Introduction à la logique et aux preuves
Introduction à la logique et aux preuves
I Logique 3
1 Logique propositionnelle 3
1.1 Un monde binaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Syntaxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Sémantique — Les tables de vérité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
II Fonctions et inéquations 22
4 Notions de base 22
4.1 Ordre sur R et intervalles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1
4.2 Fonctions monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4.3 Fonctions affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.4 Valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.5 Polynôme du second degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.6 Fonctions de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.7 Inéquations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
5 Exercices 26
7 Droites et plans 41
7.1 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
8 Systèmes linéaires 43
8.1 Calcul matriciel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
8.2 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
8.3 Transformations élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
8.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
8.5 Inverse d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
8.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
8.7 Déterminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
8.8 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
8.9 Systèmes de Cramer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
8.10 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
2
I. Logique
1 Logique propositionnelle
Définition 1. Une proposition (atomique) est une phrase déclarative qui est soit vraie, soit
fausse (mais pas les deux à la fois). Quand on parlera d’une proposition de façon abstraite, on la
notera P ou Q,... mais parfois aussi p, q,...
1.2 Syntaxe
Définition 2. Les formules (de la logique propositionelle) sont définies par induction. Quand
on parlera d’une formule de façon abstraite, on la notera ϕ, ψ,...
(1) Formules de base : Une proposition atomique p est une formule.
(2) Formules générales ou règles pour constuire des formules plus complexes :
Si ϕ, ϕ1 et ϕ2 sont des formules, on peut construire les formules suivantes :
(a) ¬ϕ est appelée la négation et est lue « non ϕ ».
(b) ϕ1 ∨ ϕ2 est appelée la disjonction et est lue « ϕ1 ou ϕ2 ».
(c) ϕ1 ∧ ϕ2 est appelée la conjonction et est lue « ϕ1 et ϕ2 ».
(d) ϕ1 ⇒ ϕ2 est appelée l’implication et est lue « si ϕ1 alors ϕ2 ».
(e) ϕ1 ⇔ ϕ2 est appelée l’équivalence et est lue « ϕ1 si et seulement si ϕ2 ».
En plus des symboles de propositions (P, Q,...), et des symboles de connecteurs logiques (¬,
∨, ∧, ⇒ et ⇔), des parenthèses peuvent être utilisées pour écrire les formules de la logique
propositionnelle.
Let but de la sémantique de la logique propositionnelle est d’associer à chaque formule la valeur
vrai, notée 1 ou la valeur faux, notée 0. Pour une formule ϕ (plus complexe) on utilise les tables
de vérité pour définir la valeur de vérité de ϕ. Une table est associée à chacun des connecteurs
logiques.
3
P Q P∨Q P Q P∧Q P Q P⇒Q P Q P⇔Q
P ¬P 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
1 0 1 0 1 1 0 0 1 0 0 1 0 0
0 1 0 1 1 0 1 0 0 1 1 0 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1
Définition 3. Tautologie Une formule est une tautologie si elle est toujours vraie (quelles que
soient les valeurs des propositions qui la composent).
Définition 4. Equivalence entre deux formules Deux formules ϕ1 et ϕ2 sont dites équivalentes
si et seulement si la formule ϕ1 ⇔ ϕ2 est une tautologie. Dans ce cas, on note alors ϕ1 ≡ ϕ2 .
1.4 Exercices
4
Exercice I.10. Associer la valeur de vérité correcte à chaque proposition de l’exercice I.21.
5
2 Logique du premier ordre et techniques de preuves
Définition 16. Un prédicat est une proposition paramétrée par une (ou plusieurs) variable(s).
Quand on parlera d’une prédicat de façon abstraite, on la notera par exemple P(x), s’il ne dépend
que de la seule variable x, ou encore Q(x, y), s’il dépend des deux variables x et y.
Les formules (de la logique du premier ordre) peuvent (comme pour les formules de la lo-
gique propositionnelle) être définie formellement par induction. Nous ne le ferons pas ici. Elles
sont construites sur base des prédicats, des connecteurs logiques (¬, ∨, ∧, ⇒ et ⇔), et des
quantificateurs. Des parenthèses peuvent être utilisées pour écrire les formules de la logique pro-
positionnelle.
Définition 19. Soit P(x) un prédicat. Le domaine (ou univers) de P(x) est l’ensemble (noté D)
des valeurs que peut prendre la variable x.
Dans le cas d’un prédicat à plusieurs variables P(x1 , . . . , xn ), si chaque variable xi peut prendre
ses valeurs dans l’ensemble Di (pour i = 1, . . . , n), le domaine de P(x1 , . . . , xn ) sera l’ensemble
D1 × D2 × · · · × Dn .
Le but de la sémantique de la logique du premier ordre est d’associer à chaque formule (sans
variable libre) la valeur vrai, notée 1 ou la valeur faux, notée 0. La sémantique d’un prédicat
P(x), de domaine A, est donnée via une fonction P : D → {0, 1}, qui associe a chaque élément
du domaine A une valeur de vérité qui est soit 1 (vrai), soit 0 (faux). Dans le cas d’un prédicat
à plusieurs variables P(x1 , . . . , xn ), de domaine D1 × D2 × · · · × Dn , la sémantique est donnée via
une fonction P : D1 × D2 × · · · × Dn → {0, 1}.
6
Soit P(x) un prédicat de domaine D.
(1) La formule ∀x P(x) est vraie si et seulement si pour tout a ∈ D, on a P(a) = 1.
(2) La formule ∃x P(x) est vraie si et seulement si il existe a ∈ D, on a P(a) = 1.
Afin d’expliciter le domaine du prédicat, on écrit
(1) ∀x ∈ D P(x), au lieu de ∀x P(x) ;
(2) ∃x ∈ D P(x), au lieu de ∃x P(x).
La preuve par induction (ou récurence) est une technique de preuve qui permet de prouver qu’une
formule du type ∀n ∈ N P(n) est vraie.
7
Méthode : On prouve que la formule ¬ϕ est vraie.
2.6 Exercices
(1) L’ordinateur numéro x est en panne. (3) Le plus joli nombre du monde est n.
(2) L’ordinateur numéro x est-il en panne ? (4) x + 2 < 0.
8
Exercice I.22. Traduisez les phrases suivantes en formule.
(1) Il existe un nombre réel strictement inférieur à 4.
(2) Tous les nombres entiers sont négatifs.
(3) Il existe un nombre plus grand que tous les autres nombres.
(4) Quel que soit un nombre, il existe un nombre strictement plus grand.
(5) Tout nombre réel est un carré.
(6) Quel que soit un nombre réel, si ce nombre est positif, alors c’est un carré.
Exercice I.23. On note P(a, b), le prédicat qui se lit « la clef a ouvre le coffre-fort b ».
(1) Traduisez les formules suivantes en français.
Exercice I.25. Dans cet exercice, on introduit une notation importante (notation sommatoire) qui
sera utilisée dans la suite.
n
a0 + a1 + · · · + an = ∑ ak .
k=0
Calculez les valeurs des sommes suivantes.
3 3 3 5 3 3
(a) ∑ 1, (b) ∑ 1, (c) ∑ k, (d) ∑ 1, (e) ∑ k2 , (f) ∑ (k + 1),
k=1 k=0 k=1 k=3 k=0 k=1
n
Exercice I.26. On note P(n) le prédicat ∑ j3 = n2 + n − 1. Donnez le prédicat P(k + 1).
j=1
9
n
Exercice I.27. On note P(n) le prédicat ∑ j2 = n3 . Donnez les prédicat P(k + 1) et P( j).
j=1
Exercice I.31. Prouvez, par induction, que quel que soit n ∈ N, on a n < 2n .
Exercice I.32. Prouvez, par induction, que quel que soit n ∈ N, si n > 4, alors on a 2n < n!.
Exercice I.33. Prouvez, par induction, que quel que soit n ∈ N, n3 − n est un multiple de 3.
Exercice I.34. Prouvez, par induction, que la somme des n premiers nombres impairs est égales
à n2 .
Exercice I.35. Une machine distribue des timbres de 3 Euros et de 5 Euros. Prouvez, par induc-
tion, que cette machine peut distribuer en timbres n’importe quelle valeur n > 8.
Exercice I.36. Quel que soit n ∈ N0 , on note Hn = ∑nk=1 1/k. Prouvez, par induction, que quel
que soit n ∈ N0 , H2n > 1 + n2 .
10
(1) ∀a ∈ R a2 + 1 6= 0. (4) ∀a ∈ Q ∃b ∈ Q a + b = 0.
(2) ∃x ∈ N x2 < x. (5) ∃a ∈ Z ∀b ∈ Z a2 = b2 .
(3) ∀x ∈ R ∀y ∈ R x + y < x − y. (6) ∀a ∈ R ∀b ∈ R ∃c ∈ R a + b + c = 0.
Exercice I.38. Donnez en français correct, la négation de la phrase suivante : « Quel que soit n
un naturel, si n est pair alors n + 1 est impair ».
Exercice I.40. Déterminez si les formules suivantes sont vraies ou fausses. Justifiez votre ré-
ponse.
(1) ∃a ∈ N a2 + 2a + 1 = 0. (5) ∃a ∈ N ∃b ∈ N a + b = 7.
(2) ∃a ∈ Z a2 + 2a + 1 = 0. (6) ∀a ∈ Z ∃b ∈ Z b < a.
(3) ∀x ∈ R x = x2 . (7) ∃a ∈ N ∀b ∈ N a < b.
(4) ∀x ∈ R x 6 x2 .
= (8) ∀a ∈ N ∀b ∈ N (a < b) ⇒ (a2 = b2 ).
Exercice I.42. Vous trouverez ci-dessous une proposition et sa preuve. Qu’en pensez-vous ?
11
Exercice I.43. Vous trouverez ci-dessous une proposition et sa preuve. Qu’en pensez-vous ?
