ABSTRACT
This study focuses on the design and dimensioning of a homogeneous embankment
dam in Afanour village, administratively part of Tinghir province in Morocco. The region
is characterized by date palm cultivation, with oases constituting the majority of
agricultural land. As agricultural projects expand beyond traditional oases, irrigation
water demands are increasing significantly, putting growing pressure on underground
water resources.
The new Afanour oasis project covers 100 hectares divided into 2000 plots, currently
drawing 94,000 m³ annually from the deep Cretaceous aquifer. This intensive
exploitation threatens the sustainability of the underground resource and justifies the
search for alternative solutions for irrigation water supply.
Our methodology relied on geographic information systems, particularly ArcGIS
software, to analyze satellite imagery of the studied sub-basin. This approach enabled
us to extract essential parameters such as area, perimeter, number of tributaries of the
Afanour wadi and their respective lengths, as well as the potential volume of the future
dam. These data facilitated precise delineation of the sub-basin and calculation of its
morphometric, morphological, and topographic characteristics.
The Afanour watershed is situated at an altitude ranging between 1400 and 2300 meters
and covers an area of 7 km². Its perimeter of 11.9 km reveals an elongated shape with
mild relief. Hypsometric analysis indicates a hydrologically balanced sub-basin
characterized by slow runoff. The predominant geological formations consist of
limestone terrain and alluvial deposits, offering favorable conditions for the
implementation of an embankment dam.
The dimensioning calculations, based on international standards and adapted to local
conditions, allowed us to determine the optimal characteristics of the structure: a height
of 15 m, a crest length of 120 m, a crest width of 6 m, and upstream and downstream
slope ratios of 1V:3H and 1V:2.5H respectively. The dam will be equipped with a drainage
system including a chimney drain and a drainage blanket to control infiltration and
ensure the stability of the structure.
This dam project on the Afanour wadi, with an area of 0.56 km² and a capacity of 8.89
million m³, aims to reduce pressure on groundwater for irrigation, mitigate flood risks,
and promote groundwater recharge. The stability analysis confirms the safety of the
structure under different operating conditions, including rapid drawdown or seismic
events.
The environmental impact assessment identified the main potential effects of the
project and proposed appropriate mitigation measures to minimize negative impacts on
the local ecosystem and riverside communities. A monitoring and maintenance plan has
also been developed to ensure the long-term safety and sustainability of the structure.
Keywords: Homogeneous embankment dam, Afanour, Tinghir, irrigation, water
resources, hydraulic dimensioning, stability, environmental impact.
5. CALCULS DE STABILITÉ
5.1. Stabilité vis-à-vis des infiltrations
La maîtrise des écoulements à travers le barrage et sa fondation est essentielle pour
garantir la sécurité et la pérennité de l'ouvrage. Une analyse détaillée des infiltrations a
été réalisée pour le barrage d'Afanour afin de dimensionner correctement le système de
drainage et vérifier la stabilité hydraulique de l'ensemble.
5.1.1. Réseau d'écoulement
Le réseau d'écoulement à travers le barrage et sa fondation a été modélisé en utilisant la
méthode des éléments finis, avec le logiciel SEEP/W. Cette modélisation a pris en
compte les caractéristiques suivantes :
• Géométrie du barrage (hauteur, pentes des talus)
• Perméabilité du remblai homogène (k = 10^-8 m/s)
• Perméabilité des filtres et drains (k = 10^-4 m/s)
• Perméabilité des fondations calcaires (k = 10^-6 m/s)
• Niveau normal de la retenue (15 m)
Les résultats de cette modélisation sont présentés sur la figure 5.1, qui montre les
équipotentielles et les lignes de courant à travers le barrage et sa fondation.
Les principales conclusions de cette analyse sont les suivantes : - Le débit de fuite total à
travers le barrage et sa fondation est estimé à 1,2 × 10^-6 m³/s/m (soit environ 0,1 m³/
jour pour l'ensemble du barrage) - La ligne de saturation reste bien contenue dans le
corps du barrage grâce au système de drainage - Les gradients hydrauliques maximaux
sont inférieurs aux valeurs critiques pouvant provoquer l'érosion interne
5.1.2. Système de drainage
Pour contrôler les infiltrations à travers le barrage et éviter la saturation du talus aval, un
système de drainage complet a été conçu, comprenant :
a) Drain cheminée
Un drain cheminée vertical sera mis en place dans la partie centrale du barrage, avec les
caractéristiques suivantes : - Position : à 1/3 de la largeur de la base depuis le parement
aval - Épaisseur : 1 m - Hauteur : depuis la fondation jusqu'à la cote 1412 m NGM (5,5 m
sous la crête) - Matériau : sable et gravier filtrant (k ≥ 10^-4 m/s)
b) Tapis drainant
Un tapis drainant horizontal sera placé à la base du barrage, avec les caractéristiques
suivantes : - Position : sous la partie aval du remblai - Épaisseur : 0,5 m - Longueur :
depuis le pied du drain cheminée jusqu'au pied aval - Matériau : sable et gravier filtrant
(k ≥ 10^-4 m/s)
c) Drain de pied
Un drain de pied sera aménagé au pied du talus aval pour collecter les eaux d'infiltration
et les évacuer vers l'aval : - Section : 1 m × 1 m - Matériau : gravier grossier entouré d'un
géotextile filtrant - Exutoire : fossé de drainage connecté à l'oued en aval
5.1.3. Contrôle des pressions interstitielles
L'efficacité du système de drainage pour contrôler les pressions interstitielles a été
vérifiée par la modélisation numérique. Les résultats montrent que :
• Le drain cheminée intercepte efficacement les infiltrations à travers la partie amont
du barrage
• Le tapis drainant assure un bon drainage de la fondation et de la base du remblai
• Les pressions interstitielles dans le talus aval restent suffisamment basses pour
garantir sa stabilité
Pour confirmer ces résultats théoriques, un système de surveillance des pressions
interstitielles sera mis en place, comprenant : - Des piézomètres à tube ouvert dans le
remblai et la fondation - Des cellules de pression interstitielle à différentes profondeurs
dans le remblai - Des points de mesure du débit de drainage
5.2. Stabilité au glissement
La stabilité au glissement des talus amont et aval du barrage a été analysée pour
différentes conditions de chargement, conformément aux recommandations
internationales.
5.2.1. Méthodes de calcul utilisées
Les calculs de stabilité ont été réalisés en utilisant deux méthodes complémentaires :
a) Méthode des tranches (Bishop simplifiée)
Cette méthode, largement utilisée pour l'analyse de stabilité des pentes, consiste à
diviser la masse potentiellement instable en tranches verticales et à calculer l'équilibre
des forces et des moments pour chaque tranche. Le facteur de sécurité est défini comme
le rapport entre les forces résistantes et les forces motrices le long de la surface de
glissement.
b) Méthode des éléments finis
Une analyse par éléments finis a également été réalisée pour vérifier les résultats
obtenus par la méthode des tranches et pour mieux comprendre la distribution des
contraintes et des déformations dans le barrage. Cette analyse a été effectuée avec le
logiciel SLOPE/W, qui permet de modéliser le comportement mécanique des sols en
tenant compte de leur non-linéarité.
5.2.2. Cas de charge considérés
Conformément aux recommandations du Comité International des Grands Barrages
(CIGB), les cas de charge suivants ont été analysés :
a) Fin de construction
Ce cas correspond à la situation juste après la construction du barrage, avant le
remplissage de la retenue. Les pressions interstitielles sont celles générées par le
compactage des matériaux, sans influence de la retenue.
b) Exploitation normale
Ce cas correspond à la situation avec la retenue au niveau normal (RN = 15 m) et un
régime d'écoulement permanent établi dans le barrage. Les pressions interstitielles sont
celles calculées par l'analyse des infiltrations.
c) Vidange rapide
Ce cas, particulièrement critique pour le talus amont, correspond à un abaissement
rapide du niveau de la retenue (de RN à RN/2 en 10 jours). Les pressions interstitielles
dans le remblai n'ont pas le temps de se dissiper complètement, créant une situation
défavorable pour la stabilité.
d) Séisme
Ce cas prend en compte l'effet d'un séisme sur la stabilité du barrage, en appliquant des
accélérations horizontales et verticales conformes au zonage sismique de la région
(accélération horizontale de 0,15g et accélération verticale de 0,10g).
5.2.3. Résultats et interprétation
Les résultats des calculs de stabilité sont résumés dans le tableau 5.1, qui présente les
facteurs de sécurité obtenus pour chaque cas de charge et chaque talus, ainsi que les
valeurs minimales recommandées par le CIGB.
Tableau 5.1 : Facteurs de sécurité calculés et recommandés
Facteur de Facteur de sécurité
Cas de charge Talus Conformité
sécurité calculé recommandé
Fin de
Amont 1,8 1,3 Oui
construction
Fin de
Aval 1,7 1,3 Oui
construction
Exploitation
Amont 2,1 1,5 Oui
normale
Exploitation
Aval 1,9 1,5 Oui
normale
Vidange rapide Amont 1,4 1,3 Oui
Séisme Amont 1,3 1,1 Oui
Séisme Aval 1,2 1,1 Oui
Les figures 5.2 et 5.3 présentent les surfaces de glissement critiques et les facteurs de
sécurité correspondants pour les cas les plus défavorables (vidange rapide pour le talus
amont et séisme pour le talus aval).
L'analyse des résultats montre que : - Tous les facteurs de sécurité calculés sont
supérieurs aux valeurs minimales recommandées - La vidange rapide est le cas le plus
critique pour le talus amont, avec un facteur de sécurité de 1,4 - Le séisme est le cas le
plus critique pour le talus aval, avec un facteur de sécurité de 1,2 - Le système de
drainage joue un rôle crucial dans la stabilité du talus aval en conditions normales
d'exploitation
Ces résultats confirment que les pentes retenues pour les talus (1V:3H pour l'amont et
1V:2,5H pour l'aval) assurent une stabilité satisfaisante du barrage dans toutes les
conditions envisagées.
6. MÉTHODOLOGIE DE CONSTRUCTION
6.1. Préparation du site
La préparation du site constitue une étape préliminaire essentielle pour garantir la
qualité et la sécurité de l'ouvrage. Elle comprend plusieurs opérations qui doivent être
réalisées avec soin avant le début de la construction proprement dite.
6.1.1. Installation de chantier
L'installation de chantier comprendra : - Une base vie pour le personnel (bureaux,
vestiaires, sanitaires, réfectoire) - Des zones de stockage des matériaux et équipements -
Un laboratoire de contrôle des matériaux - Des ateliers de maintenance des engins - Un
système d'alimentation en eau et en électricité - Un système de gestion des eaux usées
et des déchets
L'implantation de ces installations sera réalisée en dehors de la zone d'emprise du
barrage et de sa retenue, sur un terrain stable et non inondable, à proximité des voies
d'accès.
6.1.2. Accès et voiries
Les accès au site seront aménagés pour permettre la circulation des engins de
terrassement et le transport des matériaux : - Réhabilitation de la piste existante depuis
la route principale (6 km) - Création de pistes d'accès aux zones d'emprunt -
Aménagement de plateformes de travail autour du site du barrage
Ces voiries seront dimensionnées pour supporter le trafic des camions et engins lourds,
avec une largeur minimale de 6 m et des pentes n'excédant pas 10%.
6.1.3. Dérivation provisoire de l'oued
Pour permettre la construction du barrage à sec, une dérivation provisoire de l'oued
Afanour sera réalisée : - Construction d'un batardeau amont en matériaux tout-venant
(hauteur 3 m) - Aménagement d'un canal de dérivation en rive droite (section 3 m × 2
m) - Construction d'un batardeau aval pour protéger la zone de travail
Cette dérivation sera dimensionnée pour évacuer une crue de chantier de période de
retour 10 ans (estimée à 15 m³/s), conformément aux recommandations pour ce type
d'ouvrage.
6.1.4. Déboisement et décapage
L'emprise du barrage et de sa retenue fera l'objet d'un déboisement et d'un décapage : -
Abattage et dessouchage des arbres et arbustes - Décapage de la terre végétale sur une
épaisseur de 30 cm - Stockage de la terre végétale pour réutilisation lors des travaux de
revégétalisation
La terre végétale sera stockée en tas n'excédant pas 2 m de hauteur pour préserver ses
qualités agronomiques.
6.2. Traitement de la fondation
Le traitement de la fondation est une étape cruciale pour assurer l'étanchéité et la
stabilité du barrage. Il comprend plusieurs opérations adaptées aux conditions
géologiques spécifiques du site.
6.2.1. Injections
Un rideau d'injection sera réalisé sous l'axe du barrage pour réduire les infiltrations à
travers les formations calcaires fissurées : - Profondeur du rideau : 10 m sous la
fondation - Espacement entre forages : 3 m - Pression d'injection : variable selon la
profondeur (0,1 à 0,3 MPa/m) - Coulis d'injection : mélange eau-ciment avec adjuvants
Le programme d'injection comprendra : - Des forages primaires espacés de 12 m - Des
forages secondaires à mi-distance des primaires - Des forages tertiaires si nécessaire,
selon les résultats des injections précédentes
L'efficacité du rideau d'injection sera vérifiée par des essais d'eau de type Lugeon avant
et après traitement.
6.2.2. Excavations
Les excavations dans la fondation seront réalisées pour éliminer les matériaux
inadéquats et atteindre un horizon de fondation satisfaisant :
a) Dans le lit de l'oued
• Excavation des alluvions sur une profondeur de 2 à 3 m jusqu'au substratum
rocheux
• Nettoyage soigné de la surface rocheuse
• Traitement des zones fracturées ou altérées par purge et béton de remplissage
b) Sur les rives
• Excavation des colluvions et des zones altérées jusqu'à la roche saine
• Création de redans d'ancrage pour améliorer le contact entre le remblai et les
versants
• Traitement des zones de faiblesse (failles, karsts) par purge et béton de
remplissage
Toutes les excavations seront réalisées avec une pente suffisante pour assurer la stabilité
des parois pendant les travaux.
6.3. Mise en place des matériaux
La mise en place des matériaux du barrage sera réalisée selon des procédures strictes
pour garantir la qualité et l'homogénéité du remblai.
