Gestion du Risque de Liquidité à la CDG
Gestion du Risque de Liquidité à la CDG
*-*-*-*-*
HAUT COMMISSARIAT AU PLAN
*-*-*-*-*-*-*-*
INSTITUT NATIONAL
DE STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE
Resumé
La Gestion Actif-Passif consiste à maitriser des conséquences potentielles négatives des
risques financiers. Dans le cadre de mon stage de fin d’étude, je me suis intéressé à trai-
ter le risque de liquidité au sein de la CDG.
Le risque de liquidité fait partie des risques majeurs pour un établissement de fort
poids tel que le Groupe CDG, notamment après les crises de 2007 et 2011 qui ont attiré
l’attention sur la liquidité. Une mauvaise gestion de ce risque peut constituer une menace
non seulement pour l’équilibre financier de l’établissement, mais aussi pour la stabilité fi-
nancière dans son ensemble.
Ainsi, pour faire une gestion et une couverture du risque de liquidité, j’ai modélisé,
dans un premier temps, les dépôts à vue pour estimer leurs loi d’écoulement, et ce dans
le but d’écouler les postes du bilan de la CDG pour enfin calculer les impasses /gaps en
liquidité. Ces impasses ont pour objectif le suivit des déséquilibres ou les besoins de li-
quidité futur. Ce qui nous permet d’élaborer des stratégies d’investissements en fonctions
de ces déséquilibres.
Une autre méthode pour la gestion de risque de liquidité est à travers le calcul du ratio
de liquidité à court terme LCR instaurée par la réglementation de Bâle 3. Ce ratio est un
scénario de tension de liquidité pour le bilan. Il est important pour voir si la banque pos-
sède un niveau suffisant des Actifs Liquides de Haute Qualité pour faire face à une crise
de liquidité de court terme.
Mots clés : ALM, Bâle 3,Gap, Impasses, Liquidité, LCR, Risque de liquidité.
2
Dédicaces
Dédicaces
3
Remerciements
Remerciements
Une gratitude toute particulière revient à mon professeur à l’INSEA, Mr. Abdelaziz
CHAOUBI, je tiens à le remercier sincèrement pour son aide, ses encouragements, ses
conseils ainsi que ses précieuses remarques qui m’a grandement contribué à améliorer
la qualité de ce mémoire. Je lui sommes très reconnaissant pour la qualité de sa collabo-
ration et de son encadrement.
Mon sincère reconnaissance va à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à
l’aboutissement et au bon déroulement de ce modeste travail.
4
Table des matières
Resumé 2
Dédicaces 3
Remerciements 4
Introduction générale 12
1 Préliminaire 14
1.1 Présentation du Groupe Caisse de Dépôt et de Gestion . . . . . . . . . . . 14
1.2 Missions de la CDG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3 Généralités sur la Gestion Actif-Psassif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.4 Missions du département ALM dans une banque . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.5 Risques étudiés dans ALM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.6 Stress testing en ALM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
5
Table des matières
2.5.1 Historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.5.2 Le ratio de liquidité à court terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.5.3 Le ratio structurel de liquidité à moyen terme . . . . . . . . . . . . . 29
Conclusion générale 71
Bibliographie 72
Annexes 73
B Ecoulement de l’actif 78
C Ecoulement du passif 81
6
Liste des abréviations
7
Table des figures
2.1 (a) Equilibre des gaps en liquidité (b) Déficits (c) Fonds excédentaires . . . 24
8
Table des figures
9
Liste des tableaux
10
Liste des tableaux
11
Introduction générale
Introduction générale
12
Introduction générale
incertaines qui sont les dépôts des clients. C’est pourquoi une bonne connaissance des
risques, en particulier du risque de liquidité, est si importante pour la banque afin de rester
dans une zone sécurisée concernant sa liquidité. La gestion du risque de liquidité relève
des missions du département ALM de la Banque. Pour ce faire, nous avons d’abord be-
soin de mesurer notre exposition au risque de liquidité.
Ainsi, dans ce projet, passerons en revue la gestion des risques de liquidité en utilisant
les méthodes de l’ALM. Nous allons également estimer le ratio de liquidité (LCR) introduit
par le comité de Bâle (Bâle III) et le simuler au cas de CDG dans le cadre de la nouvelle
réglementation de Bank Al-Maghrib.
Alors, Qu’est-ce qu’un risque de liquidité ? Et comment le mesurer ? Quels sont les nou-
veaux apports de Bâle III concernant le risque de liquidité ?
Pour répondre à toutes ces questions, je commencerai par définir les grands principes de
l’ALM dans le premier chapitre. Ensuite, je parlerai du risque de liquidité, de la définition
du concept et de la façon de le mesurer en utilisant les impasses de liquidité dans le
deuxième chapitre. Les deux premiers chapitres sont considérés comme le cadre théo-
rique.
Dans le 3ème chapitre, je ferai une modélisation des dépôts a vue qui est une étape im-
portante pour résoudre le problème des éléments non échéancés du passif et ce pour
aboutir aux conventions d’écoulement.
Et finalement dans le 4ème chapitre, je vais appliquer les étapes mentionnées dans le
cadre théorique en écoulant les postes de bilan dans un premier temps, en utilisant les
modélisations pour écouler la partie des dépôts du passif. L’étape suivante c’est le calcul
des impasses/gaps en liquidité qui vont être utiles pour diagnostiquer les besoins de liqui-
dité ainsi que les surplus, ce qui nous aiderais à identifier les risques et leurs impacts. En
utilisant les résultats des modélisations de dépôts précédents, je ferais une estimation du
ratio LCR pour le compte de la CDG afin d’évaluer la solidité de cette dernière face à une
crise de liquidité Court Terme. Pour finir, et afin d’évaluer de manière plus spécifique les
risques encourus par la CDG, Je tenterai de mettre en place des scénarii de stress tests
de liquidités réalistes et extrêmes.
13
Chapitre 1
Préliminaire
14
CHAPITRE 1. PRÉLIMINAIRE
Après la collecte des dépôts, l’étape suivante consiste à faire une allocation de ces
dépôts et une gestion des risques ; c’est le travail de l’entité ALM (gestion actif-passif) qui
a pour but le pilotage de marge d’intérêts (différence entre les intérêts des ressources
avec ceux versés aux emplois) sous contrainte des différents risques (liquidité, taux...).