Exercice I.44. Prouvez que quel que soit a ∈ Z, si a est un multiple de 4, alors a est pair.
Exercice I.45. Prouvez que la somme de deux nombres impairs est un nombre pair.
Exercice I.46. Prouvez que quel que soit a ∈ Z, si a est pair, alors a2 est pair.
Exercice I.47. Prouvez, à l’aide de la contraposée, que quel que soit a ∈ Z, si a2 est pair, alors a
est pair.
Exercice I.48. Prouvez, à l’aide de la contraposée, que quel que soit a ∈ Z, si 3a + 2 est impair,
alors a est impair.
Exercice I.50. Prouvez, par l’absurde, que la formule suivante est vraie.
∀a ∈ R ∀b ∈ R (a ∈ Q ∧ b 6∈ Q) ⇒ (a + b 6∈ Q).
Exercice I.51. Prouvez, par l’absurde, que zéro n’a pas d’inverse pour la multiplication.
Exercice I.52. Prouvez, par l’absurde, que quel que soit a ∈ Z, si a2 est pair, alors a est pair.
12
Exercice I.53. Prouvez, par l’absurde, que la formule suivante est vraie.
∀a ∈ R ∀b ∈ R (a 6= 0 ∧ a ∈ Q ∧ b 6∈ Q) ⇒ (ab 6∈ Q).
√
Exercice I.54. Prouvez, par l’absurde, que 2 6∈ Q.
√ √ √
Exercice I.55. Prouvez que 6 6∈ Q. En déduire que 2 + 3 6∈ Q.
Exercice I.56. Prouvez par l’absurde la proposition suivante. Soit n ∈ N, si n est le carré d’un
entier non-nul, alors 2n n’est pas le carré d’un entier.
Exercice I.57. Vous trouverez ci-dessous une proposition et sa preuve. Qu’en pensez-vous ?
Exercice I.58. Vous trouverez ci-dessous une proposition et sa preuve. Qu’en pensez-vous ?
Exercice I.59. Nous allons décrire un jeu à deux joueurs qui se joue avec deux tas de pierres.
Dans ce jeu, les joueurs jouent à tour de rôle. On pose sur une table deux tas de pierres, chaque
tas est composé du même nombre n de pierres. Chaque joueur peut, quand c’est à lui de jouer,
choisir de retirer une ou plusieurs pierres dans le tas de son choix. Au cours d’un même tour, il
ne peut pas retirer des pierres provenant de deux tas différents. Par contre, il peut retirer autant
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de pierres qu’il le souhaite dans le tas de son choix (tant qu’il en retire au moins une). Il peut
également changer de tas lors du tour suivant. Le gagnant est le joueur qui retire la dernière pierre
de la table.
(1) Ce jeu peut-il se conclure par un match nul ?
(2) Dans le cas où n = 5, la stratégie ci-dessous est-elle gagnante 1 pour le joueur qui com-
mence à jouer :
Au premier coup, retirer toutes les pierres de l’un des deux tas.
Ensuite, retirer une pierre à la fois dans l’autre tas.
(3) Dans le cas où n = 5, la stratégie ci-dessous est-elle gagnante pour le joueur qui com-
mence à jouer :
Toujours ne retirer qu’une pierre à la fois, avec une préférence pour le plus gros tas
(quand les deux tas sont de tailles différentes, sinon au hasard).
(4) Dans le cas où n = 5, la stratégie ci-dessous est-elle gagnante pour le joueur qui ne
commence pas à jouer :
Si le joueur qui a commencé à jouer a retiré k pierres dans l’un des deux tas au coup
précédent, on retire k pierres dans l’autre tas.
(5) Dans le cas où n = 6, est-il possible de donner une stratégie gagnante pour le joueur qui
commence à jouer ?
(6) Dans le cas où n = 6, est-il possible de donner une stratégie gagnante pour le joueur qui
ne commence pas à jouer ?
(7) Que se passe-t-il pour n quelconque ?
(8) Que se passe-t-il si on change légèrement les règles du jeu en imposant que les deux tas
ne contiennent pas le même nombre de pierres au début de la partie ?
Le monde réel n’est pas binaire. Si on lance un dé à six faces, et que l’on considère l’affirmation
« le dé va tomber sur un nombre pair » plutôt qu’une réponse binaire de type oui ou non, on
s’attend plutôt à une réponse du type « il y a une chance sur deux que le dé tombe sur un nombre
pair » (dans le cas d’un dé parfaitement équilibré).
Définition 60 (Univers d’une expérience aléatoire). Quand on réalise une expérience aléatoire
on appelle l’univers de l’expérience aléatoire l’ensemble des issues possibles, souvent noté Ω.
1. Une stratégie est dite gagnante pour un joueur si le joueur qui suit cette stratégie gagne la partie, quelle que
soit la manière de jouer de son adversaire.
14
Définition 61 (Ensembles, éléments et appartenance). Un ensemble est une collection d’objets.
Les objets de l’ensemble sont appelés les éléments de l’ensemble. Si A est un ensemble et a est
un élément de A, on dit aussi que a appartient à A (on dit aussi que A contient a). On note alors
a ∈ A. Dans le cas où a n’appartient pas à A, on note a 6∈ A.
Définition 62 (Ensemble défini en extension). Un ensemble est défini en extension si on donne
explicitement la liste de ses éléments. Par exemple : {1, 2, 3}.
Définition 63 (Ensemble défini en compréhension). Un ensemble est défini en compréhension si
on donne une formule qui définit ses éléments. Si P(x) est un prédicat de domaine A, l’ensemble
{x ∈ A | P(x)} est défini en extension. Par exemple : {n ∈ N | n est pair}.
Définition 64 (Événement). On considère une expérience aléatoire d’univers Ω. Un événement
de cette expérience aléatoire est un sous-ensemble de Ω.
Définition 65 (Inclusion d’ensembles). On dit que l’ensemble A est inclus dans l’ensemble B,
noté A ⊆ B, si et seulement si
∀x x ∈ A ⇒ x ∈ B.
Définition 66 (Egalité d’ensembles). On dit que deux ensemble A et B sont égaux, noté A = B,
si et seulement si
A ⊆ B ∧ B ⊆ A.
Définition 67 (Cardinalité d’un ensemble fini). Soit A un ensemble et n ∈ N. Si A contient exac-
tement n éléments distincts, on dit que A est un ensemble fini et que la cardinalité de A est n. La
cardinalité de l’ensemble A est notée |A|.
Définition 68 (Probabilité). On considère une expérience aléatoire dont l’univers Ω est constitué
d’un nombre fini d’issues équiprobables (par exemple le lancer d’un dé parfaitement équilibré).
Dans ce cas, la probabilité d’un événement E ⊆ Ω, notée P(E) est définie par
|E|
P(E) = .
|Ω|
Définition 69 (Ensemble vide). L’ensemble vide est l’ensemble ne contenant aucun élément. Il
est noté ∅ ou {}.
On remarque que quel que soit l’univers Ω (non vide) on a que P(∅) = 0.
15
Définition 71 (Intersection d’ensembles). L’intersection de deux ensembles A et B est l’en-
semble noté A ∩ B et défini ci-dessous.
A ∩ B = {x | x ∈ A ∧ x ∈ B}.
Définition 72 (Complémentaire d’un ensemble). On se fixe Ω un textbfunivers. Soit A un en-
semble, le complémentaire de A (dans Ω) est noté A, Ac , ou {A ou encore Ω \ A et est défini
ci-dessous.
A = Ac = {A = Ω \ A = {x ∈ Ω | x 6∈ A}.
Définition 73. Deux ensembles A et B sont dits disjoints si A ∩ B = ∅.
A∪B A∩B
Ω\A
A B A B A
Exercice I.74 (Marche de l’ivrogne). Après avoir bien bu, un étudiant sort d’un bar. Il habite
dans la même rue que le bar, mais il ne sait plus où... A chaque pas, il va vers la droite avec
une chance sur deux, et vers la gauche avec une chance sur deux. On peut représenter sa rue
par l’ensemble des entiers Z. Si on suppose que la position du bar est en 0, où (et avec quelle
probabilité) peut se trouver notre étudiant après 1 pas ? 2 pas ? 3 pas ? 4 pas ? n pas ?
Définition 77 (Coefficient binomial). Quel que soit n ∈ N, quel que soit k ∈ N tel que k 6 n, le
n
coefficient binomial, noté k , lu « k parmi n », est défini par
n n!
= ,
k k! (n − k)!
parfois aussi noté Cnk .
16
Proposition 78 (Propriété des coefficients binomiaux). Quel que soient n, k ∈ N tels que 0 < k 6
n, on a
n n−1 n−1
= +
k k−1 k
Définition 79 (Triangle de Pascal). Le triangle de Pascal est une présentation des coefficients
binomiaux dans un triangle. Une représentation des cinqs premières lignes du triangle de Pascal
est donnée sur la Figure 1.
0
Ligne 0 0
1 1
Ligne 1 0 1
2 2 2
Ligne 2 0 1 2
3 3 3 3
Ligne 3 0 1 2 3
4 4 4 4 4
Ligne 4 0 1 2 3 4
3.4 Exercices
17
Exercice I.82. Donnez l’univers des expériences aléatoires suivantes.
(1) On lance une fois une pièce de monnaie.
(2) On lance deux fois une pièce de monnaie.
(3) On lance une fois deux pièces de monnaie.
(4) On lance une fois un dé à six faces.
(5) On lance deux fois un dé à six faces.
(6) On lance un dé à six face et une pièce de monnaie.
(7) On lance une pièce de monnaie jusqu’à obtenir “pile”.
Exercice I.83. On considère une expérience aléatoire dans laquelle on lance une fois un dé à six
faces. Donnez les événements suivants :
(1) Le dé tombe sur 4.
(2) Le dé tombe sur un nombre impair.
(3) Le dé tombe sur un nombre strictement supérieur à 1.
