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Conscience et bonheur : un paradoxe

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Comme disait le philosophe britannique John Stuart Mill « Il vaut mieux

être un Socrate malheureux, insatisfait que d’être un imbécile heureux » En


ce sens Mill nous révèle le paradoxe surprenant selon lequel bonheur et
philosophie, bonheur et conscience sont contradictoire voir incompatible
plus on est conscient plus on est malheureux, plus on cherche un bonheur
physique simpliste et superficielle et donc être enfin ce fameux «porc»
heureux qui se contente de satisfaire ses besoins et vivre sans chercher a
bien vivre et connaitre la vérité . Pourtant le sujet proposé « Les êtres
conscients sont-ils prédisposés au bonheur ? » est digne de notre intérêt,
car il remet en cause ce rapport problématique entre la conscience et le
bonheur. Par définition la conscience renvoie à une caractéristique
spécifique a l’être humain que nous sommes, la conscience désigne un
acte intellectuel à la fois réflexif par rapport a soi et objectivant par rapport
au monde et moralisant par rapport à autrui. De même le bonheur est l’un
des idéaux de cette conscience, cet idéal de satisfaction durable, absolu et
inconditionnel. Or ce qui pose problème c’est que cette idée du bonheur
peut ou ne peut pas suffire notre conscience de nous-même. Le problème
qui se pose peut être formuler de la manière suivante : Le bonheur existe-t-
il ? Et si tel est le cas, notre conscience serait-elle capable d’accéder à une
vie heureuse ? Faut-il fonder l’idéal du bonheur sur la conscience de soi
pour finalement être heureux ? Ou bien toute conscience est par définition
une conscience malheureuse, consciente de sa finitude, de sa nature
désirante et donc de son malheur. Est-il toujours possible de prétendre à
une vie heureuse en dépit de ce défaut d’être ? Et comment ? Pour répondre
à cette série de questions légitimes, notre réflexion s’organisera suivant une
triple démarche argumentative : Dans un premier temps, notre intérêt
portera sur la question de savoir en quel sens une forme humaine de
conscience peut mener au bonheur. Ensuite notre effort de compréhension
et d’analyse prendra la forme d’un acte critique qui cherche à tracer les
limites de cette première conception d’une conscience certes et en
apparence heureuse mais fausse. Enfin notre élan philosophique aboutira à
la thèse selon laquelle une prise de conscience de notre nature désirante,
fini et définitivement destiné a la souffrance, au manque et au malheur,
finira par adopter une attitude moralement authentique qui associe plutôt
le bonheur a une forme de contemplèrent de soi au sens de Kant.
D’emblé, la première partie de notre dissertation sera consacré à
l’exposition dune thèse qui semble pourtant assez évidente : La conscience
de soi est fondamentale pour obtenir une forme de vie humaine heureuse.
Si l’on définit l’être humain comme étant un être de besoins qui cherche à
les satisfaire et à accumuler le plus grand nombre possible de plaisir
physique, on peut reconnaitre la possibilité d’une forme hédoniste
physicaliste mais bien réel de vie heureuse. La satisfaction est liée à
l’instinct aveugle certes de survie, en ce sens l’être vivant jouit de son être
en réalisant sa mission la plus primitive celle de s’adapter et de persévérer
dans l’être. De ce point de vu animal, être heureux est très simple ; se
nourrir, se reposer, dormir, s’aimer, se rassurer. Cela nous mène à un mode
d’existence certes simpliste mais assez concret, d’ailleurs rien de plus réel
dans ce monde sinon les petits plaisirs de la vie ordinaire. Admirons les
passages poétique qui font l’éloge du plaisir notamment charnel, sexuel,
mieux dans lune des Fables de La Fontaine Le chien et le loup, le penseur
français décrit les deux choix de vie contradictoires mais dans le premier
cas qui mène a une forme de vie satisfaisante, apaisé et stable, celle du
chien qui en se soumettant a son maitre, profite d’une vie plus ou moins
tranquille et acceptable, cela va de soi que de dire que ce bonheur dépend
de l’acceptation de la soumission, au fond le chien a fait le choix suivant :
Survivre, vivre, être satisfait tout en étant conscient de sa dépendance aux
humain. De ce point de vu la conscience et la voie qui mène au bonheur. Au
contraire le loup face à un chien qui fait l’éloge d’un mode de vie sécurisé,
satisfaisant, n’a pas fait le même choix, aux yeux du loup la conscience est
avant tout une conscience de notre liberté. L’instinct du loup et donc sa
conscience de lui-même et de sa propre nature, cherche une autre forme
de bonheur plus sauvage, plus libre, plus radicale. Il conçoit son bonheur
dans l’insécurité, dans le risque voir le danger. Dans les deux cas bonheur
et conscience sont intimement liées et chacun trouve son bonheur dans ce
qu’il pense être le bonheur, certain sont convaincu que le pouvoir est le
seul moyen qui mène au bonheur, d’autres leurs consciences de leurs vies
sentimentales leurs donnent a penser que le bonheur est associé a la
recherche de l’âme sœur et la conscience que notre existence manque
l’essentiel si l’on n’a pas vécu le grand amour est la condition nécessaire de
poursuivre une forme de vie heureuse. Certains identifient la richesse et le
fait de gagner leurs vies comme la condition sinequanone d’être heureux.
Au-delà de cette pluralité des différentes formes des consciences du
bonheur on peut affirmer l’existence de passerelle sous terraine entre la
conscience de soi et ce prétendu bonheur.