6.3.1. Techniques de compactage
a) Remblai argileux
Le remblai argileux constituant le corps homogène du barrage sera mis en place selon la
procédure suivante : - Extraction et transport depuis la zone d'emprunt - Préparation des
matériaux (ajustement de la teneur en eau si nécessaire) - Mise en place par couches de
30 cm d'épaisseur - Compactage à l'aide de compacteurs à pied de mouton (minimum 8
passes) - Contrôle de la qualité du compactage (densité, teneur en eau)
Les spécifications de compactage sont les suivantes : - Densité sèche ≥ 95% de
l'Optimum Proctor Normal - Teneur en eau : wOPN - 1% ≤ w ≤ wOPN + 2%
b) Filtres et drains
Les matériaux filtrants seront mis en place avec un soin particulier pour éviter la
ségrégation et la contamination : - Transport depuis la zone d'emprunt ou la centrale de
traitement - Mise en place par couches de 20 cm d'épaisseur - Compactage à l'aide de
compacteurs vibrants (minimum 4 passes) - Protection contre la contamination par les
matériaux adjacents
Les spécifications de compactage sont les suivantes : - Densité relative ≥ 70% - Teneur
en eau proche de la teneur en eau optimale
c) Protection en enrochement
La protection en enrochement du parement amont sera réalisée comme suit : -
Transport depuis la carrière - Mise en place à l'avancement avec une grue ou une pelle
mécanique - Arrangement manuel pour obtenir une surface régulière - Épaisseur
minimale : 80 cm
6.3.2. Contrôle de qualité
Un programme complet de contrôle de qualité sera mis en œuvre pendant toute la
durée des travaux :
a) Contrôle des matériaux
• Essais d'identification (granulométrie, limites d'Atterberg) : 1 essai pour 2 000 m³
• Essais Proctor : 1 essai pour 5 000 m³
• Essais de perméabilité : 1 essai pour 10 000 m³
• Essais mécaniques (cisaillement) : 1 essai pour 20 000 m³
b) Contrôle de mise en œuvre
• Contrôle de la teneur en eau : 1 essai pour 1 000 m²
• Contrôle de la densité (gammadensimètre) : 1 essai pour 1 000 m²
• Contrôle de l'épaisseur des couches : continu
• Contrôle du nombre de passes : continu
c) Contrôle topographique
• Implantation de l'ouvrage : avant le début des travaux
• Suivi des excavations : à chaque étape
• Contrôle des niveaux de remblai : tous les 1 m de hauteur
• Relevé final : à la fin des travaux
6.4. Planification des étapes de construction
La construction du barrage d'Afanour sera réalisée selon un planning précis, tenant
compte des contraintes climatiques et logistiques. Les principales étapes sont les
suivantes :
6.4.1. Phase préparatoire (3 mois)
• Installation de chantier
• Aménagement des accès
• Déboisement et décapage
• Réalisation de la dérivation provisoire
6.4.2. Phase de traitement des fondations (2 mois)
• Excavations dans le lit de l'oued et sur les rives
• Traitement des zones de faiblesse
• Réalisation du rideau d'injection
6.4.3. Phase de construction du remblai (8 mois)
• Mise en place du tapis drainant
• Construction du remblai par couches successives
• Réalisation du drain cheminée
• Mise en place de la protection en enrochement
6.4.4. Phase de construction des ouvrages annexes (4 mois)
• Construction de l'évacuateur de crues
• Réalisation de la vidange de fond
• Construction de la prise d'eau
• Aménagement des accès définitifs
6.4.5. Phase de finition (1 mois)
• Aménagement de la crête
• Installation des équipements de surveillance
• Revégétalisation des zones perturbées
• Démantèlement des installations provisoires
La durée totale des travaux est estimée à 18 mois, avec une interruption possible
pendant la saison des pluies (novembre à février) pour les travaux sensibles aux
intempéries.
La figure 6.1 présente le planning détaillé de construction sous forme de diagramme de
Gantt.
6.5. Métré et estimation des coûts
Le métré des principaux postes de travaux et l'estimation des coûts correspondants sont
présentés dans le tableau 6.1.
Tableau 6.1 : Métré et estimation des coûts
Prix unitaire Montant
Désignation Unité Quantité
(MAD) (MAD)
Installation de chantier Forfait 1 1 500 000 1 500 000
Dérivation provisoire Forfait 1 500 000 500 000
Déboisement et décapage m² 50 000 20 1 000 000
Excavations m³ 30 000 100 3 000 000
Injections ml 1 500 2 000 3 000 000
Remblai argileux m³ 350 000 150 52 500 000
Filtres et drains m³ 50 000 250 12 500 000
Protection en
m³ 15 000 300 4 500 000
enrochement
Évacuateur de crues Forfait 1 5 000 000 5 000 000
Vidange de fond Forfait 1 3 000 000 3 000 000
Prise d'eau Forfait 1 2 000 000 2 000 000
Équipements de
Forfait 1 1 500 000 1 500 000
surveillance
Aménagements divers Forfait 1 2 000 000 2 000 000
Prix unitaire Montant
Désignation Unité Quantité
(MAD) (MAD)
Total 92 000 000
À ce montant s'ajoutent : - Études et supervision (10%) : 9 200 000 MAD - Imprévus
(15%) : 13 800 000 MAD
Le coût total du projet est donc estimé à 115 000 000 MAD, soit environ 11,5 millions
d'euros.
7. IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX
7.1. Identification des impacts potentiels
La construction et l'exploitation du barrage d'Afanour auront divers impacts sur
l'environnement naturel et humain de la région. Une analyse détaillée a permis
d'identifier ces impacts, tant positifs que négatifs, afin de proposer des mesures
d'atténuation appropriées.
7.1.1. Impacts positifs
a) Sur les ressources en eau
• Mobilisation des eaux de surface actuellement perdues par ruissellement
• Réduction de la pression sur les nappes souterraines surexploitées
• Recharge des nappes phréatiques par infiltration contrôlée
• Régularisation des débits de l'oued Afanour en aval
b) Sur l'agriculture
• Sécurisation de l'approvisionnement en eau d'irrigation pour 100 hectares
• Augmentation des rendements agricoles grâce à une irrigation plus fiable
• Diversification possible des cultures
• Développement de l'arboriculture (palmiers dattiers, oliviers)
c) Sur l'économie locale
• Création d'emplois directs pendant la phase de construction (environ 100 emplois)
• Création d'emplois indirects dans le secteur agricole et les services
• Augmentation de la valeur foncière des terres irriguées
• Développement potentiel d'activités touristiques autour de la retenue
d) Sur la protection contre les inondations
• Laminage des crues de l'oued Afanour
• Protection des zones habitées et agricoles en aval
• Réduction des dommages liés aux inondations
7.1.2. Impacts négatifs
a) Sur le milieu physique
• Modification du régime hydrologique de l'oued Afanour
• Perturbation du transport solide et risque d'érosion en aval
• Risque d'augmentation de l'évaporation et de salinisation des sols
• Modification du microclimat local (augmentation de l'humidité)
b) Sur le milieu biologique
• Perte d'habitats terrestres dans la zone de la retenue (environ 56 hectares)
• Perturbation des corridors écologiques le long de l'oued
• Modification des écosystèmes aquatiques
• Risque de prolifération d'espèces invasives dans la retenue
c) Sur le milieu humain
• Perturbation temporaire des activités pendant la phase de construction
• Augmentation du trafic et des nuisances associées (bruit, poussière)
• Risque de conflits d'usage de l'eau
• Risque sanitaire lié aux maladies hydriques (paludisme, bilharziose)
d) Risques liés à la sécurité du barrage
• Risque de rupture (très faible mais aux conséquences potentiellement graves)
• Risque d'inondation en cas de mauvaise gestion des lâchers d'eau
7.2. Mesures d'atténuation
Pour chaque impact négatif identifié, des mesures d'atténuation spécifiques ont été
définies afin de minimiser les effets du projet sur l'environnement.
7.2.1. Mesures pendant la phase de construction
a) Protection du milieu physique
• Limitation des zones de défrichement au strict nécessaire
• Contrôle de l'érosion par des dispositifs temporaires (fossés, bassins de
décantation)
• Gestion appropriée des déblais et remblais
• Réhabilitation progressive des zones perturbées
b) Protection du milieu biologique
• Réalisation des travaux hors périodes sensibles pour la faune
• Préservation des arbres remarquables en dehors de l'emprise directe
• Création de passages pour la faune le long de la dérivation provisoire
• Transplantation des espèces végétales protégées
c) Protection du milieu humain
• Arrosage régulier des pistes pour limiter les poussières
• Limitation des travaux bruyants aux heures diurnes
• Gestion appropriée des déchets de chantier
• Information et sensibilisation des populations locales
7.2.2. Mesures pendant la phase d'exploitation
a) Gestion des ressources en eau
• Maintien d'un débit réservé dans l'oued en aval du barrage
• Gestion optimisée des lâchers d'eau pour limiter l'impact sur les écosystèmes aval
• Surveillance de la qualité de l'eau de la retenue
• Promotion de techniques d'irrigation économes en eau
b) Protection des écosystèmes
• Création de zones humides artificielles autour de la retenue
• Reboisement compensatoire (3 hectares pour 1 hectare défriché)
• Suivi de la biodiversité aquatique et terrestre
• Lutte contre les espèces invasives
c) Aspects socio-économiques
• Mise en place d'un comité de gestion de l'eau incluant tous les usagers
• Formation des agriculteurs aux techniques d'irrigation efficientes
• Développement d'activités écotouristiques respectueuses de l'environnement
• Sensibilisation aux risques sanitaires liés à l'eau
d) Sécurité du barrage
• Mise en place d'un système d'alerte en cas de crue exceptionnelle
• Élaboration d'un plan d'urgence en cas de rupture
• Information des populations sur les consignes de sécurité
• Surveillance régulière de l'ouvrage
7.3. Plan de gestion environnementale
Un plan de gestion environnementale (PGE) a été élaboré pour assurer la mise en œuvre
effective des mesures d'atténuation et le suivi des impacts du projet.
7.3.1. Organisation et responsabilités
Le PGE définit clairement les responsabilités des différents acteurs impliqués dans sa
mise en œuvre : - Maître d'ouvrage : responsabilité globale du PGE - Entreprise de
construction : mise en œuvre des mesures pendant la phase de travaux - Bureau de
contrôle : supervision et contrôle de l'application des mesures - Agence du Bassin
Hydraulique : suivi de la qualité de l'eau et gestion des ressources - Autorités locales :
coordination avec les populations et gestion des aspects sociaux
7.3.2. Programme de surveillance et de suivi
Un programme détaillé de surveillance et de suivi environnemental a été établi,
comprenant :
a) Surveillance pendant la construction
• Contrôle hebdomadaire du respect des mesures environnementales
• Suivi de la qualité des eaux de surface et souterraines (mensuel)
• Suivi de la qualité de l'air et du bruit (hebdomadaire)
• Suivi de l'érosion et de la sédimentation (après chaque épisode pluvieux)
b) Suivi pendant l'exploitation
• Suivi de la qualité de l'eau de la retenue (trimestriel)
• Suivi des débits et des niveaux d'eau (continu)
• Suivi de l'évolution des écosystèmes aquatiques et terrestres (annuel)
• Suivi des usages de l'eau et des conflits potentiels (semestriel)
• Suivi des aspects sanitaires (semestriel)
7.3.3. Reporting et communication
Le PGE prévoit un système de reporting régulier pour informer les parties prenantes de
l'évolution des impacts et de l'efficacité des mesures d'atténuation : - Rapports
mensuels pendant la phase de construction - Rapports trimestriels pendant la première
année d'exploitation - Rapports annuels par la suite - Réunions périodiques avec les
parties prenantes - Communication publique des résultats du suivi
7.3.4. Budget et financement
Le budget alloué à la mise en œuvre du PGE est estimé à 5% du coût total du projet, soit
environ 5,75 millions de MAD, répartis comme suit : - Mesures d'atténuation pendant la
construction : 2,5 millions MAD - Mesures d'atténuation pendant l'exploitation : 1,5
million MAD - Programme de surveillance et de suivi : 1,25 million MAD - Communication
et renforcement des capacités : 0,5 million MAD
Ce budget sera intégré au coût global du projet et financé par le maître d'ouvrage.
8. ENTRETIEN ET EXPLOITATION
8.1. Plan de surveillance et de maintenance
La sécurité et la durabilité du barrage d'Afanour nécessitent la mise en place d'un plan
rigoureux de surveillance et de maintenance, conforme aux recommandations
internationales et adapté aux spécificités de l'ouvrage.
8.1.1. Surveillance visuelle
La surveillance visuelle constitue le premier niveau de contrôle et permet de détecter
rapidement les anomalies apparentes :
a) Inspections de routine
• Fréquence : hebdomadaire
• Responsable : gardien du barrage
• Éléments à observer : aspect général du barrage, fuites éventuelles, état des
parements, fonctionnement des drains, présence de végétation ou d'animaux
fouisseurs
• Documentation : rapport simplifié avec photographies si nécessaire
b) Inspections détaillées
• Fréquence : trimestrielle
• Responsable : technicien spécialisé
• Éléments à observer : tous les composants du barrage et des ouvrages annexes,
mesures des débits de drainage, état des équipements hydromécaniques
• Documentation : rapport détaillé avec photographies et mesures
c) Inspections exceptionnelles
• Déclenchement : après un événement particulier (séisme, crue exceptionnelle,
anomalie détectée)
• Responsable : ingénieur spécialisé
• Éléments à observer : inspection complète avec attention particulière aux zones
potentiellement affectées
• Documentation : rapport d'expertise avec analyse des risques et recommandations
8.1.2. Auscultation
L'auscultation permet de suivre l'évolution des paramètres physiques du barrage et de
détecter d'éventuelles anomalies non visibles :
a) Dispositif d'auscultation
Le barrage sera équipé des instruments suivants : - 10 bornes topographiques sur la
crête et les bermes pour le suivi des déplacements - 8 piézomètres pour le suivi des
pressions interstitielles dans le remblai - 5 piézomètres pour le suivi des niveaux d'eau
dans la fondation - 3 cellules de pression totale à la base du remblai - 2 stations de
jaugeage des débits de drainage - 1 échelle limnimétrique et 1 limnigraphe automatique
pour le suivi du niveau de la retenue - 1 station météorologique (pluviomètre,
thermomètre, anémomètre)
b) Fréquence des mesures
• Mesures topographiques : semestrielles
• Relevés piézométriques : mensuels
• Mesures des débits de drainage : hebdomadaires
• Suivi du niveau de la retenue : continu (enregistrement automatique)
• Données météorologiques : continues (enregistrement automatique)
c) Analyse et interprétation
Les données d'auscultation seront analysées selon trois niveaux : - Analyse de premier
niveau : comparaison avec les seuils d'alerte prédéfinis - Analyse de deuxième niveau :
étude des corrélations entre paramètres (niveau de la retenue, piézométrie, débits) -
Analyse de troisième niveau : modélisation du comportement de l'ouvrage et
comparaison avec les mesures
Un rapport d'auscultation sera établi annuellement, présentant l'ensemble des mesures,
leur interprétation et les recommandations éventuelles.
8.1.3. Maintenance préventive
La maintenance préventive vise à préserver le bon état de l'ouvrage et à prévenir les
dysfonctionnements :
a) Entretien courant
• Fauchage de la végétation sur les talus et la crête (2 fois par an)
• Élimination des animaux fouisseurs (en continu)
• Nettoyage des drains et caniveaux (avant la saison des pluies)
• Entretien des pistes d'accès (annuel)
• Peinture des parties métalliques exposées (tous les 3 ans)
b) Maintenance des équipements
• Graissage et manœuvre des vannes (trimestriel)
• Vérification des systèmes de levage (annuel)
• Contrôle des systèmes électriques et d'éclairage (semestriel)
• Étalonnage des instruments de mesure (annuel)
• Test des groupes électrogènes de secours (mensuel)
c) Travaux périodiques
• Réfection des protections contre l'érosion (tous les 5 ans)
• Curage des sédiments au pied des ouvrages hydrauliques (tous les 5 ans)
• Révision complète des vannes et clapets (tous les 10 ans)
• Rénovation des bâtiments et locaux techniques (tous les 10 ans)
8.2. Gestion des situations d'urgence
La gestion des situations d'urgence est un aspect crucial de l'exploitation du barrage,
visant à minimiser les risques pour les populations et les biens en cas d'événement
exceptionnel.
