0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues8 pages

Mobilisation des acteurs humanitaires en crise

Le document traite de la mobilisation des acteurs humanitaires par les collectivités territoriales lors de crises majeures, soulignant leur rôle central dans la gestion de la réponse humanitaire. Il met en avant l'importance de la coordination entre différents acteurs, tels que les organisations internationales, les ONG, les forces de sécurité et les communautés locales, pour répondre efficacement aux besoins des populations affectées. Enfin, il souligne la nécessité de créer des partenariats et de renforcer les capacités locales pour améliorer la résilience face aux crises futures.

Transféré par

Tidam Tracker
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
5 vues8 pages

Mobilisation des acteurs humanitaires en crise

Le document traite de la mobilisation des acteurs humanitaires par les collectivités territoriales lors de crises majeures, soulignant leur rôle central dans la gestion de la réponse humanitaire. Il met en avant l'importance de la coordination entre différents acteurs, tels que les organisations internationales, les ONG, les forces de sécurité et les communautés locales, pour répondre efficacement aux besoins des populations affectées. Enfin, il souligne la nécessité de créer des partenariats et de renforcer les capacités locales pour améliorer la résilience face aux crises futures.

Transféré par

Tidam Tracker
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Semaine 8

CLOM sur la “Prévention des risques et préparation aux situations d’urgence et de


crise (PPSUC) par les collectivités territoriales”

Module 5.7. « Mobilisation des acteurs de réponse humanitaire en cas de crise


(types d’acteurs humanitaires, rôles et objectifs en cas de crise) »

Lorsqu'une crise majeure survient, les collectivités territoriales se retrouvent en première ligne pour la
gestion de la réponse humanitaire, indépendamment de la nature de la crise (catastrophes naturelles,
sécheresses, inondations, séismes, crises sanitaires ou encore conflits armés). Face à ces situations de
rupture, les collectivités doivent mobiliser rapidement divers acteurs pour répondre efficacement aux
besoins des populations touchées et peser également sur les formes de coordination entre ces acteurs.
Certes, ces acteurs, bien que diversifiés, partagent des objectifs généraux communs, notamment sauver des
vies et limiter des dégâts pour rétablir les conditions de vie normales, leurs rôles et objectifs peuvent aussi
varier considérablement. Pour mobiliser une capacité collective pour sortir de la crise, une compréhension
de leurs statuts et rôles dans la gestion de la crise est ainsi indispensable.

1. La mobilisation des organisations internationales


Tout d’abord, en situation de crise majeure, les organisations internationales jouent un rôle essentiel pour
renforcer les capacités de réponse des collectivités territoriales. Elles apportent des ressources, offrent un
appui technique et facilitent la coordination internationale. Cependant, les missions de chaque organisation
ne se différencient pas uniquement dans une logique sectorielle, mais leurs périmètres d’action, ressources
et organisation peuvent également varier considérablement. Dans une mobilisation efficace de ces acteurs,
chacune de ces organisations contribue de manière complémentaire pour combler les lacunes dans la
réponse humanitaire.

1.1 Interagir avec les agences des Nations Unies


Les agences des Nations Unies, comme l'UNICEF, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), l'Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Bureau de
la coordination des affaires humanitaires (OCHA), interviennent au niveau local et national pour fournir une
assistance immédiate aux populations affectées et appuyer les efforts des collectivités locaux.
Ces organisations pilotent notamment le soutien logistique et la distribution de l'aide humanitaire. Le
système de l’aide internationale est organisé par secteur (santé, éducation, logement etc.), même si des
fonctions sectorielles peuvent également se manifester dans des actions transversales. L'UNICEF fournit par
exemple de l'eau potable, des kits d'hygiène et du matériel éducatif aux enfants touchés, tandis que le
Programme Alimentaire Mondiale dispose de capacités logistiques importantes, comme des flottes de
véhicules et des avions, qui permettent de livrer l'aide dans des zones difficiles d'accès.
Le système onusien est complexe avec un grand nombre d’organisations et de secteur d’intervention allant
Dans le présent document, les termes employés au masculin pour désigner des personnes sont pris au sens générique ; ils ont à la
fois valeur d’un féminin et d’un masculin
de l’organisation de la télécommunication d’urgence à la mise en place d’abris d’urgence, mais on peut
identifier certains acteurs clés qui structurent plus que d’autres la mise en place de l’aide humanitaire.
L'Organisation Mondiale de Santé joue un rôle de premier plan dans la gestion des crises sanitaires, en
soutenant les autorités locales dans la détection des maladies, la mise en place de systèmes de surveillance,
et la fourniture de médicaments et d'équipements médicaux. Lors de la crise d'Ebola en Afrique de l'Ouest,
l'OMS a par exemple coordonné les efforts internationaux pour contrôler la propagation du virus et renforcer
les systèmes de santé locaux. Toute crise majeure intègre une dimension sanitaire, ce qui donne à l’OMS une
fonction de coordination et de veille centrale.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation Internationale de la pour
les Migrations interviennent pour protéger les droits des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur de
leur propre pays. Il met en place des camps, fournit des abris temporaires et des services essentiels (santé,
éducation, sécurité), tout en travaillant avec les gouvernements pour trouver des solutions durables telles
que le retour volontaire ou l'intégration locale.
Enfin, le rôle du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) est de coordonner les efforts
des différents acteurs humanitaires en organisant des réunions de planification, en facilitant l'échange
d'informations sur les besoins et les priorités, et en veillant à ce que les interventions soient alignées sur les
plans d'intervention locaux. Cette coordination est essentielle pour éviter les duplications et les lacunes dans
la réponse.

Figure 1 : Le Centre National de Coordination des Opérations d’Urgence établi au Madagascar


avec l’appui des Nations Unies1

1
Source : [Link]
durgence-etabli-au-bngrc-avec-lappui-des-nations-unies

2/8
1.2 Saisir les acteurs activement
Les collectivités territoriales rencontrent ces organisations dans trois cas de figure principaux. Tout d'abord,
elles peuvent être amenées à participer aux instances de coordination mises en place par ces organismes,
notamment le système Cluster animé par l'OCHA. Ensuite, elles sont parfois directement ciblées par les
actions de ces organisations, ce qui les implique dans leurs activités. Enfin, les collectivités peuvent
également créer leurs propres structures de coordination et de concertation pour mieux répondre aux enjeux
locaux et coopérer avec les autres acteurs.

Figure 2 : Le Système Cluster2


Malgré l'agenda de « localisation » des processus humanitaires, un objectif d’UN OCHA, qui incite
stratégiquement à travailler davantage avec les collectivités territoriales, il ne faut pas oublier que les
instances de coordination des organisations internationales sont avant tout conçues pour coordonner les
acteurs internationaux eux-mêmes. Le système humanitaire se situe notamment souvent sur une échelle
nationale d’interactions gouvernementales et une échelle localisée d’un camp de sinistrés ou d’un projet.
L’échelle intermédiaire local ou régional des collectivités n’est pas toujours pris en compte. Il appartient donc
aux collectivités de s'engager de manière proactive dans ces instances, en faisant remonter des demandes
de ressources ou des besoins spécifiques.

2
Source : [Link]

3/8
2. Mobiliser les ONG internationales, nationales et locales
Du point de vue d'une collectivité territoriale, la mobilisation des ONG humanitaires en cas de crise
représente un partenariat nécessaire pour faire face aux défis immédiats et à long terme posés par les
situations de crise majeure. Les ONG, qu'elles soient internationales, nationales ou locales, apportent une
réponse rapide et flexible qui complète les capacités de la collectivité.