Après l’étude des risques, la CDG entreprend d’investir les dépôts collectés en :
– actifs de taux (Obligataire)
– Actions cotées
– Participations & prêts aux filiales (banques et aussurance (CIH FINEA...), dévelop-
pement territorial (CDG DEV, MEDZ...) , Tourisme (MADAEF, SAPST...)
– achat de foncier
– Autres investissements...
Ainsi la nature même des missions de l’établissement implique le recourt à une transfor-
mation des dépôts en investissement moyennant une prise de risque sur le principal, et
sur les intérêts à payer aux déposants. Cette activité de transformation du passif en actif
est génératrice de risque bancaires et financiers, parmi lesquels figure le risque de liqui-
dité.
15
CHAPITRE 1. PRÉLIMINAIRE
16
CHAPITRE 1. PRÉLIMINAIRE
ALM doit avoir une vision globale et à long terme de l’activité financière de la banque.
A l’aide de différents scénarios économiques, le service ALM fournit les informations né-
cessaires au conseil d’administration de la banque afin de pouvoir planifier solidement les
futurs investissements financiers.
La coordination des actifs et des passifs a déjà été considérée bien avant la naissance
de l’ALM. Cependant, de nos jours, la présence d’un département ALM spécifique est
cruciale dans un secteur aussi concurrentiel le domaine bancaire. En effet, les techniques
utilisées dans ALM sont de plus en plus spécifiques et élaborées.
– Le risque de liquidité : C’est le risque causé par l’incapacité des banques à faire face
à leurs obligations, en particulier pour les besoins de trésorerie ;
– Le risque de crédit : C’est le risque causé par le défaut éventuel des emprunteurs
sur leurs obligations envers la banque et est également le risque de perte de va-
leurs obligatoires actuelles en raison de la dégradation de l’émetteur. Ce dernier est
également appelé risque de dégradation ;
– Le risque de marché : Il peut être subdivisé comme suit :
– Risque de taux d’intérêt : qui est le risque causé par les variations des taux d’in-
térêt ;
– Le risque de change : qui est le risque de pertes financières causées par les va-
riations des taux de change, en particulier pour les produits dérivés et les produits
négociés sur le marché international ;
– Le risque d’actif : qui est le risque de pertes financières en raison de la déprécia-
tion des actifs sur les bourses.
– Le risque opérationnel : C’est le risque causé par les omissions dans le travail des
employés, les procédures et processus internes inadéquats, la gestion inadéquate
de l’information et d’autres systèmes, les pannes dans le système informatique et
les événements externes imprévisibles ;
– Le risque global d’insolvabilité (ou risque de faillite) : C’es le risque que la banque
ne possède pas de fonds suffisant pour faire face a ces engagements (la valeur de
l’actif est inferieur au total des dettes), et cela peut causer la faillite de l’établissement
17
CHAPITRE 1. PRÉLIMINAIRE
du crédit.
Les méthodes d’ALM tendent à élaborer des scenarios de stresses pour tester le compor-
tement de la banque vis à vis à des situations extrêmes.
1. La crise financière en Russie, qui s’est traduite également par une crise économique, a culminé en
1998. Elle est marquée par une dévaluation brutale du rouble et un défaut sur la dette russe. Cette crise se
produit à la suite de la crise économique asiatique de 1997, située au début d’un ralentissement économique
mondial. L’inflation cette année-là fut de 84 % en Russie.
18
Chapitre 2
1. John Law fut l’inventeur du Système, puis ministre des Finances du royaume de France, qui lui doit
l’introduction du billet de banque et d’une des premières bourses au monde.
19
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
2.2 Définitions
2.2.1 La liquidité
La notion de la liquidité dans la littérature économique est la capacité d’un agent éco-
nomique à échanger sa richesse existante contre des biens et des services ou contre
d’autres actifs.
Elle décrit la mesure dans laquelle un actif ou un titre peut être rapidement acheté ou
vendu sur le marché sans que son prix soit affecté.
La liquidité du marché fait référence à la mesure dans laquelle un marché, comme le mar-
ché boursier ou le marché immobilier, permet d’acheter et de vendre des actifs à des prix
stables. La monnaie fiduciaire est l’actif le plus liquide, alors que l’immobilier, les et les
objets de collection sont relativement illiquidés.
La liquidité comptable mesure la facilité avec laquelle une personne physique ou morale
peut satisfaire à ses obligations financières avec les liquidités disponibles.
Dans ce projet on s’intéresse à la deuxième définition de la liquidité. Ainsi pour pourvoir
gérer le risque de liquidité, il s’avère cruciale de définir ce risque.
– en cas d’illiquidité extrême, ce risque peut être fatal et peut provoquer la faillite de
l’établissement. En effet, les défaillances des contreparties ou les évolutions ad-
verses du marché peuvent entrainer des pertes importantes, et ainsi ces pertes
suscitent des inquiétudes de solvabilité de l’établissement, et donc des retraits mas-
sifs des fonds, ce qui engendre une crise de liquidité brutale ;
– Le risque de liquidité peut aussi être vu à travers l’insuffisance de liquidités de l’éta-
blissement, c’est le cas où, les actifs liquides disponibles ne peuvent pas faire face
à des besoins inattendus ;
– Une dernière vision de ce risque, est l’incapacité temporaire de l’établissement fi-
nancier à lever des capitaux à un coût raisonnable.
Le risque de liquidité est à ne pas prendre au léger, car il peut entrainer l’insolvabilité de
l’établissement de crédit a travers une crise fatale en terme de liquidité. Pour cette raison,
il s’avère cruciale de diagnostiquer en premier temps les sources de ce risque ainsi que
2. [Link], « Gestion des Risques et Gestion Actif/Passif des Banques », Dalloz, Paris, 1995
20
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
21
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Dans le second cas, le besoin d’avoir de la liquidité, la banque se trouve dans l’obligation
d’emprunter de l’argent avec des taux d’intérêt très élevés, ce qui affecte ses fonds ap-
propriés et peut entraîner un risque de taux.
Ainsi, le risque de liquidité peut générer d’autres risques bancaires, ce qui peut être la
cause directe de la faillite de l’établissement du crédit.
22
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Gap de liquidité(t)=Actifs(t)-Passifs(t)
Les graphes ci-dessous montrent les situations typiques des représentations graphiques
des actifs et passifs ainsi que les gaps. L’écart actuel, à compter d’aujourd’hui, est égal
à zéro lorsque la taille des actifs et des passifs correspond. Tout excès de fonds, Ou tout
déficit de fonds, à cette date de début est censé être entièrement financé ou investi.