8.2.1. Plan d'alerte
Un plan d'alerte sera établi, définissant les procédures à suivre en cas de détection d'une
anomalie ou d'un événement exceptionnel :
a) Niveaux d'alerte
• Niveau 1 (vigilance) : anomalie mineure nécessitant une surveillance renforcée
• Niveau 2 (préalerte) : anomalie significative nécessitant des mesures correctives
• Niveau 3 (alerte) : situation critique pouvant conduire à une défaillance de
l'ouvrage
b) Chaîne d'alerte
Le plan définira précisément : - Les responsables habilités à déclencher l'alerte - Les
autorités à informer selon le niveau d'alerte - Les moyens de communication à utiliser -
Les messages types à diffuser
c) Mesures immédiates
Pour chaque niveau d'alerte, des mesures immédiates seront définies : - Renforcement
de la surveillance - Abaissement préventif du niveau de la retenue - Mise en sécurité des
équipements - Évacuation préventive des zones à risque
8.2.2. Plan particulier d'intervention (PPI)
Un plan particulier d'intervention sera élaboré en collaboration avec les autorités
locales pour faire face à une situation de rupture potentielle ou avérée du barrage :
a) Cartographie des zones inondables
Une modélisation hydraulique de l'onde de rupture sera réalisée pour déterminer : - Les
zones potentiellement inondables - Les hauteurs d'eau et vitesses d'écoulement
attendues - Les temps d'arrivée de l'onde de crue aux points sensibles - Les enjeux
humains et matériels concernés
b) Organisation des secours
Le PPI définira : - Les responsabilités des différents intervenants - Les moyens d'alerte
des populations - Les itinéraires d'évacuation et zones de regroupement - Les moyens de
secours à mobiliser
c) Exercices et formation
Des exercices réguliers seront organisés pour tester l'efficacité du PPI : - Exercices de
simulation en salle (annuels) - Exercices partiels sur le terrain (tous les 2 ans) - Exercice
général impliquant la population (tous les 5 ans)
8.3. Recommandations pour l'exploitation
8.3.1. Gestion de la retenue
La gestion de la retenue sera optimisée pour concilier les différents objectifs du barrage :
a) Règles d'exploitation normales
• Maintien du niveau entre la cote minimale d'exploitation (1404 m NGM) et le niveau
normal de retenue (1415 m NGM)
• Modulation saisonnière du niveau pour anticiper les apports (abaissement
préventif avant la saison des pluies)
• Respect du débit réservé en aval (minimum 50 l/s)
• Gestion des lâchers pour satisfaire les besoins en irrigation selon un calendrier
préétabli
b) Gestion des crues
• Suivi des prévisions météorologiques et hydrologiques
• Abaissement préventif en cas d'annonce de fortes précipitations
• Procédures de gestion des vannes pendant les crues
• Coordination avec les autorités locales pour l'alerte des populations riveraines
c) Gestion des étiages
• Constitution de réserves en prévision des périodes sèches
• Priorisation des usages en cas de pénurie
• Promotion de techniques d'irrigation économes en eau
• Recours éventuel à des ressources alternatives (eaux souterraines)
8.3.2. Suivi de la qualité de l'eau
Un programme de suivi de la qualité de l'eau sera mis en place pour détecter d'éventuels
problèmes et prendre les mesures correctives nécessaires :
a) Paramètres à surveiller
• Paramètres physico-chimiques : température, pH, conductivité, oxygène dissous,
turbidité
• Nutriments : nitrates, phosphates
• Éléments traces : métaux lourds
• Paramètres biologiques : chlorophylle, coliformes
b) Points de prélèvement
• Dans la retenue : surface, mi-profondeur et fond, à proximité de la prise d'eau
• Dans les affluents principaux
• En aval du barrage
c) Fréquence des analyses
• Analyses de routine (paramètres de base) : mensuelles
• Analyses complètes : trimestrielles
• Analyses spécifiques en cas de problème détecté
8.3.3. Formation du personnel
La formation continue du personnel chargé de l'exploitation et de la maintenance du
barrage est essentielle pour garantir la sécurité et l'efficacité de l'ouvrage :
a) Compétences requises
• Connaissance approfondie de l'ouvrage et de son fonctionnement
• Maîtrise des procédures d'exploitation normales et d'urgence
• Capacité à détecter les anomalies et à prendre les mesures appropriées
• Compétences en maintenance préventive et corrective
b) Programme de formation
• Formation initiale complète pour tout nouveau personnel
• Recyclages périodiques (annuels)
• Formations spécifiques sur les nouveaux équipements ou procédures
• Exercices pratiques et simulations de situations d'urgence
c) Documentation technique
Un ensemble complet de documents techniques sera maintenu à jour et mis à
disposition du personnel : - Dossier d'ouvrage complet - Manuels d'exploitation et de
maintenance - Procédures d'urgence - Fiches réflexes pour les situations critiques
9. CONCLUSION
Le projet de barrage en remblai homogène sur l'oued Afanour représente une solution
adaptée et durable pour répondre aux besoins en eau d'irrigation de la nouvelle oasis
d'Afanour, tout en contribuant à la gestion intégrée des ressources hydriques dans la
région de Tinghir.
L'étude approfondie réalisée dans le cadre de ce projet a permis de confirmer la
faisabilité technique, économique et environnementale de l'ouvrage, et de définir ses
caractéristiques optimales en fonction des conditions locales spécifiques.
Les principales conclusions de cette étude sont les suivantes :
1. Justification du projet : Le barrage d'Afanour répond à un besoin réel et urgent de
mobilisation des eaux de surface pour réduire la pression sur les nappes
souterraines surexploitées. Il permettra d'irriguer 100 hectares de terres agricoles,
contribuant ainsi au développement économique local et à la sécurité alimentaire.
2. Choix du type de barrage : Le barrage en remblai homogène avec système de
drainage interne s'est révélé être la solution la plus adaptée aux conditions
géologiques, topographiques et économiques du site. Ce choix permet d'optimiser
l'utilisation des matériaux locaux tout en garantissant la sécurité et la durabilité de
l'ouvrage.
3. Dimensionnement optimal : Les caractéristiques retenues pour le barrage
(hauteur de 17,5 m, longueur en crête de 120 m, capacité de stockage de 3,2
millions de m³) permettent de satisfaire les besoins en eau avec un taux de fiabilité
élevé, tout en assurant un bon rendement topographique et économique.
4. Sécurité de l'ouvrage : Les analyses de stabilité ont confirmé que le barrage
présente des facteurs de sécurité satisfaisants dans toutes les conditions
envisagées (construction, exploitation normale, vidange rapide, séisme). Le
système de drainage conçu permet de contrôler efficacement les infiltrations et
d'éviter les risques d'érosion interne.
5. Viabilité économique : L'analyse économique a démontré la rentabilité du projet,
avec un taux de rentabilité interne de 12% et un ratio bénéfices/coûts de 1,6. Les
bénéfices agricoles générés par l'irrigation permettront d'amortir l'investissement
sur une période raisonnable.
6. Impacts environnementaux maîtrisés : Bien que le projet entraîne certains
impacts négatifs sur l'environnement, les mesures d'atténuation proposées
permettront de les minimiser significativement. Les impacts positifs, notamment
sur la gestion durable des ressources en eau et le développement socio-
économique, l'emportent largement sur les inconvénients.
7. Exploitation durable : Le plan de surveillance et de maintenance élaboré, ainsi
que les recommandations pour l'exploitation, garantiront la sécurité et la
pérennité de l'ouvrage sur le long terme.
En conclusion, le barrage d'Afanour constitue un projet structurant pour la région,
s'inscrivant parfaitement dans la politique nationale de mobilisation des ressources en
eau et de développement agricole durable. Sa réalisation contribuera significativement
à l'amélioration des conditions de vie des populations locales et à la préservation des
ressources hydriques souterraines pour les générations futures.
Il est recommandé de poursuivre le projet en phase d'exécution, en veillant à respecter
scrupuleusement les spécifications techniques définies dans cette étude et à mettre en
œuvre l'ensemble des mesures environnementales et sociales proposées.
BIBLIOGRAPHIE
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ANNEXES
Annexe 1 : Cartes et plans
• Carte de situation du projet
• Carte géologique de la zone d'étude
• Plan topographique du site
• Plan d'implantation du barrage
Annexe 2 : Données hydrologiques
• Séries chronologiques des précipitations
• Courbes Intensité-Durée-Fréquence
• Hydrogrammes des crues de projet
Annexe 3 : Études géotechniques
• Logs des sondages
• Résultats des essais de laboratoire
• Cartes des zones d'emprunt
Annexe 4 : Plans détaillés du barrage
• Vue en plan
• Profil en long
• Coupes types
• Détails des ouvrages annexes
Annexe 5 : Calculs hydrauliques
• Dimensionnement de l'évacuateur de crues
• Calculs de la vidange de fond
• Dimensionnement de la prise d'eau
Annexe 6 : Calculs de stabilité
• Résultats détaillés des analyses de stabilité
• Modélisation des écoulements
• Analyse sismique
Annexe 7 : Planning détaillé des travaux
• Diagramme de Gantt
• Phasage de la construction
• Plan d'assurance qualité
Annexe 8 : Étude d'impact environnemental
• Matrices d'impacts
• Cartographie des zones sensibles
• Plan de gestion environnementale détaillé
4. CONCEPTION DU BARRAGE
4.1. Choix du type de barrage
Le choix du type de barrage constitue une étape fondamentale dans la conception de
l'ouvrage, car il détermine les caractéristiques techniques, les méthodes de
construction, les coûts et la sécurité de l'infrastructure. Pour le site d'Afanour, cette
décision a été prise après une analyse approfondie des différents critères présentés dans
le chapitre 2, appliqués aux conditions spécifiques du site étudié.
4.1.1. Analyse multicritère
Une analyse multicritère a été réalisée pour déterminer le type de barrage le plus adapté
au site d'Afanour. Les principaux critères considérés sont les suivants :
a) Conditions topographiques
La vallée de l'oued Afanour au site d'implantation présente un élancement λ = Lc/H ≈ 8
(largeur en crête d'environ 120 m pour une hauteur de 15 m), ce qui correspond à une
vallée relativement large. Cette configuration est généralement plus favorable aux
barrages en remblai qu'aux barrages en béton.
b) Conditions géologiques et géotechniques
Les investigations géologiques et géotechniques ont révélé que le site repose sur des
formations calcaires du Lias, recouvertes d'alluvions dans le lit de l'oued. Ces formations
présentent un module de déformation estimé entre 5 000 et 10 000 MPa, ce qui
correspond à des fondations rocheuses de qualité moyenne. Ce type de fondation est
compatible avec un barrage en remblai ou un barrage en BCR, mais moins favorable à un
barrage-voûte qui nécessite des fondations de très bonne qualité.
c) Disponibilité des matériaux
L'inventaire des matériaux disponibles à proximité du site a mis en évidence : - Des
dépôts argilo-limoneux à 6 km à l'ouest, adaptés pour constituer un noyau étanche ou
un barrage homogène - Des alluvions anciennes à 3 km au sud, utilisables pour les
recharges ou les filtres - Une carrière de calcaire à 15 km au nord-est, pouvant fournir
des enrochements
Cette disponibilité de matériaux meubles à proximité relative du site favorise la
construction d'un barrage en remblai.
d) Risque sismique
La région de Tinghir est située dans une zone de sismicité modérée (zone 2 selon le
Règlement de Construction Parasismique marocain RPS 2000). Dans ce contexte, les
barrages en remblai présentent généralement un meilleur comportement que les
barrages rigides en cas de séisme, grâce à leur capacité à absorber les déformations sans
rupture catastrophique.
e) Conditions climatiques
Le climat semi-aride de la région, caractérisé par des précipitations faibles et
irrégulières, est compatible avec la construction d'un barrage en remblai. Toutefois, la
gestion de la teneur en eau des matériaux fins pendant la construction nécessitera une
attention particulière, notamment pendant les périodes chaudes.
f) Considérations hydrauliques
Le débit de la crue de projet (50 m³/s) est relativement modéré, ce qui permet
d'envisager un évacuateur de crues latéral sans contraintes majeures. Cette
configuration est compatible avec un barrage en remblai, qui ne peut pas être submergé
sans risque de rupture.
g) Critères économiques
L'analyse économique préliminaire a montré que, pour les conditions spécifiques du site
d'Afanour (hauteur modérée, vallée relativement large, matériaux disponibles
localement), un barrage en remblai serait significativement moins coûteux qu'un
barrage en béton.
4.1.2. Comparaison des options
Sur la base de l'analyse multicritère, trois options principales ont été envisagées et
comparées :
Option 1 : Barrage en remblai homogène - Avantages : Simplicité de conception et de
construction, utilisation optimale des matériaux argileux disponibles, coût relativement
faible - Inconvénients : Nécessité d'un système de drainage efficace, volume important
de matériaux
Option 2 : Barrage en remblai zoné - Avantages : Meilleure stabilité, optimisation des
matériaux, contrôle efficace des infiltrations - Inconvénients : Conception et
construction plus complexes, nécessité de plusieurs types de matériaux, contrôle de
qualité plus exigeant
Option 3 : Barrage en BCR - Avantages : Volume de matériaux réduit, possibilité
d'intégrer l'évacuateur de crues, durabilité - Inconvénients : Coût plus élevé, nécessité
d'équipements spécifiques, approvisionnement en ciment et agrégats plus complexe
4.1.3. Solution retenue
Après analyse comparative des différentes options, le barrage en remblai homogène a
été retenu comme la solution la plus adaptée au site d'Afanour, pour les raisons
suivantes :
1. Adéquation avec les conditions topographiques et géologiques du site
2. Disponibilité de matériaux argileux de qualité à proximité relative
3. Simplicité de conception et de construction, adaptée au contexte local
4. Coût significativement inférieur aux autres options
5. Bonne tolérance aux tassements différentiels et aux sollicitations sismiques
6. Expérience locale dans la construction de ce type d'ouvrage
Le barrage en remblai homogène sera équipé d'un système de drainage interne
comprenant un drain cheminée vertical et un tapis drainant horizontal pour contrôler les
infiltrations et assurer la stabilité de l'ouvrage. Un évacuateur de crues latéral en béton
sera aménagé sur l'une des rives pour évacuer la crue de projet en toute sécurité.
4.2. Dimensionnement de l'ouvrage
Le dimensionnement du barrage en remblai homogène d'Afanour a été réalisé
conformément aux normes et recommandations internationales, notamment celles du
Comité International des Grands Barrages (CIGB) et du Bureau of Reclamation
américain, adaptées au contexte spécifique du projet.
4.2.1. Niveau normal de retenue (RN)
Le niveau normal de retenue (RN) correspond à la cote maximale à laquelle l'eau peut
être stockée en exploitation normale, hors période de crue. Sa détermination résulte
d'un compromis entre la capacité de stockage souhaitée et les contraintes
topographiques, géologiques et économiques.
Pour le barrage d'Afanour, le niveau normal de retenue a été fixé à la cote 1415 m NGM
(Nivellement Général du Maroc), soit 15 m au-dessus du point le plus bas de la
fondation. Ce niveau permet d'obtenir un volume utile de 2,9 millions de m³, suffisant
pour satisfaire les besoins en eau d'irrigation de l'oasis d'Afanour avec un taux de
satisfaction élevé, tout en tenant compte des pertes par évaporation et infiltration.
4.2.2. Revanche
La revanche correspond à la différence de niveau entre la crête du barrage et le niveau
normal de retenue. Elle est destinée à protéger le barrage contre le déversement en cas
de crue exceptionnelle et à prendre en compte les effets des vagues générées par le vent.
La revanche a été calculée en considérant les éléments suivants : - Surélévation du plan
d'eau en cas de crue de projet : 1,2 m - Hauteur maximale des vagues (calculée selon la
formule de Stevenson pour un fetch de 800 m et un vent de 80 km/h) : 0,6 m - Marge de
sécurité supplémentaire : 0,7 m
La revanche totale retenue est donc de 2,5 m, ce qui place la crête du barrage à la cote
1417,5 m NGM.
4.2.3. Largeur de la crête
La largeur de la crête du barrage doit être suffisante pour permettre la circulation des
engins pendant la construction et l'entretien, et pour assurer la stabilité de la partie
supérieure de l'ouvrage.
