Management : Secrets de Motivation
Management : Secrets de Motivation
Fabrication:CédricMathieu
Couverture:FlorieBauduin
Infographies:CabinetPREFERA
Miseenpages:BellePage
©Dunod,2025pourlaprésenteédition
11ruePaulBert,92240Malakoff
ISBN:978-2-10-088223-6
Sommaire
Couverture
Pagedetitre
PagedeCopyright
Biographies
Introduction-Lestroisobjectifsdecelivre
Chapitre1-Veilleretchallenger:lessecretsdelamotivation
Chapitre2-Cequefontlesmeilleursmanagers
Chapitre3-Lemanagementàdistancechangetoutourien?
Chapitre4-Sortirdel'évitementconvivial
Chapitre5-Lerecadrage:mythesetréalités
Chapitre6-LaformuledusuccèsdestroisP:Progressivité/
Prévisibilité/Préparationmentale
Chapitre7-Lesmeilleurestechniquesderecadrage
Touchefinale
Bibliographie
ManagementetleadershipchezDunod
Biographies
NicolasDugayestdirecteurassociédePREFERA.Anciendirecteurcommercial
et directeur général de société financière, il accompagne des entreprises et des
dirigeants sur des sujets de performance. Il est l’auteur de quinze ouvrages
autourdelaperformance.Ilanimedesconférencessurcettethématiquechezses
clients.
Ingrid Petitjean est directrice associée de PREFERA. Ancienne sportive de
haut niveau en voile, elle est coach professionnelle spécialisée en préparation
mentale. Elle s’intéresse particulièrement aux problématiques communes
rencontréesparleschampions,managers,commerciauxoudirigeantsdansleur
recherched’optimisationdelaperformance.Chargée decoursàl’universitéde
Bourgogne, elle forme également des coachs à la préparation mentale et
interviententantqueformatriceetconférencière.
Erika King-Soon est directrice associée de PREFERA. Elle accompagne des
entreprisesetdesdirigeantssurdessujetsdeperformance.Ellepossèdeenoutre
uneexpertisedanslatransformationpédagogiquedecontenuscomplexes.
Laetitia Rudelle est consultante, formatrice. Son cœur d’activité est
l’accompagnementdesHommesetdesorganisationsenrecherched’excellence
commercialeet/oumanagériale.Quelquesoitledomained’activité,elleplonge
au sein des équipes afin de les remettre sur la voie de la croissance continue
grâceàsonexpertiseenconseil,formationetcoaching.
Introduction
Lestroisobjectifsdecelivre
Managerestunartdélicatquiconsisteàfaireprogresser,àmotiverouencoreà
recadrer les collaborateurs. Dans le cadre de nos activités de conseils, nous
animonsdenombreusesformationsmanagérialesauprèsd’entreprisesdiverseset
variées qui vont des PME aux sociétés du CAC 40 et auprès d’anciens ou de
jeunesmanagers.Dansl’ensembledesstages,lesattentessontfortesvis-à-visdu
fameuxcouple«CompétenceetMotivation».Pourautant,lesattenteslesplus
fortes sont sans conteste celles concernant les différentes techniques de
recadrage.
Le recadrage est l’actemanagérial le plus délicat et le plus difficileà assumer
pourlaplupartd’entrenous.Traditionnellement,endehorsdecertainsmanagers
« masochistes » que personne ne veut subir, notre éducation « formatée » fait
que nous n’apprécions pas spécialement l’acte de recadrage. Le feedback de
progrèsestperçucommenégatifcarnotrecultureprônelanon-acceptationdela
«mauvaisenote»commeàl’écoleetcommepourlepermisdeconduireetla
fameusephraseassociée«Tuasfaitcombiendefautes?»etnonpas«Tuaseu
combiendebonnesréponses?».
Par ailleurs, la diversité des populations à gérer amplifie cette difficulté à
recadrerdanslestroiscontextesidentifiés:
•unmanagerplusjeunequesoncollaborateur;
•unmanagerplusancienquesoncollaborateur;
•unmanagerdumêmeâgequesoncollaborateur.
Enclair,danstouslescasdefigure!
À cela s’ajoute l’amplification du manque de reconnaissance du manager en
généralqui sembledeplus enplus incompétent.Vouspouvez fairece premier
test : pensez à vos dix amis les plus proches et imaginez leurs réactions par
rapport à la compétence de leurs managers ! Rares sont les collaborateurs
reconnaissantunevéritablecompétenceàleurshiérarchiques.Pourtant,etmême
si cela ne fait pas tout, les managers d’aujourd’hui sont formés, reformés,
informés,eux-mêmesdirigésavecuneintensitésans communemesure avecce
qu’il se faisait trente ans auparavant. Notre point de vue est plutôt de lier ce
manque de reconnaissance à une exigence de plus en plus affirmée des
collaborateursauprèsdeleurssupérieurshiérarchiques.Lalogiqueestlamême
dans le sport pour les arbitres : si un joueur fait 30 actions et 5 erreurs, c’est
normal,maissiunarbitrefait30actionset1erreur,c’estundrame.Lemanager
est aujourd’hui dans une position d’arbitre sans avoir toutes les cartes en sa
possession.
Manager une équipe, c’est gérer des paradoxes et accepter le conflit
générationneldesvaleursauseind’unemêmeéquipe,entrelagénération68qui
avait20ansàl’époquedesévénements,etlesgénérationsYouZ.
Voustrouverezdanslelivrelescléspour:
• développer une approche managériale favorisant la performance et
évitantlesrecadrages;
•organiserlaprogressivitédesrecadragesdumanager;
•développerla confianceeneuxdes utilisateursàl’aidede laméthode
Mentale PREFERA1. La méthode mentale PREFERA est déclinée
pour des managers,des collaborateurs, des sportifs professionnelsou
encoredesétudiants.Chacunréalisesonpropreprofilpourprogresser
surleplanmental.
Figure1:ProfildelaméthodePREFERA
Deuxconséquences,nonnégligeables,sous-tendentcetteanalyse:cespratiques
apportentdelavaleurajoutéeàl’entrepriseetellessontparfaitementacceptées,
voire appréciées des collaborateurs. L’une des premières attentes des
collaborateursest dese sentirsécurisés surle modede fonctionnementde leur
propreentreprise,deleurpropredépartement.Ladifficultéactuellen’estpasde
cadrerouderecadrermais«juste»d’êtrecohérententrelesvaleursglobalesde
l’entreprise(généralementtrèssaines),lesvaleurs descollaborateurset lamise
enapplicationdecesvaleurspardesactesmanagériauxadaptés.
1. PREFERA est l’acronyme de la méthode de préparation mentale de la société PREFERA : Plaisir, Raisons d’être,
Échanges,Forme,Exigence,Réussite,Amourdesoi.
CHAPITRE1
Veilleretchallenger:lessecrets
delamotivation
Executivesummary
•Bonnombrederecherchesoud’articlesexplorent(outentent
d’explorer)lesressortsdelamotivation.Noussavonstous,en
tantque manager, que,sans motivation,aucun membrede notre
équipen’irabienloin.Celaparaîtsisimple…surlepapier.Mais
sicomplexedanslaréalité.
• Concrètement de quoi se compose la motivation et comment
identifierlesleviersspécifiquesàchacundenoscollaborateurs?
•Commentéviterdelaissersoncollaborateurdanslaroutineoule
mettreenstress?
•Commentconstruireunpland’actionsdemotivationdansla
durée?
Lemythedumanagementbienveillantafaitdesdégâtsdanslesentreprises.Le
docteur Rodet, psychiatre célèbre et père du livre Le management bienveillant
s’enémeutrégulièrement.
Dans une logique « d’évitement convivial », de nombreuses entreprises et
managers se cachent derrière la bien-pensance « bienveillance » que nous
pourrions aussi appeler « biaisveillance » à l’opposé du modèle prôné par le
docteur.
Lemodèledemanagementbienveillantnefonctionnepassansl’exigence.Pire,
lemodèledemanagementbienveillantseulsedétruitlui-mêmeenfavorisantla
démotivation par manque d’objectifs de progrès, de suivi, d’envie. Il est donc
contre-productifdeseposersurceseuletuniquepostulat.
Pourceuxquipourraientdouterdecesaffirmations,ilvoussuffitderépondreà
cettequestion:«Qu’afaitpourvouslemeilleurmanagerquevousayezeu?»
Nous vous laissons y réfléchir quelques instants. Nous avons déjà réalisé ce
sondage dans de nombreuses entreprises, avec plusieurs milliers de témoins et
lesrésultatssonttoujourslesmêmes,lestroisréponseslespluscourantessont:
▬lemeilleurmanagerquej’aieum’aaugmenté;
▬lemeilleurmanagerquej’aieum’afaitconfiance;
▬lemeilleurmanagerquej’aieum’afaitgrandir.
Etnousvouslivronsunsecret,lesréponsesnesontjamais:
▬lemeilleurmanagerquej’aieum’alaissétranquille;
▬lemeilleurmanagerquej’aieuaévitédemefaireprogresser;
▬lemeilleurmanagerquej’aieuaétégentil/bienveillant.
Celanesignifiepasquelescollaborateursn’attendentpasdesmanagersgentils
ou bienveillants ou qui les laissent tranquille par moment, mais que les
collaborateursattendentd’unmanagerqu’illeschallenge,ledéfin’étantpasle
micro-managementet/oulesur-contrôleabhorréspartous.Lemanagementétant
l’artdeconduireuneorganisationversl’atteintedesobjectifsfixés,laposturedu
managerquiveilleetquichallenges’apparenteplusàcelled’uncoach.
VEILLER,CELAVEUTDIREQUOI?
La notion de veille managériale permet, d’abord, de gérer les sujets qui
préoccupentdeplusenpluslesentreprises.
Sur le sujet de l’équilibre personnel et professionnel, l’entreprise réduit ses
limites,lacultureduprésentéismefrançaisseréduisantaufuretàmesure.Les
pays quientourent la Franceprônent depuis longtemps unrespect plus sérieux
des horaires tardifs du soir et ne pâtissent pas de performances économiques
inférieures à celles de la France. Le paradoxe étant de travaillerun peu moins
danslajournée,maisdetravaillerpluspendantlesheuresdetravail.Lemanager
a un rôle de vigie pour éviter que les collaborateurs dérivent progressivement
versleburnout.
Encequiconcernelesujetdubien-êtrevial’écoute,touteslesétudesmontrent
que des collaborateurs heureux sont plus performants. Il y a donc un cercle
vertueuxpourlescollaborateurs,l’entrepriseetaufinallesclients.En2021,le
cabinetErnst&Youngainterrogéplusde1000salariésayantquittéleuremploi
lors de la période de la « grande démission ». Le constat est que 58 % des
démissionnairessoulignaientlemanqued’empathiedeleurN+1commel’une
des principales raisons à la démission. L’empathie est une compétence qui se
développe car l’empathie de « compassion » est usante pour le manager. Là
aussi,lemanagernepeutpastout,lemanagernepeutpasrien.L’alignementdes
planètesentreprojetprofessionneletprojetpersonneln’estpastoujoursaisé.Ce
dernier alignement impactant fortement la notion de sens, trop souvent perçu
commele«Pourquoi»alorsqueleplusimportantestcertainement«Comment
jemesens».
Le sens a trois définitions, une première qui est justement la signification des
choses,unesecondequiaattraitàladirection,laraisonpourlaquelleonfaitles
chosesetunetroisièmequiestplutôtdel’ordreduressenti,des5sens.Onpeut
être pilote de chasse et devoir envoyer des bombes car c’est le sens de la
décisionpolitiquepourprotégertelleoutellepopulation.Onpeutsesentirmal
de devoir bombarder des populations, ou se sentir bien car on en protège
d’autres.
Lanotiondebien-êtreétantdonctrèspersonnelle,lemanagerpeutlefavoriser
en évitant le micro-management et en mettant en avant l’écoute, la sécurité,
l’ambianceetledroitàl’erreur.
CHALLENGER,CELAVEUTDIREQUOI?
Pourle philosopheMichel Serres,l’autorité,c’est l’actede fairegrandir. Nous
sommesdoncbiendanslalogiquedumanagerquichallenge.Partantduprincipe
quelemeilleurmanagerfaitprogresseretfaitconfiance,ilchallengeforcément
son collaborateur pour le faire sortir de sa zone de confort. Faire cela impose
donc de développer une exigence supérieure à la zone de compétences. Nous
avonsdéveloppéuneapprochedeperformancementalequisefondenotamment
surleflowetquipermetdebienciblerleniveaud’exigenceciblée.
Inspirédes travauxdeMihály Csíkszentmihályi,cette matricemeten évidence
lesdifférenteszonesdepression,plusoumoinspropicesàl’actionperformante.
La fluidité, le challenge et le contrôle sont des zones positives, contrairement
aux zones d’anxiété, d’ennui et d’apathie qu’on cherche à éviter. La zone
recherchée, source de performance et de fluidité, est un état d’activation
optimale Flow dans lequel le sujet est complètement immergé dans l’activité.
L’expérienceenpsychologiepositiveestqualifiéed’«autotélique»,c’est-à-dire
qui trouve sa fin en elle-même. Le niveau de compétences et les capacités de
l’individusontcorrélésauniveaudechallenge.
Figure2:Leflow
L’ORIGINEDELAMOTIVATION
La motivation est le graal recherché par tous les managers et toutes les
entreprises.Qu’est-cequifaitqueEmmasoitmotivéeparlefaitd’apprendredes
chosesetValentinneréagitpasdutoutàcelevierdemotivation?Qu’est-cequi
fait que Michel adore le travail en équipe alors que Sophie préfère travailler
seulepourêtremotivée?Consciemmentounon,certainsmanagersdémotivent
leurséquipes,plusqu’ilsnelesmotivent.Celaposeunproblème,exceptédans
certainscasetaveccertainsindividus,lorsquela«motivationnégative»peutse
révélerutile.
La motivation est « ce qui pousse à agir », de manière consciente ou non. Il
existe de nombreuses théories sur le sujet car en définitive, il n’y a rien de
véritablementstable,puisquenoustouchonsàl’humain,lerationneln’estjamais
bienloin,maisjamaistoutprèsnonplus.EndehorsdesthéoriesdeMaslow,qui,
enrevanche,n’ajamaisécritdepyramide,oudeTaylor,déjàtrèsconnues,que
pouvons-nousdiresurlamotivation?Àl’origine,lamotivationestunbesoin,et
nonundésir,dontlaparticularitéestd’êtreexclusivementpositif.Pardéduction,
lamotivationpourrait-elleêtrenégative?Oui,celas’apparentealorsàuneforme
de«motivationinversée».
Derrière«cequipousseàagir»,ilyatroisgrandesfamillesdemotivation:
▬lesrécompenses:jesuisrécompensédoncjesuismotivé;
▬ledéveloppementpersonnel:jesuiscontentd’apprendreetd’évoluer,
defairedenouvelleschoses,detravaillerdansuneambianceagréable,
detrouverunsensàmontravail,doncjesuismotivé;
▬lademande/lapression/l’exigence:jesuissous«tension»doncje
suismotivé.
Cette dernière motivation est un peu particulière par rapport aux deux
précédentes, car il s’agit d’une « motivation négative », qui consiste à obtenir
quelquechoseparlapression.Bienentendu,ellen’apaslemêmeimpact,ellene
peut d’ailleurs pas être durable ou permanente, mais elle existe, tant dans le
monde de l’entreprise que dans celui du sport. Quand un manager dit à son
collaborateur:«J’aibesoindetonreportingpourdemain»,il«pousseàagir»
maisilestrarequelecollaborateursautedejoie.Etpourcause,toutedemande
sansmargedemanœuvres’apparenteàunordre.
Pourquoi cette approche ruine-t-elle la motivation individuelle ou collective ?
On peut, pour y répondre, s’appuyer sur le modèle de Robert Karasek, un
sociologue américain, qui a mis au point un outil d’évaluation des facteurs
psychosociaux au travail, sources de démotivation durable. Ce dernier est
composé de trois dimensions : la demande ou la pression psychologique ; la
latitudedécisionnelleetlesoutiensocial.Prenons l’exempled’undirigeantqui
demande à son équipe de s’atteler à un nouveau projet. Un de plus, avec des
délaistrèscourtsetdesdirectivesprécisessurleslivrablesattendus.Lademande
est forte car généralement urgente ; la latitude décisionnelle est faible puisque
c’estledirigeantquiadéterminéleproduitfini,sansfaireappelàlacréativitéde
son équipe. Par habitude, ou routine, le manager ne prend plus la peine
d’accompagner la demande ou de rappeler le sens de celle-ci. Les trois
dimensionsdumodèledeKaraseksont«impactées»négativement.L’équipese
trouvedoncensituationdefrustrationetpartagerarapidementcetétatdefait,ce
quiaffaibliralaforceducollectif.
Intrinsèqueversusextrinsèque
De nombreuses expériences ont été menées sur les sources de la motivation,
notamment par Edward Deci et Richard Ryan, professeurs de psychologie à
Rochester(ÉtatdeNewYork),endissociantlamotivationextrinsèque(quivient
del’extérieur,commel’argentetlesprimes)etlamotivationintrinsèque(quiest
directement liée au développement personnel d’un individu). Par exemple,
faites-vous du sport par plaisir (motivation intrinsèque) ou parce que vous ne
voulezpasgrossir(motivationextrinsèque)?
Il est aujourd’hui prouvé que la motivation durable ne peut pas provenir de
récompenses. Loin de nous l’idée d’affirmer que les récompenses ne motivent
pas, mais il est vrai que les meilleurs managers font prédominer le levier du
développementpersonnel.Pourautant,nenousleurronspas,pourbeaucoupde
salariés,lecritèrefinancierresteprépondérantdanslechoixoulafidélitéàune
entreprise.
SAPAR,lesecretdelamotivation
Avez-vous déjà construit un plan d’actions de motivation pour chacun de vos
collaborateurs?Questionétonnanteàlaquelleonrépondgénéralementnon.En
entreprise, il y a des plans d’actions pour tout mais pas pour la motivation
individuelle. Et pourtant, tout le monde est convaincu de la puissance de la
motivationsurlaperformance.
Pourpercerlesecretdelamotivation,vouspouvezvousfondersurl’acronyme
SAPARcarleshumainssontmotivésparl’uneoul’autrelettreduSAPAR.
Sens:Est-cequecequejefaisadusens?Jelecomprends?J’yadhère?Jeme
sensbienavecleprojet?Jemesensbienquandjefaismontravail?
Argent : De nombreuses études montrent que nous ne sommes plus autant
attachés à l’argent notamment les jeunes générations. Ces études sont
surprenantescarl’argentétait,est,resteetseratoujoursunlevierdemotivation
essentiel.
Plaisir : Joie de faire des choses qui me plaisent et le plaisir relationnel (avec
mescollègues,avecmonN+1).
Apprentissage : Quelle est ma dernière première fois ? En clair, quelle est la
dernièrefoisoù j’aiapprisquelquechose ?Lecerveau humainabesoind’être
challengé et le meilleur moyen de l’être, c’est de découvrir quelque chose de
nouveau.
Reconnaissance:Celle-ciprendlafiguredel’encouragement,delafélicitation,
mais aussi du challenge. Plus je challenge mes collaborateurs, plus je les
reconnais.
Larouedelamotivationindividuelle
Le SAPAR est une approche macro indispensable mais non suffisante. Pour
construireunpland’actiondemotivation,leSAPARdoitêtreintégrédansune
rouedelamotivationconstruitesurmesure,permettantuneprisedereculetune
adaptationparrapportàchacun.
Figure3:Rouedelamotivationindividuelle
Cet outil permet de cartographier les motivations réelles de chacun, en étant
précissurlesélémentsàporterdansladurée.
CHAPITRE2
Cequefontlesmeilleurs
managers
Executivesummary
•Quellessontlesbonnespratiquespourdévelopperlamotivation
etlacoopération?Laconfianceestuneattentedetous,maisest-
cesisimpledelacréer?
• Les limites de la communication sont parfois ténues et
pourtant , les appréhender permet d’élever la fluidité de la
communication.
•Réussiràdévelopperlacoopération.
Savez-vouscequ’ilyadepirepourunêtrehumain?L’indifférence,nepasse
sentirreconnu.Et,croyez-leounonmaisrecadreruncollaborateurestunsigne
de reconnaissance qui envoie un message inconscient : « Tu existes. Je
m’intéresseàtoisuffisammentpourprendreletempsdet’accompagnerdansune
démarche de changement, pour rentrer dans le cadre. » C’est pourquoi un
entretien de recadrage mobilise bien plus de compétences qu’on ne pourrait le
croiretantaumomentdel’entretienlui-mêmequ’enamontdecedernierdansla
constitutionmêmeducadredecollaborationinstauréauseindevotreéquipe.
Au-delà du fait qu’il existe peu de managers qui nous partagent leur joie à
recadrer un collaborateur, nous rencontrons aussi peu de collaborateurs qui
arrivent en entretien de recadrage avec un enthousiasme débordant. Le nom
même « entretien de recadrage » ne leur permet pas d’être très sereins à
l’approchedumomentfatidique.
Cet état d’esprit influe immédiatement sur leur posture qui devient alors
défensive (réflexe archaïque de notre cerveau primitif) et provoque alors
agressivité ou fuite. Et, par tout bon mécanisme de contagion émotionnelle, le
manageradoptealorsluiaussiuneposturedéfensive.
Laboucleestbouclée,ilyapeudechancequelerecadragesoitefficacec’est-à-
dire qu’ilengendre des changementsde comportements pérennes dela part du
collaborateur.
C’estpourquoi,avantmêmedepenseràrecadrer,ilestessentield’instaureren
amontetdemanièrepluslargeunenvironnementmanagérialfondésurles4C:
Confiance,Contrat,Communication,Coopération.
INSTAURERUNCLIMATDECONFIANCE
La première question que nous posons aux managers que nous accompagnons
portesurladéfinitionqu’ilsdonnentdelaconfiance.Eneffet,selonleurvision
dumonde, leurscroyances, leurpersonnalité, cetermea unesignification bien
différente.
Ce qui est intéressant c’est de voir comme la confiance que l’on octroie à ses
collaborateursestétroitementliéeàcellequel’onseporte:«Sij’aiconfiance
enmoi,j’auraisplusdefacilitéàfaireconfianceauxautres».Maisqueveutdire
exactement instaurer un climat de confiance au sein de son équipe ? La
confiancequevousdistillezreposesurledroitàl’erreurquevousaccordezàvos
collaborateurs:s’ilssesententcapablesdevenirvousvoirpourvousdire«Je
mesuisplanté(e)maisvoilàcequej’aiappris»alorsc’estgagné.
On parle alors de sécurité psychologique, concept cher à Amy [Link].
Cette sécurité permet aux collaborateurs de se sentir confortable avec
l’expression de leurs idées, de leurs préoccupations ou de leurs erreurs et ce,
sanssesentirendangerparunquelconquejugementouunesanction.
De nombreuses études, et notamment celle réalisée chez Google, ont prouvé
l’impactdecettesécuritépsychologiquesurlaperformance.Plusjemedonnele
droit d’échouer, plus j’ose tester et prendre des risques, et plus je rencontre le
succès(c’estpresquemathématique).
Pour instaurer ce cercle vertueux, apprenez à célébrer les échecs ou, plus
exactement,àcélébrercequ’ilsvousontapprispourgagnerenefficacité.
DÉFINIRUNCONTRATCLAIR
Quandnousparlonsdecontratnouspensonsengagementsmutuelspourétablir
desrèglesdetravailayantunobjectifcommun:celuideperformer.
Nous insistons sur cette notion d’engagements mutuels car, tout comme vos
collaborateurs,vousavezdesdroitsetdesdevoirsentantquemanager.Établir
uncontratclairsous-entenddoncdecommuniqueretdes’entendresurlespoints
quileconstituent.Vousnepouvezpasimaginerlenombredefoisoù,dansnos
accompagnements, nous avons constaté des tentatives de recadrages sur des
règles qui n’avaient jamais été partagées en amont. Difficile dans ce cas
d’apparaîtrecrédibleaux yeuxde voscollaborateursqui, àjuste titre,s’érigent
contre un message qui peut apparaître paradoxal : « Tu n’as pas d’horaires
officiels,maissituarrivesaprès9htropsouventjevaisquandmêmeavoirune
discussionavectoi».
