Audit interne et contrôle en crise COVID-19
Audit interne et contrôle en crise COVID-19
2022
Younes EL KHATTAB
Enseignant chercheur
Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales Mohammedia Université HASSAN II
Elkhattab.younes1983@[Link]
Youness ZOUAIR
Doctorant
Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales Mohammedia Université HASSAN II
Younesszouair4@[Link]
Numéro 1
2022
Résumé
En période de crise sanitaire (COVID19), La recherche de la performance au sein des organisations est
devenue de plus en plus compliquésuite aux différentes mesures édictées par les pouvoirs publics.
A travers cet article, nous allons mettre l’accent sur l’interaction en cette période critique entre deux
fonctions importantes, garantes de la performance à savoir l’audit interne et le contrôle de gestion à
travers le cas d’un établissement public marocain.
En ce qui concerne notre choix méthodologique, notre étude est inscrite dans un raisonnement inductif,
qui privilégie l’approche qualitative à base d’étude de cas. En conséquence, nous avons optés pour des
entretiensdirectifs qui étaient menés sur la base d’un guide d’entretien.
Comme résultat, il y a lieu de signaler que les deux fonctions ont subi un changement durant la crise
sanitaire, et que malgré ce changement, l’établissement public objet de notre étude a affiché une
performance positive.
Mots clés : Audit interne ; Contrôle de gestion ; établissement public ; Performance.
Abstract
In times of healthcrisis (COVID 19), the search for performance withinorganizations has
becomeincreasinglycomplicated, following the variousmeasuresenacted by the public authorities.
Throughthis article, wewill focus on the interaction in thiscriticalperiodbetweentwo important functions,
guarantors of performance, namelyinternal audit and management control through the case of a
Moroccan public institution.
Regardingourmethodologicalchoice, ourstudyis part of an inductive reasoning, whichfavors the
qualitative approachbased on case study. Consequently, weopted for directive interviews
whichwereconducted on the basis of an interview guide.
As aresult, itshouldbenotedthat the twofunctionsunderwent a changeduring the healthcrisis, and
thatdespitethis change, the public establishment object of ourstudyposted a positive performance.
Keyword :Internal audit ; Management control ; Public entity ; Performance
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Introduction
Aujourd’hui, Dans un contexte de crise et d’incertitude, et afin d’atteindre les objectifs
stratégiques de l’organisation, la mesure de la performance devient une priorité pour tous les
managers. A ce titre, les établissements publics sont dans l’obligation de se doter des
mécanismes de contrôle qui lui permettent de s’assurer que l’organisation est dans la bonne
direction par rapport à ses objectifs.
Dans ce cadre, il est important de mettre l’accent sur deux fonctions majeures au sein de
l’organisation qui agissent de manières différentes, mais elles partagent le même objectif qui
est la recherche de la performance.
L’une par un suivi des réalisations et l’élaboration des prévisions inscrites dans une vision à
long terme (contrôle de gestion), et l’autre par une amélioration de la gestion des risques et
donc du contrôle interne.
A travers l’étude qualitative que nous avons menée auprès de notre établissement public, nous
avons essayé d’apporter un éclairage sur la problématique suivante :
Dans un contexte de crise, comment ces deux fonctions, à savoir l’audit interne et le
contrôle de gestion ont contribué au maintien de la performance de cette organisation ?
A ce titre, nous jugeons important de décomposer notre contribution en deux sections
majeures : une première sera consacrée à une revue de littérature autour de la notion de l’audit
interne, du contrôle de gestion complété par une comparaison entre les deux fonctions. Et une
deuxième sera réservée au cas empirique, en passant par nos choix méthodologiques et la
présentation du cas étudié, pour terminer par la présentation et la discussion des résultats.
Avant d’exposer le rôle que peut jouer chaque fonction dans l’organisation, et les points de
convergence et de divergence entre elles, il est nécessaire de mettre l’accent sur les spécificités
des organisations publiques, et puis faire un survol théorique autour des deux fonctions.
possibilité de dépasser les seuils maximum des bons de commande… toutes ces mesures
constituent des sources de fraudes et de risques d’une manière générale.
Face à cette situation, le travail de l’audit interne et du contrôle de gestion s’est renforcé
afin de veiller à ce que l’organisation soit dirigée vers le sens d’atteinte des objectifs.
