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Institutions publiques et régimes politiques

Le document traite des institutions publiques, abordant des notions clés telles que le Droit, l'État, la Constitution, les régimes politiques et la démocratie. Il explique la distinction entre l'État unitaire et l'État fédéral, les différentes approches de la Constitution, ainsi que les critères qui définissent la démocratie. Enfin, il évoque les institutions européennes et leur évolution, notamment à travers la création de la CECA et l'OTAN.

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Institutions publiques et régimes politiques

Le document traite des institutions publiques, abordant des notions clés telles que le Droit, l'État, la Constitution, les régimes politiques et la démocratie. Il explique la distinction entre l'État unitaire et l'État fédéral, les différentes approches de la Constitution, ainsi que les critères qui définissent la démocratie. Enfin, il évoque les institutions européennes et leur évolution, notamment à travers la création de la CECA et l'OTAN.

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Cours d’institutions publiques

Contrôle à la fin de la matière :

- Choisir 6 questions sur 10 proposées

Notions abordées :

Le Droit, l’État, la Constitution, le régime politique, la Démocratie.

I- Le Droit et l’État

DROIT : c’est un ENS de préceptes de conduite obligatoire établi par les


hommes vivant en société et destiné à faire régner ds les relations
sociales l’ordre et la justice.

ÉTAT : c’est la forme moderne de la société politique. La société politique


s’oppose à la société civile qui est un contrepoids voulant remettre en
cause les décisions prises. La société civile est celle dans laquelle il y a les
associations, les partis politiques, les syndicats. La société politique est
celle qui regroupe le gvt, le Parlement, la commune, le département, la
région.

L’État peut prendre deux formes :

- L’État unitaire qui comprend un seul centre de décisions politiques. Il


dispose de la technique de la déconcentration et de la
décentralisation. La déconcentration est une forme d’organisation de
l’État qui va se faire au niveau local, c-à-d qu’on va permettre aux
services extérieurs (préfets) d’exercer les missions de l’État. Il y a un
rapport hiérarchique. La décentralisation est une modalité
d’organisation de l’État qui va permettre à certaines collectivités
humaines ou certains services (les départements, les régions, les
élus…) de s’administrer par elles-mêmes. Il y a un contrôle de tutelle
qui est mis en place, soit si une personne n’est pas d’accord avec
une décision de l’autorité, alors il faut saisir les tribunaux. Ex : la
France, le R-U.

- L’État fédéral est un État qui va se superposer à des collectivités


politiques, des états fédérés. Ex : les EUA, l’Allemagne. Il repose sur
3 principes :

 Principe de participation : cela signifie que ts les états fédérés


participent en tant que tels (à égalité), à la prise de décision.
 Principe d’autonomie : chaque état peut s’organiser comme il
l’entend, dans la limite du respect de la Constitution.

 Principe de régulation : d’une part, il y a une Constitution fédérale


qui va définir les compétences respectives des états fédérés et de
l’État fédéral. D’autre part, il y a une juridiction qui tranche les
questions de compétences des uns et des autres et qui les régule.
Aux EUA, c’est la Cour Suprême.

Plus précisément, cela dépend de 3 perspectives : sociologique, juridique


et problématique.

- Sur la perspective sociologique, l’État est perçu comme résultant de


la fixation sur un territoire (forme dépersonnalisée de l’autorité de
l’État, une forme d’exercice de l’État) délimité par des frontières,
d’un groupe humain régit par un pvr institutionnalisé (droit
constitutionnel). En d’autres termes, l’État est la structure politique
et administrative dont se dote un grpment humain vivant sur un
territoire donné et exerçant sur ce grpment et en son nom, une
autorité exclusive. C’est par l’État qu’un grp social s’organise, se
donne des dirigeants et s’engage à respecter leurs décisions si elles
sont prises selon les règles qu’il a choisies.

- D’un point de vue juridique, l’État est la personne morale titulaire de


la souveraineté et qui personnifie juridiquement la nation. Que ce
soit une personne morale ou physique, c’est une personne qui a des
droits et des devoirs.

Qu’est-ce que la souveraineté ?

C’est la source de l’autorité de l’État, c’est ce qui rend légitime le fait que
l’État peut prendre un certain nb de décisions.

Que signifie « personnifie juridiquement la nation » ?