Pour le barrage d'Afanour, la largeur de la crête a été déterminée selon la formule
empirique de Knappen :
L = 0,55 × H^(1/2) + 1
Où : - L est la largeur de la crête en mètres - H est la hauteur du barrage en mètres (17,5
m incluant la revanche)
L'application de cette formule donne une largeur minimale de 3,3 m. Pour des raisons
pratiques et de sécurité, une largeur de crête de 6 m a été retenue, permettant la
circulation des engins et l'aménagement éventuel d'une piste d'entretien.
4.2.4. Pentes des talus
Les pentes des talus amont et aval du barrage ont été déterminées sur la base des
caractéristiques géotechniques des matériaux de remblai et des calculs de stabilité
présentés au chapitre 5.
a) Talus amont
Le talus amont, exposé à l'action de l'eau, doit présenter une pente suffisamment douce
pour assurer sa stabilité, notamment en cas de vidange rapide. Sur la base des
caractéristiques des matériaux argileux disponibles (cohésion c = 15 kPa, angle de
frottement φ = 25°) et des calculs de stabilité, une pente de 1V:3H (1 vertical pour 3
horizontal, soit environ 18,4°) a été retenue pour le talus amont.
Cette pente relativement douce permet d'assurer un facteur de sécurité supérieur à 1,5
en conditions normales d'exploitation et supérieur à 1,3 en cas de vidange rapide.
b) Talus aval
Le talus aval, non exposé directement à l'eau mais soumis aux infiltrations, doit
également présenter une pente assurant sa stabilité à long terme. Sur la base des
mêmes caractéristiques géotechniques et des calculs de stabilité, une pente de 1V:2,5H
(1 vertical pour 2,5 horizontal, soit environ 21,8°) a été retenue pour le talus aval.
Cette pente permet d'obtenir un facteur de sécurité supérieur à 1,5 en conditions
normales et supérieur à 1,2 en conditions sismiques.
4.2.5. Hauteur du barrage
La hauteur totale du barrage est déterminée par la somme du niveau normal de retenue
(15 m) et de la revanche (2,5 m), soit 17,5 m au-dessus du point le plus bas de la
fondation.
Compte tenu de la topographie du site et de la nécessité d'ancrer correctement le
barrage dans les formations rocheuses sous-jacentes, une excavation de 2 m est prévue
dans le lit de l'oued pour éliminer les alluvions perméables. La hauteur maximale du
remblai au-dessus du terrain naturel sera donc de 19,5 m au point le plus haut.
4.2.6. Bermes
Des bermes intermédiaires sont prévues sur les talus amont et aval pour faciliter
l'entretien, améliorer la stabilité et collecter les eaux de ruissellement.
a) Berme amont
Une berme de 4 m de largeur est prévue sur le talus amont à la cote 1407 m NGM, soit 7
m au-dessus du fond de la retenue. Cette berme sera protégée contre l'action des vagues
par un enrochement similaire à celui du parement amont.
b) Bermes aval
Deux bermes de 4 m de largeur sont prévues sur le talus aval : - La première à la cote
1407 m NGM (7 m au-dessus de la base) - La seconde à la cote 1412 m NGM (12 m au-
dessus de la base)
Ces bermes seront équipées de caniveaux pour collecter les eaux de ruissellement et les
diriger vers des descentes d'eau aménagées sur le talus.
4.3. Ouvrages annexes
4.3.1. Évacuateur de crues
L'évacuateur de crues est un élément essentiel pour la sécurité du barrage, permettant
d'évacuer les débits de crue exceptionnels sans risque de submersion de l'ouvrage.
a) Type d'évacuateur
Pour le barrage d'Afanour, un évacuateur de crues à seuil libre de type latéral a été
retenu. Il sera implanté sur la rive droite, où la topographie est favorable, et
comprendra : - Un seuil déversant à profil Creager - Un chenal d'évacuation - Un coursier
- Un bassin de dissipation d'énergie
b) Dimensionnement hydraulique
L'évacuateur a été dimensionné pour évacuer la crue de projet de 50 m³/s avec une
charge maximale de 1,2 m au-dessus du seuil. Les principales caractéristiques sont les
suivantes : - Cote du seuil déversant : 1415 m NGM (niveau normal de retenue) -
Longueur du seuil : 15 m - Largeur du chenal d'évacuation : 8 m - Pente du coursier : 10%
- Dimensions du bassin de dissipation : 12 m × 8 m × 2 m
Le dimensionnement hydraulique détaillé, incluant les calculs de la courbe de
débitance, du profil du seuil, des hauteurs d'eau dans le chenal et le coursier, ainsi que
des caractéristiques du ressaut hydraulique dans le bassin de dissipation, est présenté
en annexe.
4.3.2. Vidange de fond
La vidange de fond est un ouvrage permettant de vider partiellement ou totalement la
retenue pour des raisons d'exploitation ou de sécurité.
a) Caractéristiques générales
La vidange de fond du barrage d'Afanour comprendra : - Une prise d'eau protégée par
une grille - Une conduite en acier de 600 mm de diamètre - Deux vannes de garde et de
réglage - Une chambre de vannes accessible depuis la crête - Un dispositif de dissipation
d'énergie à la sortie
b) Dimensionnement hydraulique
La vidange de fond a été dimensionnée pour permettre l'abaissement du plan d'eau de 1
m par jour en conditions normales d'exploitation, ce qui correspond à un débit maximal
d'environ 2 m³/s à pleine charge.
Les calculs hydrauliques détaillés, incluant les pertes de charge dans la conduite et les
vannes, ainsi que la courbe de débitance en fonction du niveau de la retenue, sont
présentés en annexe.
4.3.3. Prise d'eau
La prise d'eau est destinée à prélever l'eau de la retenue pour l'irrigation de l'oasis
d'Afanour.
a) Caractéristiques générales
La prise d'eau comprendra : - Une tour de prise avec plusieurs niveaux de prélèvement -
Une conduite en acier de 400 mm de diamètre - Un système de vannes de garde et de
réglage - Une chambre de vannes accessible depuis la berge - Un dispositif de comptage
et de régulation du débit
b) Dimensionnement hydraulique
La prise d'eau a été dimensionnée pour un débit maximal de 0,3 m³/s, correspondant
aux besoins de pointe en période d'irrigation. Elle permettra de prélever l'eau à
différents niveaux pour optimiser sa qualité en fonction des conditions de stratification
thermique dans la retenue.
Les calculs hydrauliques détaillés, incluant les pertes de charge et la courbe de
débitance, sont présentés en annexe.
4.4. Étude des matériaux
4.4.1. Caractéristiques des matériaux disponibles
Une campagne d'investigation approfondie a été menée pour caractériser les matériaux
disponibles à proximité du site et évaluer leur adéquation pour la construction du
barrage.
a) Matériaux pour le remblai homogène
Les dépôts argilo-limoneux situés à 6 km à l'ouest du site ont fait l'objet d'une
caractérisation détaillée, comprenant des essais d'identification, des essais Proctor et
des essais mécaniques. Les résultats sont les suivants :
• Caractéristiques d'identification :
• Granulométrie : 15% de sable, 45% de limon, 40% d'argile
• Limite de liquidité : wL = 42%
• Limite de plasticité : wP = 22%
• Indice de plasticité : IP = 20%
• Classification USCS : CL (argile de faible plasticité)
• Caractéristiques de compactage :
• Optimum Proctor Normal : wOPN = 16%, γd = 17,5 kN/m³
• Teneur en eau naturelle : wnat = 12 à 18%
• Caractéristiques mécaniques :
• Cohésion effective : c' = 15 kPa
• Angle de frottement effectif : φ' = 25°
• Perméabilité après compactage : k = 10^-8 à 10^-9 m/s
Ces caractéristiques confirment l'adéquation de ces matériaux pour constituer un
remblai homogène, avec une perméabilité suffisamment faible pour assurer l'étanchéité
du barrage.
b) Matériaux pour les filtres et drains
Les alluvions anciennes situées à 3 km au sud du site ont été caractérisées pour évaluer
leur potentiel comme matériaux de filtres et drains :
• Caractéristiques d'identification :
• Granulométrie : graviers et sables avec moins de 5% de fines
• Classification USCS : GW-SW (graves et sables bien gradués)
• Caractéristiques de compactage :
• Optimum Proctor Normal : wOPN = 8%, γd = 21 kN/m³
• Caractéristiques hydrauliques :
• Perméabilité : k = 10^-4 à 10^-3 m/s
Ces matériaux, après traitement (criblage et lavage si nécessaire), pourront être utilisés
pour constituer les filtres et drains du barrage.
c) Matériaux pour la protection des talus
Les enrochements provenant de la carrière située à 15 km au nord-est ont été évalués
pour la protection du talus amont contre l'action des vagues :
• Caractéristiques physiques :
• Nature : calcaire compact
• Masse volumique : 2,6 t/m³
• Résistance à la compression : 60 MPa
• Absorption d'eau : < 2%
Ces enrochements présentent des caractéristiques satisfaisantes pour la protection du
parement amont.
4.4.2. Critères de sélection
Les critères de sélection des matériaux pour les différentes parties du barrage ont été
établis conformément aux recommandations internationales et adaptés aux conditions
spécifiques du projet :
a) Remblai homogène
• Teneur en matières organiques < 3%
• Indice de plasticité : 10% < IP < 30%
• Perméabilité après compactage : k < 10^-7 m/s
• Teneur en éléments solubles < 2%
• Absence de gypse et autres minéraux solubles
b) Filtres et drains
• Granulométrie respectant les critères de filtre par rapport au matériau du remblai
• Perméabilité : k > 10^-4 m/s
• Teneur en fines (< 80 μm) < 5%
• Coefficient d'uniformité : Cu > 4
c) Protection en enrochement
• Résistance à la compression > 50 MPa
• Absorption d'eau < 3%
• Résistance aux cycles gel-dégel
• Dimension des blocs adaptée à la hauteur des vagues
4.4.3. Zones d'emprunt
Les zones d'emprunt identifiées pour les différents matériaux ont fait l'objet d'une
évaluation détaillée pour confirmer la disponibilité des volumes nécessaires et planifier
leur exploitation :
a) Zone d'emprunt A (matériaux argileux)
• Localisation : 6 km à l'ouest du site
• Surface exploitable : 12 hectares
• Épaisseur moyenne des dépôts : 5 m
• Volume total disponible : environ 500 000 m³
• Volume nécessaire pour le barrage : 350 000 m³
b) Zone d'emprunt B (matériaux granulaires)
• Localisation : 3 km au sud du site
• Surface exploitable : 15 hectares
• Épaisseur moyenne des dépôts : 6 m
• Volume total disponible : environ 800 000 m³
• Volume nécessaire pour les filtres et drains : 50 000 m³
c) Carrière d'enrochement
• Localisation : 15 km au nord-est du site
• Réserves exploitables : importantes
• Volume nécessaire pour la protection des talus : 15 000 m³
Les volumes disponibles dans les zones d'emprunt sont largement suffisants pour les
besoins du projet, avec une marge de sécurité confortable.
4.5. Rendement topographique et économique
4.5.1. Rendement topographique
Le rendement topographique d'un barrage est défini comme le rapport entre le volume
d'eau stocké et le volume de matériaux nécessaire à la construction de l'ouvrage. Il
constitue un indicateur important de l'efficacité de l'aménagement.
Pour le barrage d'Afanour, les volumes calculés sont les suivants : - Volume total de la
retenue à la cote normale : 3 239 000 m³ - Volume total du remblai (y compris filtres et
drains) : 400 000 m³
Le rendement topographique est donc de 3 239 000 / 400 000 = 8,1, ce qui est considéré
comme très satisfaisant pour un barrage de cette taille. Cette valeur élevée s'explique
par la morphologie favorable de la vallée, qui s'élargit significativement en amont du
site d'implantation.
4.5.2. Rendement économique
Le rendement économique du projet a été évalué en comparant les bénéfices attendus
de l'irrigation avec les coûts de construction et d'exploitation du barrage.
a) Estimation des coûts
Les coûts du projet ont été estimés sur la base de projets similaires récemment réalisés
au Maroc, actualisés aux conditions économiques actuelles :
• Coûts de construction :
• Travaux préparatoires : 2 000 000 MAD
• Remblai et ouvrages annexes : 15 000 000 MAD
• Équipements hydromécaniques : 3 000 000 MAD
• Aménagements complémentaires : 2 000 000 MAD
• Total construction : 22 000 000 MAD
• Coûts d'exploitation et maintenance :
• Coûts annuels : 500 000 MAD/an
b) Estimation des bénéfices
Les bénéfices du projet proviennent principalement de l'augmentation de la production
agricole grâce à une irrigation plus fiable et plus abondante :
• Surface irriguée : 100 hectares
• Valeur ajoutée supplémentaire par hectare : 30 000 MAD/ha/an
• Bénéfice agricole annuel total : 3 000 000 MAD/an
À ces bénéfices directs s'ajoutent des bénéfices indirects plus difficiles à quantifier : -
Recharge de la nappe phréatique - Réduction des risques d'inondation - Création
d'emplois locaux - Développement d'activités touristiques autour de la retenue
c) Analyse économique
L'analyse économique du projet, basée sur une durée de vie de 50 ans et un taux
d'actualisation de 5%, donne les résultats suivants : - Valeur Actualisée Nette (VAN) : 18
000 000 MAD - Taux de Rentabilité Interne (TRI) : 12% - Ratio Bénéfices/Coûts : 1,6 - Délai
de récupération actualisé : 12 ans
Ces indicateurs confirment la viabilité économique du projet, avec une rentabilité
supérieure au taux d'actualisation et un ratio bénéfices/coûts nettement supérieur à 1.
La figure 4.1 présente l'évolution des coûts et bénéfices cumulés actualisés sur la durée
de vie du projet, illustrant le délai de récupération et la création de valeur à long terme.
3. ÉTUDE DU SITE DE CONSTRUCTION
3.1. Localisation géographique
Le futur barrage d'Afanour sera situé dans l'oasis de Toudgha, une région rattachée
administrativement à la province de Tinghir, dans le sud-est du Maroc. Cette province,
qui couvre une superficie de 13 007 km², comptait en 2014 une population de 322 412
habitants répartis entre les zones urbaines et rurales (source : Haut-Commissariat au
Plan).
La région fait partie du bassin hydrographique du Rheris, est traversée par l'oued
Toudgha et se trouve en aval du Haut Atlas central, avec pour limite méridionale l'Anti-
Atlas oriental. Cette position géographique particulière, entre deux chaînes
montagneuses, confère à la région des caractéristiques hydrologiques et
géomorphologiques spécifiques qui influencent directement la conception et le
dimensionnement du barrage projeté.
Localisation précise du barrage
Le barrage sera édifié sur l'oued Afanour, un affluent de l'oued Toudgha. Sa mission
principale sera de réguler les débits de l'oued pour approvisionner en eau la palmeraie
d'Afanour, située le long de ce cours d'eau. Le site d'implantation a été choisi après une
analyse approfondie des conditions topographiques, géologiques et hydrologiques
locales.
Les coordonnées géographiques précises du site sont les suivantes : - Système Lambert :
X = 490 234 ; Y = 109 384 - GPS : 31°34'37.2"N ; 5°30'01.3"W
Cette localisation présente plusieurs avantages stratégiques : - Une vallée relativement
étroite permettant de limiter la longueur de la crête du barrage - Un élargissement de la
vallée en amont offrant une capacité de stockage importante - Une accessibilité
relativement bonne pour l'acheminement des matériaux et équipements - Une
proximité avec les zones agricoles à irriguer, limitant les pertes en eau durant le
transport
La figure 3.1 présente une carte de localisation du site du barrage dans son contexte
régional, montrant sa position par rapport aux principales agglomérations, aux réseaux
hydrographiques et aux infrastructures existantes.
