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Module de Formation en Planification Familiale

Le document présente un module de formation en planification familiale révisé en juin 2018 par le Ministère de la Santé Publique du Niger, avec le soutien de divers partenaires. Il aborde l'évolution de la politique nationale de santé reproductive, les droits humains, l'anatomie, la physiologie, le bilan du client, le counseling, les méthodes contraceptives et la gestion logistique. L'objectif est d'améliorer la qualité des services de santé reproductive et de planification familiale au Niger, face à des indicateurs préoccupants de santé maternelle et infantile.

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Module de Formation en Planification Familiale

Le document présente un module de formation en planification familiale révisé en juin 2018 par le Ministère de la Santé Publique du Niger, avec le soutien de divers partenaires. Il aborde l'évolution de la politique nationale de santé reproductive, les droits humains, l'anatomie, la physiologie, le bilan du client, le counseling, les méthodes contraceptives et la gestion logistique. L'objectif est d'améliorer la qualité des services de santé reproductive et de planification familiale au Niger, face à des indicateurs préoccupants de santé maternelle et infantile.

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MINISTRE DE LA SANTE PUBLIQUE

DIRECTION GENERALE DE LA SANTE DE LA REPRODUCTION


DIRECTION DE LA PLANIFICATION FAMILIALE
CENTRE NATIONALE DE SANTE DE LA REPRODUCTION

MODULE DE FORMATION EN PF

Révisé en juin 2018

0
REMERCIEMENTS

Le Ministère de la Santé Publique remercie les partenaires au développement


particulièrement l’OMS pour son appui financier et technique ayant permis la
révision du présent module, UNFPA, Pathfinder International, MSI, PSI,
Animas Sutura, ANBEF pour leur concours technique.

Ces remerciements vont également à toutes les personnes ressources pour


les efforts fournis pendant les différentes phases de révision et de validation
dudit document.

Il est également reconnaissant à l’endroit de tous ceux qui ont bien voulu
participer àl'amélioration de la qualité de ce document.

1
Table des matières Page
Remerciements 1
Sigles et abréviations 5
Introduction 9
Chapitre 1: Evolution de la politique nationale de SR/PF au
Niger
1.1 Contexte 11
1.2 Concept de la SR 12
1.3 Volets et composantes de la SR au Niger 13
Chapitre 2: Droits humains en SR/PF au Niger
2-1 Définition 16
2-2 Spécificité des droits humains en SR 17
2-3 Principes fondamentaux des droits humains en SR 18
2-4 Composantes des droits humains 18
2-5 Approche Genre et SR 19
2-6 Fondements juridiques des droits humains en SR 21
2.6.1 instruments juridiques internationaux 21
2.6.2 instruments juridiques nationaux 24
2-7 Droits et devoirs des clients 24
Chapitre 3: Anatomie des organes génitaux
3.1 Organes génitaux féminins 26
3.2 Organes génitaux masculins 27
Chapitre 4: Physiologie du cycle menstruel
4.1 Définition du cycle menstruel 29
4.2 Rôle des organes impliqués dans le cycle menstruel 29
4.3 Différentes phases du cycle menstruel 29
4.4 Mécanisme de survenue des règles 32
Chapitre 5: Bilan du client en PF
5.1 Définition 34
5.2 Objectifs du bilan 34
5.3 Différentes étapes 35

2
5.4 Synthèse des résultats du bilan 38
5.5 Critères de Recevabilité Médicale de l’OMS 2016 pour l’emploi
des méthodes contraceptives 40
5.6 Listes de contrôle pour l’utilisation des méthodes contraceptives 45
Chapitre 6: Counseling
6.1 Généralités sur la communication 49
6.2 Counseling par segmentation 51
6.3 Counseling ordinaire 68
6.4 Planification et espacement idéal des grossesses pour la santé 89
Chapitre 7: Méthodes contraceptives
7.1 Généralités 100
7.2 Méthodes temporaires de courte durée d’action 101
7.2.1Méthodes naturelles 101
7.2.2 Méthodes hormonales 112
7.2.3 Méthodes de barrière et chimique 150
7.2.4 Contraception d’urgence 162
7.3 Méthodes temporaires de longue durée d’action 170
7.3.1 Implants contraceptifs 170
7.3.2 Dispositif intra-utérin 182
7.4 Méthodes permanentes ou contraception chirurgicale volontaire
7.4.1 Ligature des trompes 199
7.4.2 Vasectomie 203
7.5 Contraception du postpartum 206
7.6 Contraception chez les femmes vivant avec le VIH et femmes 209
avec VIH sous ARV
7.7 Contraception chez les Adolescents et les jeunes 213
Chapitre 8: Introduction à la Gestion logistique PF
8.1 Système d’information en gestion logistique (SIGL) 233
8.2 Evaluation de l’état de stock 238
8.3 Système de contrôle Maximum-Minimum 243

3
8.4 Utilisation des supports PF 255
8.5 Définition des concepts de PF 263
Bibliographie
Annexes : Supports PF
Fiche clinique PF
Cahier de fiche de séance PF
Registre des nouvelles acceptrices PF
Rapport de consommation et de demande
Fiche de gestion de stock
Rapport d’activités PF

4
Sigles et acronymes

AJ : Adolescents et Jeunes
ANBEF : Association Nigérienne pour le Bien-Etre Familial
ARV : Anti Rétroviraux
AVC : Accident Cardio Vasculaire
BERCER : Bienvenue, Entretien, Renseignements, Choix, Explication,
Rendez vous
BC : Bon de Commande
β HCG : Beta Hormone Chorionique Gonadotrophine
CAT : Conduite à Tenir
CCEJ : Centre de Conseil et d’Ecoute pour Jeunes
CDE : Convention Relative aux Droits de l’Enfant
CEDEF : Convention sur l’Elimination de toutes formes de
Discrimination à l’Egard des Femmes
CEDEAO : Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CCV : Contraception Chirurgicale Volontaire
CDIS : Conseil Dépistage à l’Intention du Soignant
CIP : Contraceptif Injectable Progestatif
CIPD : Conférence Internationale pour la Population et le
Développement
CMM : Consommation Moyenne Mensuelle
COC : Contraceptif Oral Combiné
COP : Contraceptif Oral Progestatif
CPN : Consultation Pré Natale
CRM : Critères de Recevabilité Médicale
CU : Contraception d’Urgence
CYP3A4 : Enzyme 3 A4 du Cytochrome P450

5
DBC : Distribution à Base Communautaire
DIU : Dispositif Intra Utérin
DHN : Désinfection à Haut Niveau
DMPA : Acétate de MédroxyProgestérone
DMU : Dispositif Minimum d’Urgence
DRSP : Direction Régionale de la Santé Publique
DS : District Sanitaire
EDS : Enquête Démographique et de Santé
EDSN : Enquête Démographique et de Santé du Niger
EP : Embolie Pulmonaire
EN-NET : Enantate de Noréthistérone
EPC : Enquête Prévalence Contraceptive
ETG:EtonoNorgestrel
EVA : Acétate de Vinyle-Ethylène
FSH : Hormone de Stimulation Folliculaire
GEU : Grossesse Extra Utérine
HTA : Hypertension Artérielle
IEC : Information Education Communication
IM : Intramusculaire
IMC : Indice de Masse Corporelle
IP : Inhibiteurs de la Protéase
IR : Indicateur de Résultats
IRM : Imagerie à Résonance Magnétique
IS : Indicateur de Suivi
FP :Family planning
IST : Infection Sexuellement Transmissible
ITG : Infection du Tractus Génital
LH : Hormone Lutéinisante

6
LNG :Lénovogestrel
LNME: Liste Nationale des Médicaments Essentiels
LT : Ligature des Trompes
MAMA: Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée
MAO : Méthode d’Auto Observation
MJF : Méthode des Jours Fixes
MIP : Maladie Inflammatoire Pelvienne
MSD : Mois de Stock Disponible
MSP : Ministère de la Santé Publique
MST : Maladies Sexuellement Transmissibles
NMSD: Nombre de Mois de Stock Disponible
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONPPC: Office National des Produits Pharmaceutiques et Chimiques
OOAS : Organisation Ouest Africaine pour la Santé
OUA : Organisation de l’Unité Africaine
PCIME : Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant
PCU : Pilule de la Contraception d’Urgence
PEIGS : Planification et Espacement Idéal des grossesses pour la
Santé
PIDESC : Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et
Culturels
PF : Planification Familiale
PP : Post Partum
PPP : Planification du Post Partum
PPS : Point de Prestation de Service
PPS : Pilule Progestative Seule
PSI : Progestatif Seul Injectable
PV : Procès-Verbal

7
PVVIH : Personne Vivant avec le VIH
RDV : Rendez-vous
RTS : Rapport Trimestriel de Stock
SAA : Soins Après Avortement
SAJ : Santé des Adolescents et Jeunes
SC : Sous Cutanée
SDU : Stock Disponible et Utilisable
SIDA : Syndrome d’Immunodéficience Acquise
SIGL : Système d’Information en Gestion Logistique
SMI/PF : Santé Maternelle et Infantile et Planification Familiale
SMNI : Santé Maternelle Néonatale et Infantile
SR : Santé de la Reproduction
TA : Tension Artérielle
TAR : Traitement Anti Rétroviraux
TCU : T Cuivre
TEV : Thrombose-embolie veineuse
TV : Télévision
TVP : Thrombose veineuse profonde
TVS :Thrombose Veineuse Superficielle
UPA : Acétate d’Ulipristal
USAID :United State Aid Development
VIH :Virus de l’ImmunodéficienceHumain

8
Introduction
L’Afrique sub-saharienne est la région la plus touchée au monde par les
fléaux de la mortalité maternelle, périnatale et infanto-juvénile. A titre
indicatif, le risque de décès maternel dans cette partie de l’Afrique est
estimé à 1/14 versus 1/2800 dans les pays développés, le risque de
décès des enfants de moins de 5 ans est de 1/8.

L’indice synthétique de fécondité y est aussi le plus élevé au monde, car


seul 1 couple sur 10 en moyenne utilise une méthode contraceptive
moderne.

Le Niger est concerné par cette situation, comme le montrent les


indicateurs suivants : un indice synthétique de fécondité de 7,6 enfants
par femme (EDSN 2012), une prévalence contraceptive moderne de
12,2% (EDSN 2012) et des besoins de contraception non satisfaits
estimés à 16 % des couples (EDSN 2012).

Aujourd’hui, il est démontré que cette faible prévalence contraceptive


augmente les risques liés à la maternité (grossesses trop nombreuses,
trop précoces, trop rapprochées ou survenant sur un terrain
pathologique) et expliquent en grande partie les taux élevés de morbidité
et de mortalité observés en Afrique.

La faible utilisation de la contraception est liée à plusieurs facteurs, en


particulier à l’insuffisance de personnels ayant les compétences requises
en technologie contraceptive.

C’est dans le souci d’améliorer la qualité des services offerts aux clientes
que ce document de référence a été révisé en vue d’apporter une

9
information concise et complète basée sur l’évidence médicale et les
bonnes pratiques actuelles en matière de technologie contraceptive.

Il est destiné aussi bien aux formateurs qu’aux prestataires cliniques


toutes catégories confondues. Au début de chaque chapitre, une liste
d’objectifs a été établie pour guider l’utilisateur du manuel à acquérir et
ou à transmettre les notions essentielles qui y sont développées.

10
Chapitre 1 : Evolution de la politique nationale de SR/PF au
Niger

Objectifs
1. Décrire les différentes étapes ayant marqué l’évolution de la politique
nationale en SR au Niger.
2. Enumérer les différentes composantes de la SR au Niger.
3. Citer les stratégies identifiées pour la mise en œuvre de la politique de SR
au Niger, y compris la PF.
4. Synthétiser les points saillants de la législation SR actuellement en vigueur
au Niger.

1.1 Contexte
La politique nationale en santé de la reproduction, une des composantes
principales de la politique nationale de santé, a pour but l’amélioration de la
qualité de vie et du bien-être des populations en matière de procréation en
vue d’un développement humain durable.

Les objectifs de cette politique sont :


- d’assurer à la population l’accès à des services SR de qualité ;
- d’améliorer la santé des populations en matière de sexualité et de procréation.

Cependant, malgré les actions entreprises par le gouvernement avec la


collaboration des partenaires au développement, la situation demeure encore
préoccupante. En effet, les indicateurs suivants reflètent bien cette
préoccupation :

- le niveau de surveillance de l’accouchement par un personnel qualifié est


encore très insuffisant ;

11
- les pratiques néfastes à la santé sont encore vivaces au sein de certaines
communautés (excision, mariage précoce) ;
- la prévalence contraceptive moderne demeure encore faible (12,2 %),
EDSN 2012 ;
- le dépistage volontaire du VIH est encore peu répandu dans la population
générale.

Cette situation peut être liée à :


- la mauvaise qualité des prestations offertes ;
- l’inadéquation entre l’offre de services SR et les besoins des populations
cibles en particulier les adolescents et les jeunes ;
- La non effectivité du conseil dépistage à l’initiative du soignant (CDIS);
- et à l’insuffisance des compétences en SR/PF des prestataires de service.

1.2 CONCEPT DE LA SR

Le concept de SR est défini par la Conférence Internationale pour la


Population et le Développement (CIPD, le Caire 1994) comme suit :
« On entend par Santé de la Reproduction, le bien-être général, tant
physique que mental et social de la personne humaine pour ce qui
concerne l’appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement et non pas
seulement l’absence des maladies ou d’infirmités».
Il a été réaffirmé que : « les droits en matière de reproduction reposent sur
la reconnaissance du droit fondamental de tous les couples, de tous les
individus de décider librement du nombre de leurs enfants, de
l’espacement des naissances et de disposer des informations et des
moyens pour y parvenir, et du droit de bénéficier des services les plus
perfectionnés dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive à l’abri

12
de toute discrimination, coercition ou violence, ainsi que le stipulent les
documents consacrés aux droits de l’homme.
Le Niger a adopté la définition suivante à l’issue du Symposium de Kollo
en 1994 : « La Santé de la Reproduction est l’ensemble des mesures et
actions visant à préserver et à améliorer la pérennisation de l’espèce
humaine dans un état de complet bien-être physique et socio-culturel et
non pas seulement l’absence de maladie ou de perturbation dans
l’accomplissement du processus de reproduction ».
Le concept de SR comprend un ensemble de mesures préventives,
curatives et promotionnelles visant à améliorer la prise en charge des
groupes vulnérables (hommes, femmes, enfants, adolescents et jeunes)
afin de réduire la morbidité et la mortalité et promouvoir le bien-être de
tous les individus.

1.3 Volets et composantes de la SR au Niger

1.3.1 Volets de la SR
La SR comporte les 4 volets suivants: santé de la femme, santé de
l’enfant, santé des jeunes et santé de l’homme.

1.3.2 Composantes par volet de la SR

[Link] Volet santé de la femme


Elle est représentée par les domaines suivants:
- consultations prénuptiales ;
- maternité à moindre risque (soins prénatals recentrés, soins périnatal et
post-natal, y compris les soins du nouveau-né) ;
- soins après avortement (SAA) ;
- traitement des affections gynécologiques et dysfonctionnements sexuels
chez les femmes ;

13
- prévention et prise en charge des fistules obstétricales.

[Link] Volet santé de l’enfant


Dont:
- la promotion de la santé de l'enfant et la prévention des maladies infantiles
par la surveillance de l'alimentation et la nutrition, la vaccination et le suivi
de la croissance de l'enfant ;
- la prise en charge intégrée de la maladie de l'enfant (PCIME).

[Link] Volet santé sexuelle et reproductive des adolescents et des


jeunes
Il comprend:
- la lutte contre les grossesses non désirées, les maternités précoces et les
avortements clandestins, la promotion de l'alphabétisation des jeunes ;
- l’éducation à la vie familiale (éducation sexuelle et sociale, économie
familiale, approche genre) et à la parenté responsable, la prise en charge
de la santé des jeunes y compris les comportements à risque (alcoolisme,
toxicomanie, délinquance, prostitution) ;
- la promotion d'un environnement physique politique, légal, social,
économique et culturel en faveur des jeunes et en prenant en compte
l'approche genre ;
- la santé scolaire et universitaire.

14
[Link] Volet santé des hommes
Il s’agit de la prévention et de la prise en charge des dysfonctionnements
et pathologies génitales chez l'homme.

[Link] Au Niger, neuf (9) composantes sont prises en compte à travers


les 4 volets cités plus haut :
- maîtrise de la fécondité ;
- planification familiale ;
- maternité à moindre risque ;
- prévention et traitement des IST/ VIH/SIDA ;
- prise en charge des enfants de 0 à 5 ans ;
- prise en charge des adolescents et jeunes;
- prévention et traitement des cancers génitaux ;
- lutte contre les affections et les pratiques traditionnelles néfastes à
la santé de la reproduction ;
- amélioration de l’environnement socio-économique.

15
Chapitre 2: Droits humains en SR au Niger

Objectifs:
1- Définir les droits humains en SR.
2- Expliquer les fondements juridiques des droits humains en SR.
3- Citer les droits et devoirs des clients et des prestataires en SR.
4- Expliquer les avantages de l’introduction des droits humains en SR.

2.1. Définitions
Le droit est l’ensemble des règles et normes générales et impersonnelles
qui régissent les rapports sociaux et génèrent des prérogatives et
protections pour la personne humaine. Ces règles sont susceptibles d’une
exécution contrainte institutionnalisée, notamment par l’intervention de la
puissance publique.

Les différents droits humains sont les suivants: les droits civils, les droits
politiques, les droits économiques, les droits culturels, les droits sociaux.
Le droit en matière de SR est l’ensemble des règles qui régissent la
délivrance de services de SR.
Ces droits font partie des droits humains qui sont déjà reconnus par les
lois nationales, les conventions internationales et d’autres documents
juridiques consensuels. Ces droits reposent sur la reconnaissance du droit
fondamental de tous les couples et de chaque individu de :

- décider librement et en connaissance de cause du nombre d’enfants


souhaités ;
- avoir les informations nécessaires et disposer des moyens appropriés pour
mettre en œuvre leurs décisions.

16
L’introduction des droits humains en SR est une donnée essentielle qui
offre un cadre éthique au personnel médical pour humaniser davantage les
services offerts aux clients.

La reconnaissance internationale et nationale accroît la responsabilité du


Gouvernement à assurer des soins de SR de qualité et à lutter contre les
violences faites aux femmes. Elle permet également d’appréhender
certains problèmes liés à la SR, telle que la mortalité maternelle, comme
une question de droit et de justice sociale, permettant ainsi d’accroître la
visibilité et de favoriser une mobilisation politique conséquente pour leur
résolution.

2.2 Spécificités des droits humains en SR (Loi SR 2006 et textes


d’application)

Les droits humains spécifiques à la SR sont les suivants :


- le droit à la vie : le gouvernement du Niger est tenu de développer l’offre
de services de qualité visant la réduction de la mortalité maternelle et
infantile ;
- le droit à la liberté de la personne humaine : le droit de décider et de
mener sa vie en matière de sexualité et de reproduction en tenant compte
des droits des autres ;
- le droit de l’individu de jouir du meilleur état de santé : l’accès à des soins
et services de santé de qualité, l’accès à l’information et à des conseils de
qualité susceptibles de permettre la prise de décisions en toute
connaissance de cause ;
- le droit à une vie privée et à une vie de famille ;

17
- le droit de bénéficier du progrès technique : l’accès aux techniques de
soins disponibles dans le domaine de la SR, y compris les méthodes
contraceptives de qualité, sûres et acceptables ;
- le droit à l’éducation, notamment des femmes : en favorisant l’éducation de
la jeune fille et de la femme, l’Etat contribue à l’amélioration du statut
social de la femme ;
- le droit à la non-discrimination fondée sur le sexe ou sur l’âge : la prise en
compte des besoins et aspirations des femmes et des hommes, des
adolescents et jeunes et des personnes âgées.

2.3. Principes fondamentaux des droits humains en SR


Les principes fondamentaux des droits humains en SR sont :
- l’universalité ;
- l’inaliénabilité ;
- l’indivisibilité : chaque individu jouit personnellement de ses droits sans les
partager avec quiconque ;
- l’interdépendance: tous les principes fondamentaux sont équivalents,
- l’égalité : sans distinction de sexe ;
- la non-discrimination : sans distinction de nationalité, de religion, de
race… ;
- la participation : les populations et les agents de santé concourent à
l’atteinte des objectifs SR ;
- la responsabilisation : chaque agent de santé doit se sentir responsable en
matière de prestation de santé vis-à-vis du client.

2.4 Composantes des droits humains en SR


Les composantes des droits humains en SR sont :
- droit à la santé sexuelle et reproductive tout au long de la vie pour les
hommes et les femmes ;

18
- droit à la prise de décision concernant sa santé reproductive y compris le
consentement libre et informé en matière de mariage, création d’une
famille, nombre et espacement des enfants ;
- droit à l’accès aux informations et aux moyens nécessaires pour l’exercice
de cette prise de décision ;
- droit à l’équité et à l’égalité entre homme et femme quelle que soit la
sphère de la prise de décision (couple, famille, communauté, etc) ;
- droit à la sécurité en matière de santé sexuelle et reproductive, notamment
le droit à ne pas subir de violence ou de coercition et le droit au respect de
la vie privée.

2.5. Approche Genre et SR


Le genre se réfère aux relations sociales entre les hommes et les femmes
et à la manière dont ces relations sont socialement construites. Les rôles
liés au genre varient d’un lieu à un autre et peuvent être changés.
Il faut reconnaître que toute société ou communauté est composée
d’hommes et de femmes, en conséquence il faut prendre conscience des
différences entre les besoins, les rôles, les responsabilités et les
problèmes des femmes et des hommes. Il faut en tenir compte dans les
programmes et la délivrance des services.

2.5.1 Définition
Le concept « Genre et SR » regroupe un ensemble de mesures visant à
promouvoir l’épanouissement de l’homme et de la femme en tenant
compte des paramètres suivants :
- prise de décisions responsables en matière de sexualité et de procréation ;
- accès aux informations et aux services de SR pour ceux ou celles qui le
désirent ;
- droit de disposer de son corps.

19
2.5.2 Objectifs
- rendre disponibles et accessibles les services de SR à tous les individus ;
- sensibiliser la communauté sur la nature des rapports homme/femme
et le respect mutuel entre les sexes ;
- sensibiliser la communauté sur les pratiques néfastes pour la santé
de la femme, y compris la petite fille, notamment les scarifications,
les tatouages, l’excision, les mariages précoces et ou forcés, le lévirat
et le sororat, les violences sexuelles et domestiques, l’ablation de la
luette, l’énucléation gingivale ;
- assurer la prise en charge et la notification des complications liées
à ces pratiques ;
- améliorer l’implication des hommes dans la santé des couples et
des enfants ;
- promouvoir le développement d’une sexualité responsable.

2.5.3 Types d’inégalités liées au genre


- pratiques néfastes à la santé (mutilations génitales et prostitution) ;
- violences physiques, morales, sexuelles ;
- faible implication dans la prise de décision et dans le contrôle du pouvoir
au niveau conjugal, familial et sociétal ;
- absence de liberté de choix (choix du conjoint, du moment de la
procréation, du type de mariage, du divorce) ;
- répartition déséquilibrée des tâches domestiques au niveau familial ;
- faible accès aux ressources économiques ;
- faible accès à la scolarisation ;
- faible valorisation du travail des femmes.

20
2.5.4 Conséquences des inégalités de genre sur la fécondité
- faible utilisation des services (CPN recentrée, accouchement assisté) ;
- faible utilisation des méthodes modernes de contraception ;
- augmentation du taux de fécondité ;
- incrimination de la femme par le conjoint, la famille et la société en cas
d’infertilité ;
- retard dans la prise en charge des complications pendant la grossesse et
l’accouchement ;
- fistule obstétricale, divorce, polygamie, infanticide, suicide, abandon
scolaire, mariage précoce ;
- viols individuel et collectif ;
- taux élevés de mortalité et morbidité maternelle et infanto-juvénile.

2.6. Fondements juridiques des droits humains en SR

2.6.1 Instruments juridiques internationaux

[Link] Au plan universel

- Déclaration universelle des droits de l’Homme (articles 16, 25, 26)


- Traités et conventions
- Déclaration d’Alma Atta de 1978 : Le droit à la santé signifie :
« Le droit qu’à tout individu de s’adresser à un médecin pour recevoir des
soins. C’est aussi la possibilité à défaut de pouvoir s’adresser à un
médecin de son choix en raison du coût que cela représente, de
s’adresser à une structure mise en place par l’Etat. C’est enfin le pouvoir
de faire face aux dépenses de sa santé et de celle des personnes dont on
a la charge ».

21
- Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et
Culturels (PIDESC) du 16 décembre 1966 en son article 12 qui dispose :
« Les Etats parties au présent Pacte reconnaissant le droit qu’à toute
personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit
capable d’atteindre.
- Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à
l’Egard de la Femme (CEDEF) : Elle est adoptée le 18 décembre 1979 en
son l’article 12 qui dispose :
« Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour éliminer
la discrimination à l’égard des femmes dans le domaine des soins de santé
en vue de leur assurer, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme,
les moyens d’accéder aux services médicaux, y compris ceux qui
concernent la planification de la famille.»
- Convention relative aux droits de l’Enfant (CDE) :
Elle est adoptée le 20 novembre 1989. Elle reconnaît et garantit le droit à
la santé en son article 24 qui dispose : « Les Etats parties reconnaissent le
droit à l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier
de services médicaux et de rééducation. Ils s’efforcent de garantir
qu’aucun enfant ne soit privé du droit d’avoir accès à ses services.»
Les Etats parties s’efforcent d’assurer la réalisation intégrale du droit
susmentionné et, en particulier, prennent les mesures appropriées pour :
- réduire la mortalité parmi les nourrissons et les enfants ;
- assurer à tous les enfants l’assistance médicale et les soins de santé
nécessaires, l’accent étant mis sur le développement des soins de santé
primaires ;
- lutter contre la maladie et la malnutrition, y compris dans le cadre de soins
de santé primaires, grâce notamment à l’utilisation de techniques aisément
disponibles et à la fourniture d’aliments nutritifs et d’eau potable, compte
tenu des dangers et des risques de pollution du milieu naturel ;

22
- assurer aux mères des soins prénatals et postnatals appropriés ;
- faire en sorte que tous les groupes de la société, en particulier les parents
et les enfants, reçoivent une information sur la santé et la nutrition de
l’enfant, les avantages de l’allaitement au sein, l’hygiène et la salubrité de
l’environnement et la prévention des accidents, et bénéficient d’une aide
leur permettant de mettre à profit cette information ;
- développer les soins de santé préventifs, les conseils aux parents et
l’éducation et les services en matière de planification familiale.

[Link] Au plan africain


o L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) a également adopté des
instruments reconnaissant le droit à la santé, il s’agit de :
o La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples adoptée le
27 juin 1981 à Nairobi au Kenya et entrée en vigueur le 21 octobre 1986.
o Le Protocole Additionnel II à la Charte Africaine des Droits de
l’Homme et des Peuples du 27 juin 1981, adopté le 11 juillet 2003 à
Maputo en Mozambique, qui prévoit spécifiquement des droits aux femmes
dans lesquels figure le droit à la santé ;
o La Charte Africaine des Droits et du Bien Etre de l’enfant, adoptée le
11 juillet 1990, ce texte spécifique à l’enfant lui reconnaît le droit à la santé
en son article 14 intitulé « Santé et services médicaux ».
o La Déclaration de LUSAKA de 1985 sur le scénario de développement
sanitaire en trois phases ;
o La Déclaration de BAMAKO de 1987, dite Initiative de Bamako ;
o La Déclaration d’ABUJA du 25 avril 2000 des Chefs d’Etats et de
Gouvernements africains sur la lutte contre le paludisme ;
o Les Engagements Régionaux des Pays du Partenariat de
Ouagadougou en février 2011 ;

23
o L’Initiative FP 2020 lancée en juillet 2012 ;
o Les Directives et Recommandations de l’OMS pour la phase
d’accélération 2016-2020 en 2012 ;
o Le Sommet de Londres pour la planification familiale juillet 2017 ;
o La Résolution Régionale soumise par l’OOAS à l’assemblée annuelle
des ministres de la santé de la CEDEAO, et ratifiée le 16 juin 2017 à
Abuja.

2.6.2 Instruments juridiques nationaux :

- Constitution de la 7ème République du Niger ;


- Loi SR N° 2006-16 du 21 Juin 2006 et un de ses Décrets d’application
N° 2010-507/PCSRD/MSP du 24 Juin 2010 ;
- Loi N° 2015-30 du 26 Mai 2015 relative à la prévention, la prise en charge
et le contrôle du VIH;
- Normes et Procédures SR révisés.

2-7 Droits et devoirs des clients

2.7.1 Droits des clients


 droit à l’information sur les avantages, la disponibilité des services ;
 droit à l’accès aux services de santé ;
 droit de choisir son centre prestataire ;
 droit à la sécurité ;
 droit à l’intimité : caractère privé de la consultation ;
 droit à la confidentialité : secret professionnel garanti ;
 droit à la dignité : écoute attentive et respect ;
 droit au confort : conditions d’accueil et de services convenables ;

24
 droit à la continuité : le client doit bénéficier des prestations dans le temps
et dans l’espace ;
 droit d’exprimer son opinion : sur les services dispensés ;
2.7.2 Devoirs du client - Le client est tenu de :
 s’adresser au personnel soignant et à son administration avec respect ;
 accorder à tout le personnel de santé le même respect qu’il voudrait qu’on
lui accorde ;
 fournir des informations claires sur son cas y compris sur le traitement
 respecter les prescriptions relatives à la salubrité et à l’usage des appareils
audio ou audio-visuel ;
 dire s’il accepte ou rejette le traitement proposé et ne doit pas en imposer ;
 suivre strictement les prestations qu’il a acceptées ;
 respecter les prescriptions faites par le personnel soignant, qu’il s’agisse
de prescriptions médicales, diététiques… ;
 s’acquitter des obligations pécuniaires mises à sa charge (frais de
consultations, d’hospitalisation, d’examens…) ;
 s’abstenir de tout comportement ou acte pouvant gêner ou nuire d’autres
clients ;
 désigner une personne de confiance pour les clients admis en état
d’inconscience ;
 signer une décharge en cas de sortie prématurée de son fait.
(D.O.S./RHN et droits et devoirs des clients en SMI/PF au Niger)

25
26
Chapitre 3: Anatomie de l’appareil génital féminin et
masculin
Objectifs:
1. Identifier et décrire les différentes parties de l’appareil de reproduction
féminin.
2. Identifier et décrire les différentes parties de l’appareil de reproduction
masculin.

3.1 Organes génitaux féminins


L’appareil de reproduction féminin comprend les organes suivants (figure 1):
- les organes externes formés par : la vulve constituée par les grandes
lèvres, les petites lèvres, le mont vénus, le clitoris, les glandes de Bartholin
et l’hymen chez la jeune fille vierge ;
- les organes internes représentés par : le vagin, l’utérus, les trompes de
Fallope et les ovaires.
L’utérus est l’organe destiné à contenir l’œuf fécondé pendant son
évolution. Il est situé dans la cavité pelvienne entre la vessie en avant et le
rectum en arrière, au-dessus du vagin et au-dessous des anses
intestinales.
Le vagin est un conduit mesurant en moyenne 8 cm de longueur. Il est en
contact avec le milieu extérieur par l‘intermédiaire de la vulve et avec les
organes génitaux internes par l’intermédiaire du col de l’utérus. C’est
l’organe de la copulation. Il est situé dans la cavité pelvienne, en avant du
rectum, en arrière de la vessie et de l’urètre, au-dessous de la vulve et du
plancher périnéal.

27
L’urètre féminin est intimement lié à la paroi antérieure du vagin, à
travers le plancher pelvien. Son orifice externe est situé juste au-dessus de
l’orifice vaginal et à 2 cm en dessous du clitoris.

Figure 1 : Coupe sagittale de l’appareil de reproduction féminin

3.2 Organes génitaux masculins


L’appareil de reproduction masculin comprend les organes suivants (figure 2):
- les organes internes: les testicules, l’épididyme, le canal déférent et les
glandes annexes qui sont constituées par les vésicules séminales, la
prostate et les glandes de Cowper.
- les organes externes: le pénis ou verge avec à son bout appelé gland
percé de l’orifice urétral (méat urétral) et recouvert par un renflement
cutané appelé prépuce, l’urètre, le scrotum (bourses) qui contient les
testicules,

28
Le pénis, dont la longueur est très variable selon les individus, est
constitué du corps spongieux contenant l'urètre et les corps
caverneux. Au centre des corps caverneux se trouve l'artère caverneuse.
Le corps caverneux gauche et le corps caverneux droit sont séparés par
un septum traversé par les anastomoses artérielles. Le pénis permet
l’émission des urines et du sperme par un même conduit : l’urètre pénien.
L’urètre masculin est long d’environ 18 à 20 cm et s’étend du col vésical
jusqu’au méat du gland de la verge. C’est la partie distale et terminale de
la voie excrétrice urinaire.
Les testicules au nombre de deux sont contenus dans les bourses. Ce
sont des glandes à la fois exocrines et endocrines. Chaque testicule à la
forme d’un petit œuf aplati transversalement. Le testicule pèse en
moyenne 20 grammes, mesure 4 cm de long, 2,5 cm d’épaisseur et 3 cm
de hauteur, sa consistance est ferme.

