Carnet de Lecture Rimbaud
Parcours : émencipation créatrice
Paul Verlaine a inventé l’expression de « poète maudit » pour désigner Arthur Rimbaud
Rimbaud compose les poèmes des cahiers de Douai entre 15 et 16 ans (1870)
Les Cahiers de Douai sont les poèmes d’un jeune homme adolescent qui est en pleine
transition entre l’inspiration de la poésie traditionnelle et l’émencipation créatrice.
Premier cahier :
« Première soirée »
1) Le poète, âgé de 15 ans, évoque la première soirée d'une rencontre amoureuse. Peut-
on pour autant parler de sentiments amoureux ?
Désir, sensualité
2) Quel pronom personnel ouvre le premier vers ? Commenter ce choix.
« elle » → pas d’identité, met l’accent sur le plaisir des corps et non la passion pour une
femme, cela permet au lecteur d’imaginer n’importe qui
3) Comment le poète crée-t-il une impression de légèreté et de musicalité dans ce
poème ?
Les vers en octosyllabes créent un rythme harmonieux
chaque phrase se termine à la fin d’un quatrain
Les rimes croisées créent une sonorité rythmée
4) Comment y insère-t-il une dimension théâtrale ?
Certains vers s’apparentent à des didascalie de geste : « Mi-nue, elle joignait ses mains »
(v 6), « Je baisais ses fines chevilles » (v 13)
Il insère des paroles : « Veux-tu finir ! » (v18), « Oh ! C’est encor mieux !... »
5) Quelles figures de style retiennent votre attention, vous plaisent, vous intriguent ?
Relevez-les et expliquer l'effet produit
« arbres indiscrets » (v 1) personnification
allitération en [r] quatrain 1
allitération en [s] quatrain 2
allitération en [r] et [s] quatrain 3
allitération en [r] et assonance en [i] quatrain 4
allitération en [p] et assonance en [i] quatrain 5 ….
antépiphore quatrain 8 qui reprend le premier quatrain
Les jeux de sonorité créent une musicalité. L’antépiphore crée ne structure circulaire
« Sensation »
1) Relever le champ lexical des sensations. En quoi ce poème est-il lyrique ?
« picoté » (v 2), « sentirai » (v3), « fraîcheur » (v 3), « baigner » (v 4)
La nature est un écho au sentiment, première personne, vocabulaire sensoriel pour
traduire ses émotions chez le lecteur, il idéalise la vie d’un artiste marginal « bohémien »,
poème court visant à capturer un instant d’émotion avec intensité.
2) Quel rôle la nature joue-t-elle pour le poète ?
La nature représente un lieu de liberté, loin des sègles sociales. Lieu d’émencipation, lieu
idéal (locus amoenus). La nature est présentée comme une entité immuable « la Nature »
(v 8)
3) Quels éléments traduisent une forme d'émancipation ?
« Rêveur » (v 3) la nature est le lieu où la créativité se libère
« je ne penserai rien » (v 5) lla pression sociale est dissipée, l’auteur laisse son esprit allé
à sa guise
« Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien » (v 7) pas de limite, pas de règle, le
bohémien incarne un vagabond et un artiste libéré des contraintes de la société
« Le Forgeron »
1) Quel événement historique est évoqué ? Expliquer ce choix à la lumière du parcours
«émancipation créatrice»
Il évoque un célèbre épisode de la Révolution française : le 20 juin 1792, le peuple
s’empare des Tuileries et un boucher s’adresse au roi Louis 16, il décrit les souffrances du
peuples et les injustices subies.
L’émencipation est la contestation de l’ordre établit. Ici Rimbaud fait l’éloge de
l’insurrection et de la révolte du peuple par lui-même, propre au romantisme, mouvement
dont s’inspire Rimbaud.
2) cherchez et lisez le poème « l'expiation » dans lequel Victor Hugo raconte le combat
des soldats révolutionnaires contre les monarchies étrangères qui veulent secourir Louis
xvi. En quoi la première strophe du " forgeron » est-elle un pastiche du registre épique
hugolien ?
Le poème épique relate des actions héroïques où se mêlent de puissants sentiments
collectifs (la liberté, la paix...)qui façonnent l’âme d’un peuple. L’Illiade et l’Odyssée du
poète grec Homère sont deux poèmes épiques parmi les plus célèbres.
