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Notations et propriétés des matrices carrées

Le document traite des matrices, des espaces vectoriels et des valeurs propres, en introduisant des notations et des ensembles spécifiques liés aux matrices carrées. Il présente des démonstrations concernant les propriétés des matrices dans des espaces vectoriels, notamment l'équivalence entre le rayon spectral et la convergence des puissances de matrices. Enfin, il explore des résultats sur les matrices à coefficients réels positifs, les vecteurs propres et les limites des suites de matrices.

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Notations et propriétés des matrices carrées

Le document traite des matrices, des espaces vectoriels et des valeurs propres, en introduisant des notations et des ensembles spécifiques liés aux matrices carrées. Il présente des démonstrations concernant les propriétés des matrices dans des espaces vectoriels, notamment l'équivalence entre le rayon spectral et la convergence des puissances de matrices. Enfin, il explore des résultats sur les matrices à coefficients réels positifs, les vecteurs propres et les limites des suites de matrices.

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MP*:IBN TAIMIA 2024-2025

– DM6

– NOTATIONS –
• n désigne un entier naturel non nul.
• [n] désigne l’ensemble des n premiers entiers non nuls.
• N désigne l’ensemble des entiers naturels, R le corps des nombres réels. et C le corps des nombres
complexes.
• Mn désigne l’algèbre des matrices carrées de taille n à coefficients complexes. Son élément neutre
pour la multiplication, la matrice identité, est notée 1n .
• Pn désigne l’ensemble des matrices carrées de taille n dont tous les coefficients sont des nombres
réels positifs.
• Pn>0 désigne l’ensemble des matrices carrées de taille n dont tous les coefficients sont des nombres
réels strictement positifs.
• Sn désigne l’ensemble des matrices carrées de taille n dont tous les coefficients sont des nombres
réels positifs et dont les sommes des coefficients de chaque ligne sont égales à 1, c’est
Pàn dire le sous-
ensemble de Pn formé par les matrices M = (ai,j )(i,j)∈[n]×[n] telles que : ∀i ∈ [n], j=1 ai,j = 1 .

• Soient x et y deux vecteurs de Rn de coordonnées respectives (x1 , . . . , xn ) et (y1 , . . . , yn ) . On note


x 6 y si, pour tout i dans [n], xi 6 yi .
• Soient A = (ai,j )(i,j)∈[n]×[n] et B = (bi,j )(i,j)∈[n]×[n] dans Pn . On note A 6 B si, pour tous entiers
i et j dans [n], on a ai,j 6 bi,j .
Dans les espaces vectoriels de dimension finie considérés dans ce problème, la notion de limite est
relative à l’unique topologie associée à une norme arbitraire sur ces espaces.

– PRÉLIMINAIRES –
Pn
Soient t1 , . . . , tn des nombres réels strictement positifs tels que i=1 ti = 1 . Soient z1 , . . . , zn des
nombres complexes tels que : 
 ∀i ∈ [n], |zi | 6 1,
 Pn
| i=1 ti zi | = 1.
On se propose de démontrer qu’il existe un nombre complexe z de module 1 tel que, pour tout i dans
[n], on ait zi = z .
1. Dans le cas particulier où z1 , . . . , zn sont des nombres réels tels que ni=1 ti zi = 1, démontrer
P
que, pour tout i dans [n], on a zi = 1 .
: on pourra, en posant Z = ni=1 ti zi , considérer la partie
P
2. Démontrer le cas général (Indication
Pn
réelle du nombre complexe i=1 ti zi /Z .)
–2–

– PARTIE I –
Les matrices de Mn sont considérées comme des endomorphismes de Cn . Soit A une matrice de
Mn ; on note ρ(A) le rayon spectral de A, c’est-à-dire le maximum des modules des valeurs propres
de A. Si x est un vecteur de Cn , on notera Ax l’image du vecteur x par l’endomorphisme défini par
la matrice A .

