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DM 9 : Algèbre Linéaire - Lycée Lakanal

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Lycée Lakanal, Sceaux Pour le 27/11/2024, 21h00

MP – Mathématiques
A. Troesch

DM no 9 : Algèbre linéaire

Ce DM est à rendre au format numérique, scanné en pdf en un seul fichier n’excédant pas 10 Mo. L’envoi se fera via
Cahier-de-Prépa avant la date et heure ci-dessus.

On traitera au choix au moins l’un des 3 problèmes ci-dessous.

Problème 1 – (Extrait et adapté de HEC 1995)


Soit E un espace vectoriel sur le corps R, de dimension m, où le nombre entier m est supérieur ou égal à 2.
Si f désigne un endomorphisme de E et k un entier strictement positif, on note f k la composée flooooooomooooooon
˝ f ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ f . On
k fois
désigne par I l’application identité de E et par Im la matrice identité d’ordre m.

Partie I – Étude d’un endomorphisme de polynôme annulateur donné, et d’un projecteur


On considère un endomorphisme f de l’espace vectoriel E vérifiant la relation :
1 2
f3 “ pf ` f ` Iq. (1)
3
1. Étude des puissances de f et de son inversibilité.
On suppose dans cette question que les endomorphismes I, f et f 2 sont linéairement indépendants (i.e. la
famille pI, f, f 2 q est libre).
(a) Établir que pour tout n P N, il existe un triplet pan , bn , cn q de nombres réels et un seul tel que f n “
an f 2 ` bn f ` cn I.
(b) Montrer que les suites pan q, pbn q et pcn q convergent vers des limites a, b et c qu’on déterminera.
(c) On convient d’appeler limite de f n “ an f 2 ` bn f ` cn I l’endomorphisme q “ af 2 ` bf ` cI.
Établir que q est un projecteur.
(d) Prouver que l’endomorphisme f est inversible et exprimer son inverse f ´1 comme combinaison linéaire de
f 2 , f et I.
2. Étude du projecteur q.
(a) Soit λ une valeur propre de f , associée à un vecteur propre x.
i. Montrer que pour tout n P N, f n pxq “ λn x, et en déduire que λ3 “ 13 p1 ` λ ` λ2 q.
ii. Montrer que λ P t1, α, αu.
iii. Existe-t-il des homothéties du R-espace vectoriel E vérifiant (1) ? Si oui, les déterminer toutes.
(b) Montrer que E est somme directe de Kerpf ´ Iq et de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq, et que q est le projecteur sur
Kerpf ´ Iq dans la direction Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
(c) Montrer que Impf ´ Iq “ Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
Ainsi, q est le projecteur sur Kerpf ´ Iq dans la direction Impf ´ Iq.

Partie II – Étude des solutions de (1)

1. On suppose dans cette question que dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq ą 0.


Soit e1 un vecteur non nul appartenant à Kerp3f 2 ` 2f ` Iq. Montrer que pe1 , f pe1 qq est une famille libre de
Kerp3f 2 ` 2f ` Iq. En déduire que dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq ě 2.
2. On suppose dans cette question et seulement dans cette question que m “ 2.
Déterminer les dimensions possibles de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq et de Kerpf ´ Iq.
En déduire qu’il existe des bases de E dans lesquelles la matrice de l’endomorphisme f est :
ˆ ˙ ˆ ˙
1 0 0 ´ 31
ou
0 1 1 ´ 23
Cette dernière matrice est-elle diagonalisable sur R ?

1
3. On suppose dans cette question que dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq ą 2.
Soit e2 un vecteur de Kerp3f 2 `2f `Iq tel que la famille pe1 , f pe1 q, e2 q soit libre. Montrer que pe1 , f pe1 q, e2 , f pe2 qq
est encore une famille libre de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq. En déduire que

dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq ě 4.

