Mon projet a porté sur plusieurs volets de recherche dont l’objet principal
est la
Conception d’un essai pilote de restauration par lavage de sol. L’outil qui a
été privilégié
Pour la conception de l’essai pilote est la modélisation numérique, à l’aide
du logiciel
MODFLOW© (McDonnald, Harbaugh, 1988 ; Prudic, 1989). Cet essai est
réalisé dans la
HOFR en tenant compte de la présence de fluides immiscibles. Les
objectifs spécifiques
De la conception par modélisation numérique sont de :
1. Déterminer l’écoulement de l’eau souterraine à l’échelle de la
propriété ;
2. Modéliser numériquement l’essai pilote de restauration par lavage
de solen tenant
Compte de la présence de fluides immiscibles de viscosités différentes.
Ce chapitre présente la modélisation numérique de l’écoulement de l’eau
souterraine à
L’échelle de la propriété Domtar basée sur les étapes proposées par
Anderson et Woessner
(1992) (Figure 2.8). La détermination de l’écoulement souterrain est
l’étape préalable à la
Conception de l’essai pilote qui elle est présentée au chapitre 5.
4.1 LE MODÈLE CONCEPTUEL
La première étape de la modélisation numérique est l’établissement du
modèle conceptuel
Permettant d’obtenir une représentation simplifiée du milieu étudié. Le
modèle
Conceptuel de la stratigraphie à l’échelle de la propriété est présenté à la
Figure 3.2. Selon
Cette figure, la propriété est caractérisée par 4 unités stratigraphiques qui
sont, de la surface en profondeur, un remblai, un sable silteux, une argile
silteuse et le roc. La nappe
Libre se retrouve parfois au niveau du remblai ou du sable silteux.
L’épaisseur des unités
Stratigraphiques est variable sur la propriété.
4.2 LE MODÈLE NUMÉRIQUE
4.2.1 Le choix du modèle
Le choix du modèle numérique dépend des objectifs visés par un projet.
Pour ce qui est
De déterminer l’écoulement de l’eau souterraine à l’échelle de la
propriété, un modèle
Numérique simple s’avère un choix judicieux.
Le modèle numérique choisi est MODFLOW© (McDonnald, Harbaugh,
1988 ; Prudic,
1989) utilisable sur micro-ordinateur compatible mM. À l’origine, le
programme
MODFLOW© a été développé par la U.S. Geological survey pour l’étude
d’un projet de
Restauration d’un lieu d’enfouissement en Allemagne. Par la suite, un pré-
processeur,
Processing Modflow© (Chiang, Kinzelbach, 1996), a été ajouté au
programme d’origine.
La récente amélioration au programme permet la compatibilité avec
l’interface
Windows© pour donner PMWIN©. À PMWIN© se greffe les options de
traçage de
Particules appelées PMPATH (Chiang, 1994) et MODPATH (pollock 1988,
1989, 1994),
Le programme de transport MT3D (Zheng, 1990) ainsi que le programme
d’estimation des
Paramètres PEST (Doherty et al., 1994).
Pour ce qui est de l’objectif de la modélisation de la restauration à l’aide
de solutions
Tensioactives, il faut considérer la présence de plusieurs fluides de
viscosités différentes
(écoulement multiphase) et leur transport dans le milieu. Or, les équations
mathématiques
Qui régissent l’écoulement et le transport multiphase sont très complexes
et les modèles
Numériques conçus pour ce type d’écoulement nécessitent l’introduction
de plusieurs
Paramètres hydrauliques difficiles à évaluer. C’est le cas notamment de la
dispersivité du
Milieu, la densité des fluides, la perméabilité intrinsèque du milieu et la
saturation ésiduelle de chacun des fluides (Anderson et Woessner, 1992).