Exercice I.84. Soient A = {1, 2} et B = {1, 2, 3}. A est-il inclus à B ? B est-il inclus à A ?
Exercice I.88. Déterminer si les paires d’ensembles suivants sont égaux. Justifier.
(1) {1, 2, 3} et {1, 2, 2, 3, 1}.
(2) {x ∈ R | x2 − 2x + 1 = 0} et {1}.
(3) {n ∈ N | n est premier} et 2N.
18
Exercice I.89. On considère une expérience aléatoire lors de laquelle on lance une fois un dé à
six faces (parfaitement équilibré).
(1) Donnez l’univers de cette expérience aléatoire.
(2) Calculez la probabilité de l’événement : trois.
(3) Calculez la probabilité de l’événement : un nombre pair.
(4) Calculez la probabilité de l’événement : un nombre inférieur ou égal à 7.
Exercice I.90. On considère une expérience aléatoire lors de laquelle on lance une fois deux dés
à six faces (parfaitement équilibrés).
(1) Donnez l’univers de cette expérience aléatoire.
(2) Calculez la probabilité de l’événement : la somme des dés est inférieure ou égale à 2.
(3) Calculez la probabilité de l’événement : la somme des dés est inférieure ou égale à 3.
(4) Calculez la probabilité de l’événement : les deux dés affichent le même nombre.
(5) Calculez la probabilité de l’événement : les deux dés affichent des nombres différents.
Exercice I.91. On considère une expérience aléatoire lors de laquelle on lance une fois quatre
pièces de monnaie (parfaitement équilibrées).
(1) Donnez l’univers de cette expérience aléatoire.
(2) Calculez la probabilité de l’événement : quatre piles.
(3) Calculez la probabilité de l’événement : zéro pile.
(4) Calculez la probabilité de l’événement : autant de piles que de faces.
Exercice I.94. Prouvez que quel que soit un ensemble A, on a (a) ∅ ⊆ A ; et (b) A ⊆ A.
19
Exercice I.96. On considère une expérience aléatoire lors de laquelle on lance une fois un dé à
six faces (parfaitement équilibré).
(1) Donnez l’univers de cette expérience aléatoire.
(2) On note E1 l’événement : un nombre pair. Donnez en extension l’événement E1 .
(3) On note E2 l’événement : un multiple de trois. Donnez en extension l’événement E2 .
(4) On note E3 l’événement : un nombre strictement supérieur à trois. Donnez en extension
l’événement E3 .
(5) Calculez P(E1 ∪ E2 ), P(E1 ∩ E2 ), P(E2 ∪ E3 ), P(E2 ∩ E3 ), P(E1 ∪ E3 ), et P(E1 ∩ E3 ).
Exercice I.97. On considère une expérience aléatoire lors de laquelle on lance une fois trois
pièces de monnaie (parfaitement équilibrées).
(1) Donnez l’univers de cette expérience aléatoire.
(2) Calculez la probabilité de l’événement : pile sur la première pièce et face sur la troisième
pièce.
(3) Calculez la probabilité de l’événement : pile sur la première pièce ou face sur la troisième
pièce.
Exercice I.98. On considère une expérience aléatoire lors de laquelle on lance une fois deux dés
à six faces (parfaitement équilibrés).
(1) Calculez la probabilité de l’événement : le nombre sur le premier dé est trois et le nombre
sur le second dé est impair.
(2) Calculez la probabilité de l’événement : le nombre sur le premier dé est trois ou le nombre
sur le second dé est impair.
(3) Calculez la probabilité de l’événement : le nombre sur le premier dé est pair et la somme
de dés est inférieure ou égale à quatre.
(4) Calculez la probabilité de l’événement : le nombre sur le premier dé est pair ou la somme
de dés est inférieure ou égale à quatre.
Exercice I.99. Soit Ω un univers constitué d’un nombre fini d’issues équiprobables. Soient A et
B deux événements. Déterminez si les affirmations suivants sont vraies ou fausses.
(1) P(A ∪ B) = P(A) + P(B).
(2) P(A ∩ B) = P(A) · P(B).
(3) (A ⊆ B) ⇒ (P(A) 6 P(B)).
(4) (A ∩ B = ∅) ⇒ (P(A ∪ B) = P(A) + P(B)).
20
Exercice I.100. Calculez les cinqs premières lignes du triangle de Pascal en remplaçant les co-
efficients binomiaux de la Figure 1 par leur valeur.
Exercice I.101. Quel lien pouvez-vous faire entre l’Exercice I.74 et le triangle de Pascal ?
Exercice I.103. Prouvez que dans le triangle de Pascal, quel que soit n ∈ N, la somme des termes
de la ligne n est égale à 2n .
21
II. Fonctions et inéquations
4 Notions de base
Souvent il est pratique (c’est ce que nous ferons) de considérer des intervalles non-orientés,
c’est-à-dire qu’on ne se soucie pas de l’ordre des bornes, on prend toujours tous les réels entre
ces bornes. Par exemple, la définition pour ]a, b] avec a, b ∈ R est
(
{x ∈ R | a < x ∧ x 6 b} si a 6 b,
]a, b] :=
{x ∈ R | b 6 x ∧ x < a} si a > b.
22
Il est aisé de généraliser les définitions des autres types d’intervalle de la même manière (ceci est
à votre charge). Avec ces définitions d’intervalle, on a par exemple ]a, b] = [b, a[, ce qui illustre
que l’ordre des bornes n’est pas important. On peut donner des définitions de ces intervalles
non-orientés qui ne nécessitent pas de distinction de cas. Par exemple, pour l’intervalle ]a, b]
ci-dessus, on a (pouvez-vous le montrez ?), quels que soient a 6= b réels,
]a, b] := (1 − t)a + tb t ∈ ]0, 1] .
Les résultats analogues pour les autres types d’intervalle vous sont laissés comme exercices.
% sur A) si
f est strictement croissante sur A ( f %
Si une fonction f est strictement croissante sur A, elle est en particulier croissante sur A. De plus
elle vérifie aussi
∀x1 , x2 ∈ A ∩ Dom f , f (x1 ) < f (x2 ) ⇒ x1 < x2 (1)
(vous devez pouvoir le montrer).
Les seules fonctions qui sont à la fois croissantes et décroissantes sont les fonctions constantes.
(Pouvez-vous le prouver ?)
Une fonction f est dite monotone (resp. strictement monotone) si f est croissante (resp. stricte-
ment croissante) ou décroissante (resp. strictement décroissante).
23
4.3 Fonctions affines
Une fonction f : R → R : x 7→ f (x) est dite affine si elle peut s’écrire sous la forme
f (x) = ax + b
pour certains a, b ∈ R. Le graphe d’une fonction f : R → R est l’ensemble des points (x, y) ∈ R2
tels que y est l’image de x par f . On le note Graph f . Plus concisément,
Graph f := x, f (x) : x ∈ R et f (x) existe .
Il est important de remarquer que, pour tout x ∈ R, il y a au plus un y ∈ R tel que (x, y) ∈
Graph( f ). Le graphe d’une fonction affine est une droite. Plus précisément, le graphe de la
fonction f (x) = ax + b est la droite d’équation cartésienne y = ax + b et d’équation paramétrique
(x, y) = (0, b) + λ (1, a), λ ∈ R.
La relation entre les équations cartésiennes et paramétriques est expliquée à la section 7, page 41.
La fonction identité sur les réels f : R → R : x 7→ x est un cas particulier de fonction affine.
24
4.5 Polynôme du second degré
On dit qu’une fonction f : R → R est un polynôme du second degré si f peut s’écrire sous la
forme
f (x) = ax2 + bx + c
pour certains a, b, c ∈ R avec a 6= 0. Le graphe d’une telle fonction est une parabole de sommet
−b/(2a). Si a > 0, la parabole est « tournée vers le haut » ; si a < 0, elle est « tournée vers le
bas ».
Pour le signe d’une expression du second degré, trois cas peuvent se produire.
Si ∆ := b2 − 4ac < 0, le signe de ax2 + bx + c est le même que celui de a.
Si ∆ = 0, le polynôme ax2 + bx + c s’annule en x = −b/(2a) et possède le même signe que
celui de a ailleurs.
Si ∆ > 0, le polynôme ax2 + bx + c possède deux racines x1 < x2 (pour lesquelles vous avez
vu en secondaire des formules explicites), possède le même signe que a à l’extérieur de ces
racines et le signe opposé à a entre celles-ci. On peut résumer ceci par le tableau suivant.
x x1 x2
ax2 + bx + c sign(a) 0 − sign(a) 0 sign(a)
Les domaines, images, graphes et propriétés des fonctions suivantes sont supposés connus.
√
R → R√ : x 7→ xα en fonction de α ∈ R. En particulier, les fonctions x 7→ x2 , x 7→ x3 , x 7→ x
et x 7→ 3 x seront maîtrisées.
Les fonctions trigonométriques cos, sin, tg (les angles seront toujours en radians — sans qu’on
ait besoin de le préciser).
Les fonctions trigonométriques inverses arcsin, arccos et arctg.
Les fonctions R → R : x 7→ ex = exp(x) et R → R : x 7→ ln x = log x.
Nous vous invitons à faire l’exercice II.7 afin de rafraîchir vos connaissances.
Nous vous rappelons les règles de calcul sur les exposants (vous pouvez les retrouver à partir des
exposants entiers). Ces règles sont valables pour x > 0 et, plus généralement, dès que les deux
membres sont bien définis.
xα xβ = xα+β ,
(xα )β = xαβ .
25
4.7 Inéquations
Une inéquation est une inégalité du type f (x) 6 g(x) ou f (x) < g(x), où f est g sont des fonctions
et x est une inconnue. On cherche pour quelles valeurs de x l’inégalité est satisfaite. L’ensemble
des solutions de l’inéquation f (x) 6 g(x) est donc {x ∈ R | x ∈ Dom f ∧x ∈ Dom g∧ f (x) 6 g(x)}.
