INTRODUCTION
Définition des concepts
La législation camerounaise définit la circulation routière comme l'utilisation des voies
publiques par divers usagers, incluant les piétons, cyclistes, automobilistes et autres véhicules¹².
Selon le Décret n°79-341 du 3 septembre 1979, la circulation routière concerne l'ensemble des
déplacements effectués sur les routes ouvertes au public.
Le Code de la route de la CEMAC, qui s'applique au Cameroun, précise que la circulation
routière englobe les règles de conduite, les limitations de vitesse, les priorités et les obligations
des usagers pour assurer la sécurité et la fluidité du trafic.
Contexte
La ville de Yaoundé, capitale politique du Cameroun, connaît une urbanisation rapide
accompagnée d’une croissance continue de la population et du parc automobile. Cette évolution
exerce une pression considérable sur les infrastructures routières existantes, souvent peu adaptées
à la densité actuelle du trafic. À cela s’ajoutent des problèmes d’organisation urbaine, une
signalisation insuffisante, et une coordination limitée entre les différents acteurs de la circulation.
Les usagers, qu’ils soient automobilistes, motocyclistes ou piétons, manquent souvent
d’informations en temps réel sur l’état de la circulation, ce qui complique la prise de décision lors
des déplacements. Dans ce contexte, l’amélioration de la gestion du trafic apparaît comme une
priorité pour réduire les désagréments liés à la congestion routière et améliorer la qualité de vie
urbaine.
¹juriafrica : Décret n°79-341 du 03 Septembre 1979 Portant réglementation de la circulation routière
²CEMAC-Reglement-2001-04-Code-de-la-route.
L’urbanisation galopante dans les métropoles mondiales engendre des défis croissants,
notamment en matière de gestion du trafic routier. En Afrique subsaharienne, où la population
urbaine augmente de 4 % par an, les infrastructures routières, souvent inadaptées, amplifient les
congestions, freinant le développement socio-économique. Yaoundé, capitale du Cameroun
comptant 4,1 millions d’habitants, incarne cette problématique. Aux heures de pointe (7h-9h,
16h-19h), des carrefours clés comme Poste Centrale, Carrefour Warda, et Mvan subissent des
embouteillages sévères, doublant les temps de trajet et entraînant des pertes économiques
estimées à 1,5 % du PIB, ainsi que du stress et une baisse de la productivité. Ce projet propose
d’exploiter le Big Data pour collecter et analyser des données massives issues de capteurs IoT, de
GPS, et de signalements des usagers, afin d’optimiser la fluidité du trafic et d’améliorer la
mobilité urbaine à Yaoundé. En utilisant des technologies telles que AWS S3, Apache Spark, et
Python, et une approche Agile, cette initiative ambitionne de fournir une solution innovante,
mesurable, et alignée avec la vision d’émergence 2035 du Cameroun.
L'absence de transports en commun adaptés limite fortement la mobilité des plus défavorisés, les
confinant à un périmètre restreint entre leur domicile précaire et les lieux essentiels à leur survie,
tels que le marché ou les échoppes où ils tentent de gagner leur vie.
La classe moyenne, quant à elle, dépend des taxis collectifs, dont le coût élevé, variant entre 350
et 500 FCFA, représente une part significative du budget familial. Ces taxis sont parfois difficiles
à trouver, nécessitant une attente prolongée sous des conditions climatiques éprouvantes.
³Gestion-intelligente-du-trafic-routier-avec-prise-de-decision-par-logique-floue-Cas-du-carrefour-
[Link]
4
Plan de Mobilité Urbaine Soutenable pour la Communauté Urbaine de Yaoundé
5
la-loi-fondamentale-de-la-congestion-routiere-et-lefficacite-des-interventions-publiques-visant-a-
reduire-la-congestion
Les plus aisés, bien qu'ayant la possibilité d'utiliser des taxis dépôt ou des véhicules personnels,
ne sont pas épargnés par les embouteillages chroniques qui paralysent aussi bien le centre-ville
que plusieurs quartiers majeurs de Yaoundé, tels que Mimboman, Bastos et Ahala.4
Nous disposons d'une pléthore de ressources pour réguler le phénomène d'embouteillage dans le
monde. L'une de ces ressources est l'intelligence artificielle, qui, selon Virginie MATHIVET,
(virginie Mathivet, 2004) consiste à rendre intelligent un système artificiel, principalement
informatique ». Palliant cette mouvance, nous nous sommes intéressés au secteur du transport
urbain plus précisément le problème de gestion du trafic routier.
L'essor de la technologie et de la science, grâce à la recherche et au développement d'algorithmes
et de plateformes avancés, a permis à l'intelligence artificielle et à l'apprentissage automatique
(Machine Learning) de devenir un outil puissant d'analyse et de prédiction (Didier Müller, 2016).
En exploitant et en stockant des données, elle peut anticiper l'évolution d'un phénomène, un peu
comme un « oracle » moderne.