Ilestdoncessentieldeposerlesrèglesdevotremanagementdèsledépart.Vous
retrouverezdansunprochainchapitrelecadrageducontratdefaçontrèsprécise
etdétaillée.Nousouvronségalementunecourteparenthèsesurcepoint:si,àla
lecture de ce livre, vous constatez que vous n’avez pas été assez clair sur le
contratlorsdevotreprisedeposteriennevousempêchedelefaireaujourd’hui.
Il n’est jamais trop tard dès lors que la communication est adaptée, et nous y
reviendronsdansunautrechapitre.
ADOPTERUNECOMMUNICATION
ASSERTIVE
Bien entendu, tout ce dont nous avons parlé jusqu’alors se doit d’être énoncé
correctement. Et là, nous ne parlons pas nécessairement de syntaxe (bien que)
maisdavantagedeforme.
Avant de revenir sur cette notion d’assertivité que peu arrivent réellement à
définir, nous vous proposons de revenir sur quelques points clés de
communication.
Lestroisleviersdecommunication
Lepremier point importantest lanécessité derester bien alignéentre sestrois
leviersdecommunication:leverbal(nosmots),leparaverbal(notrevoix)etle
non verbal (notre corps). On parle alors de congruence. Une étude menée au
MIT (Massachusetts Institute of Technology) par Alex Pentland, auteur et
chercheurensociophysique,adémontrél’impactdansnotrefaçondepasserdes
messages. Tousles ans, le MIT organiseun concours au sein duquel plusieurs
groupes d’étudiants travaillent sur un projet qu’ils ont ensuite la chance de
présenteràdesbusinessangelsdesquatrecoinsdesÉtats-Unispourrécolterdes
fonds.Laprésentationsefaitàl’écritetàl’oralpourles50d’entreeuxayantla
chancedepouvoirassisterauconcours.
Durantl’oral,AlexPentlandobservelesétudiantsderrièreuneglacesanstain,le
son coupé, afin d’étudier leur langage non verbal : leur façon de bouger,
l’énergiequ’ilsdégagent…
Àl’issueduconcours,lasélectionestlasuivante:
▬les5dossierssélectionnésàl’écritsontdifférentsdes5sélectionnésà
l’oral;
▬ Alex Pentland, sur la base des capteurs sociaux étudiés, a choisi 5
dossiersqui sontexactementles mêmesde ceuxsélectionnésà l’oral
parlesbusinessangelsàladifférenceprèsque,lui,n’apasentenduun
traitremotsdespitch.
Cinqansaprès,touslesdossierssélectionnésàl’oralontvulejoursoit100%,
cequinefutpaslecasdesdossierschoisissurlabasedel’écrit.Enconclusion,
lafaçondontonadedireleschosesabeaucoupplusd’impactquelecontenuen
lui-même.Celanesignifiepasqu’ilfautdiren’importequoi,maisquelaforme
fait la différence. En effet, avec le non verbal vous touchez directement la
dimension émotionnelle et vous impactez alors l’inconscient de votre
interlocuteur.
Lesensdesmots
Ledeuxièmepointportesurlesmotsemployésetlesensquel’onsouhaiteleur
donner. Depuis quelques dizaines d’années, la connaissance du mode de
fonctionnement de notre cerveau s’enrichit considérablement et, deux points
nous semblent importants à mentionner ici afin de rendre votre (re)cadrage
encoreplusefficace:
▬lemessage,pourêtrecomprisetmisenaction(etnousinsistonssur
ce dernier point car nous allons bien au-delà de la simple
compréhensionintellectuellemaisbienversunengagementàbouger),
sedoitd’êtreénoncéavecdesmotssimplesetdesphrasescourtestel
que le discours simple et mobilisateur de Barack Obama durant sa
campagne.Desexpertslinguistiquesontdémontréquesondiscoursa
étéréduitàunchamplexicalde900motsdifférentscequiéquivautau
champlexicald’unadolescent.
▬ le message se doit également d’être centré sur une seule et unique
chose dès lors que nous attendons de l’autre qu’il se mobilise vers
l’actionproposée:son QIPMàsavoirson«QuelIntérêtPourMoi».
Eneffet,lapartiearchaïquedenotrecerveau,cellequidécideounon
d’impulser l’action, opère ce premier (et instinctif) filtre : « Ai-je
vraimentquelquechoseà gagnerenfaisantcequ’onmedemandede
faire?»Ilestdoncessentielquevousdétectieztrèsvitelesleviersde
motivation de vos collaborateurs afin de les mobiliser. Si vous me
ditesquejevaisgagnerdutempsàprocéderdelasortemaisque,dans
ma vision du monde, je considère que faire trop vite signifie bâcler
alorsvouspensezbienquejenerisquepasdevoussuivre.
Revenons maintenant sur cette notion d’assertivité. Ce concept, introduit au
milieu du XXe siècle, énonce (simplement) lacapacité à exprimer ses droits et
ses pensées sans empiéter sur ceux d’autrui c’est-à-dire dans le respect de
l’autre.Plusprécisément,soignezlaforme!Ainsi,sanstomberdansl’hésitation
ou l’agressivité, vous arriverez à passer votre message simplement et avec
assurance.Pourcefaire,ilvoussuffitde:
▬resterfactueletéviterainsilesopinionsquin’engagentquevousmais
quipeuventêtremalperçuesparl’autre;
▬ éviter les bémols de langages : ceux de temps (souvent, toujours,
jamais…)ouceuxdequantité(unpetitpeu…);
▬ faire preuve d’empathie pour accueillir l’autre dans sa vision sans
jugement;
▬ adopter une posture +/+ (position de vie introduit par l’analyse
transactionnelle) : l’autre a de la valeur, j’ai de la valeur, coopérons
poursortirgagnantstouslesdeuxdelasituation;
▬écouter(réellement)cequevousditl’autrepourvousassurerdebien
lecomprendre,sansinterpréter.
Évidemment,unepostureassertivevousgarantitd’êtreouvertaudialogue,quel
qu’il soit, ainsi que de poser des bases saines dans votre relation avec vos
collaborateurs.
Encouragerlacoopération
Quandnousparlonsdecoopération,nousnepensonspascoopérationentrevous
etvoscollaborateursmaiscoopérationentreeuxsansquevous,manager,n’ayez
àintervenir.Cequiestbiendifférent.Eneffet,entantquemanager,ilestassez
simple d’imposer à vos collaborateurs de coopérer sur certains dossiers ou au
quotidien selon leur fonction. Ce principe d’autorité s’opère du fait de votre
positionhiérarchique.
Nous parlons ici de coopération spontanée visant à produire de la richesse
collective.Votrerôledevientalorsunrôledefacilitateuroudecoordinateurqui
apourbutdecréerdesconditionssainesdecollaboration.Voscollaborateurs,en
confiance, cherchent ou produisent de la ressource entre eux, sans même vous
solliciter.
NousnepouvonspasseràcôtédupartagedecettecitationdeLaoTseu:
« Un leader excelle lorsque les gens savent à peine qu’il existe. Quand son
travailestaccompli,sonobjectifatteint,ilsdisent:onl’afaitnous-mêmes».
Il est évident que cette coopération ne saurait exister sans un climat de
confiance, un cadre clair et une communication assertive. L’association de ces
trois clés favorise alors l’autonomie des collaborateurs qui, en toute sérénité,
vontoser.
Laquestionquevouspourriezvousposez,cherslecteurs,estladifférencequ’il
peutyavoiraujourd’hui,àl’èredel’hybridationdutravail.Commentposerles
fondations 4C de votre management en ayant tout ou en partie votre équipe à
distance?
CHAPITRE3
Lemanagementàdistancechange
toutourien?
Executivesummary
• Que vous soyez à l’aise ou pas avec le télétravail , il s’avère
qu’ils’estmaintenantinscritdansnotrequotidiendemanageret
qu’ilnousfautfaireavec.
• Le télétravail représente d’ailleurs un véritable atout en
termes d’attractivité de l’emploi notamment pour les salariés
recherchantdelaflexibilitéouunmeilleuréquilibredevie.
• Ce nouveau mode de management est régi par des règles ou,
toutdumoins,pardesimpératifsàrespecterentermesdecadre,
d’outilsetdemodedecommunication.
L’ensemble des études menées depuis le confinement et la généralisation du
travail à distance énoncent tous la même chose : les collaborateurs sont en
attente d’autonomie et de confiance de la part de leur manager. Et, les
principales«plaintes»tournent autourde laperte decohésion etd’interaction
socialedûautélétravail.Certainesentreprisesdanslemondesouhaitentrevenir
sur le télétravail car elles sont allées trop loin avec le tout télétravail. Nos
organisations nevont pas remplacer le présentiel parle télétravail ni l’inverse.
Lesujetestplutôtla«dose»quela«chose».
Les4Crestentdoncbienlesocledumanagementquellequesoitlaformedece
dernier. Enrevanche, des adaptationssont à implémenter pourbien cadrer son
managementet,ainsi,éviterd’avoiràrecadrersescollaborateurs.
ADAPTERSACOMMUNICATIONETLES
CANAUXASSOCIÉS
Lacommunicationnonverbale,c’est-à-direl’ensembledessignauxquerenvoie
votre corps, dont nous avons parlé précédemment, joue un rôle prédominant
dansl’interprétationdumessage.C’estceque«lit»enpremiernotrecerveauet
c’est sur cette base que se fonde ce que nous appelons communément
« l’intuition ». Il est donc primordial de pouvoir les capter, de part et d’autre,
pours’assurerdelabonnecompréhensiondenosmessagesrespectifs(etouila
communicationsejouedanslesdeuxsens).
Sachant que la visio-conférence nous limite aux signaux faibles du visage en
raisonducadrageetexcluedoncleresteducorps,l’observationdesexpressions
du visage et la connexion des regards sont essentiels. Or, des études récentes
montrent qu’en visio-conférence nous sommes davantage sujets à la fatigue
mentaleetce,pourplusieursraisons:
▬unlégerdécalagedequelquesmillisecondes,appelé«désynchronie»,
s’opère entre l’émission et la réception du message ce qui nous
complexifieletraitementdel’informationetnotamment l’association
dunon verbaletdu verbal.Difficile alorsdesentir lacongruencedu
message;
▬ techniquement parlant, pour fixer son interlocuteur dans les yeux, il
nousfaudraitnonpasregardernotreécranmaisregardernotrecaméra.
De ce fait, il devient impossible d’observer la réaction de son
interlocuteur à l’instant même de nos propos. Or, nous savons que
lecontactvisuelavecautruilorsd’unediscussionpermetdestimuler
le système attentionnel et de renforcer la mémorisation. Il nous faut
donc pallier ce biais et s’astreindre à restaurer cette synchronicité ce
quiconsommebienplusd’énergiequ’un«simple»face-à-face.
En bref, les entretiens à distance ne doivent pas dépasser 30 minutes et être
entrecoupés de pauses pour recharger nos batteries et limiter nos pertes de
concentration.
Ces points soulèvent d’ailleurs une question que nos clients nous posent
fréquemment lors des formations que nous animons : doit-on imposer la
caméra ? OUI ! Il n’y a aucun débat sur ce point. Lorsque que vous avez un
entretienenface-à-faceavecuncollaborateur,vient-ildansvotrebureauavecun
sacsurlatête?Nonévidemment!Etbienc’estlamêmechose.
Les outils de visio-conférence ont tous suffisamment évolué aujourd’hui pour
permettredeconfigurerunfondd’écranquirespectel’intimitédesonchez-soi.
Decefait,aucuneexcusedignedecenomnepeutêtreacceptéepourdéfautde
caméra.Àvousdevousassurerquelematérielfourni(l’ordinateur)lepermetet
quelecadreestclair(etnonnégociable)dèsledépart.
Pourautant,d’autrescanauxdecommunicationexistent.Ilssontàchoisirselon
lateneurdumessagequevoussouhaitezpasser:
▬ le mail est parfait pour diffuser des informations synthétiques,
simplesàexpliqueretnenécessitantpasderéponseurgente;
▬letéléphoneestàprivilégierpouruneprisededécisionrapidesurdes
informationspluscomplexes;
▬lavisio-conférencepourdesrelationsdeproximité:
• collective pour préserver la cohésion et susciter des échanges
intéressantspourtous(successstories,rituels,brainstorming…);
• individuelle pour des points formels (pour les feedbacks négatifs
privilégiezleprésentiel)nécessitantdiscussionetconcertation.
▬letchatpourlesanecdotesdujour,lepartaged’humeuroulebonjour
dumatin.
FAVORISERLACOOPÉRATION
ÀDISTANCE
Il estdéjà parfois complexe d’inciterses collaborateurs àtravailler de manière
spontanée lorsqu’ils sont tous en un même lieu alors imaginez lorsque ces
derniers sont aux quatre coins de France, du monde ou, tout simplement, du
département.
Votre rôlede facilitateur(pas loin de celuide G.O duClub Med)1 prend alors
tout son sens et c’est là que la technologie devient votre meilleure alliée. En
effet,grâceàcesquelquesmoisdeconfinementforcé,l’ensembledesacteursdu
marchéafaitpreuved’uneinnovationsanslimitepournoussimplifierlatâche.
Entermesd’outilsdevidéoconférence,quecesoitZoom,Teams,GoogleMeet
ou tout autre acteur, les fonctionnalités proposées nous permettent aujourd’hui
de favoriser les interactions et de booster l’intelligence collective. Il nous est
aujourd’huipossiblede:
▬ créer des sous-groupes de travail pour favoriser les réflexions puis
partagerchacunàleurtourlefruitdeleurtravail;
▬ proposer des sondages en temps réels pour solliciter de manière
ludiqueetinteractivelesparticipants;
▬ co-construire en temps réel sur un tableau blanc où chacun peut
s’exprimer;
▬ interagir avec des outils d’animation plus poussés comme Klaxoon,
Beekast,Wooclap,etc.
Les plateformesdetravailcollaboratifcitéesàl’instantvontencoreplusloin
en nous fournissant des centaines de templates d’animation (Klaxoon), nous
permettant de recueillir l’avis des participants sous des formes variées et
toujoursinteractives(Wooclap)oudedynamisernosréunions(Beekast).
Bien entendu, il est essentiel de respecter quelques règles lorsque nous
cherchonsàfavoriserlacoopérationàdistance:
▬ limiter la réunion à 52 minutes (soit la durée maximale de notre
attentionenréunion);
▬définirunseuletuniquethème;
▬ bien cadrer dès le départ avec un bon T.O.P (Thème / Objectif /
Plan);
▬animersansinterventionnisme;
▬favoriserleséchangesetlaparticipationactivedetous(avecdessous-
groupesdetravail,parexemple).
Maintenantque nousavons posé cesocle des4C, nousvous proposonsd’aller
encoreplusloinafind’éviteraumaximumd’avoiràrecadrersescollaborateurs.
1. G.O.duClebMed,soitleGentilOrganisateurduClubMed,faitréférenceàlapersonnechargéedefaireensortequevotre
séjoursepasseparfaitementbien.
CHAPITRE4
Sortirdel’évitementconvivial
Executivesummary
• Notre cerveau archaïque, guidé par son instinct de survie,
s’arrangeaumaximumpournousmaintenirdansnotrezone
deconfort.Ennouspoussantàréitérercertainscomportements
connus,qu’ilssoientadéquatsoupas,ouenfuyantlessituationsà
risques,cederniernousprotègeduplusgranddesdangers(pour
lui):lapeurduchangement.
•Or,lechangementestparfoisnécessairepourgarantiràtousde
saines et efficaces conditions de travail. Et, le changement, cela
s’anticipe,s’accompagneet,parfois,s’impose.
• Comment organiser la performance dans un cadre accepté par
tous?
Commençons par aborder l’évitement convivial… De quoi parle-t-on
exactement ? C’est un concept rencontré dans de nombreuses entreprises ou
finalement, sous l’ombrelle de la « bienveillance », le manager ne dit plus les
chosesparcrainte,voiredémotivation,carsaproprehiérarchienelesoutientpas
vraiment.Leconceptdu«pasdevague»peutêtreuneportedesortietentante
pourunmanagerdanscertainesentreprises.
Pareffetmiroir,certainesRHencouragentlesmanagersàneplusforcerdutout,
ensemurantdansl’évitementconvivial.Leconceptdumanagementbienveillant
ne dit pas que vouloir cadrer les choses est par opposition malveillant. Il est
mêmerecommandé,pourjustementéviterderecadrer,debiencadrerleschoses
dèsledépart.Ilestpossibledesortirdeladémagogieactuelledutouthorizontal
sansrevenir àlarigidité passéedutout vertical.L’autoritéétant l’actedefaire
grandir,ellenedoitpasêtreconfondueavecl’autoritarismedumanagementdes
annéespassées.
Et pour être tout à fait clair, ce n’est pas parce qu’on reste dans l’évitement
convivial que le manager est plus apprécié. Est-ce que vos amis vous disent
systématiquementqueleurchefestformidableenfaisantdessautsdecabri?
LAFAUTEÀQUI?AUCHEF,BIENSÛR!
Letitreestvolontairementprovocateur,maisnoussommesaujourd’huidansune
époque où le chef est responsable de tout. Un Président de la République est
responsable de tout, un président de société est responsable de tout. Ainsi, un
manager, même un manager d’une personne dans une société
de160000salariés,estresponsabledetoutvis-à-visde:
▬sonproprehiérarchiquesurl’exercicedesonmétier,sursesrésultats,
sur les réussites (au mieux) et sur les échecs (plus souvent), sur la
motivationdesescollaborateurs,surledéveloppementdecompétence,
surlaqualitédeservice…;
▬soncollaborateurqui,volontairementoupas,estimequetoutestdela
fautedesonmanager;
▬sonclientinterneetexterne.
Àprésent,enregardantlasituationenface,iln’estpasréalistedesedirequeles
chefssontresponsablesdetout:quienavraimentlepouvoiraujourd’hui?Pour
êtreresponsabledetout,ilfautavoirtouslesleviersàsadisposition,etpersonne
nelespossède,mêmepasleprésidentdelaplusgrossesociétéfrançaisequiest
responsable,voirecoupable,detoutdevantlesactionnairesetleCAC40.
L’interdépendancedesexigencesdesactionnaires,àlong,moyenetcourtterme,
des clients et des collaborateurs, fait du métier de manager une responsabilité
sansfin.C’estpourquoilesproposquivontsuivreaurontpourseulobjectifde
préparerlecimentderelationsmanagérialessaines,deconstruireunsocledevie
permettant d’appuyer sur un levier sain : la cohérence des relations. En aucun
casnousne légitimonslalogiquedu «responsabledetout »,etmêmenous la
récusons,carelleestinadaptée,démotivanteetsurtoutfausse.
Celanenousempêchepasdepenserquelechefest«responsabledetout…ce
qu’ilmaîtrise!»Bienévidemment,lefameuxprésidentd’unesociétécotéeau
CAC 40 ayant plus de pouvoir qu’un jeune manager d’un département, il est
légitimementplusresponsable.
Nous allons décrire ensemble les bonnes pratiques pour prendre ses
responsabilités,etéviter,autantquepossible,lesrecadragesfutursenanticipant.
Manager requiert deux préceptes à méditer ; deux préceptes terribles car ils
démontrentquelaplupartdesrecadragesestinévitableetestliéànotrepropre
management,ouàunehistoiredontpluspersonnenesesouvient.
«Quandiln’yapasdeloi,iln’yapasdehors-la-
loi!»
LorsquenousaccompagnonsdescollaborateursenformationManagement,nous
écoutonsbienévidemmentlesattentesdesparticipants,puis,aufuretàmesure
deséchanges,ceux-ciracontentdeplusenplusleursproblématiquesspécifiques.
Il est frappant de constater que, bien souvent, ce qui apparaît comme le plus
énervantdupointdevuedumanager…estenfaitdesaresponsabilité,etnonde
celledesescollaborateurscommenouspouvonslevoirdanslesdeuxexemples
suivants.
Exemple1
– Consultant:Donc,vousmanager,vousexercezdepuiscombiende
temps?
–Manager:Depuis5ans.
– Consultant: Ok, très bien,et qu’est-ce quivous gêne le plusdans
l’exercicedevotremétier?
– Manager:Moi,cequim’énerveleplus,c’estquandlestéléphones
portablessontsurlebureauetquelesemployésenvoientdesSMS.
– Consultant : Très bien ! Ont-ils besoin de leur téléphone portable
pourletravail?
–Manager:Ehbiennon,justement!
–Consultant:Etceladuredepuiscombiendetemps?
–Manager:Depuismonarrivée,soittroismois.
–Consultant:Etvousleuravezditquecelavousgênait?
–Manager:Oui,jel’aiditàl’und’entreeuxl’autrejour.
–Consultant:Qu’a-t-ilrépondu?
–Manager:Quecelaavaittoujoursétécommecela,etquelesautres
lefaisaientaussi.
Exemple2
–Manager:Moi,cequim’énerve,c’estqu’enréunion,ilsnesontpas
pro-actifs.
–Consultant:C’est-à-dire?
– Manager :Et bien, ils m’écoutent religieusement…et puis rien de
plus!
–Consultant:Oui,etvousleurenavezparlé?
–Manager:Bienentendu,àchaquefois,jeleurdemandeleursavis
maisilsneparticipentpasplusàlaréuniond’après.
Cesdeuxcassontaujourd’huitrèscourantsdanslesentreprises.Nerêvonspas,
lecollaborateurrespectantlesvaleursdu«pasdetéléphoneportable»estrare
tout comme les collaborateurs participant naturellement aux réunions. C’est
tellementvraipourcedernierpointque,régulièrement,danslesbilansd’activité,
onpeutlireen axesde progrès: «Participerplusauxréunions» ou«Animer
uneréunionavecsonresponsable»!
Etpourtant,lacause vientd’abord ducôtédumanagement: pourletéléphone
portable,le manager doitdire dès ledépart que celale gêne etpourquoi. Pour
rappel,leréalisateurQuentinTarantinointerditlestéléphonesportablessurses
tournages, y compris à Leonardo DiCaprio, Margot Robbie et Brad Pitt.
Pourquoi?Parcequ’ilestimequeceladéconcentrelesacteursdanslajournée.Il
fautsavoirqu’enmoyenneiltourne1minute30parjournéeréelledetournage.
Lerestedelajournéeestconsacréàlatechniqueetauxrépétitions.
Danslaparticipationàlaréunion,lemanagerdoitdiredèsledépartlemodede
fonctionnementdesréunionsetexpliquercequ’ilattend.Puis,surtout,organiser
desréunionsoùlescollaborateursdeviennentobligatoirementactifs,notamment
viaunactedeformationsousformedejeupédagogique,parexemple.
Nousverronsplusendétaildansquelquespageslesprincipauxitemsàcadreren
tantquemanager.
CasserLaloiexiste,d’ailleurs,elleatoujours
existé
Pourillustrerce précepte,ilestbon deconnaîtrel’histoiredes cinqsinges.Un
éthologue(spécialisteducomportementanimalier)aanalysélecomportementde
cinqsingesenfermésdansunesalledurantplusieursjours.
Lepremier jour,les cinqsingesarrivent dansla fameusepièce.Au plafondde
cette pièce fermée, un chercheur, caché derrière une glace sans tain, a
volontairementaccrochéunkilodebananes.Quandlescinqsingesrentrent,l’un
d’entreeuxsauteettented’attraperlesbananesquisontreliéesàunealarmeà
eau, qui asperge fatalement toute la pièce. Les singes détestent se faire
mouiller…Ilsfinissentdoncmouillésetnemangerontmêmepaslesbananescar
l’impétueuxsingesauteurn’apasréussiàlesattraper.
Lelendemain,lechercheurfaitsortirdelasallelesingeayantvouluattraperles
bananes et en fait rentrer un nouveau. Ce nouveau singe arrive dans la pièce,
aperçoitquatresingescouchésetunkilodebananesaccrochéauplafond:que
tentedefairecesinge?Ilessaied’attraperlesbananes!Etquefontlesquatre
singescouchés?Ilsempêchentleurnouveaucongénèredesesaisirdesbananes
enluimettantunebellecorrectionnevoulantpasêtremouillés.Voicidonccinq
singes dans une pièce et un kilo de bananes au plafond. Quatre singes
connaissentlaraisonpourlaquelleilleurestinterditd’allerchercherlesbananes
alors que le cinquième n’en a aucune idée ! En outre, il ignore totalement
pourquoiilaprisunetellecorrection.
