, tant qu'il
se mordra la queue et tournera sur lui-même, il s'enfermera dans son propre cycle et il lui sera
impossible d'accéder à un niveau d'être supérieur.

Dans certaines représentations, l'Ouroboros est moitié noir, moitié blanc, réalisant ainsi
l'union des opposés, le Yin et le Yang, le jour et la nuit, le ciel et la terre, etc. C'est en même
temps un symbole de vie, le mot serpent s'écrivant en arabe « el-hayyah », et la vie « el-hayat ».

204
Un des principaux noms divins, El-Hay, signifie « le vivifiant ». Il est donc ce qui anime
et ce qui maintient, le double symbole de l'âme et de la libido.

Bachelard a écrit que le serpent est un des plus importants archétypes de l'âme hu-
maine, qu'il est la : « La dialectique matérielle de la vie et de la mort, la mort qui sort de
la vie et la vie qui sort de la mort ». Promoteur de la vie, l'Ouroboros est aussi celui de la
durée. Il entraîne le mouvement des astres et, à ce titre, il est l'ancêtre du zodiaque. Il est
la première divinité cosmographique et la plus vieille image du monde.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Un très ancien disque en bronze originaire du Bénin montre un Ouroboros enser-


rant la roue à huit rayons (la rouelle des Celtes) contenant le carré de la Terre. Tout autour
sont réparties des faces humaines et des représentations animales. Il n'est pas différent
du « vieux dieu naturel » nommé Dan au Dahomey, de l'Apophis égyptien, du Léviathan
hébreu ou du Midgardorm scandinave dont l'Edda dit qu'il est plus ancien que les dieux
même !

Dans la Chrétienté, le serpent est parfois remplacé par une succession de reptiles
fabuleux. Un exemple particulièrement significatif nous est offert par le portail nord de
l'église Saint-Armel, à Ploërmel dans le Morbihan. On voit sur les rampants des gâbles
plusieurs dragons faire la roue en se mordant la queue.

Selon la théogonie d'Hésiode, c'est Océan dont les neuf spires entourent le cercle
du monde, la dixième formant le Styx. Cette cosmogenèse propose l'image d'une main
qui réceptionne ce qu'une autre a lancé, illustrant une émanation de l'indifférencié pri-
mordial dont tout est issu et où tout retourne pour se régénérer et porter fruit.

Dionysos, l'Initié, doit accepter d'être massacré par les Titans pour renaître et agir.
Né des amours de Zeus et de Perséphore, c’est-à-dire du Ciel et de la Terre, il n'a pu être
conçu que parce que son père s'est transformé en serpent au moment de l'union.

Ce n'est qu'après cette résurrection, voulue par Zeus, l'Esprit, que les Bacchantes
pourront tenir dans leurs mains le serpent. C'est la signification du Caducée dont le bâton
doit être « pris en mains » car il n'est pas médecin, mais médecine. C'est, sous certains as-
pects, la « sagesse du Serpent » dont parle Jésus.

205
Le rectangle de la Génèse

Dans la chronologie des vingt rectangles sacrés, c'est le sixième statique et le septième dy-
namique. Présent dans toutes les traditions, à mi-chemin du carré de la Terre (rectangle 1 x 1) et
du temple de Salomon (rectangle 3 x 1), il est aussi nommé carré-long, rectangle bi-carré, dou-
ble-carré d'argent, rectangle 21, etc.

L'autel des pains de proposition du grand temple de Jérusalem ayant ces proportions, il
fut aussi nommé « Rectangle de la Genèse ». D'après la Bible, cette table d'offrandes mesurait
deux coudées de long sur une de large et une et demie de haut (Exode, XXV - 23). Ce serait aussi
la table du sacrifice (annulé par Dieu) du fils d'Abraham.

Le rectangle « 21 » (il faut lire 2 & 1) donne directement les nombres irrationnels √2 (igno-
rance de la lumière), √3, √5 (l’esprit dans la matière) et le nombre transcendantal p (Pi). Il met
aussi en évidence le rapport j (Phi) permettant ainsi toute une génération d'harmonieux rectan-
gles et triangles-rectangles de base axés sur la divine proportion ou section dorée.

Le rapport phi (j) est aussi appelé « divine harmonie » ou « nombre d'Or ». C'est un diplo-
mate et ingénieur roumain, le prince Matyla Ghyka qui l'a nommé ainsi en 1932, mais c'est le
mathématicien grec Euclide qui l'avait retrouvé. Lorsqu'il naît à la matière, il s'exprime par le
nombre 1,6180339....... Son carré vaut 2,617935....... et son inverse 0,618047.......

Il donne aussi, sans aucun matériel de calcul, la valeur de la coudée royale, dite « de Mem-
phis », la fameuse « 52,36 », dont l'origine se perd dans la nuit des temps.

Phi, le régent de la forme, est le seul nombre qui donne son inverse si on lui retire l'unité :
j - 1 = 1/j et son carré si on lui ajoute l'unité : j + 1 = j2.

Si l'on additionne la valeur du petit côté du rectangle (1) à celle du grand (2), et à celle
d'une diagonale, soit 2,236 (√5), on obtient le nombre 5,236. Les chiffres qui expriment cette valeur
(le périmètre du triangle-rectangle aux cathètes 1 et 2) donnent celle de la coudée royale dans
notre système métrique.

On confond souvent le rectangle de la Genèse, le « 2 x 1 », avec le rectangle d'Or, ou rec-


tangle j, dont les côtés sont dans le rapport de 1 à 1,618.

Le cercle dans le rectangle, que ce soit le « 2 & 1 » ou le « j », c'est Dieu dans la matière,
autrement dit : l’Esprit incarné.

206
Les antennes coudées
Parmi les antennes coudées, les plus courantes sont les « racines de Cinq », ainsi
nommées parce que structurées sur le rectangle sacré 2 x 1 (le 21 des cabbalistes) appelé
aussi « double carré » ou « carré long » dont la diagonale vaut √5 (fig. 7).
Ce rectangle, le sixième des statiques et le cinquième des dynamiques, est obtenu,
depuis le rectangle de base 1 x 1, c'est-à-dire le « carré ». La naissance à la matière de la
racine de ce carré, devenue à son tour base du second rectangle (le racine de 2), définit
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

par le rabat de sa racine le rectangle racine de 3. À son tour, le basculement de sa racine


donne naissance à la base 2 (Fig. 8).

Les antennes réglables (création Raymond Montercy) sont composées de six brins
pour la grande branche, dont on peut faire varier la longueur en continu dans le rapport
de 1 à 3. Elles sont utilisées unitairement et portent, de ce fait, le nom de « mono-antenne »
(anciennement mono-rad), en référence à la dénomination canadienne de « rodmasters »
pour les baguettes coudées employées par paires, et de longueur fixe.
La zone opérationnelle de la mono-antenne est celle du premier tiers, la tige té-
lescopique étant entièrement résorbée. C'est la méthodologie générale. Lorsque la tige
télescopique est déployée aux deux tiers, on utilise la première harmonique avec un subs-
tantiel élargissement du spectre. Lorsque les six brins sont entièrement déployés, on tra-
vaille avec la totalité du psychisme (Fig. 9). 1

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1/ La présentation de Louis Rosier est celle des premières antennes fabriquées par M. Raymond Montercy.
Elle permet de comprendre que celles-ci ont été conçues selon un rapport géométrique dynamique très strict, ce
qui explique leurs qualités de détection.
Aujourd’hui, M. Montercy est toujours en amélioration de ses antennes et le principe de l’antenne télesco-
pique à brins variable a été remplacé par une antenne spécifique à la détection bio-sensible. Afin de favoriser les
capacités de l'opérateur, elle est également réalisée avec des matériaux amagnétiques de qualité à plus de 80 %.
Cet appareil offre une interface de détection très performante entre l'opérateur et son environnement immédiat.
Pour tout renseignement, contactez la société « Newtronix », Touninas, 82700 Cordes-Tolosannes. Tel : 05 63 32 06 18,
Courriel : newtronix@[Link] (NDE).

207
Le Rectangle 2 x 1 et le nombre d’Or

À mi-chemin entre le carré de la Terre (rectangle 1 x 1) et le Temple de Salomon (rectangle


3 x 1), le rectangle 2 x 1 est aussi appelé bi-carré ou carré long. C’est le double carré d’argent de
la Genèse biblique. Dans la chronologie des vingt rectangles sacrés, il est le sixième des rectan-
gles statiques.

Il met en évidence le rapport j, permettant ainsi toute une génération d’harmonieux rec-
tanfles et triangles rectangles de base axés sur la divine proportion ou section dorée. Le rapport
phi est aussi appelé divine harmonie et Nombre d’or. C’est Matyla Ghyka qui l’a nommé ainsi
(vers les années 1930), mais c’est Euclide qui l’a retrouvé. Lorsqu’il naît à la matière, il s’exprime
par le nombre 1,61800339… Son carré vaut 2,617935… et son inverse 0,6180457…

On démontre le rapport en considérant le triangle rectangle ABC dont le petit côté


AD vaut 1 et le grand côté vaut 2. Son hypothénuse CA (la diagonale du rectangle ABCD)
vaut donc, par application du théorème de Pythagore,√5 ou 2,236068…
O étant le milieu de AC, les segments OC et OA valent la moitié de √5 et le segment OH,
déterminé par le cercle de centre O et de diamétre EF = AB, vaut la moitié du petit côté, soit
1/2.
On peut donc écrire la relation:
CH = CO+OH = √5 + 1 = 2,236 +1= 1,618 = j
2 2 2
En corollaire :
HA = CA - CH = √5 - j = 2,236 -1618 = 0,618 =1/j

Le point G étant situé comme le point H sur le cercle de centre O, on a : AH = CG. Ce point
G détermine la divine harmonie entre les segments GH et GC d’une part, et les segments CH et
GH d’autre part. On a bien, en effet :
GH = CH = j
GC GH
Comme l’a si bien exprimé le grand architece militaire Romain du premier siècle de notre
ère marcus Vitrivius Pollo, plus connu sous le nom de Vitruve : «Pour qu’un tout partagé en deux
parties inégales paraisse beau, il faut que le rapport entre la petite partie et la grande soit le
même qu’entre la grande et le tout.»

208
Les rectangles dynamiques

1er rectangle : le √j ou « triangle de Khéops ». Rapport des côtés : k = 1,272.


Les valeurs des côtés de ce rectangle sont 1 pour le petit
et √j pour le grand. Sa diagonale vaut donc j. Le trian-
gle-rectangle qui en découle est le « triangle égyptien »
car c'est le schéma directeur de la Grande Pyramide.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

La base HC du triangle vaut 220 coudées, la hauteur AH


est de 220 fois √j soit 280 coudées et la pente fait 220 j,
soit 356 coudées. Cette pente est dans le rapport de 14 à
11, deux nombres qui mériteraient une étude particulière.
Les valeurs de l'apothème et de sa projection au sol,
AH/HC sont en divine proportion : 356/220 = j

Lorsqu'on étudie la Grande Pyramide, on constate que le


côté du carré de base mesure 440 coudées, ce qui fait 1 152
empans. Or, ces valeurs sont le 55 et le 144 de la suite de
Fibonacci, multipliées par 8. On retrouve les quatre cou-
ples de la divinité égyptienne dépendante de Râ, autre-
ment dit : l'Ogdoade.

Pour en revenir au triangle 1√j - j, signalons que c'est


la valeur moyenne en Europe de la maille du réseau global (ou réseau Hartmann) qui
vaut 10 empans dans le sens Nord-Sud (soit 2 mètres) et √j de cette valeur (soit 2,54 mè-
tres) dans le sens Est-Ouest. Par ailleurs, l'angle de 51°1/2 de ce triangle est celui de l'angle
au centre de l'heptagone régulier et permet donc de tracer l'étoile à 7 branches. Il y a
d'ailleurs toute une étude à faire sur les relations entre le 7 et le j.

L'application en radiesthésie du triangle égyptien est très importante. Il condi-


tionne les dimensions de la baguette coudée, dite « rodmaster », pour les recherches de
vecteurs de forme, de champs de forme et de champs de cohérence (chakra du cœur),
pour l'eau et les liquides (chakra du nombril), pour les réseaux (plexus solaire), de même
que pour les polarités, les orientations, les bulles des végétaux, des animaux et des
hommes, les EIFs et les vecteurs de forces.

2e triangle : le 54 x 36. Rapport des côtés : k = 1,376.


Il est presque identique au statique 3-4-5, de rapport 1,333.
Sa diagonale génère les angles exacts de 36° et 54°. L'hy-
poténuse et le grand côté des triangles rectangles qui en
découlent sont dans les rapports 2/j et j/2.
1,701 2 1,376
= 1,236 = = 0,809 = j/2
1,376 j 1,701

Si l'on prend l'hypoténuse comme rayon du cercle cir-


conscrit au pentagone régulier, le petit côté vaut la moi
tié du côté de ce pentagone.

209
3e rectangle : le √3. Rapport des côtés : 1,414.
Il est engendré par la diagonale du carré, ce qui
donne un rectangle dont les côtés sont dans le rapport
1 à √2, soit 1 à 1,414.

La diagonale de ce rectangle vaut √3 et les angles


des triangles rectangles correspondant sont de 35° et 55°.

Il était couramment employé, ainsi que le √3 dans


le tracé régulateur des abbayes cisterciennes. De nos
jours, c'est le format commercial A4, c’est-à-dire 21 x
29,7 cm

4e rectangle : le 72°. Lié au décagone. k = 1,538.


Ce rectangle particulier donne le côté du décagone
et le rayon du cercle circonscrit, valeurs qui sont en di-
vine proportion

Par exemple, pour construire un décagone ayant un


empan de largeur, il faut tracer un cercle de 105,5 de
rayon et reporter 10 fois sur sa circonférence la valeur
105,5/j = 65,2.

À l’inverse, si l'on veut un décagone ayant des côtés


de un empan (20 cm), il faut tracer un cercle d’un pied
de rayon (32,36 cm).

5e rectangle : le Phi. Rapport des côtés : k = 1,618.

Les côtés de ce rectangle sont au rapport j, c’est-à-


dire en divine harmonie. Si le petit côté vaut 1, le grand
vaut j et la diagonale : √j2 + 1 = 1,902.

En le décomposant en rectangles semblables on


peut tracer la spirale de raison j.
On trouve ce rectangle dans les tracés des maîtres
d'œuvre qui ont dirigé la construction du temple de Sa-
lomon comme dans les tracés régulateurs des temples
babyloniens.

6e rectangle : le √3. Rapport des côtés : k = 1,732.


Avec le compas on abaisse une diagonale du rec-
tangle√2 sur sa base. On obtient un nouveau rectangle
dont les côtés sont dans le rapport de 1 à 1,732 et dont la
diagonale vaut √4. (Pythagore : 1 + (√3)2 = 4).

210
7e rectangle : le Parthénon. Rapport des côtés : k = 2,164.
C'est un double-carré légèrement aplati, de
telle sorte que les diagonales du rectangle et de
sa moitié sont au nombre d'Or : BC/BM = j

On le rencontre, en général, sous une forme


approchée, au rapport k = 2,157, plus facile à dé-
terminer car on trace d'abord un rectangle j
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

dont on rallonge le grand côté de un tiers.

8e rectangle : le √5, ou le j +1/j. Rapport k = 2,236.


C'est un rectangle construit sur la diagonale
du double-carré. Bien connu des Babyloniens et
des Assyriens, il définissait un carré encadré de
deux rectangles 1/j.

On le trouve, plus tard, en façade des tem-


ples grecs dans l'une ou l'autre forme, le piédes-
tal (ou stylobate) étant un rectangle √5 et le
temple, un rectangle « Parthénon » (ou sa forme
approchée au k = 2,157).

9e rectangle : le j2. Rapport des côtés : k = 2,618.


Il se rencontre, en général, sous la forme
d'un temple carré (1 x 1) accolé à un autre tem-
ple en divine proportion (1 x j), ce qui donne : 1
+ j = j2.

Certains chercheurs attribuent les dimen-


sions du rectangle j2 à la table mystique, ainsi
qu'à la table du sacrifice d'Abraham et à la table
de la Cène. D'autres pensent que le rectangle Sa-
lomon (le 3 x 1) avec le double-carré du Portique
(2 x 1 transversal), soit au rapport k = 3,5 est plus indiqué.

10e rectangle : le 108°. Rapport des côtés : k = 2,752.


Constitué de deux rectangles 2/j (ou 54/36),
accolés : DC/DE = j.
DE = côté du pentagone convexe.
DC = coté du pentagone étoilé.

Surtout remarquable par la mise en lu-


mière du triangle divin et de son angle su-
blime de 108°. Voir à Vézelay la tête et les
mains du Christ (ou du dieu Lug ?).

211
Les vingt rectangles sacrés
(Les dix dynamiques)

212
Les vingt rectangles sacrés
(Les dix statiques)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

213
Les rectangles statiques

1er rectangle : le Carré. Rapport des côtés : k = 1/1.


Le carré, symbole de la Terre, c'est dans la Chrétienté le milieu
de l'église romane, la croisée du transept. Dans l'Islam, c'est la
Ka'ba.

Le carré donne par ses diagonales les angles de 45° et la valeur


√2. En effet, si l'on applique le théorème dit de Pythagore (qui le
tenait des Égyptiens, eux-mêmes initiés par les Sumériens), on
constate que la somme des carrés de deux côtés consécutifs donne
2, donc l'hypoténuse du triangle-rectangle ainsi formé vaut racine
de 2.

On vérifie qu'un triangle est rectangle en traçant avec le compas un cercle dont le diamè-
tre est l'hypoténuse du triangle. Le sommet de l'angle droit se trouve sur le cercle.

2e rectangle : le 4 x 5. Rapport des côtés : k = 1,25.


Ce second rectangle statique n'est pratiquement pas employé
car trop proche du rectangle dynamique √j, dit de « Khéops » dont
le rapport k est de 1,272.

Il est probable que dans la pratique, et pour des bâtiments de pe-


tites dimensions, c'est ce rapport de 4 à 5, bien plus facile à tracer,
qui était utilisé par les bâtisseurs en lieu et place du racine de j.
L'hypoténuse vaut √41 soit : 6,4.

3e rectangle : le 3 x 4 x 5. Rapport des côtés : 1,333.


C'est le fameux triangle directeur des sociétés mégalithiques. Il
se traçait directement avec la corde à 13 nœuds, le petit côté valant
3 coudées, le grand 4 coudées et l'hypoténuse 5 coudées.

Ses angles sont d'environ 36° et 54°. On aura très exactement ces
valeurs d'angles avec le rectangle dynamique 2√j, rapport k = 1,376.
C'est aussi le format des écrans de télévision.

4e rectangle : le 2 x 3. Rapport des côtés : k = 1,5 (Sesquialtère).


Comme le 4 x 5, il a souvent été employé à la place du 72° dyna-
mique, au rapport de 1,538, mais beaucoup plus difficile à tracer sur
le terrain. Il est devenu tout à fait courant à partir du XVe siècle,
particulièrement dans le format des fenêtres basses. Dans l'impri-
merie, c'est le format in-octavo de 14 centimètres par 21 cm. À partir
de l'avènement de la photographie et du cinéma, c'est celui de
l'image : 24 x 36 millimètres.

214
5e rectangle : le 3 x 5. Rapport des côtés : k = 1,666.
Substitut du rectangle, au rapport k
= 1,618, il est utilisé sur le terrain lorsque la
précision n'est pas requise. Il est évidemment
plus facile de reporter trois fois et cinq fois
des valeurs fixes que de définir les côtés d'un
rectangle en divine harmonie.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

La diagonale de ce rectangle vaut √34


ou 5,83. C'est l'hypoténuse du triangle rectan-
gle de même rapport.
e
6 rectangle : le 2 x 1. Rapport des côtés : k = 2.
Généralement appelé « double
carré » ou « carré long », c'est aussi un rectan-
gle dynamique obtenu en abaissant la diago-
nale du rectangle √3 sur sa base. Cette
diagonale vaut √4 et donne le côté de valeur
2. Ce rectangle très particulier est, en fait, le
générateur de tous les autres par sa diago-
nale √5 conduisant à toutes les variations.

7e rectangle : le 2 x 5. Rapport des côtés : k = 2,5.


Employé en remplacement du
rectangle dynamique j2 lorsque la ri-
gueur des rapports n'est pas requise,
en particulier pour un bâtiment carré
accolé à un autre au rapport j, ceux-
ci n'étant pas sanctifiés. La valeur de
la diagonale est √29 c’est-à-dire : 5,38.

8e rectangle : le 3 x 1. Rapport des côtés : k = 3.


Aussi nommé « triple carré »,
c'est le temple de Salomon. Les dia-
gonales sont de √2 pour le saint des
Saints, √5 pour le Temple et pour
l'ensemble. Avec l'enceinte du Por-
tique, la diagonale vaut √13,5 = 3,64,
c’est-à-dire la symbolique de l'année
(365 jours).
9e rectangle : le 4 x 1. Rapport des côtés : k = 4.
Uniquement employé pour les
bâtiments secondaires de grande di-
mension, magasins, écuries, entre-
pôts. On relève aussi quelques cas de
casernes à étages.

10e rectangle : le 5 x 1. Rapport des côtés : k = 5.


Mêmes emplois que le précédent.

215
216
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Les Tables
Les Tables mystiques

Des trois tables qui ont porté le Graal, la première était ronde et représentait l'Intuition,
la seconde était carrée et représentait l'Intelligence, et enfin la troisième était un rectangle bi-
carré qui représentait la Mystique.

Déterminées toutes les trois par la corde à treize nœuds, elles avaient le même périmètre,
soit : 12 coudées. La ronde avait un diamètre de 10 empans, la carrée 3 coudées de côté, et la rec-
tangulaire 2 coudées de large sur 4 de long. Cette dernière est aussi la Table du Sacrifice d'Abra-
ham dont le « Nombre » est 21, c’est-à-dire : 2 et 1.

Processus de traçage :

Soit le carré PQRS dont les médianes TV et


UW se croisent en O.

On prolonge TP et OW de leur valeur de ma-


nière à créer le rectangle bi-carré OTXY dont on
trace la diagonale √5 OX qui coupe PW en son mi-
lieu O'.

On trace le cercle de centre O' et de diamètre


PW qui coupe OX en α.

De O comme centre, on trace un arc de rayon


Oα qui coupe PX en β, puis on joint β et O par une
droite qui coupe PW en δ.

Le cercle de centre O et de rayon Oδ a le


même périmètre que celui du carré.

218
Les 7 tables

« Des trois tables qui ont porté le Graal, la première était ronde et représentait l'in-
tuition, la seconde était carrée et représentait l'intelligence, et la troisième était un rec-
tangle bi-carré représentant la mystique. Elles avaient toutes les trois même surface et
même périmètre et leur nombre était 21.»
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Cette citation de l'univers compagnonnique est bien connue. Elle constitue, en fait,
un moyen mnémotechnique pour se rappeler la géométrie de base qui conditionne toute
construction, sacrée ou non.

Soit le carré de base ABCD, aussi appelé «carré de la Mère» et ses médianes coupant
ses côtés en E, F, G et H. Ces points sont les sommets du carré basculé à 45° dit «premier
Fils» , et aussi «carré sacré». Cette première duplication √2 du carré de construction servira
de référence aux Sept Tables.

On construit ensuite la grille de quatre en traçant des parallèles aux médianes du


carré-matière passant par le milieu de chaque segment. Elles coupent le carré en I, J, K
et L et déterminent 16 cases (carré de Jupiter). Le rectangle bi-carré IJKL représente l'es-
prit et le rectangle identique MNOP matérialise la matière. Ils ont la même surface que
le carré sacré EFGH (en rouge).

Le croisement des diagonales du petit carré de côté IE permet de positionner en


Q un point de la circonférence du cercle de rayon SQ. La surface de ce cercle (en rouge),
dit de quadrature, est la même que celles des tables bi-carrées et du carré sacré.

Les rectangles basculés JMLO et INKP (en vert) sont les deux tables périmétriques
calées sur les diagonales AC et BD du carré de base ABCD. Ce sont des rectangles «3 x 1»
(temple de Salomon) dont le périmètre est le même que celui du carré sacré.

Enfin, la diagonale EM du rectangle bi-carré de côtés EB et BM détermine le point


R qui se trouve sur le cercle dit de périmétrie (en vert), car sa circonférence a la même
longueur que le périmètre du carré sacré.

Les trois tables de périmétrie et les quatre tables de quadrature constituent les sept
tables qui se dupliquent trois fois dans la triple-enceinte. D'où la célèbre citation : « Elles
sont 3 et elles sont 21 ». Les trois tables périmétriques ont porté le Graal. La première
était ronde et représentait l'intuition, la seconde était carrée et signifiait l'intelligence, et
enfin la troisième était un rectangle bi-carré et symbolisait la mystique.

Déterminées sur le terrain à l'aide de la corde à treize nœuds des druides (donc
douze intervalles de une coudée), elle donnait un diamètre de dix empans à la table
ronde, un côté de trois coudées à la table carrée et une dimension de deux coudées de
large pour quatre de long à la table rectangulaire.

Note importante pour la précision : Le rayon SR du cercle de périmétrie présente


un léger excès (0,12 %). La valeur exacte est obtenue en faisant tangenter le cercle à la
diagonale EM au lieu de le faire passer par le point R.
219
Les 7 tables

220
Positionnement des sept tables

La forme originelle est la grille de quatre dont le carré basculé, première duplica-
tion rétrograde de raison 2, vaut en surface la moitié de la grille de base. Ce carré est
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

aussi appelé « carré de Jupiter » par les ésotéristes lorsque sont inscrits dans les cases les
seize premiers nombres entiers. La somme de ces nombres, verticalement, horizontale-
ment et en diagonale vaut toujours 34, ce nombre étant la constante du carré qui est alors
qualifié de « magique ». Il y a 880 façons de disposer les 16 nombres, leur totalité valant
136.

Ce carré sert de référence pour les tables « matière » (horizontale) et « esprit » (ver-
ticale) dont la surface lui est égale. Deux tables ayant le même périmètre que le carré
sont initiées par les diagonales de la grille dont les 16 carrés secondaires sont dotés de
leurs diagonales.

Le cercle ayant la même surface que celle du carré est le « cercle de quadrature ».
Le « cercle de périmétrie » est celui qui a la même circonférence que le périmètre du
carré.

221
La table universelle de huit

222
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

223
Les 3 Tables et la triple enceinte
224
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Nombres,
géométrie
et symboles
Le Pantagruel de Rabelais
(Extrait)

« Depuis descendîmes ung degré marbrin soubz terre : là estoit un repos ;


Tournans à gauche en descendîmes deux aultres : là estoit ung pareil repos ;
Puis trois, à destour et repos pareil ; et quatre aultres de mesmes.

Là demanda Panurge :

- Est ici ?
- Quantz degrèz (dist nostre magnifique Lanterne) avez compté ?
- Ung (respondit Pantagruel), deux, trois, quatre.
- Quant sont-ce ? demanda-elle.
- Dix, respondit Pantagruel.
- Par (dist-elle) mesme tétrade pitagorique, multipliez ce que avez résultant.
- Ce sont (dist Pantagruel) dix, vingt, trente, quarente.
- Combien fait le tout ? dist-elle.
- Cent, respondit Pantagruel.
- Adjouxtés (dist-elle) le cube premier.
- Ce sont huict.

- Au bout de ce nombre fatal trouverés la porte du temple. Et y nottez prudentement que


c'est la vraye psycogonie de Platon, tant célébrée par les Académiens et tant peu entendue, de
laquelle la moitié est composée de unité, les deux premiers nombres pleins, de deux quadran-
gulaires et de deux cubiques. »

Dans cet extrait du chapitre XXXVI intitulé « Comment nous descendîmes les degrés té-
tratiques et de la peur qu'eut Panurge » du cinquième et dernier livre des « faicts et dicts du bon
Pantagruel », écrit en français par « Monsieur Alcofibras Nasier, abstracteur de Quinte Essence »
et publié en 1566, le grand ésotériste gallican François Rabelais accumule les informations me-
nant au triangle divin.

Il dévoile à travers les faits et gestes de ses personnages bon nombre de secrets connus
des seuls initiés. La « Quinte Essence » est la Pierre Philosophale constituée d'énergies densifiées.
C'est le cinquième élément : Akasha ou l'Éther, après le Feu, l'Eau, l'Air et la Terre. Il dédia ses
cinq livres (signés Alcofibras Nasier, l'anagramme de son nom) aux cinq éléments. Le chapitre
XLII de ce cinquième livre donne la description du Temple souterrain de la dive Bouteille, atteint
après une descente de 78 marches.

226
Le Pantagruel de Rabelais
(Révélations numériques)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

« Depuis descendîmes ung degré marbrin soubz terre : là estoit un repos ; »


Rabelais parle de l'escalier de la crypte où se rendent ses personnages, et du palier
après la première marche. Sur le plan ésotérique, il s'agit du sommet du triangle divin,
le fameux « 108° » des kabbalistes, où il positionne le point 1.

« Tournans à gauche, en descendîmes deux aultres : là estoit un pareil repos ; »


L'aventurier Panurge et son acolyte Pantagruel (du grec panta : tout, et de l'arabe
gruel : altéré), le fils de Gargantua et de Gargamelle, descendent deux autres marches et
trouvent un nouveau palier. Rabelais place le point 2 sur un des côtés du triangle.

« Puis trois, à destour et repos pareil ; »


Nos héros descendent trois autres marches et s'arrêtent à nouveau sur un palier.
Rabelais place le point 3 en opposition sur l'autre côté du triangle.

« et quatre aultres de mesmes. »


Quatre autres marches sont descendues. Positionnement du point 4.

« Quantz degrèz (dist notre magnifique Lanterne) avez compté ? »


La Lanterne est l'image de la Lumière divine qui permet la révélation du triangle.
Elle demande à Pantagruel combien de marches ont été descendues.

« Ung (respondit Pantagruel), deux, trois, quatre. »


Pantagruel répond : une marche, puis deux, puis trois, puis quatre. En fait, il énu-
mère la suite des quatre premiers nombres entiers.

« Quantz sont-ce ? demanda-elle. »


La magnifique Lanterne demande à Pantagruel combien il y a de marches en tout
jusqu'au quatrième palier. En réalité, elle lui demande d'additionner ces quatre nombres.

« Dix, respondit Pantagruel. »


Pantagruel donne le résultat de 1 + 2 + 3 + 4 = 10.

« Par (dist-elle) mesme tétrade pitagorique, »


Rabelais rappelle qu'il s'agit de la tétrade de Pythagore et fait dire à la Lanterne :

« multipliez ce que avez résultant. »


La lanterne demande à Pantagruel de multiplier chacun des nombres de cette té-
trade par le résultat de l'addition.

227
« Ce sont (dist Pantagruel) dix, vingt, trente, quarente. »
Pantagruel annonce les nombres obtenus en multipliant par dix (projection de l'Unité)
chacun des termes de la tétrade.

« Combien faitc le tout ? dist-elle. »


La Lanterne demande d'effectuer la somme de 10, 20, 30 et 40.

« Cent, respondit Pantagruel. »


Pantagruel annonce le résultat de 10 + 20 + 30 + 40, c'est à dire 100.

« Adjouxtés (dist-elle) le cube premier. »


Ceci est une allusion au premier des nombres réguliers pouvant s'élever au cube, en l'oc-
currence le nombre 2.

« Ce sont huict. »
Pantagruel répond que le nombre 2 élevé au cube donne le nombre 8, qui est positionné
sur le triangle isocèle à l'un des angles de base. Ajouté à 100, le nombre 8 donne le nombre 108,
le nombre « fatal ».

