Résolution d'équations polynomiales
Résolution d'équations polynomiales
a) Si (P ,Q ) est un couple solution de polynômes non nuls alors Q 2 = XP 2 donne 2 degQ = 1 + 2 deg P avec
deg P , degQ ∈ ℕ ce qui est impossible. Il reste le cas où l’un des polynômes P ou Q est nul et l’autre, alors,
l’est aussi. Inversement, le couple nul est effectivement solution.
b) Si deg P ≥ 2 alors deg P P = (deg P ) 2 > deg P et donc P n’est pas solution.
Si deg P ≤ 1 alors on peut écrire P = aX + b et alors
a 2 = a
P P = P ⇔ a (aX + b ) + b = aX + b ⇔ ⇔ (a = 1 et b = 0) ou (a = 0 et b quelconque). Finalement
ab = 0
les solutions sont le polynôme X et les polynômes constants.
a) P2 = X 2 − 2 , P3 = X 3 − 3X .
Par récurrence double sur n ∈ ℕ , on montre deg Pn = n et coeff(Pn ) = 1 .
b) Par récurrence double sur n ∈ ℕ :
Pour n = 0 et n = 1 : ok
Supposons la propriété établir aux rangs n et n + 1 (avec n ≥ 0 )
1 1 1 1
Pn +2 (z ) = (z + 1 z )Pn +1 (z ) − Pn (z ) = z + z n +1 + n +1 − z n + n = z n +2 + n +2 .
HR z z z z
Récurrence établie.
c) Pn (2 cos θ ) = Pn (eiθ + e−iθ ) = einθ + e−in θ = 2 cos n θ .
d) Soit x ∈ [−2, 2] . Il existe θ ∈ [0, π ] unique tel que x = 2 cos θ .
π + 2k π
Pn (x ) = 0 ⇔ cos n θ = 0 ⇔ ∃k ∈ {0,…, n −1} , θ = .
2n
π + 2k π
Par suite les x k = 2 cos avec k ∈ {0, …, n −1} constituent n racines distinctes de an ≠ 0 et a 0 ≠ 0 .
2n
Dérivation
Exercice 4 Montrer que pour tout entier naturel n , il existe un unique polynôme Pn ∈ ℝ [X ] tel que
Pn − Pn′ = X n . Exprimer les coefficients de Pn à l’aide de nombres factoriels.
Exercice 5 Déterminer dans K[X ] tous les polynômes divisibles par leur polynôme dérivé.
Parmi les polynômes constants, seul le polynôme nul est divisible par son polynôme dérivé.
Soit P un polynôme non constant et n son degré.
Si P ′ | P alors on peut écrire nP = (X −a )P ′ avec a ∈ K car deg P ′ = deg P −1 .
En dérivant nP ′ = (X −a )P ′′ + P ′ donc (n −1)P ′ = (X −a )P ′′ .
Ainsi de suite jusqu’à P (n −1) = (X −a )P (n ) .
Or, si on pose λ le coefficient dominant de P , on a P (n ) = n !λ donc en remontant les précédents calculs on
obtient n !P = n !(X −a )n λ . Ainsi P = λ (X −a )n . Inversement, un tel polynôme est solution.
Finalement les solutions sont les P = λ (X −a )n avec λ ∈ K .
+∞
1 (n )
Exercice 6 Soit P ∈ K [X ] . Montrer que P (X + 1) = ∑ P (X ) .
n =0 n !
+∞
P (n ) (0) n +∞
P (n ) (0) +∞
P (n +k ) (0)
P (X ) = ∑ X donc P (1) = ∑ et plus généralement P (k ) (1) = ∑ .
n =0 n! n =0 n! n =0 n!
P (k ) (1) k +∞ +∞ 1 P (n +k ) (0) k +∞ +∞ 1 P (n +k ) (0) k +∞ 1 (n )
+∞
P (X + 1) = ∑ X = ∑∑ X = ∑∑ X = ∑ P (X ) .
k =0 k! k = 0 n =0 k ! n! n =0 k =0 k ! n! n =0 n !