2. AUDIT INTERNE ET CONTROLE DE GESTION : UNE APPROCHE
COMPLEMENTAIRE
L’audit interne et le contrôle de gestion sont deux fonctions bien connues du monde de
l’organisation, dont le rôle est essentiel pour le management à travers, l’aide à la prise de
décisions et à la définition de la stratégie d’une part, et l’identification des risques
susceptibles d’affecter la réalisation des objectifs d’autre part.
Deux fonctions qui, avec des méthodes différentes coordonnent les actions des
responsables opérationnels, deux fonctions qui sont des éléments fondamentaux du
contrôle interne, garant de la maîtrise des activités de l’organisation. (Nussbaumer et
Renard, 2018).
« Les origines de l’audit remontent loin dans l’histoire. Au 3ème siècle avant Jésus-Christ,
les gouvernements romains avaient pris l’habitude de designer des questeurs qui
contrôlaient les comptabilités de toutes les provinces. » (Barnia, 2015).
Les exemples sont très nombreux dans ce sens, mais personne ne s’est rendu compte de
cette fonction telle qu’elle existe aujourd’hui.
« Le concept de l’audit est un concept ancien dont l’objectif était de vérifier et de protéger
les états financiers »(Hilmi., 2013).
(Renard, 2017)« Considère que la fonction d’audit interne est une fonction relativement
récente puisque son apparition (ou sa réapparition) remonte à la crise économique de
1929 aux états unis. Les entreprises à cette époque ont subi cette grande dépression, ce qui
les a poussés à procéder à une réduction de leurs charges. »
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Dans ce cadre, les grandes entreprises américaines quibénéficiaient déjà des services
offerts par les cabinets d’audit externe pour la certification de leurs comptes, ont proposé
que leurs salariés se chargent des travaux préparatoires qui précèdent la mission d’audit
externe. Et par conséquent, elles ont atteint l’objectif fixé lié à la réduction de la charge
liée à l’audit.
A partir de là, nous avons assisté à la naissance du mot « audit interne » et non pas la
fonction, puisque ce sont des agents internes de l’organisation qui s’occupaient des travaux
de l’audit.
En France, la fonction d’audit interne n’est apparue que dans les années 1960, largement
caractérisé par ses origines de vérifications comptables et financières. Ce n’est réellement
qu’à partir de l’année 1985 que la fonction audit interne a commencé à se préciser dans sa
nouvelle forme. Nous pouvons alors dire que la fonction est toujours en pleine évolution.
Au Maroc, dans les années quatre-vingt, les premières entités qui ont soumis leurs activités
à l’audit pour une bonne maîtrise de leurs opérations sont les entreprises filiales de
multinationales. Puis il a été introduit dans le secteur public suite aux recommandations
des instances monétaires internationales dans le cadre du plan d’ajustement structurel
(PAS).
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Source : Schick et al( 2021), Audit interne et référentiel des risques : vers la maîtrise des
risques et la performance de l’audit
L’audit interne en tant qu’activité encadrée par des normes internationales bénéficie d’une
définition universelle donnée par l’IIA en 1999, elle stipule que : « L’audit interne est
une activité indépendante et objective qui donne à une organisation une assurance
sur le degré de maîtrise de ses opérations, lui apporte ses conseils pour les améliorer,
et contribue à créer de la valeur ajoutée. Il aide cette organisation à atteindre ses
objectifs en évaluant, par une approche systématique et méthodique ses processus de
management des risques, de contrôle, et de gouvernement d’entreprise, et en faisant
des propositions pour renforcer leur efficacité ».
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A partir de cette définition, nous déduisons que le contrôle interne entre dans le champ
d’action de l’audit interne. En d’autres termes, « il n’y pas d’audit interne et plus
généralement d’audit sans dispositif de contrôle interne » (Florence&, Louis, 2016),
Pour s’assurer de l’atteinte de ces trois types d’objectifs cités précédemment, différentes
missions d’audit interne sont associées : audit opérationnel, audit financier et audit de la
stratégie.
L’audit de la stratégie est l’un des audits les plus spécifiques à appréhender dans
l’organisation. Il est conçu comme une confrontation de l’ensemble des politiques et
stratégies de l’entreprise avec le milieu dans lequel elles se situent pour en vérifier la
cohérence globale, il peut transformer de manière durable l’organisation par les
préconisations pouvant être suggérés. (Elisabeth, 2007). C’est pour cette raison qu’il est
difficile de mettre en œuvre et exige une connaissance très approfondie de l’organisation.
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Dans ce type d’audit, l’auditeur est supposé faire une vérification des incohérences. Pour
ce faire, il doit mettre en place un référentiel en fonction des spécificités de
l’environnement de l’organisation, qui servira de base pour s’assurer de la cohérence des
décisions prises avec les orientations stratégiques.
La mise en place d’un audit stratégique passe par un certain nombre d’étapes :
- Le recueil d’informations : « qui est une étape cruciale dans la mise en place d’un
audit stratégique » (Besson etPossin,2002), il consiste à chercher les sources
d’informations les plus fiables au sein de l’organisation, le plus souvent, c’est le
directeur de l’entité, le pilote essentiel de la stratégie qui est le mieux placés pour
mettre à la disposition de l’auditeur les informations nécessaires à l’établissement de
son audit.
- La construction des indicateurs : issus d’un diagnostic mettant en évidence les points
forts et faibles de l’organisation afin de permette à l’auditeur de déterminer les
indicateurs à suivre en priorité.
- Formulation de la problématique, estimation des conséquences, hiérarchisation
des problèmes :
La mise en place des indicateurs permet de faire ressortir les principales incohérences qui
peuvent se manifester lors de la mise en œuvre de la stratégie. Par exemple une entité qui a
une performance moyenne, mais possède des atouts dans d’autres domaines, l’audit dans
ce cas peut faire des recommandations dans le sens d’exploiter ses compétences. A ce titre,
l’estimation des conséquences d’ordre financier, humain, matériel va permettre de classer
les facteurs par ordre d’importance qui sont de nature à améliorer la performance.
L’auditeur interne tout au long de sa mission utilise des outils qui permettent une meilleure
organisation de son intervention.
La vraie problématique réside dans le fait de choisir l’outil le plus adéquat. Ces outils ne sont
pas spécifiques à l’audit interne, ils peuvent être utilisés par d’autres professionnels.
(Renard, 2010) confirme qu’il existe plusieurs critères de classement des outils d’audit, il a
retenu deux types d’outils qui traduisent deux démarches possibles de l’auditeur :
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Les outils d’interrogation qui vont aider l’auditeur à formuler des questions ou à
répondre à des questions qu’il se pose.( les sondages statistiques, les interviews, les
outils informatiques, les vérifications et rapprochements divers.)
Les outils de description qui ne présupposent pas de questions particulières, mais vont
aider à mettre en relief les spécificités des situations rencontrées. (l’observation
physique, la narration, l’organigramme fonctionnel, la grille d’analyse des tâches, le
diagramme de circulation, la piste d’audit.)
Le contrôle des activités et le domaine du contrôle de gestion qui en découle sont plutôt
corrélés à la phase d’industrialisation de la fin du 19ème siècle et surtout du début du 20ème
siècle. Avec la progression des besoins des entreprises, et l’accroissement de la taille des
unités de production, le champ d’analyse du contrôle de gestion a beaucoup évolué.
« Contrôler une situation c’est être capable de la maîtriser et de la diriger vers le sens voulu.
Tout contrôle vise à mesurer les résultats d’une action et à comparer ces résultats avec les
objectifs fixés à priori pour savoir s’il y a concordance ou divergence. » (Alazard et
Separi., 2010).
Selon (Anthony, 1965), « c’est un processus par lequel les managers s’assurent que les
ressources sont obtenues et utilisées de manière efficace et efficiente pour atteindre les
objectifs de l’organisation. Cette définition met en relation les actions des managers et les
objectifs à atteindre par l’organisation ».
(Djerbi et al, 2020) dans leurs ouvrages collectifs intitulés « contrôle de gestion », ils
considèrent que le contrôle de gestion est un processus de gestion qui existe dans toute
organisation, et dans lequel le « contrôleur » de gestion est un intervenant parmi d’autres.
L’ensemble des acteurs de l’organisation sont ainsi partie prenantes dans ce processus, et
plus spécifiquement les dirigeants et les managers. Pour eux, ils insistent sur le fait que dès
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« Le contrôle de gestion est un processus permettant aux dirigeants d’avoir l’assurance que
les choix stratégiques et les actions courantes et quotidiennes des services sont en
cohérence. »(Ragaigne et Caroline,2019).
Suivant cette définition, nous comprenons que le contrôle de gestion a une double mission : il
aide à la fois la direction générale à l’élaboration des choix stratégiques de l’organisation et
les opérationnels dans la gestion des affaires quotidiennes.
Les outils du contrôle de gestion sont bien connus dans les organisations contemporaines,
mais leur pertinence et leur cohérence aux modèles organisationnels de ces organisations
suscite toujours un débat. Les outils et les processus de contrôle n’ont d’intérêt et de valeur
qu’à partir du moment où ils sont adaptés aux réalités des entreprises ou organisations
concernées et où ils sont utilisées.(Djerbi et al , 2020).
Calcul des coûts : qui désigne l’ensemble des techniques qui permettent à
l’organisation de mieux estimer les différents coûts en interne (cout d’achat, de
production, et de revient), d’un produit ou d’un service. Il permet d’affecter à chaque
produit ou service les coûts dont il a consommé, l’objectif est de dégager les résultats
propres à chaque produit et par conséquent prendre les décisions optimales.
Gestion budgétaire :après le calcul et l’analyse des coûts, les entreprises mettent en
place des budgets prévisionnels et réels, l’objectif est de confronter les réalisations aux
prévisions afin de mettre en évidence les écarts, et les corriger par le biais de mesures
correctives.
Le tableau de bord :qui est un outil d’aide à la prise de décision, il comporte des
indicateurs de performance précis qui mesurent la performance d’un service, d’un
département ou d’une organisation d’une manière générale. Ces indicateurs servent à
piloter et à suivre en temps réel le chemin d’atteinte des objectifs.
[Link] entre l’audit interne et le contrôle de gestion
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Il y a encore peu de temps, nombreux étaient ceux qui discernaient mal la frontière entre
les deux fonctions. Une des causes tient sans doute au fait qu’elles ont suivi des évolutions
comparables.
« De même que l’audit interne est passé du simple contrôle comptable à l’assistance au
management dans la maîtrise des opérations, de même le contrôle de gestion est passé de
la simple analyse des coûts au contrôle budgétaire puis à un véritable pilotage de
l’entreprise ». (Renard, 2010).
Figure 2 : Tableau comparatif entre les deux fonctions audit interne et contrôle de gestion
Source : Schick et al(2021),Audit interne et référentiel des risques : vers la maîtrise des
risques et la performance de l’audit
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Audit interne et contrôle de gestion couvrent le même périmètre, qui s’étend à toutes les
fonctions de l’organisation, elles agissent de manières différentes mais elles partagent la
même finalité. Cette universalité est matérialisée du côté de l’audit interne non seulement
dans la nature des activités mais également dans la nature des missions d’audit. En effet,
soit on est en présence d’un audit de conformité (vérification de la bonne application de la
réglementation), ou un audit d’efficacité (vérification de l’atteinte des objectifs), ou un
audit de la stratégie (cohérence entre la stratégie et les objectifs).
Du côté du contrôle de gestion l’universalité n’était pas la règle au début puisque son
vecteur principal était la comptabilité analytique, et donc son périmètre était axé
principalement sur le domaine comptable et financier, mais par la suite il est devenu en
relation avec toutes les autres fonctions puisqu’il crée de la valeur à travers une gestion
efficace et efficiente des ressources.
De même, les deux fonctions sont des outils d’aide à la décision pour les dirigeants.
Audit interne et contrôle de gestion contribuent l’un et l’autre à la réalisation des objectifs
de l’organisation.
L’audit interne permet à l’organisation d’arriver au point ciblé tout en signalant ce qui est à
éviter, le contrôle de gestion éclaire le chemin de chacun en reliant la stratégie définie par
le top management et le niveau opérationnel par des indicateurs de performance. Et en
s’assurant par la suite par des tableaux de bord du suivi de ces indicateurs. Nous
remarquons donc que c’est le même objectif de l’audit interne mais atteint par d’autres
voies.
3. APPROCHE METHODOLOGIQUE
Pour étudier le rôle joué par l’audit interne et le contrôle de gestion en période de crise (cas de
l’actuelle crise sanitaire), nous avons choisi le cas d’une organisation opérant dans le secteur
public : l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA). L’objectif
étant d’identifier, expliquer et comprendre les interprétations que font les acteurs de l’audit
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« L’interprétativisme va plus loin, non seulement le chercheur interfère avec la réalité observée
et étudiée (c’est-à-dire l’objet), mais aussi il en fait une lecture, donne un sens aux actions
sociales observées ». (LecaetPlé, 2013).
Il est à signaler que la recherche qualitative, quel que soit son objectif, elle se fait à travers une
étude de cas, comme le montre la figure ci-dessous.
(Yin, 2003), définit l’étude de cas comme une recherche empirique qui analyse un phénomène
contemporain dans son contexte de vie réelle, elle permet de comprendre les réalités qui
l’entourent en observant ou en étudiant des cas.
De ce qui précède, nous allons donc adopter une démarche exploratoire à base d’étude de cas.
Le choix de cette démarche est expliqué par le fait qu’elle permet de mieux comprendre un
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phénomène dans un cas étudié mal connu. Le choix de cette démarche est appuyé sur la
méthode inductive.
De plus, nous avons opté pour les entretiens et l’analyse documentaire pour la collecte des
données.
Suivant l’article premier de la loi 25-08, l’office national de sécurité sanitaire des produits
alimentaires (ONSSA), est un établissement doté de la personnalité morale et de l’autonomie
financière.
L’office est placé sous la tutelle de l’Etat, laquelle a pour objet de faire respecter par les
organes compétents de l’office les dispositions de la présente loi, en particulier celles
relatives aux missions qui lui sont imparties et, de manière générale, de veiller à l’application
de la législation et de la réglementation concernant les établissements publics.
L’office est également soumis au contrôle financier de l’Etat applicable aux entreprises
publiques et autres organismes conformément à la législation en vigueur.
Sur le plan organisationnel, L’ONSSA est administré par un conseil d’administration et géré
par un directeur général. Son autonomie administrative et financière lui procure un règlement
propre relatif aux conditions et formes de passation des marchés publics, d’un statut du
personnel, d’un arrêté portant organisation comptable et financière.
L’ONSSA dispose également d’un réseau de services extérieurs : les directions régionales au
niveau régional et les services provinciaux au niveau provincial ou préfectoral.
4. RESULTATS ET DISCUSSIONS
[Link] d’entretien comme outil de collecte des données
Pour bien étudier la valeur ajoutée apportée par les deux fonctions en l’occurrence l’audit
interne et le contrôle de gestion en période de crise sanitaire ( COVID 19) au sein de
l’établissement public objet de notre cas, nous avons préparé un guide d’entretien qui comporte
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Notre objectif dans ce premier axe est de faire d’une part, une identification du responsable de
l’entité à travers les formations qu’il a poursuivi, les postes occupés avant d’être nommé à la
tête de l’entité, et d’autre part, de savoir comment la division est organisé en interne.
Dans ce deuxième axe, nous avons essayé de voir comment l’audit interne est perçue au sein de
l’établissement public, son rôle, ses outils, de s’interroger sur le fait que l’audit interne a-t-il
fait l’objet d’une adaptation en période de crise ou pas, et si c’est le cas comment a-t-il
contribué à la performance de l’établissement.
L’objectif de ce dernier axe est d’étudier l’interaction entre les deux fonctions à travers
notamment le fait de mettre l’accent sur les points communs entre elles, les spécificités de
chacune et leur contribution à l’amélioration de la performance de l’établissement durant la
crise sanitaire.
Tableau 1 : Réponses apportées par le responsable de l’entité Audit interne et contrôle de gestion
qualité.
Au sein de l’office, l’audit interne permet d’avoir une vision claire sur les conditions de
mise en œuvre des différents programmes et d’identifier les éventuels
dysfonctionnements, risques et menaces futures pouvant entraver l’atteinte des objectifs.
De plus, il assiste le management et l’aide à exercer efficacement ses missions en lui
apportant des analyses, des appréciations, des recommandations de nature à améliorer la
maîtrise des activités et des missions qui lui sont attribuées.
pour bien accomplir sa mission, l’audit interne dispose des outils comme : la charte de
Axe 2 l’audit interne, un processus stratégique de pilotage, une charte du comité de gouvernance
et d’audit de l’ONSSA, l’arrêté fixant l’organisation des services de l’ONSSA..
en période de crise sanitaire, et suite aux restrictions dictées par les autorités
gouvernementales, le nombre de missions programmées dans le cadre du plan annuel de
l’audit interne a été réduit et limité uniquement aux activités qui sont exposées plus aux
risques.
Le contrôle de gestion est une fonction dont la finalité est l’amélioration de la
performance, son rôle principal est le questionnement régulier des accomplissements et
l’analyse de la performance des activités afin d’optimiser leur pilotage.
Parmi les outils auxquelles le contrôle de gestion s’appuie pour accomplir sa mission : une
Axe 3 procédure de gestion relative à l’élaboration et le suivi des tableaux de bord, un plan
qualité relatif à l’élaboration, suivi et évaluation des contrats programmes, une instruction
relative aux organes de gouvernance internes de l’ONSSA…
Les deux fonctions visent l’atteinte des objectifs stratégiques et opérationnels de l’office
et son positionnement au sein du paysage administratif national. Néanmoins, les deux
fonctions présentent quelques spécificités :
La spécificité de l’audit interne réside dans le fait de s’assurer de la conformité par
rapport aux procédures en vigueur et aux textes législatifs et réglementaires.
La spécificité du contrôle de gestion est appréciée par le suivi régulier des réalisations
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physiques et budgétaires des différentes entités de l’office.
Malgré les restrictions sanitaires inédites, toutes les entités de l’office au niveau central et
régional avaient poursuivi leurs diverses activités portant sur la protection de la santé
animale, végétales et sur le contrôle et la certification des produits alimentaires tout en
affichant une performance positive.
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L’office est un établissement public récent dont la création remonte à 2009, il opère dans le
secteur public, un secteur dont la finalité ultime est d’accomplir des missions d’intérêt général,
contrairement au secteur privé qui a une obligation de résultat, sinon la survie de l’entreprise
serait en jeu.
Sur un autre volet, étant donné que les EEP sont des institutions majeures dans notre pays,
puisqu’ils mettent en place des politiques publiques d’une grande envergure, l’amélioration et
le renforcement de leurs gouvernance n’est plus une option, mais c’est devenu une obligation.
Dans ce cadre, l’ONSSA s’est doté d’une division de l’audit interne et du contrôle de gestion
en janvier 2017 placée directement sous l’autorité du directeur général. Elle est subdivisée en
trois services à savoir : le service d’audit interne, le service du contrôle de gestion et le service
de l’assurance qualité. Elle est dotée suivant l’article 23 de l’arrêté portant organisation des
services de l’ONSSA d’un certain nombre de prérogatives parmi lesquelles :
L’audit interne rend compte du niveau de maîtrise des opérations liées à la gouvernance de
l’ONSSA (les conditions d’exécution des programmes liés à la protection du patrimoine animal
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Pour ce qui est du contrôle de gestion, le même responsable affirme qu’elle est une fonction
dont la finalité est l’amélioration de la performance. Son rôle principal est le questionnement
régulier des accomplissements (physiques et budgétaires) et l’analyse de la performance des
activités afin d’optimiser leur pilotage.
L’office dispose d’une charte qui définit la mission et le rôle de l’audit interne de l’ONSSA
ainsi que les modalités de sa gouvernance. Elle fixe également les règles selon lesquelles
s’exerce cette fonction en précisant les droits et les devoirs des audités.
Cette charte est fondée sur les normes professionnelles et le code de déontologie de l’audit
interne qui composent le cadre de référence international de l’audit interne. En effet, Tous les
auditeurs internes de l’ONSSA, ainsi que les intervenants extérieurs auxquels sont confiées des
missions d’audit interne doivent la respecter.
il dispose également d’un manuel des procédures, d’une cartographie des risques du processus
achat,d’un processus stratégique de pilotage (PSP06) relatif au contrôle de gestion et audit
interne, une procédure de gestion relative à l’élaboration et le suivi des tableaux de bord
(PG50*/RT/12/C), d’un plan qualité (PQ16 version B) relatif à l’élaboration, suivi et évaluation
des contrats programmes. Ces outils sont de nature à renforcer le contrôle interne d’une part, ce
qui facilitera le travail de l’audit interne à travers une bonne maîtrise des risques, et un meilleur
suivi des indicateurs de performance fixés dans le cadre des contrats programmes avec les
directions régionales d’autre part.