Letroisièmejour,lechercheurretirel’undessingesprésentlepremierjouretle
remplaceparunnouveausinge.Quefaitcedernier?Ilrentredanslapièce,voit
quatre singes allongés et un kilo de bananes au plafond qu’il tente d’attraper.
Immédiatement, les quatre singes lui mettent une correction ! Anecdote
étonnante : ce nouveau singe ne sait pas pourquoi il a pris une correction en
voulantprendrelesbananes,maissurtout,l’undesquatresingesayantmisune
correctionl’afaitsanssavoirpourquoi!
Le quatrième jour, le chercheur, de plus en plus surpris, remplace un singe
présent lors de l’expérience initiale par un singe différent. Dans la pièce se
trouvent : un nouveau singe, deux singes présents le premier jour, qui
connaissentdesurcroîtlaraisonpourlaquelleilnefautpasattraperlesbananes,
etdeuxsinges qui,eux, nesaventpaspourquoi maisqui ontquandmêmepris
une correction mémorable! Ce nouveau singe, un peu ambitieux, saute autour
des bananes et, biensûr… prend une correction par ses quatre camarades déjà
présents,dontdeuxnesaventpaspourquoiilsmettentunecorrection!
Le cinquième jour, le chercheur renouvelle l’opération… il y a donc dans la
piècetroissingesn’ayantpasparticipéàl’expérienceinitialeetunsingeyayant
participé. Un nouveau singe rentre dans la pièce… Et prend une correction…
sanssavoirpourquoi.
Lesixièmejour,lechercheursortdelapiècelederniersingeprésentlorsdela
première expérience. Il y a donc quatre singes dans la pièce et un kilo de
bananes. Lesquatre singes ontpris une correction quandils ont voulu attraper
les bananes… mais ils ne savent pas pourquoi puisqu’aucun n’était présent le
premierjourdel’expérience.Pourautant,aucunnevarechercherlesbananes!
Le sixième jour donc, un nouveau singe arrive en courant dans la salle et
souhaiteattraperlesbananes.Ilprendunecorrectionparlesquatresinges,quine
savent pas pourquoi ils mettent une correction… et surtoutpourquoi il ne faut
pasallerchercherlesbananes!
Leseptièmejour,lechercheurestarrivéauboutdesonexpérience.Ilyacinq
singesdansunepièceetunkilodebananesauplafond.Touslessingesontpris
successivementune correction etne savent paspourquoi. Aucundes singes ne
vachercherlesbananesetnesaitpaspourquoi!
Cettehistoire incroyablerésume assezbien les habitudesprises dansle monde
professionnel:onfaitdeschosesetonnesaitmêmepluspourquoionlesfait.
Chaquemanagersedoitdevérifieroùsontlesbananesdanssondépartement…
etquisontlessinges!Etsurtout,remettreencausecesloisenannonçantdèsle
départ que c’est par la remise en cause permanente des pratiques qu’on
progresse.Cen’estpasla«rupture»permanente,maisjusteunprincipedebon
sens; lemondeentier évolue,iln’y apas deraisonde fairetoujoursla même
chosesansyréfléchir.Lesraisonspourdéfendreunepositionancienne:
▬résistanceindividuelleauchangement;
▬résistancecollectiveauchangement;
▬craintedel’échec;
▬pertedestatutoud’avantages;
▬conflitpermanentavecl’entrepriseousonreprésentant;
▬problèmedetiming;
▬incapacitéàdémontrerl’intérêtdesnouvellessolutions.
Ces raisons sortiront un jour ou l’autre, le fait de cadrer les choses vous
permettrontd’entendrerapidementles«résistants»etdelestraiterenentretien
individuellement.
Paradoxalement,c’estsurleprécepteno2quelemanageréprouveengénéralle
plus de difficultés. Pour une raison simple, il appuie dans ce cas sur un levier
douloureux : le changement. La résistance au changement est en réalité un
processus de deuil. Les individus ou groupes d’individus résistent afin de
défendre une méthode habituelle ancrée dans les mœurs. Le fait de devoir
changerobligeàoublieruneancienneméthode:c’estledeuil.
Changer amènera son lot d’émotions à dépasser. Certains tempéraments
recherchentplusoumoinslechangementalorsqued’autrespeuventêtreplusou
moins conservateurs. Se rassurer ou rassurer est un élément clé pour aller de
l’avant dans les phases de transition. Le manager aura probablement besoin
d’adapter son discours face à des réactions différentes, pour embarquer
l’ensembledel’équipe.
Lesrésistancesindividuellesou collectivesau changementsontsouventliées à
des croyances, qui, dans ce contexte, deviennent limitantes. Ces pensées sont
exprimées de façon entière et péremptoire. Collectivement, elles apparaissent
parfoiscommedesrumeursquicirculent,parexemple,«Cequ’onveutessayer
là, on l’a déjà fait, cela n’a jamais marché ! ». Face à ce type de discours, il
convient de ne pas chercher à contrer tout de suite, de questionner sans
cautionner,pouramenerlapersonneàmodifiersonpointdevue,àsonrythme.
Lapatienceestderigueur.
Lesdeuxpréceptesénoncés:«Quandiln’yapasdeloi,iln’yapasdehors-la-
loi!»etCasserle«Laloiexiste,d’ailleurs,elleatoujoursexisté!»résument
assez bien deux grandes problématiques majeures des managers en dehors des
résultats:
▬lemanagementdesmauvaiseshabitudes;
▬lemanagementdes«nouvelles»bonneshabitudesfaceàlarésistance
auchangement.
VOTREMENTALPEUTVOUSÉVITER
LESRECADRAGES
«Vaincrel’ennemisanscombattreestunevictoireparfaite.»
SunTzu
Pouréviterderecadrer,lalogiqued’actionestderéfléchiràtoutcequipourrait
amener des écarts à terme. La méthodologie laplus simple est de prendre une
feuille et d’écrire point par point ces éléments. À l’identique de sportifs
professionnels,vouspouvezvousaiderparlaprojectionmentaledelasituation.
Il s’agit de fermer les yeux, vous recentrer avec quelques respirations, puis
visualiserlasituationtellequedesmomentsdetensionenréunion,enentretien
individuel, comme si vous y étiez. Naturellement, vous vous projetterez vers
l’avenir. Il est aussi possible de compléter cette exploration en revisitant
certaines situations actuelles ou déjà vécues. Ainsi, vous vous baladerez sur
l’axepassé,présent,futur,pourenvisagerdifférentessituations.Celaenrichirala
réflexionetviendracompléterlesnotesdéjàprises.
Dans un second temps, il vous faudra lister tous les items potentiels et voir à
quel moment vous évoquerez ces sujets avec vos collaborateurs : en réunion
collectiveou en entretienindividuel. Ces choixdépendent pourpartie de votre
activité,maisvousremarquerezqu’ilyaun«corps»commundemanagement
quelquesoitsonmétier.Et,commeparhasard,danscecorpscommunsetrouve
cequiénerveleplus,àtermelesmanagers.
Etpourlesactionsoucomportementsnonprévisibles?Bienentendu,etcomme
danstoutechose,nevousfixezpascommeambitionderéussiràprévoirtousles
casderecadragespossibles.Sic’étaitfaisable,unmerveilleuxordinateurouune
IAleferait…pourraitprévoir…etsurtoutfiniraitparremplacerlesmanagers!
Fixez-vous comme objectif d’essayer d’anticiper un maximum d’écarts
potentielsafindeleslimiter;plusvousleslimiterez,plusvousserezsereinpour
menerdesrecadragesspécifiques.
Encomplémentdelapartie«Définiruncontratclair»duchapitre2,voicitrois
actions de recadrage pour les managers tout en tenant compte de nos deux
préceptes.
Actionn o1:Fixerlesrèglesdevieenréunion
Lors de la première réunion managériale, ou bien à l’occasion d’un nouveau
trimestreoud’unenouvelleannée,laréunionfondatricedesrèglesdevieestune
occasion magnifique de fixer les règles du jeu dans le détail. Nous constatons
durant nos séminaires que les managers craignent généralement de faire cet
exerciceparcrainte:
▬d’êtreperçucommeunmanagerdur;
▬d’affronterunesituationconflictuelledurantlaréunion.
Nousallonsvouslivrerunsecret,danslaplupartdescas,c’estjustementlefait
denepasinsistersurlesrèglesdujeuquipréparedesmomentsdifficilespourle
managercarlecollaborateurattenddesonmanagerdesdirections,uncadre,des
ambitions,dusens!
Enl’absencedecetteréunion,onagiteunchiffonrougedevantl’inconscientdes
collaborateurs ! Vous êtes le chiffon rouge, et les collaborateurs sont les
taureaux!Vousconnaissezlasuite?Conscientoupas,quandonnefixepasles
règles,onenvoieunsigneàl’autrequisedit…«Jevaisessayerpourvoir…».
Manager!Ducourage!Entraîneztoutevotreéquipedanslamêmedirectiondès
ledépart!Lesrèglesdeviesontnécessaires,ellessontleslimitesdel’espacede
libertéaccordéesàl’équipe!
En football, le FC Barcelone, l’un des plus prestigieux clubs de football du
monde, a une pratique très simple pour ses douze équipes, des poussins à
l’équipe professionnelle: tout le monde doitjouer de la même façon,avec les
mêmesrègles.Cechoix,n’endoutezpasstratégique,affirmeunmodèledejeu
spécifique très porté vers l’attaque. Bien sûr, en fonction des joueurs qui
composent l’équipe, le talent notamment, les performances sont variables,
pourtant, l’organisation du jeu est la même pour tous. Le club professionnel,
composé de nombreuses vedettes avec des egos surdimensionnés, est plus fort
que tout. Le meilleur joueur de l’équipe arrive une minute en retard à
l’entraînement,etilprenduneamende,superstaroupas!
La réunion « Règles de vie » fixera de la même façon le modèle pour tous.
Quandonadonnélemodèle,onadonnélesrègles,donconpossèdelescartes
pourrecadreretappuyerleprécepte:«Laloiestlaloi,quandiln’yapasdeloi,
iln’yapasdehors-la-loi.».
Durantcetteréunion,l’importantserad’abordertouslessujets,notammentceux
quiénerventlesmanagers.Voustrouverezci-aprèsunelistedecessujetssuivis
desréactions,affichéesoupas,desmanagers.Cesréactionssontcellesquevotre
cerveauémet…pascellesquevousallezémettreoralement(heureusement!).
▬Lerespectdeshorairesdel’entreprise
• « C’est la 3e fois qu’il est en retard, je commence à en avoir
marre!»
▬Lesabsencesetmodesd’informationverslemanager
•«Encoreabsent.EtencoreunmessagevialesRS,c’estbizarre!»
▬Latransparencesurlesréussitesetleserreurs
•«Elleaencorefaitunebêtisesurcedossier,etellenem’enarien
dit!»
▬LaRSE
•«Iln’yapasbesoind’imprimeràchaquefoistouscespapiers!»
▬L’inclusion&labienveillanceentrecollègues
•«Ilnerespectepasbeaucoupsonjeunecollègue!»
•«Ilnerespectepasbeaucoupsoncollègueplusâgé!»
▬L’équitéentrechacun
•«Quandilssepartagentlestâches,celui-ciprendtoujourslesplus
faciles…»
▬Latenue
• « Quand même, il exagère avec sa chemise débraillée devant le
client!»
▬Laconfidentialité
•«Cen’estpaslegenredechosesqu’onpeutdireàunclient!»
▬Lerespectdesclients:interneetexterne
•«Enfin,quandunclientarrive,onselèveetonditbonjour!»
•« Enfin, mêmequand uncollègue d’unautre départementarrive,
onditbonjour!»
▬Lerespectdumatériel
•«Lanuit,l’imprimantedoitêtrecoupée…»
▬Lerespectdeslieux
•«Rangersatasseàcafélesoir,c’estleminimum.»
▬Lerespectdesautres
•«Illuicoupetoutletempslaparole!»
▬Lerespectdesentretiensindividuels
•«Àchaquefoisquejesuisenentretienindividuel,ilrentreavec
untrucmegaurgentquipeutattendreunmois!»
▬Laformation
• « Il n’accepte pas que je l’écoute ou que je le regarde quand il
travaille…Ilaquelquechoseàcacherouquoi?»
▬Lesaccompagnementsterrain(internesouexternes)
•«Commeparhasard,jenepeuxjamaistourneravecluichezles
clients!»
•«Commeparhasard,dèsqu’ilyauneréunioninterne,ilpréfère
quejeneviennepas…»
▬L’information
•«Jel’avaisditqu’onfaisaitcommecelamaintenant!»
▬Letéléphonepersonnel
•«Encoreenligneavecsesamis…»
▬Laparticipationenréunion
•«Commed’habitude…elleneproposerienenréunion…»
▬L’utilisationd’Internet
•«J’enaimarredevoir[Link]sursonécran!»
▬Lese-mails
•«Qu’est-cequ’ilpeutrecevoircommeconneries…»
▬Lespauses
•«Celafaitdéjà20minutes…»
▬Lescongés
•«J’attendsencoreunefoissesbesoinsafindevalider…»
•«Ilmeprévientencorelaveille…»
Ces thèmes vous paraissent basiques ? Vous trouvez cela un peu directif ?
Certes, mais si vous ne le faites pas, vous agitez un « chiffon rouge » devant
l’inconscientdevoscollaborateurs.
Comment faire pour rendre l’exercice plus simple pour vous et vos
collaborateurs?
Solutionno1:L’exposé
Lesens«pourvous,puisvoscollaborateurs»estvolontaire:c’estd’abordvous
quidevezêtreleplusàl’aise.Cesrèglesdeviesontliéesàvosvaleursetaux
règlesdevotreentreprise.
1re étape : notez sur des slides ou sur un document les grands chapitres à
évoquer:letéléphone,leshoraires,parexemple,sansdécrirevosattentes.
Rappeldesprincipauxthèmesànoter(àvousdechoisir):
▬lerespectdeshorairesdel’entreprise;
▬lesabsencesetmoded’informationverslemanager;
▬latransparencesurlesréussitesetleserreurs;
▬labienveillanceentrecollègues;
▬l’équitéentrechacun;
▬latenue;
▬laRSE;
▬laconfidentialité;
▬lerespectdesclientsinterneetexterne;
▬lerespectdumatériel;
▬lerespectdeslieux;
▬lerespectdesautres;
▬l’inclusion;
▬lerespectdesentretiensindividuels;
▬laformation;
▬lesaccompagnementsterrain(internesouexternes);
▬l’information;
▬letéléphonepersonnel;
▬laparticipationenréunion;
▬l’utilisationd’internet;
▬lesmails;
▬lespauses;
▬lescongés.
e
2 étape:entraînez-vousàdireleschosessimplement,calmement.
Lorsd’unepremièreréunionavecsonéquipe,voiciunexempledediscoursdu
manageravecappuidesslidesoudu paperboard:«Écoutez,demonpointde
vue,lameilleurefaçonpourquetoutsepassebienentrenous,dansunebonne
ambiance,avecdesrésultatsprobants,c’estquenoussoyonstousinformésdes
attentes de chacun, de nos droits et de nos devoirs vis-à-vis de l’entreprise,
commedesclients.Enclair,quandiln’yapasdeloi,iln’yapasdehors-la-loi,
etc’estmonrôledefixerdesrègles.Toutlemondeestd’accordaveccela?»
Que pourraient-ils répondre ? Pensez-vous qu’une personne va vous dire le
contraire?Aupire,unepersonnevousdira«Celasepassedéjàbien»,cequi
veutégalementdire«Onatoujoursfaitcommecela».
Toujoursaveclesourire:«Trèsbien,merci,doncdansunpremiertemps,nous
allonsparlerdenousetnotammentdenotremodedefonctionnement.Demon
côté, vous le verrez, mon bureau sera la plupart du temps ouvert mais pas
toujours;lorsqu’ilserafermé,c’estquej’auraisbesoindetempspourtravailler
surundossierouquejeseraisavecl’und’entrevous.L’unedesrèglesd’orest
de respecter ses collègues, donc, sauf cas grave, je vous propose que chacun
laissesoncollègueéchangeravecmoi.J’imaginequetoutlemondeapprécieun
peudetranquillitéavecsonmanager.Dansd’autrescas,jeseraisseuldansmon
bureausurundossierspécifique,jevousdemanderaidoncderevenirplustard,
enfonctiondudegréd’urgencedevotredemande.J’aipleineconfianceenvotre
capacité à analyser les problèmes avant de me les soumettre. Vous ne m’avez
pas attendu avant de bien travailler… et sur ce sujet, vous le verrez, j’aurai
beaucoup de modestie… Cela veut aussi dire que parfois, quand je vous
demanderaisquelquechose,vouspourrezmedirederevenirplustard».
Puisvousenchainez:«Sachezquedanslecadredesrituelsmanagériaux,nous
auronstroistempsforts:l’entretienannuelquevousconnaissezbien,l’entretien
de reporting hebdomadaire et la réunion mensuelle. Nous reparlerons de
l’entretien annuel dans une prochaine réunion. Concernant le reporting, je ne
tiens pas êtrele seul qui parle, donc je vais vous demanderd’arriver avec vos
résultatsetvosanalyses.Le reportingestunmomentd’échangesetnonpasun
momentoùlechefdit“Tuesàplus/moinsdouze,cen’estpasbien!”Attention,
nevousméprenezpas,quandvousserezàmoins12%ouenretardsurunprojet,
je ne vais pas sauter de joie ! Mais ce que je vais d’abord regarder, c’est le
comment et le pourquoi plutôt que seulement le combien. J’ai tellement de
mauvais souvenirs de chefs qui me recevaient uniquement pour me dire “Ce
n’est pasbien !” que jene vais pas vousimposer cela. Durantles réunions, je
vais vous faire participer sur l’un ou l’autre sujet car, pour moi, une bonne
réunion,c’estuneréunionavecunpeud’informations,unminimumdetableaux,
de la formation… et beaucoup d’échanges. Votre attente n’est pas de vous
asseoirdanslasalleetdevoirdéfilerdestableauxpendantuneheure?Rassurez-
moi!Çavajusque-là?»
Quepourraient-ilsrépondre?Aupire,onvavousdirequ’onn’estpashabitué…
qu’avant, c’était le chef qui préparait… Alors vous les rassurerez en leur
expliquantquevouslesaiderezprogressivement…Nelâchezpassurcepoint;
c’est majeur de faire travailler, réfléchir vos collaborateurs pour les faire
progresser et pour nourrir leur motivation. Nous n’abordons même pas les
avantagesdecessituationspourvous,entotaleprisederecul,ouenmeta,gérant
votre expertise comme une ressource à l’inverse du manager qui donne « à
manger»enpermanenceviadel’informationdescendante.
Vouscontinuez,toujoursaveclesourire… «J’attache uneimportanceextrême
au développement de compétences des collaborateurs, car je pense que ma
mission est de vous fixer des objectifs clairs et de vous aider à les atteindre.
C’est pourquoi, chaque mois, je tournerai avec vous sur le terrain ou je vous
écouterai au téléphone. Attention, mon objectif est “juste” de vous faire
progresser… cen’estpasunepunition.Pourlespersonnesenchargedesprojets
internes,jeparticiperaiàcertainesréunionsàl’avenir.Enplus,demoncôté,je
suisravicarjesuiscertainquejevaisapprendredes choses.Àchaque fois,je
vouspréviendraiàl’avanceetnousprépareronsensembleletravail:cen’estpas
unaudit!».
Quepourraient-ilsrépondre?Aupire,onvavousdire…«Etvis-à-visduclient
ou de moncollègue ? » Il faudrarassurer encore une fois, maismieux vaut le
direencollectifpournepasentendredeuxmoisaprès«Pourquoic’estmoique
tu écoutes au téléphone ? » ou encore « pourquoi tu contrôles ma chaîne de
productionàmoi?»Ilseratoujoursplussimplederappelerlarègleédictéepour
tousenréunioncollective.
«Concernantlesclients,internesetexternes,jesaisquevousavezcommemoi
l’ambitiondefairepourlemieux.Vouspouvezcomptersurmoipourcontinuer
danscettevoieetêtretrèsattentif.Demoncôté,jevoisdeuxsujetsmajeurs:le
traitementdesdemandesclientsetnotrecapacitéàtravaillereninterdépendance
avec les autres départements… Je suis contre les guéguerres internes contre-
productivesentrelaproductionetlaqualitéparexemple,ouencorelemarketing
etlavente.Lemoisprochain,lorsdenotreprochaineréunion,noustraiteronsde
cesdeuxcascarnousnepouvonstoutfaireaujourd’hui.Vouspouvezpréparer
vosidéessurcessujets.Attention(aveclesourire),souvenez-vousdecequeje
vous ai dit tout à l’heure… dans une réunion, on participe, donc j’attends
beaucoupd’idées.»
Quepourraient-ilsrépondre?Aupire,onfaitdéjàbien…
Toujours avec le sourire… « Avant-dernier sujet, de loin le moins marrant,
pourtantnécessaire,ce sontleschoses basiquessurlesquelles personnen’aime
perdredu temps. Demon pointde vue, ily atrois grands chapitresconnus de
tous:leshorairesetlespauses,lesvacancesetl’utilisationprivéed’Internetet
dutéléphoneportable.Onsereditjusteleschosespourquecesoitclair:
▬Pourleshoraires,ilssontfixésparl’entreprise…etnuln’ypeutrien,
donc on s’y tient… Bien entendu, je peux comprendre un retard
parfois, mais ce que j’attends de vous, c’est de me prévenir en me
téléphonant (pas par SMS…). C’est la même règle que pour les
absences. Nous le devons à l’entreprise, mais aussi à nos clients,
internes ou externes, puisque chacun d’entre nous a des missions
interdépendantes.Concernantlespauses,nousavonstousledroità10
minutesparmatinée,commentsouhaitez-vousvousorganiser?
▬ Pour les vacances, la règle est de faire la demande deux mois à
l’avance. Autant que faire se peut, je tenterai de satisfaire tout le
monde en tenant compte des impératifs du service. Si vous avez un
besoin urgent, ma porte est comme je vous l’ai déjà dit, souvent
ouverte.
▬Internetprivéetletéléphoneportable:danslecadredenotreactivité,
nous n’en avons pas besoin donc je vous propose de laisser vos
téléphonesdans vosmanteaux saufcasd’urgence extrêmeet dansce
casennousprévenantenamont.Enplus,celanousfaitdubienàtous
denepasêtreconstammentlenezposésurl’écrandutéléphone.
« On est tous ok avec cela ? Ensuite, aujourd’hui on entend souvent que les
valeurschangent,pourautant,jesuiscertainquetousautourdecettetable,vous
attachezdel’importanceàl’espritd’équipe,labienveillance,ledroitàl’erreur,
l’entraide entre collègues et même parfois, la rigolade. De mon côté, vous
pouvezcomptersurmoipourêtretrèsvigilantsurlesujet,sachantquel’esprit
d’équipe, cela ne se décrète pas, mais cela s’encourage, ne serait-ce qu’en
appliquantlesprincipesprécités…etl’équité.
Undernierpoint,j’avaisprévudeparlerdelatenue,maisjemesuisditquece
n’était pas tant nécessaire puisque tout le monde connaît les règles, les us et
coutumesdelamaisonsurcela,n’est-cepas?
Je tenais à prendre ces soixante minutes avec vous pour fixer les règles
communes.Jecroisquesinousappliquonsensemble,moiycompris,toutesces
règles,nousauronsunsoclesolidepourréussir.Vouspouvezcomptersurmoi
pour vous accompagner, vous aider… et d’ailleurs, je vous encourage à être
transparent avec moi et avec vos collègues… Dernier point avant que nous
allions déjeuner, je vais vous raconter l’histoire des cinq singes qui m’a été
racontéerécemmentetjetrouvequ’ellemetenlumièretoutcequenousfaisons
dansnotrevie,alorsque,trèssouvent,nousnesavonspluspourquoi!»
Vous racontez l’histoire des cinq singes (des pages précédentes), puis vous
concluez ainsi : « Je vous raconte cela car souvent, je vous demanderai de
m’expliquerlaoulesraisonsdecequenoussommesentraindefaire,pourquoi
on fait comme cela. Cela ne sera pas pour vous remettre en cause
personnellement mais uniquement pour bien comprendre et valider que nous
utilisons tous la bonne méthode. Vous verrez, c’est une excellente technique
pourprogresser…Etj’imaginequevousaveztousenviedeprogresser?Allez,
onvamanger!»