Résoudre l’inéquation f (x) 6 g(x), c’est exprimer l’ensemble de ses solutions
comme union minimale 4 d’intervalles. Comme conséquence de cette minimalité, ces intervalles
doivent être disjoints deux à deux (c’est-à-dire que l’intersection de n’importe quelle paire de
ces intervalles est vide). Il est facile d’adapter les définitions précédentes aux inéquations de la
forme f (x) < g(x).
5 Exercices
Exercice II.1. À partir des propriétés de l’ordre sur R (page 22), établissez les affirmations sui-
vantes.
(1) Pour tout x ∈ R, (x > 0 et x 6 0) ⇒ x = 0.
(2) Pour tout x ∈ R, x 6 0 ⇔ −x > 0.
(3) Pour tout x, y ∈ R, x 6 y ⇔ y − x > 0.
(4) Pour tout x, y ∈ R, (x > 0 et y > 0) ⇒ x + y > 0.
(5) Pour tout x ∈ R, x2 > 0.
(6) 1 > 0 > −1.
(7) Pour tout x, y ∈ R, si x > 0 et y 6 0 alors xy 6 0.
(8) Pour tout x, y ∈ R, si x 6 0 et y 6 0 alors xy > 0.
(9) Pour tout x, y ∈ R, x 6 y ⇔ −x > −y.
(10) Pour tout x ∈ R \ {0}, x > 0 ⇔ 1/x > 0.
(11) Pour tout x ∈ R \ {0}, x < 0 ⇔ 1/x < 0.
(12) Pour tout x, y, z ∈ R, si z > 0 alors x 6 y ⇔ xz 6 yz.
(13) Pour tout x, y, z ∈ R, si z < 0 alors x 6 y ⇔ xz > yz.
4. La minimalité des intervalles signifie que leur nombre est le plus petit possible. Par exemple, on n’écrira pas
[0, 1[ ∪ [1, 2] mais [0, 2] qui est une écriture du même ensemble avec moins d’intervalles.
26
f1 (x) = 2x − 3, f2 (x) = 2x, f3 (x) = 2x + 3.
Résolvez algébriquement et graphiquement fi (x) > 0 pour i = 1, 2, 3.
Exercice II.3. Tracer sur un même graphique le graphe des fonctions suivantes :
f (x) = |x|
g(x) = |x − 2|
h(x) = |x + 2|
Exercice II.5. Montrez que |a + b| 6 |a| + |b|. Déduisez en qu’on a |a| − |b| 6 |a − b|.
Exercice II.6. Donnez les ensembles de solutions sur R des inéquations suivantes (indiquer au
préalable les conditions d’existence).
(1) |3x + 5| 6 2 1
(11) √ 6x
x + 1 − x2
(2) |x2 + 3x − 3| > 1
2x2 − 10x + 14
x+1 (12) >1
(3) 63 x2 − 3x + 2
x2 + 2 p
(4) |x2 − 3| < 3x + 2 (13) −3 −x2 − x + 6 < 2(2x + 1) < 3
√ √
x+2 (14) (2x + x)4 + 4(2x + x)2 6 5
(5) 62 √
x2 − x − 6 (15) 2x + 1 + 6 − x − x2 > 0
r r
(6) 3x + 2 6 2|x2 + x − 1| x+1 4−x
(16) 1− >
2x2 − x − 3 2x + 1 2x + 1
(7) 65 p
3x2 − 2x − 5 (17) ln x − 1 − x2 < 0
1 1 √
(8) 6√ x−2 x2 − 3x + 2
x 2−x (18) √ 6
x2 − 5x + 6 x−4
p
x3 (x − 1) 3 √
(9) 6 x3 − 2x2 + x 1
x 8 (19) 6√
2−x x
1 1 3 − 2x 2 6 − 5x 2
(10) 6p
x(x − 1) x(x + 9) (20) 6
x−1 x+2
27
(21) log2 (x + 1) + log4 x < 1 (24) 2 6 |x2 + 4x − 1| < 4
(22) |sin x + 1| 6 1 (25) |sin x| 6 cos x
1 1
(23) 2 cos x − 2 6 2
Exercice II.7. Parmi les graphes ci-dessous, reconnaissez ceux des fonctions élémentaires sui-
vantes :
1 1
1 1
28
1
1 1
1 1 1
1 1
1
1 1 1
1
1
1
1
1 1
1 1
29
1
1
1
1
1 1
1
1 1 1
1 1 1
1 1 1
1 1 1
1 1 1
30
Exercice II.8. Résoudre dans R les systèmes suivants :
(
3x − 5 > 2x − 1
(1)
5x − 8 6 3x + 2
(
(x + 1)(x2 + 2x − 1) > 0
(2)
−(x + 1)(x2 + x − 2) < 0
Exercice II.11. Donner, pour chaque valeur réelle m, le nombre de racines strictement supérieu-
res à 1 du trinôme x2 + 2mx + 7m − 10.
Exercice II.12. Déterminer tous les nombres réels α pour lesquels on a que αx2 − x + α > 0
pour tout x > 0.
x2 + mx + 1
Exercice II.14. Pour quelles valeurs du paramètre m ∈ R a-t-on 2 < 3 quel que soit
x +x+1
x ∈ R?
Exercice II.15. Soit p ∈ ]1, +∞[. Résoudre dans R, en discutant selon les valeurs de p, l’inéqua-
2
tion px −1 > 5x−1 .
Exercice II.16. Représenter dans R2 l’ensemble des couples (x, y) vérifiant chacun des systèmes
d’inéquations suivants.
x+y−2 > 0
x−y+1 > 0
(1) −x + 6y − 3 < 0 (2) x + y − 4 < 0
2x − y − 8 < 0 x − 6y + 3 < 0
31
(4) |x + y| 6 1 (6) |x| − |y| 6 1
(5) 0 6 |x| − |y| 6 1
Exercice II.17. Prouver que les relations suivantes sont vraies pour n’importe quelles valeurs de
x, y ∈ R.
(1) max{x, y} = 12 x + y + |x − y|
(2) min{x, y} = 12 x + y − |x − y|
32
III. Éléments d’algèbre linéaire
6 Optimisation linéaire
Introduction
Les problèmes étudiés dans ce chapitre consistent à trouver la valeur optimale (maximum ou
minimum) d’une fonction dont les variables sont soumises à certaines restrictions. Par exemple :
Pour les deux premiers exemples, il s’agit de choisir, parmi toutes les solutions possibles, celle
qui maximisera la fonction « bénéfice » dans le premier cas ou celle qui minimisera la fonction
« prix de revient » dans le second. Le dernier exemple est purement mathématique. On cherche
parmi tous les couples (x, y) qui satisfont le système des contraintes, celui qui fournira la plus
grande valeur prise par la fonction f .
Dans ces notes, la fonction f à optimiser sera une fonction affine de deux variables, c’est-à-dire
de la forme
f (x, y) = ax + by + c
et ces deux variables seront soumises à des contraintes définies par des inéquations linéaires
a0 x + b0 y + c0 6 0 ou > 0.
33
6.1 Notions de base
Plaçons-nous dans le plan cartésien R2 = {(x, y) : x, y ∈ R} muni d’un repère orthonormé. Suppo-
sons, sans perte de généralité, que l’origine de tous les vecteurs considérés coïncide avec l’origine
o du repère. À chaque point p de coordonnées (x, y), on peut donc associer un vecteur → −v =− →
op
et réciproquement. On dit que c’est une correspondance 1-1 et on écrira → −v = (x, y).
y (x, y)
→
−
v
o x X
F IGURE 2 – Un vecteur de R2
θ →
−
v1 →
−
v1
θ
Remarquons que le produit scalaire de deux vecteurs du plan est un nombre réel et pas un vecteur.
Par exemple, (1, −3) · (−2, −1) = 1.
De (2), nous déduisons que le produit scalaire de deux vecteurs est nul si et seulement si ils
sont orthogonaux (Voyez-vous pourquoi ?). Ainsi, tous les vecteurs (x, y) orthogonaux à (2, 1)
5. →
−
v1 et →−
v2 définissent à priori deux angles. Vous pouvez choisir n’importe lequel des deux pour calculer le
produit scalaire. En effet, ces deux angles ont le même cosinus. Justifiez pourquoi.
34
vérifient l’égalité 2x + y = 0. Nous reconnaissons l’équation d’une droite, notée D0 , qui passe
par l’origine du repère. De même , l’ensemble des vecteurs (x, y) dont le produit scalaire avec
(2, 1) vaut 3 est la droite d’équation 2x + y = 3. Remarquons que ces droites sont parallèles.
t
roî
cc
(2, 1)
t
roî
2x +
éc
cd
y=
3
D0
C ONCLUSIONS :
L’équation générale d’une droite D du plan est ax +by = c. C’est l’ensemble des couples (x, y)
de R2 dont le produit scalaire avec (a, b) vaut c. Le vecteur (a, b) est perpendiculaire à cette
droite ; il est appelé vecteur normal ou gradient 6 .
Toute droite d’équation ax + by = c0 est parallèle à D.
La figure 4 montre également que la valeur de c augmente (respectivement diminue) lorsque
nous nous déplaçons dans le même sens (respectivement dans le sens opposé) que le gradient.
Ce dernier argument sera capital dans la résolution des problèmes d’optimisation.
6. La notion de gradient sera abordée plus largement
dans le cours d’analyse. Pour le moment, contentons-nous
de remarquer que (a, b) = ∂x (ax + by), ∂y (ax + by) .
35
6.2 Optimiser une fonction
Commençons par représenter graphiquement le système d’inéquations déterminé par les con-
traintes (voir figure 5). Nous obtenons ainsi le domaine ∆ des solutions possibles du problème.