Au fil du temps, et pour les impasses statiques où les nouveaux prêts et dettes sont igno-
rés, les encours des actifs et passifs existants diminuent. Les taux d’intérêt générés par
les actifs et passifs existants ne sont pas présentés dans ces graphiques.
23
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
F IGURE 2.1 – (a) Equilibre des gaps en liquidité (b) Déficits (c) Fonds excédentaires
(a)
(b)
(c)
Une gap négatif signifie un déficit, et vice versa. Les gaps négatives signifient que le bilan
génère des déficits projetés des ressources par rapport aux [Link] banque doit financer
ces déficit. Dans l’autre cas, à mesure que le temps passe, la banque a des ressources
excédentaires et doit développer de nouvelles activités de prêt ou d’investissement. Fi-
nalement, le troisième cas c’est quand les projections des actifs et passifs sont approxi-
mativement identiques. L’amortissement du bilan ne génère aucun déficit ou excédent de
fonds, et le calendrier de remboursement des dettes réplique celui du remboursement des
prêts. Le bilan reste équilibré, avec le temps, sans générer de besoin ou d’investissement
24
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Le tableau suivant va servir comme exemple pour illustrer le calcule des gaps en stock et
en flux.
Date 1 2 3 4 5 6
Actifs 1,000 800 750 600 450 200
Passifs 1,000 900 700 650 400 100
Gap en stock 0 -100 50 -50 50 100
Gap en flux -100 -50 -100 100 -50
Dans l’exemple, Une gap en stock positive est un déficit qui nécessite un financement.
Une gap en stock négative est l’excès de ressources à investir. Une gap en flux négative
signifie que les actifs amortissent à un rythme plus lent que les passifs à cette période :
une sortie nette de fonds, et une gap en flux positive signifie que la variation des actifs
dépasse la variation des passifs : c’est une entrée nette de fonds.
Les gaps en flux représentent les nouveaux fonds à augmenter au cours de la période, ou
les nouveaux fonds excédentaires de la période disponible pour investir.
En entend par sortie de fonds, le passif tombe, c’est quand la banque rembourse un prê-
teur, et une entrée de fonds, l’actif tombe, quand un client rembourse son crédit.
25
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
26
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
funding ratio » ne s’appliquera jusqu’au 2019 5 ainsi que le LCR va avoir une application
progressive a partir de 2015. Dans le paragraphe suivant je vais expliquer en détails le
mode de calcule du LCR.
1er janvier 1er janvier 1er janvier 1er janvier 1er janvier
2015 2016 2017 2018 2019
LCR minimal 60% 70% 80% 90% 100%
Source : Bâle III : Ratio de liquidité à court terme et outils de suivi du risque de liquidité
27
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Ils se composent des actifs de niveau 1 et de niveau 2. La banque peut avoir une quantité
illimitée d’actifs de niveau 1, en revanche, pour les actifs de niveau 2, ils ne doivent pas
dépasser 40% de la totalité des HQLA.
– La caisse
– Réserves à la banque centrale
– Titres négociables
– Titres de dette émis en monnaie locale par l’entité souveraine ou la banque centrale
pour les entités souveraines ;
– Titres de dette émis en monnaie étrangères par un Etat ou une banque centrale
dans la mesure ou la détention de ces titres correspond aux besoins des opérations
de la banque dans la juridiction concernée.
– Dépôt des particulier (a vue et a terme) dont la maturité est au plus de 30 jours.
Pondéré à 10% (5% si stable)
– Dépôt des particuliers (a vue et a terme) dont la maturité est au plus de 30 jours,
ayant les pondérations suivantes
– 10% pour les dépôts des TPE (5% si stable)
– 25% pour les dépôts des autres personnes morales (5% si stable)
– 40% les dépôts des entreprises non financières, les Etats, les banques centrales,
organismes publics et banques multilatérales de développement. (20% si stable)
– 100% pour les autres dépôts et emprunts
– Opérations adossées à des actifs
28
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
HQLA = Acti f s1 + Acti f s2A + Acti f s2B − Max((Acti f s_A juste2A + Acit f s_A juste2B)−
2 15
× Acti f s_A juste1, Acti f s_A juste2B − × (Acti f s_A juste1 + Acti f s_A juste2A), 0)
3 85
Avec les actifs ajustes d’un certain niveau correspond au montant d’actif de ce niveau
qui résulterait de l’arrivée à échéance à court terme de toutes les opérations de pension
et opérations similaires garanties impliquant l’échange d’actifs liquides de haute qualité
(autre que ce niveau ) contre des actifs de niveau désiré.
29
CHAPITRE 2. CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
1 an. Le montant du « financement stable exigé » d’un établissement est fonction des
caractéristiques de liquidité et de la durée résiduelle des actifs qu’il détient et de celles de
ses positions de hors-bilan. 6
Montant du f inancement stable disponible
NSFR = ≥ 100%
Montant du f inancement stable exigé
Dans le chapitre suivant, je vais appliquer tout le cadre théorique ci-dessus pour faire une
analyse du risque de liquidité pour la CDG. Je vais dans un premier temps faire l’écoule-
ment du bilan de la CDG pour pouvoir calculer les gaps en liquidités, et après je vais faire
une simulation du LCR suivant les instructions de l’etat 7 .
Il est à noté que, en raison de la confidentialité des données, une transformation a était
appliquée concernant les montants en multipliant par des coefficients.
30
Chapitre 3
Etant donné que le Passif de la CDG est constitué principalement de dépôts à Vue, il
est donc nécessaire procéder à leur modélisation afin de pouvoir écouler le bilan. L’écou-
lement des dépôts à vue est opéré sur la base d’une règle statistique ou de règles de
consensus appelées « conventions d’écoulement » ou « lois d’écoulement ». Celles-ci
sont généralement basées sur une démarche rétrospective reproduisant le comportement
historique des postes concernés mais elles peuvent également découler d’une logique dé-
terministe si la banque a une orientation stratégique marquant une rupture par rapport au
passé ou s’il s’agit d’un nouveau produit. Ainsi pour faire cette modélisation, nous aurons
besoin d’une base de données historique des dépôts.
Les déposants de la CDG sont de différents types selon la catégorie de dépôts ; soit ins-
titutionnel, juridique ou bien consignation.