En raison de ces
Contraintes, nous avons décidé d’utiliser un modèle numérique simple
d’écoulement et de
Transport par advection et d’user d’un artifice qui permet de tenir compte
de la présence
De fluides de viscosités différentes. Ainsi, le logiciel MODFLOW© a
également été
Retenu pour faire la conception par modélisation numérique de l’essai
pilote de
Restauration. La présence de plusieurs fluides a été intégrée à la
modélisation en faisant
Varier les viscosités et les conductivités hydrauliques dans la parcelle à
l’aide de la
Relation suivante : (K=kp gI J..L) (éq. 2.6). Enfin, nous avons choisi
d’utiliser un modèle en
3D compte tenu que l’écoulement vertical et horizontal est important dans
le cas présent.
4.2.2 Le choix du maillage
[Link] L’orientation du maillage
Selon les données de caractérisation recueillies au cours du projet
(chapitre 3), la
Piézométrie à l’échelle de la propriété s’est révélée l’outil idéal pour
déterminer
L’orientation du maillage (Figure 3.3). Anderson et Woessner (1992)
mentionnent
D’ailleurs que les lignes d’écoulement et équipotentielles d’une carte
piézométrique
Peuvent constituer des limites hydrauliques (section 2.4.5). Comme le
montre la Figure
4.1, le maillage est orienté de façon à obtenir deux côtés perpendiculaires
aux lignes
Equipotentielles ou parallèles à une ligne de courant. Le Puits 6 réalisé par
ESL (1992)
Est le point central de l’écoulement radial et se situe au coin sud-est du
maillage. De plus,
Tel que le maillage est disposé et compte tenu que l’écoulement est radial,
trois autres
Blocs identiques pourraient être ajoutés au domaine présenté à la Figure
4.1 pour former
Un grand domaine carré. Aux fins de rendre les calculs moins fastidieux et
de cibler la
Zone étudiée, un seul bloc a été modélisé. Il serait donc toujours possible
d’agrandir le
Domaine de la Figure 4.1 au besoin.
[Link] Les dimensions du maillage
La section 2.4.5 indiquait qu’il est possible d’évaluer les limites à partir de
solutions
Mathématiques de l’écoulement radial. Dans la présente section, on se
servira des
Solutions mathématiques de Neumann pour une nappe libre afin de
déterminer les
Dimensions du domaine. Pour ce faire, on évaluera le rayon d’influence
d’un puits de
Pompage fictif placé au puits 7 dans la HOFR afin de déterminer jusqu’où
les limites du
Domaine seraient affectées par le pompage.
[Link] Les conditions aux limites
La Figure 4.2 présente les conditions aux limites du domaine étudié. Le
Puits 6 réalisé par
ESL (1992) est un point haut à charge hydraulique constante de 221,27 m
(ES L, 1994).
Les côtés est et sud passent par des lignes de courant et constituent, de
ce fait, des limites
Imperméables. Le domaine se ferme au nord-est par une limite à charge
constante qui
Correspond à la ligne équipotentielle 220,20 tirée de la carte
piézométrique (Figure 4.1).
À la verticale, le remblai de surface et le sable silteux sont les deux seules
couches
Considérées pour les fins de la modélisation pour éviter d’alourdir les
calculs. Chacune
Des couches a été divisée en deux pour contrer l’effet d’assèchement des
couches lors de
La modélisation. Par ailleurs, le sable silteux est l’unité qui doit faire l’objet
d’une
Décontamination et l’unité d’argile silteuse sous-jacente est considérée
limite
Imperméable.
4.2.3 Le choix des paramètres physiques et hydrauliques des simulations
Les principaux paramètres sont l’épaisseur des unités stratigraphiques, la
conductivité
Hydraulique, la recharge, la porosité, la transmissivité, la drainance et
l’emmagasinement.
Les valeurs des différents paramètres, présentées ci-après, sont tirées des
données de
Caractérisation du chapitre 3 et sont présentées à l’Annexe C pour
chacune des
Simulations réalisées.
L’épaisseur des unités stratigraphiques est variable sur la propriété, ce qui
est d’ailleurs
Reflété par le modèle conceptuel (Figure 3.2). Dans le secteur de la HOFR
en particulier,
L’horizon d’argile a une topographie variable par rapport au reste de la
propriété ce qui
Fait que l’unité hydrostratigraphique de sable silteux est plus mince en cet
endroit
(environ 1 m d’épaisseur). Les données d’épaisseur influencent la
transmissivité (T=Kb).
Les conductivités hydrauliques horizontales moyennes du sable silteux sur
la propriété et
Dans le secteur de la HOFR sont de 1,15 x 10-5 et 1,6 x 10-6
respectivement (Tableau 3.3).
Pour tenir compte de cette hétérogénéité, deux valeurs distinctes de
conductivité
Hydraulique ont été attribuées à ces deux secteurs. Le Tableau C.1 à
l’annexe C présente
Les données détaillées des simulations ayant servi à faire la calibration.
Les conductivités
Hydrauliques ont varié de +2 à -2 ordres de grandeur pendant la
calibration. La
Conductivité hydraulique verticale est établie à partir de la conductivité
hydraulique
Horizontale en faisant varier le rapport d’anisotropie de 0,1 à 10.
En ce qui concerne la recharge, il faut considérer que le terrain à l’étude
est recouvert
D’asphalte ou confiné par des bâtiments, ce qui limite grandement
l’infiltration d’eau. Les
Intrants sur la propriété Domtar proviennent donc principalement de deux
sources :
D’abord l’infiltration par l’emprise ferroviaire et ensuite l’apport d’eau par
les drains de
L’usine. À la section 3.3.1, la recharge annuelle régionale a été évaluée à
200 mm. L’apport
D’eau dû aux drains de l’usine provient d~ lavage des planchers de l’usine
et est très
Difficile à évaluer compte tenu que le nombre et l’emplacement de ces
infrastructures n’est pas connu précisément. Les drains de l’usine ont
plutôt une influence locale si on se
Réfère par exemple à la carte piézométrique du secteur de la HOFR et la
HR (Figure 3.4).
Nous pouvons déduire que cet intrant est négligeable à l’échelle de la
propriété par
Rapport à la recharge de l’emprise ferroviaire qui elle, est de dimension
plus importante.
La zone de recharge principale est l’emprise ferroviaire localisée au centre
de la propriété
(Figure 1.2) et se traduit par un point haut hydraulique à l’endroit du Puits
6 réalisé par
ESL (1992). Le Puits 6 est le point central de l’écoulement radial défini par
la piézométrie
Sur la propriété (Figure 3.3). Rappelons que le domaine est orienté selon la
piézométrie et
Que les limites du domaine correspondent à des charges correspondant à
des lignes
D’écoulement ou équipotentielles (sections [Link] et [Link].3). Comme il
a été vu à la
Section 2.4.5, lorsqu’on utilise des charges imposées pour fixer les limites
d’un domaine,
L’effet de la recharge est inclus implicitement. L’attribution d’une recharge
Supplémentaire ne s’avère donc pas nécessaire dans le présent cas.
Finalement, les autres paramètres (la porosité, la drainance et
l’emmagasinement) ont été
Etablis selon les valeurs typiques pour une nappe libre. En condition de
nappe libre la
Drainance n’est pas une valeur pertinente et l’ emmagasinement
s’exprime plutôt par la
Porosité de drainage (Anderson et Woessner, 1992).
4.2.4 La calibration
Plus de vingt simulations ont été nécessaires pour calibrer le modèle
numérique. Les dix-
Sept simulations les plus pertinentes ont été retenues et sont présentées
au Tableau C.l à
L’annexe C. La calibration s’est déroulée sur une période d’environ deux
mois et demi, ce
Qui est relativement rapide si on tient compte des possibilités
d’application que procure
Un modèle numérique une fois cette étape franchie.
Chacune des simulations est évaluée au fur et à mesure de la calibration
de façon à choisir
Laquelle est optimale. Pour faire cette évaluation, différents outils décrits à
la section 2.4.6