Aborde des évènement historiques majeurs, met ens cène des figures historiques, m’actif
est menée par un collectif (« on »), longues phrases qui miment l’amplification du
mouvement, les alexandrins est le vers de prédilection (effets sonores, allitérations,
assonances)
3) Relever le lexique familier dans " le forgeron ». quel est l'effet produit ?
« ce gros-là » (v4) « maraud » (v11) « Monsieur » en s’adressant au roi (v14)
tutoiement en s’adressant au roi « mon gars » (v43) « baraque » (v48)
« bâtard »(v50) « ces saletés là » (v52) « papas » (v 52) « une putain » (v58)
« ça » (v69) « richards, mouchards » (v81-82) « crasseux » (v94)
« ventre-dieux » (v98) « canaille » (v157) « merde à ces chiens-là » (v171)
« populace » (v177)
Donner l’impression d’un cri du peuple, effet de réel, faire réagir en adoptant un ton
polémique.
« Soleil et Chair »
1) Quels aspects de ce poème l'inscrivent dans le courant parnassien ? [ le Parnasse est
un mouvement poétique regroupant des poètes soucieux de beauté formelle (langue
soutenue, images et vert très travaillé…)]
Dans ce poème, Rimbaud utilise de nombreuses figures de styles et une richesse lexical
pour traduire la beauté du langage et sa maîtrise de l’art poétique (métaphore, allitération,
césure l’hémistiche, diérèse, anaphore, chiasme…)
De plus le thème reccurent de la mythologie fait partie des sujet de prédilection des poètes
parnassiens.
Images sublime de la nature pour créer des tableaux visuels, sensoriels.
Cependant, le Parnasse rejette le lyrisme tandis de Soleil et Chair est un poème où le
lyrisme ressort fortement, ce qui montre toute l’ambiguité du style de Rimbaud.
« Ophélie »
1) Qui est Ophélie dans le théâtre de Shakespeare ? Fait une rapide recherche
ou utiliser les notes de votre édition.
Dans la tragédie de Hamlet, Ophélie est une jeune fille qui se suicide par noyade. Elle est
devenue folle après qu’Hamlet, son amant et assassin de son père, l’a abandonnée. Elle
est présentée comme une jeune femme obéissante et innocente, mais aussi vulnérable
aux manipulations masculines. Elle est utilisée par son père pour espionner Hamlet, ce qui
conduit à une confrontation douloureuse où Hamlet la rejette violemment, feignant la folie.
Ophélie est un personnage tragique qui symbolise l'innocence brisée par la violence et la
manipulation. Sa folie et sa mort sont des conséquences directes des actions d'Hamlet et
des machinations de la cour, faisant d'elle une victime emblématique de la tragédie.
2) Quelle atmosphère se dégage de ce poème ? De quel mouvement littéraire
emprunte-t-il les caractéristiques ?
Une atmosphère pystique se dégage de ce poème, la nature prend vie et Ophélie est
comme un spectre. On ressent la souffrance que provoque sa mort.
Registre pathétique : La souffrance et la mort d'Ophélie sont décrites de manière à
susciter la pitié et l'émotion chez le lecteur.
3) Quelles caractéristiques du personnage d'Ophélie renvoient à la figure du
poète incompris ?
Ophélie est présentée comme un être profondément sensible, dont le "cœur écoutait le
chant de la Nature / Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits". Cette connexion
intense avec le monde naturel, allant au-delà de la simple observation, est une
caractéristique souvent attribuée aux poètes, perçus comme des êtres plus réceptifs aux
harmonies et aux mystères du monde.
Les "vents tombant des grands monts de Norwège / T'avaient parlé tout bas de l'âpre
liberté". Cette quête d'une liberté absolue, d'un au-delà des conventions et des
contraintes, est une aspiration romantique que l'on retrouve chez de nombreux poètes,
souvent en conflit avec les normes bourgeoises de leur temps.
"Tes grandes visions étranglaient ta parole". Cette image forte suggère un monde intérieur
riche et intense, des intuitions profondes que le langage commun ne parvient pas à
traduire ou que la société ne peut comprendre. C'est la frustration de l'artiste qui perçoit
des vérités que les autres ignorent, mais se heurte à l'incompréhension.
La "douce folie" d'Ophélie et son statut de "pauvre folle" peuvent être interprétés comme
une métaphore de la marginalisation du poète.
« Bal des pendus »
1) Quel champ lexical présent dès le titre est omniprésent dans le poème ?