Cependant ce prétendu bonheur dont nous avons conscience, peut se


révéler comme un bonheur qui se présente comme tel mais en réalité il
n’en est rien. En fait la psychologie humaine d’après les recherches
récentes en psychologie, en sociologie, en théorie de sexualité, en sciences
économiques, en démontré sans aucune incertitude que le fondement de
la nature humaine est loin d’être la conscience, Freud l’avait déjà affirmé
« Le moi n’est pas maitre dans sa propre maison » En effet, la réalité
psychique intérieur est fondamentalement inconsciente, désirante,
libidinale, l’être humain ne fais que désirer et ne désire que ce qu’il manque
que ce qu’il n’est pas d’où sa souffrance interminable et désespéré. Désirer
c’est souffrir, souffrir c’est être en manque, être en manque nécessite une
satisfaction et même une fois satisfait cette satisfaction illusoire cède sa
place à une déception a l’ennuie la dépression le néant. Cela nous révèle
que la seule réalité positive dans la vie humaine est la souffrance, comme
disait Schopenhauer « L’essence humaine est un vas et viens entre la
souffrance et l’ennuie » Autrement dit on passe nos vies à désirer à être
conscient de nos objectives ; réussir, aimer, gagner sa vie, construire une
sorte de légende personnelle, mais toute ces recherche sombre dans la
déception, rien ne satisfait une âme humaine, et pourtant on désire encore
et encore pour constater que toute conscience est par définition une
conscience malheureuse et que la seule vérité consciente est celle du
monde ; l’homme est un être fragile, inquiet bref sensible, or la sensibilité
est un élément conscient, mais sensible de quoi ? Sensible que l’on est
toujours conscient de notre nature tragique contradictoire irrationnel et
pourtant on espère toujours être heureux. Reprenons la critique de Mill
portant sur cette forme illusoire de conscience animal, bestiale, simpliste
mais fondamentalement fausse. Selon Mill, notre humanité se mesure par
notre capacité a adopter des attitudes de vies autres que celle de l’animal,
être satisfait ne nous satisfait pas, être animal c’est bien être vivant, mais
cela manque l’essentiel, l’homme au-delà de la satisfaction et du besoin,
cherche un sens, or le sens d’une vie humaine est inexistant, on n’a pas
choisi de vivre et notre conscience de notre propre mort finira toujours par
rendre nos vies sombres et pessimistes. Comment a la fois éviter ce
pessimisme lié à notre conscience de notre nature triste malheureuse et
contradictoire et en même temps espérer être heureux, pour Mill la réponse
est évidente ; choisir le malheur au dépend du bonheur illusoire, préférer la
sagesse vécue à la manière d’un Socrate que de choisir un mode de vies
satisfaisant au nom de notre liberté et de notre prétendue supériorité par a
port a la simple animalité. Comme le suggère merveilleusement
Shakespeare dans Amelette « Être ou ne pas être tel est la question » Et
bien philosophiquement parlant, on ne peut être heureux, on ne peut que
choisir donc la vérité, c’était le choix de Socrate mais son choix a fini par le
détruire, il a sacrifié son bonheur personnel pour sauver l’humanité pour
sauver l’idéal d’une société juste, au fond être philosophe c’est
comprendre que toute conscience du bonheur ne doit pas porter sur le
bonheur personnel individuel animal égoïste, mais porter sur un bonheur
collectif qui s’assume moralement mais aussi politiquement. Pour cela
l’objet d’étude de notre approche réflexive au niveau du troisième axe est
bien clair : Être imbécile heureux ou être moralement capable de prédéfinir
la seule voie possible qui nous permettrait non pas d’être heureux mais
d’espérer être digne d’être heureux, Kant.

