MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE Session : Mars 2025
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Série : B
DIRECTION D’ACADEMIE PROVINCIALE Coef : 4
DE L’OGOOUE-LOLO
Durée : 4 heures
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LYCEE JEAN ARSENE BOUNGUENDZA
BACCALAUREAT BLANC SESSION MARS 2025
EPREUVE DE SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES
NB : Le candidat traitera au choix l’un des deux types de sujet suivants :
SUJET DE TYPE 1 : DISSERTATION
Les problèmes environnementaux sont devenus de nos jours l’une des préoccupations majeures des dirigeants du monde au regard du model actuel de croissance.
Pensez-vous qu’il faut arrêter la croissance pour avoir un environnement saint ?
Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur vos connaissances personnelles et sur les informations contenues dans les documents ci-joints.
Dossier documentaire
Document 1
Émission de CO2 due à la combustion d'énergie
Part en % Évolution 2004-2005 en % Évolution 1990-2005 en %
Amérique du Nord dont : États-Unis 26,3 + 0,6 + 21,2
22,8 + 0,4 + 19,9
Amérique latine 3,5 + 2,5 + 55,6
Europe et pays de l'ex-URSS dont UE à 27 24,5 − 0,2 − 16,7
14,7 − 1,1 − 3,1
Afrique 3,1 + 3,3 + 51,9
Moyen-Orient 4,6 + 5,5 + 111,4
Extrême-Orient dont : Chine 36,5 + 6,9 + 94,6
20,8 + 11,2 + 127,3
Inde 4,2 + 3,3 + 95,5
Océanie dont Australie 1,5 + 5,8 + 46,4
1,4 + 6,2 + 45,1
Monde 100 + 3,1 + 29,1
Document 2
L'analyse économique considère la pollution comme un effet externe (1) négatif lié à l'utilisation gratuite d'un bien d'environnement. Cette gratuité va conduire à son
gaspillage, sa dégradation ou pire, son épuisement. En effet, pour que l'allocation efficace des ressources rares puisse se réaliser dans une économie de marché, il
faut que les agents économiques supportent les conséquences de leurs actes, qu'ils en paient le prix […].
Si la dégradation de l'environnement est considérée comme une défaillance du marché, l'État peut soit se substituer à celui-ci, soit le corriger. L'État assure la
réalisation d'actions de protection et de restauration de l'environnement qui donnent lieu à des dépenses publiques (gestion des déchets, épuration des eaux). Mais
il agit aussi comme un régulateur du marché, obligeant ou incitant les agents économiques à modifier leurs comportements dans un sens favorable à l'environnement.
La typologie (d'actions) la plus simple oppose les instruments réglementaires aux instruments économiques. Les premiers imposent des contraintes, les normes par
exemple ; les seconds agissent sur le système de prix afin de fournir aux agents les incitations monétaires destinées à modifier leurs comportements. Ce sont les
taxes, les subventions et les marchés de permis d'émission.
Source : Annie Vallée, « Développement et environnement : les solutions économiques aux problèmes environnementaux ».
Document 3 : La part d'électricité produite à partir d'énergies renouvelables en Europe : comparaison entre les
résultats de 2004 et les objectifs pour 2010
© Source : Observatoire
de l'énergie et directive
du Parlement européen
du 27 septembre 2001
pour les objectifs en
2010.
Document 4
Face à de nombreux problèmes d'environnement d'ampleur mondiale, les pays doivent unir leurs efforts pour relever les défis les plus urgents de la planète et
œuvrer en faveur du développement durable.
Les pays en développement ont la possibilité de tirer des enseignements de l'expérience des autres pays et de « sauter des étapes » pour s'engager directement sur
des voies de développement plus économes en énergie et en ressources et plus respectueuses de l'environnement Les pays doivent œuvrer de concert pour diffuser
connaissances, pratiques exemplaires et technologies afin de tirer mutuellement profit de modes de production et de consommation plus durables à l'échelle
mondiale […].
En ce qui concerne le changement climatique, plus les pays participant aux mesures d'atténuation seront nombreux, et moins il sera coûteux de réduire les émissions
à l'échelle mondiale. La mise en place en 2008, par les seuls pays de l'OCDE, d'une taxe sur le carbone de 25 USD tonne de CO2, aboutirait en 2030 à une réduction
de 43 % des émissions de gaz à effet de serre dans ces pays. Il est nécessaire de renforcer la gouvernance internationale de l'environnement afin d'assurer la mise
en œuvre d'accords internationaux permettant de faire face aux problèmes environnementaux.
Source : Docs. De l'OCDE, « Perspectives de l'environnement de l'OCDE à l'horizon de 2030 », 2008.
