SMAI 2011
Guidel, 23-27 mai 2011
La chromodynamique quantique,
une véritable révolution scientifique
O. Pène, LPT-Orsay
« La déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences
naturelles(2) » E. P. Wigner, Communications on Pure and Applied Mathematics , XIII (1960) 1-14
On est émerveillé par ce fait indiscutable: la nature est explicable, du moins en partie, par des constructions
théoriques abstraites qui se déroulent selon les lois de la logique et des mathématiques. Ces théories ont un
énoncé compact, et un domaine d'application vaste. En général elles utilisent un domaine abstrait des
mathématiques ou poussent à un nouveau développement.
Le choc fut la théorie de Newton qui explique la chute des corps et le mouvement des astres à partir de
prémisses simples. Utilise La théorie des équations intégrales et différentielles
La théorie de Maxwell qui explique les phénomènes électriques, magnétiques, les ondes, la lumière. Utilise
les tenseurs.
La relativité générale. Les tenseurs et la géométrie différentielle.
La mécanique quantique. Les espaces de Hilbert, théorie des groupes
L'électrodynamique quantique (première théorie quantique des champs). Théorie des groupes, distributions
Quelques autres ….. et
La chromodynamique quantique (théorie quantique des champs) explique l'intraction
fort subnucléaire. Théorie des groupes, algèbre de Grassman, intégrales de Wiener.
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Guidel, 23-27 mai 2011
Durant les années 60’s, il nous semblait
impossible de comprendre les interaction
fortes, pas de “petit paramètre” comme
en électrodynamique quantique, α=1/137.
L'electrodynamique quantique est la théorie quantique
des champs, décrivant l'électromagnétisme quantiaue et
relativiste. Dans les années 60 elle avait déjà remporté
de brillants succès, dont le “g-2”.
Et pourtant ! Dans les années 70-74 naissait la
chromodynamique quantique (QCD) (prix
Nobel 2004) dont les champs fondamentaux étaient
les quarks et les gluons.
Dualité entre:
Un régime à petite distance/grande énergie: QCD perturbative, “petite” α
Un régime à grande distance/petite énergie: Confinement
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Guidel, 23-27 mai 2011 La liberté asymptotique
La constante de couplage forte, αs en fonction de
L'énergie: elle baisse. (Reste très supérieure à
Α=1/137).
On dit que à grande énergie les quarks sont presque
“libres”, sans interaction. Dans ce domaine on peut
appliquer la méthode de calcul des diagrammes de
Feynman comme en électrodynamique quantique.
C'est un développement en série de αs
On appelle cela la “QCD perturbative”.
C'est une série “asymptotiquement convergente”,
Elle a l'air de converger jusqu'à un ordre “n”
(les contributions diminuent d'un ordre au suivant)
Puis elle se met à diverger (les contributions
explosent).
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Le confinement
On n'observe jamais des quarks ou des gluons isolés. Ils
n'existent que sous forme d'états liés qu'on appelle des
“hadrons”
Trois quarks (anti-quarks), forment le (anti-)baryons, example:
le proton, neutron, ….
Un quark et un anti-quark forment un méson: le pion, le kaon,B...
Le confnement enrichit considérablement le champ experimental de la
QCD: les quarks et les gluons engendrent des centaines de hadrons dont
les propriétés sont très variées.
Le confnement n'a jamais été démontré à partir des prémisses de la
QCD. Pourtant on est convaincus que s'en est une conséquence.
C'est un des défis majeurs pour la science du 21ème siècle !!
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Guidel, 23-27 mai 2011 Le Lagrangien de la QCD
Groupe SU(3)
L(x)=∑f q̅f,a(iγμ(∂μδab-gstCabAμC)-mfδab)qf,b-1/4 FAμνFAμν
Où FAμν = ∂μAAν-∂νAAμ – gsfABCAμBAνC avec [tA,tB]=ifABCtC
qf,a sont les champs de quarks, f est la “saveur”, c'est à dire le type de
quark u,d,s,c,b,t. a,b=1,3 la “couleur” des quarks. Ce sont des spineurs de
Dirac, des vecteur complexes de dimension 4 anti-commutants (algèbre
de Grassman). Les γμ sont les “matrices de Dirac”. Aaμ sont des champs de
gluons, vecteurs réels, μ=1,4 sont les directions de l'espace-temps et
A,B,C =1,8 sont les indices de Couleur les gluons (8 générateurs de
l'algèbre de SU(3)). Tous les champs définis sur tous les points de
l'espace-temps. ci-dessus ils sont implicitement supposés être au point x.
Une invariance de jauge SU(3) de la théorie contraint
fortement le nombre de paramètres libres:
gs, tel que αs =gs2/4π et une masse mf par saveur de
quark: seulement 7 paramètres.
SMAI 2011 L'étonnante prédictivité
Guidel, 23-27 mai 2011
de QCD
On doit donc ajuster ces 7 paramètres (souvent on peut se
Contenter de moins) sur 7 résultats expérimentaux et ensuite
On peut en principe prédire une immense quantité
d'observations expérimentales, ou de données utiles à
l'étude d'autres observables, où aussi des quantités d'intérêt
Théorique.
Si nous disons “en principe”, c'est parceque le calcul réel est
Toujours difficile, de précision limitée, parfois patiquement impossible
ajourd'hui.
Alors pourquoi croyons-nous que c'est la bonne théorie ?
Parceque, dans l'immense champ de phénomènes étudiés, on n'a jamais vu
que l'expérience contredise la QCD dans les limits de précision atteints.
Ce serait une incroyable coïncidence que la théorie soit fausse !!!