Certainsd’entrevoustrouverontcelaunpeurude,etvousn’aurezpastort.Cette
réunionestaussil’occasiond’asseoirsonautorité.N’oublionspasquec’estsur
ces règles que vous allez appuyer la plupart de vos recadrages en rappelant à
votreinterlocuteurquelarègleaétéfixée.Celavouséviterad’entendreplustard
quandvousrecadrerez«Ahbon!Jenesavaispas!»oualors«Ahbon!Ça
marchecommeça,maintenant?»
Manager, réfléchissez ! Sur vos dix derniers recadrages, combien étaient
pénibleset liésàces sujets-là?Surprenant, non?Les recadragesrestantssont
généralement dus aux résultats et aux actions qui sont l’objet des pages
suivantes.
Sincèrement, avez-vous déjà pratiqué une telle réunion ? Encore une fois, ne
soyonspasdupes,lefaitd’abordercessujetsn’éviterapasà100%lerecadrage,
maisl’anticipationenvoieunsignalclairàvotreéquipe:«J’aidesvaleursetje
tiensàles fairerespecter,sanscritiqueaucune dupassé!Il yadesrègles que
toutlemondeconnaîtetjetiensàcequ’ellessoientrespectéesdansladurée.»
Cette réunion doit faire l’objet d’un compte rendu. Pour les participants et les
futurs entrants de votre équipe. Nous vous préconisons de la relire avec votre
équipeàlaprochaineréunion collective: undouble ancragecollectifn’est pas
inutile.Pourvousenconvaincre,pensezàtoutesceschosesquevousavezdites
denombreusesfois…etquevousêtesinlassablementamenéàrépéter!
Enfin, un manager est aussi jugé sur sa posture, sa PEST : posture, élocution,
sourire,tonalité.Vousdevezvousfixercommeobjectifdedireleschosesavec
lesourire:lesdemandessontlégitimes.
Solutionno2:Lebrainstorming(labonneméthode)
Cette méthode, plus participative, peut prendre la forme d’un brainstorming.
Vousnotezsurdesslidesousuruntableaulesdifférentspointsàaborder.Vous
organisez un jeu « DRH » en nommant tous vos collaborateurs DRH de votre
département. Vous organisez des groupes de deux personnes et vous les faites
réfléchir sur les règles adéquates à appliquer pour la bonne marche de
l’entrepriseetpoursatisfairevosclients,externesetinternes(d’abordeux);puis
pour la satisfaction des collaborateurs, puisque désormais et pour ce jeu, vous
êtesDRH.
Vous laissez réfléchir les joueurs, puis vous faites un tour de table sur la
proposition. Vous verrez que la plupart du temps, les collaborateurs étant des
genslogiques,leursréponsesserontcellesquevoussouhaitez.Sivousconstatez
desécartssurdeschosesnonnégociables,rappelez-leurlarègle…carvousêtes
le juge du jeu. À la fin de ce dernier, vous félicitez et demandez à tous de
respecter les bonnes règles de vie. Bien sûr, vous formalisez également cette
réunion!
Actionn o2:Lesrèglesdevieàrappeler
enentretienindividuel
Vousvenezderéaliserlaréunion«Règlesdevie»,puislaformalisez.Ilreste
maintenantàlafairevaliderentête-à-tête.Pourquoi?Pouréviter,dansquelques
mois, la désagréable remarque « Oui mais, quand tu as dit cela en réunion, je
n’étais pas pour mais comme personne n’a rien dit, je n’ai pas osé relever ! »
Une fois de plus, cet entretien individuel permet d’anticiper d’éventuelles
réticences.
Pourcefaire,laméthodelaplussimpleestdereparlerdelaréunionformaliséeà
votrecollaborateuretdeluiposerunequestionfranche–toujoursaccompagnée
d’un sourire – : « Par rapport à la réunion, les règles de vie te conviennent ?
Puis-jeconsidérerquec’estbonpourtoi?»
Imaginez-vous dans quelques semaines devoir recadrer un collaborateur sur le
téléphone portable : « Robert, concernant l’utilisation du téléphone portable,
nous avions parlé tous ensemble lors de la réunion du 17/02 des règles sur ce
sujet, et nous nous les étions confirmés lors de notre entretien individuel, t’en
souviens-tu?»Êtrecapablededémarrerunentretienderecadragepardesfaits
inattaquablesoudesfaitssignificatifsrendleditentretienbeaucoupplussimple!
Parailleurs,celava vouspermettre devousbasersurun levierdepsychologie
sociale redoutable : la cohérence en rappelant à votre interlocuteur qu’il était
d’accordlorsdelaréunionetlorsdel’entretienindividuel!
Actionn o3:Lesrituelsmanagériauxàorganiser
etàconserver
Les rituels managériaux en lieu et place d’us et coutumes concernent tous les
«temps»managériaux.Ilssontparfoiscollectifs,parfoisindividuels.Ilssontà
chaquerencontrel’occasionderestersurlesprincipesbaséssurlesrèglesdevie
etledescriptifdefonction.Ilssontl’occasionderappelervosattentes.
Lestempsmanagériauxà«ritualiser»sontnombreux:
▬réunioncollective;
▬réunionindividuelle;
▬mails;
▬notesd’information;
▬entretienannuel;
▬entretienprofessionnel
▬entretiendepérennité;
▬formation;
▬repascommun;
▬machineàcafé,
▬lamarche;
▬tempsinformels:envoiture,enmarchant,enaparté.
Ces temps sont les moments propices pour fixer le cap, apporter un feedback,
développer les compétences et ANTICIPER les moments délicats. Dans
certaines entreprises qui n’exercent pas ces temps forts du management, les
recadrages deviennent nécessairement délicats car le manager laisse le
collaborateur faire des écarts jusqu’au moment où il ne le supporte plus. Par
obligation,arriveunmomentdonnéoùlerecadrageesttrèsdifficile!
Quand on n’instaure pas des temps forts managériaux comme il se doit, qui
deviendront ensuite les us et coutumes pratiqués par votre équipe, service,
société,etc., onarriveà dessituations amenantcesphrases demanagers (nous
nousfaisonsl’avocatdudiable,entantquecollaborateur):
▬«Celanepeutplusdurer!»,etc.Oui,tuasraisonchef,t’avais«ka»
ledireavant!
▬ « Ce n’est pas possible, c’est la quatrième fois qu’il fait cela ! »…
Oui,tuasraisonchef,maist’avais«ka»luidiredèslapremièrefois!
▬ « Il comprend vraiment mal son métier ! », Oui, tu as raison chef,
maist’avais«ka»luiexpliqueravant!
Figure4:Lestempsfortsmanagériaux
En synthèse pour ce chapitre, deux préceptes et trois actions sont à mettre en
œuvre pour éliminer un maximum de recadrages. À défaut, si ces actions
n’éliminentpascomplètementlesécarts(nerêvonspas,celaseraittropsimple),
nousavonsconstruitunsoclesolidepourrecadrer.
Précepte1:
Quandiln’yapasdeloi,iln’yapasdehors-la-loi.
Précepte2:
Casser«Laloiexiste,d’ailleurs,elleatoujoursexisté.»
3actionsàmettreenœuvre:
Lesrèglesdevie,jefixeraienréunion
Lesrèglesdevie,jerappelleraienréunion
Lesrèglesdevie,jerappelleraienréunion
Lesrituelsmanagériaux,j’organiseraietjemaintiendrai
CHAPITRE5
Lerecadrage:mythesetréalités
Executivesummary
• Bien que le recadrage soit , en réalité, un signe de
reconnaissance , il convient d’en déterminer la pertinence et
l’objectif.
• En effet, même si les auteurs pensent que le recadrage est une
forme de reconnaissance, cette perception peut être relative
selon votre propre mode de fonctionnement, vos croyances,
votreexpérienceoumêmevotregénération.
• Le principe, in fine , c’est que le collaborateur rentre dans le
cadre avec motivation et pérennité et que ce recadrage soit
réellementutile.
Pour le dictionnaire Larousse, le recadrage, c’est l’action de recadrer, c’est-à-
direderedéfinirlecadre,decadrerànouveauouencoredecadrerdifféremment.
Unepremièreconstatations’impose:enmanagement,letermederecadrageest
quelque peu galvaudé car il se traduit généralement par une remontrance ou
encoreunecritique.
Ladéfinitionexactedutermenousapprendd’oresetdéjàunepremièrechose:
pourqu’ilyaitrecadrage,ilfautqu’ilyaiteuuncadre.Eneffet,onnepeutpas
partirdu principe quetous les collaborateursconnaissent parfaitementle cadre
surtoutsipersonneneleuraexpliqué.
Cette définition nous apporte en outre un éclairage sur l’objectif même de
l’action:ellen’estpasobligatoirementnégative,bienaucontraire.Parexemple,
onpeutimaginerunrecadrageavecunenfantpourluiexpliquerànouveauqu’il
doitselaverchaquematinenluiexpliquantsonintérêtàlefaire,etl’intérêtpour
lesautres.Danslemondeprofessionnel,onpeutparfaitementexpliquertroisfois
à un collaborateur l’importance vitale qui existe dans le fait de produire un
reporting à valeur ajoutée. Ce reporting sert de temps d’échange entre le
manageretlecollaborateuretpermetd’accompagnerle«recadré»pourl’aider
aumieuxdanssamission.
En clair, cessons d’assimiler le recadrage au rappel régulier des horaires
d’arrivée au bureau ! Cette action est en soi un recadrage, mais ce n’est pas
l’essentiel de l’action du manager ! Le verbe du titre de ce livre est la
conséquencedececonstat:(RE)cadrer.
NOTRERELATIONAURECADRAGE,
POURQUOIEST-ELLECOMPLIQUÉE?
Tous les managers ont en souvenir un recadrage négatif, subi ou réalisé. Ce
souvenir, en réalité un ancrage, est légitime. L’ancrage est une connexion
neurologique entre un stimuli et un élément de nos cinq sens : visuel, auditif,
kinesthésique, gustatif et olfactif. L’ancrage, c’est ce qui vous permet de
retrouverunesensationéprouvéedixansplustôtengoûtantunarômespécifique
dansunplat.L’ancrage,c’estlelienentrelafameusemusiquedeGloriaGaynor
et sa chanson I will survive ; quand on écoute cette musique en groupe, cela
rappelle dans 90 % des cas un ancrage du passé : la victoire de l’équipe de
Francedefootballlorsdelacoupedumonde98ou bienunvieuxsouvenirde
discothèque, voire les deux ! Quand vous goutez le même plat que vous avez
adoréilya10ans,àlapremièrebouchéevotrecerveauvousrappellel’ancrage
degoûtetleplaisirassocié.D’ailleurs,quandilyaunécartdegoûtnégatif,ily
aimmédiatementuneffetdecontrasteetdéception.
Vous pouvez faire l’exercice individuellement, recherchez dans votre mémoire
unrecadragesubi parl’undevos hiérarchiques!Essayezde voussouvenirdu
lieu,desimages,dessons!Étonnant,non?Onal’impressiond’yêtrecommesi
c’étaithier.
Maintenant, faites l’exercice en tant que manager qui aurait réalisé un
recadrage;ou,plussimple,pensezàvotrepremièreéquipeetàdeuxmoments
délicats.C’estfait?Dans90%descas,cesouvenirdélicatestliéàunactede
recadrageouàuneréactionproche,etsoustension.
Étonnant?Nousréalisonscetestdansdenombreuxséminairesavecunsuccès
certain. Vous comprendrez désormais pourquoi il est compliqué de recadrer :
parcequecelagénèredessouvenirsdésagréables.
Idéalement,ilseraitpertinentdefaireunprogrammementaldecorrectionpour
sedétacherdecesancragesnégatifs.Ils’agitderevisiterlasituationenimagerie
et de la corriger pour qu’elle se déroule de façon efficace et dans un ressenti
agréable.
À présent, vous pouvez également réfléchir à des actions de recadrage positif,
quisont enréalité lelot quotidiendes managers.Étonnamment,on serappelle
beaucoup moins ces temps managériaux, pourtant plus réguliers et plus
nombreux.
Au final, on trouve le recadrage compliqué car notre conscient, voire notre
inconscient, ont un mauvais souvenir en mémoire. Or, pour la plupart d’entre
nous,répéterungesteamenantunsouvenirnégatifn’estpasagréable.
PRÉFÉREZ-VOUSUNMANAGER
COMPÉTENTETMÉCHANT
OUUNMANAGERSYMPA
ETINCOMPÉTENT?
Cettequestionestpéniblecarévidemmenttoutlemondesouhaiteavoirunchef
sympa et compétent mais si vous n’avez pas le choix que préférez-vous ? Le
sympa incompétentse transformetrès rapidement en« poire». Notre message
n’estpasdedirequ’ilnefautpasêtresympaougentil,maisquecelanepeutpas
venird’uncôtéenpermanence.
Lemanagementsympa?C’estuneformedemanagementquifaitplaisiràtout
le monde sur le moment, le collaborateur qui est serein, et le manager qui ne
demanderien!Pourautant,lesmanagers«gentils»nerestentquetrèsrarement
dans l’imaginaire collectif pour une raison simple : ce que l’on attend d’un
manager,c’estqu’ilmanagelesorganisations,qu’ildonnedusensauxactions,
qu’il fasse progresser, qu’il développe la confiance et l’esprit d’équipe, qu’il
augmentemaiscertainementpasqu’ilsoitUNIQUEMENT«sympa».
À ce propos, et en voici la meilleure preuve, dans les entreprises actuelles, ce
sontrarementlespalmesd’ordelagentillessequimanagentleséquipesouqui
évoluent vers le management. En réalité, le binôme « Prendre soin
personnellement et challenger directement » est plus exigeant que le
« management sympa » pour le manager que toutes les autres formes de
management car c’est un style qui oblige à rechercher en permanence la
meilleureactionpourmotiveret/oudévelopperlescompétences.
Larelationmanager/subordonnéimpliqueunéchangeasymétrique,doncinégal,
acontrariodelarelationsymétrique,d’égalàégal.C’estunedesdifficultésdes
nouveaux managers, ou même des managers devant encadrer d’anciens
collègues;enacceptantlapromotion,ilsont«changédecamp».
Soyons francs, on peut être en relation asymétrique et fonctionner en bonne
intelligence de coopération et être en relation symétrique et développer une
coopérationnégative.Neconnaissez-vouspasdesrelationshiérarchiquessaines
et productives et, à l’inverse, ne connaissez-vous pas des relations entre
collèguescontre-productives?
Notrerelationau recadrageestdonc complexecar paradoxale,entrela volonté
dedireleschoses,toutensouhaitantnepasvexerl’autre.Àtrèscourtterme,ce
modedemanagementfonctionne(etencore),maisnoussavonsdésormaisqu’à
moyenterme,lescollaborateursontenviedesuivreuncapbiendéfinietd’être
assujettiàdescadres.
Lerecadrage,pourquoifaire?
Lapremièrebonneraisonestbasique:lesmanagerssontpayéspourcelacarce
«geste»faitpartiedelapanopliecomplètedumanager.Analysonsendétailles
bonnesraisonsdemettreenpratiquel’actionderecadrage.
Pourl’entreprise?
Cela lui permet d’atteindre ses objectifs et de tirer le meilleur parti de ses
collaborateurs.Lespremièresmissionsdesdescriptifsdefonctiondesmanagers
sont d’atteindre les objectifs fixés, qu’ils soient qualitatifs ou quantitatifs. Or,
pouraccéderàcesobjectifs,unenotiondecadreestforcémentsous-jacente.
Pourlecollaborateur?
Cela lui permet de savoir où il en est et où il doit aller, de préférence en
empruntant le bon chemin ; souvenons-nous que c’est un axe fort de la
motivationdescollaborateurs:éliminerl’incertitudeettirerverslehaut.Enfin,
pourcesujet,etcontrairementàcequepensentlesmanagers«sympas»,lefait
demettre soustension, dechallenger directementest bénéfique! Àtitre privé,
tentez de vous laver les dents demain avec votre main habituelle, et le
surlendemain avec votre autre main. Vous constaterez que c’est très difficile
pour un droitier dese laver les dents avec la main gaucheet inversement. Cet
exercicevousmontrel’impactdelanon-misesoustensiondefaçondurable:à
forcedeneplusfaire,onnesaitplusfaire.
Pourvous?
Celavouspermetdedirigerdanslesenssouhaitévoscollaborateurs,maisc’est
surtout le seul moyen d’atteindre vos objectifs. À défaut, si vous n’avez pas
besoinderecadrerpouratteindrecesderniers,faitesattentioncarsoit:
▬ votre manager ne vous assigne pas des objectifs assez ambitieux, et
c’estdangereuxpourvotrepropremotivation;
▬ votre manager est inconscient, et il devrait bientôt partir, ou votre
entreprisefermer(!);
▬votreentrepriseproposeuneoffreexceptionnelle,maisprenezgarde,
cela ne dure pas éternellement. Je ne vais pas vous citer certaines
marquesbrillantes,maiseffacéesouaucimetièredesmarques.
▬vousêtesungénie,etvousallezbientôtévoluerdansvotreentreprise;
▬vousêtesungénie,etilfautpenseràchangerd’horizon…
Pourlesclients(internesouexternes)?
L’actionderecadragesuitundécalageentrelademandeetl’offre;lademande
del’entreprise,dumanager,desprocess,desclientsetl’offre,lavôtreoucelle
de votre collaborateur. Pour les clients, qu’ils soient des collègues de
l’entreprise, donc des clients internes ou des clients externes à proprement
parler,lerecadrageestsain.Ilpermettraparexemplede:
▬mieuxorganiserunprocessusdansuneentitédeproduction;
▬mieuxsatisfaireunclientachetantvosproduits;
▬mieuxgarantirunequalitédeservice;
▬corrigerundéfautd’organisation;
▬développeruncomportementadéquat.
Figure5:Lecerclevertueuxdurecadrage
Ainsi, en y regardant de plus près, il n’y a aucune raison de ne pas faire de
recadrage.
LERECADRAGE,DANSQUELSCAS?
Partantduprincipequel’actederecadragen’estpasforcémentnégatifetqu’en
réalité, le rôle du manager est de remettre régulièrement dans le cadre ses
collaborateurs, les cas de recadrage sont très nombreux. D’où l’importance de
bienanalyserenamontlescasquiseprésententàlui.
Biendistinguerl’erreurdelafaute
Enclasse,uneerreurdésigneuneréponseouuncomportementdel’écolier,du
lycéen,de l’étudiant oudu stagiaire, quine correspond pasà la réponseou au
comportementattendu.
Dans le monde de l’entreprise, l’erreur est plutôt un acte involontairement
inadaptéàunesituation.Nousinsistonssurce«involontairement»car,dansle
cascontraire,nousnesommesplusdansledomainedel’erreur.
En cas d’erreur, nous suggérons d’adopter une attitude pédagogique en
expliquantclairementaucollaborateursonerreuretentravaillantavecluisurla
prochaineactionàmenerdansuncasidentique.
L’erreurrépétéeestgênantemaiségalementasseznaturelle.Lescausespeuvent
êtremultiples:votrecollaborateuraatteintsonniveaud’incompétenceselonle
principedePeter,cequisignifiequ’ilnepeutplusallerau-delà(nousenavons
tousun,mêmelepremierd’entrenous,c’esttoutàfaitlégitime);
▬unemauvaiseexplicationdumanager,duformateurouduparrain;
▬unemauvaisepriseencompteparlecollaborateurdesexplicationsdu
manager,duformateurouduparrain;
▬unproblèmedeconcentration;
▬unesurchargedetravailouunemauvaiseorganisation;
▬delafatigue;
▬dustressfaceàlasituation;
▬ des croyances limitantes par rapport à certains domaines de
compétencespécifiques;
▬unemauvaiseattitude,actionaumauvaismoment:lemauvaisréflexe
estégalementuneerreur;
▬unmanquedechance,carcelaarriveaussi(carelleexiste!).
Lafauteestunmanquementauxrègles,àlaloiouàlamorale.Unefautepeut
égalementêtreuneerreurrépétéevolontaire.Encasdefauted’uncollaborateur,
le manager doit s’imposer un acte managérial, décliné également sous forme
d’autorité légitime, conséquence de la relation asymétrique entre les deux
personnes.
Nousn’entreronspasdansladescriptiondelanotiondefauteausensdu«Droit
dutravail».
Parfois, certaines personnes transforment leur perception de l’erreur en faute,
souvent avec un fort sentiment de culpabilité et une remise en question
excessive,mêmequandils’agitd’unesimpleerreur,ponctuelleetinvolontaire.
Ils’agitd’unmauvaisrapportàl’erreur.Siunepersonnes’interditdecommettre
des erreurs, elle risque alors de les craindre par anticipation, voire de les
provoquer.Laréassuranceseraalorsimportantelorsdurecadrage,toutcomme
lefaitd’accompagneràpercevoirdifféremmentl’erreur.Unrecadragetropdur
pourraitàl’inverserenforcerlapersonnedanssoncerclevicieux.
Laquestionmagiquen o1
Unjour,undesauteursdecetouvrageaéprouvélespiresdifficultésàmanager
uncollaborateurrécalcitrant.Unetiercepersonne,commec’estsouventlecas,a
permis de « recadrer » la perception de cette réalité en posant la question
magique afin d’analyser la situation réelle : « En quoi est-ce gênant ?
Pourquoi? »Dans lescasdifficiles, récurrentset réguliers,ilfaut toujoursse
posercettequestionenanalysantlasituation.
En clair, en analysant cette erreur, ou cet écart de comportement, il faut se
demander:«Enquoiest-cegênantpourlasociété?Pourl’organisation?Pour
legroupe?Pourlesclients?Pourlescollègues?Pourmoi?»Encasdedoute,
vouspouvezégalementvousposerlaquestion:«Est-cevraimentgênantpourla
société ? Pour l’organisation ? Pour le groupe ? Pour les clients ? Pour les
collègues?Pourmoi?»
Sur la base de ces questions, vous vous obligerez à réfléchir réellement à la
situation. Si vous trouvez les réponses à la question, le recadrage est
certainement nécessaire. En revanche, si vous éprouvez les pires difficultés à
trouver des réponses, vous pouvez vous dire que l’acte de recadrage n’est pas
forcémentnécessaire,etquetoutsimplement,cettesituationquivousgênevous,
à titrepersonnel, ne l’estpeut-être pas au finalpour la bonne marchede votre
activité.
Cette méthodologie permet d’éviter le recadrage trop anticipé, et source de
démotivation pour l’autre. Elle permet également d’éviter le recadrage tardif,
conséquenced’une successiondetensions. Nousconnaissonstous lerecadrage
tardif : celui-ci survient généralement quand le manager arrive « à bout », et
réagitdonc«àchaud»alorsquel’erreurneméritepasforcémentunrecadrage
trèspuissant.
Figure6:Lesélémentsconcernésparlesquestions«Enquoiest-ce
gênant?»et«Pourquoi?»
Laquestionmagiquen o2
Vous avez analysé l’écart et distingué celui-ci entre l’erreur et la faute. Vous
vous êtes posé la question magique n o 1 : « En quoi est-ce gênant ? » Nous
parvenonsmaintenant àla secondequestion quifâche :« Ai-jeréellement une
chancederemettrececollaborateurdanslecadre?»
Cette notion de probabilité de succès va vous permettre d’intensifier vos
recadrageslà oùvousavez unevaleurajoutée. C’estleprincipe de«travailler
sursespointsfortspourentraînerlesaxesdeprogrès».
Exemple concret : Un collaborateur qui ne range pas son bureau de manière
structurelle,castypiques’ilenestducollaborateur«bordélique»,conséquence
généralementd’unmodedefonctionnement,oud’unmodedevie.Pensez-vous
vraiment avoir une chance de faire changer radicalement ledit collaborateur ?
Vouspourrezlefaireprogresser,sansaucundoute,maissincèrement…nevaut-
ilmieuxpasfixeruneexigenceminimumsurlerangement,sicelan’impactepas
la société, les clients, les collègues et se consacrer à des ambitions plus
réalistes?
