Texte n°2 : dénouement acte III, scène 8 –
On ne badine pas avec l’amour
INTRO :
On ne badine pas avec l’amour est une pièce de théâtre d’Alfred De Musset,
publiée en 1834 au 19ème siècle. C’est une pièce au genre dramatique
romantique, basée sur une intrigue sentimentale légère.
Le poète, Alfred de Musset a écrit « on ne badine pas avec l’amour en 1834, à 24
ans. Cette pièce se situe à mi-chemin entre le genre du proverbe et le drama-
romantique. Ce livre met en scène 2 personnages principaux, Camille et Perdican,
2 amis d’enfance. Ils se retrouvent tous les 2 au château du Baron, père de
Perdican, après 10 ans de séparation. Pendant ces 10 années, tous les 2 ont reçu
une éducation très différente. Camille a été élevée au couvent, dans la méfiance
des hommes et de l’amour. Perdican, jeun homme a été étudiant à l’université et
a mené une vie libre et volage, passant de maîtresse en maitresse. Alors que les
2 cousins s’aiment et doivent se marier, Camille par orgueil, choisit de cacher ses
sentiments à Perdican et de rentrer dans les ordres, se disant effrayée par les
récits d’amour déçus que lui ont fait les nonnes.
Dans la scène 5, acte II, Camille donne RDV à Perdican au jardin, près de la
fontaine pour lui annoncer son départ. S’engage alors un débat sur l’amour idéal,
l’amour charnel, la souffrance et la fidélité. Camille exprime une très forte
impression qu’ont faite sur elle les récits désespérés de son amie Louise.
De son côté, Ferdinand, dénonce l’emprise que les nonnes ont pu avoir sur
l’imagination de la jeune femme.
Excédée, en cette fin de scène, il hausse le ton et tente une dernière fois de
montrer à Camille l’aspect ridicule et factice de ses augments.
LECTURE EXPRESSIVE
PROBLEMATIQUE
En quoi cette scène constitue t’elle 1 déclaration d’amour tragique qui repose sur
2 coups de théâtre ?
ANNONCE DU PLAN :
Dans 1 1er temps, notre analyse portera sur le 1 er coup de théâtre que constitue
l’aveu amoureux des cousins.
Dans 1 2nd temps , nous étudierons le 2 ème coup de théâtre que constitue la mort
de Rosette et qui sépare à jamais les amants.
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_______Camille s’est réfugiée dans l’oratoire pour y prier, elle est en plein doute.
Elle se sent abandonnée de Dieu. En vérité, l’amour humain a fait son chemin sur
elle.
Les 2 grands moments de la scène :
Le double aveu : 2 cœurs amis
Le drame : la scène bascule de l’amour vers le drame avec la
didascalie « on entend un grand cri vers l’autel » On constate que le
prénom « on » utilisé dans cette didascalie concerne aussi les spectateurs.
On se rappelle que le titre de la pièce utilisait le même pronom pour
impliquer le public.
Les 2 moments de la scène semblent s’opposer totalement mais en vérité, un
certain nombre de termes se retrouvent dans la 1 ère et la 2ème partie : le référence
à Dieu, la référence au jeu et enfin le terme « enfant ». La référence à Dieu dans
la 1ère partie : c’est le Dieu protecteur de l’amour.
La référence à Dieu dans le 2ème partie : c’est un appel désespéré au Dieu
sauveur.
Les 2 premières didascalies soulignent l’union des 2 jeunes gens. La didascalie
centrale « on entend un grand cri derrière l’autel » fait basculer la scène vers le
drame. Le pronom indéfini « on » désigne aussi le public et l’adjectif « grand »
souligne l’ampleur du cri et la souffrance de Rosette.
Les 2 dernières didascalies isolent une partie de la tirade de Perdican : seul en
scène il fait appel à Dieu.
Le 1er paragraphe de Perdican commence et finit presque avec une phrase
identique « Inensés que nous sommes ! nous nous aimons ! ô insensés ! nous
nous aimons »
L’union et le bonheur des amoureux
-on observe la fréquence d’emploi du pronom personnel « nous » ainsi que la
répétition par Perdican puis par Camille par la formule « nous aimons »
-l’amour est montré de manière méliorative par des métaphores « perle si rare et
inestimable joyaux ». , le bonheur est une perle »On retrouve aussi une référence
à la nature fertile, propre au style romantique.