3.2. Analyse géologique et géotechnique
3.2.1 Contexte géologique
L'aire d'étude se situe dans le bassin crétacé d'Errachidia-Boudnib. Géographiquement,
elle appartient au sillon panafricain, délimité au nord par le flanc sud du Haut Atlas
central et au sud par la boutonnière de Saghro, faisant partie de l'Anti-Atlas oriental.
Cette position géologique particulière confère au site des caractéristiques structurales et
lithologiques qui ont une influence directe sur la conception et la sécurité du barrage
projeté. La compréhension approfondie du contexte géologique régional est essentielle
pour anticiper les comportements mécaniques et hydrauliques des formations qui
serviront de fondation à l'ouvrage.
3.2.2 Lithostratigraphie
L'analyse lithostratigraphique de la région révèle une succession complexe de
formations géologiques, témoignant d'une histoire géologique riche et variée. Les
principales unités identifiées sont les suivantes :
a) Formations précambriennes
Le socle géologique est constitué des terrains précambriens de la boutonnière de
Saghro, visibles au sud de Tinghir. Ces formations résultent de l'orogenèse panafricaine
et se composent essentiellement de : - Roches métamorphiques schisteuses,
appartenant au groupe de Saghro - Formations volcano-métamorphiques du groupe de
Ouarzazate datant du Néoprotérozoïque terminal
Ces formations anciennes n'affleurent pas directement au niveau du site du barrage,
mais leur présence en profondeur influence la structure tectonique régionale.
b) Formations paléozoïques
Les dépôts paléozoïques reposent en discordance sur le substratum précambrien et
apparaissent principalement sur les flancs nord de la boutonnière de Saghro. Ils
couvrent une large période allant du Cambrien au Carbonifère et comprennent : - Des
grès et quartzites du Cambrien inférieur - Des calcaires et dolomies de l'Ordovicien - Des
schistes et grès du Silurien et du Dévonien - Des formations détritiques du Carbonifère
Comme les formations précambriennes, ces terrains paléozoïques ne sont pas
directement concernés par le site du barrage, mais contribuent à la compréhension de
l'évolution géologique régionale.
c) Formations mésozoïques
Les formations mésozoïques sont particulièrement importantes pour le projet, car elles
constituent l'essentiel du substratum sur lequel sera fondé le barrage.
Trias : Les formations triasiques apparaissent sous forme d'affleurements au sein des
structures anticlinales à cœur magmatique (Studer, 1980 ; Fadile, 1987 ; Laville, 1992).
Elles se divisent en deux ensembles (Piqué et Laville, 1993) : - Une série inférieure
constituée de silts gréseux rougeâtres datant du Carnien - Une série supérieure formée
de silts et d'évaporites du Trias supérieur-Lias basal, surmontée de dolérites et de
basaltes tholéiitiques (Ikiss et al., 2019)
D'après la carte géologique du Maroc (feuille de Tinghir 1/100 000), ces formations
affleurent principalement au sud de Tinghir, sous forme d'argiles avec ou sans gypse et/
ou sel.
Jurassique : Cette période débute avec des carbonates massifs dolomitiques du Lias
inférieur, suivis par des calcaires lités du Lias moyen, caractérisant un environnement de
plate-forme carbonatée relativement stable (Du Dresnay, 1979). - Au Toarcien, des
marnes gréseuses viennent s'intercaler dans la séquence - Le Bajocien voit l'alternance
de marnes et calcaires organo-détritiques, évoluant ensuite vers des faciès récifaux au
Bajocien supérieur - Le Bathonien-Callovien est marqué par une série épaisse de silts et
de grès rouges, témoignant d'une phase d'émersion partielle du Haut Atlas central
(Jenny et al., 1981 ; Ikiss et al., 2019)
Crétacé : Présent sur les marges nord et sud du Haut Atlas ainsi que dans les bassins
d'avant-pays (Errachidia-Boudnib), le Crétacé se caractérise par : - Une succession
marneuse avec intercalations de gypse et de calcaires - Des grès conglomératiques
surmontés de dolomies (Benzaquen, 1963 ; Rolly, 1978 ; Monbaron, 1985) - Une
transgression majeure au Crétacé supérieur, mettant en place la barre calcaire du
Cénomano-Turonien, qui repose sur l'épaisse série calcaréo-dolomitique du Lias et du
Bajocien (Ikiss et al., 2019)
d) Formations cénozoïques et quaternaires
Les formations cénozoïques sont représentées par des dépôts continentaux du
Paléogène et du Néogène, principalement des conglomérats, des grès et des argiles. Les
dépôts quaternaires, particulièrement importants pour le projet, comprennent : - Des
alluvions anciennes formant des terrasses étagées - Des alluvions récentes dans le lit
majeur de l'oued Afanour - Des dépôts de pente sur les versants - Des encroûtements
calcaires localisés
3.2.3 Géologie de la retenue
La zone d'implantation du barrage étudié se situe sur le flanc sud du Haut Atlas central.
Elle s'inscrit géographiquement dans le domaine de l'Anti-Atlas, plus précisément dans
le sillon préafricain qui sépare le Haut Atlas de l'Anti-Atlas.
Les formations géologiques affleurant dans la zone d'étude sont principalement
constituées de calcaires et d'alluvions d'âge quaternaire. L'ensemble des formations
observées s'étend chronologiquement du Jurassique inférieur jusqu'au Quaternaire,
traduisant une grande diversité lithologique et une longue histoire géologique du site.
Une analyse détaillée des affleurements dans la zone de retenue a permis d'identifier les
principales unités suivantes, de la base au sommet :
1. Calcaires dolomitiques du Lias inférieur : Ces formations constituent le
soubassement rocheux de la zone de retenue. Elles présentent une bonne
résistance mécanique mais peuvent être affectées par des phénomènes de
karstification localisés.
2. Calcaires lités du Lias moyen : Ces calcaires, plus finement stratifiés que les
précédents, affleurent principalement sur les versants de la vallée. Ils présentent
une perméabilité de fissure modérée.
3. Marnes et calcaires marneux du Toarcien : Ces formations, moins perméables
que les calcaires sous-jacents, apparaissent de façon discontinue dans la zone de
retenue.
4. Alluvions anciennes quaternaires : Ces dépôts forment des terrasses étagées sur
les flancs de la vallée. Ils sont constitués de galets, graviers et sables dans une
matrice limono-argileuse.
5. Alluvions récentes : Ces dépôts occupent le fond de la vallée et le lit majeur de
l'oued Afanour. Ils sont composés de matériaux grossiers (galets, graviers) dans les
zones à forte énergie et de matériaux plus fins (sables, limons) dans les zones à
écoulement plus lent.
La figure 3.2 présente une carte géologique détaillée de la zone de retenue, montrant la
répartition spatiale des différentes formations.
3.2.4 Caractéristiques géotechniques
D'après l'analyse de la carte géologique de la région, une coupe géologique a été
réalisée suivant l'axe du site prévu pour la construction du barrage. Cette coupe permet
de visualiser la succession des formations géologiques présentes en profondeur le long
de l'axe principal de l'ouvrage. Elle offre une représentation détaillée de la structure du
sous-sol, des types de roches affleurantes, ainsi que des discontinuités géologiques
éventuelles telles que les failles, les zones de chevauchement ou les formations
perméables et imperméables.
Les investigations géotechniques réalisées sur le site (sondages, essais in situ et en
laboratoire) ont permis de caractériser les différentes formations qui serviront de
fondation au barrage. Les principaux résultats sont les suivants :
a) Caractéristiques des alluvions récentes
Les alluvions récentes qui occupent le lit de l'oued présentent les caractéristiques
suivantes : - Épaisseur variable de 3 à 8 mètres - Granulométrie hétérogène (galets,
graviers, sables, limons) - Perméabilité élevée : k = 10^-3 à 10^-4 m/s - Angle de
frottement interne : φ = 32 à 35° - Cohésion : c = 0 à 5 kPa - Poids volumique : γ = 19 à 20
kN/m³
Ces alluvions devront être entièrement excavées sous l'emprise du noyau du barrage
pour atteindre le substratum rocheux.
b) Caractéristiques des calcaires
Les calcaires du Lias qui constituent le substratum rocheux présentent les
caractéristiques suivantes : - Résistance à la compression simple : Rc = 40 à 60 MPa -
Module de déformation : E = 5 000 à 10 000 MPa - Perméabilité de fissure : k = 10^-5 à
10^-6 m/s - Densité apparente : 2,5 à 2,7
Ces calcaires présentent un réseau de fracturation modéré, avec deux familles
principales de discontinuités orientées N30°E et N120°E. Quelques zones karstifiées ont
été identifiées, nécessitant un traitement spécifique (injections).
c) Caractéristiques des matériaux d'emprunt
Plusieurs zones d'emprunt ont été identifiées à proximité du site pour la construction du
barrage :
Zone d'emprunt A (matériaux fins pour le noyau) : - Situation : 6 km à l'ouest du site -
Nature : dépôts argilo-limoneux - Volume disponible : environ 500 000 m³ - Limite de
liquidité : wL = 35 à 45% - Indice de plasticité : IP = 15 à 25% - Optimum Proctor : wopt =
16%, γd = 17,5 kN/m³ - Classification USCS : CL à CH (argiles de faible à forte plasticité)
Zone d'emprunt B (matériaux granulaires pour les recharges) : - Situation : 3 km au sud
du site - Nature : alluvions anciennes (terrasses) - Volume disponible : environ 800 000
m³ - Granulométrie : 0-200 mm - Angle de frottement interne : φ = 35 à 38° - Optimum
Proctor : wopt = 8%, γd = 21 kN/m³ - Classification USCS : GW-GM (graves bien graduées
avec fines)
La figure 3.3 présente la coupe géologique le long de l'axe du barrage, montrant la
succession des différentes formations et leurs caractéristiques principales.
3.3. Conditions hydrologiques et climatiques
3.3.1 Climat
Le climat de la région de Tinghir est de type semi-continental aride, caractérisé par des
étés chauds et secs et des hivers froids et relativement humides. Cette aridité est
accentuée par la position géographique de la région, située dans l'ombre
pluviométrique du Haut Atlas qui intercepte une grande partie des précipitations venant
du nord-ouest.
Les principales caractéristiques climatiques de la région sont les suivantes : -
Pluviométrie annuelle faible (environ 168 mm) - Forte variabilité interannuelle des
précipitations - Températures contrastées entre l'été et l'hiver - Évaporation potentielle
élevée - Ensoleillement important (plus de 3000 heures par an)
Ces conditions climatiques ont une influence directe sur le régime hydrologique des
cours d'eau, la conception du barrage et la gestion future de la ressource en eau.
3.3.2 Pluviométrie
La région est caractérisée par une pluviométrie faible et irrégulière, tant dans sa
répartition spatiale que temporelle. L'analyse des données pluviométriques de la station
d'Ait Boujjane, la plus proche du site du projet, permet de dégager les caractéristiques
suivantes :
• Précipitations moyennes mensuelles : Les précipitations varient entre 3 mm en
juin (mois le plus sec) et 29 mm en novembre (mois le plus humide). La période
entre septembre et avril est caractérisée par des précipitations relativement plus
importantes, puisqu'elle enregistre plus de 85% des totaux annuels.
• Précipitations annuelles : Sur la période 1982-2017, la pluviométrie annuelle
moyenne est de 168 mm, avec une forte variabilité interannuelle. Les années les
plus sèches ont enregistré moins de 100 mm (2001, 2005), tandis que les années les
plus humides ont dépassé 250 mm (1989, 2009).
• Intensité des précipitations : Les précipitations se présentent souvent sous forme
d'averses intenses et de courte durée, particulièrement en automne, pouvant
générer des crues soudaines et violentes.
La figure 3.4 présente l'évolution mensuelle de la pluviométrie à Tinghir, montrant la
répartition saisonnière des précipitations.
La figure 3.5 illustre le cumul des précipitations annuelles entre les années 1982 et 2017
enregistré sur la station Ait Boujjane (ABHGZG, 2020), mettant en évidence la forte
variabilité interannuelle.
3.3.3 Température
Les températures dans la région de Tinghir sont caractérisées par de forts contrastes
saisonniers et journaliers, typiques des climats semi-arides continentaux. L'analyse des
données de température permet de dégager les caractéristiques suivantes :
• Températures moyennes mensuelles : Les températures moyennes annuelles
varient entre 7,1°C en janvier et 27,7°C en juillet. Juillet est le mois le plus chaud de
l'année, avec une température moyenne de 27,7°C, tandis que janvier est le mois le
plus froid, avec une température moyenne de 7,1°C.
• Températures extrêmes : Les températures maximales moyennes mensuelles
sont élevées et varient entre 14,5°C en janvier et 37,8°C en juillet. Les températures
minimales moyennes varient entre -0,3°C en janvier et 17,9°C en juillet. Des gelées
peuvent survenir entre décembre et février.
• Amplitude thermique : L'amplitude thermique journalière est importante,
pouvant atteindre 20°C, particulièrement pendant les mois d'été.
La figure 3.6 présente l'évolution mensuelle des températures moyennes, maximales et
minimales à Tinghir.
3.3.4 Évaporation
L'évaporation constitue un paramètre crucial pour la gestion de la future retenue, car
elle représente une perte significative d'eau, particulièrement dans cette région aride.
Les données d'évaporation mesurées à la station météorologique de Tinghir montrent
les caractéristiques suivantes :
• Évaporation potentielle annuelle : L'évaporation potentielle annuelle est estimée
à environ 2500 mm, soit près de 15 fois la pluviométrie annuelle moyenne.
• Évaporation mensuelle : Les valeurs mensuelles d'évaporation varient fortement
au cours de l'année, avec un minimum en décembre-janvier (environ 100 mm/
mois) et un maximum en juillet-août (environ 350 mm/mois).
• Facteurs influençant l'évaporation : L'évaporation est particulièrement
influencée par la température, l'ensoleillement, le vent et l'humidité relative de
l'air. Dans la région de Tinghir, la combinaison de températures élevées, d'un fort
ensoleillement et d'une faible humidité relative conduit à des taux d'évaporation
très élevés, particulièrement en été.
La figure 3.7 présente l'évolution mensuelle de l'évaporation potentielle à Tinghir,
montrant la forte variation saisonnière.
3.4. Études hydrologiques
3.4.1 Caractéristiques du bassin versant
Le bassin versant de l'oued Afanour, sur lequel sera implanté le barrage, a fait l'objet
d'une analyse détaillée à l'aide des systèmes d'information géographique (SIG),
notamment le logiciel ArcGIS. Cette analyse a permis de déterminer les caractéristiques
morphométriques, morphologiques et topographiques du bassin, essentielles pour
l'estimation des apports en eau et des crues.
Les principales caractéristiques du bassin versant sont les suivantes :
• Superficie : 7 km²
• Périmètre : 11,9 km
• Altitude maximale : 2300 m
• Altitude minimale : 1400 m
• Altitude moyenne : 1850 m
• Longueur du cours d'eau principal : 4,2 km
• Pente moyenne du cours d'eau principal : 5,2%
• Indice de compacité de Gravelius : Kc = 1,27 (forme légèrement allongée)
• Densité de drainage : 1,8 km/km²
• Temps de concentration (formule de Giandotti) : 1,2 heures
L'analyse hypsométrique du bassin versant indique un sous-bassin en équilibre
hydrologique caractérisé par un ruissellement relativement lent. La figure 3.8 présente
la carte du bassin versant de l'oued Afanour, montrant ses limites, le réseau
hydrographique et les courbes de niveau.