II A : On se propose de démontrer l’équivalence :

ρ(A) < 1 ⇐⇒ lim Ak = 0 .


k→∞

1. Soit β un nombre complexe tel que |β| < 1 . Soit B une matrice nilpotente dans Mn , c’est-à-dire
qu’il existe un entier naturel ` > 1 tel que B ` = 0 ; soit C la matrice β1n + B .
(a) Pour tout entier k > `, exprimer C k en fonction de 1n , B, . . . , B `−1 .
(b) En déduire que la suite (C k )k∈N tend vers 0 .
2. Soit A dans Mn .
(a) Soit α une valeur propre de A. On pose Fα = ∪k∈N Ker (A − α1n )k .
i. Justifier que Fα est un sous-espace vectoriel de Cn et que A(Fα ) ⊂ Fα .
ii. Soit Aα l’endomorphisme de Fα défini par Aα (x) = Ax, pour x ∈ Fα . Dans le cas où
|α| < 1, démontrer que la suite (Akα )k∈N tend vers 0 .
(b) On suppose ρ(A) < 1. Démontrer que la suite (Ak )k∈N tend vers 0 .
(c) Réciproquement, si la suite (Ak )k∈N tend vers 0, montrer que le module de toute valeur
propre de A est strictement inférieur à 1 .
II B :
1. Soit IA l’ensemble formé par les nombres réels strictement positifs γ tels que la suite (A/γ)k

k∈N
tende vers 0. Démontrer que IA est l’intervalle ]ρ(A), +∞[ .
2. On suppose que A admet la valeur propre 1 et qu’il existe deux vecteurs x et y non nuls tels
que Ax = x et Ay = y + x . Démontrer que la suite (Ak y)k∈N n’est contenue dans aucune partie
compacte de Cn .
3. On suppose que la suite (Ak )k∈N a pour limite une matrice B non nulle.
(a) Démontrer que ρ(A) = 1 .
(b) Soit α une valeur propre de module 1 de A. Démontrer que la suite (αk )k∈N converge dans
C et en déduire que α = 1 .
(c) Démontrer que le sous-espace vectoriel F1 défini à la question IIA2(a) est égal à Ker (A −
1n ) .

– PARTIE II –
Dans la suite du problème, on fait les conventions suivantes :
Soit A = (ai,j )(i,j)∈[n]×[n] dans Mn . Si x est un vecteur de Cn de coordonnées (x1 , . . . , xn ), les
coordonnées du vecteur Ax sont notées ((Ax)1 , . . . , (Ax)n ) ; autrement dit, pour tout entier i dans
[n],
X n

(Ax)i = ai,j xj .
j=1

On note w le vecteur de Cn dont toutes les coordonnées sont égales à 1 .


– 345–

1. Soit A ∈ Pn . Démontrer que A appartient à Sn si et seulement si Aw = w .


2. Soient A et B dans Pn (respectivement Sn ). Démontrer que AB est dans Pn (respectivement
Sn ).
3. Soit A ∈ Sn .
(a) Soit B l’ensemble formé par les vecteurs v de coordonnées (v1 , . . . , vn ) tels que, pour tout
i dans [n], |vi | 6 1 . Démontrer que B est conservé par A .
(b) En déduire que ρ(A) = 1 .
4. Soit A dans Pn>0 ∩ Sn .
(a) Soit v = (v1 , . . . , vn ) un vecteur propre associé à une valeur propre α de module 1 de A.
Démontrer que les coordonnées de v sont égales et déterminer α. (Indication : on pourra
v
utiliser une égalité 1 = | nj=1 ai,j vji | pour vi non nul convenablement choisi.)
P

(b) Soit v un vecteur de B tel qu’il existe µ dans C tel que Av = v + µw. En considérant la
suite (Ak v)k∈N , démontrer que µ = 0 .
(c) Démontrer que 1 est une racine simple du polynôme caractéristique de A .
(d) Démontrer qu’il existe une matrice U inversible et une matrice B ∈ Mn−1 telles que
ρ(B) < 1 et
 
−1 1 0
A=U U.
0 B

(e) En déduire que la suite (Ak )k∈N admet une limite quand k tend vers +∞ . Cette limite
est notée L . Quel est le rang de L ?
(f ) Démontrer que la limite L de la suite (Ak )k∈N s’écrit :
 
u1 u2 . . . un
 u1 u2 . . . un 
L= ..  .
 
.. ..
 . . . 
u1 u2 . . . un
Pn
où u1 , . . . , un sont des nombres réels strictement positifs vérifiant i=1 ui = 1.
(g) Démontrer que Ker (tA − 1n ) est la droite engendrée par le vecteur de coordonnées (u1 , . . . , un ) .
(h) Dans le cas particulier où A et tA sont toutes deux dans Sn , expliciter L .
5. Soit A dans Sn .
(a) Démontrer que A est la limite d’une suite de matrices de Pn>0 ∩Sn . (Indication : on pourra
remarquer que si A et B sont dans Sn et si t est un nombre réel dans [0, 1], tA + (1 − t)B
est dans Sn .)
(b) En déduire que tA admet un vecteur propre relatif à la valeur propre 1 dont toutes les
coordonnées sont positives.
(c) Démontrer sur un exemple que 1 n’est pas en général une racine simple du polynôme
caractéristique de A .
(d) Démontrer sur un exemple que A peut avoir des valeurs propres de module 1 différentes
de 1 .
–4–

– PARTIE III –
Dans toute cette partie, on considère une matrice A = (ai,j )(i,j)∈[n]×[n] , et on suppose que A ∈ Pn>0 .

