Pneumologie : Cours et Sémiologie
Pneumologie : Cours et Sémiologie
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MALADIES DE
L’APPAREIL
RESPIRATOIRE
Notes de cours
par
Dr Tsongo Kibendelwa,
Professeur à l’Université de Kisangani
2008
Prof. Tsongo Kibendelwa PNEUMOLOGIE
PRÉRÉQUIS
CONTENU DU COURS
I. SEMIOLOGIE RESPIRATOIRE
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BIBLIOGRAPHIE
1. BEERS M.H., BERKOW R. et al : Manuel Merck de Diagnostic et thérapeutique. Ed. Après, Paris, 1999.
2. HEROLD G. : Medecine Interne, une approche systematique. De Boeck & Larcier, Bruxelles, 2004.
3. KASPER D. L., BRAUNWALD E., FAUCI A. S., HAUSER S.L. et al. : Harrison Principes de Médecine
Interne. Flammarion Médecine-Sciences, Paris, 2006.
4. LEBEAU B. : Pneumologie. Ellipses, Paris, 1989.
5. PNT Programme National de Lutte contre la Tuberculose, Ministère de la Santé : Guide Technique du
Programme National anti-tuberculeux intégré aux soins de santé primaires P.A.T.I.4, Kinshasa, 2004.
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I.
SEMIOLOGIE RESPIRATOIRE
Chap. 1
La toux
C‟est l‟expiration brutale tendant à expulser les substances contenues dans les voies
respiratoires. Elle protège les poumons contre l‟inhalation. L‟interrogatoire déterminera :
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La dyspnée
C‟est une sensation anormale de gêne respiratoire. La perception désagréable ou inquiétante
d‟une augmentation disproportionnée de la ventilation pour un effort minime est un type
fréquent de dyspnée : c‟est l‟essoufflement à l‟effort ou souffle court. On peut également
observer des perceptions décrites comme oppression respiratoire : sensation de fatigue des
muscles respiratoires, perception d‟un retard à l‟évacuation de l‟air pendant l‟expiration,
sensation désagréable du caractère impérieux de l‟inspiration en fin de l‟expiration,
perception d‟un effort musculaire plus intense pour dilater le thorax à l‟inspiration, ou expirer
l‟air contenu des poumons.
Types de dyspnée
- La dyspnée physiologique : C‟est le type le plus fréquent. Elle est associée à l‟activité
physique. La ventilation est augmentée de façon soutenue par l‟hyperstimulation
respiratoire entretenue par des facteurs métaboliques ou d‟autres facteurs non définis.
La dyspnée est fréquente en cas d‟hypoxie aiguë comme en haute altitude,
d‟inhalation d‟une concentration élevée de CO2 ou de CO.
- La dyspnée pulmonaire : Elle est due à des troubles restrictifs avec diminution de la
compliance pulmonaire ou thoracique et à des troubles obstructifs avec augmentation
de résistance des voies aériennes. Les patients avec une dyspnée restrictive ont
habituellement une respiration normale au repos mais deviennent très dyspnéiques à
l‟effort lorsque la ventilation pulmonaire se rapproche de leur capacité pulmonaire
totale qui est fortement diminuée. En cas de dyspnée obstructive, l‟augmentation des
efforts ventilatoires provoque une dyspnée même au repos et la respiration est
laborieuse et lente, surtout au temps expiratoire. Ce type de dyspnée s‟empire toujours
à l‟effort et à l‟exercice. Les explorations fonctionnelles peuvent quantifier toute
affection restrictive ou obstructive.
- La dyspnée cardiaque : Elle s‟observe aux différents stades de l‟insuffisance
cardiaque. Le débit cardiaque ne parvient pas à s‟adapter à l‟augmentation des besoins
métaboliques à l‟effort. La commande ventilatoire est très augmentée à cause de
l‟acidose tissulaire et cérébrale qui provoque une hyperventilation. Les
mécanorécepteurs pulmonaires, par voie réflexe, contribuent à l‟hyperventilation.
L‟asthme cardiaque est un état d‟insuffisance respiratoire aiguë avec bronchospasme,
wheezing et hyperventilation. Il est dû à une insuffisance ventriculaire gauche.
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La douleur thoracique
La douleur respiratoire doit être distinguée des douleurs provenant d‟autres appareils. La
nature et les circonstances d‟apparition, l‟examen physique et les examens radiologiques,
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Le wheezing
Ce sont des bruits sifflants, de caractère musical, produits pendant la respiration. Le wheezing
n‟apparaît que lorsqu‟il y a une obstruction des voies aériennes à un niveau quelconque. Il est
souvent associé à une dyspnée. L‟auscultation du thorax, du larynx et de la bouche ouverte
confirment le wheezing et permettent de préciser sa localisation, sa tonalité et son ou ses
timbres s‟il est polyphonique. Un souffle monocorde localisé est susceptible de correspondre
à une obstruction bronchique localisée. Les épreuves fonctionnelles pulmonaires sont utiles
pour l‟exploration d‟un wheezing et la radiographie est importante pour éliminer une tumeur
ou des corps étrangers, de même que la cytologie des expectorations et la fibroscopie
trachéobronchique.
Le stridor
C‟est un bruit musical, audible sans stéthoscope, à prédominance inspiratoire. Le stridor est
un phénomène physique dû à l‟obstruction des voies respiratoires supérieures. Il est
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habituellement assez intense pour être perçu à une certaine distance du patient mais ne peut
être audible que quand le patient respire profondément. Il est principalement inspiratoire, mais
on peut l‟attendre aussi pendant l‟expiration. Le stridor est distingué du wheezing car il est
plus bruyant et de prédominance inspiratoire et le son est plus sonore au niveau du larynx que
du thorax. Il peut être produit volontairement au niveau du larynx par un mouvement
paradoxal des cornes vocales au cours de la respiration. La présence du stridor est
préoccupante et impose une observation minutieuse. Il peut représenter un signe précoce
d‟une obstruction imminente des voies respiratoires supérieures pouvant mettre la vie en
danger. Chez l‟enfant, il peut être dû à une épiglottite. Chez l‟adulte, il peut être dû à divers
mécanismes d‟obstruction des voies respiratoires tels que l‟œdème de la glotte, un corps
étranger inhalé, un abcès rétropharyngien.
L’hémoptysie
C‟est une expectoration de sang due à un saignement des voies respiratoires. L‟expectoration
de crachats striés de sang est assez fréquente et habituellement bénigne. Mais, si elle est
abondante ou récidivante, elle est un signe inquiétant pouvant menacer le pronostic vital,
nécessitant d‟établir en urgence l‟origine et la localisation du saignement. L‟hémoptysie est
massive si elle est de volume supérieur ou égal à 600 ml de sang par 24 heures. L‟hémoptysie
doit être distinguée de l‟hématémèse et des saignements coulant dans l‟arbre
trachéobronchique à partir du nez, de la bouche ou du nasopharynx. Le malade est parfois
capable de percevoir et d‟indiquer l‟origine du saignement, et même de préciser l‟hémithorax
en cause. L‟anamnèse et l‟examen physique, la radiographie du thorax, la bronchofibroscopie
sont utiles dans la démarche diagnostique. La scintigraphie, l‟angiographie le scanner du
thorax et l‟étude de l‟hémostase peuvent s‟imposer dans certains cas.
La cyanose
C‟est la coloration bleutée de la peau et des muqueuses due à un excès de taux d‟hémoglobine
réduite dans le sang. Habituellement, la cyanose n‟est pas détectable au-dessous d‟une
saturation en oxygène (SaO2) inférieure à 85% ou de 5g/dl d‟hémoglobine réduite. Elle est
moins facilement détectable en présence d‟une anémie et plus facilement en cas de
polyglobulie. La cyanose périphérique est liée à la stase, l‟oxyhémoglobine étant réduite plus
que normalement du fait de la prolongation du temps de circulation sanguine périphérique. La
cyanose centrale est provoquée par l‟hypoxémie artérielle et elle se produit dans les
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muqueuses, chaudes aussi bien que dans la peau moins chaude. La cyanose centrale est
d‟origine pulmonaire ou cardiaque (cardiopathies cyanogènes).
L’hippocratisme digital
C‟est l‟épaississement des phalanges distales des doigts avec pertes de l‟angle de la matrice
de l‟ongle. Le bombement des doigts est observé dans diverses affections cardiaques
congénitales cyanogènes et nombre des troubles respiratoires essentiellement les tumeurs
pulmonaires (surtout malignes) et les infections pulmonaires chroniques (par ex.
bronchiectasies et abcès pulmonaire). L‟hippocratisme digital est rare chez les malades
présentant une affection bronchique obstructive chronique ou une tuberculose pulmonaire
chronique. S‟il apparaît chez des tels patients, une tumeur peut être suspectée. Parfois, il peut
être congénital et sans anomalies adjacentes. L‟aspect de l‟hippocratisme digital varie,
probablement en fonction de la rapidité avec laquelle il se développe. Le rapport entre le
diamètre antéropostérieur du doigt au niveau de la matrice de l‟ongle et le diamètre
antéropostérieur au niveau de l‟articulation interphalangienne distale est l‟une des mesures de
l‟hippocratisme digital. Si ce rapport est supérieur à 1, on peut admettre l‟existence d‟un
hippocratisme digital. Une anomalie acquise de la matrice de l‟ongle et son bombement sont
souvent présents dans l‟hippocratisme digital.
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- La capacité vitale forcée CVF, similaire à la CV, est le volume d‟air expiré avec une
force maximum. La CV peut être très supérieure à la CVF chez les sujets présentant
une obstruction aérienne. Pendant la manœuvre CVF, les voies aériennes terminales
peuvent se fermer prématurément et l‟air distal est piégé et n‟est pas mesuré par le
spiromètre.
- La capacité pulmonaire totale CPT est le volume total d‟air contenu dans les poumons
à la suite d‟une inspiration forcée.
- La capacité résiduelle fonctionnelle CRF est le volume d‟air dans les poumons à la fin
d‟une expiration normale lorsque tous les muscles respiratoires sont relâchés. Elle
permet d‟estimer l‟amplitude des variations possibles de volume courant. La CVF
correspond au point d‟équilibre entre la pression de rétraction élastique du thorax, qui
tend à augmenter le volume pulmonaire, et celle des poumons, qui tend à les réduire.
Ces forces opposées sont normalement égales à environ 40% de la CPT. La perte de la
force de rétraction élastique des poumons observée dans l‟emphysème provoque une
augmentation de la CVF et à l‟inverse l‟augmentation de la rigidité du poumon en cas
d‟œdème pulmonaire ou de fibrose interstitielle et d‟autres processus restrictifs
provoque l‟abaissement de la CVF. La CRF a deux composantes : le volume résiduel
VR, volume d‟air restant dans les poumons à la fin d‟une expiration maximale et le
volume de réserve expiratoire VRE : VRE = CRF-VR. Le VR correspond
normalement à 25% de la CPT. Le VR varie parallèlement à la CRF, à 2 exceptions :
dans les pathologies pulmonaires restrictives et dans celles de la cage thoracique, le
VR décroît moins que la CRF et la CPT, et dans la maladie des petites voies
respiratoires, la fermeture précoce pendant l‟expiration provoque une rétention d‟air
de sorte que le VR est augmenté alors que la CRF et le VEMS restent presque
normaux. Dans la broncho-pneumopathie chronique obstructive et dans l‟asthme, le
VR augmente plus que la CPT, produisant une certaine diminution de la CV. Dans
l‟obésité, le VRE est de manière caractéristique diminué à cause de la réduction
notable de la CRF et de la préservation relative du VR.
- La capacité inspiratoire est la différence entre la CPT et la CRF.
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La mécanique respiratoire :
- La résistance des voies aériennes RVA peut être directement mesurée à l‟aide d‟un
pléthysmographe corporel qui détermine la pression nécessaire pour obtenir un débit
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donné. Cependant, la RVA est plus souvent déduite des volumes pulmonaires
dynamiques et du débit expiratoire qui peuvent être obtenus plus facilement.
- La pression inspiratoire maximum PIM et la pression expiratoire maximum PEM
mesurent la force des muscles respiratoires alors que le patient effectue une inspiration
et une expiration forcées avec un embout buccal étanche relié à une jauge de pression.
Ces pressions maximales sont diminuées en cas d troubles neuromusculaires.
Etude des voies aériennes de petit calibre : L‟état des petites bronches est reflété par le
DEM25-75% et le débit expiratoire dans les derniers 25 à 50% de la CVF, facile à déterminer
sur la courbe débit-volume. Des tests plus perfectionnés de la fonction des petites bronches
existent mais ajoutent peu aux mesures précédentes, par ex. Variations de la compliance
pulmonaire selon la fréquence respiratoire (Compliance dynamique), Volume de fermeture et
Capacité de fermeture. Ces tests ont peu de place en clinique.
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Mesures des gaz du sang artériel : La PaO2 et la PaCO2 reflètent l‟adéquation et l‟efficacité
des échanges gazeux entre le poumon et le sang veineux. La PaCO2 est normalement
comprise entre 35 et 45 mmHg. Une augmentation de la production de CO2 (VCO2) provoque
normalement une augmentation adéquate des mouvements ventilatoires et de la ventilation
alvéolaire (VA) prévenant toute augmentation de la PaCO2. La VA et la PaCO2 sont
inversement proportionnelles à tout niveau donné de la VCO2 (c.-à-d. la VA x PaCO2 = k x
VCO2). La PaO2 est considérablement inférieure à la PO2 de l‟air inspiré (PIO2) et quelque
peu inférieure à la PAO2.
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Imagerie thoracique
Les techniques d‟imagerie comprennent :
- la radiographie du thorax conventionnelle en positions postérieure, antérieure, latérale,
et parfois oblique ou en décubitus latéral,
- le scanner (CT scan, tomodensitométrie TDM) avec ou sans produit de contraste ou
techniques à haute résolution,
- l‟angiographie pulmonaire ou bronchique avec produit de contraste et ou méthodes
digitales de soustraction,
- l‟échographie en particulier pour la cavité pleurale,
- l‟IRM, l‟angiographie à résonance magnétique ARM,
- la TEP (tomographie par émission de positrons) peut compléter les techniques
conventionnelles d‟imagerie. La TEP donne une image de l‟activité métabolique
plutôt que l‟image anatomique produite par la radiographie conventionnelle. La TEP
met en évidence des zones avec augmentation du métabolisme glucidique et peut être
utilisée pour distinguer les tumeurs bénignes des tumeurs malignes.
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Thoracentèse
C‟est la ponction à travers la paroi thoracique pour extraire du liquide pleural. La thoracentèse
diagnostique est souvent utilisée pour déterminer l‟étiologie d‟un épanchement pleural. La
thoracentèse thérapeutique est effectuée pour soulager l‟insuffisance respiratoire provoquée
par un épanchement pleural massif et pour introduire des médicaments comme agents
sclérosants ou antinéoplasiques.
Complications possibles : pneumothorax, hémorragie, syncope, embolie gazeuse, infection,
lésions hépatiques et spléniques, œdème pulmonaire.
Thoracoscopie
C‟est un examen par voie endoscopique de l‟espace pleural après l‟induction d‟un
pneumothorax. Elle doit être distinguée de la chirurgie thoracique vidéo-assistée (CTVA). La
thoracoscopie est essentiellement utilisée pour le diagnostic d‟une pathologie pleurale et pour
la pleurodèse. Par contre, la CTVA est utilisée pour effectuer une intervention chirurgicale
thoracique avec une invasion minime.
Complications : comme thoracentèse.
Drainage pleural
C‟est l‟insertion d‟un drain dans l‟espace pleural par une petite incision. L‟insertion d‟un
drain et le drainage sont généralement utilisés dans le pneumothorax spontané ou traumatique
avec plus de 25% de collapsus, s‟il y a une défaillance respiratoire ou des anomalies des
échanges gazeux, dans les épanchements pleuraux massifs ou récidivants bénins qui ne
répondent pas à la thoracentèse, dans l‟empyème, dans l‟hémothorax, dans les épanchements
pleuraux malins.
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En cas de pneumothorax, les drains sont habituellement mis en place dans les 2è ou 3è espace
intercostal antérieur au niveau de la ligne médioclaviculaire et le drain est orienté vers l‟apex
pulmonaire. En cas d‟épanchements pleuraux liquidiens, le drain est implanté dans le 5è ou 6è
espace intercostal au niveau de la ligne médio-axillaire, avec une orientation postérieure. Les
drains utilisés en cas d‟épanchements localisés ou empyèmes seront orientés selon le besoin.
Le drain est relié à un système de drainage sous eau ou à une pompe d‟aspiration. Dans
certains cas, le pneumothorax ne peut être réduit sans aspiration utilisant une valvule
unidirectionnelle de Heimlich. Une radiographie du thorax est effectuée après l‟insertion du
drain pour vérifier sa position et sa fonction. Si l‟indication est un pneumothorax, le drain est
clampé pendant plusieurs heures avant d‟être retiré et on effectue une radiographie du thorax
pour être certain que la fuite pleurale a cessé. Chez les patients sous ventilation assistée en
pression positive, le drain st souvent laissé en place jusqu‟au sevrage de la ventilation
assistée.
Complications : hémorragie, emphysème sous-cutané, infection, œdème pulmonaire.
Bronchoscopie
La bronchoscopie permet l‟observation visuelle directe des voies aériennes supérieures et de
l‟arbre trachéobronchique, le prélèvement des sécrétions et des cellules du tractus respiratoire,
et la biopsie des voies aériennes, du poumon et des structures médiastinales. La
bronchoscopie est utilisée pour le diagnostic et le traitement
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Médiastinoscopie
C‟est l‟examen endoscopique du médiastin. La médiastinoscopie est utilisée pour la définition
du stade de la maladie chez les patients ayant un cancer pulmonaire, particulièrement chez
ceux qui ont des ganglions lymphatiques augmentés de volume à la radiographie
conventionnelle ou au scanner. Elle peut être utilisée aussi pour le diagnostic des masses
médiastinales, ou pour l‟analyse des ganglions chez les patients ayant un lymphome ou une
maladie granulomateuse.
Complications : saignement, paralysie des cordes vocales (lésion du N. laryngé récurent),
chylothorax.
Médiastinotomie
La médiastinotomie antérieure ou intervention de Chamberlain est la voie d‟accès
médiastinale par l‟intermédiaire d‟une incision pratiquée dans le 2è espace intercostal gauche
juxtasternal. Ceci permet un accès direct aux ganglions de la fenêtre aortopulmonaire, qui
sont inaccessibles à la médiastinoscopie. Les ganglions de la fenêtre aortopulmonaire sont
souvent le site de métastases des cancers du lobe supérieur gauche. Les complications sont
liées à la procédure chirurgicale utilisée, il s‟agit notamment d‟un pneumothorax, d‟infections
de la plaie, et rarement, des lésions des grands vaisseaux.
Complications : pneumothorax, infection, lésions des gros vaisseaux.
Thoracotomie
La thoracotomie à thorax ouvert permet un prélèvement au niveau de la plèvre, du hile et du
médiastin. Néanmoins, l‟utilisation appropriée d‟autres techniques chirurgicales a fortement
réduit la nécessité de recourir à la thoracotomie. La biopsie sous thoracotomie est très rentable
chez les patients ayant des problèmes pulmonaires diffus ou localisés non diagnostiqués et
dont le diagnostic certain améliorerait peut-être la prise en charge. Elle est indiquée chez les
patients ayant des problèmes pulmonaires d‟étiologie inconnue, en cas d‟échec des techniques
moins invasives ou lorsque d‟autres techniques sont plus dangereuses ou ne permettent pas le
diagnostic.
Complications possibles : hémorragie, infection, fistule bronchopleurale et accident
anesthésique.
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Aspiration trachéale
Elle consiste en l‟aspiration des sécrétions et des cellules trachéales et des bronches souches.
Elle nécessite une asepsie rigoureuse. Elle est fréquemment utilisée chez les patients
incapables de vider par la toux leurs vois aériennes encombrées de sécrétions excessives. Elle
est facilement effectuée chez les patients porteurs d‟une sonde endotrachéale ou de
trachéotomie.
Une aspiration peut être effectuée par voie nasale ou buccale. Dans ce cas, on utilise une
sonde stérile, souple et flexible à usage unique, munie d‟une valve latérale proximale avec
une pression d‟aspiration négative de 20-30 cm d‟eau. Le cathéter peut être raccordé à un
piège d‟aspiration pour des examens bactériologiques et cytologiques. Avec la voie
transnasale, le patient doit être assis avec appui, avec le cou en légère flexion. Le médecin
saisit la langue avec une compresse et la tire en avant et avec l‟autre main pousse doucement
le cathéter par le nez vers la trachée, pendant l‟inspiration. L‟aspiration se fait alors de façon
intermittente pendant 2 à 5 secondes. Les bronches peuvent être aspirées en tournant la tête du
patient du coté opposé à la bronche souche devant être aspirée et le cathéter est poussé le long
de la trachée.
La voie buccale est plus difficile et nécessite un dispositif bloquant la mâchoire et
l‟oropharynx. La tête du patient doit être mise en hyperextension avec le cou légèrement
fléchi.
La ponction transtrachéale percutanée peut être utilisée pour obtenir des prélèvements de
la trachée à la recherche des germes pathogènes de l‟arbre respiratoire. La peau, le tissu sous-
cutané et la membrane cricothyroïdienne sont anesthésiés par infiltration à la xylocaïne, mais
dans la trachée on n‟introduit pas d‟anesthésique ou de sérum physiologique. Par contre, un
cathéter armé est inséré, ce à travers la membrane cricothyroïdienne. Puis l‟aiguille est retirée
doucement pour ne pas cisailler le cathéter. Les sécrétions des voies aériennes inférieures sont
aspirées par l‟intermédiaire d‟un cathéter avec une seringue de 30 ml. L‟injection de sérum
physiologique pour faciliter le recueil des échantillons est rarement nécessaire.
Complications possibles : laryngospasme, bronchospasme, arrêt respiratoire, arythmies
cardiaques, arrêt cardiaque, érosion épithélial respiratoire avec hémorragie et déclanchement
d‟infections, emphysème sous-cutané, embolie gazeuse, toux non contrôlable, perforation de
la trachée, détresse respiratoire et hypotension.
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dans la salle d‟opération. La position du patient est la même qu‟en cas de cricothyroïdotomie
d‟urgence. Les complications sont très fréquentes.
L’intubation endotrachéale doit être substituée à la ventilation au ballon et au masque le
plus vite possible parce qu‟elle permet de contrôler pleinement les voies aériennes, réduisant
significativement les risques pour le patient. L‟intubation trachéale est préférée en cas
d‟urgence parce qu‟habituellement elle peut être effectuée plus rapidement que l‟intubation
nasotrachéale qui est réservée à des situations dans lesquelles le bien-être du patient est
prioritaire. Complications possibles de l‟intubation endotrachéale : traumatismes de la plèvre,
des dents, de la langue, des régions sus- et sous-glottiques, lésions des cordes vocales, sténose
sous-glottique, hémorragie, lésions de la thyroïde, pneumothorax. Une mauvaise technique
(placement dans l‟œsophage) entraîne une dilatation aigue de l‟estomac ou même rupture,
inhalation du contenu gastrique.
Drainage postural
Une position particulière du patient facilite le drainage des sécrétions par gravité (effet de la
pesanteur) de chaque ou de segment pulmonaire et en faisant tousser le malade en fin
d‟expiration profonde. Le drainage postural peut comprendre la vibropercussion qui utilise le
clapping thoracique avec un poignet souple et la main creuse ou une vibration mécanique
permettant de défaire et de mobiliser les autres sécrétions qui peuvent être expectorées ou
drainées. Plusieurs positions du patient peuvent être utilisées pendant le traitement. Ce
procédé est fatiguant et le patient ne peut supporter plus de 2-3 séances de 30 min.
Rééducation pulmonaire
Elle comporte des exercices respiratoires du diaphragme et des autres muscles respiratoires.
Elle procure une sensation de bien-être et améliore la qualité de la vie. Ces exercices sont
utilisés dans les programmes de rééducation et de réadaptation chez les patients sédentaires
présentant une BPCO. Ils peuvent réveiller ou masquer d‟autres problèmes : angor,
insuffisance ventriculaire gauche.
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l‟expiration en empêchant le collapsus des voies aériennes. Elle peut être utilisée à l‟effort et à
contrôler une attaque de panique. Elle est indiquée en cas de BPCO.
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Chap. 2
1. L’insuffisance respiratoire
L‟insuffisance respiratoire est le trouble des échanges gazeux entre l‟air ambiant et le sang
circulant, survenant dans les échanges gazeux intrapulmonaires ou dans les mouvements
gazeux entrant et sortant des poumons.
A l‟état normal, dans les échanges gazeux intrapulmonaires, l‟oxygène est transféré dans le
sang artériel et le gaz carbonique est éliminé. En général, les troubles des échanges gazeux
intrapulmonaires se traduisent surtout par une hypoxémie, parce que :
- la capacité de diffusion de CO2 est beaucoup plus importante que celle de l‟oxygène,
- les zones d‟hypoventilation (ventilation alvéolaire inadéquate) avec une extraction
médiocre de CO2 peuvent être compensées par une augmentation de la ventilation des
unités pulmonaires normales.
Le mécanisme de passage des gaz, entrée et sortie en dehors des poumons, peut être inégale
(hypoventilation globale), produisant une hypercapnie, voire aussi une hypoxémie.
Beaucoup de pathologies peuvent provoquer simultanément une hypoxémie et une
hypercapnie, mais aussi des perturbations isolées et non proportionnelles de l‟oxygénation de
la ventilation.
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L’hypoxémie
L‟hypoxémie artérielle peut être provoquée par les facteurs suivants agissant isolément ou
ensemble :
- La diminution de la pression partielle d‟O2 inspirée (PIO2) : Elle survient en haute
altitude du fait de la diminution de la pression atmosphérique, lors de l‟inhalation des
gaz toxiques et au cours des incendies consommant l‟O2.
- L‟hypoventilation : Elle entraîne une baisse de la PAO2 et de la PaO2. Pendant la
phase initiale de l‟hypoventilation ou d‟apnée, il y a une chute rapide de la PaO2 alors
que la PaCO2 augmente lentement, parce que les réserves corporelles d‟O2 sont peu
abondantes pendant que celles de CO2 le sont beaucoup plus. Cependant, quand la
PaCO2 et la PACO2 augmentent (la PaCO2 augmente de 3-6 mmHg/min chez un
malade totalement apnéique), la PAO2 doit diminuer parce que la concentration de la
PAO2 a une relation fixe avec la PaCO2 comme le prédit l‟équation des gaz
alvéolaires : PAO2 = PIO2 – PaCO2 / R où R représente le quotient respiratoire (c.-à-d.
le rapport entre la production de CO2 et l‟utilisation de l‟O2 à l‟état d‟équilibre).
Quand les échanges gazeux intrapulmonaires sont normaux, le gradient PAO2 / PaO2
est conservé, et la chute de la PaO2 se rapproche de la diminution de la PAO2.
- Les troubles de la diffusion alvéolocapillaire : Ils sont provoqués par la séparation
physique du gaz et du sang (ex. : dans les pneumopathies interstitielles diffuses) ou
par la diminution du temps de transit des globules rouges à travers les capillaires (ex.
dans l‟emphysème avec destruction des capillaires).
- Le déséquilibre régional du rapport ventilation-perfusion : Les régions du poumon mal
ventilées mais bien perfusées sont responsables d‟une désaturation. L‟effet dépend en
partie du contenu en O2 du sang veineux mixte. Le degré de vasoconstriction
pulmonaire hypoxique qui éloigne le flux sanguin loin des zones peu ventilées,
détermine l‟importance pour laquelle une diminution de la ventilation contribue à
l‟hypoxémie. Le sang capillaire provenant des territoires pulmonaires bien ventilés
étant déjà saturé en O2, l‟hyperventilation par l‟augmentation de la PAO2 ne peut pas
compenser complètement le déséquilibre ventilation-perfusion. Cependant, la
supplémentation en O2, renverse l‟hypoxémie quand la cause est un déséquilibre
ventilation-perfusion, une hypoventilation, ou des troubles de la diffusion car la P AO2
des régions ventilées et des régions mal ventilées peut augmenter suffisamment pour
assurer la saturation complète de l‟hémoglobine. Lorsque le patient respire l‟O2 pur,
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L’hypercapnie
Les principaux mécanismes de l‟hypercapnie sont :
- un stimulus insuffisant des centres respiratoires,
- une pompe ventilatoire défectueuse,
- une charge de travail excessive compte tenu de la fatigue des muscles respiratoires,
- des maladies pulmonaires intrinsèques avec des graves altérations du rapport
ventilation-perfusion.
L‟hypercapnie indique presque toujours une insuffisance ou un trouble de la ventilation,
même si une augmentation de la PiCO2 peut parfois entraîner une hypercapnie, p. ex. dans le
voisinage d‟un incendie dans un lieu clos ou par inhalation volontaire de CO2.
La PaCO2 est proportionnelle à la production de CO2 (VCO2) et inversement proportionnelle
à la ventilation alvéolaire (VA) selon l‟équation classique : PaCO2 = k x VCO2/VA où k est
une constante. Une augmentation de laVCO2 due à la fièvre, des convulsions, une agitation
ou à d‟autres facteurs est habituellement compensée par une augmentation immédiate de la
VA. L‟hypercapnie se développe isolement si l‟augmentation de VA est anormalement basse.
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L’hypoventilation
Elle est la cause fréquente de l‟hypercapnie. Outre une augmentation de la PCO2, l‟intensité
de l‟acidose respiratoire est inversement proportionnelle à l‟action tampon des tissus et des
reins. Une réduction de VA peut être due à une réduction de la ventilation totale (VE)
exprimée en min, souvent dénommée hypoventilation alvéolaire globale, ou à une
augmentation de l‟espace mort ventilatoire (VD) exprimée en min. Le VE est égal au volume
expiré à chaque cycle respiratoire (volume courant) multiplié par la fréquence
respiratoire/min. Un surdosage de médicaments avec inhibition des centres respiratoires
cérébraux est une cause de l‟hypoventilation globale.
La ventilation de l‟espace mort ou ventilation perdue survient quand les régions pulmonaires
sont bien ventilées mais insuffisamment perfusées, ou inversement quand les alvéoles bien
perfusées sont ventilées avec un gaz contenant une pression partielle élevée de CO2. Ces
régions éliminent moins de CO2 que la normale. La fraction de chaque volume courant non
impliquée dans l‟échange de CO2 (VD/VT), dénommée fraction de l‟espace mort
physiologique, peut être calculée comme suit : VD/VT = (PaCO2 - PECO2)/PaCO2 où
PECO2 est la concentration expiratoire mixte de CO2. L‟augmentation de l‟espace mort
physiologique contribue à l‟hypercapnie suivant la formule suivante :
PaCO2 = k x VCO2/VE (1-VD/VT) où VCO2, VE et VT sont considérés comme constants.
Etiologie
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- une surdistension aigüe. En effet, les muscles inspiratoires sont raccourcis produisant
ainsi moins d‟énergie. Le travail élastique des muscles est augmenté car la tension
élastique résiduelle en fin d‟expiration et la compliance réduite du tissu conjonctif
pulmonaire pour des volumes importants sont augmentés.
- Une géométrie modifiée, [Link]. diaphragme aplati, cage thoracique dilatée. Elle
restreint l‟amplitude des variations de la pression pleurale qui peut être générée au
cours d‟une contraction forte.
L‟hypoventilation peut être aussi le résultat d‟une contraction asynchrone des muscles
inspiratoires du diaphragme et de la cage thoracique, p. ex. en cas de paralysie phrénique,
de tétraplégie ou d‟AVC aigu.
Symptomatologie
Les signes cliniques de l‟insuffisance respiratoire ne sont pas spécifiques même en présence
d‟une hypoxémie, une hypercapnie et une acidose graves. Les signes physiques de la fatigue
ventilatoire sont le recrutement important des muscles ventilatoires accessoires, la tachypnée,
la tachycardie, la diminution du volume respiratoire, une respiration irrégulière et haletante ou
un mouvement paradoxale de l‟abdomen.
L‟hypoxémie aiguë peut provoquer divers problèmes dont l‟arythmie cardiaque, une baisse de
l‟état de conscience, la confusion et le coma. Une pression partielle d‟oxygène alvéolaire
PAO2 inferieure à 60 mm Hg peut induire une vasoconstriction artériolaire pulmonaire et
augmenter les résistances pulmonaires vasculaires, entrainant en quelques semaines/mois une
hypertension artérielle pulmonaire, une hypertrophie ventriculaire droite et enfin une
insuffisance ventriculaire droite (cœur pulmonaire chronique).
L‟hypercapnie peut provoquer une acidose. Les élévations soudaines de la PaCO2 surviennent
beaucoup plus rapidement que l‟augmentation compensatrice des bases tampons
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Diagnostic
La gazométrie (PaCO2, PaO2, pH) est le principal instrument pour évaluer la gravite de
l‟insuffisance respiratoire, qui peut être très fréquemment répétée pour quantifier la gravite ou
l‟amélioration.
Traitement
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(sup. à 35 cm d‟eau) ou lors de l‟utilisation des grands volumes courants (sup. à 12 ml/kg)
avec une PPR insuffisante pour prévenir le collapsus des régions pulmonaires instables.
La réduction des besoins tissulaires peut être aussi efficace que l‟amélioration des apports en
O2. La fièvre, l‟agitation, la suralimentation, la forte activité respiratoire, les frictions, les
états septiques, les brûlures, les lésions des tissus, les crises comitiales et d‟autres situations
cliniques augmentent la consommation de l‟O2. Des mesures énergiques doivent être
déployées pour les contrôler. La sédation prolongée doit être évitée car elle inhibe la toux et
favorise la rétention des sécrétions dans les régions déclives.
La prise en charge d‟une insuffisance circulatoire, d‟origine cardiaque ou non cardiaque, peut
aider à corriger une PaO2 basse. Les mesures thérapeutiques comprennent : la gestion des
variations des liquides, les médicaments inotropes et la diminution de la consommation d‟O2.
Les corticoïdes ne doivent pas être utilisés en routine pour les affections diffuses du
parenchyme pulmonaire, pour l‟œdème pulmonaire ou pour le syndrome de détresse
respiratoire aiguë de l‟adulte. L‟augmentation du catabolisme, la déperdition protéique et le
risque d‟infection dépassent largement le bénéfice thérapeutique potentiel dans la première
phase de l‟insuffisance respiratoire. Ils sont indiqués en cas de vascularite documentée,
d‟embolie graisseuse, de pneumopathie à éosinophiles aigüe ou de réactions allergique qui
contribue à l‟hypoxémie, dans la phase fibroproliférative tardive du syndrome de détresse
respiratoire, d‟une crise d‟asthme aigu ou d‟une exacerbation de la broncho-pneumopathie
chronique obstructive.
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s‟assurer que les sécrétions provenant du poumon infiltré ne sont pas rejetées dans le poumon
déclive.
L‟évacuation des sécrétions des voies aériennes hautes et basses a une importance cruciale.
