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Troubles du sommeil : enfants et adultes

Le document traite des troubles du sommeil chez les enfants et les adultes, en décrivant l'architecture du sommeil normal, les mécanismes de régulation circadienne et homéostatique, ainsi que les variations du sommeil en fonction de l'âge. Il aborde également les différentes formes d'insomnie, leurs étiologies, et les méthodes d'évaluation et de traitement. Enfin, il mentionne la somnolence diurne excessive et les hypersomnies, y compris la narcolepsie et le syndrome des jambes sans repos.

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Le document traite des troubles du sommeil chez les enfants et les adultes, en décrivant l'architecture du sommeil normal, les mécanismes de régulation circadienne et homéostatique, ainsi que les variations du sommeil en fonction de l'âge. Il aborde également les différentes formes d'insomnie, leurs étiologies, et les méthodes d'évaluation et de traitement. Enfin, il mentionne la somnolence diurne excessive et les hypersomnies, y compris la narcolepsie et le syndrome des jambes sans repos.

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TROUBLES DU SOMMEIL DE L’ENFANT & DE L’ADULTE – Item 108

SOMMEIL NORMAL

Architecture
SOMMEIL LENT I Activité EEG thêta (4 à 7 cycles /seconde) + Mouvements oculaires lents
CYCLE DE Sommeil léger 50%
Ralentissement et II Activité EEG thêta + Fuseau du sommeil + Complexes K
SOMMEIL
synchronisation de l’activité EEG Sommeil profond 25% III Activité EEG synchronisée lente de grande amplitude delta
90 minutes
SOMMEIL PARADOXAL 25% : REM sleep  Activité EEG désynchronisée rapide + Mouvements oculaires rapides + Atonie musculaire
Nuit = 3 à 5 cycles de sommeil  Temps total de sommeil (TTS) : 6 à 10 heures (moyenne : 7h30)
- Cycle de début de nuit : Riche en sommeil lent profond
- Cycle de fin de nuit : Riche en sommeil paradoxal
Régulation du sommeil
- Propension à s’endormir ou pression de sommeil, augmente en fonction du temps passé éveillé (privation de sommeil) et diminue lors
RÉGULATION
d’un épisode de sommeil (rebond de sommeil)
HOMÉOSTATIQUE
- Quantité d’ondes deltas pendant le sommeil = Reflet de la profondeur du sommeil
- Alternance veille/sommeil suit un rythme circadien sous le contrôle des noyaux supra-chiasmatiques
RÉGULATION CIRCADIENNE  Pression circadienne de sommeil est maximale entre 1 à 5 heures du matin et (à moindre degré) entre 14 et 16h
et homéostatique - Hormone de régulation = Mélatonine  Synthétisée par la glande pinéale la nuit : Effet hypnogène.
 La lumière inhibe la synthèse de mélatonine.
Évolution avec l’âge
- Sommeil actif : 50%
NOUVEAU-NÉ - Sommeil calme : 40% Durée totale = 16-20 heures
- Sommeil transitionnel : 10%
- Mise en place des rythmes circadiens pendant le 1er trimestre
ENFANT Durée totale à 12 ans = 9-10 heures
- Sieste : Disparait entre 4 et 6 ans
ADOLESCENT - Retard de phase : Rythme circadien veille/sommeil se décale
-  Temps de sommeil total -  Efficacité du sommeil -  Éveils nocturnes   Stade III &  Stade I et II
ADULTE
NB : Sommeil paradoxal constant
- Avance de phase et aplatissement du rythme circadien veille/sommeil
SUJET ÂGÉ - Sommeil de nuit de moins bonne qualité
-  Sommeil diurne (sieste)
Examens d’exploration du sommeil
AGENDA DE SOMMEIL - À remplir sur plusieurs semaines
- Electro-encéphalogramme : EEG
- Electro-oculogramme : EOG
POLYSOMNOGRAPHIE - Electro-myogramme : EMG
Hospitalisation - Paramètres cardio-respiratoires : Qrespi, SatO2, mouvements respiratoires thoraciques et abdominaux, rythme cardiaque
- Paramètres moteurs : détection des mouvements des jambes
- Enregistrement vidéo concomitant
- Respiration
POLYGRAPHIE VENTILATOIRE
- Ronflement
Ambulatoire
- SatO2
TESTS ITÉRATIFS DE LATENCE - TILE : Sujet s’allonge à 5 reprises dans le lit au cours de la journée avec EEG.
ÉVALUATION DU SOMMEIL D’ENDORMISSEMENT  Si latence d’endormissement < 8 min : somnolence pathologique
DIURNE TESTS DE MAINTIEN DE L’ÉVEIL - TME : capacité du sujet à rester éveillé au cours de la journée (durée : 40 minutes)
= Médico-légal permis de conduire  Si latence d’endormissement < 19 min : somnolence pathologique
ACTIMÉTRIE - Port d’un accéléromètre au poignet « petite montre » : Rythme veille/sommeil et TTS
PARAMÈTRE CIRCADIENS ENREGISTREMENT DE TEMPÉRATURE CENTRALE
PROFIL DE SÉCRÉTION DE LA MÉLATONINE