Le rapprochement physique entre Perdican et Camille se fait enfin, d’après
la didascalie : « Il la prend dans ses bras.
Et pour la première fois, Camille ne rejette pas son cousin et avoue au contraire
son amour, avec l’emploi de la première personne du pluriel : « Oui, nous
nous aimons, Perdican »
Le coup de théâtre est magistral ce qui accentue l’effet de surprise car elle
ajoute, devant l’autel : « Ce Dieu qui nous regarde ne s’en offensera pas ; il veut
bien que je t’aime ; il y a quinze ans qu’il le sait. »
Camille a donc tu son amour pour son cousin, par attachement sincère à Dieu.
Son éducation religieuse lui a en effet interdit d’aimer un autre que Dieu.
Ce premier mouvement s’achève sur une exclamation totale de Perdican :
« Chère créature, tu es à moi ! », qui s’ensuit d’un baiser et d’un cri derrière
l’autel, comme on peut le lire dans la didascalie.
Le bonheur détruit :
-on observe soudain un effet de rupture et d’isolement avec l’apparition du « je ».
On remarque aussi la présence de le 3ème personne. C’est la preuve de
l’éclatement de la bulle du bonheur.
Perdican montre son étonnement par la question « Comment est-elle ici ? ». Il
comprend que Rosette a été le témoin privilégié de leur déclaration d’amour et
de leur baiser : « Il faut donc qu’elle m’ait suivi sans que je m’en sois aperçu. »
Cette remarque souligne le rôle de Perdican dans ce dénouement :
son comportement irresponsable à l’égard de Rosette, qu’il a laissé seule, va
le perdre.
Camille prend les devants afin de retrouver Rosette, comme on peut le noter
dans l’impératif présent : « Entrons dans cette galerie ».
Perdican, quant à lui, semble perdu (« Je ne sais ce que j’éprouve ») et dit « il me
semble que mes mains sont couvertes de sang. » Le recours à un verbe
d’état et à une image visuelle tragique laisse présager une fin funeste.
Mais Camille se montre plus rassurante, en la nommant de façon affectueuse par
le groupe nominal « la pauvre enfant ».
Elle met ce cri sur le compte d’un évanouissement et son empressement est
palpable dans le recours à l’impératif présent : « viens, portons-lui secours ».
Ses derniers mots, « hélas ! tout cela est cruel », contribuent à dramatiser le
moment de la découverte de Rosette pour le lecteur-spectateur.
Mais le mécanisme implacable de la tragédie est à l’œuvre et Perdican n’y peut
rien.
Il le sait car il refuse d’entrer. Avant même qu’il soit confronté à l’issue funeste,
toute sa réplique est construite sur le champ lexical de la mort : « froid
mortel », « paralyse », « meurtrier », mort », « tuez », présage de la tragédie
qu’il va constater.
Mais outre sa sensibilité, c’est également une réelle faiblesse – ou lâcheté –
qu’il montre. Malgré tous ses mensonges, il ne se confronte pas seul à la réalité.
Il presse Camille d’agir à sa place. Le passage entre les deux didascalies
« Camille sort » et « Camille rentre » est donc un monologue de Perdican.
Ce monologue est adressé à Dieu, qu’il supplie et auprès de qui il exprime
des remords, comme l’illustre les expressions de la défense « ne faites pas de
moi un meurtrier ! » ou « ne faites pas cela ».
-rupture également au niveau des couleurs puisque le bleu et le vert qui
connotaient la quiétude et l’harmonie sont remplacés par le rouge sang dans le
2ème partie de la scène.
-Camille a le dernier mot, elle annonce une double mort : la mort de Rosette et la
mort du couple.
CONCLUSION
Le dénouement justifie pleinement le titre quand il emploie la formule « nous
avons joué avec la vie et la mort ». Cela veut dire on ne joue pas avec l’amour,
avec les sentiments
La mort de Rosette leur interdit désormais leur amour, tant leur faute est
immense. Musset réussit donc là son drame romantique.