La réhydratation parentérale peut être utile pour que les sécrétions restent fluides. Les
médicaments mucolytiques peuvent être nécessaires restent épaisses. Si l‟effort de toux est
inefficace, la kinésithérapie respiratoire (traitement postural, percussion du thorax) peut être
utile. Sinon ces sécrétions seront aspirées par sonde nasale au-delà des cordes vocales. La
trachéotomie peut être nécessaire si l‟aspiration doit être effectuée sur des longues périodes.
L‟humidification de tous les mélanges gazeux administrés par voie trachéale contribue à
réduire la viscosité des sécrétions bronchiques. Un humidificateur chauffé augmente plus
efficacement le degré hygrométrique du flux d‟air inspiré, de même que la mise en route
d‟humidificateurs hygroscopiques a usage unique (nez artificiel) dans le canal commun du
circuit de ventilation pour récupérer l‟humidité expiratoire et la restituer à l‟air inspiré.
C‟est une défaillance respiratoire due à différentes lésions pulmonaires aiguës et caractérisée
par un œdème pulmonaire non cardiogénique, une détresse respiratoire et une hypoxie. C‟est
une urgence médicale.
Etiologie
Le syndrome de détresse respiratoire de l‟adulte est déclenché par plusieurs processus aigus
qui lèsent directement ou indirectement les poumons : pneumonies bactériennes ou virales,
inhalation du contenu gastrique traumatismes thoraciques, choc prolongé ou sévère, brûlures,
sepsis, embolie pulmonaire, noyade, transfusion sanguine massive, circulation
extracorporelle, toxicité à l‟oxygène, pancréatite aigue hémorragique, inhalation de fumée ou
d‟autres gaz toxiques, et l‟ingestion de certains médicaments toxiques.
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Physiopathologie
La lésion pulmonaire initiale est mal connue. Mais, les études sur modèles animaux suggèrent
que les globules blancs et les plaquettes s‟accumulent dans les capillaires, l‟interstitium et les
espaces aériens où ils libérèrent des prostaglandines, des radicaux libres oxygénés toxiques,
des enzymes protéolytiques et d‟autres médiateurs comme le TNF et les IL qui lèsent les
cellules, favorisent l‟inflammation et la fibrose et modifient le tonus des muscles bronchiques
et la vasoréactivité. Lorsque l‟endothélium capillaire pulmonaire et l‟épithélium alvéolaire
sont lésées, il y a une fuite de sang dans les espaces interstitiels et les alvéoles, ce qui traduit
par une inondation alvéolaire et une atélectasie qui en partie due à la diminution de l‟effet
tensio-actif du surfactant. La lésion est inhomogène et intéresse surtout les régions déclives.
Au bout de 2 à 3 jours, apparaissent l‟inflammation interstitielle et broncho-alvéolaire et la
prolifération des cellules épithéliales et interstitielles. Ensuite l‟accumulation de collagène
augmente rapidement provoquant une grave fibrose interstitielle en 2 à 3 semaines. Ces
modifications anatomo-pathologiques provoquent une diminution de la compliance
pulmonaire, un abaissement de la capacité résiduelle fonctionnelle, des déséquilibres
ventilation/perfusion, un espace mort physiologique augmenté, une hypoxémie sévère et une
hypertension artérielle pulmonaire.
Symptomatologie et diagnostic
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l‟adulte apparait après 24 à 48 heures après le
traumatisme ou la maladie initiale. La dyspnée avec tachypnée superficielle est le premier
signe. Un tirage intercostal et sus-sternal peut apparaitre à l‟inspiration. La peau peut être
cyanosée et moite sans que l‟oxygénothérapie ne provoque la recoloration. L‟auscultation de
la respiration peut être normale ou montre la présence des crépitations, des sibilances ou un
wheezing.
Le diagnostic de présomption est établi par la gazométrie sanguine artérielle et une
radiographie du thorax. Au début, on observe une alcalose respiratoire aiguë : une PaO2 très
faible, une PaCO2 normale ou abaissée et un pH élevé. La radiographie du thorax montre
habituellement des infiltrats alvéolaires bilatéraux disséminés, aspect analogue à celui de
l‟œdème aigu du poumon d‟origine cardiaque sauf que la silhouette cardiaque est
habituellement normale. Cependant les signes radiologiques sont souvent retardés de
plusieurs heures par rapport aux signes fonctionnels et l‟hypoxémie est souvent très accentuée
par rapport à l‟œdème observé à la radiographie la PaO2 extrêmement basse persiste souvent
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malgré des concentrations d‟O2 inspiré (FIO2) élevées, indiquant un shunt pulmonaire droite-
gauche par l‟intermédiaire des unités pulmonaires condensées et atélectasiées non ventilées.
Le diagnostic différentiel doit donc se faire avec :
- une insuffisance cardiaque où la pression capillaire pulmonaire est élevée sup. à 20
mm H alors qu‟elle est basse dans la détresse respiratoire aiguë de l‟adulte (inferieure
à 18 mm Hg) ;
- une embolie pulmonaire ;
- une pneumonie à P. carinii et parfois d‟autres infections pulmonaires primitives en
particulier chez les immunodéprimés.
Les critères de diagnostic de la détresse respiratoire aiguë de l‟adulte ont les suivants :
- un rapport PaO2/FIO2 inférieur à 200 indépendamment de la pression positive en fin
d‟expiration,
Complications
- Surinfection pulmonaire bactérienne à germes Gram négatif (Klebsiella,
pseudomonas, proteus) et Gram positif (staphylocoques),
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Traitement
Le principe de traitement est le même malgré la diversité des étiologies.
- L‟oxygénothérapie par une FIO2 élevée et monitorisée par des analyses répétées des
gaz du sang, mesurées éventuellement avec un oxymètre transcutané. Une intubation
endotrachéale rapide avec respiration artificielle et PPR peuvent être nécessaire pour
l‟oxygénothérapie car l‟hypoxémie est souvent rebelle à l‟oxygénothérapie au masque.
- Traitement de la cause sus jacente de la lésion pulmonaire. Traitement antibiotique en
cas de surinfection pulmonaire.
- Prévention attentive du déficit nutritionnel, de la toxicité de l‟O2, de la surinfection,
du barotraumatisme et de l‟insuffisance rénale.
- Perfusions IV, malgré la présence d‟un œdème alvéolaire, pour restaurer la perfusion
des tissus périphériques, la diurèse et la pression artérielle. La surveillance du volume
intravasculaire est essentielle. Une surveillance quotidienne du poids du patient, des
apports totaux en liquides, les entrées, les excrétats et les sorties est essentielle pour la
gestion de l‟équilibre hydrique.
- L‟alimentation doit commencer dans les 48-72 heures, la voie entérale est préférée par
ce qu‟elle protège le revêtement muqueux intestinal.
- La ventilation mécanique. La plupart des patients nécessitent une intubation
endotrachéale et une ventilation artificielle avec un respirateur à volume contrôlé.
L‟intubation endotrachéale et la VPP doivent être envisagées si la fréquence
respiratoire est de plus de 30 respirations/min ou si la ventilation au masque nécessite
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une FIO2 de plus de 60% pendant plus de quelques heurs pour maintenir la PO2 aux
environs de 70 mm Hg.
Les apnées de sommeil sont des pauses respiratoires de durée égale ou supérieure à 10
secondes pendant le sommeil. L‟index d‟apnée du sommeil (nombre d‟épisodes d‟apnée par
heure de sommeil, Respiratory Disturbance Index RDI) est pathologique quand il atteint ou
passe 10/heure. Les phases d‟apnée pendant l‟endormissement, qui s‟observent également
chez le sujet sain, ne sont pas prises en compte. La mesure par oxymétrie au doigt fournit un
index de désaturation en oxygène (IDO) : c‟est le nombre d‟épisodes de désaturation par
heure de sommeil. L‟IDO correspond au RDI. La fréquence de la pathologie augmente après
40 ans surtout chez l‟obèse.
Etiopathogenie :
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Clinique :
Diagnostic différentiel :
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pas dorsal), éviter l‟alcool, la nicotine, les médicaments augmentant les apnées
(sédatifs, somnifères…).
- Respiration sous pression positive nocturne continuelle sous masque (nasal continous
positive airway pressure nCPAP)
- Respiration par BIPAP (Bilevel Positive Airway Pressure)
- Appareil synthétique de maintien de la mâchoire inférieure qui l‟empêche de retomber
en arrière.
- Traitement chirurgical.
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II.
Chap. 3
On estime que 90% des affections aiguës des voies respiratoires sont attribuables à des virus
(Krugman). En réalité leur agent causal ne peut encore être mis en évidence avec certitude
que dans un assez petit nombre d'entre elles (30% environ).
Il semble exister des grandes différences de répartition des agents causaux, selon les années,
selon les pays (par suite de la présence ou de l'absence de certaines souches virales), et
également selon les groupes de patients étudiés.
On note ainsi une fréquence plus grande des affections virales chez les sujets jeunes, sans
doute par suite d'une moindre immunisation.
C'est ainsi que, dans les statistiques européennes, la fréquence habituelle de la rhinite virale
(common cold) s'établit chez les adultes à 2 par an, chez les enfants d'âge scolaire à 3 par an
et chez les petits enfants à 4 à 5 par an.
La pathologie virale est également plus fréquente dans les consultations externes où
prédominent les atteintes voies respiratoires supérieures et les formes mineures de
bronchopathies ainsi que dans les communautés militaires ou estudiantines, où les risques de
contamination sont plus grands.
Par contre, la fréquence des affections bactériennes est plus élevée lorsque l'infection survient
sur un arbre bronchique préalablement lésé (bronchite chronique, asthme, et…) ainsi que chez
les sujets plus âgés : il est cependant probable, que dans ce cas, l'infection bactérienne fait
suite à une atteinte virale.
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De toute façon, au cours des dernières années, le pourcentage des pneumopathies attribuées à
des infections virales, a augmenté par suite de l'intervention de divers facteurs :
- La réduction de la fréquence et de la gravité des pneumopathies bactériennes grâce à
l'emploi précoce des antibiotiques.
- Les possibilités nouvelles du diagnostic positif des infections virales par l'isolement du
virus responsable ou plus aisément par les réactions sérologiques spécifiques ou les
réactions d'immunofluorescence.
- La découverte de nombreuses pneumopathies asymptomatiques, jadis méconnues et le
plus souvent d'origine virale, à l'occasion d'examens radiologiques systématiques.
Epidémiologie
Les viropathies respiratoires sont contagieuses. Elles surviennent tantôt par épidémies
saisonnières (grippe), voire par pandémies s'étendant à l'ensemble du globe (grippe
"espagnole" 1918, grippe "asiatique" 1957). En Europe, on note souvent une prédominance
des infections hivernales. Celle-ci n'est toutefois pas le fait de toutes les viropathies.
Classification
On peut classer les virus agissant dans la sphère respiratoire de la manière suivante :
1° Virus respiratoires :
o Nez : Rhinovirus (Groupes H et M), Echo 28
o Gorge : Influenza : Groupes A, B et C, Virus R.S.
o Bronches : Ornithose, Mycoplasma pneumoniae, Fièvre Q.
2° Virus entéro-respiratoires : Adénovirus, Coxsackie A 21, Réovirus
3° Virus entériques : Coxsackie A et B, Virus Echo.
Pathogénie
Dans les conditions les plus défavorables, c.-à-d. chez un sujet non immunisé, infecté par un
virus pneumotrope, celui-ci pénètre dans l'organisme par une poste d'entrée
nasopharyngienne. Il se multiplie à ce niveau et détermine à ce moment une première poussée
fébrile. Après dissémination, il se fixe finalement dans les voies respiratoires inférieures où sa
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Anatomie pathologique
On observe habituellement :
1. au niveau des bronches : une destruction et une desquamation de l'épithélium cilié, qui
facilitent les surinfections bactériennes. Les cellules basales restent généralement intactes.
2. au niveau de poumons : une prédominance des lésions au niveau de l'interstitium (cloisons
alvéolaires). Les lésions sont de type mononucléaire, à l'opposé de l'exsudat intra-
alvéolaire à polynucléaires des pneumopathies bactériennes. On rencontre également des
alvéolites surtout hémorragiques. Il n'y a pas d'abcédation.
3. des épanchements pleuraux associés minimes ou absents.
Symptomatologie clinique
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Ces formes broncho-pulmonaires sont plus fréquentes chez l'enfant que chez l'adulte, déjà
immunisé antérieurement et dont les anticorps semblent circonscrire l'infection aux voies
respiratoire supérieures.
Ils sont normaux dans les formes latentes et frustes. En cas de bronchiolite, on note
fréquemment une image miliaire. En cas de pneumopathie virale, la radiographie met en
évidence des opacités de faible densité et à limite floue : on parle d'aspect ouaté ou d'image en
verre dépoli. Les aspects de densification systématisée sont rares. Il n'y a pas d'excavation.
Les images sont souvent périhilaires, parfois bilatérales. Elles se remanient rapidement, de
nouvelles localisations pouvant faire suite à la résorption du premier infiltrat. L'importance
des anomalies radiographiques contraste souvent avec la discrétion des manifestations
auscultatoires. Les réactions pleurales sont rares et d'ailleurs discrètes.
Examens de laboratoire
Il est particulièrement important d'arriver à un diagnostic étiologique de certitude dans les cas
graves, comme les pseudocroups et les bronchiolites chez les enfants, et dans les cas
d'infiltrats pulmonaires, où le diagnostic différentiel avec la tuberculose est délicat.
Les chances maximales de succès sont assurées par l'emploi concomitant des techniques
d'isolement du virus et de recherche des anticorps.
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Isolement du virus
Pour les cultures, les échantillons sont ensemencés soit sur culture de cellule humaines
ou de rein de singe, soit sur souriceaux nouveau-nés (Coxsackie A et B) soit sur œufs
embryonnés (influenza), soit sur milieu synthétique à l'agar (Mycoplasma
pneumoniae). On observe tantôt un effet cytopathogène direct du virus sur la culture
de tissu, tantôt des effets indirects (hémadsorption ou hémagglutination), tantôt
l'apparition de cultures (Mycoplasma).
Pour l'identification des virus dans les cellules pharyngées ou bronchiques du malade,
on met celles-ci en contact avec un anticorps spécifique marqué à la fluorescéine.
Cette technique encore peu utilisée exige l'emploi de sécrétions fraîches et l'utilisation
de nombreux anticorps spécifiques.
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moins en dehors du premier âge, de faibles taux d'anticorps spécifique. L'on ne pourra donc
conclure à une viropathie récente qu'en présence d'un taux élevé d'anticorps (forte dilution) ou
mieux encore en présence d'une élévation significative de taux d'anticorps observé (taux
passant au moins du simple au quadruple). Le diagnostic positif de viropathie exigera donc 2
prélèvements de sang, le premier pratiqué dès le début de l'infection, le second après quinze
jours à trois semaines, c.-à-d. à un moment où le patient est en général déjà convalescent ou
même guéri. Pour les virus respiratoires et l'adénovirus, on utilise fréquemment les réactions
de déviation du complément, qui ont l'avantage d'avoir spécificité de groupe. Pour les virus
entérorespiratoires, sauf les adénovirus, les réactions de séroneutralisation habituellement
employées ayant une spécificité de souche, le diagnostic nécessite de très nombreuses
réactions, sauf en cas d'orientation préliminaire par isolement du virus, ce qui explique que les
infections par entérovirus, l'isolement ait un rendement largement supérieur à l'examen
sérologique.
o Les taux des agglutinines pour le streptocoque M.G. s'élève lui aussi mais de
façon moins fréquente.
Evolution
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Complications.
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Radiologie Infiltrats ¨ouatés, Aspect moucheté de Infiltrats constitués par Infiltrats flous,
fugaces à prédominance bronchopneumonie des confluence de nodules, peu denses.
péri hilaire bases ou dens., massives, de topo. apico-post.
segm. , ou lob. des souvent bilatér. et
pneum. surtout aux bases. rarement dens. segm.
Sang :
V.S. Moyennement Très accélérée. Moyennement Normale
Accélérée. accélérée.
Leucocytose Normale Elevée. Normale. Eosinophilie.
ou abaissée.
Effets des Souvent nuls. Favorables. Nuls (souff les Nuls.
Antibiotiques tuberculostat.)
Prophylaxie.
Outre le vaccin antigrippal, déjà commercialisé, dont il sera question plus loin, des vaccins
polyvalents préparés à partir de virus tués ou atténués (Adénovirus, RS, Parainfluenza 1, 2, 3,
Mycoplasma pneumoniae et Influenza A en B) sont actuellement expérimentés. Ils entraînent
une augmentation des anticorps séroneutralisants et semblent augmenter la protection vis-à-
vis des infections naturelles.
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Traitement.
Dans les formes hautes, la thérapeutique est purement symptomatique. Elle comporte un
repos relatif, l‟isolement lorsque celui-ci est réalisable, des antipyrétiques du type de l‟acide
acétyl-salycilique (Aspirine, Dispril), des antitussifs (codéine, etc.). La prescription
systématique d‟antibiotiques à large spectre, comme prophylaxie des surinfections
bactériennes, ne se justifie pas.
Dans les formes pneumoniques, les antibiotiques à large spectre sont indispensables :
- en cas de grippe où la surinfection bactérienne est très fréquente,
- dans les autres cas où l‟on soupçonne une surinfection bactérienne, et
- dans les pneumopathies dues à l‟agent de l‟ornithose, aux Rickettsia et au Mycoplasma
pneumoniae, où cette médication est douée d‟une certaine efficacité. On évitera
d‟hospitaliser sans nécessité les patients atteints de pneumopathies virales afin d‟éviter la
surinfection par le staphylocoque d‟hôpital fréquemment résistant aux antibiotiques.
S‟il est habituellement facile de soupçonner par la clinique la nature virale d‟une infection
respiratoire, il est bien plus malaisé de la confirmer formellement, et de préciser le groupe et
en cas le type d‟argent responsable.
En effet, malgré l‟existence d‟une certaine corrélation entre certains syndromes clinique, l‟âge
et l‟infection par des virus déterminés, le diagnostic étiologique reste difficile, sans l‟aide du
laboratoire, le même groupe de virus pouvant entraîner des symptômes très divers. De plus, le
même tableau clinique peut-être déclenché par des agents viraux différents. Enfin, un grand
nombre de virus étant sans doute encore inconnus,tous les examens de laboratoire restent
négatifs en présence de syndromes cliniques suggérant une atteinte virale, d‟où l‟impossibilité
de les rattacher à un agent déterminé.
Néanmoins, l‟apparition d‟épidémies étendues ou d‟infections multiples dans une même
collection, permettra de soupçonner l‟intervention d‟un agent déterminé.
On distingue, en pathologie respiratoire :
- Les infections dues aux virus (insensibles aux antibiotiques) : Virus de l‟influenza,
virus parainfluenza, virus respiratoire syncytial, adénovirus, coxsackievirus,
échovirus, réovirus, rhinovirus.
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- Les infections dues à des agents apparentés aux virus (sensibles aux tétracyclines) :
Mycoplasma pneumoniae, agent de l‟ornithose, agent de la fièvre Q.
Le virus grippal a été isolé pour la première fois par Smith, Andrews et Laid Law en 1933.
Les myxovirus de la grippe appartiennent à 3 groupes (A, B et C), fortement individualisés du
point de vue immunologique. Chaque groupe possède un antigène propre fixant le
complément. Il n‟existe aucune immunité croisée entre ces 3 groupes. Au sein de chaque
groupe, on a pu isoler différents types immunologiquement dissociables. Chaque épidémie est
attribuable à un seul type de virus grippal.
Les virus du groupe A provoquent des épidémies à des intervalles de 1 à 3 ans, ceux du
groupe B de 4 à 6 ans. La composition antigénique des virus de l‟influenza semble se
modifier d‟année en année : c‟est ce qu‟on appelle la « dérive antigénique » surtout observée
pour les virus A et B.
Au cours des grandes épidémies, le virus grippal atteint 2/3 de la population, mais l‟affection
ne se manifeste cliniquement que chez un nombre plus restreint de sujet.
La surinfection bactérienne est très fréquente dans les formes pulmonaires graves. Due en
1918 à l‟Haemophilus influenza, elle fut en 1957 le fait du staphylocoque doré (50% des cas
mortels) et accessoirement du pneumocoque (15% des cas mortels).
Selon Hers et ses coll. (1958), 71% de la mortalité des grippes confirmée par analyse
virologique étaient attribuables à une pneumopathie bactérienne (associée à une
pneumopathie virale dans 31%) et 20% seulement à une pneumopathie virale isolée.
Anatomie pathologique :
- Dans les formes classiques, les atteintes grippales se limitent au nasopharynx ainsi
qu‟à la trachée et aux bronches dont l‟épithélium cilié est détruit par endroits jusqu‟à
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- Les formes pulmonaires se rencontrent surtout chez les sujets prédisposés par une
stase pulmonaire d‟origine cardiaque ou par une autre atteinte respiratoire ou encore
par la grossesse
La symptomatologie de la grippe est très superposable d‟une épidémie à l‟autre quel que soit
le virus en cause ; les formes graves se rencontrent surtout au cours de pandémies.
- Formes avec complication pulmonaires : Celles-ci seraient plus fréquentes dans les
infections dues au type A que dans celles dues au type B. La symptomatologie
clinique ne permet guère de distinguer les formes rares de pneumopathie purement
virales d‟avec les surinfections bactériennes (le plus souvent staphylococciques) plus
habituelles.
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o Les formes pulmonaires suraiguës sont très rares, elles donnent un syndrome
clinique d‟œdème aigu du poumon : c‟est la grippe asphyxique de Graves,
accompagnée de choc.
o Les formes pulmonaires tardives, plus communes, se traduisent par
l‟apparition d‟une dyspnée intense avec polypnée, cyanose et expectoration
hémoptysique, parfois purulente en cas de lésions bactériennes. La température
qui s‟était abaissée, s‟élève à nouveau. L‟auscultation relève des crépitations
dispersées et des signes de densification pulmonaire, parfois accompagnés de
réactions pleurales.
Symptomatologie radiologique :
Le cliché thoracique, normal en cas de grippe classique, montre, dans les complications
pulmonaires, des opacités pneumoniques ou broncho-pneumoniques parfois très étendues,
pouvant présenter ultérieurement toute la symptomatologie de la pneumopathie à
staphylocoques.
Symptomatologie biologique :
Diagnostic étiologique :
Le diagnostic étiologique de certitude est fourni par l‟isolement du virus grippal à partir du
produit d‟écouvillonnage de gorge, par injection dans le sac amniotique de l‟embryon de
poulet. Le diagnostic sérologique s‟appuie sur la réaction de déviation du complément, qui
permet de déceler le groupe d‟agent grippal responsable. Il peut être éventuellement complété
par une autre réaction de déviation du complément ou par une réaction de Hirst qui permettent
d‟incriminer le type responsable au sein d‟un même groupe
Complications :
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- Rechutes : Etant donné la faible immunité conférée par la grippe, des rechutes ont été
notées 2 à 3 semaines après la première poussée.
- Encéphalites, myélites, méningites.
Pronostic :
La mortalité liée à la grippe est classiquement considérée comme très basse. Lors de
pandémie, elle peut être élevée (20 millions de décès en 1918). Elle s‟est abaissée en 1957
grâce à l‟utilisation des antibiotiques. Un mauvais pronostic est lié à la présence de
localisations pulmonaires de la maladie auxquelles sont prédisposées :
- les sujets dont la résistance générale est affaiblie (vieillards de plus de 65 ans, femmes
enceintes, diabétiques, addisoniens).
Traitement :
- Le repos au lit, intégral pendant la période fébrile, sera maintenu mais mitigé plusieurs
jours après la défervescence. Il sera prolongé davantage en de pneumopathie.
- La prescription d‟antibiotiques est inutile dans la majorité des cas vu leur inefficacité
contre les virus de la grippe. Leur emploi préventif se justifie chez les sujets atteints
d‟influenza et prédisposés aux complications bactériennes pulmonaires. On prescrira
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- Les corticostéroïdes (surtout par voie I.V., hydrocortisone 100mg) et les médicaments
du choc (dopamine, dobutamine) sont indiqués dans les formes suffocantes avec choc.
L‟oxygénothérapie s‟impose alors, mais son efficacité est limitée par suite de la
présence d‟un bloc alvéolo-capillaire. La broncho-aspiration et la trachéotomie
précoce peuvent redresser des situations apparemment désespérées.
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Le virus respiratoire syncytial est un virus très labile, provoquant dans les cultures de tissus
l‟apparition des grandes cellules à nombreux noyaux. Elles atteignent surtout le nourrisson
avant l‟âge de 6 mois. Chez les adultes, grâce à l‟immunité relative laissée par les infections
antérieures, les manifestations cliniques sont plus bénignes, sauf chez les sujets prédisposés.
La symptomatologie comprend, chez les adultes, un coryza (obstruction nasale 100%,
rhinorrhée 78%, éternuements 80%). Le virus respiratoire syncytial est considéré comme un
des agents responsables des poussées aiguës chez les bronchites et en constitue la cause la
plus fréquente. Le diagnostic se base sur l‟isolement du virus et la déviation du complément.
Les adénovirus ont une affinité particulière pour le tissu lymphoïde. Ce sont les types 4, 7 et
surtout 21 qui sont le plus fréquemment rencontrés dans les affections respiratoires.
La symptomatologie clinique est variable et se limite dans beaucoup de cas à de la rhinorrhée
(70%) avec pharyngite (95%), amygdalite et à une conjonctive assez caractéristique avec
adénopathies cervicales peu douloureuses. Dans 1 cas sur 5 surviennent des localisations
pulmonaires qui se traduisent chez l‟enfant par de la cyanose et des signes auscultatoires assez
fréquents. Les localisations pulmonaires ne sont pas toujours précédées d‟une atteinte des
voies respiratoires supérieures. Elles sont souvent dues au type 7. Les examens biologiques
comportent l‟isolement du virus (frottis de gorge et selles), la déviation du complément
(positive dans 60% des cas où le virus a été isolé). Le diagnostic différentiel se pose dans les
formes hautes avec l‟angine banale à streptocoques et dans les formes basses avec la
pneumonie atypique due au Mycoplasma pneumoniae. Les complications bactériennes
semblent d‟importance très secondaire dans les infections par adénovirus. Le traitement est
symptomatique.
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Les virus écho déclenchent des syndromes grippaux avec méningisme, des exanthèmes, mais
également des rhino-pharyngotrachéites fébriles ou encre des troubles digestifs.
Les rhinovirus.
Trente types différents de rhinovirus ont été isolés. Ceux-ci ne se cultivent qu‟à pH acide à
une température de 33°C, c.-à-d. aux conditions ambiantes dans le nez. Ils provoquent une
rhinite banale ou coryza.
Etiologie :
Les mycoplasmes ne sont plus des virus : ce sont des plus petits organismes connus capables
de multiplier sur un milieu non cellulaire. Certains mycoplasmes sont responsables
d‟affections pleuro-pulmonaires chez les bovidés (d‟où leur ancienne dénomination : P.P.L.O.
ou pleuropneumonia like organism). Le Mycoplasma pneumoniae (ou agent d‟Eaton) plus
grand que les virus (180 à 250 m), sans paroi propre, est sensible aux tétracyclines.
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Epidémiologie :
Les infections par Mycoplasma pneumoniae semblent très communes tout au moins aux
Etats-Unis, où la présence des anticorps correspondant est décelée chez 20 à 40% des adultes
malgré un abaissement rapide de taux d‟anticorps après l‟infection virale. L‟affection est
sporadique et survient pendant la période froide de l‟année.
Symptomatologie :
La maladie est asymtomatique dans 10-20% des cas. Elle se manifeste par une pharyngo-
trachéobronchite fébrile aiguë (80% des cas), une bronchiolite ou, plus souvent, la pneumonie
jadis qualifiée d‟ « atypique primitive » (dans 5-10% des cas). Le début de cette pneumonie
est insidieux. Ses symptômes ont été décrits dans la partie générale. Elle n‟est pas
nécessairement associée à une atteinte des voies respiratoires supérieures. Le Mycoplasma
serait responsable de certaines pleurésies, et semble intervenir dans la pathologie de certains
états de mal asthmatique.
Diagnostic :
- L‟isolement de Mycoplasma pneumoniae se fait par culture sur agar sérum,
- Présence de l‟antigène de M. pneumoniae ou de son DNA dans les secrétions
oropharyngées ou de lavage bronchique,
- La déviation du complément est fréquemment utilisée,
- La recherche des agglutinines froides est positive dans la moitié des pneumonies dues
aux Mycoplasma pneumonie, moins souvent dans les atteintes isolées des voies
respiratoires supérieures, moins souvent encore dans les infections asymptomatiques.
On admet que 90% des pneumonies, accompagnées d‟une élévation des agglutinines
froides, sont dues au Mycoplasma pneumoniæ.
- La recherche des agglutinines pour les streptocoques MG est parfois positive. Les
anticorps apparaissant tardivement, les prélèvements doivent avoir lieu respectivement
2 et 4 semaines après le début de la maladie.
Complication : Otite.
Traitement :
Les macrolides et les tétracyclines semblent abréger la période de fièvre, de symptômes
généraux et d‟infiltration pulmonaire. Elles éviteraient l‟extension des opacités pulmonaires
observées. Durée du traitement : au moins 2 semaines.
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La legionellose
Maladie respiratoire diagnostiquée pour la première fois en 1976 lors d‟une rencontre de
vétérans de la guerre a Philadelphie aux USA. Elle apparaît de façon sporadique ou
épidémique.
Etiologie :
Il existe une quarantaine d‟espèces de legionellas, dont moins de la moitié provoque des
légionelloses. On les retrouve de part le monde, véhiculés par l‟eau douce.
Epidémiologie :
C‟est une maladie liée à l‟environnement. Les legionellas sont parmi les germes les plus
fréquents des pneumonies, surtout Legionella pneumophila. Les patients âgés, diabétiques,
immunodéprimés ou intubés sont les personnes à risque. Les legionellas se multiplient à des
temperatures de 20 à 50˚ C, en particulier dans les eaux stagnantes. Les legionellas ne se
multiplient pas à une température inférieure a 20˚ C et meurent si la température est
supérieure à 60˚C. La transmission se fait par inhalation d‟aérosolisats infectés dans les
installations : systèmes de conditionnement d‟air (humidification), systèmes d‟arrosage des
plantes, douches, installation d‟eau chaude, appareil d‟inhalation. Pas de danger d‟infection
d‟homme à homme.
Clinique :
La période d‟incubation : 1 à 10 jours. La maladie est souvent asymptomatique (90% des cas).
Elle est symptomatique particulièrement chez les immunodéprimés, les personnes âgées,
l‟abus de nicotine ou d‟alcool : sous forme de syndrome grippal sans pneumonie (Fièvre de
Pontiac) ou de pneumonie à légionella (maladie du légionnaire). La pneumonie à légionella se
manifeste par une fièvre, des frissons, céphalées, douleurs musculaires, toux sèche avec
douleurs thoraciques, pneumonie atypique, plaintes gastro-intestinales fréquentes avec
éventuellement diarrhées, hyponatrémie fréquente (syndrome de Schwarz-Bartter), confusion
mentale. Elle peut se compliquer d‟insuffisance rénale aigue.
Diagnostic :
Y penser devant un cas de pneumonie après voyage séjour à l‟hôtel, séjour près d‟installations
aquatiques. La mise en évidence de l‟infection se fait par :
- la présence d‟antigènes de la légionella dans les expectorations, les secrétions
bronchiques, le sérum, les urines ou une biopsie pulmonaire,
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Etiologie :
Les chlamydia sont des micro-organismes intracellulaires obligatoires, ubiquitaires et de haut
degré de contamination. Trois espèces sont pathogènes pour l‟homme : C. trachomatis, C.
pneumoniae et C. psittaci. Les deux derniers peuvent provoquer une pneumonie. C.
trachomatis provoquent souvent des IST (urétrites) et des infections périnatales chez les
nouveaux-nés (pays occidentaux), un lymphogranuloma venerum, une conjonctivite à
inclusion et un trachome (pays tropicaux).
Clinique :
Incubation : 1-4 semaines. La transmission se fait par voie aérienne par gouttelettes de Flugge
d‟homme à homme. La plupart d‟infections par C. pneumoniae évoluent le plus souvent en
laryngite ou pharyngite relativement bénignes. Des évolutions sévères avec pneumonie
s‟observent chez les patients âgées ou en cas d‟affection débilitante préalable. Les infections à
C. pneumoniae jouent un rôle dans la genèse de l‟artériosclérose.
Diagnostic :
Il se fait par la mise en évidence du germe (culture, PCR) et dosages sérologiques.
Traitement :
Doxycycline ou macrolides pendant 3 semaines.
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L’ornithose.
Etiologie :
L‟agent de l‟ornithose est le Chlamidia psittaci (anciennement : Bedsonia, myangawanella).
Epidémiologie :
C‟est une infection très fréquente chez les oiseaux sauvages, chez les oiseaux de la basse-
cours ou d‟agrément (perroquet, canari, pigeon et poule). Elles ne déterminent que rarement
des manifestions cliniques chez ces volatiles.
L‟agent, éliminé avec les déjections d‟oiseaux est disséminé dans la cage et provoque
l‟infection de l‟homme. La contagion interhumaine est possible. Cette infection est rare et se
voit surtout chez les amateurs des pigeons et les éleveurs de poules.
Clinique :
Les symptômes respiratoires et généraux (syndrome de refroidissement ou pneumonie
atypique) sont souvent assez sévères (épistaxis, fièvre élevée, frissons, durant 2 semaines,
myocardite) et s‟accompagnent d‟une splénomégalie et parfois de symptômes neurologiques
(céphalées, somnolence ou insomnie, délire, tremblements de type parkinsonien).
Diagnostic positif :
- Réaction de fixation du complément. Les anticorps apparaissent tardivement et
persistent pendant longtemps à un taux élevé. Vu la rareté de l‟infection, un taux isolé
élevé suffit à affirmer le diagnostic d‟ornithose.
- Presence des germes (culture, PCR).
- Sérologie syphilitique transitoirement positive.
- Agglutinine froide absente.
Complications :
Thrombophlébites, rechutes.
Pronostic :
Il était sévère avant l‟antibiothérapie.
Traitement :
Doxycline ou macrolides pendant 3 semaines. Netoyer les sources d‟infection ou l‟isolement
s‟impose.
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La fièvre Q
Etiologie :
L‟agent en est une rickettsie (Coxiella burnetii).
Epidémiologie :
C‟est une affection rare. Le réservoir de rickettsie est représenté par les animaux domestiques
(bétail : bovin et ovin). La maladie est transmise d‟animal à animal par des tiques et de
l‟animal à l‟homme par inhalation de poussières de paille ou de laine contenant Coxiella
burnetii.
Symptomatologie clinique :
Syndrome grippal ou forme sévère faite des céphalées marquées et persistantes,
myalgies/arthralgies, de même que fièvre brutale, élevée, frissons et des sueurs abondantes
fréquentes. Pneumonie atypique avec toux sèche et douleurs thoraciques.
Symptômes biologiques :
Déviation du complément. L‟apparition d‟anticorps est tardive (2e à 4e semaines).
Thérapeutique :
Doxycycline pendant 2-3 semaines.