Figure 2 : Coupe sagittale de l’appareil de reproduction masculin

29
Chapitre 4: Physiologie du cycle menstruel
Objectifs:
1- Définir le cycle menstruel.
2- Décrire les différentes phases du cycle menstruel.
3- Expliquer le mécanisme de survenue des règles.

4.1. Définition du cycle menstruel


Le cycle menstruel est l'ensemble des manifestations organiques et
hormonales périodiques se produisant chez la femme de la puberté à la
ménopause et interrompues par la grossesse et l'allaitement.
Le cycle menstruel s’étend du 1er jour des règles jusqu'au dernier jour qui
précède les règles suivantes. Sa durée normale peut varier de 21 à 35
jours avec une moyenne de 28 jours. L'ovulation a toujours lieu 14 jours
avant le 1er jour des règles suivantes. Les règles durent en moyenne 3 à 7
jours.

4.2. Rôle des organes impliqués dans le cycle menstruel


Le cycle menstruel est le résultat d’une coordination complexe et
perfectionnée entre :
- un système d'émetteurs : l'hypothalamus et l'hypophyse ;
- des canaux primaires : FSH et LH ;
- un récepteur primaire : l'ovaire, qui devient à son tour émetteur ;
- des canaux secondaires : œstrogène et progestérone ;
- des récepteurs secondaires : l'utérus, le col et les seins.

4.3. Différentes phases du cycle menstruel


Le cycle menstruel est divisé en 2 phases. Si on prend l’exemple d’un
cycle de 28 jours, ces 2 phases s’établissent de la manière suivante :
La 1ère phase, dite phase folliculaire ou œstrogénique, va du 1 er jour au
14ème jour du cycle. Au début de cette phase, l'hypothalamus (qui fait partie

30
du cerveau) donne des directives à l'hypophyse (ou glande pituitaire).
L'hypophyse secrète alors l'hormone FSH (hormone follicule stimulante)
qui stimule les ovaires.
Plusieurs follicules, contenant chacun un ovocyte I, commencent à croître
dans les ovaires. Ces follicules vont s’atrésié au fur et à mesure ; un seul
follicule arrivera à pleine maturité, on l'appelle le follicule de Graaf.
Pendant leur croissance les follicules vont sécréter une hormone appelée
œstrogène.
L'œstrogène a trois effets, elle :
- stimule la prolifération de l'endomètre (les cellules de l'endomètre se
divisent et la muqueuse se reconstitue) ;
- prépare le col et la glaire cervicale pour faciliter la pénétration des
spermatozoïdes. La glaire cervicale devient plus abondante, plus
transparente et plus filante. C'est au moment de l'ovulation que la glaire
cervicale est la plus perméable aux spermatozoïdes ;
- stimule l'hypophyse qui envoie l'hormone LH (hormone lutéinisante) qui à
son tour favorise l'expulsion de l'ovule.

L’ovulation survient 14 jours avant la fin du cycle et annonce la 2 ème


phase.
La 2ème phase, encore appelée phase progestative, sécrétoire ou
proliférative, s’étend du 14ème au 28ème jour du cycle. Le follicule, après
expulsion de l'ovule, se transforme ensuite en corps jaune qui secrète une
quantité croissante de progestérone et un peu moins d'œstrogène.
La progestérone exerce trois effets sur les récepteurs:
- elle complète la préparation de l'endomètre pour la réception de l'œuf
fécondé en l'épaississant, l'imprégnation progestéronique est maximale
entre le 20ème le 24ème jour du cycle ;

31
- la glaire cervicale s'épaissit et devient impropre à la pénétration des
spermatozoïdes et ;
- la température du corps s'élève et reste en plateau jusqu’à la fin du cycle

Figure 3 : exemples d’évolution de la température au cours du cycle


menstruel

A : courbe de température biphasique normale avec un décalage


thermique qui dure 13 jours.
B : courbe de température biphasique avec un décalage thermique de 6
jours seulement traduisant une insuffisance lutéale.
C : courbe de température monophasique sans décalage thermique
traduisant une absence d’ovulation.
4.4 Mécanisme de survenue des règles
En l’absence de nidation d'un œuf fécondé, le corps jaune dégénère au

32
bout de 12 à 14 jours et la sécrétion hormonale se tarit. L'endomètre
devient alors caduque, se détache et entraîne un saignement appelé
menstruation ou règles.

De la puberté à la ménopause, l’ovaire assure 2 fonctions :


 Exocrine croissance, maturation et libération d’un ovocyte prêt à être
fécondé
 Endocrine sécrétion des stéroïdes sexuels (œstrogène et
progestérone)

o Unité fonctionnelle = le follicule ovarien renferme l’ovocyte


o Cycle ovulatoire (J1-J28)
 Phase folliculaire conduit à l’ovulation
 Ovulation (J14) libération de l’ovocyte fécondable
 Phase lutéale (J15-J28) prépare à la nidation

Figure 4 : schéma de l’ovulation et de la phase lutéale

La baisse du taux des hormones œstro-progestative va stimuler


l'hypothalamus qui à son tour envoie des directives à l'hypophyse ; on

33
parle de rétro-contrôle positif. Celui-ci produit de nouveau le FSH, et un
nouveau cycle recommence (figure 4).

34
Figure 5: Schéma de synthèse du cycle menstruel

35
Chapitre 5: Bilan du client en PF
Objectifs:
1. Définir le bilan du client en PF.
2. Citer les objectifs du bilan du client en PF.
3. Expliquer les circonstances de réalisation du bilan d’un client en PF.
4. Décrire les différentes étapes du bilan d’un client en PF.
5. Expliquer les critères de recevabilité médicale de l’OMS pour la PF.
6. Utiliser la fiche de consultation rapide des critères de recevabilité médicale
pour la PF.
7. Expliquer les listes de contrôle pour l’utilisation des méthodes
contraceptives.

5.1 Définition
C’est un processus permettant au prestataire de déterminer l’éligibilité et
l’aptitude d’une cliente pour l’utilisation d’une méthode contraceptive
donnée.
C’est une étape essentielle pour sécuriser l’utilisation des méthodes
contraceptives et lever les barrières médicales. Car, la qualité de l’offre de
services de planification familiale reste encore fréquemment altérée par
des informations médicales obsolètes ou erronées et par des préjugés
énoncés par les prestataires et ne reposant sur aucune preuve
scientifique.

5.2 Objectifs du bilan


Les objectifs du bilan du client en PF sont les suivants:
- vérifier qu’une cliente n’est pas enceinte ;
- classer le client selon les critères d’éligibilité ;
- dépister des pathologies pouvant interférer avec l’utilisation d’une méthode
contraceptive et la prendre en charge de manière adéquate.

36
5.3 Différentes étapes

Le bilan doit être fait dans un local calme, assurant la discrétion, la


confidentialité et la sécurité du client. Il repose essentiellement sur
l’examen clinique qui sera complété par l’utilisation des listes de contrôle.
Les examens complémentaires ne seront demandés qu’en cas de
nécessité.

5.3.1 Interrogatoire
Il s’agit d’un dialogue entre prestataire et client, qui comporte les étapes
suivantes :
- Accueillir le client (bienvenue).
- Recueillir les informations utiles sur la cliente concernant,
 son identité conformément à la fiche de consultation PF ;
 ses antécédents familiaux : diabète, cancer du sein, etc.
 ses antécédents personnels:
o médicaux, cardio-vasculaires (hypertension artérielle, cardiopathie,
anémie, phlébite, embolie pulmonaire, etc.), hépatiques (ictère, tumeurs,
etc.) ;
o gynécologiques (âge des ménarches, troubles du cycle, dysménorrhée,
infection génitale, douleurs pelviennes, tumeurs génitales),
contraception antérieure, habitudes sexuelles ;
o obstétricaux : gestité, parité, âge du dernier enfant, maladie associée à
la dernière grossesse, modes d’accouchement ;
o chirurgicaux notamment de chirurgie pelvienne ;

37
- Vérifier les facteurs pouvant interférer avec la méthode choisie, notamment
la prise de médicaments (comme les tranquillisants, les antiépileptiques,
certains antibiotiques) ou un tabagisme.

5.3.2 Examen physique

[Link] Examen général


Il consiste à :
- mettre en place le matériel nécessaire ;
- préparer psychologiquement la cliente en lui expliquant le
déroulement de l'examen ;
- aider la cliente à s'installer sur la table d’examen ;
- prendre les constantes (TA, pouls, température, poids) ;
- rechercher les éléments suivants (varices, cicatrices pelviennes,
anomalies de la pilosité, décoloration des muqueuses, lésions
cutanées, etc.).

[Link] Examen des appareils


 Examen gynécologique
Le prestataire doit suivre une méthodologie rigoureuse comportant les
temps suivants :
- expliquer à la cliente la procédure ;
- inviter la cliente à vider sa vessie pour faciliter l'examen ;
- examiner les seins tout en enseignant la technique de l'auto-
examen des seins à la cliente ;
- aider la cliente à se mettre en position gynécologique ;
- examiner les organes génitaux externes: ulcérations,
inflammation, lésions de grattage, malformations, pertes
(leucorrhées, sang) ;
- poser le spéculum ;

38
- inspecter le vagin à la recherche de pertes vaginales anormales
(sang, sécrétions muco-purulentes ou blanchâtres épaisses ou
verdâtres, etc.), d'ulcérations ou d’inflammations ;
- inspecter le col à la recherche d'un aspect rose ou violacé, de
pertes cervicales (sang, sécrétions muco-purulentes ou
blanchâtres épaisses ou verdâtres, etc.), d’ulcérations,
d'inflammations, de malformations etc. ;
- faire un prélèvement vaginal et/ou cervical au besoin ;
- effectuer un test de dépistage du cancer du col en utilisant les
méthodes d’inspection visuelle à l’acide acétique ;
- faire le toucher vaginal combiné au palper abdominal à la
recherche des caractéristiques de l'utérus et des annexes
(position, taille, mobilité, sensibilité). Cet examen est essentiel
avant l’administration des méthodes hormonales, avant la pose du
DIU et avant la réalisation de la ligature des trompes (tableau I).

 Examen appareil génital chez l’homme


L’examen de l’homme doit également suivre une méthodologie rigoureuse
comportant les temps suivants :
- inspecter les organes génitaux à la recherche d'anomalie de la
pilosité, d'ulcération, d'écoulement urétral, de tuméfaction des
bourses ;
- palper les testicules à la recherche d'anomalies ou de douleur au
niveau de l'épididyme; masser le gland pour extérioriser une
éventuelle sécrétion anormale ;
- faire un toucher rectal à la recherche d'une inflammation ou d'une tumeur de
la prostate.

 Examen des autres appareils


Cet examen concernera en particulier:

39
- l’appareil cardiovasculaire : auscultation à la recherche de souffle, de
battements irréguliers, etc., recherche de signes de thrombophlébite
aux membres inférieurs ;
- l’appareil digestif: foie (volume et sensibilité à la palpation), abdomen
(masse, point douloureux, signes d'irritation péritonéale, contracture,
défense, cri de l'ombilic), etc. ;
- les aires ganglionnaires en recherchant l’existence de ganglions
anormaux, augmentés de volume, sensibles, ou inflammatoires.

5.4 Synthèse des résultats du bilan

A la fin de l'examen clinique, le prestataire doit faire la synthèse des


résultats et informer le client dans des termes facilement compréhensibles
lui permettant ainsi d’apprécier son état de santé.

Cette communication entre le prestataire et le client est une étape


importante pour toute prestation clinique ; elle favorise une meilleure
adhésion à la planification familiale et une meilleure continuité dans
l’utilisation de la méthode de contraception adoptée.

En fonction des résultats du bilan, le prestataire doit déterminer l’éligibilité


ou non du client, selon les critères de recevabilité définis par l’OMS.

En fonction de la méthode choisie par le client, le prestataire doit adapter


la démarche utilisée au cours du bilan en sélectionnant les étapes
indispensables ou non (tableau I).

40
Tableau I : Circonstances de réalisation et contenu du bilan d’une
cliente en PF
METHODES PFN, MAMA METHODES MÉTHODES DIU STÉRILISATION
Type BARRIÈRES HORMONALES VOLONTAIRE
d’évaluation
Recherche Non Non Oui Oui Oui
d’antécédents indispensable indispensable (voir liste de (voir liste de (voir liste de
de reproduction vérification pour le vérification pour vérification pour le
bilan des clients) le bilan des bilan des clients)
clients)
Recherche Non Non Non Oui Oui
d’antécédents indispensable indispensable indispensable
ITG/IST
Examen Non Non Oui Non indispensable Oui
général(y indispensable indispensable
compris TA)
Examen Non Non Oui Oui Oui
abdominal indispensable indispensable
Examen des Oui Non Oui Oui Oui
seins indispensable

Examen au Non Non Oui Oui Oui


spéculum indispensable indispensable
Examen Non Non Oui Oui Oui
bimanuel indispensable indispensable
Hommes Non Non Non Non applicable Oui
(aine, pénis, indispensable indispensable applicable
testicules,
scrotum)

5.5 Critères de Recevabilité Médicale (CRM) de l’OMS 2015 pour l’emploi


des méthodes contraceptives
Selon l’OMS, pour améliorer la prévalence contraceptive et la qualité des
services de planification familiale, il faut vulgariser en direction des
prestataires les critères de recevabilité médicale pour l’adoption de

41
méthodes contraceptives. Cette vision de l’OMS repose sur 4 éléments
clés.
A l’intention des décideurs politiques et des managers de programmes,
l’OMS a développé 2 outils :
- un guide sur les critères médicaux d’éligibilité qui a été publié pour la 1 ère
fois en 1996 (le document est régulièrement mis à jour tous les 3 ans en
moyenne) ;
- et une sélection des meilleures pratiques pour l’utilisation de la
contraception publiée pour la 1ère fois en 2002 (document également mis à
jour régulièrement).

Ces 2 documents ont servi de base pour la confection (à l’intention des


prestataires de services) de 2 autres documents de références comme les
lignes directrices pour la fourniture de contraceptifs et le manuel pour les
prestataires de planification familiale.

Les informations rapportées dans ces documents ont été sélectionnées sur
la base de 3 principes directeurs majeurs, il s’agit de :
- leur pertinence pour améliorer l’exécution des programmes de planification
familiale et modifier positivement les pratiques actuelles ;
- leur habilité à corriger les informations devenues obsolètes ;
- leur fiabilité reposant sur des niveaux de preuve scientifique satisfaisants.
La démarche a été initiée en 1994 par l’examen approfondi des données
épidémiologiques et cliniques rapportées dans la littérature médicale.
Cette étape a abouti à l’élaboration d’un projet de classification qui sera
validé ensuite par des réunions de groupes d’experts, avec la production
d’un 1er document en 1996 suivi de 3 mises à jour.
Ce document couvre 17 méthodes contraceptives et s’intéresse à 120
situations médicales. Il apporte également 1700 recommandations pour

42
l’utilisation des différentes méthodes contraceptives. En outre, il guide le
prestataire dans la gestion des cas médicaux difficiles et des situations
particulières.
A travers les directives qu’ils donnent pour la pratique de la planification
familiale, les critères médicaux d’éligibilité de l’OMS ont pour objectif de
changer les attitudes erronées des prestataires relatives à l’utilisation de
la contraception, de réduire les barrières médicales. Leur utilisation permet
d’améliorer la qualité, l’accessibilité et l’utilisation des services de
planification familiale.

Figure 6: Documents relatifs aux CRM

Les CRM permettent aux prestataires de décider :


- si une personne ayant un problème de santé particulier peut utiliser ou non
une méthode contraceptive donnée sans danger ;
- si un problème se présente au cours du suivi, si cette personne peut
continuer à utiliser la méthode sans courir de risque.

43
Pour chaque méthode contraceptive, les différents états de santé sont
classés sur une échelle graduée de 1 à 4 (figure 6):
Classe 1 :Aucune restriction pour l’emploi de la méthode contraceptive :
on peut utiliser la méthode quelles que soient les circonstances.
Classe 2 :Les avantages liés à l’emploi de la méthode l’emportent
généralement sur les risques théoriques ou prouvés : on peut utiliser
la méthode, mais moyennant une surveillance plus rapprochée que
d’habitude pour détecter précocement d’éventuels effets indésirables.
Classe 3 : Les risques théoriques ou prouvés dépassent
généralement les avantages liés à l’emploi de la méthode : l’emploi de
la méthode n’est généralement pas recommandé, sauf s’il n’existe pas une
autre alternative.
Classe 4 : L’état de santé représente un risque de santé
inacceptable : la méthode contraceptive ne doit en aucun cas être
utilisée.
Une classification simplifiée permet de dire que les catégories 1 et 2
signifient que la méthode peut être utilisée ; les catégories 3 et 4
signifient que la méthode ne doit pas être utilisée.

44
Figure 7: Classification par catégorie des CRM

45
Tableau II : Fiche de consultation rapide résumant les points clés des CRM en fonction des différentes
méthodes contraceptives

46
La fiche de consultation (tableau II) permet de s’assurer que le client peut
utiliser la méthode choisie de manière sûre. Elle se présente sous forme
d’une série de questions auxquelles le client doit répondre par Oui ou Non,
les instructions varient alors selon les réponses données par le client.

Le langage et le style des questions peuvent être adaptés au contexte


culturel et linguistique des clients, sans pour autant modifier la signification
de base des questions.

5.6 Liste de contrôle pour l’utilisation des méthodes contraceptives

5.6.1. Définition
La liste de contrôle ou check list est un support destiné aux prestataires des
services de PF; elle récapitule de manière synthétique les questions clés
qu’ils doivent poser à une cliente PF pour être raisonnablement sûr qu’elle
n’est pas enceinte.

5.6.2 Objectifs

Les listes de contrôle permettent aux prestataires d’améliorer la qualité des


services de PF. Leur utilisation a pour objectifs de :
 satisfaire un plus grand nombre de clientes ayant des besoins en PF
grâce à la réduction des barrières médicales non justifiées;
 protéger la santé des clientes en détectant des problèmes de santé
pouvant empêcher l’utilisation d’une méthode de contraception donnée ;
 identifier les femmes ayant besoin d’un examen médical plus approfondi
avant l’utilisation d’une méthode contraceptive.

47
Toutefois, il faut préciser que les listes de contrôle ne sont pas destinées à
poser le diagnostic d’affections médicales.

5.6.3 Types de liste de contrôle


Les listes de contrôle concernent les points suivants : écarter une
grossesse chez une femme qui n’a pas eu ses règles, utiliser de manière
sûre des méthodes contraceptives.

[Link] Liste de contrôle utilisée pour écarter l’éventualité d’une


grossesse

La liste de contrôle permettant d’écarter l’éventualité d’une grossesse


donne aux prestataires la possibilité de délivrer sans risques des
contraceptifs aux femmes qui ne sont pas en période de règles.

En effet, l’offre d’une méthode contraceptive a longtemps été conditionnée


par la présence des règles au moment de l’administration. Ceci constitue
un obstacle important à l’accès à la PF pour beaucoup de clientes qui le
plus souvent ne sont pas enceintes lors de la consultation.

Elles sont soit en aménorrhée pour diverses causes soit en période inter-
menstruelle. Afin de réduire ces occasions manquées et d’éviter le coût
additionnel occasionné par la réalisation d’un test de grossesse souvent
inutile.

L’utilisation de cet algorithme basé sur un questionnaire simple permet


d’être raisonnablement sûr que la cliente n’est pas enceinte au moment
de l’administration de la méthode (figure 7).

48
Figure 8: Liste de contrôle pour être raisonnablement sûr qu’une
cliente n’est pas enceinte

[Link] Liste de contrôle pour l’utilisation du DIU


La liste de contrôle pour l’utilisation du DIU basée sur les CRM est
constituée de 2 parties :
- la 1ère partie (questions 1 à 7) permet d’identifier les contre-indications
liées aux antécédents et aux comportements à risque de la cliente,
- la 2ème partie permet d’identifier les contre-indications liées aux résultats
de l’examen pelvien (voir chapitre sur le DIU)

49
[Link] Liste de contrôle pour l’utilisation des méthodes
hormonales

Les listes de contrôle pour les méthodes hormonales utilisent des


questions spécifiques et standardisées qui permettent de déterminer
précisément si une femme peut utiliser ou non sans risque ces
méthodes hormonales.

Elles permettent par conséquent de satisfaire un plus grand nombre


d’utilisatrices potentielles (voir chapitres sur chacune des méthodes
hormonales).

50
Chapitre 6: Counseling PF

6.1. Généralités sur la communication

Objectifs
1. Définir la communication.
2. Enumérer les différents types de communication.
3. Décrire le déroulement de la causerie.
4. Citer les obstacles à la communication.

6.1.1. Définition
La communication est un processus par lequel une source appelée
Emetteur partage des informations avec un individu ou un groupe
d’individus appelés Récepteur.
Le fait de communiquer consiste à échanger des
informations/connaissances, à entrer en relation avec une personne, à
partager des idées avec un autre individu.

6.1.2. Différents types de communication


Il existe 2 types de communication :
- la communication interpersonnelle comportant le counseling et la
communication en direction de groupes restreints encore appelée
causerie,
- la communication de masse utilisant des supports tels que (radio, TV,
presse écrite, internet).
La causerie est une technique de communication interpersonnelle entre un
individu et un groupe (15 à 20 personnes en moyenne). Dans le cadre de
51
l’offre de services PF, elle vise à fournir le maximum d’informations sur les
avantages de l’espacement des naissances et sur les méthodes de
contraception moderne. Cette causerie se déroule en 3 étapes.

Première étape : elle vise à établir un calendrier spécifiant les thèmes à


développer et à identifier les ressources humaines, matérielles et
financières nécessaires à l’animation de la causerie.
Deuxième étape : elle consiste à la préparation de la causerie :
aménagement du lieu et mise en place du matériel, installation de
l’auditoire de telle sorte que les personnes soient face à face.
Troisième étape : c’est le déroulement de la causerie proprement dite,
selon la procédure suivante:
- Saluer et se présenter, souhaiter la bienvenue, introduire le thème ;
- Evaluer les connaissances des bénéficiaires par des questions
ouvertes ;
- Faire le tri des réponses, -récapituler en renforçant les bonnes
réponses ;
- Développer le thème en complétant les informations dans un langage
accessible et en utilisant les aides-visuelles ;
- Tester la compréhension en posant des questions aux participants ;
- Encourager les participants à poser des questions et à discuter entre
eux ;
- Ramener avec tact les participants qui tentent de sortir du sujet traité ;
- Evaluer les connaissances (acquises) par des questions ouvertes ;
- Faire la synthèse ;
- conclure en remerciant les participants à la causerie.

52
6.1.3. Obstacles à la communication
Beaucoup d’éléments peuvent altérer la communication entre le prestataire
et le client. La transmission correcte d’un message est une tâche délicate,
même si le prestataire parle la même langue que le client.
Or, notre aptitude à bien communiquer conditionne grandement le succès
de nos services, quel que soit le domaine sanitaire concerné, surtout celui
de la planification familiale.

Parmi les obstacles à la communication, on peut citer : les mots inadaptés


au contexte, l’expression excessive des émotions, le manque de
compréhension, l’inopportunité du moment choisi, le ton utilisé et
l'expression inadaptée de notre visage.

6.2. LE COUNSELING PAR SEGMENTATION

OBJECTIFS :
- Identifier les femmes les plus susceptibles d‘utiliser la contraception,
et les éléments nécessaires pour le faire
- Identifier les segments cibles et leurs exigences

6.2.1 Avantages de la segmentation


La segmentation permet d'identifier des groupes homogènes, au sein
d'une population donnée, qui présentent des probabilités distinctes
d'utiliser un produit ou un service donné.
Pour les consultations, la segmentation permet de mieux adapter les
conseils, tout en gagnant du temps pour le prestataire de service.

53
6.2.2 Les différents segments identifiés
L’analyse de la segmentation a identifié 5 segments distincts des
Nigériennes dont :

 Les Élites modernes (16%)

« Je veux avoir une bonne vie pour moi et mes enfants, et ça commence
par une bonne planification familiale ».

 Les Proactivesen santé (28%)


« Ma santé est importante, j'essaie d'en savoir le plus possible et d'alléger
mon fardeau grâce à l'espacement ».

 Les Autonomestraditionnelles (10%)


« Ce que moi et mon mari décidons, c'est notre affaire. Pour le moment,
nous estimons que les méthodes traditionnelles sont les meilleures. »

 Les Conservatricespassives (18%)


« Il est important pour moi que les autres ne s'opposent pas à mes choix
de PF. »

 Les Sceptiquesinexpérimentées (28%)


« Je ne connais pas trop les méthodes de planification familiale, mais je
n'ai pas confiance. »

6.2.3 Mode d'emploi :Comment utiliser les cartes conseils?


o ETAPE 1: PRISE DE CONTACT (2 minutes) - Mettre la patiente à
l’aise et se renseigner sur sa fiche clinique
54
o ETAPE 2: OUTIL DE SEGMENTATION (5 minutes) - Déterminer le
segment de la femme, en utilisant l'outil de segmentation
o ETAPE 3: CONSULTATION ET DISCUSSION (5-7 minutes) - Il y a
deux cartes pour chaque segment - Une fois le segment déterminé,
se renseigner sur son profil avec l'information sur la première carte -
Utiliser la deuxième carte pour susciter la discussion, en choisissant
1-3 thèmes ou questions
o ETAPE 4: DISCUSSION DE METHODES (5 minutes) - Utiliser les
supports disponibles pour discuter des méthodes PF et donner des
conseils.

6.2.4 Comment utiliser l'outil de segmentation


Veuillez poser les questions (1-12) ci-dessous. Entourez les réponses O/N
des répondantes. Ensuite, entourez tous les “1” dans la rangée
correspondante dans les 5 colonnes. Exemple : pour la question 1, si la
répondante répond “non”, entourez le “N” puis le “1” dans les colonnes 1,3
et 5. Faites de même pour l’ensemble des questions 1-12.

Pour la question 11, lisez la liste des méthodes à la répondante et entourez


chaque méthode qu’elle dit avoir envisagé d’utiliser. Après l’avoir interrogée
sur toutes les méthodes, comptez le nombre de méthodes envisagées. Si
ce nombre est égal ou inférieur à 2, entourez le premier choix. S’il est égal
ou supérieur à 3 ou plus, entourez le deuxième choix.

Enfin, faite le total de chaque colonne, que vous indiquerez en bas de la


colonne. Puis, entourez le nombre le plus élevé. Si le nombre le plus élevé
apparaît dans 2 colonnes, entourez la colonne qui se trouve la plus à droite.
55
Par exemple, si les colonnes 1 et 2 obtiennent toutes deux 5 points,
entourez la colonne 2.

Tableau : Outil de segmentation


N° Questions à poser Réponses Colonne Colonne Colonne Colonne Colonne
1 2 3 4 5

1 Vous êtes-vous déjà N 1 1 1


rendue dans un O 1 1
centre de santé pour
une consultation de
PF ?
2 Saviez-vous qu’il N 1
existe des moyens O 1 1 1 1
pour retarder ou
éviter la grossesse ?
3 Trouvez-vous N
acceptable pour un O
couple d’espacer les
naissances de leurs
enfants ?
4 Trouvez-vous N 1 1 1 1
acceptable pour un O 1
couple de limiter le
nombre d'enfants
qu'ils mettent au
monde ?
5 Trouvez-vous N 1 1

56
important qu’une O 1 1 1
méthode de
contraception soit
une méthode
naturelle ?
6 Trouvez-vous N 1
important qu'une O 1 1 1 1
méthode de
contraception soit
facile à interrompre
à tout moment ?
7 Trouvez-vous N 1 1
important qu'une O 1 1 1
méthode de
contraception soit
discrète, que
personne ne sache
que vous l'utilisez ?
8 Trouvez-vous N 1 1 1
important qu’une O 1 1
méthode de
contraception
protège des
Maladies
Sexuellement
Transmises, ou MST
?

57
9 Avez-vous déjà N 1 1 1
essayé de vous O 1 1
informer sur la
contraception, par
exemple comment
l’utiliser, les effets
indésirables, le coût,
où les procurer, ou
d’autres informations
?
10 Confirmez-vous que N 1 1 1
vous avez essayé de O 1 1
vous informer sur les
lieux où vous
procurer différentes
méthodes de
contraception ?
11 Lesquelles de ces 0-2 1 1 1 1
méthodes avez-vous 3+ 1
envisagé d’utiliser :
abstinence,
amulettes ou
grigris, méthode du
calendrier, retrait,
MAMA,
préservatif
masculin ou féminin,

58
pilule, pilule du
lendemain, DIU,
injections ou
implant ?
12 Avez-vous déjà N 1 1
utilisé une méthode O 1 1 1
de contraception ?
TOTAL DES

COLONNES(entourer

le nombre le plus
élevé)

Traditionnelles
Autonomes
Inexpérimentées

Élites Modernes
Conservatrices
Proactives En
Sceptiques

Passives
Santé

6.2.5 Points potentiels de discussion

1. Points potentiels de discussion avec UNE SCEPTIQUE


INEXPERIMENTEE :
- Discuter des raisons pour lesquelles la PF est une bonne idée.
Pourquoi d’autres femmes font-elles la PF ?
- Discuter de la large acceptation de l’espacement au Niger
- Discuter ce qu’elle fait déjà pour gérer sa santé
- À un moment donné, ce sera à elle de prendre ses propres décisions
concernant sa santé. De nombreuses femmes ont déjà pris ces

59
décisions, elle devrait commencer à réfléchir à ce qui est important pour
elle, ce qu’elle veut dans l’avenir
- Discuter de la possibilité de refuser les rapports sexuels ou d’utiliser
une contraception

- La féliciter d’être venue au centre de santé et lui rappeler à quel point il


est important de s’occuper de sa santé
- L’assurer que l’agent de santé est toujours disponible pour elle

- A-t-elle une amie ou de la famille avec qui parler de PF ? Sinon,


discuter avec elle des options possibles
- Préfèrerait-elle parler de PF en groupe ? Sait-elle que des discussions
de groupe ont lieu dans la salle d’attente ? Aimerait-elle y participer ?
- A-t-elle accès à une radio ? Connaît-elle les émissions de radio
consacrées à la PF ?

- Discuter des conséquences d’un espacement trop réduit entre les


grossesses

Acceptation
o Prendre le contrôle sur sa santé
o Le centre de santé lui est ouvert
o S’informer auprès d’une source fiable

60
Espacement
Messages pour commencer une conversation :
On a tous besoin d’une personne de confiance pour nous aider à en savoir
plus sur le monde. Il est impossible d’apprendre seul, il est donc important
de trouver une source fiable d’informations et de soutien.

Certaines personnes au sein de votre communauté ou ailleurs peuvent


vous aider à avoir les connaissances pour gérer votre vie d’adulte, votre
famille et votre ménage.

Pour que votre famille puisse s’épanouir, il pourrait être intéressant de vous
informer sur les méthodes PF, et sur les avantages qu’elles apportent pour
votre santé, celle de votre mari et de vos enfants.

2. Points potentiels de discussion avec UNE PROACTIVE EN SANTE

o Attitudes en matière de planification familiale et de contraception


Attitude de la PS en matière de planification familiale
- Se rend probablement régulièrement en consultation de PF
- Est très ouverte à l’utilisation de méthodes moderne et d’espacement,
et raisonnablement ouverte à la limitation du nombre d’enfants
- Influence la prise de décisions concernant sa santé et la PF
- Fait largement confiance aux agents de santé
- Craint que la contraception n’affecte le retour à la fertilité
- A besoin et recherche des informations correctes avant de prendre
des décisions de santé

61
Problématiques de contraception pertinentes chez la PS
Méthodes potentiellement intéressantes • Pilule, injectable, DIU

o Points potentiels de discussion avec une proactive en santé


La féliciter sur sa pro activité et lui assurer qu’il existe des options qui
conviendront exactement à ses besoins

Pro activité
Un large éventail de méthodes existe, et il est important deprendre toutes
ses préférences en compte avant d’en choisir une.
Si ça semble approprié, mentionner les méthodes à long terme en option
immédiate, ou à l’avenir

Éventail de méthodes
Les autres femmes pourraient suivre son exemple et écouter ses conseils
Connaît-elle des jeunes filles / amies de sa communauté qu’elle pourrait
guider ?

Exemples de messages qu’elle pourrait transmettre : C’est une bonne


chose d’agir pour sa propre santé
Il y a de nombreux avantages à espacer les naissances de ses enfants
La contraception n’est pas un péché
C’est important de se rendre à une consultation de PF, ou au moins venir
voir l’agent de santé

Pourrait-elle encourager les jeunes filles / amies à venir aux séances de


conseils de PF qui auront lieu au centre de santé ?
62
Devenir un modèle à suivre
Discuter des moyens dont elle s’informe sur la santé et la PF
Connaît-elle les différentes sources disponibles ? Par exemple, écoute-t-elle
les émissions de radio sur la PF ? Aimerait-elle de la lecture sur la PF ?
L’aider à s’informer davantage

S’informer
Il est important pour vous de faire le nécessaire pour la santé et le bien-être
de votre famille. Il y a tant de choix et de décisions à prendre, ne pas se
tromper est très important.

