212 7 • Filtres numériques à réponse impulsionnelle finie
b) Approche discrète
gk = 0, ∀k pair
La version numérique du filtre de quadrature idéal s’écrit 2
gk = , ∀k impair
kπ
Le filtrage est réalisé par convolution numérique entre le signal échantillonné xk et
la RIF causale h k obtenue à partir de gk après troncature et décalage à droite.
Le signal yk obtenu alors est approximativement en quadrature avec une réplique
retardée de xk .
La démonstration de ce résultat est donnée dans la solution de l’exercice 7.4.
7.7.2 Signaux analytiques
On appelle signal analytique associé au signal x(t), le signal complexe défini par :
z(t) = x(t) + j y(t)
dans lequel y(t) est la transformée de Hilbert de x(t) vue précédemment.
La partie imaginaire y(t) est en quadrature avec x(t).
On en déduit que le module de z(t) représente l’enveloppe de l’amplitude du signal x(t).
|z(t)| = x 2 (t) + y 2 (t)
L’application de la transformation de Hilbert à la détection de l’enveloppe d’un signal
fait l’objet de l’exercice 7.5
EXERCICES
Exercice 7.1 (Implantation d’un filtre numérique)
On désire implanter, dans la structure de filtrage représentée en figure 7.47,
le filtre numérique caractérisé par la fonction de transfert :
0,0304(1 − z −2 )
H (z) =
1 − 1,37z −1 + 0,94z −2
Déterminer la valeur des coefficients b0 , b1 , b2 , a1 , a2 de la structure.
Figure 7.47 Structure de filtrage utilisée.
Exercices 213
yk
= b0 xk + b1 xk−1 + b2 xk−2 + a1 yk−1 + a2 yk−2
2
soit yk = 2b0 xk + 2b1 xk−1 + 2b2 xk−2 + 2a1 yk−1 + 2a2 yk−2 .
Le filtre à implanter obéit à : yk = 0,0304(xk − xk−2 ) + 1,37yk−1 − 0,94yk−2
On identifie immédiatement : b0 = 0,0152 ; b1 = 0 ; b2 = −0,0152 ; a1 = 0,685 ; a2 = −0,47.
Exercice 7.2 (Cryptage vocal simple)
Les signaux vocaux véhiculés en téléphonie présentent un spectre qui s’étend
approximativement de 300 à 3 400 Hz comme le décrit la figure 7.48.
Figure 7.48 Spectre moyen d’un signal vocal.
On échantillonne le signal à une fréquence f e de 8 kHz. Soit xk le signal
numérique obtenu. Un cryptage simple consiste à inverser le signe d’un
échantillon sur 2 (figure 7.49).
1. Écrire l’algorithme donnant yk en fonction de xk .
2. Déterminer Y (z) en fonction de X (z).
z
On donne la propriété suivante : T Z {a k xk } = X
a
3. En déduire le spectre Y ( f ) en fonction de X ( f ). Décrire son contenu dans
la bande [0; 4 kHz].
4. Expliquer pourquoi le signal analogique correspondant à yk est devenu
inintelligible.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Figure 7.49 Effet temporel du cryptage.
1. L’algorithme de cryptage donnant yk en fonction de x k s’écrit :
– si k est pair : yk = xk ;
– si k est impair : yk = −xk .
Cet algorithme peut également être formulé par l’équation suivante :
yk = (−1)k xk
214 7 • Filtres numériques à réponse impulsionnelle finie
2. À partir de la propriété donnée : Y (z) = X (−z)
3. Ceci nous permet de déduire le spectre du signal yk :
1
Y [e j2πF ] = X[−e j2πF ] = X[e jπ e j2πF ] = X e j2π(F+ 2 )
1
fe
d’où : Y (F) = X F + soit Y ( f ) = X f +
2 2
Le spectre du signal de sortie est représenté en figure 7.50.
Figure 7.50 Effet fréquentiel du cryptage.
fe
4. La bande de base a subi un effet de rotation autour de . En conséquence les fréquences
4
initialement aiguës deviennent graves et les graves sont devenues aiguës. Cette inversion fré-
quentielle rend le message incompréhensible. D’une manière plus générale, le fait d’inverser le
signe d’un échantillon sur 2 de la réponse impulsionnelle d’un filtre numérique (ou de rempla-
cer z par −z dans sa fonction de transfert) conduit à l’obtention d’un filtre dual, de réponse fré-
fe
quentielle symétrique à l’originale par rapport à la fréquence .
4
Exercice 7.3 (Filtre RIF demi-bande)
On désire réaliser un filtre numérique RIF passe-bas dont la réponse fré-
quentielle en amplitude décroît linéairement avec la fréquence comme le
décrit la figure 7.51.