Les sommes manipulées ici se limitent toujours à un nombre fini de termes non nuls.
a) X 3 − 2X 2 + 3X − 2 = (X −1)(X 2 − X + 2) .
b) X 3 − 3X 2 + 3X − 2 = (X − 2)(X 2 − X + 1) .
c) X 3 + 3X 2 − 2 = (X + 1)(X 2 + 2X − 2) .
n
Exercice 8 Soit P = ∑ ak X k ∈ K[X ] .
k =0
a) Montrer que P − X divise P P − P .
b) En déduire que P − X divise P P − X .
n
a) P P − P = ∑ ak (P k − X k ) et P − X | P k − X k .
k =0
b) P − X divise P P − P et P − X donc la somme P P − X .
Posons D = pgcd(A, B ) . On a D 2 = pgcd(A2 , B 2 ) associé à A2 donc deg D 2 = deg A2 puis deg D = deg A .
Or D | A donc D et A sont associés. Puisque D | B , on obtient A | B .
Unicité : Soit (U ,V ) et (Uˆ ,Vˆ ) deux couples solutions. On a A(U −Uˆ ) = B (Vˆ −V ) .
A | B (Vˆ −V ) et A ∧ B = 1 donc A |Vˆ −V . Or deg(Vˆ −V ) < deg A donc Vˆ −V = 0 .
Par suite Vˆ = V et de même Uˆ = U .
Existence : Puisque A ∧ B = 1 , il existe U ,V ∈ K [X ] tels que AU + BV = 1 .
Réalisons la division euclidienne de U par B : U = BQ +Uˆ avec degUˆ < deg B .
Posons ensuite Vˆ =V + AQ . On a AUˆ + BVˆ = AU + BV = 1 avec degUˆ < deg B .
Comme deg AUˆ + BVˆ < max(deg AUˆ , deg BVˆ ) on a deg AUˆ = deg BVˆ
d’où degVˆ = deg A + degUˆ − deg B < deg A .
Exercice 11 Soit (A, B ) ∈ K [X ] non nuls. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
2
Division euclidienne
Exercice 14 En réalisant une division euclidienne, former une condition nécessaire et suffisante sur
(λ, µ ) ∈ K 2 pour que X 2 + 2 divise X 4 + X 3 + λX 2 + µX + 2 .
Exercice 15 Soit (a ,b ) ∈ K 2 tel que a ≠ b et P ∈ K[X ] . Exprimer le reste de la division euclidienne de P par
(X −a )(X −b ) en fonction de P (a ) et P (b ) .
Exercice 17 Soit t ∈ ℝ et n ∈ ℕ∗ .
Déterminer le reste de la division euclidienne dans ℝ [X ] de (X cos t + sin t )n par X 2 + 1 .
(X cos t + sin t )n = (X 2 + 1)Q + R avec deg R < 2 ce qui permet d’écrire R = aX + b avec a ,b ∈ ℝ .
Cette relation doit être aussi vraie dans ℂ [X ] et peut donc être évaluée en i :
(i cos t + sin t )n = R (i ) = ai + b or (i cos t + sin t )n = ei (n π 2−nt ) donc a = sin n (π 2 − t ) et b = cos n (π 2 − t ) .
Exercice 19 Soit n , m ∈ ℕ∗ .
a) De la division euclidienne de n par m , déduire celle de X n −1 par X m −1 .
b) Etablir que pgcd(X n −1, X m −1) = X pgcd(n ,m ) −1
a) n = mq + r avec 0 ≤ r < m .
X n −1 = X mq +r −1 = X mq +r − X r + X r −1 = X r (X mq −1) + X r −1
or X mq −1 = (X m −1)(1 + X m + ⋯ + X m (q −1) ) donc X n −1 = (X m −1)Q + R avec
Q = X r (1 + X m + ⋯ + X m (q −1) ) et R = X r −1 .
Puisque deg R < deg X m −1 , R est le reste de la division euclidienne de X n −1 par X m −1 .
b) Suivons l’algorithme d’Euclide calculant le pgcd de n et m .
a 0 = n , a1 = m puis tant que ak ≠ 0 , on pose ak +1 le reste de la division euclidienne de ak −1 par ak .
Cet algorithme donne pgcd(m , n ) = a p avec a p le dernier reste non nul.
