Prière
Reçois en ce jour, Seigneur, l’offrande de ce temps de réflexion que je prends
maintenant pour t’écouter et te comprendre. Donne-moi la grâce de la prière pour
que ce moment soit fécond selon ton cœur qui seul sait combler le mien.
Demande
Envoie sur nous, Seigneur, ton Esprit Saint pour qu’il nous octroie la grâce du
discernement dans notre façon de vivre notre foi.
Réflexion
1.« Les pharisiens lui disaient : ‘’Cela n’est pas permis.’’ »
L’attitude des pharisiens qui attaquent Jésus souligne deux difficultés de la
pratique de la foi que nous rencontrons tous. Dans le Nouveau Testament,
les pharisiens apparaissent en effet comme les champions de la Loi et, ce
faisant, des oublieux de la dimension personnelle et relationnelle, et donc
singulière de la religion. Ce rapport à la loi stérilise la religion en en faisant
une morale, un ensemble de préceptes à respecter. Loin d’éduquer la
conscience, cette façon rigide de vivre la foi se réfugie derrière un système
comptable qui permet des exceptions et des duretés car la Loi est aussi un
rempart derrière lequel se réfugier quand on a mauvaise conscience. On
aboutit à des réflexions du type : « Si la Loi le permet, alors j’ai le droit de le
faire, même si je sens intimement que ce n’est pas juste. »
Dieu puisse nous garder de ce défaut, tout autant que de ce deuxième
danger qui consiste à s’ériger en juges de nos frères en matière de pratique
religieuse. Car si la Loi n’est pas la réponse à tout, avec quelle grille de
lecture saurions-nous estimer et juger la valeur de la vie spirituelle des
autres ? Seul Dieu la connaît, seul Dieu peut savoir l’honnêteté de chacun
vis-à-vis de lui-même, et l’état de la conscience, notre maîtresse de la
pratique religieuse. La religion n’est pas un fait social mais une relation
avec Dieu. De plus, ce genre de critique est destructrice pour la personne
et est surtout un contre-témoignage vis-à-vis des incroyants.
2.« Le sabbat a été fait pour l’homme (…) le Fils de l’homme est maître (…) »
Jésus rappelle ici la prééminence de l’homme sur la Loi. Il émet donc une
règle essentielle et propre à notre religion : l’interprétation. C’est-à dire que
la conscience a le dernier mot sur la manière de pratiquer notre foi si elle
entre en conflit avec la Loi. La religion, donc, ne saurait aller contre le bon
sens. Cette vue essentielle est l’un des traits du génie du christianisme, et
témoigne aussi d’une reconnaissance de l’intelligence humaine, du
discernement individuel. C’est la preuve, s’il en était besoin, que l’homme
est certes une créature de Dieu, mais qu’elle a été dotée d’une telle
capacité de réflexion et de discernement que Dieu la respecte, et cela nous
donne la possibilité de l’aimer en retour en connaissance de cause. C’est
quelque chose de magnifique ! Dieu nous a fait confiance après nous avoir
donné la possibilité de le choisir ou de le refuser.
3.« N’avez-vous jamais lu ce que fit David ? (…) »
Faut-il pour autant jeter la Loi ? Jésus prend certes ses distances avec elle
mais ne l’annihile pas, il la remet seulement à sa juste place : la Loi est un
moyen et non pas une fin. Elle est un instrument pour se rapprocher de
Dieu, mais il faut savoir s’en affranchir lorsqu’elle serait plutôt un obstacle à
cette communion. Pour expliquer cela il renvoie à David. C’est un procédé
très important car il montre qu’il se réfère à un exemple de discernement et
de foi incontestable. David est LE roi selon le cœur de Dieu. Le Messie
attendu est de la descendance de David. C’est dire à quel point la
référence est d’autorité. Cette liberté d’enfant de Dieu ne peut donc se vivre
sans une conscience éduquée, justement grâce à des exemples tels que
Jésus le montre avec David. Notre conscience a besoin d’être éclairée par
un accompagnateur spirituel, par des amitiés qui nous élèvent, et aussi par
l’exemple des saints. Demandons à Dieu la grâce de vouloir recevoir ces
aides et rendons-lui grâce pour celles que nous avons déjà. Car tous ces
éclairages de nos consciences nous permettent d’acquérir une liberté plus
grande encore.