Figure 7.51 Cahier des charges du filtre.
La méthode de détermination des coefficients du filtre est celle du dévelop-
pement en séries de Fourier.
f
On définit la fréquence réduite : F =
fe
Exercices 215
1. Déterminer l’expression littérale des coefficients gk du filtre idéal à phase
nulle qui répond au cahier des charges.
2. Déterminer les valeurs numériques de 11 coefficients h k , 0 k 10,
du filtre RIF à phase linéaire obtenu par troncature rectangulaire et décalage
de gk .
3. On désire à présent réaliser un filtre passe-haut ayant la courbe de réponse
fréquentielle décrite en figure 7.52. À partir des coefficients h k , déterminer
sans calcul les 11 coefficients du filtre RIF à phase linéaire qui approche cette
réponse.
Figure 7.52 Filtre symétrique.
F=0,5 F=0,5
1. gk = 2 G(F)cos(k2πF)dF = 2 (1 − 2F)cos(k2πF)dF
F=0 F=0
F=0,5
Calculons séparément la valeur g0 : g0 = 2 (1 − 2F)dF = 0,5
F=0
Après une intégration par partie, nous obtenons :
0 pour k pair (sauf en k = 0)
1 2
gk = [1 − cos(kπ)] = pour k impair
(kπ)2 (kπ)2
2. Une troncature rectangulaire conserve 11 coefficients gk . La réponse impulsionnelle causale
h k est obtenue par décalage de gk de 5 pas à droite : h k = gk−5 (tableau 7.4).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
TABLEAU 7.4 TRONCATURE ET DÉCALAGE.
g–7 g–6 g–5 g–4 g–3 g–2 g–1 g0 g1 g0 g3 g4 g5 g6 g7
0,0021 0 0,0081 0 0,0225 0 0,2026 0,5 0,2026 0 0,0225 0 0,0081 0 0,0021
h0 h1 h2 h3 h4 h5 h6 h7 h8 h9 h10
3. La réponse G ′ (F) est une réplique de G(F) translatée de 0,5 ; vis-à-vis des fonctions de
transfert, cette translation fréquentielle s’écrit : G ′ (z) = G(−z).
Ainsi, la réponse impulsionnelle gk′ qui répond au filtre symétrique, est obtenue en inversant le
signe d’un coefficient gk sur deux. Il en est de même pour h ′k (figure 7.53.).
216 7 • Filtres numériques à réponse impulsionnelle finie
Figure 7.53 Réponses impulsionnnelles h k et h ′k .
Exercice 7.4 (Filtre RIF de quadrature)
π
Des signaux sinusoïdaux en quadrature (déphasés de ± ) sont nécessaires
2
dans certaines applications (modulations,...). On propose ici une méthode
permettant d’obtenir deux signaux numériques en quadrature. On considère
un filtre numérique idéal dont la réponse en fréquence G(F), purement ima-
ginaire, est décrite en figure 7.54.
G(F)
+j
– 0,5 0 0,5 F
–j
Figure 7.54 Réponse en fréquence d’un filtre numérique de quadrature.
1. Déterminer la réponse impulsionnelle non causale gk de ce filtre en effec-
tuant un développement en séries complexes de Fourier de G(F). Montrer
gk = 0 ∀k pair
que l’on peut écrire : 2
gk = ,∀k impair
kπ
2. La réponse gk est tronquée par fenêtrage rectangulaire conservant 15
valeurs. Représenter graphiquement la réponse tronquée. Un filtre, de
réponse impulsionnelle causale h k , est obtenu par décalage à droite de 7 pas
de la réponse tronquée précédente. On réalise alors le système dont le schéma
bloc est donné en figure 7.55.
z –7 U(z)
X(z)
H(z) V(z)
Figure 7.55 Schéma-bloc du système.
Exercices 217
3. Donner les algorithmes permettant le calcul des signaux u k et vk en fonc-
tion de xk .
4. Déterminer l’expression de la réponse fréquentielle H ( j F). Dessiner le
graphe de |H ( j F)| pour 0 F 0,5.
5. Démonter que si xk est un signal sinus numérique alors u k et vk sont en
quadrature.
1 1 1
2 2 2
1. gk = G( f )e j2πk F dF = G( f )cos(2πk F)dF + j G( f )sin(2πk F)dF
−1 −1 −1
2 2 2
G(F) étant ici impaire :
1
2 1 1 1 gk = 0, ∀k pair
gk = 2 j − j sin(2πk F)dF = − [cos(2πk F)]02 = [1 − cos(kπ)] = 2
0 kπ kπ gk = , ∀k impair
kπ
2. La réponse impulsionnelle tronquée dans l’intervalle [−7 ; 7] est représentée en figure 7.56.
g'k
–7 –4
1 4 7 k
Figure 7.56 Réponse impulsionnelle non causale après fenêtrage rectangulaire.