Par la question ci-dessus on observer que si on pose Ak = X ak −1 alors A0 = X n −1 , A1 = X m −1 et pour tout
k tel que ak ≠ 0 , Ak ≠ 0 et Ak +1 est le reste de la division euclidienne de Ak −1 par Ak .
Par suite pgcd(X n −1, X m −1) = pgcd(A0 , A1 ) = pgcd(A1 , A2 ) = ⋯ = pgcd(Ap , Ap +1 ) = Ap = X pgcd(m ,n ) −1 car
Ap +1 = 0 puisque a p +1 = 0 .
Exercice 20 Soit P1 = X 2 + 1 , P2 = X 2 + X −1 et P3 = X 2 + X .
Montrer que la famille (P1 , P2 , P3 ) est une base de K 2 [X ] .
λ1 − λ2 = 0
Supposons λ1P1 + λ2P2 + λ3P3 = 0 . Par égalité de coefficients de polynômes : λ2 + λ3 = 0 .
λ1 + λ2 + λ3 = 0
Après résolution λ1 = λ2 = λ3 = 0 .
La famille (P1 , P2 , P3 ) est une famille libre formée de 3 = dim K 2 [X ] polynômes de K 2 [X ] , c’est donc une
base de K 2 [X ] .
Supposons λ0P0 + ⋯ + λn Pn = 0 .
En évaluant en 0, on obtient λ0 = 0 et alors λ1X (1− X )n −1 + ⋯ + λn X n = 0 .
En simplifiant par X (ce qui est possible car X ≠ 0 ) on obtient λ1 (1− X )n −1 + ⋯ + λn X n −1 = 0 qui évaluée en
0 donne λ1 = 0 . On reprend ce processus jusqu’à obtention de λ2 = … = λn = 0 .
La famille (P0 ,…, Pn ) est une famille libre de n + 1 = dim Kn [X ] éléments de Kn [X ] (car deg Pk = n ), c’est
donc une base de Kn [X ] .
X (X −1) … (X − k + 1)
Exercice 23 On pose Pk = pour k ∈ {0, …, n } .
k!
a) Montrer que (P0 , P1 , …, Pn ) est une base de ℝ n [X ] .
b) Montrer que ∀x ∈ ℤ, ∀k ∈ ℤ , Pk (x ) ∈ ℤ .
c) Trouver tous les polynômes P tels que ∀x ∈ ℤ, P (x ) ∈ ℤ .
a) polynôme de degrés étagés.
m
b) Quand k ≤ m : Pk (m ) = .
k
Quand 0 ≤ m ≤ k −1 : Pk (m ) = 0 .
m + k −1
Quand m < 0 , Pk (m ) = (−1)k .
k
c) Soit P non nul solution, P = λ0P0 + ⋯ + λn Pn (avec n = deg P ).
P (0) ∈ ℤ donne λ0 ∈ ℤ .
P (1) ∈ ℤ sachant λ0P0 (1) ∈ ℤ donne λ1 ∈ ℤ etc... Inversement ok
Finalement les polynômes solutions sont ceux se décomposant en coefficients entiers sur les Pk .
On a alors λ f + µg = (λP + µPˆ )(x ) sin x + (λQ + µQˆ )(x ) cos x avec λP + µPˆ , λQ + µQˆ ∈ ℝ n [X ] donc
λ f + µg ∈ F et finalement F est un sous-espace vectoriel de E .
b) Posons fk (x ) = x k sin x et g k (x ) = x k cos x avec k ∈ {0, …, n } .
Les fonctions f0 ,…, fn , g 0 ,…, gn sont des fonctions de F formant clairement une famille génératrice.
Supposons λ0 f0 + ⋯ + λn fn + µ0g 0 + ⋯ + µn gn = 0 alors pour tout x ∈ ℝ on a :
(λ0 + λ1x + ⋯ + λn x n )sin x + (µ0 + µ1x + ⋯ + µn x n )cos x = 0 .
Pour x = π 2 + 2k π avec k ∈ ℤ , on obtient une infinité de racine au polynôme λ0 + λ1X + ⋯ + λn X n .
Ceci permet d’affirmer λ0 = λ1 = … = λn = 0 .
Pour x = 2k π avec k ∈ ℤ , on peut affirmer µ0 = µ1 = … = µn = 0 .