4. On suppose dans cette question que m “ 3


Déterminer les dimensions possibles de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq et de Kerpf ´ Iq.
En déduire qu’il existe des bases de R3 dans lesquelles la matrice de l’endomorphisme f est :

0 ´ 31 0
¨ ˛ ¨ ˛
1 0 0
˝0 1 0‚ ou ˝1 ´ 2 0‚.
3
0 0 1 0 0 1

5. Étudier de la même manière le cas m “ 4 en précisant les formes possibles de la matrice de l’endomorphisme
f dans des bases convenables de R4 .
6. Étude de la parité de la dimension de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
(a) Soit k tel que 2k ă dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq. On suppose qu’il existe k vecteurs pe1 , . . . , ek q tels que
pe1 , f pe1 q, . . . , ek , f pek qq forment une famille libre de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
Montrer qu’il existe ek`1 P Kerp3f 2 ` 2f ` Iq tel que pe1 , f pe1 q, . . . , ek , f pek q, ek`1 q soit une famille libre.
(b) Montrer que pe1 , f pe1 q, . . . , ek , f pek q, ek`1 , f pek`1 qq est une famille libre de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
Z ^
1 2 1
(c) Soit q “ dim Kerp3f ` 2f ` Iq ` . Déduire des questions précédentes qu’il existe une famille pe1 , ¨ ¨ ¨ , eq q
2 2
tels que pe1 , f pe1 q, . . . , eq , f peq qq soit une famille libre de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
(d) En déduire que dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq est pair, et que pe1 , f pe1 q, . . . , eq , f peq qq en est une base.
7. Montrer qu’il existe une base de E telle que la matrice de f relativement à cette base soit :
¨ ˛
A1 0 . . . 0
.. ‹
˚ 0 ... ...
˚
. ‹
M “˚ ˚ .
‹,
˝ .. .. ‹
. Aq 0 ‚
0 . . . 0 Im´2q
ˆ ˙
0 ´ 31
où Im´2q est la matrice identité d’ordre m ´ 2q et pour tout i P v1, qw, Ai “ . Ainsi, cette matrice est
1 ´ 23
constituée de 0, sauf sur des blocs carrées situés sur sa diagonale.
8. Réciproquement, vérifier que la matrice M obtenue précédemment satisfait bien la relation
1
M3 “ pM 2 ` M ` Im q.
3

Problème 2 – Théorème de Gerstenhaber (Mines-Ponts MP 2020, 3h)


[Pour le problème ci-dessous (notamment tout au début), on pourra admettre, si on ne l’a pas encore vu en cours, que
si M est une matrice nilpotente de Mn pCq, alors il existe une matrice inversible P P GLn pCq telle que P ´1 M P soit
triangulaire supérieure à diagonale nulle. On rappelle également que si M1 et M2 sont deux matrices semblables, alors
trpM1 q “ trpM2 q, ce qui permet de définir sans ambiguïté trpuq, lorsque u P LpEq, E étant un espace vectoriel (réel
ou complexe) (note rajoutée par rapport à l’énoncé d’origine)]
Dans tout le problème, on considère des R-espaces vectoriels de dimension finie. Soit E un espace vectoriel et u un
endomorphisme de E.
‚ On dit que u est nilpotent lorsqu’il existe un entier p ě 0 tel que up “ 0 ;
‚ le plus petit de ces entiers est alors noté νpuq, et appelé nilindice de u, et l’on remarquera qu’alors uk “ 0
pour tout entier k ě µpuq.
‚ On rappelle que u0 “ idE .
‚ L’ensemble des endomorphismes nilpotents de E est noté N pEq.
‚ Un sous-espace vectoriel V de LpEq est dit nilpotent lorsque tous ses élements sont nilpotents, autrement dit
lorsque V Ă N pEq.