Cela veut dire que l’État représente la nation.

Qu’est-ce que la nation ?

La nation, c’est le peuple, soit l’addition du nb d’individus. C’est une


représentation de l’esprit, c’est une construction politique. La nation se
rassemble autour d’une cause commune.

- Concernant la perspective problématique, il y a la question de l’État


et de la Nation. Il y a des nations sans État, il y a des États-nations,
des États multinationaux et des États sans nation. La nation est
construite par une force sociale. Une nation sans État est une nation
muette, privée de tt moyen d’action et d’expression qui va rejeter la
tutelle de l’État étranger qui la domine. Ex : les Corses, les
Palestiniens, les Kurdes. L’État-nation est l’hypothèse où l’État et la
nation coïncident, lorsque l’État se met en place, alors la nation se
construit en même temps. Ex : les pays d’Afrique. L’État
multinational est un État ds lequel il n’y a pas qu’une seule nation,
mais plusieurs reliées à un seul centre de décisions. Ttefois, il faut
préciser que ces nations sont reconnues par une juridiction. C’est
une structure fortement décentralisée pr permettre l’expression de
cette diversité. Ex : la Belgique, la Suisse. L’État sans nation veut
dire que l’État existe mais qu’il n’y a pas de nation. C’est un État qui
a ttes les apparences d’un État nation, soit, on y célèbre l’unité
nationale, prenant la forme de solidarités ethniques. C’est un État ds
lequel les dirigeants se maintiennent par la force et non pas par la
démocratie, le vote. Ex : l’Éthiopie.

II- La Constitution

CONSTITUTION : il y a deux approches possibles.

- Une approche matérielle : un ENS de règles qui détermine la forme


de l’État, les rapports entre les pouvoirs (régime politique) ainsi que
les libertés et droits fondamentaux (le contenu).

- Une approche formelle : la Constitution peut être coutumière (Ex :


GB) ou écrite. Lorsque la Constitution est écrite, elle peut être rigide
ou souple. Elle est dite rigide quand sa révision, sa modification ou
son adoption obéit à une procédure spéciale, différente de la
procédure légale ordinaire. Il y a l’intervention d’une assemblée
spéciale (assemblée constituante, une convention, un congrès, ou
même le peuple). Elle est dite souple lorsque la Constitution,
n’occupant pas une place supérieure dans la hiérarchie des règles
de droit, peut être modifiée.

Dans la démocratie libérale, la Constitution est la norme suprême qui


fonde ttes les règles de droit (principe de légalité). Au contraire dans la
conception marxiste, la Constitution n’a pas de valeur supérieure, elle est
au même niveau que les autres règles.

Concernant la séparation des pouvoirs, c’est un principe juridique en vertu


duquel les fonctions étatiques sont exercées par des organes distincts. Il y
a la fonction législative, exécutive et judiciaire. Cette séparation des
pouvoirs va permettre de distinguer les différents régimes politiques :
régime parlementaire, présidentiel et celui d’assemblée.

III- Les régimes politiques et la démocratie

Les différents RÉGIMES POLITIQUES :

Le régime parlementaire est fondé sur une séparation souple et une


collaboration équilibrée des pouvoirs. Il est moniste lorsque le pouvoir
exécutif n’a qu’une seule tête. Il est dualiste lorsque le pouvoir exécutif est
composé de deux têtes (Pdt et PM).

Le régime présidentiel est fondé sur une séparation stricte des pouvoirs.

Le régime d’assemblée est un régime fondé sur une confusion des 3


pouvoirs.

LA DÉMOCRATIE : il y a 7 critères qui la détermine.

1er critère : l’élection

L’élection est la désignation par vote. Cela s’oppose à la nomination.

Le scrutin est l’ENS des actes (vote, dépouillement, proclamation des


résultats) qui constituent l’opération électoral. On a deux modes de
scrutin qui sont des techniques utilisée pr réaliser le scrutin : le scrutin
majoritaire et le scrutin proportionnel.

Le scrutin majoritaire est le mode de scrutin ds lequel le candidat ayant


recueilli le plus de suffrages est proclamé élu. On a un scrutin uninominal
si le candidat a recueilli une majorité absolue. Il y a aussi le scrutin
majoritaire à deux tours (plurinominal) : si aucun candidat n’a de majorité
absolue au 1er tour (50% + 1 voix), il y a un 2 nd tour, un scrutin de
ballotage lors duquel celui qui a le plus de voix est élu.