Aufinal,analysezbienvoschancesdesuccèsréellesavantdelancerunénième
recadrage sur le même sujet. À défaut, vous risquez de vous user, de vous
énerver et, surtout, de démotiver votre collaborateur qui, sous son prisme, va
vousconsidérercommeundangereuxmaniaque.Encoreunefois,saufsicelaa
unimpactsurlesclientsinternesouexternesc’estplutôtunefautequinécessite
untraitementRHdusujet.
QU’EST-CEQUIMOTIVE
UNYETDÉMOTIVEUNX?
Quiadit:«Nosjeunesaimentleluxe,ontdemauvaisesmanières,semoquent
del’autoritéetn’ontaucunrespectpourl’âge.Ànotreépoque,lesenfantssont
destyrans.»
A:Voltaire.
B:CharlesdeGaulle.
C:Socrate.
D:Jeand’Ormesson.
C’est Socrate en – 400 avant Jésus Christ. Le débat sur les jeunes et leurs
comportements n’est donc pas d’hier ou avant-hier. Ilest juste de dire que les
équipes sont aujourd’hui constituées de profils différents avec des moyennes
d’âge qui sont très variables. Nous constatons qu’il y a une grande difficulté,
voireunmalaisepourcertains,àgérerlesparadoxesetàtrouverleséquilibres
entreuncollaborateurde25ansetunautrede50ans.Pourrappel:
▬lesBaby-boomers,personnesnéesentre1946et1965;
▬lagénérationX,personnesnéesentre1965et1980;
▬lagénérationY,personnesnéesentre1980et2000;
▬lagénérationZ,personnesnéesàpartirdel’an2000.
OnopposesouventlesgénérationsXetlesYetZ.Quedit-ondesYetdesZ?
▬Onditd’euxqu’ilssonthyperconnectés,cequiestvrai.
▬Onditd’euxqu’ilsrèglentlesproblèmesdemanièredifférente,cequi
estvrai.
▬ On ditd’eux qu’ils n’ont pas lesmêmes valeurs que lesanciens, ce
quiestvrai.
▬ On dit d’eux qu’ils ont moins confiance dans l’entreprise que leurs
aînés,cequiestvrai.
▬ On dit d’eux qu’ils ont des difficultés à se concentrer, qu’ils sont
impatientsetfontdoncplusieurschosesàlafois,cequiestvrai.
▬ On dit d’eux qu’ils disent les choses très, trop, directement à leurs
hiérarchiques,cequiestvrai.
Toutescesaffirmationssontvraies(lesDRHretrouverontaisémentci-dessusles
caractéristiquesdecesgénérations)etheureusement.Lepropred’unegénération
est d’être différente de la précédente car si rien n’avait changé entre les
générations,nousserionsencoreautempsdel’hommedeCro-Magnon.
Nous vous proposons de voir ces six affirmationsavec un autre prisme, ou de
faireunrecadragedetypeProgrammationNeuroLinguistiquepourlesinitiéset
de les analyser avec quelque recul, tout en revêtant la tunique de l’avocat du
diable.
▬Onditd’euxqu’ilssonthyperconnectés,cequiestvrai.Maisn’est-il
pasnonplusexactquetouteslesentreprisesmodernessontalimentées
pardenombreuxmails,siteintranet,siteinternet,blog,sms,chat?En
réalité,lesY/Zsontenphaseaveclemarché,aucœurdelarévolution
numérique!
▬Onditd’euxqu’ilsrèglentlesproblèmesdemanièredifférente,cequi
estvrai…etc’esttantmieuxcar,cequ’onleurdemande,c’estqu’ils
règlentlesproblèmesetpointàlaligne!
▬ On ditd’eux qu’ils n’ont pas lesmêmes valeurs que lesanciens, ce
quiestvrai.Maiscesvaleursdepartage,desolidarité,d’appartenance
ouencored’écologiesontplutôt,également,desvaleurssaines.
▬ On dit d’eux qu’ils ont moins confiance dans l’entreprise que leurs
aînés,cequi estvrai.C’est désormaisunconstat globalde toutesles
générations qui ne veulent plus passer leur vie au sein de la même
entreprise(commelesgénérationsdesannées40/50);pourautant,ils
peuvent avoir confiance dans l’Homme représentant de l’entreprise.
On peut d’ailleurs se poser la question à l’aune du taux de chômage
pour des jeunes qualifiés, qui est quasiment inexistant. Il est assez
logique de voir des Y/Z picorer d’entreprises en entreprises sans
crainteduchômagecontrairementauxXdeleursépoques.
▬ On dit d’eux qu’ils ont des difficultés à se concentrer, qu’ils sont
impatients, et font donc plusieurs choses à la fois, ce qui est vrai.
Toutefois, c’est une bonne chose pour la productivité ; le QI moyen
dans le mondeprend 3 % tous les dix ans depuis laSeconde Guerre
mondiale ! Ils sont donc capables de réaliser plus de choses que les
générationsprécédentes.
▬Onditd’euxqu’ilsassènentleschosestrès,trop,directementàleurs
hiérarchiques, ce qui est vrai. Comme ils ont bien raison ! Combien
« d’anciens » avons-nous entendu dire : « De notre temps, on ne la
ramenaitpas,cen’estpasqu’onnevoulaitpas,c’estqu’onn’osaitpas
le faire ! » La franchise en parole n’est-elle un défaut que pour les
générationsY?
Le constat est frappant : le prisme choisi pour déformer, dans un sens comme
dansl’autre,laperception delagénérationY/Z,est primordial! Ensomme, et
pour être tout à fait honnête, la réalité est certainement entre les deux
perceptions.Surlefond,etmêmes’ilexistequelquesécartsévidents,onpeutse
dire que le mode defonctionnement entre les hommes est relativement proche
carlesaspirationsprofondessontidentiques.
Sivousréfléchissezàcettequestion,vousverrezqu’ilestdifficiled’yrépondre:
«Qu’est-cequimotiveunY/ZetdémotiveunX?»Enclair,toutestvraimais
les dernières études montrent que ce qui motive les X, Y, Z sont des choses
quasi identiques, y compris pour le sens, l’argent, l’équilibre professionnel et
privé.C’estdoncbienlasociétéquiachangédanssonensemble.
Gonzalo Quesada,célèbre entraineur derugby et globetrotter dumonde, a une
visiontrèsprécise deschoses.Pourrappel, ilajoué etentrainé denombreuses
nationalités de différents âges, y compris dans son staff. Il a une vision très
mondialedusujetdesgénérations.Sonavisestsimple«ilyadesjeunescons
partout,ilyadesvieuxconspartout».Pourrappelvousavezdansunchapitre
précédentlesujetdelamotivationSAPARetlarouedelamotivation.
CHAPITRE6
LaformuledusuccèsdestroisP:
Progressivité/Prévisibilité/
Préparationmentale
Executivesummary
• On ne peut pas vraiment dire que nous ayons , en France, la
culture du feedbackpositif . Au mieux, il est réalisé« à la va
vite»,aupireiln’estpasfaitdutout.
•Commentmaîtrisersonmentalpourpasserlebonmessageau
bonmoment?
• Pour qu’il ait un véritable impact sur la motivation du
collaborateur,ilestimpératifdesoignerlefondetlaforme.
•Unfeedback,celaseprépareetsegénéralisepourancrertantla
bonneposturequelaméthode.
RÉUSSIRLEFEEDBACKPOURMAÎTRISER
LABALANCEDEL’ÉQUITÉ:A>E
La balance de l’équité est un concept formalisé par John Stacey Adams qui
démontre que la motivation est fondée sur la théorie de l’équité : les
collaborateurs se comparent les uns aux autres, mais aussi avec leur
environnement. S’ils s’estiment sous-payés, sous-reconnus, alors il y a un
déséquilibredansuneformedebalancevirtuelle.Parextension,ilscomparentce
qu’ils reçoivent de l’entreprise, le A de la formule pour apports et le E de la
formule pour efforts. Si j’estime que mes efforts sont supérieurs aux apports
reçus,alorsjemedémotive.
Lesapportsreçussontvariés:lesalaire,lesprimes,lamontéeencompétences,
les vacances, l’ambiance, l’autonomie dans le travail, et dépendent de la
perception de chacun. Factuellement, ce que reçoit Sihem en A peut être la
mêmechosequecequereçoitMarjorie,etcelapeutsuffireàmotiverSihemetà
démotiverMarjorie.Le feedbackpeutdoncêtreperçucommeunApportouun
Effortenfonctiondusujet,duthèmeetdelaperceptiondechacun.
Félicitersansréveillerleclapetémotionnel
ducerveau
Nous l’affirmons sans détour : un bon manager sait recadrer et féliciter !
L’exercice de félicitation est un acte de management majeur qui crédibilise le
manager quand il recadre. Surprenant ? Non, pas tant que cela ; les
collaborateursdétestentunmanagerquineditjamais«Bravo!»,«Merci!»et
«Raconte-moicesuperbesuccès!»
Lamotivationsenourritdesfélicitations.Féliciter,c’est:
▬encouragerl’autreàpersévérer(etcemêmesilerésultatestfaible);
▬développerlaconfiancedel’autre;
▬envoyerunsignedereconnaissanceprouvantlapriseencomptedes
progrès;
▬préparerl’autreàsedépasser.
Être un manager capable de féliciter ne veut pas dire être un manager
paternaliste,maissimplementunmanagerreconnaissant.Pourtant,l’entretiende
félicitation est rare dans l’entreprise, la phase de félicitation est généralement
intégréedansunentretien«autre».Enclair,àunmomentouunautre,onplace
le«Bravo!»;maiscelui-cin’apasl’effetescomptécarvousréveillezleclapet
émotionnelquibloquel’écoute.
Sivouscommencezl’entretienpar«Bravo!»enpoursuivantavecdesaxesde
progrès,lecollaborateur,ouauminimumsoninconscient,sedit«Ah,c’estpour
les axes de progrès que tu voulais me voir ! ». Le clapet émotionnel dans le
cerveausebloqueetneretientpaslepositif.
Si vous placez les félicitations à la fin d’un entretien traditionnel, la première
partie efface complètement l’acte de félicitation. Le collaborateur, ou au
minimumsoninconscient,sedit«Aprèstoutcequetuviensdemedire,cen’est
paslapeinedemefaireunecaresseenfind’entretien!»Leclapetémotionnel
danslecerveausebloqueetneretientpastoujourslepositif.
Sivousplacezlesfélicitationsaumilieudel’entretien,lecollaborateur,ouson
inconscient, pourrait se dire : « Il me fait une caresse après m’avoir mis une
charge… c’est que je vais prendre une nouvelle charge dans une minute ! »
Encoreunefois,leclapetémotionneldanslecerveausebloqueetneretientpas
lepositif.
Les psychologues Angela M. Legg et Kate Sweeny ont mené une étude pour
savoirs’ilfallaitmieuxdireenpremierlabonneoulamauvaisenouvelle.75%
des gens qui reçoivent les nouvelles veulent d’abord la mauvaise et 70 % des
gensquidonnentlesnouvellesveulentplutôtdonnerlabonne.Laleçondecette
étude?Ilnefautpastournerautourdupotetilfautmettreauplacardlaméthode
dufeedbacksandwich,prônéedurantdesdizainesd’annéesenentreprises.
Unamivientdenousraconteruneanecdoteamusante.Mais,finalement,pastant
que cela. Il est cadre supérieur et fait partie d’un groupe de concessions
automobiles important.Il vient de suivre un séminairede management avec la
directiongénéraledesongroupeetunedizainededirecteursdeconcession.Les
collaborateurs de ce groupe sont fidèles à leur patron, ce dernier mêlant
intelligemment bienveillance, exigence et confiance. Ils se connaissent depuis
desannées ets’entendentplutôt bien.Leconsultanta demandéà chacundese
mettre à côté de la personne qu’il connaissait le mieux. Puis il a demandé à
chaquebinômedesortiraveclui.Endehorsdelasalle,leconsultantaprésenté
cettephraseaubinôme:«Donc,vousvousconnaissezdepuisplusieursannées.
Vousvousconnaissezbien, etvous vouscontactezrégulièrement.Jevaisvous
demander de réfléchir deux minutes pour trouver une qualité que vous
approuvezréellementchezl’autrepuisdeluidireentête-à-tête.».
Lasurprisedecegroupefuttotalecarladifficultéàdiredeschosespositivesfut
réelle.
Celaamontréladifficultépourchacundedireàl’autrecequ’ilpensaitdebien
chezlui…
Parlasuite, leconsultanta faitlamême démarcheendemandantun défautde
l’autreaveclesmêmesbinômes…Etlà,cefutbeaucoupplusnatureldetrouver
etd’exprimerledéfaut!
Manager,soyez courageux !Prenez uneminute detemps à autrepour féliciter
vraiment… sans dire « Mais… » dans la foulée et parler d’un sujet qui fâche.
«Mais»estunmoteffaceur,ileffacetoutcequevousvenezdedire.
Sivous ne vous sentezpas à l’aisepour féliciterréellement, vous pouvezdéjà
accorder un signe de reconnaissance non verbale, un sourire, un geste
approbateur:celaseradéjàunpremierpas.
Etpuis,pourconcluresurcesujet,vousserezd’autantpluslégitimedansl’acte
de recadrage si vous savez féliciter. Le collaborateur ne pourra pas vous dire,
saufdemauvaisefoi:«Celanevajamaisavectoi!»
Assumer la dualité Féliciter/Recadrer, c’est d’abord savoir féliciter. Au pire,
mieuxvautun managersachantféliciter querecadrer; lesrésultatsseront plus
efficaces sur le long terme. Bien sûr et à l’idéal, mieux vaut savoir faire les
deux:féliciterETrecadrer.
ReCadrerpourfaireprogresseraveclaquestion
magique
Enpartantduprincipequevousêtesunmanagerquiveutapporterplusdansla
balance de l’équité, savoir-faire un feedback flash de progrès rentre dans la
catégoriedes«re»cadragequisontpositifs.Pour pouvoirfairerégulièrement
des feedbacks de progrès, il faut avoir poser la question magique à ses
collaborateurs avant, et notamment lors des premiers entretiens : Comment
veux-tuquejetedébriefe?Connaissez-vousquelqu’unquivavousdire,«par
écrit».Non,laplupartdevosinterlocuteursvousdiront«Dis-moileschoses».
StéphaneMoriou,danssonlivresurlefeedback,estimequenouséprouvonsdes
difficultésavecle feedbackdeprogrèsàcauseduRatioStudiorum,lesrèglesde
l’écoleformaliséespardesjésuitesen1599.Cesrègles,quiimpliquentdesnotes
négatives à la dictée avec le nombre de fautes, s’imposent aujourd’hui encore
partout et même lors du permis de conduire avec la sempiternelle question
«Combiendefautesas-tufais?»etnon«Combiendebonnesréponsesas-tu
eu?»Notrecultureestdoncfondéesurlerefusdel’erreurdepuisnotreenfance.
Le manager qui sait casser cette culture, par sa posture de progrès a dans ses
mainslaclefdesuccèsduprogrèsdeseséquipes.
Cette posture de progrès s’oppose évidemment à la posture du micro-
management et/ou de donneur de leçons. Le manager compétent a pour but
d’aider le collaborateur à se développer en lui faisant confiance, en l’aidant à
grandiret…enluidonnantdel’argent.
Comment faire ce feedback de progrès ? 3 étapes sont à suivre pour bien le
structurer:
▬ Si besoin, revenir à la question magique : « Je t’avais demandé
comment tu souhaitais être débriefé et je vois toujours mon rôle
commequelqu’unquisouhaitefaireprogresser»;
▬Aborderlesujetdufeedbacketdemandercommentcelaauraitpuêtre
évité:«J’aivuquetuavaisfaitcela.Commentaurions-nouspufaire
autrement?»
▬Donnersonpointdevue:«Demoncôté,laprochainefois,j’aurais
tentéde…
En ayanttoujours en têtel’équilibre entrefélicitation et feedbacket la logique
effort/apport.
ORGANISERLAPROGRESSIVITÉ
DURECADRAGE,DEVENIRL’ANTILUCKY
LUKE
Régulièrement,nous racontonsuneexpérience avecdes rats,forme delégende
urbaine,pourmontrerl’intérêtdupositif.Deschercheursontmenédestestsavec
troisgroupesderatsdanstroispiècesidentiques.Cestroisgroupesderatsfurent
nourrisaveclamêmequalitéetlamêmequantitédenourrituredurantplusieurs
semaines:
▬ le premier groupe de rats fut nourri chaque jour par un homme
chaleureux qui leur parlait en amenant leur nourriture, voire, qui les
caressait;
▬ledeuxièmegroupederatsfutnourrichaquejourparundistributeur
automatique;
▬ le troisième groupe de rats fut nourri par un homme colérique qui
hurlaitchaquejourendistribuantlanourriture.
Laquestionàseposerestcelle-ci:àvotreavis,dansquellepièceconstata-t-on
letauxdemortalitéleplusfaibleetletauxdemortalitéleplusfort?
▬Danslapièceoùl’onnourrissaitlesratsgentiment?
▬ Dans la pièce où l’on nourrissait les rats avec un distributeur
automatique?
▬Danslapièceoùl’onnourrissaitlesratsaumilieudecris?
Bien entendu, le taux de mortalité le plus faible fut dans la pièce où la
distribution de nourriture se faisait de façon agréable. En revanche, le taux de
mortalitéleplusfortsetrouvaitdanslapièceoùondistribuaitlanourritureavec
undistributeurautomatique!
On peut tirer profit de cette histoire pour édicter trois grandes règles, via une
analogieHomme/Animal:
▬ la « durée de vie » d’un collaborateur est plus longue avec un
managementpositif;
▬àdéfaut,mieuxvautmettreenplaceunmanagement«négatif»;
▬lepiredeschoixétantl’indifférence,soitlefaitdeneriendire!
Cetteanalogieprouveégalementqu’onobtientplusavecuncollaborateurparle
positif.Enconséquence,ilne sertà riendemenerunrecadrage trèsrude, sauf
fauteimportanteducollaborateur,dèsledépart.
L’undessecretsdesgrandsmanagersestdanslapréparationdesrecadrages:ils
préparentleurs recadragescommeon prépareun entretienavecun client.Il en
planifie même les différentes phases, dans la durée, des recadrages. Cette
méthode est également bonne pour la santé des managers en évitant une forte
pressionpermanente.
Vous-même, lecteur, avez-vousen mémoire un manager « rude » ? Lorsqu’un
manager hurle au premier écart, il faut bien avouer que la pression est forte.
Pourtant, pour le même entretien deux semaines après, il y a déjà une forme
d’habitude qui permet d’amortir la pression. Un manager passant son temps à
recadrerdurementsescollaborateursproduitenréalitédemoinsenmoinsd’effet
car, à l’instar d’un sportif, les collaborateurs s’entraînent à subir et supportent
donc de mieux en mieux ses attaques. L’analogie est adaptable au monde des
enfants : les parents qui passent leur temps à hurler sur leurs progénitures les
habituent à subir, mais ne modifient pas leurs comportements... bien au
contraire,généralement.
La progressivité est la clef du succès de l’autorité en matière de recadrage à
l’inversedutempéramentLuckyLuke.
Figure7:ApprocheLuckyLuke
Figure8:Approcheprogressive
La méthode de recadrage progressive, opposée à l’approche Lucky Luke, est
pluscomplexeàréalisercarelledemandeplusd’efforts.Bienentendu,sivotre
entreprisepensequ’uncollaborateurdoitappliquervosrecettesaurisqued’être
licencié,vousn’avezpasàvousembêteravecl’approcheprogressive.Exceptési
vous désirez devenir un manager de haute volée... et surtout amortir
l’investissement de recrutement. En revanche, si, dans votre entreprise, on
s’attache à faire progresser dans la durée, sans être pour autant « gentil »,
l’approcheprogressivedemeureralaplusefficace.
Vous l’aurez compris, notre position sur le « Faut-il recadrer à chaud ou à
froid?»esttrèstranchée.Denotrepointdevue,laplupartdesrecadragessontà
froid.Etenréalité,lefaitmêmedelirecelivre,devousposerdesquestionssur
le sujet vous y prépare. Lorsque dans certains cas, vous réagirez à chaud, les
techniques seront connues, et donc en réalité préparées. Vous donnerez
l’impression de réagir à chaud tout en maîtrisant parfaitement le sujet : le
summumdumanager!Regardezautourdevous,lacolèreimpressionne…Mais
lecalmedansunesituationdifficileimpressionneencoreplus:c’estunequalité
essentiellepourungranddirigeant.
INTÉGRERLAPRÉVISIBILITÉ
DURECADRAGE
Nousn’allonspasvousrefairelecoupdel’histoiredescinqsinges!Néanmoins,
puisque nous savons que les gens ont pour habitude de faire des choses
régulièrementsansmêmesavoirpourquoi,ilestbondes’interrogersurl’histoire
descinqsingesenmatièredeprévisibilité.
L’éducation des enfants est fortement fondée sur la prévisibilité : « Si je fais
cela,ilnevapasêtrecontent!»,«Sij’aiunemauvaisenote,jevaismefaire
disputer!»,«Sijesuisenretard,jenepourraisplussortirlaprochainefois!»
En management, la prévisibilité est une des essences mêmes de la régularité
managériale : les collaborateurs doivent savoir que vous réagissez, non pas à
chaud,maisaupremierécart.Enpartantduprincipeque cetétatdefaitest un
modedemanagement,lesmanagésacceptentplusfacilementlesrecadrages.
Àl’inverse,sivousneditesrienaupremierretard,nevousétonnezpasdevoir
un collaborateur surpris lorsque vous le recadrez au deuxième écart. Il se
demanderapourquoivousneréagissezquemaintenant.Danscertainessociétés,
nousconstatonsdestraverslégitimesdescollaborateurs:«Jesuisenretardmais
lechefditrarementquelquechose,doncjecontinue!»Rappelonsquenousne
pensonspasquelescollaborateursfontnaturellementleschosesqu’ilsdevraient
faire,pour laplupart d’entreeux ; onpeut s’enétonner… maisce n’estpas la
peinedes’épuiseràsefairedumalaveccela.
Prenonscemêmecas,leretard,avecunmanagerquiaacceptédurantlongtemps
les errements… et qui tout d’un coup recadre systématiquement. Que pensez-
vousquesedisentlescollaborateurs«Ilachangé!»,voire«Ilaprislagrosse
tête!»Paradoxalement,danscecas,c’estquandlemanagerestdanssondroitet
surtoutqu’iltientsonrôlequelecollaborateurnecomprendplus.
Pourtoutescesraisons,organisezvotreprévisibilitéhiérarchiquedèsledépart.
Àdéfaut,sivousvousditesenlisantceslignes,«Mince,ilesttroptard!»,nous
vous conseillons de clairement prendre vos responsabilités en réunion.
«Écoutez,jesouhaitevousparlerdusujetdesretards.Jesaisque,jusqu’ici,j’ai
ététrèscoolsurlesujet,maisjepensequej’aifaitunebêtisepourtroisraisons.
D’une part, vis-à-vis de notre contrat de travail, donc de nos devoirs envers
l’entreprise, et je ne parle pas seulement des risques pour les problématiques
d’assurance.D’autrepart,vis-à-visdesclientsinternesetexternescarnousleur
devons une bonne qualité de service. Et enfin et surtout, pour des raisons
d’équitéentre lescollègues.Donc, àprésent, jevousdemande derespecter les
horaires.Sachezqu’encasderetard,jen’hésiteraispasàenparleravecvous.»
Manager, vous aussi vous avez le droit à l’erreur. Bien entendu, pour pouvoir
êtrecrédibledanslaprévisibilité,ilfautassumerlanotiondeprogressivité.Ces
deux principes allient les bases de l’autorité et de la cohérence, deux leviers
d’influencetrèspuissantsenpsychologiesociale.
Pourrenforcercetteapproche,vousallezmettreenœuvreuntroisièmelevierde
psychologie sociale: la sympathie! Paradoxalement, la plupartdes recadrages
seront « sains » puisque vous les manierez avec le sourire. En clair, vous
développerez l’image que souhaitent laisser la plupart des managers quand on
interrogeleurscollaborateursquelquesannéesplustard:«Ilétaitexigeant,mais
savait nous dire quand cela allait et quand cela n’allait pas ! Il nous faisait
avancer.»
Enfin, pour clore ce sujet, comme pour la félicitation, vous pouvez également
démarrerpardesrecadragesnonverbaux:grosyeux,visagedésapprobateur,etc.