Dialogue avec le Christ
Je te rends grâce, Seigneur, pour cette liberté formidable du catholicisme qui rend
plus humaine notre pratique de la foi. Cette parole me montre le respect profond que
tu as pour ma personne, et aussi tout le prix que tu accordes à mon intelligence pour
que je t’aime de moi-même et non pas pour respecter des traditions ou me faire
accepter socialement. Aide-moi à t’aimer de toutes mes forces et à avoir l’humilité
nécessaire pour éduquer ma conscience. Je souhaite consacrer à l’Esprit Saint mon
esprit afin de savoir discerner selon ton cœur.
Résolution
Je cherche un cas où j’ai jugé quelqu’un sur sa pratique et je prie un Notre Père pour
cette personne qui est mon frère ou ma sœur devant Dieu.
Je demande l’aide de l’Esprit Saint pour qu’il m’éclaire dans une décision ou quelque
chose qui occupe ma conscience en ce moment.
Anne-Pauline Jarry
Méditations : Regnum Christi
Texte de l’Évangile et informations liturgiques : © AELF – Paris – Tous droits
réservés
« Le sabbat a été fait pour l’homme,
et non pas l’homme pour le sabbat.
Voilà pourquoi le Fils de l’homme est
maître, même du sabbat. » Marc 2,
27-28
17 janvier 2023
Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses
disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis.
Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat !
Cela n’est pas permis. »
Et Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut
dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?
Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et
mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les
prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »
Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas
l’homme pour le sabbat.
Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »
Marc 2, 23-28
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
En posant face aux pharisiens cette affirmation, Jésus s’est mis en bien
mauvaise posture. Nous ne sommes qu’au début de l’Evangile de Marc,
Jésus n’est qu’au début de son itinéraire d’annonce du Royaume, et le
voilà déjà en porte-à-faux avec les gardiens de la Loi de Moïse. De cet
instant, ils ne cesseront de le poursuivre, de le harceler, de vouloir le
confondre comme imposteur et blasphémateur qui ne respecte même pas
les commandements divins. Le respect du repos du Sabbat était et
demeure pour les Juifs observants la pierre d’achoppement, le signe de
l’obéissance, ou non, à la Parole donnée aux origines au Peuple élu.
Pour nous chrétiens, marqués par l’exemple de suprême liberté de Jésus
sur ce genre de questions rituelles, il n’est pas toujours facile cependant
de ne pas retomber dans le même travers de la suprématie de la doctrine
sur la liberté des enfants de Dieu. Ainsi, pendant très longtemps, l’Eglise
a-t-elle posé comme un absolu indépassable le repos du dimanche et la
participation à la messe dominicale. Finalement, on n’avait fait que
déplacer d’un jour l’observance du Sabbat. Je me souviens très bien que
mes grands-parents agriculteurs devaient obtenir l’autorisation du curé de
la paroisse pour travailler aux champs un dimanche si toute la semaine
avait été météorologiquement défavorable. Ma mère n’eut pas le droit
d’apprendre le métier de coiffeuse car il y a quelques décennies, celles-ci
travaillaient le dimanche matin. Et mon père, jeune homme qui fut blessé
lors d’un match de football un dimanche après-midi, entendit de sa mère
que c’était là une punition divine !