3. La réponse impulsionnelle du filtre causal s’écrit : h k = gk−7
14
U (z) = z −7 X (z) soit u k = xk−7 et V (z) = H (z)X (z) soit vk = h 1 xk−1
1=0
14
14 7 7
h k · e− j 2πk F =
gk−7 · e− j 2πk F =
gl · e− j 2π(l+7)F = e− j 2π7F
4. H( j F) = gl · e− j 2πl F
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
k=0 k=0 l=−7 l=−7
− j 14π F j 14π F − j 10π F j 10π F − j 6π F j 6π F
2 − j 2π7F e −e e −e e −e e− j 2π F − e j 2π F
H( j F) = e + + +
π 7 5 3 1
4 sin(14πF) sin(10πF) sin(6πF) sin(2πF)
H( j F) = − j e− j 2π7F + + +
π 7 5 3 1
U V π
5. arg (F) = −14πF et arg (F) = −14πF −
X X 2
π
En conclusion, un déphasage constant de − existe entre les signaux u k et vk.
2
218 7 • Filtres numériques à réponse impulsionnelle finie
H (jF)
1,2
0,8
0,6
0,4
0,2
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 F
Figure 7.57 Réponse fréquentielle en amplitude du filtre de quadrature.
Exercice 7.5 (Transformation de Hilbert – Détection d’amplitude)
Nous avons vu dans l’exercice précédent que les signaux vk et u k sont dépha-
π
sés de − . vk ne représente cependant qu’une approximation de la transfor-
2
mée de Hilbert de u k car la réponse fréquentielle en amplitude du filtre de
quadrature n’est pas parfaitement constante.
On se propose ici d’illustrer la méthode de détection de l’enveloppe d’un
signal qui exploite le concept de signal analytique. Dans le cas présent le
signal analytique s’écrit z k = u k + jvk .
Cette illustration nécessite l’utilisation d’un tableur et exploite le filtre de
quadrature déterminé dans l’exercice 7.4. On procédera alors comme le mon-
tre le tableau 7.5.
La première colonne est affectée à l’indice k courant de 0 à 200.
Dans la deuxième colonne on calculera une fonction d’amplitude Ak triangu-
laire qui varie linéairement de 0 à 1 puis de 1 à 0 sur une période totale de
200 points.
On déterminera dans les 4 colonnes suivantes les signaux :
xk = Ak sin(k2πF)
u k = xk−7
2 xk−14 − xk
xk−12 − xk−2 xk−10 − xk−4 xk−8 − xk−6
vk = + + +
π 7 5 3 1
|z k | = u 2k + vk2
Reproduire le graphique des signaux u k et vk d’une part et des amplitudes Ak
et |z k | d’autre part.
Faire varier la fréquence F entre 0 et 0,5 afin d’évaluer qualitativement la
détection de l’enveloppe du signal xk .
Exercices 219
TABLEAU 7.5 TABLE DE CALCUL DE L’EXERCICE 7.5.
k Ak xk uk vk |zk |
0 0 0
..
1 0,01 .
.. .. ..
. . .
..
7 0,07 . 0
.. .. ..
. . . 0,01
.. .. .. ..
14 0,14 . . . .
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
Résultats de simulation :
1
Les graphiques des signaux u k , vk, Ak et |z k | obtenus pour la fréquence particulière F =
10,3
sont représentés en figures 7.58 et 7.59. Pour cette fréquence la détection de l’enveloppe est de
qualité acceptable. À remarquer le décalage équivalent à 7 échantillons entre l’enveloppe détec-
tée |z k | et celle du signal initial (Ak ). À noter également la présence des ondulations sur l’en-
veloppe engendrées par le filtre de quadrature.
1 vk uk
0,8
0,6
0,4
0,2
0
0 50 100 150 200 k
-0,2
-0,4
-0,6
-0,8
-1
Figure 7.58 Évolution des signaux uk et vk.
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
Ak zk
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
0 50 100 150 200 k
Figure 7.59 Enveloppe du signal initial et enveloppe détectée.
220 7 • Filtres numériques à réponse impulsionnelle finie
Exercice 7.6 (Filtre interpolateur de Farrow)
On considère un interpolateur numérique qui calcule la valeur de points
yk−2+d situés entre les échantillons xk−2 , xk−1 et xk d’un signal d’entrée. On
note d l’abscisse des valeurs interpolées mesurée à partir de l’instant k − 2
dans l’intervalle [k − 2 ; k] comme le montre la figure 7.60.
d est un nombre réel positif variant entre 0 et 2.