31
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
Les dépôts de sécurité sociale constituent la majorité des dépôts réglementé (43%),
suivi par les fonds d’épargne avec une par de 26% du total des dépôts. Les autres dépôts
sont repartis entre les consignations et les secrétaires greffiers qui dominent le reste des
dépôts.
Puisqu’on a plusieurs types de dépôts (fonds institutionnels, les fonds des professions
juridiques, les consignations...etc.), nous avons besoin d’établir plusieurs conventions
d’écoulement propres à chaque type de dépôts.
32
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
– SPro jete (k, k + d) avec d ∈ {1, 2, ...} ; la projection a la date k + d du stock en prenant
comme point de départ le solde de la date k Sk ;
– PN pro jete (k, k + d) avec d ∈ {1, 2, ...} ; la projection a la date k + d de la production
nouvelle en prenant comme point de départ la production nouvelle de la date k PNk ;
Les soldes projetés et les productions nouvelles projetées vérifient les relations suivantes :
Sk+1 = SPro jete (k, k + 1) + PNk+1
k+2 = SPro jete (k, k + 2) + PNPro jete (k + 1, k + 2) + PNk+2
S
(3.1)
S k+2 = S Pro jete (k, k + 3) + PNPro jete (k + 1, k + 3) + PNPro jete (k + 2, k + 3) + PNk+3
...etc.
Et si on introduit les fonctions d’écoulement du stock Fstock (k, k + d) et de production
nouvelle FPN (k, k + d) :
(
SPro jete (k, k + d) = Sk × Fstock (k, k + d)
(3.2)
PNPro jete (k, k + d) = PNk × FPN (k, k + d)
Avec k ∈ {0, 1, 2, ..., n − 1} et d ∈ {1, 2, 3, ...}
et Fstock (k, k + d) est la fraction du stock de la date k restant encore a la date k + d.
FPN (k, k + d) : la fraction de la production nouvelle de la date k restant encore a la date
k + d.
Dans notre cas ou on ne fait pas d’écoulement dynamique, on ne tient pas compte des
productions nouvelles. Car le but est de voir comment la banque vas faire face a ces en-
gagements en cours, moyen et long terme si on arrête la production a une date donne t.
Ainsi, on peut poser l’hypothèse d’égalité des fonctions d’écoulement des stocks et des
productions nouvelles.
C’est a dire on pose F(k, k + d) = Fstock (k, k + d) = FPN (k, k + d).
Donc on peut écrire sous cette hypothèse :
Cette relation montre que le pourcentage du stock restant dans 2 jours, n’est que le pro-
duit des pourcentages des stocks des dates k et k + 1 restants dans un horizon d’un jour.
Donc plus généralement on peut écrire :
d−1
F(k, k + d) = ∏ F(k + i, k + i + 1) (3.3)
i=0
33
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
∑n−1 F(i, i + 1)
Fm (1) = i=0
n
Et on utilisant l’équation 3.3 on peut calculer les fractions d’écoulement moyennes pour
chaque horizons d ∈ {1, 2, ..., D} avec D est considéré comme l’horizon maximal :
∑n−d F(i, i + d)
Fm (d) = i=0
n−d +1
34
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
F IGURE 3.2 – Evolution des soldes des dépôts de notaires du 1/1/2014 au 31/5/2016
D’après ce graphe, on remarque que le comportement des soldes des dépôts a changé
a partir du deuxième semestre de l’année 2014. Et ce due a l’application de la réglemen-
tation qui oblige les notaires de déposer auprès de la CDG à partir de Juillet 2014.
Ainsi, pour ne pas perturber les résultats de l’étude cet évènement exceptionnel, je vais
retenir comme période d’étude la durée entre le 1 janvier 2015 et le 31 mai 2016.
Ensuite, avec une analyse descriptif de la base d’étude, on peut extraire le coefficient de
variation :
Ainsi, nous procéderons par le calcul des fractions F(k, k + d) et ensuite des Fm (d) avec
d représentant les jours de projection. On obtient les résultats suivants :
35
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
La courbe est décroissante ; ce qui signifie que les dépôts s’écoule avec le temps. La
courbe a forme exponentielle ; alors, on s’intéresse à une relation de type Fm (d) = eβ +αd .
J’ai fait la modélisation en utilisant un complément de Microsoft Excel ; XLSTAT, qui facilite
la réalisation des modélisations et des testes statistiques.
Les sorties de la régressions sont comme suit :
Le R2 de la régression est de 99.6%, on peut dire que le modèle explique très bien les
données.
36
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
Les tests du rapport de vraisemblance, de Score et de Wald ont une p-value très infe-
rieur a 5%, donc on rejette l’hypothèse nulle ”H0 : Fm (d) = Constant”
Donc on peut dire que le modèle est adéquat.
Source Value Standard error Wald Chi-Square Pr > Chi2 Wald Lower bound (95%) Wald Upper bound (95%)
Intercept 0.009 0.088 0.011 0.917 -0.164 0.182
days -0.020 0.000 4519.207 < 0.0001 -0.020 -0.019
La valeur de la constante est 0.009 ainsi que la valeur du coefficient est −0.02.
Or la constante est non significative selon le test de Wald Chi2 ; (p-value=91.7%).
Validation du modèle :
• Nous utilisons la statistique de Durbin Wastson pour tester l’auto corrélation des
résidus :
DW 1.9167
p-value 0.3786
alpha 0.05
37
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
La p-value du test est supérieure à 5%, donc on rejette l’hypothèse d’auto corrélation
des résidus.
• Nous utilisons la statistique de White pour tester l’homoscédasticité des résidus :
Finalement, cette courbe montre un très bon ajustement entre la courbe du modèle et
celle des données.
La modélisation des autres types de dépôts se fait de la même façon, donc je vais pré-
senter directement les résultats de la modélisation de chaque segment de dépôts avec
les commentaires adéquats.
38
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
Les soldes fluctuent autour de la moyenne, et la volatilité des dépôts des barreaux est
12.1%.
Et en utilisant les relations élaborées dans le titre Equations de modélisation, la courbe
de Fm (d) a la forme suivante :
On veut donc avoir une relation de type Fm (d) = eβ +αd puisque l’allure de la courbe est
exponentielle.