2
‚ Une matrice triangulaire supérieure est dite stricte lorsque tous ses coefficients diagonaux sont nuls. On note
Tn`` pRq l’ensemble des matrices triangulaires supérieures strictes de Mn pRq.
L’objectif du problème est de démontrer le théorème suivant, démontré par Murray Gerstenhaber en 1958 :

Théorème de Gerstenhaber – Soit E un R-espace vectoriel de dimension n ą 0, et V un sous-espace vectoriel


nilpotent de LpEq. Alors :
npn ´ 1q
(i) dimpVq ď ;
2
npn ´ 1q
(ii) si dimpVq “ , il existe une base de E dans laquelle tout endormophisme de V est représenté par une
2
matrice triangulaire supérieure stricte.
Les trois premières parties du sujet sont largement indépendantes les unes des autres. La partie I est constituée de
généralités sur les endomorphismes nilpotents. Dans la partie II, on met en évidence un mode de représentation des
endomorphismes de rang 1 d’un espace euclidien. Dans la partie III, on établit deux résultats généraux sur les sous-
espaces vectoriels nilpotents : une identité sur les traces (lemme A), et une condition nécessaire et suffisante pour que
les éléments d’un sous-espace nilpotent non nul possèdent un vecteur propre commun (lemme B). Dans l’ultime partie
IV, les résultats des parties précédentes sont combinés pour établir le théorème de Gerstenhaber, par récurrence sur la
dimension de l’espace E.

Partie I – Généralités sur les endomorphismes nilpotents


Dans toute cette partie, on fixe un espace vectoriel réel E de dimension n ą 0.
1. Soit u P N pEq. Montrer que trpuk q “ 0 pour tout k P N˚ .
2. On fixe une base B de E. On note NB l’ensemble des endomorphismes de E dont la matrice relativement à la
base B est triangulaire supérieure stricte. Justifier que NB est un sous-espace vectoriel nilpotent de LpEq, et
npn ´ 1q
que sa dimension vaut .
2
3. Soit B une base de E. Montrer que
tνpuq | u P NB u “ tνpuq | u P N pEqu “ v1, nw .
4. Soit u P LpEq. On se donne deux vecteurs x et y de E, ainsi que deux entiers p ě q ě 1 tels que up pxq “ uq pyq “ 0
et up´1 pxq ‰ 0. Montrer que la famille px, upxq, . . . , up´1 pxqq est libre, et que si pup´1 pxq, uq´1 pyqq est libre,
alors px, upxq, . . . , up´1 pxq, y, upyq, . . . , uq´1 pyqq est libre.
5. Soit u P N pEq, de nilindice p. Déduire des questions précédentes que si p ě n ´ 1, et p ě 2, alors Impup´1 q “
Impuq X Kerpuq et Impup´1 q est de dimension 1.

Partie II – Endomorphismes de rang 1 d’un espace euclidien


On considère ici un espace vectoriel euclidien pE, x´, ´yq. Étant donné a P E et x P E, on notera a b x l’application
de E dans lui-même définie par :
@z P E, pa b xqpzq “ xa, zy ¨ x.
6. On fixe x P Ezt0u. Montrer que l’application a P E ÞÑ a b x est linéaire, et constitue une bijection de E sur
tu P LpEq : Impuq Ă Vectpxqu.
7. Soit a P E et x P Ezt0u. Montrer que trpa b xq “ xa, xy.

Partie III – Deux lemmes


On considère ici un R-espace vectoriel E de dimension n ą 0. Soit V un sous-espace vectoriel nilpotent de LpEq,
contenant un élément non nul. On note
p “ maxpνpuqq,
uPV
appelé nilindice générique de V (cet entier est bien défini grâce à la question 3). On notera que p ě 2.
On introduit le sous-ensemble V ‚ de E formé des vecteurs appartenant à au moins un des ensembles Impup´1 q pour u
dans V ; on introduit de plus le sous-espace vectoriel engendré
KpVq “ VectpV ‚ q.
Enfin, étant donné x P E, on note :
Vx “ tvpxq | v P Vu.
L’objectif de cette partie est d’établir les deux lemmes suivants :