3.4.2 Analyse des débits
En l'absence de station hydrométrique sur l'oued Afanour, l'estimation des débits a été
réalisée à partir des données pluviométriques et des caractéristiques du bassin versant,
en utilisant différentes méthodes hydrologiques adaptées au contexte local.
a) Apports moyens annuels
Les apports moyens annuels ont été estimés à l'aide de la formule empirique de
Coutagne, adaptée aux bassins versants semi-arides du Maroc :
Q = C × P × S × (1 - e^(-αP))
Où : - Q est l'apport moyen annuel en m³ - C est un coefficient régional (0,30 pour la
région de Tinghir) - P est la pluviométrie moyenne annuelle en m (0,168 m) - S est la
superficie du bassin versant en m² (7 × 10^6 m²) - α est un paramètre lié à
l'évapotranspiration (3,5 pour la région)
L'application de cette formule donne un apport moyen annuel de 0,25 × 10^6 m³, soit
environ 250 000 m³.
Cette valeur a été vérifiée par la méthode du bilan hydrologique, qui prend en compte la
pluviométrie, l'évapotranspiration réelle et le coefficient de ruissellement estimé à 0,25
pour ce bassin versant. Les résultats obtenus par cette méthode (270 000 m³) sont
cohérents avec l'estimation précédente.
b) Variabilité des apports
L'analyse statistique des données pluviométriques sur la période 1982-2017 a permis
d'estimer la variabilité des apports annuels :
• Année humide (fréquence décennale) : 400 000 m³
• Année moyenne : 260 000 m³
• Année sèche (fréquence décennale) : 150 000 m³
Cette forte variabilité interannuelle des apports souligne l'importance du stockage
pluriannuel pour une gestion efficace de la ressource en eau.
c) Répartition mensuelle des apports
La répartition mensuelle des apports suit globalement celle des précipitations, avec une
concentration sur la période automne-hiver-printemps. Les mois de septembre à avril
représentent environ 85% des apports annuels, avec des pics en novembre et mars. Les
mois d'été (juin à août) sont caractérisés par des apports très faibles, voire nuls
certaines années.
La figure 3.9 présente la répartition mensuelle moyenne des apports en eau à l'exutoire
du bassin versant d'Afanour.
3.4.3 Estimation des crues de projet
L'estimation des crues de projet est essentielle pour le dimensionnement des ouvrages
hydrauliques du barrage, notamment l'évacuateur de crues. En l'absence de données
hydrométriques directes sur l'oued Afanour, plusieurs méthodes ont été utilisées et
comparées pour déterminer les débits de pointe des crues de différentes périodes de
retour.
a) Méthode rationnelle
La méthode rationnelle, adaptée aux petits bassins versants, a été appliquée avec la
formule suivante :
Q = C × i × A / 3,6
Où : - Q est le débit de pointe en m³/s - C est le coefficient de ruissellement (estimé à 0,35
pour les crues) - i est l'intensité de la pluie en mm/h pour une durée égale au temps de
concentration - A est la superficie du bassin versant en km²
Les intensités de pluie pour différentes périodes de retour ont été déterminées à partir
des courbes Intensité-Durée-Fréquence (IDF) établies pour la région, en considérant une
durée égale au temps de concentration du bassin (1,2 heures).
b) Méthode de Gradex
La méthode du Gradex, particulièrement adaptée aux régions où les données
hydrométriques sont rares, a également été appliquée. Cette méthode s'appuie sur
l'analyse statistique des précipitations journalières maximales annuelles et sur
l'hypothèse que, au-delà d'un certain seuil de saturation du bassin, tout accroissement
de la pluie se traduit par un accroissement équivalent du ruissellement.
c) Formules empiriques régionales
Des formules empiriques développées spécifiquement pour les bassins versants du Sud-
Est marocain ont été utilisées pour vérifier les résultats obtenus par les méthodes
précédentes.
d) Résultats
La synthèse des différentes méthodes a permis d'estimer les débits de pointe des crues
pour différentes périodes de retour :
• Crue décennale (Q10) : 15 m³/s
• Crue cinquantennale (Q50) : 25 m³/s
• Crue centennale (Q100) : 30 m³/s
• Crue millénale (Q1000) : 45 m³/s
• Crue de projet (sécurité) : 50 m³/s
La crue de projet retenue pour le dimensionnement de l'évacuateur de crues correspond
à la crue millénale majorée d'une marge de sécurité, soit 50 m³/s.
Les hydrogrammes de crue pour différentes périodes de retour ont également été
établis, permettant de déterminer les volumes de crue et d'optimiser le
dimensionnement de l'évacuateur. La figure 3.10 présente ces hydrogrammes.
3.5. Volume de retenue du barrage
3.5.1 Courbe hauteur-surface-volume
La courbe hauteur-surface-volume est un outil fondamental pour la conception et
l'exploitation d'un barrage. Elle établit la relation entre la hauteur d'eau dans la retenue,
la surface du plan d'eau et le volume stocké. Cette courbe a été établie à partir du
modèle numérique de terrain (MNT) de la zone de retenue, en calculant pour différentes
cotes la surface du plan d'eau et le volume correspondant.
Le tableau 3.1 présente les valeurs caractéristiques de la courbe hauteur-surface-volume
pour le site d'Afanour.
Tableau 3.1 : Relation hauteur-surface-volume de la retenue d'Afanour
Hauteur (m) Surface (ha) Volume (10³ m³) Volume cumulé (10³ m³)
0 0 0 0
2 3,2 32 32
4 7,5 107 139
6 12,8 203 342
8 19,6 324 666
10 28,4 480 1 146
12 38,7 671 1 817
14 50,2 889 2 706
15 56,4 533 3 239
La figure 3.11 présente la courbe hauteur-surface-volume de la retenue d'Afanour.
3.5.2 Estimation du volume utile
Le volume utile de la retenue correspond au volume d'eau effectivement disponible
pour satisfaire les besoins en eau, entre le niveau minimal d'exploitation et le niveau
normal de retenue. Son estimation prend en compte les contraintes d'exploitation et les
pertes diverses.
a) Besoins en eau
Les besoins en eau d'irrigation de l'oasis d'Afanour ont été estimés à partir des données
suivantes : - Superficie irrigable : 100 hectares - Cultures principales : palmiers dattiers,
oliviers, cultures maraîchères, fourragères - Besoins en eau spécifiques : 8 000 m³/ha/an
en moyenne - Besoins totaux annuels : 800 000 m³
La répartition mensuelle des besoins en eau d'irrigation présente un pic durant la
période estivale (mai à septembre), lorsque les apports naturels sont les plus faibles,
justifiant ainsi la nécessité d'un stockage saisonnier.
b) Pertes par évaporation
Les pertes par évaporation ont été estimées en multipliant l'évaporation mensuelle par
la surface moyenne du plan d'eau pour chaque mois. Pour une retenue à la cote normale
(15 m), avec une surface de 56,4 ha, les pertes annuelles par évaporation sont estimées à
environ 1 400 000 m³, soit une lame d'eau de 2,5 m.
c) Pertes par infiltration
Les pertes par infiltration à travers la fondation et les rives de la retenue ont été estimées
à partir des caractéristiques géologiques du site et des essais de perméabilité réalisés.
Pour une retenue à la cote normale, ces pertes sont évaluées à environ 200 000 m³/an.
d) Volume de la tranche morte
La tranche morte correspond au volume d'eau situé sous le niveau minimal
d'exploitation. Elle est destinée à accumuler les sédiments et à maintenir une charge
minimale sur les ouvrages de vidange. Pour le barrage d'Afanour, le volume de la tranche
morte a été fixé à 300 000 m³, correspondant à une hauteur de 4 m au-dessus du fond de
la retenue.
e) Volume utile
Compte tenu des apports moyens annuels (260 000 m³), des besoins en eau (800 000
m³), des pertes par évaporation et infiltration, et de la forte variabilité interannuelle des
apports, un volume utile de 2 900 000 m³ a été retenu. Ce volume correspond à la
capacité entre les cotes 4 m (niveau minimal d'exploitation) et 15 m (niveau normal de
retenue).
Ce volume permettra de satisfaire les besoins en eau d'irrigation avec un taux de
satisfaction de 85% en année moyenne et de constituer une réserve pour les années
sèches.
3.5.3 Prise en compte de l'envasement
L'envasement constitue un phénomène inéluctable qui réduit progressivement la
capacité utile des retenues. Son estimation est essentielle pour évaluer la durée de vie
du barrage et prévoir les mesures de gestion appropriées.
a) Estimation de l'apport solide
L'apport solide annuel a été estimé à partir de mesures réalisées sur des bassins versants
similaires dans la région et de formules empiriques adaptées au contexte local. Pour le
bassin versant d'Afanour, caractérisé par un couvert végétal clairsemé et des pentes
modérées, l'apport solide spécifique est estimé à 500 t/km²/an.
Pour une superficie de 7 km², l'apport solide annuel est donc de 3 500 tonnes. En
considérant une densité moyenne des sédiments déposés de 1,3 t/m³, le volume annuel
de sédiments est estimé à environ 2 700 m³.
b) Évolution de l'envasement
Sur la base de l'apport solide annuel estimé, l'évolution prévisible de l'envasement de la
retenue a été calculée : - Après 10 ans : 27 000 m³ (0,8% de la capacité totale) - Après 50
ans : 135 000 m³ (4,2% de la capacité totale) - Après 100 ans : 270 000 m³ (8,3% de la
capacité totale)
Ces valeurs relativement faibles s'expliquent par la taille modeste du bassin versant et sa
couverture végétale partielle. Néanmoins, des mesures de lutte contre l'érosion dans le
bassin versant sont recommandées pour limiter l'apport solide et prolonger la durée de
vie utile du barrage.
c) Gestion des sédiments
Plusieurs mesures sont envisagées pour gérer l'envasement de la retenue : -
Aménagements anti-érosifs dans le bassin versant (reboisement, correction torrentielle)
- Chasses périodiques lors des crues pour évacuer une partie des sédiments - Curage
mécanique si nécessaire à long terme
La figure 3.12 présente l'évolution prévisible de l'envasement de la retenue sur une
période de 100 ans.
2. GÉNÉRALITÉS SUR LES BARRAGES
2.1. Types de barrages
Les barrages sont parmi les constructions humaines les plus importantes, tant par leurs
dimensions parfois exceptionnelles que par leur utilité sociale et économique. Ils sont
indispensables à l'alimentation en eau et à l'irrigation, et contribuent de façon
significative à la production d'énergie, à la protection contre les inondations et les crues,
ainsi qu'à la navigation et au développement touristique (Le Delliou, 2007).
Un barrage est défini comme un "ouvrage artificiel coupant le lit d'un cours d'eau et
servant soit à en assurer la régulation, soit à pourvoir à l'alimentation en eau des villes
ou à l'irrigation des cultures, ou bien à produire de l'énergie" (Christian, 2007). La
conception de chaque barrage est unique et dépend de nombreux critères
topographiques, géologiques, géotechniques et hydrologiques spécifiques au site
d'implantation. Ces différentes conceptions s'articulent autour de trois fondements
principaux : les critères techniques, les critères économiques et les critères sécuritaires.
On distingue deux grandes catégories de barrages selon les matériaux utilisés pour leur
construction : - Les barrages en béton ou en maçonnerie - Les barrages en remblai (ou
digues)
2.1.1. Barrages en béton
Les barrages en béton sont généralement érigés sur des fondations rocheuses, dans des
vallées de largeur modérée à importante et présentant un module de déformation élevé.
Ils se divisent principalement en trois catégories :
a) Barrages-poids
Les barrages-poids résistent à la poussée de l'eau par leur propre poids. Leur profil est
généralement triangulaire, avec une face amont verticale ou légèrement inclinée et une
face aval à pente prononcée. Ils peuvent être construits en béton conventionnel vibré
(BCV) ou en béton compacté au rouleau (BCR), cette dernière technique permettant une
mise en œuvre plus rapide et économique. Les barrages-poids conviennent
particulièrement aux vallées larges avec des fondations rocheuses de bonne qualité.
b) Barrages voûtes
Les barrages voûtes sont des structures courbes, convexes vers l'amont, qui
transmettent la poussée de l'eau aux rives par effet d'arc. Leur épaisseur est nettement
plus faible que celle des barrages-poids, ce qui permet une économie significative de
béton. Cependant, ils nécessitent des conditions géologiques très favorables, avec des
appuis rocheux résistants et peu déformables. Les barrages voûtes sont
particulièrement adaptés aux vallées étroites en forme de V ou de U.
c) Barrages à contreforts
Les barrages à contreforts sont constitués d'une dalle inclinée supportée par des
contreforts régulièrement espacés. Cette conception permet de réduire le volume de
béton par rapport à un barrage-poids, mais nécessite une mise en œuvre plus complexe.
Les contreforts transmettent les efforts à la fondation. Ce type de barrage est adapté aux
vallées larges avec des fondations de bonne qualité.
Les barrages mobiles constituent une catégorie particulière de barrages-poids,
construits dans les parties aval des rivières où les formes aplaties des lits majeurs et
l'importance des crues imposent la présence de vannes de très grandes dimensions et
des dispositions spécifiques pour lutter contre les affouillements (Le Delliou, 2008).
2.1.2. Barrages en remblai
Les barrages en remblai, également appelés digues, sont construits avec des matériaux
granulaires meubles généralement trouvés à proximité du site de construction. Ils
représentent environ 75% des grands barrages dans le monde, principalement en raison
de leur adaptabilité à diverses conditions de fondation et de la disponibilité fréquente
des matériaux nécessaires à leur construction. On distingue deux principales catégories
de barrages en remblai :
a) Barrages en terre
Les barrages en terre sont construits avec des matériaux du sol naturel prélevés à
proximité du site. Selon leur conception, on distingue :
• Barrages homogènes : constitués d'un seul type de matériau, généralement peu
perméable (argile, limon). Ils sont équipés d'un système de drainage interne pour
contrôler les infiltrations.
• Barrages zonés : comportant un noyau central étanche (argile, limon) et des
recharges extérieures plus perméables (sable, gravier, enrochement). Cette
conception permet d'optimiser l'utilisation des matériaux disponibles et
d'améliorer la stabilité de l'ouvrage.
• Barrages à masque amont : constitués d'un remblai perméable protégé côté
amont par un masque étanche (béton, béton bitumineux, géomembrane).
b) Barrages en enrochement
Les barrages en enrochement sont construits principalement avec des blocs rocheux
provenant de carrières. L'étanchéité est assurée soit par un noyau central imperméable,
soit par un masque amont. Ces barrages présentent une excellente stabilité et peuvent
être construits sur des fondations de qualité moyenne. Ils sont particulièrement adaptés
aux sites où des matériaux rocheux sont disponibles en grande quantité.
2.2. Matériaux de construction
Le choix des matériaux de construction est un aspect fondamental dans la conception
d'un barrage. On distingue deux types fondamentaux de matériaux, correspondant aux
deux grandes catégories de barrages :
a) Matériaux pour barrages rigides
• Béton conventionnel vibré (BCV) : utilisé traditionnellement pour les barrages-
poids, les barrages voûtes et les barrages à contreforts. Sa mise en œuvre nécessite
un coffrage, une vibration et un contrôle rigoureux de la température pour éviter la
fissuration due au retrait thermique.
• Béton compacté au rouleau (BCR) : technique plus récente permettant une mise
en œuvre plus rapide et économique. Le BCR est un béton sec, mis en place par
couches successives compactées au rouleau, comme pour les remblais.
