UFR Mathématiques Université Rennes 1
Master 1 / GEA -Géométrie et Algèbre Printemps 2013
Nombres complexes et géométrie
On se place sur le plan euclidien Π muni d’un repère orthonormé (O,~i, ~j). On notera par des
majuscules les points et par les minuscules correpondantes leurs affixes.
À faire pour le lundi 11 février
Décrire suivant les valeurs de (a, b) ∈ C2 l’application f : Π → Π ; M 7→ f (M ) qui induit
l’application m 7→ am + b sur les affixes.
Que fait subir au plan complexe l’application
f : C −→ C
2
z 7→ 21 z + z − i (z−z)
|z−z|
Regarder les chapitres 1, 5, 6 et 9 de [Link] [Link].
Exercice 1. Montrer que trois points distincts A, B, C sont alignés si et seulement si le rapport
a−b
a−c est réel.
Exercice 2. Montrer que quatre points distincts Z1 , Z2 , Z3 , Z4 sont alignés ou cocycliques si et
seulement si le birrapport
z1 − z2 z4 − z2
bir(z1 , z2 , z3 , z4 ) = /
z1 − z3 z4 − z3
est réel. Donnez l’ensemble des points Z tels que 1, z, z1 et 1 − z soient les affixes de points
alignés ou cocycliques.
a b
Exercice 3. À toute matrice M = ∈ SL2 (C) on associe une application hM définie par
c d
z 7→ az+b
cz+d avec z un nombre complexe et hM l’application du plan induite.
(1) Donner le domaine et l’image de hM . Calculer (hM )−1 lorsqu’elle existe et hM1 ◦ hM2 .
(2) Vérifier que
bir(z1 , z2 , z3 , z4 ) = bir(hM (z1 ), hM (z2 ), hM (z3 ), hM (z4 )).
En déduire que les images par HM de quatres points alignés ou cocycliques sont quatres
points alignés ou cocycliques. Quelle est l’image d’un cercle par HM ?
(3) Déterminer les points fixes de hM .
On supposera dans la suite que M est telle que hM n’a qu’un seul point fixe. Il sera noté z0 .
(4) Déterminer P ∈ SL2 (C) tel que lim hP (z) = z0 .
z→∞
(5) Vérifiez que (hP )−1 ◦ hM ◦ hP induit une translation du plan.
On notera (un )n∈N la suite définie par récurrence à partir de u0 ∈ Dom(hM ) par un+1 = hM (un ).
(6) Cette suite converge-t-elle ? Si oui donnez sa limite en fonction des coefficients de M et
de u0 .
Exercice 4. Dessiner les courbes de niveaux des fonctions
z 7→ |z|, z 7→ arg(z), z 7→ <ez, z 7→ =mz,
puis pour (a, b) ∈ C de
z−a z−a z−a z−a
z 7→ , z 7→ arg , z 7→ <e , z 7→ =m
z−b z−b z−b z−b
Exercice 5. Étudier à l’aide des nombres complexes le cas d’égalité dans l’inégalité triangulaire.
Exercice 6. Soient ABC un triangle, O le centre de son cercle circonscrit, H son orthocentre
~ = OA
et G son centre de gravité. Montrer que OH ~ + OB~ + OC.~ En déduire que O, H et G
sont alignés.
Exercice 7. Soit ABC un triangle. Traduire sur a, b, c le fait que ABC soit équilatéral, qu’il
soit rectangle isocèle en A puis qu’il soit rectangle en A.
Exercice 8. Soit f : C∗ → C∗ ; z 7→ z1 . Décrire géométriquement cette application.
Exercice 9. Soit f : C → C; z 7→ exp iz. Calculer Re(f (z)), Im(f (z)), |f (z)| ainsi que
arg(f (z)). Soit E = {M ∈ Π | |<(m)| ≤ 1 et |=(m)| = 1}. Décrire l’image de E par la
transformation du plan induite par f .
Exercice 10. Soit P ∈ C[x] un polynôme de racines m1 , . . . , mk ayant pour multiplicités
n1 , . . . , n k .
(1) Montrer que dans C(X)
k
P 0 (X) X ni
= .
P (X) X − mi
i=1
(2) Montrer que si m est une racine de P 0 mais pas une racine de P alors
k
X ni
(m − mi ) = 0
|m − mi |2
i=1
(3) Montrer que les points d’affixes les racines de P 0 appartiennent à l’enveloppe convexe
des points d’affixes les racines de P .
Soit P (X) = (X − m1 )(X − m2 )(X − m3 ) un polynôme dont les racines sont distinctes.
(4) Montrer que P 0 (X) a une racine double ω si et seulement si M1 M2 M3 est un triangle
équilatéral de centre Ω.
Soit P ∈ R[X] un polynome de degré pair. On note x (resp. y) la plus petite (resp. la plus
grande) racine réelle de P 0 (X).
(5) Pourquoi x et y existent-elles ?
(6) Montrer que P admet une racine complexe de partie réelle plus petite de x ainsi qu’une
racine complexe de partie réelle plus grande que y.
Exercice 11. Soient zi , i = 1, . . . , n les n racines complexes de l’unité.
(1) Montrer que les points Zi , i = 1, . . . , n forment un polygone régulier inscrit dans le cercle
de centre O et de rayon 1.
(2) Soit j une racine cubique primitive de l’unité. Donner <(j) et |j|, en déduire une
construction d’un 3-gone régulier (i.e. un triangle équilatérale).
(3) Étant donné un n-gone régulier, comment construit-on un 2n-gone régulier ?
Comment construire un pentagone régulier ? Soit ζ une racine cinquième √primitive de l’unité.
5−1
(4) Montrer que 1 + ζ + ζ 2 + ζ 3 + ζ 4 = 0. En déduire que cos( 2π 5 )= 4 .
√
(5) Construire un segment de longueur 45 à la règle et au compas.
√
(6) Déterminer l’intersection du cercle de centre d’affixe −1/4 et de rayon 5/4 avec l’axe
des abscisses. Conclure.
Théorème 1 (Gauss). Soient n et m deux entiers naturels premiers entre eux. Le polygone à
nm côtés est constructible à la règle et au compas si et seulement si les polygones à n côtès et
à m côtès sont constructibles.
Théorème 2 (Gauss). Soit p un nombre premier supérieur ou égal à 3, α un entier. Alors le
polygone régulier à pα côtés est constructible à la règle et au compas si et seulement si α = 1 et
i
p est un nombre de Fermat, i.e. p est de la forme 22 + 1, avec i un entier.
Comment construire un polygone régulier à 17 côtés ?