PRÉPARERMENTALEMENT
LERECADRAGE
Nous l’avons vu précédemment, l’objectif de ce livre est de vous rendre plus
professionnel dans cet acte de management. Après avoir organisé la
progressivitéetlaprévisibilité,nousvousproposonsuneméthodedesportif:la
préparationmentaledel’acte.
Enpremierlieu,l’idéeestdepartirdetroispostulats:
▬lesgenssont«normaux»;
▬lerecadrageestlégitime;
▬leplusduràcontrôler,c’estsoi;
Lesgenssont-ilsnormaux?
Oui, nous ne craignons pas de l’affirmer et ce sans détour : la plupart de vos
collaborateurs sont des gens normaux et pourtant, avant un recadrage, on
visualisetoujoursunentretientrès,voiretrop,difficile.Pourtant,imaginez-vous
cette scène : Vous êtes reçu par votre directeur. Vous savez que vous allez
entendredesreprochessurvotreactivité.Vousallezpréparerlesargumentspour
vous défendre, pour autant, vous savez que vous êtes en faute, qu’allez-vous
faire?
▬Allez-vousnier?mentir?
▬Allez-vousacceptervostortsetécouterlesconseils?
▬Allez-vousvousexcuseretpromettredefairemieux?
▬ Allez-vous vous défendre, apporter des arguments et démontrer que
vouspouvezfaireencoremieux?
Parexpérience,laplupartdesgensrencontréslorsdenosstageschoisissentles
réponses B, C ou D, c’est-à-dire qu’ils acceptent le recadrage ! Vous pouvez
réfléchiràvotreéquipe,oufutureéquipe,etvousverrezquelaplupartdesgens
sont normaux. Il n’est donc pas utile de penser en permanence aux gens
manipulateursdemauvaisefoioumêmeméchants!Néanmoins,danscecas-là,
sereporteraupostulattrois:leplusduràcontrôler,c’estsoi!
Lerecadrageest-illégitime?
Oui,nousl’affirmonssansdétour,unmanagerestlégitimedanssonrecadrage.
S’ilnerecadrepas,onpeutsedemanders’il/elleest:
▬ungéniequisaitentraînersonéquipeàlaperfection?
▬unepersonnenormalequilaissepasserpasmaldechoses?
▬unje-m’en-foutiste?
▬unepersonnequinepensequ’àêtreaimée?
Si vous êtes dans la case A, vous pouvez aller demander une nouvelle
augmentationcarvotreavenirestrose.Pourlesautres,sachezquevousêtesun
manager normal car on ne peut être parfait en permanence. Se préparer
mentalement, c’est notamment visualiser la bonne approche avec le
collaborateurpourlefaireavancerdanslabonnedirection.Enréalité,quandles
règlessontfixéesetconnuesdetous,c’estdenepasrecadrerquiestillégitime.
Leplusdifficileàcontrôler,c’estsoi
Etoui,danslaplupartdescas,unmanagerquiprenddelahauteur,durecul,et
qui prépare ses recadrages, se retrouve en situation de force. À défaut, le
manager « Lucky Luke », qui saute sur tout ce qui bouge, et qui recadre en
permanence,ou bien sans réfléchirdit généralementla phrase, voirele mot de
trop.Unebonne préparationmentalede l’entretiende recadrageestde prendre
encomptelesfaits,devisualiserlascèneetdes’interdiredehausserleton,par
exemple, si on ne le souhaite pas. L’expert recadrage se maîtrise d’abord, et
avanttout.
Pourfaciliterlatâche,vouspouvezprendreencomptetroisprincipes:
▬ chacun peut avoir ses raisons d’avoir agi comme il l’a fait. Dans la
plupart des méthodes de recadrage des pages suivantes, nous vous
conseillerons un réel échange avec le collaborateurafin de découvrir
cesraisons;
▬lapersonnen’estpasl’acte:nousavonstousenmémoireunactedont
onestpeufier,àcaused’unepressiontropforteouparceque,cejour-
là, nous étions en méforme. Souvenons-nous du plus grand joueur
d’uneéquipedefootballquimetunbutfabuleux,puisuncoupdetête
désastreuxdanslemêmematch,enfinaledeCoupedumonde;
▬ lapersonne n’estpas le problème.Votre objectif estde recadrer, de
remettredanslecadre.Silapersonneeststructurellementleproblème,
ilfautprendred’autresdécisions,plusradicales.
Ces trois principes permettent de prendre du recul et de se poser les bonnes
questions en rapprochant ces items aux conséquences de l’écart pour
l’entreprise,ledépartement,l’organisation,lescollègues,lesclientsexternes,les
clientsinternes,ouencorevous-même.
Mettresonétatémotionnelaubonniveau
Quellequesoitl’actionàentreprendre,lesclésdelaperformancerésidentdans
lajustecombinaisonentreconcentrationoptimaleetétatémotionneladapté.
Avantunrecadrage,vousaurezàvouspréparerpourêtreconcentréaumoment
oùvousdémarrezl’échange,toutenétantdansunétatémotionneladaptéàcet
échange.
Quepouvez-vousfaireconcernantlaconcentration?Lapremièreétapeserade
préparer suffisamment l’entretien pour se sentir en confiance par rapport au
contenu que vous souhaitez déployer mais aussi avoir anticipé les objections
éventuelles.Ilneserapaspossibledetoutcontrôler,maisilseraplusfacilede
s’adapter à quelques situations imprévues en se sentant en maîtrise de la
situation.
Il sera également essentiel de savoir sur quoi vous allez vous concentrer au
démarrage. Où porterez-vous votre regard ? Quelle sera votre phrase de
lancement?Dansquellepostureserez-vous?
Juste avant l’action, vous pourrez visualiser l’échange comme un skieur se
projette vers sa descente en visualisation. Et au moment où vous démarrez
l’échange,vousn’aurezplusqu’àréaliserleplan.Cetteconcentrationoptimale
qui monte en puissance jusqu’au début de l’entretien ne sera possible que si
votreétatmentalestadapté.
Il conviendra de se mettre dans un état mental adapté au type de recadrage, à
votre interlocuteur et surtout à vous-même. Comment voulez-vous vous sentir
pourêtreperformanteneffectuantunrecadrage?Plutôtposé,affirmé,confiant,
solide?
Commeunsportifapprendàswitcherd’unétatmentalàunautre,vousaurezà
basculerdanscetétatmentalpourêtreconvaincant.Concrètement,ils’agirade
répéteren imagerie mentale,une situationvécue oùvous avez ressenticet état
mental souhaité, pour vous imprégner des différentes sensations et pouvoir le
réactiver par une sensation lorsque vous en aurez besoin. Vous pouvez, par
exemple, associer cette situation à un geste, comme un poing serré, ou une
posture bien ancrée dans le sol. Cela nécessite un peu de répétition et
d’entraînements pour ancrer l’état émotionnel, et quand vous en aurez besoin,
vouspourrezalorsretrouverl’étatmentalenserrantlepoing.
L’état émotionnel a un impact direct sur la communication. Être relâché sera
déterminant dans l’impact du non verbal sur votre communication. Il se peut
aussiquevousayezdustressàgérer.Utiliserlestechniquesderelâchementpeut
vous y aider. Voici déjà deux techniques de respiration afin de se trouver en
situation optimale en amont de l’entretien. La respiration fait partie des
techniques de training mental les plus simples à utiliser mais aussi les plus
négligées.Puisquedetoutefaçonnousrespironsenpermanence,autantrespirer
d’unemanièrequisoitutile!
Silestressestimportant,avantderecevoirquelqu’unquevousn’aimezpaspar
exemple,vouspourrezeffectuerunerespiration/expulsion.Videzvospoumons,
puisinspirezdefaçonmaximaleengonflanttoutvotrethoraxetexpirezdefaçon
dynamique d’un seul coup. Vous pouvez aussi faire du bruit en soufflant et
visualiserquevousvousdébarrassezdecequivousdérange.
Unesecondetechniqueestdefairedesrespirationsabdominales:inspirezparle
nez en gonflant le ventre et soufflez par la bouche en rentrant le ventre. Le
diaphragmeétantlesiègedesémotions,enrespirantparleventre,vousévacuez
touteslestensionsémotionnellesetnotammentcellesquisecaractérisentparla
fameuse « boule à l’estomac » ; c’est la respiration anti-stress par excellence.
Répéteztroisfoislaséquence.
Enfin,fixez-vousdeslimites:jusqu’oùvousautorisez-vousàallerdanslefond
et la forme ? Êtes-vous prêt à hausser la voix ? Au contraire, souhaitez-vous
restercalmequoiqu’iladvienne?
CHAPITRE7
Lesmeilleurestechniques
derecadrage
Executivesummary
•Denombreusesétudesontdémontrél’importance delaforme
dans notre communication et, plus particulièrement, du ton
employé et des expressions faciales. Pour autant, il reste
primordialdestructurersonrecadrage.
• Pour impulser un changement de comportement chez nos
collaborateurs,notremessagesedoitd’êtreclairdanslefond.
•Pourêtrefermeetsurtoutcompris,ils’agitdesavoirénoncer
des faits précis. C’est un point qui reviendra dans chacune des
techniquesquenousvousproposons.
COMMENTLESUTILISER?
Voustrouverezdanslespagessuivantestrentetechniquesmajeuresderecadrage
demandantunepréparationenamont.Celles-ciontpourobjectifdevousaiderà
maîtriserl’ensembledelachaînemanagérialederecadrageens’appuyantsurles
chapitresprécédents,etnotammentsurlanotiondeProgressivité/Prévisibilité/
Préparermentalement,laformuledusuccèsdestroisP.
Quandvouslirezcertainestechniques,vousvousdirezcertainement:«Ahnon,
celle-ci,je nepeux vraimentpas !» Cen’est pasgrave !Votre objectifest de
sélectionner les dix méthodes qui peuvent s’adapter à votre tempérament et à
votrestyledemanagement.
L’ordred’apparitiondesditestechniquesn’estpasrégiparunordreprécisoupar
critère d’importance. Vous demeurez seul juge de leur utilisation. Vous
constaterezaisémentque certainestechniquessont naturellementplusdifficiles
qued’autres.
La plupartdes managers utilisentglobalement trois ouquatre techniques. Si, à
l’issue de cette lecture, vous arrivez à retenir et surtout à utiliser dix à quinze
techniques,vousferezprogresserplusefficacementvoscollaborateurs…etvotre
management!
Enfin, sur les trente techniques, les vingt premières sont des techniques de
recadragemajeures,quipermettentderésoudrelaplupartdessituations.Quinze
d’entre elles seront démontrées par un exemple concret qui peut certainement
s’appliquerdansvotreactivité.Nousvousconseillons,d’ailleurs,denoteraprès
chaquepageuncontexteprofessionnelconcretoùvouspourriezutiliserlesdites
techniques, voire auprès d’un collaborateur en particulier. Les cinq suivantes
auront une présentation plus succincte et sans exemple, pour des raisons
évidentes de fond et de contexte. Les cinq autres techniques présentées seront
pluslégèresetlescinqdernièresserontpourlesrecadragescollectifs.
VINGTTECHNIQUESINDISPENSABLES
POURRECADRERINDIVIDUELLEMENT
Techniqueno1:LeRECADJO
Niveaudedifficulté:***
Attitudephysique:assis,calme,brasouvert,sourire.
Descriptif
RECA:recadrer
D:donnerlesfaits
J:je
O:offrirunesolution
Méthodologie
Accueillirlecollaborateur.
Préparerenamontlemotifderecadragepourl’exposerimmédiatement.
Noterlesfaitsdurecadragesurunefeuilledepapier.
Anticiperl’annoncedecequevousattendezconcrètementencommençant
parle«je».
Offrirunesolution.
Exemple
–Manager:Robert,jesouhaitetevoirpourévoquertonretarddans
letraitementadministratif.Àcejour,tuas42dossiersderetard
alorsquetescollèguessontàjour.Jenepeuxacceptercetétatde
fait même si, bien entendu, je suis conscient que c’est un sujet
conjoncturel. Ce que j’attends de toi est simple : rattraper ton
retard.Jeteproposedemesoumettreunpland’actionsdansdeux
joursafinderattraper8joursleretard.
Cettetechniqueexcluevolontairementl’écouteoulajustificationdel’autre
partie.Ellefaitpartiedelapalettemanagériale,maisestpeuutiliséecaron
aime«échanger»dansunelogiquedemanagementparticipatif.
Techniqueno2:L’autorité
Niveaudedifficulté:****
Attitudephysique:debout,brascroisésetvisagefermé.
Descriptif
S’appuyersursonrôledemanagerpourrappelerlesfaits.Ilyaparfoisdes
négociations qui n’en sont pas et généralement, le collaborateur qui veut
négocierneveutpasréellementfaire.Prenonsl’exempleduclientquiestla
valeurlaplusimportantedel’entreprise;lefaitd’êtreuncollaborateuren
retardpénaliseleshorairesd’ouvertured’accueil,etdoncimpacteleclient,
ettoutel’entrepriseparlamêmeoccasion.
Méthodologie
Accueillirfermementsansselever.
Énoncerimmédiatementlesgriefs.
Attendrelaréactionducollaborateur.
Resterfermesurvotreobjectif.
Demanderaucollaborateurdes’engagereninversantlapression.
Exemple
– Manager : Robert, je souhaite te voir pour évoquer tes retards
répétés. À ce jour, tu as trois retards consécutifs alors que tes
collèguessonttoujoursàl’heure.Jenepeuxaccepterçacartune
tienspaslesobjectifsqualitéassignésvis-à-visdesclientsquine
peuventpasrecevoirleurproductionàtemps.Quemeproposes-
tupouréviterquecelanesereproduise?
–Robert:Écoute,j’aieuunsoucidebouchonssurlaroute.
–Manager:Commec’estrégulier,onvasedirequ’ilfautanticiper
lesbouchons.Imaginonsqu’àpartirdemaintenant,ilyaitdeux
heures de bouchon par jour, tu penses que nos clients vont
accepter d’attendre deux heures avant d’aller voir nos
concurrents?
Techniqueno3:L’appelaubonsens
Niveaudedifficulté:**
Attitudephysique:assis,sourire,brasouverts.
Descriptif
Sepositionnercommeunmanagerprochedesoncollaborateurquirecadre
en s’appuyant sur le bon sens pour modifier une action ou un
comportement.
Méthodologie
Accueillirlecollaborateurchaleureusementenselevant.
Expliquerl’objectifdel’entretien:«Revenirdanslecadre»surlabasede
lacomplicité.
Donnerlesraisonsdudécalage.
Insistersurlebonsensducollaborateur.
Demander/Proposerdessolutions.
Fairevaliderlessolutions.
Exemple
–Manager:Sophie,chaquematin,tusaisquetuaspourmissionde
relancerlesimpayésdesclientsdonttuaslacharge.Maisdepuis
plusieursjours,cen’estplusfait.Jefaisappelàtonbonsenscar
je sais que tu n’en manques pas. Cela entraîne des problèmes
pourlagestiondesdossiersdonctucomprendsévidemmentque
nous ne pouvons pas rester en l’état. Que pourrions-nous faire
pourréglercettesituation?
Laisser un échange s’installer : Sophie expliquera les raisons pour
lesquellesellen’effectuepluscettetâcheetproposeraunesolution.
–Manager:Trèsbien,donccequetuproposes…
Techniquen o4:Lecontrat
Niveaudedifficulté:**
Attitudephysique:assis,sourire,brasouverts.
Descriptif
Exprimerclairementlanotiondedonnant-donnantentreunmanageretson
collaborateur,maisaussientredeuxprofessionnels.
Méthodologie
Accueillirlecollaborateur.
Expliquer l’objectif de l’entretien : « Revenir dans le cadre » car c’est
l’intérêtdesdeuxparties.
ProposerunDEALàvotrecollaborateur.
Négocierlesobjectifs:délais,mesure,reporting.
Demanderunengagementenfind’entretien.
Exemple
– Manager : Bonjour Frédéric, tu es en retard sur ta charge
administrative et cela retarde l’ensemble de la chaîne de
production. L’objectif de cet entretien est de trouver un accord
communpourrevenirdanslanorme.C’estimportantpourtoicar
celava tepermettre parla suitede consacrerle tempsnormal à
cettechargeexceptionnelle,ettupourrasteconsacrerdavantage
àtonprojetinformatique. C’estnécessaire etobligatoirepourla
sociétécarleretardprisimpactelachaînecomplètedetraitement
dont tes collègues des autres départements. Voici ce que je te
propose:jetelaissedeuxheuresparjourdurant8jourspourte
mettreà jour et jerépartis les tâchessur tes autrescollègues en
leur expliquant la situation exceptionnelle. Je leur expliquerai
clairement pourquoi j’ai pris cette décision qui n’est pas simple
carelleimpactelachargeduservice.Detoncôté,jetedemande
de mettre à jour l’ensemble de l’administratif et SURTOUT de
tenircettechargeàl’avenirenm’alertantimmédiatementencas
dedérapage.Enclair,jeteproposeuncontrat,situletiens,tout
le monde sera heureux, mais si tu ne le tiens pas, je prendrai
d’autres dispositions. Qu’en dis-tu ? Peux-tu me rappeler tes
engagements?
P.S.:d’aucunssedirontquec’estunpeufaciledetransférerlachargesur
lesautrescollaborateursdudépartement.Etilsaurontraison.Noustenonsà
insister sur la « variation des plaisirs du recadrage » nécessaire. Cette
solution peut être utile si elle n’est pas récurrente. Soyons clairs, dans la
plupart des entreprises aujourd’hui, quand une personne a un retard, le
managertransfèreleretardsurlescollègues.C’estlarègledes5C:C’est
ConmaisC’estCommeCela!
Techniqueno5:Laperspectivecoach
Niveaudedifficulté:****
Attitudephysique:assis,brasouvert,positionécouteactive,sourire.
Descriptif
Faire réfléchir aux impacts pour le collaborateur et pour l’entreprise de
l’écartconstaté.Cetteméthodedemandeunepréparationspécifiquesurles
attitudesetlesquestions.
Méthodologie
Accueillirlecollaborateur.
Donnerclairementlesrèglesdujeudel’entretien:manageràl’écoute.
Exprimerledécalage/norme.
Poserdesquestionsouvertespourmettreenperspectivelecollaborateur.
Reformulerl’engagement.
Exemple
–Manager:BonjourFrançois,jetereçoisaujourd’huicartudevais
finaliserunprotocoledecollaborationentrelasociétéCatoetla
sociétéBaye.Cen’esttoujourspasfait.Jevoudraisconnaîtreton
pointdevuesurcettesituation.
D’autresvariantesdelaquestion:
–Quesepasse-t-il?
–Quelssontlesrisquespournous?
–Quelssontlesrisquespourlesclients?
– Quels sont les risques pour toi, au final, compte tenu de la
situation?
– Vois-tu une autre solution pour éviter ces risques et surtout ces
désagréments?
–Commentpourrais-tufaire?
–Qu’est-cequetuygagnerais?
–Quelssonttesengagements?
–Trèsbien,donc,cequejeretiens,c’est…
Techniqueno6:LeQPC
Niveaudedifficulté:*
Attitudephysique:assis,sourire,brasouverts
Descriptif
Exprimer aux collaborateurs l’ensemble des éléments de l’entretien :
situation,cause,solutions.
Cettetechniques’adapteauxcollaborateursnon compétents,nonmotivés,
oudanslessituationsnonnégociables.
Laméthodepermetd’éviterd’endiretropoudedéraper:
Quoi?
Pourquoi?
Comment?
Méthodologie
Accueillirlecollaborateur.
Donnerclairementle«Quoi?»
Expliquerclairementle«Pourquoi,c’estimportant?»
Donnerclairementlepland’actionsviale«Comment?»
Fairevaliderparlecollaborateur.
Exemple
– Manager : Thierry, bonjour ! Nous avons un problème avec
Célinecartut’étaisengagéàluitransmettreleclientSigwaldlors
d’unepassationàtrois.Cen’esttoujourspasfaitetc’estgênant
pourquatreraisons:pourleclient,quisaitdepuisunmoisqu’il
doit changer d’interlocuteur ; pour Céline, qui attend avec
impatience de pouvoir rencontrer Monsieur Sigwald pour
délimitersesobjectifs,pourtoi,cartunepeuxpasteconcentrer
surle resteduportefeuilleclients, etenfinpour moi,cartu sais
quej’aimefairerespecterlesdécisionsprises.Doncjetepropose
d’organiserd’ici septjours uneréunion commune avecle client
etdetransférertouslesélémentsàCéline,enmemettantcopie.
Sommes-nousOK?
Techniqueno 7:Lacolèrefroide
Niveaudedifficulté:*****
Attitudephysique:visagefermé,brascroisés.
Descriptif
Exprimer clairement sonmécontentement en montrant à son interlocuteur
sacapacitéàaffirmerdesfaitssanshausserlavoix.
Méthodologie
Accueillirlecollaborateur.
Donnerlesfaits.
Annoncersonmécontentement.
Attendrelaréactionducollaborateur.
Si proposition de solution du collaborateur : prendre un engagement
mutuel.
Si pas de proposition du collaborateur : lui demander de trouver une
solutionetlelaisserrepartirdanssonbureau.
Exemple
– Manager:Anne-Christine,ilyaunenouvellefoisduretarddans
les délais de paiement. Les fournisseurs se plaignent et je te
rappellequenoussommesendehorsdelaloiaveclalégislation.
Jetrouvequecettesituationestpréjudiciable,enclair,jenesuis
pascontent.
Cas1:Solutionproposéeparlecollaborateur…
–Manager:Trèsbien,situpensesquec’estlabonnesolution,tuy
vas.
Cas2:Pasdesolutionproposée…
– Manager : Puisque je vois que tu es sans voix, je te laisse
retourneràtonbureauetrevenirversmoid’ici48heuresquand
tuaurasunepropositionacceptableàmefaire.
Techniqueno8:Lacolèrechaude
Niveaudedifficulté:****
Attitudephysique:deboutpuisbraslevés,visagefermé.
Descriptif
Exprimer clairement son mécontentement par un haussement de ton.
Attention,danslespremierschapitres,nousavonsexpriménotrerefusdela
«ColèreChaude»permanente.Pourautant,cettetechniquefaitpartiedela
panopliedumanager.Commesouvent,c’estl’excèsquitue,dansunsens
commedansunautre.
Méthodologie
Accueillirlecollaborateurrapidement.
Donnerlesfaitsdeboutenhaussantleton.
Leverlesbras.
Si proposition de solution du collaborateur : prendre un engagement
mutuel.
Si pas de proposition du collaborateur : lui demander de trouver une
solutionetlelaisserrepartirdanssonbureau.
Exemple
– Manager:Anne-Christine,ilyaunenouvellefoisduretarddans
les délais de paiement. Les fournisseurs se plaignent et je te
rappellequenoussommesendehorsdelaloiaveclalégislation
LME.Jetrouvequecettesituationestinadmissible.
Cas1:Solutionproposéeparlecollaborateur
–Manager:Trèsbien,situpensesquec’estlabonnesolution,tuy
vas.
Cas2:Pasdesolutionproposée
– Manager : Puisque je vois que tu es sans voix, je te laisse
retourneràtonbureauetrevenirversmoid’ici48heuresquand
tuaurasunepropositionacceptableàmefaire.
P.S. : Ceux qui se reconnaissent dans cette méthode de façon récurrente
peuventarrachercettepage!
Techniqueno9:L’égo
Niveaudedifficulté:***
Attitudephysique:sourire,brasposéssurlebureau,enrecul.
Descriptif
Montreràsoninterlocuteursesdoutessursacapacitéàréussirunemission.
Trouverles leviersEgode votrecollaborateur :imagede marque,argent,
compétence,etc.
Méthodologie
Accueillirlecollaborateurcalmement.
Annoncervotredoutesursacapacitéàtenirsonengagement.
Donnerlesfaits.
Laissers’exprimerlecollaborateur.
Exprimervospropresdoutes.
Annoncerlanouvellechance.
Exemple
– Manager : Olivier, bonjour ! Je pensais que tu allais tenir tes
engagements sur le nombre de prospections prévues ce mois-ci,
quidevaientêtrededouzeetquisontplutôtdehuit.Comptetenu
de ton ambition, et de tes capacités, je pensais vraiment que tu
allais y arriver, mais visiblement, nous nous sommes tous les
deuxtrompés.
