Fiche Pédagogique RDM 2 - ESUP
Fiche Pédagogique RDM 2 - ESUP
CM = 16h, TD=8h
Compétences visés
A l’issu de ce cours, les étudiants devront être capables de :
. Cours de RDM1
. Mécanique des solides
. Mathématique et Physique de S1et S2
Méthode Pédagogiques :
. Cours magistral
. TD, et Travaux de groupes
Contenu du module
2
. Chapitres 1 : Rappels sur la théorie des poutres et les hypothèses de
l’élasticité linéaire
Toutes les poutres étudiées seront planes (les problèmes étudiés sont des
problèmes plans), généralement droites et à plan moyen.
3
La section droite (S) peut être :
- constante le long de (G0G1), poutre à section constante
- variable en fonction des efforts qu’elle supporte, poutre à section variable.
1. Essai de traction
4
2. Analyse de la courbe
5
- continus : les propriétés varient de manière continue d’un point à l’autre,
- utilisés dans le domaine élastique : les relations entre contraintes et déformations
sont linéaires = loi de HOOKE : σ ε. E
6
IV. Les Convention des signes
7
. Chapitre 2 : Contraintes et déformations dues à l’effort normal (N)
1. Notion de contrainte.
Dans une section droite de poutre, les sollicitations sont les éléments de réduction des
forces internes de cohésion au centre de gravité de la section. Elles permettent de
savoir quelle est la section la plus sollicitée mais ne donnent aucune indication sur ce
qu’il se passe en chaque point de la section. Pour cela, il faut introduire la notion de
contraintes.
Etudions une poutre dans laquelle nous effectuons une coupure imaginaire de section
S et d’orientation quelconque :
Isolons le tronçon 1 et divisons la section S en surfaces élémentaires dS infiniment
petites. Ces surfaces, également appelées « facettes », sont orientées par deux
vecteurs unitaires :
- n : vecteur unitaire normal à la facette et dirigé vers l’extérieur de la coupure,
- t : vecteur unitaire tangent à la facette et tel que 𝑛⃗ , 𝑡⃗
Sur chaque surface dS s’exerce des forces de cohésion df⃗ / dues à l’action du
tronçon 2 sur le tronçon 1. Le vecteur contrainte Φ M, n⃗ ⃗ en un point M, sur la facette
dirigée par le vecteur 𝑛⃗ , est défini de la façon suivante :
df⃗ /
Φ M, n⃗ ⃗ lim
→ 𝑑𝑆
Le vecteur-contrainte est donc le rapport d’une force à une surface : l’intensité d’une
contrainte est homogène à une pression et s’exprime en Pa.
1 Pa = 1 N/m²;
1 MPa = 106 Pa = 1 N/ mm² = 1 MN/m² ;
8
1 bar ≈ 105 Pa = 0,1 MPa = 1 daN/cm²
9
Ce qui signifie que la section se déplace parallèlement à sa position d’origine. Cela est
conforme à l’hypothèse de Bernoulli selon laquelle les sections droites restent droites
après déformation.
− Δdx correspond à un allongement si N(x) > 0 (Traction),
− Δdx correspond à un raccourcissement si N(x) < 0 (Compression),
L’allongement (ou raccourcissement) total de la poutre est égal à la somme des
allongements de tous les tronçons élémentaires qui la constituent :
Pour une poutre de longueur L : 𝛥𝐿 𝛥𝑑𝑥 dx
Si N et S sont constants, on a : 𝛥𝐿
La notation d2W est utilisée pour désigner une quantité plus petite que l'énergie
élémentaire.
Soit une poutre (droite ou courbe) de longueur L. Considérons un tronçon de poutre
de longueur dx (ds) suffisamment petit pour pouvoir admettre que les efforts ne varient
pas sur dx.