Ce domaine est délimité par les sommets (0, 0), (0, 1), (1, 2), (2, 2), (3, 1) et (3, 0). C’est le
polygone des contraintes. Considérons ensuite le faisceau de droites Dc d’équations 2x + y = c
associé à la fonction f à optimiser. Son gradient est le vecteur (2, 1).
(1, 2) (2, 2)
(0, 1) (3, 1)
(0, 0) (3, 1)
Nous déduisons facilement de ce graphique que le minimum de la fonction objectif f (x, y) = 2x+
36
y est atteint au sommet 7 (0, 0). C’est le premier point rencontré lors du balayage. Le maximum
sera quant à lui atteint au dernier point du domaine qui intersecte une droite du faisceau, c’est-à-
dire le sommet (3, 1) défini par l’intersection des droites d’équations x = 3 et x + y = 4.
En conclusion, le minimum de la fonction f (x, y) = 2x + y sur ∆ vaut 0 (= f (0, 0)) et son maxi-
mum vaut 7 (= f (3, 1)).
À priori, tous les points du domaine ∆ sont des solutions possibles du problème. Toutefois, nous
avons le résultat suivant :
Théorème 1. Soit une fonction f définie par f (x, y) = ax + by + c soumise à des contraintes de
la forme ai x + bi y 6 ci (ou > ci ), avec i = 1, . . . , n. Si la valeur optimale (maximum ou minimum)
de la fonction f existe, alors elle est atteinte en au-moins un sommet du domaine ∆ délimité par
les contraintes.
C’est une propriété générale que nous ne démontrerons pas ici. Son intérêt est de restreindre la
recherche du maximum ou du minimum à un nombre fini de points.
Le vecteur (1, 2) est le gradient de la fonction. Nous avons représenté le domaine ∆ déterminé par
les contraintes à la figure 6 . En balayant le domaine ∆ dans le même sens que le gradient, nous
voyons que le maximum est atteint en tous les points du segment joignant les sommets (2, 5) et
(6, 3). Cela montre qu’il n’y a pas systématiquement unicité de la solution. Cette constatation
se justifie ici par le fait que la droite passant par ces deux sommets a pour équation x/2 + y = 6
(cf. le système des contraintes), ce qui peut encore s’écrire x + 2y = 12. Nous reconnaissons
alors l’équation d’une droite du faisceau défini par la fonction. Le maximum de la fonction
f (x, y) = x + 2y + 1 vaut donc 13.
â Soit la fonction f (x, y) = −x − 2y soumise au système de contraintes (S) représenté par la fi-
gure 7. Cette fois, nous devons balayer le polygone des contraintes dans le sens opposé à celui du
gradient (−1, −1). Le minimum est donc atteint au dernier sommet rencontré lors du balayage,
c’est-à-dire en (3, 3), tandis que le maximum est atteint en (1, 1). Le minimum de la fonction
vaut alors −3 et le maximum vaut 1.
7. Puisque, d’après les contraintes, x et y sont deux nombres positifs, nous pouvions prévoir ce résultat sans
passer par la résolution graphique.
37
(2, 5)
(0, 4)
(6, 3)
(0, 0) (8, 0)
(5, 12)
(3, 8)
∆
(8, 4)
(3, 2)
38
â Un agriculteur possède 100 hectares de terre. Il désire planter des pommes de terre dans
une partie, du froment dans une autre et laisser, peut-être, la troisième partie en jachère. Nous
disposons des informations suivantes :
Comment l’agriculteur doit-il organiser ses cultures pour réaliser un bénéfice maximum ?
Désignons par x le nombre d’hectares plantés avec des pommes de terre, et par y le nombre
d’hectares plantés avec du froment. Le nombre d’hectares laissés éventuellement en jachère est
100 − x − y.
Le choix des inconnues mène aux contraintes x > 0, y > 0 et x + y 6 100. L’échéance impose
que x + 4y 6 160. D’autre part, l’agriculteur ne dépensera peut-être pas tout l’argent qui est
à sa disposition, ce qui s’exprime par 10x + 20y 6 1100. Nous obtenons donc le système des
contraintes :
x>0
y > 0
x + y 6 100
x + 2y 6 110
x + 4y 6 160
Les droites du faisceau défini par la fonction ont pour équation 40x + 120y = c. Leur gradient est
le vecteur (40, 120). Le balayage nous permet de localiser le maximum recherché : c’est le som-
met situé à l’intersection des droites d’équation x + 4y = 160 et x + 2y = 110. Ses coordonnées
sont (60, 25).
39
(40, 120)
(60, 25)
20
(100, 0)
20
6.3 Exercices
(1) Trouver les valeurs maximum et minimum de la fonction f (x, y) = 2x + 5y + 1 sous les
contraintes
x>0
y > 0
3x + 2y 6 6
−x + 2y 6 4
(2) Dans une école, un groupe d’élèves se charge de vendre des croissants et des pains au
chocolat à la récréation. Pour pouvoir satisfaire la demande, ils doivent disposer au mini-
mum de 96 croissants et de 108 pains au chocolat. Deux boulangeries proposent pour le
même prix : un lot A comprenant 8 croissants et 12 pains au chocolat ; un lot B composé
de 12 croissants et 9 pains au chocolat.
Quelle commande les élèves doivent-ils passer dans chaque boulangerie pour satisfaire la
demande au moindre coût ?
(3) Soit la fonction f : R2 → R : (x, y) 7→ f (x, y) = −3x − 2y. On considère le système des
40
contraintes
06x61
0 6 y 6 2
(3)
x+y 6 2
y > αx
où α ∈ ]0, +∞[. On est intéressé à minimiser la fonction f sur l’ensemble des (x, y) qui
satisfont (3). Pour quelle(s) valeur(s) de α le minimum est-il atteint au point (1, 1) ?
7 Droites et plans
Le produit scalaire dans le plan nous a permis de rappeler qu’une équation cartésienne d’une
droite D du plan est ax + by = c et que le vecteur →
−
vn := (a, b) est normal à D.
Nous pouvons envisager la description d’une droite sous un autre angle. En effet, si D a pour
direction le vecteur →
−
vd = (xd , yd ) et passe par le point (x0 , y0 ), alors n’importe quel point (x, y)
de D s’écrira
(x, y) = (x0 , y0 ) + λ (xd , yd ), λ ∈ R.
L’équation ci-dessus est une équation paramétrique de D et le vecteur → −
vd est un vecteur directeur
→
− →
−
de D. Bien entendu, on a la relation v · v = 0.
n d
Un vecteur directeur de la droite d’équation ax + by = c est, par exemple, (−b, a). Pour passer
d’une équation paramétrique à une équation cartésienne, il suffit d’éliminer le paramètre λ .
Plaçons-nous maintenant dans l’espace R3 = {(x, y, z) : x, y, z ∈ R}. De la même manière que dans
Z
z
(x, y, z) = →
−
v
Y
y
x
X
R2 , on écrira →
−
v = (x, y, z) pour désigner un vecteur de l’espace et on aura k→
− p
v k = x2 + y2 + z2
(voir figure 9).
41
Le produit scalaire des vecteurs →
−
v1 = (x1 , y1 , z1 ) et →
−
v2 = (x2 , y2 , z2 ) sera donné par
→
−
v1 · →
−
v2 = x1 x2 + y1 y2 + z1 z2
Si on regarde l’ensemble des vecteurs orthogonaux au vecteur (2, 1, −1), on obtient maintenant
le plan α0 d’équation 2x + y − z = 0 qui passe par l’origine du repère. Le vecteur (2, 1, −1) est
orthogonal à α0 . De même, l’ensemble des vecteurs dont le produit scalaire avec (2, 1, −1) vaut
1 est le plan α1 d’équation 2x + y − z = 1. Ces deux plans sont parallèles. On peut transposer les
conclusions obtenues dans le plan à l’espace.
C ONCLUSIONS :
L’équation générale d’un plan α de R3 est ax + by + cz = d. C’est l’ensemble des vecteurs de
l’espace dont le produit scalaire avec (a, b, c) vaut d. Le vecteur (a, b, c) est normal à ce plan.
Tout plan d’équation ax + by + cz = d 0 est parallèle à α.
On peut aussi s’intéresser aux droites de R3 . Pour les décrire, il suffit, comme dans le plan, d’en
connaître un point (x0 , y0 , z0 ) et un vecteur directeur (xd , yd , zd ). Alors, une équation paramé-
trique d’une droite D est
7.1 Exercices
→
− √
Calculez la norme des vecteurs →
−
a = (−3, 0), b = (−2, 2 3) et → −
c = (2, 6, −1).
Soient les vecteurs x = (−2, 5) et y = (4, −1). Calculez les coordonnées du vecteur →
→
− →
− −z =
2→
−
x − 3→ −
y et k→−
x −→−y k.
Calculez (4, −1) · (−3, −2), (0, 4) · (9, 0) et (8, −3, 2) · (5, −1, −2).
Soient →
−
v1 = (4, 1) et →
−
v2 = (−3, 2). Calculez la longueur de la projection de →
−
v1 sur →
−
v2 .
√ √ √ √ √
Les vecteurs 1/ 3, −1/ 3, 3/2 et 2, 0, − 2/2 sont-ils orthogonaux ?
Pour quelle(s) valeur(s) de λ les vecteurs (λ , −2) et (λ , −3λ ) sont-ils orthogonaux ?
Quelle est la forme générale d’une équation cartésienne d’une droite du plan ?
√
Donnez une équation cartésienne de la droite D du plan orthogonale au vecteur 1/2, 3/2
√
et passant par le point 3/2, 3 3/2 .
Donnez une équation cartésienne du plan α comprenant le point (−11, 4, 2) et normal au
vecteur (6, 5, −1).
42
Même question qu’au point précédent mais α passe par le point (2, 5, −6) et est parallèle au
plan β d’équation 3x − y + 2z − 10 = 0.
Même question qu’au point précédent mais α passe par le point (6, −7, 4) et parallèle au plan
OXZ.