Suivant notre entretien, la vraie problématique à laquelle l’office est exposé est l’absence d’un
système d’information intégré. En effet, il a été noté qu’il y a toujours un retard dans la
remontée de l’information, les données sont toujours arrivées en retard, ce qui ne permettra pas
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Durant cette période de crise sanitaire (COVID 19), l’activité de l’audit interne et du contrôle
de gestion a fait l’objet d’une adaptation. Du côté de l’audit interne, le nombre de missions
programmés dans le cadre du plan d’audit interne annuel a été réduit, en raison des mesures
préventives prises par les autorités gouvernementales. et l’occasion a été saisie pour tenir des
sessions de formation à distance aux profits des auditeurs internes de l’ONSSA afin de mettre à
niveau leurs connaissances.
Quant au contrôle de gestion, les indicateurs de performance ont été revusen concertation avec
le ministère de tutelle. Sur 220 indicateurs que l’ONSSA dispose, il n’en reste que 50 qui
étaient jugés les plus importants, confirme le représentant de la division de l’audit interne et du
contrôle de gestion.
Il ajoute que malgré les restrictions sanitaires inédites, toutes les entités de l’office au niveau
central et régional avaient poursuivi leurs diverses activités portant sur la protection de la santé
animale et végétale et sur le contrôle et la certification des produits alimentaires. En effet,
l’ensemble des indicateurs ont affiché des performances positives.
Il est à signaler que les deux fonctions visent l’atteinte des objectifs stratégiques et
opérationnels de l’office et par conséquent, améliorer son positionnement au sein du paysage
administratif national. Néanmoins, elles présentent quelques spécificités au sein de l’office.
La spécificité de l’audit interne c’est qu’il s’assure de la conformité par rapport aux procédures
en vigueur et aux textes législatifs et réglementaires.
La spécificité du contrôle de gestion c’est qu’il permet d’un suivi régulier des réalisations
physiques et budgétaires des différentes entités de l’office.
Conclusion
L’audit interne et le contrôle de gestiondans les établissements publics sont dictés par les
bonnes pratiques de gouvernance, l’objectif est de les rendre plus efficace et de leur permettre à
faire un meilleur portage des différentes politiques publiques.
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L’étude réalisée malgré sa portée limitée, a montré que l’audit interne et le contrôle de gestion
sont deux fonctions qui opèrent de manière différentes mais elles partagent le même objectif
qui est la recherche de la [Link] différence essentielle entre les deux fonctions tient à
la temporalité : l’audit est une mission ponctuelle, le contrôle de gestion fonctionne en
permanence dans une entreprise. (Alazard et Separi, 2010).
Elle a démontrée également qu’en cette période de crise sanitaire (COVID 19), et malgré que le
nombre de missions d’audit a été réduit, et qu’en matière des indicateurs de performance,
l’attention a été portée sur ceux qui sont jugés les plus importants, l’activité d’une manière
générale de l’ONSSA a affiché une performance positive.
L’audit interne permet d’avoir une vision claire sur les conditions de mise en œuvre des
différents programmes de l’office et d’identifier les éventuels dysfonctionnements et les risques
et menaces futurs pouvant entraver l’atteinte des objectifs.
Bibliographie
Les ouvrages
Loi 25-08 portant création de l’ONSSA, promulguée par le Dahir n°1-09-20 du 22 safar1430
(18 février 2009).
Dans le cadre d’une recherche empirique portant sur l’étude de la valeur ajoutée des deux
fonctions audit interne et contrôle de gestion en période de crise ( cas de la crise sanitaire
COVID 19) au sein de l’ONSSA, nous sollicitant votre collaboration en répondant aux
questions ci-après. L’objectif étant d’identifier les spécificités de chaque fonction, et de
savoir dans quelle mesure ces deux fonctions ont-elles maintenu le même niveau de
performance attendu par l’établissement durant cette période de crise sanitaire.
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