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Généralités
Pathogénie :
Les germes responsables des infections bactériennes bronchiques et pulmonaires sont souvent
des saprophytes du rhinopharynx. Ils atteignent les bronches et les poumons, soit :
- par voie aérienne. Leur rôle pathogène est généralement facilité par une agression
préalable (infection virale, refroidissement, inhalation de gaz toxique, intervention
chirurgicale, bronchite chronique). Chez le très jeune enfant, l‟absence d‟immunité
naturelle et les caractères spéciaux de l‟arbre respiratoire (court et large) semblent
faciliter l‟action pathogène de bactéries peu virulentes en sorte que l‟agression
préalable ne parait pas indispensable.
- Par voie sanguine.
Anatomie pathologique
- Au niveau des bronches, les signes initiaux de l‟inflammation aigue sont une
hypersécrétion de mucus avec vasodilatation dans la sous-muqueuse, puis un œdème
suivi de la migration de polynucléaires dans la paroi et la lumière des bronches. La
désintégration des neutrophiles donne naissance aux globules de pus, d‟où l‟aspect
jaune-verdâtre de l‟expectoration. A un stade plus avancé, on note une desquamation
épithéliale et parfois l‟apparition de dépôts fibrineux comportant des débris cellulaires
et des germes.
- Au niveau des petites bronches et des bronchioles à parois plus fines, immédiatement
entourées par des alvéoles, la suppuration et la nécrose des parois sont d‟apparition
rapide. L‟infection se propage sans tarder au parenchyme pulmonaire adjacent où
survient une alvéolite leucocytaire et purulente : c‟est la bronchopneumonie.
- Au niveau du poumon lui-même (pneumonie lobaire), on voit apparaître dans la
lumière alvéolaire, un exsudat (alvéolite fibrineuse) qui en remplit complètement la
lumière. Les lésions bronchiques sont minimes.
- La réaction pleurale liquidienne est assez fréquente.
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Symptomatologie clinique
- La trachéobronchite aiguë : la symptomatologie clinique se limite à la toux, d‟abord
sèche, puis grasse, accompagnée d‟expectorations purulentes, parfois un peu
hémoptoïque. Des crépitations sont notées au niveau des bases pulmonaires. Il n‟y a
guère de fièvre.
- La bronchopneumonie. Elle est fréquente dans les suites des maladies infectieuses,
chez l‟enfant, le vieillard, les sujets débilités et dans les cas de broncho-pneumopathie
chronique obstructive. Ses lésions sont souvent dispersées. Sa symptomatologie est
variable : la toux, les expectorations purulentes, les crépitations et les signes de
condensation pulmonaire sont assez constants. La cyanose et la dyspnée polypnéique
sont propres aux enfants, aux vieillards et en cas de broncho-pneumopathie chronique
obstructive. La température est assez élevée et l‟état général est fortement altéré. Chez
l‟adulte, il existe toutefois des bronchopneumonies sans retentissement général
marqué.
- La pneumonie lobaire. Son début est brutal. Comme symptômes fonctionnels, on note
un frisson solennel prolongé et des douleurs hémithoraciques violentes. La toux
ramène une expectoration souvent rouillée. A l‟examen objectif, on constate un herpès
labial, un faciès voluptueux, un syndrome de condensation pulmonaire et
successivement des crépitations et un bruit respiratoire bronchique (anciennement
souffle tubaire) au niveau de la condensation parenchymateuse. L‟état général est fort
altéré, la température est élevée (39° à 40°) et persistante.
Examens radiologiques
Les clichés radiologiques sont normaux dans la trachéobronchite. Ils révèlent des
mouchetures souvent unilatérales et prédominantes au niveau de la base dans les
bronchopneumonies. Des opacités segmentaires ou lobaires non rétractiles, très denses et
homogènes, généralement bien délimitées par les scissures, sont caractéristiques des
pneumonies. Elles sont plus fréquentes au niveau des lobes inférieurs.
Examens de laboratoire
La vitesse de sédimentation et l‟examen hématologique sont peu modifiés dans les
trachéobronchites. Dans les bronchopneumonies et les pneumonies, on note une forte
accélération de la VS avec hyperleucocytose neutrophile pouvant atteindre 20 à 25 G/l.
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Evolution
Rapidement favorable dans les trachéobronchites. Plus traînante dans les
bronchopneumonies, elle se caractériserait dans les pneumonies lobaires, avant l‟ère des
antibiotiques, par une crise brutale au 9è jour : chute thermique, polyurie et amélioration
de l‟état général. Actuellement, elle est surtout fonction de l‟efficacité des antibiotiques
utilisés et de l‟âge du patient. Les opacités radiologiques se nettoient progressivement en
2 à 3 semaines. On voit fréquemment persistées comme séquelles, quelques stries opaques
pleuro-parenchymateuses peu étendues et une hypotonie transitoire de la coupole
diaphragmatique homolatérale. La mortalité reste significative dans le bas âge et chez les
vieillards. Les hémocultures positives ont une signification péjorative.
Diagnostic différentiel
Dans les pneumonies lobaires, on devra éliminer :
- La lobite tuberculeuse aiguë : L‟expectoration contient de nombreux BK. Les
excavations apparaissent précocement. Les antibiotiques courants sont inefficaces.
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Traitement
Dans les trachéobronchites aiguës, il comporte un repos relatif et l‟administration
d‟antibiotiques et la prescription des antitussifs, voire des broncho-dilatateurs en cas de
dyspnée. Chez les sujets âgés, on devra parfois prescrire un antibiotique à large spectre et des
analeptiques cardio-vasculaires à cause de la plus grande gravité des trachéo-bronchites. Dans
les bronchopneumonies et les pneumonies, un traitement polyvalent s‟impose :
- Le repos au lit, indispensable en période fébrile, devra être prolongé après la
convalescence chez les sujets débilités. Il sera suivi d‟une mobilisation progressive.
- L‟administration de boissons abondantes devra compenser les pertes hydriques liées à
la fièvre.
- L‟antibiothérapie, d‟emblée, même avant que ne soient connus les résultats de
l‟identification des germes et de l‟antibiogramme. Elle sera ultérieurement adaptée
avec les résultats ou lorsque le traitement entrepris ne s‟avère pas efficace. Elle sera
poursuivie après la défervescence, jusqu‟au nettoyage quasi complet des opacités
pulmonaires et la disparition de l‟expectoration ou sa transformation muqueuse.
- Le traitement symptomatique comportera des analgésiques-antipyrétiques, des
antitussifs, en cas d‟insuffisance cardiaque une digitalisation temporaire surtout chez
les sujets âgés, le traitement d‟un choc associé éventuel et l‟oxygénothérapie pour
compenser une insuffisance respiratoire. L‟oxygénothérapie devra être prudente chez
les insuffisants respiratoires chroniques où elle peut entraîner une aggravation de
l‟hypoventilation alvéolaire. Les corticoïdes seront utiles en cas d‟hypotension, de
toxémie marquée ou d‟insuffisance respiratoire aiguë.
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Les mécanismes d‟épuration par les cils bronchiques, les phagocytes et les lymphatiques sont
perturbés. Les bactéries envahissent les bronches normalement stériles avec accumulation des
débits cellulaires et d‟exsudats mucopurulents.
La toux est essentielle pour éliminer les secrétions bronchiques. L‟obstruction bronchique est
due à l‟oedeme des parois bronchiques, l‟accumulation des secretions et dans certains cas, a
un spasme des muscles bronchiques.
Signes cliniques
La bronchite aigue infectieuse est souvent précédée de signes d‟infection respiratoire
supérieure : rhume, malaises, frissons, fébricule, angine et des douleurs lombaires et
musculaires. L‟apparition d‟une toux gênante signe habituellement le début de la bronchite.
C‟est une toux sèche non productive au début, suivie quelques heures/jours après d‟une
expectoration visqueuse peu abondante, parfois abondante muqueuse ou mucopurulente. Les
crachats purulents témoignent d‟une surinfection bactérienne. Le patient se plaint d‟une
douleur retrosternale à type de brulure aggravée par la toux. Dans le cas graves non
compliqués, on peut observer une fièvre de 38-39°C pendant 3 à 5 jours suivie de la
disparition des signes aigus bien que la toux puisse persister pendant plusieurs semaines. La
persistance de la fièvre évoque la survenue d‟une pneumonie. L‟obstruction bronchique peut
se manifester par une dyspnée. Les signes pulmonaires sont discrets en cas de bronchite aigue
non compliquée. Des sibilances de basse et de haute tonalité peuvent être entendues, parfois
accompagnées de crépitations aux bases pulmonaires. Le wheezing est souvent noté, surtout
après la toux. La persistance de signes localisés évoque l‟apparition d‟une
bronchopneumonie.
Les complications graves ne sont en général observées que chez le patient qui présente une
pneumopathie chronique sous-jacente. Chez ce patient, la bronchite aigue peut parfois
provoquer de gaves perturbations des gaz du sang (insuffisance respiratoire aigüe).
Traitement
Repos jusqu'à la disparition de la fièvre. L‟ingestion des liquides jusqu'à 3-4 litres/jour est
recommandée pendant la période fébrile. Antalgique antipyrétique. Antibiotiques en cas de
broncho-pneumopathie chronique obstructive, de crachats purulents, de fièvre élevée et
persistante ou lorsque les symptômes sont importants : tétracycline, amoxicilline, ampicilline,
cotrimoxazole, érythromycine suivant les cas.
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Les pneumonies
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Etiologie :
La fréquence croissante de souches résistantes de staphylocoques, surtout en milieu
hospitalier, un des nouveaux problèmes de la pathologie bactérienne pulmonaire. Le germe le
plus souvent en cause est le staphylocoque doré hémolytique coagulasse positif.
Pathogénie : Les staphylococcies affectent de préférence les petits enfants et les sujets
débilités, entre autres par suite d‟une atteinte virale ; elles atteignent le poumon par voie
aérienne (le staphylocoque est un saprophyte du rhinopharynx) ou par voie sanguine à partir
d‟une infection souvent cutanée.
Anatomie pathologique :
Les staphylococcies se caractérisent par une tendance marquée à la nécrose et à l‟abcédation
et par une localisation lobulaire. Elles ses situent donc entre les pneumopathies non suppurées
et les abcès pulmonaires.
Le pneumatocèle est fréquent dans les broncho-pneumopathies à staphylocoques. Il se
constitue de la façon suivante : l „évacuation d‟un petit abcès par voie bronchique crée une
petite cavité ; la bronchite de drainage, enflammée, permet encore l‟entrée de l‟air dans la
cavité lors de l‟inspiration. A l‟expiration, les parois bronchiolaires se collabent et du fait de
leur inflammation, s‟opposent à la sortie de l‟air qui est ainsi emprisonné dans la cavité
d‟abcès (mécanisme de clapet). La répétition de ce phénomène lors de chaque phase
respiratoire entraîne un soufflage progressif de l‟abcès sous tension qu‟on appelle
alors « pneumatocèle ». La perte de substance par nécrose est ainsi beaucoup moins
importante que le volume final de la cavité. Ce mécanisme n‟est pas admis de façon
unanime : pour certains, toute formation cavitaire à parois non rigides prendrait, du fait de
l‟élasticité du parenchyme avoisinant, une forme ronde, et augmenterait de volume. Le
pneumatocèle peut soit éclater dans la plèvre et y provoquer un pyopneumothorax, soit
persister, soit, plus souvent, diminuer progressivement de volume et même s‟effacer
complètement, suite à la disparition du mécanisme de clapet au niveau de la bronchiole lors
de la résolution des phénomènes inflammatoires.
Symptomatologie clinique :
Elle est souvent superposée à celle de la maladie virale qui la précède. L‟expectoration est peu
abondante.
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Radiographie :
Nombreux foyers d‟aspect bronchopneumonie, densifications vaguement arrondies souvent
moins étendues que celles des pneumonies à pneumocoques (staphylomes), clartés multiples à
parois fines avec niveau liquide (pneumatocèle) ; pyopneumothorax.
Complication :
Hypotension par toxémie, troubles de la fonction rénale.
Traitement :
Antibiotiques des staphylococcies pulmonaires : pénicillines semi-synthétiques, insensibles à
la pénicillinase produite par les staphylocoques résistants, érythromycine, céphalosporines,…
Klebsiella pneumoniae est un bacille Gram-négatif. L‟infection pulmonaire est souvent due à
l‟aspiration de matériel septique à partir du rhino-pharynx (chicots dentaires). Elle atteint
souvent les alcooliques. Au stade aigu, elle est très nécrosante (abcès) et au stade chronique,
elle est souvent envahie par une fibrose rétractile, génératrice de bronchectasies.
3. L’abcès pulmonaire
Définition.
L‟abcès est une suppuration bactérienne non tuberculeuse collectée en une ou plusieurs
cavités néoformées au sein du parenchyme pulmonaire. Cette définition élimine les cavernes
tuberculeuses, les suppurations des cavités préexistantes telles que les kystes pulmonaires et
les tumeurs nécrosées.
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Etiologie.
Les abcès sont devenus moins fréquents depuis l‟emploi des antibiotiques qui provoquent la
résolution des pneumopathies avant leur passage à la suppuration.
Les abcès non fétides, généralement monomicrobiens, sont le fait des pyogènes banals :
staphylocoque (surtout chez l‟enfant), pneumocoque, bacille de Friedlander, streptocoque.
Les abcès fétides sont généralement polymicrobiens et attribuables à des germes anaérobies
non telluriques agissant en symbiose (bacille fonduliformis, bacille fusiforme, streptocoque
anaérobie, spirochètes). Ces abcès ont une plus grande tendance à la chronicité.
Pathogénie :
- la voie hématogène : Ces abcès se développent dans les cas de septicémies provenant
d‟infections abdominales (appendicite, cholécystite, annexite, opérées ou non),
d‟infection cutanées, de phlébites, etc. Il s‟agit souvent de localisations multiples,
périphériques, dispersées dans les deux poumons et fréquemment attribuables au
staphylocoque. Occasionnellement, une embolie pulmonaire peut évoluer vers la
suppuration.
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Anatomie pathologique :
L‟abcès est généralement constitué par une cavité arrondie contenant du pus, bordée par une
membrane pyogène, entourée à son tour par une zone d‟hépatisation. Dans la pneumonie
abcédante, on note une densification de l‟ensemble d‟un segment pulmonaire avec nécrose
partielle, unique ou multiple, et persistance possible chronique.
L‟abcès correctement traité évolue soit vers la détersion pariétale suivie de la repousse d‟un
épithélium à point de départ bronchique (cavité bulleuse résiduelle), soit vers l‟occlusion avec
formation d‟une cicatrice fibreuse plus ou moins étendue et parfois persistance d‟une
dilatation localisée de la bronche correspondante. L‟abcès traité de façon incorrecte s‟entoure
d‟une coque de sclérose qui le délimite ultérieurement vis-à-vis du parenchyme voisin.
Symptomatologie clinique :
- A la période d‟état, après environ une semaine d‟évolution, on note une recrudescence de
la toux, l‟expectoration d‟un pus souvent fétide (2⁄3 des cas) survenant en vomique unique
ou fractionnée. Après celle-ci, l‟expectoration reste purulente et abondante (100 à 300 ml
par jour). La température s‟abaisse généralement après la vomique mais elle peut rester
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Signes radiologiques :
- A la période d‟état, le cliché révèle une cavité à parois épaisses, avec fréquemment un
niveau liquide. Dans les pneumonies abcédantes, il est parfois nécessaire de pratiquer des
tomographies pour déceler de multiples petites cavités au sein d‟une densification
systématisée.
Examens de laboratoire :
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Diagnostic :
L‟expectoration fétide est très suggestive d‟un abcès ; elle n‟est toutefois présente que dans
deux tiers des cas et peut se rencontrer dans les bronchectasies (symptomatologie plus
chronique).
La cavité à parois épaisses observée dans les abcès doit être distinguée :
- de la caverne tuberculeuse : celle-ci est fréquemment accompagnée d‟opacités nodulaires
de voisinage ou de signes de dissémination bronchogène controlatérale,
- d‟un néoplasme bronchique périphérique nécrosé : dans ce cas, le niveau liquide est plus
exceptionnel, la paroi a des limites internes et externes en général nettement définies, le
bord externe de la masse est parfois polycyclique. Enfin, la symptomatologie infectieuse
fait souvent défaut. Certains néoplasmes périphériques excavés peuvent toutefois
s‟infecter.
Un abcès survenant chez un sujet de plus de quarante ans doit faire craindre l‟existence d‟une
substénose bronchique centrale de nature néoplasique et impose une bronchoscopie de
contrôle après sédation des manifestations infectieuses
Evolution :
Laissé à lui-même, l‟abcès évolue dans plus de la moitié des cas vers la chronicité, surtout
dans les formes putrides et gangreneuses. On voit alors survenir une pyosclérose, caractérisée
par l‟association de la suppuration et de la sclérose réactionnelle. Elle se traduit sur les clichés
radiologiques par des images d‟excavations. Le malade succombe fréquemment dans un état
de cachexie progressive, consécutif à la persistance d‟un syndrome infectieux.
En cas de traitement adéquat par les antibiotiques, l‟expectoration perd en quelques jours son
caractère malodorant, puis son aspect purulent, tout en diminuant de volume. Les signes
cliniques s‟amendent progressivement pour disparaître pratiquement en une dizaine de jours.
L‟amélioration de l‟aspect radiographique qui n‟est souvent décelable qu‟après une semaine,
consiste :
- tantôt en une détersion progressive de la paroi de l‟abcès avec apparition d‟une image
bulleuse. Celle-ci s‟estompe souvent tardivement, mais peut être définitive. Son pronostic
est toujours favorable.
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Complications :
- Dans certains cas, l‟abcès tend à la chronicité, l‟expectoration reste purulente et riche en
pathogènes. On voit persister à la radiographie, une cavité à paroi épaisse. Dans ce cas, on
doit soupçonner une résistance des germes vis-à-vis de l‟antibiotique utilisé et on
s‟inspirera de la réponse de l‟antibiogramme pour modifier le schéma thérapeutique. Les
variations rapides de la flore bactérienne imposent des contrôles bactériologiques tous les
8 à 10 jours. Dans d‟autres cas, des raisons générales (alcoolisme) ou locales (sténose
bronchique néoplasique, bronchectasies associées, etc.) sont responsables de l‟évolution
chronique.
- Exceptionnellement, l‟abcès est suivi tardivement d‟une poussée évolutive de tuberculose.
- Les abcès superficiels peuvent se compliquer d‟une pleurésie sérofibrineuse à formule
neutrophilique, d‟une pleurésie purulente ou d‟un pyopneumothorax.
- Les localisations infectieuses à distance (abcès cérébraux) sont exceptionnelles.
- Les bronchectasies séquellaires des abcès sont devenues rares depuis l‟antibiothérapie.
Elles sont souvent très localisées et ne déterminent que rarement une symptomatologie
clinique. Elles ne nécessitent qu‟exceptionnellement un traitement chirurgical.
Pronostic :
Un traitement médical précoce et correctement conduit entraîne une guérison dans séquelles
notables dans la quasi-totalité des abcès du poumon. La nuance péjorative, anciennement liée
aux formes putrides avec tendance gangreneuse, est actuellement effacée par une efficacité
sensiblement égale des antibiotiques sur les formes mono- ou polymicrobiennes.
Le pronostic est essentiellement conditionné, chez l‟enfant par la sensibilité des
staphylocoques vis-à-vis des antibiotiques utilisés et chez l‟homme âgé par la présence d‟un
carcinome bronchique associé.
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Traitement :
Le repos au lit s‟impose pendant la période fébrile. Une alimentation légère et des boissons
abondantes sont indiquées pendant la première phase du traitement.
Le drainage postural (continu ou intermittent) vise à faciliter l‟élimination des expectorations
sous l‟effet de la pesanteur : la position du malade dans son lit sera choisie en fonction de la
localisation de l‟abcès qu‟on cherchera à placer plus haut que les voies aériennes de drainage.
En cas de topographie postérieure de l‟abcès, une position en procubitus s‟imposera. On
engagera le patient à tousser pendant la séance de drainage. La libération des sécrétions peut
en outre être facilitée la percussion du thorax au regard de l‟abcès.
Le traitement médicamenteux comporte avant tout une antibiothérapie plus intensive et plus
prolongée que dans les broncho-pneumopathies non suppurées, à cause de la présence d‟une
nécrose parenchymateuse. Le traitement devra être adapté après identification des germes
responsables et réponse de l‟antibiogramme, surtout en présence de staphylocoques. Il doit
être poursuivi jusqu‟à disparition de l‟expectoration, détersion ou occlusion de la cavité
d‟abcès, c.-à-d. en général pendant quatre à six semaines.
Le traitement symptomatique : L‟emploi d‟antitussifs est à déconseiller car il peut entraîner
un encombrement bronchique par rétention des secrétions. L‟oxygénothérapie et les
analeptiques pourront être utiles en cas d‟insuffisance respiratoire. La corticothérapie peut
être associée aux antibiotiques dans les formes gravissimes.
Les traitements locaux : Lorsque le traitement général n‟entraîne pas une amélioration
suffisante, il peut être complété par des traitements locaux :
- L‟aérolisation d‟antibiotiques est d‟un intérêt très accessoire,
- La bronchoscopie permet l‟aspiration des sécrétions, l‟attouchement de la bronche à
l‟adrénaline (d‟où décongestion et drainage plus aisé) et l‟installation locale
d‟antibiotiques. En cas d‟inhalation d‟un corps étranger, elle s‟impose d‟urgence afin de
permettre son extraction.
- On recourait fréquemment, autrefois, à l‟instillation endobronchique d‟antibiotiques. Après
une anesthésie pharyngée, glottique et trachéobronchique à la xylocaïne, l‟on introduisait
au travers de la glotte, une sonde en caoutchouc opaque aux rayons X (sonde de Métras).
Celle-ci était ensuite conduite sous radioscopie à proximité de l‟abcès Le patient était
ensuite couché de telle façon que l‟abcès soit en position déclive. Le produit était alors
introduit dans la sonde. L‟antibiothérapie par voie générale réussit le plus souvent à guérir
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l‟abcès sans qu‟il faille recourir aux installations endobronchiques : celles-ci semblent agir
surtout en provoquant d‟abondantes expectorations pendant l‟anesthésie locale et indiquées
dans les cas réfractaires au traitement parentéral.
- L‟injection transthoracique intracavitaire d‟antibiotiques est à proscrire (risque de pleurésie
purulente et d‟embolie gazeuse).
Le traitement chirurgical :
Il consiste en l‟exérèse du territoire entrepris par un abcès chronique à parois épaisses ou par
une pyosclérose diffuse. Ses indications sont exceptionnelles lorsque l‟antibiothérapie est
précoce et bien conduite. Il ne devra être entrepris qu‟après échec d‟un traitement médical
prolongé pendant plusieurs mois et après une mise respiratoire fonctionnelle approfondie.
Les adhérences et les remaniements fibreux souvent importants qui accompagnent les abcès
chroniques rendent malaisée la tâche du chirurgien : il en résulte des complications non
exceptionnelles et une mortalité opératoire assez élevée.
Le traitement prophylactique ne doit pas être négligé. Il comporte l‟hygiène dentaire, le
traitement des infections rhino-bucco-pharyngées, l‟utilisation préférentielle de l‟anesthésie
locale pour les interventions sur la cavité buccale et le traitement antibiotique systématique
des pneumopathies non suppurées.
4. La tuberculose pulmonaire
Etiologie et pathogénie.
C‟est à Koch (1882) que revient le mérite d‟avoir décrit l‟agent causal de la tuberculose
auquel on a donné son nom (bacille de Koch). Ce bâtonnet est acido-alcoolo-résistant à
l‟examen direct. Ses cultures poussent lentement sur milieu de Loewenstein. Il s‟agit de
Mycobacterium tuberculosis, M. bovis et M. africanum.
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Pratiquement tous les sujets primo-contaminés développent une allergie tuberculinique et une
immunité acquise vis-à-vis de la tuberculose. Chez un petit nombre d'entre eux seulement, on
voit apparaître des manifestations pathologiques d'ordre clinique, biologique et/ou
radiologique.
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Selon Rich, on peut exprimer par l'équation suivante les facteurs déterminant l'étendue et la
gravité d'une lésion à un moment donné après la contamination (ou si l'on veut, ceux qui
régissent l'évolution vers la tuberculose maladie) :
« Germes (Nombre x Virulence). Hypersensibilité / Immunité (naturelle et acquise) ».
Au total, le rôle primordial semble bien être joué par l'immunité naturelle, dont l'intensité est
sous la dépendance de multiples facteurs :
- Les facteurs raciaux : On connaît la grande sensibilité de la race noire et des Arabes et
la résistance relative des Juifs.
- Les facteurs familiaux : En présence de plusieurs cas de tuberculose dans une même
famille, il faut évidemment tenir compte, non seulement d'une résistance familiale
amoindrie mais aussi du plus grand risque d'intercontamination.
- Les facteurs individuels :
L‟âge : La résistance est moindre avant l'âge de 5 ans.
Les facteurs psychologiques : La dépression (la" consomption"), le surmenage
intellectuel et surtout moral.
Les facteurs physiques : absence de repos, surmenage physique, sous-alimentation
(recrudescence pendant les périodes de guerre et fréquence dans les quartiers
pauvres et dans les pays en voie de développement).
Les affections anergisantes : grippe, rougeole, coqueluche, diabète non équilibré,
hyperthyroïdie, grossesse (?).
Les affections digestives (compromettant la nutrition) : alcoolisme, cirrhose,
diarrhée chronique, gastrectomie, ulcus gastrique.
Les affections pulmonaires altérant la résistance locale (pneumoconiose, cancer
bronchique, abcès pulmonaire : bacilles « de sortie »).
Les affections cardiaques : la tuberculose est favorisée par certaines cardiopathies
congénitales.
Plusieurs facteurs peuvent d‟ailleurs s‟associer chez un même individu pour réduire sa
résistance naturelle ou acquise.
La maladie tuberculeuse s‟étend du fait de la dissémination des bacilles :
- Les lésions pulmonaires peuvent se développer de proche en proche : C‟est l‟extension
directe, fréquente dans les lésions exsudatives.
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Ranke avait jadis schématisé l‟évolution de la tuberculose maladie en 3 stades par analogie
avec ceux da la syphilis :
- Le stade primaire comportant l‟évolution du chancre et de son adénopathie satellite,
s‟échelonnant sur un an environ dans les cas cliniquement décelables.
- La période secondaire, caractérisée par les disséminations et par une hyperallergie,
durant de 5 à 15 ans. Ranke y classait les disséminations hématogènes massives
(granulies pulmonaires et généralisées) et les disséminations hématogènes moins sévères
(pleurésie exsudative, lésions ostéo-articulaires, rénales et pulmonaires parfois
inapparentes).
- La période tertiaire était celle du développement local des lésions bacillaires (phtisie).
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En réalité, de très nombreuses atypies rendent aléatoire cette classification cyclique : les
disséminations se rencontrent à tous les âges de la maladie et, dans bien des cas, la phtisie
succède à la primo-infection sans période secondaire intermédiaire.
Anatomie pathologique.
Aspect histologiques
- Les lésions exsudatives : Il s‟agit d‟une alvéolite fibrino-macrophagique, où les parois
alvéolaires congestives ne sont néanmoins pas détruites. L‟exsudat peut comporter
également des polynucléaires. Par endroits, on note des zones de caséification.
- Le caséum : La nécrose tuberculeuse se présente sous forme d‟une substance homogène,
finement grenue, uniformément éosinophile, qui a tous les caractères d‟une
désintégration tissulaire locale, dont les constituants histochimiques résultent de la
transformation des éléments du tissu normal. Selon qu‟on retrouve ou non au sein du
caséum les fibres de réticuline dessinant la trame du parenchyme pulmonaire, on peut
conclure que le territoire nécrosé n‟a pas ou a subi un processus de liquéfaction : c‟est
ainsi qu‟on distingue le tuberculome (trame conservée) de la caverne pleine (trame
disparue).
- Les lésions folliculaires ou follicules tuberculeux : Le follicule est formé d‟un centre
constitué de cellules épithélioïdes et de cellules géantes, et d‟une couronne de petites
cellules rondes lympho-histiocytaires et de tissu fibreux. Les follicules se développent
fréquemment autour d‟un noyau caséeux, comme les pétales d‟une fleur.
- Les lésions enkystées ou fibreuses : Les divers types de lésions bacillaires peuvent être
envahis par une sclérose collagène ou hyaline qui remanie profondément le parenchyme
pulmonaire dont la coloration du tissus élastique ne décèle plus que quelques vestiges
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(sclérose mutilante). Ce tissu fibreux peut être imprégné de sels calcaires et de pigments
anthracosiques.
Aspects histobactériologiques
Dans les lésions exsudatives, on y trouve de nombreux bacilles de Koch, au sein des
macrophages. Les exsudats à polynucléaires sont encore plus riches en bacilles. Le caséum
sec est pauvre en bacilles, mais les territoires liquéfiés, riches en polynucléaires, comportent,
par contre, d‟innombrables corps bacillaires (plus de 108 dans une cavité de 2 à 3 cm de
diamètre). Dans les lésions folliculaires, les bacilles de Koch y sont très rares et dans les
lésions fibreuses, les bacilles de Koch y sont pratiquement absents.
Il n‟y a aucun rapport entre l‟étendue des lésions et leur richesse en bacilles de Koch. Il existe
d‟ailleurs d‟importantes variations individuelles dans la concentration bacillaire au sein de
lésions du même type. Enfin, la richesse en bacilles des lésions exsudatives (fraîches) et la
pauvreté des lésions caséeuses permet de conclure à l‟existence de processus de destruction
bacillaire au sein des lésions tuberculeuses.
Les lésions exsudatives, caséeuses, folliculaires et fibreuses ne représentent pas les formes
autonomes de tuberculose mais plutôt des stades successifs, reliés entre eux par une sorte de
filiation. Toutes les lésions passent d‟abord par le stade exsudatif, qui répond aux lésions
fraîches extensives : une résorption complète est encore possible à ce stade. Toutefois dans
beaucoup de cas, l‟exsudation est suivie de nécrose caséeuse. Le caséum est une lésion
irréversible, qui ne se résorbe quasi jamais. Dans les cas favorables, il subit un assèchement
progressif avec calcification qui lui donne un aspect crayeux, crétacé, l‟enkystement fibreux
s‟y associe. Dans les cas défavorables, l‟exsudation séreuse provenant des vaisseaux
périfocaux, entraîne le ramollissement du caséum, suivi inexorablement de son évacuation par
la bronche de drainage qui centre l‟organite altéré, et donc par la formation de cavernes dont
la dimension répond à celle de cet organite. La présence des lésions tuberculeuses
(exsudatives ou caséeuses) détermine une réaction tissulaire intense, sous forme de lésions
folliculaires (dites encore tuberculose productive) qui peuvent elles aussi être secondairement
envahies par la fibrose. La fibrose enkystante est une modalité de guérison par encerclement
progressive des liaisons. On notera que certains foyers, déjà partiellement cicatrisés voire
même calcifiés, peuvent être ultérieurement le siège de nouvelles poussées évolutives
(exsudatives et caséeuses).
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La primo-infection tuberculeuse.
Symptomatologie clinique.
Dans la grande majorité des cas, la primo-infection est complètement asymptomatique : c‟est
la forme latente.
Dans la forme patente, la gravité des symptômes est très variable d‟un cas à d‟autre. On
retrouve ainsi trois formes cliniques de primo-infection tuberculeuse : la typhobacillose de
Landouzy, l‟érythème noueux et la conjonctivite phlycténulaire.
- Il y a généralement prédominance des symptômes généraux : inappétence,
amaigrissement, fatigabilité, fébricules, voire dans certains cas, fièvre élevée et
persistante sans localisation (typho-bacillose de Landouzy). Les symptômes subjectifs
respiratoires sont généralement discrets (toux non productive, parfois coqueluchoïde en
présence d‟adénopathies de gros volume). L‟auscultation est généralement normale.
- Dans une minorité des cas, surtout chez les grands enfants et dans le sexe féminin, on voit
survenir un érythème noueux (larges papules indurées et douloureuses, de coloris variant
du rouge au jaune bleu et localisées à la face d‟extension des membres inférieurs) parfois
accompagné d‟arthralgies.
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Symptomatologie radiologique
Dans les formes latentes, le cliché thoracique est complètement normal. Dans les formes
patentes, on y décèle l‟élément ganglionnaire du complexe primaire sous forme
d‟adénopathies hilaires et parfois latérotrachéales, généralement unilatérales, plus fréquentes
à droite qu‟à gauche (adénopathie médiastinale le long de l‟arbre trachéobronchique). Dans
beaucoup de cas, le chancre est inapparent. Parfois, il se présente sous forme d‟une opacité
(nodule) vaguement arrondie située fréquemment dans les territoires les mieux ventilés : bases
pulmonaires, surtout en avant. Le chancre peut être relié au hile par une traînée (lymphangite
et bronchite).
Réactions tuberculiniques
Elles sont positives. La négativité du test n‟exclut pas la tuberculose, si bien que le test à la
tuberculine a une valeur limitée en clinique dans les pays à haute prévalence et ou le BCG est
utilisé dans la stratégie de vaccination. Il peut cependant avoir un intérêt pratique clinique
chez les enfants de moins de 5 ans non vaccinés au BCG pour lesquels un test positif peut être
dû à une infection récente indiquant un risque plus grand de voir apparaître la maladie. On
donne une préférence aux intradermo-réactions qui permettent une mesure quantitative, grâce
à l‟injection d‟un volume donné de tuberculine1. Mais l‟IDR n‟est pas un test de dépistage de
la tuberculose.
Les tests sérologiques type MYCODOT
Ce sont des tests qui détectent les anticorps, les antigènes et les complexes antigène-anticorps.
Ils sont très avantageux du fait qu‟ils sont rapides, simples et pas chers. Mais leurs
1
Techniques.
La cutiréaction (réaction de von Pirquet) : Après dégraissage à l‟éther de la face antérieure de l‟avant-bras, on y
pratique au moyen d‟une lime ou d‟un vaccinostyle stérile, 3 scarifications superficielles parallèles, longues d‟un
cm environ, et distance l‟une de l‟autre de 2 cm. L‟épiderme doit être franchi mais il ne doit pas y avoir de
saignement. La scarification centrale sert de témoin, on dépose la tuberculine concentrée sur les scarifications
extrêmes. On laisse sécher le produit pendant une dizaine de minutes. Le résultat de la réaction est lu après 48 à
72 h, par comparaison entre la scarification témoin et celles où la tuberculine a été déposée. Elle sera considérée
comme positive lorsque l‟induration perceptible au palper aura un diamètre transversal d‟au moins 4 mm. Les
fortes réactions se caractérisent par l‟apparition de phlyctènes et sont parfois reliées à des adénopathies
épitrochléennes, voire axillaires par une traînée lymphangitique.
L‟intradermo-réaction de Mantoux : La tuberculine diluée est injectée dans le derme de la face de flexion de
l‟avant-bras, à raison de 0,1ml, ce qui détermine l‟apparition immédiate d‟une papule d‟environ 8 mm, de
diamètre. Il y a avantage à utiliser une seringue spéciale, dite à tuberculine, afin de mesurer avec précision la
quantité administrée et de pouvoir de la sorte apprécier quantitativement l‟intensité de la réaction. La lecture se
fait après 72 h. Son résultat est considéré comme positif lorsque la rougeur est associée à une induration
perceptible au palper superficiel à 5 mm de diamètre. On notera les deux diamètres de l‟induration, en mm.