3
‚ Lemme A. Soit u et v dans V. Alors trpuk vq “ 0 pour tout entier naturel k.
‚ Lemme B. Soit x P V ‚ zt0u. Si KpVq Ă Vectpxq ` Vx, alors vpxq “ 0 pour tout v dans V.
Dans les questions 8 à 11, on se donne deux éléments arbitraires u et v de V.
8. Soit k P N˚ .
pkq pkq
Montrer qu’il existe une unique famille pf0 , . . . , fk q d’endomorphismes de E tels que
k
ÿ pkq
@t P R, pu ` tvqk “ ti fi .
i“0

k´1
pkq pkq
“ uk et que f1 ui vuk´1´i .
ř
Montrer en particulier que f0 “
i“0
p´1
ui vup´1´i “ 0.
ř
9. Montrer que
i“0
pk`1q
10. Étant donné k P N, donner une expression simplifiée de trpf1 q, et en déduire la validité du lemme A.
pp´1q pp´1q
11. Soit y P E. Démontrer que f1 P KpVq. À l’aide d’une relation entre upf1
pyq pyqq et vpup´1 pyqq en déduire
que vpxq P upKpVqq pour tout x P Impup´1 q.
12. Soit x P V ‚ zt0u tel que KpVq Ă Vectpxq ` Vx. On choisit u P V tel que x P Impup´1 q.
Étant donné y P KpVq, montrer que pour tout k P N, il existe yk P KpVq et λk P R tels que y “ λk x ` uk pyk q.
En déduire que KpVq Ă Vectpxq, puis que vpxq “ 0 pour tout v P V.

Partie IV – Démonstration du théorème de Gerstenhaber


Dans cette ultime partie, nous démontrons le théorème de Gerstenhaber par récurrence sur l’entier n ě 1. Le cas
n “ 1 est immédiat, et nous le considérerons comme acquis. On se donne donc un entier naturel n ě 2, et on suppose
que pour tout R-espace vectoriel E 1 de dimension n ´ 1, et tout sous-espace vectoriel nilpotent V 1 de LpE 1 q, on a
pn ´ 1qpn ´ 2q pn ´ 1qpn ´ 2q
dimpV 1 q ď , et si en outre dim V 1 “ , alors il existe une base de E 1 dans laquelle tout les
2 2
éléments de V 1 est représentée par une matrice triangulaire supérieure stricte.
On fixe un R-espace vectoriel E de dimension n, ainsi qu’un sous-espace vectoriel nilpotent V de LpEq. On munit E
d’un produit scalaire x´, ´y, ce qui en fait un espace euclidien.
On considère, dans un premier temps, un vecteur arbitraire x de Ezt0u. On pose,

H “ VectpxqK , Vx “ tvpxq | v P Vu et W “ tv P V : vpxq “ 0u.

On note π la projection orthogonale de E sur H. Pour u P W, on note u l’endomorphisme de H défini par

@z P H, upzq “ πpupzqq.

On considère enfin les ensembles

V “ tu | u P Wu et Z “ tu P W | u “ 0u.

13. Montrer que Vx, W, V et Z sont des sous-espaces vectoriels respectifs de E, V, LpHq et V.
14. Montrer que
dim V “ dimpVxq ` dim Z ` dim V.

15. Montrer qu’il existe un sous-espace vectoriel L de E tel que :

Z “ ta b x | a P Lu et dim L “ dim Z,

et montrer qu’alors, x P LK .
16. En considérant u et a b x pour u P V et a P L, déduire du lemme A que Vx Ă LK , et que plus généralement,
uk pxq P LK pour tout k P N et tout u P V.
17. Justifier que λx R Vx pour tout λ P R˚ , et déduire alors des deux questions précédentes que

dim Vx ` dim L ď n ´ 1.

18. Soit u P W. Montrer que puqk pzq “ πpuk pzqq pour tout k P N et tout z P H. En déduire que V est un sous-espace
vectoriel nilpotent de LpHq.