Votre professionnel de santé est une source très importante d’information sur
la PF. Il peut être très utile de prendre ces décisions en partenariat avec votre
professionnel de santé.
C’est vous qui prenez vos décisions en matière de santé. Les professionnels
de santé, votre famille, vos amies, la radio, entre autres, vous offrent des
informations, parfois très bonnes, parfois moins bonnes, mais c’est vous qui
décidez. C’est votre choix.

3. Points potentiels de discussion avec UNE CONSERVATRICE


PASSIVE

Messages pour commencer une conversation

Attitudes en matière de planification familiale et de contraception


La féliciter sur sa venue au centre de santé et lui rappeler à quel point il est
important de s’occuper de sa santé, que l’agent de santé est une ressource
toujours disponible

63
Lui demander pourquoi elle n’est jamais venue auparavant, et si elle pense
revenir

Pro activité
Mentionner le fait que la majorité des femmes acceptent l’espacement des
naissances
Mentionner que bien des imams approuvent la PF, la religion musulmane
autorise l’espacement des naissances

Normes sociales
Discuter de planification familiale avec son mari
Elle peut discuter de PF avec son mari étant donné que son opinion est
importante
A-t-elle besoin d’information pour combattre sa résistance à la Planification
Familiale ?

La méthode MAMA est acceptable mais ne fonctionnent pas si on ne


l’applique pas correctement, de façon précise et rigoureuse
Si elle utilise la MAMA actuellement, sait-elle toutes les conditions
nécessaires pour que cette méthode soit efficace?
Connaît-elle l’efficacité des méthodes MAMA lorsqu’elles sont utilisées de
façon incorrecte ?
Sait-il qu’il est prouvé que les gris-gris et les amulettes ne marchent pas ?
Aimerait-elle essayer une méthode moderne ?

64
Utilisation de méthodes naturelles de contraception
Il est utile de trouver des personnes sages parmi vos amies et votre famille.
Les enseignements de la vie peuvent vous aider à réduire les difficultés de
vie. Bien que les valeurs anciennes soient précieuses, parfois, une nouvelle
idée peut l’être aussi.

Se rend probablement régulièrement en consultation de PF


Est très ouverte à l’utilisation de méthodes moderne et d’espacement, et
raisonnablement ouverte à la limitation du nombre d’enfants
Joue un rôle important dans la prise de décisions concernant la PF, et
pourrait accepter d’utiliser une méthode de PF même si son mari le
désapprouve

Craint que la contraception n’affecte le retour à la fertilité


A besoin des informations correctes avant de prendre des décisions de
santé, apporte une grande valeur aux informations fournies par les agents
de santé.

4. Points potentiels de discussion avec UNE ÉLITE MODERNE

Messages pour commencer une conversation


La féliciter sur sa pro activité et lui assurer qu’il existe savez-vous qu’il y a
des imams très avisés, qui ont étudié le Coran toute leur vie, et qui pensent
que la contraception n’est pas un péché ? En fait, ces grands imams
pensent que c’est un péché de ne pas élever des enfants épanouis. Alors,
la PF est acceptable, et souvent une bonne idée.

65
Pour de nombreuses femmes, tomber enceinte sans l’avoir prévupeut être
un problème, parce qu’on n’a pas toujours les moyens ou la santé
nécessaires pour s’occuper correctement de ses enfants. Pour cette raison,
savoir utiliser les méthodes de PF peut aider à subvenir aux besoins de vos
enfants.

ÉLITE MODERNE

Discuter de comment elle prend des décisions sur sa santé et son corps

Pro activité et autonomie pour s’informer et choisir une méthode


contraceptive
Il existe un large éventail de méthodes pour répondre à ses besoins
Si ça semble approprié, mentionner les méthodes à long terme en option
immédiate, ou à l’avenir

Envisager les méthodes à long terme


Les autres femmes pourraient suivre son exemple et écouter ses
conseils
Connaît-elle des jeunes filles / amies de sa communauté qu’elle pourrait
guider ?
Exemples de messages qu’elle pourrait transmettre : C’est une bonne
chose d’agir en ce qui concerne sa propre santé
Il y a de nombreux avantages à atteindre d’être plus âgée avant de se
marier ou d’avoir des enfants
L’Islam n’est pas opposé à l’espacement, la PF et la contraception

66
Pourrait-elle encourager les jeunes filles / amies à venir aux séances de
conseils de PF qui ont lieu au centre de santé ?

Devenir un modèle à suivre


Confirmer que les femmes du monde entier utilisent la PF, ce qui les
aide à améliorer leur vie et celle de leurs enfants

Normes internationales
Avec les méthodes modernes, vous êtes certaine d’avoir une approche
de PF efficace, pratique, mieux adaptée à vos besoins. Une fois que
vous savez laquelle marche le mieux, il n’y a pas de raison à utiliser des
méthodes moins modernes et moins satisfaisantes
Savoir comment prendre les meilleures décisions sur les sujets
importants, y compris sur la PF, nécessite de la réflexion et d’être bien
informée.

Les méthodes modernes de PF vous aident à préserver les moyens, les


compétences, l’éducation et les conditions de vie espérées pour vous et
votre famille.

5. Points potentiels de discussion avec UNE AUTONOME


TRADITIONNELLE

Messages pour commencer une conversation


A une préférence pour les méthodes naturelles ou traditionnelles
A des rapports sexuels précoces, considère comme acceptable d’avoir
des enfants très jeune
67
Très opposée à la limitation du nombre d’enfants
Ne cherche pas généralement à s’informer sur la PF, se rend rarement
en consultation

Très inquiète de l’impact de la contraception sur la fertilité


L’accord du mari est très important en ce qui concerne la contraception,
et elle est très opposée à ce que des gens externes, le gouvernement,
par exemple, essaient d’influencer ses décisions
Bien que la discrétion soit importante, elle manque souvent d’information
sur les méthodes les plus discrètes

AUTONOME TRADITIONNELLE

Points potentiels de discussion avec une autonome traditionnelle


Elle peut discuter de PF avec son mari étant donné que son opinion est
importante
A-t-elle besoin d’arguments pour combattre sa résistance à la PF ?

Discuter de planification familiale avec son mari


Si elle utilise MAMA actuellement, sait-elle toutes les conditions
nécessaires pour que cette méthode soit efficace?
Connaît-elle l’efficacité de MAMA lorsqu’elle ne sait pas utiliser
correctement ? Sait-elle que c'est seulement efficace pour les six premiers
mois après la naissance de son bébé ?

- A-t-elle des questions sur sa fertilité?


- Sait-elle qu’il est prouvé que les amulettes ne marchent pas ?
- Aimerait-elle essayer une méthode moderne ?

68
Utilisation de méthodes naturelles de contraception

Autonomie dans les décisions de Santé


Les décisions de PF sont très personnelles. Chaque décision est prise en
fonction de la situation, des besoins et des préférences d’une femme
L’agent de santé est là pour donner de bons conseils et répondre aux
questions mais au final, c’est la femme qui décide avec son mari du choix
avec lequel elle se sent le plus à l’aise.

Pense-t-elle qu’il serait bien d’avoir une autre consultation ? Elle peut
revenir quand elle le veut

Messages pour commencer une conversation


Vous prenez les décisions qui concernent la santé de votre famille, y
compris sur les méthodes de PF que vous utilisez, quand vous le décidez.
Vous écoutez les autres, mais c’est vous qui choisirez.

Les choix de PF et de santé impactent l’ensemble de votre famille, il vaut


mieux les prendre à deux, avec votre mari. La relation avec votre mari est
très importante, et décider ensemble est tout aussi important.
Il est important de comprendre votre fertilité, et comment utiliser des
méthodes naturelles comme MAMA de manière efficace si tel est votre
préférence. Vous pouvez aussi envisager d'autres méthodes modernes
efficaces

L’espacement des naissances peut être un bon choix et une bonne raison
d’utiliser la PF. Après tout, ce n’est pas une bonne idée d’être enceinte
quand on a encore un bébé sur ses genoux.
69
6.3. Le counseling ordinaire

Objectifs
1. Définir le counseling.
2. Expliquer l’importance du counseling en PF.
3. Enoncer les principes du counseling en PF.
4. Citer les qualités requises pour offrir un counseling efficace.
5. Décrire les différentes techniques de communication utilisées dans le
counseling.
6. Faire la synthèse des informations essentielles sur les méthodes
contraceptives à délivrer aux clients lors du counseling.
7. Décrire les six étapes du counseling (BERCER).
8. Expliquer les trois composantes du choix libre et éclairé en PF.
9. Enoncer les différents obstacles à un choix libre et éclairé en PF.
10. Décrire comment gérer les rumeurs en PF.

6.3.1. Définition
Le counseling en PF est un processus à travers lequel le prestataire aide
le client ou le couple à exprimer ses besoins ou problèmes en matière de
PF, à identifier les options possibles et à prendre une décision libre et
éclairée en matière de PF.
Elle constitue une étape cruciale dans l’offre de services PF. Il est donc
essentiel pour le prestataire de connaître son importance, ses principes,
les composantes du « choix libre et éclairé » et les barrières possibles à
ce choix.

70
6.3.2. Importance du counseling en PF

Le counseling constitue un élément essentiel des services de PF de


qualité aussi bien pour un nouveau client que lors d’une visite de retour.
Ce processus permet de:

- Etablir une relation de confiance entre le prestataire et le client ;


- Inclure le partenaire dans le processus de prise de décision avec la
permission du client ;
- Aider le client ou le couple à tenir compte de ses propres besoins en
choisissant une méthode ;
- Aider le client ou le couple à faire un choix informé et volontaire à propos
de la fécondité et de la contraception, et à utiliser correctement les
méthodes contraceptives ;
- Augmenter le taux d’utilisation des méthodes contraceptives ;
- Augmenter la satisfaction du client ou du couple et la continuité dans
l’utilisation des méthodes contraceptives.
En effet, toutes les expériences tirées des programmes PF ont montré que
les clients qui bénéficient d’un counseling de qualité sont plus satisfaits de
la méthode choisie et l’utilisent plus longtemps que les clients ayant reçu un
mauvais counseling.

71
6.3.3. Principes du counseling en PF

Le counseling doit être centré sur les besoins du client et non sur les
préoccupations du prestataire. Le plus souvent, les prestataires ont
tendance à fournir aux clients une quantité très importante d’informations
sur toutes les méthodes en pensant ainsi les aider à faire un choix éclairé.

Mais cette démarche est inefficace, car elle surcharge inutilement le client
d’informations dont il n’a généralement pas besoin.
Le counseling doit être centré sur les préoccupations, les souhaits et le
confort des clients. Il respecte la confidentialité et l’intimité du client; il doit
aussi être interactif. Il doit être spécifique à chaque client : les besoins et
préférences varient beaucoup d’une cliente à une autre selon l’âge, la
parité, la situation sociale…

Le prestataire doit éviter de donner une liste d’informations standards qui


ne tient pas compte des particularités du client. Par exemple, certains
clients veulent associer leur partenaire au counseling, tandis que d’autres
souhaitent garder le secret de leur choix.

Le counseling constitue la rencontre de deux experts : le client qui est


expert par rapport à ses besoins et à sa situation et le prestataire qui lui est
expert par rapport à ses connaissances et ses compétences en matière de
PF.

72
6.3.4. Qualités requises pour offrir un counseling efficace

Les qualités suivantes sont requises pour tout prestataire voulant offrir un
counseling efficace :
- Respect pour le client, quelle que soit son âge, son niveau d’instruction,
son sexe, son ethnie, sa religion et ses préférences ;
- Empathie pour le client, l’aptitude à se soucier sincèrement des besoins
du client et à se mettre à sa place est essentielle pour établir une
relation de confiance avec le client ;
- Tolérance pour des valeurs et croyances différentes des siennes: un
bon prestataire de services PF ne doit pas imposer ses propres valeurs
à un client. Par exemple, un prestataire peut ne pas admettre la pratique
de rapports sexuels hors mariage, mais cela ne devrait pas affecter la
qualité du service offert à un client célibataire ;
- Connaissances et compétences techniques : tout prestataire
efficace doit avoir des compétences techniques adéquates, il doit
également être en mesure de s’adapter aux changements imposés par
l’évolution rapide des connaissances scientifiques. Car, ces
changements peuvent affecter le counseling d’un client en matière de
PF.

Par exemple, des études ont démontré que l’efficacité du DIU peut aller
jusqu’à 13 ans au lieu des 10 ans retenus antérieurement.
- Aptitude à la communication: le prestataire de services PF doit avoir de
bonnes dispositions à communiquer efficacement, notamment en
développant sa capacité d’écoute active ;

73
- Aptitude à discuter de la sexualité : les prestataires ne tiennent pas
toujours compte de l’aspect « sexualité » dans l’offre de méthodes
contraceptives. Certains sujets devraient être discutés sans porter de
jugements, tels que le nombre de partenaires, la négociation de
l’utilisation du préservatif avec un partenaire, l’interaction de certaines
méthodes contraceptives avec les rapports sexuels ;
- Impartialité par rapport aux différents groupes de la population, pour
cela il doit avoir une connaissance appropriée de la culture locale ;
- Impartialité par rapport aux méthodes contraceptives : un bon conseiller
en matière de PF ne doit pas imposer son point de vue à un client
même s’il a une préférence pour certaines méthodes contraceptives.

6.3.5. Différentes techniques de communication utilisées dans le


counseling

Pour faire un counseling efficace, le prestataire, en plus de ses


connaissances cliniques, doit maîtriser parfaitement et utiliser à bon escient
les différentes techniques de communications.

Il s’agit notamment de l’utilisation de la technique de l’écoute


active/attentive (communication non verbale, paraphrase et questions de
clarification) et d’un langage clair et adapté.

La communication non verbale est particulièrement importante parce qu’elle


permet au client d’apprécier le degré d’intérêt, d’attention, de chaleur, et de
compréhension que nous ressentons envers lui. Elle s’exprime à travers:
l’attitude corporelle, l’expression faciale, les gestes d’encouragement et le
contact visuel.

74
Les signes positifs non-verbaux incluent le fait de :
- Se pencher vers le client ;
- Sourire sans montrer de la nervosité ;
- Montrer de l’intérêt et la sollicitude à travers les expressions du visage ;
- Maintenir le contact du regard avec le client ;
- Encourager le client en hochant la tête.

Les signes négatifs non-verbaux consistent à:


- Ne pas maintenir le contact du regard ;
- Jeter des coups d’œil visibles et répétés à sa montre/cellulaire, donnant
une impression d’impatience ;
- Manifester des signes de nervosité ;
- S’asseoir les bras croisés ou sur le dos ;
- Se tenir à distance du client.

La communication verbale se fait à travers :


- Le ton de la voix ;
- L’encouragement verbal ;
- La paraphrase des mots, des phrases et des sous-entendus ;
- Les questions de clarification.

L’écoute active doit être effectuée de la manière suivante :


- Ecouter le client sans l’interrompre, en le regardant, en se penchant
légèrement vers lui, en hochant la tête, en disant « oui », «je vois » ;
- Reformuler pour le client ce qui constitue pour vous son message de
base y compris les sous-entendus : c’est la paraphrase. Ceci permet
au prestataire de s’assurer qu’il a compris ce que le client a dit et pour
lui faire savoir qu’il essaie de comprendre son message de base.

75
- Après votre reformulation, il faut demander au client si cela correspond
à l’idée qu’il a développée ;
- Poser des questions ouvertes de préférence pour amener le client à
mieux exprimer ses besoins et problèmes, à peser le pour et le contre, à
réfléchir à sa situation, à ses sentiments et valeurs, à son
comportement. Ce sont des questions dites de clarification.

Au cours de l’écoute active, il faut également utiliser un langage clair et


adapté pour :
- Mettre le client à l’aise ;
- Faciliter la compréhension du message ;
- Eviter que le client soit confus, choqué, indifférent ou intimidé par un
langage qu’il ne comprend pas ;
- Eviter les malentendus avec le client ;
- Aider le client à poser des questions et à prendre des décisions
éclairées.

6.3.6. Informations essentielles sur les méthodes contraceptives à


délivrer aux clients lors du counseling

Pour que le counseling soit efficace, le prestataire doit délivrer des


informations précises mises à jour concernant les points saillants suivants :
efficacité des méthodes contraceptives, mode d’action, effets secondaires,
complications, mode d’utilisation, liens avec les IST/VIH/SIDA (nécessité
d’une double protection), les liens avec la sexualité et les liens avec
l’allaitement maternel.

76
[Link]. Efficacité des méthodes contraceptives
Le choix d’une méthode déterminée dépend en partie de son efficacité
contraceptive, cette efficacité est fonction non seulement de la protection
conférée par la méthode, mais aussi de la régularité et de la rigueur avec
lesquelles elle est employée.

La connaissance de l’efficacité des méthodes permet aux clients :


- De mieux comprendre les risques d’une grossesse avec chaque méthode
contraceptive (en effet, des études ont montré que l’efficacité est la
principale raison du choix d’une méthode) ;
- D’apprécier l’habilité à respecter le mode d’utilisation. Par exemple : la
pilule est très efficace si elle est prise chaque jour alors que le
comportement du client n’affecte en rien l’efficacité des implants
contraceptifs ou de la stérilisation).

Le prestataire doit aider la cliente à évaluer si elle est capable d’utiliser


correctement la méthode. Si la cliente n’est pas sûr de se rappeler de
prendre la pilule chaque jour, alors il est préférable pour elle :
- D’utiliser d’autres méthodes,
- De prendre une décision raisonnée ; choisir par exemple l’efficacité de la
méthode comparée aux effets secondaires.

Le tableau III ci-dessous résume les principales données actuelles relatives


à l’efficacité des méthodes contraceptives.

77
Tableau III : Efficacité des méthodes contraceptives
% de femmes concernées % de femmes
par une grossesse non poursuivant leur
intentionnelle durant la méthode
première année d’utilisation contraceptive
Emploi Utilisation après un an
Méthode
typique parfaite d’utilisation
Aucune méthode 85 85
Spermicides 29 18 42
Retrait 27 4 43
Abstinence périodique 25 51
Calendrier 9
Ovulation 3
Symptothermique 2
Diaphragme 16 6 57
Préservatif
- Féminin 21 5 49
- Masculin 15 2 53
Contraceptifs 8 0,3 68
oestroprogestatifs:
Injectables: DMPA 3 0,3 56
IM/SC, NET- EN
DIU : T au Cuivre 0,8 0,6 78
Implants contraceptifs 0,05 0,05 84
Ligature des trompes 0,5 0,5 100
Vasectomie 0,15 0,10 100
[Link]. Mode d’action

78
Le mode d’action doit être expliqué en des termes simples et clairs. La
connaissance du mécanisme d’action permet :
 De dissiper les rumeurs (ex : le DIU ne cause pas d’avortement, les
implants contraceptifs ne contiennent pas de poison, les pilules
n’entraînent pas la stérilité, le condom ne contient pas le virus du
SIDA, les contraceptifs ne causent pas l’anémie…) ;
 D’utiliser correctement la méthode.

[Link]. Effets secondaires


Ils sont déterminants dans le choix et la continuité pour l’utilisation d’une
méthode contraceptive. D’où la nécessité de bien les expliquer aux clients
avant et après le choix d’une méthode contraceptive de même que leur
gestion.

Il faut s’assurer que le client a bien compris que les effets secondaires ne
sont pas dangereux pour la santé ; ils sont passagers et disparaissent avec
le temps. Il faut également toujours demander au client de revenir si
nécessaire et lui permettre de changer de méthode s’il le désire.

[Link]. Complications
Elles sont rares, mais il faut prendre soin d’informer les clients sur les
signes d’alarme qui nécessitent une prise en charge immédiate.

79
[Link]. Mode d’utilisation
Il faut informer le client sur les éléments suivants : facilité ou difficulté de
l’utilisation, nécessité de l’intervention d’une tierce personne, nécessité d’un
réapprovisionnement, réversibilité de la méthode.

[Link]. Liens avec les IST/VIH/SIDA


Il est important au cours d’une séance de counseling de tenir compte
du profil socio-culturel et comportemental du client. En effet, les problèmes
que pose l’exposition aux IST et VIH méritent une attention particulière car
il est tout aussi important de prévenir la grossesse que d’empêcher la
transmission de l’infection.

Lorsqu’il existe un risque de transmission d’infections (IST), il est important


que le prestataire recommande vivement au client soit la double protection
en associant l’utilisation du condom à une méthode contraceptive, soit une
utilisation correcte du condom seul.

[Link]. Liens avec la sexualité et l’allaitement


Il faut expliquer au client, en fonction de la méthode choisie, les possibilités
d’interaction de la méthode avec les rapports sexuels et avec l’allaitement
(l’œstrogène réduit la lactation).

6.3.7. Etapes du counseling «BERCER »


Le processus du counseling se déroule selon les 6 étapes suivantes :
Bienvenue (B), Entretien (E), Renseignements (R), Choix (C), Explications
(E), Retour (R).

80
Bienvenue : Un bon accueil est décisif pour la réussite d’une prestation
clinique; en effet, c’est le premier contact entre le prestataire et le client.
C’est une étape essentielle dans le counseling, car elle permet de mettre
en confiance ce qui va les aider à exprimer facilement leurs besoins à une
personne étrangère représentée ici par le prestataire.
Cet accueil doit se dérouler de la manière suivante:
o Saluer le client avec courtoisie, l’inviter à s’asseoir ou l’installer ;
o Se présenter et lui demander de se présenter, le rassurer du caractère
confidentiel de la visite ;
o Lui demander le motif de sa visite ;
o Lui expliquer succinctement le déroulement de la visite.

Entretien : Cet entretien nécessite une attention particulière pour bien


comprendre les préoccupations du client afin de l’aider à trouver une
solution adaptée à ses problèmes.

Cette étape permet au prestataire : d’identifier les problèmes / besoins du


client en matière de PF ainsi que ses antécédents médicaux, d’évaluer les
besoins du client en matière de PF.

Le prestataire invite alors le client à exprimer ses besoins en matière de


PF; il doit l’aider en l’observant, en hochant la tête, en manifestant des
signes d’encouragement, en paraphrasant le client, en posant des
questions de clarification et en récapitulant les informations recueillies.

81
Les informations utiles sur le client seront consignées sur une fiche de
consultation PF ou un registre PF, après lui en avoir expliqué l’utilité de la
démarche.

Renseignements : C’est l’étape pendant laquelle le prestataire donne les


informations nécessaires au client pour lui permettre de faire un choix libre
et éclairé ou de prendre une décision en toute connaissance de cause. Au
cours de la délivrance de ces informations, le prestataire/conseiller doit
utiliser un langage simple, clair et adapté pour faciliter la compréhension du
client.
Pour mener à bien cette étape, le prestataire doit procéder de la manière
suivante:
o Evaluer les connaissances du client sur la PF et sur les méthodes
contraceptives ;
o Corriger si nécessaire et avec tact les informations erronées ;
o Donner les informations essentielles sur les méthodes contraceptives
en utilisant un langage clair, simple et adapté ;
o Utiliser si possible des aides visuelles ;
o Demander au client s’il n’a pas de question à poser ;
o Et vérifier la compréhension du client sur les informations reçues.

Choix : A cette étape, le client doit avoir en sa possession tous les


éléments nécessaires à un choix libre et éclairé. Certains clients
exprimeront clairement leur préférence, par contre d’autres auront encore
besoin d’aide pour faire leur choix.

82
83
Le prestataire doit :
o Demander au client la méthode choisie et les raisons de son choix ;
o L’aider à faire un autre choix si la méthode choisie ne convient pas à
sa situation ;
o Et le référer si le service demandé n’est pas disponible sur place.

Explications : Il s’agit d’une composante du counseling spécifique qui fait


suite au counseling initial au cours duquel le prestataire présente les
méthodes contraceptives disponibles dans le programme. Après l’adoption
d’une méthode par le client, le prestataire doit faire un examen clinique puis
un counseling spécifique sur la méthode contraceptive choisie.

Bienvenue
Entretien Counseling initial
Renseignements
Choix
Counseling spécifique
Explications
Retour
Pour faire un counseling spécifique efficace, le prestataire doit maîtriser les
informations essentielles sur les méthodes contraceptives et avoir de
bonnes aptitudes à la communication. Mais, il est aussi important pour lui
de bien connaître le processus à suivre au cours de cette étape du
counseling spécifique.
Pour une utilisation optimale de la méthode choisie par le client, le
prestataire doit :
- Donner toutes les informations essentielles sur la méthode
choisie en utilisant de manière adéquate les supports IEC disponibles,
en insistant sur les effets secondaires et leur prise en charge,
84
- en donnant au besoin toutes les informations utiles et nécessaires
pour dissiper d’éventuelles rumeurs véhiculées sur la méthode
contraceptive choisie ;
- Expliquer après administration de la méthode choisie, les signes
d’alarme et le calendrier de suivi.

L’utilisation des supports IEC renforce le degré de compréhension des


messages verbaux, suscite plus d’intérêt de la part du client et facilite
l’explication de certaines questions délicates ou complexes.

Il est important d’approfondir les explications sur la méthode choisie pour


plusieurs raisons:
- Permettre au client une bonne utilisation de la méthode choisie ;
- Aider le client à être fixé sur son choix ;
- Préparer le client à la gestion d’éventuels effets secondaires pour
favoriser l’acceptabilité de la méthode choisie ;
- Informer le client sur les signes d’alarme ;
- Assurer la continuité ;
- Donner au client la possibilité de changer de méthode à tout moment.

L’intérêt du counseling sur les effets secondaires est de:


- Préparer le client à ce qui peut se passer ;
- Indiquer au client les effets secondaires qui peuvent progressivement
diminuer ;
- Rassurer le client en lui expliquant la prise en charge d’éventuels effets
secondaires ; et,
- aider le client à choisir une autre méthode s’il le souhaite.

85
Les tâches essentielles à effectuer au cours du counseling spécifique sont
les suivantes:
- Vérifier ce que le client a retenu sur la méthode choisie ;
- Compléter les informations recueillies en insistant sur le mode d’action,
le mode d’utilisation détaillé, les avantages, les effets secondaires et
leur prise en charge, l’interaction avec l’allaitement, la protection contre
les IST/VIH, les signes d’alarme et la conduite à tenir ;
- Vérifier la compréhension de l’information reçue en demandant au client
de répéter les informations ;
- Renforcer l’information sur la méthode choisie en utilisant les supports
d’IEC :
 Identifier et gérer les rumeurs,
 Offrir la méthode ou orienter ou référer le client selon les
circonstances,
 Et fixer un rendez-vous.

Retour : Cette étape encore appelée « visite de retour ou rendez-vous »


est très importante dans la continuité des services PF. Elle permet
d’évaluer l’utilisation de la méthode contraceptive choisie et le degré de
satisfaction des clients. Elle doit être menée par le prestataire de la manière
suivante:
- Vérifier l’utilisation de la méthode contraceptive choisie ;
- Demander au client s’il est satisfait de son choix et s’il a rencontré des
difficultés dans l’utilisation de la méthode contraceptive choisie ; si oui,
il faut alors le rassurer, l’aider à choisir une autre méthode si nécessaire
ou l’orienter ;
- Vérifier la compréhension des informations données ;
86
- Aider le client à satisfaire d’autres besoins en SR ;
- Donner au client un rendez-vous de suivi ;
- Et l’inviter à revenir s’il a des problèmes ou des besoins particuliers
avant le rendez-vous fixé.

6.3.8. Gestion des rumeurs en PF


Les rumeurs sont des histoires non confirmées qui sont transmises d’une
personne à une autre par différents canaux, le plus souvent de bouche à
oreille.

En général, les rumeurs se produisent quand :


- Une information ou une question est importante pour des personnes,
mais n’a pas été clairement explicitée ;
- Il n’y a personne de disponible pour clarifier ou corriger une
information incorrecte ;
- La source originale est perçue comme étant crédible ;
- Le prestataire n’a pas donné au client suffisamment d’options pour
les méthodes ;
- Des personnes mal intentionnées sont motivées à les propager pour
des raisons politiques ou autres (manque de compétences des
prestataires par exemple).

Malheureusement, les rumeurs et les conceptions erronées sont parfois


propagées par des travailleurs de santé qui sont parfois mal renseignés au
sujet de certaines méthodes ou qui laissent leurs croyances religieuses ou
culturelles relatives à la planification familiale influencer leur conduite
professionnelle.
87
Pour bien gérer les rumeurs, le prestataire doit :
- évaluer les connaissances du client. Ceci nécessite l’établissement de
bonnes relations et d’une bonne écoute des clients pour qu’ils aient le
courage de poser des questions ou demander des informations
complémentaires ;
- demander la source des rumeurs (par exemple : d’autres messages,
d’autres informations, une expérience négative, les informations
fournies par le personnel et mal comprises par le client, certaines
croyances et valeurs).
Il faudra également vérifier la crédibilité de la source des rumeurs et
corriger les informations erronées, en expliquant la réalité concernant le
sujet en question.

Le tableau IV ci-dessous présente quelques exemples de rumeurs classées


selon les différentes méthodes contraceptives.
Tableau IV: Gestion des rumeurs en PF
Rumeurs Informations exactes à délivrer au
client
Rumeurs sur les COC
Je suis encore protégée contre la Une femme est protégée uniquement
grossesse quand j’arrête de prendre la quand elle continue à prendre la pilule
pilule après l’avoir utilisée longtemps. chaque jour.
La pilule s’accumulera dans votre corps. Les pilules ne s’accumulent pas dans
Les résidus de la pilule s’installent dans le corps. Les hormones contenues
l’utérus de la femme de telle sorte qu’elle dans les pilules sont transformés dans
doit se faire nettoyer l’utérus chaque le corps de la femme comme les
année afin de prévenir la formation d’une autres médicaments et la nourriture.
tumeur.
La Pilule est dangereuse et cause le De nombreuses études ont réfuté

88
cancer. cette rumeur. La pilule a été utilisée en
toute sécurité par des millions de
femmes depuis plus de 50 ans.
La pilule protège même contre
certains cancers comme ceux de
l’ovaire, de l’endomètre, du col utérin
et du sein.
Rumeurs sur le DIU
Le DIU peut voyager à l’intérieur du Le DIU est placé à l’intérieur de
corps d’une femme jusqu’à son cœur ou l’utérus, il reste en place jusqu’au
son cerveau. moment de son retrait.
Une femme qui portait un DIU est Le nouveau-né est très bien protégé
devenue enceinte. Le DIU s’est encastré par le sac rempli de liquide amniotique
dans le front du bébé. dans l’utérus de la mère. Si une
femme porteuse d’un DIU est
enceinte, il n’y a aucun risque à ce
que le DIU s’encastre dans une partie
de l’enfant.
Le DIU pourrit dans l’utérus après une Le DIU est fait d’un matériel qui ne
utilisation prolongée. peut pas se détériorer ou “pourrir”
dans l’utérus de la femme.
Rumeurs sur les Condoms
Si un condom glisse durant la relation Un condom ne peut se perdre à
sexuelle, il peut se perdre dans le corps l’intérieur du corps de la femme, parce
de la femme. qu’il ne peut pas passer à travers le
vagin et le col utérin.
Il existe un grand risque pour qu’un Les condoms sont faits de gomme de

89
condom se casse ou se déchire durant latex fin mais très résistant et ont subi
la relation sexuelle. des tests rigoureux de laboratoire pour
s’assurer de leur solidité.
Rumeurs sur la Stérilisation féminine
Une femme qui a eu une ligature perd La ligature tubaire n’a aucun effet
tout désir sexuel physiologique sur la femme en dehors
de celui d’empêcher la rencontre entre
l’ovule et les spermatozoïdes.
La ligature raccourcit la durée de vie Une femme ligaturée continue à ovuler
d’une femme et peut causer une et à avoir ses menstruations jusqu’à
ménopause précoce. ce qu’elle arrive naturellement à la
ménopause. La ligature n’a aucune
influence sur l’espérance de vie.
Rumeurs sur la Vasectomie
La vasectomie est semblable à la La vasectomie n’est pas synonyme de
castration. Un homme qui se soumet à la castration, l’homme garde toute sa
vasectomie perd sa virilité. virilité.
Rumeurs sur le DMPA
Une femme qui utilise le DMPA ne sera Il peut y avoir un retard de quelques
plus jamais capable d’être enceinte. semaines après la dernière injection
pour que la fécondité de la femme
retourne à la normale. Mais la fertilité
après arrêt de la méthode est
comparable à celle de la population
générale.
Une femme sous DMPA n’aura pas Le DMPA n’a aucun effet sur la
suffisamment de lait quantité de lait secrétée ni sur sa

90
composition.
DMPA arrête le saignement menstruel et L’aménorrhée est un résultat attendu
c’est mauvais pour la santé d’une de l’utilisation du DMPA, parce que les
femme. femmes usant du DMPA n’ovulent
pas. Cette aménorrhée n’est pas
nocive. Elle aide à prévenir l’anémie et
libère la femme de l’inconfort et de
l’inconvénient de saignements
menstruels.