« Au bout de ce nombre fatal trouverés la porte du Temple. »


La porte du temple, c'est la base du triangle. Ce nombre fatal constitue le code d'entrée
du temple où se trouve l'oracle de la Dive Bouteille. Rabelais désigne par cette expression argo-
tique la langue sacrée des hermétistes, le langage des oiseaux cher à saint François d'Assise, le
Gay Savoir des cabalistes.

« Et y nottez prudentement que c'est la vraye psycogonie de Platon, »


La Lanterne conseille la prudence dans ce genre de démarche. La psycogonie de Platon,
c'est la procréation de l'âme telle qu'elle est exposée dans le Timée.

« … tant célébrée par les Académiens …»


Allusion au jardin d'Académos où Platon enseignait.

« … et tant peu entendue …»


Nouvelle allusion à la discrétion, voire au secret.

« … de laquelle la moitié …»
Il s'agit de la moitié de ce fameux nombre 108 que la Lanterne veut faire découvrir à Pan-
tagruel par un autre moyen. Ce nombre exprime aussi la valeur en degrés de l'angle au sommet
du triangle isocèle divin.

« …est composée de unité, les deux premiers nombres pleins …»


Il faut comprendre le nombre 1, puis les deux premiers nombres entiers, 2 et 3, la somme
de ces trois premiers nombres : 1 + 2 + 3 donnant 6 .

«… de deux quadrangulaires …»
Ce sont les deux premiers carrés possibles, ceux des nombres 2 et 3, soit 4 et 9. Le 4 étant
déjà placé sur le triangle, c'est le 9 qui est positionné.

228
« … et de deux cubiques. »
Les deux premiers cubes possibles (après l'unité qui reste Une quelle que soit la
puissance à laquelle on l'élève) sont aussi ceux des nombres 2 et 3, soit 8 et 27. Le total de
6 + 4 + 9 + 8 + 27 donne 54 qui est bien la moitié de 108. Le point 27 est placé à l'opposé du
8 à la base du triangle divin.

Ce nombre 108, spécifique au pentagone étoilé, comme le 36 et le 72, est aussi celui
des aides secrets de Jésus, basés chez les Esséniens du KRML (mont Carmel), mais dont
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

le siège central était à Héliopolis. C'est aussi le nombre de grains du Rosaire.

229
Les signes runiques

Avant d'être les signes-symboles qui sont à l'origine des diverses écritures, les caractères
runiques furent, en essence, des vibrations cosmiques qui touchèrent les prophètes des civilisa-
tions originelles. Chaque rune était à la fois une lettre, une idée, une énergie et la manifestation
d'un dieu. Le dieu Odin des mythologies germanique et scandinave, en réalité un mutant des
premiers âges, reçut la révélation des Runes alors qu’il était suspendu à « l'arbre du vent » et re-
gardait se réfléchir sur l'eau d'un lac les sons cosmiques dans lesquels le grand Pythagore en-
tendra plus tard la « musique des Sphères ».

Ces signes sont les ancêtres des idéogrammes et des hiéroglyphes. Leur origine étant d'es-
sence divine se perd dans la nuit des temps. L'arbre du vent, c'est l'arbre sacré, Irminsül dont les
feuilles captent les ondes infrasonores de l'Univers. C'est cette symbolique que l'on retrouve dans
le jeu de Tarot avec la lame du « Pendu ».

Le mot rune se retrouve en gothique avec le terme « runa » qui signifie objet caché. Dans
l'ancien dialecte finlandais, « runot » était le mot magique des enchanteurs. Et dans l'Égypte an-
tique, « ren » était la vibration fondamentale de l'individu, son nom secret. Le hiéroglyphe de ce
concept figurait une bouche surmontée d'une ondulation, symbolique évidente du Verbe émet-
tant une vibration qui est l'âme de l'individu. La vocalisation des runes, comme d'ailleurs celle
des lettres de l'alphabet hébreu, et actuellement celle des mantras tibétains, était le privilège
d'initiés qui maîtrisaient la modulation des infrasons, et même celle des ultrasons.

Quant aux représentations graphiques des runes, des signes lépontiques des Étrusques qui
leur ressemblent beaucoup, des hiéroglyphes chinois et égyptiens et des lettres-chiffres hé-
braïques, elles émettent en ondes de forme. Leurs tracés sont des émissions visuelles et géomé-
triques du Verbe. Chaque graphisme émet sa vibration spécifique, en relation directe avec une
couleur et un son. On a affaire au phénomène de « résonance analogique », qui est aussi direc-
tement relié aux noms et aux nombres.

La tentation est grande de prêter des vertus magiques aux runes et nombre de faux
« mages » actuels, qui sont loin de posséder les connaissances et les pouvoirs des chamans au-
thentiques, n'ont pas manqué de voir là une excellente occasion d'exploiter la crédulité humaine
et de gagner beaucoup d'argent. Les druides celtes utilisaient ces signes sacrés comme support
divinatoire en incisant des baguettes de frêne.

On appelle « Futark » l'ensemble des vingt-quatre signes, ce mot étant formé des initiales
des noms des six premières runes : Feoh, Ur, Thorn, As, Rad et Ken. Les significations les plus
communément admises sont : Feoh, le dieu Freyr, c’est-à-dire la richesse et la prospérité, Ur, le
pouvoir, Thorn, le dieu Thor, As, le dieu Odin, Rad, le chevalier, Ken, le feu, Gyfu, le don, Wyn,
le bonheur, Hagel, le cristal, Nyd, la nécessité, Is, la volonté, Ger, la terre, Eoh, le gardien du feu
mais aussi l'if, c’est-à-dire la mort, Peorth, le foyer, Eolh, la protection, Sigil, la victoire, Tyr, le
dieu du ciel, Beorc, la nature, Eh, le cheval, Man, l'homme, Lagu, le lin, le poireau et l'eau, Ing,
le dieu de la fécondité, Daeg, le début du jour et Odal, les ancêtres.

230
Géométrie des Runes

En règle générale, la grille de composition de Futhark de 24 signes est un rectangle


3 x 2 divisé en trois rectangles 2 x 1, soit 6 carrés 1 x 1 et leurs diagonales.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Ce qui conduit aux graphismes ci-dessous des 24 signes de Futhark. (S'agissant de


l'utilisation magique des signes, le mot Futhark signifie nomenclature. Lorsque ces signes
sont le support d'une écriture, le Futhark peut être assimilé à une sorte d'alphabet.

231
Une variante de l'utilisation du rectangle 3 x 2 fait intervenir ses diagonales, celles des 2
rectangles 2 x 1,5 qui le composent si on le partage en deux, et celles de deux petits rectangles
de la partie supérieure de dimensions 1 x 0,75 qu'on obtient en partageant à nouveau en deux le
rectangle 2 x 1,5 supérieur. Cette grille conduit à des tracés plus harmonieux mais plus délicats
à réaliser. De ce fait, elle a été peu employée et on en possède que de très rares spécimens.

On connaît aussi une grille à huit cases sur rectangle 2 x 1 (rectangle bi-carré). Les signes
sont alors démesurément allongés et manquent d'harmonie.

232
Une grille de six cases sur rectangle j était aussi couramment employée. Variante
de celle sur rectangle 3 x 2, elle a aussi une excellente résonance avec le Modèle. Elle
présente même une identification supérieure due aux proportions sacrées du rectangle
Phi. Le rapport hauteur/largeur étant de 1,618 à 1 au lieu de 1,5 à 1 confère une grande
élégance au graphisme de la Rune.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On peut voir dans la chambre souterraine du splendide tumulus de Maes Howe,


dans les îles Orcades, de nombreuses inscriptions runiques du type « 2 & 1 ». Le monu-
ment, parfaitement calé sur le module solaire, est l'œuvre des Pictes, mais les runes ont
été gravées par les Vikings, deux mille ans plus tard.

233
Les carrés magiques

Par définition, le carré magique est un damier dont les cases sont occupées par
des nombres entiers répartis selon des règles de magie arithmétique. Les sommes des
nombres des lignes, des colonnes et des diagonales ont la même valeur qui est définie
comme la « constante » du carré. Ces « Quarréz Sublimes », comme on les appelait autre-
fois, peuvent être bi-magiques, c’est-à-dire que la magie arithmétique des nombres qui
les composent se vérifie pour ces nombres élevés au carré, ou tri-magiques s'il en est de
même pour ces nombres élevés au cube. Le plus petit carré trimagique normal connu
est de dimension 32. Les carrés magiques sont dits « normaux » s'ils sont construits avec
les n premiers nombres entiers successifs depuis l'unité, et « non normaux »" dans le cas
contraire.

Le grand mage Cornélius Agrippa, médecin de Louise de Savoie, la mère du roi


François Ier, de son vrai nom Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, définit ainsi la
magie des « Tables sacrées » ou « Tables planétaires », autres noms des « Quarréz Su-
blimes », dans sa « Philosophie occulte » publiée en 1533 :
« Les Mages nous ont transmis les Sceaux et les Nombres des sept Planètes. On
les appelle aussi Tables Sacrées car elles possèdent de grandes et nombreuses vertus cé-
lestes dans la mesure où elles représentent l'harmonie des nombres célestes. Cette har-
monie ne peut s'exprimer que par des chiffres et des charactères. Ces représentations
matérielles des Nombres et des Signes ne sont rien d'autre dans le mystère des choses
cachées que la figuration des Nombres essentiels qui dirigent et forment les choses à
partir des Nombres divins par l'intermédiaire des Intelligences ».

Eliphas Lévi (l'abbé André-Louis Constant) rattache les carrés magiques au « Livre
d'Hermès », c’est-à-dire au Tarot.

Il y a aussi les carrés magiques à "bordure et enceinte », c’est-à-dire que si l'on en-
lève au carré initial une bordure d'une case sur tout son pourtour, le carré central restant
est toujours magique (mais non normal).

Les sept carrés planétaires traditionnels sont :

- Le carré de Trois ou de Saturne, le « shinto » des Japonais, signalé par un portique


appelé « torii ». Il n'y a qu'une seule façon d'arranger les neuf premiers nombres entiers
qui le composent. Sa constante est 15 et la somme des neuf nombres, appelée « totalité »,
a une valeur de 45.

- Le carré de Quatre ou de Jupiter. Il y a 880 façons (dont 48 sont « diaboliques »)


de disposer les 16 premiers nombres entiers qui le composent. Sa constante est de 34 et
sa totalité a une valeur de 136.

- Le carré de Cinq ou de Mars. Il y a 275 millions de combinaisons possibles. Sa


constante est de 65 et sa totalité vaut 325. Il peut être diabolique (ou pandiagonal) c’est-à-

234
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

dire que sa constante peut se vérifier selon les diagonales brisées. On peut construire
3600 carrés magiques de cinq dits « diaboliques ».

Dans la forme traditionnelle de Paracelse et d'Agrippa, le carré de trois découpé


au centre du carré de cinq reste magique (bien que non normal), de constante 39. Cette
somme se retrouve dans les équerres des quatre coins ainsi que dans le total du nombre
central (13) avec deux nombres diamétralement opposés.

On peut aussi tracer quatre pentagrammes dont la somme des nombres des cinq
sommets donne la constante du carré magique (65). Il en est de même pour l'hexa-
gramme (ou Sceau de Salomon) dont la somme des nombres des six sommets vaut deux
fois 39.

- Le carré de Six ou du Soleil. Sa constante est : 111 et sa totalité vaut 666.

- Le carré de Sept ou de Vénus. Sa constante est : 175 et sa totalité vaut 1225.

- Le carré de Huit ou de Mercure. Sa constante est : 260 et sa totalité vaut 2080.

- Le carré de Neuf ou de la Lune. Sa constante est : 369 et sa totalité vaut 3321.

Depuis quelques décennies, certains occultistes ont ajouté à cette liste le carré de
Dix, ou de la Terre, dont la constante est 505 et la totalité 5050.

La constante d'un carré magique normal, c’est-à-dire construit avec des nombres
entiers successifs depuis l'unité, se calcule à l'aide de la formule :

Constante de N = N x (N + 1) x (N - 1) + N.
2

Exemple : la constante du carré magique de huit est :

235
(36 x 7) + 8 = 252 + 8 = 260 .

Celle du carré de onze est : (11 x 12 x 10 ) + 11 = 737 .


2

Celle du carré de douze est : ( 12 x 13 x 11 ) + 12 = 870 .


2

Celle du carré de treize est : ( 13 x 14 x 12 ) + 13 = 1105 .


2

Celle du carré de quatorze est : ( 14 x 15 x 13 ) + 14 = 1379 .


2

Celle du carré de quinze est : ( 15 x 16 x 14) + 15 = 1695 .


2
Etc. etc.

236
Les carrés magiques de 4
(carrés de Jupiter)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Exemples de carrés magiques de Jupiter "normaux", c'est-à-dire construits avec les


16 premiers nombres entiers successifs. La constante est de 34.

Dans les carrés de Jupiter, la constante se vérifie de 19 façons différentes :


— 4 fois en faisant la somme des lignes horizontales.
— 4 fois en faisant la somme des colonnes verticales.
— 2 fois en faisant la somme des lignes diagonales.
— 9 fois en faisant la somme de n'importe quel petit carré de 4 cases.

Exemple de carré magique « non normal », construit avec les nombres de la Té-
traktys, c'est-à-dire : 1 -2 -3 -4. La constante est de 10.

237
238
Les trois irrationnelles

Les mathématiciens de l'Antiquité, comme ceux du Moyen-Âge, ont toujours cher-


ché à ramener l'irrationnel au rationnel (le discontinu au continu) par des fractions, certes
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

approximatives, mais d'un emploi beaucoup plus facile.

I. Le thème √ 2 = 1,4142136.........

Le rectangle √2 (troisième dynamique) est obtenu en rabattant la diagonale du


carré sur un de ses côtés. Les valeurs approchées de √2 exprimées en fractions ration-
nelles a/b par Pythagore sont :
7/5 = 1,4, 17/12 = 1,4166667 , 41/29 = 1,4137931 , 99/70 = 1,4142857

En continuant sur le principe a = a + 2b, on a :


a+b
239/169= 1,4142012 , 577/408 = 1,4142157 , 1393 / 985 = 1, 4142132 , etc. , etc.

II. Le thème √3 = 1,7320508............

Géométriquement, c'est le sixième rectangle dynamique, obtenu en rabattant une


des diagonales du rectangle sur son grand côté, générant ainsi l'équerre « racine de trois »
dont l'hypoténuse vaut, (c’est-à-dire 2). Les valeurs approchées de √3 exprimées en frac-
tions rationnelles à partir de 1, 2, 3, 4, etc., sont :
19/11 = 1,7272727 , 26/15 = 1,7333333 , 71/41 = 1,7317073 , 97/56 = 1,7321429 , 265/153
= 1,7320261, 362/209 = 1,7320574 , 989/571 = 1,732049, 1 351/780= 1,7320513, etc. , la suite
des valeurs approchées étant alternativement exprimée par les expressions :
a+b+c+d a+c
et
c+d b+d

III. Le thème √5 (ou j + 1/j) = 2,236078...........

Géométriquement, c'est le huitième rectangle dynamique obtenu en rabattant une


des diagonales du rectangle bi-carré 2 x 1 sur son grand côté et définissant un carré en-
touré de deux rectangles 1/j. Il génère l'équerre √5 dont l'hypoténuse vaut √6 ou 2,4494897.
Les valeurs approchées de √5, exprimées en fractions rationnelles par a + c/ b + d,
sont :
29/13 = 2,2307692 ; 47/21 = 2,2380952 ; 76 / 34 = 2,2352941 ; 123 / 55 = 2,2363636 ; 199/89 =
2,2359551 ; 322/144 = 2,2361111 ; 521/233 = 2,2360515 ; 843/377 = 2,2360743, etc.

239
240
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Formes
géométriques
remarquables
La Faux

Cette figure est appelée la « Faux » à cause de la configuration de HIC.

Le carré ABCD étant défini ainsi que ses médianes HF et EG, on trace la diagonale HC
qui coupe OG en J.

De J, milieu de CH et de OG, on trace un arc de cercle de centre J et de rayon JH qui coupe


OE en I. Le segment JH étant la moitié de HC vaut la moitié de racine de cinq de DH, donc JI
également et IG : √5/2 de DH + DH/2, c’est-à-dire phi de DH (ou phi/2 du carré de base). Dans le
cas de figure : 10 cm.

242
La Francisque
Des haches de guerre du temps de Clovis
aux Hallebardes du XVe siècle
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On trace le carré de base ABCD, ses médianes EG et HF et son cercle inscrit de


centre O, tangent en E, F, G et H. On trace ensuite le « A de Charlemagne » de sommet
H dont les branches croisent EG en J et J', milieux de OE et de OG.

On trace alors les cercles de centres J et J' et de rayon OJ, tangents en O. Le demi-
grand cercle centré en O et les deux demi-cercles centrés en J et J' déterminent le profil
de la lame de la francisque (qui peut être double par symétrie).

243
La Hallebarde

La Hallebarde, de l'allemand « helm » (heaume) et « barte » (hache) fut une arme de guerre
pour « fendre le heaume » fort peu utilisé, uniquement en Allemagne et en Suisse, et seulement
du XIVe au XVIIe siècles.

Arme d'hast à fer pointu et tranchant, elle continua à être portée par les sergents d'infan-
terie et les gardes suisses. Elle l'est encore par les suisses des églises, mais en fac-similé d'une
fonction ésotérique depuis longtemps perdue.

En effet, cet instrument existait au Moyen-Âge et servait au veilleur, posté en haut du don-
jon du château, pour signaler à la garnison toute approche inopportune de la forteresse, même
dans la nuit la plus noire. Il se caractérise par son fer asymétrique qui s'épanouit d'un côté en
large hache et se prolonge de l'autre en forme de dague.

C'est un outil lourd et complètement déséquilibré qui peut difficilement être utilisé comme
arme, ni de pointe, ni de taille, sa hampe, en fut de chêne variant de 1,80 à 2,40 mètres. Ce n'était
qu'une arme de surveillance dont certaines atteignaient dix pieds. Elles ne deviendront légères
et symétriques que sous Louis XIV.

Au Moyen-Âge, l'homme de garde tenait sa hallebarde inclinée, le bout de la hampe contre


son pied droit, touchant l'astragale, un des sept os du tarse, enclavé entre les deux malléoles. As-
tragale est aussi un des noms de la « Voie Lactée ».

Tenue par la hampe à bout de bras, la hallebarde faisait avec la verticale un angle de 18°.
Elle était pointée dans la direction d'une minuscule étoile de la constellation de la Vierge nom-
mée l'Épi. La correspondance au sol de cet astre se trouve à l'Épine, commune de 51 460 Courtisols
où existait jadis une cathédrale de l'importance de celle de Reims.

Elle a totalement disparu et n'est malheureusement pas la seule dans ce cas. Qui se dou-
terait en déjeunant à Bethléem, près de Clamecy, dans un restaurant réputé, qu'il est dans ce qui
reste d'une cathédrale où se succédèrent quarante-quatre évêques et où est enterré Philippe de
Beaujeu, un des grands Maîtres du Temple.

Dès que quelqu'un pénétrait dans la « bulle » du château (son corps éthérique), le fer de la
hallebarde pivotait comme le font nos baguettes coudées et nos mono-antennes. L'homme de
guet n'avait plus qu'à informer le corps de garde qu'une troupe s'approchait de la grille.

244
La Pioche

Application directe du tracé de φ (phi) à partir de la diagonale du « carré long » et


du cercle inscrit dans ce rectangle 2 & 1.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

De M, milieu de la diagonale ED du rectangle AEGD et milieu de sa médiane OH,


on trace le cercle de rayon MO. De E comme centre, on trace ensuite l'arc de cercle tan-
gent en S au cercle de diamètre OH. C'est la trajectoire de la « pioche », ES valant φ (phi)
de AE.

245
Le Calice

On trace le cercle de centre O, le carré de base ABCD et ses médianes HF et EG.

De E comme centre, on trace un arc de cercle de rayon EO qui coupe le cercle directeur
en A' et B'. La droite A' B' constitue le dessus du calice.

De H et F comme centres, on trace les arcs de cercles de rayon FO et HO qui coupent le


cercle directeur en C' et D'. De A' et B' comme centres, on trace les arcs de cercles de rayons A'D'
et B' C' qui coupent l'axe EG en O'. Ces quatre arcs de cercles dessinent le pied du calice. O'C' est
la valeur du côté du polygone régulier convexe de onze côtés (hendécagone) inscrit dans le
cercle directeur.

246
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La ronde des Bacchanales

Si une roue de diamètre 1 (points blancs) roule sans glissement à l’intérieur d’une
roue de diamètre 2 (points blancs), le point de contact des deux circonférences se déplace
suivant un diamètre commun aux deux cercles (points noirs).

247
Le Symbole de l’Amour

248
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Les billes dans la sphère

Dans une sphère de diamètre 3, on peut mettre exactement 13 billes de diamètres


1. Si on poursuit le processus, on aura une troisième couche concentrique de 55 billes,
puis un quatrième de 92. On a donc une progression de 1 - 13- 55- 92- 147 - 309- 561 - 923
etc., répondant à la formule :
1 + n - 1 (10 n2 - 5n + 6)
3

249
250
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Tracés
géométriques
et formes
OPÉRATIVES
Les Émissions dues aux Formes

Ce mandala est particulièrement indiqué pour se mettre en harmonie avec les énergies
cosmique et tellurique. Il est basé sur le phénomène de concentration des énergies dans une
forme, appelé « Ondes de Formes » par ÉNEL et rebaptisé « EIFs » pour émergences et influences
des formes. Il ne s'agit pas d'ondes au sens scientifique du terme car elles n'appartiennent pas au
spectre électromagnétique.

Le cercle initial de la figure est doté de son carré-matière inscrit. Il se nomme Vajrakhara
dans le bouddhisme tantrique. Ce carré représente la matière « instase » du Ciel. Ce mandala est
issu de « la conscience seulement », une école qui adhère à Vajrakha-tu, le « plan du Diamant ».

On lui adjoint le carré basculé (ou losange sacré) inscrit dans le même cercle initial. Ce
losange est doté d'un carré-matière de seconde génération dans lequel sont positionnés deux
triangles équilatéraux inversés l'un à l'autre, formant ainsi un hexagone étoilé aussi appelé
« sceau de Salomon ». Ce n'est pas l'Aïkido de Sumi-Kiri, lequel est un Mahavairocana contenant
un seul triangle équilatéral. Seul ce triangle est dans le sacré. Tous les autres polygones sont
dans la matière.

Les cercles intermédiaires n'étant pas figurés, le rapport entre le cercle externe initial et
le cercle contenant l'hexagone étoilé, dont le diamètre est le côté du carré de seconde génération,
est de 2.

Le cercle inscrit dans l'hexagone régulier interne à l'hexagone étoilé a un diamètre moitié
de celui-ci. Comme c'est la diagonale de son carré inscrit (Vajakhara), le côté de ce dernier vaut
√2 de cette valeur. C'est aussi le diamètre du cercle inscrit dans ce carré, Mahavairocana dans le
bouddhisme tantrique.

Dans le cas de figure d'un cercle initial ayant un diamètre de un empan (200 millimètres),
le diamètre du cercle central vaut :

j = cercle initial = 200 = 35,36 millimètres


4√2 1,414 x 4 5,656

Il est vivement recommandé de dessiner ce mandala avec un diamètre du cercle initial


de un empan, soit 20 centimètres, ou des duplications j de celui-ci, c'est-à-dire la palme : 123,6
millimètres ou le pied : 323,6 millimètres. On peut même aller jusqu'à la coudée royale, soit 523,6
millimètres, dans le cas d'une action collective.

252
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Mandalas des Eifs

A réaliser à l’encre de chine noire en donnant au cercle initial un diamètre de 200


millimètres (un empan) ou une autre mesure sacrée comme 323,6 millimètres (le pied)
ou 523,6 millimètres, la coudée royale de Memphis.

253
Le nombre Psy : Y

Le y créé une émulation au niveau de la forme. Redécouvert par Poinsot en 1903, ce nom-
bre harmonique, résultat d'une équation du cinquième degré, a été étudié en profondeur par
Gérard Cordonnier en 1952. C'est le régent de la forme, du rythme et de l'énergie. Sa valeur, très
proche de 1,324, s'exprime à l'aide des quatre premiers nombres entiers placés en opposition : 1 à
3 et 2 à 4.

Représentation de la maîtrise du traceur :

Le tracé du triangle y s'obtient à partir d'une grille de quatre en traçant du point S un arc
de cercle de rayon moitié du carré de base qui coupe en T le côté du carré. Les angles sont dans
les rapports 2-3-4.

254
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le nœud de Vie

On trace le carré de base ABCD, ses médianes EG et HF et son cercle inscrit de


centre O, tangent en E, F, G, et H. On trace ensuite les deux « A de Charlemagne » de
sommets F et H qui croisent EG en M et N, milieux de OE et de OG.

On trace alors les cercles de centres M et N et de rayon ON, tangents en O. Un


autre cercle de centre O et de même rayon est tracé, dont seules les parties joignant les
deux cercles précédents sont apparentes.

255
Le rééquilibreur Bélizal

Aussi appelé « barre atlante », cet objet relève du principe physique des ondes de forme.
Créée par le comte André de Bélizal qui s'est servi des motifs de la bague atlante, elle-même
inspirée du temple de Louxor au bord du Nil en Égypte, cette forme supprime l'existence des
ondes nocives dans un environnement de l'ordre de 7,50 mètres en tous sens, soit une sphère
d'environ quinze mètres de diamètre. À partir du moment où le reéquilibreur est correctement
orienté nord/sud, il n'est jamais en contact avec l'onde polluante. Son rôle étant de recréer autour
de lui la compensation entre la force cosmique et la force tellurique, il n'existe plus dans la
sphère de sécurité ainsi créée de nocivités d'origine géophysique.

256
Ce reéquilibreur ne filtre pas les ondes nocives verticales, il ne les dérive pas, il ne
les absorbe pas, il ne les neutralise pas : il en supprime l'existence autour de lui. Il est
donc absurde de prétendre, comme certains continuent à le faire, qu'il puisse se saturer.
C'est un non-sens. Pour qu'un objet, quel qu'il soit, se sature, il faut qu'il reçoive la pollu-
tion, qu'il soit touché par elle ce qui ne correspond pas du tout à son principe de fonc-
tionnement. Mais il faut que les reliefs de la barre soient intacts et que la poussière ne
bouche pas les trous du circuit de polarité. Il faut aussi que la barre soit orientée au nord
de forme, c’est-à-dire à trois degrés à l'ouest du nord magnétique, le 357 des marins et des
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

aviateurs. 1

Cependant, cette forme ne supprime que les nocivités d'origine géophysique ver-
ticales. Elle n'a aucune efficacité sur les ondes horizontales, radars et autres, très peu en
vital et pas du tout en spirituel. Ce qui fait qu'elle peut se charger en émissions horizon-
tales physiques, en radiations couleurs de phase électrique, en formes-pensées, etc. Pour
ces types de nocivités, il peut y avoir saturation d'où la nécessité de nettoyages périodiques
par bain de fumée d'encens, bain de soleil, courant d'eau froide, positionnement sur le
décagone, etc.

Cet appareil est en bois, donc polarisé. Il faut impérativement que le triangle isocèle
positif, côté « feuilles du bois », soit orienté au nord, le triangle isocèle négatif, côté « ra-
cines du bois » étant orienté au sud. On le vérifiera en constatant que la rainure creusée
sous le socle pour le circuit oscillant ne se prolonge pas jusqu'à l'extrémité du côté Nord.
Attention : si le reéquilibreur est mal orienté, c'est un morceau de bois sans aucune utilité.
En revanche, s'il est exactement orienté, mais à l'envers, il peut se produire des effets ex-
trêmement perturbants. La maquette originale de De Bélizal est maintenant détenue
conjointement par son fils Christian et son disciple Roger de Lafforest. Cette forme n'est
cependant pas spécifique à l'Égypte ancienne car on la trouve sur les totems du pays
Dogon, au Mali, ainsi qu'en Amérique Centrale. La bague atlante, si c'est une vraie et non
une des multiples contrefaçons que l'on trouve dans le commerce, peut en revanche se
saturer car elle sert de filtre. On la nettoie alors avec de la fumée d'encens, à l'aide d'un
rituel très simple.

Le seul exemplaire connu de la bague atlante égyptienne fut découvert en 1860


dans un sarcophage, près d'Assouan, par le marquis d'Agrain qui la légua au comte De
Bélizal. Cette bague en grès (ou plus probablement une reproduction) a permis à Howard
Carter de se protéger contre les agressions occultes déclenchées par la violation de la sé-
pulture de Tout-Ankh-Amon, la fameuse « malédiction du pharaon », qui provoqua la
mort de 27 personnes. Il s'agissait, en fait, d'une puissante émission de vert négatif élec-
trique (V-e).
-----
1/ Le recul aujourd’hui et l’expérience nous obligent à tempérer les propos de Louis Rosier. La barre atlante, pour
ne pas se saturer, doit se trouver au niveau du plan de sol. Les dérives commencent à arriver quand on la place à
l’étage ou sur un meuble. De plus, cet outil a été calé pour travailler au niveau de l’Égypte. Louis Rosier précise
même que son inspiration est à la latitude du temple de Louksor. Inutile de dire que ce simple fait indique que cet
outil n’est pas adapté à notre civilisation et à notre latitude. De plus, les données géodésiques du lieu ou il devrait
être placé, devrait entrer en compte dans la fabrication de l’objet, ce qui n’est pas le cas pour la plupart des barres
que l’on trouve dans le commerce. Enfin, à propos de la bague dérivée de cette forme, pour être efficace, son usage
doit se plier à un rituel, son usage est différent selon le doigt et la main qui la porte. Elle doit être faite notamment,
en tenant compte, entre autres, des positions des signes stellaires le jour de la naissance de son propriétaire, et plus
particulièrement des informations contenues dans son soleil natal. Ce qui n’est jamais le cas des bagues du com-
merce. (NDE).

257
Le chapeau de Napoléon

Connue depuis longtemps sous le nom de « bicorne », sa forme bien que polarisée émet
peu lorsqu'elle est orientée dans le sens de la marche, par exemple lorsque ce couvre-chef est
porté par un académicien.

Si Napoléon a posé ce chapeau en travers sur sa tête, après l'avoir dépouillé de ses rubans,
ce n'est pas caprice ou hasard. C'est parce que le grand initié qu'était l'évêque d'Autun, De Tal-
leyrand Périgord, l'avait informé des propriétés propres à cette forme, convenablement orientée
selon la ligne des épaules.

Sur le plan de la géométrie pure, la courbe algébrique qui la définit est d'équation:

y = a2 - x2
2a ± √a2 - x2

258
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

259
Le Tracé de base
260
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

LES CROIX
La croix celtique

La croix celtique symbolise les trois cercles de la tradition bardique qui, en réalité, sont
quatre. En effet, le plus grand des cercles, celui de Keugant, détermine l'extrémité des branches
de la croix. Le plus petit, celui de Gwenwed, c'est le trou central. Quant à l'intermédiaire, le cercle
d'Abred, il est matérialisé par le dégagement en creux du moyeu de la forme. Mais, il y en a un
quatrième, le cercle d'Anwin (ou Annouin). C'est lui qui contient les centres des quatre échan-
crures circulaires des intersections des branches et conditionne par-là leur largeur.

Le cercle de Keugant, c'est le monde de l'Esprit et des Archétypes où rien ne peut pénétrer
parce que tout y est déjà de toute éternité. C'est le monde de l'inconnu et de l'invisible, la totalité
spirituelle, le royaume de Dieu.