Bref, longtemps, les chrétiens se sont mis dans les mêmes injonctions que
leurs frères aînés dans la foi quant au respect contraignant du “jour du
Seigneur”. Je précise d ‘ailleurs que prendre le chemin inverse de nos jours
en imposant le travail dominical aux salariés n’est pas mieux : se priver
d’un jour consacré au repos, à la famille et le cas échéant à la célébration
communautaire de sa foi n’est pas un progrès humain et social mais bel et
bien une régression.
Cette question du Sabbat mise à part, il existe une autre pierre
d’achoppement de nos jours dans la foi chrétienne sur la base de paroles
prononcées par Jésus sur le thème du mariage, du divorce et de la
répudiation ( Marc 10, 1-12, Matthieu 19, 1-9, Luc 16, 18), ce sont toutes
les questions qui touchent au mariage, au divorce, à l’union libre et à
l’accès aux sacrements catholiques. Et là aussi, à absolutiser les paroles
de Jésus prononcées il y a 2000 ans, on est retombé dans un légalisme qui
cristallise bien des divisions ecclésiales et engendre de profondes
souffrances pour des fidèles qui ne sont pas “dans les clous” de la doctrine
sur le mariage sacramentel.
Je peux aisément en parler car cela a été un peu mon cas, et pourtant j’ai
toujours été de la plus parfaite honnêteté en mon âme et conscience dans
ma vie de couple. Comme je l’ai relaté dans “Histoire d’une foi“, mon mari
et moi, alors encore agnostiques après une enfance baignée de
catholicisme, avions décidé par souci d’authenticité de ne pas galvauder
un sacrement de mariage sans foi chrétienne suffisante, et ne cédant pas
aux pressions familiales que je dus endurer, nous ne nous sommes mariés
que civilement, alors que c’était pour chacun notre premier mariage. Ce
fut un véritable combat, dans lequel nous avions heureusement obtenu le
soutien moral du curé de la paroisse de mes parents, ce qui calma leur
aigreur.
Je ne veux pas dire que j’ai toujours bien vécu cette situation : revenue
plus tard vers l’Eglise, j’ai parfois été montrée du doigt pour cette entorse
au catéchisme, et j’ai toujours eu un léger regret, moi qui savais être si
fervente quand j’étais véritablement dans la foi, de ne pas avoir pu vivre
le beau “mariage à l’église” avec les cantiques, les promesses, la
bénédiction, l’assemblée émue et la belle robe blanche qui sublime une
mariée. Je m’en étais privée par souci d’honnêteté spirituelle et non
l’inverse. J’en ai été durablement privée ensuite par la tiédeur d’un
conjoint peu chrétien et peu amoureux. Là où notre entourage catholique
pratiquant ne comprenait pas que nous persistions à ne pas échanger
entre nous le sacrement du mariage, le père de mes trois enfants songeait
déjà davantage à me quitter qu’à se lier plus profondément à moi devant
Dieu. Et c’est ce qui a fini par arriver.
Par la suite, quittée puis divorcée, j’ai enduré encore la relégation aux
marges de l’Eglise, ma situation choquant certains de nos curés, quand je
n’ai pas été tout bonnement privée d’absolution et d’accès à l’eucharistie
pour une tentative de nouveau couple – qui n’a pas duré.
Longtemps, j’ai vécu dans la douleur ma différence, ma non-conformité à
la doctrine ecclésiale sur le mariage. Et pourtant aujourd’hui j’en rends
grâce infiniment : ma vie n’était pas dans le mariage sacramentel avec
une créature instable et a fortiori déstabilisante, incapable de me rejoindre
dans les profondeurs de ma foi, changeante dans ses humeurs comme
dans ses engagements. Il faut le dire : le mariage se contracte, que ce soit
devant Dieu ou pas, entre deux créatures faillibles dont l’engagement, et
ce surtout, je pense, du côté de l’homme, n’a pas grand-chose à voir avec
le don total de sa personne dont le Christ a été capable par amour pour
autrui. Il est très abusif d’exiger d’une épouse qu’elle respecte son mari du
même respect qu’elle porte au Christ : il y a un gouffre entre se donner au
Christ fidèle et pur de tout péché et se donner à un mari qui peut changer,
manifester du désamour, mentir, contrister voire tromper, malmener et
quitter son épouse Dans l’union au Christ, et je l’éprouve profondément,
on ne peut jamais être déçu ni floué, et s’il se fait parfois distant et
silencieux, il revient toujours en surabondance de grâce et d’amour. Alors
prétendre qu’un mari peut aimer son épouse au long d’une vie – qui
devient de plus en plus longue avec le progrès de la médecine – de la
même manière, qu’il me soit permis d’en douter… L’union de deux
créatures faillibles l’une et l’autre est sans commune mesure avec celle du
Christ et de l’âme.