10
dx
z
N N
dA
dx
dx+dx
(a) y (b)
Figure 3.4
Sous l'effet des contraintes d'effort normal, le tronçon dx subit une variation de
longueur dx définie par :
dx x
x dx x dx dx
dx E
1 1 N N 1 N2
d 2W ( x dA )dx ( dA ) dx dAdx
2 2 A EA 2 EA 2
dx N2 1 N 2 dx N2
dW
2
A EA 2
dA
2 EA 2
A
dA
2 EA
dx
1 N2
W
2 EA dx
l
11
flambement, phénomène d’instabilité de forme qui peut intervenir pour des efforts
inférieurs à ceux que peut supporter le matériau.
2. Condition de déformation
En fonction du type d’élément,l’allongement ou le raccourcissement ne doit pas
dépasser une limite admissible, qui, si elle était dépassée, compromettrait l’utilisation
de l’ouvrage : ΔL ≤ valeur fixée
V. Etude du flambement
1. Définition
Le flambement est en fait une sollicitation composée de compression et de flexion,
mais dont l’étude est différente de la flexion composée parce que les méthodes sont
différentes et que le flambement est un phénomène rapidement destructif. En effet,
dans le cas du flambement, les déformations ne peuvent plus être supposées
infiniment petites et négligées comme dans les chapitres précédents. De même, les
forces extérieures ne sont plus proportionnelles aux déformations et, dans certains
cas, de grandes déformations peuvent être causées par des accroissements de
charge infimes. Tous ces phénomènes sont connus sous le nom d’instabilité élastique.
Le risque de flambement d’un élément étant lié aux dimensions de cet élément, on dit
que le flambement est un phénomène d’instabilité de forme.
12
La valeur Nc (ou Fc) de l’effort de compression à partir de laquelle se produit le
flambement s’appelle charge critique d’Euler.
13
π 𝐸𝐼
≫𝑁
𝑙
dans le cas de la poutre bi-articulée étudiée (lf = l0 - voir paragraphe suivant) et le
moment quadratique le plus faible (ce n’est pas toujours le cas) IGz.
Plusieurs cas sont possibles pour la poutre :
- N < Nc : compression simple, la poutre reste droite, elle est dite en équilibre stable.
- N = Nc : la poutre peut rester droite ou fléchir (flamber) avec une flèche égale à B,
elle est dite en équilibre neutre. A noter que B = ymaxi est en général petit.
- N > Nc : il y a instabilité en position droite (équilibre instable) avec une forte tendance
au flambement. B augmentera très rapidement avec un léger accroissement de N.
Remarques :
- Le flambement se produit suivant un mieux au flambement (21% plus
axe perpendiculaire à l’axe du résistante que la section circulaire).
moment quadratique le plus faible.
Pour les deux sections représentées,
Iy < Iz, le flambement se produit dans
le plan (x, z).
- Pour les cinq sections représentées,
toutes de même aire, celle du triangle
équilatéral (c) est celle qui résiste le
14
Il faut en pratique envisager lfy et lfz pour déterminer les conditions de flambement dans
les deux directions.
A la force critique d’Euler Nc correspond une contrainte critique, qui peut prendre le
nom de contrainte critique limite ou admissible, donnant un élément de sécurité vis-à-
vis du flambement.
Pour une poutre comprimée de section S, la contrainte critique σc est définie par la
relation :
π EI
σ
l .𝑆
15
Attention: ce raisonnement n’est plus valable en flexion composée (si la poutre a un
défaut de rectitude ou si N n’est pas bien centré,). Le flambement surviendra dans ce
cas avant que σ n’atteigne σc.
La relation précédente fait apparaître la notion d’élancement critique (pour σc=σe), à
partir duquel la poutre devra être calculée au flambement :
𝐸
𝜆 π
𝜎
Notons que cette valeur de l’élancement critique ne dépend que des caractéristiques
mécaniques du matériau.
16
. Chapitre 3 : Contrainte et déformations dues au moment fléchissant (M)
I. Introduction
Soit (S) une section droite d’une poutre qui la sépare en une partie de droite et une
partie de gauche ; et soient R et M les éléments de réductions de toutes les forces
appliquées à droite au centre de gravité G de la section (S).
Dans ce chapitre, les poutres étudiées sont droites ; c’est à dire que la ligne
moyenne est une droite. Le repère (G,x, y, z) est un repère direct et les axes Gx et
Gy sont des axes principaux d’inertie de la section (S). Dans le repère (G,x, y, z), les
éléments de réduction R et M peuvent se décomposer en :
– un effort normal N suivant Gx ;
– un effort tranchant V dans le plan Gyz qui se décompose en un effort tranchant Vy
suivant Gy et un effort tranchant Vz suivant Gz ;
– un moment fléchissant M qui se décompose en moment de torsion Mx suivant Gx,
un moment fléchissant My suivant Gy et un moment fléchissant Mz suivant Gz
Dans ce chapitre, on étudiera que les effets produits par le moment fléchissant. On
négligera les effets du +moment de torsion Mx et de l’effort tranchant.
Par définitions :
-si l’une des composante My ou Mz est nulle ; c’est à dire (My=0 et Mz≠0) ou (Mz=0 et
My≠0), la flexion est dite simple;
- si l’effort tranchant V est nul ; c’est à dire si la poutre est soumise à un moment
fléchissant constant nécessairement, la flexion est dite pure ou circulaire ;
-si les deux composantes sont non nulles (My ≠0 et Mz ≠ 0), la flexion est dite déviée;
- si en plus du moment fléchissant, il existe un effort normal non nul (N ≠ 0) ; la flexion
est dite composée.
Le système des forces extérieures se réduit à Mz qui est porté par Gz, axe principal
de la section S. Nous verrons plus tard pourquoi cette précision est importante.
Considérons une surface élémentaire dS de la section S, dS est centrée sur le point
P de coordonnées (y ; z) :
17
Le principe d’équivalence donne :
𝑁 𝑥 ∬ 𝜎 𝑑𝑆=0
𝑀 𝑥 ∬ 𝑦. 𝜎 𝑑𝑆=Mz
D’après le principe de
Navier - Bernoulli, les sections droites, planes avant leur déformation, restent planes
après leur déformation. Donc la déformation des fibres est proportionnelle à y :
ε k k y (Équation d’une droite)
- de plus la loi de Hooke donne : σx = E εx
d’où 𝜎 Eε k E k Ey
Posons K=k.E alors
𝜎 Eε k E k Ey
𝜎 K K y
𝑁 𝑥 ∬ 𝜎 𝑑𝑆 0 ≡≫ 𝐾 0
𝑀 𝑥 ∬ 𝑦. 𝜎 𝑑𝑆 𝑀 ≡≫ 𝐾
Finalement 𝜎 𝑦
𝑀 𝑀
𝜎 Eε 𝑦 ≫ε 𝑦
𝐼 𝐸𝐼
18
- σx > 0 si y < 0 (traction dans les fibres situées sous l’axe neutre),
- σx < 0 si y > 0 (compression dans les fibres situées au-dessus l’axe neutre),
et réciproquement si Mz est négatif.
19
2. Flexion déviée
La flexion déviée est une superposition de deux flexions droites suivant les axes
Gz et Gy. Il suffit de superposer les effets dus à chaque flexion.
𝑀 𝑀
𝜎 𝑦 𝑧
𝐼 𝐼
b. Axe neutre
L’axe neutre est déterminé par les points de contrainte nulle ; c’est à dire par l’équation
:
𝑀 𝑀
𝜎 𝑦 𝑧 0
𝐼 𝐼
L’axe neutre est donc une droite qui passe par le centre de gravité de la section et
qui fait un angle avec l’axe des y (figure ) avec : 𝑚 𝑡𝑎𝑛 𝛼
L’axe autour duquel se fait la flexion est l’axe qui a une direction conjuguée à l’axe
neutre (figure ). Cet axe est défini par un angle α’ tel que :. 𝑚′ 𝑡𝑎𝑛 𝛼′
c. Centre de pression
20
Le produit 𝑚𝑚 ; avec 𝑖 et 𝑖 les rayons de giration principaux. Ce
produit montre bien que l’axe GC et l’axe neutre ont des directions conjuguées et
que l’axe neutre n’est pas confondu à l’axe autour duquel se fait la flexion.
21
3. Flexion composée
La flexion composée est une superposition d’une ou de deux flexions droites suivant
les axes Gz et Gy et d’une compression ou traction (effort normal). Il suffit de
superposer les effets dus à chaque sollicitation.
𝑁 𝑀 𝑀
𝜀 𝑦 𝑧
𝐸𝑆 𝐸𝐼 𝐸𝐼
𝑁 𝑀 𝑀
𝜎 𝑦 𝑧
𝑆 𝐼 𝐼
b. Axe neutre
L’axe neutre est déterminé par les points de contrainte nulle ; c’est à dire par l’équation
:
𝜎 𝑦 𝑧 0
c. Centre de pression
Soit (S) une section, G son centre de gravité, Iy, Iz ses moments d’inertie principaux
suivant Gy et Gz.
La section est soumise à N, My et Mz.
Soit un point P(z,y) de la section, la contrainte normale en ce point est :
𝑁 𝑀 𝑀
𝜎 𝑦 𝑧
𝑆 𝐼 𝐼
22
Le système de forces (N, My , Mz.)) est définit au centre de gravité G de la section S.
on peut le transformer en un glisseur en un point C; c’est à dire équivalent à une
seule force N’ appliquée au point C. Ce point est appelé centre de pression et ses
coordonnées sont définie par :
𝑀
𝑦 𝑒
𝑁
𝑀
𝑧 𝑒
𝑁
L’équation de l’axe neutre :
𝜎 𝑦 𝑧 0↔ 𝑦 𝑧 0↔ 1 𝑦 𝑧 0
1 𝑦 𝑧 0
On appelle noyau central de la section (S), la surface à l’intérieur de laquelle doit se trouver le centre
de pression pour que la section soit entièrement comprimé (si N est un effort de compression). Pour
que cette section soit entièrement comprimée, il faut et il suffit que l’axe neutre ne coupe pas la
section ou tangente à la section. Cette condition définit les limites du noyau central.
Exemple :
Considérons une section rectangulaire de hauteur h et de base b.
Déterminer le noyau central de la section.
A partir de la condition du paragraphe précédent, pour que toute la section soit comprimée il faut que
l’axe neutre soit tangente à la section ou en dehors de la section. Prenons le cas ou l’axe neutre est
tangente à la section. En ce moment l’axe neutre est donné par l’une des quatre équations suivantes :
ℎ 2
𝑦 →1 𝑦 0
2 ℎ
𝑏 2
𝑧 →1 𝑦 0
2 𝑏
Pour une section rectangulaire, les rayons de giration suivant Gy et Gz sont :
23
𝐼 ℎ𝑏 𝑏
⎧𝑖
𝑆 12𝑏ℎ 12
⎨ 𝐼 𝑏ℎ ℎ
⎩ 𝑖 𝑆 𝑏ℎ 12
L’équation de l’axe neutre pour la section rectangulaire devient alors :
12 𝑒 𝑒
1 𝑦 𝑧 0
ℎ 𝑏
En identifiant cette équation avec chacune des équations de la tangente à la section (S9), on
détermine les coordonnées du centre de pression pour chaque cas : Les coordonnées de ces points
sont :
ℎ
⎧𝐶 ;0
⎪ 6
ℎ
⎪𝐶 ;0
6
⎨ 𝐶 0; 𝑏
⎪ 6
⎪ 𝑏
⎩ 𝐶 0; 6
24
IV. Calcul des déformations dues à M (pour chaque type de flexion)
1. Etude des déformations.
Etudions un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx soumis à de la flexion
pure: la section S’ tourne par rapport à S d’un angle dθ. La loi de Hooke nous
permet de calculer l’allongement (ou le raccourcissement) d’une fibre :
2. Etude de la déformée
Sous l’application de charges, la ligne
moyenne d’une poutre se déforme. On
se propose de déterminer l’équation
y(x) de cette déformée en fonction de
x.
Soient deux sections distantes de dx,
et soit ρ, le rayon de courbure entre
ces deux sections :
25
Cette expression qui donne la dérivée seconde de la déformée en fonction du
moment fléchissant est appelée loi moment-courbure ou formule de la double
intégration. En effet, cette équation permet de déterminer l’équation de la déformée
y(x) en intégrant deux fois l’équation du moment Mz(x) (et en utilisant les conditions
aux limites).
Exemple :
q P C
A B
x
RA a
b
c
d
l
y
Figure 2.5
La méthode de Clebsch permet, grâce à un artifice de calcul, de réduire les constantes à deux
seulement, et ce quelque soit le nombre de tronçons. D'autre part, la méthode fournit une expression
unique de la déformée, valable pour tous les tronçons. L'expression de la rotation s'obtient
naturellement par dérivation de la fonction de la déformée.
Appliquons cet artifice à l'exemple considéré. Ecrivons pour chaque tronçon l'expression du moment,
l'équation différentielle de l'élastique puis effectuons les deux dérivations successives.
1ère règle : Elle consiste à placer l'origine des coordonnées x, y au centre de gravité d'une section
extrême de la poutre, l'extrémité gauche par exemple.
Tronçon 1 ( 0 x a ) :
Mz RA x
EI z y" R A x
26
x2
EI z y ' R A C1
2
RA 3
EI z y x C1 x D1
3!
C1 EI z y' 0 EI z 0
D1 EI z y 0 EI z f 0
q
Mz RA x ( x a )2
2
q
EI z y " R A x ( x a )2
2
x2 q
EI z y ' R A ( x a ) 3 C2
2 3!
RA 3 q
EI z y x ( x a ) 4 C2 x D2
3! 4!
Tronçon 3 ( b x c )
2ème règle : On suppose la charge répartie appliquée sur tout le reste de la poutre et on applique une
charge égale et opposée pour équilibrer la charge ajoutée (cet artifice permet d'avoir des expressions
générales valables sur toute la longueur de la poutre).
q q
Mz RA x ( x a )2 ( x b )2
2 2
q q
EI z y " R A x ( x a )2 ( x b )2
2 2
x2 q q
EI z y ' R A ( x a ) 3 ( x b ) 3 C3
2 3! 3!
RA 3 q q
EI z y x ( x a ) 4 ( x b ) 4 C3 x D3
3! 4! 4!
Tronçon 4 ( c x d )
q q
Mz RA x ( x a ) 2 ( x b ) 2 P( x c )
2 2
q q
EI z y" R A x ( x a ) 2 ( x b ) 2 P( x c )
2 2
27
x2 q q P
EI z y ' R A ( x a ) 3 ( x b ) 3 ( x c ) 2 C4
2 3! 3! 2
RA 3 q q P
EI z y x ( x a ) 4 ( x b ) 4 ( x c ) 3 C4 x D4
3! 4! 4! 3!
3ème règle : On multiplie le couple concentré par (x‐d)0 afin de marquer la section où commence son
influence et pour garder aux expressions leur généralité.
q q
M z RA x ( x a )2 ( x b )2 P( x c ) C( x d )0
2 2
q q
EI z y" R A x ( x a )2 ( x b )2 P( x c ) C( x d )0
2 2
x2 q q P
EI z y' R A ( x a )3 ( x b )3 ( x c )2 C( x d ) C5
2 3! 3! 2
RA 3 q q P C
EI z y x ( x a )4 ( x b )4 ( x c )3 ( x d )2 C5 x D5
3! 4! 4! 3! 2
En comparant encore une fois les rotations et les flèches dans la section de jonction (x = d), obtenues
à l'aide des relations valables sur les tronçons 4 et 5, on montre que : C5 = C4 et D5 = D4.
Ainsi, on démontre qu'il n'y a en définitive que deux constantes d'intégration pour toute la poutre :
C1 = C2 = C3 = C4 = C5 = EIzy'0 = EIz0
D1 = D2 = D3 = D4 = D5 = EIzy0 = EIzf0
Ces deux constantes caractérisent les déplacements (rotation et flèche) de la section initiale de la
poutre, d'où leur désignation par paramètres initiaux. Elles sont déterminées à partir des conditions
d'appui de la poutre considérée. Dans un appui simple ou double la flèche est nulle, f = 0, tandis que
dans un encastrement on a : f = = 0.
On peut réduire à quatre le nombre total des équations en adoptant le mode d'écriture suivant :
xa xb x c xd xl
q q
Mz RAx ( x a )2 ( x b )2 P( x c ) C( x d )0
2 2
q q
EIz y RAx ( x a )2
"
( x a )2 P( x c )2 C( x d )0
2 2
x2 q q P
EIz y EIz0 RA ( x a )3
'
( x b )3 ( x c )2 C( x d )
2 3! 3! 2
RA 3 q q P C
EIz y EIz f0 EIz0 x x ( x a )4 ( x b ) ( x c )3 ( x d )2
4
3! 4! 4! 3! 2
Pour calculer une grandeur (Mz, y", y' ou y) sur un tronçon donné, il faut considérer uniquement les
termes à gauche de la limite du tronçon étudié.
28
b. Méthode de la poutre conjuguée
Principe de la méthode
Cette méthode est basée sur une analogie entre les allures de la déformée de la poutre considérée et
du diagramme des moments fléchissant d'une poutre fictive sollicitée par une charge fictive. La
méthode est également appelée méthode de Mohr, du nom de son auteur, ou encore méthode des
poids élastiques.
Mf" = ‐ qf (iii)
et est exactement semblable à l'équation (ii). La dernière équation obtenue s'interprète comme ceci : la déformée
de la poutre réelle (y) est donnée par le diagramme du moment fléchissant (Mf) d'une poutre fictive, appelée poutre
conjuguée, sollicitée par une charge qf = Mz/EIz.
L'équation (iii) est du second ordre et nécessite par conséquent la détermination de deux constantes
d'intégration pour la connaissance complète de Mf. Les deux constantes définissent en fait les
conditions aux limites de la poutre conjuguée qui s'obtiennent à partir de celles de la poutre réelle
puisqu'on a les correspondances :
y = Mf et y' = Tf
Les différents cas de figure de conditions d'appui sont indiqués ci-après.
Poutre réelle Poutre conjuguée
y=0 Mf = 0
y' 0 Tf 0
y=0 Mf = 0
y'= 0 Tf = 0
Mf 0
y 0
Tf 0
y' 0
(extrémité libre)
Mf 0
y0 Tf 0
(articulation) y' 0
y=0 Mf = 0
y' 0 (articulation) Tf 0
(appui intermédiaire)
Ces cas sont illustrés par les deux exemples suivants :
29
Poutre réelle
Poutre conjuguée
Poutre réelle
Poutre conjuguée
Il faut noter que pour respecter les conventions de signes adoptées pour la rotation et la flèche, nous
devons considérer que la charge fictive (qf = Mz/EIz) est dirigée de haut en bas si le moment Mz est
positif et vice versa.
Exemple d'application
Reprenons l'exemple de la figure 2.3, déjà traité par la méthode d'intégration directe.
Le signe du moment de la poutre réelle est négatif puisqu'il fait tendre les fibres supérieures (Figure
2.6c). Cela signifie que la charge fictive à appliquer à la poutre conjuguée doit être dirigée de bas en
haut (Figure 2.6d).
Poutre réelle Poutre conjuguée
q
(a) (b)
l
Mz = -qx²/2 qf = -qx²/2EIz
(c) (d)
x x
Figure
1 ql2 ql3 1 ql 2 3l ql 4
TE l et ME l
3 2EIZ 6EIZ 3 2 EI Z 4 8 EI Z
D'où :
ql 3 qx 3 ql 4 ql 3 x qx 4
y' (j) y (jj)
6 EI z 6 EI z 8 EI z 6 EI z 24 EI z
30
Les équations différentielles de la déformée sont des équations linéaires c'est à- dire tous les
termes de y, y' et y'' sont du premier ordre. Les déformations dues à plusieurs cas de
charges peuvent être donc superposées ou cumulées. Cette méthode est surtout utilisée
quand le chargement est composé de plusieurs cas de charge élémentaire ou les
déformations sont données dans les aides mémoires de la RDM.
Exemple : Déterminer la flèche maximale de la poutre ci-dessous.
31
V. Energie de la déformation
Soit une poutre (droite ou courbe) de longueur l. Considérons un tronçon de poutre dx (ds)
suffisamment petit pour pouvoir admettre que les efforts ne varient pas sur dx.
1. Flexion simple :
dx
R
d
z
dA
M
M
y
(a) (b)
dx+dx y
Figure 3.5
Considérons la couche dAdx. Sous l'effet des contraintes de flexion, la couche subit une variation
de longueur : dx = xdx = (x/E)dx. Compte tenu de la relation de Navier, il vient :
Mz y M y
x dx z dx
Iz EI z
1 1 Mzy Mzy 1 M z2 y 2
d W ( x dA)dx (
2
dA) dx dAdx
2 2 Iz EI z 2 EI z2
dx M z2 y 2 2
1 M z dx M z2
dW
2 A EI z2
dA
2 EI z2 A
y 2 dA
2 EI z
dx
2. Flexion déviée
Dans le cas d'une flexion déviée, on a une relation similaire à la précédente pour chaque moment
fléchissant et pour les deux moments on aura :
2
1 M z2 M y
W (
2 l EI z EI y
)dx
3. Flexion composée
En flexion composée on a :
𝑊 𝑑𝑥 𝑑𝑥
32
Chapitre 4: Contrainte et déformations dues à l’effort tranchant (cisaillement)
Dans une poutre sollicitée par des forces transversales perpendiculaires à l’axe de la poutre, il y a
apparition non seulement des contraintes de flexion parallèles à l’axe de la poutre mais aussi des
contraintes de cisaillement sur les sections de la poutre perpendiculaires à son axe.
On dit qu’une section d’une poutre est sollicitée en cisaillement pur lorsque la résultante de
cisaillement (effort tranchant) est le seul élément de réduction non nul des forces situées d’un même
coté de la section.
Contrairement aux autres sollicitations simples, le cisaillement ne permet pas de concevoir une
poutre soumise dans toutes ses sections à un cisaillement pur uniforme, ni même non uniforme. En
effet, un cisaillement est généralement accompagné par une flexion qui a des effets prépondérants
que l’effort tranchant du fait que ce dernier est la dérivée du moment fléchissant ; donc négligeable
devant le moment fléchissant.
Soit une poutre droite de longueur L, de largeur b et de hauteur h soumise à des actions
extérieures. On isole un petit élément de cette poutre situé entre les abscisses x et x + dx (la face
intérieure de cet élément se trouve à l’ordonnée y.) et on reporte sur cet élément isolé l’ensemble
des contraintes dont la projection sur l’axe x est non nulle.
33
A l’équilibre, la somme des forces exercées sur cet élément est égale à zéro. En projection sur x,
cela donne :
/ /
Ꞇ 𝑥, 𝑦 . 𝑏. 𝑑𝑥 𝜎 𝑥, 𝑦 . 𝑑𝑆 𝜎 𝑥 𝑑𝑥, 𝑦 . 𝑑𝑆 0 (1)
/ /
𝑀 𝑥 𝑀 𝑥 𝑑𝑥
Ꞇ 𝑥, 𝑦 . 𝑏. 𝑑𝑥 . 𝑦. 𝑑𝑆 . 𝑦. 𝑑𝑆 0
𝐼 𝐼
/ /
𝑀 𝑥 𝑀 𝑥 𝑑𝑥
Ꞇ 𝑥, 𝑦 . 𝑏. 𝑑𝑥 𝑦. 𝑑𝑆 𝑦. 𝑑𝑆 0
𝐼 𝐼
𝑀 𝑥 𝑀 𝑥 𝑑𝑥
/
𝐼 𝐼
Ꞇ 𝑥, 𝑦 𝑦. 𝑑𝑆
𝑏. 𝑑𝑥
/
𝑀 𝑥 𝑀 𝑥 𝑑𝑥
Ꞇ 𝑥, 𝑦 𝑦. 𝑑𝑆
𝐼 . 𝑏. 𝑑𝑥
/
𝑀 𝑥 𝑀 𝑥 𝑑𝑀 𝑥 1
Ꞇ 𝑥, 𝑦 . 𝑦. 𝑑𝑆
𝑑𝑥 𝑏. 𝐼
/
𝑑𝑀 𝑥 1
Ꞇ 𝑥, 𝑦 . 𝑦. 𝑑𝑆
𝑑𝑥 𝑏. 𝐼
On reconnaît l’expression du moment statique par rapport à l’axe Gz de la surface située au-
dessus de l’ordonnée y :
/
𝑊 𝑦 𝑦. 𝑑𝑆
34
Exemple d’une section rectangulaire :
Pour une section rectangulaire, on peut exprimer la valeur de la contrainte en fonction de
l’ordonnée y :
35
𝑉
Ꞇ
𝐴
L’effort tranchant V provoque un glissement ou déplacement transversal élémentaire dv, lui-même très petit devant
dx. Le déplacement transversal relatif ou déformation transversale linéique ou glissement relatif est defini par :
𝑑𝑣
𝛾 𝑡𝑎𝑛𝛾
𝑑𝑥
Dans le cas du cisaillement, la loi de Hooke énonce que le glissement relatif est proportionnel à la contrainte de
cisaillement provoquée. Le coefficient de proportionnalité entre ces deux grandeurs est le module de cisaillement G.
Ꞇ 𝐺. 𝛾
𝐺
Remarque : cette déformation est incompatible avec l’hypothèse de Bernouilli qui suppose que la section droite reste
droite. C’est l’hypothèse de Bernouilli qui est fausse : pour simplifier, elle néglige le cisaillement. C’est généralement
sans grand dommage car le cisaillement est peu important.
Bien que l’hypothèse de Bernouilli soit incompatible avec l’image retenue pour le cisaillement d’une section droite
d’une poutre, si on admet que la section subit un glissement d’ensemble sans se déformer, le glissement relatif est le
même en tout point de la section, et donc également la contrainte de cisaillement :
𝑉
Ꞇ
𝑆
36
L'énergie emmagasinée dans un tronçon dx soumis à un effort tranchant Ty vaut :
y Ty2
dW dx
2GA
réduite énergétique)
38
Chapitre 5: Résolution des poutres droite iso et hyperstatique
1. Equation de 3 moments
Soit (S) un système composé d’une poutre continue sur trois appuis A0 ,A1 et A2. La métode des
trois moments propose de remplacer le système hyperstatique par un système isostatique (S0)
auquel on associe des conditions cinématiques.
Le système (S0) est équivalent au système (S) s’il vérifie la condition suivante :
𝐿 𝑀 2 𝐿 𝐿 𝑀 𝐿 𝑀 6𝐸𝐼 𝜃 𝜃
Avec
𝜃 𝑚𝑓 1 𝑑𝑥 et
39
𝜃 𝑚𝑓 𝑑𝑥
𝜃 = rotation (de droite) au point A1 de la poutre isostatique A1A2 sous l’effet de la charge q2
𝜃 = rotation (de gauche) au point A1 de la poutre isostatique A0A1 sous l’effet de la charge q1
E = module de Young
Le théorème de Clapeyron permet de calculer les moments en appuis. Il lève du même coup
l’hyperstaticité du système.
L’effort tranchant VAB(x) dans la travée hyperstatique du système (S) en fonction de l’effort tranchant
vAB(x) dans la travée isostatique S0 est donné par:
𝑀 𝑀
𝑉 𝑥 𝑣 𝑥
𝐿
Le moment fléchissant MfAB(x) dans la travée hyperstatique du système (S) en fonction du moment
fléchissant mfAB(x) dans la travée isostatique S0 est donné par:
𝑥 𝑥
𝑀 𝑥 𝑚𝑓 𝑥 𝑀 1 𝑀
𝐿 𝐿
40
3. Notion de dénivellation d’appuis (application au tassement d’appuis et poutre
sur pente)
41
42