91
6.4 Planification et espacement idéal des grossesses pour la santé
(PEIGS)

6.4.1 Définition :
« La Planification et l’Espacement Idéal des Grossesses pour la Santé
(PEIGS) est un concept qui définit le temps idéal qui doit s’écouler entre un
accouchement ou un avortement et une nouvelle grossesse pour une
grossesse saine. »

Ce concept renforce et dynamise la PF dans les milieux sensibles parce


qu’il vise la bonne santé du couple mère /enfant apparaissant ainsi comme
une intervention préventive dans le cadre d’une approche de promotion de
la santé de la mère et de l’enfant.

Les études ont montré une corrélation entre les grossesses trop
rapprochées ou trop précoces et le risque de complications chez la mère ou
chez l’enfant.

Une grossesse trop rapprochée d’une naissance précédente, d’une fausse


couche ou d’un avortement expose la mère et le nouveau-né à un risque
élevé de complications, qui peuvent s’avérer parfois fatales.

Lorsque des jeunes femmes de moins de 18 ans tombent enceintes, la


mère et son nouveau-né courent un plus grand risque de souffrir de
complications que les femmes de 20 à 24 ans. Dans certaines populations,
les nourrissons et les enfants nés après de courts intervalles génésiques

92
courent un plus haut risque de retard de croissance et d’insuffisance
pondéral pendant les cinq premières années de vie.
Après une naissance vivante, l’intervalle recommandé avant de planifier
une autre grossesse est de 24 mois au moins afin de réduire les risques
pour la santé maternelle, périnatale et infantile.
Après une fausse couche ou un avortement provoqué, l’intervalle
recommandé avant la prochaine grossesse est de 6 mois au moins pour
réduire les risques pour la santé maternelle et périnatale.

6.4.2 Avantages de l’espacement idéal des grossesses

 Nouveau-nés, nourrissons et enfants de moins de cinq ans :


tous bénéficient de la PEIGS

La PEIGS réduit les risques suivants:


- Naissances prématurées, poids insuffisant à la naissance, hauteur
utérine ne correspondant pas à l’âge de la grossesse, et dans certaines
populations, retard de croissance chronique et aiguë ;
- Décès des nouveau-nés, des nourrissons et des enfants de moins de
cinq ans ;
- Les femmes de moins de 18 ans courent un risque d’accouchement
prématuré, d’avoir des nouveau-nés de petit poids ;
- Lorsque les mères n’attendent pas au moins six mois après une fausse
couche ou un avortement avant de contracter une nouvelle grossesse,
elles courent un risque d’accouchement prématuré, hauteur utérine ne
correspondant pas à l’âge de la grossesse et de petit poids de
naissance.
Enfin, la PEIGS permet aux jeunes enfants de profiter pendant deux
années entières des importants avantages que présente l’allaitement
93
maternel ce qui leur évite la malnutrition liée au sevrage précoce lui-même
lié à une grossesse rapprochée.
 Les bénéfices de la PEIGS pour les femmes :
- Donne aux mères deux années pour se préparer physiquement,
émotionnellement et financièrement à leur prochaine grossesse, si elles
décident d’avoir un autre enfant ;
- Donne aux mères deux années entières avant la prochaine grossesse pour
qu’elles puissent accorder toute leur attention à leur bébé, partenaire et à
leurs autres enfants ;
- Permet aux mères d’allaiter pendant deux années, d’où un risque réduit de
cancer du sein et cancer des ovaires ;
- Aide les jeunes mères à éviter l’hypertension pendant la grossesse et les
complications que celle-ci entraîne (le travail d’accouchement prolongé, la
dystocie, l’anémie ferriprive et le décès maternel).
- Réduit le risque de complications durant la grossesse, comme la pré-
éclampsie.

Il est deux fois plus probable que les adolescentes de 15 à 19 ans


meurent durant la grossesseet l’accouchement que celles de plus de 20
ans et les jeunes filles de moins de 15 ans ont une probabilité cinq fois plus
grande d’en mourir. La grossesse est la cause principale de mortalité chez
les jeunes filles de 15 à 19 ans.

94
 Les bénéfices de la PEIGS pour les hommes :
- Aide les hommes à protéger la santé et le bien-être de leur partenaire et de
leurs enfants ;
- Donne aux hommes le temps de se préparer, sur le plan financier et
émotionnel, à l’arrivée du prochain enfant, s’ils souhaitent en avoir un
autre ;
- Donne aux hommes un sentiment de satisfaction puisqu’ils aident leur
partenaire à prendre une bonne décision concernant la PEIGS et la
planification familiale, contribuant ainsi à la santé de leur famille.

 Les bénéfices de la PEIGS pour les communautés:


- Les communautés bénéficient de la PEIGS, puisqu’elle les aide :
- à réduire les décès et les maladies chez les mères, les nouveau-nés, les
nourrissons et les enfants ;
- à faire reculer la pauvreté et à améliorer la qualité de la vie des membres
de la communauté.

6.4.3 Messages sur l’intervalle idéal de l’espacement des grossesses


Pour atteindre les objectifs de la PEIGS, les messages sont les
suivants :

 Après une naissance vivante :


Les couples devraient utiliser une méthode efficace de planification
familiale (PF) de leur choix, continuellement pendant deux ans au moins
avant de planifier une autre grossesse.

95
 Après une fausse couche ou un avortement :
Les couples devraient utiliser immédiatement une méthode efficace de PF
de leur choix, continuellement pendant six mois au moins avant de planifier
une autre grossesse.

 Pour les adolescentes :


Les adolescentes devraient attendre d’avoir au moins 18 ans avant de
contracter une grossesse. Pour ce faire elles doivent avoir accès à des
méthodes de planification familiale de leur choix.

96
Messages sur la PEIGS

Pour les couples qui Pour les couples qui Pour les
désirent une grossesse décident d’avoir un adolescentes, les
après une naissance enfant après un messages sont:
vivante, les messages avortement provoqué
sont : ou spontané, les
messages sont :

Pour la santé de la mère Pour la santé de la Pour votre santé et


et du bébé, attendez au mère et du prochain celle de votre futur
moins 24 mois avant de bébé, attendez au bébé, attendez jusqu’à
contracter une moins six mois avant l’âge de 18 ans avant
grossesse. de contracter une de contracter une
nouvelle grossesse. grossesse.
Pensez à utiliser une
méthode de planification Pensez à utiliser Pensez à utiliser une
familiale de votre choix et immédiatement une méthode de
de façon continue méthode de planification familiale
pendant au moins 24 planification familiale de votre choix et de
mois. de votre choix et de façon continue jusqu’à
façon continue au moins l’âge de 18
pendant au moins 6 ans.
mois.

97
Les messages sur la PEIGS doivent être systématiquement donnés
lors :
- des séances de counseling ;
- pendant la grossesse (consultation prénatale) ;
- après l’accouchement ;
- après l’avortement ;
- du conseil pour la prévention du VIH/SIDA ;
- des services de prise en charge des IST ;
- des initiatives hors santé (agriculture, alphabétisation, groupement,
micro crédit, environnement).

Période propice à l’éducation et aux conseils en matière


d’espacement des grossesses

On recommande vivement de planifier et d’espacer les grossesses en


utilisant une méthode moderne et efficace de planification familiale de son
choix (y compris les méthodes basées sur la connaissance de la fécondité)
pour une grossesse qui se déroule sous le signe de la santé, tant pour la
mère que pour l’enfant.

Nombreuses sont les époques dans la vie d’une femme où elle aura besoin
de conseils et de soutien. Le personnel soignant, les agents
communautaires, les dirigeants communautaires et religieux ainsi que les
associations de femmes et d’hommes tireront profit de ces périodes
propices pour éduquer et conseiller les couples et les familles en matière
de PEIGS les sensibilisant à la gamme élargie de méthodes de PF
disponibles pour planifier et espacer les grossesses.

98
Lors d’une séance de conseils, ne pas oublier de :
- expliquer les messages PEIGS aux clientes, de manière
compréhensible et dans un langage qu’elles comprennent ;
- expliquer que le couple peut utiliser une méthode efficace de PF de
son choix pour planifier et espacer les grossesses ;
- mentionner la large gamme de méthodes de PF disponibles au couple,
y compris les méthodes basées sur la connaissance de la fécondité ;
- expliquer comment obtenir et utiliser les méthodes de PF ;
- mettre l’accent sur les avantages sanitaires, sociaux et économiques
de la PEIGS ;
- rappeler aux clientes que la PEIGS profite à toute la famille et à la
communauté ;
- encourager les clientes à poser des questions et à partager cette
information avec leur partenaire, les membres de leur famille et leurs
amis.

Quelles sont ces périodes propices ?

 Lors des soins prénatals (bilan avant l’accouchement)


- mettre l’accent sur les bénéfices de l’allaitement maternel tant pour les
mères que les nouveau-nés ;
- expliquer les avantages de la planification et de l’espacement sains des
grossesses pour les futurs nouveau-nés ;
- discuter des méthodes de planification familiale, y compris la Méthode de
l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA), qui peuvent être
utilisées après l’accouchement.

 Lors des soins du post-partum (bilan après l’accouchement)


99
- Expliquer les avantages d’attendre deux ans avant la prochaine
grossesse ;
- Discuter des méthodes de planification familiale ;
- Mettre en avant les avantages de l’allaitement maternel pour remettre à
plus tard la prochaine naissance si l’allaitement exclusif est pratiqué ;
- expliquer que la Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée
(MAMA), la pratique de l’allaitement maternel exclusif comme méthode
temporaire de planification familiale, protège les femmes contre une
grossesse pendant une période de six mois.

Lors des consultations pour nouveau-né et services pour les enfants


de moins de cinq ans (par exemple, les vaccinations)
- renforcer les messages sur la PEIGS en rappelant aux mères et aux
soignants que la PEIGS favorise le développement et la croissance du
bébé et des enfants à venir.

 Lors de l’offre de services de planification familiale


- Expliquer aux femmes et aux hommes qui viennent consulter les
services de planification familiale les avantages sanitaires et sociaux
de la PEIGS.

Groupes susceptibles d’être intéressés par l’espacement des


grossesses :
- Couples sur le point de se marier ;
- Femmes VIH-positif qui souhaitent tomber enceintes ;
- Nouveaux mariés ;
- Jeunes couples ;
100
- Couples mariés avec des enfants ;
- Mères célibataires ;
- Femmes qui ont fait une fausse couche ou un avortement.
 Lors des soins après avortement
- Conseiller les femmes recevant des soins après avortement sur la
PEIGS et les méthodes de PF, et leur apporter un soutien
psychologique ;
- Conseiller les femmes sur le retour rapide de la fécondité après
l’avortement (provoqué ou spontané) et recommander l’utilisation d’une
méthode efficace de PF de leur choix pendant six mois au moins avant
de planifier une autre grossesse.
 Lors de l’offre de services pour les infections sexuellement
transmissibles (IST)/VIH
- Inclure l’information sur la PEIGS lors des conseils sur les IST et le VIH ;
- Conseiller les femmes VIH-positives qui souhaitent tomber enceintes sur
les avantages de la PEIGS.
 Lors des services pour jeunes
- Donner aux jeunes l’occasion de prendre des décisions informées sur la
planification et l’espacement des grossesses afin qu’ils puissent mieux
gérer leur vie ;
- Intégrer les messages sur la PEIGS aux services de santé, d’éducation
et aux services sociaux destinés aux jeunes.
 Lors des services de santé pour les hommes
- Intégrer les discussions sur la PEIGS aux activités sanitaires destinées
aux hommes ;
- Expliquer les avantages de la PEIGS pour les hommes, les femmes et
les enfants ;
101
- Apprendre aux hommes à soutenir leur partenaire à pratiquer la PEIGS
et utiliser une méthode de PF moderne (y compris les méthodes basées
sur la connaissance de la fécondité).

 Lors des stratégies avancées


Collaborer avec les agents communautaires pour apporter information et
assistance directement aux familles et communautés ;
- Communiquer les messages sur la PEIGS lors des activités
communautaires de stratégie avancée ;
- Les messages sur la PEIGS peuvent être intégrés aux activités et
programmes suivants :
o campagnes de vaccination ;
o conseils et dépistage volontaire pour le VIH ;
o prévention du paludisme et/ou tuberculose ;
o soins après avortement ;
o soins maternels et néonatals.
o initiatives hors santé telles que l’agriculture, l’alphabétisation, la
préservation de l’environnement et le micro-crédit ;

102
Chapitre 7: Méthodes contraceptives

7.1 Généralités
La contraception est l’ensemble des moyens et techniques médicaux ou
non, mis à la disposition des individus et des couples pour leur permettre
de réguler leur fécondité, d’éviter les grossesses non désirées et d’espacer
les naissances pour avoir le nombre d’enfants souhaité au moment voulu.

L’utilisation de la contraception permet de réduire la morbidité et la mortalité


maternelles, infantiles et juvéniles. Les différentes méthodes contraceptives
sont les suivantes:
 les méthodes temporaires de courte durée d’action
 les méthodes temporaires de longue durée d’action et,
 les méthodes permanentes.

A. Les méthodes temporaires de courte durée d’action


comprennent :

 Les méthodes naturelles qui sont :


 Les méthodes basées sur la détermination de la période fertile ou
féconde qui englobent les méthodes d’auto-observation (méthode de
la glaire cervicale ou Billings, méthode de la température, méthode
sympto-thermique), la méthode du calendrier ou OGINO-KNAUSS, la
méthode des jours fixes ou collier du cycle ;
 La méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA)

 Les méthodes hormonales comprennent :


103
 contraceptifs oraux combinés (COC)
 contraceptifs oraux progestatifs (COP) et les injectables (CIP)
 Les méthodes barrières et chimique (préservatif masculin et féminin,
diaphragme, cape cervicale et spermicide,).

B. Les méthodes temporaires de longue durée d’action


comprennent:
 le dispositif intra-utérin (DIU)
 les implants.

C. Les méthodes permanentes encore appelées contraception


chirurgicale volontaire sont représentées par la ligature des trompes
chez la femme et la vasectomie chez l’homme.

7-2Méthodes temporaires de courte durée d’action

7.2.1 Méthodes naturelles

[Link] Méthodes d’auto-observation (M.A.O.)

 Méthode de la glaire cervicale (Billings)


Elle se base sur l’observation et l’interprétation des changements
cycliques de la glaire cervicale qui se produisent sous l’influence des
variations des hormones. La cliente doit être en mesure d’apprécier les
périodes sèches et humides de son cycle:
o période sèche : après les règles, la plupart des femmes restent un ou
plusieurs jours sans glaire et il y a une sécheresse vaginale. Cette
période correspond aux jours inféconds.
104
o période humide: dès que la femme éprouve une sensation d’humidité
vaginale (due à la présence de glaire cervicale) quel qu’en soit l’aspect,
elle doit s’abstenir ; il s’agit là de la période féconde. Ainsi, jusqu’à
l’ovulation, cette glaire devient de plus en plus abondante, filante,
translucide, élastique, ressemblant au blanc d’œuf.

Le dernier jour, au cours duquel ces caractères de la glaire sont plus


importants, est appelé « jour du pic ». Il indique que l’ovulation est proche
ou vient de se faire. Après le jour du pic, le couple doit éviter les
rapports sexuels pendant les 3 jours suivants, car une ovulation et par
conséquent une fécondation peut survenir pendant cette période.

A partir du 4ème jour suivant le pic de glaire cervicale, on peut avoir


des rapports sexuels jusqu’aux prochaines règles.

Les instructions suivantes doivent être données à la cliente :


- elle doit se toucher deux fois par jour (matin et soir) et se laver les mains
avant et après,
- noter les caractéristiques de la glaire chaque soir sur la fiche,
- expliquer que la méthode ne protège pas contre les IST/SIDA.
NB : une inflammation vaginale, une application de lubrifiant ou une
prise de traitement hormonal peut modifier la glaire cervicale et
tromper la femme

 Méthode de la température
Elle repose sur l’augmentation de la température corporelle observée après
l’ovulation. Le prestataire doit expliquer à la cliente le principe de la
105
méthode en s’aidant d’une feuille de température. La température est
généralement inférieure à 37°C pendant la première phase du cycle et
augmente de 0,4° C après l’ovulation.

Le prestataire doit donner les explications et instructions suivantes à la


cliente :
- apprendre à la cliente comment prendre la température chaque jour,
- montrer au client : un thermomètre et lui apprendre à lire les chiffres.
- la température doit être prise par voie buccale, rectale ou vaginale
chaque matin à la même heure avant de se lever. Il faut toujours utiliser
la même voie et le même thermomètre dévolu à cet effet.
- noter la température sur la fiche chaque matin,
- après utilisation, nettoyer et ranger le thermomètre,
- s’abstenir de rapports sexuels à compter du 1er jour des règles jusqu’au
soir du 3ème jour consécutif où la température reste élevée. Les rapports
sexuels sont ensuite autorisés jusqu’à l’apparition des prochaines
règles.

Le prestataire doit également expliquer à la femme les facteurs pouvant


affecter la courbe thermique:
- prise de la température à des heures variées et quand les conditions ne
sont pas respectées,
- toute maladie pouvant occasionner une fièvre,
- changement d’environnement, mauvaise nuit, stress, insomnie, prise
d’alcool.

106
La figure 8 est un exemple de courbe de température qui montre le
décalage existant entre la phase pré ovulatoire et la phase lutéale. Elle
permet de schématiser les périodes fécondes et infécondes.

Figure 9: courbe ménothermique mentionnant la phase inféconde

 Méthode sympto-thermique
Il n’est pas recommandé d’utiliser seule la méthode de la courbe
thermique, car le taux d’échec est très élevé. Pour plus d’efficacité, elle est
doit être associée à la méthode Billings (c’est ce qu’on appelle la méthode
sympto-thermique). Cette méthode ne protège pas contre les IST/SIDA.

107
 Méthode du calendrier
C’est une méthode contraceptive, permettant de déterminer les périodes
fertiles à partir d’un calcul basé sur la durée des cycles menstruels
précédents.
Instructions : il faut informe la cliente sur la nécessité d’enregistrer au
moins 6 cycles consécutifs pour être en mesure de déterminer la période
de fécondité.

Le prestataire doit :
- expliquer la cliente la nécessité d’utiliser une autre méthode durant
cette période et l’aider à choisir une autre méthode,
- apprendre la cliente à déterminer sa période de fécondité:
Premier jour fertile = durée cycle le plus court – 20,
Dernier jour fertile = durée cycle le plus long – 10,

Exemple : Si les 6 derniers cycles durent 28, 26, 29, 27,


1er jour fertile : 26 - 20 = 6 ; dernier jour fertile 29 - 10 = 19,
- dire à la femme d’éviter les rapports sexuels du 6ème au 19ème jour
inclus du cycle,
- expliquer que la méthode ne protège aucunement contre les IST/SIDA.

Suivi : la 1ère visite de contrôle se fera 15 jours après puis une visite par
mois pendant 3 mois. Il faut demander à l’occasion des visites si le couple
est satisfait de la méthode ; il faut également vérifier la maîtrise de la
méthode par le couple à partir de la 4ème visite.

108
[Link] Méthode des jours fixes ou «Collier du cycle»

Définition
C’est une méthode moderne, simple, coûteuse et efficace basée sur une
connaissance théorique des jours de fertilité. Le couple évitera les rapports
sexuels sans protection entre le 8ème et le 19ème jour du cycle en utilisant un
collier de perles colorées qui marque chaque jour du cycle, y compris les
jours où la femme peut contracter une grossesse (figure 9). Le taux
d’efficacité de la méthode, si l’utilisation est correcte, est de 95%.

Figure 10: Collier de perles colorées pour la Méthode des jours


fixes

Mode d’utilisation du collier :


- le premier jour du cycle, positionner l’anneau noir sur la perle rouge ;
- déplacer quotidiennement l’anneau dans le sens indiqué de la flèche
rouge ;
- lorsqu’on arrive au niveau des perles blanches (du 8 ème au 19ème jour) il
faut éviter les rapports sexuels non protégés ;

109
- dès l’apparition des règles la cliente doit repositionner l’anneau noir sur
la perle rouge.
Critères d’éligibilité
- les femmes ayant des cycles avec une durée comprise entre 26 à 32
jour
- les couples qui peuvent éviter les rapports sexuels non protégés du
8ème au 19ème jour du cycle,
- les couples qui ne sont pas exposés à un risque accru de contracter
une IST.

Avantages de la MJF
- efficace à 95% et sans d’effets secondaires,
- ne nécessite pas de prise de médicaments ou d’acte chirurgical,
- renforce la communication dans le couple.

Limites de la MJF
- ne protège pas contre les IST, le VIH et le SIDA, le partenaire doit
collaborer,
- méthode contraignante (la femme peut oublier de pousser l’anneau),
- ne peut pas être utilisé quand le cycle est inférieur à 26 jours ou
supérieur à 32 jours.

Mode d’utilisation
Le premier jour du cycle, représenté par le premier jour des règles,
positionner l’anneau noir sur la perle rouge. Il faut déplacer
quotidiennement l’anneau dans le sens indiqué de la flèche rouge.

110
Lorsque l’on arrive au niveau des perles blanches (du 8ème au 19ème jour), il
faut éviter les rapports non protégés. Dès l’apparition des règles, la cliente
doit se repositionner sur la perle rouge.
Suivi
Il faut programmer une visite de suivi à 3mois, 6 mois puis tous les ans. En
cas de problèmes, il faut conseiller à la femme de revenir dans la structure
sanitaire à tout moment.
A chaque contact il faut faire une évaluation pour apprécier :
- si la méthode convient toujours à la femme: en vérifiant que son cycle
menstruel le plus récent a duré de 26 à 32 jours, en s’assurant qu’elle
n’est pas enceinte (se baser sur les check lists),
- si la méthode convient toujours au couple :
 Déterminer si le couple veut toujours utiliser la méthode et peut
éviter d’avoir des rapports sexuels sans protection les jours de
perles blanches,
 Déterminer si le couple peut utiliser la méthode correctement.

Mécanisme d’action pour toutes les méthodes d’auto observation


Ces méthodes agissent en empêchant la rencontre des gamètes mâles et
femelles grâce à l’abstinence et au rapport protégé pendant la période
féconde de la femme.

111
[Link] Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée

Définition
C’est la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA). Elle
repose sur l’allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois du
post-partum.

Les conditions d’utilisation de la MAMA sont les suivantes :


- Allaiter exclusivement ou presque, le faire à la demande et avec des
tétées fréquentes ;
- femme dans les 6 premiers mois du post-partum,
- ne pas avoir eu son retour des règles (aménorrhée)

Mécanisme d’action
La succion du mamelon par le nouveau-né stimule l’hypophyse qui produit
de la prolactine, entraînant ainsi un blocage de l’ovulation.

Avantages
Sur le plan contraceptif : Il s’agit d’une méthode de contraception très
efficace si elle est bien utilisée, son taux d’efficacité est de 98% si les
conditions requises sont réunies, elle améliore en plus la relation
affectueuse entre la mère et son enfant. En outre la MAMA n’a pas d’effets
secondaires et n’interfère pas avec les rapports sexuels.
Sur le plan de la santé:
- chez l’enfant, la MAMA favorise l’immunisation jusqu’à 6 mois, assure un
meilleur développement psychomoteur, réduit les risques de maladies
infectieuses,
112
- chez la mère, la MAMA diminue le saignement post-partum, réduit le
risque d’anémie du post-partum.

Limites
- aucune protection contre les IST/SIDA,
- contraignante (par rapport aux heures de tétée),
- courte durée d’application (6 mois),
- efficacité qui diminue si une des conditions n’est pas remplie,
- ovulation possible à tout moment,
- nécessite la disponibilité constante de la mère,

Contre-indications
Il existe quelques contre-indications de la MAMA :
- malformations telles que les seins ombiliqués,
- abcès du sein : traitement de l’abcès et conseils spécifiques pour la
prévention,
- dermatose telle que candidose, eczéma (traitement et conseils
spécifiques),
- crevasses, gerçures, engorgement, tumeurs :(traitement et conseils
spécifiques),
- allaitement non protégé par les ARV chez la femme vivant avec le VIH.

Instructions
Les instructions suivantes doivent être données à la cliente :
- tétées fréquentes à la demande nuit et jour,
- donner les 2 seins à chaque tétée,

113
- vider complètement un sein, donner l’autre ; à la prochaine tétée,
prendre soin de commencer par ce dernier,
- intervalle maximum : le jour 4 heures, la nuit 6 heures,
- en cas d’absence, exprimer le lait (à donner à l’enfant à la cuillère), le
conserver au maximum 8 heures à température ambiante, 72 heures au
réfrigérateur et 3 mois au congélateur dans un récipient propre, avec
couvercle,
- insister sur les mesures hygiéno-diététiques : propreté des mains,
alimentation équilibrée et beaucoup de boissons pour la mère,
- en cas de menstruation ou si l’enfant commence à prendre d’autres
aliments, il faut conseiller à la mère de choisir immédiatement une autre
méthode contraceptive.

Suivi
Il permettra de prendre en charge des problèmes tels que : engorgement
mammaire, crevasses, gerçures, abcès. Il est recommandé de faire une
visite de suivi tous les 2 mois pour:
- évaluer l’efficacité de la méthode,
- préparer la cliente à l’adoption d’une autre méthode en cas de non-
respect des conditions ou à la fin des 6 mois.

NB : La cliente peut se présenter au niveau de la structure sanitaire à


tout moment au besoin et à la fin des 6 mois pour adopter une autre
méthode si elle le souhaite.

114
7.2.2 Méthodes hormonales

7.2.2.1Contraceptifs oraux combinés (COC)

o Définition
Les contraceptifs oraux combinés comprennent un œstrogène (E) et un
progestatif (P). Il existe 2 groupes de COC:
- la pilule normo-dosée contenant 50 microgrammes d’œstrogènes,
- la pilule minidosée dosée contenant 30 à 35 microgrammes
d’œstrogènes.

o Types de COC selon le dosage dans le cycle :


Monophasique: toutes les 21 pilules sont actives et contiennent la même
quantité d'œstrogènes et de progestatifs (ex : microgynon,
stédiril, minidril,).
Bi phasique: Les 21 pilules actives contiennent 2 combinaisons
différentes d'œstrogènes et de progestatifs (10/11) (ex :
adépal).
Tri phasique: Les 21 pilules actives contiennent 3 combinaisons
différentes d'œstrogènes et de progestatifs (6/5/10) (ex :
trinordiol, triela).

o Mécanisme d’action
Il repose sur le principe des 3 verrous suivants :
- suppression de l’ovulation,
- épaississement de la glaire cervicale qui va empêcher la pénétration des
spermatozoïdes,
115
- modification de l’endomètre qui est rendu impropre à la nidation.

o Mode d’administration
Quand commencer ?
La prise doit débuter entre le 1er et le 5ème jour du cycle.
Au-delà du 5ème jour, avant de commencer :
o Il faut être raisonnablement certain que la cliente n’est pas enceinte en
utilisant la liste de contrôle (figure 10),
o si on n’est pas raisonnablement sûr que la cliente n’est pas enceinte,
ne pas donner les COC maintenant et lui demander d’utiliser une
méthode d’appoint et de débuter la pilule dès l’apparition des
prochaines règles.

Pour une cliente qui était sous une autre méthode hormonale :
o si DIU, elle peut commencer immédiatement les pilules,
o si elle utilisait autre méthode hormonale, elle peut commencer
immédiatement,
o si injectables, elle peut commencer au moment de l’injection suivante.

Après une contraception d’urgence, prendre les COC le jour suivant la prise
de la CU (il n’est pas nécessaire d’attendre les prochaines règles) ; et
prendre une méthode de barrière ou s’abstenir pendant les 7 premiers
jours de prise de COC.

116
Dans le post-partum, on peut commencer :
- à partir de 6 mois si la femme allaite et utilise la MAMA,
- après 6 semaines si la cliente allaite et n’utilise pas la MAMA,
- après 3 semaines si la cliente n’allaite pas,
- si la femme doit prendre les COC et qu’elle n’a pas ses règles, elle peut
commencer à n’importe quel moment si on est raisonnablement sûr
qu’elle n’est pas enceinte. Si on n’est pas raisonnablement sûr que la
cliente n’est pas enceinte, donner les COC maintenant et lui demander
de les prendre dès l’apparition des prochaines règles.

Dans le post-abortum : commencer immédiatement ou dans les 7


premiers jours qui suivent l’avortement.

o Avantages des COC


- efficacité à 99 %,
- effet immédiat si pris dans les 5 premiers jours du cycle,
- n’interfère pas avec les rapports sexuels,
- les menstruations sont moins abondantes,
- réduction du risque d’anémie,
- diminution des crampes menstruelles et des dysménorrhées,
- protège contre les cancers des ovaires et de l'endomètre,
- diminue le risque de maladies bénignes des seins et des kystes ovariens,
- protège contre certaines causes de maladie inflammatoire du pelvis.

o Limites des COC :


- nécessite une prise quotidienne et continue,
- la possibilité d’oubli qui augmente les risques d’échec,
117
- les COC peuvent entraîner des effets secondaires,
- la prise concomitante de certains médicaments (antituberculeux,
anticonvulsivants et ARV) peut réduire leur efficacité,
- ils ne protègent pas contre les IST, le VIH et le SIDA.

o Critères d’éligibilité
Question : Qui peut utiliser les COC ?

 COC :Classe 1 (aucune restriction)


 Des premières règles jusqu’à l’âge de 40 ans
 Nullipare
 Multipare
 > 42 jours après l’accouchement
 Anémie ferriprive
 Epilepsie
 Etat dépressifs
 Endométriose
 Dysménorrhée sévère
 Thalassémie Varices
 Séropositive ou à risque élevé de VIH
 Sida sans traitement ARV
 Tumeurs ovariennes bénignes
 Cancer de l’endomètre
 Cancer de l’ovaire et du col utérin
 Déformation utérine du au fibrome utérin ou anomalie anatomique
 Maladie trophoblastique gestationnelle avec des taux de β HCG en
diminution ou indécelable ou durablement élevé ou maladie maligne
118
 Saignements vaginaux irréguliers peu abondants
 Saignements vaginaux abondants ou prolongés, réguliers ou non
 Hépatite chronique ou sujet porteur
 IST/MIP (Risque accru d’IST et risque individuel d’exposition aux IST
très élevé cervicite, vaginite)
 Ectropion du col utérin
 Post abortum immédiat
 Céphalées non migraineuse pour adoption
 Tuberculose pelvienne (génitale)
 Cirrhose légère
 Chirurgie mineure sans immobilisation
 Mastopathie bénigne
 Antécédents familiaux de cancer
 Antécédent de diabète gestationnel
 Goitre simple
 Hyperthyroïdie
 Hypothyroïdie
 Interactions médicamenteuses : inhibiteurs nucléosidiques /
nucléotidiques à transcriptase inverse (abacavir, tenofovir, zidovudine,
lamivudine, didanosine, emtricitabine, stavudine , etravirine, rilprivine)
inhibiteur de l’intégrase (raltégravir) Antibiotiques à large spectre,
Antifongiques, Antiparasitaires.

 COC : Classe 2 (emploi possible de la méthode : suivi nécessaire


dans certains cas)
 Les femmes âgées de 40 ans et plus
 > 6 mois après l’accouchement

119
 De 21 à 42 jours après l’accouchement, sans autres facteurs de risque
de TEV
 Thrombose veineuse superficielle (TVS)
 Dyslipidémies avérées sans autres facteurs de risque cardiovasculaire
connus
 Tabagisme : âge moins de 35 ans
 hyperplasie nodulaire focale
 Allaitement au sein : 6 mois ou plus du post-partum
 Obésité : Indice de masse corporelle (IMC)> 30kg/m2
 Des premières règles à moins de 18 ans et IMC > 30kg/m2
 Drépanocytose
 Problèmes veineux superficiels
 Diabète sans problèmes vasculaires
 Séropositive VIH sous traitement par inhibiteur non nucléosidique de la
transcriptase inverse
 Cancer du col utérin en attendant le traitement
 Maladie du sein avec une grosseur non diagnostiquée
 Saignements vaginaux inexpliqués
 Antécédents de Cholestase gravidique
 Sida sous ARV
 Lupus Erythémateux Disséminé
 Thrombopénie sévère
 Traitement immuno suppresseur
 Valvulopathie cardiaque non compliquée
 Céphalées non migraineuses (poursuite)
 Migraine sans aura avec âge< 35 ans (adoption)
 Chirurgie majeure sans immobilisation prolongée
120
 Cholécystopathie traité par cholécystectomie
 Interaction médicamenteuse : Traitement sous griséofulvine ,
INNTI (efavirens, névirapine) inhibiteurs de la protéase (IP) : atazanavir
boosté, lopinavir boosté, darunavir boosté, ritonavir,

Question : Qui peut utiliser la méthode avec précaution ?