Document 5 : Évolution des consommations d'énergie, de l'intensité énergétique* et de la valeur ajoutée dans l'industrie en France
© Sources : Benoît de Lapasse et Thomas Renaud « Face à la hausse des prix des énergies fossiles puis de l'électricité », SESSI, Le 4 pages des statistiques
industrielles, n° 204, décembre 2007. *L'intensité énergétique est la quantité d'énergie consommée par unité de PIB. La baisse de l'intensité énergétique correspond
à une meilleure efficacité énergétique. (Indices, base 100 en 1996)
Document 6
Pauvreté peut signifier dégradation accrue de l'environnement. D'une part, pour couvrir leurs besoins vitaux, les populations pauvres sont contraintes à
une destruction irréversible de leurs ressources ; la déforestation et l'érosion qui en découle en sont un exemple. D'autre part, quand la survie est en jeu, les
préoccupations quant à la préservation de l'écosystème local à long terme sont reléguées au second plan.
La nature constituant la base productive des populations pauvres, elles sont donc les premières concernées et affectées par une dégradation de l'environnement.
Face à des catastrophes naturelles qui affectent leurs principales sources de revenus, les populations pauvres ne disposent pas d'un soutien conséquent des pouvoirs
publics et de possibilités d'indemnisation. De même les conséquences les plus dommageables du réchauffement climatique porteront davantage sur les pays pauvres
que sur les zones tempérées des pays riches. De surcroît, la maîtrise technologique, qui permet en général d'utiliser plus efficacement les ressources disponibles,
leur fait défaut et entraîne souvent une consommation destructrice pour leur milieu. Le développement durable reconnaît le principe d'une double solidarité : entre
les pays du nord et ceux du sud d'abord, et intergénérationnelle ensuite.
Source : Benoît Ferrandon, « Développement durable : la prise en compte de l'environnement ? », Cahiers français, n° 317,
novembre-décembre 2003.
1. Effet externe (ou externalité) : expression utilisée pour désigner toute situation où les activités d'un agent économique ont des conséquences sur le bien-être
d'autres agents, sans qu'il y ait des échanges ou des transactions entre eux.
2. USD : dollars américains.
Correction
SUJET DE TYPE 1 : DISSERTATION
Les problèmes environnementaux sont devenus de nos jours l’une des préoccupations majeures des dirigeants du monde au regard du model actuel de croissance.
Pensez-vous qu’il faut arrêter la croissance pour avoir un environnement saint ?
1. Compréhension du sujet
• Cadre spatio-temporel
➢ Cadre temporel : contemporain, début du XXIᵉ siècle à aujourd’hui. Le sujet évoque une problématique actuelle, liée à l’évolution récente de la
croissance économique et à ses effets sur l’environnement, dans un contexte marqué par le réchauffement climatique, la transition énergétique et les
débats sur le développement durable.
➢ Cadre spatial : mondial. Les documents fournissent des données à l’échelle internationale (ex : émissions de CO₂ par région dans le document 1,
coopération internationale dans le document 4), ce qui montre que la question de la compatibilité entre croissance et environnement concerne tous les
pays, aussi bien développés qu’en développement.
• Elément de problématique
➢ Problème central
Le sujet interroge si le développement économique, dans sa forme actuelle, est compatible avec la protection de l’environnement, ou s’il faut
-
envisager de ralentir ou arrêter la croissance pour garantir un environnement sain.
-
➢ Questions partielles
- QP1 : En quoi la croissance économique actuelle contribue-t-elle à la dégradation de l’environnement ?
→ Cette question permet d’examiner les effets négatifs du modèle de croissance sur les écosystèmes.
- QP2 : Peut-on envisager une forme de croissance compatible avec la préservation de l’environnement ?
→ Cette question ouvre la réflexion sur les alternatives, comme la croissance verte ou le développement durable.
➢ Question globale : Faut-il renoncer à la croissance économique pour préserver un environnement sain ?
• Eléments de réponses possibles
➢ Partie I : La croissance économique actuelle nuit à l’environnement
➢ Partie II : Une croissance durable et maîtrisée peut protéger l’environnement
II. analyse des documents
N° du Idée générale Explication de cette idée Les arguments Calculs Place
document dans le
plan
Document La croissance économique Les pays ayant connu une forte La croissance dépend Chine : +127,3 % ; Inde : Partie I
1 entraîne une hausse des croissance (Chine, Inde) sont aussi encore fortement des +95,5 % ; Monde : +29,1
émissions de CO₂. ceux qui ont le plus augmenté leurs énergies fossiles, ce qui % (1990-2005)
émissions liées à la combustion aggrave le réchauffement
d’énergie. climatique.
(Ajout) L’exploitation intensive des La logique de croissance pousse à la Le modèle productiviste Pas de chiffres dans les Partie I
ressources naturelles menace surexploitation des ressources : forêts, détruit les équilibres documents, mais
les écosystèmes. sols, mers, etc. écologiques pour répondre à observation générale de
une demande croissante. l’impact sur les ressources.