III A : On se propose de démontrer que ρ(A) est une valeur propre de A et que le sous-espace propre
associé est une droite engendrée par un vecteur dont les coordonnées sont des nombres réels
strictement positifs.
1. Soit x un vecteur non nul de Cn dont les coordonnées sont des nombres réels positifs. Démontrer
que les coordonnées du vecteur Ax sont des nombres réels strictement positifs.
2. Soit α un nombre réel. Supposons que, pour tout i dans [n], on ait nj=1 ai,j = α. Démontrer
P
que α est une valeur propre de A et que α = ρ(A).
3. Soit B dans Pn>0 telle que A 6 B .
(a) Pour tout vecteur x de Cn dont les coordonnées (x1 , . . . , xn ) sont des nombres réels positifs,
démontrer que
Ax 6 Bx .
(b) Soit k un entier naturel > 2. Démontrer que Ak 6 B k .
(c) En déduire l’inégalité ρ(A) 6 ρ(B) .
4. On pose α = mini∈[n] ( nj=1 ai,j ). Démontrer que α 6 ρ(A). On pourra considérer la matrice
P
B = (bi,j )(i,j)∈[n]×[n] telle que, pour tous entiers i et j dans [n],
αai,j
bi,j = Pn ·
k=1 ai,k
Pn
5. On pose β = maxi∈[n] ( j=1 ai,j ) . Démontrer l’inégalité ρ(A) 6 β .
6. Soit x un vecteur non nul de Cn dont les coordonnées (x1 , . . . , xn )
sont des nombres réels
strictement positifs. Soient γ et δ deux nombres réels strictement positifs tels que

γx 6 Ax 6 δx .
(a) Soit S la matrice diagonale :
 
x1 0 ··· 0
. .
x2 . . ..
 
 0 
S=
 .. .. ..
 .

 . . . 0 
0 · · · 0 xn

Justifier que S est inversible et déterminer les coefficients de la matrice S −1 AS .


(b) En déduire les inégalités γ 6 ρ(A) 6 δ .
(c) Démontrer qu’il existe un indice i dans [n] tel que (Ax)i 6 ρ(A)xi .
7. Soit x un vecteur non nul de Cn dont les coordonnées (x1 , . . . , xn ) sont des nombres réels
strictement positifs. On suppose que ρ(A)x 6 Ax. Démontrer que Ax = ρ(A)x (Indication : on
pourra considérer le vecteur A(Ax − ρ(A)x)).
8. Soit α une valeur propre de A dont le module est égal à ρ(A) . Soit v un vecteur propre associé,
de coordonnées (v1 , . . . , vn ), et soit x le vecteur de coordonnées (|v1 |, |v2 |, . . . , |vn |) .
(a) Démontrer que x est un vecteur propre de A associé à la valeur propre ρ(A) .
(b) Démontrer que toutes les coordonnées de x sont strictement positives.
–5–

(c) En utilisant la matrice S définie dans la question IVA6a associée à ce vecteur x, démontrer
qu’il existe une matrice U inversible et une matrice B telles que ρ(B) < ρ(A) et
 
−1 ρ(A) 0
A=U U.
0 B

III B : On étudie le comportement de la suite (Ak )k∈N .


1. Démontrer qu’il existe un unique vecteur y de Cn ayant pour coordonnées des nombres réels
strictement positifs dont la somme est égale à 1 et tel que Ay = ρ(A)y . De même, démontrer
qu’il existe un unique vecteur z de Cn ayant pour coordonnées des nombres réels strictement
positifs dont la somme est égale à 1 et tel que tAz = ρ(A)z .
2. On suppose ρ(A) = 1. Démontrer que la suite (Ak )k∈N tend vers la matrice L,

L = (yi zj )(i,j)∈[n]×[n] ,
où (y1, . . . , yn) et (z1, . . . , zn) sont respectivement les coordonnées des vecteurs y et z de la
question III.B1.
(k)
3. On suppose ρ(A) > 1. Pour tout entier naturel k, on note Ak = (ai,j )(i,j)∈[n]×[n] . Pour tout i
(k)
et j dans [n], démontrer que la suite (ai,j )k∈N tend vers +∞ .

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