 COC : Classe 3 (emploi possible si prestataire possède des


compétences cliniques et s’il y a accès à des services cliniques)
 Allaitement maternel 6 semaines à 6 mois de post-partum
 De 6 semaines à 6 mois après l’accouchement
 Moins de 21 jours après l’accouchement sans autres facteurs de risque
de TEV
 Post partum inférieur à 21 jours sans allaitement
 De 21 à 42 jours après l’accouchement, avec autres facteurs de risque
de TEV
 Tabagisme : âge ≥ 35 ans, moins de 15 cigarettes par jour
 HTA ne pouvant pas être mesurée
 HTA contrôlée et pouvant être mesuré (y compris l’hypertension
gravidique)
 HTA avec systolique 140-159 ou diastolique 90-99
 Céphalées migraineuses sans aura< 35 ans (poursuite)
 Migraine sans aura : âge ≥35 ans (continuation)
 Cancer du sein en rémission depuis 5ans
 Antécédent de cancer passé (plus de 5ans)
 Hyperlipidémie avérée
 Cholestase liée à l’emploi passé des COC
121
 Affection des voies biliaires symptomatiques (en cours ou traitée)
 Néphropathie/rétinopathie/neuropathie
 Cholécystopathie traité médicalement
 Cholécystopathie en cours
 Interactions médicamenteuses : (inhibiteur non nucléosidique de la
transcriptase inverse) Certains anticonvulsivants (phénytoïne,
carbamazépine, les barbituriques, primidone, topiramate,
oxcarbazépine) Lamotrigine, Traitement sous rifampicine Rifampicine ou
rifabutine

Question : Qui ne peut pas utiliser la méthode ?

 COC : Classe 4 (méthode à proscrire)


 Allaitement au sein moins de 6 semaines du post-partum
 < 6 semaines après l’accouchement
 < 21 jours après l’accouchement, avec autres facteurs de risque de TEV
 Tabagisme : âge ≥ 35 ans, 15 cigarettes ou plus par jour
 HTA avec systolique ≥ 160 ou diastolique ≥ 100
 Migraines avec aura (avec bourdonnement, vertige et troubles visuels)
 Diabète avec maladie vasculaire ou diabète datant de plus de 20 ans
 Cardiopathie ischémique actuelle ou antécédent
 Accident vasculo-cérébral antécédent
 Cancer du sein actuel
 Cirrhose grave
 Hépatite aigue ou poussée (adoption)
 Tumeur du foie (adénome ou carcinome hépato cellulaire)

122
 Lupus érythémateux disséminé avec anticorps anti phospholipidique
positif ou inconnu
 Valvulopathie cardiaque compliquée
 Cardiopathie ischémique actuelle et antécédents de cardiopathie
ischémique
 Facteurs de risque multiple de maladies cardio-vasculaires
 Pathologies vasculaire : accident vasculaire cérébral (antécédents
d’accident vasculaire cérébral)
 Anticorps antiphospholipides positifs (ou inconnus)
 Néphropathie/rétinopathie/neuropathie
 Thrombose veineuse profonde (TVP) et embolie pulmonaire (EP) :
antécédent de VP/EP, TVP/EP aigue, TVP/EP sous traitement
anticoagulant, chirurgie majeure avec immobilisation prolongée
 Mutations trhombogéniques avérées (par ex. : Facteur V Leiden ;
mutation du Facteur II ; déficit en protéine S, protéine C, ou
antithrombine)
 Chirurgie majeure avec immobilisation prolongée
 Céphalées : migraine sans aura (âge ≥35 ans, poursuite), migraine avec
aura quel que soit l’âge

La liste de contrôle ci-dessous renseigne sur les points essentiels à retenir


concernant les CRM dans l’utilisation des COC (figure 11).

123
Figure 11

124
o Effets secondaires
Parmi les effets secondaires des COC on peut citer :
- spotting,
- tension mammaire
- migraine
- élévation de la T.A.
- aménorrhée après arrêt des COC.
Les arbres de décision ci-dessous donnent des indications sur
comment prendre en charge les cas d’oubli et les effets secondaires
des COC (figures 11-14).

Figure 12 : Prise en charge de l’oubli de COC

125
SPOTTING SOUS COC

Oublis? TempsPrise de médicaments ? (Rifampicine, griséofulvine ou anticonvulsivants*)


d’utilisation?

Rassurer et insister sur la prise régulière Plus de 3


Moins de 3
plaquettes Renforcer avec des barrières ou changer de méthodes : barrières, D
plaquettes

Faire un examen gynécologique


Continuer laChanger
méthodede méthode au besoin
Grossesse

Rassurer, attendre
Anormal
CPNR

Normal
Passer à une pilule plus oestrogénique

Référer

Le spotting disparaît Le spotting continue

Continuer la méthode
Figure 13 : Prise en charge du spotting sous COC Inconfort

Rassurer et
L’aider à changerde méthode Oui Non continuer la
méthode

126
AMENORRHEE SOUS COC

Anamnèse
Examen clinique

Grossesse ?

NON OUI

Vérifier la prise correcte de la


pilule* 1. Arrêter la pilule
2. CPNR

OUI NON
Counseling
Counseling et donner une Expliquer la prise correcte de
pilule plus œstrogènique la pilule

Amélioration

OUI
NON
Continuer la pilule Aider à choisir une autre
méthode ou référer

* La prise continue de deux (02) plaquettes de 21 comprimés (sans arrêter


pendant 7 jours) peut entraîner une aménorrhée.

Figure 14: Prise en charge d’une aménorrhée sous COC

127
CEPHALEES ET/OU MIGRAINES SOUS CONTRACEPTIFS ORAUX COMBINES (COC )

HTA
Troubles visuels ?

*TA > 14/9


TA<14/9
Non Oui

Rassurer, donner analgésique


Ex : aspirine ou paracétamol Arrêter la méthode et passer à une méthode non hormo
Rassurer et
continuer

Voir ordinogramme sur HTA


Amélioration

Référer pour prise en charge


Pas d’amélioration

Rassurer et
continuer

er la pilule et proposer les méthodes suivantes: Injectables progestatifs, Implant, Pilule progestative, DIU.

* Méthode non recommandée de manière générale, à moins qu’aucune autre méthode appropriée ne soit
disponible ou acceptable ; elle nécessite un suivi rigoureux (catégorie 3, OMS)

Figure 15: Prise en charge de céphalées/migraines sous COC

128
Instructions
La prise doit être quotidienne et à la même heure, même en l’absence de
rapports sexuels. Pour les plaquettes de 21 comprimés, observer un arrêt
de 7 jours avant la prise de la plaquette suivante. Pour les plaquettes de 28
comprimés, l’arrêt n’est pas observé: la prise est continue. Les 7 derniers
comprimés contiennent du fer uniquement.

En cas de vomissements ou de diarrhée dans les 30 minutes qui suivent


la prise de la pilule, prendre une autre pilule, ou utiliser une méthode de
barrière en cas de rapports sexuels dans les 48 heures, tout en continuant
la prise régulière, quotidienne de la pilule.

En cas d’oubli :
- si oubli d’une ou de 2 pilules : en prendre une dès rappel puis
continuer à prendre une pilule chaque jour,
- si oubli de 3 pilules ou plus au cours des 2 premières semaines du
cycle : prendre une pilule dès que possible, utiliser une méthode de
barrière, ou s’abstenir pendant 7 jours et s’il y a eu rapport sexuel
dans les 5 derniers jours, utiliser la contraception d’urgence,
- si oubli pendant 3 jours ou plus au cours de la dernière semaine du
cycle :
 .prendre une pilule dès que possible,
 .finir la plaquette et ne pas boire les comprimés de fer,
enchaîner avec une nouvelle plaquette le jour suivant,
 .utiliser une méthode de barrière ou s’abstenir pendant 7
jours,
 s’il y a eu un rapport sexuel dans les 5 derniers jours, utiliser
la contraception d’urgence.
129
- si pendant 2 mois, vous n’avez pas vos menstruations, ou si vous
présentez les signes suivants (douleurs à la poitrine avec ou sans
essoufflement, maux de tête prononcés, intenses douleurs aux jambes,
absence de saignement ou de saignotement pendant la semaine sans
pilule si vous prenez les plaquettes de 21 comprimés ou après la fin de la
plaquette de 28 comprimés) il faut revenir en consultation.

Suivi
Lors de la première consultation
 pour les femmes situées à la Classe 2, donner une plaquette et fixer le
rendez-vous à la fin de la 3ème semaine;
 pour les femmes qui ne nécessitent pas de surveillance particulière, donner
6 plaquettes et fixer le rendez-vous au début de la prise de la 6ème
plaquette.

Lors de la visite de contrôle


Il faut demander si la cliente est satisfaite :
- si oui et si la cliente est classée 1 ou 2, redonner 6 plaquettes ;
- si non, demander les effets secondaires et les prendre en charge.

[Link] Contraceptifs oraux progestatifs (COP)


Définition
Les COP sont des contraceptifs oraux à base de progestatifs seuls utilisés
en prise continue.

Mécanisme d’action
Il repose sur les 3 verrous suivants :
- suppression de l’ovulation,

130
- épaississement de la glaire cervicale empêchant la pénétration des
spermatozoïdes,
- modification de l’endomètre qui devient impropre à la nidation.

Mode d’administration
- Commencer de préférence la prise entre le 1er et le 5ème jour du
cycle menstruel ou à tout moment si on est raisonnablement sûr que
la cliente n’est pas enceinte (voir liste de contrôle).
- Au-delà de 5 jours après règles : s’abstenir de rapports sexuels ou
avoir recours à une méthode de barrière pendant les 7 jours qui
suivent.

Dans le post-partum :
o avec allaitement : prise à partir de 6 mois si la cliente utilise la MAMA,
o prise à partir de 6 semaines si la cliente n’utilise pas la MAMA,
o Sans allaitement : immédiatement après l’accouchement.

Dans le post - abortum:


o prise immédiate ou dans les 7 jours qui suivent un avortement du 1er ou
du 2ème trimestre,
o au-delà de 7 jours après un avortement du 1er trimestre ou du 2ème
trimestre, commencer les pilules progestatives (PP) à n’importe quel
moment si on est raisonnablement sûre que la cliente n’est pas enceinte
en utilisant la liste de contrôle,
o après une contraception d’urgence, prendre les PP le jour suivant la
prise de la CU (il n’est pas nécessaire d’attendre les prochaines règles) ;

131
et prendre une méthode de barrière pendant les 7 premiers jours de
prise de COP.

Avantages des COP


- efficaces (si la prise est continue et correcte), réversibilité immédiate,
- n’interfèrent pas avec les rapports sexuels,
- n’influencent pas la lactation,
- diminuent le flux menstruel,
- réduisent l’intensité des crampes menstruelles,
- protègent contre les cancers de l’endomètre,
- diminuent les maladies bénignes des seins,
- réduisent les risques de maladie inflammatoire du pelvis,
- n’exposent pas aux effets indésirables liés aux œstrogènes,
- utilisables en cas de contre-indication des œstrogènes.

- Limites
- spotting, saignements, aménorrhée,
- utilisation contraignante (nécessité de respect de l’heure de prise),
- prise ou perte de poids,
- risque d’oubli qui expose aux grossesses non désirées,
- ne protège pas contre les IST, le VIH et le SIDA.

- Critères d’éligibilité
- Question : Qui peut utiliser les COP ?

 COP: Classe 1
 De la ménarche à la ménopause

132
 Nullipare
 Allaitement 6 semaines à 6 mois
 > 6 mois après l’accouchement
 > 4 semaines après l’accouchement
 Post abortum immédiat
 Tabagisme
 HTA contrôlée et pouvant être mesurée, systolique entre 140 - 159 et
diastolique 90-99
 Migraine sans aura
 Céphalée autre que migraine
 Antécédents familiaux de Thrombose veineuse
 Valvulopathies compliquées
 Tuberculose non pelvienne
 Maladie thyroïdienne
 Anémie
 Cancers du col, de l’endomètre, de l’ovaire
 Fibrome utérin
 Endométriose
 Cirrhose légère
 Cholestase gravidique
 Maladies trophoblastiques
 Hépatite chronique ou sujet porteur
 Hépatite aigue ou poussée
 Cervicite
 Vaginite
 MIP
 Risque accru d’IST
133
 Sujet séropositif
 SIDA sans ARV
 Interaction médicamenteuse : Inhibiteurs nucléosidiques de la
transcriptase inverse (ARV) - antimicrobiens (antibiotiques à large
spectre, antifongiques, antiparasitaires) et anticonvulsivant
(lamotrigine)

 COP : Classe 2
 < 6 semaines après l’accouchement
 Antécédents de grossesse extra-utérine
 HTA ne pouvant pas être mesurée, systolique > 160 ou diastolique >
100
 Migraine avec aura pour l’adoption
 Antécédent de thrombose veineuse profonde
 Cardiopathie ischémique / AVC pour l’adoption
 Diabète avec maladie non vasculaire
 Diabète avec maladie vasculaire ou diabète durant plus de 20 ans
 Hyperlipidémie sévère
 Cancer du col utérin en attendant un traitement
 Maladie du sein avec grosseur non diagnostiquée (référer pour
diagnostic le plus tôt possible)
 Saignements vaginaux irréguliers peu abondants
 Saignements vaginaux abondants ou prolongés, régulier ou non,
inexpliqués
 Affections des voies biliaires actuelles ou symptomatiques
 Cholestase liée à l’emploi des CO

134
 Lupus érythémateux disséminée (thrombocytopénie sévère et
traitements immunosuppresseurs)
 Sujet à risque élevé de VIH
 Pathologie vasculaire
 Embolie pulmonaire aigu et traitement par anti coagulants
 Risque thrombogène important (chirurgie lourde)
 Interaction médicamenteuse Traitement avec Inhibiteurs non-
nucléosidiques de la transcriptase inverse, Ritonavir, inhibiteurs de la
protéase boosté par le ritonavir
Rifampicine ou rifabutine,

Question : Qui doit utiliser les COP avec précaution ?

 COP : Classe 3
 Migraine avec aura pour la poursuite
 Cardiopathie ischémique/AVC pour la poursuite
 Saignements vaginaux inexpliqués avant évacuation
 Cirrhose grave
 Tumeur du foie
 Thrombose veineuse profonde aigue
 Lupus érythémateux avec anticorps phospholipide
 Interaction médicamenteuses: certains anticonvulsivants : phénytoine,
carbamazépine, barbituriques, primidone, topiramate, oxcarbazepine

Question : Qui ne doit pas utiliser les COP ?


 COP: Classe 4
 Grossesse
 Cancer actuel du sein
Effets secondaires
135
Ils sont relativement rares et se manifestent le plus souvent en début de
prise, il s’agit notamment de : nervosité, dépression, diminution de la
libido.

L’arbre de décision ci-dessous (figure 15) donne des indications sur


comment prendre en charge la survenue d’une aménorrhée chez
une cliente utilisant la contraception orale progestative.
AMENORRHEE SOUS COP

Rassurer : c’est normal et attendu

Examen gynécologique

Pas de grossesse Aménorrhée acceptée ?


Grossesse confirmée

OUI Arrêter et CPNR


Rassurer que les progestatifs n’ont aucun effet néfaste sur le fœtus

Rassurer et continuer si acceptable

Figure 16: Prise en charge de l’aménorrhée sous COP

Instructions

136
- Remettre les plaquettes de pilules en donnant un réapprovisionnement
pour une année (11 ou 13 plaquettes) si possible,
- Montrer et expliquer comment prendre la première pilule de la plaquette
et comment suivre les flèches pour les autres prises,
- Tous les 28 comprimés ont la même couleur et contiennent la même
concentration hormonale progestative,
- La prise est quotidienne, ininterrompue et faite à la même heure,
- Dès la fin d’une plaquette, continuer avec la suivante,
- En cas d’aménorrhée pendant 2 mois, continuer la pilule et revenir à la
structure sanitaire pour vérifier l’existence d’une grossesse,
- En cas de diarrhée persistante continuer la prise et renforcer par une
méthode de barrière jusqu’à la fin du traitement, continuer la prise même
en l’absence de rapports sexuels,
- Si risque d’IST, de VIH ou de SIDA, encourager l’utilisation du condom.

En cas d’oubli, prendre une pilule dès qu’on s’en rappelle et continuer à
prendre une pilule chaque jour. Si on oublie 2 pilules consécutives ou plus
on doit reprendre la prise d’une pilule par jour dès rappel ; mais, il faut
utiliser des condoms ou s’abstenir de relations sexuelles pendant 7 jours
consécutifs.
NB : La cliente peut utiliser la méthode même au-delà de 6 mois après
l’accouchement.
Suivi
Expliquer à la cliente le plan de suivi ci-dessous :
- Visite initiale : donner 1 plaquette,
- Donner rendez-vous en fin de plaquette et demander à la cliente de
revenir dès qu’un problème se pose,

137
- Si la cliente présente des problèmes ou des effets secondaires, se référer
à la prise en charge des effets secondaires,
- Lors de toutes les visites, préciser à la cliente de revenir au centre en cas
des signes d’alarmes suivants : aménorrhée de plus de 3 mois, céphalées
intenses, douleurs vives au bas ventre, troubles de la vision, saignements
très abondants.
[Link] Contraceptifs injectables progestatifs (CIP)

Définition
Les contraceptifs injectables constituent une méthode de contraception
efficace, durable, réversible et discrète. Ils sont comme une hormone
naturelle produite par le corps d'une femme. Ils sont injectés avec une
seringue dans les muscles (intramusculaire ou IM) ou dans les tissus adipeux
(sous-cutanée ou SC) et sont libérés lentement dans le sang à partir du site
de l'injection.

Types de contraceptifs injectables


Il y a deux types de contraceptifs injectables :
 Les injectables combinés à base d’œstrogène et de progestatif.
 Les injectables progestatifs : Il y a deux types: l'énantate de noréthistérone
(EN-NET) et le DMPA.
Le DMPA est le progestatif injectable le plus courant. Il est réinjecté tous les 3
mois (13 semaines). Le DMPA peut avoir différents noms de marque ou des
noms qui indiquent comment il est injecté (intramusculaire ou sous-cutanée).
Certains de ces noms sont les suivants:
o Depo-Provera®
o Sayana® Press
138
Sayana Press est une nouvelle formule de DMPA à dose plus faible que celle
de Dépo-provera, injecté dans le tissu adipeux juste sous la peau et
uniquement disponible sous format Uniject dans la plupart des pays.
Qu’est-ce que l’Uniject?
L’Uniject est :
 En dose unique, ce qui facilite l’injection aux clientes ;
 Pré-rempli pour s’assurer que la dose correcte soit administrée ;
 Facile à utiliser par les agents de santé qui n’administrent pas beaucoup
d’injections ;
 Non réutilisable afin d’empêcher que des maladies comme le VIH ou les
hépatites B et C passent d’une patiente à une autre à cause de la réutilisation
de l’aiguille ;
 Petit de taille pour un transport et une destruction faciles.

Composantes de l’Uniject
Il y a différentes parties de l’Uniject et il est important de connaitre leurs noms
et leurs fonctions:
1. Le réservoir : il est pré rempli d’une solution injectable de DMPA. Après que
l’aiguille soit introduite au niveau du site indiqué, le réservoir devrait être
pressé entre le pouce et l’index pour injecter le contenu. Avec le DMPA, bien
que le réservoir de l’Uniject soit seulement rempli au 3/4, il contient une dose
entière de contraceptif. Il est normal d’avoir une grande bulle d’air, mais
l’injection devrait être administrée avec l’aiguille pointant à angle droit vers le
bas. Ainsi, moins d’air de la bulle d’air sera injecté.
2. La valve : Il y a une valve à l’intérieur de l’Uniject que vous ne pouvez pas voir
et qui empêche l’Uniject d’être réutilisé de nouveau après qu’il ait été utilisé.
Cette caractéristique autobloquante est similaire pour toutes les seringues à
139
injection de DMPA et aide à empêcher la propagation des maladies telles que
le VIH/SIDA causées par la réutilisation des aiguilles.
3. Le porte-aiguille : Lors de l’injection et du retrait, l’Uniject devrait être tenu par
le porte-aiguille
4. L’aiguille : l’Uniject pré-rempli de DMPA étant une injection sous-cutanée,
l’aiguille est plus courte (9,5mm) que l’aiguille des injections Depoprovera.
5. Le capuchon de l’aiguille : Le capuchon de l’aiguille préserve la stérilité de
l’aiguille Uniject et aide à éviter les piqûres d’aiguille avant que l’Uniject ne
soit utilisé. Comme pour d’autres types de seringues, le capuchon de l’aiguille
ne devrait pas être remis sur l’Uniject après qu’il ait été enlevé.

Avantages attendus de l’Uniject


Il y a plusieurs avantages à administrer DMPA dans l’Uniject, Sayana Press.
Sayana Press devrait permettre à plus de femmes à recevoir des
contraceptifs parce que:
- Il peut être utilisé aussi bien par des infirmiers(ères) que par des
prestataires au niveau communautaire ayant moins de formation.
- Sayana Press pourrait rendre l’administration de contraceptifs
injectables plus rapide et plus facile pour les agents de santé.
- Sayana Press peut être utilisé par les prestataires au niveau
communautaire lors des visites à domicile.
- Sayana Press aide à s’assurer qu’une injection soit sûre car il est pré-
rempli avec la dose correcte, stérile et ne peut être réutilisé
- L’Uniject a été utilisé de manière sûre et efficace par les agents de santé
et les agents de santé communautaires formés dans différents pays
pour donner des médicaments et vaccins.

140
Il se peut que les clientes préfèrent la plus petite aiguille pour l’injection
sous-cutanée

Les points communs entre le Depo-provera et Sayana Press

Depo-provera et Sayana Press:


• Sont des contraceptifs progestatifs injectables.
• Sont faits du même médicament, le DMPA.
• Sont administrés tous les 3 mois (13 semaines).
• Ont un délai de réinjection similaire.
• Sont tous aussi efficaces l’un que l’autre.
• Ont les mêmes effets secondaires, sauf que Sayana Press peut
provoquer une irritation temporaire au site d'injection.

141
Les différences entre le DMPA IM et DMPA-SC

Caractéristiques DMPA-IM (Depo-provera) DMPA-SC (Sayana Press)

Mg/dose 150 mg 104 mg

Emballage Flacon et seringue Seringue Uniject pré-


remplie
Type d’injection Intramusculaire Sous-cutanée (dans le
(profondément dans le tissu adipeux sous la
muscle) peau)
Où administrer • Bras (muscle • face antérieure de
l’injection? deltoïde) la cuisse
• Cuisse • Au niveau de la
• Fesses peau de l’abdomen
• Face postérieure du
bras
Irritation de la L’irritation de la peau au La peau peut être un peu
peau site d'injection est peu irritée au site d'injection.
probable.

Mécanisme d’action
Il repose sur les 3 verrous suivants :
- Suppression de l’ovulation,
- Epaississement de la glaire cervicale qui va empêcher la pénétration des
spermatozoïdes,
- Modification de l’endomètre qui devient impropre à la nidation.

142
Mode d’administration
 L’injection peut être administrée entre le 1er et le 7ème jour des règles,
ou à n’importe quel moment si on est raisonnablement sûr qu’elle
n’est pas enceinte en utilisant la liste de contrôle.
 En cas de changement de méthode on peut faire l’injection
immédiatement si on est raisonnablement sûre que la femme n’est
pas enceinte en utilisant la liste de vérification.
 Dans le post-partum, on peut prescrire les progestatifs injectables à
partir de 6 semaines si la cliente allaite et n’utilise pas la MAMA, ou
immédiatement si la cliente n’allaite pas, ou après 6 mois si la cliente
allaite et utilise la MAMA.
 Dans le post-abortum, l’utilisation des contraceptifs injectables
progestatifs peut se faire dans les 7 jours qui suivent un avortement
du 1er ou du 2ème trimestre ; au-delà de 7 jours après un avortement
du 1er trimestre ou du 2ème trimestre, avant de commencer il faut
s’assurer raisonnablement que la femme n’est pas enceinte en
utilisant la liste de contrôle.
 Après une contraception d’urgence, le contraceptif injectable peut
être débuté immédiatement ou dans les 7 premiers jours du cycle
suivant.

L’administration de la méthode (voir fiche d’apprentissage et aide-mémoire)

Avantages

Les avantages des contraceptifs injectables progestatifs sont les suivants :


- Efficacité immédiate en moins de 24 heures après l’injection,

143
- Offre 3 mois de protection pour le Dépo-provéra IM et DMPA-SC, et 2
mois de protection pour le Noristérat,
- N’interfère pas avec l’allaitement et les rapports sexuels,
- Ne contient pas d’œstrogène, diminuent les crampes menstruelles,
protège contre l’anémie, protège contre les cancers de l’endomètre et
les fibromes utérins,
- Diminuent l’incidence des maladies bénignes des seins, réduisent le
risque de MIP par épaississement de la glaire cervicale.

Limites
Ils sont comparables à ceux occasionnés par les COP ; on peut citer parmi
eux : aménorrhée, spotting, saignements, prise de poids, céphalées,
diminution de la libido, retour à la fécondité retardée, absence de protection
contre les IST/ VIH.

Critères d’éligibilité
Qui peut utiliser la CIP sans restriction

 CIP: Classe 1
 Âge 18-45 ans
 Nullipare
 Allaitement au sein 6 semaines à 6 mois
 inférieur à 21 jours sans allaitement
 > 6 mois après l’accouchement
 Antécédents de grossesse extra-utérine
 > 4 semaines après l’accouchement
 Post abortum immédiat
 Tabagisme

144
 HTA contrôlée et pouvant être mesurée, systolique entre 140 - 159 et
diastolique 90-99
 Céphalée autre que migraine
 Antécédents familiaux de Thrombose veineuse profonde
 Valvulopathies compliquées
 Tuberculose non pelvienne
 Maladie thyroïdienne
 Anémie
 Cancers du col, de l’endomètre, de l’ovaire
 Fibrome utérin
 Endométriose
 Cirrhose légère
 Cholestase gravidique
 Maladies trophoblastiques
 Hépatite chronique ou sujet porteur
 Hépatite aigue ou poussée
 Cervicite
 Vaginite
 MIP
 Risque accru d’IST
 Sujet séropositif et SIDA sans ARV
 Interaction médicamenteuse : Inhibiteurs nucléosidiques de la
transcriptase inverse (ARV) - antimicrobiens (antibiotiques à large
spectre, antifongiques, antiparasitaires) et anticonvulsivant (lamotrigine)

 CIP : Classe 2
 Âge : des ménarches jusqu’ à 17 ans et plus de 45 ans

145
 < 6 semaines après l’accouchement
 Antécédents de grossesse extra-utérine
 HTA ne pouvant pas être mesurée, systolique > 160 ou diastolique > 100
 Migraine avec aura pour l’adoption
 Antécédent de thrombose veineuse profonde
 Cardiopathie ischémique / AVC pour l’adoption
 Diabète avec maladie non vasculaire
 Diabète avec maladie vasculaire ou diabète durant plus de 20 ans
 Hyperlipidémie sévère
 Cancer du col utérin en attendant un traitement
 Maladie du sein avec grosseur non diagnostiquée (référer pour
diagnostic le plus tôt possible)
 Saignements vaginaux irréguliers peu abondants
 Saignements vaginaux abondants ou prolongés, régulier ou non,
inexpliqués
 Affections des voies biliaires actuelles ou symptomatiques
 Cholestase liée à l’emploi des CO
 Lupus érythémateux disséminée (thrombocytopénie sévère et traitements
immunosuppresseurs)
 Sujet à risque élevé de VIH
 Embolie pulmonaire aigu et traitement par anti coagulants
 Risque thrombogène important (chirurgie lourde)
 Pathologie vasculaire
 Antécédent HTA
Question : Qui peut utiliser les CIP avec précaution ?

 CIP : Classe 3

146
 Allaitement au sein : Moins de 6 semaines du post-partum
 HTA systolique≥ à 160 ou diastolique>100 :
 Pathologie vasculaire
 Facteurs de risque multiples de maladie cardio vasculaire : migraine avec
aura quel que soit l’âge (poursuite)
 thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire aigue
 Lupus érythémateux disséminé avec anticorps anti phospholipides positif
ou inconnu
 Lupus érythémateux disséminé avec thrombocytopénie sévère (pour
adoption) Cardiopathie ischémique (actuelle ou antécédent), accident
cérébro vasculaire (antécédent)
 Maladie du sein en rémission depuis 5 ans
 Diabète avec maladie vasculaire ou diabète durant plus de 20 ans
 Saignements vaginaux inexpliqués
 Cirrhose grave
 Tumeur du foie : adénome ou carcinome hépatocellulaire

Question : Qui ne doit pas utiliser les CIP ?

 CIP : Classe 4
 Grossesse et
 Cancer du sein actuel

Les listes de contrôle ci-dessous (figure 17) renseignent sur les points
essentiels à retenir concernant les CRM dans l’utilisation des
progestatifs injectables.

147
Figure 17 :
Liste de contrôle pour les

clientes qui
commencent

le

DMPA

148
Figure 18 : Aide-mémoire pour la réinjection du DMPA

EFFETS SECONDAIRES
La

prise en charge
des
principaux effets secondaires des progestatifs injectables est énoncée
dans les arbres décisionnels suivants (figures 19-20, tableau V)

149
AMENORRHEE SOUS DMPA

Rassurer : c’est normal, attendu

Examen gynécologique

Pas de grossesse
Grossesse confirmée
Aménorrhée acceptée

Arrêter méthode et CPNRRassurer que les progestatifs n’ont aucun effet néfas

OUI NON

Rassurer et Arrêter
continuer
et changer
si acceptable
de méthode (COC si éligible ou méthode non-hormonale)

Figure 19: Prise en charge de l’aménorrhée sous DMPA

SAIGNEMENT SOUS DMPA

Examen clinique

150
Cause non retrouvée
Cause retrouvée (grossesse
avortement, infection, cause
gynécologique)
EFFETS
SECONDAIRE CONDUITE A TENIR
S

Prise de poids * Proposer un conseil de régime hypocalorique


(> de 2 kg par - Si amélioration continuer les injections
mois) - Si pas d’amélioration au bout d’un mois aider à
choisir une autre méthode.
* Si nausée dans les 3 premiers mois : Rassurer
Nausée * Si nausée après 3 mois :
- Si grossesse -> CPNR
- Si pas de grossesse, rechercher une autrecause
(trouble digestif, parasitose) et traiter.
* Conseiller les soins de visage avec des
Acné produits anti-sécrétoires à usage local
* Si la cliente est sous NET EN (Noristérat), proposer un
changement avec le DMPA (Dépo-Provéra) ou aider à
faire le choix d’une autre méthode
* Si grossesse : arrêter la méthode -- CPNR
Ballonnement * Si pas de grossesse : rechercher la cause et traiter
abdominal * Si cause non-retrouvée : conseiller un régime pauvre
en féculents et riche en légumes et fruits et aider à faire
le choix d’une autre méthode.
* Rechercher une autre cause
Baisse de la * Faire counseling
libido * Si cause non retrouvée : proposer d’autres méthodes

151
Instructions
Il faut demander à la cliente de revenir à tout moment si elle sent le besoin
de le faire ou en cas d’apparition des signes d’alarme suivants: aménorrhée
après plusieurs cycles réguliers, douleurs vives au bas ventre, saignement
abondant ou prolongé, tuméfaction ou douleur au niveau du point
d’injection, maux de tête prolongés, troubles de la vision.

Suivi
La cliente doit revenir pour la prochaine injection 13 semaines après
(3mois) si DMPA, 8 semaines après (2 mois) si Noristérat. L’injection peut
être faite deux semaines avant ou jusqu’à 4 semaines après la date fixée
pour l’injection de rappel. Au-delà de 4 semaines de retard, la cliente doit
s’abstenir ou utiliser une méthode barrière (condom ou spermicide) en
attendant les règles suivantes.

7.2.3 Méthodes de barrière et chimique

[Link] Définition
Les méthodes barrières sont des méthodes contraceptives mécaniques ou
chimiques qui empêchent la pénétration et/ou la progression des
spermatozoïdes dans la filière génitale féminine.

[Link] Types méthodes de barrière et chimique


Les méthodes mécaniques sont au nombre de 5 : le condom masculin, le
diaphragme, l’éponge, le condom féminin, la cape cervicale. Les méthodes
chimiques ou spermicides qui inactives ou détruisent les spermatozoïdes
sont au nombre de 4 : les comprimés, les crèmes, les gelées, les mousses.
152
[Link].1 Condom masculin

 Définition
C’est une fine gaine en latex, plastique portée sur le pénis en érection
avant le rapport sexuel.

 Mécanisme d’action
Le condom masculin empêche :
- le sperme d’entrer en contact avec les voies génitales féminines,
- la transmission d’organismes pathogènes entre les partenaires.

 Avantages
- Efficacité : 78 - 99 % sans spermicides, 99 % avec spermicides.
- Protège contre les IST, le VIH et le SIDA.
- Seule méthode réversible pour les hommes.
- N’a pas d’effet secondaire systémique.
- N’interfère pas avec l’allaitement maternel.
- Peut constituer une méthode d’attente ou d’appui.
- Peut améliorer les problèmes d’éjaculation précoce.

 Limites
- Possibilités de déchirures du condom, et de fuites avec risque de
grossesse non désirée et de contamination,
- Interfère avec les rapports sexuels,
- Interrompt les préludes du coït,
- Nécessite une motivation du partenaire,
- Possibilité d’allergie au latex.
153
 Critères d’éligibilité
Aucun bilan n’est nécessaire avant l’utilisation du condom masculin.