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Pathogénie :
Symptomatologie clinique :
Symptômes radiologiques :
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confluences débutantes au niveau des sommets. Dans les formes « froides », les nodules sont
moins régulièrement répartis et de taille plus inégale.
Symptômes biologiques :
Pronostic :
Avant l‟ère antibiotique, les granulies aiguës étaient systématiquement mortelles en quelques
semaines. La dispersion hématogène et la petite taille des nodules miliaires sont toutefois
favorables à l‟efficacité de la chimiothérapie agissant par voie sanguine. L‟antibiothérapie
entraîne en quelque mois, dans les formes aiguës, un nettoyage quasi complet des opacités
pulmonaires. La résorption est moins complète dans la forme froide.
Les adénopathies qui sont souvent le point de départ des bacilles sont influencées plus
tardivement par l‟antibiothérapie.
Diagnostic différentiel :
Dans les formes aiguës, c‟est celui des fièvres sans localisation. La radiographie thoracique et
l‟examen du fond de l‟œil vont orienter le diagnostic. Dans les formes froides, c‟est
l‟interprétation étiologique de la micronodulation qui posera les problèmes les plus délicats
(miliaire tuberculeuse, pneumoconiose, sarcoïdose pulmonaire, granulie carcinomateuse).
Traitement :
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La tuberculose bronchique.
Pathogénie :
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Symptomatologie clinique
Aux stades initiaux, l‟affection est cliniquement latente. Ce n‟est qu‟à un stade plus avancé
que surviennent des symptômes généraux : anorexie, amaigrissement, fatigabilité, fébricules
et sueurs nocturnes. Les symptômes pulmonaires (toux, expectorations, hémoptysies) sont
d‟apparition plus tardive encore et correspondent souvent à la cavernisation. Les douleurs
thoraciques répondent à l‟extension de la maladie aux territoires sous-pleuraux. La dyspnée
est exceptionnelle sauf dans les formes très avancées accompagnées de fibrose.
L'auscultation, normale en période initiale, révèlera, en présence de cavernes, des crépitations,
surtout perceptibles après la toux et localités de préférence dans les régions postéro-
supérieures du thorax (diagnostic différentiel avec la bronchite où les crépitations ont une
prédominance basale). Le syndrome caverneux complet de Laennec ne se rencontre que dans
les excavations géantes.
Dans les formes chroniques et étendues (fibrothorax), on peut noter des signes de rétraction
hémithoracique.
Au total, la symptomatologie clinique est fort atténuée, surtout par comparaison avec l'atteinte
radiologique.
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5. Lobites tuberculeuses :
Très accélérée Richement
Densification massive, systématisée, fréquemment excavée.
bacillifère
Ces divers types lésionnels sont fréquemment associés chez un même sujet.
Les bacilles de Koch doivent être recherchés dans les produits d'origine broncho-pulmonaire.
Chez les sujets ramenant des expectorations, on analysera celles-ci après s'être assuré qu'il
s'agit bien d'un crachat expectoré avec la toux, et non d'un «mouchage» nasal postérieur
obtenu par reniflement.
En absence d'expectoration, par exemple chez les enfants et chez les femmes, qui
déglutissent consciemment ou inconsciemment leurs sécrétions bronchiques, on récupérera
celles-ci dans l'estomac, au moyen d'un tubage gastrique pratiqué à jeun, au saut du lit,
afin d'éviter la progression des sécrétions vers le duodénum. Les produits de tubage gastrique
doivent être neutralisés d'emblée ou acheminés rapidement vers le laboratoire aux fins
d'analyse.
En l'absence d'expectoration, on peut recourir également au frottis laryngé, obtenu en
introduisant un coton monté à hauteur de la glotte, sans anesthésie locale, ce qui provoque un
réflexe de toux et permet de recueillir quelques sécrétions que l'on étale extemporanément sur
une lame.
L'aspiration et le lavage bronchique sous bronchoscopie, permettent de recueillir des
sécrétions sélectivement, au niveau du territoire malade.
Il y a également intérêt à prélever les crachats durant les 24 à 48 heures qui font suite à la
bronchoscopie.
Avant d'affirmer la négativité des examens bactériologiques, il aura lieu de pratiquer au moins
trois examens successifs à 24 heures d'intervalle (vu le caractère intermittent de certaines
émissions bacillaires) et d'attendre le résultat des cultures sur milieu de Loewenstein,
susceptibles de mettre en évidence des bacilles peu nombreux alors que les examens directs
restent négatifs.
L'inoculation du cobaye, utile à l'identification de certains germes, n'est pas supérieure à la
culture sur Loewenstein, sous l'angle de la fréquence de la positivité. On y recourra surtout en
cas de surinfection répétée des cultures par les germes banals, ou lorsque l'examen direct est
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positif et la culture négative, ou encore quand on soupçonne une infection par mycobactéries
atypiques.
D'une manière générale, les lésions phtisiques ont tendance à l'extension progressive. Celle-ci
survient le plus souvent par poussées évolutives, séparées par des périodes de rémission.
L'extension affecte une direction apico-caudale, depuis le sommet, siège des lésions les plus
anciennes et plus étendues, vers la base, initialement respectée. Elle est généralement due à
des disséminations bronchogènes en provenance de cavernes ou de foyers caséeux
ramollis. Dans une minorité de cas (lésions exsudatives minimales, surtout chez des sujets de
plus de 40 ans), on peut observer une résorption spontanée plus ou moins complète des
lésions.
Enfin, dans un assez grand nombre de cas, surtout anciens, on voit apparaître au sein des
lésions ou dans leur voisinage, une fibrose rétractile. La fibrose systématisée peut être le
stade terminal d'une lobite (par exemple fibrose et bronchectasies du lobe supérieur droit),
d'une atteinte bronchique avec atélectasie (par exemple fibro-thorax après bronchite
tuberculeuse du tronc principal). La fibrose non systématisée se développe dans les parois et
cavernes chroniques ainsi que dans les cicatrices cavitaires et diffusément dans le poumon, au
voisinage des lésions caséeuses. La rétraction consécutive à la fibrose, est fréquemment
responsable de l'hyperdistension pulmonaire des bases et de l'apparition d'une dyspnée. Elle
contribue aussi au développement des bronchectasies tuberculeuses.
a. Evolution bactériologique.
Une antibiothérapie polyvalente et bien conduite, s'adressant à des patients préalablement non
traités porteurs de germes sensibles vis-à-vis des tuberculostatiques entraîne une négativation
durable de l'expectoration dans la quasi-totalité des cas.
L'évolution bactériologique est beaucoup moins favorable (retard de négativation, positivité
persistante) lorsque l'antibiothérapie est mal conduite (interruptions, monothérapie, dosages
insuffisants) ou lorsqu'il s'agit de rechutes, dont les germes sont fréquemment résistants vis-à-
vis des tuberculostatiques préalablement utilisés. C‟est pourquoi le traitement est gratuit et
hautement supervisé dans notre pays, la RD Congo, grâce à la Fondation Damien.
b. Evolution radiologique.
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Elle est fonction du type anatomique des lésions que traduisent les diverses formes
radiologiques :
1. Les nodules : Souvent en partie caséeux, ils ne régressent que partiellement.
2. Les infiltrats : En grande partie de nature exsudative, ils se résorbent largement.
3. Les foyers caséeux : Le ramollissement se traduit par l'apparition des zones plus
claires au sein des opacités. La liquéfaction et l'excavation entraînent une clarté plus
nette et mieux délimitée. Dans les tuberculomes, elle a fréquemment une forme semi-
lunaire due à la localisation du creusement entre deux lamelles de fibrose. La fibrose
entraîne une légère rétraction et l'apparition de traînées périlésionnelles bien
délimitées.
4. Les cavernes : La détersion se traduit par une diminution de l'épaisseur des parois, qui
deviennent finalement extrêmement minces, presque imperceptibles et de contour très
régulier : c'est la cicatrice bulleuse de la caverne. Seulement, la négativité persistante
des examens bactériologiques permet d'affirmer que la détersion pariétale est
complète. L'occlusion cavitaire détermine l'apparition d'une cicatrice linéaire ou
stellaire, d'excellent pronostic, et parfois d'un foyer résiduel plus étendu partiellement
caséeux et de pronostic lié au volume final du caséum. La réplétion cavitaire se traduit
par l'apparition d'un foyer arrondi opaque avec bronche de drainage à la place de
l'ancienne clarté cavitaire. La fibrose de la paroi cavitaire se traduit radiologiquement
par l'apparition d'un rebord épais et irrégulier. C'est une modalité très importante de
stabilisation allant souvent de pair avec la persistance d'une expectoration bacillifère.
5. Les lobites : Elles se résorbent, fût-ce partiellement, et se replient volontiers en
éventail par suit du développement d'une fibrose systématisée parfois associée à une
sténose bronchique.
La calcification se traduit par l'apparition d'opacités très denses (plus denses que l'opacité
cardiaque) de caractère fréquemment granuleux, muriforme. La présence des calcifications ne
permet pas d'exclure l'existence de lésions évolutives de voisinage, puisque calcification
signifie caséification préalable.
Complications de la phtisie.
1) Complications locales :
- Les hémoptysies : Elles sont souvent l'occasion du diagnostic et répondent en général
à l'apparition d'une caverne (hémoptysie d'alarme). Elles peuvent survenir lors de
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Pronostic :
Contrairement à l'opinion généralement péjorative qui continue à régner dans le grand public,
le pronostic actuel de la tuberculose est très favorable, cette affection étant une des maladies
chroniques les plus curables. On peut formuler le pronostic :
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Diagnostic différentiel
Quoique les images radiographiques de tuberculose ne soient pas absolument spécifiques,
certains de leurs caractères sont particulièrement suggestifs d‟une étiologie tuberculeuse :
1. Les nodules sont pratiquement toujours de nature tuberculeuse. Le micromodule des
stades initiaux de la pneumoconiose a en général une location plus basse (champ moyen)
que celle de la tuberculose (champs supérieurs).
2. Les infiltrats «en nébuleuse » doivent être différenciés des infiltrats des pneumopathies
virales, d‟aspect plus ouaté, non nodulaires et surtout plus labiles.
3. Les foyers ronds doivent être différentiés, surtout après 45 ans, avec les néoplasmes
bronchiques ou les métastases isolées. L‟existence d‟une clarté en fente concentrique
dans le foyer ou la présence de nodules de voisinage orientera vers la tuberculose. La
présence de calcifications dans la masse ne permet pas d‟exclure un cancer (cancer sur
cicatrice).
4. Les cavernes doivent être distingués des abcès et des néoplasmes périphériques excavés
grâce à la présence d‟ensemencements nodulaires de voisinage ou croisés, et
accessoirement sur la base d‟arguments topographiques (localisation apico-postérieure).
5. Les lobites évoquent parfois la pneumonie bactérienne ou la pneumonie obstructive
rétronéoplasique à la fois par leur allure clinique et leur aspect radiologique.
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Traitement de la phtisie
1. Traitement hygiéno-diététique
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2
Le chiffre qui précède la phase indique sa durée en mois.
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supervision directe. Les cas à frottis positifs à la fin du 3e mois de traitement doivent
continuer les 4 médicaments pendant 4 semaines encore. En effet, le contrôle
bactériologique doit se faire au 3e, 5e et 7e mois pour cette catégorie 2. Si le frottis
reste positif après le 5e mois, le traitement est arrêté et le patient est classé comme cas
chronique, et dans ce cas les tests de sensibilité s‟imposent pour un traitement
approprié.
- la catégorie 3 : 2 RHZ / 4 RH, c.-à-d. une phase intensive initiale de 2 mois
comportant l‟administration quotidienne de la triple association RHZ et une phase de
continuation de 4 mois avec une prise de la double association RH en prise
quotidienne.
Pour les enfants, les régimes sont pour la catégorie 1: 2 RHZE / 4 RH, la catégorie 1
(méningite tuberculeuse) : 2 RHZS / 4 RH3, pour la catégorie 3 : 2 RHZ / 4 RH.
La catégorie 1 comprend de nouveaux de tuberculose pulmonaire à microscopie positive et
autres formes graves de la maladie, jamais traitées ou traitées moins d‟1 mois : les formes
hématogènes (miliaire aigue localisée ou généralisée, méningite), les formes pulmonaires
interstitielles étendues, non cavitaires, spécialement chez les immunodéprimés (infectés par le
VIH, diabétique, malade recevant une corticothérapie au long cours pour une autre affection)
et certaines formes extrapumonaires sévères (pleurèsie masive, ou bilatérale, péricardite,
méningite, tuberculose vertébrale avec troubles neurologiques, tuberculose digestives,
tuberculose urogénitale).
La catégorie 2 comprend les cas de retraitement. Ce sont habituellement des cas de
tuberculose pulmonaire, exceptionnellement extrapulmonaire, à microscopie positive. On y
observe 3 groupes distincts : les rechutes définies par la réapparition des bacilles dans
l‟expectoration d‟un malade comme guéri auparavant, les échecs définis par la présence par la
présence de bacilles dans l‟expectoration d‟un malade, à 2 examens successifs à 15 jours
d‟intervalle, au 5e mois du traitement ou au-delà, les cas de reprise de traitement après
interruption de 2 mois ou plus (avec microscopie positive) et ayant reçu plus d‟1 mois de
traitement.
La categorie 3 comprend de nouveau cas de tuberculose pulmonaire à microscopie négative à
lésions peu étendues et d‟autres cas bénins de tuberculose extrapulmonaire. Dans cette
catégorie 3, on retrouve les enfants et adolescents qui ont une primo-infection patente avec
3
Pour la méningite tuberculeuse, la streptomycine est recommandée à la place de l‟éthambutol car ce dernier ne
traverse pas la barrière hémato-méningée.
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Les mycobactéries non tuberculeuses (atypiques) se rencontrent dans le sol, l‟eau et sont
rarement pathogènes pour l‟homme. En cas d‟immunodépression, elles peuvent conduire à
des infections opportunistes.
Classification selon Runyon (selon la coloration en culture) :
- Mycobactéries photochromogènes : ex. M. kansasii, M. marinum
- Mycobactéries scotochromogènes : x. M. scrofulaceum, M. ulcerans
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Cette infestation, très rare dans notre pays, est plus fréquente en Afrique du Nord. Le kyste
hydatique est la forme larvaire de Tænia echinococcus, parasite de l‟intestin grêle du chien.
Les œufs sont ingérés par l‟homme vivant en contact étroit avec le chien. Ils libèrent dans
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l‟estomac des embryons, qui passent à travers l‟intestin et le filtre hépatique ; certains gagnent
la circulation systématique pour atteindre le poumon où ils peuvent se fixer et se développer
lentement de volume en refoulant le tissu pulmonaire.
Les clichés radiographiques révèlent une ou plusieurs opacités arrondies, bien délimitées, que
leur nature liquidienne rend déformables par les mouvements respiratoires. On observe
parfois un croissant clair à leur pôle supérieur. Elles sont plus fréquentes dans les lobes
inférieurs. La larve peut aussi s‟implanter dans la plèvre, surtout médiastinale.
Ce kyste évolue habituellement vers la rupture endobronchique avec vomique de liquide
hydatique « eau de roche », accompagnée de manifestations anaphylactiques. Après la
rupture, on note l‟apparition d‟un niveau liquide dans l‟opacité kystique. La rupture peut se
produire également dans la plèvre : elle entraîne alors un pneumothorax. En cas de
surinfection, on voit survenir un syndrome d‟abcès du poumon.
Le diagnostic positif peut être obtenu par l‟intradermoréaction de Casoni, pratiquée avec du
liquide kyste hydatique ; la réaction, immédiate chez certains patients, est retardée de 24 à 48
h. chez d‟autres ; On recourt aussi à la réaction de fixation du complément de Weinberg. Ces
réactions sont rarement positives, et par ailleurs d‟une spécificité imparfaite.
Dans les formes localisées, le traitement réside dans la résection.
Comme les distomatoses pulmonaires, encore appelées paragonimoses, elles sont rarissimes.
Ces parasitoses sont rarissimes. Leur symptomatologie pulmonaire est due à l‟embolisation
des œufs dans les artérioles pulmonaires qu‟ils obstruent et où ils provoquent le
développement d‟une artérite granulomateuse oblitérante, d‟où un syndrome de cœur
pulmonaire chronique.
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Remarques générales.
Les actinomycoses.
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scissures, la grande cavité pleurale, voir le diaphragme, elle envahit les os et la paroi
thoracique pour donner lieu finalement à des fistules cutanées, libérant un pus à grains
jaunâtres. Les germes isolés à partir des grains poussent bien en milieu anaérobie. La
thérapeutique comporte l'administration prolongée de hautes doses de pénicilline, parfois
en association avec un traitement chirurgical. Le pronostic est favorable.
B. Le Nocardia astéroïdes. Dues généralement au Nocardia astéroïdes, parasite du sol
normalement absent des voies respiratoires supérieures. Les nocardioses surviennent
souvent chez des sujets prédisposés par une affection sous-jacente ou une corticothérapie.
L'affection pulmonaire a une allure très variée, pouvant simuler la tuberculose. Les
empyèmes sont fréquents, les fistules rares. La dissémination hématogène entraîne des
abcès cérébraux (mauvais pronostic) et des abcès sous-cutanés. Le diagnostic repose sur
l'isolement du germe (à ne pas confondre avec le bacille de Koch, car tous deux sont
acido-résistants à l'examen direct) par culture aérobie sur milieu de Sabouraud (ce qui le
différencie de l'actionomycès, anaérobie). Un traitement prolongé à la sulfadiazine
entraîne souvent la guérison.
Leur agent causal principal est l'Aspergillus fumigatus. La forme actuellement la plus
courante d'aspergillose est l'aspergillome intracavitaire, ou une truffe aspergillaire, encore
appelée mégamycétome, se développe dans une cavité bulleuse détergée, séquellaire d'un
abcès ou d'une tuberculose.
La symptomatologie clinique est dominée par les hémoptysies. Elle fait toutefois
complètement défaut dans certains cas.
Les clichés thoraciques montrent une image de grelot opaque, séparé des parois cavitaires par
un croissant gazeux clair.
L'infection aspergillaire peut pourtant prendre une allure beaucoup moins caractéristique,
lorsque le champignon se développe dans des masses pseudotumorales excavés par nécrose
aseptique, dans des néoplasmes excavés, dans un poumon non remanié (broncho-alvéolites
aiguës), dans la cavité pleurale en cas d'empyème avec fistule bronchopleurale, et enfin dans
les bronches (bronchites muco-membraneuses aspergillaires, avec parfois phénomènes
d'obstruction simulant le néoplasme bronchique, ou avec infiltrats labiles à éosinophiles
ressemblant au syndrome de Loeffler).
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La présence de Candida albicans dans les crachats (et même dans les secrétions bronchiques
prélevées sous bronchoscopie) ne reflète habituellement qu'un saprophytisme sans
signification pathologique : elle est courante chez les sujets traités aux antibiotiques ou aux
corticoïdes.
Les authentiques broncho-pneumopathies dues au candida restent très exceptionnelles. Elles
seraient justiciables de l'administration d'amphotéricine B.
Chap. 4
Définition
C'est un catarrhe de la muqueuse nasale consécutif à une vasodilatation paroxystique d'origine
allergique.
Etiologie
L'affection a un caractère héréditaire et est fréquemment associée à d'autres manifestations
atopiques (asthme, urticaire, eczéma, etc.).
Dans la forme périodique ou rhume des foins, l'allergène responsable est le pollen de certaines
graminées. Leur période de pollination (15 mai- 15 juillet) rythme les manifestations des
rhinites périodique en Europe. Dans la forme apériodique, les allergènes responsables sont
multiples (poussière de maison, allergènes animaux, végétaux, etc.). Etant donné la fréquence
des polysensibilisations, les deux types de rhinite peuvent s'associer chez le même sujet.
Symptomatologie
Symptômes subjectifs : Après une période de prurit de la muqueuse nasale surviennent les
salves d'éternuements particulièrement caractéristiques, comportant de 10 à 100 accès. Elles
s'accompagnent d'une rhinorrhée aqueuse souvent abondante et parfois d'obstruction nasale.
Des signes de conjonctivite et de pharyngite peuvent s'y associer. Ces manifestations
surviennent immédiatement après le contact avec les allergènes responsables ou encore le
matin au lever. La pluie qui précipite les allergènes au sol a un effet favorable dans les
pollinoses.
Symptômes généraux : On note une sensation d'abattement, de lourdeur; il n'y a pas de
température.
Examen objectif : On observe un aspect œdématié, pâle et parfois violacé des muqueuses des
voies respiratoires supérieures, ainsi qu'un œdème des cornets. Il existe parfois des polypes et
des signes d'ethmoïdo-anthrite.
Examen de laboratoire
Les sécrétions nasales sont riches en éosinophiles. L'éosinophilie du sang périphérique est
moins constante. Les tests cutanés allergiques permettent souvent d'identifier l'agent
responsable surtout dans les cas de pollinose.
Diagnostic
Le diagnostic différentiel se pose essentiellement avec les coryzas d'origine virale. Le terrain
atopique, la répétition des crises et l'effet déclenchant des certains agents, le caractère aqueux
des sécrétions, l'absence de tout phénomène infectieux, l'arrêt spontané de la crise et enfin la
positivité des réactions cutanées permettent un diagnostic aisé.
Traitement
1. Traitement symptomatique : Les antihistaminiques, si peu efficaces dans l'asthme, ont un
effet palliatif rapide dans la rhinite spasmodique. Pendant la journée, on donnera la préférence
à ceux qui entraînent le moins de somnolence p. ex. le chlorphéniramine.
L'administration locale d'antistine-privine ou de vasoconstricteurs du type adrénaline entraîne
un soulagement rapide.
2. Traitement étiologique : Il y a lieu d'éviter le contact avec les agents responsables (pollens :
séjour en montagne pendant la période de pollination, élimination des plantes des chambres,
etc.). On peut aussi recourir à la cure d'hyposensibilisation spécifique par injection c.-à-d. de
concentrations croissantes d'extraits des allergènes causaux. En cas de pollinose, on donnera
la préférence à l'hyposensibilisation présaisonnière qui devra être entreprise dès janvier ou
février. Dans le coryza spasmodique, les cures d'hyposensibilisation ont une efficacité
nettement supérieure à celle rencontrée dans l'asthme. L'emploi des corticoïdes, très efficace
est à éviter en raison de la bénignité de l'affection, des résultats satisfaisants des
thérapeutiques spécifiques et des dangers de la corticothérapie prolongée.
La trachéite spasmodique.
Elle est associée ou précède d'autres manifestations d'allergie respiratoire. Son diagnostic est
souvent difficile.
La toux spasmodique, symptôme principal de la trachéite spasmodique, est précédée par une
sensation de démangeaison ou de corps étranger trachéal. Elle se caractérise par des quintes
violentes, de durée variable, surtout nocturnes ou matinales, parfois émétisantes, non
productives ou suivies de l'élimination de glaires collantes riches en éosinophiles.
Le diagnostic différentiel se pose surtout avec la coqueluche. Tous les intermédiaires existent
entre la trachéite spasmodique et l'asthme.
Le traitement de la trachéobronchite spasmodique réside dans l'administration de broncho-
dilatateurs, d'antihistaminiques et dans les mesures classiques de prophylaxie à l'égard des
allergènes.
L’asthme bronchique
Définition
C‟est une affection caractérisée par des crises souvent nocturnes, récidivantes, de sibilances,
expiratoires ou à prédominance expiratoire, associée à une dyspnée d‟intensité variable et à
des signes fonctionnels du type obstructif. Les périodes intermédiaires sont d‟abord
complètement asymptomatiques (asthme intermittent), puis caractérisées par une dyspnée
persistante plus légère (asthme continu). C‟est une affection fréquente, qui atteint de 1 à 3%
de la population mondiale.
Pathogénie de la crise d‟asthme.
Trois facteurs pathogéniques sont généralement invoqués :
1. L‟œdème des parois bronchiques : il est fréquemment visualisé par bronchoscopie. C‟est
une véritable urticaire des bronches, surtout rencontré dans l‟asthme atopique.
2. Les bronchospasme au niveau des gros troncs : il a été confirmé par la bronchoscopie et la
bronchocinématographie. Celui des muscles de Reissessen n‟a jamais été prouvé in vivo.
3. Hypersécrétion mucineuse.
Anatomie pathologique.
Etiologie de l‟asthme.
Symptomatologie clinique
Chez les sujets de plus de 40 ans, un terrain atopique est beaucoup plus rarement mis en
évidence. En général, la dyspnée paroxystique et les sibilances ne disparaissent pas
complètement entre les crises. Ces symptômes sont fréquemment associés à ceux de la
broncho-pneumopathie chronique obstructive (asthmes intrinsèques, intriqués ou bronchites
asthmatiques).
Il est dû à une hypersécrétion bronchique très visqueuse et très abondante que le patient
épuisé ne parvient plus à rejeter. Il est caractérisé par la persistance d‟un état asthmatique
sévère accompagné de cyanose et de polypnée pendant plusieurs jours, voire plusieurs
semaines, ce qui entraîne alors une tachycardie marquée, une insomnie et un épuisement
progressif. L‟auscultation décèle, dans les cas graves, une réduction marquée du bruit
respiratoire normal et une atténuation des sibilances. L‟état du mal asthmatique se rencontre
surtout après une longue évolution de la maladie asthmatique, chez des sujets drogués par les
sympathicomimétiques, ou à l‟occasion d‟infections respiratoires virales ou bactériennes.
Léger persistant Symptômes plus de 2 fois/semaine, mais quotidiens VEMS ou DEP ≥80%
Poussées qui parfois peuvent limiter l‟activité
prévisible
Symptômes nocturnes plus de 2 fois/mois
Variabilité du DEP 20-30%
Modéré persistant Symptômes quotidiens VEMS ou DEP ˃60-80%
Utilisation quotidienne de β2-agonistes a courte durée
prévisible
d‟action
Poussées qui limitent l‟activité Variabilité du DEP˃30%
Poussées max.2 fois/semaine, peuvent durer des jours
Symptômes nocturnes plus de 1 fois/mois
Grave persistant Symptômes continus VEMS ou DEP ≤60%
Limitation de l‟activité physique
prévisible
Poussées fréquentes
Symptômes nocturnes fréquents Variabilité du DEP˃30%
DEP : debit expiratoire de pointe (Peak Expectory Flow), VEMS : volume expiratoire maximum par seconde.
Modifié du National Asthma Education Program, Expert Panel Report II, National Heart, Lung and Blood
Institute, 1997
Examens radiologiques.
Pendant les crises, on note une hyperdistension pulmonaire avec abaissement des coupoles
diaphragmatiques. L‟ensemble de la cage thoracique est relativement immobile. Ces
manifestations sont réversibles en dehors des crises dans l‟asthme intermittent et plus ou
moins persistantes dans les formes continues. Des atélectasies peuvent survenir, surtout chez
l‟enfant, du fait de l‟obstruction des bronches par des moules muqueux.
Examens fonctionnels.
L’examen spirographique révèle un syndrome obstructif réversible sévère qui se traduit par
un abaissement du rapport de Tiffeneau (VEMS/CV) dû à une chute importante du VEMS
et à une chute relativement moins marquée de la CV, le tout régressant après l‟administration
de broncho-dilatateurs. Il existe d‟importantes variations spontanées des résultats
spirographiques. Dans les formes compliquées de broncho-pneumopathie chronique
obstructive, les broncho-dilatateurs n‟entraînent qu‟une amélioration partielle des valeurs
spirographiques. Dans l’asthme intermittent, entre les crises, les valeurs spirographiques
sont normales mais les patients présentent une sensibilité élective marquée vis-à-vis de
l‟acétylcholine (chute du rapport de Tiffeneau par inhalation de quantités minimes
d‟acétylcholine). Dans les formes graves d’état de mal, on note un abaissement marqué de
la CV. L’analyse des gaz du sang artériel révèle :
1) dans les crises légères une hyperventilation avec abaissement de la PaCO2 et SaO2
normale,
2) dans les formes modérées, un trouble de distribution avec SaO2 abaissée et PaCO2
normale,
3) dans les formes graves, une hypoventilation alvéolaire avec désaturation et hypercapnie
(pronostic réservé).
Bronchoscopie
Elle révèle un œdème, une rougeur et une hypersécrétion et les phénomènes de spasme.
Examens biologiques
L‟éosinophilie sanguine est inconstante surtout en dehors des crises. La recherche des
éosinophilies dans les expectorations nasales est plus fréquemment positive.
Diagnostic differentiel.
1. La crise d‟asthme bronchique doit se différencier de l‟asthme cardiaque, dû à une
insuffisance ventriculaire gauche ou à une sténose mitrale. Dans l‟asthme cardiaque, on
note en général une polypnée avec expectorations mousseuses hémoptoïques et
crépitations inspiratoires et expiratoires prédominant aux bases mais aussi des signes de
bronchospasme. L‟examen cardiaque révèle des signes d‟insuffisance (tachycardie, galop,
hyper tentation décapitée).
2. Chez l‟enfant, le diagnostic différentiel se pose avec les bronchiolites et
bronchopneumonies, ou les bronchites asthmatiques.
Diagnostic étiologique.
Une anamnèse approfondie permet de soupçonner les facteurs endocriniens, neuropsychiques
et allergiques qui jouent un rôle dans le développement des crises. Les tests cutanés
allergiques (cuti- et intradermo-réactions) complètent cette enquête en confirmant le rôle
défavorable de certains facteurs. Ils en font parfois apparaître d‟autres, qui avaient échappé à
l‟interrogatoire. On ne perdra toutefois pas de vue qu‟il n‟y a pas un parallélisme strict entre
l‟allergie cutanée et l‟allergie bronchique. C‟est ainsi que les réactions cutanées peuvent être
négatives alors qu‟un test d‟inhalation d‟allergène est positif. D‟autre part, elles ne sont pas
spécifiques : les tests aux poussières de maison sont positifs chez 51% des membres d‟une
population non sélectionnées De plus, les tests cutanés ne permettent évidemment pas de
préciser si l‟allergène incriminé est réellement rencontré par le patient. Enfin, les tests cutanés
sont habituellement négatifs chez l‟enfant de moins de quatre ans. Les crises d‟asthme ont
tendance à récidiver, l‟état "topique" des asthmatiques étant irréversible. Toutefois, la
fréquence et la gravité des crises diminuent souvent aux abords de la puberté, surtout dans les
asthmes intermittents. Les asthmes continus par contre se compliquent souvent de bronchite
chronique, d‟où un pronostic nettement moins favorable : la thérapeutique de la bronchite
revêt alors une importance plus grande que les traitements anti-allergiques. L‟état de mal
asthmatique peut avoir une évolution mortelle, liée à une obstruction bronchique asphyxiante,
surtout après l‟administration de morphine ou de barbituriques. Dans certains cas, la mort est
due à une infection associée.
Traitement.
A. Traitement sédatif.
Il convient de rassurer le malade et son entourage, souvent angoissés par les premières
manifestations asthmatiques ou par leur persistance dans l‟état de mal. On insistera sur la
bénignité habituelle de l‟affection. Des calmants peuvent être prescrits (par ex. 400mg,
méprobamate, 2 fois par jour, ou 1g de sirop de chloral, 2 fois par jour, ou encore 5mg de
Valium 2 fois par jour). Par contre, on proscrira les opiacés et les barbituriques dans l‟état de
mal, où ils peuvent entraîner une insuffisance respiratoire mortelle.
B. Traitement broncho-dilatateur.
chez les sujets d‟au moins de 12 ans (≥ 6 ans pour le montélukast) présentant un
asthme léger persistant.
- L‟omalizumab est un anticorps monoclonal humanisé recombinant anti-IgE. Il peut
être utilisé chez le patient présentant un asthme allergique grave persistant avec une
hypersensibilité médiée par des IgE démontrée, chez qui, malgré l‟administration de
corticoïdes à inhaler à des doses élevées et de β2-mimétique a longue durée d‟action,
l‟asthme grave persiste.
D. Les antibiotiques.
2. Traitement de fond.
b. Toute tension psychique doit être évitée : on tendra à assurer au patient une vie calme et
régulièrement et en éliminer les facteurs d‟agitation. La psychothérapie, qui calme et
régulière et à en éliminer les facteurs d‟agitation. La psychothérapie, qui repose sur la
confiance du malade en son médecin, joue ici un rôle primordial. On sera parfois amené
à éloigner temporairement l‟enfant asthmatique d‟un milieu familial mal adapté. La
surprotection maternelle joue fréquemment un rôle aggravant, d‟où l‟intérêt de la
« parentectomie » réalisée sous forme d‟un placement prolongé de l‟enfant asthmatique
dans des établissements de cure, où la fréquence et la gravité des crises diminuent
considérablement, même en l‟absence de toute thérapeutique médicamenteuse ou
désensibilisante. Cette séparation d‟avec le milieu familial ne semble pas indiquée avant
l‟âge de 6 ans. Des rechutes sont fréquemment observées après le retour en famille.
c. Si l‟asthme est lié à un déséquilibre endocrinien, il y a lieu de corriger ce dernier.
d. En cas d‟asthme atopique, on s‟efforce d‟obtenir de préférence « l‟éviction de
l‟allergène », et à défaut, la « fuite devant l‟allergène », quand elle est réalisable. Etant
donné le rôle primordial des poussières domestiques, la prophylaxie « antipoussière »
est un élément important du traitement de l‟asthme. Elle vise principalement la chambre
à coucher et comporte l‟élimination des matelas, oreillers et édredons en plumes et leur
remplacement par une literie en mou de latex, ou à défaut, l‟isolement de la literie dans
une housse hermétique en matière plastique.
Les carpettes et tentures doivent être écartées, les armoires de réserve doivent être
placées en dehors de la chambre. Le nettoyage humide ou l‟emploi d‟un aspirateur sont
à conseiller.
Dans les cas d‟asthme pollinique, le séjour en altitude entraîne souvent une très forte
amélioration. En cas d‟asthme professionnel, on sera parfois conduit à conseiller un
changement de métier, après avoir confirmé le rôle des allergènes professionnels.
Des régimes d‟élimination dépourvus de céréales seraient utiles en cas d‟allergie
alimentaire.
En cas d‟échec ou d‟insuffisance de ces mesures prophylactiques, on peut recourir à une
hyposensibilisation spécifique au moyen d‟un stock-vaccin à la poussière ou d‟un
extrait de poussières domestiques provenant de l‟habitation du patient ou encore au
moyen d‟extraits polliniques. La cure comporte l‟injection intracutanée d‟extraits, à
doses croissantes, à raison de deux séances par semaine, pendant des années (à
intervalles plus espacés). Les succès de ces cures restent irréguliers, surtout à longue
échéance.
L‟hyposensibilisation n‟entraîne pas la disparition de la réagine, mais l‟apparition d‟un
« anticorps bloquant », (appartenant au groupe des globulines) qui a la propriété de se
fixer sur les allergènes plus aisément que ne le fait la réagine. Les succès thérapeutiques
de l‟hyposensibilisation ne sont pas parallèles au taux d‟anticorps bloquants.
e. La vaccinothérapie spécifique au moyen de germes en provenance des voies
respiratoires est préconisée par certains auteurs, surtout dans les asthmes intriqués avec
de la bronchite, quoiqu‟elle n‟ait pas fait jusqu‟ici dans l‟asthme, la preuve formelle de
son efficacité, qu‟il s‟agisse de stock ou d‟autovaccins (Barr 1965)
f. Corticothérapie au long cours.