39
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
Source Value Standard error Wald Chi-Square Pr > Chi2 Wald Lower bound (95%) Wald Upper bound (95%)
Intercept -1.227 0.050 613.560 < 0.0001 -1.324 -1.130
days -0.007 0.000 10684.629 < 0.0001 -0.008 -0.007
40
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
Validation du modèle :
41
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
• Nous utilisons la statistique de Durbin Wastson pour tester l’auto corrélation des
résidus :
DW 1.5127
p-value 0.4894
alpha 0.05
La p-value du test est supérieure à 5%, donc on rejette l’hypothèse d’auto corrélation
des résidus.
• Nous utilisons la statistique de White pour tester l’homoscédasticité des résidus :
42
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
La volatilité de ces fonds est 11.1%. C’est a dire 88.9% de ces dépôts sont stables.
C’est une courbe linéaire décroissance, on veut donc une relation de type Fm (d) =
β + αd ;
Observations 1098.000
Sum of weights 1098.000
DF 1096.000
R2 0.935
Adjusted R2 0.935
MSE 0.002
RMSE 0.039
MAPE 5.198
DW 0.004
Cp 2.000
AIC -7120.985
SBC -7110.983
PC 0.066
43
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
Source Value Standard error t Pr > |t| Lower bound (95%) Upper bound (95%)
Intercept 0.922 0.002 391.332 < 0.0001 0.918 0.927
days -4.65E-04 0.000 -125.122 < 0.0001 -4.72E-04 -4.57E04
La p-value du test de Fisher pour l’adéquation du modèle linéaire est très inferieur a
5% (P-value < 0.0001). Donc le modèle est adéquat.
Validation du modèle :
44
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
• Nous utilisons la statistique de Durbin Wastson pour tester l’auto corrélation des
résidus :
DW 1.5233
p-value 0.1358
alpha 0.05
La p-value du test est supérieure à 5%, donc on rejette l’hypothèse d’auto corrélation
des résidus.
• Nous utilisons la statistique de White pour tester l’homoscédasticité des résidus :
45
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
46
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
F IGURE 3.10 – Fonction d’écoulement moyenne des fonds de garantie après transformation
Observations 1096.000
Sum of weights 1096.000
DF 1094.000
R2 0.984
Adjusted R2 0.984
MSE 0.015
RMSE 0.121
MAPE 23.032
DW 0.019
Cp 2.000
AIC -4632.526
SBC -4622.527
PC 0.016
47
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
Source Value Standard error t Pr > |t| Lower bound (95%) Upper bound (95%)
Intercept -5.731 0.023 -254.689 < 0.0001 -5.775 -5.686
Ln(d) 0.954 0.004 258.824 < 0.0001 0.950 0.964
R2 = 98.4% Ce qui signifie que le modèle explique bien les données. Le test de Fisher
dans la figure (b) pour la signification du modèle donne un p − value < 0.0001 < 5% donc
le modèle est significatif. C’est ce que montre le graphe (d), ou la courbe du modèle est
quasi-identique a celle des observations.
Les paramètres du modèle sont ainsi ; α̂ = −5.731 et β̂ = 0.957.
Validation du modèle :
48
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
• Nous utilisons la statistique de Durbin Wastson pour tester l’auto corrélation des
résidus :
DW 1.8257
p-value 0.5061
alpha 0.05
La p-value du test est supérieure à 5%, donc on rejette l’hypothèse d’auto corrélation
des résidus.
• Nous utilisons la statistique de White pour tester l’homoscédasticité des résidus :
Ou bien :
−5.731 ×d 0.957
Fm (d) = e−e
Après la partie de la modélisation des dépôts, on procède par le calcul des écoulements
de l’actif et du passif, et ce selon des lois d’écoulement pour chaque poste de bilan (pour
49
CHAPITRE 3. MODÉLISATION DES DÉPÔTS A VUE
les dépôts ce sont les modèles qu’on a déjà élaboré) qui reflètent le degrés de liquidité de
chaque poste.
Faute de disponibilité des données des autres types de dépôts en raison de confidentia-
lité, je vais utiliser les lois d’écoulement provenant d’une étude interne de l’entité ALM de
la CDG pour faire les écoulements de ces postes.
50
Chapitre 4
51
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Actif
Poste Hypothèses d’écoulement
1. Valeurs en caisse, Banques Centrales, Trésor Public
. Valeurs en caisse Ecoulement à échéance (1 jour(1))
. Valeurs en banque Ecoulement à échéance (1 jour(1))
2. Créances sur les établissements de crédit et assimilés
. A vue Ecoulement à échéance (1 jour(2))
. A terme Ecoulement à échéance (3 mois(3))
3. Créances sur la clientèle
. Compte à vue débiteurs Non écoulement
. Crédits de trésorerie et à la consommation Non écoulement
. Crédits à l’équipement Non écoulement
. Crédits immobiliers Non écoulement
. Autres crédits Non écoulement
4. Créances acquises par affacturage Non écoulement
5. Titres de transaction et de placement
. Bons du Trésor et valeurs assimilées 40.2% 1 an, 6.2% 2 ans, 14.4% 5 ans,
13.9% 11 ans 25.3% 15 ans
. Autres titres de créance 3.8% 3 ans, 55.2% 5 ans, 18.8% 7 ans,
12.2% 10 ans, 2.6% 12 ans,
3.6% 15 ans, 3.4% 18 ans, 0.4% 22 ans
. Titres de propriété Non écoulement
. Autres titres de propriété Non écoulement
6. Autres actifs Non écoulement
7. Titres d’investissement
. Bons du Trésor et valeurs assimilées 2% 5 ans, 12% 10 ans, 3% 11 ans
77% 15 ans, 5% 20 ans, 1% 30 ans
. Autres titres de créance 2% 4 ans, 33% 5 ans, 10% 7 ans
3% 8 ans, 25% 10 ans, 20% 15 ans
5% 18 ans, 1% 20 ans, 1% 25 ans
8. Titres de participation et
emplois assimilés(4) Non écoulement
9. Créances subordonnées(5) Ecoulement à échéance
10. Immobilisations données en
crédit-bail et en location Non écoulement
11. Immobilisations incorporelles Non écoulement
12. Immobilisations corporelles Non écoulement
Source : Données ALM
(1) On peut accéder aux valeurs en caisse ou en banque à tout moment, c’est pour
cela que leurs échéances est de 1 jour ;
(2) Les Créances sur les établissements de crédit et assimilés à vue (interbancaire)
sont d’échéance de 1 jour ;
52
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
(3) La durée moyenne des créances sur les établissements de crédit et assimilés à
terme pour la CDG est de 3 mois ;
(4) A cause d’un manque de visibilité dans la modélisation de ce poste, on ne l’écoule
pas a titre de prudence ;
(5) Les créances subordonnées ont écoulé par échéance, mais on n’a pas de montant
pour ces créances dans le bilan 2015 donc, on n’a pas d’hypothèse d’écoulement
pour ce poste.