Écouterlecollaborateurquidoitproposerunesolutionsil’egoestbienle
levier adapté. A contrario, cette technique peut se révéler inadaptée pour
leditcollaborateur.
–Manager:Situveux,tupeuxessayermaishonnêtement,j’ycrois
peu.Maisallons-y,retentonslecoup!C’estunvéritabledéfi!
Techniqueno10:LeSFD
Niveaudedifficulté:***
Attitudephysique:visageneutreousouriantselonlasituation.
Descriptif
C’est une méthode passe-partout qui peut s’utiliser dans la plupart des
situations.
Redonnerdusens,ladirection,maiségalementlesens,sesentirbien,puis
repartirsurlesfaitssignificatifspourannoncersadécision.
Méthodologie
DonnerduSens
RappelerlesFaitssignificatifs
AnnoncerlaDécision
Exemple
– Manager:Lorsdenotrepremieréchange,souviens-toi,jet’avais
demandé comment tu souhaitais être débriefé et tu m’avais
expliqué que tu préférais que celase fasse lors d’un échange et
que nous trouvions tous les deux une solution en cas de
problème. Et bien, je vais te faire le feedback sur le non-
décrochage de ton poste ce matin et nous allons trouver une
solution ensemble. Pour rappel, tu es en charge de prendre les
appelsdes clientsetde n’enlaisser passeraucuncar c’estnotre
engagementclient,etc’estpourtoilemeilleurmoyendefaireton
chiffred’affaires,etsurtoutd’éviterd’êtrerelancéparlesclients
par téléphone ou par mail, ce qui est toujours désagréable. Ce
matin, il y aeu 7 appels, mais un seul décroché alors que nous
visons100%dansnotrecharteclient.Demainmatin,jevaisme
mettre avec toi sur ton post pour essayer de trouver des pistes
d’améliorationdanstonorganisation.
Techniqueno11:Remobiliser
Niveaudedifficulté:**
Attitudephysique:sourire,assis,brasouverts.
Descriptif
Laisserlecollaborateurexprimerlasituationpourqu’ilannoncelui-même
l’écartnégatif,maisleféliciterpourleseffortsréalisés,làoùlaplupartdes
managers insisteraientsur l’écartnégatif, et remotiverplus facilement sur
l’objectif.
C’esttypiquementl’entretienderecadragelepluscourant,celuiquiappuie
surla motivationet quilaisseune traceindélébile.Plusieursannées après
votredépart,lescollaborateursdirontdevous:«Ilétaitjusteetquandon
n’étaitpasbon,iln’insistaitpasenpermanencedessus.»
Cetteméthodeesttrèsadaptéeaveclescollaborateursdits«faibles»mais
qu’ondoit,ouveut,garder.Ilnesertàriendes’acharnersurlesécartsavec
ce type de collaborateurs, mieux vaut viser le micro-progrès. Très
sincèrement,uneméthodemagiquepourlamotivation.
Méthodologie
Annoncerl’objectifdel’entretien.
Laisserlecollaborateurs’exprimer.
Leféliciter(s’ilyaunmicro-progrès,auminimum).
Luirappelerlecheminparcouru.
Reprendre l’objectif initial et le plan d’action (adapter l’objectif si
nécessaire).
Valoriserchaleureusement.
Exemple(dialoguecompletpourprendrelamesuredel’impact
surlamotivation)
– Manager : Philippe, je voulais te voir au sujet des impayés, je
t’écoute.
– Philippe: Je suisencore en retardde sept dossiers,donc je n’ai
pasatteintlerésultatquiétaitfixé.
– Manager:C’est vrai,mais, jevoulais teféliciterPhilippecartu
étaisenretarddequatorzeettuasdéjàfaitdesbellesavancées!
Bravo!
–Philippe:Oui,maisjesuistoujoursenretard…
– Manager:C’estjusteettuvascontinueràtravailler,maislà,on
touche un pointfort : tu sais faire progressertes impayés ; cela
auraitététrèsinquiétantsicelaavaitétél’inverse!Celasignifie
quetaméthodeestlabonne.Avecunpeuplusd’intensité,jesuis
certain que tu peux y arriver. Vraiment, bravo ! Je te laisse y
retourner,oncontinueetçavalefaire!
Techniqueno12:LeDAS
Niveaudedifficulté:*****
Attitudephysique:assis,sourireetbrascroisés.
Descriptif
Décrire
Annoncer
Suggérer
Casspécifiquedu:«Onm’aditque…»
Vousêtesabsentetuncollaborateurvousfaitpartd’unécartdel’undeses
collègues.Évidemment,vousnepouvezrecevoirlefautifenluiexpliquant
quesoncollèguel’adénoncé.
Parfois,certainsmanagersutilisentcettetechniquequis’appelleégalement
« Diviser pour mieux régner ». Comme vous, nous ne sommes pas
supportersdecetteméthode(dumoinsl’espéronsnous).
Vous n’êtes pas en mesure d’utiliser ces informations pour recadrer le
fautif.Enrevanche,vousêtesendroitd’userdelatechniqueduDASdont
l’objectifestd’envoyerlemessage«Jenesuispasdupe».Cettetechnique
estdélicatemaisellepermetdenepasgarderpoursoiunélémentgênant.
Parexpérience,cetypedecomportementdurant«l’absenceduchef»est
courantdanslesentreprises,etlemanagerneditrienaufautifdirectement.
Naturellement, cette méthode ne peut être mise en place que si vous êtes
certaindel’informationreçue.
Méthodologie
Décrirelesimpressions.
Annoncersonerreurpotentielle.
Suggéreruneportedesortieacceptablepourl’autre.
Nepaslaisserl’autres’exprimer.
Exemple
– Manager : Bien, Davy, je voulais te voir pour te parler d’un
problème qui me chagrine et tu connais mon honnêteté, je me
doisdetedireleschoses.Enpremierlieu,jenevoudraismême
pasécoutertaréponse!Tuadmettrasque c’estrarede mapart.
Voilà, quand je ne suis pas là, j’ai l’impression que tu ne mets
pas en œuvre le plan d’actions défini ensemble, mais je me
trompepeut-être…D’ailleurs,jesuis certainquetu vasmedire
que c’est faux, mais je souhaitais te dire les choses. En outre,
j’aimerais autant que tu me prouves le contraire en atteignant
l’objectifdupland’actions.Voilà,l’entretienestterminé,tupeux
retourneràtonbureau.
P.S. : un peu manipulateur, je vous l’accorde, mais cela répond à deux
objectifs:nepasbriserlarelationdeconfianceavecvotre«informateur»
etenvoyerunsigneàuncollaborateurquinejouepaslejeuderrièrevotre
dos,doncqui,lui-même,enquelquesorte,vousmanipuleégalement!
Techniqueno13:Entretiend’alignement
Niveaudedifficulté:*****
Attitudephysique:debout,visagefermé,brascroisés.
Descriptif
L’entretien d’alignement a pour objectif de mettre un collaborateur
fortement sous tension dès le début, puis de faire tomber la pression
rapidementaucoursdel’entretienpourl’ameneràsedécouvrirpareffetde
contraste.
Cette technique est à utiliser dans des contextes précis : collaborateurs
recadrésplusieursfoisgénéralement.
Méthodologie
Marquerl’importanceparlathéâtralisation.
Poserunequestiond’alignement.
Relaterlesfaits.
Poserunequestiond’implication.
Exemple
Le collaborateur Maarten arrive dans le bureau du manager. Les deux
premières phrases sont uniquement pour marquer l’importance de
l’entretien.
– Manager:Peux-tu fermerla porte,Maarten, s’ilte plaît? As-tu
prisunpapieretuncrayon?Tupeuxallerencherchercarceque
jevais tedire estimportant. Mercide refermerla portederrière
toi.
Retourducollaborateurdansvotrebureau.
– Manager : N’ai-je pas été assez clair en ce qui concerne tes
retardssuccessifs?Pourlatroisièmefoiscettesemaine,tuesen
retardettunemeprévienspas.Quedois-jeendéduire?
Laisserlecollaborateurs’exprimer.
– Manager : Pour la DERNIÈRE FOIS, puis-je compter sur toi à
l’avenir?
Techniquen o14:Laculpabilité
Niveaudedifficulté:**
Attitudephysique:assis,visagefermé,brascroisés.
Descriptif
La culpabilité est un sentiment éprouvé par une personne qui se juge
coupabledequelquechose.
Certainscollaborateursfonctionnentàlamotivationculpabilisante,d’autres
moins. Votre objectif est de rendre actif ce collaborateur sur une action
ciblée.
Méthodologie
Accueillir.
Seréféreràl’acteàrecadrer.
Exprimerl’impactsurl’entreprise,surlescollèguesousurlemanager.
Proposeroudemanderunesolutiondecorrection.
Encouragerl’action.
Exemple
– Manager : Miguel, je suis content de te voir car je voulais te
parler d’un point qui impacte profondément le bon
fonctionnement de l’entreprise. Lors de notre point annuel, tu
avais pris l’engagement de livrer à temps, chaque semaine, les
cartons destinés à nos clients.À ce jour, tu es régulièrement en
retard.Celaralentitconsidérablementlachaînedeproductionde
toute l’entreprise, ce qui amoindrit notre qualité globale. Or, tu
sais que nous sommes ISO. Donc, par un acte non réalisé, qui
rentredanstesmissions,tumodifiesnosrésultatsmaisaussiceux
de l’entreprise, et ceux de tes collègues. En es-tu réellement
conscient?Queproposes-tupourremédieràcettesituation?
Écouterlasolutionducollaborateur.
– Manager : Très bien, je compte sur toi, et toute l’entreprise est
avectoisurceprojet!
Techniquen o15:L’anticipation
Niveaudedifficulté:***
Attitudephysique:assis,sourireetbrasouverts.
Descriptif
Cettetechniqueestàpromouvoirquandvousressentezqu’uncollaborateur
estprochedel’écart.
Elle prend son corps dans les notions de progressivité et de prévisibilité
hiérarchique.
Méthodologie
Accueillir.
Exprimerlasituation.
Relaterlessignauxannonciateursdufuturécart.
Poserunequestionouverte.
Poserunequestion«Pland’actions».
Reformulerl’entretien.
Exemple
– Manager : Bernard, bonjour ! Je souhaite te voir pour faire un
focussurtonobjectifd’écritures.Noussavonstouslesdeuxque,
dans le cadre de tes objectifs, tu dois atteindre l’objectif de 66
lignesparjour.Duranttroismois,tuétaisà68lignesparjouret
c’était parfait. Depuis quelques semaines, tu tournes à une
moyenne de 66/65 lignes/jour. Je surveille cela car je sais que
c’estunsujetimportantpourtoutel’entreprise.Qu’enpenses-tu?
Quepourrais-tufairepourreveniraux68lignes/jour?
Écouterlasolutionducollaborateur.
–Manager:Trèsbien,doncnousnoussommesditquetuallais…
Techniqueno16:Lemail
Pourl’anecdote,ilestcourantdevoirdurantnosstagesdesmanagers
gérantaveccommeseuloutil:lemail!Lemodèledecommunication
de beaucoup d’entreprises favorise cette méthode qui provient
généralement du haut de la direction. De manière humoristique, il
existedesentreprisesoùlespersonnessesituentàdeuxmètresl’une
del’autreetoùcesdernièresne communiquentplusquepar mail,et
ce, exclusivement, même pour aller fumer la cigarette désormais
interdite!
Il est compréhensible qu’un manager de haute volée, avec
d’importantes responsabilités, optimise son organisation avec une
forteutilisationdumail.Enrevanche,le middlemanagementpourrait
parfaitementréduire de 50% l’utilisation desmails afin defavoriser
l’échangedirect.
Le mail est un outil formidable, à utiliser néanmoins
parcimonieusementpourlerecadrage.Aveclamêmelogiquequeles
recadrages oraux, plus le recadrage écrit est rare, plus il se montre
puissant. Nous vous donnerons comme seul conseil pour le mail
d’appliquer l’une des 15 techniques précitées et d’imprimer celui-ci
pour en reparler de vive voix avec le collaborateur. Il est également
envisageablede vousservir du mailcomme confirmationécrite d’un
entretienderecadrage.
Techniqueno17:LemailaveccopieN+2
Techniqueno18:Lerendez-vousavecleN+2
Latentationestgrandedes’appuyersursonpropremanagerquandon
veutrecadreruncollaborateur.Leseffetsindésirablessontlesmêmes
quepourlemailaveccopieauN+2:discréditimmédiatdel’émetteur.
Notreuniqueconseilseracelui-ci:lerendez-vousavecleN+2dansle
butderecadrerdoitserépéteraumaximumdeuxfoisparan.
P.S.:lerendez-vousavecleN+2doitenrevancheêtreréguliersisa
finalitéestdeféliciterunboncollaborateur!
Techniquen o19:L’indifférence
L’indifférence,c’estl’étatd’unepersonnequin’exprimeniintérêt,ni
amour, ni crainte, ni peur, ni joie. Dans de nombreuses situations,
l’indifférence peut servir de méthode de recadrage, notamment avec
les collaborateurs affectifs. Il faut distinguer deux situations, le
collaborateur structurellement en dehors du cadre et le collaborateur
conjoncturellementendehorsducadre.
Danslepremiercas,vousl’aurezcompris,uneréflexionestàmener
avec votre hiérarchie. Dans le second cas, l’indifférence peut
parfaitementfonctionner.Trèssouvent,lescollaborateursvousdiront
d’eux-mêmes : « Qu’est-ce qui se passe ? Depuis plusieurs jours, je
sensqu’ilyaquelquechose.»
Vousaurezbeaujeuderépondre:«Àtonavis?»
Par ailleurs, cette technique est l’occasion de passer un véritable
messagemanagérial.Àforcedetrops’occuperdesgensendehorsdu
cadre, on finit par passer plus de temps avec les mauvais
collaborateurs qu’avec les bons. On passe donc un message à
l’inconscientdesbons :«Si tuveuxque jem’occupede toi,tudois
être en décalage avec les attentes ! » C’est un cercle infernal,
démotivant.
Pourconcluresurlesujet,ilnefautpasconfondremanqued’équitéet
indifférence:cettedernièreneveutpasdireexigence0.
Techniquen o20:
Mutation/avertissement/licenciement
CINQTECHNIQUESDERECADRAGEPOUR
SEFAIREPLAISIR
Nousvenonsd’étudiervingttechniquesderecadragequis’adresseàchaquefois
à un collaborateurs précis, qui pose problème au bon fonctionnement de
l’entreprise. À présent, nous nous apprêtons à observer cinq techniques
particulières.Particulièrescarellesferontéprouverduplaisiraumanager!Puis,
nousnousarrêteronsunmomentsurlestechniquesderecadrageencollectif!
Destechniquespoursefaireplaisir?Oui,vousallezlevoir,onpeutprendredu
plaisirlorsqu’onestmanageretquel’onrecadre.
Techniqueno21:L’humour
Descriptif
En management, comme en vente d’ailleurs, l’humour est un bon moyen
pour recadrer sans en avoir l’air. Cette technique mériterait même d’être
dansles15pratiquesmajeuresderecadrage!
Exemples
–Manager:Tut’esendormisurtonréveil?
–Manager:T’asoubliéqu’onavaitdesobjectifscemois-ci?
Chacun,selonsasensibilité,choisiralebonmotadaptéàlapersonne.
Techniqueno22:LaMichelBlanc
MichelBlanc,acteurdanslesfilmsVienschezmoi,j’habitechezune
copineouMarcheàl’ombre,étaitgénéralementlepersonnagedufilm
leplus faible.Faceà BernardGiraudeauou àGérardLanvin, ilétait
pourvudetouteslestarespossiblesetinimaginables!Maisquimenait
toutlemondeparleboutdunez?Quiobtenaittoutcequ’ilvoulaitde
sesacolytes?MichelBlanc,biensûr!
Descriptif
En matière de recadrage, la technique Michel Blanc est une forme de
messaged’incompréhensionetunétatd’espritdefond:sepositionneren
dessousdesoncollaborateurpourl’inciteràvousaider.
Vousverrez quec’est agréable,et quecelavalorise l’autrequi serecadre
souvent de lui-même. Cet acteur unanimement apprécié reçut de
nombreusesmarquesderespectdetoutelaprofessionlorsdesondécès.
Exemple
– Manager :Écoute,jesuistonchef,jesais,maisjenecomprends
rienàcesujetdesstatistiques!+Silence.
–Collaborateur:Enfait,c’estsimple,iltesuffitdelesprendrepar
cebiais.
–Manager:Ettoi,alors?Quandtut’enoccupaisbien,commenttu
t’yprenaispouryarriver?
–Collaborateur:Jelesanalysaisdeuxfoisparsemaine.
–Manager:Etaujourd’hui?
P.S. : les auteurs apprécient grandement l’acteur. Qu’il nous pardonne ce
titrequiviseàrendrehommageàlaqualitédesonjeudanslesdeuxfilms
précités.
Techniqueno23:L’échangedesrôles
Descriptif
Cette technique, nommée aussi « Positions de perception » en
programmation neuro-linguistique, favorise la mise en situation d’un
collaborateur en décalage évident avec un objectif. Elle est parfaitement
adaptéeàdescollaborateursmotivésetcompétents,etmêmeàceuxd’entre
euxquiontunfortpotentieldeprogression.
Exemple
– Manager : Bon,Denis !On vajouer àun jeu quej’ai apprisen
formation management. Je sais que ces sujets t’intéressent. Tu
vas prendre ma place de manager et je vais jouer ton rôle de
collaborateur.Tu esok? Trèsbien, lasituationque nousallons
jouerestlasuivante:tuvasmerecevoirpourtravailleravecmoi
sur mon attitudepar rapport à mes collègues moinsrapides que
moi ? Marrant ce sujet, non ? Tu l’as compris, je souhaite
évoqueravectoiunenouvellefoiscesujetrécurrentmaisviaune
approche différente. Donc, on se prépare tous les deux pendant
dixminutesetondémarrelejeu.
L’échange desrôles apporte souvent uneprise de conscience salvatrice…
desdeuxcôtésdumiroir!Enoutre,vousaveztoutloisirpourobserverce
collaborateurensituationdemanager,cequipeutêtreunbonmoyendele
testerpourunfuturposte…
Techniqueno24:Lerendez-vousnonprécisé
Descriptif
Leprocessusdurendez-vousnonpréciséfonctionneàmerveilleaumoins
une fois pour chaque collaborateur, voire deux, mais pas davantage. Il
répondauprincipedelacuriosité.
Méthodologie
Vousenvoyezunmailderendez-vousvialamessagerieélectroniqueàun
collaborateur,sansl’avertirenamont,et sansobjetprécis dansledit mail.
Sivotre managementest véritablement ouvert,et siles collaborateursont
confianceenvous,ilsviendrontsansdélais’enquérirdel’objetdurendez-
vous.
Bien entendu, ce test, révélateur de votre management, peut s’avérer
stressantsilecollaborateur,avant derepartiràsondomicile, nevient pas
vousvoirpourconnaîtrel’objetdurendez-vous.Imaginonsquecettescène
sedérouleunvendredisoir:lecollaborateurenquestionauraregagnéson
chezluiavecunebouledansleventreensedemandantcequepeutbienlui
vouloirsonchef!
Lorsque votre collaborateur vous contacte, ou vient vous voir, pour
connaître l’objet de votre mail, vous rebondissez immédiatement sur les
faitsdurecadrage.Lelevierdelasurprisefonctionneàplein,dansunsens
commedansl’autre.
Testmanagement(Choisissezentrelesquatreréponses.)
Selon vous, si vous faites le test du rendez-vous non précisé, votre
collaborateurva:
-Réponse1:venirvousvoirimmédiatement?
-Réponse2:voustéléphoner?
-Réponse3:neriendireetattendrelerendez-vous?
-Réponse4:vousrenvoyezunmail.
Silaréponseest1,2ou4,c’estnormal.
Silaréponseest3,nefaitespasl’essaiunvendredisoir,c’estdangereux!
L’objetn’estpasdestresserlecollaborateurmaisdelerendredemandeur,
delemettreensituation«d’achat».
Techniqueno25:LeChaplin
Le « Chaplin »est la dernière des cinq techniques qui, à notre sens,
sontlàpourfaireplaisiraumanager,sansnéanmoinsoublierqueces
techniquesfacilitentréellementlerecadragedescollaborateurs.
Descriptif
Le«Chaplin»estuneméthodeàutiliseravecdescollaborateursd’unbon
niveau,etmaniantl’humour.
Àces débuts, lesfilms deChaplin, communémentappelé Charlot,étaient
muets.Pourtant,touslesspectateursentendaientlemessagedumetteuren
scèneetdel’acteur.LeChaplinen«recadragemanagement»s’appuiesur
unpaperboardmaisaussisurunepréparationminutieuse.Ilfaitégalement
appelàplusieurssenspourobtenirunrésultatplusprofond.
Méthodologie
– Vous inscrivez en haut du paperboard le titre : Méthode
Chaplin/Charlot = Muet, et vous inscrivez en dessous « Nous
allonsréaliserunentretiensansparler».
–Endessous,vousnotezl’objectifdurecadrageencommençantpar
un verbe d’action : être capable d’arriver à l’heure tous les
matins,dèslelendemain,parexemple.
– Page suivante, vous notez un plan d’actions, avec vos idées, et
laissezégalementunepartieblanchetitrée«Tesidées».
–Vousdonnezlecrayonàvotrecollaborateuretvousluimontrezla
partie vierge à remplir. Le collaborateurpeut noter ses idées en
respectantlesilence.
–Enbasdelapageestnoté:àlafindecet«échange»,tournela
page.
– Sur cette page, vous aurez pré-inscrit la phrase : « Tu peux
repartir avec le compte rendu – Merci. » et dessiné le croquis
d’unvisagesouriant.
L’auteur a reçu cette méthode en cadeau par un participant à un stage
management. Celle-ci est désormais utilisée avec succès par plusieurs
managers. Mis à part la surprise de départ, le résultat de ce type de
recadrageestaufinalplusperformant,carplusmarquant,quelaplupartdes
autres recadrages. Il faut savoir que des études ont monté que pour un
conférencier,lemeilleurmoyen d’ancrerun messageestl’utilisationd’un
paperboard, et non les slides, ou les vidéos. Ce qui est valable en
conférenceestvalablepourunentretienderecadrage
Osez-le!
LERECADRAGEENCOLLECTIF
Après la description des techniques individuelles, nous abordons à présent la
partiedurecadragecollectif.Vousaveztousentenduqu’ilnefallaitjamais,au
grand jamais, recadrer un collaborateur en collectif. Les principaux livres de
management,lesprincipalesformationssurlesujet,lesprincipaux«Gourous»
delapenséemanagérialefontétatdelaquasi-interdictiondurecadragecollectif.
Nousneseronspasaussicatégoriquesqueceux-làcar,danslamajeurepartiedes
sociétés, le recadrage collectif est une valeur de management ! Vous vous en
rendrezcompteparlasuite.
Certainsmanagersosentbienévidemmentlerecadragecollectifpermanent,àla
limitedel’humiliation.Autantlesouligner,noussommesfarouchementopposés
à ces pratiques qui ressemblent à des réprimandes physiques, militaires,
guerrières. Fort heureusement, la plupart des managers n’appliquent pas ce
denierrecadragecollectif.
La première des raisons est liée à notre éducation. On ne remet pas en cause
quelqu’undevantsesproprescollègues.Celatienttoutsimplementàlavolonté
denepashumilierenpublic.Laremiseencausesefaitplustraditionnellement
entête-à-tête.
Ladeuxièmeraisonestliéeànosproprespeurs.Iln’estpasfaciledediredevant
plusieurs personnes des choses désagréables. Relativement peu de gens ont la
capacitédelireunbondiscoursenpublic,alorsunrecadrage,vouspensez!
Enfin,ilyaunrisqueimportantdedécrédibilisationdumanagers’ilneréussit
pasparfaitementsonrecadrage.
Imaginezlasituationdumanagerquirentredansunesalledetravailencolère:
« Écoute Franck ! Je trouve que tu te moques vraiment du monde depuis
plusieurssemaines.Nousattendonstousqueturépareslaported’entréeettune
t’enoccupespas.J’enaivraimentBARRE…euh,marrededevoirtelerépéterà
longueurdejournée!»
Commentcroyez-vousqueréagiralegroupeaprèsvotredépartdelasalle?Ils
vonts’amuser,plusieursjoursdurant,devotre«J’enaivraimentBARRE!»