Son indication n‟est plus guère à l‟ordre du jour avec l‟apparition de nouveaux
médicaments. Dans de rares indications particulières, il y a lieu d‟administrer la dose
de deltacorticone la plus faible (en général 5 à 10 mg) qui, en association avec les
broncho-dilatateurs courants, assure aux patients une vie confortable sans supprimer
intégralement leurs manifestations asthmatiques. Cette thérapeutique entraîne une
amélioration symptomatique considérable. Elle réduit en outre les fréquences des états
de mal ainsi que la mortalité liée à la maladie asthmatique. La fréquence de ses effets
collatéraux est bien connue : ulcus et gastrite, ostéoporose et fractures spontanées,
dépression surrénalienne, évolution tuberculeuse, hypertension. Elle constitue une
contre-indication à l‟emploi habituel de la corticothérapie continue, qui devra être
réservée de façon rigoureuse aux formes d‟asthme continu et sévère de l‟adulte
résistant aux nouvelles molecules. Certains auteurs conseillent l‟administration de la
dose de 48 h en une prise unique vers 12 heures, tous les deux jours afin de réduire au
maximum l‟action frénatrice de la prednisone sur la sécrétion endogène de corticoïdes,
qui se produit surtout entre minuit et 9 h du matin.
Le choix et l`utilisation graduelle des médicaments sont basés sur la gravité de l`asthme (cf.
tableau suivant) :
Le patient présentant un asthme léger ou intermittent n‟a pas de traitement quotidien. Un β2-
agoniste à action rapide ([Link]. 2 inhalations de salbutamol) est suffisant pour les symptômes
aigus. L‟utilisation de ce médicament plus de 2 fois/semaine peut indiquer la nécessité de
Le patient présentant un asthme modéré persistant doit être traité par un corticoïde inhalé
selon une posologie ajustée sur la réponse clinique. L‟ajout d‟un β2-agoniste d‟action
prolongée (salbutamol, formétérol) est utile chez le patient atteint d‟asthme nocturne, ce qui
permet de réduire la posologie des corticoïdes. Un β2-agoniste d‟action prolongée ou une
théophylline d‟action prolongée per os peut être substituée au β2-agoniste inhalé d‟action
prolongée.
Salbutamol
Solution par 2,5-5 mg en 2 min en 0,15 mg/kg (dose minime 2,5 Seuls sont recommandes les
nébuliseur 3 doses, puis, 2,5- mg) en 20 min en 3 doses, β2-agonistes sélectifs, pour une
(5mg/ml) 10mg en 1-4 h au puis 0,15-03 mg/kg, jusqu‟`a administration optimale diluer
besoin, ou 10-15mg/h 10 mg, en 1-4 h au besoin, ou jusqu`a un minimum de 4 ml a
en administration 0,5mg/kg/h en administration un débit de 6-8 l/min
continue continue (dose max. 15 mg/h)
Inhaleur-doseur 4-8 puff en 20 min 4-8 puff q 20 min en 3 doses, Aussi efficace que le tt par
(90μg/puff) jusqu`a 4h, puis en 1- puis en 1-4 h au besoin nébuliseurs le patient sait
4 h au besoin. coordonner la manœuvre
inspiratoire ; utiliser des
chambres d`inhalation.
Adrénaline 0,3-0,5 mg en 20 min 0,01 mg/kg jusqu`a 0,3-0,5 Aucun avantage démontré du
1/1000 (1mg/ml) en 3 doses SC mg en 20 min en 3 doses en traitement systémique par
S/C rapport au tt par aérosols.
Modifié du National Asthma Education and Prevention Program, Expert Panel Report II, Lung & Blood
Institute, 1997.
Une crise d‟asthme peut être de gravité légère (stade I), modérée (stade II), grave (stade III),
ou cause d‟insuffisance respiratoire (stade IV).
Au stade I et II, le patient est habituellement traité par un bronchodilatateur en aérosol ([Link].
l‟albutérol) à l‟aide d‟un nébuliseur à air comprimé. Chez l‟adulte présentant une crise
d‟asthme, le salbutamol peut être efficace administré par inhalateur doseur avec une chambre
d‟inhalation, qu‟avec un nébuliseur d‟air comprimé. Comme alternative, l’adrénaline en s.c.
peut être injectée, 1 ou 2 fois au bout de 30 min. La terbutaline en s.c. put être préférable, sa
durée d‟action étant plus longue et son effet cardiovasculaire moins important. Si pas de
réponse après 3 aérosols de β2-sympathicomimétiques et/ou injections d‟adrénaline, la
théophylline (comme l‟aminophylline) peut être administrée en IV. L‟aminophylline est
habituellement commencée par une dose de charge initiale de 6 mg/kg administrée en IV en
20 min. Ensuite une perfusion continue est commencée avec une dose initiale de
0,45mg/kg/heure (adulte) et 0,8 à 1,0mg/kg/h (enfant de moins de 12 ans) ou pratiquer des
injections IV lentes sur 20 min. de 4 à 6 mg/kg toutes les 6 heures. La solution nébulisée
d‟ipratroprium bromure peut être utilisée avec le salbutamol nébulisé chez le patient qui n‟a
pas répondu au salbuamol. Posologie : 0,5mg 4 fois toutes les 30 min. pour 3 doses, puis4 fois
toutes les 2-4 heures (adulte), 0,25mg toutes les 20 min. pour 3 doses, puis 4 fois toutes les 2-
4 heures (enfant).
Chez l’adulte en crise asthmatique stade II, on donne un corticoïde (prednisolone) à la dose
de 120 à 180 mg per os (inutile en IV) en 3 ou 4 doses fractionnées pendant 48 heures, la dose
est ensuite réduite a 60-80mg jusqu'à ce que le DEP (débit expiratoire de pointe) atteigne 70%
du meilleur score personnel ou prédit. Chez le patient ambulatoire, on administre un bolus
d‟attaque de 40-60mg en dose unique ou en 2 doses fractionnées. Les gaz artériels doivent
être mesurées surtout si le patient ne répond pas à un β2-agoniste inhalé en 30 min. environ.
Au stade III, les gaz sanguins artériels doivent être déterminés immédiatement. Une solution
de salbutamol nébulisé est mise en route par l‟intermédiaire d‟une nébulisation continue avec
oxygène à l‟aide d‟un masque, la dose étant de 10-15 mg/heure chez l‟adulte. Si la gêne
respiratoire grave continue, une perfusion d’aminophylline est mise en route. Les
corticoïdes sont prescrits comme pour les patients qui se présentent au stade II, mais le
méthylprednisolone IV est le médicament de choix.
Le syndrome de Loeffler
Définition :
Loeffler a isolé du groupe des infiltrats pulmonaires labiles une entité caractérisée par une
symptomatologie principalement radiologique, associée à une éosinophilie sanguine et
évoluant spontanément vers une guérison sans séquelles.
Etiologie :
1. Au cours de l‟asthme, les infiltrats pulmonaires labiles se rencontrent surtout pendant les
manifestations aiguës. Ils vont parfois de pair avec des épanchements pleuraux à
éosinophiles. Il faut les distinquer des pneumopathies infectieuses intercurrentes.
2. Parasitoses intestinales. L‟ascaris en est l‟agent causal le plus fréquent. Ses œufs
embryonnés, absorbés avec les aliments, donnent des larves qui traversent la paroi
intestinale, gagnent les poumons par voie sanguine et rejoignent ultérieurement l‟intestin
par la voie canaliculaire. Les œufs non embryonnés pondus par les ascaris adultes ne
donnent pas de larves : comme d‟autre part, ils ne peuvent migrer, ils n‟entraînent pas de
syndrome de Loeffler. Les infestations par nématodes, cestodes et trématodes peuvent
également provoquer un syndrome de Loeffler.
3. Certains champignons et particulièrement l‟aspergillus peuvent provoquer des crises
d‟asthme avec infiltras pulmonaires labiles et éosinophilie sanguine.
4. Loefflers iatrogènes : Des infiltras pulmonaires se rencontrent au cours de manifestations
d‟hypersensibilité vis-à-vis de médicaments (principalement les antibiotiques comme la
pénicilline, les sulfamides, les nitrofuranes, le PAS, ainsi que le carbonate de
méphénésine, un myorelaxant).
Pathogénie :
Elle ne semble pas univoque. Dans certains cas, on fait appel à des réactions allergiques avec
infiltration de l‟interstitium pulmonaire par des éosinophiles, des histiocytes et des cellules
géantes. Le rôle de l‟irritation mécanique a également été invoqué. Dans le cas des
infestations, la migration intrapulmonaire des larves entraînerait une obstruction des artérioles
pulmonaires et dès lors des infarctus pulmonaires.
Symptômes :
Subjectifs : les plaintes sont souvent nulles ; il s‟agit généralement de découvertes d‟examen
systématique.
L‟examen clinique peut ne révéler aucune anomalie ; dans d‟autres cas, on trouve des signes
d‟asthme, des symptômes d‟allergie cutanée, voire des réactions généralisées
d‟hypersensibilité. L‟auscultation négative, peut déceler des crépitations, ou des signes
d‟asthme.
A la radiographie, on note des infiltrats flous, parfois des macronodules, ou des densifications
systématisées. Les opacités se remanient e se déplacent rapidement. Des réactions pleurales
ou péricardiques de type exsudatif, riches en éosinophiles, ont été signalées.
L‟examen hématologique révèle une éosinophilie inconstante, qui évolue avec retard par
rapport aux anomalies radiographiques. Elle est supérieure à 10% et peut atteindre 70%. La
recherche des œufs d‟ascaris n‟est positive dans les selles que 8 semaines après l‟infiltrat
pulmonaire.
Evolution :
La résolution ad integrum est spontanée et rapide dans la grande majorité des cas (moins d‟un
mois). Elle est plus lente dans certains états de mal asthmatique.
Diagnostic différentiel :
On devra éliminer :
1. les infiltrats pulmonaires avec éosinophilie sans résolution spontanée : ce sont ceux de la
maladie de Hodgkin, de certains cancers, et ceux des collagénoses (périartérite noueuse,
syndromes de Wegener) ou les lésions sont beaucoup plus disséminées dans l‟organisme ;
2. les infiltrats labiles sans éosinophilie périphérique qui sont dus principalement aux
pneumopathies virales (TB, atélectasie).
Thérapeutique :
Elle comporte l‟élimination de l‟agent causal et, éventuellement en période de crise,
l‟administration de corticoïdes. Celle-ci n‟est généralement pas indispensable, quand
l‟infiltrat est isolé. Elle peut s‟imposer quand il constitue une des manifestations d‟une
réaction générale sévère d‟hypersensibilité, ou quand la résolution est traînante.
L‟ascaridiose répond de façon satisfaisante à la pipérazine.
Définition :
L‟inhalation répétée de diverses poussières organiques déclenche chez certains sujets des
créations d‟hypersensibilité dont le siège principal set l‟interstitium pulmonaire.
Etiologie :
1. Dans le « famers‟ lung », la sensibilisation est consécutive à l‟inhalation de poussières de
foin moisi, riches en actinomycètes thermophiles très antigéniques (Thermopolyspora
polyspora, Micromonospora vulgaris).
2. dans le « bird-breeders lung », la symptomatologie s‟établit par l‟inhalation des déjections
ou des débris de plumes, voir même de sérum d‟oiseaux (surtout de pigeons).
3. Des réactions similaires s‟observent chez des ouvriers travaillant dans la bagasse (c.-à-d.
dans les résidus de la canne à sucre) largement utilisés pour la fabrication du papier et du
matériel d‟insonorisation. La bagasse vieillie contient de nombreuses spores de champignons.
4. Les ouvriers manipulant les écorces d‟érable (riches en coniosporium corticale), les trieurs
de plumes, les cueilleurs de champignons développent un syndrome similaire.
Pathogénie :
Ces réactions de sensibilité du type intermédiaire vont de pair avec la présence dans le sérum
de précipitines thermostables.
Symptomatologie :
Elle s‟installe de 4 à 6 heures après l‟inhalation. A la phase aiguë, il s‟agit d‟une poussée
fébrile avec malaise généralisé, toux, dyspnée et crépitations aux bases pulmonaires. Ces
symptômes disparaissent 6 à 24 heures après l‟exposition. Le cliché radiographique montre un
aspect réticulonodulaire diffus, et parfois des infiltrats. La symptomatologie fonctionnelle, est
caractérisée par un trouble marqué de la diffusion.
Le laboratoire ne décèle pas d‟éosinophilie. Les tests cutanés au moyen de foin et de
moisissures correspondantes sont souvent négatifs, mais l‟inhalation d‟un extrait filtré de foin
moisi ou des autres antigènes en cause reproduit la symptomatologie fonctionnelle. On trouve
dans le sérum des précipitines spécifiques.
Anatomie pathologique :
Au stade précoce, on trouve une infiltration granulomateuse de l‟interstitium et plus tard de la
fibrose avec dissension bronchiolaire et de l‟emphysème.
Diagnostic différentiel :
Il ne faut pas confondre le "farmers' lung" et l'allergie vis-à-vis des aspergillus du foin. Dans
ce dernier cas, on rencontre une réaction immédiate du type asthmatique avec sibilantes,
syndrome fonctionnel obstructif répondant aux broncho-dilatateurs, éosinophilie sanguine et
tests cutanés positifs.
Traitement :
Il faut soustraire le patient à l'inhalation des agents sensibilisants. La corticothérapie peut
améliorer la symptomatologie mais les broncho-dilatateurs sont inefficaces.
La byssinose
Définition :
C'est une affection respiratoire rencontrée chez certains ouvriers occupés depuis des années
au cardage du coton dans des lieux de travail mal ventilés, ou encore chez les travailleurs du
lin et du chanvre.
Pathogénie :
L'affection semble attribuable à la présence de substance histamino-libératrices dans la
poussière de coton.
Symptomatologie :
C'est la "fièvre du lundi", accompagnée d'éternuement, de toux et de manifestations
bronchospastiques. Au début de l'affection, ces signes s'atténuent au cours de la semaine, mais
ultérieurement, ils deviennent persistants et prennent le masque de la bronchite à des stades
avancés.
Le syndrome fonctionnel est du type obstructif. Le cliché thoracique ne montre aucune
anomalie spécifique.
Diagnostic différentiel :
Il faut distinguer la byssinose de l'allergie au coton, qui apparaît beaucoup plus précocement
dans la carrière des cardeurs, qui n'a pas de prédominance le lundi, qui s'accompagne de tests
cutanés positifs pour le coton et d'autres sensibilisations.
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Chap. 5
Anatomie pathologique.
1. Rappel anatomique.
On parle de bronches à propos de conduits aériens munis de cartilage et de glandes alors que
les bronchioles en sont dépourvues. L‟importance des cartilages et des éléments sécrétoires va
en diminuant du hile vers la périphérie du poumon. Dans les grosses bronches proximales, les
cartilages sont suffisamment développés pour maintenir béante la lumière bronchique, même
à l‟expiration. Par contre, au niveau des petites bronches distales, le collapsus expiratoire peut
entraîner une apposition des parois, comme au niveau des bronchioles et des alvéoles.
La dernière bronchiole, dépourvue d‟alvéoles est appelée bronchiole terminale et l‟unité de
tissu pulmonaire distale par rapport à elle est appelée l‟acinus. Le lobule (ou lobule
secondaire de Miller) est formé de 10 à 20 acini entourés d‟une cloison conjonctive. La
bronchiole terminale se poursuit par une ou plusieurs bronchioles respiratoires qui se
prolongent à leur tour par les canaux alvéolaires, complètement alvéolisés, mais dont la paroi
contient des éléments musculaires, et par les alvéoles, dépourvues de musculature.
Anatomie pathologique.
C‟est l‟emphysème focal, décrit par Grough à proximité des amas de poussières, en
particulier dans la pneumoconiose des mineurs de charbon.
2. Les formes avec destruction pariétale ou emphysème vrai. Ces formes s‟accompagnent
d‟une réduction, non seulement relative mais aussi absolue du nombre de capillaires et d‟une
perte considérable de l‟élasticité pulmonaire. Elles ont un retentissement fonctionnel sévère.
Elles sont prédominantes dans la bronchite chronique et correspondent dans l‟ensemble à
l‟emphysème dit « hypertrophique» à cause du grand volume du poumon à l‟autopsie.
3. Autres formes :
A. L‟emphysème bulleux :
Epidémiologie et étiopathogénie
La BPCO se développe souvent chez des sujets dont les muqueuses respiratoires présentent
une hypersensibilité aspécifique vis-à-vis des divers facteurs irritatifs. Cette sensibilité semble
parfois familiale. Dans certains cas, sa nature allergique peut être précisée (asthme évoluant
vers la bronchite chronique). On a décrit en outre, surtout chez les enfants, et parfois aussi
chez l‟adulte, la mucoviscidose, affection congénitale et héréditaire atteignant l‟enfant vivant
sur 1.000 à 1.500, et caractérisée par une viscosité anormale de la sécrétion de toutes glandes
exocrines (pancréas, glandes bronchiques, etc.). Cette affection détermine des troubles
digestifs (stéatorrhée) dus à l‟absence d‟enzymes pancréatiques et des troubles broncho-
pulmonaires (bronchopneumonie, bronchite et emphysème, bronchectasies). Le diagnostic
positif peut en être posé par le dosage du chlore et du sodium dans la sueur ou dans les
ongles, où ces ions ont des taux anormalement élevés.
Le déficit en alpha1-antitrypsine dans sa forme homozygote est surtout associé à
l‟emphysème et moins fréquemment à des affections hépatiques. L‟alpha1-antitrypsine est
une glycoprotéine présente dans les liquides extracellulaires et intracellulaires de tout le
corps, y compris les poumons. Elle inhibe plusieurs protéases sériques, principalement
l‟élastase des neutrophiles. Elle est codée par un gène présent sur le chromosome 14. Ce gène
est hautement pléiomorphe avec 75 allèles identifiés classés comme normaux, déficitaires,
absents et dysfonctionnels.
B. Facteurs irritatifs.
1. Facteurs climatiques. On note une influence délétère très nette de la saison froide, surtout
par l‟action de l‟atmosphère humide et brouillard.
2. La pollution atmosphérique. Due aux impuretés provenant de la combustion de charbon, de
gaz et de rebuts, elle provoque une irritation chronique qui explique la plus grande
fréquence des affections respiratoires dans les grands centres urbains et industriels.
3. Certaines poussières industrielles et des gaz toxiques peuvent jouer un rôle favorisant.
4. Fumée de tabac. L‟inhalation de fumée de tabac provoque une hypersécrétion de la
muqueuse, initialement réversible, mais qui devient persistant lorsque l‟irritation
bronchique a été de longue durée. Cette inhalation peut également provoquer des
phénomènes bronchospastiques. Le risque d‟affection respiratoire chronique des fumeurs,
exprimé relativement au risque des non-fumeurs, est en relation avec la consommation
quotidienne de cigarettes et le nombre total de paquets de cigarettes utilisés. Pour une
consommation égale de cigarettes, le risque semble le même dans les deux sexes.
C. Facteurs infectieux
Symptomatologie.
Symptômes fonctionnels.
Ils échappent souvent à l‟attention du patient, à cause de leur début insidieux et progressif. La
toux, d‟abord sèche, est déclenchée par des modifications de température ou la présence
d‟irritations. Elle est surtout matinale ou nocturne et survient volontiers par quintes. Plus tard,
elle s‟accompagne d‟expectorations plus ou moins abondantes. En dehors des poussées
infectieuses, celles-ci sont muqueuses, collantes ou spumeuses (ces dernières auraient un
mauvais pronostic) pour devenir purulentes lors des épisodes aigus. La dyspnée est modérée,
d‟intensité fréquemment variable, et souvent limitée aux périodes d‟effort et /ou d‟infection.
Signes auscultatoires.
Ils se caractérisent par des sibilances plus ou moins disséminées, souvent déplacées par la
toux. Ils ne sont pas constants. On trouve parfois des crépitements au niveau des bases. Dans
la bronchite spastique, l‟expiration est prolongée et sibilante, surtout à l‟occasion des
surinfections.
Symptômes généraux.
Ils sont absents ou peu marqués, une température franche signant l‟atteinte parenchymateuse.
Radiographie.
Elle est normale ou caractérisée par une accentuation de la trame bronchovasculaire et par la
présence de stries de Kerley.
Bronchographie (examen désuet).
Elle montre des diverticules au niveau des gros troncs (canalicules glandulaires dilatés), un
aspect d‟arbre mort, par retard ou absence de réplétion bronchiolaire et par absence de
diminution du calibre bronchique depuis le centre jusqu‟à la périphérie. Ces anomalies sont
fréquemment asymétriques.
Bronchoscopie.
Elle révèle des signes de bronchite atrophique (muqueuse dépolie, orifices glandulaires
dilatés) ou des sécrétions avec œdème et congestion des muqueuses.
Examen bactériologique.
Il sera pratiqué sur les expectorations purulentes qu‟il faudra laver d‟abord dans la solution
physiologique pour les débarrasser des germes en provenance du rhinopharynx et entraînés
depuis ce niveau par les sécrétions bronchiques. Il montre le plus souvent l‟hémophilus et
moins fréquemment le pneumocoque, ainsi que la flore rhinopharyngée (streptocoques,
Neisseria, diphtéroïdes).
Examen fonctionnel ventilatoire.
Il peut être sensiblement normal ou ne montrer qu‟une réduction modérée du rapport de
Tiffeneau (VEMS/CV), en relation avec des phénomènes obstructifs débutants (résistance
accrue au courant gazeux).
L‟hyperréactivité aspécifique des muqueuses se manifeste fréquemment après un aérosol
d‟acétylcholine 0,5%, sous forme de quintes de toux ou de diminution significative du VEMS
(supérieure à 20%).
2. La broncho-emphysème généralisée.
Chez un certain nombre de sujets, les poussées infectieuses aiguës de plus en plus
rapprochées entraînent une atteinte bronchiolaire accompagnée d‟emphysème et
d‟insuffisance respiratoire progressive. Cette évolution peut prendre de nombreuses années
(10 à 20 ans) mais elle est particulièrement rapide dans certains cas dénommés emphysème
malin.
Symptômes subjectifs.
Examen objectif :
L‟état général est peu brillant, le patient fréquemment amaigri. Le faciès est cyanosé, les yeux
saillants, l‟expiration est prolongée et se fait en gonflant les joues sur les lèvres à demi-
fermées. Les veines jugulaires sont saillantes. Le thorax est globuleux, en position
inspiratoire, le dos voûté. Les muscles longs dorsaux sont souvent hypertrophiés du fait de la
toux chronique. On peut observer une polypnée ou une bradypnée qui est surtout expiratoire :
la respiration périodique, surtout du type Cheyne-Stokes, est de mauvais pronostic.
Malgré la mise en œuvre des muscles respiratoires accessoires, l‟expansion thoracique est
limitée, le thorax se déplaçant en bloc vers le haut à l‟inspiration. Le tirage sus-claviculaire
est fréquent, le tirage intercostal révèle une importante perturbation de la mécanique
ventilatoire. Les vibrations vocales sont réduites, la percussion révèle une hypersonorité
Radioscopie :
Elle fournit un tableau très suggestif. La motilité des coupoles diaphragmatiques est lente,
limitée, voire paradoxale. Les côtes sont peu mobiles. L‟expiration forcée ne s‟accompagne
pas de l‟obscurcissement expiratoire normal du poumon, par suite du « trappage » de l‟air
dans les alvéoles.
Radiographie
Le diagnostic radiographique d‟emphysème est difficile aux stades peu avancés de l‟affection.
Par contre, dans les formes caractérisées, c‟est avec la présence de certains signes
radiographiques que la corrélation avec l‟emphysème anatomique est la plus étroite.
Les signes radiographiques principaux sont les suivants :
- L‟abaissement des coupoles diaphragmatiques où siègent de nombreuses adhérences
pleurales. Leur horizontalité est surtout apparente sur les clichés de profil. L‟angle
phrénocostal devient droit, voire obtus.
- Un élargissement fréquent des artères pulmonaires dans leur portion hilaire avec un
effacement marqué de la trame vasculaire en périphérie, d‟où une hyperclarté diffuse du
parenchyme pulmonaire.
- Une inégalité dans la transparence du parenchyme pulmonaire avec parfois présence de
bulles emphysémateuses localisées.
- Sur les clichés de profil, le diamètre antéropostérieur du thorax est augmenté et la clarté
emphysémateuse pré-aortique est élargie (plus de 3cm).
- Le cliché en expiration forcée confirme l'existence d'un « trappage » alvéolaire et la faible
motilité des coupoles diaphragmatiques.
La bronchographie (examen désuet et dangereux dans les emphysèmes généralisés avec
insuffisance respiratoire) a révélé des aspects de dilatations localisées périphériques
correspondant à la réplétion des cavités bronchiolaires de l'emphysème centro-lobulaire. On a
noté en outre une augmentation de l'angulation séparant les rameaux bronchiques
périphériques par suite de l'hyperdistension pulmonaire.
5. Les gaz du sang au repos et à l'effort : Chez beaucoup de bronchitiques chroniques, les
gaz du sang restent normaux au repos, au prix d'une hyperventilation chronique
(Sa02 : 97% PaC02 : 40mm Hg). A un stade plus avancé, on observe une
6. Aux stades avancés, on note finalement des troubles de la diffusion par réduction du
lit capillaire pulmonaire.
7. La pression dans l'artère pulmonaire est d'abord normale au repos et à l'effort. Elle
s'élève à l'effort dans les cas plus avancés et reste élevée, même au repos, dans les
formes graves. L'hypertension pulmonaire est dite fixée lorsqu'elle ne cède pas à
l'administration d'oxygène. On notera que certains cas de bronchite avec dyspnée et
hypoxémie s'accompagnent d'une élévation marquée de la pression artérielle
pulmonaire malgré l'absence d'emphysème anatomique.
Complications.
Les troubles digestifs. Les plaintes digestives sont fréquentes chez les grands
emphysémateux (distension, douleurs abdominales supérieures, anorexie et cachexie).
L'ulcus gastrique est assez fréquent et semble consécutif au stress continu de l'insuffisance
respiratoire, plutôt qu'à l'acidose. On rencontrerait un ulcus dans 31 % des cas graves
avec ventilation maximum inférieure à 50 % de la valeur théorique. La dilatation gastrique
aiguë avec iléus paralytique peut se rencontrer chez les patients en insuffisance respiratoire
aiguë : l‟hypopotassémie des acidoses respiratoires en voie de compensation peut aussi y
contribuer.
Diagnostic différentiel.
La symptomatologie de la bronchite chronique et l‟emphysème se rapproche et s‟intrique dans
certains cas avec celle de l‟asthme. Aussi a-t-on regroupé ces diverses maladies sous la
dénomination d‟affections broncho-pulmonaires chroniques non spécifiques (Chronic
Aspecific Respiratory Affections CARA), dont les caractères communs sont la toux, avec
expectoration et/ou dyspnée, lorsque ces symptômes ne sont pas attribuables à des infections
spécifiques (comme la tuberculose), à la pneumoconiose, à des affections malignes ou
cardiovasculaires, ou encore aux fibroses pulmonaires interstitielles.
- La bronchite chronique simple. La toux et l‟expectoration quotidiennes qui la caractérisent
posent le problème du diagnostic différentiel avec les bronchectasies où l‟anamnèse révèle
une expectoration purulente quasi continue, l‟examen clinique des crépitations
persistantes, et la bronchographie (examen désuet) des dilatations des gros troncs
bronchiques.
- Les syndromes obstructifs trachéobronchiques. Ils se caractérisent à l‟examen clinique par
une dyspnée (survenant au repos et à l‟effort), par des sibilances expiratoires et une
expiration prolongée. Ils sont attribuables à une augmentation de la résistance des voies
aériennes, dont la technique d‟appréciation la plus courante est la mesure du rapport
VEMS/CV (rapport de Tiffeneau). Dans les stades avancés de la bronchite (bronchite
spastique ou obstructive), qui s‟observent le plus souvent chez des sujets d‟âge assez
Pronostic.
La BPCO est une affection généralement progressive : par les épisodes infectieux ou
thrombotiques intercurrents.
La vitesse de l‟évolution de la maladie vers l‟insuffisance respiratoire dépend de l‟intrication
de nombreux facteurs à la fois respiratoires et extra-respiratoires. A lésions pulmonaires
égales, un obèse ou un cyphoscoliotique devra fournir un travail ventilatoire supérieur à celui
d‟un sujet bien constitué. Un travail lourd risquera de voir survenir plus tôt une défaillance
cardiaque. Un sujet exposé aux intempéries sera sensible aux surinfections. Tous ces facteurs
ont donc une signification pronostique péjorative.
Chez les sujets très dyspnéiques lors du premier interrogatoire, la mortalité après 5 ans atteint
38 à 59 % selon les groupes d‟âge.
Traitement.
- Mesures prophylactiques.
La nécessité des mesures préventives est d‟une évidence particulière dans cette maladie dont
les stades avancés, accompagnés de lésions anatomiques irréversibles, ne répondent, guère à
la thérapeutique.
Les facteurs irritatifs doivent être éliminés. On interdira donc l‟emploi du tabac et en
particulier de la cigarette, qui entraîne la disparition de la toux et une amélioration de la
ventilation dans un grand nombre de cas. On conseillera l‟habitat dans un site non pollué. On
engagera les bronchitiques graves à ne pas sortir par temps de brouillard.
La prophylaxie des poussées aiguës comportera l‟administration d‟un vaccin antigrippal, qui
réduit la fréquence des exacerbations. On déconseillera les contacts avec les sujets atteints
d‟affections aiguës des voies respiratoires. La vaccinothérapie bactérienne est d‟une efficacité
controversée.
La chimioprophylaxie des surinfections bactériennes peut être envisagée en cas de
réapparition régulière d‟une expectoration purulente. On peut recourir à un traitement
antibiotique intermittent de 7 jours dès apparition de la rhinite, avant même tout signe
broncho-pulmonaire, ou à un traitement continu pour maintenir un aspect muqueux des
crachats. Les avantages de cette thérapeutique continue (raccourcissement de la durée
moyenne des poussées infectieuses) sont controversés.
- Mesures thérapeutiques
Antibiothérapie des surinfections : En cas de poussées fébriles ou en présence de crépitements
ou de crachats purulents, une antibiothérapie intensive se justifie même en l‟absence de toute
atteinte pulmonaire. Si des traitements sont administrés à répétition, l‟apparition d‟une flore
Gram négatif peut imposer l‟emploi d‟autres antibiotiques en fonction des résultats de la
détermination de la sensibilité des germes. Il y intérêt à poursuivre le traitement pendant une
quinzaine de jours et de toute manière jusqu‟à l‟apparition d‟un aspect muqueux des crachats.
Traitement de la toux :
La toux comporte trois phrases : une phase inspiratoire, caractérisée par une inspiration
forcée, une phase compressive ou expiratoire, en vase clos, sur glotte fermée, avec spasme
bronchique, et enfin une phase expulsive où l‟ouverture brutale de la glotte entraîne un
courant gazeux rapide qui facilite l‟élimination des sécrétions. La toux survient souvent par
quintes. Son intensité varie fort d‟un jour à l‟autre chez les bronchitiques. Elle facilite
l‟expectoration, mais ses inconvénients sont nombreux : fatigue, douleurs aux bases
- Les broncho-dilatateurs.
Ils viennent à ligne de compte en cas de dyspnée expiratoire avec sibilances et de toux
spastique.
L‟oxygénothérapie est utile en présence d‟une désaturation du sang artériel, dont la traduction
clinique est la cyanose centrale observée au niveau de la langue et du pharynx. L‟oxygène
peut pourtant entraîner une aggravation de l‟hypoventilation alvéolaire en éliminant le
stimulus principal de la ventilation des emphysémateux, en l‟occurrence l‟hypoxémie. Aussi
devra-t-on administrer un dosage assez faible et continu d‟oxygène (1 litre à 1,5 litre par
minute) et associer souvent celui-ci à des stimulants du centre respiratoire. La prethcamide
(Micorène) est le principal de ceux-ci. Son efficacité est variable d‟un sujet à l‟autre et n‟est
nette que par administration de fortes doses en perfusion intraveineuse. On peut aussi en
administrer 225mg (1 ml) toutes les 2 à 4 heures, par voie veineuse ou musculaire, surtout la
nuit.
Si la dépression respiratoire est consécutive à l‟administration de morphine, elle peut être
levée par l‟administration de Nalorphine (dosée à 5mg par ml) ou de Levallorphan (dix fois
plus actifs, et dosé à 1mg par ml) par voie veineuse. Ces produits ont un effet antagoniste sur
les narcotiques.
L‟acetazolamide (Diamox) peut provoquer une acidose métabolique en favorisant
l‟élimination rénale des bicarbonates, avec comme conséquence une hyperventilation. Elle
peut être utile, concurremment avec le potassium et la ventilation assistée, pour compenser les
effets brutaux de cette dernière sur le pH. Le dichlorphenamide (Daranide), 30 fois plus actif,
provoque moins d‟excrétion des chlorures et donc moins d‟acidose métabolique. Le THAM
est un accepteur organique d‟ions H, qui fixe le CO2. Il a un effet dépresseur sur le centre
respiratoire, et n‟est indiqué que dans les acidoses à la fois ventilatoires et métaboliques, où la
seule ventilation assistée ne suffit pas à restaurer l‟équilibre acido-basique.
L‟emploi de modificateurs des sécrétions bronchiques se justifie dans les conditions suivantes
:
a. En cas de sécrétions muqueuses adhérentes aux bronches et qui imposent des
efforts de toux prolongés avant l‟expectoration : on emploiera les hypercriniens.
b. En cas de sécrétions mousseuses abondantes que l‟on cherchera à diminuer : on
emploiera les hypocriniens.
c. En cas de sécrétions purulentes : on emploiera les antibiotiques qui restaurent un
aspect muqueux des crachats.
Les hypercriniens :
- Les substances administrées par voie générale et éliminées par les bronches : iodure de
potassium en solution saturée (ou chlorure d‟ammonium).
Les hypocriniens.
- Les hormones.
Les corticoïdes ont un effet anti-inflammatoire susceptible d‟améliorer la ventilation chez les
insuffisants respiratoires. Ils sont toutefois plus efficaces dans l‟asthme que dans les stades
avancés de le BPCO, où on ne les administrera qu‟après échec des autres thérapeutiques. Ils
réduisent parfois la quantité des sécrétions. Leurs effets sont d‟autant moins nets que l‟âge du
patient est plus avancé, à cause de la fréquence croissante des lésions anatomiques
irréversibles.
- La rééducation respiratoire.
Elle sera surtout utile chez les grands insuffisantes respiratoires. On engagera les patients à
expirer par la bouche avec les lèvres presque fermées afin d‟éviter le collapsus bronchique ou
bronchiolaire qu‟entraîne un gradient élevé de pression thoraco-bronchique. Pour certains
auteurs, cette respiration sur lèvres serrées augmenterait indirectement la ventilation
alvéolaire, par un ralentissement du rythme respiratoire.