Écrivez un système d’équations cartésiennes de la droite D passant par le point de coordonnées
(−6, 4, −3) et parallèle à la droite D0 d’équation paramétrique (x, y, z) = (5 − 3λ , −2 + λ ,
9λ + 1).
Écrivez un système d’équations cartésiennes de la droite D perpendiculaire au plan α ≡ 2x −
3y + 7z = 4 et coupant ce plan au point (6, 5, 1).
Déterminez la valeur du paramètre réel k pour que le plan α ≡ x + ky − z + 3 = 0 soit perpen-
diculaire au plan β ≡ 2kx − y + 2z = 0.
x+2 −y
Déterminez la valeur du paramètre réel k pour que la droite D1 ≡ = = z + 1 soit
3 2
1−x z
perpendiculaire à la droite D2 ≡ = −y − 3 = .
2 k
8 Systèmes linéaires
Soit le système
x − 2y + 3z = 4
2x + y − 4z = 3
−3x + 5y − z = 0
Ce système est caractérisé par les coefficients des inconnues x, y, z et par les termes indépendants,
c’est-à-dire par 12 nombres réels placés à des positions bien déterminées. On peut représenter ce
système par le tableau de nombres à 3 lignes et 4 colonnes suivant :
1 −2 3 4
M= 2 1 −4 3
−3 5 −1 0
Une matrice A de type m × n est un tableau rectangulaire dont les éléments sont rangés selon m
lignes et n colonnes.
43
On note :
a11 a12 . . . a1n
a21 a22 . . . a2n
A = ..
.. ..
. . .
am1 am2 . . . amn
En abrégé, on écrira A = (ai j )16i6m,16 j6n . Les éléments ai j sont appelés les termes ou les coef-
ficients de la matrice A.
Par exemple, l’élément a42 est situé à l’intersection de la 4e ligne et de la 2e colonne. Que valent
a31 , a33 , a24 , a42 dans la matrice M ci-dessus ?
On notera K m×n l’ensemble des matrices de type m × n dont les éléments appartiennent à un
corps K. Par exemple, K peut être R, C, . . . Ici, nous travaillerons essentiellement dans Rm×n .
Matrices diagonales :
a11 0 0 . . . 0
0 a22 0 . . . 0
.. . . ..
. . .
0 0 0 . . . ann
Matrices de type 1 × n ou matrices lignes : a1 a2 . . . an
Matrices de type n × 1 ou matrices colonnes :
a1
a 2
..
.
an
44
Comme pour les réels, on peut définir des opérations sur les matrices.
O PÉRATIONS MATRICIELLES :
Égalité matricielle : deux matrices A(ai j ) et B = (bi j ) sont égales si et seulement si elles sont
de même type et si
ai j = bi j quels que soient i et j.
Transposition : la transposée d’une matrice A, notée At , est la matrice obtenue en échangeant
les lignes et les colonnes de A. Si A ∈ Rm×n , alors At ∈ Rn×m .
1 4
1 2 3
Exemple : si A = , alors At = 2 5 Notons que (At )t = A.
4 5 6
3 6
Addition : Soient A = (ai j ), B = (bi j ) deux matrices de type m × n. Alors, A + B = C où la
matrice C est définie par
ci j = ai j + bi j .
Pour pouvoir additionner deux matrices, il faut donc qu’elles soient de même type. Leur
somme s’effectue alors composante par composante et la matrice ainsi obtenue est aussi de
type m × n.
1 2 3 a b c 1+a 2+b 3+c
Exemple : + =
4 5 6 d e f 4+d 5+e 6+ f
Produit par un réel : Soient A ∈ Rm×n et k ∈ R. Alors, kA = B où la matrice B est définie par
bi j = kai j .
1 2 3 −3 −6 −9
Exemple : −3 =
4 5 6 −12 −15 −18
R EMARQUE : Rm×n est un espace vectoriel sur R. Cela signifie que + : Rm×n ×Rm×n → Rm×n
et · : R × Rm×n → Rm×n satisfont les propriétés suivantes :
(1) associativité : ∀A, B,C ∈ Rm×n , (A + B) +C = A + (B +C)
(2) neutre : ∀A ∈ Rm×n , A + 0 = A = 0 + A
(3) inverse : ∀A ∈ Rm×n , ∃B ∈ Rm×n , A + B = B + A = 0 où
0 ... 0
0 = ... ..
.
0 ... 0
45
(8) 1A = A où
1 ... 0
1=
...
0 ... 1
désigne la matrice identité.
Produit matriciel : Pour multiplier deux matrices A et B, l’idée est de multiplier les lignes de
A par les colonnes de B. Si A est de type m × n, il faut donc que B soit de type n × p pour
pouvoir envisager le produit AB. Soient les matrices
a11 . . . a1p
.. ..
. . b11 . . . b1 j . . . b1r
A = ai1 . . . aip et B = ... .. ..
. . .
.. .
.. b p1 . . . b p j . . . b pr
an1 . . . anp
46
Exemple : Soient les matrices
1 1 2 2 1 1
A= , B= et C = .
1 1 3 3 4 4
5 5
On a AB = AC = mais pourtant B 6= C.
5 5
8.2 Exercices
1 2
−3 1 4
Soient les matrices A = 3 4 et B =
−2 5 −1
5 6
Trouvez la matrice X telle que 2A − Bt = X.
Trouvez la matrice C telle que A +C = BA si
0 1 1 1 0 1
A = 2 0 1 et B = 2 1 0
1 3 0 1 0 1
Calculez, si possible
:
2 1
4 −3 1
— 0 −1
−5 2 −1
7 −4
4 2 1
1 3 −1
— −1 0 5
−2 0 6
6 −3 −4
5 −3 1
2 1 −1 0
1 2 0
— 3 −2 0 5 −1 0 4
−2 2 4 2
0 −2 3
2 −3 −5 −1 3 5
Soient les matrices A = −1 4 5 et B = 1 −3 −5
1 −3 −4 −1 3 5
— Quelle relation simple existe-t-il entre A et B ?
— Calculez A2 .
— Déduisez-en B2 et AB.
47
8.3 Transformations élémentaires
À partir d’une matrice augmentée donnée, il est très facile de reconstituer le système qui lui est
associé.
48
La troisième équation nous dit que z = 2. Puis, en remontant dans le système, on obtient successi-
vement y = 1 puis x = −[Link], S = {(−9, 1, 2)} (Vérifiez en remplaçant dans chaque équation
x par −9, y par 1 et z par 2.)
Ce système est particulièrement simple à résoudre car sa matrice augmentée a une forme parti-
culière. On dit que c’est une matrice échelonnée ou en escalier.
Pour échelonner n’importe quelle matrice, on va lui appliquer des transformations élémentaires
sur les lignes. De quoi s’agit-il ?
(2) Faire apparaître un élément non nul sur la 1re ligne de la 1re colonne non nulle en permu-
tant les lignes.
0 3 6 9 3 L1 ↔ L2
0 0 2 4 2
0 2 1 0 1
0 −1 0 1 4
49
(3) Diviser la 1re ligne par son premier élément non nul.
0 1 2 3 1 L1 ← L1 /3
0 0 2 4 2
0 2 1 0 1
0 −1 0 1 4
(4) Ajouter aux autres lignes un multiple convenable de la 1re ligne pour amener des zéros
dans la première colonne non nulle.
0 1 2 3 1
0 0 2 4 2
0 0 −3 −6 −1 L3 ← L3 − 2L2
0 0 2 4 5 L4 ← L4 + L1
50
Nous avons transformé cette matrice en la matrice échelonnée
0 1 2 3 1
0 0 1 2 1
[A∗ |b∗ ] =
0 0 0 0 1
0 0 0 0 0
Ici, la dernière ligne de la matrice augmentée ne nous apporte aucune information et la troisième
ligne implique que le système ne possède aucune solution. En effet, l’équation 0x + 0y + 0z = 1
est impossible. On dit que le système est impossible et on a S = ∅.
La question qui se pose est de savoir si les systèmes (1) et (2) possédent les mêmes solutions.
La réponse est positive et est donnée par le théorème suivant :
Théorème 3. Si on transforme la matrice augmentée [A|b] d’un système en une matrice éche-
lonnée [A∗ |b∗ ], on obtient alors les équations d’un nouveau système qui possède exactement les
mêmes solutions que le système initial.
Résumons :
Ax = b −→ [A|b] −→ [A∗ |b∗ ] −→ A∗ x = b∗
et xs est solution de Ax = b ssi xs est solution de A∗ x = b∗ .
Exemples :
2x1 − x2 + 2x3 + 3x4 = 5
x + x + x − x = 1
1 2 3 4
(1)
x1 + 2x2 − x4 = 3
−x1 − x2 + 3x3 + 2x2 = −6
L’idée est d’échelonner la matrice augmentée du systè[Link] a :
2 −1 2 3 5
1 1 1 −1 1
[A|b] =
1 2 0 −1 3
−1 −1 3 2 −6
1 1 1 −1 1 L1 ↔ L2
2 −1 2 3 5
1 2 0 −1 3
−1 −1 3 2 −6
51
1 1 1 −1 1
0 −3 0 5 3 L2 ← L2 − 2L1
0 1 −1 0 2 L3 ← L3 − L1
0 0 4 1 −5 L4 ← L4 + L1
1 1 1 −1 1
0 1 −1 0 2 L2 ↔ L3
0 −3 0 5 3
0 0 4 1 −5
1 1 1 −1 1
0 1 −1 0 2
0 0 −3 5 9 L3 ↔ L3 + 3L2
0 0 4 1 −5
1 1 1 −1 1
0 1 −1 0 2
0 0 1 −5/3 −3 L3 ↔ L3 / − 3
0 0 4 1 −5
1 1 1 −1 1
0 1 −1 0 2
0 0 1 −5/3 −3
0 0 0 23/3 7 L4 ↔ L4 − 4L1
1 1 1 −1 1
0 1 −1 0 2
0 0 1 −5/3 −3
0 0 0 1 21/23 L4 ↔ 3/23L4
52
1 2 −3 1 0
0 −5 4 −3 0 L2 ↔ L2 − L1
0 −3 3 3 0 L3 ← L3 − 2L1
1 2 −3 1 0
0 −3 3 3 0 L2 ↔ L3
0 −5 4 −3 0
1 2 −3 1 0
0 1 −1 −1 0 L2 ↔ L2 / − 3
0 −5 4 −3 0
1 2 −3 1 0
0 1 −1 −1 0
0 0 −1 −8 0 L3 ← L3 + 5L2
1 2 −3 1 0
0 1 −1 −1 0
0 0 1 8 0 L3 ← −L3
De la dernière ligne, nous déduisons, z = −8w, y = −7w puis x = −11w. Nous avons
donc exprimé x, y et z en fonction de w. On écrit S = {(−11w, −7w, −8w, w) : w ∈ R}. On
dit que le système est simplement indéterminé.