4
npn ´ 1q
19. Démontrer que dim V ď .
2
npn ´ 1q
Dans toute la suite du problème, on suppose que dim V “ .
2
20. Démontrer que

pn ´ 1qpn ´ 2q
dim V “ , dimpVectpxq ‘ Vxq ` dim L “ n et LK “ Vectpxq ‘ Vx.
2
En déduire que Vectpxq ‘ Vx contient v k pxq pour tout v P V et tout k P N.
21. En appliquant l’hypothèse de récurrence, montrer que le nilindice générique de V est supérieur ou égal à n ´ 1,
et que, si en outre Vx “ t0u, alors il existe une base de E dans laquelle tout élément de V est représenté par
une matrice triangulaire supérieure stricte.

Compte tenu du résultat de la question 21, il ne nous reste plus qu’à établir que l’on peut choisir le vecteur x de telle
sorte que Vx “ t0u.
On choisit x dans V ‚ zt0u (l’ensemble V ‚ a été défini dans la partie III). On note p le nilindice générique de V, et on
fixe u P V tel que x P Impup´1 q. On rappelle que p ě n ´ 1 d’après la question 21.

22. Soit v P V tel que vpxq ‰ 0. Montrer que Impv p´1 q Ă Vectpxq ‘ Vx.
On pourra utiliser les résultats des questions 5 et 20.
23. On suppose qu’il existe v0 dans V tel que v0 pxq ‰ 0. Soit v P V. En considérant v ` tv0 , pour t réel, montrer
que Impv p´1 q Ă Vectpxq ‘ Vx.
24. Conclure.

Problème 3 – Sous-espaces stables par un endomorphisme


Dans tout le problème, E désigne un espace vectoriel sur un corps K. On suppose que E est de dimension finie non
nulle.
Le but de ce problème est d’étudier les sous-espaces stables par un endomorphisme u de E. On rappelle qu’un sous-
espace F de E est dit stable par u lorsque upF q Ă F .
Étant donné u P LpEq, on note Krus “ tP puq | P P KrXsu le sous-ensemble de LpEq constitué des endomorphismes
s’écrivant comme un polynôme en l’endomorphisme u. On rappelle que pour tous polynômes P et Q, on a P puq˝Qpuq “
Q ˝ P puq “ pP Qqpuq.
On rappelle que P est un polynôme annulateur de u si P puq “ 0LpEq .

Partie I – Quelques résultats préliminaires sur les sous-espaces stables

1. Intersection et somme de sous-espaces stables. Soit u P LpEq.


(a) Justifier qu’il existe un sous-espace de E stable par u. č
(b) Soit pFi qiPI une famille de sous-espaces stables par u. Montrer que Fi est stable par u, ainsi que, lorsque
ÿ iPI
I est fini, Fi .
iPI
2. Endomorphismes laissant stable un sous-espace donné. Soit F un sous-espace de E.
(a) Montrer que si F est stable par u et v de LpEq , alors F est stable par λu ` v (λ P K) et par u ˝ v.
(b) Que peut-on dire de la structure algébrique de tu P LpEq | upF q Ă F u ?
(c) Justifier que si F est stable par u, alors F est stable par tout élément P puq de Krus (P P KrXs).
3. Sous-espaces stables définis par des noyaux et images de polynômes en u. Soit u P LpEq.
(a) Montrer que Kerpuq et Impuq sont stables par u.
(b) Montrer plus généralement que pour tout P P KrXs, KerpP puqq et ImpP puqq sont stables par u.
4. Polynôme minimal ponctuel. Soit u P LpEq et x P E.
(a) En étudiant la liberté d’une certaine famille, montrer qu’il existe un polynôme P P KrXs non nul tel que
P puqpxq “ 0.
(b) Montrer que l’ensemble des polynômes P tels que P puqpxq “ 0 est un idéal de KrXs.
(c) En déduire l’existence et l’unicité d’un polynôme πu,x unitaire non nul de degré minimal tel que πu,x puqpxq “
0. Ce polynôme πu,x est appelé polynôme minimal ponctuel de u en x.