Ecoulement de l’actif
L’actif s’amortie lentement en court et moyen terme, mais en long terme on remarque
une large diminution de l’actif.
Le tableau d’écoulement est dans l’Annexe B.
53
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Passif
Poste Hypothèses d’écoulement
1. Banques Centrales, Trésor Public,
Service des Chèques Postaux Non écoulement
2. Dettes envers les établissements de crédit et assimilés
. A vue(1) Ecoulement à échéance (1 jour)
. A terme Non écoulement
3. Dépôts de la clientèle
Déposants Réglementés
Caisse Nationale De Sécurité Sociale Non écoulement
Secrétaires Greffiers(2) 95% en 1 an
Cautionnements Et Consignations(3) 95% en 5 ans
Fonds Des Notaires Modèle (Fm (d) = e−0.02×d )
Rcar(4) 95% en 3 jours
Fonds Du Travail Modèle
(Fm (d) = 0.922 − 4.65 × 10−4 × d)
Cnra(5) 95% en 3 jours
−5.731×d 0.957
Fonds de garantie Modèle (Fm (d) = e−e )
Autres fonds(6) 95% en 1 an
Déposants Volontaires
Barreaux Modèle (Fm (d) = e−1.227−0.007×d )
Autres Déposants +intérêt courus(7) 95% en 5 jours
4. Titres de créance émis Non écoulement
5. Autres passifs(8) Ecoulement linéaire sur 3 mois
6. Provisions pour risques et charges(8) Ecoulement linéaire sur 1 an
7. Provisions réglementées Non écoulement
8. Subventions, Fonds publics affectés
et Fonds spéciaux de garantie Non écoulement
9. Dettes subordonnées Non écoulement
10. Ecart de réévaluation Non écoulement
11. Réserves et primes liées au capital Non écoulement
12. Capital Non écoulement
13. Actionnaires. Capital non versé ( - ) Non écoulement
14. Report à nouveau ( +/- ) Non écoulement
15. Résultats nets en instance d’affectation ( +/- ) Non écoulement
16. Résultat net de l’exercice ( +/- ) Non écoulement
Source : Données ALM
(1) On peut accéder aux à vue à tout moment, c’est pour cela que leurs échéances
est de 1 jour ;
(2) Etude interne, écoulement exponentiel avec 95% écoulé en 1 an ;
(3) Etude interne, écoulement exponentiel avec 95% écoulé en 5 ans ;
54
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Ecoulement du passif
55
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
(a) (1/2)
(b) (2/2)
Source : Données ALM
Un Gap en stock négative signifie qu’on a une insuffisance des ressources par rap-
ports aux besoins de financement.
Un Gap en stock positive signifie qu’on a un excédent de ressources par rapports aux
besoins de financement.
56
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
On remarque que sur le court terme, on a une gap en stock négatif(jusqu’à 3 ans) ce
qui est du au fait que la CDG détient moins d’actifs à écoulement court par rapport à celui
de son passif.
Entre 10 ans et 15 ans de projections, on remarque un large gap en stock positif, ceci
s’explique du fait que un décalage d’investissement entre les 2 gap 10-15 ans et 15-20
ans donne un excédent d’investissement et un déficit pour la maturité suivante.
Justement après l’échéance de 15 ans de projection on remarque un grand gap en flux
négative, c’est due que l’actif tombe après le remboursement de la pluparts des titres
d’échéance de 15 ans.
La méthode des impasses de liquidité peut nous montrer les maturités où on peut avoir
un risque de liquidité, elle sert seulement comme un moyen de mesure et de diagnostique
du risque de liquidité. Ainsi, et pour pouvoir tester la capacité de la banque de faire face a
une crise de court terme et intense de liquidité, en doit calculer le ratio de liquidité à court
terme (LCR), qui a pour objet de voir si la banque possède de liquidité suffisante dans
ces actifs pour faire face a une crise de liquidité de 30 jours calendaire. C’est l’objet de la
section qui suit.
HQLA = Acti f s1 + Acti f s2A + Acti f s2B − Max((Acti f s_A juste2A + Acit f s_A juste2B)−
2 15
× Acti f s_A juste1, Acti f s_A juste2B − × (Acti f s_A juste1 + Acti f s_A juste2A), 0)
3 85
57
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
(1) Les valeurs en caisse trouvées dans le poste G001 de l’actif de la CDG.
(2) Excédent/Insuffisance des avoirs auprès de la banque centrale est égale à zéro
car la CDG n’est pas à l’obligation d’avoir des réserves monétaires 1 obligatoires
auprès de Bank Al-Maghreb, car elle dispose des dépôts réglementaires ainsi plus
stable.
(3) On prends les bons de trésor de l’Etat, et les titres des organismes garantis par
l’Etat.
(4) Les obligations sécurisées sont les titre adossé à des créances hypothécaires.
(5) La CDG ne tient pas compte des OPCVM dans le calcul des HQLA.
(6) Obligations et billets de trésorerie émis par des entreprises notées 2 entre A+ et
BBB-.
(7) Les actions prises en compte sont des sociétés non financières appartenant a
l’indice boursier MADEX.
1. Les réserves monétaires constituent un pourcentage de tout les dépôts de l’établissement du crédit
ou une partie des dépôts (dépôts a vue par exemple).
2. "L’agence de notation Standard & Poor’s a maintenu la note de crédit du Maroc à "BBB-/A-3""
58
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
(8) Les dépôts de particuliers englobent les dépôts des professions juridiques et les
cautionnements et consignations. La raison pour laquelle elles ont été considérées
comme particuliers est due au fait que ce sont des individus qui déposent leur fonds
auprès de la CDG suite aux exigences de leurs métiers (notaires, secrétaires gref-
fier. . . etc) et ils récupèrent les fonds dès que l’affaire est clôturée. En utilisant les
volatilités obtenues dans la partie de la modélisation, on peut calculer les fractions
stables et moins stables des dépôts.
(9) La CNSS, CEN, RCAR, CNRA et les autres fonds institutionnels gérés par la
CDG considérés comme des entreprises ayant une relation opérationnelle avec la
banque 3 .