Champ lexical de la mort : « gibet » v1, « squelettes » v4, « crânes » v20, « morceau de
chair » v22, « rouge d’enfer » v28, « funèbres » v29, « trépassés » v32, « danse
macabre » v33, « corde raide au cou » v36
2) Lisez le poème à tonalité pathétique « ballade des pendus » que François Villon a
composé au 15e siècle, alors emprisonné et en attente de son exécution. Selon vous, le
poème de Rimbaud est-il un pastiche ou une parodie de celui de Villon ? Justifier votre
réponse.
"Le Bal des Pendus" de Rimbaud utilise la forme de la ballade, popularisée par Villon avec
son célèbre poème, mais en inversant radicalement le ton, la perspective et le message.
Là où Villon cherchait la compassion et le pardon, Rimbaud met en scène une horreur
grotesque et blasphématoire. Il se sert de la figure du pendu, symbole de la justice et de la
mort, pour créer une image de rébellion et de dégoût face aux valeurs établies.
« Le Châtiment de Tartufe »
1) Quelle figure de style employée au vers 3 invite à se méfier de Tartuffe ?
Oxymore « effroyablement doux » souligne la fausseté de sa gentillesse apparente,
cachant une nature potentiellement dangereuse.
2) Qui se cache derrière le personnage de faux dévot ?
Tartufe est un personnage hypocrite, un imposteur qui n’a pas la foi, il représente le
contraire du modèle de dévotion.
3) Relevé et commenter deux passages satiriques et ironique.
Tisonnant, tisonnant son coeur amoureux sous
Sa chaste robe noire, heureux, la main gantée,
Un jour qu’il s’en allait, effroyablement doux,
Jaune, bavant la foi de sa bouche édentée,
La "chaste robe noire", symbole de piété et de renoncement aux plaisirs terrestres,
dissimule en réalité un cœur ardent de désirs. L'adverbe "heureux" appliqué à cette
dissimulation ajoute une couche d'ironie grinçante, suggérant la satisfaction perverse de
l'hypocrite dans son mensonge.
Et le long chapelet des péchés pardonnés
S’égrenant dans son coeur, Saint Tartufe était pâle !…
L'image du chapelet, traditionnellement associé à la prière et à la repentance, est ici
détournée pour suggérer une accumulation de péchés qui ont été hypocritement
confessés et "pardonnés". Le fait que ce chapelet s'égrène "dans son coeur" plutôt
qu'énoncé ouvertement renforce l'idée d'une intériorisation cachée de ses fautes.
« Les réparties de Nina »
1) En quoi ce dialogue amoureux est’il surprenant ? Appuyyez-vous sur des procédés
particuliers.
Le poème alterne des moments d'exaltation lyrique, où le "je" masculin dépeint une idylle
sensuelle et bucolique intense ("Ta poitrine sur ma poitrine...", "Ton goût de framboise et
de fraise..."), avec des descriptions très terre-à-terre, voire triviales, de la vie paysanne
("Les fesses luisantes et grasses / Du gros enfant..."). Cette juxtaposition crée un
contraste inattendu et déroutant. On passe d'un imaginaire amoureux idéalisé à la réalité
brute et parfois peu esthétique du quotidien.
La Chute: La dernière réplique, "Et mon bureau ?", fonctionne comme une chute
inattendue. Tout le poème construit une atmosphère d'évasion amoureuse et bucolique,
pour se terminer brusquement sur une question prosaïque et matérielle. Cet effet de
surprise désamorce l'idéalisation et laisse le lecteur perplexe, voire amusé par
l'incongruité de la réponse.
2) Quels éléments permettent de mettre en place un lyrisme original ?
Vocabulaire et imagerie novateurs : Utilisation de mots rares, néologismes, associations
inédites, et création d'images sensorielles fortes et surprenantes.
Rythmes et sonorités singuliers : Jeu avec les mètres : alternance octosyllabe et
tétrasyllabe
Mélange des genres et des registres : Transgression des frontières entre genres littéraires
et niveaux de langue (irruption du prosaïsme dans le lyrisme).
« Les Effarés »
1) Observez la composition du poème (strophes et vers utilisés). Quel est l’effet
recherché ?
12 tercets composés chacun de deux vers octosyllabiques et d’un vers de quatre syllabes,
rimes plates et embrassées
Progression lente, se dresse contre l’ordre classqie en poésie
2) Quelle émotion Rimbaud veut-il susciter ? Quel registre emploie-t-il à cet effet ?
Empathie, pitié, indignation
registre pathétique
3) Quels aspects de la caractérisation des enfants peuvent étonner ? Quel est le but
recherché ?