5
5. Sous-espaces cycliques. Soit u P LpEq.
(a) Soit X une partie de E. Montrer l’existence d’un sous-espace stable par u minimal au sens de l’inclusion et
contenant X. Lorsque X “ txu est un singleton, on note ă x ąu ce sous-espace stable minimal.
(b) Montrer que ă x ąu “ Vectpuk pxq, k P Nq, et en notant d “ degpπu,x q, montrer que Bx “ puk pxqqkPv0,d´1w
en est une base.
(c) Soit ux l’endomorphisme de ă x ąu induit par u sur le sous-espace stable ă x ąu . Déterminer sa matrice
dans la base Bx en fonction des coefficients du polynôme πu,x .

Partie II – Sous-espaces stables par un projecteur ou une symétrie


Soit p un projecteur de E.
1. Soit F un sous-espace vectoriel de Imppq et G un sous-espace vectoriel de Kerppq. Montrer que F ` G est stable
par p.
2. Soit H un sous-espace vectoriel de E stable par p. Montrer que H “ pH X Imppqq ‘ pH X Kerppqq.
3. En déduire une description exhaustive des sous-espaces stables par p.
On montre dans la suite du devoir que ceci est un cas particulier d’une situation générique.

Partie III – Diagonalisation


Soit u P LpEq. On dit que x P E est un vecteur propre de u s’il est non nul et si upxq et x sont colinéaires, autrement
dit si x est non nul et s’il existe λ P K tel que upxq “ λx. Le scalaire λ est alors appelé valeur propre de u. Ainsi,
λ P K est une valeur propre de u si et seulement s’il existe un vecteur x non nul tel que upxq “ λx. On dira dans ce
cas que x est un vecteur propre associé à la valeur propre λ.
On note Sppuq l’ensemble des valeurs propres de u. Ce sous-ensemble de K est appelé spectre de u.
1. Valeurs propres et espaces propres
(a) Montrer que λ est une valeur propre de u si et seulement si u ´ λid n’est pas un automorphisme, et
que dans ce cas, les vecteurs propres associés à λ sont les vecteurs non nuls de Kerpu ´ λidq. On note
Eλ puq “ Kerpu ´ λidq. Ce sous-espace de E est appelé sous-espace propre de u associé à la valeur propre λ.
(b) Soit λ1 , . . . , λk des valeurs propres de u et F1 , . . . , Fk des sous-espaces vectoriels de Eλ1 puq, . . . , Eλk puq.
Montrer que F1 ` ¨ ¨ ¨ ` Fk est stable par u.
2. Valeurs propres et polynôme annulateur
(a) Soit P un polynôme, et x un vecteur propre de u, associé à une valeur propre λ. Montrer que P puqpxq “
P pλq ¨ x.
(b) En déduire que si P est un polynôme annulateur de u, Sppuq Ă racpP q, où racpP q désigne l’ensemble des
racines de P .
(c) Justifier que l’ensemble Iu des polynômes P P KrXs tels que P puq “ 0 est un idéal de KrXs, et en déduire
l’existence d’un polynôme unitaire non nul πu annulateur de u et divisant tout autre polynôme annulateur.
Ce polynôme est appelé polynôme minimal de u.
(d) Soit λ une racine de πu . On écrit πu “ pX ´ λqQ, avec Q P KrXs. En supposant que λ n’est pas valeur
propre de u, contredire la minimalité de πu .
(e) En déduire que Sppuq “ racpπu q.
(f) En déduire que u admet un nombre fini de valeurs propres.
3. Lemme de décomposition des noyaux. Soit u P LpEq.
(a) Soit P et Q deux polynômes de KrXs premiers entre eux. En se servant d’une relation de Bezout, montrer
que
KerppP Qqpuqq “ KerpP puqq ‘ KerpQpuqq.