(10) Le montant des opérations diverses sur titres est inscrit dans le post du bilan
G115 (passif).
(11) Le montant des Dettes en instance est inscrit dans le post du bilan opérations
diverses(passif).
3. Ces relations sont définies dans les notices techniques de la circulaire de Bank Al-Maghrib. Voir
Annexe ...
59
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
60
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
61
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
(13) C’est la position a terme et au jour j sur l’interbancaire, ainsi que la position a
terme et au jj sur le repo 4 .
(14) Ce sont les Disponible en CCR BAM + disponible hors BAM +encaissement TGR
– dépenses TGR.
(15) Les tombés des titres possédés par la CDG du mois de Janvier ( car en calcul
des entrés probable dans les 30 jours qui suivent).
(16) Le montant des opérations divers sur titres est inscrit dans le post du bilan G050
(actif).
62
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
LCR 310%
Le LCR du mois de Mars 2017 égal à 310%. L’exigence minimal fixé par le comité de
Bâle est de 80% en 2017.
La CDG satisfait largement l’exigence minimale. En effet, puisque les dépôts de la CDG
sont réglementés, donc ils sont plus ou moins stables. C’est ce qui explique la valeur du
LCR qu’on a obtenue. En plus la CDG investie plus dans les bon de trésor de l’Etat, ce
qui mène à une proportion de HQLA élevée.
63
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Hypothèses stress test Besoin de financement en GDH Impact sur Impact sur les HQLA Impact sur OPCVM
les Fonds Propres
Retrait de 25% des depots
de la CEN dans un horizon de 1 mois(1) −10.08 -49.2% -19.2% -52.7%
Retrait de 10% des depots
de CNSS par an a partir de 2021(2) −65.47 -319.3% NA(3) -342.0%
Ecoulement de 20% des depots
des barreaux en 1 semaine(4) −0.507 -2.5% -1.0% -2.7%
Ecoulement de 50% des depots
de notaire en 1 mois(5) −8.31 -40.5% -15.8% -43.4%
Ecoulement de 20% des depots de secretaire
grefiers et des consignations en 1 semaine −6.23 -30.4% -11.9% -32.5%
Besoin de financement d’une
filiale 5GDH dans 5 jours −5.00 -24.4% -9.5% -26.1%
scenario catastrophe
(realisation de tout les scenarios simultanément) −95.60 -466.2% -182.1% -499.4%
Source : Données ALM.
(1) L’implémentation du nouveau régime de change qui sera initiée en juillet prochain
pourrait causer une crise de confiance pour les banques, et ainsi un retrait massif
des dépôts des clients (à cause de la possibilité que la valeur du Dirham Marocain
puisse diminuer dramatiquement, comme le cas de l’Egypte après libération de son
régime de change). Et cela peut aboutir a un retrait de 25% des dépôts de la CEN
en seulement 1 mois ;
(2) Les projections financières font ressortir que le solde technique et financier du
régime sera négatif à partir de 2021, ce qui déclenchera la ponction sur les réserves
qui seront totalement épuisées en 2030 6 . C’est à dire qu’à partir de 2021, et pour
une durée de 10 ans, la CNSS va épuiser dans ces réserves au sein de la CDG, ce
qui résulterait un retrait des dépôts de CNSS de 10% par ans à partir de 2021 ;
(3) La philosophie des HQLA c’est qu’elles servent a atténuer une situation de tension
de liquidité dans les 30 jours suivant, mais les dépôts de la CNSS ne commenceront
à sortir qu’à partir de 2021 ;
(4) Si l’un des barreaux régionaux sort de l’association des barreaux déposants (par
exemple un barreau de Casablanca car les plus grand barreaux existent à Casa-
blanca) on peut estimer une sortie de 20% des dépôts des barreaux en 1 semaine ;
(5) S’il y a une baisse de l’activité de l’immobilier, cela peut causer une crise immobi-
lière (i.e. pas de nouvelles affaires) ou bien une hausse des droits d’enregistrement
au niveau de la conservation foncière. Tout cela peut modifier le comportement des
acheteurs ainsi peut causer une sortie imprévue des dépôts de notaires (50% sur 1
mois, a cause d’un ralentissement de l’activité notaires).
Après application de ces hypothèses pour les écoulements du passif, on fait une étude de
leurs impacts sur les impasses en liquidité.
6. Cour des comptes, Rapport sur le système de retraite au Maroc : diagnostic et propositions de ré-
formes, juillet 2013. p.43
64
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
Une sortie des dépôts des CEN (considérés comme non écoulé) fait naissance a un
besoin de financement a l’horizon d’un mois, ce besoin de financement peut être couvert
par les fonds propre, provoquant une diminution des fonds propre de 49.2%, ce besoin
peut être couver aussi par les HQLA ou les OPCVM, qui donne un impact de -19.2% sur
les HQLA et -52.7% sur les OPCVM.
L’impact de retrait des dépôts de la CNSS est très critique pour la CDG, car il fait naitre
un gap négatif en long terme, avec un impact de -319.3% sur les fonds propres et de
65
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
66
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
L’effet des barreaux est minimal, son impact sur les fonds prores est de -2.5%, sur les
HQLA est de -1.0% et sur les OPCVM est de-2.7%.
De même, et comme les dépôts des notaires, les dépôts des secrétaires greffier et les
consignations s’écoulent entre 1 an et 5 ans, l’effet remarqué en une semaine est repartie
tout au long de la durée d’écoulement de ces dépôts (qui est une durée longue par rap-
port aux autres dépôts ; les dépôts notaire par exemple). L’impact sur les fonds propre est
67
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
-30.4%, l’impact sur les HQLA est -15.8% et l’impact sur les OPCVM est de -32.5%.
Le financement d’une filiale est un scenario globale sur le passif, il donne un gap né-
gatif supplémentaire dans un horizon de 7 jours, son impact sur les fonds propres est de
-24.4%, et sur les HQLA est de -9.5%, et l’impact sur les OPCVM est de -26.1%.
68
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
69
CHAPITRE 4. GESTION EFFECTIVE DU RISQUE DE LIQUIDITÉ
taux. De manière succincte , le risque de taux existe lorsque les profits sont sensibles
aux mouvements des taux d’intérêt. Les prêts ou placements, les dépôts à terme ou les
dépôts d’épargne et la dette financière engendrent des revenus ou des coûts tirés par les
taux d’intérêt. Étant donné que les taux d’intérêt sont instables, il en est de même pour
les profits.