 Mode d’utilisation : port du condom masculin


- N’ouvrez pas l’emballage du condom avec les dents, un couteau, des
ciseaux ou d’autres instruments tranchants.
- Le condom doit être enroulé sur le pénis en érection avant que le pénis
n’entre dans le vagin car le sperme pré éjaculatoire contient des
spermatozoïdes actifs.
- Si le condom n’a pas un bout élargi (réservoir), laissez environ 1 à 2 cm
au bout pour recevoir le liquide éjaculé.
- En tenant la base (l’anneau) du condom, retirez le pénis avant de perdre
l’érection pour éviter que le condom ne glisse et ne répande le sperme.
- N’utilisez chaque condom qu’une seule fois.
- Pour jeter un condom utilisé, il faut le jeter soit dans les toilettes ou bien
l’enterrer
- Veillez à ce qu’il y ait un approvisionnement de condoms disponibles.
Ne les stockez pas dans un endroit chaud car ils risquent de se
détériorer.
- N’utilisez pas un condom si l’emballage est rompu ou si le condom
paraît endommagé ou si la date de péremption mentionnée est
dépassée.
- N’utilisez pas de l’huile minérale, de l’huile de cuisine, de l’huile pour
bébé ou de la vaseline pour lubrifier les condoms ; ces produits peuvent
les endommager très rapidement.
- En cas de rupture ou de fuite, recourir à la contraception d’urgence.
 Instructions
154
- Utiliser un spermicide pour renforcer l’efficacité du condom.
- Ne pas enduire de lubrifiant sur le condom.
- Conserver le condom à l’abri de la chaleur.
- Utiliser un condom pour chaque rapport sexuel.
- Après usage prendre toutes les dispositions utiles pour éviter la
réutilisation,
- Ne pas utiliser si l’emballage est rompu.
- Insister sur les conditions d’achat et de conservation (éviter chaleur).
- Disposer d’un nombre suffisant en cas de besoin.
- Vérifier la date de péremption (5 ans à partir de la date de fabrication).
- Utiliser une CU en cas de mauvaise utilisation.
- Améliorer le confort des rapports sexuels en utilisant un lubrifiant au
besoin.

 Suivi
- Demander si le client est satisfait.
- Vérifier la bonne utilisation du condom.
- Réapprovisionner le client.

En cas d’allergie au latex (urticaire ou éruption cutanée sur le corps,


étourdissement ou difficulté à respirer, perte de connaissance pendant ou
après l’utilisation du préservatif): arrêter la méthode, revenir à la structure
sanitaire pour choisir une autre méthode et consulter au besoin des
services compétents en allergologie.

155
[Link].2 Condom féminin

 Définition
C’est un mince fourreau de plastique en polyuréthane mou et transparent. Il
est formé de deux anneaux. L’un est fermé et doit être placé en contact
avec le col utérin, l’autre est ouvert à l’extérieur devant être placé au niveau
des petites lèvres.

 Mécanisme d’action
Le condom féminin empêche :
- le sperme d’entrer en contact avec les voies génitales féminines,
- la transmission d’organismes pathogènes entre les partenaires.

 Avantages
- Efficace si employé correctement et constamment.
- Protège contre les IST/VIH et les grossesses non désirées.
- N’exige pas d’ordonnance ni de bilan médical.
- Pas d’effets secondaires ni d’allergie.
- N’interfère pas avec l’allaitement maternel
- Méthode d’attente ou d’appui.
- Peut améliorer l’orgasme chez la femme.
- Sensation de contact naturel, consistance plus souple.
- Peut être posé à l’avance et n’interrompt pas les rapports sexuels.
- Peut ne pas être enlevé immédiatement après le rapport.

 Limites
- Exige l’adhésion du partenaire.
- La femme doit toucher ses parties génitales.

156
- Peut faire du bruit lors des rapports.
 Critères d’éligibilité
Aucun bilan n’est nécessaire avant l’utilisation du condom féminin.

 Mode d’utilisation : Port du condom féminin


La femme peut choisir l’une des 4 positions suivantes pour l’insertion :
assise sur le bord d’une chaise, couchée sur le dos, cuisses repliées,
accroupie ou debout avec appui d’un pied sur une chaise. D’une main, elle
pince l’anneau interne en forme de 8, de l’autre main, elle écarte les lèvres
de la vulve, le condom est alors comprimé puis introduit le plus loin
possible.

 Instructions
Il est important de donner les informations suivantes à la cliente :
- utiliser un nouveau condom lors de chaque rapport sexuel,
- frotter le préservatif pour bien repartir le lubrifiant,
- ne pas ouvrir l’emballage du condom avec les dents, un couteau, des
ciseaux ou d’autres instruments tranchants,
- maintenir l’anneau et le pincer,
- le condom doit être inséré dans le vagin aussi loin que possible,
- pousser vers le haut, veiller à ce que le préservatif ne soit pas tordu,
- lors de la pénétration du vagin, guider le pénis à l’intérieur du
préservatif,
- après le rapport, retirer le préservatif en pinçant l’anneau extérieur et
en le faisant tourner,

157
- en tenant la base (l’anneau) du condom, retirez le pénis avant de
perdre l’érection pour éviter que le condom ne glisse et ne répande le
sperme,
- n’utilisez chaque condom qu’une seule fois,
- pour éliminer un condom utilisé, il faut le jeter soit dans les toilettes ou
bien l’enterrer,
- ne pas stocker les condoms pas dans un endroit chaud car ils
risquent de se détériorer,
- n’utiliser pas un condom si l’emballage est rompu ou si le condom
paraît endommagé ou fragile ou s’il est périmé,
- n’utiliser pas de l’huile minérale, de l’huile de cuisine, de l’huile pour
bébé ou de la vaseline pour lubrifier les condoms. Ces produits
peuvent les endommager en l’espace de quelques secondes,
- en cas de rupture ou de fuite, recourir à la contraception d’urgence,
- vérifier la date de péremption (5 ans à partir de la date de fabrication),
- peut être posé 8h avant les rapports sexuels.

 Suivi : demander au client s’il est satisfait, vérifier la bonne utilisation du


condom et réapprovisionner.

158
[Link].3 DIAPHRAGME

Définition :
Le diaphragme est un capuchon en caoutchouc en forme de dôme qui
est inséré dans le vagin avant le rapport sexuel et qui couvre le col de
l’utérus

Types :

- Diaphragme de première génération

- Le diaphragme Caya : nouveau


-

Diaphragme de première Diaphragme de troisième génération

Génération (plusieurs tailles)(Taille uniqueCaya)

Mécanisme d’action
Empêche les spermatozoïdes d’arriver dans le tractus génital supérieur
(utérus et trompes de Fallope). Son action est renforcée par la fonction
spermicide de la crème ou de la gelée qui est utilisée en même temps.

159
Qui peut utiliser le diaphragme ?

• Femmes qui préfèrent ne pas utiliser les autres méthodes ou qui ne


devraient pas les utiliser
• Couples qui n’ont pas de rapports sexuels fréquents
• Couples ayant besoin d’une méthode d’appoint

Qui ne peut pas utiliser le diaphragme ?

Femmes avec un prolapsus utérin


Femmes avec une grave cystocèle ou rectocèle (saillie des parois de
la vessie ou du rectum dans le vagin)
Femmes avec une sténose vaginale (rétrécissement du canal vaginal)
ou ayant toutes autres anomalies vaginales
Femmes avec un handicap physique
Femme présentant une allergie aux latex
Femme en post partum avant 6 semaines

Avantages et limites
Avantages sur le plan contraceptif
• A taille unique (diaphragme Caya), qui s’adapte à l’anatomie d’un
grand nombre de femmes
• Une pose facile 80% des femmes ont correctement positionné le
diaphragme Caya lors de leur premier essai.
• Discret et efficace immédiatement
• N’interfère pas avec l’allaitement maternel

160
• Ne gêne pas les rapports sexuels (peut être inséré jusqu’à 6 heures
avant)
• Aucun risque pour la santé lié à la méthode systémique
• Sensation d’indépendance et de liberté pour la femme

Limites
• Efficacité modérée (taux de grossesses de 6 à 18 pour 100 femmes
pendant la première année lorsque le diaphragme est utilisé avec un
spermicide et 18,8% pour le diaphragme Caya)
• Nécessite un examen gynécologique par un prestataire formé pour
l’ajustement initial et pour le réajustement post-partum (diaphragme
avant dernière génération)
• Doit être gardé en place pendant 6 heures après le rapport sexuel
• Besoin d’une bonne connaissance de son anatomie
• Pas de toilette vaginale dans les 6 heures après rapport sexuel

Mode d’emploi
• Utilisez le diaphragme lors de chaque rapport sexuel
• Vider la vessie et se laver les mains
• Appuyer sur le caoutchouc et tenir le diaphragme devant la lumière
ou le remplir d’eau pour vérifier qu’il n’y a pas de trous
• Mettre une petite quantité de crème ou de gelée spermicide dans le
capuchon (pour faciliter l’insertion, on peut mettre une petite quantité
de crème ou de gelée sur le bord du diaphragme ou dans l’ouverture
du vagin) pressez ensemble le rebord

161
• Pour le diaphragme Caya, inséré avec une noisette de gel Caya dans
le vagin (maximum 2 heures avant le rapport, sinon besoin de
remettre 4ml de avec l’applicateur)
• Les positions suivantes peuvent être adoptées pour insérer le
diaphragme : un pied sur une chaise, couchée ou accroupie
• Écarter les lèvres du vagin
• Insérer le diaphragme contenant la crème ou la gelée au fond du
vagin et pousser le rebord frontal derrière la symphyse pubienne
• Mettre le doigt dans le vagin et sentir le col (même sensation que le
nez) à travers le caoutchouc pour être sûre qu’il est recouvert

[Link].4 Spermicides

 Définition
Les spermicides sont des produits chimiques introduits dans le vagin avant
le rapport sexuel pour rendre inactifs les spermatozoïdes.

 Mécanisme d’action
Ils agissent par voie vaginale en détruisant la membrane cellulaire des
spermatozoïdes et en affectant leur mouvement et leur capacité à féconder.

 Avantages
- N’interfère pas avec l’allaitement maternel.
- Peut-être une méthode d’attente ou d’appoint.
- Absence d’ordonnance, il n’est pas nécessaire de faire un bilan médical
préalable,
- Peut servir de lubrifiant,
- Absence d’effet secondaire systémique.

162
 Limites
- Excès d’humidité vaginale, interférence avec le rapport sexuel.
- Possibilité d’allergie ou d’irritation vaginale.
- Efficacité 70-90 % si utilisé seule, et 70-99 % avec condom.
- Pas de toilette vaginale dans les 6 heures après le rapport.
- Absence de protection contre les IST/VIH.

 Critères d’éligibilité
Il faut en particulier rechercher une allergie aux spermicides.
 Mode d’utilisation
Mousses ou crèmes
- Bien agiter le flacon avant usage.
- Remplir l’applicateur.
- Introduire l’applicateur profondément dans le vagin, la femme étant
couchée sur le dos, ou debout.
- Vider le contenu de l’applicateur et le retirer immédiatement, à moins
d’une heure avant le rapport sexuel.

Comprimés, ovules, gelées


- Humecter les comprimés et les ovules secs.
- Insérer profondément dans le vagin de la femme, en position couchée.
- Attendre 10 minutes avant d’avoir le rapport sexuel.

 Instructions

- Mettre les mêmes quantités de spermicide pour chaque rapport.

163
- Attendre au moins 6 heures après le dernier rapport avant de faire une
douche vaginale si on le souhaite.
- Bien entretenir l’applicateur qu’il faut laver avec savon et eau tiède,
rincer et sécher.
- Ne pas partager l’applicateur avec une autre femme.
- En l’absence de rapport sexuel 1 heure après avoir placé un spermicide
dans le vagin, il faut en renouveler la dose.

 Effets secondaires
En cas d’allergie, il faut arrêter l’utilisation du spermicide et choisir une
autre méthode.

7.2.4 Contraception d’urgence

7.2.4 .1 Définition
La contraception d’urgence est une méthode contraceptive d’exception qui
permet d’éviter la survenue d’une grossesse non désirée après un rapport
sexuel non ou mal protégé. Elle peut être offerte à n’importe quel moment
du cycle menstruel et dans les 72 heures pour les méthodes hormonales et
5 jours pour le DIU suivant le rapport sexuel.

[Link] Critère d’éligibilité

Qui peut utiliser la CU sans restriction

 Classe 1

164
 Toute femme qui a eu un rapport sexuel non ou mal protégé, absence
de grossesse (PCU, pilule classique) ;
 Toute femme qui a eu un rapport sexuel non ou mal protégé, absence de
grossesse et d’infection génitale, absence de cancer du col ou de
l’endomètre, absence de saignements vaginaux inexpliqués (Dispositif
Intra-Utérin).
 Allaitement au sein
 Antécédents de grossesse extra-utérine
 Utilisation d’un inducteur du CYP3A4
 Utilisation répétée de la PCU
 Viol
 Obésité

 Classe 2 : En général la CU peut être utilisée, avec un suivi dans


certains cas
 Antécédents de pathologie cardio-vasculaire grave
 Pathologie hépatique grave

[Link] Méthodes utilisées pour la Contraception d’urgence

A. Méthodes hormonales
- Pilule contraceptive d’urgence (PCU) :on peut utiliser des produits à
base de Lévonorgestrel dosés à 0,750 mg.
- Pilules classiquescomprennent : les pilules combinées œstro-
progestatives et les pilules à progestatifs seuls.

B. Méthode mécanique
165
Il s’agit du dispositif intra-utérin TCU 380A.

[Link] Mécanismes d’action et efficacité de la contraceptive d’urgence


En fonction des méthodes utilisées, la contraception d’urgence :
- retarde l’ovulation en bloquant la rupture du follicule ovulatoire (COC,
COP),
- gène la migration des spermatozoïdes (augmente la viscosité de la
glaire et le pH du fluide utérin, ce qui immobilise les spermatozoïdes)
(COC, COP),
- empêche la fécondation par accélération du péristaltisme tubaire et du
transport de l’ovule vers la cavité utérine en plus de l’effet inflammatoire
(corps étranger dans l’utérus) empêchant la nidation (DIU).

L’efficacité varie en fonction de la méthode utilisée: 85% pour la CU


utilisant les pilules progestatives seules, 75% pour les pilules COC, 99%
pour le DIU.

[Link] Mode d’administration

La contraception d’urgence doit être administrée dans les 7 jours qui


suivent l’acte sexuel. Elle est d’autant plus efficace qu’elle est utilisée dans
les suites immédiates soit 12 à 24 heures (efficacité de 95%). Elle baisse
par la suite au fur et à mesure que le délai d’utilisation augmente, elle est
de 58% entre 48 et 72 heures.

Le tableau VI ci-dessous récapitule les produits utilisés ainsi que


les posologies recommandées.

166
Tableau VI : Différents types de CU utilisées par voie orale
Type d’hormones utilisées pour la Posologie
CU
Pregnon®/Duet* : prendre un
comprimé à renouveler 12h plus tard
ou prendre 2 comprimés en prise
unique
Norlevo® : prendre un comprimé à
Pilules à progestatifs seuls avec renouveler 12h plus tard ou prendre
0,750 mg de levonorgestrol par 2 comprimés en prise unique.
prise Microval®/Microlut : prendre 25 cp
à renouveler 12h plus tard.
Acétate d’ulipristal (UPA) 1cp-dose
unique de 30 mg
Pilules Oestro-progestatives avec Normo-dosées :
0,006 mg de levonogrestrol + Néogynon®, Stédiril® : Prendre 2 cp
0,12 mg d’ethinyloestradiol par à renouveler 12h plus tard
prise  Mini-dosées :
Microgynon, Sécuril® et Adépal® :
Prendre 4 cp à renouveler 12h plus
tard

Pour le DIU, l’insertion peut se faire dans les 7 jours qui suivent le rapport
sexuel non ou mal protégé.

167
[Link] Avantages
- prévention des grossesses non- désirées,
- méthode sûre et efficace,
- utilisable à tout moment du cycle,
- bonne innocuité.

[Link] Limites
- Nécessite un personnel qualifié (DIU).
- Ne protège pas contre les IST/VIH.

[Link] Instructions
Le tableau VII ci-dessous indique à quel moment on peut commencer une
méthode contraceptive après l’utilisation d’une contraception d’urgence.
Tableau VII : Quand débuter une contraception après utilisation d’une
CU ?
Méthodes Quand commencer
Préservatif Immédiatement après la prise des PCU ; les
préservatifs protègent doublement contre la
grossesse et le IST/VIH
Orale Le jour qui suit la prise de la PCU
Injectables Immédiatement ou dans les 7 premiers jours du cycle
(méthode d’appoint si dans les 7 premiers jours du
cycle)
Implants Entre J1 et J7 du cycle (donner une méthode
d’appoint)
DIU Immédiatement

Les informations suivantes doivent être données au cours du counseling :


168
- l’utilisation de la CU doit être exceptionnelle et ne peut donc pas
remplacer une contraception régulière. La cliente doit bénéficier de
conseils et de services pour l’adoption d’une méthode contraceptive,
- elle est réservée aux situations d’urgence et de détresse,
- elle ne protège pas des IST et du VIH/ SIDA,
- en cas de retard des règles suivantes, la cliente doit revenir en
consultation : il peut s’agir d’un échec de la méthode et d’une
grossesse évolutive. Dans ce cas, la prise de la CU n’a pas de
conséquence sur l’évolution de la grossesse.

[Link] Effets secondaires


Les effets secondaires sont ceux des méthodes hormonales utilisées, il
peut s’agir de: céphalées, asthénie, tension mammaire, nausées,
vomissements, troubles des règles, spotting. Les signes digestifs sont plus
fréquents avec les pilules combinées et disparaissent en général dans les
24 heures.
En cas de vomissements dans les 2 heures qui suivent la prise, il est
nécessaire de renouveler la prise et de prendre des médicaments
antiémétiques. En cas de vomissements sévères continus, il faut utiliser la
voie vaginale. Si une cliente sous CU présente une diarrhée sévère
pendant plus de 24 heures après la prise, il est recommandé de renouveler
la dose.

169
Le tableau VIII ci-dessous donne des informations sur la prise en
charge des effets secondaires de la CU.

Tableau VIII : Prise en charge des effets secondaires de la CU


Effets secondaires du DIU Conduite à tenir
Crampes : Elles peuvent apparaître dans les Rassurer la cliente
24 à 48 heures qui suivent la pose du DIU

Vérifier si le DIU est bien


Si la douleur persiste au-delà de 3 à 5 jours, inséré
revenir à la structure Prescrire antalgiques ou
anti-inflammatoires non
stéroïdiens
au besoin
Saignements : Phénomènes courants pendant Rassurer la cliente et traiter
les trois premiers mois qui suivent la pose d’un si nécessaire
DIU
En cas de persistance ou d’aggravation du Prescrire anti-inflammatoires
saignement, revenir à la structure non stéroïdiens au besoin

Pertes vaginales : Elles peuvent se produire Rassurer la cliente


durant les semaines qui suivent la pose du
DIU
Si les pertes sont abondantes et Traiter selon les normes
accompagnées de douleurs pelviennes ou de
fièvre, revenir à la structure immédiatement

170
[Link] Suivi
La visite de suivi n’est pas nécessaire ; la cliente pourra toutefois revenir au
niveau de la structure en cas de besoin. Les prestataires de services
doivent conseiller ou orienter les clientes vers les services de PF ou
d’autres services SR.

171
7-3 Méthodes temporaires de longue durée d’action

7.3.1 Implants contraceptifs

[Link] Définition
Les implants sont une méthode contraceptive composée de capsules fines
et flexibles contenant un progestatif et qui sont insérées juste sous la peau
à la partie interne du bras.

[Link] Types
 Implants à une capsule : implanon dont Il existe deux types
Implanon et implanon NXT

Figure 21: implanon - Implant contraceptif sous cutanée à


1capsule

Figure 22 : Implanon NXT contraceptif sous cutanée à


1capsule

172
 Implants à 2 capsules de Lévonorgestrel dont il existe deux types :
le Jadelle et Sino- implant

Figure 23: Implants contraceptif sous cutanée à 2 capsules

2 bâtonnets, 150 mg LNG (fabriqué en Chine) – 4 ans -


Femplant® ou Zarin®)

173
[Link] Différence entre implanon et implanon NXT
Implanon Implanon NXT
bâtonnet unique, souple bâtonnet unique, souple, radio-
opaque
68 mg d'étonogestrel 68 mg d'étonogestrel
Pas de sulfate de baryum 15 mg de sulfate de baryum
Durée 3 ans Durée 3 ans
Insertion sous-cutanée Insertion sous-cutanée
Localisé par: Localisé par:
 La palpation  Palpation
 L’échographie  Radiographie
 IRM  Échographie
 Scanner
 IRM
Applicateur avec obturateur Applicateur de nouvelle
génération

[Link] Mécanisme d’action


Il repose sur les 3 verrous suivants :
- Suppression de l’ovulation,
- Epaississement de la glaire cervicale empêchant la pénétration des
spermatozoïdes,
- Modification de l’endomètre rendant la nidation difficile.
- La durée d’action varie en fonction du type et selon le poids de la
cliente :

174
- pour le Jadelle : 5 ans si poids < 80 kg, 4 ans si poids > 80 kg
- pour l’Implanon : 3 ans.

[Link] Mode d’administration


La méthode peut être débutée :
- entre le 1er et le 7ème jour des règles,
- à tout moment si la femme était jusqu’alors couverte par une autre
méthode,
- à tout moment si l’on est raisonnablement sur que la femme n’est pas
enceinte,
- dans le post-abortum, immédiatement ou dans les 7 jours qui suivent
l’évacuation utérine,
- dans le post-partum : si MAMA au 6ème mois, immédiatement ou dans
les 3 semaines si la cliente n’allaite pas, après 6 semaines si elle
allaite sans faire la MAMA.

Technique d’insertion et retrait des implants (voir fiche


d’apprentissage)

[Link] Avantages
- Efficace (taux d’efficacité : 90 à 100 %), réversible,
- N’affecte pas l’allaitement,
- Retour immédiat de la fécondité,
- Pas d’effets liés aux œstrogènes,
- N’interfère pas avec les rapports sexuels,
- Prévention de l’anémie chez certaines femmes,
- Diminue le risque des MIP (maladie inflammatoire pelvienne).
175
[Link] Limites
- Nécessité d’une procédure chirurgicale pour l’insertion et le retrait.
- Nécessité d’un personnel formé et d’un suivi médical après insertion.
- Ne protège pas contre les IST, le VIH et le SIDA.

[Link] Critères d’éligibilité

Question : Qui peut utiliser le/les implant (S) ?

 Implant: Classe 1
 Âge 18-45 ans
 Nullipare
 Allaitement au sein 6 semaines à 6 mois
 inférieur à 21 jours sans allaitement
 > 6 mois après l’accouchement
 Antécédents de grossesse extra-utérine
 > 4 semaines après l’accouchement
 Post abortum immédiat
 Tabagisme,
 HTA contrôlée et pouvant être mesurée, systolique entre 140 - 159 et
diastolique 90-99
 Céphalée autre que migraine
 Antécédents familiaux de Thrombose veineuse
 Valvulopathies compliquées
 Tuberculose non pelvienne
 Maladie thyroïdienne
 Anémie
176
 Cancers du col, de l’endomètre, de l’ovaire
 Fibrome utérin
 Endométriose
 Cirrhose légère
 Cholestase gravidique
 Maladies trophoblastiques
 Hépatite chronique ou sujet porteur
 Hépatite aigue ou poussée
 Cervicite
 Vaginite
 MIP
 Risque accru d’IST
 Sujet séropositif
 SIDA sans ARV
 Interaction médicamenteuse : Inhibiteurs nucléosidiques de la
transcriptase inverse (ARV) - antimicrobiens (antibiotiques à large
spectre, antifongiques, antiparasitaires) et anticonvulsivant (lamotrigine)

 Implant : Classe 2

 Âge : des ménarches jusqu’ à 17ans et plus de 45 ans


 < 6 semaines après l’accouchement
 Antécédents de grossesse extra-utérine
 HTA ne pouvant pas être mesurée, systolique > 160 ou diastolique > 100
 Migraine avec aura pour l’adoption
 Antécédent de thrombose veineuse profonde
 Cardiopathie ischémique / AVC pour l’adoption
177
 Diabète avec maladie non vasculaire
 Diabète avec maladie vasculaire ou diabète durant plus de 20 ans
 Hyperlipidémie sévère
 Cancer du col utérin en attendant un traitement
 Maladie du sein avec grosseur non diagnostiquée (référer pour
diagnostic le plus tôt possible)
 Saignements vaginaux irréguliers peu abondants
 Saignements vaginaux abondants ou prolongés, régulier ou non,
inexpliqués
 Affections des voies biliaires actuelles ou symptomatiques
 Cholestase liée à l’emploi des CO
 Lupus érythémateux disséminée (thrombocytopénie sévère et traitements
immunosuppresseurs)
 Sujet à risque élevé de VIH
 Embolie pulmonaire aigu et traitement par anti coagulants
 Risque thrombogène important (chirurgie lourde)
 Pathologie vasculaire
 Antécédent HTA

Question : Qui peututiliser la méthode avec précaution ?

 Implant : Classe 3

 Allaitement au sein : Moins de 6 semaines du post-partum


 HTA systolique≥ à 160 ou diastolique>100 :
 Pathologie vasculaire

178
 Facteurs de risque multiples de maladie cardio vasculaire : migraine avec
aura quel que soit l’âge (poursuite)
 thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire aigue
 Lupus érythémateux disséminé avec anticorps anti phospholipides positif
ou inconnu
 Lupus érythémateux disséminé avec thrombocytopénie sévère (pour
adoption)
 Cardiopathie ischémique (actuelle ou antécédent), accident cérébro
vasculaire (antécédent)
 Maladie du sein en rémission depuis 5 ans
 Diabète avec maladie vasculaire ou diabète durant plus de 20 ans
 Saignements vaginaux inexpliqués
 Cirrhose grave
 Tumeur du foie : adénome ou carcinome hépatocellulaire

Question :Qui ne peut pas utiliser la méthode ?

 Implant : Classe 4

 Grossesse
 Cancer du sein actuel

La liste de contrôle ci-dessous (figure 20) renseigne sur les points


essentiels à retenir concernant les CRM dans l’utilisation des
implants contraceptifs.

179
Figure 24: Liste

de contrôle

usage des implants


[Link] Effets secondaires
Le tableau XI ci-dessous résume les principaux effets secondaires et
complications observées et les modalités de leur prise en charge.
180
Tableau XI : Prise en charge des effets secondaires des implants
contraceptifs
Effets Secondaires
et Complications Conduite à Tenir
- si pas de grossesse : rassurer la cliente
Aménorrhée - si grossesse confirmée, retirer les implants et
expliquer que la dose de progestatif n’a pas d’effets
nuisibles sur le fœtus et prendre en charge pour CPN.
- si suspicion GEU –référer
- si pas de grossesse, rassurer la cliente
Nausées, vertiges, - si grossesse confirmée, retirer les implants et
nervosité expliquer que la dose de progestatif n’a pas d’effets
nuisibles sur le fœtus
- Prise en charge pour CPN
Prise ou perte de conseiller à la cliente de voir son régime alimentaire et
poids > 5kg par de faire des exercices physiques si nécessaire.
rapport au poids
initial
Infection au site - avec suppuration : retrait, antibiothérapie adéquate,
d’insertion soins locaux. Prescription d’une autre méthode ou
insertion d’un jeu dans l’autre bras.
- sans suppuration : soins locaux + antibiothérapie. Si
au bout de 7 jours pas d’amélioration -> retrait,
insertion dans l’autre bras ou autre méthode.
Expulsion de - si pas infection : retirer les capsules restantes et
capsules insérer 1 nouveau jeu.
- si infection : retirer les capsules restantes (voir

181
Effets Secondaires
et Complications Conduite à Tenir
infection au site).
Saignements éliminer une cause organique ou une grossesse.
Donner du fer.
- si saignement peu abondant : rassurer
- si saignement persiste : 1 cycle de COC 30 mcg
- si saignement persiste malgré COC : retirer et
conseiller une autre méthode.
- si saignement abondant : retirer et conseiller une
autre méthode.

[Link] Instructions après l’insertion


- Eviter toute souillure.
- Ne pas mouiller le pansement.
- Refaire le pansement au 3ème jour et demander à la cliente de l’enlever
au 5ème jour.
- Peut reprendre ses activités, mais éviter au cours de la première
semaine de soulever des objets lourds avec le bras où on a inséré les
implants.
- Peut reprendre les activités sexuelles dans les 24 heures.
- La zone d’insertion peut être enflée ou un peu douloureuse sans que
cela soit une complication.
- Après cicatrisation, il n’y pas de soins particuliers à appliquer.
- Peut changer de méthode à tout moment.
La femme doit se présenter à la formation sanitaire si elle présente les
signes d’alarme suivants:

182
- douleurs vives au bas ventre,
- présence de pus ou de saignement au niveau de la zone d’insertion,
- expulsion de la ou des capsules, maux de tête sévères ou troubles de
la vision.

[Link] Suivi
Calendrier de suivi :
• 1 mois après l’insertion puis tous les 6 mois
• Pour la visite de suivi :
- demander à la cliente si elle est satisfaite,
- si elle n’a pas de problèmes ou de questions concernant les
implants,
- vérifier si la cliente ne présente pas une infection au site d’insertion,
- dépister l’apparition d’effets secondaires et de complications,
- pour les clientes des classes 2 et 3, le suivi sera plus rapproché et en
fonction des cas.

183
7.3.2 Dispositif intra-utérin

[Link] Définition
Le D.I.U. (ou stérilet) est un petit objet que l’on insère dans la cavité utérine
pour éviter une grossesse. Les DIU sont de 2 types : les DIU Inertes
(Boucle de Lippes), les DIU Bio-actifs (avec cuivre (Copper T - 220, Nova
T, Tcu 380A, Multiload 75), et aux hormones (levoNova, Progestasert).

Figure 25: Dispositif intra-utérin Tcu 380A en place à l’intérieur


de l’utérus.
[Link] Mécanisme d’action
Le DIU Tcu 380A empêche la fécondation par le biais de 3 actions:
- réduction du nombre des spermatozoïdes et de leur mobilité, suite à
l’effet gamétotoxique du cuivre,
- accélération du péristaltisme tubaire et du transport de l’ovule vers la
cavité utérine.

184
- inflammation de l’endomètre (corps étranger dans l’utérus) empêchant la
nidation.
La durée d’action du Tcu 380A est actuellement de 13 ans.

[Link] Mode d’administration


- Entre le 1er et le 12ème jour des règles.
- A n’importe quel moment du cycle si la femme n’a pas eu de rapports
sexuels ou utilise une méthode contraceptive fiable.
- Dans le post-partum immédiat (48 heures), après 4 semaines, si MAMA à
partir du 6ème mois.
- Dans le post-abortum : immédiatement ou dans les 7 premiers jours si
pas d’infections pelviennes ou si avortement septique.

[Link] Avantages
- Méthode efficace, discrète et réversible,
- N’affecte pas l’allaitement,
- Aucune interaction avec les médicaments,
- Longue durée d’action (13 ans) pour Tcu 380 A,
- N’interfère pas avec les rapports sexuels,
- Peut être retiré à tout moment par un personnel formé,
- Peu coûteux.
N.B. Pour le Progestasert: possibilité de diminution d’un flux menstruel et
des crampes.

[Link] Limites
- Nécessite un personnel formé et un suivi médical,
- L’insertion et le retrait peuvent être plus ou moins douloureux,
185
- Ne protège pas contre les IST, le VIH et le SIDA,
- Possibilité de migration ou d’expulsion avec risque de grossesse non
désirée,
- Possibilité d’effets secondaires temporaires à type de: crampes utérines
modérées et saignements vaginaux irréguliers ou abondants.

[Link] Critères d’éligibilité


Le bilan s’effectue à l’aide d’uneliste de contrôle pour le DIU. Il s’agit d’un
outil de sélection facile à utiliser et destinée aux prestataires de santé qui
posent des dispositifs intra-utérins (DIU).

La première partie de la liste de contrôle (Questions 1-7) ainsi que les


questions permettant d’écarter la possibilité d’une grossesse peuvent être
remplies par un agent autre que le prestataire chargé de la pose des DIU.
Les clientes exclues après avoir donné une ou plusieurs réponses positives
aux questions de la liste de contrôle pour le DIU peuvent cependant
toujours opter pour ce dispositif si une évaluation médicale complémentaire
permet d’exclure la condition suspectée.

Les utilisateurs de la liste ont la possibilité d’adapter le langage et le style


pour les accorder au contexte culturel et linguistique de leurs clientes, mais
il faut veiller à ce que la signification de base des questions reste
inchangée.

Le DIU peut être utilisé en principe chez les femmes en âge de procréer,
quel que soit leur âge et leur parité, à condition de ne pas présenter des
conditions de santé excluant l’utilisation du DIU.
186
INDICATIONS
CRITERES D’ELIGIBILITE

Question : Qui peut utiliser le DIU ?