Voicidoncletroisièmerisqueplushumoristique.
Toutes ces raisons sont vraies, mais il y a une raison cachée dénommée « le
triangleinfernal».
LetriangledramatiquedeKarpman
«Lesvictimesd’hiersontlesbourreauxdedemain.»
VictorSchoelcher
Le psychiatre Karpman a décrit le triangle infernal lors de ses travaux sur
l’analysetransactionnelledanslesannées60.Cestravauxserventaujourd’huile
monde médical dans le cadre de relations d’aide ou encore l’univers de
l’entreprise,quiestàlabaseunerelationtripartite.
Combien d’ouvrages ou de films s’articulent depuis toujours autour de trois
parties ou plus ? Nous avons des exemples tels que les différentes familles de
GameofThrones,Gabin,DelonetVenturadans«Mélodieensous-sol»etles
chercheurs,l’égliseetlevoleurdansle DaVinciCode.Ilyaenrèglegénérale
troispersonnages,parties,organisationsdistincteslorsqu’onraconteunehistoire.
Karpmanadécritletriangleinfernalsurlabasedetroisparties:
▬lavictime;
▬lepersécuteur;
▬lesauveur.
Contrairementà cequenous pensonsà l’accoutumée,toutle mondeutiliseles
troisattitudesàunmomentouàunautre.LadémonstrationdeKarpmansemet
enplacedanslesrelationsentredeuxoutroispersonnes,chacunepassantd’un
rôleàl’autre.
Réalisezletestci-dessous.
•Victime?
Avez-vousdéjàpenséquevousn’aviezjamaisdechance?
Vousdites-vousdetempsàautre:c’estdesafauteàelle?Àlui?
Diriez-vousquevotremanagernevousajamaisfaitdepeine?
Pensez-vousparfoisquedespersonnesamiesnevousremercientpasassez?
•Sauveur?
Donnez-vousdesconseilsàdesamisquinevousontriendemandé?
Donnez-vousdesconseilsàdescollèguesquinevousontriendemandé?
Aidez-vousdesgensdanslaruequinevousontriendemandé?
Intervenez-vousen réunionpourcontrer votrechefqui réprimandel’unde vos
collègues?
Alors? Devons-nousinsistersur vosréponses «OUI »etnous transformeren
persécuteur ? Chacun d’entre nous est à un moment ou un autre sauveur,
persécuteurouvictime.Karpmanexpliquequenouspassonsd’unrôleàl’autre
defaçonmécaniqueetinconsciente.
Karpmanetlemondedel’entreprise
Vousorganisezuneréunionavecvotrepetiteéquipe,composéedeRobertetde
Laura,etundialogues’installetoutdoucement.
▬ Vous : Bien ! Je souhaite parler des résultats sur les ventes de
remorques.Noussommesàl’objectif,JacquesestàplusdeuxetLaura
estàmoinsdeux.Qu’enpensez-vous?
▬ Laura:Ah,jel’avaisditquejen’yarriveraispas,maisonn’écoute
jamaismesremarques!
▬Robert:Laura,tudevraisessayerdeprospecterdanslesud.
▬Laura:Jen’yparvienspas,jemanquetoutbonnementdechance!
▬ Robert : Monsieur Dupont m’a dit qu’il était très content de toi
pourtant…
▬ Vous : Très bien ! Bon, avec tout cela, on n’avance pas. On a un
commercialàl’objectifetl’autrequinel’estpas,commentpouvons-
nousfairepouryremédier?
▬ Robert:Tuesdurcartusaisbienqu’elleestplusjeunequenous.Et
puistoi,quandtuasdémarré,souviens-toiquetuétaisendessousde
moi,etpuistuasfiniparmerattraper.
▬Laura:Ahbon!Tunemel’avaisjamaisdit,c’estfacileça!
▬Vous:Certes,c’estvrai,maisc’étaitvraimentautoutdébut!
▬ Laura:Audébutpeut-être,maislaconjonctureétaitdifférente,eten
fait,cen’étaitpasbeaucoupmieuxquemoi!
▬Robert:Oui,OK,maisaprèsilalittéralementexplosé!
Cetentretienestonnepeutplusnormal,n’est-cepas?Décryptons-lemaintenant
aveclesapportsdeKarpman.
▬ Vous : Bien ! Je souhaite parler des résultats sur les ventes de
remorques.Noussommesàl’objectif,JacquesestàplusdeuxetLaura
estàmoinsdeux.Qu’enpensez-vous?=persécuteur
▬ Laura:Ah,jel’avaisditquejen’yarriveraispas,maisonn’écoute
jamaismesremarques!=victime
▬ Robert : Laura, tu devrais essayer de prospecter dans le sud. =
sauveur
▬Laura:Jen’yparvienspas,jemanquetoutbonnementdechance!=
victime
▬ Robert : Monsieur Dupont m’a dit qu’il était très content de toi
pourtant…=sauveur
▬ Vous : Très bien ! Bon, avec tout cela, on n’avance pas. On a un
commercialàl’objectifetl’autrequinel’estpas,commentpouvons-
nousfairepouryremédier?=persécuteur
▬Robert:Oui,maistuesdurcartusaisbienqu’elleestplusjeuneque
nous. Et puis toi, quand tu as démarré, souviens- toi que tu étais en
dessousdemoi,etpuistuasfiniparmerattraper.=persécuteur
▬ Laura : Ah bon ! Tu ne me l’avais jamais dit, c’est facile ça ! =
persécutrice
▬ Vous : Certes, c’est vrai, mais c’était vraiment au tout début ! =
victime
▬ Laura:Audébutpeut-être,maislaconjonctureétaitdifférente,eten
fait,cen’étaitpasbeaucoupmieuxquemoi!=persécutrice
▬ Robert :Oui, OK,mais moiaudébut, c’étaitpareil, maisaprès, ila
littéralementexplosé=Victimepuissauveur
Letriangleinfernals’estmisenplace,avecunmanagerquipassedepersécuteur
àvictime,uneLauraquirevêtlescostumesdevictimepuisdepersécutrice,etun
Robertqui,carrément,endosseralestroisétats.
Cetéchange,normal,etquisurvientrégulièrementdanslaviedetouslesjours,
estinfernalcarilnaîtdemanièreautomatique,quasimentinconsciente.Sinous
analysons cette scène au niveau productivité et efficacité, que pouvons-nous
nousdire?
▬Est-cequec’estsuperefficace?
▬Est-cequecelavafaireavancerlebusiness?
▬Est-cequecelafaitavancerleschmilblick?
▬Quepeut-ondiredesrelationsentrelespersonnes?
▬Est-cequ’ilyadestensionsoutoutvabien?
▬Est-cequecelapourraitpartirenvrille?
▬Lemanageraurait-ilpurépondredefaçonplusrude?
Vosréponsesdémontrentlesrisquesquecescomportementsengendrent;mais
nousvousrappelonsqu’ilssontpresqueinévitablesdanslagestiond’ungroupe.
Dans le cas précité, les relations sont restées courtoises. Mais imaginons une
scèneplusagressive,dansunautrecontexte,avecunautrecas:
▬ Vous : Bien! Unefois de plus,les courriersne sont paspartis hier.
Nous nous étions pourtantdit que cette tâche revenait à Robert mais
celan’aserviàrienpuisqueletravailn’apasétéfait!
▬Robert:Jesuisdésolé!
▬ Laura:Écoute!TuvasarrêterdetoujourstirersurRobert!Hier,il
m’aencoreaidécaronfaitpartied’uneéquipeetqu’ilfautl’assumer!
Àl’issuedecetteséquence,lemanagervoulantrecadrerseretrouvesubitement
faceàsesdeuxcollaborateursquisesontliguésensemblecontrelui!
Vous constatez qu’au niveau du recadrage en collectif, les risques sont
nombreuxaveccetriangleinfernal.Lorsdevotreprochaineréunion,surveillez
avecattentionletriangle…etvousobserverezavecamusementquiprendlerôle
dequi.
Lerecadrageencollectif,c’estinterdit…maistoutlemondelefait!
Karpman nous démontre donc les risques des recadrages collectifs. La plupart
desmanagerssaventqu’ilnefautpaslefaire.Etpourtant,voiciaumoinstrois
exemples qui prouvent que le recadrage en collectif est très présent dans
l’entreprisesansquequiconquenes’enoffusque:
▬ lors de l’envoi des mails à toute l’équipe : couramment, dans ce
mondehyperconnecté, nousenvoyons desmailsà laterre entière,ou
dumoins àson équipe,pour desmotifs diverset variés: retarddans
l’envoi des plannings des vacances ; retard dans la livraison de
missions;relancesurunsujetannexe;rappelsurdescommandesde
papeterie supérieures à la norme ; etc. Tous ces mails, basiques et
logiques,recadrentlecollectif,maissurtout,àl’intérieurducollectif,
recadrentessentiellementlescollaborateursenfaute.Pourautant,vous
recadrez par la même occasion les collaborateurs qui sont dans la
norme… et qui savent pertinemment lesquels sont implicitement
visés!
▬ lors des réunions d’équipe : dans cet univers d’hypermanagement,
nous organisons des réunions collectives pour divers motifs tels que
des points sur les avancées des missions, les résultats financiers, les
résultats commerciaux, les livraisons de produits. Tous ces points,
naturels et évidents, recadrent le collectif, mais surtout, les
collaborateurs en faute à l’intérieur du collectif. Pour autant, vous
recadrez par la même occasion les collaborateurs qui sont dans la
norme… et qui savent pertinemment lesquels sont implicitement
visés ! Regardezle tableau ci-dessous, et dites-moice que va penser
Nicolasquandilvaobserveràsontourledittableau.
▬ lors d’un repas ou d’un pot avec l’équipe : nous organisons des
moments festifs pour des occasions comme des pots d’anniversaire,
l’arrivée d’un nouveau collaborateur, le départ en retraite, le repas
mensuel,lerepasannuel,lessalons.Etlorsdecessituationsfestives,il
arrive toujours un moment ou un autre où le manager exprime une
phraselégitimeetnormale,dutype:
• Manager : Bravo à Laura qui a fait un super travail la semaine
dernière!Sous-entendu,paslesautres…
• Manager : Heureusement que tout le monde n’a pas fait comme
Michel,sinon,oncourait àlacatastrophe!De l’humour…pour
lesautres,mais,surlefond,certainementpaspourMichel!
• Manager : Le dernier au niveau des résultats paie l’apéro !
Sympathique, pour l’esprit d’équipe, la compétition… Mais
véritablerecadrageinconscient!
Alors,faut-ils’interdirecestroisméthodes:mail,réunionsetmomentsfestifs?
Bienévidemmentquenon!Enrevanche,ilfautêtreparfaitementconscientque,
sans que cela soit l’objectif principal, une des conséquences de ces moments
particuliersestlephénomènederecadrageencollectif!
En clair, et vous l’aurez compris, nous sommes contre le recadrage collectif
violentfaceàunepersonne,maisnousnenousprivonspasd’utiliserl’impactet
laforcedugroupedanscertainessituations.
Techniquen o26:Lemailmulti-destinataires
Nous ne détaillerons pas cette technique décrite dans les pages
précédentes,maisnousvousencourageonsàl’utiliserdanslecadrede
votrepalettemanagériale.Ilnoussembleencoreutilederappelerque
le«managementmail»n’estpasadaptés’ilestpermanent.
Techniqueno27:Laréunioncollective
Nous ne détaillerons pas cette technique décrite dans les pages
précédentes,maisnousvousencourageonsàl’utiliserdanslecadrede
votre palette managériale. Cela ne peut bien entendu pas être en
permanencemaisuniquementdetempsentemps.Noussommesdans
un monde où « tout se sait », donc l’affichage des performances
individuelles en réunion collective est tout à fait cohérent. Et puis,
pourêtretoutàfaithonnête,ilestimpossibledemanagersanstableau
derésultatslorsd’uneréunion,bienquecesoitunemagnifiqueutopie.
Techniquen o28:Lemomentfestif
Nous ne détaillerons pas cette technique décrite dans les pages
précédentesmaisnousvousencourageonsàl’utiliserdanslecadrede
votre palette managériale. Cela ne peut bien entendu pas être en
permanencemaisuniquementdetempsentemps.
Techniqueno29:Ledépit
Mise en contexte : des écarts réguliers par rapport à des résultats
attendusetunmanagerquiaessayéplusieursactionssanslemoindre
succès.Il reste lasolution dudépit dans lecas d’unécart réellement
collectif. Le dépit joue sur trois leviers : la responsabilité, la
culpabilitéetlaforcedugroupe.
Exemple
« Bien ! Cela fait maintenant plusieurs fois que nous parlons du sujet de
l’organisation des tâches au sein de notre département. Visiblement, j’ai
échoué!Pourrappel,nousavonsdéjàorganisétroisréunionssurlesujet.
J’ai abordé les points avec vous en entretien individuel. Nous avons
formalisé les attendus pour chacun et cela ne fonctionne toujours pas. Je
suisvraimentdéçudecetéchec,etjenevoisplusdesolutions.Partantde
ce principe, j’ai imaginé une nouvelle méthode m’excluant de cette
réunion.Jevaisvousfixerclairementl’objectiffinal,lescontraintesetles
règlesàrespecter,etjevouslaisseraitravaillerensembledurant30minutes,
sansmoi. Àl’issuede cestrenteminutes, vousmeprésenterez votreplan
d’actions,vosengagementsetvosattentessurlesujet.Jecroisquevousy
arriverezbeaucoupmieuxsansmoi…»
Une fois de plus, cette méthode fonctionne en ayant adopté un
comportementadaptétoutaulongdevotrerôledemanager.Danslecasdu
manager « bourreau », cette méthode ne fonctionnera pas car vous ne
pourrez compter sur la solidarité du groupe. Le principe d’engagement
collectifestunecontrepartiedevotrepropreattitudedemanager.
Techniqueno30:L’abandon
En cyclisme, le fait de rendre son dossard est la décision ultime des
coureurs. Dans les grandes courses, dont le Tour de France, les
journalistes attendent à la fin du peloton l’abandon des favoris,
généralement dans les étapes de montagne. Les journalistes
recherchent les images sensationnellesà montrer aux téléspectateurs,
avidesdedéfaitesoudetristesse.Enmanagement,l’abandondeposte
estlefaitdedémissionneroudelaisserfaire.
Celapeutêtreégalement laméthodedela dernièrechance pourbien
faire comprendre que c’est justement la dernière chance. Bien
évidemment,l’abandonneconsistepasàmettresadémissiondansla
balance, trop dangereux, et cela pourrait faire plaisir aux « mauvais
collaborateurs».
L’abandon peut prendre la forme d’un ultimatum, « Donnant-
donnant».
Exemple
« Bien ! Cela fait maintenant plusieurs fois que nous parlons du sujet de
l’organisation des tâches au sein de notre département et c’est un échec
collectifdontjeprendsmapartderesponsabilité.Souvenez-vousque,lors
denoséchangessurlesrèglesdujeuetsurlesvaleursàporterauseinde
notreéquipe,j’avaisfortementinsistésurlanotiondepartagedesréussites
etdesdifficultés.
Surlepointdel’organisation,jemesensunpeufloué,maisjecroisqueje
vais abandonner ce point ! Cela ne sera pas sans conséquence car c’est
remettre en cause tout notre écosystème de relations. Si je renonce à
l’organisation des tâches, je vais également renoncer à mon attitude
bienveillante sur d’autres choses, les vacances, ou les formations, par
exemple.N’yvoyezpasuneformedechantage,justeunemodificationen
profondeurdenotreécosystèmeconstituédemécaniquesinterdépendantes.
Sil’uned’entreellesestenpanne,ellepénaliselesautres.Alorsquefait-
on?Onabandonnecepoint?»
Noussommesdanslerecadrageet,quelquesfois,ilfautfairemontred’une
autorité certaine. Il n’y a pas de raison d’accepter, en la défaveur de
l’entrepriseetdesclients,descomportementsdéviants,etdemaintenirpour
autantdescontrepartiesdevenues inadaptées.Lefaitd’accepterdesécarts
revientfinalement àrognersur sondegré d’autorité,puisde confiance,et
notammentpourceuxquidéploientleplusd’efforts.
Touchefinale
ETSILECOLLABORATEURN’EST
PASD’ACCORD
Ne nous mentons pas, il est dans l’air du temps de se retrouver face à un
collaborateur qui n’accepte pas votre feedback ou votre recadrage. Il y a
égalementunemécaniquederéactancepsychologique:l’êtrehumainestplutôt
rétif à toute forme de pression, contrainte et il aura tendance à se justifier, à
résister.
Unenouvellefois,nousparlonsdetechniquerationnelledansunenvironnement
émotionnel.Vousnepouvezpasêtreparfaitetréussirdans100%descas.
Nous vous livrons donc une dernière technique dans cette dernière partie, la
méthodeERE:
Écouter
Reformuler
Exprimervotreintentionde trouverunesolution,maisannoncer qu’iln’yena
pasenvousfondantsurlesfaits:lesrèglesdujeu,leclient,letiming,etc.
Cetteméthodepermetàl’autred’exprimersonmécontentement,etàvous-même
demontrerqu’àtitrepersonnelvouspourriezcomprendre,mais qu’entantque
manager,représentantdel’entreprise,descollègues,desclients,vousnepouvez
accepter.Il est possible,voire probableque votreinterlocuteur répètela même
choseplusieursfoisetvotrerôleestégalementd’appliquerlaméthodeEREen
répétanttoujourslamêmechose:«Àtitrepersonnel,jepourraiséventuellement
comprendre ton point de vue. En tant que manager en charge du département,
descollègues,desclients,jenepeuxl’accepter.»
Puisàunmomentdonné,globalementquandvousenaurezmarre,vouspourrez
conclure avec la technique du choix truqué pour montrer que la situation est
bloquée:«Écoute,ilnousrestedeuxsolutions,soitturépètessixfoislamême
chose et je t’écoute, soit on passe à un autre sujet, car tu as bien compris que
pourmoi,nousétionssurunerègleenoràlaquellejenedérogeraispas.»
POURALLERPLUSLOINDEMAIN,
UNMANAGEMENTPLUSATTENDU
ETPLUSRENTABLE:LESERVANT
LEADERSHIP
Il est assez surprenant que dans un monde si mouvant, aussi peu de nouvelles
théories managériales de chercheurs ne viennent renforcer la palette
managériale.Pourlesmanagersqui auraientappliqué l’ensembledes préceptes
de ce livre et qui voudraient aller encore plus loin, nous vous proposons de
réfléchir au concept du « servant leadership » proposé initialement dans les
années1970parRobertGreenleaf,undirigeantdugroupeaméricainAT&T.
L’idée est de mettre en avant exclusivement le développement personnel des
collaborateursavecunmanagerauservicedecedéveloppement.Celanécessite
deséquipesquiacceptentlamiseenœuvredesprécédentschapitresdecelivre,
ce n’est donc pas possible dans toutes les entreprises, toutes les situations. Le
servant leader est néanmoins parfaitement capable d’imposer ses vues, ou de
recadrersibesoin.
PourautantleROIdecetypedemanagementlaisseaugurerunepuissanceréelle
decetteposture.VincentGiolito,professeurdestratégieàl’EMLyonBusiness
Schooletconseildedirigeants,danssonarticleréférencesurlesujetnousenfait
la démonstration : « Les premiers éléments de réponse se sont révélés déjà
encourageants.D’abord,deschercheursontmontréquele servantleadershipse
traduit par un niveau plus élevé de bien-être au travail. Les salariés se sentent
plusautonomes,pluscompétents,etontdemeilleuresrelationsentreeuxetavec
l’extérieur – ces trois dimensions sont au cœur des besoins fondamentaux des
personnes dans leur vie personnelle professionnelle, d’après les travaux du
professeurMartinSeligman,pionnierdumouvementdelapsychologiepositive.
Des études complémentaires ont fait le lien avec plusieurs indicateurs de
performance plus objectifs. Le servant leadership se traduit par davantage de
créativité et une meilleure aptitude à résoudre les difficultés. Certaines
recherches ont montré, par exemple, que les équipes de commerciaux
atteignaientde meilleurs résultatslorsqu’elles sontmanagées par unleader qui
est ainsi à leur service : le servant leadership, combiné à une meilleure
orientation client des commerciaux, pourrait expliquer jusqu’à 40 % de la
performancedeventes.
Vincent Giolito, Robert Liden, Dirk van Dierendonck et Gordon Cheung sont
allés plusloin en publiantdans le Journal ofBusiness Ethics, 2020,une étude
encore plus précise : « Oui, le servant leadership se traduit, sur le terrain, par
une performancesupérieure y comprisen termes de bénéficeset de croissance
desbénéfices.Cetteétudeaétéconduitedansunechaînedemagasinsenrégion
parisienne.Prèsde500salariés,dans55magasins,ontévaluéledegrédeservant
leadership de leur manager et aussi leur perception de leur propre
épanouissement personnel. Ces évaluations ont été mises en rapport avec les
performances de chaque magasin. Or, les résultats sont clairs : il influence
positivementlacroissancedubénéficedechaquemagasin.
L’équationestlasuivante:le servantleadershipfavorisel’épanouissementdes
salariés et des équipes, laquelle se traduit par la croissance des ventes et, en
conséquence,celledesbénéfices.
Cetteétudeinviteàleconsidérerd’autantplussérieusementqued’autresétudes
ontmontréquecetypedemanagementestencoreplusefficacequelesformes
traditionnelles,ycomprisleleadershipcharismatiqueoutransformationnel.
Ces résultats posent enfin deux nouvelles questions. En premier lieu, combien
peut-on espérer concrètement de managers davantage au service de leurs
collaborateurs ? La réponse dépend en fait des caractéristiques de chaque
entreprise.Un pointsupplémentaire surl’échelle du servant leadershippeut se
traduire par + 10 % de croissance dans un secteur relativement stable, et par
+100%dansuneindustriedynamique.
La recherches’est faite dans unsecteur en crise. Lesmagasins affichaient une
performance moyenne en baisse. Seuls 20 magasins enregistraient un bénéfice
encroissance,de+5à+30%.Or,18deces20magasinsétaientdirigésparun
managerévaluéau-dessusdelamoyennesurl’échelledesservantleaders.
Ces résultats laissent penser que le servant leadership a des effets favorables
dans la plupart des environnements. Il y a une limite cependant : l’impact est
plus important avec les collaborateurs qui acceptent d’être aidés par leur
manager,etnevoientpascelui-cicommeunennemiapriori.»
Bob Liden, l’un des experts mondiaux du servant leadership, a identifié les
caractéristiquesmajeuresdecesmanagers:
▬ le servant leadership aide au développement du collaborateur au
niveauprofessionneletpersonnel;
▬l’éthiqueetlesvaleurss’imposentpourmaîtriserl’impactdesactions
del’entreprisesursonécosystème;
▬l’empathiepourcomprendreetproposerdessolutionsconcrètes;
▬ledéveloppementdel’autonomiedescollaborateursparladélégation.
« En synthèse, le servant management est le niveau le plus abouti du
management et il correspond aux aspirations actuelles des collaborateurs et de
managers».
ÀVOUSDEJOUER!
Lemondedumanagementabesoindenouvellesidéespoursedévelopper.Notre
approche autour du duo « Veiller personnellement & challenger directement »
possède cette ambition. À l’image des meilleurs sportifs, le collaborateur a
besoind’un manager coachpour développer sestalents etsa motivation. Nous
avons une conviction forte : le manager détient toujours un rôle fondamental
dansl’entreprise.Lesqualitéshumainessontindispensablespourdévelopperla
motivationetcadrerl’organisationetlescomportements.
Lapremièrepartiedecelivreapourbutd’organiserunmanagementtournévers
la performance. La seconde partie est plus axée autour des techniques de
recadrage.Généralement,onachètecelivresursontitremaislaréalitéestque
lespartieslesplusimportantespourunmanagersontlespremièresdecelivre.
Pourquoi?Parcequecesontellesquiferontdevous«Lemanagerfavoridevos
équipes».
Souvenez-vousdumeilleurmanagerquevousayezeu,ilafaitquoipourvous?
Ensynthèse,ilvousaaugmenté,faitconfiance,faitgrandir.Etpourcela,ilfaut
savoir recadrer mais aussi et surtout « Veiller personnellement et challenger
directement».
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