On peut conclure que ( f0 ,…, fn , g 0 ,…, gn ) est libre et donc une base de F puis dim F = 2(n + 1) .
F ⊂ Kn [X ] , 0 ∈ F car A | 0 .
Soit λ, µ ∈ K et P ,Q ∈ F . A | P et A | Q donc A | λP + µQ puis A | F .
Ainsi F est un sous-espace vectoriel de Kn [X ] . Notons p = deg A . On a F ⊕ K p−1 [X ] = Kn [X ] ce qui
détermine un supplémentaire de F et donne dim F = n + 1 − p .
noyau de dimension 1 et en vertu du théorème du rang surjective. Il s’en suit que ∆ est surjective.
c) Notons T ∈ L(ℂ [X ]) défini par T (P ) = P (X + 1) .
n
n
∆ = T − I donc ∆n = ∑ (−1)n −k T k avec T k (P ) = P (X + k ) donc
k =0
k
n
n
∆n (P ) = (−1)n ∑ (−1)k P (X + k )
k =0
k
n
d) Si deg P < n alors ∆n (P ) = 0 donc ∑C
k =0
k
n (−1)k P (k ) = 0 .
a) Si P ∈ Kn [X ] alors ϕ (P ) ∈ Kn [X ] .
Si deg P = n + 1 alors (n + 1)P et XP ′ ont même degré ( n + 1 ) et même coefficient dominant dont
deg(n + 1)P − XP ′ < n + 1 puis (n + 1)P − XP ′ ∈ Kn [X ] .
Finalement ∀P ∈ Kn +1 [X ] , ϕ (P ) ∈ Kn [X ] et donc l’application ϕ est bien définie.
Pour λ , µ ∈ K et tout P ,Q ∈ Kn [X ] :
ϕ(λP + µQ ) = (n + 1)(λP + µQ ) − X (λP + µQ ) ′ = λ ((n + 1)P − XP ′) + µ((n + 1)Q − XQ ′)
et donc ϕ(λP + µQ ) = λϕ(P ) + µϕ(Q ) .
n +1
b) Soit P = ∑ a k X k ∈ Kn +1 [X ] . ϕ(P ) = 0 ⇔ ∀k ∈ {0,1,…, n + 1} , (n + 1)ak = kak .
k =0
a) ϕ est linaire. Si deg P = k ∈ ℕ alors deg ϕ(P ) = k donc ker ϕ = {0} . Par suite ϕ est bijective.
b) (P0 ,…, Pn ) est une famille de polynômes de degrés étagés, c’est donc une base de ℝ n [X ] .
n
Puisque Pn (X + 1) ∈ ℝ n [X ] , on peut écrire Pn (X + 1) = ∑ λk Pk .
k =0
n
c) Pn (X + 2) + Pn (X + 1) = 2(X + 1)n et Pn (X + 2) + Pn (X + 1) = ∑ 2λk X k donc λk = C nk .
k =0
n −1
1 n −1
Pn = 2X − Pn (X + 1) = 2X − ∑C Pk − Pn puis Pn = X − ∑C nk Pk .
n n k
n
n
k =0 2 k =0
Soit λ , µ ∈ ℝ et P1 , P2 ∈ ℝ [X ] .
On a P1 = AQ1 + r (P1 ), P2 = AQ2 + r (P2 ) avec deg r (P1 ), deg r (P2 ) < deg A .
Donc λP1 + µP2 = A(λQ1 + µQ2 ) + λr (P1 ) + µr (P2 ) avec deg(λr (P1 ) + µr (P2 )) < deg A .
Par suite r (λP1 + µP2 ) = λr (P1 ) + µr (P2 ) . Finalement r est un endomorphisme de ℝ [X ] .
De plus pour tout P ∈ ℝ [X ] , on a r (P ) = A× 0 + r (P ) avec deg r (P ) < deg A donc r (r (P )) = r (P ) . Ainsi
r 2 = r . r est un projecteur.
∀P ∈ ℝ [X ] , r (P ) = 0 ⇔ A | P , donc ker r = A.ℝ [X ] .
∀P ∈ ℝ [X ] , r (P ) ∈ ℝ n −1 [X ] en posant n = deg A . Donc Im r ⊂ ℝ n −1 [X ] .