 DIU / Classe 1
 20 ans ou plus
 Post partum< 48 heures y compris immédiatement après l’expulsion
du placenta
 Tabagisme
 HTA ne pouvant pas être mesurée
 HTA contrôlée et pouvant être mesurée, systolique 140 – 159 ou
diastolique 90-99;
 HTA systolique > 160 ou diastolique >100
 pathologie vasculaire
 Céphalée autre que migraine légère ou grave
 Migraine sans aura
 Migraine avec aura
 Thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire (TVP/EP):
antécédent TVP/EP, TVP/EP aigue, TVP/EP et traitement par
anticoagulant, chirurgie majeure avec immobilisation prolongée
 Mutations thrombogéniques avérées
 Thrombophlébite superficielle
 Diabète maladie non vasculaire
 Diabète maladie vasculaire ou diabète durant plus de 20 ans
 Paludisme
 Tuberculose non pelvienne
187
 Troubles thyroïdiens
 Cardiopathies ischémiques (actuelle ou antécédent)
/AVC (antécédent)
 Facteurs de risque multiples de maladies cardio-vasculaires
 Hyperlipidémie avérée
 Lupus érythémateux avec anticorps anti phospholipides positifs
ou inconnu, traitement immunosuppresseur (poursuite)
 Ectropion cervical
 Maladie du sein : grosseur non diagnostiquée, cancer en cours,
en rémission depuis 5 ans
 Cirrhose légère et grave
 Affection symptomatique des voies biliaires (en cours ou traité)
 Cholestase en rapport avec la grossesse
 Cholestase liée à l’emploi des contraceptifs oraux
 Hépatite aigue ou poussée
 Hépatite chronique ou sujet porteur
 Tumeurs hépatiques (adénome ou carcinome hépato cellulaire)
 Fibrome sans déformation cavité utérine,
 Saignements vaginaux irréguliers peu abondants (seulement en cas
de poursuite)
 Interaction médicamenteuse y compris la prise des rifampicines
ourifabutine, traitement par anticonvulsivant)

 DIU : Classe 2
 De la ménarche à 19 ans
 Nullipare
 Valvulopathies cardiaque compliquées
188
 Anémies ferriprive
 Anémie falciforme
 Cancer (du col, endomètre, ovaire) pour poursuite
 Endométriose
 Saignements vaginaux abondant ou prolongé, régulier
ou non, inexpliqués (Poursuite)
 IST (autres IST et vaginite)
 MIP (nuligeste)
 Cervicite purulente actuelle (chlamydia et gonorrhée) pour poursuite
 Vaginite
 MIP actuelle pour la poursuite
 Autres IST (VIH et hépatite exclues)
 Risque accru d’IST (facteur démographique)
 Risque individuel d’exposition aux IST très élevé pour poursuite
 Lupus érythémateux disséminé : traitement immunosuppresseur
pour adoption
 Sujet séropositif ou à risque élevé de VIH
 SIDA (sans traitement ARV) pour la poursuite
 SIDA (sous ARV sans amélioration) pour adoption et poursuite
 SIDA (sous ARV avec amélioration) pour poursuite
 Interaction médicamenteuse Inhibiteurs nucléosidiques de
la transcriptase inverse Inhibiteurs non-nucléosidiques de la
transcriptase inverse, ritonavir, inhibiteurs de la protéase boostée par le
ritonavir

189
Question : Qui peut utiliser la méthode avec précaution ?

Réponse :
 DIU / Classe 3
 Post partum≥ 48 heures et inférieur à 4 semaines
 Risque individuel accru d’IST (adoption)
 SIDA (sans ARV) : adoption
 SIDA (amélioration clinique sous ARV) : adoption
 Lupus érythémateux disséminé : thrombocytopénie sévère (adoption)
 Maladie trophoblastique gestationnelle : taux de β HCG en diminution ou
indécelable
 Tuberculose pelvienne (poursuite)
 Cancer ovaire (adoption)

Question : Qui ne peut pas utiliser la méthode ?

 DIU / Classe 4
 Grossesse
 Post partum : infection puerpérale
 Post abortum : immédiatement après avortement septique
 Saignements vaginaux inexpliqués (jusqu’à évaluation de la situation)
pour adoption
 Maladie trophoblastique gestationnelle : taux de β HCG durablement
élevé ou maladie maligne
 IST/MIP (cervicite purulente actuelle, chlamydia gonorrhée) pour
adoption
 MIP actuelle pour adoption
190
 Tuberculose pelvienne (adoption)
 Déformation utérine due au fibrome ou anomalie anatomique
 Cancer col, cancer de l’endomètre pour adoption
 Cancer du sein (DIU au LNG)

[Link] Effets secondaires


Les principaux effets secondaires sont les suivants : fils manquant, pertes
vaginales anormales, ménomètrorragie et aménorrhée.

191
Figure 26:

192
Les arbres décisionnels suivants traitent de la prise en charge de
ces effets secondaires (figures 27-32).

INFECTION ET DIU

Faire un examen gynécologique

Vaginite Cervicite

- Laisser le DIU en place - Retirer le DIU - Laisser le DIU en place


- Traiter selon protocole IST - Traiter selon protocole - Traiter selon protocole IST

Offrir une autre méthode

Figure 27 : Prise en charge d’une infection sous DIU

193
GROSSESSE ET DIU

Faire un examen
gynécologique

Grossesse intra-utérine Grossesse extra utérine

Référer
Examen au
spéculum

Fils non vus


Fils vus

Surveiller la
grossesse

Laisser le DIU en place


Couper le fils au ras du col

Grossesse évolutive Avortement :


Consultation prénatale Prendre en charge et
antibiothérapie

Après accouchement
Rechercher le DIU

Figure 28 : Prise en charge d’une grossesse sur DIU

194
DOULEUR PELVIENNE ET DIU

Faire un examen
gynécologique

Expulsion
Partielle du DIU ?
Grossesse ?

Retirer et réinsérer ou
Donner des antispasmodiques Voir grossesse et DIU
aider à choisir une autre
pendant 8 jours.
méthode

Douleurs persistent ou
Non
s’aggravent ? Amélioration : laisser le
DIU en place

OUI

Retirer et aider la cliente à


choisir une autre méthode.
Exclure une nouvelle MIP

Figure 29 : Prise en charge d’une douleur pelvienne sous DIU

195
METRORRAGIES DE MOINS DE 3 MOIS ET DIU

Faire un examen
gynécologique

Pas de grossesse Grossesse

Voir grossesse et
dispositif intra-utérin
Examen Examen gynécologique
Gynécologique normal anormal

Douleur pelvienne Voir DIU et douleur


pelvienne
Fibrome

Rassurer
Revoir après 1 mois
Retirer le DIU, proposer
une autre méthode et
traiter ou référer

Amélioration Pas d’amélioration.

Garder le DIU Réexaminer à la recherche


d’une grossesse.

Si grossesse : Si pas de grossesse :


Voir le dispositif intra- Mettre sous AINS
utérin et grossesse

Si pas d’amélioration, Retirer le


dispositif intra-utérin et aider à
choisir une autre méthode

Figure 30 : Prise en charge de métrorragies sous DIU

196
METRORRAGIES DE PLUS DE 3 MOIS ET DIU

Faire un examen
gynécologique

Anormal Normal

Douleurs, tumeurs ou
autres anomalies

Revoir après un
(1) mois

Retirer et traiter selon la


cause ou référer

Amélioration ?

Oui Non

Garder le dispositif intra- Retirer et traiter


utérin et si anémie traiter anémie

Figure 31 : Prise en charge d’une ménorragie de plus de 3 mois


sous DIU

197
ABSENCE DES FILS DU DIU SANS GROSSESSE

Introduire une pince


crocodile à travers le col

DIU senti

- Revoir aux prochaines règles Rassurer


- Donner une méthode d’attente
et réexaminer

NON OUI

Fils non vus Fils vus

Radiographie abdomino-pelvienne Rassurer


Sans préparation avec hystéromètre
dans la cavité utérine
Ou échographie

DIU en place DIU non en place

Retrait et pose
DIU intra abdominal
abdominal

OUI NON
Intervention ou référer Remettre un autre DIU ou
aider à choisir une autre
méthode

Figure 32: Prise en charge d’une cliente


DIU avec des fils non vus sans grossesse

[Link] Instructions

198
- Possibilité de crampes pelviennes dans les 3 jours après l’insertion.
- Reprendre les rapports sexuels 1 semaine après.
- Possibilité de saignement après la pose.
- Vérifier les garnitures (possibilité d’expulsion plus importante surtout
pendant la 1ère semaine).
- Ne pas utiliser de tampons intra vaginaux pendant les règles.
[Link] Suivi
Donner les informations suivantes :
- Informer la femme sur le calendrier de suivi : 1 mois - 6 mois - tous
les ans
- Dire à la cliente de revenir à la formation sanitaire à chaque fois
qu’elle présente un des signes suivants: DIU expulsé, fils
anormalement longs, saignements très abondants non sensation du
fils par la femme .
- Dire à la cliente de revenir à la formation sanitaire devant les signes
d’alarme suivants : infection : (pertes vaginales, douleurs pelviennes,
fièvre), saignement anormal, retard de règles de plus de 15 jours
(TCU 380 A), signes d’alarme spécifiques au Progestasert
(aménorrhée, troubles de la vision, douleur vive au niveau de la
poitrine, douleur vive au niveau des mollets.
Les visites de suivi doivent se faire selon le calendrier suivant : 1 mois
après l’insertion, 6 mois après, puis une fois par an.
Lors de la visite, il faut :
- demander à la cliente si elle est satisfaite, si elle n’a pas de
problèmes ou de questions concernant son DIU,
- vérifier si le DIU est en place et si la cliente ne présente pas une
infection,
- dépister l’apparition d’effets secondaires et de complications.
- pour les clientes des classes 2 et 3, le suivi sera plus rapproché et en
fonction des cas.
199
7.4 Méthodes permanentes ou de contraception chirurgicale
volontaire

La Contraception Chirurgicale Volontaire (CCV) regroupe des méthodes


chirurgicales irréversibles de prévention de la grossesse. Ces méthodes
peuvent être appliquées chez la femme, c’est la ligature des trompes
(LT), et chez l’homme, c’est la vasectomie.

7.4.1 Ligature des Trompes

[Link] Définition
C’est une procédure chirurgicale par laparotomie, mini laparotomie ou
laparoscopie destinée à la ligature et à la section des trompes de Fallope
pour supprimer le potentiel génésique de la femme.

[Link] Mécanisme d’action


La LT empêche la rencontre entre le spermatozoïde et l’ovule par le biais
d’une occlusion des trompes (section, cautérisation, anneaux, clip).

[Link] Avantages
Les avantages de la LT sont les suivants :
- efficace et n’interfère pas avec l’allaitement et les rapports sexuels,
- pas d’effets secondaires à long terme,
- n’interfère pas avec la physiologie gynécologique (cycle menstruel),
- ne nécessite pas d’approvisionnement et de suivi particulier,
- peut se faire sous anesthésie locale (mini laparotomie).

[Link] Limites
Ils doivent être pris en compte, en particulier :

200
- possibilité de regret car il s’agit d’une méthode irréversible,
- nécessite un acte chirurgical réalisé parfois avec une anesthésie
générale, pas de protection contre les IST, le VIH et le SIDA,
- possibilité de complications liées à la chirurgie.

[Link] Critères d’éligibilité


ll faut insister sur les éléments suivants : la décision doit être réfléchie et
volontaire, un minimum de 2 visites est requis, la cliente doit signer une
fiche de consentement volontaire avant la procédure. Au Niger, pour être
éligible, la femme doit avoir au minimum 35 ans et avoir au moins 4
enfants. Elle doit avoir la possibilité de changer d’avis à n’importe quelle
étape de la procédure.

Le consentement du mari est souhaité et doit être recherché. Le


prestataire ne doit pas influencer le choix de la femme et du couple.
Le tableau XII ci-dessous, résume les critères d’éligibilité pour la
contraception chirurgicale.

Tableau XII : Critères d’éligibilité pour la ligature des trompes


Eléments Conduite à
tenir
Femme entre 7 et 42 jours du post-partum Catégorie D
Pré-éclampsie sévère / éclampsie Catégorie D
Rupture prématurée des membranes 24 heures Catégorie D

Infection du post-partum ou post-abortum Catégorie D


Hémorragie sévère (> 500 ml) Catégorie D
Traumatisme sévère du tractus génital lors de Catégorie D
l’accouchement ou de l’avortement

201
TA > 160/100 mmHg Catégorie D
Infection cutanée sur l’abdomen Catégorie C
Cardiopathie non-compliquée Catégorie C
Cardiopathie compliquée Catégorie S
Saignement vaginal non diagnostiqué normal ou Catégorie D
abondant
Maladie inflammatoire pelvienne évolutive ou dans 3 Catégorie D
derniers mois
IST y compris une cervicite purulente Catégorie D
Poids corporel >80 kg Catégorie S
Hémoglobine < 9g/dl Catégorie D
Hépatite virale aigue Catégorie D
Maladie trophoblastique maligne Catégorie D
Catégorie A: Pas de restriction Catégorie C: Faire avec plus de préparation et précautions
Catégorie D: Ajourner la procédure jusqu’à ce que la condition soit diagnostiquée et traitée.
Catégorie S : Faire dans un centre avec un équipement adéquat pour administrer l’anesthésie
générale et un personnel bien entraîné.

[Link] Mode d’administration


En période gynécologique l’intervention est recommandée dans les dix
premiers jours du cycle ou à défaut à n’importe quel moment si on est
raisonnablement sûr que la femme n’est pas enceinte.
Dans le post-partum, la LT peut être effectuée en post-partum immédiat
(72 premières heures) ou après le 42ème jour de post-partum. Dans le
post-abortum, en l’absence d’infection, la LT peut être faite
immédiatement ou dans les 7 premiers jours.

202
La LT peut être faite au cours de la césarienne.

Figure 33 : Saisie d’une trompe de Fallope avant sa ligature

[Link] Instructions
Avant l’intervention, la candidate à la LT doit respecter les instructions ci-
dessous :
- utiliser un contraceptif jusqu’au moment de la procédure,
- ne pas manger pendant 8 h avant la chirurgie,
- ne prendre aucun médicament pendant 24 h avant la procédure.

Après l’intervention, elle doit :


- veiller à ne pas mouiller la plaie pendant 2 jours,
- s’abstenir de rapports sexuels pendant une semaine,
- éviter de soulever les charges lourdes pendant une semaine.
- revenir à son rendez-vous entre J5 et J7 post-opératoire.

[Link] Suivi
Le prestataire doit demander à la cliente de revenir en cas de signes
d’alarme ou devant l’apparition des signes suivants : fièvre, vertiges,
douleurs abdominales persistantes, douleurs abdomino-thoraciques,
saignement ou liquide s’écoulant de la plaie, hématurie, signes de
grossesse.

203
7.4.2 Vasectomie

[Link] Définition
La vasectomie est une méthode irréversible et volontaire qui consiste à
ligaturer et à sectionner les canaux déférents pour mettre fin à la
fécondité de l’homme.

[Link] Mécanisme d’action


La ligature et la section des 2 canaux déférents empêchent les
spermatozoïdes de se mélanger avec le liquide séminal, le sperme ne
contient plus alors de spermatozoïdes.

VESICULE SEMINALE

CANAL DEFERENT

LIGATURE ET SECTION DU
CANAL DEFERENT
(BILATERAL)

EPIDIDYME

TESTICULE

Figure 34 : Vasectomie

[Link] Avantages
Ce sont les suivants : 99,8 % d’efficacité, n’interfère pas avec les
rapports sexuels et la fonction sexuelle, ne nécessite pas
d’approvisionnement ni de frais supplémentaires.

204
[Link] Limites
- Possibilité de regret: méthode irréversible.
- Efficace seulement 3 mois après l’intervention.
- Ne protège pas contre les IST/SIDA.
- Risque de complications liées à l’intervention (vive douleur au scrotum
ou dans les testicules, saignement sous la peau, infection au site
d’incision).
[Link] Critères d’éligibilité pour la vasectomie
Tableau XIII : Critères d’éligibilité pour la vasectomie
ELEMENTS CAT
Diabète Catégorie C
Troubles de la coagulation Catégorie S
Cardiopathie et/ou symptômes pulmonaires Catégorie S
Manifestations évoquant une atteinte rénale Catégorie C
TA > 160/100 mm Hg Catégorie S
Taux de l’hémoglobine < 9g/dl Catégorie D
Infection de la zone scrotale ou inguinale Catégorie D
IST courante, balanite, épididymite ou orchite Catégorie D
Antécédents de chirurgie ou traumatisme scrotale Catégorie C
Infection systématique ou gastro-entérite Catégorie D
Varicocèle volumineux Catégorie C
Filariose inguino-scrotale Catégorie D
Tumeur intra scrotale Catégorie D
Hernie inguinale Catégorie S
Testicules ectopiques Catégorie S
Drépanocytose Catégorie A

Catégorie A : Pas de restriction Catégorie C : Faire avec plus de préparation et précautions


Catégorie D : Ajourner la procédure jusqu’à ce que la condition soit diagnostiquée et traitée.
Catégorie S : Faire dans un centre avec un équipement adéquat pour administrer

l’anesthésie générale et un personnel bien entraîné.

205
[Link] Effets secondaires et complications de la vasectomie
Tableau XIV : Effets secondaires et complications de la vasectomie

Effets Secondaires Traitement


Infection de la plaie En présence d’infection cutanée,
traiter avec des antibiotiques et
drainer au besoin.
Hématome (scrotal) Appliquer un pansement chaud et
humide à l’endroit et fournir un soutien
scrotal.

[Link] Instructions après l’intervention


- Porter un soutien scrotal (slip serré) pendant 2 à 3 jours, ne pas
mouiller la plaie.
- Nécessite une méthode d’attente au moins pendant 3 mois.
- Eviter de soulever les charges lourdes, les travaux ou exercices
pénibles pendant 3 jours.
- En cas de douleurs du scrotum, prendre 1 à 2 comprimés
d’analgésique toutes les 4-6 heures.
- Revenir après 1 semaine pour enlever les points de suture.
- Revenir pour un test de sperme après 3 mois.
- Revenir en cas d’infection de la plaie, tuméfaction et douleur
persistante, fièvre, saignement ou liquide s’écoulant du site de
l’incision.

206
[Link] Suivi
Demander au client de revenir à tout moment s’il le désire.

7.5 Contraception du post-partum

7.5.1 Définition
La contraception du post partum est l’initiation et l’utilisation des
méthodes de PF durant les 2 ans qui suivent l’accouchement.

7.5.2 Options pour la contraception

 Après L’accouchement :
 Immédiatement :
- DIU (après la délivrance ou per Césarienne ou dans les 48 heures
qui suivent l’accouchement)
- Ligature des trompes pendant la césarienne
- Préservatifs/Spermicides
- Implants
- COP
 Après 3 semaines:
- MAMA (femmes qui allaitent)
- Œstro-progestatifs/Planification familiale naturelle (pour les femmes qui
n’allaitent pas)
 > 4 semaines après l’accouchement : À partir de 4 semaines
après l’accouchement, les femmes qui allaitent au sein peuvent
utiliser les PPS, les Progestatifs Injectables, le DIU au LNG et les
implants à l’ETG sans restriction.
 Après 6 semaines:
- DIU, progestatifs, Diaphragme, Cape cervicale (femmes qui allaitent)
 Après 6 mois et plus : Toutes les méthodes sont possibles

207
7.5.2 Utilisation des PS chez les femmes qui allaitent au sein (les PS
comprennent les pilules progestatives seules, les implants et les
solutions injectables)

 Classe 1 :
 De 6 semaines à 6 mois après l’accouchement : De 6 semaines à
6 mois après l’accouchement, les femmes qui allaitent au sein
peuvent utiliser les pilules progestatives seules(PPS), les PSI, le DIU
au LNG et les implants à l l’étonogestrel (’ETG) sans restriction.
 6 mois après l’accouchement : À partir de 6 mois après
l’accouchement, les femmes qui allaitent au sein peuvent utiliser les
PPS, les PSI, le DIU au LNG et les implants à l’étonogestrel l’(ETG)
sans restriction.
 Antécédents de grossesse extra-utérine : Les femmes qui ont fait
des grossesses extra-utérines dans le passé peuvent utiliser sans
restriction le DIU au LNG pour une contraception d’urgence.

 Classe 2 :
 < 6 semaines après l’accouchement : Moins de 6 semaines après
l’accouchement, les femmes qui allaitent au sein peuvent en général
utiliser les pilules progestatives seules (PPS), le DIU au
lévonorgestrel (LNG) et les implants à l’étonogestrel (ETG).

 Classe 3 :
 Moins de 6 semaines après l’accouchement, les femmes qui
allaitent au sein ne devraient généralement pas utiliser de progestatifs
seuls injectables (PSI) (AMPR ou NET-EN).

208
7.5.3 Contraception après avortement
Après un avortement, le retour à la fertilité est de 7 jours. C’est pourquoi,
il est impératif de donner une méthode de contraception.

 Options après un avortement

 Immédiatement toutes les méthodes :


- Préservatifs
- Spermicides
- Œstro-progestatifs
- Méthodes progestatives
- DIU si prestataire expérimenté et si avortement non septique.
4-6 semaines :
- diaphragme
- cape cervicale
- DIU

209
7.6 Contraception pour les femmes vivant avec le VIH et les femmes
vivant avec le VIH sous traitement antirétroviral (TAR)

Objectif: A la fin de la session, chaque participant sera capable de :


Conseiller les personnes vivant avec le VIH dans leurs choix en matière
de planification familiale.

7.6.1 Introduction
Les femmes atteintes du VIH ou du Sida (même si elles sont sous
traitement) peuvent avoir une vie sexuelle saine.

Certaines femmes peuvent présenter d'autres affections qui auront une


incidence sur le choix de la méthode.

7.6.2 Méthodes utilisables par les PVVIH

[Link] Méthodes hormonales (COC, COP, Injectables (DMPA/NET-


EN) et implants

 Critères d’éligibilité pour les méthodes hormonales

 Classe 1 : utilisation de la CU sans restriction


 Les femmes vivant avec une infection à VIH asymptomatique ou
légère (stade de l’OMS 1 ou 2)
 Les femmes vivant avec une infection à VIH sévère ou à un stade
avancé (stade de l’OMS 3 ou 4)
 Les femmes sous inhibiteurs de la protéase (p. ex. ritonavir et ARV
boostés par le ritonavir)
 Les femmes prenant un Inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de
la transcriptase inverse (INTI)

210
 Les femmes qui prennent les INNTI plus récents, contenant
l’étravirine et la rilpivirine,
 Les femmes sous l’inhibiteur de l’intégraseraltégravir (Raltégravir)

 Classe 2
 Les femmes vivant avec une infection à VIH asymptomatique ou
légère (stade de l’OMS 1 ou 2)
 Inhibiteurs de la protéase (IP) :
 Atazanavir boosté par le ritonavir (ATV/r)
 Lopinavir boosté par le ritonavir (LPV/r)
 Darunavir boosté par le ritonavir (DRV/r)
 Ritonavir (RTV)

 Classe 3
 Les femmes vivant avec une infection à VIH sévère ou à un stade
avancé (stade de l’OMS 3 ou 4)

[Link] DIU –Cuivre et DIU-LNG

 Classe 2
 Infection à VIH asymptomatique ou légère (stade de l’OMS 1 ou 2)
(pour adoption et poursuite)
 Infection à VIH sévère ou à un stade avancé (stade de l’OMS 3 ou 4)
pour la continuation

 Classe 3
 Infection à VIH sévère ou à un stade avancé (stade de l’OMS 3 ou 4)
pour l’adoption

211
[Link] Préservatifs

 Classe 1
 Infection à VIH asymptomatique ou légère (stade de l’OMS 1 ou 2)
 Infection à VIH sévère ou à un stade avancé (stade de l’OMS 3 ou 4)

[Link] Spermicides

 Classe 3
 Infection à VIH asymptomatique ou légère (stade de l’OMS 1 ou 2)
 Infection à VIH sévère ou à un stade avancé (stade de l’OMS 3 ou 4)

[Link] Contraception chirurgicales volontaire


o Vasectomie (cf session contraception chirurgicale volontaire : CCV)
o Stérilisation féminine (cf session contraception chirurgicale
volontaire : CCV)

[Link] La contraception d’urgence :


Il existe des moyens sûrs d'éviter une grossesse peu de temps après
un rapport sexuel non protégé (cf : Session contraception d’urgence)

7.6.3 Différents types de CU utilisées par voie orale

Tableau VI : Différents types de CU utilisées par voie orale


Type d’hormones utilisées pour la Posologie
CU
Pregnon®/Duet* : prendre un
comprimé à renouveler 12h plus
tard ou prendre 2 comprimés en
212
prise unique
Norlevo® : prendre un
comprimé à renouveler 12h plus
Pilules à progestatifs seuls avec tard ou prendre 2 comprimés en
0,750 mg de levonorgestrol par prise unique.
prise Microval®/Microlut : prendre 25
cp à renouveler 12h plus tard.
Acétate d’ulipristal (UPA) 1 cp
dose unique de 30 mg
Pilules Oestro-progestatives avec  Normo-dosées :
0,006 mg de levonogrestrol + 0,12 Néogynon®, Stédiril® : Prendre
mg d’ethinyloestradiol par prise 2 cp à renouveler 12h plus tard
 Mini-dosées :
Microgynon, Sécuril® et
Adépal® :
Prendre 4 cp à renouveler 12h
plus tard

Pour le DIU, l’insertion peut se faire dans les 7 jours qui suivent le
rapport sexuel non ou mal protégé

[Link] Méthodes naturelles


 Méthode d’allaitement maternelle et aménorrhée (MAMA) ( cf
session méthodes naturelles MAMA)

 Méthodes basées sur la connaissance de la fécondité (cf :session


méthodes naturelles)

213
7.7Contraception chez les adolescents/jeunes

7.7.1 Définitions:
- Méthode de contraception: Ensemble des moyens destinés à éviter
temporairement ou de manière définitive une grossesse non désirée.

- Planification familiale pour les A/J signifie que les A/J peuvent décider
du nombre d’enfants qu’ils veulent avoir. Ils peuvent planifier les
moments des grossesses. La contraception aide les A/J à protéger
leur santé en évitant les grossesses précoces et/ou non désirées.

7.7.2Les méthodes de choix pour les A/J :


 L’abstinence sexuelle
 Les méthodes de barrière et chimiques peuvent être utilisées
seules mais de préférence combinée. (Voir contraception
méthodes de barrière et chimique)
 Les préservatifs masculin et féminin: ils préviennent la grossesse
et la contamination par les IST/VIH/Sida.
 Les spermicides : inactivent ou tuent les spermatozoïdes et
protègent contre certaines IST. Ils renforcent également l’action
des préservatifs.
 Les contraceptifs hormonaux. (Voir méthodes hormonales)
- Les Contraceptifs Oraux Progestatifs(COP)
- Les implants
- Les Contraceptifs Oraux Combinés (COC)
- Les injectables
- DIU au LNG

214
 DIU ou stérilet : (insérer que si l’hystérométrie est égale ou
supérieur à 6 cm- voir DIU).

 Les méthodes naturelles : (voir méthodes naturelles)


- Méthode de calendrier
- Méthode de température
- Méthode de la glaire cervicale
- Méthode sympto-thermique.
- MAMA : Méthode efficace pour les femmes qui allaitent
- Retrait ou coït interrompu
- Méthode du collier
NB : Les méthodes hormonales, naturelles, DIU empêchent la survenue
d’une grossesse mais n’empêchent pas la contamination par les
IST/VIH/SIDA d’où la nécessité d’utiliser en plus le préservatif afin
d’éviter la contamination.

 Contraception d’urgence (voir contraception d’urgence)


Penser à la C.U chez les A/J : Les A/J peuvent avoir des rapports non
protégés dans plusieurs situations : rapport occasionnel, oubli du port
de préservatif, préservatif qui se déchire ou qui glisse, utilisation
incorrecte d’une méthode, viol
.
 Double protection:(CF : double protection page….)
Penser également à la double protection qui est l’utilisation de
préservatif seul ou associé à une autre méthode contraceptive contre la
grossesse et les IST/VIH/SIDA si la cliente choisie le préservatif ,elle a
une double protection (grossesse et IST/VIH).
Si la cliente choisie une méthode autre que le préservatif, elle n’est pas
protégée contre les IST/VIH.

215
Options pour la contraception pendant le post-partum et le post-
abortum :
Après L’accouchement ou après un avortement, l’adolescente/jeune peut
faire recourt à la contraception pour éviter une nouvelle grossesse.

7.7.3 Structures des a/j


Les structures offrant des services en matière de SAJ sont:
- Les centres de conseils, d’écoute et d’orientation
- Les formations sanitaires
- Les clubs des jeunes
- Les écoles et universités (infirmeries)

Les centres de conseils, d’écoute et d’orientation en SAJ


Les centres de conseils, d’écoute et d’orientation pour A/J sont des
structures mises en place par l’Etat ou certaines ONG pour améliorer
l’environnement socio-économique des A/J, ainsi que la communication
interpersonnelle avec eux dans le cadre des prestations SR.

Ces structures sont de deux sortes:


 Les Centres de Santé Intégrés y compris les CSI amis des jeunes :
Les responsables de certaines de ces structures ont été formés en
SAJ afin qu’ils prennent mieux en charge les A/J
 Les centres de jeunes, les plateformes :
 Les maisons des jeunes et de la culture de certaines localités ont
été aménagées et équipées. Les animateurs des jeunes ont été
formés pour mobiliser, conseiller et orienter les jeunes vers les CSI
pour des prestations de SR
 Les CCEJ ont été mis en place par l’ANBEF à Niamey, Dosso,
Maradi, Zinder Tahoua et Tillabéri

216
Chapitre 9: Introduction à la gestion logistique de base des
produits SR

8.1 SYSTEME D’INFORMATION EN GESTION LOGISTIQUE (SIGL)

Définition du système d’information en gestion logistique- : Un


système d’information en gestion logistique (SIGL) est un système
d’information et de compte-rendu qui suit le flux des produits et qui
permet de rendre compte des mouvements et de l’état des produits au
sein du système de distribution.

But et importance du SIGL : Le SIGL permet aux responsables de


collecter et analyser les données, et de produire les informations
nécessaires pour prendre les bonnes décisions.

Données logistiques essentielles


 Stock Disponible et Utilisable: solde du stock retrouvé après
inventaire physique hormis, les produits périmés, endommagés, et
avariés.
 Quantité utilisée: La quantité de produits consommés par les
utilisateurs durant une période définie.
 Pertes/Ajustements:
 Les pertes sont les quantités de produits retirés du système de
distribution pour toute raison autre que la consommation des
clients (ex : vols, périmés, endommagés, etc.).

217
 Les Ajustements sont des corrections sur les quantités expédiées
ou reçues d’une structure à une autre (ex : un transfert ou une
correction d’erreur de comptage).

Supports de gestion logistique (types de support et utilisation)


Le support SIGL est un formulaire sur lequel les données sont
enregistrées et qui doit rester dans la structure où ces données sont
collectées.

Classification des supports par catégories:


Les supports qu’on rencontre couramment sont les suivants :
 Fiche de gestion de stock ;
 Fiche d’inventaire
 Bon de Commande/livraison ;
 Fiche de séance
 Rapport de consommation et de demande.

218
Supports de tenue de stock :
 La Fiche de gestion de stock (informations sur les mouvements
de stocks)
C'est un support de gestion qui donne la situation des entrées et des
sorties des produits contraceptifs avec la justification requise (situation
du stock). C'est le pivot de la gestion des produits contraceptifs. Les
fiches de stock doivent être régulièrement mises à jour. Aucune sortie ni
entrée ne doit être oubliée. Toute anomalie de mise à jour entraîne des
erreurs de comptabilité et peut être cause de ruptures de stocks, ou de
pertes en cas de sur stockage.

 La fiche d’inventaire sert à pointer les quantités physiques


(réelles) des produits contraceptifs le jour de l’inventaire à l’effet de
confirmer ou infirmer le stock théorique inscrit sur les fiches de
tenue de stock.

Supports de transaction :
 Le Bon de commande/Livraison permet l'enregistrement des
besoins en produits contraceptifs. La commande est rédigée par le
prestataire et visée par le responsable de la formation sanitaire.
Les bons de commande sont adressés au District Sanitaire avec
comme documentation de base le rapport de consommation et de
demande.

La partie livraison permet de mettre à jour les fiches de stock et sera


une preuve tangible de la mise en stock des produits contraceptifs
commandés. En plus elle permet de comparer ce qui a été commandé et
ce qui a été réellement reçu.

219
Supports de consommation :
La fiche de séance permet d’enregistrer les produits contraceptifs
remis aux clientes ainsi que leurs statuts (nouvelles et visites retour par
groupe d’âge) ainsi que les activités d’IEC (Education de groupe,
counseling).
Le rapport de consommation et de demande permet au prestataire de
faire l’état de la consommation des produits contraceptifs durant la
période visée. Il est le support qui permet de justifie l’utilisation des
produits contraceptifs mis à sa disposition et servir de justificatif à sa
demande de réapprovisionnement. Il est avec la fiche de tenue de stock
les 2 documents les plus importants pour la gestion et la traçabilité des
produits contraceptifs.
Le Bon de Commande/Livraison est utilisé dans un système de
réquisition, et que la transaction commence au niveau le plus bas
(commande). Les étapes sont :
- La structure qui passe la commande remplit 4 copies du bon de
commande. C’est la 4ème copie qui reste dans la structure comme
aide-mémoire de la commande en cours. Les 3 autres copies sont
envoyées à la structure supérieure.
- La structure qui expédie les produits remplit les trois copies qu'elle
reçoit avec les quantités expédiées et garde la copie n°3 et
renvoie les deux autres copies à la structure initiale, au niveau
périphérique.
- La structure qui a reçu les produits remplit les deux copies puis
garde la copie n°1 et retourne la copie n°2 à la structure du niveau
supérieur.