Le scrutin à la représentation proportionnelle : c’est le mode de scrutin


dans lequel on va attribuer un nb de sièges au prorata (en fonction de) du
nb de voix obtenues par chaque parti. Plus on a de voix, plus on a de
sièges et inversement. Ttefois, il y a un quotient électoral qui intervient et
qui fixe un nb minimum.

2ème critère : la liberté d’expression et d’opinion

Dans tte société, la liberté d’expression et d’opinion est garantie.

3ème critère : le multipartisme

C’est un parti politique qui a pour but la conquête du pouvoir.


4ème critère : le respect des droits de l’homme

5ème critère : la séparation des pouvoirs

6ème critère : l’état de droit

Il y a deux sens : tout le monde est soumis au droit. Le non-respect de ce


droit est sanctionné par un juge indépendant.

7ème critère : l’existence d’une société civile vivante

C’est une société dans laquelle les syndicats, les associations, les partis
politiques sont très actifs et sont mobilisés en permanence pour essayer
de contester les décisions de l’État.

Mais est-ce que tous ces critères sont suffisants pour caractériser un état
démocratique ? Ces critères ne permettent pas de caractériser un état
démocratique. Effectivement, il peut y avoir tous ces critères sans qu’il y
ait de démocratie.

Donc, on peut définir la démocratie comme étant une vision de la


condition humaine dans laquelle l’homme est considéré comme étant
capable de gérer sa condition d’être lui-même. Il y a deux impératifs.
D’abord, l’espace public qui est le cadre devant permettre la confrontation
des idées, garantir l’égalité des chances. C’est un cadre institutionnel.
Ensuite, la citoyenneté est un statut qui nous octroie des droits politiques
et créant des obligations à notre charge. C’est un mode de division du
travail politique destiné à favoriser la participation, au sens sociologique. Il
y a aussi l’eugénisme électoral qui consiste à la mise en place d’obstacles
afin d’empêcher que les citoyens puissent voter. En d’autres termes, il faut
éviter que les élections aient lieu correctement.

On ne peut pas imaginer une démocratie sans citoyens et sans espace


public.

IV- L’Union Européenne et ses institutions

INSTITUTIONS EUROPÉENNES : on entend par là, les institutions de l’UE. Il


faut distinguer l’UE des autres organisations telles que l’UEO, l’OTAN,
l’OSCE ou le conseil de l’Europe

L’UEO a été fondé en 1948 par la France, le R-U et le Benelux. C’est une
organisation européenne de défense et de sécurité qui n’existe plus. Celle-
ci est composée d’Etats membres de l’OTAN et de la CEE.

Son ambition réelle est d’élaborer une défense européenne commune. Le


traité fondateur est celui de Bruxelles signé en 1948. La particularité de ce
traité est qu’il comporte un article 5 qui dispose que « les États signataires
doivent se porter assistance militaire en cas d’agression.

L’OTAN a été institué le 4 avril 1949. C’est une organisation politico-


militaire visant à organiser la défense commune des États membres contre
la menace extérieure ainsi que la stabilité des continents non européens
et nord européens.

L’OTAN se voulait une réponse claire face aux multiples vétos soviétiques
(au lendemain de la guerre) au sein de l’ONU, qui compte deux grandes
institutions : le conseil de sécurité et l’assemblée générale. Son but est
d’assurer la paix et la sécurité sur le continent européen dans le contexte
de la GF alors que la menace communiste se fait de plus en plus forte.

Jusqu’en 1991, son adversaire était le pacte de Varsovie, une organisation


militaire censée protéger les pays du côté soviétique. C’est une alliance
militaire comportant l’URSS, l’Albanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie,
la Pologne, la RDA, la Tchécoslovaquie.

Avec l’implosion de l’URSS en 1991, l’OTAN a été obligé de s’adapter pour


faire face à des revendications soviétiques et affronter de nouveaux défis
tels que la montée du terrorisme international ou les violences liées aux
revendications nationales.

En 2002, l’OTAN, pour faire face à ces enjeux et s’adapter aux mutations
mondiales, crée une force de réaction. L’OTAN va s’élargir en accueillant
d’autres États tels que l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la
Roumanie, la Slovaquie ou la Slovénie.