Tous les prêteurs et emprunteurs sont soumis à un risque de taux. Les emprunteurs et
les prêteurs à taux variable ont des revenus ou des coûts d’intérêts indexés sur les taux à
court terme du marché. Les prêts et dettes à taux fixe sont également soumis à un risque
de taux d’intérêt. Les prêteurs à taux fixe pourraient prêter à un taux supérieur si les taux
augmentent et risquent de ne pas prêter à un taux plus élevé. Les emprunteurs à taux
fixe feraient mieux d’emprunter à des taux inférieurs lorsque les taux diminueraient. Les
opérations à taux fixe sont exposées au risque de taux d’intérêt parce que les prêteurs et
les emprunteurs peuvent faire face à un coût d’opportunité aléatoire découlant des mou-
vements du marché.
Le risque de taux est mesuré aussi par la méthode des gaps. En effet, les gaps de taux
sont des différences algébriques entre les actifs et les passifs dont le taux d’intérêt par-
tage une référence commune. Les écarts de taux d’intérêt statiques sont calculés à partir
des soldes actuels et projetés des actifs et passifs existants et forment un profil temporel
sur l’horizon des projections. Les gaps de taux sont calculés pour le taux fixe ou pour les
actifs et les passifs à taux variable.
Un gap de taux fixe à une date donnée est la différence entre les actifs à taux fixe et les
passifs à taux fixe. Un gap de taux variable à une date donnée est la différence entre les
actifs à taux variable et les passifs à taux variable (ou bien sensibles au taux d’intérêt).
A l’instar des gaps de liquidité, les gaps statiques proviennent des écoulements projetés
des actifs et passifs existants. Des gaps statiques sont utilisés pour la gestion du risque
de taux car il n’est généralement pas nécessaire de couvrir les opérations aujourd’hui qui
ne sont pas encore au bilan.
70
Conclusion générale
A travers ce présent rapport j’ai essayé de mettre le point sur les problèmes lies au risque
de liquidité ainsi que sa gestion à court terme, en utilisant des méthodes de gestion de
risque à savoir la méthode des impasses ou GAP en liquidité et le ratio de liquidité à court
terme LCR introduit récemment par Bâle III. La première méthode se résume dans l’étude
des projections de l’actif et du passif de la banque, et ce pour suivre les déséquilibres
futur du bilan, se qui aiderait à prendre des décisions concernant les stratégies d’inves-
tissement ou d’emprunts futur selon le signe des impasses. Et puisque ces gaps sont
statiques, il est évident que les passifs et actifs s’amortissent au cours du temps. Cette
méthode permet à la banque de préparer aux besoins de liquidité future.
La deuxième méthode consiste à calculer le ratio de liquidité à court terme LCR qui
a pour objectif de mesurer à quel point la banque peut faire face a une situation de crise
de liquidité de court terme (30 jours calendaires). Le LCR calcule le niveau des actifs
liquides de haute qualité disponibles par rapport aux sorties nets de trésorerie dans les
30 jours calendaires suivantes. Ces actifs sont utiles pour couvrir, en situation de tension,
toutes sorties de trésorerie. C’est pourquoi il est exigé pour ce ratio d’être au moins égale
a 100%.
Pour être capable de calculer les impasses en liquidité, il fallait dans un premier temps
écouler les postes de bilan. C’est pourquoi il était nécessaire de faire d’abord une estima-
tion des lois de chaque type de dépôts de la CDG. Cette modélisation est utile aussi pour
estimer leur partie volatile, en utilisant le coefficient de variation. Ce coefficient permet
d’évaluer la volatilité des dépôts de manière dynamique pour définir le matelas stable des
dépôts et cela nous a aidé pour déterminer les sorties nets de trésorerie dans le calcul du
LCR.
Enfin, et après la réalisation des profils d’écoulement du bilan, et le calcul du LCR, j’ai
fait une évaluation des impasses de liquidité stressées, sur la base de plusieurs scénarios
de crise ou de tension sur la liquidité (ou stress-tests), conformément aux exigences du
régulateur national. Ces stress-tests montrent l’impact des scénarios extrêmes de tension
sur les fonds propre de la CDG ainsi que les HQLA et les OPCVM, qui sont considérés
comme des ressources pour amortir l’effet de la crise.
Bibliographie
[1] Bâle III Ratio de liquidité à court terme et outils de suivi du risque de liquidité, Banque
des Règlements Internationaux, 2013.
[2] Bâle 3 Ratio structurel de liquidité à long terme,Banque des Règlements Internatio-
naux, 2014.
[3] Principes de saine gestion et de surveillance du risque de liquidité, Banque des Rè-
glements Internationaux, 2008.
[4] Circulaire de BANK AL-MARGHRIB relative au ratio de liquidité des banques ; C n
15/G/13, 2013.
[5] COMBES-THUELIN Elisabeth, Risques de solvabilité, de liquidité et de taux au sein
du secteur bancaire : coût historique et juste valeur, 2011.
[6] Corlosquet-Habart, Marine ; Gehin, William ; Janssen, Jacques ; Manca, Raimondo
Asset and Liability Management for Banks and Insurance Companies, 2015.
[7] DUBERNET, Michel « Gestion Actif-Passif et Tarification des Services Bancaires »
-Ed. ECONOMICA, 2000.
[8] Grégory GHIEU, Gestion Actif – Passif : Méthodologie et application au livret A,
Thèse professionnelle Mastère Spécialisé Finance, ESCP – EAP 2003.
[9] [Link], « Gestion des Risques et Gestion Actif/Passif des Banques », Dalloz, Paris,
1995
[10] Joel Bessis, Risk Management in Banking, Fourth Edition, 2015.
72
Annexes
73
Annexe A
74
ANNEXE A. BILAN ET HORS-BILAN DE LA CDG DE 2015
75
ANNEXE A. BILAN ET HORS-BILAN DE LA CDG DE 2015
76
ANNEXE A. BILAN ET HORS-BILAN DE LA CDG DE 2015
77
Annexe B
Ecoulement de l’actif
78
ANNEXE B. ECOULEMENT DE L’ACTIF
79
ANNEXE B. ECOULEMENT DE L’ACTIF
80
Annexe C
Ecoulement du passif
81
ANNEXE C. ECOULEMENT DU PASSIF
82
ANNEXE C. ECOULEMENT DU PASSIF
83