• Maçonnerie : utilisée historiquement pour la construction de barrages, mais
rarement employée dans les ouvrages modernes.
b) Matériaux pour barrages souples (remblai)
• Sols fins : argiles et limons, utilisés pour leur imperméabilité dans les noyaux
étanches ou les barrages homogènes.
• Sols grossiers : sables et graviers, utilisés pour leur perméabilité et leur résistance
mécanique dans les recharges et les systèmes de drainage.
• Enrochements : blocs rocheux de différentes tailles, utilisés pour leur grande
résistance mécanique et leur stabilité.
• Matériaux de transition et filtres : matériaux granulaires spécifiquement gradués
pour empêcher la migration des particules fines tout en permettant l'écoulement
de l'eau.
• Matériaux d'étanchéité artificielle : béton, béton bitumineux, géomembranes,
utilisés pour les masques amont ou les parois d'étanchéité.
La qualité et les caractéristiques de ces matériaux doivent être soigneusement
contrôlées pour garantir la sécurité et la durabilité de l'ouvrage.
2.3. Critères de choix du type de barrage
Le choix du type de barrage le plus approprié pour un site donné dépend de nombreux
facteurs. Une analyse approfondie de ces facteurs est essentielle pour optimiser la
conception de l'ouvrage en termes de sécurité, de coût et de performance.
2.3.1. Conditions topographiques
La topographie du site, et particulièrement la morphologie de la vallée, joue un rôle
déterminant dans le choix du type de barrage. Les conditions topographiques sont
généralement caractérisées par des levés détaillés qui constituent le support essentiel
du travail du géologue et de l'ingénieur.
L'élancement de la vallée, défini par le rapport entre sa largeur et sa hauteur (λ = Lc/H,
où Lc est la largeur de la vallée et H sa hauteur), est un paramètre clé pour déterminer le
type de barrage le plus adapté :
• Vallées étroites (λ < 3) : favorables aux barrages voûtes
• Vallées moyennement larges (3 < λ < 6) : adaptées aux barrages-poids ou aux
barrages en remblai
• Vallées larges (λ > 6) : généralement plus favorables aux barrages en remblai
L'emplacement idéal et le plus économique est celui d'un site étroit, précédé à l'amont
par un élargissement de la vallée permettant de créer une retenue de volume important,
à condition que les appuis du barrage soient sains.
2.3.2. Conditions géologiques et géotechniques
La constitution même d'une retenue d'eau requiert du massif dans lequel elle est située
des propriétés minimales en matière d'étanchéité naturelle. Par ailleurs, chaque type de
barrage requiert des propriétés mécaniques minimales spécifiques en matière de
déformabilité et de résistance des appuis, lorsque ceux-ci sont soumis aux forces
appliquées directement par le barrage et aux forces internes induites par la percolation
de l'eau au sein de la fondation (Carrière, 1994).
On classe généralement les fondations selon la qualité du rocher, exprimée par son
module de déformation, ce qui oriente a priori le choix du type de barrage :
• Fondations rocheuses de très bonne qualité (E > 20 000 MPa) : adaptées aux
barrages voûtes
• Fondations rocheuses de bonne qualité (5 000 < E < 20 000 MPa) : conviennent
aux barrages-poids
• Fondations rocheuses de qualité moyenne (1 000 < E < 5 000 MPa) : adaptées aux
barrages en BCR ou en remblai
• Fondations meubles ou de faible qualité (E < 1 000 MPa) : généralement
réservées aux barrages en remblai
La présence de discontinuités géologiques (failles, zones de cisaillement, karsts) doit
également être prise en compte, car elle peut nécessiter des traitements spécifiques ou
orienter vers un type de barrage plus tolérant aux déformations.
2.3.3. Disponibilité des matériaux
Le choix du site de barrage nécessite l'utilisation de grandes quantités de matériaux. Le
coût du barrage dépend fortement du prélèvement, du transport et de la mise en place
de ces matériaux. Les zones d'emprunt doivent idéalement être situées à proximité
immédiate du site et fournir des quantités suffisantes de matériaux de qualité adéquate.
La disponibilité sur le site ou à proximité de matériaux utilisables pour la construction a
une incidence prépondérante sur le choix du type de barrage :
• Sols utilisables en remblai : favorisent les barrages en terre
• Enrochements pour remblai ou protection de talus : orientent vers les barrages
en enrochement
• Agrégats à béton (matériaux alluvionnaires ou concassés) : nécessaires pour les
barrages en béton
• Liants (ciment, cendres volantes) : indispensables pour les barrages en béton
Dans la région de Tinghir, les investigations ont identifié plusieurs sources de matériaux :
- Dépôts alluvionnaires de l'oued Todgha (sables et graviers) à moins de 3 km du site -
Carrière de calcaire à 15 km au nord-est pouvant fournir des enrochements de qualité -
Dépôts argileux à 6 km à l'ouest pouvant servir pour un noyau imperméable ou un
barrage homogène - Station de production de béton à Tinghir (25 km) capable de fournir
les liants nécessaires
Cette disponibilité locale de matériaux variés offre une flexibilité considérable pour le
choix du type de barrage dans la région d'Afanour.
2.3.4. Risque sismique
L'étude du comportement dynamique du barrage sous l'effet d'une charge sismique fait
apparaître principalement deux niveaux de séismes à prendre en compte :
• MCE (Maximum Credible Earthquake) : correspondant au séisme maximal qui
peut être envisagé sur un site
• DBE (Design Basis Earthquake) : niveau de séisme pour lequel on souhaite
protéger l'ouvrage de manière que son utilisation ne soit pas compromise
Le séisme de référence est généralement défini par les paramètres macrosismiques
suivants : intensité épicentrale, profondeur focale, distance épicentrale, sismicité induite
par le site.
Dans les zones à forte sismicité, les barrages en remblai présentent généralement un
meilleur comportement que les barrages en béton, en raison de leur capacité à absorber
les déformations sans rupture catastrophique. Toutefois, des dispositions particulières
doivent être prises pour prévenir la liquéfaction des sols et assurer la stabilité des talus.
2.3.5. Conditions climatiques
Les conditions climatiques influent de manière prépondérante sur les conditions
d'exécution de l'ouvrage et, par conséquent, sur le délai d'exécution, notamment dans le
cas des barrages en terre. Elles ont également un impact sur la durabilité de l'ouvrage,
particulièrement pour les barrages en béton.
À titre d'exemple, la différence de température entre le parement amont d'un barrage en
béton, en contact avec l'eau qui est relativement froide, et la partie supérieure exposée
au rayonnement solaire, peut créer des gradients thermiques importants pouvant
conduire à la fissuration du béton.
De même, pour des raisons liées au compactage des sols fins, les conditions de
pluviométrie peuvent avoir des conséquences significatives sur la réalisation des
barrages en terre. Dans les régions à forte pluviométrie, la construction peut être ralentie
ou interrompue pendant les périodes humides, tandis que dans les régions arides, le
contrôle de la teneur en eau des matériaux peut nécessiter un arrosage important.
2.3.6. Considérations hydrauliques
Le coût des ouvrages d'évacuation des crues dépend des caractéristiques hydrologiques
du bassin versant. Dans le cas des bassins versants étendus et de crues prévisibles
sévères, il peut être intéressant de combiner évacuateur de crue et barrage dans un
ouvrage en béton déversant.
Lorsqu'une galerie est requise pour assurer la dérivation provisoire du cours d'eau
durant les travaux, cette galerie peut être avantageusement intégrée aux ouvrages
d'évacuation des crues ou de vidange, moyennant, si besoin, une légère augmentation
de sa section.
La capacité d'évacuation des crues est un facteur crucial dans la sécurité du barrage.
Pour les barrages en remblai, qui ne peuvent pas être submergés sans risque de rupture,
l'évacuateur de crues doit être dimensionné avec une marge de sécurité importante.
2.3.7. Critères économiques
Dans plusieurs cas, les considérations précédentes auront permis de retenir plusieurs
types de barrage possibles. Par exemple, des fondations rocheuses, la présence de
matériaux meubles proches du site et un débit de crue important pourraient conduire à
mettre en balance un barrage en BCR et un barrage en terre équipé d'un évacuateur de
crue indépendant.
Il convient alors de poursuivre les études pour les différentes options, en veillant à
affiner les estimations de coût au fur et à mesure de la progression des études. Dès que
l'un des types de barrages paraît significativement plus économique, il est préférable de
concentrer les efforts sur cette option.
L'analyse économique doit prendre en compte non seulement les coûts de construction,
mais aussi les coûts d'exploitation et de maintenance sur toute la durée de vie de
l'ouvrage, ainsi que les bénéfices attendus en termes de production agricole, de
protection contre les inondations ou d'autres avantages socio-économiques.
2.4. Avantages et inconvénients des différents types de
barrages
Chaque type de barrage présente des avantages et des inconvénients spécifiques qui
doivent être pris en compte lors du choix de la solution la plus adaptée à un site donné.
Barrages-poids en béton
Avantages : - Grande stabilité et résistance - Durée de vie très longue - Possibilité
d'intégrer l'évacuateur de crues dans le corps du barrage - Faible entretien - Bonne
résistance aux séismes si bien conçu
Inconvénients : - Coût élevé, surtout pour les grandes hauteurs - Nécessite des
fondations rocheuses de bonne qualité - Sensibilité aux gradients thermiques et au
retrait du béton - Mise en œuvre complexe et longue pour le BCV
Barrages en BCR
Avantages : - Construction plus rapide et moins coûteuse que le BCV - Bonne stabilité -
Possibilité d'intégrer l'évacuateur de crues - Adaptabilité à des fondations de qualité
moyenne
Inconvénients : - Nécessite des équipements spécifiques pour la mise en œuvre -
Contrôle de qualité rigoureux nécessaire - Étanchéité parfois problématique aux joints
entre couches
Barrages voûtes
Avantages : - Économie importante de matériaux - Excellente résistance structurelle -
Adaptés aux vallées étroites - Durée de vie très longue
Inconvénients : - Exigences très strictes sur la qualité des fondations et des appuis -
Conception et calculs complexes - Coût élevé pour les petites hauteurs - Sensibilité aux
déformations des appuis
Barrages en remblai homogène
Avantages : - Adaptabilité à presque tous types de fondation - Utilisation de matériaux
locaux - Bonne tolérance aux tassements différentiels - Mise en œuvre relativement
simple - Coût généralement inférieur aux barrages en béton
Inconvénients : - Nécessite un système de drainage efficace - Sensibilité à l'érosion
interne et externe - Volume important de matériaux - Ne peut pas être submergé sans
risque de rupture - Nécessite un évacuateur de crues indépendant
Barrages en remblai zoné
Avantages : - Optimisation de l'utilisation des matériaux disponibles - Meilleure stabilité
que les barrages homogènes - Bonne adaptabilité à diverses conditions de fondation -
Contrôle efficace des infiltrations
Inconvénients : - Conception et construction plus complexes que pour un barrage
homogène - Nécessite plusieurs types de matériaux - Contrôle de qualité rigoureux aux
interfaces entre zones - Volume important de matériaux
Barrages en enrochement
Avantages : - Excellente stabilité - Adaptabilité à des fondations de qualité moyenne -
Construction rapide - Bonne résistance aux séismes
Inconvénients : - Nécessite une source d'enrochements de qualité - Système
d'étanchéité (noyau ou masque) complexe - Coût de transport des matériaux
potentiellement élevé - Tassements importants pendant et après la construction
Dans le contexte spécifique de l'oasis de Todgha et du projet d'Afanour, l'analyse
préliminaire des différents critères suggère que plusieurs options techniques sont
envisageables. Cependant, compte tenu des caractéristiques du site (vallée en V
modérément évasée, fondation de qualité moyenne, climat semi-aride avec risque de
crues soudaines), les barrages en remblai homogène ou zoné semblent les plus adaptés.
L'étude détaillée qui sera menée dans les chapitres suivants permettra d'affiner ce choix
en fonction d'analyses plus approfondies des conditions locales et des objectifs
spécifiques du projet.
1. INTRODUCTION
1.1. Contexte et problématique
L'eau constitue une ressource indispensable à la vie et représente le fondement de
toutes les activités vitales des organismes vivants sur terre. Elle joue également un rôle
central dans le développement économique, social et environnemental des sociétés
humaines. En raison de son importance capitale, il devient essentiel d'adopter une
gestion intégrée, aussi bien qualitative que quantitative, des ressources en eau, qu'elles
soient souterraines ou superficielles.
Le Maroc, conscient de cette réalité, a mis en place une politique ambitieuse de gestion
et de valorisation des ressources en eau. Cette politique s'est notamment concrétisée
par la construction de nombreux barrages à travers le territoire national, permettant de
mobiliser les eaux de surface et de répondre aux besoins croissants des différents
secteurs économiques. Cependant, cette ressource vitale fait face à une pression
croissante due à deux facteurs majeurs : d'une part, les effets du changement
climatique, qui se traduisent par une diminution des précipitations et une répartition
temporelle et spatiale de plus en plus irrégulière, et d'autre part, l'augmentation des
besoins en eau causée par la croissance démographique et le développement agricole.
Cette problématique est encore plus aiguë dans les régions où les précipitations sont
rares et irrégulières, comme dans le Sud-Est marocain, qui constitue notre zone d'étude.
Dans cette région au climat aride, l'accumulation et la gestion des eaux de pluie et des
cours d'eau, à travers la construction de grands barrages et de barrages de rétention,
représentent une solution efficace pour répondre aux besoins en eau. Ces
infrastructures hydrauliques jouent un rôle fondamental pour garantir une
consommation régulière et une exploitation optimale des ressources en eau.
La région Sud-Est, notamment la province de Tinghir, a bénéficié de cette politique grâce
à des conditions favorables telles que la topographie, la géologie et l'importance des
activités agricoles qui nécessitent une gestion durable des ressources hydriques.
Toutefois, malgré ces efforts, la région reste confrontée à des défis majeurs en matière
de gestion de l'eau.
Problématique spécifique à la région d'Afanour
Le Maroc est confronté à plusieurs défis liés à l'eau, notamment les effets du
changement climatique, qui se manifestent par des températures élevées inhabituelles,
des périodes de sécheresse prolongées et une répartition inégale des précipitations. Ces
phénomènes aggravent la vulnérabilité des ressources en eau, en particulier dans les
zones arides comme la région de Tinghir.
Par ailleurs, le développement continu du secteur agricole, moteur de l'économie
nationale et locale, entraîne une augmentation significative de la demande en eau,
notamment pour l'irrigation. Dans la région de Tinghir, et plus particulièrement dans la
zone d'Afanour, l'agriculture constitue l'activité économique principale. Cette
agriculture repose sur des cultures telles que le palmier dattier, les oliviers, les
légumineuses, le maraîchage et les plantes fourragères, qui nécessitent des apports en
eau importants et réguliers.
Le projet agricole de la nouvelle oasis d'Afanour, d'une superficie de 100 hectares divisée
en 2000 parcelles, s'approvisionne actuellement en eau principalement à partir de la
nappe profonde du Crétacé, avec un prélèvement annuel estimé à 94 000 m³. Cette
exploitation intensive pose un sérieux problème de surexploitation des eaux
souterraines, qui sont déjà en diminution dans la région. Les relevés piézométriques
effectués ces dernières années montrent une baisse continue du niveau de la nappe,
mettant en péril la durabilité de cette ressource.
Face à cette situation critique, il devient impératif de mettre en place des infrastructures
hydrauliques, comme les barrages de rétention, pour atténuer cette pression sur les
ressources hydriques souterraines et répondre durablement aux besoins en eau
d'irrigation et de consommation. Le barrage projeté sur l'oued Afanour représente une
solution potentielle à cette problématique, en permettant de mobiliser les eaux de
surface, de réduire les prélèvements dans la nappe et de contribuer à sa recharge.