L’OSCE est une organisation internationale ayant pr but de favoriser le


dialogue entre l’Est et l’Ouest. Ce dialogue est né en 1973 sous le nom de
la conférence sur la sécurité et la coopération en Europe. C’est en 1994
que c’est devenu l’OSCE afin de prendre en compte les évolutions de la
société internationale depuis l’effondrement du mur de Berlin et du bloc
soviétique.

Sa 1ère fonction est de lancer un processus de dialogue multilatéral amorcé


à plusieurs personnes sur la coopération et la sécurité européenne. En
1975, le dialogue amorcé prend fin avec l’acte final, la Conférence
d’Helsinki qui met en place les principes d’actions de coopération et de
sécurité européenne.

Le conseil de l’Europe est institué le 5 mai 1949. C’est une organisation


visant à encadrer la collaboration intergouvernementale des États
membres dans de nombreux domaines.

S’agissant de l’UE, plusieurs étapes ont mené à sa construction.


La CECA (Communauté Économique du Charbon et de l’Acier), le 9 mai
1950 au salon de l’Horloge du quai d’Orsay, le ministre français des
affaires étranges Robert Schuman prononce un discours qui sera considéré
comme le texte fondateur de la constitution européenne. Il sera rédigé par
Jean Monet et c’est une déclaration qui part du constat d’échec de
l’unification politique européenne du conseil de l’Europe et présente la
coopération européenne comme la seule solution pour garantir la paix et
sortir de la SGM.

Il s’agit d’un projet de coopération économique destiné à exorciser le


spectre de la guerre. Ce qui caractérise cette collaboration est une série
de mesure dont la centralisation des ressources en charbon et en acier des
grands protagonistes de la SGM. C’est comme ça que le traité de Paris
signé le 18 avril 1951 a institué la CECA.

La CECA n’est pas une organisation intergouvernementale classique car


les états vont perdre leur souveraineté dans le domaine de la gestion de
l’acier et du charbon. De plus, la particularité de cette structure est qu’elle
est prévue comme quelque chose d’éphémère, normalement le traité a
été signé pour 50 ans. Normalement, le 23 juillet 2002 ça devait être fini.

On va donc mettre en place une série d’institutions pour permettre à la


CECA de fonctionner telles que la Haute autorité, le comité consultatif, le
conseil des ministres, l’assemblée et la cour de justice.

Puis en 1956, il y a un comité préparatoire qui est chargé de préparer un


rapport sur la création d’un marché commun européen. Ce comité se tient
à Bruxelles, et en avril 1956, deux projets vont voir le jour : la création
d’une création d’une communauté de l’énergie atomique et un marché
commun généralisé.

Le traité de Rome va créer les deux CEE et CEEA.

Les objectifs de la CEE sont au nombre de 4 :

- Transformer les conditions économiques des échanges de la


production sur les territoires de la CEE

- Construire une Europe fonctionnelle et unie

- Mettre en place un marché commun et une union douanière


- Développer des politiques communes : politique agricole commune,
politique commerciale commune, politique des transports.

L’Acte unique européen a été signé le 17 février 1986 au Luxembourg par


l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Irlande, le Luxembourg, les
Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni. Ces états seront suivis par d’autres
qui se sont ajoutés le 28 février comme le Danemark, l’Italie et la Grèce.
On parle d’acte unique européen puisque c’est la 1 ère fois dans l’histoire de
la constitution européenne qu’un traité va regrouper toutes les
dispositions communautaires et intergouvernementales.

On va créer de nouvelles compétences communautaires et réformer les


institutions européennes pour mettre en place un espace sans frontière à
l’intérieur de cette Europe dans lequel la libre circulation des
marchandises des personnes, des services et des capitaux est assurée.

Cet Acte unique européen a apporté à la construction européenne


plusieurs choses. D’abord, la prise de décisions au sein de l’Europe, sera
simplifiée au conseil. Avant l’Acte unique européen, la règle voulait que le
conseil européen statue à l’unanimité. A partir de l’Acte unique européen,
cela se fait à la majorité qualifiée (plus difficile à obtenir que la majorité
absolue).

Cette majorité qualifiée sera nécessaire dans plusieurs domaines et va


éviter les blocages et faciliter la prise de décision.

La Commission européenne est l’organisme décisionnel qui correspond à


l’exécutif de l’Europe. Le Parlement gagne en légitimité car on lui
reconnait le nom de Parlement européen.

V- Le lobbying

LOBBYS : c’est un groupe de pression sur le pouvoir politique.

On peut observer, le plus souvent, que Bruxelles est considéré comme le


paradis des lobbyistes. Les observateurs avertis donnent un certain
nombre de grandeur pr estimer cette présence. On parle de 3000-4000
lobbyistes qui interviennent au plus près des institutions européennes.

Comment les lobbyistes opèrent ?

Le lobbying se définit comme l’ENS des actions qui sont mises en œuvre pr
influencer les autorités publiques dans leur prise de décisions. Cette
pratique est très répandue dans les essences des décisions de l’UE. Le
lobbying est l’œuvre d’organismes divers (syndicats, partis politiques…).

S’agissant de l’UE, deux instances sont les cibles du lobbyisme : la


Commission européenne et le Parlement européen.

La Commission européenne est une petite administration dont les moyens


d’expertise sont très limités. Il est donc impossible de mener toutes les
études que la Commission souhaitait. Elle fait donc appel à ceux qui
disposent de l’expertise, c-à-d les représentants d’intérêts. La Commission
va organiser ainsi systématiquement des consultations publiques pour
solliciter la participation des organisations concernées par ce projet de
législation.

Les députés européens sont aussi très dépendants des expertises externes
lorsqu’ils sont chargés de travailler sur des sujets techniques dont ils ne
maitrisent pas tous les aspects. Il peut donc paraître concevable qu’il
contacte spontanément des représentants d’intérêts.

Tout cela est vécu par l’ensemble des acteurs comme un partenariat de
long terme qui permet d’élaborer de bonnes législations. De plus, le
lobbying tel qu’il se pratique à Bruxelles, n’est pas toujours transparent.
Les pratiques de corruption sont extrêmement rares et lourdement
sanctionnées par l’UE. On a affaire à un phénomène bien enraciné en
Europe et que tout se passe dans un climat de confiance mutuelle car, s’il
est extrêmement difficile de se construire une réputation, il est aussi très
facile de la détruire.

De ce point de vue, c’est aux décideurs politiques qu’il appartient de


prendre leurs responsabilités et de trancher entre les différents intérêts.
Au moins, ils décident en disposant d’une information.

Ce qui va caractériser une démocratie, c’est l’expression de la volonté


générale (Rousseau). Or, le lobby est un groupe de pression qui défend
des intérêts privés (Aristote). Comment peut-on faire coexister
l’expression de la volonté générale à côté des intérêts privés, soit en
laissant le lobbying influencer des décisions supposées refléter l’intérêt
général. En règle générale, l’État est supérieur à cette expression de la
volonté générale qu’il doit représenter. Or, en réalité, l’État ne représente
pas réellement l’expression de la volonté générale (toutes les catégories
de personnes ne sont pas représentées). Il n’est pas neutre, c-à-d qu’il
défend des intérêts précis. C’est pourquoi, pour lutter contre cette
suprématie de l’État et représenter au mieux la volonté générale, les
lobbys interviennent dans le but d’influencer les décisions prises.

VI- La hiérarchie des normes

HIÉRARCHIE DES NORMES : elle tient à 3 points

- La Constitution : elle peut être écrite ou de nature coutumière, rigide


ou souple.

- La loi : elle est délibérée, rédigée, amendée et votée par le


Parlement en des termes identiques, c-à-d que les deux chambres
aient adopté le même textes. Il existe des lois parlementaires et des
lois référendaires. Dans les lois parlementaires, il y a les lois
ordinaires (toutes les autres), constitutionnelles (modifier la
constitution), organiques (relatives à l’organisation et au
fonctionnement des pouvoirs publics).

- Le règlement : c’est un acte législatif qui va émaner d’une autorité


autre que le Parlement, une autorité administrative (le pvr exécutif)
qui fixe une règle générale. Cette règle peut être un arrêté
municipal, des ordonnances dans le domaine réservé à la loi pour
lesquelles il faut une loi d’habilitation autorisant l’exécutif à
intervenir, des décrets d’application, des réglementations dont le
non-respect entraine des csq juridiques.

