Lycée Louise Weiss S.
Hatchwell
1ère Français · 2024-2025
LISTE DE LECTURES CURSIVES
THÉÂTRE ET DISPUTE
Afin de compléter notre étude de Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute, il vous faut lire
une autre pièce de théâtre qui s'inscrit également dans le parcours « théâtre et dispute ». Voici une liste
de titres parmi lesquels choisir. Cette lecture cursive devra être lue pour le mardi 20 mai.
Comme le délai de lecture est plus court que d'habitude, chaque pièce proposée est lisible dès à présent
sur internet : il suffit de cliquer sur le lien ! Si l'œuvre vous plaît au point de vouloir la présenter pour
l'entretien, il faudra alors vous la procurer.
DU DÉSACCORD À LA DISPUTE
➢ Huis clos, Jean-Paul SARTRE (1944)
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Garcin, Inès et Estelle sont mort.e.s. et se retrouvent dans une pièce close. De là,
on peut voir encore la vie de ses proches se dérouler. Chacun et chacune observe
et espère obtenir la clôture attendue : Estelle voudrait sentir qu'elle est aimée ;
Inès cherche un coupable pour se décharger de sa propre culpabilité ; Garcin
attend le pardon. Et si l'enfer siégeait dans le regard des autres ?
« On meurt toujours trop tôt – ou trop tard. Et cependant la vie est là, terminée ; le trait est tiré, il
faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie. »
➢ Dans la Solitude des champs de coton, Bernard-Marie KOLTÈS (1985)
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de-coton
C'est la rencontre entre un dealer et un client dans une ville, la nuit. Chacun est lié
à l'autre par la dépendance. Trop préoccupés de rester sur leur garde (par
orgueil ?) , ils se laissent entraîner dans le jeu d'une joute verbale et ne sauront
pas reconnaître l'instant où tout aurait pu basculer.
« Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c’est que vous désirez quelque chose que
vous n’avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir […]. »
➢ « Art », Yasmina REZA (1994)
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Reza%20-%[Link]
Serge, Marc et Yvan connaissent une amitié sans ombre depuis une quinzaine
d'années. Tout bascule lorsque Serge achète, pour une petite fortune, le tableau
d'un artiste contemporain très renommé : une toile blanche. Marc trouve le tableau
et l'idée de dépenser autant d'argent pour, ridicules. Serge le prend mal. Yvan se
tient entre les deux. De quoi remettre en question toute leur amitié.
« Serge : Comment peux-tu dire « cette merde » ? [...] Que tu trouves cet achat prodigieux tant
mieux, que ça te fasse rire, bon, mais je voudrais savoir ce que tu entends par « cette merde ». [...]
« Cette merde » par rapport à quoi ? Quand on dit telle chose est une merde, c'est qu'on a un
critère de valeur pour estimer cette chose. [...] Tu ne t'intéresse pas à la peinture contemporaine, tu
ne t'y es jamais intéressé. Tu n'as aucune connaissance dans ce domaine, donc comment peux-tu
affirmer que tel objet, obéissant à des lois que tu ignores, est une merde ?
Marc : C'est une merde. Excuse-moi. »
CONFLITS FAMILIAUX
➢ Le Voyageur sans bagage, Jean ANOUILH (1937)
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À la fin de la Première Guerre mondiale, Gaston est retrouvé amnésique, errant
dans une gare, au milieu de soldats français. Recueilli par le directeur d'un asile,
qui l'emploie pendant dix-huit ans comme jardinier, Gaston est ensuite réclamé par
plusieurs familles, dont la famille Renaud, à laquelle il est présenté. D'un caractère
doux et gentil, Gaston découvre avec horreur, lors d'une conversation avec la
famille Renaud, l'identité qu'on lui attribue : de son vrai prénom Jacques, Gaston
serait un personnage violent et sans scrupule, qui aurait été l'amant de Valentine,
la femme de son frère présumé ! Gaston ne se reconnaît pas dans ce portrait
terrible, mais il découvre sur lui la cicatrice d'une blessure infligée par l'aiguille à
chapeau de Valentine …
« Je crois qu'on ne peut rien trouver de plus consolant, quand on est devenu un homme, qu'un
reflet de son enfance les yeux d'un ancien petit garçon. »
➢ Antigone, Jean ANOUILH (1942)
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À Thèbes, après la mort du roi Œdipe, ses deux fils, Polynice et Étéocle, ont
décidé de régner un an à tour de rôle. Mais après un an de pouvoir, Étéocle refuse
de passer le trône à son frère ; la guerre est déclarée, ils s'entretuent. Créon, leur
oncle qui a pris le pouvoir, proclame qu'Étéocle est mort en défendant sa patrie,
alors que son frère Polynice est un traître. Il interdit à quiconque d'enterrer
Polynice, sous peine de mort. Or, dans l'Antiquité grecque, les personnes qui ne
sont pas enterrées ne peuvent pas accéder aux Enfers, et sont condamnées à
errer dans les limbes pour toute l'éternité. Antigone, la sœur d'Étéocle et de
Polynice, refuse l'interdiction.
« Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il
n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout … »
➢ Le Dieu du Carnage, Yasmina REZA (2007)
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Le%20Dieu%20du%20carnage%20-%[Link]
À l'école, Ferdinand attaque Bruno à coups de bâton. Les parents se rencontrent
pour régler le litige dans l'appartement du blessé. Alors que la discussion
commençait plein de bienveillance, elle s'envenime de plus en plus …
« On vient dans leur maison pour arranger les choses et on se fait insulter, et brutaliser, et imposer
des cours de citoyenneté planétaire, notre fils a bien fait de cogner le vôtre, et vos droits de
l’homme je me torche avec ! »
CONFLITS FEMMES-HOMMES
➢ La Dispute, MARIVAUX (1744)
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La question posée par Hermiane au Prince est : qui, de l'homme ou de la femme,
a le premier donné l'exemple de l'inconstance et de l'infidélité ? Pour y répondre
ce dernier lui propose d'observer la réaction des âmes neuves. Il s'agit de deux
jeunes gens, deux filles et deux garçons, élevés en lieu clos depuis leur
naissance. Ils ne connaissent que Mesrou et Carise qui les ont élevés et vont se
rencontrer pour la première fois. En leur laissant la liberté de sortir de leur
enceinte pour connaître le monde, ils vont découvrir l'amour car ils maîtrisent bien
l'art de la parole notamment de la parole amoureuse.
« Eglé, regardant : Ah ! Carise, approchez, venez voir, il y a quelque chose qui habite dans le
ruisseau qui est fait comme une personne, et elle paraît aussi étonnée de moi que je le suis d'elle.
Carise, riant : Eh ! Non, c'est vous que vous y voyez tous les ruisseaux font cet effet-là.
Eglé : Quoi ! C'est là moi, c'est mon visage ?
Carise : Sans doute.
Eglé : Mais savez-vous bien que cela est très beau, que cela fait un objet charmant ? Quel
dommage de ne l'avoir pas su plus tôt !
Carise : Il est vrai que vous êtes belle.
Eglé : Comment, belle, admirable ! Cette découverte-là m'[Link] se regarde encore. Le
ruisseau fait toutes mes mines, et toutes me plaisent. Vous devez avoir eu bien du plaisir à me
regarder, Mesrou et vous. Je passerais ma vie à me contempler ; que je vais m'aimer à présent ! »
➢ Une Maison de poupée, Henrik IBSEN (1879)
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Nora est une femme-objet, même son mari lui parle à la troisième personne
comme si elle était absente, comme une poupée avec laquelle on s'amuse. À la
suite d'une maladie de son mari, un médecin annonce à Nora que le seul moyen
de sauver ce dernier est de l'emmener faire un voyage en Italie où le repos lui
apportera la guérison. Le voyage coûtant cher et Nora n'ayant pas les moyens,
elle ne trouve d'autre recours que de payer avec un faux. Un personnage
commence à menacer Nora de tout révéler à son mari.
« Tu parles comme une enfant. Tu ne comprends pas la société dans laquelle tu vis.
- Non, c'est bien vrai. Mais maintenant, je veux examiner tout cela. Il faut que je sache qui de nous
deux a raison : la société ou moi. »
DILEMMES MORAUX
➢ Les Justes, Albert CAMUS (1949)
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Chacun.e défend sa cause en pensant qu'elle est juste, mais l'est-elle pour tout le
monde ? En Russie, une groupe de cinq socialistes révolutionnaires préparent un
attentat contre le despote, le Grand Duc Serge. Kaliayeb, un des membres de
l'organisation se sacrifie pour lancer la bombe, mais voilà, ce jour-là dans la
calèche, le Grand Duc est accompagné de son neveu et sa nièce, de jeunes
enfants. Que faire alors ?
« C'est facile, c'est tellement plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre. »
➢ La Visite de la vieille dame, Friedrich DÜRRENMATT (1956)
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Une vieille dame revient dans son village natal. Elle est richissime, le village est au
bord de la faillite. Elle offre cent milliards contre la vie de l'homme qu'elle a aimé et
dont elle veut se venger. Le maire soumet la proposition à ses concitoyens …
« La charité, Messieurs ? Les millionnaires peuvent se l'offrir. […] Le monde a fait de moi une
putain ; je veux faire du monde un bordel. Si on tient à entrer dans la danse et si on n'a pas de
quoi casquer, il faut y passer. Et vous avez voulu entrer dans la danse. Les gens convenables sont
ceux qui paient. »