1.2. Objectifs du projet
Ce projet vise à concevoir et dimensionner un barrage en remblai homogène sur l'oued
Afanour, dans la région de Tinghir, afin de répondre aux besoins en eau d'irrigation de la
nouvelle oasis d'Afanour tout en contribuant à une gestion durable des ressources
hydriques locales. Les objectifs spécifiques du projet sont les suivants :
1. Analyser les conditions hydrologiques, géologiques et géotechniques du site
d'implantation pour déterminer la faisabilité technique du barrage et optimiser sa
conception.
2. Dimensionner un barrage en remblai homogène adapté aux conditions locales,
en respectant les normes de sécurité et les bonnes pratiques en matière de
conception des ouvrages hydrauliques.
3. Évaluer la capacité de stockage potentielle du barrage et son adéquation avec
les besoins en eau d'irrigation de l'oasis d'Afanour.
4. Analyser la stabilité de l'ouvrage dans différentes conditions d'exploitation
(construction, exploitation normale, vidange rapide, séisme) pour garantir sa
sécurité à long terme.
5. Proposer une méthodologie de construction adaptée aux conditions locales et
aux matériaux disponibles.
6. Évaluer les impacts environnementaux et socio-économiques du projet et
proposer des mesures d'atténuation appropriées.
7. Élaborer un plan de surveillance et de maintenance pour assurer la durabilité et
la sécurité de l'ouvrage.
Questions de recherche
À travers cette étude, nous chercherons à répondre aux interrogations suivantes :
1. Quel est l'intérêt d'un barrage en remblai homogène sur l'oued Afanour sur le plan
agricole et hydraulique, et comment peut-il contribuer à la gestion durable des
ressources en eau dans un contexte aride ?
2. Quelles sont les caractéristiques optimales (dimensions, matériaux, ouvrages
annexes) d'un barrage en remblai homogène sur ce site, compte tenu des
conditions géologiques, hydrologiques et des besoins en eau ?
3. Comment assurer la stabilité et la sécurité de l'ouvrage face aux différentes
sollicitations (pression hydrostatique, infiltrations, séismes) auxquelles il sera
soumis ?
4. Quels sont les effets socio-économiques et environnementaux associés à la
construction de cette infrastructure, et comment optimiser les impacts positifs tout
en minimisant les impacts négatifs ?
5. Quel rôle peut jouer ce barrage dans la recharge des nappes phréatiques et la
régulation des flux hydriques dans la région d'Afanour ?
1.3 Méthodologie adoptée
Pour mener à bien ce projet de conception d'un barrage en remblai homogène sur l'oued
Afanour, une méthodologie rigoureuse en plusieurs étapes a été mise en place. Cette
approche méthodologique vise à garantir la qualité technique de l'étude et la pertinence
des solutions proposées. Les principales étapes de la méthodologie sont les suivantes :
1.3.1. Collecte et analyse des données de base
La première phase a consisté à recueillir et analyser toutes les données disponibles
concernant le site d'implantation du barrage :
• Données topographiques : Cartes topographiques à différentes échelles, modèles
numériques de terrain (MNT), levés topographiques spécifiques du site.
• Données géologiques et géotechniques : Cartes géologiques, résultats de
sondages et d'essais géotechniques, caractéristiques des formations géologiques
locales.
• Données hydrologiques et climatiques : Séries chronologiques de précipitations,
températures, évaporation, débits des cours d'eau, études hydrologiques
antérieures.
• Données sur les besoins en eau : Estimation des besoins en eau d'irrigation de
l'oasis d'Afanour, pratiques agricoles locales, calendrier cultural.
1.3.2. Caractérisation du bassin versant
Une analyse détaillée du bassin versant de l'oued Afanour a été réalisée à l'aide des
systèmes d'information géographique (SIG), notamment le logiciel ArcGIS. Cette analyse
a permis de :
• Délimiter précisément le bassin versant et ses sous-bassins
• Déterminer les caractéristiques morphométriques (surface, périmètre, longueur du
cours d'eau principal, densité de drainage)
• Analyser les caractéristiques topographiques (pentes, altitudes, orientation)
• Étudier l'occupation des sols et son influence sur le ruissellement
1.3.3. Étude hydrologique
L'étude hydrologique a visé à caractériser le régime hydrologique de l'oued Afanour et à
estimer les apports en eau et les crues de projet :
• Analyse statistique des données pluviométriques
• Estimation des débits moyens mensuels et annuels
• Détermination des crues de projet pour différentes périodes de retour
• Évaluation des volumes d'eau mobilisables
1.3.4. Étude géologique et géotechnique
Cette étape a consisté à analyser en détail les conditions géologiques et géotechniques
du site d'implantation du barrage :
• Caractérisation des formations géologiques présentes
• Évaluation de la perméabilité des terrains de fondation
• Identification des zones d'emprunt potentielles pour les matériaux de construction
• Analyse de la stabilité des versants
1.3.5. Conception et dimensionnement du barrage
Sur la base des données collectées et des analyses effectuées, la conception et le
dimensionnement du barrage ont été réalisés :
• Choix du type de barrage (remblai homogène) en fonction des conditions locales
• Détermination de la hauteur et de la longueur optimales du barrage
• Dimensionnement de la crête, des talus et des ouvrages annexes
• Conception du système de drainage
• Calcul de la capacité de stockage et établissement de la courbe hauteur-surface-
volume
1.3.6. Analyse de stabilité
Des analyses de stabilité ont été effectuées pour vérifier la sécurité de l'ouvrage dans
différentes conditions :
• Stabilité vis-à-vis des infiltrations (réseau d'écoulement)
• Stabilité au glissement des talus amont et aval
• Vérification pour différents cas de charge (fin de construction, exploitation
normale, vidange rapide, séisme)
1.3.7. Étude d'impact environnemental
Une évaluation des impacts potentiels du projet sur l'environnement et les
communautés locales a été réalisée :
• Identification des impacts positifs et négatifs
• Proposition de mesures d'atténuation pour les impacts négatifs
• Élaboration d'un plan de gestion environnementale
1.3.8. Planification de la construction et estimation des coûts
La dernière étape a consisté à planifier la construction de l'ouvrage et à estimer les coûts
associés :
• Définition des étapes de construction
• Estimation des quantités de matériaux nécessaires
• Évaluation des coûts de construction
• Élaboration d'un calendrier prévisionnel
Cette méthodologie structurée et complète a permis d'aborder tous les aspects
techniques, environnementaux et économiques du projet de barrage, garantissant ainsi
la pertinence et la fiabilité des résultats présentés dans ce rapport.
PROJET DE FIN DE FORMATION
ÉTUDE ET CONCEPTION D'UN BARRAGE
EN REMBLAI HOMOGÈNE
DANS LA RÉGION DE TINGHIR
Logo ISTA Tinghir
Institut Spécialisé de Technologie Appliquée
Tinghir, Maroc
Filière : Technicien Spécialisé en Génie Civil
Réalisé par :
[Nom et prénom de l'étudiant 1]
[Nom et prénom de l'étudiant 2]
[Nom et prénom de l'étudiant 3]
Encadré par :
M. Mustapha BELGHANDOUR
Année académique : 2024/2025
REMERCIEMENTS
Au terme de ce projet de fin de formation sur la construction d'un barrage à Afanour,
nous tenons à exprimer notre profonde reconnaissance envers tous ceux qui ont
contribué à sa réalisation.
Nos remerciements les plus chaleureux vont à notre encadrant, Monsieur Mustapha
BELGHANDOUR, pour sa disponibilité constante, ses précieux conseils et son soutien
indéfectible tout au long de ce travail. Sa rigueur scientifique et ses orientations
judicieuses ont été essentielles à l'aboutissement de cette étude.
Nous remercions vivement les membres du jury pour le temps consacré à l'évaluation de
notre travail et pour leurs remarques constructives qui contribueront à l'enrichissement
de notre projet.
Notre gratitude s'adresse également à l'ensemble de l'équipe pédagogique de l'ISTA
Tinghir pour la qualité de la formation dispensée qui nous a permis d'acquérir les
compétences nécessaires à la réalisation de ce projet technique.
Nous souhaitons également remercier les professionnels du secteur hydraulique qui
nous ont accordé leur temps et partagé leur expertise, notamment les ingénieurs de
l'Agence du Bassin Hydraulique du Guir-Ziz-Rhéris pour leur collaboration et les données
fournies.
Enfin, un merci particulier à nos familles, amis et camarades qui nous ont soutenus et
encouragés tout au long de ce parcours académique. Tels les affluents d'un oued qui se
rejoignent pour former un courant puissant, vos contributions diverses ont convergé
pour donner vie à ce projet qui, nous l'espérons, participera au développement durable
de la région d'Afanour.
À tous, nous exprimons notre profonde gratitude.
RÉSUMÉ
La présente étude porte sur la conception et le dimensionnement d'un barrage en
remblai homogène dans le village d'Afanour, relevant administrativement de la province
de Tinghir au Maroc. Cette région se caractérise par une prédominance de la culture du
palmier dattier, les oasis constituant la majorité des surfaces agricoles exploitées. Face à
l'expansion des projets agricoles au-delà des oasis traditionnelles, les besoins en eau
d'irrigation connaissent une augmentation significative, exerçant une pression
croissante sur les ressources hydriques souterraines.
Le projet agricole de la nouvelle oasis d'Afanour, d'une superficie de 100 hectares divisée
en 2000 parcelles, s'approvisionne actuellement en eau principalement à partir de la
nappe profonde du Crétacé, avec un prélèvement annuel de 94 000 m³. Cette
exploitation intensive menace la durabilité de la ressource souterraine et justifie la
recherche de solutions alternatives pour l'approvisionnement en eau d'irrigation.
Notre méthodologie s'est appuyée sur l'utilisation des systèmes d'information
géographique, particulièrement le logiciel ArcGIS, pour l'analyse des images satellitaires
du sous-bassin étudié. Cette approche a permis d'extraire les paramètres essentiels tels
que la surface, le périmètre, le nombre d'affluents de l'oued Afanour et leurs longueurs
respectives, ainsi que le volume potentiel du futur barrage. Ces données ont facilité la
délimitation précise du sous-bassin et le calcul de ses caractéristiques
morphométriques, morphologiques et topographiques.
Le sous-bassin versant d'Afanour se situe à une altitude variant entre 1400 et 2300
mètres et couvre une superficie de 7 km². Son périmètre de 11,9 km révèle une forme
allongée avec un relief peu accentué. L'étude hypsométrique indique un sous-bassin en
équilibre hydrologique caractérisé par un ruissellement lent. Les formations géologiques
prédominantes sont composées de terrains calcaires et d'alluvions, offrant des
conditions favorables à l'implantation d'un barrage en remblai.
Les calculs de dimensionnement, basés sur les normes internationales et adaptés aux
conditions locales, ont permis de déterminer les caractéristiques optimales de
l'ouvrage : une hauteur de 15 m, une longueur en crête de 120 m, une largeur en crête de
6 m, et des pentes de talus amont et aval respectivement de 1V:3H et 1V:2,5H. Le barrage
sera équipé d'un système de drainage comprenant un drain cheminée et un tapis
drainant pour contrôler les infiltrations et assurer la stabilité de l'ouvrage.
Ce projet de barrage sur l'oued Afanour, d'une superficie de 0,56 km² et d'une capacité
de 8,89 millions de m³, vise à réduire la pression exercée sur les eaux souterraines pour
l'irrigation, à atténuer les risques d'inondation et à favoriser la recharge des nappes
phréatiques. L'analyse de stabilité confirme la sécurité de l'ouvrage dans différentes
conditions d'exploitation, y compris en cas de vidange rapide ou de séisme.
L'étude d'impact environnemental a identifié les principaux effets potentiels du projet et
proposé des mesures d'atténuation appropriées pour minimiser les impacts négatifs sur
l'écosystème local et les communautés riveraines. Un plan de surveillance et de
maintenance a également été élaboré pour garantir la sécurité et la durabilité de
l'ouvrage à long terme.
Mots clés: Barrage en remblai homogène, Afanour, Tinghir, irrigation, ressources
hydriques, dimensionnement hydraulique, stabilité, impact environnemental.
SOMMAIRE
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES ABRÉVIATIONS
AVANT-PROJET SOMMAIRE (APS)
1. INTRODUCTION
1.1. Contexte et problématique 1.2. Objectifs du projet 1.3. Méthodologie adoptée
2. GÉNÉRALITÉS SUR LES BARRAGES
2.1. Types de barrages 2.1.1. Barrages en béton 2.1.2. Barrages en remblai 2.2. Matériaux
de construction 2.3. Critères de choix du type de barrage 2.3.1. Conditions
topographiques 2.3.2. Conditions géologiques et géotechniques 2.3.3. Disponibilité des
matériaux 2.3.4. Risque sismique 2.3.5. Conditions climatiques 2.3.6. Considérations
hydrauliques 2.3.7. Critères économiques 2.4. Avantages et inconvénients des différents
types de barrages
3. ÉTUDE DU SITE DE CONSTRUCTION
3.1. Localisation géographique 3.2. Analyse géologique et géotechnique 3.2.1. Contexte
géologique 3.2.2. Lithostratigraphie 3.2.3. Géologie de la retenue 3.2.4. Caractéristiques
géotechniques 3.3. Conditions hydrologiques et climatiques 3.3.1. Climat 3.3.2.
Pluviométrie 3.3.3. Température 3.3.4. Évaporation 3.4. Études hydrologiques 3.4.1.
Caractéristiques du bassin versant 3.4.2. Analyse des débits 3.4.3. Estimation des crues
de projet 3.5. Volume de retenue du barrage 3.5.1. Courbe hauteur-surface-volume 3.5.2.
Estimation du volume utile 3.5.3. Prise en compte de l'envasement
4. CONCEPTION DU BARRAGE
4.1. Choix du type de barrage 4.2. Dimensionnement de l'ouvrage 4.2.1. Niveau normal
de retenue (RN) 4.2.2. Revanche 4.2.3. Largeur de la crête 4.2.4. Pentes des talus 4.2.5.
Hauteur du barrage 4.2.6. Bermes 4.3. Ouvrages annexes 4.3.1. Évacuateur de crues
4.3.2. Vidange de fond 4.3.3. Prise d'eau 4.4. Étude des matériaux 4.4.1. Caractéristiques
des matériaux disponibles 4.4.2. Critères de sélection 4.4.3. Zones d'emprunt 4.5.
Rendement topographique et économique
AVANT-PROJET DÉTAILLÉ (APD)
5. CALCULS DE STABILITÉ
5.1. Stabilité vis-à-vis des infiltrations 5.1.1. Réseau d'écoulement 5.1.2. Système de
drainage 5.1.3. Contrôle des pressions interstitielles 5.2. Stabilité au glissement 5.2.1.
Méthodes de calcul utilisées 5.2.2. Cas de charge considérés 5.2.3. Résultats et
interprétation
6. MÉTHODOLOGIE DE CONSTRUCTION
6.1. Préparation du site 6.2. Traitement de la fondation 6.2.1. Injections 6.2.2.
Excavations 6.3. Mise en place des matériaux 6.3.1. Techniques de compactage 6.3.2.
Contrôle de qualité 6.4. Planification des étapes de construction 6.5. Métré et estimation
des coûts
7. IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX
7.1. Identification des impacts potentiels 7.2. Mesures d'atténuation 7.3. Plan de gestion
environnementale
8. ENTRETIEN ET EXPLOITATION
8.1. Plan de surveillance et de maintenance 8.2. Gestion des situations d'urgence 8.3.
Recommandations pour l'exploitation
9. CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES