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Anesthésiques Locaux : Pharmacologie et Toxicité

Le document traite des anesthésiques locaux, classés en deux types : esters et amides, avec des détails sur leur structure, mécanisme d'action, propriétés physicochimiques et métabolisme. Il aborde également les effets systémiques et la toxicité, ainsi que des stratégies de prévention des effets indésirables. Enfin, il mentionne l'utilisation d'additifs comme l'adrénaline et la clonidine pour améliorer l'efficacité des anesthésiques locaux.

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Anesthésiques Locaux : Pharmacologie et Toxicité

Le document traite des anesthésiques locaux, classés en deux types : esters et amides, avec des détails sur leur structure, mécanisme d'action, propriétés physicochimiques et métabolisme. Il aborde également les effets systémiques et la toxicité, ainsi que des stratégies de prévention des effets indésirables. Enfin, il mentionne l'utilisation d'additifs comme l'adrénaline et la clonidine pour améliorer l'efficacité des anesthésiques locaux.

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Pharmacologie Clinique.

Dr Ben M’na 1

Les anesthésiques locaux


I- Structure

Il existe 2 classes d’anesthésiques locaux:

- les AL type ester: procaïne, chloroprocaïne, cocaïne

- les AL type amide: lidocaïne, mépivacaïne, bupivacaïne, lévopubivacaïne,


ropivacaïne

Les AL sont des bases faibles à fraction non ionisée prédominante.

Insolubles dans l’eau, les AL sont préparés dans l’acide de chloralhydrate


(sels chlorés avec un ph 4-7)

II- Mécanisme d’action

L’Entrée de Na+ dans le cytoplasme entraine la dépolarisation cellulaire.

Les AL ionisés se lient aux canaux sodiques du coté intracellulaire et les


bloquent.

Ce blocage est facile pour les petites fibres nerveuses non myélinisées par
rapport aux grosses fibres myélinisées. C’est ce qui explique la
chronologie d’installation du bloc:

1- fibres B (sympathique)

2- fibres C et Aδ (sensibilité thermo-algique)

3- fibres Aβ (sensibilité épicritique)

4- fibres Aα (motricité)

La régression du bloc se fait dans le sens inverse.


Pharmacologie Clinique. Dr Ben M’na 2

III- Propriétés physicochimiques :

Le PM des AL se situe entre 220 à 280 Da.

La liposolubilité conditionne la puissance de l’AL.

Les AL se lient aux glycoprotéines acides α1. Plus le taux de liaison est
élevé plus durée d’action est longue

IV- Métabolisme :
1- AL type ester:

Les AL type ester sont métabolisés par :

 Pseudo cholinestérases ou les cholinestérases plasmatiques.

 Acétylcholinestérases érythrocytaires (dans les tissus nerveux).

2- AL type amide:

Les AL type amide sont métabolisés par les enzymes hépatiques.

V- Effets systémiques et toxicité


1- Prévention de la toxicité:

La prévention des effets toxiques cardiovasculaires et neurologiques


des AL passe par :

 Le respect du calcul des doses toxiques:

- lidocaïne, mépivacaïne sans adrénaline 4mg/kg

- lidocaïne, mépivacaïne adrénalinés 7 mg/kg

- bupi, lévo, ropi sans adrénaline 3mg/kg

- bupi, lévo, ropi adrénalinés4mg/kg

 Les doses toxiques sont additives.

 L’utilisation des agents les moins cardiotoxiques: lévo et ropi.


Pharmacologie Clinique. Dr Ben M’na 3

 L’injection lente et fractionnée des AL.

 La recherche d’un reflux de sang.

 L’administration de solutions faiblement concentrées.

2- Système cardiovasculaire:

 Arythmie par diminution de l’automatisme cardiaque et de la


période réfractaire :

- ESV et ESSV ou hypotension artérielle sont les signes précurseurs


d’une intoxication.

 Cardiomyodépression

 Vasodilatation

Le traitement d’urgence de la toxicité des AL est l’Intralipide 20%: 1-1,5


ml/kg en 1 min à répéter 3 fois toutes les 5 min puis perfusion de 0,25-
0,5 ml/kg/min dès qu’un rythme sinusal réapparait jusqu’à l’obtention
d’une stabilité HD pendant 30 min.

3- Système respiratoire:

 Diminution de la réponse ventilatoire à l’hypoxie

 Diminution du réflexe oropharyngé

4- Système nerveux central

 Encéphalopathie:

Les symptômes apparaissent en principe dans l’ordre suivant : gout


métallique, paresthésies, bourdonnement d’oreille, vertige, confusion
mentale, convulsion et come.
Pharmacologie Clinique. Dr Ben M’na 4

Dès l’apparition des premiers symptômes : Midazolam 0,1 mg/kg et O2.


En cas de convulsion, administrer 50 à 100 mg de Thiopental +O2 ±
IOT.

 Syndrome de la queue de cheval surtout lors de l’utilisation de


lidocaïne intrathécale à des concentrations de 5% ou des doses >
100 mg.

5- Système locomoteur

 Myonécrose si injection intramusculaire, la récupération se fait en 3


à 4 semaines.

VI- Additifs

L’adjonction d’un additif permet de réduire le délai d’action, prolonger la


durée et augmenter la puissance

1- Adrénaline:

 Son effet vasoconstricteur permet de diminuer la résorption de l’AL,


ce qui prolonge la durée d’action de 30 à 50%.

 Son adjonction se fait dans les blocs centraux et périphériques

 CI: bloc périphériques des extrémités, angor instable et arythmie

2- Clonidine

 Prolonge la durée de 30-50%

 0,5 -1µg /kg

 Utilisable dans les blocs centraux et périphériques

3- Opiacés

 Prolongent l’analgésie

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