INSOMNIE CHEZ L’ENFANT

INSOMNIE

INSOMNIE SYMPTÔMATIQUE DIFFICULTÉ D'ENDOMISSEMENT TROUBLE DE L'INSTALLATION RYTHME JOUR/NUIT

Quantité de sommeil en fonction de l’âge


INSOMNIE SYMPTÔMATIQUE Âge Durée idéale de sommeil
0 à 2 mois - 10 à 19 heures
-Eveils nocturnes longs > 15min - Temps de sommeil /J très diminué (> 2h)
2 à 12 mois - Nuit : 9 à 10h
-Eveils dès la 1ère partie de nuit - Sommeil agité entre les éveils
- Siestes : 3 à 4h
CLINIQUE -Retentissement diurne important
1 à 3 ans - Nuit : 9,5 à 10,5h
-Examen anormal : retard de croissance staturo-pondéral, surpoids, obésité,
- Siestes : 2 à 3h
anomalie neurologique, développement psycho-moteur anormal
3 à 5 ans - 9 à 10h
-Affections neurologiques/psychiatriques
6 à 12 ans - 9 à 10h
-Diabète insulino-dépendant, asthme, eczéma
ÉTIOLOGIES 13 à 18 ans - Besoin : 9 à 9,5h
-Otite chronique, RGO, intolérance aux protéines du lait de vache
-Psychostimulant, corticoïdes - Autisme, tb déficitaire de l’attention, hyperactivité - Durée réelle : 7 à 7,5hs
INSOMNIE CHEZ L’ADULTE

Épidémiologie Définition
- Difficulté d’endormissement : 3 fois /semaines
Prévalence : Insomnie chronique = 19% vs. Insomnie occasionnel = 30%
- Eveils nocturnes avec difficulté à se rendormir : 3 fois /semaine
7 à 10% utilisent des médicaments
- Réveils matinaux précoces avec incapacité à se rendormir : 3 /semaine
Score d’insomnie :
- Retentissement diurne négatif
- Insomnie moyenne : > 14/28
- Association à des symptômes fonctionnels : Fatigue - Tb. cognitif - Irritabilité -
- Insomnie sévère : > 21/28
Perturbation de l’humeur - Céphalées - Tb. de la libido - Tb. gastro-intestinaux…
Classification

INSOMNIE

TRANSITOIRE OU AIGUË < 3 mois CHRONIQUE > 3 mois


30% 10%

- Stress psychologique
- Stress physique
SYNDROME DES JAMBES
- Facteurs environnementaux INSOMNIE PRIMAIRE INSOMNIE SECONDAIRE
SANS REPOS
- Mauvaise hygiène de sommeil

Psychiatrique
Psycho-physiologique
Tb. thymique ou anxieux - ESPT

Insomnie paradoxale
Insomnie iatrogène
Mauvaise perception du sommeil : TCC

Insomnie idiopathique (rare) Insomnie d'origine médicale non


-Débute dans l’enfance, sans facteur déclenchant psychiatrique
- Pas de période de rémission Parkinson - Alzheimer - Hyperthyroïdie
- Traitement difficile