SMAI 2011 L'interaction forte est partout
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Elle explique:
La structure des hadrons et leurs masses.
Les propriétés des noyaux atomiques.
Les facteurs de forme des hadrons (ex:p+e -> p+e)
Jefferson Lab
Les états finals de p+e -> e+ hadrons (pions, nucleons…)
Les produits des collisions e- e+ -> plusieurs hadrons ( → beaucoup)
Il y a beaucoup de collisionneurs e- e+(Stanford, Tsukuba,...)
Les produits des collisions pp -> plusieurs hadrons (→ beaucoup)
Cf les collisionneurs de FermiLab (Chicago) et du CERN (LHC)
Les collisions d'ions lourds (Au + Au -> X), de nouveaux états de la matière :
les plasmas de quarks et de gluons
Cf le détecteur Alice au LHC
Beaucoup d'expériences liées aux quarks lourds: (s,c,b,t)
…........
Et la liste pourrait ainsi s'alonger sans fin !
SMAI 2011 Que doit on calculer
et comment ?
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Toutes les observables physiques d'une théorie des champs quantique se
ramènent à ce qu'on appelle des “fonctions de Green”. Une fonction de
Green est toujours la valeur moyenne dans le vide,
<O>, d'une “observable” O qui est une fonctionnelle des champs.b̄
Par exemple, <q̅f,a(x)γμqf,a(x)q̅f,b(y)γμqf,b(y)> donne le rapport
des sections efficaces σ(e- e+ -> hadrons)/σ(e- e+ ->μ+μ- )
Confnement : b̅b
q
e+
q̄
e
e+ μ
e μ+
Liberté asymptotique:
Quark ≈μ
SMAI 2011 L'intégrale de chemin et le
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temps imaginaire
<O> = ∫configexp[i S]<O>/∫configexp[i S] où
S= ∫d4xL(x) ,∫config est une intégrale sur l'espace fonctionnel des
champs, qui sont des fonctions de l'espace temps.
Mais ces intégrales n'ont pas de véritable définition. Il faut passer
analytiquement au temps imaginaire: euclidien
<O> = ∫configexp[- S]<O>/∫configexp[- S] Boltzman
Correspondance:
Théorie quantique des champs sur l'espace temps
⇔
Théorie statistique classique à l'équilibre à 4
dimensions
Ce sont des intégrales de Wiener, qui ont un sens et
peuvent être estimées sur un Réseau
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Guidel, 23-27 mai 2011
La QCD sur réseau
On discrétise l'espace 4-D euclidien.
Maille: a≾ 0.1 fm (=10-16 m)
Volume fni: L= ≿ 2.5 fm
Conditions périodiques.
Il faut définir les champs de la QCD discrétisée:
Les champs de quarks sont sur les vertex du
réseau, les champs gluoniques sont sur les liens
Du réseau:
Il faut définir l'action S en fonction de ces champs. Il y a beaucoup
de possibilités qui toutes convergent, quand la maille tend vers zéro,
vers l'action de la QCD. Elles doivent toutes donner les mêmes résultats
Physiques quand la maille tend vers zéro.
SMAI 2011 Méthode de
MONTE-CARLO
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<O> = ∫configexp[- S]<O>/∫configexp[- S]. Loi de probabilité
L'espace de configuration est de dimension finie:
Espace des fonctions:
{liens}⇾{matrices de SU(3), U}; dim 72N (N: nombres de points du réseau)
Et aussi de volume fini car SU(3) est un espace compact.
Dimension ∼ 109 !! Comment calculer les intégrales ?
Méthode de Monte-Carlo-Hybride:
On crée, pour chaque jeu de paramètres, un échantillon aléatoire de plusieurs milliers
de “configurations de jauge” (fonctions {liens}⇾ {SU(3)})vérifiant la balance détaillée.
Un “test de Métropolis” assure la bonne loi de probabilité.
●D'une confguration à la Suivante le pas doit assurer une probabilité suffsamment grande
pour n'être pas toujours rejetté par le test. On fait évoluer le système selon une
dynamique ad hoc qui conserve “l'énergie”, c'est à dire la probabilité (aux erreurs de
discrétisation près).
Chacun de ces pas demande de très gros calculs car on doit manipuler d'immenses matrices
(∼ 109 ).
QCD SUR RESEAU
+: C'est une méthode rigoureuse, exacte (mais
non précise) qui a autant de paramètres que la Ken Wilson
QCD (nf+1), qui contrôle les erreurs statistiques
et systématiques, qui a un domaine d'application
vaste et varié, très riche en physique, en contact
étroit avec l'expérience.
-: Nécessite des calculs très lourds, ne couvre pas
tous les domaines de la QCD, limitée essentiellement
aux systèmes à peu de hadrons
(difculté du retour du temps imaginaire vers le
temps réel) et de précision limitée.
Et maintenant
des Résultats
de calculs
comparés à
l'expérience
cf. Une revue de Junko Shigemitsu
To appear in the proceedings of 6th International
Workshop on the CKM Unitarity Triangle:
SMAI 2011
Guidel, 23-27 mai 2011 ν̅
c
D
e
(Ds) (S̅)
d̅̄
SMAI 2011 ν
c
Guidel, 23-27 mai 2011
e+
D s
K
ν
SMAI 2011 c
Guidel, 23-27 mai 2011
e+
D s
K,π
Merci
ΑΒΓΔΘΛΞΠΡΣΥΦΧΨΩαβγδεζηθικλμν
Ξοπρςστυφχψω∂∆∏∑∫≈≠≡≤≥←→↔
≋≧≾≿∼