2.1 Se coordonner avec les ONG internationales


Les ONG internationales, comme Médecins Sans Frontières, le Comité international de la Croix-Rouge ou
Oxfam, possèdent des moyens financiers, logistiques et techniques considérables. Elles interviennent
souvent dans les domaines de la santé d'urgence, de la distribution de vivres, de l'approvisionnement en eau
potable et de l'installation d'infrastructures sanitaires. Ces ONG disposent également de savoir-faire
spécialisé, notamment de capacités de et d'expertise technique en gestion des épidémies ou des
déplacements massifs de population.
Les grandes organisations humanitaires ne participent pas systématiquement à tous les mécanismes de
coordination humanitaire globale, mais elles peuvent entretenir des relations bilatérales directes avec les
collectivités territoriales ou mettre en place des systèmes de coordination distincts, souvent orientés selon
une approche sectorielle. Ces organisations, en fonction de leurs priorités et de leurs domaines d'expertise,
choisissent parfois de coordonner leurs actions directement avec les autorités locales pour répondre aux
besoins spécifiques identifiés sur le terrain.
En plus des grandes ONG humanitaires, les ONG internationales peuvent également prendre la forme de
petites organisations, voire parfois d'initiatives individuelles, familiales ou communautaires. Souvent, ces
petites structures ont déjà établi un lien préalable avec le territoire affecté, ce qui leur permet de mobiliser
rapidement des ressources et de s'appuyer sur un réseau local. Leur connaissance du contexte et des besoins
spécifiques des populations peut représenter un atout considérable, mais elles risquent d'être négligées face
aux acteurs spécialisés dans la gestion de crise humanitaire, qui disposent de moyens plus importants et
d'une visibilité accrue.
Il existe aussi des cas où des organisations sans ancrage local interviennent dans le sillage d'une crise
fortement médiatisée, ce qui peut parfois s'apparenter à du "tourisme de catastrophe". Ces interventions,
bien qu'animées de bonnes intentions, peuvent manquer de coordination et d'efficacité, voire nuire aux
efforts en cours. Pour mieux gérer la diversité des acteurs humanitaires, les collectivités peuvent anticiper
en créant et en maintenant un registre des organisations de confiance en période normale. Ce registre
permettrait d'identifier les ONG ayant une expérience préalable sur le terrain et une crédibilité reconnue,
facilitant ainsi leur mobilisation et leur coordination en cas de crise, tout en minimisant les interventions non
coordonnées et les risques associés.

2.2 Les ONG nationales et locales


Les ONG nationales et locales, bien qu'ayant des ressources plus limitées, jouent un rôle fondamental grâce
à leur enracinement dans le tissu social local, leur connaissance approfondie des dynamiques culturelles,
ethniques et confessionnels, leur capacité linguistique et des besoins spécifiques des communautés. Elles
facilitent l'accès aux populations les plus vulnérables, souvent difficiles à atteindre par les acteurs
internationaux, et contribuent à une évaluation plus précise des besoins sur le terrain. Elles participent aussi
à la sensibilisation communautaire, à la médiation pour l'accès aux ressources et à la gestion des conflits
locaux, ce qui est crucial dans les contextes de crise prolongée ou de conflits armés.

4/8
Les rôles des ONG incluent le secours immédiat, avec des actions visant à sauver des vies en fournissant des
soins médicaux, de la nourriture, des abris, et des kits d'hygiène. Elles interviennent aussi dans la protection
des personnes les plus à risque, comme les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou les
personnes en situation de handicap. Au-delà de l'urgence, les ONG s'impliquent dans les efforts de
réhabilitation et de reconstruction, par exemple en soutenant le relèvement économique à travers des
programmes de moyens de subsistance, la réhabilitation des infrastructures de santé et d'éducation, ou
encore la formation des acteurs locaux à la gestion des risques de catastrophes.
Pour la collectivité territoriale, le partenariat avec ces ONG est essentiel afin de coordonner les interventions
et d'optimiser l'impact de l'aide. La collectivité veille à orienter les actions des ONG en fonction des priorités
identifiées dans des plans de réponse d'urgence et à éviter la duplication des efforts et des conflits. Elle
facilite également l'accès aux zones affectées en fournissant des autorisations administratives, en sécurisant
les voies d'acheminement de l'aide, et en assurant la liaison avec les communautés locales. L'objectif global
est de s'assurer que l'aide humanitaire soit équitablement distribuée, culturellement appropriée, et durable,
tout en renforçant les capacités locales pour mieux faire face aux crises futures.

2.3 Les bailleurs de fonds internationaux


Les bailleurs internationaux, y compris les gouvernements étrangers, les institutions multilatérales et les
fondations privées, financent en grande partie les efforts de réponse aux crises majeurs. Leurs contributions
permettent de financer les opérations humanitaires, d'acheter des biens de première nécessité, de soutenir
les infrastructures de santé et d'éducation, et de rétablir les moyens de subsistance des populations
affectées. Les bailleurs de fonds peuvent également jouer un rôle dans la coordination des efforts, en veillant
à ce que l'aide soit alignée sur les priorités définies par les autorités locales et les acteurs sur le terrain. Même
si une collectivité territoriale est rarement en contact direct avec cette échelle d’action en cas d’une crise
majeure.