Le cercle d'Abred, c'est le monde terrestre dans lequel tout n'est que transformation, mé-
tamorphose, réalisation de soi. C'est un monde des épreuves pour l'homme qui a la possibilité
d'être l'acteur de sa propre vie. C'est le monde concret de la Manifestation, de la dualité Espace-
Temps symbolisée par la croix. Il y règne la loi de KRWI (le Karma).

Le cercle de Gwenwed, c'est le monde de la Lumière blanche où chacun sera admis dès
qu'il aura triomphé des épreuves de renaissances successives du cercle d'Abred.

Pour Jean le Fustec, considéré à l'heure actuelle comme l'esprit celte le plus authentique,
il y a relation directe entre le menhir et l'obélisque, le cromlec'h et la pyramide, le dolmen et le
temple de Thèbes.

Celles des Triades bardiques qui se rapportent aux trois cercles de l'Existence parlent d'un
état de Gobren qui serait situé entre l'état d'Annouin, la profondeur obscure où la vie commence
par une lourde fermentation, et celui de Kenmil, degré correspondant à la co-animalité. Selon
une certaine conception bardique du Sphinx égyptien, celui-ci serait le symbole de Kenmil !

Mais, on peut se poser la question de savoir s'il y a une réelle différence entre l'état de co-
animalité et l'état d'humanité ? Selon les triades bardiques, l'homme, guidé par sa cruauté, re-
tourne sur son chemin le long de Kenmil (c’est-à-dire co-animalité) pour remonter encore jusqu'à
l'humanité. N'y a-t-il pas similitude entre les deux états ? Qui peut dire si Kenmil débute au degré
inférieur de l'humanité et si les états qui se rattachent à Kenmil ne sont pas mêlés aux états d'hu-
manité, l'un suivant l'autre ?

Cette proposition a au moins le mérite de reprendre le vieux mythe grec du Centaure, un


être fantastique à tête et torse d'homme sur un corps de cheval, allégorie de la double nature
humaine qui lie, durant la vie terrestre, le corps et l'esprit.

262
Tracé de la croix celtique
(sur le cercle de Keugant)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On trace le cercle de Keugant, de centre O et le carré ABCD qui lui est circonscrit,
tangent au cercle en E, F, G et H. Le côté du carré, donc le diamètre du cercle, a une va-
leur de 81 unités. De E comme centre, on trace un arc de cercle de rayon EO, et de A
comme centre, un autre arc qui le coupe en I. De J, milieu de OF, on trace un arc de
rayon JE qui coupe HF en K, puis de E comme centre l'arc de rayon EK qui coupe le
cercle directeur en L. Puis, on joint E à L. L'angle LEI vaut 24°, l'inclinaison de l'axe des
pôles de la Terre (23° 27').

On tire la bissectrice Ex de cet angle et on reporte sa demi-valeur, soit 12°, de part


et d'autre de EO, ce qui donne les points M et N. Ce segment MN constitue une médiane
du petit carré dont les sommets sont les centres de quatre cercles de 9 unités de diamètre
et les intersections des branches de la croix. Ces centres sont situés sur le cercle de An-
nouin, circonscrit à ce petit carré. Le cercle central, celui de Gwenwed, a aussi 9 unités
de diamètre. Quant au cercle d'Abred, il a pour diamètre 27 unités (9 x 3). Les petits cercles
des branches ont aussi 9 unités de diamètre et sont situés sur le cercle fictif de 54 unités
(9 x 6) de diamètre.

263
Tracé de la croix celtique
(sur le cercle de quadrature du carré)

Le carré est le monde visible. Son cercle de quadrature est celui de Keugant. Il signifie le
chaos, la matière non maîtrisée. En Écosse son diamètre est de 2,82 mètres.

264
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le Pendule à Salomon

Il s'agit, en fait, d'une trajectoire qu'on peut tracer à partir du point milieu de cha-
cun des côtés du carré. On retrouve alors, mais pas aux mêmes rapports, les quatre petits
ronds de la croix celtique.

De E comme centre, on trace de A à B le demi-cercle de rayon EO qui coupe la


diagonale ED du rectangle « double carré » AEGD en P. De M, milieu de ED et de HO,
on trace le cercle de centre M et de rayon MP. Ce petit cercle recoupe HO en Q et R. On
trace alors les cercles de centre O et de rayon OR et OQ. Si cela n'a pas été fait dès le
début, on trace aussi le cercle de centre O et de rayon OH.

On a donc trois cercles concentriques dont les rayons sont au rapport phi. Le grand
est en divine harmonie avec l'intermédiaire, OH/OQ = phi, et l'intermédiaire l'est avec le
central : OQ/OR = phi.

265
La Croix grecque

De la rencontre de la Terre et du Ciel naît, depuis toujours, l'image cruciforme du choix.


Le signe de la croix grecque à quatre branches égales, remonte à plusieurs milliers d'années
avant que n'apparaisse le christianisme.

Symbole très important dans le vieux paganisme, il est supposé être le sceau original dont
s'est inspiré le svastika, ou roue solaire. La croix symbolise les énergies des quatre éléments terre,
air, feu, eau se joignant en une harmonie équilibrée au centre de la figure.

266
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La Croix chrétienne

On trace le carré de base ABCD et ses médianes EG et HF. On trace ensuite les
cercles de centres M et N, milieux de EO et de OG, qui tangentent le centre O et les côtés
AB et CD du carré de base en E et G.

Ces deux cercles dessinent le « nœud de Vie » et leur axe commun détermine la
branche verticale de la Croix. La branche horizontale est constituée par le diamètre KL
du cercle supérieur.

267
La Croix templière

Cette croix, que l'on peut encore voir dans certaines commanderies et maisons templières,
a été particulièrement étudiée par Pierre Dupuis qui en a trouvé un exemplaire en fer forgé chez
un brocanteur. Il a pu constater qu'elle a exactement la forme et les dimensions de celle encore
visible dans la chapelle de l'ancienne commanderie de Paulhac, près de Guéret dans la Creuse,
sur les fresques du XIIe siècle récemment restaurées. Il ne s'agit pas de celle cousue sur la tu-
nique des templiers pour aller combattre les Sarrasins en Terre Sainte, mais de celle, secrète et
ne symbolisant que les Nombres, des bâtisseurs de cathédrales. En fait, elle est égyptienne.

Cette croix s'inscrit normalement dans une grille de 8 et se centre sur l'octogone puisqu'il
s'agit d'une symbolique templière, mais Pierre Dupuis a eu l'idée inspirée de la tracer sur une
grille de 5, donc un carré de Mars. (Ce qui n'a rien d'étonnant les Templiers étant des moines,
mais aussi des soldats). Ce chercheur reconnaît d'ailleurs honnêtement qu'il a été éclairé dans
sa quête et constamment guidé par la reine d'Égypte Hatshepsout, morte depuis 35 siècles.
Mais le plus extraordinaire est qu'il a eu l'inspiration géniale de tracer son carré de cinq
avec une maille de un septième de coudée (74,8 millimètres) ce qui donne un carré de la Mère
et un losange du Père légèrement plus grands que ceux définis par le cercle directeur d'une cou-
dée de diamètre. Entre 374 et 370 millimètres, il n'y a qu'un écart minime de 4 millimètres, en-
viron 1 %. Il est cependant nécessaire pour obtenir un tracé harmonieux de la forme et donc
l'équilibre des énergies. Bien entendu, le cercle inscrit dans le carré et déterminant les extrémités
des branches conserve sa vraie valeur de 370,3 millimètres de diamètre. Il n'est donc pas tangent
aux carrés de la Mère et du Père. Cette croix de fer s'inscrivant sur les médianes d'un carré de
0,36 mètre de côté, le cercle directeur de la grille ne pouvait avoir d'autre diamètre que la coudée
royale, c’est-à-dire 52,36 centimètres. (1/6 de π).

Comme nous sommes, ne l'oublions pas, en symbolique templière, la largeur des pattes
de la croix a la même valeur que le côté de l'octogone de la structure interne, soit 68,4 millimè-
tres, pratiquement 7 centimètres pour la réalisation en vraie grandeur qui n'a pas à respecter la
rigueur mathématique de l'épure. Les côtés des triangles d'extrémité ont 58 millimètres (prati-
quement 6 centimètres) et les branches de la croix une épaisseur de 23 millimètres. La largeur
entre plats, c’est-à-dire le côté du carré contenant la croix en médianes, est de 36 centimètres et
la longueur des branches 25 centimètres.

Notons également que le cercle contenant les quatre trous des branches a un ø de 318,5
millimètres. C'est la 2e duplication rétrograde de la coudée utilisée du temps de la reine Hats-
hepstout, c’est-à-dire 63,67 centimètres (ou 63,68), très proche de la coudée achémique. En valeur
absolue, cela donne un ø de 318,47 millimètres au cercle contenant les trous, donc une circonfé-
rence de un mètre. Le message est clair.
Par ailleurs, le diamètre du cercle circonscrit à la croix (tangent au carré de la Mère
comme au losange du Père) a une valeur de 370,3 millimètres. Il est au rapport φ avec le côté
du carré défini par les quatre trous. Le diamètre du cercle directeur vaut, en effet, √2 du diamètre
du cercle contenant les huit pointes de la croix, c’est-à-dire : 52,36/1,414 = 37,03, et l'intervalle entre
deux trous consécutifs est bien 1/φ de ce diamètre, c’est-à-dire : 370,3/1,618 = 228,8 millimètres.
(Pratiquement 23 centimètres).

268
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras La Croix templière secréte

Épure à l’échelle 3/10 de l’exemplaire en fer trouvé par Pierre Dupuis.

269
Rectificatif à propos de la Croix templière

La rigueur mathématique qui a présidé à l'élaboration du tracé n'a pas été respectée au
niveau du cercle contenant les trous. Je lui ai donné un diamètre au rapport phi du cercle direc-
teur (dont le diamètre est de une coudée royale de 52,36 cm), ce qui conduit au pied de 32,36 cm.

Mais, cette décision était arbitraire et rien ne justifiait l'application de ce diamètre. Après
réflexion, je pense qu'il s'agit plutôt d'une duplication rétrograde √2 de la coudée sacrée du temps
de la reine Hatshepsout dont la valeur (d'après la Bible) serait de 63,67 ou 63,68 cm, donc très
proche de la coudée hachémites.

Une première duplication rétrograde donne 45,03 cm. Une seconde duplication conduit à
31,847 cm pour le diamètre du cercle et donc à une circonférence de un mètre. Et là, on retombe
dans la logique de pérennité d'un message, beaucoup mieux assurée par des trous dans la matière
que par des formes, toujours sujettes à usure ou déformation.

N'ayant jamais vu la réalisation matérielle, toute cette recherche de la forme reste pure-
ment théorique.

Bien sûr, si on calcule les duplications expansives depuis l'unité, on arrive avec la douzième
à 64 cm et non 63,7 ! Mais cet écart minime constitue, en fait, toute la différence entre le rationnel
et l'irrationnel. Au reste, la valeur appelée à traverser les millénaires n'était pas celle de la coudée
de la reine Hatshepsout (sujette à variation car il ne s'agissait pas de la coudée royale, immuable
celle-là), mais celle du mètre.

270
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le code secret des Templiers

La lettre N se trouve au centre de la croix, point de


rencontre des 4 orients sur le passage vertical Zénith-Nadir.
Son graphisme est :
x
271
La croix des huit Béatitudes
(Tracé de base)

Tracer le cercle initial et les 8 rayons à 45°. Donner à chaque pointe un angle de 29° en tra-
çant un cercle de rayon r/2 du cercle initial. Joindre les points de jonction et supprimer le cercle
intermédiaire. Tracer les bissectrices des branches. (Elles passent par le point de jonction opposé.)
C'est dans l'espace réservé par ces droites que se situent les points focaux de la forme. La valeur
du côté des 2 carrés basculés centraux est de r/2. Ne conserver que la croix et les points focaux.

272
La croix des huit Béatitudes
(Tracé par les duplications √2)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Tracer un cercle et quatre de ses diamètres, soit huit rayons espacés de 45°. Tracer
les diagonales de la figure, bissectrices des intervalles entre les branches de la future
croix. Par leurs intersections avec le cercle directeur, elles permettent de tracer un carré
dont les côtés sont parallèles aux bissectrices cardinales des angles formés par les dia-
mètres. Un second cercle d'inscription dans ce carré, permet d'en tracer une première
duplication √2. Ce nouveau carré initie par son cercle inscrit une troisième duplication
√2 qui contient les points focaux de la forme. Les intersections du troisième cercle avec
les diamètres amènent au tracé des segments de droites qui serviront au codage des let-
tres. Il ne reste plus qu'à joindre les extrémités de ces segments aux jonctions des diamè-
tres sur le cercle initial pour achever le tracé de la Croix des Huit Béatitudes.

273
Croix honorifiques

Saint Michel Saint Charles

Saint Jean de Malte Saint Olaf


N.-D. du mont Carmel Légion d’honneur
Saint Lazare

274
La Tétraskêle grecque

Cette figure dessine le chiffre 4. Elle fait intervenir la diagonale du double carré,
c’est-à-dire « racine de cinq ».
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

À partir des diagonales issues de E des deux carrés longs AEGD et EBCG, on dé-
termine les points M et N, milieux de OH et de OF. Le segment MN vaut donc la moitié
de HF, donc du côté du carré de base. On trace le cercle de centre O et de rayon OM qui
recoupe EG en I et J.

Le segment IJ constitue la branche verticale de la Tetraskêle, MO est la branche


horizontale et EM est la partie inclinée. L'addition de la longueur de la branche inclinée
et de celle de la partie horizontale vaut : moitié de racine de cinq de AE plus moitié de
AE, soit phi/2 palme, c’est-à-dire un demi-empan (10 cm).

Si on lui ajoute la barre verticale IJ, soit la valeur du demi-côté du carré de base
(demi-palme), l'ensemble vaut phi/2 palme + 1/2 palme = 16,18 cm.
275
Le Cinha

Le Cinha est une sorte de svastika sur grille de Dix. C'est un emblème qui est, en général,
placé sur la poitrine des Tirthamkaras du Djaïnisme, ou sur le socle. Les Djains pratiquent une
religion proche du bouddhisme de l'Inde, mais sont peu nombreux. Les Tirthamkaras du Djaï-
nisme sont les homologues des Botisthavas de l'hindouisme.

276
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le Swastika

Le très ancien signe runique du Svastika est une des figurations de la Roue du
Destin. Si on imagine l'extrémité des branches crachant des flammes (comme dans la
roue indienne du feu) ou des gaz, on provoque la rotation du svastika.

Si la roue du feu tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, c'est le symbole
de la construction, celui des forces cosmiques. Si elle tourne dans le sens négatif, on a à
faire au symbole des forces chaotiques, de la destruction, dont les nazis de sinistre mé-
moire avaient fait leur emblème.

Mais, il faut bien savoir que si l'on veut créer un ordre négatif, la Roue du Destin
mettra en marche un processus d'inversion. « Ce qui est en haut se retrouvera en bas et
ce qui est en bas se manifestera en haut » disent les principes du Kybbalion repris par
Hermès (Thôt) le Trismégiste dans la Table d'Émeraude. Au moment où l'hitlérisme était
à son apogée, une force de compensation et de rééquilibrage, symbolisée par la rose
blanche, se développait. Et l'on pense immédiatement à la monade chinoise, le Yin-Yang,
le mandala du tai-chi, avec son point blanc au milieu de la surface obscure.

Les Yantras sont souvent construits à l'aide de deux svastikas superposés, l'un dex-
trogyre, l'autre senestrogyre, inclus dans un cercle. Les quatre carrés contenus dans un
plus grand représentent le QUATRE dans la symbolique des Nombres, aussi fondamen-
tale dans la construction des yantras que dans celle des roses de nos cathédrales.

Avec le Svastika, nous sommes en présence d'une figuration équilibrant les forces
positives de construction et les forces contraires de destruction. L'harmonie de leur action
réciproque génère les quatre portes ouvrant sur l'intérieur du yantra et conduisant à l'Un
Ultime, le point (ou le rond) central.

277
Le Swastika linéaire

Ce très ancien signe solaire a été utilisé par toutes les traditions. Le nom hindou qu'on lui
donne généralement vient du sanskrit Sauvâstika.

Le Sawastika linéaire utilise les médianes du carré de base et la moitié de ses côtés. Pré-
senté en rotation senestrogyre (branches vers la droite), c'est la forme néfaste de la transmigra-
tion, la « croix gammée » du régime hitlérien des années 1933-1945 qui a conduit à la seconde
guerre mondiale de sinistre mémoire.

278
Le Swastika Tetraskêle

Issu des branches gauches des quatre « A de Charlemagne », il constitue le tracé


de base du swastika oviphile, symbole de fécondité.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

On trace le carré de base ABCE, puis ses médianes qui coupent les côtés en E, F, G
et H.
On trace ensuite les diagonales AF, BG, CH et DE des quatre rectangles bi-carrés,
les « jambes » gauches des quatre « A ». Ce sont les √5 de ces rectangles, qui recoupent
les médianes du carré de base en K, L, M et N. Les segments LH, ME, NG et KF consti-
tuent, avec la croix centrale, le swastika tetraskêle.

279
Le Swastika oviphile

Le tracé du Swastika oviphile découle directement de celui du Swastika tetraskêle. Chaque


branche est, en fait, constituée de la lettre « iod », sixième simple de l'aleph-beth hébreu. Elle est
constituée d'un demi-cercle de centre K, L, M ou N et complétée par deux demi-cercles inversés,
de rayon moitié, centrés sur le même axe.

280
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

SACRÉS
TRACÉS !
Construction d’une église

Lorsqu’un évêque du Moyen-Âge décidait la construction d’une église avec l’accord (et
l’aide financière) du seigneur local, ils choisissaient un maître d’œuvre et, ensemble, s’efforçaient
de concrétiser, dans la forme et la matière, un enchaînement d’idées respectant des lois énergé-
tiques malheureusement bien oubliées de nos jours. De ce fait, ce processus parfaitement naturel
jadis nous est maintenant étranger. C’est l’analyse, en quelque sorte archéologique, de l’église
(ou du temple, ou de n’importe quel sanctuaire), donc de la chose créée qui va permettre, en
constatant les effets, de remonter aux causes, c’est-à-dire aux intentions et aux messages.

Lorsqu’on découvre en pleine nature les ruines d’une église, la première question qui vient à
l’esprit, c’est pourquoi en ce lieu, loin de toute habitation ? Bien entendu, un rapide examen d’or-
dre géobiologique de l’endroit révèle un haut-lieu cosmotellurique à l’emplacement du cœur du
sanctuaire et les traces alentour d’un village disparu. Il est d’autre part certain que les construc-
teurs de cette église n’avaient pas eu à en chercher le positionnement car un temple romain l’avait
précédée, lui-même placé à l’endroit où les Anciens avaient dressé une pierre brute. Essayons
donc de nous mettre à la place du maître d’œuvre qui, il y a huit ou dix siècles, fut chargé de
construire une église sur un site où ne subsistait aucune trace d’une implantation sacrée anté-
rieure.

1 — En premier lieu, il va repérer un « point-étoile », c’est-à-dire un endroit où un croisement


de deux cours d’eau situés à des profondeurs différentes coïncide avec un nœud du réseau géo-
magnétique global (Hartmann), ce qui induit un point hautement nocif, emplacement du futur
autel. Nous appellerons S ce point sacré.

2 — Sur ce point sera planté un mât dont l’ombre à midi va permettre de déterminer la direc-
tion sud-nord : le cardo. Le midi vrai d’un lieu se manifeste au moment où l’ombre du mât est la
plus courte, quand elle cesse de décroître pour rallonger. Cet instant est très bref et il faut être
très attentif. Le maître va planter immédiatement un piquet à l’extrémité de cette ombre. Pour
qu’elle soit bien nette, il faut procéder comme les Romains en plaçant une petite boule à l’extré-
mité du mât. Le cardo étant matérialisé au sol, le tracé du decumanus, la ligne est-ouest des équi-
noxes, à 90° de la ligne nord/sud, est aisé.

3 — La future église étant placée sous la protection d’un saint de l’Église catholique, l’extré-
mité de l’ombre du mât à midi le jour de sa fête constituera le point de « dédicace » de l’édifice.
La distance de ce point au pied du mât sera bien évidemment fonction de la hauteur de celui-ci,
de la latitude du lieu et de la date de la fête votive.

À titre d’exemple, la cathédrale de Chartres, à la latitude de 48° 27' Nord, présentait à la date
du 15 août 1194, date de la fête de la Vierge (qu’il faut considérer comme un 22 août pour tenir
compte du décalage, depuis le XIIe siècle, rectifié par la réforme du pape Grégoire VII le 15 octo-
bre 1582), une ombre de 3,04 mètres pour une longueur de bâton de un mètre. Le concepteur
282
ayant choisi un mât de 60 modules, soit 19,62 mètres, l’ombre était, ce jour-là de 59,65 mè-
tres (182 modules de 0,327 mètre).

4 — Nous appellerons D ce point de dédicace, au nord du mât. Il marquera au sol l’an-


gle nord-est du rectangle symbolisant l’univers terrestre. Ce quadrilatère sera du type
« bi-carré » (ou « deux-et-un », ou « carré long »), le choix de ce rectangle parmi les vingt
de la géométrie sacrée étant dicté par le fait qu’il est à la fois le sixième statique et l’ex-
tension du sixième dynamique (le √3) dont l’abaissement de la diagonale √4 conduit aussi
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

au rectangle « 2 x 1 », celui de la Table du Sacrifice de Abraham. Il y a, bien évidemment,


deux façons de le positionner sur les directions cardinales, en mettant soit le petit côté,
soit le grand, sur la ligne nord/sud. Là encore, les dimensions des cathètes, obligatoire-
ment un nombre entier de coudées royales, de coudées solaires, de coudées du lieu, de
pieds ou de tout autre module de construction (celui de Chartres vaut 327 millimètres),
ne peuvent être que le résultat d’une démarche symbolique de numérologie sacrée.

Les angles de ce rectangle sont calés sur les quatre éléments : Eau-Feu-Terre-Air. Le
point de dédicace, à l’angle nord/est, sera le point Terre. L’angle sud/est sera le point Feu.
L’angle sud/ouest, à l’opposé du point Terre, sera le point Air. Enfin, l’angle nord/ouest,
à l’opposé du point Feu, sera le point Eau. Nous appellerons D, F, A et E les angles Terre,
Feu, Air et Eau du rectangle bi-carré.

5 — Il y a lieu maintenant de définir l’emplacement de la porte du sanctuaire, le seuil


de la zone sacrée. Le point de Seuil ne peut se superposer au point de Dédicace, mais il a
le choix entre les trois autres coins du rectangle. Si le maître d’œuvre choisit le point F
(élément Feu), comme à Sénanque, une des trois abbayes cisterciennes (les trois sœurs
provençales avec Thoronet et Silvacane), orientée sud/nord, la vocation du sanctuaire
sera celle de l’église conventuelle d’une congrégation vouée à la prière pour les âmes
des défunts cherchant le chemin de l’Espérance. Si c’est le point A qui est retenu, c’est
l’élément Air qui primera, celui de la Lumière et de la Connaissance, donc étape sur un
chemin de pèlerinage. Enfin, si le seuil est placé sur le point E (élément Eau), ce sera une
église paroissiale privilégiant le Baptême.

À ce stade du processus, on voit déjà que le Point de Seuil, définissant l’axe général de
l’église, propose neuf cas de figure, dont deux avec le point de dédicace en dehors du rec-
tangle bi-carré (mais cependant toujours sur l’axe nord-sud). On remarque aussi que le

283
carré qui contient le point de Seuil E n’est pas celui du point sacré S (sauf dans un cas) ni le point
de dédicace D, sauf dans un cas également.

On constate aussi que les églises orientées à l’Est (ou au nord-est) ont leur seuil au point Air
(Figures 1, 2 et 4). Si l’axe est nord/sud, le seuil sera un point Feu (Figure 3). Les églises dont l’axe
dévie vers le sud auront leur seuil soit au point Air, soit au point Eau. (Figures 5 et 6).

Notre maître d’œuvre a maintenant déterminé sur le sol le rectangle bi-carré lui permettant
de positionner l’autel et l’entrée de l’église, donc son axe général. Ce rectangle sacré lui a permis
de traduire dans le monde sensible l’univers céleste que va représenter l’église lorsqu’elle sera
achevée et consacrée. À ce stade du tracé générateur, une seule des trois tables est matérialisée.
Or, elles sont trois qui « portèrent le Graal » : « La première était ronde et représentait l’Intuition,
la seconde était carrée et représentait l’Intelligence, la troisième était un rectangle bi-carré et re-
présentait la Mystique, et leur nombre était 21. »

Il faut comprendre qu’à l’un des deux carrés qui constituent le rectangle sont associés deux
cercles, l’un de même périmètre, le cercle de Périmétrie, l’autre de même surface, le cercle de
Quadrature. Il y a aussi deux tables rectangulaires cardinales, et deux basculées à 45°. Cela fait
donc bien sept tables, et comme l’opération se répète trois fois dans la « triple enceinte », on ob-
tient finalement 21 tables.

6 — Dans l’immédiat, le maître d’œuvre va tracer le cercle circonscrit au carré contenant le


point sacré S. Ce cercle sera obligatoirement centré en C sur l’axe seuil-autel et passera par le
point sacré. Il s’agit donc de calculer son rayon qui, rapporté au côté a du carré, vaut 1/2 de √2 de
a. (Le maître d’œuvre y parvient à l’aide d’une construction géométrique simple). Ce cercle sera
désormais le cercle de construction de la future église. Il symbolise l’univers créé et va constituer
le support du tracé géométrique des formes du sanctuaire. Pour ce faire, le maître d’œuvre va
superposer plusieurs polygones afin de définir les lignes majeures de l’édifice, prélude au posi-
tionnement des éléments architecturaux et aux dimensions des vides et des pleins.

7 — La règle de base voudrait que les vides architecturaux se mesurent en coudées royales et

284
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

les pleins en coudées du lieu (avec éventuellement des sous-multiples au premier degré)
mais, dans bien des cas, elle ne fut pas respectée, un module imposé par des impératifs
d’ordre matériel lui ayant été préféré.

285
Dans le choix du polygone de base, le concepteur devra harmoniser l’espace sacré, la zone de
l’autel et éventuellement de l’abside (le « naos » des temples égyptiens et le « saint des saints »
du temple des Hébreux du roi David) avec les transepts qui en sont le « pronaos » égyptien et le
« saint » du temple du roi Salomon. Ceux-ci conditionneront à leur tour la largeur de la nef. Les
formes les plus employées sont le triangle équilatéral et l’hexagone. Viennent ensuite l’octo-
gone, plus rarement le pentagone et l’heptagone.

Souvent, le triangle équilatéral détermine par sa base la largeur des transepts (Cathédrale de
Chartres). Cette figure traduit, suivant son orientation, soit l’Incarnation et la descente de Dieu
vers les humains, soit l’élévation spirituelle de l’homme. Si le carré est inscrit dans le cercle de
construction comme base de la largeur de la nef, il traduit la Création et l’Univers physique.

On rencontre souvent cette superposition du triangle équilatéral et du carré, inscrits tous les
deux dans le cercle de construction (Figure 6). On a alors une largeur des transferts qui vaut √3
du rayon du cercle de quadrature, pour une largeur de la nef équivalent à √2 de ce même rayon.
Mais, ce n’est pas une règle générale, loin de là. Dans ce cas de figure, la croisée du transept n’est
pas carrée mais se présente comme un rectangle dont les côtés sont dans le rapport de 1 à 1,225
et la distance seuil/autel vaut un peu plus de cinq fois la largeur de la nef.

8 — Il ne reste plus désormais, pour terminer la projection sur le plan terrestre de la maison
de Dieu (avant de passer aux élévations) qu’à en fixer la longueur. Le point de Seuil est fixé de-
puis la phase 5, mais il faut faire en sorte que ce point d’entrée dans le sanctuaire soit inclus dans
le domaine sacré. De plus, il est nécessaire qu’une barrière le protège du monde profane.

Cette barrière, c’est le portail ouest des églises et cathédrales. Il faut donc que notre maître
d’œuvre détermine la longueur interne de l’église, et ce en un nombre entier de modules. C’est
le seul indice qui permettra aux générations futures de refaire le cheminement inverse puisque
le point sacré, le point de dédicace, le rectangle de base, le cercle de construction et les diffé-
rentes figures géométriques auront depuis longtemps disparu. Ce nombre sera celui de l’église,
permettant par-delà les siècles, voire les millénaires, de remonter à la trame symbolique qui a
présidé à l’élaboration du monument.

286
Église gothique à deux bas-côtés
(Schéma directeur d'après Lund)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

- Tracer le carré-matière abcd, ses médianes ef et gh, ainsi que son cercle inscrit.

- Tracer les deux droites de la grille de 4 déterminant le rectangle « 2 & 1 » (ou bi-
carré) ijkl et ses diagonales ik et jl.

- Tracer le cercle inscrit au carré de base et le pentagone régulier gmnop. Les


branches de l'étoile pn et mo de ce pentagone se coupent en u, sur la médiane gh.

- Tracer vv' parallèle à la base dc et passant par u.

- De même que pm est la base des ogives de la voûte centrale, vv' est la base des
ogives des voûtes des bas-côtés. Le croisement de vv' et de gc (ainsi que de gd) donne les
centres des arcs des ogives des bas-côtés.

- La largeur de la voûte centrale est donnée par le croisement (en w et w') de la


base on du pentagone avec les diagonales ik et jl du rectangle bi-carré ijkl.

- Le rectangle qrst de la voûte centrale est un rectangle j (au rapport d'or 1,618).

- Les rectangles des bas-côtés sont des √3 (au rapport 1,732).

- Le rectangle efcd est bi-carré (ou 2 & 1), comme le rectangle ijkl. Ils ont les mêmes
dimensions et la même surface, la moitié de celle du carré de base.

- L'angle egf vaut 90° (pente du toit = 100 %).

287
Église gothique à deux bas-côtés
(Schéma directeur d'après Lund)

288
L’Equerre de Saint-Pierre de Poitiers

Le dessin de cet outil d'un maître d'oeuvre du XIIIe siècle figure sur un bas-relief
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

décorant un écoinçon des hauts-dossiers des stalles de la cathédrale Saint-Pierre de Poi-


tiers. On y voit un «architecteur», le compas à la main, dessiner une épure, une équerre
devant lui et son niveau à fil à plomb derrière lui. Cette équerre est différente de celle
trouvée à l'église St-Nicaise de Reims, bien que de la même époque et attribuée au maître
d'oeuvre Hue Libergier (mort en 1263).

La grande branche de l'équerre de Poitiers semble mesurer 146 millimètres et la


petite 115 millimètres. Peut-on dire qu'elle s'inscrit dans un rectangle √j ? On doit pouvoir
l'affirmer car il suffit d'ajouter 1/10 de millimètre à la grande branche et de retrancher la
même valeur à la petite pour obtenir un rapport des côtés du rectangle proche de la va-
leur 1,272 (146,1/114,9 = 1,2716).

La largeur des branches est de 20 millimètres. Donc, si l'on admet que cette équerre
est inscrite dans le rectangle √j ABCD (le premier des dynamiques), sa diagonale vaut j
de AB. Dans le cas de figure, cela représente 186 de nos millimètres.

Considérons maintenant le rectangle EBCG dont le rapport des côtés vaut 1,54. C'est
un rectangle 72°, c'est à dire le quatrième dynamique, lié au décagone. Si l'on mène la mé-
diane HI du rectangle EBCG, on peut tracer les diagonales des rectangles EHIJ et HBCI
(qui sont des demi-72°). Elles représentent le rayon du décagone, GC étant le côté du dé-
cagone, et le triangle isocèle GHC étant le «Pantalpha» (36° d'angle au sommet).