(b) En déduire que si P1 , . . . , Pk sont des polynômes deux à deux premiers entre eux, alors

KerppP1 ¨ ¨ ¨ Pk qpuqq “ KerpP1 puqq ‘ ¨ ¨ ¨ ‘ KerpPk puqq.

4. Diagonalisabilité. On dit que u est diagonalisable s’il existe une base B de E telle que MatB puq soit diagonale.
(a) Soit λ1 , . . . , λk les valeurs propres de u. Montrer que la somme Eλ1 puq ` ¨ ¨ ¨ ` Eλk puq est directe, et identifier
cette somme comme noyau d’un polynôme en u.

6
(b) Montrer que u est diagonalisable si et seulement si
à
E“ Eλ puq.
λPSppuq

(c) En déduire que u est diagonalisable si et seulement si son polynôme minimal πu est scindé à racines simples.

Partie IV – Description des sous-espaces stables


Soit u un endomorphisme de E, et πu son polynôme minimal, factorisé sous la forme

πu “ P1α1 ¨ ¨ ¨ Pkαk ,

où les Pi sont des polynômes irréductibles unitaires deux à deux distincts, et les αi des entiers naturels non nuls.
k
à
1. Justifier que E “ KerpPiαi puqq.
i“1
2. Soit F un sous-espace stable par u, et v P LpF q l’endomorphisme de F induit par u.
(a) Décrire KerpPiαi pvqq en fonction de KerpPiαi puqq et F .
(b) En déduire que
àk
F “ pKerpPiαi puq X F q .
i“1

3. En déduire qu’un sous-espace F de E est stable par u si et seulement s’il s’écrit comme somme directe de
sous-espaces Fi des KerpPiαi puqq, chaque Fi étant stable par u.
4. Donner une description des sous-espaces stables par un endomorphisme diagonalisable u en fonction des sous-
espaces vectoriels des sous-espaces propres de u.
5. Expliquer en quoi le résultat de la partie II concernant les projecteurs est un cas particulier du résultat de la
question précédente.
6. On suppose que u possède n valeurs propres distinctes, n étant la dimension de E.
(a) Justifier que u est diagonalisable et donner la dimension des sous-espaces propres de u.
(b) Montrer qu’il n’y a qu’un nombre fini de sous-espaces stables par u. En donner une description. Combien y
en a-t-il ?

Partie V – Endomorphismes semi-simples


On dit que u est semi-simple si tout sous-espace de E stable par u admet un supplémentaire dans E stable par u.
Soit u un endomorphisme quelconque de E.
1. Montrer que pour tout y P E non nul, πu,y divise πu (notation introduite dans la partie I pour le polynôme
minimal ponctuel πu,y et dans la partie III pour le polynôme minimal πu )
2. On suppose dans cette question que πu est irréductible. On souhaite montrer que u est semi-simple.
(a) Justifier que pour tout y non nul de E, πu,y “ πu .
(b) Soit F un sous-espace stable par u tel que F ‰ E, et on fixe x P EzF . Montrer que F X ă x ąu “ t0u.
(c) Conclure soigneusement.
3. On suppose dans cette question que πu “ P1 ¨ ¨ ¨ Pk , les Pi étant irréductibles unitaires distincts.
(a) Soit i P v1, kw. Montrer que l’endomorphisme φi induit par u sur KerpPi puqq est semi-simple. On justifiera
au préalable que KerpPi puqq ‰ t0u.
(b) En déduire que u est semi-simple.
4. On suppose inversement qu’il existe un irréductible unitaire P de KrXs tel que P 2 divise πu . On note πu “ P Q,
avec Q P KrXs. On souhaite prouver que le sous-espace F “ KerpP puqq ne possède pas de supplémentaire stable
par u. On raisonne par l’absurde et on considère S un tel supplémentaire.
(a) Soit x P S. Justifier que Qpuqpxq P F , et en déduire que Qpuqpxq “ 0.
(b) L’endomorphisme u est-il semi-simple ?