Passivité, immobilité, représentation de misère
Mettre en lumière la perte de l’inocence de l’enfance
« Roman »
1) Selon vous, pourquoi le poète n'utilise-t-il pas le pronom personnel « je » ?
Pour que tout le monde puisse se reconnaître, chacun peu s’imaginer soi-même dans la
situation décrite. Il énonce une généralité.
2) Comment le langage du poète révèle-t-il qu'il ne se prend pas au sérieux ?
Dès le premier vers, « On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans », Rimbaud établit
une distance ironique avec l'état amoureux adolescent qu'il décrit.
Le poème parodie certains clichés du lyrisme romantique. Le cadre naturel,
traditionnellement grandiose et inspirant, est ici réduit à des « tilleuls verts de la
promenade » et des « bancs verts ».
Le poète se met en scène comme un adolescent naïf et maladroit dans ses tentatives de
séduction.
La répétition du premier vers à la fin du poème, avec une légère variation (« On n'est pas
sérieux, à dix-sept ans »), renforce l'idée d'un cycle et d'une certaine futilité des amours
adolescentes.
3) Selon vous, comment est-on quand on a 17 ans ? donner plusieurs adjectifs.
Enthousiaste, naïf, ambitieux,
« Mort de Quatre-vingt-douze... »
1) Relevez deux procédés permettant de faire l’éloge des combattants de la Révolution
française.
Périphrase « morts de 92, morst de Valmy, Morts de Fleurus, Morts d’Italie » →
importance des soldats
Termes mélioratifs « calmes, extasiés, grands »
2) Selon Rimbaud, pourquoi est-il inacceptable que les Cassagnac se servent du souvenir
des combattants de la Révolution française ?
Ils se servent de la mort des soldats de la Révolution française et de la République pour
justifier la guerre. Rimbaud est antimilitariste.
3) Le poète précise que ce poème a été « Fait à Mazas, 3 septembre 1870 ». En vous
aidant du contexte dites en quoi cette indication est significative.
Rimbaud établit un parallèle direct entre le sacrifice des révolutionnaires et les espoirs
suscités par la fin du régime impérial. Il suggère que les idéaux de 1792 pourraient enfin
revivre avec la nouvelle République.
Il est également important de noter que le poème fait directement référence à un article de
Paul de Cassagnac, un journaliste bonapartiste, qui tentait de récupérer la mémoire des
soldats de 1792 au profit du régime impérial. La date du 3 septembre pourrait ainsi être
une réponse directe et immédiate à cette tentative de manipulation historique, juste avant
que le contexte politique ne change radicalement.
« Le Mal »
1) D’après ce poème, quels sont les différents visages du « Mal » ?
La guerre, l’Empereur, Dieu,
2) Relevez les sonorités récurrentes de la premières strophe. Proposez-en une
interprétation.
Allitération en [r] : »tandis que les crachats rouges de la mitraille » v1 / « qu’écarlates ou
verts, près du Roi qui les raille, » v3
Sonorité désagréable, violence des combats, douleur des blessés
Assonance en [a] : « crachats, mitrailles, écarlates, raille, bataillons, masse »
Cris des soldats
Assonance en [i] : « Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu » v2
Son aigu, bruit des armes, coups de feu
3) Commentez l’effet de chute (concetto) du dernier vers.
« lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir »
Souligne la pauvreté des mères qui donnent de l’argent à l’Église en espérant que leurs
fils mort reviennent sain et sauf de la guerre.
L’Église ne peut qu’avoir honte d’accepter l’offrande des pauvres gens : car non seulement
elle se roule dans l’opulence, mais elle n’empêche en rien la mort des soldats sacrifiés.
→ critique l’Église qui encourage les massacres
4) Quelles sont les deux registres présents dans ce poème. Justifiez votre réponse.
Pathétique : « croulent les bataillons » v4, « folie, broie » v5, « tas fumant » v6, « pauvres
morts » v7, « mères, ramassées dans l’angoise, et pleurant » v12-13
Misère, horreur de la guerre, massacre,
Polémique : « nappes damassés, des autels, à l’encens, aux calices d’or » v9-10,
Richesse scandaleuse de l’Église
« Rages de Césars »
1) À quel moment précis de la guerre franco-prussienne ce poème fait-il
référence ? Justifier votre réponse.
Défaite bataille de Sedan 1er et 2 septembre 1870, Napoléo III est fait prisionnier et retenu
captif au château de Wilhemshöhe en Allemagne.