Le rectangle EBFJ est un 3-4-5, troisième statique, au rapport 1,333.

Les rectangles AKMH et KBFM, déterminés par la médiane KL du rectangle ABCD,


sont des rectangles «Parthénon» au rapport 2,164.

Cette équerre offre bien d'autres possibilités géométriques Cela prouve sans équi-
voque qu'au XIe siècle les applications du «Nombre d'Or» étaient parfaitement connues
des maîtres-d'oeuvre et des bâtisseurs.

289
L’Equerre de Saint-Pierre de Poitiers

290
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le Labyrinthe de Chartres

De la douzaine de labyrinthes de cathédrales encore existants, celui de Chartres


est un des mieux conservés, bien qu’il ait perdu à la Révolution sa dalle centrale en
bronze représentant Dédale, Thésée et le Minotaure, et le cercle en bronze qui l’entourait.
Il est aussi l’un des trois, avec ceux de Bourges et de Strasbourg, qui soit encore en acti-
vité. Le niveau vibratoire du point central de la rose à six pétales, dont la tige est consti-
tuée par la dernière ligne droite du cheminement, est de 30 000 unités Bovis lorsque
l’église est fermée. Lorsqu’elle est ouverte, la vibration n’est pas mesurable, le pendule
partant en vortex. Le mot « labyrinthe » vient du latin « Labur intus », expression qui peut
se traduire par « travailler vers l’intérieur ».

291
Le Labyrinthe de Chartres est un circuit complexe en pierre de Berther, de 261,50 mètres
de long. Sa périphérie comporte 123 dents tournées vers l’extérieur, donc 122 alvéoles. Il est situé
dans la partie ouest de la nef, à la même distance par rapport à la croisée du transept que le maî-
tre-autel (qui est une table dolménique). Les deux pierres, c’est-à-dire le menhir du sous-sol à
l’aplomb du centre du labyrinthe et l’autel du cœur sont deux pôles de résonance en parfaite
syntonie. Le côté lunaire (Yin) vibre en électrique (-) et le côté solaire (Yang) vibre en magnétique
(+). Il y a un point négatif à l’entrée (3 500 Bovis). Le centre est positif ainsi que la sortie. Le der-
nier pas est très négatif (zéro Bovis). Il faut y rester un moment afin de se vider complètement.

Se placer alors sur le pétale de gauche qui est à 3 000 Bovis. Faire les six stations et aborder
le point central. La sortie en direction de l’autel s’effectue en neuf pas. Continuer jusqu’à l’autel,
puis revenir au centre du transept. Se retourner et remercier. Après avoir effectué la convention
mentale de fermeture de l’église, sortir par le portail sud. Le cheminement du labyrinthe fait
évidemment partie de celui du sanctuaire. Comme la pierre de départ est située de l’autre côté
du mur de l’école, 70 mètres à l’ouest de la cathédrale, il faut se placer le dos au mur, face au por-
tail ouest, pour faire la demande d’ouverture. La réponse est assez lente. Stopper devant le portail
et redemander l’entrée. Là aussi, la réponse est assez lente.

Le parcours s’effectue par la travée gauche jusqu’à la dernière colonne avant le transept.
Traverser alors le temple dans toute sa largeur et revenir par la travée droite. (Il ne faut absolu-
ment pas pénétrer dans le transept). Le parcours du labyrinthe proprement dit (composé de 270
pierres, nombre de la gestation) demande environ vingt minutes.

Ce travail est celui que propose le recteur de la cathédrale pour désamorcer les tentatives
d’usurpation du labyrinthe à la période du solstice d’été. Il ne peut s’effectuer que sur demande
écrite à l’évêché car il faut enlever toutes les chaises qui encombrent la nef et fermer la basilique.
Ce cheminement hautement initiatique a lieu en moyenne trois fois par an, de nuit, sous la
conduite d’une charmante vieille dame qui sait absolument tout sur la cathédrale. Ce chemine-
ment nocturne étant soumis à autorisation ecclésiastique, il peut être à tout moment supprimer.
Depuis quelque temps, il semble néanmoins que le labyrinthe soit ouvert aux touristes en été.

Le fameux clou du solstice d’été est récent. En revanche, la projection de la tête de la


Vierge au centre du labyrinthe, depuis la petite rosace bleue de l’ouest, le 15 août à 15 heures, est
authentique. Ainsi, la rose centrale du labyrinthe se trouve reliée à la Mère par la Vierge Marie
dans une communion entre la lumière secrète et la lumière manifestée. Sous le centre du laby-
rinthe se trouve un menhir. Cette pierre dressée est à l’origine de l’implantation de la cathédrale
(avec le puits celtique du Ve siècle avant notre ère, dit des « Saints-Forts », profond de trente-sept
mètres). La hauteur au-dessus du sol du centre de la grande rosace est la même que la distance
à l’entrée de la cathédrale du centre du labyrinthe (et donc du menhir). Le labyrinthe est un sym-
bole solaire. Son centre est une lumière que l’on atteint par un cheminement terrestre. Et cette
lumière est aussi celle de la plénitude de l’Occident.

Après le cheminement propre à la cathédrale, celui du labyrinthe commence par son


échancrure ouest, le blanc du parcours se détachant du noir du cercle, évocation du Yin et du
Yang du Tao et rappel énergique que nous allons pénétrer dans un monde de dualité. Au tiers
environ de la distance séparant le bord du cercle de son centre, on tourne à gauche au seul car-
refour de tout le labyrinthe. Il y aura ainsi 34 changements de direction avant d’accéder à la rose
centrale. Le voyage nous fera successivement frôler le centre, puis s’en éloigner, alternativement

292
en passant par les quatre cadrans du cercle que le cheminement unit deux à deux. Cette
circumbulation par le Quatre de la réalisation nous remet en contact avec les Éléments.

Depuis le point de départ jusqu’au 11e changement de direction, le cheminement a


lieu dans la partie nord du labyrinthe et au plus près du centre. Le franchissement entre
le nord et le sud s’effectue entre le 11e et le 12e changement de direction. Le cheminement
a lieu au plus près du centre, comme pour le nord. Un second franchissement sud/nord de
l’axe de la nef a lieu entre le 18e et le 19e changement de direction. Le cheminement se
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

trouve alors reporté sur les grandes longueurs du demi-cercle nord, vers l’extérieur. On le
quitte entre le 25e et le 26e changement de direction pour repasser au demi-cercle sud où
le voyage se poursuit jusqu’au 32e changement de direction, tout près de l’entrée. La der-
nière partie du parcours, qui parait en ligne droite jusqu’au centre, est interrompu au 33e
changement de direction, très bref puisqu’il n’intéresse qu’un aller-retour au 34e change-
ment de direction, sur l’axe est/ouest. Malgré trois passages du nord au sud et inversement,
la symétrie des parcours est remarquable.

Quand nous aurons parcouru la totalité de l’ouroboros et que, transfigurés et dotés


d’une énergie nouvelle, nous aborderons les six stations du lotus central, nous aurons
l’impression d’avoir été phagocytés par tous ces replis qui font irrésistiblement penser à
un appareil intestinal. Les spires sont au nombre de onze, nombre premier, c’est-à-dire
seulement divisible par lui-même et par l’unité. Le Onze, c’est le Dix de la Décade revenu
à l’unité après le dénombrement créateur. Voyager dans le onze, c’est appréhender la suite
des nombres pour retrouver l’Unité.

293
La Colonne du temple

Symboliquement, la colonne représente l’Axe Principal, le Pilier Cosmique, arbre immo-


bile autour duquel tout se meut. Elle constitue le centre et, comme l’espace ne se conçoit qu’à
partir du centre, la colonne assure la stabilité du monde. Dans l’Inde des védas, le pilier cosmique
est le « Skambha » par lequel sont étayés le Ciel et la Terre. Mais, celui-ci est en réalité l’homme
cosmique, le « Purusha », c’est-à-dire le Brahman manifesté, présent au milieu de l’Univers
comme l’essieu au centre de la roue.

Dans l’Égypte antique, le pilier était le « Djed », la colonne vertébrale d’Osiris. Celui-ci
avait été massacré par son frère Seth et les morceaux de son corps jetés dans le Nil. Leur mère,
Isis, les avait récupérés et rassemblés permettant ainsi le processus de résurrection. Mais, pour
« redresser la colonne », il fallut aussi qu’Horus offre un de ses yeux à son défunt père pour rem-
placer celui que Seth lui avait arraché
.
C’est le pouvoir de l’œil d’Horus qui permit le redressement du Djed. Cette restitution
d’une vision unifiée lui conférant un nouveau « Ka », Osiris redressé a retrouvé son identité. Il
est maintenant devenu l’Oun Neter, la conscience élargie au Ka primordial (l’ancien ka n’est
qu’un aspect du nouveau.). Osiris est alors qualifié de « Maître du Discernement » et le Djed de-
vient Ka.

On trouve une autre illustration de ce symbolisme de la colonne dans la légende alle-


mande de la conquête de la Saxonie, à la fin du VIIIe siècle de notre ère, par l’empereur Charle-
magne. Dès le début de cette campagne, l’empereur fit abattre Irminsul, la colonne d’Irmin dres-
sée dans le grand sanctuaire central des peuples germaniques. En détruisant la colonne divine,
il portait un coup fatal au moral des Saxons.

Irmin était une projection de l’ancien dieu Tyr, dieux des dieux du panthéon germanique,
qui fut remplacé par Odin au cours des millénaires. Tyr signifie homme au singulier et dieux
au pluriel (Tivar). Dans la magie des runes, il préside à la Trinité et son caractère runique est une
flèche présentée verticalement, pointe en haut. La racine Tyr (ou Tur) signifie aussi porte, d’où
est issu tür et tor en allemand, et door en anglais. Dans le grand zodiaque du Somerset à Glads-
tonbury se trouve la colline de Tor, image de la montagne cosmique et donc de la Porte du Ciel,
l’accès au Pôle, le passage à une vie nouvelle.

Dans l’Iran avestique, un des noms de la déesse était Thûra, dérivé en Sûra et signifiant
la « forte », la « souveraine ». Un des noms de la déesse en Etrusque est Turan, à rapprocher de
Turannos. En grec, « Thyranoiktès » signifie « qui ouvre les portes ». En sanskrit, cette racine se
retrouve dans Tula (la Balance) c’est-à-dire la Grande Ourse qui, tournant autour de Tara (l’étoile
polaire), mesure le temps.

Etymologiquement, une autre signification symbolique du pilier se manifeste dans le mot hé-
breu Thora (la Loi), identique au mot indien Dharma, littéralement « ce qui soutien » et qui signifie:
« Ce qui demeure invariable au centre des révolutions de toutes les choses. Ce qui règle le cours du

294
changement par là même qu’il n’y participe pas ». Le Pilier est donc bien ce support entre le
Ciel et la Terre, cette colonne creuse verticale qui permet la circulation dans les deux sens
des énergies cosmiques.

Pour les géobiologues, en particulier Guy Tison, cette colonne est une cheminée
cosmotellurique à double sens. La terre est un être vivant qui a ses biorythmes. Elle
échange en permanence des fluides énergétiques avec l’espace cosmique, en un mouve-
ment alternatif dont l’homme n’a, en général, pas conscience. Ces phénomènes vibratoires
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

sont le fait de deux spirales d’un demi-mètre à deux mètres de diamètre, l’une montante
sens horaire, l’autre descendante sens tire-bouchon.

L’onde montante, c’est-à-dire la sortie tellurique, présente sept niveaux vibratoires


échelonnés de 3 000 à 18 000 unités Bovis. Elle fonctionne durant deux à cinq minutes.
Les sourciers connaissent bien ces sept niveaux qu’ils appellent « lignes de forces ». Ce
sont des harmoniques de l’onde émise par le frottement de l’eau d’une veine souterraine
contre les roches. Leur échelonnement en profondeur est fonction de celle du cours
d’eau, mais il y en a toujours sept. L’onde descendante, la réponse cosmique est beaucoup
plus brève, de l’ordre de quinze à trente secondes. On ne sait pas l’évaluer mais on la soup-
çonne d’être très puissante et, en tout cas, toujours bénéfique pour les êtres vivants.

Il est intéressant de remarquer que chez les Saxons, comme dans toutes les civili-
sations traditionnelles, le centre religieux et politique, c’est-à-dire la Loi, était symbolisé
par cette représentation de l’Axe, l’Irminsül dont on ignore s’il s’agissait d’un arbre gi-
gantesque, d’un obélisque de pierre ou d’un grand mât en bois, et dont la situation géo-
graphique demeure inconnue. Mais l’arbre cosmique d’Irmin des Germains, l’Arbre de
Mesure, symbole de l’axe du monde, était peut-être purement abstrait, une grande co-
lonne dans l’esprit des orants. Dans la pensée des anciens mondes, la colonne, le pilier
vertical, situé à la jonction des régions supérieure et inférieure, était assimilée à
l’Homme, l’homme redressé tel « Purusha » ou « Osiris ressuscité », l’homme debout de
Léonard de Vinci qui va relier dans sa présence le Ciel et la Terre.

295
Colonnes des temples

On lit dans la Bible (Livre I des Rois, VII - 15 & 16), que les deux colonnes de bronze du
temple de Salomon, Iakhîn à droite et Bo'az à gauche, coulées par Hîram de Sor, étaient hautes
de 18 coudées. Leur circonférence valait la corde à treize nœuds, soit 12 coudées et elles étaient
surmontées d'un chapiteau, également en bronze, de 5 coudées de hauteur. On trouve ces mêmes
valeurs de 18, 12 et 5 à Stonehenge pour les pierres dressées du grand cercle.

La coudée de Salomon valait une coudée royale plus une palme, soit 0,6472 mètre. celle
des bâtisseurs du XIe siècle valait la coudée royale (0,5236 mètre) pour les volumes, et la coudée
du lieu (variable selon la latitude de l'endroit) pour les intervalles.

Une colonne de cathédrale mesurant une corde de circonférence, soit 12 coudées, aura un
diamètre de 10 empans. Pour que cette colonne soit harmonieuse, il faudra lui donner une hau-
teur de six fois son diamètre, donc 60 empans (ou 23 coudées).

Dans ce même chapitre VII du Livre des Rois, on apprend (versets 23 & 26) que la Mer d'ai-
rain, posée sur douze bœufs, avait trente coudées de circonférence (soit 19,416 mètres), dix cou-
dées de diamètre, soit 6,472 mètres et un empan d'épaisseur (20 centimètres). La coudée de
Salomon valait une coudée royale plus une palme. (52,36 + 12,36).

Le diamètre est donné pour dix coudées, ce qui est en légère contradiction avec la mesure
de la circonférence, qui serait alors de près de 31 coudées, alors qu'elle est donnée pour 30 cou-
dées. Mais le narrateur ne recherchait pas la précision mathématique.

La contenance de la Mer d'Airain était de deux mille baths, soit environ 45 mètres cubes.
Le bath est une mesure de capacité mal connue, d'environ 22,5 litres. Cette valeur a perduré
jusqu'à nos jours sous la forme d'un tonneau de vin en bois de chêne, le muid. La contenance de
ce fût est de dix baths, soit 225 litres.

296
La Nave et le Tiers-Point

Un ordre de constructeurs du XIIe siècle, dépendant de l’école de druides d’Autun,


Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

comprenait des charpentiers, les « dendrophores » dont la croix était celle des Celtes
éduens (bien antérieure à celle de la Chrétienté), des maçons mystiques, les « cento-
naires » et des serruriers, les « fabres ». Une autre confrérie de compagnons-charpentiers
de la même région était celle des « carpentaïres », surnommés les « chiens ».

Les dendrophores s’appelaient parfois entre eux les « goatious », en référence au


mot celte « goat » qui signifie bois ou forêt. Certains auteurs y voient l’influence du mot
grec « goatiou » qui signifie sorcier, mais les Eduens de Bourgogne ne connaissaient pas
la langue grecque. Par ailleurs, le goat était aussi le galbe en plein-cintre de la voûte, ra-
mené en tiers-point pour former ce que l’on a appelé gothique plus tard.

Ce galbe, la nave des carpentaïres, était construit en bois de chêne d’après le tracé
effectué à même le sol par les maîtres d’œuvre, uniquement avec le compas et la corde
à treize nœuds. Les compagnons-charpentiers à la boucle d’oreille en or appelaient aussi
la nave « goat » car, une fois qu’elle était en place à plusieurs mètres du sol, on se serait
cru sous une allée d’arbres centenaires.

La voûte ainsi formée sur ce galbe avait pour but de mieux répartir les poussées,
mais aussi et surtout de capter, amplifier et renvoyer les courants cosmo-telluriques dans
la nef pour en imprégner les hommes et les régénérer. N’oublions pas que l’église est un
dolmen perfectionné. D’autre part, si on inscrit un pentagone régulier dans l’ogive en
tiers-point, on peut y tracer le symbole de l’homme, l’étoile flamboyante d’Aggripa. La
voûte gothique est bien le lieu où l’homme peut rencontrer Dieu.

r = 2/3 AB

OA = O’B = 1/3 AB

Encouragé dès le début par saint Bernard et les clunisiens de Cîteaux, l’arc brisé
en tiers-point inventé par les bâtisseurs du XIIe siècle pour soulager la poussée dans les
voûtes romanes de plein-cintre est une technique typiquement française. L’art impropre-
ment appelé « gothique » est né en France et n’a rien à voir avec les Goths. La voûte en
tiers-point de l’abside de Morienval, dédicacée en 1125, est la plus ancienne connue.

297
Les Mandorles

La mandorle, ou amande mystique, est dérivée de la «Faux» durant la période romane.


Elle utilise plus volontiers la «Pioche» dans l'art gothique.

Le carré de base ABCD et ses médianes HF et EG étant tracées, on mène les diagonales
des «carrés longs» AEGD et EBCG qui se recoupent en M et N, milieux de HO et de OF. Les man-
dorles romanes sont des arcs de cercles de centres M et N et de rayon NE et ME, donc moitié de
√5 de AE.

De M comme centre, on trace le cercle de rayon MO qui coupe les diagonales AG et ED


en S et S'. Les mandorles gothiques sont des arcs de cercles de centres E et de rayon ES, et G de
rayon GS' (c'est à dire phi de AE) qui se coupent en Z et Z'. Ces arcs coupent le cercle de base de
centre O et de rayon OF en T, U, V et W. Les valeurs TU et VW sont les côtés du décagone inscrit
dans le cercle de base.

298
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Les Quatre-feuilles

Cet ornement architectural, très courant au Moyen-Âge, est formé de quatre lobes
circulaires en arcs brisés.

Au médiéval, les quatre-feuilles entraient dans la composition des roses et des ro-
saces, mais aussi de meneaux et de fenêtres, voire de balustrades ajourées.

Les deux sortes de quatre-feuilles sont quelquefois dessinées de manière à ce que


les cercles soient séparés par une épaisseur suffisante pour y sculpter un redan.

Les extrémités inférieures des branches des quatre-feuilles peuvent être terminées
par des redans ornés de feuilles ou de têtes.

299
La Pesanteur

Au niveau de la mer et à la latitude de Paris, elle est de 9,8088 m/sec/sec, sensiblement la


même qu'à Greenwich où g = 9,81197.

Une des valeurs les plus basses se situe à Honolulu, à la latitude de 21° 18' Nord et à la lon-
gitude de 157° 51' Ouest, où elle ne vaut que 9,78966. Elle est forte à Copenhague, à 55° 41' Nord et
12° 35' Est, où elle est de 9,81559.

Formule donnant le temps t des oscillations simples du fil et boule :

T = p x √ l/g (l est la longueur du fil)

En corollaire, la longueur de fil est donnée par la formule :

l = (T 2 x g) / p2 = (T2 x 9,81) / 9,8696 = T2 x 0,99397

Dans la pratique, le nombre de mètres est le carré du nombre de secondes.

Pour calculer la valeur de g en un point quelconque, on écarte le pendule d'un angle très
faible et l'on compte le nombre d'oscillations en 60 secondes. On a :

g = l x (n2 x p2)/ 602

Dans la cathédrale de Chartres en construction, la longueur du fil des compagnons bâtis-


seurs était de 37 mètres. Le temps d'oscillation était donc de 6 secondes. (En réalité : six secondes
et 1/10e de seconde).

La résultante de l'attraction terrestre et de la force centrifuge constitue le poids d'un corps.


Sa direction est la verticale.

300
La Numérotation des Bâtisseurs

Dans l'occident chrétien du Moyen-âge, la numérotation des "oeuvriers" du bâti


marquage des unités, des dizaines, des centaines et des milliers suivant qu'ils étaient gra-
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

vés en position droite, inversée ou retournée. On pouvait ainsi noter n'importe quel nom-
bre de 1 à 9999, ce qui était bien suffisant pour numéroter les pierres ou les pièces de
bois d'un édifice en construction, même important.

Tous ces signes s'organisent autour d'un trait vertical symbolisant "axis mundi" re-
liant le Ciel et la Terre. Ce segment de droite constitue la ligne médiane d'une grille de
cinq cases sur quatre, dont les zones utiles sont les 4 carrés de 4 cases des angles.

Cette grille servait d'ailleurs aussi d'alphabet (du grec al3). Le chiffre étant le feu
du verbe, décoder le chiffre permettait de retrouver le verbe, et ceci dans les trois états :
profane, sacré et secret (ou hiéroglyphique).

301
Les voûtes dans l’Antiquité

Lors de la construction des grandes cathédrales, dites « gothiques » alors que la vraie dé-
nomination est « Art français », le choix de l'ogive remplaçant le plein cintre du roman a donné
lieu à d'homériques discussions d'école entre les tenants de la voûte inscrite dans le carré, c'est-
à-dire : « seu ad quadratum », plus élancée, et ceux préconisant celle circonscrite au triangle équi-
latéral : « seu ad triangulum », plus trapue.

Le cercle fut peu utilisé dans la construction par les concepteurs antiques. Non qu'ils soient
incapables de construire en courbes puisque les voûtes de plein cintre comme en anse de panier
étaient utilisées pour les fortifications, les entrepôts, les égouts et les écuries. Mais parce que les
puristes égyptiens et grecs ne voulaient pas mélanger le rationnel, c’est-à-dire le carré et les
lignes déterminées par la pesanteur terrestre, et le transcendant irrationnel, c'est-à-dire le rapport
p (pi) du cercle à son rayon.

Mais, si les formes rondes étaient bannies des ouvertures de façades où le cercle s'exprime
par les berceaux plein cintre au-dessus des baies, le cercle servit couramment à définir les « tho-
los » rondes de Crète et les premiers temples grecs. On le trouve aussi au Panthéon de Rome et
dans les arcs de Triomphe (et dans les arcs municipaux).

En revanche, en plan où il s'inscrit parfaitement dans le carré, le cercle était largement


utilisé. Les coupoles circulaires de Sainte-Sophie de Constantinople et de Saint-Pierre de Rome
sont significatives à cet égard. Par ailleurs, les architectes de Sainte Sophie n'ont pas craint de
juxtaposer cercles et rectangles sur les parties verticales, pour le plus grand plaisir de nos yeux.

302
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

303
Les différentes ogives médiévales
Le Cintre surbaissé

Cette voûte, très simple, est en fait un demi-ovale. Elle présente un coefficient d'aplatisse-
ment de 32 %, ce qui en fait une arche relativement ventrue. Sa « montée » vaut environ le tiers
de son « ouverture » (exactement 35,5 %).

La dimension KL de l'ouverture étant donnée, on la partage en trois parties égales ce qui


détermine les points X et X'. Ces points sont les centres de deux cercles de rayon XX' qui se cou-
pent en N et P.

Le point P est le centre d'un arc de cercle dont le rayon est le diamètre des cercles déjà
tracés, qu'il tangente en S et T. Le cintre est complété par les arcs de cercles KS, de centre X et
de rayon XX', et TL de centre X' et de même rayon.

304
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras L’Anse de Panier

Cette voûte est caractéristique de l'architecture de la Renaissance française. C'est


celle des ponts de pierre à une seule arche de la plupart des ruisseaux et rivières mais
aussi celle d'ouvrages plus importants, à plusieurs arches, qui enjambent des fleuves.

Ce tracé a un gros avantage particulier : celui de permettre aux ingénieurs des


Ponts et Chaussées de choisir la hauteur, qu'ils nomment « la montée », et la largeur de
l'arche, qui est « l'ouverture ». En langage de pontonnier, la différence entre cette hauteur
et la demi-largeur constitue le coefficient d'aplatissement. Dans le cas de figure, il est de
22,4 %, le triangle COB étant un √5 ou « triangle de Khéops ».

Les dimensions AB et OC étant données, l'aplatissement par rapport à la voûte ro-


mane de centre O et de rayon OA est clairement défini par CC'. On trace le cercle de cen-
tre C et de rayon CC' qui recoupe AC en D et CB en E.

Du milieu M de AD et du milieu N de EB, on mène les médiatrices de ces segments


qui recoupent l'axe xx' en R et la base AB en P et Q. L'anse de panier est définie par les
arcs de cercles de centres P et Q et de rayon PA, reliés entre eux en K et L par l'arc de
cercle de centre R et de rayon RC.

305
L’Anse de Panier à 5 rayons

Cette voûte est celle des bâtiments larges et des entrées de caves, son « ouverture » valant
un peu plus de 4 fois sa « montée ». Son coefficient d'aplatissement est de 51,6 %. Soit le segment
de droite KL et sa médiatrice yy' le recoupant en son milieu O. On construit, à partir de KL, le
triangle équilatéral KLN. Par le point P situé aux 2/3 de OK, on mène une parallèle ss' à KN, et
par le point R situé aux 2/3 de OL, on mène une parallèle tt' à LN. Du point S situé au 1/3 de OK,
on trace SN qui coupe ss' en U, et du point T situé au 1/3 de OL, on trace TN qui coupe tt' en V.
Les points N, P, R, U et V sont les centres des arcs de cercles constituant l'anse à cinq rayons, gé-
néralement connue sous le nom de « ellipse à 5 centres ».

306
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras L’Anse de Panier à 53°

Cette voûte est certainement la plus ancienne de toutes, car basée sur le triangle
dit « 3-4-5 », déjà connu des sociétés mégalithiques. Il se traçait directement avec la corde
à treize nœuds, le petit côté valant 3 coudées, le grand 4 coudées et l'hypoténuse 5.

Cette voûte a un coefficient d'aplatissement de 25 %, la « montée » valant les 3/4


de la « demi-ouverture ». Cette anse est considérée comme particulièrement harmonieuse
et se retrouve surtout dans les régions ayant un passé celtique affirmé.

La largeur d'ouverture étant déterminée, on trace AB et l'axe xx'. On donne à OC


une longueur valant les 3/4 de OB, ce qui détermine le triangle « 3-4-5 » COB dont l'angle
OCB vaut un peu plus de 53°. La base AB est partagée en trois parties égales, qui définis-
sent les points P et Q. De ces points comme centres, on trace des arcs de cercle de rayon
OC qui se coupent en R sur l'axe xx'.
L'anse de panier à 53° est définie par les arcs de cercles de centres P et Q et de rayon
PA, reliés entre eux en F et G par l'arc de cercle de centre R et de rayon RC.

307
L’Œuf Cosmique
(Symbole de Naissance et de réssurection)

Le pentagone de base est tracé très classiquement à partir de K’, croisement des médianes
du carré long dont un grand côté est sur l’axe de symétrie de l’œuf et vaut le diamètre du cercle
circonscrit. Le rayon de l’arc de cercle de la partie inférieur de l’ove, de centre L1, est au rapport
j avec le rayon de l’arc de cercle de la partie supérieure, de centre L2. Le rayon des arcs de cer-
cles de raccordement, de centres L3, est au rapport j avec la somme des rayons L1 et L2. Ce
rayon a pour valeur le côté du pentagone.

308
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras L’Œuf géométrique

Cette ove est plus ventrue que la forme cosmique, le centre L2 de l'arc de cercle
de la partie supérieure étant située sur le cercle de la partie inférieure, de centre L1. L'an-
gle de sommet L2 vaut 90° alors qu'il est de 120° chez l'oeuf cosmique. L'oeuf géométrique
découle de √2. alors que l'oeuf cosmique est issu de √5.

309
Le cromlec'h Borrow-Stone

Cette enceinte de plus de 60 pierres dressées (mais il y en avait sans doute le double à
l'origine) est situé en Écosse. Son schéma directeur consiste essentiellement en un cercle de cen-
tre O et de 25 yards mégalithiques de rayon, soit 42,20 mètres de diamètre. Cette unité mégali-
thique, baptisée « yard » par Thom, vaut j coudées (ou j3 empans), c’est-à-dire, dans le système
métrique : 84,72 centimètres.

Sur un diamètre orienté nord/sud est positionné un point O' situé à 15,5 yards mégali-
thiques du centre O du cercle de base. C'est le centre d'un second cercle passant par O, donc de
rayon 15,5 yards mégalithiques (13,13 mètres). Deux droites de 13 yards mégalithiques de long,
tangentes aux deux cercles en aa'' et bb', complètent le système. Les rayons des cercles passant
par les points de tangence de ces droites font un angle d'environ 54° avec l'axe nord/sud, définis-
sant ainsi les triangles 3-4-5 bien connus des sociétés mégalithiques. Les segments οa et ο'a' sont
en divine proportion. Il en est de même des segments οb et ο'b'.

Le cromlec'h de Penmaen-Mawr

Cette enceinte dont il ne reste qu'une vingtaine de pierres debout, est située dans le nord
du pays de Galles. C'est une ellipse dont le périmètre est égal à dix fois la distance qui sépare les
deux foyers. Ce périmètre vaut 95 yards mégalithiques, soit 80,50 mètres.

Le schéma directeur est un triangle isocèle de 9,5 yards mégalithiques de base, soit 8,05
mètres, dont l'angle au sommet est de 36°, les angles de base étant bien évidemment de 72°. (36
et 72 sont deux valeurs sacrées). Cela conduit à une longueur de 14,5 yards pour les côtés. L'ellipse
est tracée à partir de l'addition des deux côtés, soit 31 yards ou 26,26 mètres. C'est la longueur du
grand axe, le petit axe valant 22,74 mètres.

Le cromlec'h Long-Meg

Cette enceinte, dont il ne reste que soixante-dix pierres, est située dans le nord de l'Angle-
terre. Elle se présente sous la forme d'un cercle dont la moitié est aplatie, les deux axes étant
dans le rapport de 87 à 100.

Le schéma directeur est un triangle isocèle abg dont l'angle au sommet est de 36°, les an-
gles de base valant évidemment 72°. Ce triangle a une base de 10 yards et des côtés de 16 yards
mégalithiques, ce qui lui confère une hauteur d'environ 15 yards. La partie nord de la forme est
un demi-cercle centré au milieu d de la base du triangle. Son rayon est la hauteur ad. La partie
sud est une anse de panier dont les centres sont a, b et g.

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Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

311
Le cromlec'h Borrow-Stone
Le cromlec'h de Penmaen-Mawr

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Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

313
Le cromlec'h Long-Meg
Mystérieux Crop Circles

Depuis une trentaine d'années, les crop-circles apparaissent dans les champs de céréales,
de blé en particulier, au moment de leur maturité, ce végétal se prêtant particulièrement bien à
l'élaboration de dessins complexes et précis. Cette manifestation n'est pas nouvelle puisqu’une
gazette anglaise de l'an 1678 en parle déjà. Elle présente un dessin intitulé « Le Diable Tondeur »
(The Mowing Devil) où l'on voit Satan fauchant un champ de blé. À cette époque de superstitions
et de chasse aux sorcières, c'est le Diable qui était le responsable de tout ce qui était anormal.
Dans les crop-circles, on peut supposer que le graphisme est répercuté dans la matière par un
procédé de micro-ondes provenant d'un autre plan vibratoire. Ce niveau, de la 5e dimension, se
mettrait en résonance grâce à la « lumière » provenant d'une 6e dimension, par exemple des
formes-pensées.

Les rares spectateurs du bref phénomène de formation font état de la présence d'une boule
lumineuse juste avant que les tiges se couchent, toutes dans le même sens, comme sous l'effet
d'un coup de vent. L'extrême précision du dessin donnait une impression magique, comme les
effets spéciaux au cinéma. Ils constatèrent aussi que les mouches restaient collées sur les épis,
les pattes et les ailes largement écartées comme si elles avaient été électrocutées.

Une des hypothèses avancées pour la formation en des temps très courts de ces agro-
glyphes concerne une civilisation beaucoup plus avancée que la nôtre basée sur Actarus, une
étoile géante orangée dont le diamètre est 25 fois celui du Soleil. Aussi nommée Alpha du Bou-
vier, elle est située à 36,7 années-lumière de la Terre. Facile à identifier, elle se situe dans le pro-

Structure géométrique
apparue en Angleterre
en 1999.

314
longement de l'arc formé par les trois étoiles de la queue de la Grande Ourse. Elle se dé-
place à la vitesse de 425 000 kilomètres à l'heure. En magnitude, c'est la 4e étoile de notre
galaxie.
Lorsqu'on pénètre sur un crop-circle, on entre en résonance avec son énergie sub-
tile. Stonehenge dans le Wilshire est situé au cœur de la zone des agroglyphes. Les sym-
boles des chakras des Occidentaux se superposent à ceux des Orientaux et nous font
obligation de s'intéresser aux autres cultures. Les Anciens nous ont transmis leurs connais-
sances par des symboles gravés dans la pierre. Les crop-circles en font autant dans les
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

champs de blé avec leurs éphémères symboles géométriques.

Les crop-circles communiquent entre eux dans un langage universel. C'est un art
éphémère à vivre sur place et dans l'instant. Ces formes géométriques très élaborées qui
peuvent s'exprimer par plus de 420 cercles, sont au service du temps présent. Il est hors
de question de les transférer dans un musée. En Angleterre, les inconditionnels des crop-
circles se retrouvent à l'auberge « Barn Inn », à peu de distance du grand cheval blanc
gravé sur la colline. Dans cet établissement, tous les agroglyphes apparus depuis 1990
sont peints sur les murs et le plafond. De plus, une grande carte en précise les coordon-
nées.

Avebury est un des grands centres cosmotelluriques d'Angleterre. Les alignements


de menhirs représentent le serpent passant à travers le disque solaire. Les énergies tellu-
riques se fondent avec les énergies cosmiques. Le Soleil féconde Gaïa-la-terre. Il semble
que les crop-circles privilégient cette région pour apparaître, peut-être pour bénéficier
du haut niveau vibratoire du lieu. L'auberge « Crop-circle Café » est située sur la A4 entre
Avebury et les « Black Land Laks ».

La numérosophie n'est jamais bien loin dans les crop-circles. C'est ainsi que l'année
2002 semble avoir privilégié le nombre 13. On peut voir sur l'agroglyphe du 25 août 2002
dans le Silbury Hill, près de la pyramide de terre, une grande étoile à 5 branches dotée
dans son pentagone central d'une autre étoile à 5 branches avec son pentagone central
entièrement piétiné. Entre chaque branche de la grande étoile, il y avait 13 triangles.

Le nombre 13, omniprésent dans cet agroglyphe, ramène au calendrier des Mayas
basé sur 52 années, soit 4 fois 13. À rapprocher de notre calendrier solaire de 52 semaines.
L'année terrestre comporte 13 lunes anomalistiques de 28 jours, plus un jour, soit 364 + 1
= 365. Il y a 4 saisons de 91 jours, soit 13 x 7. Au cœur du système de calendrier des Mayas
figurent la Terre, la Lune et le Soleil, mais aussi Vénus dont la révolution est de 225 jours
au lieu de 365 pour la Terre. On remarque immédiatement que le rapport entre ces deux
durées est en divine harmonie (nombre d'Or).

En 1960, le mathématicien français Benoît Manderbolt révélait ses travaux sur la


géométrie fractale, une forme mathématique complexe utilisée pour étudier la théorie
des chaos. Or, il y a de plus en plus de crop-circles dont le graphisme évoque des fractales.
En particulier, celui que Manderbolt avait nommé "Bonhomme de Pomme". Il est apparu
en Angleterre le 12 août 1991 à Ickleton dans le Cambridgeshire, avec cependant une pe-
tite différence par rapport à celui conçu par ordinateur, et qui met en lumière le nombre
d'or. Ceci pour indiquer qu'il ne s'agit pas uniquement d'une progression mathématique
remarquable, mais également d'une loi biologique. La Divine Proportion diffuse une éner-

315
gie qui intéresse d'autres activités. Les artistes l'ont compris depuis longtemps.

Le 16 novembre 1974, des savants d'Arecibo, près de Porto-Rico, envoyèrent dans l'hyper-
espace un message codé en langage binaire. Le 20 août 2001, près de Chilboton dans le Hamps-
hire, non loin de Stonehenge, un crop-circle apporta une réponse. Son décodage n'a pas encore
été révélé. Le passage de la comète Hale Bopp, le 23 juillet 1995, a été signalé par des crop-circles
dans la région du Hampshire dès le 16 juin, puis de nouveau le 20 juin et enfin le 4 juillet à
Devils Punchtowl.

Il faut évoluer si l'on veut sauver notre civilisation. Nous sommes en retard par rapport
au côté destructeur du progrès. La conscience devrait avancer de concert avec la science, mais
cela n'est pas le cas. C'est même un désastre, ce terme signifiant "coupé de la lumière de l'astre".
L'homme est dépassé par ce qu'il a mis en place. Les cercles nous invitent à harmoniser les forces
terrestres et les forces célestes. Le message en langage binaire du 15 août 2002 dans le crop-circle
de Windmill Hill est significatif à cet égard. Il nous indique qu'il est grand temps de nous ouvrir
à d'autres plans de conscience car le mental et l'ego nous éloignent de notre moi intérieur.

Toutes les traditions font état d'un profond changement dans le comportement des hu-
mains à partir du solstice d'hiver 2012, le 21 décembre. Une ère où les forces d'amour et de paix
se manifesteront enfin. Mais, elles devront lutter contre les forces de haine, d'orgueil et d'égoïsme
qui sont en train de tout détruire sur la planète. Sera-t-il encore temps ? Oui si l'on en croit le
message du crop-circle du 15 août 2002 : « Beaucoup d'épreuves, mais il n'est pas trop tard ». Il
faut aussi noter que le Soleil sera le 21 décembre 2012 à l'intersection de la Voie Lactée et du plan
de l'écliptique. La Grande Croix cosmique qui se manifestera est signalée par toutes commu-
nautés spirituelles du monde. Ce qui est incontestable, c'est que nous vivons depuis 2002 la plus
importante décennie de toute l'histoire de l'humanité.

316
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le Crop-Circle de Avebury

-----
Il est difficile de savoir à quel cropcircle correspond ce tracé. Louis Rosier ne nous a laissé
aucune indication à ce sujet, or plus de 20 aéroglyphes sont apparus au cours des der-
nières années, rien que dans la région d’Avebury. (NDE).

317
Le Crop-Circle de Land-Park

318
La stèle d’Orcival (Puy-de-Dôme)

Cette dalle gravée, fixée au mur


ouest de la place devant l'église romane,
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

donne la « bulle » de la basilique, le « carré


de la Mère » qui la contient, et la « coudée
du lieu » Ce mandala était autrefois scellé
au sol, sur le parvis de l'église 1.

Ce mandala, car c'en est un, est gravé


sur une dalle fixée au mur de la petite
place située devant la majestueuse basi-
lique d'Orcival.

Le carré extérieur, c'est la bulle de


l'église, son corps éthérique. C'est le carré
défini par la pointe des pétales du tracé de
base.

Le carré intermédiaire, c'est celui de


la Mère. Il contient le plan de l'église.

Quant au rectangle intérieur, c'est


une des clés de l'église. Ses dimensions
sont en divine harmonie et son grand côté
définit la coudée du lieu. Cette mesure sert
pour les intervalles, les volumes étant me-
surés avec la coudée royale.

La valeur de la coudée du lieu est


liée, comme son nom l'indique, à la lati-
tude de l'endroit. De nos jours, on la trouve
en quelques secondes en calculant la tangente trigonométrique, c’est-à-dire le rapport
sinus sur cosinus, du demi-angle exprimant la latitude du lieu. Mais, les Anciens ne
connaissaient pas la trigonométrie !
A Orcival, la coudée du lieu vaut 0,46 mètre.

-----
1/ Une autre tradition prétend que cette pierre était celle sur laquelle coulait l’eau de la source qui alimentait les
fonts baptismaux à l’intérieur de l’église et qui a été enlevée, lors des travaux de détournement de la source, à la
fin du XIXe siècle. Merci à Louis Rosier pour ce témoignage car, si aujourd’hui la pierre existe encore, le mandala
gravé dessus est en voie de disparition (NDE).

319
La dalle d’Orcival

Le côté du carré externe mesure 460 millimètres. C'est la valeur de la coudée du lieu à la
latitude d'Orcival (45° 45' nord).

Le côté du carré de seconde génération est dans le rapport j avec celui du côté du
carré externe, soit : 460 460
= = 284 millimètres
j 1,618

La longueur du grand côté du rectangle central est au j de celle du côté du petit


carré, soit : 284 284
= = 176 millimètres
j 1,618

La longueur du petit côté du rectangle est dans le rapport √j avec celle du grand
côté, soit : 176 176
= = 138 millimètres.
√j 1,272

320
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

TRACÉS DES
PYRAMIDES
La grande Pyramide d’Égypte

Le plan de la Grande Pyramide dite de « Khéops » parce que le pharaon Khoufou y a ap-
posé son cartouche, serait très antérieur à sa construction et serait dû à l'un des grands inspirés
bibliques, Melchisédech qui l'aurait reçu des Atlantes. Cette manœuvre délictueuse consistant à
s'attribuer la paternité d'une réalisation grandiose n'est pas la seule à s'être vue affectée à plu-
sieurs souverains successifs. On peut voir au musée du Louvre, dans la section égyptologie, un
magnifique sphinx en granit rose trouvé à Tanis et daté du Moyen Empire. Le panneau explicatif
révèle qu'il a été usurpé successivement par le roi pasteur Apopi et par les rois Mineptah de la
XIXe dynastie et Sheshouk de la XXIIe dynastie. Mais par qui et pour qui a-t-il été sculpté, et à
quelle époque ? Il semble bien que ce soit Ramsès II, souverain de la XIXe dynastie, qui ait ba-
nalisé le procédé.

L'auteur arabe Ibrahim Ibn Wasif rapporte le rêve d'un nommé Zourid qui existait 300
ans avant le Déluge. Celui-ci vécut en songe un effroyable cataclysme et décida alors de faire
construire au pays de Pha-Râ-Whon une bible de pierre rassemblant tout le savoir scientifique
du temps. Selon la tradition égyptienne, c'est Sisisthros, le petit-fils d'Enoch, qui aurait apporté
ce plan en Égypte. Quant à l'architecte, ce serait l'extraordinaire bâtisseur de la Bible, Nemrod,
fils de Chus, lui-même fils de Chem, le plus jeune fils de Noé.

Ce Zourid serait un notable d'Atlantis venu négocier l'achat d'un territoire en Égypte, non
sur la « terre noire » (Kemit) et fertile de la vallée, mais sur la « terre rouge » (Doshrit ou Khaset)
des plateaux et du désert, pour y transférer les Atlantes avant la destruction de leur pays. L'épi-
sode se situerait avant l'unification de l'Égypte par le roi Ménès, fils du mythique « Roi-Serpent »,
au cours d'une longue et fabuleuse période où le pouvoir fut successivement aux mains des
dieux, puis des demi-dieux et enfin des mânes. On retrouve cette chronologie dans la mythologie
grecque avec ses dieux et ses demi-dieux, suivis des héros antiques. Dans la Génèse, ce sont les
« fils de Dieu ».

Le cartouche de Khoufou est dissimulé dans la seconde des cinq chambres de décharge
situées au-dessus de la « chambre du Roi »". L'égyptologue Rosselini a identifié le nom de ce pha-
raon, en 1840, malgré l'avis contraire de vingt-cinq de ses éminents confrères. En effet, la façon
dont le nom est écrit n'est pas celle en usage du temps de Khéops (2 650 ans avant notre ère) car
il faut attendre l'époque de Psammétique, en 650 avant notre ère, soit deux mille ans plus tard,
pour voir signifier les prénoms, titres et coutumes qui figurent sur la même ligne que le car-
touche. L'égyptologue John-Gardner Wilkinson (1797-1875) avait lu « Khem » mais son opinion
n'a pas prévalu.

Khéphren, Mykérinos et Khéops sont les noms grecs des pharaons Khafrâ, Menkaourâ, et
Khoufouwi. En fait, ce sont des épithètes proto-ioniennes des mots égyptiens s'appliquant au
dieu Apis dans les cérémonies funéraires et signifiant respectivement :
« Celui qui a les yeux qui pleurent »
« Celui qui a le cœur qui saigne »
« Celui qui a le nez qui coule »

322
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Par ailleurs, le Prince Michel Vladimirovitch Skariatine (1883-1963), éminent kab-


baliste et occultiste plus connu sous le pseudonyme de ENEL, fait remonter la Grande
Pyramide à une époque antérieure à la civilisation égyptienne, lorsque la vallée du Nil
était une colonie atlante, dix mille ans avant notre ère.

Cette opinion est partagée par des archéologues de grand talent tels que le couple
Schwaller de Lubicz ou Madame Weissen-Szumlaska. Le grand Sphinx, que Thoutmès Ier
(XVIIIe dynastie) appelait Hor-em-Akhet-Khepera-Rê-Atoum, est nommé Routy dans le
« Texte des Pyramides », et la plus grande des îles de l'Atlantide portait le nom de Routa.
Il est composé des quatre figures du tétramorphe : homme, aigle, lion et taureau qui se-
ront les symboles entourant le personnage du Christ au Moyen-Âge. Il confirme la conti-
nuité, par-delà les millénaires, entre les premières créatures et les illuminés de la
Connaissance.

Ces Textes des Pyramides sont, en fait, des inscriptions gravées sur les murs des
chambres funéraires ayant reçu les corps des rois Ounas, Pépi Ier et Téti à Saqqarah. On
leur a donné le nom de « Livre des Morts », en égyptien « Les chapitres de la sortie vers
la Lumière appel ». Ces textes furent écrits à une époque où la civilisation égyptienne
avait atteint son plein épanouissement.

Or, des millénaires auraient été nécessaires pour atteindre un tel degré de perfec-
tion, et l'on sait par les vestiges préhistoriques qui ont devancé la dynastie égyptienne,
que les peuples précédents ne possédaient pas l'écriture et vivaient dans un état proche
de la sauvagerie. Et, d'un seul coup apparaissent des textes d'une parfaite maîtrise gram-

323
maticale et artistique révélant une pensée philosophique particulièrement évoluée. Il faut donc
bien que cette civilisation ait été apportée.

Lors des cérémonies d'initiation aux mystères d'Isis, la seule entrée permise aux postulants,
accompagnés d'initiés, était située entre les jambes antérieures du grand sphinx Harmakhis. Elle
était autrefois fermée par une lourde porte de bronze dont le ressort secret n'était connu que des
prêtres. Dans le Sphinx et sous lui avaient été creusés des couloirs communiquant avec la partie
souterraine de la Grande Pyramide. Deux initiés, les plus anciens par rang d'âge, les Themos-
thètes, faisaient descendre au postulant un escalier en spirale de vingt-deux marches aboutissant
à la salle circulaire où les épreuves commençaient. Elles faisaient successivement appel au cou-
rage, à la continence, à l'endurance physique et morale, et à la lucidité d'esprit.

Après avoir traversé maints obstacles et utilisé divers escaliers, le candidat à l'initiation
était remis entre les mains des douze Néocores, prêtres d'Osiris et conservateurs du sanctuaire
qui l'introduisaient en présence de l'Hiérophante, grand prêtre du dernier échelon. Le néophyte
devait franchir tous les couloirs et déboucher dans la « grotte de la Folie » dont une issue s'ouvrait
en direction du « Passage ascendant » pour ceux qui étaient admis à l'initiation finale dans la
« Haute Chambre », et dont l'autre aboutissait au Nil pour ceux qui avaient faibli et donc n'étaient
pas jugés dignes de poursuivre la quête.

Le « Livre des Morts » égyptien assimile le couloir ascendant et la chambre haute aux der-
niers rites d'initiation supérieure, en particulier la station horizontale de trois jours et trois nuits
dans le « Coffre ». Pendant le repos du corps inerte, l'esprit de l'adepte affrontait la conversation
des dieux dans l'Amenti. Ceci est à rapprocher des rites d'initiation tibétains où le corps du futur
lama repose au fond d'une caverne souterraine, sur une table de pierre pendant soixante-douze
heures. Durant tout ce temps, son corps astral converse avec ses maîtres au pays de la « Lumière
Dorée ».

La « Haute Chambre Finale » de la grande pyramide, improprement appelée « chambre


du Roi », n'est pas un endroit de sépulture formel, mais un lieu d'initiation. Les cinq dénomina-
tions de ce sanctuaire proviennent du messianisme égyptien et du livre des Morts. Ce sont ri-
tuellement :
- La Chambre du Grand Orient.
- La Chambre du Mystère et de la Tombe ouverte.
- Le retour de la vraie Lumière qui vient de l'ouest.
- La présence littérale du Maître de la Mort et du Tombeau.
- La salle du Jugement et de la purification des Nations.

Ces appellations ne sont pas incompatibles. Non seulement leurs significations se com-
plètent mais on peut les rattacher aux périodes de « Consommation de l'Age » et de « Restitution
de toutes choses » de la prophétie des Hébreux.

La prophétie géométrique de la Grande Pyramide précise la période de la « Chambre


Haute » qui va du 15/16 septembre 1936 (mur nord) au 20 août 1953 (mur sud). C'est celle de l'Ère
de Clarté par illumination progressive dans « la sueur, le sang et les larmes », celle du « Jugement
des Nations », de la « Révélation de la Tombe ouverte » et du retour au « Plan du Centre divin ».
Ces dix-sept années constituent l'arc-en-ciel mystique posé en signe d'alliance sur le nouveau dé-
luge universel. Depuis cette nuit du 15 au 16 septembre 1936, la bataille des Nations, l'Armaged-

324
don de l'Apocalypse, est commencée. L'avidité de chacun est plus grande que sa crainte
et l'égoïsme des individus engendre celui des nations.

La Grande Lumière viendra en son temps pour s'opposer au grand dictateur de ce


monde, mais nul ne sait dans quelles conditions ni sous quelle forme apparaîtra ce prince
de la Paix. La seule indication du symbolisme égyptien est que cette vraie lumière naîtra
de l'Occident. Le Christ blond de l'imagerie religieuse n'est que le souvenir d'une tradition
ancienne et, pour qui a entrevu la possibilité christique d'un cycle hyperboréen, l'expres-
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

sion du rituel mortuaire de l'Égypte incite à de profondes méditations.

Les prophètes de l'Occident chrétien des deux derniers millénaires parlent tous
d'un dernier pape, Pierre-le Romain, qui ne serait pas élu par la Curie mais s'imposerait
par son charisme et sa spiritualité. Cet événement que toutes les traditions situent à la
fin du XXe siècle ou au début du XXIe s'accompagne de l'apparition d'un « Grand Mo-
narque". Il a été identifié par saint Malachie (1092-1148), Barthélémy Holzhauser (1613-
1658), Catherine de Sienne (1347-1380), Nostradamus (1503-1566) et le pape Pie XII en 1959,
comme le dernier roi de la dynastie capétienne. Mais, bien avant que l'on sache qu'il y
aurait des Capétiens à la tête du royaume de France, saint Augustin (354-430) voyait déjà
un grand monarque de fin de cycle réorganisant l'humanité.

Le couloir d'entrée de la Grande Pyramide, à la seizième assise, commence par des-


cendre jusqu'au carrefour du « Linteau sacré » violé par le sultan Al-Mamoun en 484 de
notre ère. Là, deux voies se présentent : le « couloir ascendant » qui offre au candidat à
l'initiation la faculté de gravir la rampe spirituelle jusqu'à la grande galerie et à l'étage
supérieur, et le « couloir descendant » qui atteint le socle rocheux au point de l'an mille
avant notre ère de l'échelle chronologique.

Ce couloir se poursuit sur plus de cent mètres à travers la roche jusqu'à une pro-
fondeur de trente-deux mètres au-dessous des fondations. À cet endroit, qui correspond
dans le couloir ascendant à l'année 1557 de l'ère chrétienne, le passage devient horizontal
et aboutit à la fosse souterraine.

Les correspondances chronologiques des murs nord et sud de la « Chambre de la


Folie » avec celles de la « Haute Chambre Finale » sont le 12 mars 1913 et le 27 novembre
1939 de l'échelle prophétique. Il faut considérer la « Chambre Basse » comme l'expression
des forces démentes et souterraines en lutte contre les forces lucides et intelligentes œu-
vrant dans la Chambre Haute.

La Grande Pyramide n'est pas un tombeau, si ce n'est celui de la science d'Idris. Or,
Idris, c'est Hermès, donc Thôt, principe de Sagesse. Le coffre de la haute chambre finale
est une auge de granit rouge dont le volume intérieur est comparable à celui de la « Mer
d'Airain » façonnée par Hiram pour le temple de Salomon et à « l'Arche d'Alliance » des
Hébreux. Ce coffre n'a pas de couvercle et n'a jamais reçu le corps d'un pharaon. Ses di-
mensions intérieures sont : 1,97 x 0,68 x 0,85 mètre.

Ce coffre n’a jamais été un sarcophage et l'idée de sépulture ne peut y être attachée
qu'en vertu du symbolisme égyptien qui veut que la mort physique soit un support de
résurrection, un rite de passage. Il faut mourir à l'ignorance et aux illusions pour accéder

325
à un niveau supérieur. Toute expérience mystique constitue une mort à soi-même, dans toutes
les traditions de tous les temps.

C'est à cause du faux sarcophage que le livre des morts qualifie la salle où il est installé
de « Chambre du Mystère et de la Tombe ouverte » car il s'agit bien d'une « tombe » qui n'a
jamais été fermée et qui est, avant tout, le symbole de la résurrection. Les candidats à l'initiation
et à la prêtrise s'étendaient pendant trois jours et trois nuits au fond du coffre qui devenait de ce
fait la « Couche provisoire du Ressuscité ». Les dogmes d'Osiris et de Dyonisos rejoignent celui
de Jésus à travers la mystique universelle.

Le rituel funéraire de la vieille Égypte allie le dernier stade de la pérégrination à travers


les couloirs et les chambres de la Pyramide à la « Présence littérale du Maître de la Mort et du
Tombeau ». Et, si le coffre est situé au-delà du plan nord/sud qui coupe la chambre en deux par-
ties inégales, c'est que l'humanité ne peut joindre le symbole de résurrection qu'après avoir tra-
versé le « Plan d'Harmonie divine ».

Sans entrer dans le détail des mesures de la Grande Pyramide, il faut remarquer la
constante du nombre 40, bien connu des sociétés mégalithiques.
- La base est un carré de 40 x 11 = 440 coudées.
- La hauteur est de 40 x 7 = 280 coudées. (Le pyramidion rouge du sommet, détruit en 1196,
avait 11 coudées de côtés et 7 de hauteur.)
- La chambre souterraine ou chambre de la mort, est à une profondeur, par rapport à la
base, de 40 x 3/2 = 60 coudées.
- La chambre de la Reine est à une altitude au-dessus de la base de 40 x 1 = 40.
- La chambre du Roi est à une altitude au-dessus de la base de 40 x 2 = 80 coudées, et à une
distance de 40 x 5 = 200 coudées du sommet.
- La galerie descendante a 40 x 5 = 200 coudées de long
- La galerie montante a 40 x 4 = 160 coudées de long. En son milieu (40 x 2), la galerie ho-
rizontale de la chambre du roi se développe sur 40 x 3/2 = 60 coudées.

Il est un élément que les historiens passent généralement sous silence, c'est l'importance
de la chaussée d'accès au chantier depuis le Nil. Elle mesurait 888 mètres de long, 17,70 mètres
de large et, comme sa hauteur atteint jusqu'à 14,16 mètres à certains endroits, c'est un ouvrage
presque aussi important que la Grande Pyramide.

326
La grande Pyramide
(Sa face et son schéma directeur)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Soit le carré HIKL et ses médianes RS et TU. On mène la diagonale LU et,


de son milieu N, on reporte U en E par un arc de cercle de rayon NU centré en U. La fi-
gure LUE était appelée « la Faux » par les bâtisseurs du Moyen-Âge. Le triangle LEK re-
présente une face de la Grande Pyramide. Si SK, demi-côté du carré de base, vaut 1, les
arêtes EL et EK valent √j2 + 1 et l'apothème ES vaut j. Dans le cas de figure, SK vaut une
demi-palme, soit 61,8 millimètres, EL vaut 117,5 millimètres et ES vaut 100 millimètres.

De E, on mène une parallèle au carré de base qui coupe IU en M. De ce point, on


trace un arc de cercle de centre K et de rayon KM qui coupe RS en D, sommet de la py-
ramide. Le triangle LDK représente la section par l'apex. Si l'on donne à SK la valeur 1,
la hauteur de la pyramide DS vaut √j et DK vaut j. Dans le cas de figure, DS vaut 78,6
millimètres et DK vaut 100 millimètres.

327
Les mensurations de la Pyramide

L'une des clés de la symbolique de la Grande Pyramide est constituée par la longueur du
périmètre de base (921,52 mètres) qui, exprimée en pouces royaux (ou pyramidaux) représente
exactement le nombre de jours de l'année solaire tropique : 365,2422166..... Cette extraordinaire
concordance suffirait à mettre en évidence l'étroite relation qui existe entre les mensurations
de la « Bible de pierre » et le cosmos.

Mais, il y en a bien d'autres, toutes qualifiées de coïncidences banales et sans valeur par
les détracteurs de la mystique des Nombres. Les principales sont dues aux travaux de Charles
Piazzi-Smith, professeur à l'Académie d'Edimbourg, et de John Taylor. Elles furent par la suite
vérifiées et confirmées par d'éminents spécialistes tels que l'abbé Moreux, directeur de l'obser-
vatoire de Bourges, l'architecte Fournier des Corats, les mathématiciens J.-C. Jarolimek et Klep-
pisch, ainsi que Georges Barbarin. Ce sont :

- Le rapport entre la hauteur de la Pyramide : 280 coudées, et le demi-périmètre de base,


soit 880 coudées. Il donne le nombre transcendantal p avec une précision de 1/1 000 par rapport
à celui qui sera calculé plus tard : 3,14285 pour 3,14159 !

- Le module de la Pyramide ou rapport hauteur/côté du carré de base, soit 280/440, vaut :


0,63636, soit un sous-multiple du rayon de la Terre qui est de 6 367 kilomètres. Symboliquement,
c'est la moitié de √j (0,63601). L'écart n'est que de 0,00035, donc nettement inférieur au comma.
-
- L'intervalle du « comma musical » se situe entre 80/81 et 81/80, soit respectivement : 0,987
et 1,012. Il est intéressant de remarquer que le « comma », très important en symbolique puisqu'il
détermine les limites de notre sensibilité aux forces cosmiques, s'écrit : Comma 80/81
= 0,987654321, c’est-à-dire que les neuf décimales derrière la virgule sont les neuf chiffres de la
numération classés en ordre décroissant.

- Le poids de la Pyramide, compte tenu de son volume et de la densité des matériaux qui
la composent est de 5 955 000 tonnes, soit presque exactement un sous-multiple décimal du poids
total du globe terrestre.

- En divisant la longueur du côté de base de la Pyramide, soit 230,38 mètres par le nombre
de jours de l'année solaire tropique (365,2422), on obtient la valeur 0,63076 qui est un sous-mul-
tiple du rayon de la Terre. C'est aussi la valeur de 25 pouces « pyramidaux ». Cependant, celle-ci
n'a pas été nettement établie car, selon le mode de calcul, on a deux valeurs du pouce royal :
24,998 et 25,2304 millimètres.

- La hauteur de la Pyramide : 280 coudées royales de Memphis, est égale au rayon du cercle
qui a le même périmètre que sa base, soit 440 x 4 = 1 760 coudées royales. Le diamètre d'un cercle
de 1 760 coudées de circonférence est de 560 coudées, donc 280 pour le rayon. Selon le mode de
calcul, on obtient, en mètres, les valeurs presque identiques de 146,61 et 146,66. (Et aussi 146,63
en partant de la valeur du pouce pyramidal.)

328
- Les côtés du carré de base sont d'une similitude étonnante : il n'y a pas plus de
onze centimètres d'écart entre le plus grand et le plus petit. Les dimensions exactes cou-
ramment admises sont : 230,253 - 230,351 - 230,391 - 230,453 soit une moyenne de 230,362 mè-
tres. Des mesures plus récentes par visées laser ont très légèrement modifié ces valeurs
qui sont désormais : 230,34 - 230,36 - 230,39 - 230,45 soit une moyenne de 230,38 mètres, en
concordance exacte, cette fois, avec la valeur de 440 coudées de 0,5236 mètre.

- Les angles du carré de base, soigneusement mesurés par J. H. Coles en 1925, sont
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

de 89° 56’ 58” au nord/ouest, 90° 03’ 02” au nord/est, 89° 56’ 27” au sud/est et 90° 00’ 03” au
sud/ouest. Ces valeurs ont été confirmées par les mesures les plus récentes. L'écart maxi-
mum n'est donc que de 06’ 35”, soit 1/10e de degré !

- Si l'on multiplie certains termes de la série de Fibonacci par huit, « l’Ogdoade » de


l'Égypte antique concrétisant les quatre couples de divinités ayant à leur tête le dieu Râ,
on obtient 55 x 8 = 440 et 144 x 8 = 1152, nombres qui sont respectivement les valeurs en
coudées et en empans d'un côté du carré de base.

- Une autre constatation troublante pour qui s'intéresse à la trigonométrie est le


fait que le sinus de l'angle de base 51° 51' du triangle directeur 1- √j - j de la Pyramide a
la même valeur que la tangente de l'angle au sommet 38° 09'. On a bien : sin 51,85 = tg
38,15 = 0,786, c’est-à-dire l'inverse de √j et le quart de p. C'est le seul de tous les triangles-
rectangles possibles qui présente cette curieuse caractéristique.

- Une autre intéressante relation entre p et j nous est donnée par le rapport de 14/11
qui régit ce triangle-rectangle directeur dont les cathètes valent respectivement 220 et
280 coudées. Ce rapport vaut √j (1,272), et 1/√j = 0,786. Si l'on divise le nombre 14 par deux
et que l'on multiplie le nombre 11 par deux, soit un coefficient démultiplicateur de quatre,
on obtient les valeurs 7 et 22. Or, le rapport 22/7 = p (3,14) et p/4 = 0,786.

Les autres pyramides d'Égypte, bâties sur un triangle directeur de la forme 3-4-5
présentant un profil dans le rapport simple de 4 pour la hauteur et 5 pour la pente (apo-
thème d'une face). Le triangle directeur secondaire, axé sur les diagonales du carré de
base et non sur les médianes, donne pour la même valeur 4 de la hauteur, la valeur 5,83
pour la longueur de l'arête, soit un rapport de 8 à 11 (en réalité : 11,66). Ces notions élé-
mentaires de tangente trigonométrique ramènent les rapports essentiels aux nombres
fractionnaires 5/4 et 11/8, faciles à mémoriser.

329
L'Arête de Khéops

Application directe du schéma directeur de la Grande pyramide, c'est la preuve que le rap-
port phi était connu depuis la plus haute antiquité.

Le carré ABCD étant défini ainsi que ses médianes HF et EG, on trace la diagonale ED
qui recoupe HF en M, milieu de HO. On trace le cercle de centre M et de rayon MO qui coupe
ED en X. Le segment DX vaut dont phi de HO.

De D comme centre, on trace un arc de cercle de rayon DX qui coupe EG en Y. Le triangle


OGY est le fameux « triangle égyptien » dont les côtés valent respectivement 1 et racine de phi
et l'hypoténuse phi. Dans le cas de notre carré de base de une palme de côté (123,6 mm), GD vaut
62,18 mm, DY vaut phi de 62,18 soit 100 mm (1/2 empan) et GY vaut racine de phi de DY soit 1,272
x 62,18 = 79,09 mm.
Dans la réalité de la Grande Pyramide, DG vaut 220 coudées, YG vaut 280 coudées et DY
vaut 356 coudées. DY et DG sont en divine harmonie et la somme des deux apothèmes DY + YC
l'est aussi avec CD. L'angle DYC vaut 76° 17' 31". Les autres pyramides d'Égypte sont, en général,
construites sur le schéma directeur du triangle « 3-4-5 », soit un angle au sommet légèrement
plus fermé, de l'ordre de 74°.

330
La grande Pyramide
(Triangle directeur)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

BC = AD = 1,00
DC :1/j = 0,618
AB = √j = 1,272
AC = j = 1,618

331
L’Énergie des Pyramides

Le radiotechnicien tchèque Karl Drbal a expliqué l'effet de régénération du tranchant


d'une lame de rasoir par la résonance à micro-ondes. Cette explication théorique a été acceptée
par le bureau des brevets tchécoslovaque en 1940. Il s'agit, en fait, d'évacuer à l'air libre les mo-
lécules d'eau contenues dans le tranchant de la lame.

Avant Drbal, le chercheur niçois Alfred Bovis avait découvert à l'intérieur de la Grande
Pyramide d'Égypte, dite « de Khéops » parce que le pharaon Khoufou de la IVe dynastie y a apposé
son cartouche, que cette action résonnante sur les molécules d'eau jouait un rôle dans le proces-
sus de déshydratation (ou de momification) affectant la matière organique. En effet, son attention
avait été attirée, dans la cavité appelée « chambre du roi », par le cadavre d'un chat complètement
desséché alors qu'il aurait dû être en état de décomposition avancé, compte tenu de l'humidité
et de la chaleur ambiantes. Il faut nécessairement de l'eau pour que se développent les bactéries
responsables de la putréfaction. Mais, il faut nécessairement de l'énergie pour évacuer l'eau.

Les expériences que mena Alfred Bovis à son retour sur des maquettes du monument lui
permirent de momifier des fruits et des morceaux de viande à l'endroit où se concentraient les
énergies émises par la forme. Ce point focal se situe dans l'axe de la pyramide, à 28 % environ
de la hauteur depuis la base.
À condition toutefois que cette structure respecte le schéma directeur de la Grande Pyra-
mide (le triangle rectangle 1 – √φ - φ) ou celui des autres pyramides d'Égypte (le triangle rec-
tangle 3 - 4 - 5), c'est dire avec un angle au sommet de 74 à 76°. On peut aussi utiliser la pyramide
Maya de 92° d'angle au sommet, le point focal se trouvant alors au milieu du plan de base.

L'action de l'eau sur l'acier pouvant diminuer la rigidité du tranchant de 22 %, il est évident
qu'on peut tout aussi bien réaffûter une lame en la laissant une journée au soleil ou quelques
minutes dans un four à micro-ondes. Mais, à condition d'être convenablement orientée, la pyra-
mide agit sans l'aide de l'énergie solaire et sans appareillage scientifique, uniquement en émis-
sions dues aux formes.

Il est toutefois vivement déconseillé, lorsqu'on se livre à des manipulations sur des pyra-
mides, de reproduire une maquette de celle de Khéops dont le schéma directeur est le triangle
rectangle de la forme 1-√φ-φ. On risque l'activation d'énergies mal connues dues à la forme très
particulière de cette structure. De toute façon, il faut que la pyramide soit posée sur le sol, la
mise à la terre étant impérative.

Les maquettes réalisées sur le modèle des quatre-vingts pyramides d'Égypte, basées sur
le triangle « 3-4-5 », sont inoffensives, de même que la pyramide maya et toutes celles construites
sur un quelconque triangle-rectangle.

332
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le carré de Khéops

Le « carré de Khéops », du nom francisé du pharaon Khoufou qui a apposé son


cartouche sur la Grande Pyramide, cadeau des Atlantes, contient tous les tracés dyna-
miques des bâtisseurs de tous les temps, ainsi que les angles sacrés et le rapport d'har-
monie, improprement appelé « nombre d'Or ».

Les tracés des pages suivantes, inspirés pour la plupart des recherches du Père Jean
Bétous dans la cathédrale d'Auch, donnent le détail de quelques figures, désignées par
les expressions imagées des compagnons-bâtisseurs du Moyen-Âge qui, à travers leur
symbolique, constituaient un langage secret connu des seuls initiés.

Pour travailler efficacement sur ces formes, il est recommandé de les dessiner à
l'encre de chine ou au crayon pur graphite sur du papier blanc, et de donner au côté du
carré de base une valeur de une palme, un empan ou une coudée royale (ou un multiple
de l'une de ces valeurs sacrées). Tester après chaque opération.

333
Harmakhis, le grand sphynx

Cette statue gigantesque, taillée à même la roche, reproduit le visage d'Abou-el-Hol dont
le nez a été endommagé par un tir imbécile de l'artillerie turque en 1799. Elle est située sur le
plateau de Gizeh, près du Caire. Le nom de cette ville, Al Khàhira, vient de « Al Khàhir » (la res-
plendissante), dénomination de la planète Mars qui brille intensément dans le ciel crépusculaire
à la verticale des pyramides.

Le nom véritable du grand sphinx égyptien est Harmakhis, adaptation hellénique de


Harm-Akhet qui signifie « Horus à l'horizon », c’est-à-dire le soleil levant. Le Sphinx Harmakhis
est, en effet, le symbole du Grand Orient. Entre le solstice d'hiver et le solstice d'été, il fait face
à l'aurore divine. Il reçoit les premiers rayons du dieu qu'il représente, le Soleil Neuf, tantôt sur
la joue gauche, tantôt sur la joue droite.

Le nom de Harmakhis est confirmé par le document de Thoutmès, rédigé entre la vingt-
et-unième dynastie et l'époque Saïte. De plus, c'est un dieu solaire, ce qui l'assimile à Râ. Le texte
du "Repos de midi" précise que le Sphinx est « la très grande statue de Khépri ». Enfin, la dernière
ligne de « La Vision » associe les noms d'Atoum et d'Harmakhis. On peut donc dire que le grand
Sphinx et Harmakhis-Amoun-Râ-Khépri-Atoum ne forment qu'une seule et même personne.

334
La trinité solaire de la mythologie égyptienne comporte trois noms différents.
Horus correspond au soleil levant, Râ au soleil à son zénith et Atoum au soleil couchant.
Le grand Sphinx Harmakhis-Râ (ou Râ-Harakhti) serait donc la figuration cachée de
l'unique, du seul Grand, du dieu des dieux égyptiens. Certains symboles ont pour fonction
première l'harmonisation de la cosmologie et de la psychologie, de l'objectif et du sub-
jectif, de l'univers et de l'homme. Ce sont des images mi-humaines, mi-animales.

La tête d'animal surmontant un corps humain est l'indication d'une fonction cos-
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

mique particulière accomplie par l'activité intelligente. C'est l'impression imagée qui cor-
respond à la loi scientifique. La tête humaine placée sur un corps d'animal évoque la
subordination du mouvement et de la vie à la synthèse mentale. C'est l'expression imagée
qui correspond au principe métaphysique. Le Sphinx apparait comme le symbole antique
qui résume ce dernier concept. Il n'est pas déraisonnable de le considérer comme le hié-
roglyphe d'une définition qui pourrait être : « l'homme est un animal raisonnable ».

La question de savoir comment peuvent se concilier l'animalité et la raison dans


l'être humain est souvent posée. Comment cette union se rapporte-t-elle à la destinée de
l'homme ? C'est ce genre de problèmes que résume le symbole du Sphinx. Tête et buste
d'homme sur corps de lion, le Sphinx égyptien évoque la raison dominant la pulsion du
désir. Ce système binaire est proposé comme modèle à l'homme. C'est le principe indivi-
duel opposé au principe universel représenté par les pyramides.

Les pyramides, avec leur base carrée, représentent la construction de l'Univers


comme reposant sur un quaternaire statique. Le Sphinx, lui, indique avec ses quatre pattes
le quaternaire dynamique. Il représente l'évolution de l'animal à l'homme, en attendant
l'évolution de l'homme à l'être suprême. C'est pourquoi le secret de l'initiation gît sous
son ventre et entre ses pattes.

Si l'on en croit la « Doctrine secrète », la cinquième race fut amenée à rétablir les
mystères religieux au sein desquels les anciennes vérités pouvaient être enseignées aux
générations futures sous le voile du symbolisme et de l'allégorie. Le grand Sphinx égyp-
tien, cette énigme du temps, est le témoin impérissable de l'évolution des races humaines
depuis la race androgyne et, par-delà, du sein de la Divinité même.

C'est le symbole de la sagesse divine s'incarnant sur terre et goûtant l'expérience


amère de la douleur et de la souffrance, sagesse générée sur terre à l'ombre de l'Arbre de
la Connaissance du bien et du mal et détentrice des secrets seulement connus des « He-
lohim », les dieux supérieurs, soi-initiés.

Pour Jean le Fustec, considéré actuellement comme l'esprit celte le plus authen-
tique, il y a relation directe entre l'obélisque et le menhir, la pyramide et le cromlec'h, le
temple de Thèbes et le dolmen.

Dans la tradition celte, celles des triades bardiques qui se rapportent aux trois cer-
cles de l'existence parlent d'un état de Gobren, situé entre l'état d'Announ (la profondeur
obscure ou la vie commence au sein d'une lourde fermentation) et celui de Kenmil, qui
est le degré correspondant à la co-animalité.

335
Le Sphinx serait le symbole de Kenmil et cette conception bardique pose la question de
savoir s'il y a une réelle différence entre l'état de co-animalité et celui d'humanité. Selon les
Triades, l'homme, par sa cruauté, revient sur sa route le long de Kenmil pour remonter jusqu'à
l'humanité. Peut-on vraiment affirmer qu'il n'y a pas similitude entre les deux états ? Ne peut-on
envisager le début de Kenmil au degré inférieur de l'humanité et les états qui se rattachent à
Kenmil mêlés aux états d'humanité, l'un suivant l'autre ?

Cette proposition rappelle irrésistiblement le mythe antique du Centaure de la mythologie


grecque. Cette créature est composée d'un torse d'homme fixé sur un corps de cheval. Cette al-
légorie évoque la double nature de l'être humain liant, au cours de l'épreuve de la vie terrestre,
l'esprit et la matière.

Symbole de la germination, le dieu Osiris est le grain qui se décompose pour libérer le
germe de vie. Cette double allégorie représente le cycle éternel des morts et des re-naissances.
Osiris, dieu des morts, a connu une existence mystique, une passion, une mort ignominieuse et
une éclatante résurrection.

D'où son assimilation au cours du soleil qui meurt chaque soir aux regards des hommes
pour ressusciter le lendemain sans jamais avoir cessé d'exister. Il est, lui aussi, comme le grand
Sphinx Harmakhis, le symbole du Grand Orient : Horus à l'horizon.

336
Le Cartouche Égyptien

Ce tracé découle directement de la « grille de trois », aussi appelée Carré de Sa-


turne. Le cartouche égyptien est construit sur le triple carré en diagonale de cette grille.
Sa longueur est de trois fois sa largeur, soit √2 du carré de base.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Le carré de base ABCD et ses médianes EG et HF étant tracés, on dispose de quatre


« carrés longs » : AEGD, EBCG, ABFH et HFCD. On trace les diagonales de ces rectangles
qui se coupent en a, b, g et d. On joint a et b par une droite que l'on prolonge jusqu'aux
côtés du carré et qui coupe AB en e et z. Même manœuvre pour b et g qui déterminent
h et q, g et d qui génèrent i et k et enfin d et a qui placent l et m. Ces quatre droites par-
tagent le carré de base (la Mère) en neuf carrés égaux, cette figure étant la première des
grilles énergétiques, celle de 3, aussi appelée « Grille à seize points », « Carré de Saturne »,
« Sésame », « grille pentagramétrique », etc. On trace les diagonales des quatre petits car-
rés formant les branches de la croix de Saint-André de la figure et on obtient le rectangle
bi-carré h z l k, corps du cartouche, ses extrémités étant des demi-cercles centrés au mi-
lieu des carrés terminaux. Chacun des neuf petits carrés ayant pour côté 1/3 du carré de
base, leur diagonale vaut √2 de cette valeur et l'axe longitudinal BD du cartouche vaut
√2 du carré de base. Ce cartouche est souvent complété par la barre nρ.

337
Géométrie des Pyramides et des Ziggourat

I. La Grande Pyramide, dite de Khéops parce que le pharaon Khoufou y a apposé


son cartouche, occupe le sommet sud d'un triangle formé par le delta du Nil. Les autres sommets
sont situés à Alexandrie à l'ouest et Port-Saïd à l'est. L'axe nord/sud de ce triangle se confond
avec le méridien terrestre 28° 37' Est de Greenwich qui coupe en deux parties sensiblement égales
l'ensemble des terres émergées du nord de la planète et traverse le plus de continents. Il divise
aussi le delta du Nil, que les anciens Égyptiens considéraient comme étant le centre du monde
matériel, en deux parties. Pyramide vient du grec « pourames », déformation de l'égyptien « bour-
a-mit » ou « tombeau du mort ».

La Grande Pyramide, comme la plupart des temples, tombeaux et autres monuments sa-
crés, est bâtie sur le nombre d'Or (j). Cela se vérifie facilement en considérant le triangle-rec-
tangle constitué par la hauteur de la pyramide, soit 280 coudées, la demi-médiane du carré de
base, soit 220 coudées et l'hypoténuse en résultant, c’est-à-dire la hauteur du triangle isocèle re-
présenté par une des faces, l'apothème de la pyramide, soit 356 coudées.

Ce n'est pas un triangle « pythagoricien » de la forme 3-4-5, mais le triangle « égyptien »


1/√j/j. Lorsque le rapport de 356 à 220 descend dans la matière et devient nombre, il vaut 1,618,
le « nombre d'Or » redécouvert en 1850 par A. Zeising, et le rapport 280 à 220 (14/11) vaut 1,272,
c’est-à-dire √j. Le petit angle de ce triangle vaut 51° 51’ 15”, c’est-à-dire l'angle au centre de l'hep-
tagone régulier convexe ou polygone à sept côtés. On remarquera que le rapport hauteur sur
côté du carré de base 280/440 vaut 0,63636, alors que, symboliquement, c'est ½√j, soit 0,63601.
L'écart n'est que de 0,00035, nettement inférieur au « comma » !

Mais le triangle 3-4-5, ainsi que le j (phi, le nombre d'Or) se retrouvent dans la grande
chambre d'initiation appelée « chambre du Roi », située à un niveau tel que la surface en plan
de la pyramide à cette hauteur, quatre-vingts coudées, est la moitié de la surface de base. Le plan
de cette pièce est un rectangle bi-carré de 10 coudées de large et 20 de long, la diagonale valant
donc 10√5 coudées, soit 22,36 coudées. La hauteur de la chambre est de 11,18 coudées, soit 5√5
coudées. La diagonale principale de la chambre est donc de vingt-cinq coudées et les diagonales
d'extrémité ont une valeur de quinze coudées. On retrouve donc bien le rapport 3-4-5 dans les di-
mensions 15, 20 et 25 coudées.

La Grande Pyramide dépend aussi de la valeur Pi (p), redécouverte plus tard par le grand
Archimède. Il suffit simplement de considérer à nouveau la hauteur (280 coudées) et de la rap-
porter au demi-périmètre du carré de base, soit 880 coudées. Ce rapport vaut 22/7 (3,14285), soit
au 1/1000e près la valeur transcendantale calculée et recalculée par la suite. (Les nombres 22 et
7 sont sacrés et leur rapport ne l'est pas moins.) Pythagore avait reçu en Égypte le rapport 355/113,
soit 3,141593, précis au 1/10.000.

Le sommet manquant de la Grande Pyramide, le pyramidion, c'est la « Pierre capitale de


l'Angle », celle qui est à la fois pierre angulaire et pierre chapeau, c’est-à-dire « du sommet ». Elle
a une hauteur de 286,1 pouces pyramidaux, c’est-à-dire la même valeur (7,152 mètres) que le dé-
calage vers l'Est (par rapport au plan d'harmonie divine) du système de chambres et de couloirs.
338
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Le pouce pyramidal, un peu plus petit que le pouce anglais, vaut pratiquement 25 milli-
mètres (exactement 24,998). Ce facteur déplacement constitue l'une des principales clés
du mystère spirituel de la Grande Pyramide.

Le socle rocheux du plateau de Gizeh a été parfaitement nivelé. La différence en


plus ou en moins par rapport à une côte de référence n'excède pas 13 millimètres. L'orien-
tation des faces de la Pyramide est aussi d'une grande précision, la déviation maximale,
celle de la face Est, étant de 05' 30", soit 1/12 de degré. La face Nord dévie de 03' 06".

Les autres pyramides de la vallée égyptienne du Nil, bâties sur le modèle de la


Grande Pyramide, sont structurées de telle sorte que le triangle rectangle qui définie la
pente d'une face est de la forme 3-4-5, le côté du carré de base valant 6. Elles sont un peu
plus pointues (74° au lieu de 76° 17' 31") et, de ce fait, perdent un peu en majesté. En même
temps, le risque d'écroulement s'accroît, ce qui est arrivé à Méïdoun. La disposition au sol
des quatre-vingts pyramides d'Égypte reflète exactement celle des étoiles de la constel-
lation d'Orion, 10 450 ans avant notre ère (vues du cosmos, bien entendu, et non de la
Terre).

II. Les Ziggourat, la plus connue étant celle de Babylone en Mésopotamie, « le pays
entre les deux fleuves », sont aussi construites sur le triangle rectangle 3-4-5 mais la hau-
teur est ici le petit côté du triangle. L'hypoténuse de ce triangle-rectangle détermine la
longue pente de la ziggourat, la pente courte étant le côté d'un triangle équilatéral dont
la hauteur est le petit côté du triangle-rectangle 3-4-5.
Dans un triangle équilatéral, la hauteur est égale au produit du côté par Cos 30°,

339
soit 0,866 ou moitié de 1,732. Le côté de ce triangle équilatéral vaut donc 3,464 lorsque sa hauteur
est de 3. Comme les gens de Sumer ne connaissaient pas l'irrationnelle racine de trois, ils utili-
sèrent la valeur rationnelle 12/7 qui est exacte à 1 % près.

Le diagramme directeur de la « Tour de Babel » se présente donc comme un grand trian-


gle, presque rectangle (83° au sommet), posé sur son grand côté. Cela détermine des pentes de
37° et 60°, cette différence créant une impression de fuite. Le sommet de la ziggourat de Babylone
était tronqué pour ménager une plate-forme sur laquelle fut érigé un temple dédié au dieu de
la Mésopotamie : Mardouk.

III. La pyramide Maya est, quant à elle, un édifice à degrés surmonté d'un temple. Elle est
constituée de neuf plates-formes carrées (ou mastabas) correspondant aux neuf degrés d'initia-
tion, le dixième étant le seuil du temple. Chacune de ses quatre faces est dotée d'un escalier de
91 marches, soit 365 en tout avec la marche du seuil. L'angle au sommet de la pyramide engen-
drée par cet empilement de mastabas a une valeur de 94°.

Dans la grande pyramide égyptienne, le point focal des ondes dues aux formes est situé
au niveau du plancher de la chambre haute, soit 28,6 % de la hauteur de la pyramide et non 1/3
comme on l'écrit trop souvent. Les pyramides mayas étant plus aplaties, le point de concentration
de la masse énergétique du volume (le point de momification) est situé au niveau du sol, dans
le temple intérieur, au centre géométrique de la base.

La symbolique de la pyramide maya étant directement liée à celle de l'homme (l'Étoile


flamboyante d'Agrippa), son développement en plan s'inscrit dans un pentagone régulier. Quatre
des cinq triangles isocèles ainsi définis constituent les quatre faces de la pyramide. Anatolius et
Pythagore y verraient la « mesure » (quatre) de « l'harmonie » (cinq)

L'angle au sommet de chaque triangle isocèle étant de 72°, le rapport entre la longueur
d'une arête de la pyramide et la longueur d'une base, immuable quelle que soit la hauteur de la
pyramide, est de 1 à 1,1756. Par conséquent, la hauteur de la pyramide est de 0,557 fois la longueur
d'une arête et 0,474 fois celle d'un côté de la base. (Pratiquement, cela signifie que pour la réali-
sation d'une maquette, une pyramide maya de base 1000 a une arête de 850 et une hauteur de
474). Il y eut cependant une époque où les pyramides mayas furent, comme celles d'Égypte, ini-
tialisées sur un schéma directeur 3-4-5, donc avec un angle au sommet de 74°.

On trouve des pyramides à degrés à Teotihuacán et à El Tajin au Mexique, ainsi qu'à


Uxmal et Chichen Itzá dans le Yucatan, mais aussi à Saqqarah en Égypte, à Mamallapuram aux
Indes et en bien d'autres endroits du globe. Mais, la plus typique de toutes ces pyramides est in-
contestablement le monument maya de Chichen Itzá appelé « El Castillo » par les Espagnols et
« Temple des Guerriers » par les autochtones. (Le terme de « guerrier" étant pris dans son sens
propre, c’est-à-dire le « chevalier » des Occidentaux ou le « Samouraï » des Orientaux, l'homme
achevé, qui a vaincu ses peurs et ses défauts).

IV. La pyramide du Louvre, due à l'architecte américain (chinois d'origine, né à Canton en


1917) Ieoh Ming Pei, avec la collaboration du cabinet d'architecture du Français Michel Pacary,
est la seule réalisation contemporaine de ce genre en Europe. Monsieur Pei, qui n'ignore rien

340
des émissions dues aux formes et qui est, de surcroît, expert en Feng-Shui (la géobiologie
orientale), a bâti sa pyramide sur un schéma directeur très proche de celui de la Grande
Pyramide. La section par l'apex est un triangle isocèle de 34,20 m de base et 20,90 de hau-
teur, soit un angle au sommet de 78° (pour 76° à la Grande Pyramide). Le rapport k est de
1,223, très proche du rapport harmonique, régent de la forme, du rythme et de l'harmonie,
résultat d'une équation du cinquième degré résolue par Poinsot en 1903. La cour Napoléon
fut inaugurée en octobre 1988 et la pyramide ouverte au public en mars 1989.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

En plan et au niveau du sol, le tracé générateur offre un « carré de la Mère » de


34,19 mètres de côté, complété par trois petits carrés de 8,10 mètres situés au droit des
faces, en directions cardinales Nord, Est et Sud. Ils sont la base des petites pyramides sa-
tellites équilibrant le complexe énergétique constitué par la pyramide et son sous-sol. Ce
dernier comporte un premier volume à l'aplomb du carré de base (celui de la Mère) et
un second en dessous, de même dimensions et à 45° (le losange du Père). L'octogone est
ainsi parfaitement reconstitué.

Une quatrième petite pyramide est située à mi-distance de la grande et de l'arc de


triomphe du Carrousel, au milieu du carrefour. Inversée, sa base vitrée est au niveau du
sol de Paris, mais sa pointe s'arrête à 1,50 mètre du plancher de la salle qui est dessous. Il
lui correspond une petite pyramide dont le sommet n'est qu'à vingt centimètres de la py-
ramide inversée. Elle n'est d'ailleurs pas toujours là.

Le module de base du tracé est la première duplication expansive √2 de la coudée


du lieu à Paris. Celle-ci étant de 439,6193 millimètres, sa première duplication expansive
vaut racine de deux de cette valeur, soit : 621,6216 millimètres. C'est cette unité de base
que Monsieur Pei multiplie par 55, nombre de ? (voir cahier numérologie). Cela donne
34,19 mètres pour valeur du « carré de la Mère » et du « losange du Père » du tracé géné-
rateur, et 48,34 mètres pour le diamètre du cercle directeur. Ce monument de 200 tonnes
est constitué de 105 tonnes de plaques de verre de 21 millimètres d'épaisseur réparties en
603 losanges et 70 triangles posés sur une structure d'acier de 95 tonnes.

341
Schémas directeurs comparatifs

342
La pyramide Maya
(sur schéma directeur 3-4-5)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Ce tracé a pour base le triangle-rectangle 3-4-5 qui est l'équerre-matière de l'ap-


prenti-compagnon, huit fois contenue dans la grille de quatre.

Soit le carré-matière KLMN et le triangle-rectangle OPM. L'hypoténuse OM repré-


sente le profil (ou section par l'apex) de la pyramide. Le plateau sommital est un carré
de côté QR, égal au quart du carré de base, situé sur la médiane ST.

Le sommet virtuel U est rabattu en V sur le côté LM. De V, on mène une parallèle
à KL qui coupe la médiane EF en W. Ce point est le sommet virtuel d'une face de la py-
ramide. Le bord supérieur XY de la face est défini par le croisement des côtés WN et WM
avec les diagonales KM et LN. L'angle au sommet de la pyramide est de 74°, l'angle au
sommet d'une face étant de 62°.

343
344
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Les Étoiles
L’étoile à trois branches
(et son triangle complémentaire)

Schéma directeur : le dodécagone

346
L’étoile à quatre branches
(et son carré complémentaire)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Schéma directeur : le dodécagone

347
L’étoile à cinq branches
(« Bouclier de David »)

Schéma directeur : le décagone


Aussi appelé « étoile flamboyante » par Agrippa de Nettesheim
Le côté de l’étoile et le côté du pentagone sont en divine proportion : phi.

348
L’étoile à six branches
(et son hexagone complémentaire)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Schéma directeur : le dodécagone

349
L’Hexagramme
(ou sceau de Salomon)

et son hexagone complémentaire


Schéma directeur : le décagone

350
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras Le sceau de Salomon de l'Auvergne

Si l'on trace sur une carte du Puy de Dôme les six pôles du complexe énergétique
centré sur la basilique Notre-Dame du Port, point de départ des Croisades, on constate
que ces points forts dessinent un sceau de Salomon d'environ 40 kilomètres de côté, valeur
qui est une des constantes du module de réémission de l'énergie sur les réseaux.

On constate aussi que le point focal (Bindu) de cette gigantesque figure, qui devrait
se trouver au centre du triangle formé par la Cathédrale, l'église du Port et celle de St-
Eutrope se trouve quatre kilomètres au nord, à l'emplacement de l'oppidum gaulois des
Côtes de Clermont. L'explication de ce facteur de déplacement est fort complexe car elle
fait intervenir la triangulation et la géométrie sacrées. Disons simplement qu'il est du
même ordre que celui qui sépare le Haut lieu énergétique matérialisé par la basilique
romane d'Orcival et son résonateur, la roche branlatoire de Deveix, trois kilomètres au
sud/ouest.

Cette étoile à six branches est constituée de deux triangles équilatéraux juxtaposés.
L'un est Yang (Purusha), c'est celui défini par des menhirs, l'autre est Yin (Prakriti), c'est
celui dont les pointes sont situées sur des pierres branlantes.

On voit immédiatement que la figure est inversée car un « Yin » doit avoir sa pointe
en bas et sa base en haut, et un « Yang », sa pointe en haut. Cette apparente anomalie est
due à l'habitude occidentale de présenter les cartes géographiques avec le Nord en haut
et le Sud en bas, alors que c'est le contraire dans tout l'Orient et une partie du Moyen-
Orient.

La pointe du Yang est située au Sud, sur le puissant menhir de Ludesse. Le pôle
ouest de sa base est situé sur le menhir double des Farges, près des Ancizes, mégalithe
qui syntonise avec la Chartreuse en ruines de Port Sainte-Marie, au fond de la vallée. le
pôle Est est situé sur la butte de Montgacon, au nord de Maringues, christianisée après la
destruction des six menhirs qui l'entouraient et dotée d'une statue dédiée à Notre-Dame
des Moissons.

La pointe du Yin est située sur la pierre branlante des Ballages, au nord/ouest de
Combronde. Le pôle ouest de sa base est situé sur la roche branlante de Deveix, près d'Or-
cival, et le pôle Est de sa base, sur la roche branlante de Billom.

Ces deux dernières roches branlatoires font partie d'un alignement venant des
Alpes et se prolongeant jusqu'à l'Atlantique. Cette corde hertzienne a pour relais dans
notre région cinq pierres branlantes distantes de quarante kilomètres. Il faut savoir que
la transmission de l'énergie sur les réseaux utilise trois moyens principaux. Les émissions
telluriques sont canalisées par le menhir ou, ce qui en tient lieu, par le clocher à 18° (valeur

351
de la pente du fronton des temples grecs) des églises romanes.

C'est l'antenne qui capte les émissions cosmiques, les met en harmonie avec les
émissions telluriques et renvoie le tout sous le dolmen ou, ce qui en tient lieu, sous la
voûte de l'église romane. Cette voûte, et dans certains cas la crypte (ou bien encore la
grotte), sert d'amplificateur et de modulateur de fréquence. Enfin, les roches branlantes
assurent les relais de transmission sur les cordes hertziennes.

La roche branlatoire la plus à l'Est de cet alignement, près du château de La Bus-


sière, non loin de Tarare, a disparu mais son pôle énergétique a été récupéré par la chré-
tienté et doté de la très belle « Croix des Cieux » qui remplit parfaitement son rôle de
réémetteur. Ensuite, on a celle de Saint-Didier-sous-Rochefort, bien visible au bord de la
route départementale n° 73. Puis, celles de Billom et d'Orcival, déjà nommées. Et enfin
celle de Mont-Bellet, près du château de La Tourette, cinq kilomètres au nord d'Ussel.

On ne peut pas quitter le Puy De Dôme sans mentionner l'immense corde hert-
zienne qui relie le temple gaulois dédié au dieu Moristagus au sommet du Puy de Dôme
(puis au dieu Mercure sous l'occupation romaine) au mont Brocken (ou Blocksberg) dans
le Hartz, soixante-cinq kilomètres au sud de Braunschweig, en Allemagne du Nord, sur
la rive droite de la Weser, à mi-chemin des villes de Magdebourg et Göttingen. Ce massif
montagneux culmine à 1142 mètres. Deux rivières, la Leine et l'Ocker, y prennent leur
source. C'est dans ce lieu bien connu des croyances populaires allemandes que Goethe
situe l'action de son Faust et développe la curieuse légende de la « Nuit de Walpurgis »

Walpurgis, qu'on fête là-bas le premier mai de chaque année, était la sœur des Wi-
sigoths Willibald et Winnibald. Elle est morte à Heindenheim en 779. On nomme aussi
cette date la « nuit des Druides » (Drudennacht) à cause des sorcières malfaisantes qui se
rassemblaient cette nuit-là aux carrefours des routes. On les éloignait avec le pentagone
étoilé, appelé pour cette raison « pied de drude » (Drudenfuss).

Ce vecteur d'énergie se prolonge jusqu'en Russie, sur le mont Chauve près de Kiev,
si remarquablement exalté par Moussorgski. Sa « Nuit sur le mont Chauve » est une sym-
phonie magnifiant la nuit précédant la grande fête celtique de l'ancien solstice d'été, le
1er mai, une des « nuits intermédiaires » du sabbat des sorcières.

Sur le méridien sacré 3° 37' Est, il y a de nombreux hauts lieux énergétiques comme
Lapalisse et Isserpent, lieu dédié à Isis, la déesse-Mère, comme d'ailleurs Isserteaux, Issoire
et beaucoup d'autres villes rappelant Ys ou Isis. On trouve aussi le « Rez de Sol », la plus
importante barrière de quartz du centre de la France, et au croisement avec le diagonal
45° du mont Sainte-Odile, la ville de Vollore.

On a aussi sur ce diagonal un certain nombre de hauts lieux matérialisés par la


croix Saint-Martin près d'Arconsat, la croix Trévingt près du mont Groussot et Pouilly-
sous-Charlieu au croisement avec le diagonal 45° venant de Bayeux. Sur ce diagonal sacré,
on peut citer Saint-Jean La Bussière, la croix Paquet, trois kilomètres au nord de Tarare
(en syntonie avec Notre-Dame du Bel-Air), la chapelle de Clévy près de Saint-Forgeux,
Saint-Bel, le col de la Luère, et bien d'autres encore.

352
Plus près de Clermont, on a un intéressant alignement est-ouest qui part d'un très
puissant lieu de régénération, le tumulus d'Olby (ou puy de Cros) christianisé en 1865, et
qui aboutit à la vieille chapelle de Banson, de l'autre côté de la vallée de la Miouze. On
trouve sur cette corde hertzienne un pôle énergétique à l'entrée sud du village d'Olby,
matérialisé par une très belle croix datant de 1830, et un autre sur le petit tumulus appelé
butte de Chancet. Cette éminence est surmontée d'un menhir double, christianisé par
l'apport d'une troisième pierre surmontée d'une croix de fer. La source est captée. Ces
points forts syntonisent avec les pierres branlantes de Mont-la-Côte et de Deveix.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

353
L’étoile à sept branches
(Symbole de l’incarnation)

Schéma directeur : l’heptagone

L’angle au centre de l’heptagone convexe est de 51° 25’ 43’’.


Il ne diffère que d’un quart de degré : 25’ 32’’
de l’angle aigu du triangle de Khéops : 51° 51’ 15’’.

354
L’étoile à huit branches
(et son octogone complémentaire)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

355
La Lyre cosmique

Le sept est la totalité de l’univers en mouvement,


le symbole d’un dynamisme total.
C’est la clef de l’Apocalypse, le Nombre des Cieux.

356
L’étoile à neuf branches
(et son ennéagone complémentaire)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

357
L’étoile à dix branches
(et le décagone convexe)

358
L’étoile à onze branches
(et l’hendécagone convexe)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

En filigrane, la seconde étoile

359
L’étoile à douze branches
(et son hexagone complémentaire)

360
L’étoile à treize branches
(et son ourobouros)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

361
L’étoile à quatorze branches
(et son heptagone convexe)

362
L’étoile à quinze branches
(et les trois pentagones convexes)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

363
L’étoile à seize branches
(et les quatre carrés)

364
L’étoile à dix-sept branches
(et son ourobouros)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

365
L’étoile à dix-huit branches
(et les trois hexagones)

366
L’étoile à dix-neuf branches
(l’ourobouros effectue quatre tours)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

367
L’étoile à vingt branches
(et l’un des quatre pentagones convexes)

368
L’étoile à vingt et une branches
(l’ourobouros effectue cinq tours)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

369
L’étoile à vingt-deux branches
(et l’hendécagone convexe)

370
L’étoile à vingt-huit branches
(le diamètre du cercle directeur vaut 6/7 d’empan)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

371
L’étoile à trente-six branches
(le diamètre du cercle directeur vaut 6/7 d’empan)

372
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras L'étoile de Burgos

La splendide étoile à huit branches de la coupole de la cathédrale de Burgos, une


des plus belles de la péninsule ibérique, est l'exemple type d'un mandala proche de la
perfection, résolument basé sur la symbolique templière.

Mais, si le puissant octogone central s'impose d'emblée au regard comme le motif


principal de la forme et ne laisse aucun doute sur l'intention de l'artiste, le symbole nu-
mérique du huit (et par extension ceux du 4 et du 16) est aussi partout présent dans les
branches, les ronds, les carrés et les triangles.

La géométrie de ce tracé, plus proche de l'esprit graphique de l'Islam que de celui


de la Chrétienté, n'a pas d'équivalent en Europe, sauf peut-être dans la rose sud de la ca-
thédrale de Clermont-Ferrand et dans celle de Lausanne. Il est vrai qu'à l'époque de la
construction de la cathédrale de Burgos, les musulmans occupaient l'Espagne (depuis
711) et qu'on était encore loin de la Reconquista puisqu'elle ne s'est achevée qu'en 1492
avec la chute de Grenade, Tolède ayant été reprise aux Maures en 1085 et Tolosa en 1212.

Lorsqu'on admire cette coupole depuis le sol, en dehors de l'octogone barreaudé


suggérant une roue à huit rayons qui n'est pas sans rappeler la rouelle celtique (Com-
postelle n'est pas si loin !), le fil conducteur du tracé énergétique reste mystérieux. Il fau-
drait pouvoir photographier l'ouvrage et rechercher les alignements sur des
agrandissements des clichés en appliquant scrupuleusement les règles d'or de la géomé-
trie sacrée.

Nous avons néanmoins tenté cette démarche en traçant le « carré-Mère » autour


du cercle circonscrit à l'étoile. Tout devient alors lumineux et, dès le tracé de la structure
interne et de l'octogone, trois graphismes cohérents (parmi d'autres) s'imposent au crayon
du dessinateur.

Première hypothèse :

1. Les croisements des lignes √5 de la structure interne avec les diagonales du carré-
Mère déterminent le diamètre du cercle sur lequel seront positionnés les ronds doubles
cernés par un carré circonscrit et sa duplication racine de deux, elle-même prolongée par
un triangle équilatéral (ronds rouges). PLANCHE I.

2. Les croisements des lignes √5 de la structure interne avec les médianes du carré-
Mère déterminent le diamètre du cercle sur lequel seront positionnés les ronds simples
(points verts). Le diamètre de ces ronds est déterminé par leur tangence avec la structure

373
PLANCHE I

interne. De loin, on pourrait croire que les ronds simples et les ronds doubles sont sur la même
orbite. (PLANCHE I).

3. Les centres des ronds simples, reliés entre eux selon des parallèles aux médianes et aux
diagonales du carré-Mère déterminent les centres des ronds doubles de l'octogone central (ronds
bleus). Ils déterminent en même temps le tracé des branches de l'étoile intérieure (barreaudage
bleu). (PLANCHE I).

374
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras PLANCHE II

4. Les côtés des branches de la grande étoile extérieure sont déterminés par des
lignes joignant une intersection du cercle directeur avec une médiane du carré-Mère, à
une autre intersection du cercle directeur avec une diagonale du carré-Mère (processus
classique de traçage de l'octogone étoilé). L'écartement des lignes de ce double tracé est
donné par des lignes passant par les centres des ronds verts (lignes jaunes) définissant
ainsi la largeur des bandes du barreaudage de la grande étoile. (PLANCHE II).

5. Le rayon des petits cercles des ronds doubles inscrits dans un carré (ronds rouges)
est donné par la différence de rayon des cercles passant par les croisements de la structure
interne sur, d'une part les médianes du carré-Mère, et d'autre part les diagonales du carré-
Mère (les orbites des deux couronnes extérieures de huit ronds chacune). Le diamètre du
plus grand de ces ronds doubles est donné par sa tangence avec les lignes d'un octogone
fictif, qui tangentent les ronds verts, côté interne (lignes en violet). (PLANCHE II).

375
PLANCHE III

6. Le diamètre extérieur des ronds doubles de l'octogone central est le même que celui
des ronds verts. Le diamètre intérieur de ces ronds doubles est le même que celui des petits cer-
cles des ronds doubles de la grande couronne. (PLANCHE II).

7. La rouelle centrale à huit rayons, incluse dans l'octogone, est donnée par les diagonales
et les médianes du carré-Mère. (PLANCHE II).

Deuxième hypothèse. (PLANCHE III) :

1. Les ronds doubles inscrits dans les doubles carrés à 45° restent sur la même orbite (cercle
rouge) déterminée par les croisements de la structure interne avec les diagonales du carré-Mère,
comme dans la première hypothèse. Cependant, les triangles qui prolongent les doubles carrés
ne sont plus équilatéraux mais isocèles, les côtés symétriques étant parallèles aux côtés des
branches de la grande étoile.

376
2. L'orbite des ronds simples (cercle vert) est déterminée par les croisements des
lignes définissant l'extérieur des branches de la grande étoile de la coupole. Son diamètre
est donc légèrement plus grand que dans l'hypothèse précédente.

3. Comme dans la première hypothèse, les centres des ronds simples, reliés entre
eux selon des parallèles aux médianes et aux diagonales de carré-Mère, déterminent à la
fois les centres des ronds doubles de l'octogone central et les branches de l'étoile inté-
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

rieure.

4. Comme dans la première hypothèse, les côtés de la grande étoile de la coupole


de la cathédrale de Burgos sont obtenus par le classique traçage de l'octogone étoilé. Mais,
la largeur du barreaudage est fixée arbitrairement comme étant la même que celle des
branches de la rouelle et de l'étoile intérieure.
5. Le rayon des petits cercles des ronds doubles inscrits dans les deux carrés en du-
plication racine de deux est arbitrairement de la moitié de celui des grands.

6. Le diamètre extérieur des ronds doubles de l'octogone central est le même que
celui des ronds simples de la couronne extérieure. Le diamètre intérieur est défini par la
tangence à des lignes joignant l'angle externe des grands carrés.

7. La rouelle centrale, dont les huit rayons relient deux à deux les ronds diamétra-
lement opposés de l'octogone, épouse comme dans l'hypothèse précédente, le tracé des
médianes et des diagonales du carré-Mère.

377
PLANCHE IV

Troisième hypothèse :

Dans une démarche plus proche de la pure orthodoxie, nous plaçons délibérément les
pointes de l'étoile de Burgos aux angles du carré-Mère et du losange du Père. Le cercle circonscrit
à l'étoile est alors, très logiquement, circonscrit également aux carrés décalés de 45° du Père et
de la Mère. On obtient de la sorte :

1. Le tracé de la grande étoile à huit branches en joignant alternativement les sommets


du carré-Mère aux sommets opposés du losange du Père, procédé classique de traçage de l'octo-
gone étoilé. Ces huit lignes définissent par leurs croisements les centres des ronds simples (ronds
verts) de la couronne extérieure. (PLANCHE IV).

2. Les centres des ronds doubles (ronds bleus) de l'octogone convexe central et les branches
de l'étoile intérieure, en joignant les centres des ronds simples de la couronne extérieure par
des droites parallèles aux médianes et aux diagonales du carré-Mère. Le rayon du cercle extérieur
de ces ronds doubles est donné par la distance de leur centre aux croisements de la structure in-
378
PLANCHE V
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

terne (lignes rouges). Ce rayon sera aussi celui des ronds simples et celui du plus grand
des ronds doubles inscrits dans les carrés circonscrits en duplication racine de deux de la
couronne intermédiaire. (PLANCHE V).

379
PLANCHE VI

3. L'orbite des ronds doubles cernés de carrés circonscrits en duplication √2 (ronds rouges).
Elle est donnée par un croisement particulier (points orange) des lignes définissant l'extérieur
des branches de la grande étoile avec les pétales du tracé directeur. (PLANCHE VI).

380
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras PLANCHE VII

4. La demi-largeur des branches de l'étoile intérieure, donnée par l'intersection des


pétales avec une des lignes de la structure interne. Elle est également indiquée par l'in-
tersection d'un des cercles de l'octogone central avec une des lignes de la structure in-
terne. La largeur (ou épaisseur) ainsi obtenue est aussi celle des rayons de la rouelle et
de tout le barreaudage de la forme. (PLANCHE VII).

381
PLANCHE VIII

5. Les triangles isocèles qui prolongent les carrés en duplication √2, leurs bases étant le
côté du plus grand des carrés. Mais, les côtés symétriques ne sont plus parallèles aux côtés des
branches de la grande étoile. Ils épousent le tracé de la structure interne pour les pointes de
l'étoile intéressant les sommets du losange du Père. Ils sont évidemment identiques dans les
pointes concernant les sommets du carré-Mère. (PLANCHE VIII).

382
PLANCHE IX
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

6. Le Ф du cercle intermédiaire du triple rond de l'octogone central, par sa tangence


à une ligne fictive parallèle aux axes de symétrie des branches de l'étoile, et tangente aux
ronds doubles (lignes violettes). Une autre tangence notable est celle qui intéresse les
ronds simples extérieurs, les ronds doubles intérieurs et le rond intermédiaire central
(lignes roses). (PLANCHE IX).

383
PLANCHE X

7. On constate alors que le diamètre des ronds doubles, identique à celui des ronds simples,
est tel que ces ronds tangentent une ligne fictive parallèle aux côtés des branches de la grande
étoile (lignes orange). (PLANCHE X).

384
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras PLANCHE XI

8. On constate aussi que le diamètre du cercle extérieur du triple rond central est
égal au côté du plus grand des carrés en duplication √2 (lignes vertes). (PLANCHE XI) .

385
L'étoile de la cathédrale de Burgos
Photo X - Droits réservés.

386
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Les SPIRALES
Spirale sur Rectangle d'Or
( Progression à 90° )

- Le rectangle directeur est en divine proportion (j). Les rayons des quarts de cercles suc-
cessifs le sont aussi.
- Son grand côté détermine le petit côté du rectangle immédiatement supérieur dont le
grand côté est à son tour le petit côté du suivant, et ainsi de suite.
- La diagonale d'un rectangle est perpendiculaire à la diagonale du rectangle qui le pré-
cède ou qui le suit.
- Une des diagonales contient les centres de numéros impairs, l'autre contient les centres
de numéros pairs.
- Le grand rectangle a un empan de long et une palme de large.

Spirale sur carré long


( Progression √5 )

- Le rectangle directeur est le «carré-long» ou «double carré» ou "bi-carré» dont la diagonale


vaut racine de cinq.
- Cette diagonale génère le grand côté du rectangle suivant dont la diagonale détermine
à son tour le grand côté d'un autre rectangle, et ainsi de suite.
- La progression angulaire est de 26° 40'.

Spirale sur pentagone régulier

- Les rayons successifs sont en divine proportion.


- La progression angulaire est de 108°, l'angle sublime.
- La spirale est le symbole de la croissance.

388
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

389
Spirale sur Rectangle d'Or
Spirale sur carré long

390
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

391
Spirale racine de cinq
Spirale sur pentagone régulier
392
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

393
Spirale sur racine de phi
394
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

ROSES ET
ROSACES
Le Symbolisme des Roses

Le dessin d'une rosace médiévale de cathédrale gothique tient toujours compte dans son
thème de la symbolique des points cardinaux. Ainsi, dans les roses Nord figurent presque tou-
jours des scènes de l'Ancien Testament notamment Marie et Jésus enfant, le passé étant en domi-
cile au nord. Dans les roses Sud, ce sont plutôt des scènes du Nouveau Testament, le présent
étant en domicile au sud. Dans les roses Ouest sont surtout traitées des scènes concernant la
Nouvelle Jérusalem ou le Jugement Dernier, l'ouest étant le domicile du futur.

Enfin, à l'Est, il est rarissime de trouver une rose car c'est le cœur de l'église et il est en
général éclairé par des vitraux rectangulaires au sommet arrondi. Ceci est parfaitement normal,
l'Est étant déjà contenu dans le centre de chaque rose, point non soumis à l'espace et au temps.
Les mandalas que sont les roses de nos cathédrales nous rappellent ainsi que le temps et l'espace
ne sont qu'illusions.

La rose est à l'Occident ce que le lotus est à l'Égypte et à l'Inde, et le narcisse aux Grecs.
Tous symbolisent la roue du Destin et le don d'Amour. La rose cosmique existe d'ailleurs dans
l'hindouisme mais ne symbolise pas la roue. Elle porte le nom de Triparasundarî et désigne la
beauté de la Mère divine.

Dans l'iconographie médiévale chrétienne, la rose mystique est le symbole de la Vierge.


Mais, c'est aussi la coupe qui recueille le sang du Christ (le Graal), la transfiguration des gouttes
de ce sang et le symbole des plaies de Jésus. Par son rapport avec le sang répandu, elle devient
le symbole d'une renaissance mystique. Au douzième siècle, la rosace gothique et la rose des
vents ont marqué le passage du symbolisme de la rose à celui de la roue.

Comme la fleur dans laquelle le Bouddha voyait la totalité de l'un de ses sermons, cette
fenêtre qu'est la rose est un symbole par sa forme. Mais, elle présente aussi d'autres symboles,
montrant une chose tout en suggérant une autre, forme de rhétorique qu'on nomme allégorie,
éternel échange de l'image et de son symbolisme.

L'emblème des Rosicruciens possède une rose au centre de la croix, qui devient la « Rose-
Croix ». Cette rose symbolise le cœur du Christ, le Sacré-Cœur. C'est la même démarche que la
« Rosa candida » de Dante Alighiéri dans la Divine Comédie et celle de Angelus Silesius dans le
Roman de la Rose.

La couleur rose, comme la rose elle-même, quelle que soit sa couleur, constitue un sym-
bole de régénération et d'initiation aux mystères du fait de la similitude, en latin, entre « rosa »
(la rose) et « ros » (la rosée). Or, la rosée est, symboliquement, l'expression de la bénédiction
céleste, de la grâce vivifiante. « Que ma Parole tombe comme la rosée, comme les ondées sur
l'herbe » lit-on dans la Bible (Deutéronome). Et aussi : « Tressaillez de joie habitants de la pous-
sière, car ta rosée est une rosée vivifiante » (Isaïe 26-19).

396
La rose était la fleur d'Aphrodite. Elle devient celle de Marie, la mère de Jésus qui
sera Notre-Dame de l'Église du Christ à partir du Xlle siècle. La rose étant le symbole de
l'Amour universel et de L’Éternité est aussi une construction intégrant les composantes
du Logos : la géométrie, les Nombres et la Lumière.

L'iconographie chrétienne des cathédrales se réfère de la pensée de Platon et d'une


métaphysique de la lumière chère à Origène et à saint Augustin. Ces deux concepts se
confondent dans l'architecture et l'iconographie, permettant l'accès à l'illumination et à
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

l'ordre caché de la Création, donc du Logos.

L'aspiration commune aux symbolismes chrétien et islamique d'unir l'infini et le


fini par le cercle et le carré se manifeste dans beaucoup de roses médiévales, notamment
dans celle de Clermont-Ferrand Sud.

La rose gothique est le prolongement de la fenêtre-roue du roman, développement


de l'oculus, cette ouverture ronde de un à deux mètres de diamètre percée dans le mur
pignon de la façade ouest des vieilles églises de campagne, en Provence et en Toscane.

Les plus belles roues sont celles d'Assise, de Todi et d'Orvietto. Elles évoquent la
vision d'Ézéchiel (Ézéchiel 1-16) d'une « roue au milieu d'une roue », accompagnée des
quatre « Vivants » (qui deviendront plus tard les symboles des Évangélistes) se dirigeant
avec les roues vers le prêtre et le prophète.

La roue devient alors Fleur mais les deux coexistent quelque temps. Par exemple,
la rosace ouest de Chartres est roue à l'extérieur et rose à l'intérieur. L'appellation de Rose
ne se généralisera qu'au début du XIIIe siècle avec l'implantation du culte de la Vierge
Marie qui deviendra Notre-Dame sous Bernard de Clairvaux.

La première rosace fut la fenêtre-roue de Beauvais-Nord, une « roue de la Fortune ».


Suger en fit réaliser une semblable à St-Denis, mais la première rosace digne de ce nom
fut celle de Mantes, datant de 1180, de huit mètres de diamètre. (La cathédrale Saint- Eti-
enne de Beauvais détient le record de la plus grande hauteur sous voûte des églises de
France avec 66 mètres.)

Les rosaces réalisent l'harmonie des Nombres, de la géométrie et de la lumière.


Elles sont, en général, divisées en douze quartiers, ce nombre étant celui de la perfection,
de l'Univers et du Logos. Les concepteurs de Chartres n'ignoraient rien de la pensée de
Pythagore pour qui la géométrie était un don des dieux et les nombres éternels. Le mot
grec « kosmos » signifie « ordre ». D'ailleurs, la Chrétienté avait déjà connu la fascination
des nombres avec saint Augustin.

Les rosaces intègrent, en général, trois schémas géométriques. L'un est une pro-
gression de raison j (Nombre d'Or), l'autre est un ensemble de triangles équilatéraux, et
un troisième réalise la synthèse des deux précédents

Mais l'ordre créateur se matérialise aussi dans les Nombres, douze étant le nombre
de la perfection, du cosmos et du Christ car il est le produit de trois (l'esprit) par quatre
(la matière). On trouve également dans les roses toutes les combinaisons possibles de 3

397
et de 4. Un bon exemple en est donné par la rose sud de Notre-Dame de Paris où Dieu (à l'origine)
était représenté en majesté, au centre, entouré des quatre évangélistes, des douze apôtres et des
vingt-quatre martyrs et confesseurs.

Un des meilleurs exemples de l'harmonie réalisée entre la géométrie et le nombre d'une


part, et la lumière et les couleurs d'autre part, est celui offert par la rose nord de Chartres, la
« Rose de France » entièrement dédiée à la Vierge Marie qui occupe le centre, entourée de
colombes, d'anges et des trônes de la hiérarchie céleste. Descendante du roi David, selon saint
Mathieu, les souverains de son lignage sont représentés dans les douze carrés. Plus loin, figurent
les douze derniers prophètes de l'Ancien Testament. Cette fenêtre ayant été financée par un don
de Blanche de Castille, reine de France, des lis figurent dans la composition comme emblèmes
traditionnels de la monarchie, mais ils rappellent aussi le symbole de l'Annonciation.

398
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

399
Rose de Saint-Eustache
La rose ouest de Lausanne
(105 panneaux)

Ce mandala est l'exemple type des duplications de Carré-Mère, le losange central étant,
pour sa partie en creux, la troisième de ces duplications : le « second fils ».

1. On considère la partie en creux de la rosace comme étant le cercle directeur de la forme,


le bourrelet de la couronne étant solidaire de la maçonnerie de l'édifice. Le carré-Mère du tracé
énergétique est inscrit dans ce cercle.

2. Les quatre figures circulaires, présentées en losange équilatère, sont positionnées sur
l'axe vertical et sur l'axe horizontal de la forme. Elles sont centrées au milieu des côtés du carré-
Mère. Le diamètre extérieur de ces motifs est donné par la tangence du plus grand des deux cer-
cles concentriques avec les pétales du tracé de base. Le diamètre intérieur de ces motifs (la partie
en creux) a pour valeur le côté interne du double carré central présenté à 45° (losange second
fils).

3. La valeur du côté externe du double carré central en losange est celle du diamètre ex-
térieur des doubles cercles concentriques des motifs circulaires.

4. L'épaisseur du bourrelet du carré-Mère, comme celle du cercle extérieur à la rosace,


partie intégrante de la maçonnerie, est la même que celle du losange central et des motifs cir-
culaires.

5. L'orbite des huit petits trilobes de la périphérie a un diamètre déterminé par par l'inter-
section de la grille de 10 du carré mère circonscrit au cercle directeur de la forme avec les pétales
du tracé.

6. Le diamètre des 53 ronds composant les quatre motifs circulaires entiers, les quatre mo-
tifs circulaires en partie cachés, le motif central et les quatre des angles du carré-Mère, ont un
diamètre correspondant au 1/10 du côté du carré-Mère.

400
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

401
La rosace de Lausanne
La rosace de Lausanne
(Tracé générateur)

402
La rosace de Lausanne
(Schéma directeur)
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

- Tracer le cercle initial et le carré-matière ABCD, ainsi que ses médianes xx' et yy'.
- Depuis chaque angle du carré Mère, tracer des arcs de cercle de rayon égal à celui
du cercle initial qui recoupent les côtés du carré en E, F, G, H, I, J, K et L.
- Joindre EJ, FI, GL et HK qui déterminent le carré de seconde génération MNOP.
- Tracer le cercle qui le circonscrit.
- Tracer les quatre cercles extérieurs de la rosace, centrés sur le milieu de chaque
côté du carré Mère, c'est-à-dire les sommets du losange du Père, et tangents aux cercles
circonscrits des deux carrés.
- Le diamètre de ces cercles est identique au côté du carré interne.
- Les quatre cercles intérieurs de la rosace sont centrés en M, N, O et P.

403
La rosace de Lausanne
(La structure minérale avec le nom des vitraux)

404
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

405
(colorisée)
La rosace de Lausanne
La rose ouest de la Collégiale
Notre-Dame de Mantes-la-Jolie

Cette rosace, au demeurant très semblable à la rose ouest de Chartres, est une des pre-
mières à rompre avec la stricte géométrie rayonnante de la roue. La structure en pierre est encore
très lourde et impose donc une importante armature secondaire en fer dont les formes et ali-
gnements sont riches d'enseignements.

1. Les centres de la partie circulaire des douze médaillons de la couronne extérieure sont
situés sur un cercle passant par l'intersection des pétales avec le Carré-Mère et le losange du
Père. L'épaisseur de ces arceaux est donnée par l'intersection des pétales avec l'intérieur du cercle
directeur.

2. Les centres de la partie circulaire des douze écus de la couronne intérieure sont situés
sur un cercle passant par l'intersection des lignes de la structure interne avec les médianes du
carré-Mère. Quatre de ceux-ci se trouvent donc au milieu des côtés du carré « première fille »
(ou au sommet des angles du losange « second fils »).

3. L'oculus central a un diamètre égal au côté du losange « second fils » dans lequel il s'ins-
crit.

406
La rose ouest de la Collégiale
Notre-Dame de Mantes-la-Jolie
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

407
Essai de composition chromatique
sur le schéma directeur de la rose ouest
de la cathédrale de Mantes.

Les sept couleurs de l’arc-en-ciel utilisées pour le coloriage de ce mandala ont une fonction
énergétique et non aucun rapport avec les couleurs réelles de la rosace de la page précédente.

408
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

409
La rosace de Strasbourg
La rosace des Bourbons

410
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

411
La rosace de Sées
La rosace de Notre-Dame de Paris

412
Le Rose des Roses

Ceux qui s'intéressent aux mandalas que sont les roses de nos cathédrales n'ont
pas manqué de s'interroger sur l'implantation, apparemment sans schéma directeur, des
cathédrales d'Europe. Il s'agit bien entendu de celles édifiées entre le Xe et le milieu du
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

XVe siècle. Par ailleurs, comment admettre que certaines villes, comme L'Épine par
exemple, une petite commune de six cents habitants près de 51460 Courtisols, ait pu s'of-
frir une cathédrale aussi monumentale, copie conforme de celle de Reims.

L'idée que ces édifices majestueux ont été érigés par volonté divine sur les points
forts d'une rosace gigantesque, la Rose des roses, la Majeure, a interpellé les amoureux
de la géographie sacrée. Il avait été facile de retrouver au sol la constellation de la Vierge
qui ne comporte que onze étoiles visibles à l'œil nu alors qu'il existe cent vingt cathé-
drales et quatre-vingts églises de même importance, soit deux cents grands édifices con-
sacrés au culte catholique en France et quatre cents en Europe. La représentation de « ce
qui est en haut » par « ce qui est en bas » satisfait les convaincus des principes du Kyb-
balion, repris par Hermès le Trismégiste dans la Table d'Émeraude, mais ne déchaîne
pas l'enthousiasme de ceux qui ne le sont pas.

Il fallait donc réaliser un dessin cohérent, à structure stellaire centrée sur un point
particulièrement significatif, et positionnant la totalité des cathédrales construites, y com-
pris celles détruites depuis et celles qui se sont vues retirer leur cathèdre. Autrement dit,
toutes les églises ayant servi de lieu de culte à un évêque ou à un archevêque pendant
un temps plus ou moins long. On obtient très vite un grand nombre d'axes se recoupant
sur une très petite zone de l'Île de France. De là à positionner le centre de la structure
sur la cathédrale Notre-Dame de Paris, il n'y a qu'un pas que beaucoup ont franchi. Mais,
en l'absence de la clé du système, quel tracé générateur retenir ? Quelle grille employer ?
Quelle numérologie appliquer ?

De multiples essais avec des étoiles à 5, 6, 7 ... jusqu'à 21 branches (3 fois 7), ont été
effectués. Il semble, à l'issue de ces tâtonnements, que la structure la plus vraisemblable
soit celle de l'étoile à cinq branches ou pentagramme étoilé régulier, dont les axes sont
décalés de 72°. En prolongeant les branches de cette étoile et en la faisant lentement
pivoter jusqu'à rencontrer une cathédrale, on constate que toutes ces lignes passent par
des évêchés. Ceci acquit, on découvre deux harmoniques du tracé initial, déphasées de
24°, ce qui conduit à une étoile à quinze branches dont les prolongements passent par ce
qui est (ou ce qui fut) un évêché. Qui se douterait, en déjeunant à Bethléem, près de
Clamecy, que ce restaurant réputé traite ses clients dans ce qui reste d'une cathédrale.
Pourtant, 44 évêques se sont succédés sur la cathèdre de l'église de Bethléem, dont
Philippe de Beaujeu, grand maître des Templiers, qui y fut enterré. De même, les axes
des pétales et les axes intermédiaires recèlent des cathédrales. Christian Soulier a poussé
très loin cette recherche, réalisant une rose complexe qui couvre la moitié nord de la
France et une partie de l'Europe de l'ouest.

On peut penser qu'avec un si grand nombre de points et de lignes, on trouvera

413
Principe expliquant la
duplication sur le sol
français du pentagramme
déterminant par sa rota-
tion l’implantation des
cathédrales.
D’après le livre de
« Félicien : La rose de Nos-
tre-Dame » aux Éditions
de Mambré.

toujours suffisamment de « coïncidences » pour confirmer l'hypothèse. Mais, a contrario, on doit


admettre qu'il y a bien peu de chances de trouver toutes les cathédrales exactement positionnées
sur les lignes d'une structure aussi rigide.

Par ailleurs, si l'on admet qu'un tracé directeur de géométrie sacrée a guidé le choix des
lieux de construction des cathédrales, il faut aussi reconnaître que la cartographie et les méthodes
d'arpentage de l'époque ne permettaient pas la précision d'implantation constatée de nos jours.

En ce qui concerne l'aspect technique de ces gigantesques entreprises, on sait que les com-
pagnons-constructeurs et les moines-bâtisseurs du Moyen-Âge avaient certes de solides connais-
sances en matière de résistance des matériaux et d'équilibre des forces compensées, mais qu'ils
étaient surtout guidés par l'inspiration divine.