220
Rapports (transmission et utilisation) : Les données collectées
dans les différents supports logistiques servent pour produire les
rapports.

Définition de rapport : C’est un formulaire sur lequel tous les


éléments d’information essentielle pour une entité spécifique et à un
moment précis, sont déplacés d’un niveau du système logistique vers
un autre, généralement sous forme récapitulative ou regroupée. On
distingue :
Le rapport mensuel ;
Le rapport trimestriel ;

Rapport d’activités : Le rapport d’activités PF est un rapport qui fait


le point sur les utilisatrices (anciennes et nouvelles) chaque mois.
Il sert de tableau de bord pour apprécier l’évolution de l’utilisation dans
un centre de santé.

La règle des six bons en SIGL


 Les « six bons » du SIGL sont:
 BON RAPPORT : rapport conforme au modèle standard avec des
données fiables
 BONNE QUANTITE : Rapport avec des données complètes/
Complétude
 BON MOMENT : rapport envoyé à temps / Promptitude
 BON ENDROIT : rapporttransmis aux niveaux indiqués

 BON COûT : coût de collecte et de transmission du rapport


acceptable
 BONNE DECISION: rapport avec des données nécessaires pour la
prise des décisions, appropriées et adéquates.
221
Pour assurer une utilisation correcte des supports du SIGL, il faut des
informations essentielles qui doivent répondre à la règle des « six
bons ».

8.2 EVALUATION DE L’ETAT DE STOCK

Définitions :
Evaluation des stocks :C’est une activité qui consiste à déterminer le
temps que va durer le stock disponible et utilisable (SDU) en fonction de
la consommation moyenne mensuelle (CMM)

Stock Disponible et Utilisable (SDU) :C’est la quantité de produits qui


peut être utilisée avant la péremption dudit produit.

NB : s’assurer que le produit en stock sera utilisé avant la date de


péremption si non redéployer la quantité qui ne peut pas être utilisée.
Il s’obtient comme suit:
 Faire l’inventaire physique en unités de stock dont dispose le
centre ;
 Puis soustraire le stock non utilisable (périmés, avariés…).
 Identifier la ou les dates de péremption du produit
 Calculer la CMM

L’inventaire physique permet aux responsables de stock de vérifier


l’exactitude du niveau de stock existant afin de déterminer le stock
disponible et utilisable.

222
Consommation Moyenne Mensuelle (CMM) :C’est la quantité
moyenne mensuelle calculée d’un produit donné sur une période de
trois (3) mois. Elle s’obtient en :
- Déterminant le stock disponible (stock fin de période) ;
- Notant le stock de début de la période ;
- Calculant la quantité du produit distribué ;
- Calculant les quantités reçues durant la période ;
- Calculant les quantités perdues pendant la période ;
- Déterminant le nombre de jours de la période ;
- Déterminant le nombre de jours de rupture durant la période ;
- Appliquant la formule à partir de ces éléments.

CMM= Consommation des trois derniers mois typiques/3

En cas de rupture
 C.M.M = [(Stock départ+ entrées-stock final-pertes)/( nombre
de jours période -nombre jours rupture de la période)] x 30

NB : faire le calcul de la CMM en se basant sur trois derniers mois

Mois de Stock Disponible (MSD) : Le MSD est une estimation de la


période de temps que durera les stocks actuellement disponibles. La
connaissance d’une telle information permettra de prévenir les ruptures
de stock, et aussi les commandes d’urgence qui sont parfois très
coûteuses.

223
Pour calculer le MSD on a besoin de :
 la quantité que nous avons (SDU),
 la quantité que nous utilisons en moyenne par mois(CMM),
La formule du MSD est:Stock Disponible et
Utilisable
MSD = __________________________________
ConsommationMoyenneMensuelle

ESTIMATION DES BESOINS

Les éléments suivants sont à prendre en compte dans le


calcul de la Quantité à commander :
 Elément 1 : Consommation moyenne mensuelle (CMM)
 Elément 2 : Stock disponible et utilisable (SDU)
 Elément 3 : Nombre de mois de Stock Disponible (MSD)
 Elément 4 : Stock Maximum
 Elément 5 : Quantité à commander
Ainsi, la Quantité à Commander s’obtient à partir de la formule
suivante :
 Formule de calcul de la quantité à commander (QàC)
 QàC = Stock Maximum – SDU ou:
 QàC = (CMM x n) – SDU
n = nombre de mois du niveau maximum (n = 2 mois au
niveau CSI)

 Quantité à Commander (QàC) = Stock Max –


SDU ; Stock Max = CMM X2 (pour les CSI)

224
Il existe deux types de commandes :

 La commande systématique qui est déclenchée à la fin de


la période de revue(période couverte par la commande)

 La commande d’urgence qui est déclenchée si le stock du


produit atteint le minimum avant la période de revue (avant
la prochaine commande).

Pour les contraceptifs le stock de sécurité et le délai de livraison


sont inclus dans le stock minimum

Rappel du calcul de Consommation Moyenne Mensuelle


(CMM)
Exemple 1 : Calcul de la CMM

Sortie de Microgynon sur 6 mois au CSI de Taroum (Ouallam).


 Janvier 2018  Avril 2018
= 330 cycles. = 340 cycles
 Février 2018  Mai 2018 =
= 350 cycles. 560 cycles.
 Mars 2018  Juin 2018
= 530 cycles = 590 cycles.

Calculer la quantité totale de Microgynon distribués en 6


mois.
 330 +350 +530 + 340 + 560 + 590 = 2700 cycles de
Microgynon

225
1. Calculer la CMM du Microgynon pour le CSI de Taroum
(Ouallam).
CMM = Quantité distribuée au cours des 3 mois typiques
3
= 590+560+530 = 560 cycles de Microgynon
3
Etapes du Calcul de la quantité à commander (QAC)
L’inventaire physique du Microgynon au niveau du CSI de
Taroum donne :

 450 cycles, dont 20 non-utilisables (périmés).


 Combien de cycles de Microgynon faut-il commander ?
o Sachant que le niveau Max de stocks des CSI est fixé
à 2 CMM (2 mois).

Etape 1 : CMM: Pour calculer la quantité à commander, il faut


d’abord calculer la consommation moyenne mensuelle (CMM). Au
CSI de Taroum la CMM est 560 cycles pour le Microgynon

Etape 2 : Stock Max: Il faut calculer le stock maximum (S Max).


Stock Max = CMM x 2 = 560 x 2 = 1120 cycles de Microgynon

Etape 3 : SDU: Maintenant il faut calculer le stock disponible et


utilisable (SDU).
Le SDU a Taroum est de : 450 – 20 = 430 cycles

Etape 4 : Quantité à Commander : Il faut calculer la quantité à


commander (Q à C).
Si nous appliquons la formule, Stock Max - SDU

226
La Quantité à commander = Stock Maximum - Stock disponible
et utilisable
Pour le CSI de Taroum la QàC = 1120 – 430 = 690 cycles de
Microgynon

8.3 Système de contrôle des stocks Maximum-Minimum

Définition : C’est un système qui veille à ce que les quantités en


magasin se situent dans une fourchette préétablie. La borne supérieure
de cette fourchette est la quantité maximum et la borne inférieure est la
quantité minimum ;

Définitions des paramètres de fonctionnement du système max-


min

Période de revue : C’estl’intervalle de temps qui s’écoule entre deux


commandes systématiques. Elle est encore appelée période
d’approvisionnement ou intervalle de commande.

NB : la période de revue est de 01 mois pour le CSI/CS ; 02 mois pour le


district et de 01 mois pour le dépôt régional (DRSP) ; 03 mois pour le
dépôt de zone

Commandes régulières : Ce sont des Commandes systématiques


faites généralement à la fin de chaque période de revue.

Délai de livraison ou temps d’attente : C’est l’intervalle de temps


entre le moment où les produits sont commandés et le moment où ils
sont reçus et disponibles pour la distribution.

227
Stock de sécurité : c’est le stock régulateur, tampon ou le stock de
réserve que l’on garde à disposition pour se prémunir contre
d’éventuelles ruptures de stock provoquées par des retards de livraison,
de fortes augmentations de la demande, ou pour d’autres
impondérables.
Niveau de stock maximum : C’est le niveau de stock le plus élevé à ne
pas dépasser dans les conditions normales. Le niveau Max est exprimé
en nombre de mois de stock : 2 mois pour le CSI/CS, 4 mois pour le DS,
3 mois pour la Région, 6 mois pour le dépôt de Zone

Niveau de stock minimum : C’est le niveau de stock le plus bas en


dessous duquel il ne faut pas descendre dans les conditions normales :
1 mois pour les CSI/CS, 2 mois pour le DS, 1 mois pour la DRSP, 3 mois
pour le dépôt de Zone.

STOCKAGE DES PRODUITS

Procédures de réception des produits


« La réception est le passage de la propriété des produits de celui qui
les livre à celui qui les reçoit. » Son but est de s’assurer de la quantité et
de la qualité des produits reçus.

Avant de recevoir les produits, il faut:


 S’assurer que l’espace disponible est suffisant pour contenir le
stock à réceptionner
 Préparer et nettoyer le local
 Prévoir la manutention.

228
Réception proprement dite :
o Vérifier l’intégrité des colis,
o Bien vérifier les dates de péremption, les numéros de lots et
tout autre défaut de qualité
o Vérifier la conformité des médicaments reçus par rapport au
bon de commande (BC),
o Compter les médicaments et les ranger par lot chacun selon
sa spécificité (rangement sur palette, rayon, chambre
froide…),
o Dater les formulaires et les faire signer par chaque membre
du comité de réception qui gardera une copie.

A la fin de la Réception:
S’il y a des défauts de qualité, les notifier, les mettre en quarantaine et
entreprendre les procédures de réclamation.
Signaler sur le bon de livraison les manquants et les excédents
constatés.

Directives de stockage : « Le stockage est une activité qui consiste


à garder les produits dans les conditions requises afin de préserver
la qualité des produits et faciliter leur gestion en attendant leur
utilisation ».

Les directives pour un bon stockage des produits (entreposage


des produits) :
- Nettoyer et désinfecter régulièrement le magasin ou le dépôt
- Emmagasiner les produits sanitaires dans une pièce sans
humidité, bien ventilée, à l’abri de la lumière directe du soleil

229
- Emmagasiner les produits en latex loin des moteurs électriques et
des lampes fluorescentes
- Empiler les cartons à moins de 10 cm du sol, à 30 cm des murs
et des autres piles et à une hauteur de 2,5 M maximum
- Emmagasiner les produits sanitaires, de manière à ce que la
gestion du stock soit facile « premier expiré, premier sorti » pour
des lots différents d’un même produit et « premier entré, premier
sorti » pour un même lot.
- Les produits sanitaires endommagés ou périmés sont détruits
selon les procédures en vigueur.

La date limite d’utilisation d’un produit : « C’est la date au-delà de


laquelle l’utilisation du produit n’est plus conseillée parce que pouvant
perdre son efficacité, son innocuité ou sa pureté ». Elle est déterminée
par le fabricant.

Inventaire physique : « Un inventaire physique est un processus qui


consiste à compter physiquement le nombre total d’unités de chaque
produit qui se trouve à un moment donné dans votre magasinetà vérifier
leur état. »

Les étapes de l’inventaire physique sont récapitulées ci-dessous :


- Ranger le magasin : Tenir compte des conditions spécifiques de
conservation pour chaque produit
- Arrêter toutes les opérations
- Préciser par écrit la mention « fermé » pour raison d’inventaire
du…… au…..
- Procéder au comptage des produits
- Définir le sens de progression ;

230
- Définir l’unité de comptage par produit :
- Compter les quantités pour chaque produit.
- Marquer les étiquettes d’identification et les dates d’expiration sur
les cartons ou boîtes de produits au feutre en gros caractères
- Notifier des données sur la fiche d’inventaire
- Mentionner les quantités trouvées de chaque produit sur la fiche
d’inventaire ;
- Noter les résultats sur la fiche de stock au Bic rouge à la date du
jour (date, inventaire physique, solde, observations).
- Analyser les données de l’inventaire
Vérifier que :
o le dernier chiffre de la colonne “solde” de la fiche de stock
correspond au stock trouvé à l’inventaire physique ;
o les pertes, péremption et avaries sont notées avec les
raisons afférentes ;
o les fiches ne comportent ni erreur, ni rature;
o le magasin est rangé conformément aux directives de
stockage des produits de santé ;
- le contrôle visuel de qualité est effectué lors de l’inventaire et
- le résultat de l’inventaire est marqué en rouge sur les fiches de
stocks par produit

L’inventaire physique se fait toujours avec au minimum 2


personnes dont Une extérieure à la gestion quotidienne des stocks.
Il est préférable de faire un comptage croisé.

NB :
- SI: les boîtes ou cartons sont scellés tels qu’ils ont été livrés par le
fabricant
231
- ALORS : il n’est pas nécessaire de les ouvrir
- Toute boîte ou tout carton endommagé doit être ouvert et son
contenu sera compté un à un.
- Le scotch rouge sur le carton indique qu’il contient plusieurs
molécules.

La vérification régulière de qualité des produits


 Conditionnement : son intégrité doit être conservée : vérifier s’il est
cassé, déchiré, etc.
o Etiquetage : vérifier si les étiquettes des produits sont
intactes, lisibles, etc.
o Dates de péremption : Vérifier si les dates de péremptions
sont encore bonnes
Produits stériles : vérifier
 Emballage déchiré ou fendu
 Parties manquantes
 Parties cassées ou tordues
 Humidité à l’intérieur de l’emballage
 Emballage taché

Produits en latex lubrifiés : vérifier


 emballage poisseux
 emballage taché
 produits ou lubrifiants ayant changé de couleur
 fuite de lubrifiant

232
Question : Pourquoi faut-il utiliser les différents supports dans le cadre
d'un programme ?
Réponses :

 afin de collecter correctement les données qui serviront à prendre des


décisions pour la mise en œuvre d'un programme,
 afin d'uniformiser les données.

Les différents types de supports de collecte de données

Question : Quels sont les différents supports de collecte de données en


PF ?
Réponse : les différents supports de collecte de données en PF sont :
 Fiche de séance,
 Fiche clinique,
 Fiche d’inventaire,
 Bon de commande
 Rapport de consommation et commande
 Formulaire de rapport trimestriel
 Registre nouvelles acceptrices
 Fiche gestion de stock
 Rapport mensuel d’activités

8.4 Utilisation des supports

LA FICHE CLINIQUE
 Le formateur explique que chaque fiche clinique a un numéro de
classement: année/ mois/numéro. Les 5 derniers numéros se
donnent consécutivement sans reprendre à zéro chaque année.
C'est seulement les chiffres pour l'année et le mois qui changeront.

233
 Une fois la fiche clinique remplie pour une cliente, on classe sa
fiche par mois de rendez-vous et dans chaque mois par ordre
numérique. Le formateur démontre le classement en utilisant le
fichier.

 Abandons: Le formateur explique qu'une femme qui a dépassé


son dernier rendez-vous d’au moins deux mois est une femme
qui a abandonné le programme. On retire sa fiche pour la classer
dans le fichier abandon. Si elle revient, on reprend sa fiche clinique
et on notifie ses raisons d'abandon. Après avoir fait le rapport
trimestriel sur lequel on compte le nombre d'abandons, on prend
les fiches cliniques dans le casier "abandons" pour les classer
dans l'armoire (afin d'éviter de les compter 2 fois).
 Démonstration : Le formateur démontre comment remplir et
classer les fiches cliniques.

Remplissage de la fiche clinique (voir fiche en annexe)


Elle comporte un certain nombre d'éléments qu'il faut rechercher, par
l'interrogatoire, l'inspection, l'examen physique et l'examen
gynécologique et sérologique.

Il est important de rechercher tous les éléments afin d'identifier les


contre-indications pour certaines méthodes contraceptives.

Il peut arriver que vous ayez des présomptions sur une affection qui
pourrait être une contre-indication à la méthode choisie par la cliente.
Dans la mesure du possible, demander des examens paracliniques pour
confirmer. Ces examens ne doivent pas être faits de manière routinière.

234
Pour les visites de retour vérifier et noter tous les paramètres demandés,
ainsi que les informations qui peuvent être importantes (cause
d'abandon, reprise après abandon, etc.)
Classement des fiches cliniques
 Les fiches cliniques sont classées dans des fichiers.
 . Vous devrez disposer de :
 2 fichiers à 6 casiers chacun ou 1 fichier à 12 casiers
 1 fichier ou une chemise pour les abandons.
 Les fiches sont classées par rendez-vous.
 Inscrire sur du papier collant les 12 mois de l'année et coller sur
chaque casier.
 Au fur et à mesure que vous recevez les clientes, classer leurs
fiches dans le casier du mois de rendez-vous.
 Le RDV passé, il restera dans le casier du mois les fiches des
clientes qui ne sont pas revenues.
 Retirer ces fiches après 60 jours et les classer dans le
fichier/chemise "abandon".
N.B. : Si le nombre d'abandons est important, vous pouvez le
mentionner dans le rapport trimestriel au niveau des problèmes
identifiés pendant le trimestre.

LA FICHE DE SÉANCE (voir annexe)


Constituée de:
 La première colonne indique les contraceptifs que vous distribuez
 La deuxième colonne sert à cocher le nombre de produits
distribués aux clients. Si vous remettez 1 cycle, vous cochez un
trait. Si ce sont 3 cycles, cochez 3 traits. Le système de marquage
retenu est celui de barreaux (.IIII IIII). Evitez tout autre système.
Pour les condoms marquer le nombre.

235
 La colonne n° 3 "Nouvelles au programme" indique le nombre de
vraies nouvelles clientes que vous recevez.
 La colonne n°4 : cocher les visites retours
 La colonne n° 5: cocher les clientes référées
 La colonne n°6 : cocher les retraits
 Si une femme qui a abandonné revient, la cocher comme visite
retour mais reprendre son ancienne fiche clinique sans changer de
n°. Noter sur la fiche les raisons de l'abandon précédent.
 Si une femme ancienne change de méthode, on coche le nouveau
produit contraceptif qu'elle a choisi, mais elle n'est pas cochée
comme nouvelle.
 Une femme sous injectable qui reçoit un cycle de COC pour
traiter les saignements est cochée pour le produit distribué
seulement.
 Le verso de la fiche de séance présente les séances
d'IEC/PF. Cochez pour le counseling (femme, homme ou
couples selon la tranche d’âge). Sont inclus comme
counseling :
o Les nouveaux clients
o Les femmes qui changent de méthodes.
o Les femmes qui viennent pour un conseil à cause des
rumeurs/effets secondaires.

Important :
L'utilisation de la fiche de séance nécessite au préalable un consensus
au niveau du personnel offrant les services PF. En effet, s'il y a plusieurs
prestataires, ils doivent se mettre d'accord pour utiliser une même fiche
de séance par mois, par quinzaine ou par semaine. L'entête doit inclure
la période retenue.
236
Une fois que le rythme de changement a été décidé, tout le personnel
qui se sert de cette fiche doit respecter la périodicité. Même si la fiche
n'est pas complètement remplie à la fin de la période, la changer quand
même.

 Ancienne: En PF les anciennes ne sont pas pointées.

8.5 Définition des concepts PF


Dans le cadre de l’information sanitaire beaucoup de concepts sont
utilisés pour renseigner les différents indicateurs sanitaires en matière de
PF. Ces concepts sont les suivants :

Cliente: toute personne qui sollicite une prestation de service PF

Acceptante/Acceptrice: toute cliente qui, par son consentement


volontaire, utilise une méthode contraceptive moderne

Nouvelle acceptante du centre: toute acceptante qui pour la première


fois bénéficie d’une méthode contraceptive au niveau du centre

Nouvelle dans le programme: acceptante qui adhère pour la première


fois au programme (elle fait partie des nouvelles du centre)

Ancienne dans le programme: nouvelle acceptante du centre ayant


déjà utilisé une méthode contraceptive moderne

PPS fonctionnel: point de prestation de service disposant du personnel,


de l’équipement et des produits nécessaires àla prestation de service

237
Actives pilules et injectables: toutes les femmes qui, au moment de
l’élaboration du rapport sont sous méthode contraceptive et sont venues
à leur rendez vous

Inactives pilules et injectables: toutes les femmes qui ne sont pas


couvertes par une méthode et celles qui au moment de l’élaboration du
rapport ne sont pas venues à leur rendez vous

Actives DIU:toutesles fiches des clientes porteuses de DIU dont la


dernière visite remonte à moins de 2 ans et dont le DIU n’est pas périmé
(moins de 13 ans après insertion).

Inactives DIU: toutesles fiches des clientes à qui on a effectué un retrait


de DIU et dont le DIU est périmé (plus de 13 ans après insertion).

Actives Jadelle :l’insertion remonte à moins de 4 ou 5 ans (en fonction


du poids de la cliente) et dont la dernière visite remonte à moins de 2
ans.

Actives Implanon: dont l`insertion remonte à moins de 3 ans et dont la


dernière visite remonte à moins de 2 ans.

Inactives Jadelle : dont l’insertion remonte à plus de 4 ou 5 ans (en


fonction du poids de la cliente) ou retiré.

Inactives Implanon:dont l`insertion remonte à plus de 3 ans ou retiré.

Changement de méthode: toute acceptante qui abandonne une


méthode au profit d’une autre méthode

238
Echec: Survenue de grossesse pendant l’utilisation d’une méthode
contraceptive

Rejet: quand il y a expulsion partielle ou total d’un DIU ou d’implants


Retrait: extraction d’un DIU ou d’un implant

Arrêt:Toute acceptante qui interrompt l’utilisation d’une méthode


contraceptive moderne dans le but de concevoir un enfant.

BIBLIOGRAPHIE

239
1. OMS,Critères de recevabilité médicale pour l’adoption et l’utilisation
continue de méthodes contraceptives, guide essentiel OMS de
planification familiale, 5ème édition, 2015 ;
2. OMS, Fiche de consultation rapide pour l’adoption et l’utilisation
continue de méthodes contraceptives, 2016 ;
3. OMS, Disque pour le choix de méthodes contraceptives selon les
critères de recevabilité ;
4. Brigitte RACCAH-TEBEKA et Geneviève PLU-
BUREAU,Contraception du postpartum, recommandations pour la
pratique clinique. JNMG Septembre 2016 ;
5. Grimes DA, Lopez LM, Schulz KF, Van Vliet HAAM, Stanwood
NL., Comparaison de la pose d'un DIU immédiatement après
l'accouchement et un moment subséquent,mai 2012 ;
6. FHI, Path et USAID, Sayana Press,guide du formateur des
Prestataires, version 4 Novembre 2013 ;
7. JHPIEGO, USAID,Fournir les services de DIU du Postpartum, Guide
du Formateur, Révisé en juillet 2012 ;
8. MSP,Manuel de référence pour la formation des prestataires en
technologie contraceptive,Niger – révision Novembre 2013 ;
9. MSP, Module de formation des prestataires en planification familiale,
manuel du formateur, révision Août 2010 ;

10. MSP, aide-mémoire du prestataire en gestion logistique des produits


de santé de la reproduction, Niger, Septembre 2013 ;
11. MSP,Module formation des agents de santé en PF (contenus
complémentaires (manuel de référence) Décembre 2014.

240
ANNEXES
Supports PF :
o Fiche clinique PF
o Cahier de fiche de séance PF
o Registre des nouvelles acceptrices PF
o Rapport de consommation et de
demande
o Fiche de gestion de stock
o Rapport d’activités PF

241
REPUBLIQUE DU NIGER FICHE N ° ……. /……/……
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE
DIRECTION GENERALE DE LA SANTE DE LA REPRODUCTION Année Mois N à 5 chiffres
DIRECTION DE LA SANTE DE LA MERE ET DE L’ENFANT
DIVISION PLANIFICATION FAMILIALE

FICHE CLINIQUE EN PLANIFICATION FAMILIALE

REGION DE--------------------------------- DISTRICT SANITAIRE DE ---------------------------------


FORMATION SANITAIRE : ----------------------------
DATE DE LA PREMIERE VISITE ………/…….. / ………….
INTERROGATOIRE

IDENTITE
Nom et Prénom de la femme ______________________Profession de la femme_________________________
Age_____________ ans Situation matrimoniale : Mariée /___/ Divorcée /___/ Célibataire /___/ Veuve /___/
Niveau d’instruction : Aucun /__/ Primaire /__/ Secondaire /__/ Supérieur /__/ N° Tel : ______________
Nom et prénom du Mari________________________________ Profession du Mari _____________________
Adresse ______________________________________________N° Tel : ____________________________

Avez-vous déjà utilisé une méthode de contraception ? OUI /__/ NON /__/
Si Oui, laquelle ____________________________ Où _______________________________________
DDR ____ /____/_____ Gestité ______ Parité______ Enfants vivants_____
Poids___________ Kg TA _________ Date du dernier accouchement _____/_____/_______

ANTECEDENTS (demander le dossier médical en cas d’antécédents)

PILULES, INJECTABLE OU IMPLANTS

Présence d’une masse au sein OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Hypertension Artérielle OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Maux de tête fréquents et importants (migraine) OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Ictère, hépatite datant de moins de 12 mois OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Varices, crises hémorroïdaires fréquentes OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Traitement antituberculeux ou anti convulsant OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas
/___/

Cardiopathie OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Diabète OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Drépanocytose OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Autres (à préciser) ………………………………………………………………………………………………

242
EXAMEN GYNECOLOGIQUE

Aspect : - de la vulve ………………………………… ………………………………………… …………………..


- de la muqueuse vaginale ………………………………………………………………………………….

Sécrétions vaginales OUI /__ / NON /___ /

Toucher Vaginal : (état du col, utérus et annexes) ……………………………………………………………

IVA : Fait /___ / Non fait/___ / Si fait : Positif /___ / Négatif /___ /

IVL: Fait /___ / Non fait/___ / Si fait : Positif /___ / Négatif /___ /

IST : oui /___ / non/___ / Si oui : Traitement prescrit …………………………………………………………..


…………………………………………………………………………………………………………………… …………

NB : IM= intramusculaire (Depo) ; SC= sous-cutané (sayana press)


DIU

GEU OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Tumeur génitale OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Infection Pelvienne actuelle OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/

Règles Habituellement Abondantes OUI /___/ NON /___/ Ne sait pas /___/
Méthode Pilule Injectables DIU Implants Condom Spermicide Autres

IM SC Jadel implanon masc fem


Désirée
Prescrite

Autres décisions (à préciser)………………………………………………………………………….

Date du prochain rendez-vous ---------- ------------ ------------

Nom et prénom du
prestataire……………………………
(Signature)
VISITE DE RETOUR

243
CHANGEMENT DATE DU
DATE DE TA POIDS EFFETS OBSERVATIONS DE METHODE PROCHAIN
LA VISITE MMHG KG SECONDAIRES RENDEZ-
VOUS

244
REPUBLIQUE DU NIGER
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE
DIRECTION GENERALE DE LA SANTE DE LA REPRODUCTION
DIRECTION DE LA SANTE DE LA MERE ET DE L’ENFANT
DIVISION PLANIFICATION FAMILIALE

REGION DE---------------------------------------------------------------

DISTRICT SANITAIRE DE-------------------------------------------

FORMATION SANITAIRE--------------------------------------------

CAHIER DE FICHE DE SEANCE EN PLANIFICATION FAMILIALE

Date d’ouverture : ____________/___________/____________


Date de clôture : _____________/____________/_____________

245
FICHE DE SEANCE EN PLANIFICATION FAMILIALE
Du……………/……………../……………./ au :…………./…………./…………..
ACCEPTANTES Référés Retrait

QUANTITES NOUVELLES (AU PROGRAMME) VISITES RETOUR


PRODUITS
DISTRIBUEES 10-14 15-19 20-24 25-39 40-49 ≥50 10-14 15-19 20-24 25-39 40-49 ≥50

Pilules Contraceptives
orales Combinés (COC)
Pilules Contraceptives
orales Progestatifs (COP)
Contraceptifs Injectables
Intra Musculaire
Contraceptifs Injectables
Sous- Cutané
Implants sous-cutanés
pour 5 ans
Implants sous-cutanés
pour 3 ans
Dispositif Intra Utérin (DIU)
Préservatif Masculin
Préservatif Féminin
Stérilisation Masculine
Stérilisation Féminine
Autres
Total
Changement du Dépo
provera vers sayana press
Changement des autres
méthodes vers sayana press
Changement du sayana
Press vers depoprovera

246
REPUBLIQUE DU NIGER
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE
DIRECTION GENERALE DE LA SANTE DE LA REPRODUCTION
DIRECTION DE LA SANTE DELA MERE ET DE L’ENFANT
DIVISION PLANIFICATION FAMILIALE

REGION DE---------------------------------------------------------------

DISTRICT SANITAIRE DE-------------------------------------------

FORMATION SANITAIRE--------------------------------------------

REGISTRE NOUVELLES ACCEPTRICES PLANIFICATION EN FAMILIALE

Date d’ouverture : ____________/___________/____________

Date de clôture : _____________/____________/_____________

247
 Sont considérées comme vraies nouvelles ou nouvelles au programme :

- Les clientes qui acceptent, pour la première fois de leur vie, une méthode contraceptive
moderne, quelle qu’elle soit.

 Sont considérés comme nouvelles à la formation sanitaire


- Les clientes qui viennent pour la première fois dans une formation sanitaire même si elles ont utilisé
une méthode dans une autre formation sanitaire ; elles seront cochées comme visites retour et on doit
leur établir une nouvelle fiche clinique

 Sont considérées comme anciennes :


- Les femmes actives dans le fichier PF au moment du rapport moins les nouvelles du mois

248
DATE N° NOM ET PRENOM DE LA CLIENTE AGE PROFESSION NIVEAU *D’INSTRUCTION NOM ET PRENOM DU PROVENANCE
nd
FICHE (0 ; Pre ; 2 ; >) MARI

* Niveau d’instruction : 0= Sans instruction ; pre = Primaire ; 2nd = Secondaire ; > = Supérieur .

249
TA POID GESTITE/ DDN DDR METHODE CONTACT Nouvelles OBSERVATIONS
S PARITE Au programme A la formation
sanitaire

250
251
République du Niger
Ministère de la Santé Publique

RAPPORT DE CONSOMMATION ET DE DEMANDE


Direction Régionale de la Santé
Publique District Sanitaire
de…………………………………… de……………………………………………….. Formation Sanitaire de ……………………………………….

du/ au / /20

Quantité Reçue Quantité


Désignations Stock départ (1) (2) Utilisée (3) CMM (4) Stock final (5) Besoins (6)

Rapport préparé par


………………………………………… le…………………….. Soumis à ……………………………………. le……………………….
Commentaires: Commentaires:

CMM = Consommation Moyenne Mensuelle = somme des quantités utilisées des 3 derniers mois divisée par 3
(5) ou stock à l’inventaire = (1) + (2) – (3)
Au niveau CSI : (6) = 2 mois x (4) – (5) Au niveau district : (6) = 4 mois x (4) – (5)

252
REPUBLIQUE DU NIGER
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE
DIRECTION GENERALE DE LA SANTE DE LA REPRODUCTION
FICHE DE GESTION DE STOCK

REGION DE ___________________DEPARTEMENT DE ________________FORMATION SANITAIRE : ________________

DESCRIPTION: _______________ UNITE: ________STOCK MAX: ________STOCK MIN___________

DATE DESTINATION ENTREE SORTIE STOCK DISPO DATE PEREMPTION / PERTE ou OBSERVATION
PROVENANCE N° LOT AJUSTEMENT

CMM = Consommation Moyenne Mensuelle = somme des quantités utilisées des 3 derniers mois divisée par 3
Stock Max = CMM x Niveau Max (CSI= 2, DS= 4, DRSP= 3)
Stock Min = CMM x Niveau Min (CSI= 1, DS= 2, DRSP= 1)

253
Le gérant
Nom et Prénom Signature

République du Niger
Direction Générale de la Santé de la Reproduction
Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant
Division de la planification Familiale Année………………

Région de………………………………………………
Formation sanitaire………………………………………
RAPPORT D'ACTIVITES DE
PLANIFICATION FAMILIALE

Population Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Aout Sept Oct Nov Déc
Femmes en âge de procréer
Nombre d'anciennes clientes
Nombre de Nouvelles clientes
Nombre de Nouvelles clientes pour les Méthodes de longue durée
(DIUET IMPLANTS)

Nombre de Nouvelles clientes pour les Méthodes de courte durée


Nombre d'abandons
Nombre d'abandons recherchés
Nombre d'abandons recherchés récupérés
NB: Toute femme n'ayant pas respecté son RDV pendant deux
mois ou plus est considérée comme abandon
Commentaires:

254

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