Le kinésithérapeute s‟efforcera d‟obtenir une meilleure ampliation thoracique et surtout de
rééduquer la respiration des bases thoraciques et du diaphragme. Il insistera sur une expiration
plus complète afin de tenter de réduire l‟hyperinflation pulmonaire. Il veillera à faciliter
l‟expectoration.
Le port d‟une ceinture est utile chez les obèses et les sujets dont la paroi abdominale est
flaccide. La ceinture agit en provoquant une ascension des coupoles diaphragmatiques, ce qui
permet une amplitude plus large de leurs mouvements.
L‟aérosolthérapie
Elle est surtout intéressante parce qu‟elle permet aux médicaments d‟atteindre directement les
bronchioles. Ils peuvent de ce fait agir « in situ » à une dose inférieure à celle qu‟exigerait un
effet similaire si on les administrait par voie générale, d‟où une réduction des effets
secondaires. Il faut inviter les patients à exécuter une expiration forcée, puis à inspirer
l‟aérosol profondément et à faire une pause en inspiration profonde, afin de faciliter la
fixation de l‟aérosol sur les parois bronchiques.
Certains appareils permettent l‟administration des aérosols sous pression positive pendant
l‟inspiration, ce qui assure une accumulation profonde et facilite de la sorte la pénétration des
drogues en profondeur. La chute brusque de pression lors de l‟expiration favorise en outre la
progression des sécrétions vers l‟extérieur. De plus, la pression positive intermittente permet
d‟administrer l‟O2 sans risque d‟hypoventilation chez les hypercapniques.
- La saignée
Dans les insuffisances majeures, elle entraîne souvent un soulagement du cœur droit, par
diminution de la volémie et peut-être par diminution de la viscosité sanguine. Toutefois les
diurétiques peuvent suffire à cette réduction de la volémie. Le seul traitement rationnel des
polyglobulies est la correction de l‟hypoxie qui les provoque. La saignée reste indiquée
lorsque, après amélioration substantielle de la saturation par les autres méthodes (entre autres
la ventilation assistée), le taux d‟hématocrite reste élevé (par exemple supérieur à 65). Il faut
tenter de le ramener à 50% sans abaisser le taux d‟hémoglobine en dessous de 13 g/dl.
Elles peuvent intéresser plus du tiers d‟un ou de deux hémothorax, pouvant compromettre
gravement la fonction pulmonaire de l‟hémothorax concerné et peuvent déborder sur le
poumon controlatéral. Rarement la bulle est infectée par des pyogènes ou des champignons
comme l‟Aspergillus causant un mycétome.
Des radiographies répétées et des CT scan répétés du thorax sont des investigations les plus
utiles pour déterminer si l‟état fonctionnel du patient est dû à la compression du poumon sain
par une bulle ou à un emphysème généralisé.
L‟ablation chirurgicale peut soulager considérablement les symptômes et améliorer la
fonction respiratoire.
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Chap. 6
LES BRONCHIECTASIES
Définition.
C‟est une dilatation irréversible des bronches avec destruction des éléments profonds de
soutien de la paroi (fibres élastiques, musculaires, cartilages). Elle s‟oppose par son
irréversibilité à la distension bronchique transitoire que l‟on peut observer dans les suites de
la coqueluche et des pneumopathies virales. Elle s‟oppose aussi aux bronchites banales sans
dilatation où l‟atteinte de la muqueuse est plus superficielle.
Anatomie pathologique
Aspects macroscopiques :
- Les bronches sont dilatées sous des formes variées : bronchectasies cylindriques (absence
de diminution du calibre vers la périphérie), bronchectasies moniliformes (aspect en
chapelet avec dilatations et sténoses successives), bronchectasies digitiformes ou en
massue, dilatations ampullaires ou kystiques. La topographie de ces lésions est variable,
tantôt proximale c.-à-d. affectant la partie juxtahilaire des bronches, tantôt distale, plus
périphérique. On distinguera aussi des formes : localisées (segmentaires ou lobaires),
dépassées (c.-à-d. dépassant un lobe pour atteindre le segment voisin), dispersées c.-à-d.
affectant quelques bronches dans chaque segment ou lobe d‟un poumon ou parfois même
des deux poumons.
Aspects microscopiques :
- le remplacement de ces éléments de soutien par un tissu fibreux plus ou moins abondant,
déterminant l‟épaisseur des parois des bronches dilatées.
Pathogénie.
Deux facteurs agissent dans l‟établissement de la bronchectasie :
- la destruction des éléments de soutien, soit par une pan-bronchite affectant toutes les
couches de la paroi, soit par une bronchite murale respectant l‟épithélium superficiel,
- la distension de la bronche par une force centrifuge due à l‟atélectasie ou à une fibrose
pulmonaire avoisinante.
Etiologie.
Les bronchectasies sont relativement rares, et de fréquence certainement décroissante depuis
l‟antibiothérapie. On en distingue deux types principaux :
- Les bronchectasies secondaires dont l‟agent étiologique est connu. Elles sont
généralement localisées. Il s‟agit de :
Ce n‟est guère que dans le syndrome de Kastagener (inversion viscérale, agénésie des sinus
frontaux et bronchectasies diffuses) et dans certaines formes associées à d‟autres anomalies
congénitales (maladie polykystique) que l‟on peut admettre le développement
authentiquement congénital de la maladie.
Symptomatologie.
A. La forme classique.
C‟est la grande maladie bronchectasiante. L‟anamnèse révèle des épisodes répétés d‟infection
broncho-pulmonaire.
Les symptômes subjectifs sont constitués d‟une toux accompagnée d‟une expectoration
purulente continue, d‟importance variable, mais souvent assez abondante, survenant le matin,
de préférence dans certaines positions et parfois en pseudovomique. L‟expectoration peut être
malodorante et mêlée de sang. Des signes de sinusite y sont fréquemment associés.
Evolution
Dans les formes classiques, la répétition des épisodes infectieux entraîne parfois une
extension du territoire atteint par la dilatation des bronches et souvent une sclérose
pulmonaire avec insuffisance respiratoire progressive évoluant vers le cœur pulmonaire
chronique. Des complications infectieuses locales (abcès pulmonaires, pleurésies purulentes),
sont assez fréquentes. Les métastases septiques à distance (foie, cerveau) sont
exceptionnelles.
La forme sèche hémoptoïque reste localisée et a généralement un pronostic favorable du point
de vue vital.
Traitement
- Le drainage postural : il doit tenir compte de la localisation des dilatations. Il doit être
poursuivi même en dehors des épisodes de surinfection afin d‟aider à l‟évacuation des
bronches dilatées qui sont fréquemment le siège de phénomènes de rétention. Le drainage
postural est éventuellement complété par la kinésithérapie, voire même par des broncho-
aspirations sous bronchoscopie.
- L‟antibiothérapie est indiquée lors des poussées aiguës et pour la préparation des
interventions chirurgicales.
- Le traitement chirurgical : exérèse, seul traitement radical. Il est indiqué en présence
d‟hémoptysies sévères, ainsi que dans les formes où la suppuration bronchique est
importante, ce qu‟on rencontre surtout lorsque les bronchiectasies affectent les lobes
inférieurs. Il est contre-indiqué dans les formes diffuses avec tendance à l‟expansion, où
l‟altération des muqueuses respiratoires est souvent plus étendue que la zone de dilatation.
Or ce sont ces formes diffuses qui entraînent la symptomatologie la plus marquée. La
résection curative ne sera envisagée que lorsque des examens répétés auront démontré le
caractère unilatéral localisé et fixé des dilatations. Les interventions palliatives, ne
réséquant que le territoire le plus malade, donnent des résultats beaucoup moins
satisfaisants.
- Le traitement chirurgical devra être précédé d‟une cure médicale intensive afin d‟éviter
les complications que peut entraîner l‟encombrement bronchique dans les suites
opératoires (atélectasies, fistules,…).
- Traitement des sinusites associées.
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Chap. 7
Ce syndrome se caractérise par diverses anomalies affectant la totalité ou une partie d‟un seul
poumon :
- à l‟examen clinique : une réduction du bruit respiratoire normal (« murmure
vésiculaire ») et de fines crépitations.
- à la radiographie : une hyperclarté pulmonaire avec aspect grêle des artères pulmonaires
dans la région hilaire. Le volume pulmonaire est normal ou diminué.
- à la radioscopie : un « trappage » de l‟air du côté malade, où la motilité diaphragmatique
est réduit.
- à la bronchographie (examen actuellement obsolète) : un aspect normal des gros troncs,
mais une insuffisance de la réplétion périphérique et dans certains cas des déformations et
dilatations bronchiques.
- à l‟angiopneumographie : un mauvaise réplétion des troncs artériels pulmonaires
principaux, avec parfois défaut de réplétion en périphérie.
- à la bronchospirométrie séparée : une hypoventilation plus ou moins marquée, avec
abolition quasi complète de la consommation d‟oxygène.
- à l‟étude des pièces anatomiques :
une bronchiolite oblitérante périphérique, avec ventilation collatérale vicariante,
d‟où hyperdistension pulmonaire localisée,
l‟absence de tatouage anthracotique des territoires malades,
une certaine hypotrophie artérielle pulmonaire, moins marquée que ce que l‟on
attendrait au vu de l‟angiographie
Etiopathogénie.
La maladie serait consécutive à une broncho-pneumopathie sévère de l‟enfance.
Evolution.
Diagnostic différentiel
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Chap. 8
L’ATELECTASIE PULMONAIRE
Physiopathologie
A la suite de l‟obstruction bronchique, le sang circulant absorbe le gaz alvéolaire
périphérique, ce qui provoque en quelques heures la rétraction du poumon et la formation
d‟une région non aérée. A l‟absence, le poumon peut se réduire de volume ou se collaber
complètement. Le sang perfuse le poumon exsangue et provoque une hypoxémie. L‟hypoxie
cellulaire et tissulaire peut s‟accompagner d‟une transsudation liquidienne et d‟un œdème
pulmonaire, des alvéoles se remplissent de sécrétions et des cellules empêchant la rétraction
complète du poumon atelectasique. La distension des zones saines du poumon peut en partie
compenser la perte du volume. Cependant, en cas de collapsus pulmonaire extensif, il peu y
avoir une surélévation du diaphragme, un aplatissement de la paroi thoracique et déplacement
du cœur et du médiastin vers le côté atteint.
La dyspnée provient de la stimulation des centres respiratoires et du cortex cérébral par les
chémocepteurs quand une large zone d‟atélectasie provoque une diminution considérable de
la PaO2 ou par le poumon ou les récepteurs des muscles respiratoires quand les poumons
perdent de l‟air, devenant moins extensibles et augmentant le travail respiratoire.
Si l‟obstruction est levée, l‟air entre, l‟infection qui complique l‟atélectasie disparaît (en
fonction de la gravité de l‟infection) et le poumon revient finalement à l‟état normal. Si
l‟obstruction se maintient et qu‟une infection est présente, le défaut d‟aération et de perfusion
initie des modifications aboutissant à la fibrose et à la bronchiectasie. Les modifications de la
tension de la surface alvéolaire, la réduction de la taille des alvéoles et les modifications du
rapport des pressions entre la plèvre et les bronches peuvent provoquer des troubles régionaux
de la ventilation et des petites zones d‟atélectasie disséminées ou micro-atélectasie diffuses.
Symptomatologie
Elle dépend de la vitesse de l‟obstruction bronchique, de l‟étendue de la zone pulmonaire
atteinte et de la présence de l‟infection. L‟occlusion rapide avec collapsus massif, en
particulier en cas d‟infection, provoque une douleur du côté atteint, une dyspnée brutale et
une cyanose, une chute tensionnelle, une tachycardie, une fièvre et parfois un état de choc,
une matité avec atténuation ou disparition du bruit respiratoire normal (« murmure
vésiculaire ») du côté malade. L‟expansion thoracique est diminuée ou nulle et la trachée et le
cœur sont attirées du côté atteint. L‟atélectasie de constitution lente peut être asymptomatique
ou ne donner que des signes pulmonaires minimes.
Le syndrome du lobe moyen est également souvent asymptomatique, bien que l‟irritation de
la bronche lobaire inferieure droite et lobaire moyenne puisse provoquer une toux sèche et
intense. Une pneumonie aigue, dont la guérison est souvent retardée et incomplète peut
également se développer. L‟examen physique peut révéler la présence d‟un bruit respiratoire
normal ou diminué ou absent au niveau du champ pulmonaire moyen droit.
Des micro-atélectasies diffuses, une manifestation précoce de la toxicité de l‟O2 et le
syndrome de détresse respiratoire chez l‟adulte et le nouveau-né provoquent une dyspnée, une
polypnée superficielle, une hypoxémie artérielle et une diminution de la compliance
pulmonaire et un volume réduit du poumon. L‟auscultation est normale, ou met en évidence
des crépitations, des sibilances de haute et basse tonalité.
Les épanchements massifs peuvent également provoquer une dyspnée avec cyanose, asthénie,
une matité à la percussion de la zone impliquée et une disparition du bruit respiratoire normal,
mais le déplacement du cœur et du médiastin vers le côté opposé à la lésion et le gonflement
de l‟hémothorax malade les distinguent de l‟atélectasie massive. Le pneumothorax spontané
donne des signes cliniques analogues, mais il y a un tympanisme à la percussion, le cœur et le
médiastin sont déplacés vers le coté opposé et la radiographie montre la présence de l‟air dans
l‟espace pleural.
Examens radiographiques
A la radiographie, on observe une opacité pulmonaire rétractile (zone de condensation sans
air, pincement des espaces intercostaux, surélévation de la coupole diaphragmatique,
Traitement
Traitement curatif
Atélectasie aiguë : traitement étiologique, aspiration trachéobronchique, kinésithérapie
intensive, traitement antibiotique à large spectre de l‟infection associée, position de décubitus
en plaçant le côté atteint en position haute pour faciliter le drainage, tousser, changer
périodiquement de côté et respirer profondément, oxygénothérapie à la demande, traitement
des troubles associés, métaboliques ou autres.
Dans les cas chroniques avec fibrose, expectorations purulentes, hémoptysies récurrentes :
chirurgie. En cas d‟obstruction tumorale avec altération de l‟EG et altération de la fonction
respiratoire : traitement approprié entre chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie.
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Chap. 9
L‟exposition accidentelle à des gaz ou à des vapeurs toxiques entraîne des lésions dont la
topographie est liée à la solubilité plus ou moins grande des produits : localisation
principalement parenchymateuse pour les produits peu solubles et principalement
trachéobronchique pour les produits plus solubles.
La grande majorité des broncho-pneumopathies chimiques sont dues à l‟inhalation de vapeurs
nitreuses(vapeurs rutilantes) dégagées pendant diverses opérations industrielles, ainsi que
dans les silos(maladie des ensileurs), ou encore au cours d‟explosions ou pendant la
combustion des combustibles des roquettes militaires.
Les symptômes précoces, liés à l‟irritation des voies aériennes (toux, dyspnée) sont parfois
suivis, après un intervalle libre de plusieurs heures, par l‟apparition d‟un syndrome
gravissime d‟œdème pulmonaire aigu toxique. En cas de survie, on peut voir se développer
une bronchiolite oblitérante.
La silicose.
Définition: C‟est une fibrose pulmonaire chronique due à l‟inhalation et à la fixation de
poussières de silice, dans les poumons.
Etiologie.
- Les facteurs externes : La fibrose silicotique est due à l‟inhalation, pendant de longues
périodes, d‟une grande quantité de poussières de silice libre (Si O2) cristalline de petites
dimensions (0,2 à 2μ). Les industries exposant au risque sont : les mines de charbon
(C‟est une pneumoconiose mixte, où s‟associent la silice et le charbon, et qu‟on appelle
aussi pour cette raison “anthraco-silicose”), les industrie céramique (fabrication de la
porcelaine, de la faïence), les industries métallurgiques (sablage, ébarbage, etc..), la
fabrication des poudres abrasives, le percement des tunnels. Les poussières de silice
dégagées lors du percement de certains tunnels ont été responsables d‟une fibrose
particulière, très progressive, et de siège interstitiel qu‟on a appelée “silicose aiguë”.
Les fines particules de SiO2 qui parviennent dans les alvéoles pulmonaires, y sont
phagocytées par les macrophages: ceux-ci peuvent s‟accumuler dans la lumière alvéolaire,
(alvéolite à poussières), ou être rejetés vers les bronches pour être expectorés, ou encore
pénétrer dans les lymphatiques. La silice entraîne une momification des macrophages.
L‟épuration tant bronchique que lymphatique des poussières devient toutefois bientôt
insuffisante et l‟on voit apparaître alors des amas coniotiques puis une fibrose plus ou moins
étendue qui s‟établit dans la péribronche, et bloque les canaux lymphatiques.
Anatomie pathologique.
Examen macroscopique : Les fines coupes totales de poumon, exécutées selon la technique de
Gough, permettent une étude précise des aspects macroscopiques de la silicose. On y trouve
de nombreuses formations nodulaires fines, dispersées (lésions élémentaires), accompagnées,
chez les mineurs de charbon, de bronchiolectasies (emphysème focal). Chez certains sujets, il
existe en outre, par endroits, des lésions de fibrose plus massive (pseudotumeurs) dont
l‟aspect et la consistance rappellent ceux du pneu d‟auto, et qui sont parfois entourées de
grosses bulles d‟emphysème.
Examen microscopique : Les lésions élémentaires sont dues à la seule action de la poussière :
- Le nodule silicotique arrondi de la silicose vraie est constitué par un centre hyalin
tourbillonnant, et une capsule périphérique fibreuse plus riche en silice (nodule de
Mavrogordato). Il existe différentes formes intermédiaires entre ces deux types
lésionnels. Les particules de silice peuvent être décelées au sein de la fibrose sous
forme de spicules biréfringents au microscope polarisant.
Les masses pseudotumorales seraient généralement dues le plus souvent à l‟action combinée
de la poussière et d‟une tuberculose latente. Elles sont constituées de tissu fibreux hyalin, des
divers types de nodules, et de larges zones de nécrose granuleuse, le tout inégalement infiltré
par les poussières. On trouve parfois des cavités consécutives au ramollissement et à
l‟évacuation des zones nécrotiques.
Symptomatologie
Les symptômes subjectifs font totalement défaut pendant des années, malgré l‟existence de
lésions déjà caractérisées. Ce n‟est qu‟aux stades de la maladie qu‟on rencontre une dyspnée
survenant d‟abord à l‟effort, et persistant ultérieurement même au repos.
L‟auscultation est normale ou ne révèle que les signes des affections associées (bronchite,
tuberculose).
C‟est la radiographie qui assure le diagnostic : Elle révèle des anomalies dont l‟importance
croît avec la progression de la maladie. La classification de Genève (1958) permet de codifier
les stades de la maladie :
- Les « petites opacités » des stades initiaux sont généralement bilatérales et symétriques.
Elles correspondent aux lésions anatomiques élémentaires. Elles se caractérisent par leur
nombre ou leur dimension.
- Dans la classe 1, les petites opacités sont peu nombreuses et ne s‟étendent pas sur plus du
tiers d‟un champ pulmonaire.
- Dns la classe 3, elles sont très nombreuses, et répandues dans l‟ensemble des champs
pulmonaires.
- Dans la classe 2, leur distribution et leur nombre sont intermédiaires.
Selon le diamètre des opacités les plus nombreuses, on distinguera les types suivants :
punctiformes (diamètre inférieur à 1,5 mm), micronodulaires (diamètre de 1,5 à 3 mm),
nodulaires (diamètre de 3 à 10 mm). A un stade plus avancé, on voit survenir, chez certains
sujets, les grandes opacités moins symétriques, qui correspondent aux pseudotumeurs.
Au stade A, le plus grand diamètre de l‟opacités est compris entre 1 et 5 cm. Le stade C est
caractérisé par la présence d‟une ou de plusieurs grandes opacités occupant une surface totale
supérieure au tiers d‟un champ pulmonaire. Le stade B correspond aux opacités de
dimensions intermédiaires.
Les épreuves fonctionnelles ventilatoires révèlent en moyenne, chez les ouvriers encore au
travail, une réduction des valeurs de la CV, du VEMS et du rapport de Tiffeneau, cette
réduction est parallèle à l‟aggravation de l‟image radiologique.
Le rapport VR /CV n‟est augmenté que dans les pneumoconioses à grandes opacités.
L‟étude des gaz du sang artériel peut, à l‟effort, une désaturation sans hypercapnie, ainsi
qu‟une hyperventilation, sans doute liées à des troubles de la distribution .Aux stades avancés,
il existe des troubles de la diffusion . On ne perdra pas de vue que, surtout aux stades avancés,
les troubles fonctionnels, liés à la pneumoconiose sont largement intriqués avec ceux dus aux
affections associées (bronchite et emphysème).
L‟étude des gaz du sang permet en outre de déceler des anomalies significatives dans certains
cas limites où la fonction ventilatoire est encore satisfaisante.
Evolution
Une fois franchement constituée (c.-à-d. à partir du stade 2), la pneumoconiose continue à
progresser, même après soustraction au risque. Cette progression est généralement lente, et
peut durer une vingtaine d‟années, avant d‟atteindre le stade de fibrose massive étendue avec
insuffisance respiratoire.
L „âge moyen du décès est franchement abaissé, du fait des complications de la maladie.
Complications
Le diagnostic positif reposera sur la conjonction d'une anamnèse significative (qui précisera la
nature, l'importance et la durée de l'empoussiérage subi) et d'une image radiologique
caractéristique.
- Aux stades initiaux (petites opacités), il faudra éliminer les autres causes d'images
miliaires (granulie tuberculeuse ou carcinomateuse, sarcoïdose, etc.). La comparaison
avec des documents radiologiques antérieurs permet d'opposer la progression lente de la
pneumoconiose aux modifications rapides de l'image miliaire des granulies tuberculeuses
et néoplasiques.
Traitement.
On n‟a pas trouvé, jusqu‟ici, de thérapeutique active sur la fibrose pneumoconiotique ; une
fois constituée, celle-ci progresse inexorablement. La corticothérapie ne réussit pas à enrayer
et évolution et risque même de réactiver une tuberculose latente.
Le traitement curatif s‟adressera surtout aux complications de la maladie : la bronchite
chronique avec emphysème, insuffisance respiratoire et cœur pulmonaire chronique et la
silico-tuberculose.
On comprend dans ces conditions, l‟importance primordiale des mesures prophylactiques
d‟ordre technique, visant à la réduction de la production des poussières (injection d‟eau en
veine) et à leur élimination par aspiration, ou encore cherchant à éviter leur pénétration dans
les voies aériennes (port des masques, malheureusement très gênant pour les travailleurs de
force).
Les examens radiophotographiques répétés permettent en outre d‟écarter ou de reclasser les
sujets atteints d‟une fibrose disproportionnée au risque encouru.
Les silicatoses.
La plupart des silicates ne sont pas sclérogènes. Font exception à cette règle, deux silicates se
présentant sous forme de fibres, le talc (qui provoque la talcose) et l‟asbeste (qui déclenche
l‟asbestose).
L‟asbestose.
Etiologie : L‟asbeste ou amiante, constitué de silicates hydratés de chaux et de magnésium,
est de plus en plus utilisé pour la fabrication des joints, des ferrodos, de certains isolants
thermiques et de l‟eternit (mélange de ciment et d‟asbeste). L‟exposition professionnelle a été
réduite par des mesures techniques, mais les familiers des ouvriers ainsi que les sujets
habitants les alentours des mines et, dans une moindre mesure, la population urbaine en
général, sont exposés à l‟inhalation de faibles quantités d‟asbeste.
Symptomatologie : Les plaintes sont nulles ou se limitent à de la dyspnée. L‟examen clinique
révèle parfois de fines rares crépitations aux bases pulmonaires et de l‟hippocratisme digital.
L‟examen radiologique révèle une accentuation de la trame pulmonaire surtout au niveau des
bases et l‟apparition d‟adhérences pleurales et pleuropéricardiques. Chez les sujets exposés
pendant longtemps à des faibles quantités d‟asbeste, on observe de deux côtés, dans les
régions moyennes et inférieures, des calcifications de la plèvre pariétale. L‟analyse de
l‟expectoration montre des fibres d‟asbeste, parfois entourées d‟une gaine protéique qui leur
donne l‟allure d‟altère (corps asbestosique).
A l‟examen fonctionnel respiratoire, on trouve un syndrome restrictif avec trouble de la
diffusion, parfois important malgré la discrétion des signes radiologiques.
L‟étude histopathologique révèle une fibrose interstitielle diffuse avec, aux stades avancés,
des bronchiolectasies (poumons à rayons de miel).
Complication : Le cancer bronchique et le mésothéliome pleural sont plus fréquents chez les
sujets exposés à l‟asbeste que dans le reste de la population.
Traitement. Il est essentiellement prophylactique.
La bérylliose.
Etiologie. Le béryllium est un métal rare, utilisé dans l‟industrie aéronautique, radioélectrique
et pour les vêtements intérieurs des tubes d‟éclairage par fluorescence, etc.
Manifestations cliniques. Ce sont des pneumopathies subaiguës résolutives, ressemblant aux
lésions dues aux à l‟inhalation de gaz toxiques, ou des granulomatoses interstitielles évoluant
vers la fibrose.
Ce sont des simples dépôts (non fibrogènes) de poussières de fer (sidérose), d‟étain (stannose)
et de baryum (barytose). Les opacités radiologiques seraient dues aux amas de poussières et
non à la fibrose.
Etiologie :
Elles dues principalement à l‟inhalation d‟huiles minérales utilisées comme gouttes nasales ou
comme laxatifs, surtout quand elles sont administrées le soir (réflexe atténués) ou lorsqu‟il
existe un trouble de la déglutition.
Symptomatologie :
La toux et l‟expectoration chronique vont de paire avec des crépitations (« râles humides »)
aux bases. L‟expectoration contient des macrophages bourrés de lipides. Les clichés
radiographiques montrent des opacités d‟allures diverses, prédominant aux bases, et évoluant
vers la fibrose.
L‟examen anatomopathologique :
Il révèle la présence d‟agglomérats de macrophage bourrée de lipides, et entraînant une
réaction à corps étrangers (cellule géantes) et de la fibrose pulmonaire.
Diagnostic différentiel :
Il se pose, à l‟examen histopathologique, vis-à-vis des pneumonies lipidiques endogènes.
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Chap. 10
Définition :
Anatomie pathologique :
Au stade aigu, on note une dilatation des capillaires et un œdème des septa, avec présence de
rares cellules mononucléaires ou polynucléaires et formation d'une membrane hyaline.
L'exsudat alvéolaire est limité. Ultérieurement, on remarque une prolifération des fibroblastes
des septa, entraînant leur épaississement, et des dépôts de tissu collagène oblitérant le lit
capillaire pulmonaire. Au stade chronique, la fibrose devient confluente et entraîne des
Clinique :
L'affection atteint souvent les adultes de 30 à 50 ans. Elle se manifeste par une toux non
productive, et surtout par une dyspnée avec tachypnée, prédominante à l'effort. L'examen
clinique révèle une cyanose à l'effort, de l'hippocratisme digital, de fines crépitations aux
bases pulmonaires, avec une limitation de l'ampliation thoracique.
Examen radiologique :
En scopie, la motilité diaphragmatique est réduite. Les clichés sont caractérisés par un aspect
réticulaire ou réticulo-micronodulaire, auquel s'ajoutent aux stades plus avancés, des clartés
multiples de 3 à 5 mm de diamètre, situées dans la manteau du poumon et répondant à des
bronchiolectasies (poumon en rayon de miel).
Chap. 11
1. Les pleurésies
Rappel anatomique.
Chaque poumon est entouré d‟un sac pleural fermé et quasi complètement imperméable,
constitué par les feuilles viscéral, pariétal et médiastinal de la séreuse. A l'opposé de la plèvre
pariétale, la plèvre viscérale est dépourvue d‟innervation sensitive.
On comprendra aisément que la plèvre, organe de recouvrement, ne soit
qu‟exceptionnellement atteinte par des affections autonomes et que la plus grande partie des
maladies pleurales soient consécutives à une pathologie, soit pariétale, soit plus souvent
pulmonaire.
La résorption du liquide pleural semble assurée de façon quasi exclusive par les
lymphatiques de la plèvre médiastinale inférieure et de la plèvre pariétale costale, les
plèvres viscérale et diaphragmatique n'intervenant pratiquement pas dans le processus. La
lymphe pleurale est drainée vers les ganglions parasternaux et para-aortiques. L'équilibre
entre production et résorption du liquide peut être rompu soit par l‟augmentation de la
production soit par diminution de la résorption. L'augmentation de la production du
liquide se rencontrera :
Leur intensité est variable selon la cause de l‟affection : à l‟exception de la dyspnée seront
plus marqués dans les atteintes inflammatoires, surtout infectieuses, que dans les atteintes
purement mécaniques. Leur intensité varie également avec le stade de la maladie. Ils n‟ont
aucun caractère de spécificité en sorte qu‟ils peuvent être décrits indépendamment des
facteurs causaux.
Symptômes objectifs.
Les plaintes sont dominées par la douleur pleurale : celle-ci est liée à l‟irritation des feuillets
pariétaux de la plèvre. Elle peut donc faire défaut dans les épanchements interlobaires. Elle
est localisée à la base de l‟hémi thorax atteint et parfois rapportée à l‟épaule ou au coude du
même côté en cas d‟irritation de la plèvre diaphragmatique centrale (nerf phrénique), voire à
l‟abdomen dans les atteintes de la périphérie diaphragmatique. C‟est une douleur vive, de type
élancement, maximale à l‟inspiration et à la toux, qui entraîne une respiration superficielle
plus limitée du coté malade, sur lequel d‟ailleurs le patient se couche volontiers pour réduire
l‟expansion de la respiration.
La dyspnée est souvent à l‟apparition d‟un épanchement et parallèle à son abondance, tout au
moins en l‟absence de pathologie cardiaque ou pulmonaire associée. Elle n‟est pas
accompagnée de sibilances.
La toux des pleurésies est sèche, brève, particulièrement gênante par la douleur qu‟elle
réveille.
L‟expectoration ne fait pas partie du tableau des pleurésies en dehors de la vomique des
fistules broncho pleurales : elle est néanmoins fréquente en cas de pathologie pulmonaire
sous-jacente.
Les symptômes généraux sont essentiellement liés à la pathologie causale de la pleurésie :
- la température se rencontre surtout dans les pleurésies infectieuses et les infarctus,
- l‟amaigrissement, la fatigabilité et les sueurs nocturnes dans les atteintes néoplasiques et
tuberculeuses.
- Une mention particulière revient à l‟angoisse, caractéristique des infarctus pulmonaires
avec réaction pleurale.
Les symptômes objectifs des pleurésies peuvent se résumer comme suite :
- à la palpation : une impression de frottement (pleurésie sèche), une réduction des
vibrations locales (pleurésie liquidienne),
- à la percussion : une sonorité normale et parfois une submatité à la base par ascension de
la coupole diaphragmatique pour la pleurésie sèche, et une submatité dans les
épanchements limités, une matité franche et pénible au doigt percuté dans les pleurésies
abondantes. La percussion est douloureuse pour le patient dans les pleurésies avec
irritation marquée (pleurésie purulente ou consécutive à un infarctus pulmonaire).
- à l‟auscultation : des crépitements pleuraux (« frottement pleural ») à différencier des
crépitements de bronchite (pour la pleurésie sèche), et pour la pleurésie liquidienne une
réduction du bruit respiratoire normal (« murmure vésiculaire ») sous l‟épanchement avec
bruit respiratoire bronchique à timbre pleurétique (« souffle pleurale ») et plus souvent
égophonie ou pectoriloquie aphone à la limite supérieure de l‟épanchement.
- à la ponction pleurale, l‟aiguille rencontre une résistance légère dans les épanchements
récents, très forte dans les pachypleurites. Le liquide prélevé est très claire (aqueux)
citrin, hémorragique, louche, purulent, chyleux ou à paillettes.
La radiographie :
- Au stade initial, fibrineux : on décèle un ralentissement et une limitation de l‟amplitude
des mouvements de la coupole diaphragmatique homologue. Il peut exister un léger
voile, et parfois, dans le sinus une fine lamelle liquidienne, mieux visualisée par les
Elles peuvent accompagner une pneumopathie virale ou être virale ou être cliniquement
isolées ; elles sont rares, ou rarement diagnostiquées. La symptomatologie clinique initiale et
d‟allure grippale et la symptomatologie locale habituellement discrète. L‟épanchement est peu
abondant, parfois bilatéral ou associé à une péricardite. La ponction ramène un exsudat
sérofibrineux de formule mixte, mais parfois à prédominance lymphocytaire. Les virus en
cause sont ceux de la grippe (A, A1, B), de l‟ornithose, les coxsackie B (surtout B5) et
l‟argent de la Q fever.
Fréquence :
Elle a fortement diminué grâce à l‟antibiothérapie des infections pulmonaires sous – jacentes
causales. Les pleurésies à pyogènes se rencontre surtout dans l‟enfance.
Etiopatogénie :
- Elles peuvent être associées à des broncho-pneumopathies aiguës non suppurées, se
prolongeant jusqu‟à la sérieuse pleurale. Lorsqu‟elles surviennent simultanément, on
parle de pleurésies parapneumoniques, lorsqu‟elles succèdent, de pleurésies
métapneumoniques.
- Dans d‟autres cas, elles sont consécutives à la rupture dans la plèvre d‟un abcès
pulmonaire ou d‟un pneumatocèle superficiel. Dans ces conditions, on observe à la fois
une pleurésie et un pneumothorax (ex. le pyopneumothorax des staphylococcies
pulmonaires bulleuses).
- Exceptionnellement, elles proviennent de la propagation par proximité à la séreuse
pleurale, d‟une infection costale ou sous-phrénique de voisinage.
Symptomatologie.
Elle se caractérise par la coexistence d‟un syndrome pleurétique généralement très évocateur
(avec, dans les formes purulentes, une sensibilité pariétale « exquise » à la percussion, et
parfois même un œdème pariétal), et d‟une symptomatologie pulmonaire (expectorations,
inexistantes dans les pleurésies exsudatives tuberculeuses isolées)
Evolution et pronostic.
Avant l‟ère antibiotique, les pleurésies parapneumoniques étaient considérées comme
généralement résolutives, alors que les pleurésies métapneumoniques, même sérofibrineuses,
se transformaient souvent en pleurésie purulente. Ces dernières avaient une évolution
redoutable : après une période de "diffusion", où une large partie de la cavité pleurale était
entreprise, on voyait survenir une période de "collection" avec symphyse pleurale partielle et
formation d‟une poche purulente résiduelle, souvent postérieure, et finalement une période
d‟enkystement avec pachypleurite importante et formation des poches multiples, difficilement
accessibles à la ponction. Le drainage chirurgical s‟imposait systématiquement dès le stade de
collection, si l‟on voulait éviter la cachexie toxique, la fistule bronchopleurale avec vomique,
voire la fistulisation cutanée ("empyème de nécessité", parfois pulsatile).
Le pronostic vital s‟est considérablement amélioré par l‟antibiothérapie précoce, mais des
séquelles fonctionnelles importantes peuvent encore persister, surtout lorsque la thérapeutique
a été instaurée tardivement ou de façon trop peu énergique.