2x + 5y − 8z + 6t = 5
(3) x + 2y − 3z + 2t = 2
3x + 4y − 5z + 2w = 4
2 5 −8 6 5
[A|b] = 1 2 −3 2 2
3 4 −5 2 4
1 2 −3 2 2
2 5 −8 6 5 L1 ↔ L2
3 4 −5 2 4
1 2 −3 2 2
0 1 −2 2 1 L2 ← L2 − 2L1
0 −2 4 −4 −2 L3 ← L3 − 3L1
1 2 −3 2 2
2 5 −8 6 5 L1 ↔ L2
3 4 −5 2 4
1 2 −3 2 2
0 1 −2 2 1
0 0 0 0 0 L3 ← L3 + 2L2
Comme la dernière ligne n’est constituée que de zéros, elle ne nous apporte aucune in-
53
formation. De la deuxième ligne, nous déduisons y = 1 + 2z − 2t et en remplaçant dans
la première équation, on obtient x = −z + 2t. Nous avons donc exprimé x et y en fonction
des deux variables z et t. On a S = {(−z + 2t, 1 + 2z − 2t, z,t) : z,t ∈ R}. On dit que le
système est doublement indéterminé.
8.4 Exercices
Pour rappel, considérons dans R l’équation ax = b. Une solution x de cette équation existe si et
seulement si soit a 6= 0 soit (a = 0 et b = 0). Si on est dans le cas a 6= 0, alors a est inversible et
on peut écrire 8
a−1 ax = a−1 b
c’est-à-dire
1 · x = a−1 b
ou encore x = b/a.
8. On utilise ici la commutativité de « · » dans R.
54
Dans ce qui vient d’être fait, on peut considérer x comme une matrice de type 1×1 et se demander
si on peut généraliser ce procédé à une matrice de type n × n. Autrement dit, soit le système
Ax = b où A ∈ Rn×n , peut-on trouver une matrice à telle que x = Ãb, c’est-à-dire une matrice
pour laquelle on a la relation ÃA = Aà = 1 ? On dit que la matrice à est la matrice inverse de A.
Quand elle existe, cette matrice inverse est unique et on la note A−1 . Nous verrons au paragraphe
suivant ce qui garantit l’existence de la matrice inverse.
Pour le moment, nous sommes intéressés par trouver un procédé qui permet d’inverser une ma-
trice. Les transformations élémentaires vont nous aider.
De manière générale, appliquer une transformation élémentaire de lignes à une matrice A revient
à multiplier à gauche cette matrice par la matrice identité 1 dans laquelle on a effectué la même
transformation.
55
Exemple :
1 2 −1 1 0 0
3 4 2 0 1 0
1 0 5 0 0 1
1 2 −1 1 0 0
0 −2 5 L2 ← L2 − 3L1 −3 1 0
0 −2 6 L3 ← L3 − L1 −1 0 1
1 0 4 −2 1 0
L1 ← L1 + L2
0 −2 5 −3 1 0
0 −2 6 −1 0 1
1 0 4 −2 1 0
0 −2 5 −3 1 0
0 0 1 L3 ← L3 − L2 2 −1 1
1 0 0 −10 5 −4
L1 ← L1 − 4L3
0 −2 0 −13 6 −5
L2 ← L2 − 5L3
0 0 2 −1 1
1 0 0 −10 5 −4
0 1 0 13/2 −3 5/2 = A−1
L2 ← L2 /(−2)
0 0 1 2 −1 1
c’est-à-dire
x 1
y = 0
z −1
56
Pour terminer ce paragraphe, nous allons établir par calcul la forme générale de l’inverse d’une
matrice 2 × 2.
a b x y
Soit A = , on cherche une matrice telle que
c d z t
a c x y 1 0
=
c d z t 0 1
Autrement dit, nous cherchons à résoudre les deux systèmes linéaires de deux équations à deux
inconnues (
ax + bz = 1
(6)
cx + dz = 0
et (
ay + bt = 0
(7)
cy + dt = 1
Après calculs (faites les détails !), on touve comme solutions des systèmes (6) et (7) :
d −b −c a
x= , y= , z= , t= .
ad − bc ad − bc ad − b ad − bc
Dès lors, pour pouvoir inverser la matrice A, il apparait la condition d’existence ad − bc 6= 0.
Alors, nous pouvons écrire :
−1 d/(ad − bc) −b/(ad − bc)
A =
−c/(ad − bc) a/(ad − bc)
Le nombre ad −bc est appelé déterminant du système, noté dét A, puisqu’il détermine, en quelque
sorte, le nombre de solutions du système. En effet, considérons un système linéaire de deux équa-
tions à deux inconnues, c’est-à-dire un système de la forme
(
ax + by = t
cx + dy = s
a b
Soit A = la matrice des coefficients du système. On a dét A = ad − bc.
c d
57
Si dét A = 0, c’est-à-dire si a/c = b/d alors la matrice A du système n’est pas inversible.
Géométriquement les droites D1 et D2 sont soit confondues soit parallèles distinctes. Cela
dépend du rapport e/ f .
— Si a/c = b/d = e/ f , alors les deux droites sont confondues. La solution du système est
une droite et le système est indéterminé.
— Si a/c = b/d 6= e/ f , alors les deux droites sont parallèles distinctes et il n’y a donc pas de
solution. Le système est impossible.
8.6 Exercices
(1) Inversez,
si possible,
les matrices suivantes :
2 −5 3
1 0 1
1 −1 1
2 1 −1
3 −1 0
−1 1 2
(2) Résolvez le système
−x + 3y + z = 1
2x + 5y = 3
3x + y − 2z = −2
8.7 Déterminants
Déterminants d’ordre 2
3 5
Par exemple, = 6 + 20 = 26
−4 2
Déterminants d’ordre 3
58
En regroupant les termes, on obtient
a22 a23 a a a a
dét A = a11 − a21 12 13 + a31 12 31
a32 a33 a32 a33 a22 a23
= (−1)1+1 a11 dét A11 + (−1)2+1 a21 dét A21 + (−1)3+1 A31 dét A31
On aurait très bien pu regrouper les termes différemment, ce qui revient à développer le déter-
minant suivant une autre ligne ou une autre colonne. Par exemple, suivant la 2e ligne, on obtient
dét A = −a21 dét A21 + a22 dét A22 − a23 dét A23 .
−2 0 1
−2 1
Par exemple, 3 0 −1 = (−1)3+2 2 = 2. Ici, on a développé par rapport à la
3 −1
1 2 5
deuxième colonne car elle contient deux zéros.
Déterminants d’ordre n
a11 a12 . . . a1n
Soit A = ... .. .. .
. .
an1 an2 . . . ann
En généralisant ce qui a été fait précédemment, on peut par exemple développer dét A suivant la
première colonne pour obtenir
dét A = (−1)1+1 a11 dét A11 + (−1)2+1 a21 dét A21 + · · · + (−1)n+1 an1 dét An1
n
= ∑ (−1)k+1ak1 dét Ak1
k=1
Conclusion :
n
Suivant la je colonne : dét A = ∑ (−1)k+ j ak j dét Ak j
k=1
n
Suivant la ie ligne : dét A = ∑ (−1)i+k aik dét Aik
k=1
E XEMPLE : Remarquons par exemple que le déterminant d’une matrice 5 × 5 nécessite le calcul
de 5 déterminants 4 × 4, donc de 20 déterminants 3 × 3, ou encore de 60 déterminants 2 × 2. Plus
généralement, le calcul d’un déterminant d’ordre n demandera le calcul de n!/2 déterminants
2 × 2, ce qui peut s’avérer très long, sans compter les éventuelles erreurs de calculs.
59
Nous allons établir des propriétés qui faciliteront le calcul des déterminants.
P ROPRIÉTÉS :
La valeur d’un déterminant change de signe si on permute deux lignes ou deux colonnes entre
elles.
Conséquence : Un déterminant qui possède deux lignes ou deux colonnes identiques est nul.
(Voyez-vous pourquoi ?)
Dans un déterminant, on peut mettre en évidence un facteur commun à tous les éléments d’une
ligne ou d’une colonne.
14 21 2 3 a b ra rb a b
Par exemple, =7 . Faites attention, r = ou bien r =
5 6 5 6 c d c d c d
a rb ra rb
ou bien... Que vaut ?
c rd rc rd
Conséquence : si deux colonnes ou deux lignes d’un déterminant sont proportionnelles, alors
il vaut 0. (Voyez-vous pourquoi ?)
2 5
Par exemple : =0
4 10
La valeur d’un déterminant ne change pas si on lui applique la transformation élémentaire
Li ← a1 L1 + a2 L2 + · · · + Li + · · · + an Ln .