La conséquence de cette hiérarchie est que les normes inférieures doivent


respecter les normes supérieures, elles doivent s’y conformer. La
conséquence de cette conformité des normes est la constitutionnalité.

Dans la conception libérale, la Constitution étant la norme supérieure,


toutes les autres règles de droit, et notamment la loi, doivent la respecter.
À cette exigence, correspond le principe du contrôle de constitutionnalité.
Ce contrôle peut être conçu de manière ouverte à la fois, dans ses finalités
et dans ses modalités.

Dans ses finalités, il permet de faire respecter la Constitution sur le fond et


sur la forme, soit aussi bien aux procédures qu’aux compétences qu’elle
détermine, que quant aux droits qu’elle garantit généralement dans le
préambule ou la déclaration qui l’ouvre.

Dans ses modalités, le citoyen peut le mettre en œuvre aisément, soit


selon le procédé de la voie d’exception ou de la voie d’action.

Le contrôle par la voie d’exception, c’est ce qu’il se passe aux EU. Le


contrôle de constitutionnalité peut être déclenché devant n’importe quelle
juridiction. Il suffit juste que les parties soulève une exception
d’inconstitutionnalité, un moyen de défense pour s’opposer à l’application
d’une loi au motif qu’elle n’est pas conforme à la Constitution. Le tribunal
peut décider de l’écarter mais pas de l’annuler.

Le contrôle par la voie d’action, c’est ce qu’il se passe en France. Il


s’effectue devant une juridiction qu’est le Conseil constitutionnel dont la
mission est d’assurer et veiller au respect de la Constitution. Ce contrôle
s’effectue généralement avant que la loi ne soit entrée en vigueur, c’est
un contrôle a priori. Ainsi, toutes les lois adoptées ont été vérifiées par le
Conseil constitutionnel. En France, 60 députés ou sénateurs, le PM, le Pdt
de l’AN peuvent saisir le Conseil constitutionnel. Ce n’est pas ouvert aux
citoyens.

En d’autres termes, le contrôle par la voie d’action consiste à dire que la


loi présumée constitutionnelle est alors attaquée devant un tribunal
spécialisé qui pourra l’annuler définitivement (Italie, Allemagne, France).
Le contrôle de constitutionnalité peut être fermé sous la 5 ème République. Il
participe à la voie d’action, seulement il est mis en œuvre de manière
fermée, soit, il n’est pas ouvert à tous.

Il peut être fermé car, à l’origine, l’intervention du Conseil constitutionnel


avait pour seule finalité le respect de la répartition des compétences
législatives et réglementaires.

En 1971, une loi sur les associations a eu lieu où on veut soumettre le


contrôle à un régime d’autorisation. Le Conseil constitutionnel va énoncer
que le droit d’association est un droit fondamental, c’est donc comme ça
que le Conseil constitutionnel commence à réellement intervenir. C’est un
tournant car le Conseil constitutionnel devient un organe protecteur des
droits et libertés mais le citoyen français est toujours exclu de la saisine du
Conseil constitutionnel.

Cependant, en 2008, il y aura une évolution amorcée par Sarkozy et la


création d’un droit nouveau reconnu par la réforme constitutionnelle du 23
juillet 2008 et entré en vigueur le 1er mars 2010 et permet à tout
justiciable de contester devant le juge en charge de son litige la
constitutionnalité d’une disposition législative applicable à son affaire car
elle porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantie.

Cette réforme modifie deux aspects importants du contrôle de


constitutionnalité en France. D’abord, la saisine n’est plus réservée qu’à
des autorités politiques. Ensuite, le contrôle ne s’effectue plus seulement à
priori mais il s’effectue également et désormais a posteriori, c-à-d que la
loi peut être contestée à tout moment sur tous les textes législatifs déjà
entrés en vigueur y compris avant la création du Conseil constitutionnel en
1958.

Comment se déroule la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ?

Elle peut être posée au cours de tout litige, devant un tribunal de l’ordre
judiciaire ou administratif aussi bien en 1 ère instance qu’en appel, qu’en
cassation, à l’exception de la cour d’assises. La juridiction saisie de la
demande procède sans délai au premier examen et vérifie 3 critères :

- Si la disposition législative critiquée est bien appliquée au litige


qu’elle doit trancher.
- Si cette disposition n’a pas déjà été déclarée conforme à la
Constitution par le Conseil constitutionnel.