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Partie VI – Krus-modules et sous-espaces stables
Soit A un anneau, et E un ensemble, muni d’une loi de composition interne additive notée `, et d’une loi de composition
externe sur A, notée ¨. On dit que E est un module sur A (ou un A-module) si ces lois vérifient les mêmes propriétés
que celles définissant un espace vectoriel, à la seule exception que le corps de base est remplacé par un anneau. Un
sous-A-module de E est un sous-ensemble de E non vide et stable par combinaisons linéaires à coefficients dans A.
Si F et G sont deux sous-modules de E, on définit la somme F ` G comme l’ensemble des éléments de E s’écrivant
sous la forme f ` g, où f P F et g P G. On dira, comme dans le cas des espaces vectoriels, que F et G sont en somme
directe si F X G “ t0u (et on notera dans ce cas la somme F ‘ G), et que F et G sont supplémentaires dans E si
F ‘ G “ E. On prendra garde au fait que contrairement au cas des espaces vectoriels, un sous-module de E peut ne
pas avoir de supplémentaire dans E.
On remarquera que si A est un corps, les notions de A-module et de A-espace vectoriel coïncident.
On reprend le contexte initial (E est un espace vectoriel sur un corps K) et on considère un endomorphisme u de E.
1. Justifier que Krus est un anneau, isomorphe au quotient KrXs{pπu q (on pourra voir Krus comme l’image d’un
morphisme d’anneaux de KrXs dans LpEq).
2. Montrer que l’opération P puq ¨ x “ P puqpxq munit E d’une structure de Krus-module.
3. Montrer que si M est un sous-Krus-module de E, alors M est un sous-espace vectoriel de E. La réciproque
est-elle vraie en général ? Caractériser les endomorphismes pour lesquels la réciproque est vraie. Que vaut Krus
dans ce cas ?
4. Montrer qu’un sous-espace vectoriel F de E est stable par u si et seulement s’il s’agit d’un sous-Krus-module
de E.
En particulier, on observera qu’un sous-espace F stable par u admet un supplémentaire stable par u si et seulement si
le Krus-module F admet un supplémentaire (en tant que Krus-module) dans E.
5. On se propose dans cette question de retrouver à l’aide de cette structure de Krus-module le fait que si πu est
irréductible, u est semi-simple. On suppose donc que πu est irréductible.
(a) Justifier que Krus est un corps.
(b) En déduire que u est semi-simple.

Partie VII – Endomorphismes cycliques et endomorphismes simples


On dit que u est cyclique s’il existe x P E tel que ă x ąu “ E. On dit d’autre part que u est simple lorsque les
seuls sous-espaces de E stables par u sont t0u et E. On étudie dans cette partie quelques propriétés de ces familles
d’endomorphismes.
1. On suppose dans cette question que u est cyclique, et on fixe x P E tel que ă x ąu “ E. Soit F un sous-espace
stable par u.
(a) Soit I l’ensemble des polynômes P P KrXs tels que P puqpxq P F . Montrer qu’il existe D P KrXs unitaire et
divisant πu tel que I “ D ¨ KrXs “ pDq.
(b) Montrer que F “ă Dpuqpxq ąu .
(c) En déduire qu’il n’existe qu’un nombre fini de sous-espaces de E stables par u.
2. On suppose que K est infini. Montrer la réciproque de la question précédente.
3. Dans cette question, on souhaite montrer que u est simple si et seulement si son polynôme minimal est irréduc-
tible de degré égal à n “ dimpEq.
(a) Supposons que πu est irréductible, et notons d son degré. Montrer que tout sous-Krus-espace vectoriel de
E est un sous-K-espace vectoriel de dimension divisible par d.
(b) En déduire que si πu est irréductible de degré n, alors u est simple.
(c) Établir la réciproque.

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