Leur devise était : « Orare, orare et laborare », ce qui veut dire « prier, prier et travailler ».
On peut facilement en déduire que pour construire une cathédrale, il faut deux parts de dé-
marche spirituelle pour une part de travail manuel. L'exemple de l'abbé Haffreingue qui, en
1829, releva de ses ruines, sans posséder la moindre notion de maçonnerie ni d'architecture, la
cathédrale de Boulogne-sur-mer quasiment détruite en 1794 par les Jacobins, est significatif à
cet égard.

Toutes les cathédrales ont été érigées sur des hauts-lieux cosmotelluriques qui sont des
pôles énergétiques bénéficiant des réseaux qui les alimentent. Les profondes fondations de ces
édifices les mettent en liaison intime avec les courants d'eau souterrains et avec le maillage géo-
magnétique de la Terre.

Le volume d'air qu'elles enferment joue le rôle d'amplificateur. Par ailleurs, la forme in-
terne du bâtiment concentre dans son plan focal toutes les ondes sonores émises, la partie audible

414
n'étant qu'une fréquence donnée de la vibration. La crypte constitue la caisse de résonance
de la transmission souterraine (à 1 500 m/sec) et le clocher l'antenne émettrice/réceptrice
de la transmission hertzienne. L'homogénéité de la construction, depuis les fondations
jusqu'à la pointe du clocher, rend plausible une unique et intense fréquence vibratoire
du bâtiment tout entier.

Il n'est donc pas déraisonnable de penser que les religieux du Moyen-Âge trans-
mettaient par ce moyen des formes-pensées, relayées de cathédrale en cathédrale. Les
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

prières de la nuit n'étaient-t-elles pas dites au même moment dans toute la Chrétienté ec-
clésiastique alors qu'il n'existait aucun moyen de connaître l'heure exacte ? De nos jours,
certains médiums échangent bien des messages à distance malgré la saturation électro-
magnétique de l'environnement !

Un autre élément vient épauler cette hypothèse. C'est le fait que, contrairement à
une croyance fortement répandue, toutes les cathédrales ne sont pas « orientées » vers
l'Orient, c’est-à-dire au 90° de la boussole. Certaines sont presque au Nord, comme Mont-
pellier (345°) ou Marseille (12°), d'autres au Sud comme La Rochelle (197°) ou Nancy (156°)
et d'autres enfin à l'Ouest comme Besançon (250°). Ces « orientations » ne seraient-elles
pas imposées par des impératifs de transmission ?

Nos ancêtres du Néolithique devaient procéder de même avec les menhirs et dol-
mens qui étaient cent fois plus nombreux à l'époque qu'ils ne le sont aujourd'hui. Et que
dire des rares roches branlatoires encore existantes, souvent énormes, qui sont disposées,
tous les quarante kilomètres, sur des axes rectilignes ? Les recherches en Bretagne du
groupe archéologique KERGAL ont mis en évidence une géométrie énergétique, basée
sur le triangle 3-4-5 (un des cinq triangles pythagoriciens) qui intéresse tous les mégalithes
encore debout et permet de retrouver l'emplacement de ceux qui ont été détruits.

415
416
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

417
MANDALAS
Les Mandalas

Mandala est un mot sanskrit qui signifie « cercle », mais plus généralement « sphère »
dans le sens d'environnement, de réunion de personnes. Dans le cas de l'entourage sacré d'une
déité, la représentation stylisée de la scène se nomme yantra, terme qui exprime bien la notion
d'outil (tra) et de maîtrise (yam). Certains mandalas, très élaborés et codifiés, sont de pures abs-
tractions, seulement comprises par les initiés.

Le détail de l'anatomie du corps éthérique de l'homme n'est autre que le mandala intérieur
du corps subtil. Cette connaissance permet de maîtriser les souffles (prânas), les canaux (nâdis),
les gouttes (bindus) et les roues d'énergie (chakras). Cet ensemble de perceptions est très proche
du Hata-yoga des Hindous qui le nomment « les Six yogas des Nâropa ». Ce sont eux qui extirpent
le corps de la matière pour l'élever vers l'esprit. Dans le Vajrayâna, on nomme la pratique du
mandala extérieur « stade de création », Utpattikrama en sanskrit et Kyérim en tibétain, et celle
du mandala intérieur « stade d'accomplissement », Sampannakram en sanskrit et Dzogrim en
tibétain.

Les mandalas les plus admirés du Vajrayâna Shingon sont le « Kongôka » et le « Taïzôkaï »,
présentant dans le lotus central le « Garbhadhatu ». Il représente Mahavairochana entouré de
quatre Abiduddhas et de quatre Bodhisattvas. Ces déités symbolisent les aspects Yin et Yang de
la bouddhéité fondamentale. Elles expriment la compassion, la douceur, l'intelligence, l'énergie,
etc. Ces deux mandalas bien connus symbolisent la sphère du Diamant (Vajradhâtu), le plan de
la Sagesse et de la nature d'Éveil, et la sphère de la Matrice (Garbhadhâtu), le plan de la Com-
passion dans l'univers manifesté.

Le yantra, diagramme symbolique du mandala, peut servir de support de méditation. La


méditation du mandala consiste à visualiser une déité (yidam) ainsi que les déités secondaires
de son entourage, lesquelles respectent des postures, des gestes (mudrâs) et présentent des objets
rituels.

En répétant les mantras et en effectuant les mudras, l'être en méditation incarne le cœur
et les qualités éveillées du yidam, c'est-à-dire d'un Bouddha ou d'un Bodhisattva. Cette pratique
lui permet de percevoir en toutes choses un « champ de Bouddha » (Buddhakshetra) et dans la
déité ou le maître (guru) qui l'a initié la manifestation de sa propre sagesse innée, nommée « ye-
sche » en tibétain (et aussi « rigpa »).

La nécessaire offrande au mandala s'effectue à l'aide d'un mudrâ ou posture des doigts.
Le plus courant consiste à croiser les auriculaires, leurs bouts touchant l'extrémité des pouces
de l'autre main. Les deux annulaires sont donc collés et il convient de les pointer vers le haut
afin qu'ils s'appuient sur les pouces. Quant aux index, ils doivent toucher les majeurs opposés
en se croisant.

418
Mandalas et carrés magiques

Mandala est un terme sanskrit qui signifie cercle magique. Par extension et en vo-
lume, c’est la sphère, l’environnement. Cependant, mandala désigne surtout l’entourage
sacré d’un dieu ou d’une déesse. En tibétain, c’est « Kylkhor », Kyl signifiant centre et
Khor, cercle. Dans la représentation stylisée, c’est alors un yantra, mot qui, en sanskrit,
le langage sacré des brahmanes de l’Inde, est issu de yam (retenir ou maîtriser) et tra (ou-
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

til). Il y a une grande variété de types de mandalas, mais la structure formelle, issue du
Jaïnisme, du Tantrisme, de l’Hindouisme, du Bouddhisme et du Lamaïsme, ne comporte
que quelques formes élémentaires et reste constante.

Le graphisme qui prédomine est le cercle (et dans certains cas plusieurs cercles
concentriques) incluant un carré, souvent divisé en quatre triangles. Cette composition
fondamentale est elle-même contenue dans un carré doté de quatre portes. Le mandala
représente le monde idéal. C’est une forme géométrique dotée d’un centre d’énergie
(bindu), ce point sans dimension symbolisant le lieu de naissance de toute existence dans
l’espace et dans le temps. Il est également le symbole de l’unité, de la totalité et de la
perfection. Par son rayonnement centrifuge, il créé le cercle dans le plan et la sphère
dans l’espace. Le cercle, véritable frontière avec l’extérieur, est le protecteur de son
contenu sacré, notamment le point central. Il est aussi le symbole de l’infini et de l’absolu.
Ces formes sont la manifestation du commencement et de la fin de tous les chemins
possibles. Le centre se reflète dans la périphérie et revient à son point départ de façon
centripète. Le centre est la concentration, le cœur de l'univers, et la périphérie l’organi-
sation, le mouvement, la diversité de l’univers. Le mandala est un cosmogramme qui re-
présente l'univers tout entier dans son schéma essentiel. Le dessin d'un mandala agit sur
le psychisme. Il unifie par son centre et il équilibre par sa périphérie.

Chaque mandala abrite un mantra qui en est l’âme. Comparable au Cosmos dont
il est une représentation analogique, le mandala indique une focalisation de la totalité.
C'est une forme synergique qui reflète le processus cosmo-génétique, le cycle des élé-
ments, et intègre harmonieusement les opposés, le terrestre et l'éthéré, le dynamique et
le statique. Il fonctionne comme une structure du SOI, un instrument de concentration
et un véhicule de l'éveil. Le diagramme symbolique du mandala peut alors servir de sup-
port de méditation. Cette définition condensée du mandala est due à deux grands spé-
cialistes du Tantrisme authentique : Ajit Mookerjee et Madhu Khanna. Elle pourrait
s'appliquer aux carrés magiques, qui sont des mandalas occidentaux.

Les « charactères » et « sceaux » de Cornelius Agrippa sont un exemple de la cor-


respondance entre arrangements de nombres d’un carré et schémas géométriques. Ainsi
que le rappelle Jacques d’Arès, les magnifiques rosaces de nos cathédrales constituent
des mandalas privilégiés.

Un exemple remarquable parmi beaucoup d’autres nous est donné par la rosace
sud de la cathédrale de Lausanne, essentiellement construite sur l’association du cercle
et du carré, constituant ainsi une triple enceinte. Ceci est particulièrement significatif,
compte tenu du thème de cette rosace qui est : « la création du monde ».

419
Le YIN-YANG
(La monade chinoise)

En Chine, la théorie des « Cinq éléments », le Taiji (qu'on peut traduire par Grand Su-
prême) date du IIIe siècle avant notre ère, à l'époque des Han. Elle donna naissance au Yin-Yang,
synthèse des principes cardinaux de l'Univers, dont l'action réciproque produisit « wu-xing », les
Cinq Phases ou Cinq Éléments.

Ces cinq éléments sont :


L'Eau, liée au Nord et à l'hiver. Elle est représentée par la Tortue-Serpent, appelée le « Guer-
rier sombre ». La couleur est le Noir et la planète Mercure.
Le Feu, lié au Sud et à l'été. Il est représenté par l'oiseau rouge, le Phénix, appelé « fen-
huang » c'est l'Impératrice. La couleur est le rouge et la planète Mars. Principe Yin, le fen-huang
symbolise la sécheresse.
Le Métal, lié à l'Ouest et à l'automne. Il est représenté par le Tigre blanc, roi des animaux.
La couleur est le blanc et la planète Vénus.
Le Bois, lié à l'Est et au printemps. Il est représenté par le Dragon vert, appelé « Long ».
C'est l'Empereur, principe yang, positif et masculin. Le Dragon apporte la pluie. La couleur est
le vert et la planète Jupiter.
La Terre, liée au Centre (des quatre directions cardinales). Elle est représentée par le
« zhong », le bossage rond dans un cadre doré situé au centre d'un miroir de bronze. Il n'y a pas
d'animal correspondant. La couleur est le jaune et la planète Saturne.

Un autre symbole de la Terre est le Zong de jade, récipient de forme carrée dont l'intérieur
est cylindrique. Durant les funérailles, le zong était placé sur l'estomac du mort. Un remarquable
exemplaire de ce vase, datant de la dynastie Han, se trouve en Suisse, au musée Rietberg de Zu-
rich.

L'interaction continuelle dans un cycle éternel des cinq éléments est la suivante : l'eau
éteint le feu, qui fond le métal, qui détruit le bois, qui l'emporte sur terre, qui absorbe l'eau, etc.
etc. Le bois et le feu sont la puissance croissante et épanouie de yang. Le métal et l'eau sont la
croissance et la maturité du yin. La terre, elle, symbolise l'état d'harmonie.

À l’origine, les symboles du yin et du yang composaient l'œuf du Chaos qui donna nais-
sance à « Pangu ». Celui-ci vécut 18 000 ans, grandissant de trois mètres par jour et remplissant
à mesure l'espace qui séparait le Ciel (yang) de la Terre (yin). Pourtant, Pangu est toujours re-
présenté comme un nain vêtu de feuilles et d'une peau d'ours. La division de Chaos primordial
en yin et yang est un concept fondamental de la pensée chinoise. La Terre (yin) est immobile et
carrée et le Ciel (yang) tourne autour d'elle. Curieusement, le mot « yang » désigne aussi le carré !

Yin et Yang sont complétés par He, l'harmonie. Ce troisième terme peut-être remplacé
par Zong, le milieu. Le « Milieu-Juste » conduit au « Milieu-Un », qui renvoie à la « Grande Unité :

420
Tai-Yin ». C'est sur ce pole que repose l'équilibre du monde, ce qui correspond à l'Étoile
polaire considérée comme « Faîte du Ciel : Tai-Ji ».

D'après Confucius, les trois éléments de la triade cosmique, réglés par le Tao (la
voie, le principe de l'Univers), sont contrôlés par le yin et le yang dans le système à cinq
phases (wu-xing). Cependant, si la phase intermédiaire de passage entre le yin et le yang
est équilibrée, le yin passe directement au yang dans le cycle suivant.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Le « I Jing », le Livre des Changements, précise que le changement est normal


dans le Cosmos, les vibrations les plus violentes n'étant que le reflet des changements de
situation. Il existe un principe unique et prépondérant : le changement est continu, pré-
dominant et inévitable.
Il y a huit trigrammes, les « ba gua », symboles mystiques de la Connaissance dans
lesquels se divisent les 64 hexagrammes représentant les couples Eau/Feu, Terre/Ciel,
Montagne/Lac et Soleil/Tonnerre. ces forces contrôlent la nature à travers Yin et Yang.

Le tracé du Yin-Yang

Le terme de « monade », créé par le philosophe Leibniz au début du XVIIIe siècle,


doit être pris dans son sens premier qui définit l'être dans son expression la plus simple :
l'atome de la métaphysique, la condition d'existence du composé.

Le carré de base ABCD et ses médianes HF et EG étant tracés, on dessine le « huit »


du nœud de vie qui définit le rectangle bi-carré abcd. À partir de l'un des deux carrés de
ce rectangle, de côté MN, on effectue une duplication rétrograde de raison √2, c'est-à-dire
que l'on trace son losange interne OKGL (un carré à 45•), puis un second losange interne
qui devient de ce fait le carré abgd dont le côté vaut la moitié de MN.

On effectue encore deux fois cette double opération, ce qui détermine un petit
carré dont le côté ne vaut plus que le 1/8 de MN (et le 1/16 du carré de base). Le cercle ins-
crit dans ce carré est l'un des deux « zong » de la monade. Le rond inférieur est noir, le
supérieur est blanc. Les centres de ces deux ronds sont ceux des demi-cercles internes de
la forme, son enveloppe étant le cercle de centre 0, interne au carré de base.

421
Le tracé du Yin-Yang

422
Le pa-koua « ordre du ciel antérieur »

Les mandalas (roues stellaires), représentés en Europe par les rosaces des cathé-
drales sont, en quelque sorte, des yogas de la perception permettant de se connecter à
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

un niveau plus subtil de l'énergie. Créés pour transmettre de très hautes énergies spiri-
tuelles, ils opèrent sur le plan physique de l'homme. Ils invitent l'univers spirituel qui se
cache derrière la géométrie sacrée et les symboles des archétypes à s'incarner, le mandala
devenant ensuite le véhicule de l'énergie cosmique et de la conscience supérieure.

Le mandala représenté ci-contre est un « pa koua ». Il présente autour du Yin Yang


central (tai-ji en chinois) les huit trigrammes du Yi-King élaborés trois mille ans avant
notre ère par un mandarin chinois du nom de Fou Si. À l’origine, les traits continus et
discontinus n’étaient rien d’autre que des modèles météorologiques classés par paires de
polarité opposée. Ce n'est que plus tard qu'il y fut associé des correspondances symbo-
liques. Le Yin du centre signifie poétiquement : « les nuages assombrissent le ciel » et le
Yang : « le soleil brille ». À partir de ce mandala, la philosophie taoïste a introduit la no-
tion que tous les événements passés, présents et à venir sont basés sur l'alternance du
Yin et du Yang, mais constamment maintenus par le Qi (prononcez tchi), l'énergie uni-
verselle.

Ce « pa-koua » a pour titre « Ordre du Ciel antérieur ». La disposition des huit tri-
grammes constitue un cercle magique, la somme des traits opposés, longs et courts, va-
lant toujours neuf, le nombre assigné par Fou Si pour l'addition des valeurs numériques
des trigrammes opposés. Le nombre 9 est celui de l'accomplissement d'un cycle. Ce pa-
koua est un émetteur radionique très actif, particulièrement indiqué pour le rééquili-
brage des lieux de soins ou de travail. Il peut aussi, à l'aide d'un témoin, émettre une
énergie bienfaisante vers une personne. Lorsque le Yin-Yang central est remplacé par un
disque argenté, on a un effet miroir qui sert à repousser (ou réfléchir) l'énergie. Dans ce
cas, le mandala est inversé par rapport à l'axe Ciel/Terre, le K'an prenant la place du Li
et inversement.

Ce mandala fonctionne de lui-même en statique mais peut aussi servir d'émetteur


radionique. Si vous souhaitez entrer dans sa vibration et bénéficier du « prana » qu'il va
généreusement déverser sur vous, il faut vous installer confortablement et le placer en
face de vous, verticalement. Regardez le rond central et, sans forcer, laissez-vous aller à
la torpeur en respirant lentement et profondément.

Fermez les yeux et reformez l'image mentale du Yin-Yang que vous voyez main-
tenant avec votre « troisième œil » : Ajna-chakra. Vous passez doucement en alpha et la
roue se met à tourner, d'abord lentement, puis de plus en plus vite. Quittez votre référence
spatio-temporelle et alignez votre corps, votre mental et votre esprit sur un même axe.
Abandonnez votre perception du monde physique et ouvrez-vous à des niveaux plus sub-
tils. Soyez respectueux du sacré et cesser de mentaliser. Bornez-vous à simplement res-
sentir, comme le ferait un enfant de cinq ans. Laissez votre corps d'énergie se mettre en
harmonie avec les battements de votre cœur.

423
Acceptez l'invitation à la danse de cet hologramme multidimensionnel qui vous appelle.
Laissez votre conscience franchir la porte sacrée et vous mettre en face de votre MOI. Ne res-
sentez aucune crainte et laissez votre rythme cervical descendre à la limite de l'alpha (14 pulsions
par seconde). Le ralentissement de la fréquence de votre niveau vibratoire ne doit pas aller au-
delà, cet état de méditation ne devant pas aller jusqu'à la perte de perception de l'environnement.
Cet état de grâce cesse au bout de dix à quinze minutes. Repassez en bêta et remerciez tout en
effectuant vos exercices respiratoires.

Les Chinois positionnent le Sud en haut sur les cartes et documents, et le nord en bas.

424
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

425
Mandala Yin Yang
Mandala 20 pétales

426
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

427
Mandala Type
Note sur les Mandalas couleurs

Pour Jung et la continuatrice de son œuvre, Marie-Louise von Franz, le mandala contient
et organise les énergies archétypales de l'inconscient d'une manière qui devient assimilable par
la conscience. En dessinant un mandala, on crée son propre espace sacré. Lorsqu'on ressent le
besoin de dessiner un mandala chromatique utilisant les sept couleurs issues de la décomposition
de la lumière blanche par le prisme, c’est-à-dire les sept couleurs de l'arc-en-ciel, le résultat est
éblouissant. Les mandalas de ce type provoquent une intense exaltation qui peut être curative.

D'après Joan Kellogg, la symbolique de l'arc-en-ciel rejoint celle du vagin cosmique c’est-
à-dire une re-naissance dans des circonstances magiques. Par ailleurs, les couleurs de l'arc-en-
ciel sont aussi celles des sept chakras. Créer un mandala arc-en-ciel, revient à activer tous les
chakras en même temps. Et, c'est vrai que la répartition équilibrée des couleurs du spectre lu-
mineux dans un mandala procure un sentiment de plénitude. Si une couleur manque dans la
composition, c'est qu'il y a un problème intéressant la tranche émotionnelle correspondant à
cette couleur. C'est aussi le cas si cette couleur prédomine.

Prenons par exemple le vert, couleur située au milieu du spectre lumineux, à mi-chemin
du noir (absence de toute couleur) et du blanc (synthèse de toutes les couleurs). Ce n'est pas un
hasard si c'est la couleur dominante de la nature, qui passe toutes les douze heures des ténèbres
de la nuit à la lumière éclatante du jour. Dans le spectre des couleurs, le vert est encadré par le
bleu et le jaune dont il est la résultante. D'après Gœthe, le bleu est la projection du noir, et le
jaune, la projection du blanc. Le sentiment d'harmonie qui résulte de la jonction entre ces deux
opposés avait déjà été ressenti par Yolande Jacobi et, bien avant elle, par sainte Hildegarde qui
voyait dans le vert la présence de Dieu dans les affaires terrestres.

Pour Joan Kellogg, le vert symbolise le moment de la maturation où l'on intériorise à la


fois la conscience de la Mère (bleu) et celle du Père (jaune), pour servir de parents à soi-même.
Pour Cirlot, les couleurs des chevaliers de la mythologie européenne sont des symboles des
stades successifs de la croissance humaine. C'est ainsi que le Chevalier Vert rencontré par Messire
Gauvain dans le mythe d'Arthur représente un stade du développement où l'élève choisit la voie
conduisant à l'illumination.

Pour Birren et pour DeVries, le vert dans les mandalas indique une prédisposition à porter
secours et assistance à autrui. S'il est faiblement représenté, c'est une propension à trop prendre
soin de soi-même au détriment des autres. S'il est largement utilisé, c'est l'indication d'une ten-
dance exagérée à s'occuper des autres, à vouloir se les approprier. Il en est de même pour les
verts trop foncés ou trop clairs. DiLéo, Graff et Kellogg jugent le vert dans les mandalas à travers
le chakra central, Anâhâta chakra (dont la couleur est le vert), comme une accession à l'au-
tonomie de l'adulte et, pour les personnes d'âge mûr, la révision d'expériences antérieures.
En ce qui concerne les tendances émotionnelles des six autres couleurs de l'arc-en-ciel, on
peut dégager les grandes lignes suivantes :

428
Le Rouge. Si cette couleur domine dans le mandala, on peut penser que le dessi-
nateur est malade et qu'il fait appel à ses ressources de guérison dans les profondeurs de
sa psyché. Il y a, en effet, une réaction d'alerte et d'excitation du cerveau, d'ordre élec-
trique, citée par Birren. Aux premiers temps du Christianisme, l'Église donnait la couleur
bleue à Dieu le Père, la couleur jaune au Fils de Dieu et la couleur rouge à l'Esprit-Saint.

Pour sainte Hildegarde, cette couleur exprimait l'impulsion du zèle religieux, avide
de justice, qui naît de Dieu au cœur même de l'homme. Le rouge étant souvent associé
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

aux concepts de feu et de sang, liés à la planète Mars, le dieu de la Guerre, les natifs du
Scorpion et du Bélier auront tendance à utiliser abondamment cette couleur dans leurs
mandalas, pour exprimer leur tempérament actif et évacuer leur trop-plein d'énergie. À
l’inverse, ceux qui répugnent à l'employer révèlent une certaine passivité ou effacement
de soi. Si le rouge se trouve mélangé à une autre couleur, il suggère que l'énergie est bien
présente mais en étroite relation avec le symbolisme de cette autre couleur. Par exemple,
le violet peut indiquer que le rouge de l'énergie est en harmonie avec l'archétype de la
Mère (le bleu).

L'orangé. Si le rouge est l'énergie brute, l'orangé est une énergie tempérée par le
jaune de l'intuition. C'est la part d'énergie rouge investie par le sujet dans ses relations
avec le Père (jaune). La couleur orange dans le mandala peut signifier une attitude hostile
envers l'autorité ou un manque de discipline personnelle. Elle peut aussi indiquer une
volonté de réussir, une saine et forte assurance. Son absence peut, au contraire, signifier
l'automne de la vie, le coucher du soleil associé à un cycle finissant, la démission, le refus
de voir sa jeunesse s'éloigner de façon inoxérable.

Le Jaune. C'est la couleur du soleil, symbole de lumière, de chaleur et d'énergie.


Elle évoque la qualité divine de la conscience qui permet à l'homme d'imaginer. Sa
présence dans les mandalas est un signe indéniable du développement de la conscience
et de l'individualité. Le jaune reflète le moment où l'enfant prend conscience d'être un
individu à part entière, désormais responsable de son devenir.

La présence du jaune dans les mandalas peut donc être interprétée comme l'apti-
tude à saisir le sens général des faits. Jung, de même que Yolande Jacobi, identifie cette
aptitude à l'une des quatre fonctions psychologiques, l'intuition. À l’inverse, son absence
peut signifier une incapacité à voir les choses clairement, à se fixer des objectifs réalistes
et à les réaliser, à rechercher le changement ou de nouveaux contacts.

Le Bleu. C'est la couleur du ciel et de la mer. Elle calme et détend. La réaction élec-
trique du cerveau à cette couleur est la paix et la sérénité (Birren). Dans les mandalas
tibétains, le bleu symbolise un état spirituel où « le tourbillon des passions a été tran-
scendé et où ne demeure que la lumière claire et immobile de la conscience » (Tucci).
Pour les premiers chrétiens, c'était la couleur de Dieu le Père. Depuis saint Bernard, c'est
celle de la Vierge Marie. Pour Jung, le bleu signifie hauteur et profondeur. Dans une de
ses visions, sainte Hildegarde décrit le Dieu trinitaire sous l'aspect d'un homme bleu au
milieu d'un disque d'or, mais en parle comme de « l'essence de la compassion maternelle ».

Dans les mandalas, le bleu indique une propension à la sollicitude, à la compassion,


à l'amour inconditionnel. Trop clair, c'est l'expression d'un désir de calme et d'isolement.

429
Trop foncé (c'est alors l'indigo) ce peut être l'indication d'un instinct maternel excessif, dévorant
et impersonnel, ou au contraire le souvenir de rapports négatifs anciens avec la Mère. Chez
l'homme, trop de bleu indique la passivité (Kellog).

Le Violet. Avec son homologue le pourpre qui est aussi un mélange de bleu (sérénité) et
de rouge (énergie), le violet est la couleur de la spiritualité. Pour Lüscher, violet et pourpre sont
les couleurs de l'identification. Le sujet qui les utilise de façon excessive a tendance à pousser
son union mystique jusqu'à la magie. Le pourpre est la couleur de la royauté et le violet celle
des évêques. Dans les mandalas, c'est l'indication d'une vive imagination spirituelle, mais aussi
d'égocentrisme s'il prédomine.

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Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

431
Mandala type colorisé
Mandala triskel colorisé

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Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

433
Mandala Borobudur colorisé
Mandala Quadrants triples

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Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

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Mandala Sri Yantra
Mandala Arc-en-Ciel
(à 28 points d’émissions périphériques)

Le diamètre du cercle directeur vaut 6/7 d’empan.

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437
Mandala hébraïque
438
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

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dessin
énergétique
Essai de création d'un Dessin géométrique
conduisant à une construction énergétique
Phase 1 : Planche I

Dans un premier temps, on trace sur les médianes du Carré-Mère d'une grille de 5 une
croix centrale dont les branches, aux extrémités lancéolées, sont larges d'une maille. Les axes
de symétrie de cette croix sont donc les diagonales du losange "Premier-Fils".

L'amorce des arcs de l'extrémité des branches se situe aux croisements des diagonales des
quatre rectangles bi-carrés inclus dans le carré-mère, ces huit droites constituant la "structure
interne" de la grille.

L'équilibre des forces compensées est assuré par 4 dessins en forme de feuille d'acacia de
une maille de côté positionnés aux 4 angles de la grille. Il s'avère alors que la croix centrale, par
ses arrondis gothiques de bout de branches, est générée par une grille de 10 et non une grille de
cinq. Les arrondis des feuilles d'acacia des angles du carré-mère le suggèrent aussi.

440
Phase 2 : Planche II et II bis

Dans un second temps, la croix centrale (désormais sur grille de dix) est modifiée
et une seconde croix, pareillement lancéolée, est incluse dans la première.
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

Planche II

441
Planche II bis

On constate alors que cette double forme n'est pas construite sur une grille de dix, mais
sur une grille de vingt. Une variante consiste à inclure l'octogone dans le dessin de la croix. Elle
n'a pas été retenue dans la suite de l'élaboration du complexe énergétique.

On procède alors aux neuf duplications du carré-Mère, ce qui conduit au carré central de
la forme, de une maille de côté. Dans ce petit carré s'inscrit le rond central, le "zong" de la mo-
nade.

442
Phase 3 : Planche III

C'est alors que se sont imposés deux impératifs :

1 - Organiser en "Ouroboros" les tracés interne et externe de la croix centrale, au-


Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

trement dit réaliser les deux en une seule ligne sans commencement ni fin, ceci dans le
but d'éviter la dépolarisation du trait.

2 - Utiliser les points forts que sont les croisements de la structure interne avec les
diagonales du carré-Mère. La croix interne est alors déformée par des excroissances pas-
sant par ces points et l'ensemble de la forme centrale syntonise alors avec la grille.
Planche III

443
Phase 4 : Planche IV

On constate alors que les feuilles d'acacia paraissent bien petites par rapport au motif cen-
tral. Par ailleurs, leur position aux angles du carré-Mère les exclut de l'harmonie générale. Il y
a manifestement un déséquilibre.

Il a donc fallu les agrandir et les relier entre elles par un fil empruntant le carré de trois
inclus dans la grille de cinq initiale et passant, d'une part par les quatre points forts des diago-
nales de base, et d'autre part par les huit points forts des croisements de la structure interne, soit
fina-lement douze points majeurs communs aux deux ouroboros.

L'harmonie de la forme est alors réalisée et l'on constate que la longueur de fil de l'ouro-
boros central est en divine harmonie, au rapport j (nombre d'Or) avec l'ouroboros de ceinture.
Planche IV

444
Commentaires sur l'épure.

La plupart des personnes qui ont testé cette composition (qui rappelle à certains un
blason) ont constaté que le pendule change de sens d'un quadrant à l'autre tout en conser-
vant globalement un aspect positif.

Soumise au test des 21 tables, la croix centrale dégage des impressions très fortes,
notamment la création d'une dynamique en rotation au centre du dessin. En déplaçant
Les cahiers de Louis Rosier — les yantras

ces tables, établies sur transparents, on a la sensation de créer des volumes.

L'ensemble du dessin, visionné suivant une diagonale du "carré de la Mère", donne


l'impression de changer d'état, ce qui s'explique par le fait que la croix tracée sur les dia-
gonales devient prédominante par rapport à celle qui est construite sur les médianes.

Planche V

445
La matérialisation de l'épure sous forme de barreaudage (PLANCHES V & VI) est béné-
fique quelle que soit l'orientation. En ce qui concerne les compositions chromatiques, il semble
que lorsque la figure est sur fond de couleur, par exemple bleu, les effets du tracé sont considé-
rablement réduits. (PLANCHE VII).

Si les éléments qui composent les croix sont de la même couleur (PLANCHES VIII et IX),
il y a dissociation dans la structure et l'unité se fait suivant l'orientation du dessin. Si on a un
fond bicolore, par exemple de couleurs jaune et orange, on perd l'unité de l'ensemble et la struc-
ture se trouve fragilisée. (PLANCHE X).

Planche VI

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Planche VII
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Les tests au pendule peuvent donc se résumer comme suit :

regard suivant regard suivant


une médiane une diagonale
Tracé marron plus plus
Fond bleu plus moins
Fond vert plus moins
Fond violet moins plus
Fond jaune-orange moins moins

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Planche VIII

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449
Planche IX
Planche X

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Les ondes de diffusion des forces
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