Thérapeutique.
Une antibiothérapie parentérale s‟impose dans tous les cas. Dans les formes sérofibrineuses
ou simplement louches, on évacuera le liquide pleural aussi complètement que possible afin
d‟éviter sa transformation purulente. On injectera in situ un antibiotique faiblement soluble
d‟où son action locale intense. Dans les formes franchement purulentes, la résorption est
illusoire, les ponctions pleurales évacuatrices (d‟abord quotidiennes, puis progressivement
espacées) seront accompagnées de lavages (à la solution physiologique) et d‟injection
d‟antibiotiques, en fonction des résultants de l‟antibiogramme. Si le liquide est trop visqueux,
on pourra, le fluidifier par injection intrapleurale de fibrinolytiques : ces drogues sont contre-
indiquées en présence de fistules bronchopleurale, car elles augmentent le risque de
dissémination pulmonaire. La drainage "a minima" au moyen d‟un fin tube en polythène
introduit dans un espace intercostal à travers un trocart à ponction d‟ascite, et parfois
l‟introduction chirurgicale d‟un gros drain peuvent s‟imposer au stade de collection, dans les
formes graves, après échec des ponctions. Dans le cas où le traitement a été mal conduit, on
peut être amené à pratiquer tardivement une pleurectomie, pour éliminer l‟empyème
chronique enkysté et permettre la réexpansion pulmonaire.
Pathogénie.
- Voie d‟apport des bacilles de Koch : Les germes parviennent le plus souvent à la plèvre
par proximité, à partir d‟un tubercule pulmonaire sous-pleural, parfois par voie
lymphatique (à partir de l‟adénopathie hilaire homolatérale).
- Hypersensibilité pleurale : L‟inoculation expérimentale de bacilles de Koch dans plèvre
ne suffit pas à déclencher l‟épanchement. On est donc conduit à admettre la nécessité
d‟un facteur local ou général d‟hypersensibilité allergique.
Symptomatologie.
Dans la majorité des cas, la pleurésie se résorbe spontanément, à partir de la 3e semaine, pour
ne laisser comme séquelle qu‟un léger comblement du sinus et des adhérences localisées.
L‟extension de la réaction exsudative à d‟autres séreuses (péricarde, péritoine) appelée
«polysérosite», est une modalité évolutive rare. La transformation purulente est
exceptionnelle. Il en est de même pour l‟évolution vers la chronicité par délai, insuffisance ou
défaut de résorption. On voit alors apparaître une pachypleurite plus ou moins importante
avec, éventuellement, après 15 ou 20 ans d‟évolution, des calcifications pleurales, et un «
rétrécissement de poitrine » caractéristique.
Si l‟évolution locale immédiate est généralement favorable, il n‟en est pas de même du
pronostic à longue échéance, obéré par la fréquence des localisations tuberculeuses post
pleurétiques, pulmonaires ou extra-pulmonaires, dont la pleurésie n‟est qu‟un signe avant
coureur. La fréquence de ces localisations est estimée différemment par les auteurs ; elle
semble la plus élevée dans la pleurésie idiopathique du jeune adulte avant l‟antibiothérapie,
elle atteignait 19 à 75% des cas selon les statistiques. Le pronostic à longue échéance est
indépendant de l‟abondance de l‟épanchement. La fréquence élevée des atteintes pulmonaires
post pleurétiques impose des contrôles radiographiques réguliers pendant les 5 années
consécutives à la pleurésie.
Elle a tété très nettement réduite par une antibiothérapie bien conduite (4% des cas en quinze
ans d‟observation).
Traitement.
La thérapeutique des pleurésies sérofibrineuses bacillaires comportera :
une cure de repos.
une antibiothérapie antituberculeuse.
une corticothérapie précoce (Prednisone 30 mg par jour pendant 5 jours, avec doses
décroissantes ensuite de 5 mg par semaine). Cette corticothérapie accélère la régression
des manifestations inflammatoires générales, facilite la résorption du liquide et réduit de
ce fait l‟étendue des séquelles anatomiques et de l‟altération fonctionnelle.
des ponctions évacuatrices, toujours indiquées en cas d‟épanchement abondant et
dyspnéisant, sont considérées par certains auteurs comme systématiquement utiles à une
restitutio ad integrum sur le plan fonctionnel.
Devenue rare depuis l‟antibiothérapie, elle compliquait surtout les pneumothorax artificiels et
les résections mal préparées (fistules du moignon bronchique). Elle peut être également
consécutive à, la perforation spontanée dans la plèvre d‟un foyer tuberculeux superficiel ou
d‟une caverne (dans ce dernier cas : pyopneumothorax) ou enfin, à la transformation
purulente d‟une pleurésie sérofibrineuse. La symptomatologie est donnée par une altération de
l‟état général. Le liquide purulent est richement bacillifère. On y décèle également des
pyogènes banals en cas de fistule bronchopleurale. L‟évolution des pleurésies purulentes
tuberculeuses, très défavorable avant l‟ère de l‟antibiothérapie, est aujourd‟hui encore difficile
à maîtriser. L‟antibiothérapie antituberculeuse sera combinée à un traitement locale
(ponctions évacuatrices). On évitera le drainage qui entraîne fréquemment une fistulisation
cutanée définitive. Le traitement bien suivi épargnera le recours à la pleurectomie (combinée
à une résection parenchymateuse) ou à la thoracoplastie.
Il s‟agit de transsudats d‟origine mécanique : le liquide est très clair et sa formule cytologique
mixte comporte une prédominance mésothéliale. Ils sont dus à une insuffisance cardiaque
(surtout gauche), qui détermine des épanchement bilatéraux (à prédominance droite) ou
unilatéraux (généralement droits) plus ou moins abondants. Il ne faut pas les confondre avec
les exsudats dus aux infarctus pulmonaires superficiels. Une autre étiologie d‟épanchement
d‟origine cardiaque est le syndrome de Dressler (pleuro-péricardite bénigne, survenant dans
Etiologie
Il peut s‟agir d‟une tumeur pleurale primitive, fort rare (mésothéliome) ou encore des
métastases pleurales provenant d‟un cancer de voisinage (néoplasme bronchique, néoplasme
du sein) ou encore d‟un cancer situé à distance. Il ne faut pas confondre ces envahissements
cancéreux des plèvres avec les épanchements déclenchés par les cancers bronchiques selon
des mécanismes divers, indépendants de tout envahissement néoplasique de la plèvre.
Symptômes
Les débuts de la pleurésie carcinomateuse sont généralement afébriles. La pleurésie reste
douloureuse après l‟apparition du liquide. Elle est récidivante et dyspnéisante, mais ces divers
caractères ne s‟installent que progressivement. Dans les mésothéliomes à évolution lente, on
note parfois des hypoglycémies.
Les pleurésies carcinomateuses classiques (douloureuses, dyspnéisantes, récidivantes et
afébriles) sont souvent un épiphénomène d‟une lymphangite carcinomateuse pulmonaire.
Le liquide, sérofibrineux ou sérohémorragique, est généralement lymphocytaire en début
d‟évolution. L‟apparition de cellules néoplasiques y est parfois plus tardive que la mise en
évidence de l‟envahissement des lymphatiques sous-pleuraux par le cancer, grâce à la
ponction-biopsie de la plèvre.
L‟aspect radiologique est caractérisé dans les formes typiques, surtout après évacuation du
liquide et injection d‟air (pneumo-séreuse), par un épaississement pleural irrégulier,
mamelonné de siège pariétal et/ou viscéral. On peut éventuellement trouver les signes liés au
cancer bronchique primitif.
Le pronostic est évidemment mouvais à brève échéance. Les épanchements des
mésothéliomes peuvent parfois évoluer temporairement vers la résolution, et la survie
atteindre plusieurs années.
La radiothérapie peut soulager les douleurs. L‟injection d‟androgènes est utile dans les
métastases pleurales des cancers du sein.
1. L‟hémothorax.
Les traumatismes thoraciques, surtout ceux accompagnés de fractures costales multiples,
provoquent l‟apparition d‟épanchements, constitués initialement de sangs presque pur .Parfois
un épanchement après l‟accident peut atteindre 24 à 48 heurs. Les vaisseaux responsables de
l‟hémothorax sont de localisation pariétale et non pulmonaire. Le sang intrapleural coagule
dans certains cas, mais s‟hémolyse le plus souvent.
2. Le chylothorax.
- Le rhumatisme articulaire aigu. Ils se rencontrent surtout chez l‟enfant. Ils peuvent être
isolés ou associés à un épisode de rhumatisme articulaire aigu. L‟élévation du taux des
antistreptolysines se sériques est un élément précieux du diagnostic. L‟évolution
spontanément peu abondant, a une formule cytologique mixte. L‟élévation du diagnostic.
L‟évolution spontanément régressive est accélérée par les salycilés et la corticothérapie.
- La polyarthrite rhumatoïde. La pleurésie liquidienne ne complique que 5% des PR,
surtout chez les hommes de plus de 40 ans. L‟épanchement, en général unilatéral, est un
transsudat dont le taux de glucose est particulièrement bas (en moyenne 6 mg/dl). La
biopsie pleurale ne montre que rarement des nodules rhumatoïdes. L‟évolution est très
chronique à base de chloroquine se justifie dès lors.
- Le lupus érythémateux disséminé. Les localisations pleurales y sont classiques et
fréquentes. D‟abord sèche, la pleurésie devient ultérieurement liquidienne, souvent
bilatérale, alternante, récidivante, associée à une péricardite et à des lésions pulmonaires.
L‟exsudat contient fréquemment des cellules LE. La ponction-biopsie pleurale peut
mettre en évidence des corps colorables à l‟hématoxyline, équivalents intratissulaires des
cellules LE. On peut s‟attendre à un effet favorable des corticoïdes.
- Les hémopathies malignes (lymphomes). Les réactions pleurales y sont assez fréquentes,
surtout aux stades avancés.
- Les pancréatites. La pancréatite se complique d‟un exsudat pleural dans au moins 6% des
cas : l‟épanchement est généralement gauche et le plus souvent sérohémorragique. La
formule cytologique peut être éosinophilique. Le taux des amylases et des lipases du
liquide pleural est supérieur à celui du sérum.
- Les cirrhoses hépatiques. Les stades avancés de cirrhose se compliquent de pleurésie
(toujours associée à une ascite) chez 10 % des patients. L‟association de perturbations de
la résorption lymphatique avec l‟hypertension dans le système azygos et
l‟hypoprotéinémie.
Le syndrome de Meigs.
La ponction pleurale exploratrice doit être systématique. Elle confirmera l‟existence d‟un
épanchement, déjà soupçonné par la clinique et suggéré par la radiographie, et permettra son
analyse. On la complètera volontiers par une biopsie pleurale, nécessaire à l‟examen
histopathologique.
- Les épanchements très peu colorés, très transparents, feront penser aux diverses causes
d‟hydrothorax (transsudat).
- Les pleurésies purulentes sont dues à des pyogènes banals, aux bacilles de Koch ou aux
deux groupes d‟agents associés (fistules bronchopleurales du pyothorax tuberculeux).
- Les pleurésies lactescentes sont les plus souvent des chylothorax ou épanchements de
chyle dans la plèvre. Ils sont généralement traumatiques ou encore consécutifs à un
envahissement néoplasique du canal thoracique. Leur aspect est dû aux grandes quantités
de chylomicrons et de lipoprotéines. Il peut s‟agir également d‟épanchements chyliformes
- Les palettes dorées parfois visibles dans le liquide pleural sont constituées par des cristaux
de cholestérol. On les rencontre aux stades tardifs des pleurésies purulentes chroniques de
n‟importe quelle étiologie.
Analyse physicochimique
Certaines analyses chimiques plus précises du liquide pleural peuvent fournir des
renseignements d‟orientation pour le diagnostic étiologique :
- Le taux du glucose est abaissé en dessous de 60 mg/dl dans la tuberculose, mais surtout
dans les pleurésies de la PR où il tome aux environs de 6 mg/dl.
- Le taux d‟acide hyaluronique est fortement augmenté dans les mésothéliomes, d‟où une
augmentation de la viscosité du liquide : ce sont des cellules mésothéliales qui le
produisent (jusqu‟à 0,86 g/100g de poids sec).
- Le taux d‟amylases et de lipases est supérieur à celui du sérum dans les pleurésies des
pancréatites.
- Le taux de la LDH, augmenté par rapport à celui du plasma dans les pleurésies
carcinomateuses, l‟est aussi lorsque le liquide pleural contient de nombreux globules
rouges ou de nombreuses cellules dégénérées. Cette élévation n‟a donc aucune valeur
diagnostique.
Examen cytologique
L‟examen cytologique du liquide pleural revêt une grande importance pour le diagnostic
étiologique. On prélèvera le liquide sur un anticoagulant non cytotoxique, comme l‟héparine,
et on l‟adressera sans retard au laboratoire qui pratiquera soit un étalement soit un enrobage
du culot de centrifugation du produit.
La composition cellulaire du liquide pleural n‟est pas homogène et peut varier d‟après les
conditions de prélèvement. D‟autre part, la formule cytologique du liquide peut se
transformer rapidement en quelques jours. C‟est dire le caractère relatif des indications
fournies par l‟examen cytologique :
- Les réactions pleurales à éosinophiles (au moins 10% d‟éosinophiles par rapport à
l‟ensemble des cellules) sont parfois secondaires à d‟autres atteintes pulmonaires ou
pleurales. On les observe ainsi dans les suites de tous les épanchements sanguins, au
cours de l‟entretien du pneumothorax artificiel, dans l‟asthme, dans les épanchements
parapneumoniques en voie de résorption et dans les infections accompagnées
- La dégénérescence des polynucléaires entraîne la formation des globules des pus, très
nombreux dans les empyèmes.
L‟erreur par excès : assez commune étant donné le polymorphisme des cellules
mésothéliales en voie de dégénérescence et le potentiel élevé de multiplication des
cellules de la séreuse pleurale, qui peuvent présenter des images de mitose en
dehors de tout envahissement néoplasique.
Examen histopathologique
Examens bactériologiques.
La technique de prélèvement doit tenir compte de certaines caractéristiques des germes dans
le liquide pleural.
- Leur petit nombre, surtout dans les pleurésies exsudatives tuberculeuses. Pour multiplier
les chances de prélèvements positifs, l‟on ensemencera le culot obtenu sur milieu d
Loewenstein.
- Leur engagement fréquent dans la fibrine. Si l‟on veut que la centrifugation soit efficace,
il y a lieu d‟éviter la formation d‟un caillot en ajoutant au liquide pleural un anticoagulant
stérile.
L‟examen bactériologique doit être pratiqué systématiquement en vue de la confirmation du
diagnostic par la mise en évidence de germes banals ou de bacilles de Koch. On devra
malheureusement souvent instaurer le traitement avant de disposer de ses résultats.
Dans le domaine des pleurésies, comme bien souvent en pathologie médicale, le diagnostic
étiologique ne peut généralement être obtenu par une seule méthode d‟examen, l‟ampleur des
variations individuelles ne laissant à la plupart d‟entre elles qu‟une valeur indicative.
C‟est grâce à la convergence des renseignements recueillis au lit du malade, au négatoscope et
par l‟étude approfondie du liquide pleural et du produit de biopsie que l‟on parvient
aujourd‟hui à conclure avec de grandes chances d‟exactitude à la nature de l‟argent causal de
la majorité des pleurésies.
A côté du traitement étiologique spécifique qui a été exposé avec chacune des variétés
cliniques, un certain nombre de mesures thérapeutiques symptomatiques sont indiquées.
L‟alitement s‟impose pendant la période fébrile. A titre d‟analgésique, on pourra prescrire
l‟application cutanée de chlorure d‟éthyle (bande congelée de 2 cm de large et d‟une dizaine
de cm de haut perpendiculairement aux côtés), qui exerce un effet sédatif sur l‟arc cutané de
la douleur rapportée. L‟anesthésie locale de nerfs intercostaux à la novocaïne n‟est
qu‟exceptionnellement nécessaire. Des analgésiques pourront être prescrits par voie générale
salicylée). L‟administration d‟antitussifs est utile pour calmer l‟exacerbation de la douleur par
les secousses de toux. On peut aussi limiter l‟expansion thoracique du côté malade par
l‟application d‟un large sparadrap adhésif.
La ponction évacuatrice (ou thoracocentèse) d‟indication symptomatique est pratiquée lorsque
l‟épanchement détermine de la dyspnée. Celle-ci sera fonction du volume de l‟épanchement
mais aussi de facteurs non pleuraux tels que la fixation du médiastin et l‟état pulmonaire ou
cardiaque.
L‟évacuation du liquide pleural ne doit pas être trop rapide et ne doit pas dépasser un litre par
ponction, si l‟on veut éviter l‟œdème pulmonaire aigu ainsi qu‟une fatigue excessive du
patient.
2. Le pneumothorax spontané
Définition
Physiopathologie
A l‟état normal, les deux feuillets (viscéral et pariétal) de la plèvre sont au contact l‟un de
l‟autre et mobiles l‟un sur l‟autre grâce à la présence d‟un fin film liquidien. La solidarité
relative de ces deux feuillets, qui résulte des for ces d‟adhésion et de cohésion et de cohésion
du liquide, transmet au poumon des sollicitations d'expansion qui proviennent de
l'augmentation inspiratoire du volume de la cage thoracique. L'irruption d'air dans l'espace
pleural désolidarise le poumon et la paroi et permet un collapsus plus ou moins important et la
formation d'une authentique cavité pleurale. A ce moment, les sollicitations inspiratoires
externes, opposées aux forces de rétraction élastique intrapulmonaires, déterminent la
négativité des pressions qui règnent dans la cavité pleurale (pendant la respiration calme -2
cm d'H20 à l'expiration et -7 à l'inspiration).
Le collapsus pulmonaire pourra être limité par des brides ou des symphyses entre les deux
feuillets pleuraux ou par une perte localisée ou généralisée de l'élasticité pulmonaire
(pneumothorax localisé).
Il pourra au contraire être favorisé et fortement accentué lorsqu'un mécanisme de clapet,
jouant au niveau de la brèche, permet le passage de l'air du poumon vers la plèvre et s'oppose
à sa sortie, entraînant ainsi l'établissement progressif d'une pression positive intrapleurale.
L'action du clapet est favorisée par les variations violentes de pression intrathoracique,
comme celles déclenchée par la toux et par la respiration difficile des grands insuffisants
respiratoires.
Au moment de l'occlusion glottique de la toux, l'air sous pression provenant du poumon sain
est brusquement propulsé vers le poumon malade et vers la plèvre. Ce pneumothorax sous
pression peut se compliquer de pneumomédiastin.
Communément, les brèches minimes de la plèvre viscérale s'obturent en quelques jours par
dépôts fibrineux; l'air est progressivement résorbé par diffusion vers les capillaires sous-
pleuraux, surtout du côté viscéral, et le poumon revient lentement à la paroi en une quinzaine
de jours.
Le défaut d‟occlusion de la brèche, les insuffisances de résorption de l'air et l'apparition d'une
coque fibrineuse ou fibreuse sur la plèvre viscérale contribuent au maintien d'un collapsus
parfois irréversible (pneumothorax chronique c.-à-d. par définition durant plus de 3 mois).
Symptomatologie.
L'intensité des symptômes subjectifs est variable. Ils peuvent être discrets (pneumothorax
localisé) et même, dans certains cas, rester totalement inaperçus par le patient. Dans les
formes caractérisées, on note l'apparition brutale (au repos ou au cours d'un effort
quelconque) d'une dyspnée violente accompagnée de douleurs thoraciques, irradiant parfois
vers l'épaule et vers le bras (du côté gauche, diagnostic différentiel avec l'angor) et rythmées
par la respiration. La toux sèche, la cyanose et l'anxiété peuvent s'y associer. En cas de choc
circulatoire, on pensera au pneumothorax sous tension ou à l'hémopneumothorax.
L'examen clinique révèle, dans les pneumothorax complets, une limitation des mouvements
respiratoires homolatéraux et une sonorité tympanique à la percussion. A l'auscultation, on
remarque une réduction ou une abolition du murmure vésiculaire avec parfois une respiration
soufflante, amphorique. Le "signe du sou" est positif dans les pneumothorax sous tension.
La radiographie révèle la présence d'air dans l'espace pleural, avec collapsus pulmonaire plus
ou moins marqué. Le pneumothorax est mieux visible sur les clichés pris en expiration. On
peut trouver une petite quantité de liquide dans le sinus (niveau horizontal). En cas de
pneumothorax sous tension, le médiastin est parfois refoulé du côté opposé. En radioscopie,
on peut observer un balancement médiastinal. Les images de pneumothorax localisé sont
parfois difficiles à reconnaître; leur topographie est généralement apicale. On peut les
distinguer des bulles ou kystes grâce au signe de Bernou, qui se rapporte à l'angle de
raccordement de la clarté à la paroi thoracique. Quand cet angle est aigu, la clarté correspond
à une cavité intrapulmonaire. Quand il est obtus, elle répond à une pneumothorax localisé. La
ponction-biopsie transthoracique permet de mesurer la pression régnant dans la cavité de
pneumothorax, grâce à l'appareil de Kuss et, éventuellement, de pratiquer une exsufflation
thérapeutique.
Complications.
- Les réactions pleurales liquidiennes. Elles sont habituelles, généralement peu abondantes
et sans gravité dans les formes aseptiques; elles évoluent par contre vers le
pyopneumothorax dans les cas peu fréquents où l'épanchement gazeux est dû à la rupture
d'une cavité infectée (caverne, abcès).
- l‟hémopneumothorax spontané. La réfraction pulmonaire consécutive ou pneumothorax
peut mettre sous tension des brides adhérentielles reliant les feuillets pariétal et viscéral de
la plèvre. Lorsque ces brides se rompent, leur extrémité pariétal saigne, parfois
abondamment, ce qui entraîne un hémopneumothorax parfois dramatique, où la
symptomatologie du choc hémorragique vient compliquer celle du collapsus pulmonaire.
Cette complication est rare.
- La pneumonie chronique. La réexpansion pulmonaire fait défaut : la brèche persiste, ou
une gangue de pachypleurite englobe le poumon collabé : c'est une complication rare.
- Le pneumothorax suffocant. Le pneumothorax à clapet, sous tension, fréquent chez les
insuffisants respiratoires, entraîne une dyspnée majeure avec cyanose et tendance au choc.
C'est une urgence qui exige la drainage d'emblée.
- Les récidives. Elles sont fréquentes dans la forme idiopathique, homolatérales et
controlatérales. On observe d'ailleurs occasionnellement un pneumothorax spontané
bilatéral.
Pronostic
Il est favorable dans le pneumothorax idiopathique, mais il y a lieu de prévenir les malades de
l‟éventualité de récidives.
Il est réservé dans les pneumothorax secondaires à la rupture de cavités infectées (à cause de
la possibilité d‟apparition d‟un pyopneumothorax) il est sérieux dans les pneumothorax sous
tension, surtout chez les insuffisants respiratoires.
3. Le pneumothorax traumatique
Il peut être consécutif à l‟ouverture d‟une brèche dans la paroi thoracique (plaies thoraciques
ouvertes, avec collapsus pulmonaire étendu s‟il y a passage d‟air de l‟extérieur vers la cavité
pleurale). Dans ce cas une occlusion d‟urgence (p. ex. au moyen de sparadrap ou bandage) et
une suture chirurgicale aussi précoce que possible sont indispensables.
Le pneumothorax traumatique peut être consécutif à des traumatismes fermés (fractures de
côtes, pénétration de balles, blessures au couteau, ponction pleurale maladroite) qui,
provoquant une dilacération pulmonaire, permettent le passage de l‟air du poumon vers la
plèvre. La thérapeutique est alors la même que celle du pneumothorax spontané, mais la
thoracotomie est plus fréquemment indiquée, dans les cas où la lésion pulmonaire est
importante.
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Chap. 12
Données anatomiques.
Le médiastin est la région occupant la partie médiane du thorax, entre les deux poumons, c‟est
un lieu de passage pour de multiples éléments vasculaires, lymphatiques, nerveux et digestifs.
Les clichés radiographiques de face et de profil et les tomographies permettent de préciser la
localisation des lésions médiastinales et d‟émettre grâce à elle, des hypothèses de diagnostic.
Dans le sens vertical, on distingue 3 étages médiastinaux.
1. L‟étage supérieur, dont la limite inférieure répond au plan horizontal passant par le
rebord supérieur de la crosse aortique,
2. L‟étage moyen, dont la limite inférieure répond au plan de la carina,
3. L‟étage inférieur, qui s‟étend de la carina au diaphragme.
Dans le sens antéropostérieur, on distingue.
1. le médiastin antérieur, qui s‟étend jusqu‟à la face antérieure de la trachée et la face
postérieure du péricarde,
2. Le médiastin moyen, qui répond à la région située entre la limite postérieure du
médiastin antérieur, en avant et la face postérieure de la trachée et le ligament
triangulaire en arrière,
3. Le médiastin postérieur, qui est de topographie rétrotrachéale.
Il existe donc au total 9 loges médiastinales.
Il s‟agit essentiellement d‟anévrismes de l‟aorte ou des gros troncs artériels. Dans les formes
typiques, la radioscopie permet de préciser la continuité de l‟image avec les contours de
l‟aorte et éventuellement l‟expansion systolique de la tumeur.
L‟examen radiologique doit parfois être complété par une angiographie.
Elles représentent les deux tiers des tumeurs médiastinales et siègent surtout au niveau du
médiastin moyen, aux étages moyen et inférieur .Elles ont fréquemment un aspect
polycyclique.
Causes.
1. Les adénopathies tuberculeuses. Les adénopathies sont plus souvent unilatérales ou à
prédominance unilatérale. Elles régressent lentement. On les rencontre surtout pendant
la primo-infection.
2. Les adénopathies cancéreuses. Ces métastases proviennent soit d‟un cancer bronchique
soit d‟un cancer à distance.
3. Les hémopathies malignes. Dans la maladie de Hodgkin, le lymphomes non
hodgkiniens, on trouve fréquemment des adénopathies médiastinales souvent
latérotrachéales, dans les leucémies, les atteintes ganglionnaires médiastinales sont
rares,
4. Dans la sarcoïdose, ce sont les ganglions hilaires qui sont le plus fréquemment entre
pris. Leur régression spontanée est la règle,
5. Des adénopathies inflammatoires bénignes se rencontrent dans les bronchopneumonies
à pyogènes dans les viroses, mycoses etc.
Les tumeurs nerveuses.
Leur topographie est presque toujours postérieurs, para vertébrale, à n‟importe quel étage du
médiastin.
Elles se développent soit à partir de la gaine de Schwann des nerfs intercostaux dans leur
trajet intrathoracique (schwannomes ou neurinomes bénins, ou malins), soit à partir de
cellules ganglionnaires sympathiques (ganglioneurinomes bénins, ganglioneuroblastomes ou
sympathoblastomes malins). Le neurinome d‟origine mixte, neuroconjonctive, accompagne
parfois la maladie de Von Recklinghausen.
Les clichés de face et de profit ainsi que les tomographies mettent en évidence une tumeur à
limites nettes et régulières, pouvant élargir un trou de conjugaison, par suite de la
prolongation de la tumeur dans le canal rachidien. L‟augmentation rapide de volume et la
présence de calcifications permettent de soupçonner la nature maligne.
Les complications mécaniques déclenchées par le gros volume, ainsi que la potentialité
maligne de certains types tumoraux justifient l‟exérèse systématique des tumeurs neurogènes.
endodermiques (bronche) et enfin les tératomes, comportant des éléments en provenant des
trois feuillets.
Certains dysembryomes hétéroplastiques sont malins d‟emblée ou secondairement cancérisés.
Il en est principalement ainsi dans le sexe masculin, pour les tératomes et les chorio-
épithéliomes, ces derniers entraînent un syndrome de féminisation (gynécomastie, taux élevé
de gonadotrophines urinaires). Alors que les opacités des tumeurs kystiques ont des limites
régulières, arrondies ou ovalaires, celles des tératomes sont fréquemment bosselées, voire
d‟allure quadrangulaire. Le risque de cancérisation et celui de complications (augmentation de
volume, infection, perfection avec expectoration de sébum, de poils, etc.) justifient une
exérèse précoce.
L‟hypertrophie thymique est fréquente chez l‟enfant. Chez les adultes, on rencontre des
thymomes bénins ou malins, parfois associés à un syndrome de myasthénie (10 à 30 % des
cas), à une anémie ou à une agammaglobulinémie
Ces tumeurs peu opaques sont de topographie antérieurs, séparées du sternum par une bande
claire mais souvent relativement bas situées, à l‟étage médiastinal moyen ou inférieure, elles
se latéralisent parfois à droite ou à gauche
Ils se présentent sous forme d‟opacités médiastin ales hautes, bilatéral, en «de topographie
immédiatement rétro sternale, mobiles avec la travée alors de la déglutition et de la toux. Ils
peuvent entraîner une sténose trachéale. Ces goitres intra thoraciques sont souvent bénins,
mais la possibilité. Il existe en outre des localisations aberrantes de tissu thyroïdien
Elles se produisent au travers de la fente de Larrey. Elles ont été décrites ave la pathologie
diaphragmatique.
diagnostic) qui permettent une délimitation et une localisation plus précises des masses
tumorales. L‟angiographie permet la visualisation de l‟aorte et des gros troncs artériels tandis
que la phlébographie (cavographie, azygographie) décèle certains envahissements vasculaires
qui excluent toute intervention chirurgicale. L‟œsophagographie est indispensable au
diagnostic du mégaœsophage. Le CT scan et l‟IRM sont les examens de choix.
Pour arriver à un diagnostic anatomopathologique, on fera appel tantôt à la biopsie
préscalénique ou à la médiastinoscopie, tantôt à la ponction transtrachéale ou transthoracique.
Enfin, la scintigraphie après absorption d‟I131 radioactif permet le diagnostic des tumeurs
thyroïdiennes fixant l‟iode. Dans beaucoup de cas, seule la thoracotomie exploratrice assurera
un diagnostic de certitude, en même temps que l‟exérèse curatrice de la tumeur. Elle se
justifie par le risque indiscutable de malignité.
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Chap. 13
LA PATHOLOGIE DIAPHRAGMATIQUE.
Introduction.
Définition de la hernie.
C‟est l‟irruption des viscères abdominaux au travers d‟un orifice diaphragmatique normal ou
traumatique.
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Chap. 14
LES TUMEURS DE L’ARBRE RESPIRATOIRE
Les hamartochondromes.
Définition
Ces tumeurs mixtes des parois bronchiques, dues à des erreurs congénitales de
développement, comportent des tissus multiples (mésodermiques et épithéliales), avec
prédominance des tissus cartilagineux. Leur topographie peut être périphérique
(intrapulmonaire) ou centrale (endobronchique). Ce sont des lésions rares, où l'histologiste
découvre une hypertrophie désordonnée des éléments bronchiques normaux, sans aucun
caractère de malignité.
A. Les hamartochondromes périphériques
En règle, ils ne provoquent aucune symptomatologie clinique et sont découverts lors
d'examens radiographiques systématiques. Ils se présentent sous forme d'une opacité arrondie,
de taille variable, à limités nettes, de densité élevée, comportant parfois des calcifications
punctiformes. Le diagnostic se pose vis-à-vis des autres causes de foyers ronds. Le pronostic
vital est bon, mais la simple énucléation, généralement très aisée, ou dans la résection
segmentaire. L'examen macroscopique de la tumeur montre un aspect en balle de golf
inversée.
B. Les hamartochondromes centraux (endobronchiques)
Ils sont exceptionnels. Leur diagnostic se pose à l'égard des adénomes et des tumeurs
bronchiques malignes.
L’adénome de Jackson
Définition : c'est une tumeur de type épithélial, de malignité locale, à évolution lente, dont le
stroma est remanié dans le sens d'un métamorphisme hyalin, mucoïde, chondroïde ou même
ostéoïde de la substance fondamentale.
Anatomie pathologique :
Examen macroscopique : Cette tumeur a une topographie généralement centrale (c.-à-d.
localisée au niveau des gros troncs bronchiques). Elle fait saillie dans la lumière mais s'étend
souvent (30 à 40% des cas) en "iceberg" en dehors de la bronche.
Examens microscopique : Le type carcinoïde, le plus fréquent, qui s'apparente aux carcinoïdes
intestinaux, comporte des éléments argentaffines et est probablement d'origine nerveuse. Les
petites cellules, sans atypies néoplasiques, sont groupées en nappes ou en boyaux pleins.
Dans le type cylindromateux, plus rare, qui est apparenté aux tumeurs mixtes de la parotide,
les cellules sont groupées en cylindres dont la lumière est pleine de mucus. Le pronostic est
moins bon, car le cylindrome se transforme parfois en adénocarcinome malin.
Etiologie :
Ces tumeurs relativement rares représentent moins de 5% de l'ensemble des tumeurs
bronchiques. Elles frappent aussi bien l'homme que la femme, à un âge moyen moins avancé
que celui des carcinomes.
Symptomatologie clinique :
Elle est fréquemment de longue durée, vu la lenteur d'évolution de la tumeur. On note un
syndrome irritatif (hémoptysie parfois importante et récidivantes) puis un syndrome de
Traitement :
- par une élévation de l'âge moyen de la population, avec de ce fait, possibilité pour un plus
grand de sujets, de développer un cancer, qui frappe les groupes d‟âge avancé,
- par un perfectionnement des moyens de diagnostic, car elle ne rend pas compte de
l'augmentation élective de l'indice à la fois pour le cancer bronchique et pour le sexe
masculin, alors ces différents facteurs devraient intervenir sur la fréquence des diverses
localisations de cancer dans les deux sexes.
Il s'agit donc d'une augmentation de la fréquence de la maladie, qui trouve son explication
dans l'intervention relativement récente de divers facteurs étiologiques
La fumée du tabac.
L‟augmentation quasi mondiale de la consommation de cigarettes, est intervenue aux environs
de la guerre 1914-18.
Aux Etats-Unis, la consommation annuelle de cigarettes par habitant était de 138 en 1910.
Elle est passée à 1.365 en 1930 et à 3.986 en 1961. En 1955, 68% de la population masculine
et 32,4% de la population féminine de 18 ans et davantage étaient des fumeurs habituels de
cigarettes.
Son importance étiologique prédominante dans le cancer bronchique est démontrée des
arguments épidémiologiques, anatomopathologiques, et expérimentaux.
Arguments épidémiologiques : C‟est à Doll et Hil que revient le mérite d‟avoir démontré pour
la première fois que le cancer bronchique survient beaucoup plus fréquemment chez les
fumeurs (surtout de cigarettes) que les non-fumeurs, et d‟autant plus fréquemment qu‟ils
fument davantage. L‟importance de l‟inhalation de la fumée a été démontrée ultérieurement.
Enfin, la fréquence du cancer bronchique va en décroissant dans les années qui suivent
l‟interruption de l‟habitude de fumer. L‟étude princeps de Doll et Hill, du type « prospectif »,
s‟est passée en deux temps. Un questionnaire a d‟abord été envoyé à 25.000 médecins
britanniques âgés de plus de 35 ans, au sujet de leurs habitudes de fumer. Après quatre ans et
demi, la mortalité par cancer bronchique a été étudiée chez les mêmes sujets, et exprimée par
an et par 100.000 personnes.
