conflits fonciers Des multinationales trangres dsirant pratiquer une agriculture de
type industriel a t lobjet de nombreuses publications. Dans la majorit des cas que
nous avons tudis, l'on dnonce galement une prise de possession de manire
frauduleuse, que ce soit en profitant du fait que les propritaires terriens n'aient pas
acquis de titre foncier ou en faisant fi de celui-ci avec la complicit prsume de certains
fonctionnaires de l'tat. Donc, plusieurs auteurs, xlorsqu'ils dfinissent ce qu'est un
accaparement sous-entendent qu'il y a eu une prise de possession illgitime (1) d'une
grande superficie de terre (2) dans le but de pratiquer une agricole de type
agroindustriel (3). notre avis, il s'agit peut-tre d'une dfinition trop restrictive qui ne
prend pas en considration le fait que certains agriculteurs puissent cder lgalement
leurs terres en raison de leur situation conomique et de la trop grande pression
foncire rgionale. Par contre, mme si les hectares sont acquis lgalement, cette
cessation pourrait avoir des impacts ngatifs sur l'ancien propritaire terrien et sur sa
communaut locale d'appartenance. Dans un second temps, cette dfinition exclut les
accapareurs nationaux (Zongo, 201 0). Pourtant, l'lite locale considre elle aussi la
proprit foncire comme un moyen d'enrichissement et cherche galement avoir sa part
du gteau . L'exclure de l'adquation signifierait de volontairement occulter un plan
important du phnomne. Le phnomne daccaparement des terres agricoles dans le
contexte actuel de la crise alimentaire et de la croissance dmographique, la prvention
et la gestion des conflits fonciers sont aussi traites dans la littrature. Parmi ces
recherches, celles traites plus ou moins rcemment et se rapportant notre centre
dintrt sont ici synthtises en guise dun tat des lieux qui claire la lanterne par rapport au
sujet abord.
FAO en 2016 dans Les guides techniques pour la gouvernance des rgimes fonciers
visant renforcer les capacits ncessaires pour amliorer la gouvernance des rgimes
fonciers et par l mme aider les pays appliquer les Directives volontaires pour une
gouvernance responsable des rgimes fonciers applicables aux terres, aux pches et
aux forts dans le contexte de la scurit alimentaire nationale. Dans son ouvrages
intitul-Prserver les droits fonciers dans le cadre des investissements, elle a mentionn
que les investissements responsables ne devraient pas nuire, devraient comporter
des mesures de sauvegarde contre la privation de droits fonciers lgitimes et contre
les dommages environnementaux et devraient respecter les droits de lhomme. Ces
investissements devraient tre raliss dans le cadre de partenariats avec les niveaux
administratifs comptents et avec les dtenteurs locaux de droits fonciers sur les terres,
les pches et les forts, dans le respect de leurs droits fonciers lgitimes. Ils devraient
sefforcer de contribuer la ralisation dobjectifs de politiques, tels que llimination de la
pauvret; la scurit alimentaire et lutilisation durable des terres, des pches et des forts;
de soutenir les communauts locales; de contribuer au dveloppement rural; de
promouvoir des systmes locaux de production alimentaire et den assurer le maintien;
de favoriser un dveloppement social et conomique durable; de crer des emplois; de
diversifier les moyens de subsistance; dapporter des avantages au pays et sa
population, notamment aux pauvres et aux plus vulnrables; et de respecter la
lgislation nationale et les principales normes internationales du travail ainsi que, le
cas chant, les obligations dcoulant des normes de lOrganisation internationale du
travail.
LONG GRAIN en 2008, dans un article intitul -Main basse sur les terres agricoles en
pleine crise alimentaire et financire- alertait lopinion publique sur le dclenchement
dun nouvel accaparement des terres au niveau mondial, pouvant sonner le glas des
petites exploitations agricoles et de moyens de subsistance ruraux dans bien des
rgions du monde. Depuis, de nombreux travaux ont t mens sur ce sujet, donnant lieu
des chiffrages contradictoires et des interprtations trs diverses. Laccaparement de
terres est lachat, par des financiers trangers, en complicit avec les pouvoirs locaux,
de sols agricoles ou de forts sur lesquels vivent et se nourrissent des peuples
indignes. Au cours de la dernire dcennie, les surfaces de terres accapares ont
couvert quelque 3millions dhectares, plus que la surface agricole franaise et le
mouvement est loin dtre termin. Les plantations de palmiers huile sont responsables
dune grande partie des accaparements de ces dernires annes. La croissance des
investissements des fonds de pension tats-unis dans les terres agricoles est
spectaculaire. En plus, les structures offshores et les flux financiers illicites jouent un
rle important dans les oprations actuelles.
Daprs une etude du phenomene de laccaparement des terres en zone soudanienne
du tchad datant du [Link] contexte social dans la majorit des collectivits
rurales de la zone soudanienne nest plus favorable lapplication des rgles coutumires
de gestion et de rgulation foncires. Le caractre sacr des relations avec la terre et les
aspects mystiques et religieux qui lentouraient ont disparu sous le double effet de la
scolarisation et de la religion, quelle soit chrtienne ou musulmane. La cohsion sociale
au sein des populations a t durement prouve par la montarisation des changes. Le
caractre communautaire des relations sociales et les actes de solidarit ne
sappliquent dsormais qu un niveau restreint du cercle familial. La pauvret en milieu
rural et les difficults de plus en plus fortes de subsister partir des produits de
lagriculture obligent les populations rurales rechercher de nouvelles sources de
revenus. La terre est donc devenue pour beaucoup de ruraux un bien marchand qui
est vendu la moindre des difficults. Les acqureurs de terres ne manquent pas,
notamment dans les villages proches des primtres urbains et dans les zones
propices llevage. Les autorits traditionnelles (Chef de terre, chef de village et chef de
canton), dpositaires des rgles coutumires et garant de la gestion du patrimoine
foncier, nassurent plus leurs fonctions. Devenus simples auxiliaires de
ladministration, la majorit dentre eux refusent de assumer leur fonction, soit par
crainte de la raction de leur hirarchie, soit simplement par ce quils ont perdu de vue
la dfense des intrts communautaires. Beaucoup dentre eux ont cd titre gracieux ou
vendus des portions des terres de leur ressort territorial sans consulter leur
communaut.
En dpit de toute cette rglementation, on a assist dans toutes les grandes villes de la
zone soudanienne, lmergence des pratiques illgales, entrines la faveur de toutes
sortes de magouilles et de tripatouillages des textes rgissant les lotissements et les
attributions de terrains. Ces pratiques ont t facilites par la mauvaise gouvernance, la
corruption gnralise au sein de ladministration publique, et par les envies
denrichissement illicites de certains responsables administratifs. Les complicits et les
consentements tacites de certains administrateurs (Gouverneurs et Prfets) et des
responsables communaux ont permis aux services des cadastres doutrepasser les
limites de leurs domaines de comptences, denfreindre les rgles et de sarroger
presquentirement toutes les prrogatives dans le domaine du lotissement et des
attributions de terrain. ILS prennent les initiatives, non seulement des lotissements et
des attributions des lots mais galement des extensions de lespace communal. Les
espaces appartenant aux villages environnants ont t lotis sans respect des
procdures, notamment celles relatives lapprciation du droit coutumier sur les terres.
Pourtant la