La congestion routière se caractérise par un trafic irrégulier où les véhicules avancent lentement
ou alternent entre arrêts et départs. Elle peut être causée par des événements ponctuels, tels qu'un
accident ou des travaux, ou être récurrente lorsque le nombre de véhicules dépasse la capacité des
infrastructures. Il n’existe pas de consensus scientifique sur sa mesure : elle peut être évaluée par
un pourcentage de vitesse de référence ou par une limite précise de vitesse. Ses conséquences se
traduisent principalement par un temps de trajet allongé, engendrant des coûts supplémentaires
liés à la consommation de carburant, l’usure des véhicules et leur entretien. Certaines études
prennent aussi en compte les émissions de gaz à effet de serre et les accidents dus à une présence
prolongée dans le trafic. En plus des coûts directs et indirects, la congestion accélère la
détérioration des routes et a des répercussions sur la santé des populations.5
³Gestion-intelligente-du-trafic-routier-avec-prise-de-decision-par-logique-floue-Cas-du-carrefour-
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Plan de Mobilité Urbaine Soutenable pour la Communauté Urbaine de Yaoundé
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Partie I : Conception de projet
1. Définition des objectifs
2. Problème
La circulation routière dans la ville de Yaoundé est fortement perturbée par des embouteillages
fréquents, qui ralentissent les déplacements, augmentent les coûts de transport, et ont un impact
négatif sur l’environnement et l’activité économique.
3. Problématique
Comment améliorer la fluidité du trafic routier dans la ville de Yaoundé en agissant sur la gestion
de l’information, afin de réduire les embouteillages et faciliter les déplacements des usagers ?
4. Objectif global
Améliorer la fluidité de la circulation routière dans la ville de Yaoundé en réduisant les
embouteillages et en facilitant les déplacements des usagers.
5. Objectifs spécifiques.
Objectif spécifique 1 : Identifier, d’ici trois mois, les zones et périodes les plus touchées par les
embouteillages dans la ville de Yaoundé.
Recueillir des données sur le trafic dans les différents quartiers
•Tâche 1.1.1 : Identifier les principales sources d’information sur la circulation
•Tâche 1.1.2 : Collecter des données durant les heures de pointe et hors-pointe
•Tâche 1.1.3 : Organiser les données par zones et tranches horaires
Analyser les données pour localiser les zones critiques
•Tâche 1.2.1 : Regrouper les données selon leur fréquence et intensité
•Tâche 1.2.2 : Classer les zones en fonction du niveau de congestion
•Tâche 1.2.3 : Élaborer une carte des zones les plus embouteillées
Objectif spécifique 2 : Évaluer, en quatre mois, les principales causes des embouteillages
récurrents dans les zones identifiées.
Réaliser une enquête auprès des usagers et autorités locales
•Tâche 2.1.1 : Élaborer un questionnaire sur les habitudes de déplacement
•Tâche 2.1.2 : Mener des entretiens avec les conducteurs et les agents de la circulation
•Tâche 2.1.3 : Analyser les réponses pour identifier les causes majeures
Effectuer des observations directes sur le terrain
•Tâche 2.2.1 : Identifier les points de friction (carrefours, stationnements anarchiques,
etc.)
•Tâche 2.2.2 : Noter les horaires critiques et les comportements à risque
•Tâche 2.2.3 : Confronter les observations aux données d’enquête
Objectif spécifique 3 : Proposer, dans un délai de cinq mois, des mesures concrètes visant à
améliorer la circulation dans les zones critiques.
Élaborer des recommandations d’aménagement et d’organisation
•Tâche 3.1.1 : Étudier les possibilités de réorganisation du sens de circulation
•Tâche 3.1.2 : Proposer des couloirs spécifiques (taxis, motos, bus)
•Tâche 3.1.3 : Suggérer des aménagements ou suppressions de carrefours complexes
Activité 3.2 : Hiérarchiser les recommandations selon leur faisabilité
•Tâche 3.2.1 : Estimer les coûts, délais et contraintes de mise en œuvre
•Tâche 3.2.2 : Classer les solutions à court, moyen et long terme
•Tâche 3.2.3 : Préparer un rapport technique à destination des autorités
Objectif spécifique 4 : Concevoir, en deux mois, un tableau de bord de suivi du trafic pour
appuyer la prise de décision.
Définir les indicateurs pertinents de suivi
•Tâche 4.1.1 : Sélectionner les indicateurs clés (temps de parcours, vitesse, densité, etc.)
•Tâche 4.1.2 : Déterminer la fréquence de collecte des données
•Tâche 4.1.3 : Choisir les formats de présentation (graphiques, cartes)
Mettre en place un tableau de bord synthétique
• Tâche 4.2.1 : Créer une interface lisible et accessible
• Tâche 4.2.2 : Intégrer les données disponibles dans l’outil
• Tâche 4.2.3 : Tester et ajuster le tableau avec les utilisateurs ciblés
Objectif spécifique 5 : Mettre en place, dans un délai de trois mois, un système d’information
permettant aux usagers d’éviter les zones embouteillées.
Concevoir un système de diffusion d’alertes routières
•Tâche 5.1.1 : Déterminer les canaux de communication (SMS, radio, panneaux)
•Tâche 5.1.2 : Rédiger des messages clairs sur l’état du trafic en temps réel
•Tâche 5.1.3 : Tester l’efficacité de ces messages sur des itinéraires pilotes
Encourager les usagers à adapter leurs itinéraires
• Tâche 5.2.1 : Identifier des itinéraires alternatifs praticables
• Tâche 5.2.2 : Diffuser des conseils pratiques à des moments clés
• Tâche 5.2.3 : Évaluer les changements de comportement observés