 Évolution d’une Insomnie aiguë transitoire


INSOMNIE PRIMAIRE - Développement de comportements dysfonctionnels - Schémas de pensées inadaptés
PSYCHO-PHYSIOLOGIQUE - Anxiété et ruminations excessives : hyperéveil mental - Hyperactivation physiologique
La plus fréquente - Traitement : TCC + Psychoéducation : Restriction du temps passé au lit - Eviction de la sieste - Technique de contrôle du stimulus -
Corriger les croyances & attitudes erronées vis à vis du sommeil
- Prise de médicament : Corticoïdes - Hormones thyroïdiennes - Psychostimulant - Antidépresseur
INSOMNIE IATROGÈNE - Sevrage de médicament : Hypnotique - Antalgique opioïde
- Consommation excessive : Café - Stimulant
- Intoxication éthylique et son sevrage
 Cause d’insomnie d’endormissement et de maintien +/- associée aux mouvements périodiques du sommeil (80%)
Terrain : Femme d’âge mur
Physiopathologie : Anomalie de transport du fer - Prédisposition génétique
Clinique : Sensation désagréable au niveau des jambes - Besoin irrépressible de les mobiliser - Symptômes soulagés par le mouvement
 Symptôme plus intense le soir > matin
SYNDROME DES JAMBES SANS  Versant insomniaque ou hypersomnie
REPOS Etiologies :
Prévalence = 8,5%  Idiopathique
 Carence martiale
 Insuffisance rénale sévère
 Maladie de Parkinson
 Iatrogène : AD - NL - Anti-psychotique
Traitement : Agoniste dopaminergique à faible dose - Dérivés opioïdes ou anti-épileptiques +/- Correction d’une carence en fer…
Traitement
Hypnotique pendant une courte période si insomnie d’ajustement : 2 à 4 semaines - Thérapie cognitivo-comportementale
Agoniste des R. GABA-A : BZD hypnotiques - Hypnotiques à demi-vie courte « Z » < 4 semaines
Insomnie du maintien du sommeil : Mélatonine (Circadin®)… HAS 2017 : Les benzodiazépines ne sont pas indiquées dans l’insomnie chronique.
Autres : ED sédatif, anti-histaminique
SOMNOLENCE DIURNE EXSESSIVE ET TROUBLE DE L’ÉVEIL

Épidémiologie Définition
Prévalence = 4 à 20%
Somnolence d’Epworth : État subjectif et objectif d’éveil physiologique abaissé, de propension au sommeil
- Somnolence excessive diurne > 10/24 ou d’assoupissement
- Somnolence excessive diurne sévère > 15/24
Classification

SOMNOLENCE DIURNE EXSESSIVE


SDE

Somnolence physiologique
Âges extremes de la vie - Sieste

INDUITE PATHOLOGIQUE

- Privation de sommeil
PRIMAIRE TROUBLE DU RYTHME CIRCADIEN
- Médicaments SECONDAIRE
Origine centrale VEILLE/SOMMEIL
- Toxiques - Alcool
- Travail de nuit

- SAS : cf. Fiche Pneumologie


- Narcolepsie 1 & 2 - Syndrome des jambes sans repos et mouvements périodiques nocturnes
- Hypersomnie idiopathique - Affection neuro-psychiatrique : Sd. de Kleine-Levin
- Douleurs - Cancers
- Iatrogène

 Associés au syndrome des jambes sans repos : Éveils nocturnes répétés - Sommeil de mauvaise qualité - SDE
Clinique :
- Mouvements répétitifs et stéréotypés des membres (inférieurs > supérieurs) pouvant survenir pendant le sommeil et a veille :
 Extension du gros orteil - Dorsiflexion du pied - Flexion du genou ou de la hanche
MOUVEMENTS PERIODIQUES  Durée : 0,5 à 10 secondes
NOCTURNES  Fréquence : / 4 à 90 minutes
- +/- Micro-éveils - BZD - NL - ThymoR - AD - Anti-épileptique
Examens complémentaires : Polysomnographie IATROGÈNE - Anti-histaminique
Traitement : Idem syndrome des jambes sans repos - Antalgique opioïde - Toxique
SYNDROME DE KLEINE-LEVIN - Hypersomnie - Hyper-oralité - Hypersexualité (absence d’étiologie connue)  Régression spontanée