Les valeurs sont interpolées par la méthode de Lagrange.
yk xk Interpolateur yk-2+d = P(d)
xk
xk-2 Échantillons
xk-1 Valeurs interpolées
k
d
0 1 2
Figure 7.60 Indexation des valeurs interpolées.
1. Déterminer l’expression du polynôme d’interpolation P(d) en fonction de
d et des échantillons xk−2 , xk−1 et xk .
On implante le filtre interpolateur dans la structure de Farrow représentée en
figure 7.61.
X(z)
H2(z) H1(z) H0(z)
-2+d Y(z)
+ + z
d + d +
Figure 7.61 Structure interpolatrice de Farrow pour N = 2 .
2. Déterminer les fonctions de transfert H2 (z), H1 (z) et H0 (z).
1. On dispose ici de 3 points de collation x k−2 ; xk−1 ; xk .
En utilisant les relations fournies dans le paragraphe 3.4.6 pour N = 2 nous avons :
2 2
(d − j)
P(d) = xk−2+i · L i (d) avec L i (d) = pour 0 i 2.
i=0 j= 0 ; j =
/i
i−j
Ce qui donne :
(d − 1)(d − 2) d 2 − 3d + 2 d(d − 2)
L 0 (d) = = ; L 1 (d) = = −d 2 + 2d
(−1)(−2) 2 (1)(−1)
Exercices 221
d(d − 1) d2 − d
L 2 (d) = =
(2)(1) 2
d 2 − 3d + 2 d2 − d
P(d) = xk−2 + (2d − d 2 )xk−1 + xk
2 2
On vérifie bien d = 0 ⇒ P(d) = xk−2 ; d = 1 ⇒ P(d) = xk−1 ; d = 2 ⇒ P(d) = xk
3. En mettant P(d) sous la forme polynomiale de la variable d nous obtenons :
3
xk−2 xk 2 xk
P(d) = − xk−1 + d + − xk−2 + 2xk−1 − d + xk−2
2 2 2 2
Ce développement fait apparaître trois filtres RIF à coefficients fixes. Pour son implantation
dans la structure de Farrow, on identifie immédiatement les fonctions de transfert :
z −2 1 −3z −2 1
H2 (z) = − z −1 + ; H1 (z) = + 2z −1 − ; H0 (z) = z −2
2 2 2 2
Exercice 7.7 (Implantation d’un filtre RIF dans une structure en treillis)
On considère la structure dite en treillis représentée en figure 7.62.
U0(z) + U1(z) +
U2(z)
a1 + a2 +
X(z)
+ +
a1 a2
z -1 + z –1 V2(z)
V0(z) V1(z) +
Figure 7.62 Structure de filtrage en treillis.
1. Exprimer les grandeurs U2 (z) et V2 (z) en fonction de U1 (z) et V1 (z) puis
en fonction de U0 (z) et V0 (z).
© Dunod. La photocopie non autorisée est un délit.
U2 V2
2. En déduire les fonctions de transfert H (z) = (z) et G(z) = (z)
X X
3. Exprimer G(z) en fonction de H (z −1 ).
4. On désire implanter le filtre RIF de fonction de transfert H (z) =
1 + b1 z −1 + b2 z −2 .
Exprimer les coefficients a1 et a2 en fonction de b1 et b2 .
1. U2 (z) = U1 (z) + a2 z −1 V1 (z) et V2 (z) = a2 U1 (z) + z −1 V1 (z)
de même U1 (z) = U0 (z) + a1 z −1 V0 (z) et V1 (z) = a1 U0 (z) + z −1 V0 (z)
2. Sachant que X (z) = U0 (z) = V0 (z) on obtient :
222 7 • Filtres numériques à réponse impulsionnelle finie
U2 (z) = [1 + a1 z −1 + a2 z −1 (a1 + z −1 )]X (z) = [1 + a1 (1 + a2 )z −1 + a2 z −2 ]X (z)
U2
−→ H (z) = (z) = 1 + a1 (1 + a2 )z −1 + a2 z −2
X
De même :
V2 (z) = [a2 + a2 a1 z −1 + a1 z −1 + z −2 ]X (z) = [a2 + a1 (1 + a2 )z −1 + z −2 ]X (z)
V2
−→ G(z) = (z) = a2 + a1 (1 + a2 )z −1 + z −2
X
3. H (z −1 ) = 1 + a1 (1 + a2 )z + a2 z 2
D’où z −2 H (z −1 ) = z −2 + a1 (1 + a2 )z −1 + a2 = G(z)
4. H (z) = 1 + b1 z −1 + b2 z −2 = 1 + a1 (1 + a2 )z −1 + a2 z −2
b1
On en déduit : a2 = b2 et a1 = .
1 + b2