3. Les acteurs « locaux »


3.1 Les forces de sécurité et de défense
Les forces de sécurité, y compris la police et l'armée, sont souvent mobilisées pour garantir la sécurité des
opérations humanitaires et des populations affectées. En cas de catastrophe naturelle, elles participent
également aux opérations de sauvetage et d'évacuation, à la mise en place des infrastructures temporaires
(camps de déplacés, hôpitaux de campagne), et à la distribution de l'aide. Dans le cadre de conflits armés ou
de situations d'insécurité, leur rôle peut inclure la sécurisation des zones d'intervention pour permettre
l'accès des humanitaires.

3.2 Les communautés locales et les leaders traditionnels


Les communautés locales, incluant les leaders communautaires, les chefs traditionnels et les groupes
d'entraide, sont souvent les premiers à répondre à la crise avant même l'arrivée des secours extérieurs. Leur
connaissance du terrain et des dynamiques sociales locales est précieuse pour identifier les besoins
prioritaires et les groupes les plus vulnérables. Les leaders traditionnels facilitent la coordination de l'aide au
niveau communautaire, assurent la communication avec les populations touchées, et jouent un rôle
important dans la résolution des conflits, notamment lorsqu'il s'agit de l'accès aux ressources ou des
déplacements de population.

5/8
3.3 Le secteur privé
Le secteur privé, bien qu'il ne soit pas traditionnellement associé à la réponse humanitaire, joue un rôle de
plus en plus important dans les crises majeures. Les entreprises locales peuvent fournir un soutien logistique
(transport, stockage de l'aide), des services de télécommunications pour faciliter les communications
d'urgence, ou encore contribuer à la collecte de fonds pour les opérations de secours. Le secteur privé peut
aussi être impliqué dans la reconstruction des infrastructures endommagées et le redémarrage de
l'économie locale.

4. Comment naviguer la multiplicité d’acteurs dans une crise majeure


Lors d'une crise humanitaire, les collectivités territoriales se trouvent donc au cœur de la gestion des secours,
en devant répondre rapidement aux besoins des populations tout en coordonnant une multiplicité d'acteurs
(ONG, agences internationales, services étatiques, secteur privé, communautés locales). La diversité de ces
intervenants peut rendre la gestion complexe, mais certaines stratégies permettent de naviguer
efficacement cette pluralité et d'assurer une réponse cohérente et adaptée.
Tout d'abord, comme le module antérieur l’a démontré, il est essentiel que la collectivité territoriale assume
un rôle de coordination centrale, servant de point de rassemblement pour harmoniser les efforts de chacun.
Pour cela, elle peut organiser des réunions de coordination régulières afin d'éviter les duplications et
maximiser l'impact des interventions.

4.1 Créer des partenariats


La coopération avec les différents intervenants nécessite la mise en place de partenariats et d’accords de
collaboration préalables en amont. Ces accords n’entrent pas toujours dans le cadre de ce qui est considéré
de la prévention ou de la préparation des désastres par les organisations internationales. La collectivité peut
notamment créer des partenariats en amont pour planifier la gestion de crise. Des protocoles d’accord
peuvent être signés avec des ONG qui sont déjà présentes dans une commune ou dans une région pour
clarifier les rôles et responsabilités de chacun. Les partenariats public-privé sont également possibles pour
mobiliser des ressources supplémentaires, qu’elles soient financières, matérielles ou logistiques.
En parallèle, il est indispensable de renforcer les capacités locales. La formation des agents de la collectivité
et des volontaires sur la gestion des crises, les premiers secours et les mécanismes de coordination d'urgence
contribue à renforcer la résilience des acteurs locaux. De plus, l'implication des communautés locales, par le
biais de leurs leaders ou d'associations, garantit une meilleure acceptation des actions entreprises et favorise
la mobilisation de la population.
La gestion de l'information est un autre aspect crucial pour naviguer la multiplicité d'acteurs. La cartographie
des intervenants et des ressources disponibles, ainsi que la mise en place de systèmes de suivi des besoins
de la population, permettent de cibler les interventions là où elles sont le plus nécessaires et d’éviter les
redondances. Des systèmes d'alerte précoce et de suivi en temps réel des évolutions de la crise peuvent aussi
être intégrés pour ajuster les réponses de manière agile et proactive.