Exemples :
a−b−c 2a 2a
2b b−c−a 2b
2c 2c c−a−b
a+b+c a+b+c a+b+c
L1 ← L1 + L2 + L3
= 2b b−c−a 2b
2c 2c c−a−b
1 1 1
= (a + b + c) 2b b − c − a 2b
2c 2c c−a−b
1 0 0
C2 ← C2 −C − 1
= (a + b + c) 2b −b − c − a 0
C3 ← C3 −C1
2c 0 −c − a − b
= (a + b + c)(a + b + c)2 = (a + b + c)3
1 a a2 1 a a2
1 b b = 0 b − a b − a2
2 2 L2 ← L2 − L1
1 c c2 0 c − a c2 − a2 L3 ← L3 − L1
60
1 a a2
= (b − a)(c − a) 0 1 b + a
0 1 c+a
1 a a2
= (b − a)(c − a) 0 1 b + a
0 0 c−b L3 ← L3 − L2
= (b − a)(c − a)(c − b)
1 a1 a21 . . . an1
1 a2 a22 . . . an2
Généralisons : Posons Vn = .. .. .. . . . ..
. . . .
1 an a2n . . . ann
On a Vn = ∏(a j − ai ). Pour prouver cette formule, on montre par récurrence sur n que Vn =
i< j
(an − a1 )(an−1 − a1 ) . . . (a2 − a1 )Vn−1 .
8.8 Exercices
(1) Soit A une matrice 3 × 3. Posons dét A = δ . Que vaut le déterminant de la matrice
B = kA où k ∈ R ?
C obtenue en multipliant les termes de la 1re colonne de A par 3k, ceux de la 2e colonne
par −5k2 et en divisant ceux de la 3e colonne par 4 ?
(2) Montrez, sans les développer, que les déterminants suivants sont nuls.
1 sin2 x cos2 x
1 sin2 y cos2 y
1 sin2 z cos2 z
1 3 −2
9 1 −4
−3 4 −1
a2 bc ab
ba c2 b2
ac ab cb
(3) Calculez les déterminants suivants. Énoncez les propriétés que vous utilisez.
1 n+1 n(n + 1)
1 n + 2 (n + 1)(n + 2)
1 n + 3 (n + 2)(n + 3)
61
b2 + c2 ab ac
ab 2
c +a 2 bc
ac bc a + b2
2
2a a + b 2
b b 1
4b 3b 2
(4) Utilisez le déterminant de Vandermonde pour calculer les déterminants suivants :
3 9 27
−2 4 −8
4 16 64
1/a 1/b 1/c
a b c
1 1 1
(5) Calculez
1 1 1 ... 1
1 1 + a1 1 ... 1
1 1 1 + a2 ... 1
.. .. .. .. ..
. . . . .
1 1 ... 1 1 + an
Nous avons vu au paragraphe précédent une méthode permettant de trouver l’inverse d’une ma-
trice, si elle existe. Nous aimerions savoir sous quelle(s) conditions(s) cet inverse existe et s’il
existe une « formule » qui fournit la forme générale de la matrice inverse.
a11 . . . a1n
Soit la matrice ... ..
.
an1 . . . ann
62
Nous avons
dét A11 − dét A21 . . . (−1)n+1 dét An1 a11 a12 . . . a1n
1 − dét A12 dét A22 . . . (−1)n+2 dét An2
a21 a22 . . . a2n
.. ..
dét A
. .
(−1)n+1 dét A1n (−1)n+2 dét A2n 2n
. . . (−1) dét Ann an1 an2 . . . ann
dét A 0 ... 0
1 0 dét A . . . 0
= =1
.
dét A ..
0 0 . . . dét A
En effet, calculons, par exemple l’élément situé en 1re ligne et 2e colonne(le calcul est identique
pour les autres éléments. Faites-le). On a :
a12 a12 . . .
n+1
a12 dét A11 − a22 dét A21 + · · · + (−1) an2 dét An1 = a22 a22 . . . = 0
an2 an2 . . .
On appelle système de Cramer tout système linéaire de n équations à n inconnues Ax = b tel que
dét A 6= 0.
63
x + y − z = 10
Exemple : soit le système x + 10z = 10
x + y + 9z = 20
1 1 −1
La matrice du système est A = 1 0 10 et dét A = −10.
1 1 9
C’est donc un système de Cramer et sa solution est donnée par
10 10 20
1 0 1
−1 10 9
x= =0
−10
1 1 1
10 10 20
−1 10 9
y= = 11
−10
1 1 1
1 0 1
10 10 20
z= =1
−10
Donc, S = {(0, 11, 1)}.
Nous pouvons interpréter géométriquement cette solution. En effet, résoudre un système linéaire
de 3 équations à 3 inconnues revient à étudier les positions relatives de 3 plans de l’espace.
Examinons les différentes possibilités.
Considérons le système
a11 x + a12 y + a13 z = b1
a21 x + a22 y + a23 z = b2
a31 x + a32 y + a33 z = b3
Aux trois équations de ce système correspondent les équations de trois plans, notés respective-
ment α1 , α2 et α3 . Nous allons discuter les positions de ces trois plans en termes de leurs vecteurs
gradients →
−vi = (ai1 , ai2 , ai3 ) pour i = 1, 2, 3.
64
La solution dépend alors de la position du troisième plan.
— Soit α3 = α1 . Alors, alors les trois plans sont confondus. Cela signifie que les trois vecteurs
gradients sont colinéaires.
La solution est un plan et le système est donc doublement indéterminé.
— Soit α3 et α1 sont parallèles distincts. Cela signifie que les gradients sont proportionnels
mais que cette proportion n’est pas respectée par les termes indépendants.
Le système est donc impossible.
— Soit α3 coupe α1 selon une droite notée D13 . Cela signifie que les gradients ne sont pas
colinéaires.
La solution est une droite et le système est donc simplement indéterminé.
65
Exemple : résolvez et discutez, en fonction du paramètre réel m, le système
x + (m − 1)y + (2m − 3)z = 1
mx + 2(m − 1) + 2z = 2
(m + 1)x + 3(m − 1)y + (m2 − 1)z = 3
Soit A la matrice du système. On a dét A = −m(m − 1)(m − 2)2 (Faites les calculs en utilisant les
propriétés des déterminants).
1er cas : dét A 6= 0, c’est-à-dire m 6= 0 et m 6= 1 et m 6= 2.
On est alors dans le cas d’un système de Cramer. Après calculs, l’unique solution du système
est (0, 1/m − 1, 0).
Géométriquement, les trois équations du système sont celles de trois plans sécants au point
(0, 1/(m − 1), 0).
2e cas : dét A = 0, c’est-à-dire m = 0 ou m = 1 ou m = 2.
— m=0
Le système s’écrit
x − y − 3z = 1
−2y + 2z = 2
x − 3y − z = 3
66
Les trois plans sont confondus. La solution du système est l’ensemble S = {(1 − y − z, y, z) :
y, z ∈ R}. C’est un plan. Le système est donc doublement indéterminé.
8.10 Exercices
(1) Résolvez les systèmes suivants par la méthode de Cramer
3x + y − z = 7 6x + 5y + 4z = 1
2x − y + z = 5 14x − 2y − 3z = 5
−x + 2y + 2z = 1 8x − 3y − z = 8
(2) Discutez l’existence de solutions (et calculez-les quand elles existent) pour les systèmes
suivants en fonction des paramètres réels a, b, c, d, m. Interprétez géométriquement vos
résultats.
x + y + mz = 0
ax + 2by + 2z = 1
x + my + z = 2m 2x + aby + 2z = b
(m + 1)x + my + z = m 2x + 2by + az = 1
mx + y + z = 1
x + y + z = 1
x + my + z = m ax + by + cz = d
2
x + y + mz = m a2 x + b2 y + c2 z = d 2
mx + y − z = 1
x + my − z = 1
−x + y + mz = 1
67
Index
addition échelonnée (matrice), 49
matricielle, 45 égalité
antisymétrie, 22 d’ensemble, 15
appartenance matricielle, 45
ensemble, 15 relation avec l’ordre, 22
atomique élément
proposition, 3 d’un ensemble, 15
en escalier (matrice), 49
binôme ensemble, 15
de Newton, 21 des solutions, 26
binomial équation
coefficient, 16 cartésienne, 41
borné paramétrique, 41, 42
intervalle, 22 équivalence, 3
cardinalité, 15 formules, 4
coefficient événement
binomial, 16 aléatoire, 15
coefficient angulaire, 24 expérience
coefficients d’une matrice, 44 aléatoire, 14
colinéaires (vecteurs), 64 extension
complémentaire, 16 déf. ensemble, 15
compréhension factorielle, 16
déf. ensemble, 15 fonction
conjonction, 3 affine, 24
connecteur logique, 3 croissante, 23
contraposée, 4 décroissante, 23
croissant, 23 strictement croissante, 23
decroissant, 23 strictement décroissante, 23
déterminant, 57 formule
directeur (vecteur), 41 premier ordre, 6
disjoint propositionelle, 3
ensembles, 16 gradient, 35
intervalles, 26 graphe d’une fonction, 24
disjonction, 3
domaine homogène (système), 52
prédicat, 6
doublement indéterminé (système), 54 identité
dérivée fonction, 24
d’une fonction affine, 24 matrice, 46
68
implication, 3 polygone des contraintes, 36
impossible (système), 51 polynôme du second degré, 25
inclusion, 15 prédicat
inconnue, 26 domaine, 6
intersection, 16 univers, 6
intervalle, 22 probabilité, 15
borné, 22 produit
non borné, 22 matriciel, 46
par un scalaire, 45
Leibniz scalaire, 34
règle, 21 proposition, 3
linéairement prédicat, 6
dépendants, 65
indépendants, 65 quantificateur
logique existentiel, 6
connecteur, 3 universel, 6
69
transposition, 45
union, 15
univers
expérience aléatoire, 14
prédicat, 6
valeur absolue, 24
vecteur
colinéaires, 64
directeur, 41
gradient, 35
linéairement dépendants, 65
linéairement indépendants, 65
normal, 35, 41
norme, 34
produit scalaire, 34
vide
ensemble, 15
70