2) Relever et expliquer le passage qui vous paraît le plus satirique sur
l'empereur Napoléon III.
« Car l’Empereur est soûl de ses vingt ans d’orgie !
Il s’était dit : « Je vais souffler la Liberté
Bien délicatement, ainsi qu’une bougie ! »
La liberté revit ! Il se sent étreinté ! » (2e strophe)
Excès, règne de désirs personnels, s’est acaparer tous les pouvoirs, ces 20 ans de règne
sont balaillés par le retour de la Liberté « La liberté revit ! Il se sent éreinté ! »
3) Quel est l'effet produit par le pluriel du titre « Rages de Césars"
Napoléon III symbolise tous les oppresseurs, tous les « Césars », d’où le pluriel.
Ridiculiser Napoléon III, oppresseurs vaincus.
Second cahier :
« Rêvé pour l’hiver »
1) A quels épisodes de la vie de Rimbaud pouvez-vous associer ce poème ? Justifiez
Fugues d’adolescent, retour à charleroi, belgique, « En wagon, le 7 octobre 1870 »,
bonheur de revoir une jeune fille dont il est amoureux « A *** Elle »
2) Identifiez et commentez la forme poétique et le mètre employé.
Sonnet, 2 quatrains, 2 tercets, (abab, cdcd, eef, ggf), SAUF que les alexandrins classiques
alternent avec des hexasyllabes ou octosyllabes.
Cela peut rappeler l’élégie latine, souvent consacrée à l’expression amoureuse et érotique
dans l’Antiquité romaine, Rimbaud était fin latiniste.
3) Repérez et expliquez la métaphore filée présente dans les tercets.
Rimbaud décrit ses baisers comme la sensation d’une araignée sur la peau de la jeune
femme. L’espièglerie et le désir sensuel des jeunes gens se lisent dans la phrase « Et
nous prendrons du temps à trouver cette bête » v13, qui n’existe pas, mais qui sert de
prétexte aux ébats amoureux, les baisers vont parcourir le corps de l’aimée « cette bête –
qui voyage beaucoup... »
4) Quels aspects sont surprenants dans cette idylle ?
D’abors, il décris un environnement de douceur, chaleureux, intime, « petit wagon rose »,
« un nid » dans le 1er quatrain
Dans le second, obscurité extérieure, danger, « grimacer les ombres des oirs, ces
monstruosités hargneuses », « démons noirs », chimères
« Le dormeur du val »
1) Identifiez les élémenst qui participent à la mise en place du locus amoenus (=
description d’un lieu agréable, idéalisé et perçu comme un refuge. Ses caractéristiques
sont la beauté, la tranquilité, l’abondance, la présence de l’eau)
Nature omniprésente « verdure, rivière, herbes, soleil, montagne », éléments (eau, terre,
feu), personnification de la nature « chante une rivière », calme et quiétude « dort »,
couleurs harmonieuses « cresson bleu, herbe (vert), lumière »
2) Identifiez l’enjambement et les rejets de la prémière strophe. Quel est l’effet recherché ?
Enjambement : v1 à 2
« C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons »
Rejet : v2 à 3 et v3 à 4
« Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; »
« D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : »
Les éléments lumineux sont mis en valeur, le lecteur est donc ébloui par cette explosion
de couleurs
3) Le dernier vers, par sa chute brutale, nous invite à une relecture de tout le poème.
Relevez des indices discordants qui rompent discrètement l’harmonie et introduisent des
éléments inquiétants dans ce cadre idyllique.
Le second quatrain est inauguré pas l’irruption d’un personnage qui marque un net
contraste avec le premeir qutrain : un soldat.
La quiétude est liée à l’abandon physique « étendu »
A partir du 1er tercet, « les pieds dans les glaïeuls » peuvent être compris comme les
prémisses d’un enterrement, froideur, pâleur.
Comparaison de son état à celui d’« un enfant malade » qui ternit le tableau insoucinant.
Champ lexical du sommeil qui est omniprésent « il dort, un somme, berce-le » qui
annonce l’endormissement du soldat.
Discordance dans le dernier vers du 1er tercet : antithèse entre « chaudement / froid »
Au dernier tercet : la narine qui ne frémit pas converge vers la mort du soldat.
Le rejet de tranquille souligne une immobilité anormale dans cette nature mouvante. Le
signe de ponctuation fort, un point final après l’adjectif tranquille, surpend par sa brutalité
et prépare la chute finale.
« Les deux trous rouges » constituent un euphémisme pour désigner la blessure mortelle.