HYPERSOMNIE D’ORIGINE CENTRALE

Maladie NARCOLEPSIE HYPERSOMNIE IDIOPATHIQUE


Syndrome de Gélineau
Épidémiologie 1 / 2 000 1 / 2 000
Physiopathologie Perte d’une petite population de neurones de l’hypothalamus qui
expriment l’hypocrétine (contrôle de l’éveil) +/- auto-immun
- Somnolence diurne irrépressible - Somnolence diurne +/- continue au cours de la journée
+/- Cataplexie : Relâchement du tonus musculaire déclenché par une - Accès de sommeil
Clinique émotion (positive > négative) < 2 minutes en pleine conscience - Inertie du sommeil
- Sommeil fragmenté - Sieste récupératrice +/- paralysie du sommeil - Sieste non récupératrice
- Hallucinations hypnagogiques ou hypnopompiques
- Polysomnographie : Sommeil paradoxal dans les 15 minutes suivant
l’endormissement
- Polysomnographie : Éliminer les diagnostics différentiels
Examens - TILE < 8 minutes en sommeil paradoxal
- TILE < 8 minutes avec moins de 2 endormissements en sommeil paradoxal
+/- Ponction lombaire : Diminution de l’hypocrétine (Type 1)
+/- HLA DQB1 0602 : 97%  Présent chez 25% de la population G.
Narcolepsie type 1 : Présence de cataplexie et/ou Hypocrétine
Temps total de sommeil allongé > 11h
Type effondrée dans le LCR
(Temps total de sommeil normal < 6 h)
Narcolepsie type 2 : Absence de cataplexie ET hypocrétine normale
Traitement - Somnolence : 1ère intention : Modafinil (ou gamma hydroxybutyrate)
Modafinil
- Cataplexie : Gamma hydroxybutyrate - AD3C ou ISNRS
SOMNOLENCE CHEZ L’ENFANT
Irritabilité + Instabilité motrice + Altération de la concentration
- Insuffisance de sommeil
- Narcolepsie-cataplexie (cf. supra)
- Parasomnies
- Sd de Willi-Prader
- Nieman-Pick de type C
- Maladie de Steinert
- Syndrome d’Ondine : Mutation PHOX2B  Insensibilité à l’hypercapnie : Sd. d’apnée du sommeil central hypercapnique
 +/- Associée à la maladie de Hirshprung - Neuroblastome
- Syndrome d’apnée obstructive du sommeil : 3 à 6 ans (hypertrophie des amygdales) = 1 à 4%
 Diagnostic : polysomnographie +/- radio. du cavum
IAH modérée : 1,5 à 5 apnées /h
IAH sévère > 5 apnées /h
FdR : Obésité - Allergie - Malformation VAS
NB : Amélioration spontanée dans 40% des cas chez l’enfant
- Traitement : Adéno-amygdalectomie - Corticoïde nasal + Antileucotriène x 3 mois - Pression positive continue - Traitement orthodontique +/- neurochirurgie

PARASOMNIES

- Déambulation inconsciente avec désorientation temporo-spatiale


SOMMEIL LENT PROFOND SOMNAMBULISME - Lenteur de la parole
Éveils incomplets ou dissociés 10 à 30% des enfants de 5 à 12 ans - Comportement adapté mais ralenti
1ère partie de nuit - Durée : 10 minutes
Amnésie de l’épisode TERREUR NOCTRUNE - Enfant : Grand cri - Manifestations végétatives
Contexte familial
ÉVEILS CONFUSIONNELS - Confusion mentale avec désorientation temporo-spatiale
 2ème partie de nuit (fin de nuit) : Homme âgé > 50 ans
- Perte de l’atonie musculaire (ne déambule pas)
TROUBLE DU COMPORTEMENT EN SOMMEIL - Comportement moteur +/- élaborés, mouvement brusque, violent
PARADOXAL Diagnostic : Polysomnographie
SOMMEIL PARADOXAL Mise en acte des rêves du sujet  Précède le syndrome parkinsonien
Traitement : Anxiolytique à faible dose
PARALYSIE DU SOMMEIL Cf. Narcolepsie
CAUCHEMARS -
ÉNURÉSIE NOCTURNE - Miction involontaire récurrentes > 5 ans
- Mouvements répétitifs, stéréotypés et rythmiques de grands groupes musculaires, lors
RYTHMIES D’ENDORMISSEMENT
de l’endormissement.
AUTRES
BRUXISME - Grincement de dent
SOMNILOQUIE - Parler pendant le sommeil
TROUBLE ALIMENTAIRE LIÉ AU SOMMEIL - Prises involontaires d’aliments et de boissons la nuit

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