Une nouvelle enquête épidémiologique réalisée par les mêmes auteurs avec 11 ans de recul
corrobore et complète les résultats de la première.
Il ressort de l‟étude combinée de 7 enquêtes prospectives, que la mortalité par cancer
bronchique chez les fumeurs de cigarettes est de 10,8 fois supérieure à celle des non fumeurs.
D‟autre part, on a pu mettre en évidence, une corrélation directe entre la mortalité par cancer
bronchique en 1950 dans divers pays d‟Europe occidentale, et l‟importance de la
consommation de cigarettes, dans ces mêmes pays en 1930. Enfin, on note, depuis les
dernières années, une augmentation de la fréquence du cancer bronchique dans le sexe
féminin, dans les pays où la population féminine s‟est mise à fumer beaucoup depuis 1930-
40. L‟effet cancérigène de la fumée est d‟autant plus marqué que son inhalation a été
poursuivie pendant plus longtemps ; il ne se manifeste en général qu‟après de nombreuses
années, ce qui explique le délai qui sépare la modification des habitudes de fumer d‟une
population et l‟ascension de sa courbe de mortalité par cancer bronchique.
respiratoire, qu‟ils soient décédés ou non de cancer bronchique. Ils ont pu démontrer ainsi que
la fréquence des atypies cellulaires de la muqueuse, et que le nombre de carcinomes « in
situ » (c.-à-d. de lésions localisées minimes, ayant certains caractères de malignité mais sans
envahissement du stroma) allaient en croissant suivant l‟importance de la consommation du
tabac pendant la vie, et diminuaient chez les sujets ayant cessée de fumer dans les années
précédant leur décès. Un travail de Little et coll (1965) a décelé du polonium 210 dans la
fumée de cigarettes ainsi que dans l‟épithélium respiratoire des fumeurs, à des concentrations
minimes, mais plus élevées que chez les non-fumeurs. Cet isotope pourrait être un des agents
responsables de l‟augmentation de fréquence du cancer bronchique. Il y a lieu de noter que
l‟augmentation de fréquence porte sur certains types anatomiques (formes épidermoïdes,
indifférenciées, à petites ou grandes cellules) mais ne paraît pas affecter les adénocarcinomes,
les cancers alvéolaires ni les tumeurs bénignes.
La pollution atmosphérique :
Elle intervient dans la différence de fréquence observée entre les citadins, (relativement plus
atteints) et campagnards (relativement épargnés). Les agents cancérigènes proviennent entre
autres des fumées dégagées par les foyers domestiques, surtout lorsque leur réglage est
défectueux, des gaz d‟échappement des véhicules à moteur, surtout les moteurs Diesel mal
réglés, etc.
Facteurs professionnels :
La fréquence particulièrement élevée du cancer bronchique chez les mineurs travaillant dans
les gisements du Schneeberg, riches en radium, est connue depuis longtemps. D‟autres
agents utilisés dans l‟industrie peuvent également jouer un rôle dans l‟étiologie du cancer
bronchique (pigments de chromates de zinc et de plomb, asbeste, uranium et substances
radioactives). Les effets cancérigènes de ces diverses substances se manifestent également
après un temps de latence très long qui est de l‟ordre de 20 à30 ans. Il est possible que la
présence de plusieurs facteurs soit indispensable à l‟apparition d‟un cancer, comme par
exemple l‟association de l‟action cancérigène de la fumée (prédominante) et d‟une
susceptibilité génétique (très secondaire).
Anatomie pathologique.
On parle souvent, et à tort, de cancer du poumon, car les tumeurs primitives de l‟arbre
respiratoire se développent pratiquement toujours à partir de l‟épithélium bronchique. On
distingue, par convention :
- Les tumeurs centrales. Elles sont visibles à l‟endoscopie, et se développent au niveau de
la trachée (et surtout de sa postérieure), des bronches principales, des bronches lobaires et
de la partie proximale des bronches segmentaires.
- Les tumeurs périphériques. Elles ne sont pas accessibles à l‟endoscopie, et sont
indépendantes du hile. Elles se développent à partir de la partie périphérique des
bronches segmentaires ou à partir de rameaux bronchiques plus périphériques, voire
même de bronchioles dans le néoplasme dit « alvéolaire ».
Par ordre de fréquence, on rencontrera :
- Les tumeurs centrales provenant des bronches lobaires, des troncs principaux, des
bronches segmentaires : elles représentent environ les trois quarts des cas.
- Les tumeurs périphériques d‟origine bronchique.
- Les tumeurs trachéales.
- Les tumeurs « bronchiolo-alvéolaires ».
Ces deux dernières variétés sont particulièrement rares.
La tumeur peut s‟étendre et donner des métastases à distance par diverses voies :
- Extension par proximité.
- Extension par voie canaliculaire : c.-à-d. par la lumière bronchique. En général, la tumeur
progresse vers le hile. On a parfois incriminé des métastases « bronchogènes » par
libération de cellules cancéreuses.
- Extension par voie lymphatique : la tumeur progresse dans les lymphatiques des parois
bronchiques, et envahit les relais ganglionnaires successifs, vers le hile, les régions
intertrachéo-bronchiques et latérotrachéales, pour rejoindre finalement les troncs
bronchomédiastinaux qui se jettent, à hauteur du médiastin supérieur, dans le canal
thoracique, la grande veine jugulaires ou sous-clavières. Dans certains cas, la migration
lymphatique emprunte les voies descendantes, au travers des orifices diaphragmatiques,
vers l‟abdomen.
- Voie sanguine : Les veines pulmonaires sont habituellement envahies de façon précoce,
et les cellules cancéreuses peuvent ainsi rejoindre la grande circulation, et se fixer,
surtout au niveau du foie, des os, du cerveau et des surrénales (métastases hématogènes).
Examen microscopique :
Le néoplasme bronchique se développe en général à partir de la couche basale de l‟épithélium
bronchique. On en distingue 4 types histologiques principaux :
- Le cancer épidermoïde. C‟est le plus fréquent, surtout chez les fumeurs de sexe masculin.
Sa topographie est souvent centrale, sa tendance à la nécrose marquée et sa malignité
relativement faible.
- Les adénocarcinomes représentent 15 à 20 % des cas, ils sont souvent périphériques. Leur
mode de dissémination est souvent hématogène.
- Les cancers anaplasiques ou indifférenciés à petites cellules, à grandes cellules, ou à
cellules en grains d‟avoine affectent surtout les sujets jeunes, représentent 20 à 30% des
cas et sont particulièrement malins.
- Les cancers bronchiolaires encore appelés alvéolaires sont apparentés à l‟adénomatose
pulmonaire déclanchée chez les moutons et d‟autres animaux domestiques par une
infection virale.
On peut rencontrer dans une même tumeur, selon l‟endroit du prélèvement, des aspects
histologiques différents.
Symptomatologie.
Symptômes subjectifs :
Aux stades initiaux, le patient se plaint d‟une toux irritative, rebelle, aboyante, qui ne ramène
en général que quelques filets de sang. Il remarque parfois un sifflement respiratoire localisé à
la région rétrosternale.
Aux stades plus avancés, la dyspnée, surtout inspiratoire se développe progressivement, et va
jusqu‟à l‟asphyxie, en raison de la localisation
Symptômes objectifs cliniques :
Ils sont absents en début d‟évolution, on peut remarquer un wheezing rétrosternal, surtout à
l‟expiration, ainsi que d‟éventuelles métastases,
Symptômes radiographiques :
Le cliché standard de face est normal, les tomographies de l‟arbre bronchique peuvent mettre
la tumeur en évidence. La bronchographie, examen obsolète, n‟est pas indiquée à cause du
risque d‟asphyxie.
La bronchoscopie :
C‟est elle qui permet généralement le diagnostic en montant la saillie d‟un bourgeon tumoral
dans la lumière trachéale.
Symptômes subjectifs :
A la phase initiale, ils ne se distinguent de ceux de la bronchite que par des nuances. La toux
est très habituelle, elle change parfois de caractère. L‟expectoration devient souvent
hémoptoïque, voire franchement sanglante, surtout dans les formes épileptoïdes. Les
hémoptysies des néoplasmes bronchiques sont rarement abondantes, mais se caractérisent
plutôt par leur caractère persistant. La dyspnée appartient aux stades avancés de la maladie,
avec obstruction bronchique et / ou envahissement vasculaire.
Les sifflements respiratoires localisés sont rarement reconnus par les patients.
Les douleurs thoraciques, manifestations tardives, ont un mauvais pronostic. Elles
correspondent souvent à des réactions pleurales ou n envahissement pariétal.
Symptômes généraux :
L‟état général se détériore progressivement, mais souvent à un stade avancé, l‟asthénie et le
dégoût pour le tabac sont d‟apparition plus précoce.
Symptômes objectifs :
Banaux au début (crépitations de bronchite), ils sont ultérieurement plus caractéristiques, et
s‟observent en amont de l‟obstruction bronchique. Submatité, réduction du bruit respiratoire
normal (« murmure vésiculaire ») avec ou sans crépitations (« râles »). Dans certains
néoplasmes des gros troncs, l‟auscultation (surtout en avant) pendant l‟expiration forcée
perme d‟entendre des crépitations intenses localisées à la hauteur de l‟obstruction bronchique.
Symptômes radiologiques
Ce sont eux qui orientent généralement le diagnostic, car ils précèdent souvent de longtemps
les signes cliniques caractéristiques.
On pourra observer selon les cas :
1. La tumeur elle-même. L‟opacité tumorale est adjacente au hile, sur les clichés de face et de
profil. Elle est dense, bien délimitée, et de forme plus ou moins irrégulière. Les coupes
planigraphiques passant entre 8 et 12 cm confirment la présence d‟une obstruction bronchique
plus ou moins serrée, et sa localisation.
2. Les adénopathies satellites hilaires ou latérotrachéales (généralement homolatérales). Il est
souvent difficile de les distinguer de la masse tumorale. La tomographie bronchique permet
de noter l‟élargissement de la carina consécutif à l‟envahissement des ganglions intertrachéo-
bronchiques.
3. Les signes parenchymateux d‟obstruction bronchique. Il s‟agit généralement d‟une image
d‟atélectasie, et beaucoup moins souvent de mouchetures de topographie systématique ou
d‟emphysème obstructif (labile).
4. Un épanchement pleural homolatéral. Celui-ci peut ère un transsudat consécutif à
l‟atélectasie ou à un obstacle au retour lymphatique, ou un exsudat du à l‟envahissement
carcinomateux de la plèvre,
5. L‟absence de toute anomalie du cliché standard. Cette éventualité exceptionnelle (moins de
5% des cas) répond aux stades initiaux des tumeurs des troncs principaux. L‟expiration forcée
permet toutefois de mettre en évidence une trappe de l‟air du côté de la tumeur avec
balancement médiastinal expiratoire vers le coté sain.
Examen bronchologique.
Il consiste l‟étape principale du diagnostic.
La bronchoscopie permet de localiser exactement la tumeur, et son extension, et d‟étudier son
aspect (le plus souvent bourgeonnant, mais parfois sténosant ou ulcérant). Elle permet les
prélèvements nécessaires au diagnostic histopathologique : biopsie de la tumeur ou d‟un
éperon voisin, aspiration dirigée sur la tumeur, ponction-biopsie de la carina ou de masses
latérotrachéales. Cet examen anatomique permet d‟affirmer le diagnostic de cancer, de
préciser son type histologique, et la présence de métastases.
La bronchographie (examen obsolète) est d‟un intérêt plus limité dans le cas des tumeurs
bronchiques centrales, qui se traduisent par un stop localisé.
La médiastinoscopie. Elle peut préciser dans certains cas l‟envahissement du médiastin
supérieur (qui n‟est pas toujours apparent sur les clichés radiographiques) et exclure par le
fais même tout espoir de chirurgie curatrice.
La spirométrie décèle quasi constamment des anomalies. Elles sont variables en fonction de
l‟étendue et de la localisation de la tumeur, et en fonction de la présence associée d‟une
bronchite chronique. C‟est ainsi qu‟un syndrome restrictif pur, qu‟on attendrait dans le cancer
bronchique central isolé, ne se rencontre que dans 12 % des cas, alors qu‟un syndrome
obstructif est présent dans 58 % des cas.
Examens biologiques.
Symptômes radiologiques.
Examen bronchoscopique.
L‟endoscopie est habituellement normale, mais permet parfois le diagnostic positif grâce à
l‟aspiration dirigée et au lavage bronchique du territoire malade.
Examens biologiques.
La vitesse de sédimentation est souvent normale.
Le syndrome de Pancoast.
Le cancer bronchiolo-alvéolaire.
Cette tumeur rare se signale par une dyspnée progressive, et occasionnellement, par une
bronchorrhée muqueuse très abondante, pouvant atteindre plusieurs litres. Les clichés
thoraciques permettent de distinguer une forme unicentrique (qui ressemble au néoplasme
bronchique périphérique classique) et une forme multicentrique (ressemblant aux métastases
pulmonaires). Le diagnostic positif repose sur l‟examen cytologique de l‟expectoration ou du
produit d‟aspiration bronchique.
Complications extrathoraciques :
Les métastases.
- Les métastases ganglionnaires. Elles frappent le plus souvent les groupes sus-claviculaires
et accessoirement les groupes axillaires, d‟où l‟intérêt d‟une palpation systématique de
ces régions.
- Les métastases cérébrales. Elles sont fréquentes (50% des cas à l‟autopsie) et parfois
asymptomatiques, d‟où l‟intérêt d‟un électro-encéphalogramme, voire même d‟une
gammagraphie cérébrale avant toute intervention chirurgicale.
- Les métastases osseuses. Le plus souvent douloureuses, elles peuvent entraîner des
syndromes « leucémoïdes » en cas d‟envahissement médullaire. Elles siègent surtout
dans les côtés ou les vertèbres.
- Les métastases hépatiques. Elles sont fréquentes et entraînent parfois une élévation du
taux des phosphatases alcalines sériques.
- Les métastases surrénaliennes.
Ce syndrome est lié dans 90% des cas à une tumeur thoracique, et dans 75%
des cas à un cancer thoracique primitif. Il se rencontre dans 3 à 5% des cancers
bronchiques. Il régresse quasi entièrement après exérèse de la tumeur, et
partiellement après atropinisation ou vagotomie.
o Les manifestations articulaires rhumatismales : Il semble s‟agir de formes
incomplètes de syndromes de Pierre-Marie. Elles semblent à la fois plus
fréquentes que celui-ci (5 à 10% des cas de cancer) et moins suggestives d‟une
étiologie tumorale (40% seulement de ces manifestations sont d‟origine
maligne).
o L‟hippocratisme digital. Il comporte une incurvation unguéale longitudinale,
transversale ou mixte, et une hypertrophie ferme et élastique de la pulpe de la
dernière phalange. C‟est la dysacromélie la plus fréquente dans le cancer
bronchique (15%), mais aussi la moins suggestive d‟une origine tumorale,
puisque les épithéliomas bronchiques ne sont responsables que de 10 à 15%
des hippocratismes digitaux.
- Les syndromes paranéoplasiques neurologiques. Ils se rencontrent surtout dans les
carcinomes anaplasiques, et précèdent souvent d‟assez loin la découverte de la tumeur
causale. La « neuropathie sensitive » de Denny-Brown en est la forme la plus
caractéristiques, et quasi spécifique (engourdissement, paresthésies et douleurs
fulgurantes des quatre extrémités et de la face, avec force musculaire normale. On a
décrit en outre des polynévrites sensitivomotrices, et des syndromes médullaires,
cérébelleux, voire encéphaliques.
- Les syndromes paranéoplasiques musculaires et cutanés. On découvre assez souvent
l‟association d‟un cancer profond avec une dermatomyosite. Des cas de polymyosite
et des syndromes pseudo-myasthéniques ont été décrits chez des porteurs de
carcinomes bronchiques, surtout anaplasiques. L‟acanthosis nigricans est lui aussi
associé à des tumeurs d‟origine diverse.
En ce qui concerne les tumeurs centrales, la symptomatologie clinique peut éveiller les
soupçons : toute pneumopathie traînante ou récidivant sur place chez un sujet de plus de 45
ans, de sexe masculin, grand fumeur, exige un examen radiologique et souvent une
exploration endoscopique. Le diagnostic différentiel radiologique des tumeurs centrales se
pose avec les tumeurs du médiastin moyen et les gangliopathies. Les atélectasies doivent être
différenciées des pneumonies, voire des pleurésies lorsqu‟elles affectent la totalité d‟un
poumon. Les phénomènes de rétraction orienteront le diagnostic vers l‟obstruction
bronchique. Les pneumonies chroniques ou à résolution retardée se distinguent des cancers
par la liberté de la bronche axiale, qui est parfois dilatée, et dont les collatérales seules sont
obstruées, alors que la bronche axiale est obstruée dans les néoplasmes (Galy). Le diagnostic
histopathologique positif du cancer sera obtenu, par ordre de fréquence décroissante, grâce
aux modalités de prélèvement suivantes :
- Prélèvements bronchiques.
o Bronchoscopie avec biopsie, aspiration bronchique, et ponction transtrachéale
et transbronchique.
o Examen cytologique de l‟expectoration.
- Prélèvements ganglionnaires. Le plus souvent, biopsie d‟une métastase ganglionnaire
cervicale ou axillaire palpable ; accessoirement, prélèvement selon Daniels
d‟adénopathies microscopiques dans la région préscalénique ; parfois, biopsie de
ganglions métastatiques médiastinaux au cours d‟une médiastinoscopie.
- Prélèvements pleuraux. Examen cytologique du liquide pleural ou examen
histopathologique du produit de ponction biopsie de la plèvre pariétale à l‟aiguille
d‟Abrams ou de Cope.
- Prélèvements peropératoires. Dans un petit nombre de cas, le diagnostic
histopathologique n‟est pas obtenu avant l‟intervention chirurgicale : on pourra
recourir alors au prélèvement peropératoire, avec congélation du fragment tumoral ou
ganglionnaire suspect, et coupes extemporanées.
Dans le cas des tumeurs périphériques cliniquement latentes, le diagnostic est évoqué à la
suite d‟un examen radiographique (systématique ou justifié par des raisons indépendantes du
processus tumoral). Le diagnostic différentiel radiologique est celui des foyers ronds isolés,
qui peuvent répondre à des étiologies multiples, entre autres :
- le cancer bronchique périphérique (surtout après 45 ans),
- la métastase unique,
- les foyers ronds tuberculeux,
- les tumeurs bénignes, kystes pleins, pneumopathies infectieuses subaiguës ou
chroniques de forme ronde.
Le diagnostic positif est souvent difficile à obtenir avant l‟intervention chirurgicale. On
tentera d‟y arriver par l‟examen histopathologique des produits d‟aspiration et de lavage
bronchique sous bronchoscopie. La thoracotomie exploratrice avec biopsie extemporanée se
justifie dans les nombreux cas d‟opacités périphériques de diagnostic imprécis, surtout après
45 ans, lorsqu‟un examen approfondi permet de présumer de l‟opérabilité. L‟expectative,
visant à apprécier l‟extension éventuelle du foyer rond, n‟est pas défendable dans ce cas, à
cause du risque de métastases. En cas d‟inopérabilité, on peut recourir à la ponction-biopsie
transthoracique, lorsque la masse est superficielle et facilement accessible. Certains auteurs
ont même tendance à élargir davantage les indications de cette méthode d‟exploration, qui
Pronostic
Le cancer bronchique est un des épithéliomas les plus malins. En l‟absence de traitement
chirurgical, la survie moyenne est estimée à environ 14 mois après l‟apparition des
symptômes majeurs, et à environ 9 mois après le diagnostic. Le décès survient dans 50% des
cas au cours de la 1ére année, et dans 15% des cas entre la 3 e et 7e année. Classiquement, le
pronostic des néoplasmes indifférenciés est le plus mauvais, tandis que les formes
épidermoïdes ont la survie la plus longue, les adénocarcinomes occupant une position
intermédiaire. Les cancers «alvéolaires » pluricentriques vont de pair avec une survie très
limitée, les formes unicentriques réséquées ont d‟intéressantes perspectives de survie.
L‟existence d‟adénopathies métastatiques hilaires et surtout médiastinales est de mauvais
augure
Thérapeutique
Traitement prophylaxie :
Traitement chirurgical :
Indications
Les résultats particulièrement décevants des traitements non chirurgicaux du cancer
bronchique justifient le recours à l‟exérèse dans tous les cas où n‟existe aucune contre-
indication. On peut être amené à renoncer à l‟intervention parce que l‟état fonctionnel du
patient rend le risque opératoire prohibitif (contre-indications fonctionnelles). On devra tenir
compte, à ce propos, de l‟âge du patient, de son état général et de son état cardiaque. Il y a
lieu d‟établir en outre un bilan fonctionnel respiratoire préopératoire, par spirométrie globale
et éventuellement par bronchospirométrie, et d‟apprécier l‟importance de l‟amputation
fonctionnelle de la tumeur (prévisions fonctionnelles). L‟état fonctionnel pulmonaire étant
souvent globalement compromis par des affections concomitantes comme la bronchite,
l‟exploration fonctionnelle respiratoire fera fréquemment renoncer à toute exérèse ou
n‟autorisera qu‟une résection limitée.
D‟autre part, on peut être amené à abandonner la solution chirurgicale pour des raisons
carcinologiques, qui rendent une résection radicale irréalisable ou compromettent trop
largement ses résultats à longue échéance.
C „est ainsi que les formes anaplasiques, à potentiel évolutif très élevé, ressortissent au
traitement médical, quelle que soit leur localisation. L‟extension de la tumeur en dehors de la
cage thoracique, l‟envahissement pariétal et la pleurésie carcinomateuse ne permettent pas de
résections à visées curatrices. La compression de la veine cave supérieure, l‟extension aux
gros vaisseaux hilaires, la compression du nerf récurrent, et même la compression du nerf
phrénique dans le médiastin supérieur permettent de prévoir que la résection sera
techniquement impossible. L'envahissement des ganglions intertrachéo-bronchiques et latéro-
trachéaux rend illusoires les résultats lointains de l‟exérèse.
Choix de l‟intervention :
Il doit tenir compte de deux impératifs, à tendance contradictoire : la nécessité d‟une exérèse
large de la tumeur et des adénopathies métastatiques, et celle d‟une résection aussi
économique que possible sur le plan fonctionnel Une exploration préopératoire soigneuse
sont indispensables au choix judicieux du type d‟intervention. La découverte peropératoire
d‟un envahissement scissural ou encore de métastases ganglionnaires radiologiquement
inapparentes peut imposer une résection plus large que celle initialement prévue. On devra
en tenir compte pour les prévisions fonctionnelles.
Dans les cancers bronchiques périphériques, les cancers alvéolaires unicentriques, et les
cancers centraux des bronches segmentaires, on pourra se limiter à une lobectomie.
Les cancers des bronches lobaires pourront exiger une lobectomie élargie avec
bronchoplastie, une bilobectomie voire une pneumonectomie. Les cancers des bronches
principales exigent la pneumonectomie.
En présence d‟une tumeur trachéale, on pratiquera, quand c‟est possible, une résection
trachéale circulaire suivie d‟une anastomose bout à bout.
On évitera, en principe, les résections incomplètes, du type palliatif : celles-ci peuvent
toutefois se justifier, avant l‟intervention en raison d‟hémoptysies sévères ou d‟abcédation ou
pendant l‟intervention, quand un envahissement imprévu apparaît alors que l‟exérèse est déjà
en cours.
On pourra recourir à la section rétrohilaire du nerf vague, qui peut réduire les douleurs et la
toux.
Traitements antimitotiques.
envisagé dans les cancers relativement localisés, soit en association avec la chirurgie (cures
postopératoires ou péri-opératoires) soit isolément, dans les cas inopérables.
Dans les cures «à visées palliatives », on administre des doses moins importantes, soit par
voie externe (1.500 à 3.000 Rad), par exemple en raison de manifestations douloureuses, soit
encore par voie interstitielle (grains d‟or injectées de la masse tumorale pendant une
thoracotomie exploratrice, en cas de résection palliative ou encore dans les pleurésies
carcinomateuses)
Résultats
A l‟actif de ces traitements physiques, on peut citer des fontes tumorales entraînant des
désobstructions bronchiques ou vasculaires particulièrement spectaculaires dans les atteintes
des gros troncs bronchiques et les compressions de la veine cave supérieure. Des
améliorations subjectives intéressantes sont à signaler en cas de douleurs par envahissement
cancéreux ou de toux et d‟hémoptysies par tumeurs centrales.
Si la survie des patients est rendue moins inconfortable, on ne peut jusqu‟ici affirmer qu‟elle
soit, en moyenne, significativement allongée : les rechutes sont fréquentes, surtout dans les
formes indifférenciées, les plus radiosensibles. La survie à 5 ans est inférieure à 5 % des cas.
Les manifestations secondaires (leucopénie, anémie, mal des rayons) sont moins habituelles
depuis l‟utilisation du cobalt 60.
La fibrose pulmonaire interstitielle est une complication tardive (3 à 6 mois après le
traitement) et heureusement inconstante de la radiothérapie (20 à 40 % des cas)
Contre-indications :
Les traitements physiques externes à visées curatrices sont contre-indiqués dans les cas
suivants :
- Tumeurs volumineuses et/ou nécrotiques, par exemple les gros cancers périphériques,
en raison du risque de nécrose ;
- Les épanchements pleuraux abondants ;
- Les localisations multiples du cancer ;
- Les états cachectiques, anémiques graves ou les insuffisances cardiaques ;
- En période préopératoire, quand on prévoit une lobectomie.
Elles peuvent s‟administrer par voie locale : l‟injection de 10 à 20 mg d‟ypérite azotée dans la
plèvre près évacuation épanchement carcinomateux entraîne fréquemment une symphyse
pleurale avec assèchement : c‟est là une des plus belles indications de la chimiothérapie
anticancéreuse dans l‟aire thoracique.
Par voie générale, les antimitotiques ont une efficacité beaucoup moins évidente. L‟ypérite
azotée permet parfois d‟améliorer les syndromes d‟hypertension intracrânienne métastatique
et de compression de la veine cave supérieure (0,4 mg par kg en quatre perfusions
quotidiennes). La cyclophosphamide (Endoxan) administrée pendant une quinzaine de jours
par voie intraveineuse (100 mg/ j) puis par voie orale (50 mg par jour), n‟entraîne que des
améliorations symptomatiques inconstantes.
On peut administrer également l‟Endoxan à raison de 1200 à1500 mg en une perfusion unique
tous les 15 jours.
D‟autres auteurs recourent à une poly chimiothérapie comportant l‟emploi simultané de 3 à 6
médicaments à points d‟action différents. (Par exemple : méthotrexate 5 à 10 mg par jour per
os, vincaleucoblastine 5 mg une fois par semaine, ypérite azotée 2 à 4 mg trois fois par
semaine, E 39 10mg 3 fois par semaine, ces 3 dernières drogues étant administrées en
perfusion)
Le recul manque pour apprécier l‟intérêt de ces traitements très agressifs.
L‟action diffuse que comporte le monde d‟administration des antibiotiques permet de les
utiliser dans les formes déjà dispersées de la maladie cancéreuse. Des contrôles
hématologiques réguliers s‟imposent en raison de la dé pression médullaire déterminée par les
cytostatiques. L‟Endoxan est généralement bien toléré.
Traitements symptomatiques.
Si la chirurgie, les traitements physiques et la chimiothérapie ne doivent être entrepris que
dans des cas bien sélectionnés, une thérapeutique symptomatique sera par contre utile à la
majorité des patients.
Elle comportera :
- Les antitussifs, vu la fréquence des quintes non productives surtout en fin d‟évolution,
(d‟abord non stupéfiants) ;
- Les analgésiques (d‟abord les salycilés, puis les narcotiques) ;
- Les antibiotiques, vu la fréquence des infections retrosténotiques ;
- Les anabolisants en raison de l‟altération de l‟état général liée aux stades avancés de la
maladie ;
- Les anticoagulants en présence d‟une compression de la veine cave supérieure.
Fréquence :
Points d‟origine :
Les points de départ les plus fréquents des tumeurs métastatiques broncho-pulmonaires sont
les suivants :
- Cancers génitaux : (cancer du sein, de l‟ovaire, du testicule) ;
- Cancers des voies urinaires : (hypernéphromes) ;
- Ostéosarcomes ;
- Cancers thyroïdiens ;
- Cancers digestifs: (linite plastique; cancers du colon et du rectum)
Mode de propagation :
Symptomatologie clinique.
Dans un cinquième des cas, les métastases sont asymptomatiques, et l‟affection est découverte
à l‟occasion d‟un examen radiologique systématique.
Dans les formes avancées (et particulièrement dans les lymphangites carcinomateuses), on
note une dyspnée avec cyanose sévère, résistant à l‟oxygénothérapie, et l‟absence de tout
signe clinique d‟obstruction bronchique diffuse.
Examens radiologiques.
La symptomatologie radiologique est d‟une grande diversité. Le cliché simple peut être
totalement normal, malgré la présence de métastases microscopiques.
Bronchoscopie
Elle est particulièment utile dans les lymphangites carcinomateuses où elle révèle une
« pétrification de l‟arbre bronchique », due à l‟envahissement de la péri bronche et où elle
permet la biopsie profonde de la muqueuse, qui assure fréquemment un diagnostic
histopathologique de certitude. L‟aspect polypoïde de certaines métastases endobronchiques
ressemble à celui des tumeurs primitives.
Diagnostic différentiel.
Il est souvent facilité par l‟anamnèse ou l‟examen général, qui découvrent la tumeur primitive
ou le commémoratif de son exérèse (qui peut remonter à plusieurs années, principalement
dans les cancers du sein. Dans une majorité de cas toutes fois, la (ou les) métastase(s) est la
manifestation inaugurale de la maladie et la tumeur primitive, parfois de faible volume, peut
être très difficile à mettre en évidence. Elle reste méconnue du vivant du malade dans près de
la moitié des cas.
Diagnostic positif
Pronostic
La maladie est mortelle dans l‟année dans les trois quarts des cas.
Thérapeutique.
Le recours aux isotopes radioactifs se justifie en cas de métastases fonctionnelles d‟origine
thyroïdienne (I131) ou de métastases de sarcome (P32).
L‟administration de cytostatiques (Endoxan, etc.) peut avoir temporairement un effet
favorable.
L‟hormonothérapie a entraîné quelques beaux succès dans les tumeurs d‟origine prostatique
(Distilbène à doses décroissantes, de 100 mg par jour pendant des années), et dans les tumeurs
du sein, où l‟on administre, suivant les cas, des oestrogènes ou des androgènes.
La résection chirurgicale limitée peut se justifier quand un foyer rond isolé survient
longtemps après résection de la tumeur primitive, d‟autant plus que sa nature métastatique
reste toujours conjecturale. Le pourcentage de sujets survivants cinq ans après l‟exérèse
pulmonaire est toutefois minime.
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Chap. 15
L‟inhalation de corps étrangers survient surtout dans l‟enfance (78% des cas) mais peut se
voir également dans les suites opératoires (régurgitations d‟origine gastrique) et chez les
vieillards (chicots dentaires, etc.). Il y a lieu de distinguer :
- les corps étranger solides, relativement bien tolérés (épingle, perles, médailles, dent,
capuchons de pointe de bic, etc.),
- les corps étrangers organique, susceptibles de gonfler par imbibition et de déterminer une
bronchite chimique (grains de café, contenu gastrique, épi de blé, etc.).
Symptômes : La symptomatologie évolue généralement en 3 phases :
- Un drame laryngotrachéal initial, souvent sévère, caractérisé par de la suffocation au cour
d‟une violente quinte de toux,
- La période de latence clinique relative où seuls persistent un « wheezing » localisé et des
signes radiologiques (corps étrangers opaques ou signes d‟obstruction bronchique, le plus
souvent du coté droit),
- La période des complications pulmonaires :
a. obstructives : c‟est l‟atélectasie, et exceptionnellement l‟emphysème obstructif.
b. infectieuses : la pneumonie et les bronchiectasies retro-sténotique,
Diagnostic.
Traitement.
Pendant l‟épisode aigu initial, on s‟efforcera d‟extraire par voie buccale le corps étrangers
enclavé dans le larynx, et en cas de nécessité, on pourra même recourir à la trachéotomie. Le
corps étranger endobronchique doit être extrait d‟urgence, sous bronchoscopie, par aspiration
Il s‟agit le plus souvent de fragments métalliques (sable, schrapnells) pénétrés par voie
transthoracique. Ils sont généralement bien tolérés. Si l'extraction s‟impose (proximité des
organes vitaux, suppuration, hémoptysie), la thoracotomie sera précédée d‟une localisation
précise par clichés de face, de profil et par CT scan ou IRM.
Ils sont le plus souvent iatrogènes (compresse, fragment des drain) et sont mal tolérés
(empyème). Une extraction suivie de drainage s‟impose sans délais.
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Chap. 16
La nature congénitale des hypoplasies reste sujette à caution, car elles pourraient être dues à
des séquelles d‟affection fœtales ou néonatale (atélectasies par bouchons muqueux, etc.).
- Les variations des scissures normales. Elles sont très fréquentes, surtout à droite où
elles affectent surtout la petite scissure, plus ou moins complète.
- Les scissures supplémentaires vraies. Elles sont fréquentes : petite scissure gauche,
scissure infracardiaque (isolant le segment médiobasal), scissure de Dévé, isolant le
segment apical d'avec les segments basaux du lobe inférieur.
Définition.
Le kyste aérien du poumon est une cavité anormale recouverte d'un épithélium bronchique, à
l'opposé de la bulle emphysémateuse et du pneumatocèle, dépourvu de parois propres.
Etiologie.
Il peut être congénital (et dans ce cas, souvent associé à d'autres malformations congénitales,
comme la maladies polykystique) ou résulter de la reépithélialisation de cavités détergées
(tuberculose, abcès), ou encore du développement de bronchectasies kystiques.
La paroi du kyste aérien du poumon a la même structure que celle du kyste bronchogénique
du médiastin.
Symptomatologie.
Ces lésions habituellement asymptomatique et ne sont révélées que par l'examen radiologique
qui montre une ou plusieurs clartés arrondies, cerclées d'un fin liseré régulier. Le
bronchogramme décèle souvent une communication avec l'arbre bronchique.
Complications.
Diagnostic différentiel.
Les kystes (congénitaux ou acquis) doivent être distingués des bulles d'emphysème et des
pneumatocèles.
Les bulles emphysémateuses sont souvent multiples. Elles ont des parois fines, mais moins
régulièrement arrondies. Elles changent parfois de volume. Elles se développent à proximité
des lésions causales rétractiles (tuberculeuses ou silicotiques) ou au sein d'un emphysème
généralisé. Elles n‟ont aucune communication avec l‟arbre bronchique.
Thérapeutique.
2. Les hamartochondromes.
Ce sont des affections rares, caractérisées par des communications artério-veineuses parfois
unique, souvent multiples et fréquemment associées à d'autres localisations de l'angiomatose
familiale ou maladie d'Osler-Rendu.
Le traitement consiste en une résection économique dans les formes localisées. On voit hélas
assez fréquemment apparaître d'autres dilatations artério-veineuses, que ce soit après résection
ou indépendamment de toute intervention chirurgicale.
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