A ce niveau de l’analyse et abordant la dernière partie de notre


dissertation, nous allons mesurer la distance qui sépare le désir naturel
d’être heureux en adoptant une forme de vie consciente minimaliste,
animal et trop simpliste de l’idéal d’une vie consciente philosophiquement
assumé a la manière d’un Socrate qui a sacrifié son bonheur pour sauver la
cité et ses idéaux du juste, du bien et du beau. Le drame de Socrate est
notre guide a ce niveau, comment être Socrate sans pour autant nous
sacrifier ? Car au fond la seule valeur suprême c’est de vivre mais au prix de
ne pas céder notre droit à être humain. Or la conscience est le caractère
déterminant de notre humanité. Penser c’est avant tout penser notre
finitude, penser notre réalité psychologique définitivement incompatible
avec le bonheur et le reconnaitre. La première étape d’une vie humaine
authentique et digne de ce nom c’est de reconnaitre qu’on n’est pas destiné
à être heureux. Dans ce contexte Kant est l’une des pistes de réflexion
philosophique très utile. Selon le philosophe allemand la question n’est
plus « comment être heureux ? » mais plutôt comment cet être moral, libre
et responsable de ses pensées et de ses actes et de ses paroles, peut
espérer une vie qui mérite le bonheur ? La réponse morale est la seule
réponse possible. Être heureux pour un être ne signifie que la chose
suivante : agir selon le bien et fonder notre vie sur la bonne attention de se
respecter sois même, respecter autrui et ainsi mériter une forme de vie
digne et humaine. Que signifie respecter pour mériter le bonheur ?
Premièrement, respecter l’être raisonnable et conscient que je suis, c’est à
dire ne pas réduire notre être à une choséité, ne pas la chosifier, ne pas
mesurer la valeur de notre vie d’un point de vue de la chose mais d’un point
de vu de la volonté libre et de l’intelligence. La différence entre une chose
et un être humain, c’est que ce dernier possède une valeur absolu, or la
chose est réduite a sa seule valeur d’usage, l’être dune surgit une fois qu’on
aura besoin delle et bien la valeur d’un être humain est inconditionnel, «Agit
de tel façon que tu traite toute personne humaine que se sois la tienne ou
celle d’une autre, toujours comme une fin en soi et jamais comme un
simple moyen » On retient de cet impératif catégorique de Kant que la
conscience de notre valeur est la condition nécessaire de mériter d’être
heureux, une personne humaine qui se conçoit comme un simple moyen
pour autre chose n’est pas au fond humaine. Citons par exemple les
conduites de vies inauthentiques et de mauvaise foi cité par Sartre, sont-ils
des gens heureux ? Loin de là, le garçon de café ou la dame qui vient a un
premier rendez-vous charnel, sont loin d’être heureux et ils le savent parce
qu’ils n’ont rien fait pour mériter le bonheur, leur conduite présuppose une
fausse conscience, une conscience a la limite moralement hypocrite et
existentiellement inauthentique, cette femme qui est consciente d’être
deux choses à la fois ; d’être un objet, un corps désirable vis-à-vis de son
partenaire et de vouloir aussi se présenter comme esprit libre, bon et
définitivement conscient, résume notre situation dans le monde ; être ou
ne pas être. Être conscient de notre valeur suprême c’est à dire un être de
devoir et non pas de désir, un être de raison et non pas de besoin, un être
de conscience et non pas de plaisir.

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