4.2 Faire du plaidoyer pour une bonne coordination


Le rôle de la collectivité territoriale s’étend également au plaidoyer pour un soutien coordonné. La gestion
de crise internationale n’inclut pas toujours les acteurs sur place et selon la crise des questions de légitimité
de l’intervention internationale peuvent apparaître. Les collectivités locales représentent dans ces situations
les intérêts locaux auprès des autorités nationales et internationales, tout en informant régulièrement les

6/8
bailleurs des besoins prioritaires sur le terrain. Cette démarche de plaidoyer peut contribuer à mobiliser des
ressources financières et techniques supplémentaires, tout en veillant à une répartition équitable de l’aide.
La planification en amont est un élément incontournable. Avant qu'une crise ne survienne, la collectivité doit
élaborer des plans d'urgence qui impliquent tous les acteurs humanitaires, les services de secours et les
agences gouvernementales, définissant ainsi clairement les rôles et les procédures à suivre en cas de crise.
Ceci permet de d’assurer que les intérêts locaux soient pris en charge par l’aide humanitaire. Des exercices
de simulation avec les différents partenaires permettent d’évaluer la qualité de la coordination et d’identifier
les tensions entre l’échelle d’action locale et les organisations internationales.

4.3 Médier des conflits


Enfin, il est important de prévoir des mécanismes de gestion des conflits, car des divergences d’intérêts lors
d’une intervention humanitaire majeure peuvent survenir entre les acteurs. La collectivité peut mettre en
place des procédures de médiation pour résoudre les différends entre objectifs et logiques d’action de
manière pacifique. La transparence dans la prise de décision, notamment concernant la distribution des
ressources, est essentielle pour minimiser les tensions et instaurer un climat de confiance.
La collectivité en tant qu’acteur légitime et localement ancré peut établir un cadre institutionnel clair pour la
médiation, qui implique la formation de comités de gestion de crise composés de représentants des
différentes parties prenantes, telles que les autorités locales, les leaders communautaires, les organisations
humanitaires et les populations affectées. Ces comités peuvent agir comme des forums de dialogue où les
préoccupations et les revendications de chaque acteur sont exprimées et discutées ouvertement.
La collectivité territoriale peut également s’appuyer sur les mécanismes traditionnels de résolution des
conflits, souvent incarnés par les chefs coutumiers ou les sages, qui jouent un rôle respecté dans de
nombreuses communautés africaines. En intégrant ces acteurs traditionnels dans le processus de médiation,
la collectivité renforce la légitimité des décisions prises et encourage une adhésion plus large aux solutions
proposées.
En parallèle, l’organisation de consultations régulières avec la population permet de recueillir les avis et les
attentes des communautés locales, et d’adapter les stratégies de réponse aux besoins réels. La collectivité
doit veiller à ce que les processus de médiation soient inclusifs, en prenant en compte les voix des groupes
marginalisés, tels que les femmes, les jeunes et les minorités. Cela contribue à prévenir l'exacerbation des
tensions et à renforcer le tissu social.
Enfin, la transparence ne se limite pas à la prise de décision ; elle doit également s’étendre à la
communication sur l'utilisation des ressources, l’aide humanitaire reçue et les critères de distribution. Un
système de suivi et d'évaluation des interventions permet de garantir que les actions entreprises soient justes
et équitables, tout en permettant de rectifier les stratégies en cas de nouveaux défis.

7/8
Bibliographie
African Union. (2015). Humanitarian policy framework. African Union Commission.
International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies. (2019). World disasters report 2018:
Leaving no one behind. (Includes analysis of humanitarian responses in African contexts).
Sherine El Taraboulsi-McCarthy, Nisar Majid and Barnaby Willitts-King (2017). Private sector engagement in
complex emergencies: case studies from Yemen and southern Somalia. ODI.
Pirotte, C., Husson, B., & Grunewald, F. (Eds.). (2000). Entre urgence et développement : Pratiques
humanitaires en question. Karthala.
Leblanc, M. N. (2013). Les ONG confessionnelles en Afrique de l'Ouest : un équilibre précaire entre
prosélytisme et professionnalisme au Burkina Faso. Canadian Journal of Development Studies/Revue
canadienne d'études du développement, 34(2), 236-256.
Mengue, T. M., & Troit, V. (2023). Transition humanitaire au Cameroun. Karthala.
El Taraboulsi, S., Krebs, H. B., Zyck, S. A., & Willitts-King, B. (2016). Les organisations régionales et l’action
humanitaire : Repenser l’engagement régional (Rapport du HPG). Humanitarian Policy Group.

8/8

Vous aimerez peut-être aussi