Disant cela, j’assume de contester Ephésiens 5, 21-33… comme beaucoup
de mes contemporaines.
Rappelons que Dieu a établi le sabbat comme jour de repos et de culte spirituel (Ex. 20:8-
11). Cependant, les pharisiens avaient fait de l'observation du sabbat selon leurs propres
normes rigoureuses un test de la fidélité juive. Jésus explique clairement que Dieu a créé
le sabbat pour aider les gens, pour leur être bénéfique, et non pour leur servir de fardeau.
Le Catéchisme de l'Église catholique (CEC) apporte un éclairage supplémentaire :
L'action de Dieu est le modèle de l'action humaine. Si Dieu "s'est reposé et a été rafraîchi"
le septième jour, l'homme doit lui aussi "se reposer" et permettre aux autres, en particulier
aux pauvres, "d'être rafraîchi".6 Le sabbat interrompt le travail quotidien et offre un répit.
C'est un jour de protestation contre la servitude du travail et le culte de l'argent (CEC 2172,
notes omises).
L'Évangile rapporte de nombreux incidents au cours desquels Jésus a été accusé de
violer la loi du sabbat. Mais Jésus ne manque jamais de respecter la sainteté de ce jour. Il
donne à cette loi une interprétation authentique et faisant autorité : "Le sabbat a été fait
pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat. Avec compassion, le Christ déclare le
sabbat pour faire le bien plutôt que le mal, pour sauver la vie plutôt que la tuer. Le sabbat
est le jour du Seigneur des miséricordes et un jour pour honorer Dieu. "Le Fils de l'homme
est maître même du sabbat" (CEC 2173, notes de bas de page omises).
Pour plus d'informations sur la façon dont le Jour du Seigneur accomplit et remplace le
sabbat dans la Nouvelle Alliance, voir CEC 2174 et cet article de Michelle Arnold.
La phrase "le sabbat est fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le
sabbat" souligne que le sabbat a été institué pour le bien-être de
l'humanité, et non comme une contrainte. Jésus a enseigné que le sabbat
doit être un jour de repos et de réflexion, permettant aux gens de se
rapprocher de Dieu et de se ressourcer spirituellement. Cette idée est
également soutenue par des références bibliques, affirmant que le sabbat
est un don divin pour l'humanité. En somme, le sabbat est un moment de
grâce et de répit, destiné à servir l'homme dans sa quête de sens et de
spiritualité.
Le sabbat est un jour de repos et de culte observé dans plusieurs traditions religieuses. Dans le
judaïsme, il commence au coucher du soleil le vendredi et se termine au coucher du soleil le
samedi. Il est considéré comme un jour sacré dédié à la prière, à la méditation et au repos, en
souvenir de la création du monde selon la Bible.
Dans le christianisme, certaines confessions, comme les adventistes du septième jour,
observent le sabbat le samedi, tandis que d'autres considèrent le dimanche comme leur jour de
repos et de culte.
Le concept du sabbat met l'accent sur l'importance du repos, du ressourcement spirituel et du
lien avec la divinité. Tu souhaitais en apprendre davantage sur un aspect particulier du
sabbat ?