- Si la question présente un caractère sérieux. Si la question est


recevable, la juridiction saisie la transmet au conseil d’État ou à la
Cour de cassation selon l’ordre juridictionnel ayant déterminé la
demande.

Ces juridictions supérieures ont un délai de 3 mois pour l’évaluer et


décider de saisir ou non le Conseil constitutionnel. Si le Conseil
constitutionnel est saisi, alors il a 3 mois pour se prononcer. Il a deux
possibilités :

- Dire que la disposition est conforme à la loi constitutionnelle, dans


ce cas, le procès reprendra normalement (c’est lors d’un procès
qu’est soulevé la QPC).

- Dire que la disposition ne l’est pas, dans ce cas, elle est abrogée.

VII- La nouvelle économie

La notion de nouvelle économie n’est pas, au départ, un concept


scientifique forgé par les économistes. C’est une expression des médias.
Elle fait son apparition vers la fin des années 90. Cette notion de nouvelle
économie est à la croisée du droit public et du droit privé. C’est une notion
qui est étroitement associée au développement d’Internet et à la
mondialisation. L’appellation de « nouvelle économie » repose sur un
postulat : celui de l’émergence d’une nouvelle période de croissance
économique.

Depuis 1973, il y a la crise pétrolière et depuis, nous n’avons pas retrouvé


une véritable période de croissance. L’idée est de faire en sorte qu’à
travers cette appellation va émerger une nouvelle période de croissance
économique. Si le concept s’est répandu assez rapidement, c’est parce
que les populations, dans les pays développés, étaient disposés après
plusieurs séries de crises économiques. L’idée est de voir émerger un
autre discours qui suggère la renaissance de la société capitaliste qui était
à bout de souffle malgré l’effondrement du bloc soviétique.

La nouvelle économie renvoie à une économie fondée sur la révolution de


la communication. Cette révolution a remis en question tous les
paramètres sur lesquels s’est construit le système d’état nation. Celle-ci a
atteint l’individu dans son intimité profonde et elle est le véritable facteur
de la mondialisation qui a durablement révolutionné la planète. Cette
révolution a bousculé l’effet de distance se trouvant au centre même du
jeu international. Avec cette révolution numérique, on a plus besoin de se
déplacer pour faire des achats, on peut communiquer plus facilement à
distance etc.

Cet effet de distance ancien et fondateur a permis à la territorialité de


faire sens et de construire une 1ère conception du système international.

Il a aussi permis à la nation et au nationalisme de se constituer et de


singulariser chaque unité politique.

Il a également donné un avantage décisif aux gouvernants sur les


gouvernés. Cela signifie que seuls les gouvernants pouvaient vaincre la
distance grâce à leurs instruments régaliens tandis que les gouvernés
étaient séparés les uns des autres en vertu des hasards de la construction
nationale.

Enfin, la distance servait de garant à la souveraineté. Autrement dit, les


États étaient d’autant plus souverains que leurs adversaires qui ne
disposent que de moyens limités pour les atteindre. L’éloignement était
gage de protection, de stabilité, d’ordre et d’affirmation, quel que soit la
distance et sans tenir compte des limites frontalières. Autrement dit, avec
la communication généralisée, tout le monde peut entrer en contact avec
tout le monde.

À mesure que les technologies venaient à s’affiner, il a fallu apprendre à


vivre dans un monde où on ne comptait plus 50, 100 ou 193 acteurs mais
7 milliards d’acteurs potentiels susceptibles de déployer tte une série
d’actions internationales en ignorant ou contournant le choix de leur
dirigeant et en faisant fi de tte logique de souveraineté.

Au fond, cette nouvelle économie soulève bcp de questions essentielles.


Une des questions essentielles : qu’est-ce qu’est réellement la nouvelle
économie ?

La notion de nouvelle économie est étroitement liée aux effets du progrès


technique sur la croissance économique et au rôle des technologies de
l’information ainsi que de la communication dans la performance
économique.

Une autre question peut être soulevée sur la nouvelle économie liée à sa
réglementation juridique. Par exemple, une législation qui protège
excessivement l’emploi peut s’accommoder (s’adapter) du redéploiement
des travailleurs vers des activités plus productives, ttefois, il faut pouvoir
l’encadrer.

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