« Au Cabaret-Vert » et « La Maline »
1) Ces deux poèmes forment une sorte de diptyque. Quels points communs les
réunissent ?
Le cabaret, la servante, le cadre spatio-temporel est le même, vocabulaire prosaïque
2) Comment le poète transcrit-il le bien-être ressenti ?
Au Cabaret-Vert : « Bienheureux », mention olfactive « parfumé d’une gousse »,
éloignement de la forme classique du sonnet (libre de ses choix), allitération en [m] et [s]
« parfumé », « gousse », « m’emplit », « immense », « mousse » → douceur
La Maline : pièce sombre, intime, appel au sens « parfumait, fruit, j’écouatit l’horloge »,
simple satisfaction de l’appétit « heureux et coi », jeu de séduction, métaphore sensuelle
« un velour de pêche rose et blanc » → douceur du velour, couleurs vives comme le fruit
Désir physique
3) Quel est l’effet produit par l’emploi de tournures familières ou argotiques propres à la
région des Ardennes (« qui l’épeure », « je m’épatais », « pour m’aiser », « la Maline »,
« j’ai pris une froid sur la joue ») ?
Désinvolture, naïveté
« L’Eclatante victoire de Sarrebrück »
1) En quoi le titre et le sous-titre du poème sont-ils ironiques ?
Piteuse victoire de Napoléon III sur les Prussien el 2 août 1870, 1 moins plus tard
empereur prisonnier, chute du Secod Empire proche. Petite victoire de Sarrebrück
magnifiée par les journaux. Gravure grandiloquente qu’il tourne en dérision. Imite les
appels des crieurs de journaux « Remportée aux cris de vive l’Empereur ! », prix de 35
centimes très peu élevé.
Antinapoléonien, antimilitariste.
2) Comment l’Empereur est ridiculisé dans la première strophe ?
Hyperbole « apothéose », couleurs criardes « bleue et jaune », Empereur ridiculisé
« raide », la grandeur s’évanouit « sur son dada », double comparaison « Féroce comme
un Zeus et doux comme un papa » → épique anéanti par le vocabulaire enfantin
3) Ce poème est la description d’une gravure, ainsi que l’indique le sous-titre. Il s’agit donc
d’une ekphrasis (= description d’une œuvre d’art au sein d’une œuvre littéraire). Relevez
les éléments qui restituent l’apparence « brillament coloriée » de cette gravure. Quel est
l’effet produit ?
« bleue et jaune » v1, « tambours dorés et des rouges canons » v6, « rouge et bleu » v13
Couleurs criardes, grotesques, caricature du pouvoir impérial
« Le buffet »
1) Quelle est la particularité de ce poème par rapport au reste du recueil ?
L’auteur fait d’un objet du quotidien le sujet principal de son poème, cet objet se
transforme en objet insolite, voire surnaturel.
2) Identifiez et expliquez la figure de style du derneir tercet.
Prosopopée du vieux meuble : tiret de parole,
"tu sais bien des histoires" : Savoir est une capacité intellectuelle propre aux êtres vivants.
Le buffet est présenté comme un dépositaire de souvenirs et de récits.
"Et tu voudrais conter tes contes" : Vouloir conter est une intention, un désir humain. Le
buffet est imaginé comme ayant l'envie de partager les histoires qu'il a "vues" et
"conservées".
"et tu bruis / Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires" : Bruire est un verbe
qui évoque un son, un murmure, une sorte de parole indistincte. Ce bruit est associé à
l'ouverture des portes, comme si le buffet s'exprimait, laissait échapper ses secrets au
moment où il s'ouvre.
Observez les formes poétiques choisies par Rimbaud.
1) Quel est le nombre de sonnets ?
12/22
2) En quoi Rimbaud s’écarte-t-il de la forme traditionnelle du sonnet ?
Sonnets irréguliers, rythmes inhabituels (rimes non respectées, les vers débordent sur les
strophes, pas de césure à l’hémistiche pour les alexandrins) rimes croisées dans les
quatrains ; plates puis embrassées dans les tercets, poésie prosaïque, lexique familier
3) Quelles sont les autres formes poétiques utilisées ?
Suite de quatrains (Première soirée), vers octosyllabiques, suite de tercets (Les Effarés)
octosyllabes et tétrasyllabes, vers de longueur différente (Les Réparties de Nina) alterne
octosyllabe et tétrasyllabes, « Rêvé pour l’hiver » alterne alxendrains et hexasyllabes.