Document La pollution est une Les marchés ne prennent pas en Le marché échoue à intégrer Aucun calcul chiffré, mais Partie I
2 externalité négative qu’il faut compte les dommages les coûts écologiques ; seule exemples d’instruments
réguler. environnementaux, d’où le rôle l’action publique permet de économiques. Et
nécessaire de l’État à travers normes, corriger cette défaillance.
taxes ou subventions. Partie
II
Document Les populations pauvres La pauvreté pousse à surexploiter Les inégalités sociales Aucun calcul, mais mise Partie I
6 subissent davantage les l’environnement, et ces populations renforcent les déséquilibres en évidence des inégalités
conséquences de la sont aussi les plus vulnérables aux écologiques et limitent les environnementales.
dégradation catastrophes écologiques. capacités d’adaptation.
environnementale.
Document L’utilisation des énergies Les pays européens se sont fixé des Il est possible d’orienter la Allemagne : 10,2 % (2004) Partie
3 renouvelables est un objectif objectifs pour augmenter la part croissance vers des sources → 12,5 % (objectif 2010) II
de la croissance durable. d’énergie renouvelable dans la d’énergie plus propres.
production d’électricité.
Document L’efficacité énergétique peut En France, la baisse de l’intensité La croissance peut être Baisse continue de Partie
5 accompagner la croissance. énergétique montre qu’il est possible rendue plus efficiente grâce l’intensité énergétique II
de produire davantage tout en aux progrès techniques et à (indice < 100) entre 1996
consommant moins d’énergie. la sobriété énergétique. et 2006
Document La coopération internationale Les efforts conjoints entre pays, La réponse aux enjeux Taxe carbone OCDE = 25 Partie
4 est essentielle pour faire face notamment via des taxes carbones ou écologiques doit être USD/t CO₂ → réduction II
aux défis environnementaux. la diffusion de technologies, collective et coordonnée au de 43 % des émissions en
permettent de limiter les impacts niveau mondial. 2030
environnementaux de la croissance.
III . Plan détaillé
➢ Plan détaillé provisoire
I. La croissance économique actuelle est une source importante de dégradation environnementale
A. Une forte augmentation de la pollution liée à la croissance économique
• Argument 1 : La croissance économique entraîne une hausse des émissions de CO₂.
→ Les pays en forte croissance (Chine : +127,3 % ; Inde : +95,5 %) sont aussi ceux qui polluent le plus.
(Document 1)
• Argument 2 : L’exploitation intensive des ressources naturelles accentue les déséquilibres écologiques.
→ Surexploitation des ressources naturelles pour soutenir la croissance industrielle.
B. Les défaillances du marché et les inégalités environnementales aggravent la situation
• Argument 3 : La pollution est une externalité négative mal gérée par le marché.
→ Absence de prise en charge directe des dommages écologiques par les entreprises, nécessitant l'intervention de l'État.
(Document 2)
• Argument 4 : Les populations pauvres sont les premières victimes de la dégradation environnementale.
→ Pauvreté = surexploitation des ressources et forte vulnérabilité aux catastrophes naturelles.
(Document 6)
II. Il est possible de concilier croissance économique et préservation de l’environnement
A. Orienter la croissance vers des pratiques plus durables
• Argument 1 : L’utilisation croissante des énergies renouvelables montre la possibilité d’une transition.
→ Les pays européens fixent des objectifs de développement des énergies vertes (ex : Allemagne : 10,2 % → 12,5 %).
(Document 3)
• Argument 2 : Améliorer l’efficacité énergétique pour produire mieux avec moins de ressources.
→ Exemple : baisse de l’intensité énergétique de l'industrie française entre 1996 et 2006.
(Document 5)
B. Encadrer la croissance grâce à des politiques nationales et internationales
• Argument 3 : L’État doit intervenir pour corriger les effets négatifs du marché.
→ Mise en place de taxes, subventions, permis d'émission pour inciter à des comportements respectueux de l’environnement.
(Document 2)
• Argument 4 : La coopération internationale est indispensable pour réussir la transition écologique.
→ Taxe carbone de 25 USD/t CO₂ permettrait une réduction de 43 % des émissions dans les pays de l’OCDE d’ici 2030.
(Document 4)
Conclusion
Bilan : Il est vrai que la croissance actuelle accentue les dégradations écologiques : elle repose encore massivement sur les énergies fossiles (Doc 1), conduit à la
surexploitation des ressources naturelles, et engendre des externalités négatives mal gérées (Doc 2). De plus, elle aggrave les inégalités environnementales en
touchant plus durement les populations pauvres (Doc 6). Toutefois, arrêter totalement la croissance n’est ni réaliste ni souhaitable, car il est possible de la réorienter
: les investissements dans les énergies renouvelables (Doc 3), les progrès en efficacité énergétique (Doc 5), l’intervention publique (Doc 2) et la coopération
internationale (Doc 4) montrent qu’une transition est envisageable.
Réponse à la problématique : Il ne s’agit donc pas d’arrêter la croissance, mais de la transformer. Un modèle de croissance durable, sobre en ressources, socialement
équitable et écologiquement responsable est la véritable solution.
Ouverture : Dans un monde où les échanges commerciaux s’intensifient, les États seront-ils capables de construire un commerce international compatible avec les
objectifs environnementaux, ou ce dernier continuera-t-il à alimenter une croissance polluante et inégalitaire ?