Inversement, ∀P ∈ ℝ n −1 [X ] , r (P ) = P ∈ Im r . Donc ℝ n −1 [X ] ⊂ Im r .
Finalement Im r = ℝ n −1 [X ] .
Exercice 31 a) Soit P = an X n + an −1X n −1 + ... + a1X + a 0 un polynôme à coefficients entiers tel que
an ≠ 0 et a 0 ≠ 0 .
On suppose que P admet une racine rationnelle r = p q exprimée sous forme irréductible.
Montrer que p | a 0 et q | an .
b) Factoriser P = 2X 3 − X 2 −13X + 5 .
c) Le polynôme P = X 3 + 3X −1 est-il irréductible dans ℚ [X ] ?
a) P (p q ) = 0 donne an p n + an −1p n −1q + ⋯ + a1pq n −1 + a 0q n = 0 .
Puisque p | an p n + ⋯ + a1pq n −1 , on a p | a 0q n or p ∧ q = 1 donc p | a 0 . De même q | an .
p 5
b) Si P admet un racine rationnelle r = alors p ∈ {−5, −1,1,5} et q ∈ {1, 2} . − est racine de P .
q 2
3 + 5 3 − 5
P = 2X 3 − X 2 −13X + 5 = (2X + 5)(X 2 − 3X + 1) = (2X + 5) X − X − .
2 2
c) Si P est composé dans ℚ [X ] alors P possède une racine rationnelle, or ce n’est pas le cas.
Donc P est irréductible dans ℚ [X ] .
ϕ est clairement linéaire et si P ∈ ker ϕ alors P a plus de racines (comptés avec multiplicité) que son degré
donc P = 0 . Ainsi ϕ est injective et puisque dim ℝ 2n +1 [X ] = dim ℝ 2n +2 , ϕ est un isomorphisme.
Posons n = deg P ≥ 2 , a1 < a 2 < … < a p les racines réelles distinctes de P et α1 , α2 ,..., αp leurs ordres
respectifs. On a α1 + α2 + ⋯ + αp = n car P est supposé scindé.
En appliquant le théorème de Rolle à x ֏ Pɶ (x ) sur chaque ai , ai +1 on justifie l’existence de racines distinctes
b1 ,b2 , …,bp−1 disposée de sorte que a1 < b1 < a 2 < b2 < … < bp−1 < a p .
Comme les a1 , a 2 , …, a p sont des racines d’ordres α1 −1, α2 −1,…, αp −1 de P ′ et que b1 ,b2 , …,bp−1 sont des
racines au moins simples de P ′ , on vient de déterminer (n −1) = deg P ′ racines de P ′ comptées avec leur
multiplicité. Finalement P ′ est scindé.
Racines et arithmétique
Exercice 40 Montrer qu’il existe un unique polynôme P de degré inférieur à 3 tel que :
(X −1) 2 | P −1 et (X + 1)2 | P + 1 . Déterminer celui-ci.
1 est au moins racine double de P −1 donc 1 est au moins racine simple de (P −1) ′ = P ′ .
De même −1 est au moins racine simple de P ′ . Par suite X 2 −1| P ′ .
Puisque deg P ′ ≤ 2 , on peut écrire P ′ = λ (X 2 −1) avec λ ∈ K .
λ 3
Par suite P = X − λX + µ . P (1) = 1 et P (−1) = −1 permettent de déterminer λ et µ .
3
3
On obtient : λ = − et µ = 0 .
2
Exercice 41 Justifier : ∀ (n , p ,q ) ∈ ℕ 3 , 1 + X + X 2 | X 3n + X 3p +1 + X 3q +2 .
1 + X + X 2 = (X − j )(X − j 2 ) .
j et j 2 sont racines de X 3n + X 3p +1 + X 3q + 2 donc 1 + X + X 2 | X 3n + X 3p +1 + X 3q +2 .
X 2 + X + 1 = (X − j )(X − j 2 ) .
X 2 + X + 1| X 2n + X n + 1 ⇔ j et j 2 sont racines de X 2n + X n + 1 .
Puisque X 2n + X n + 1 est polynôme réel j en est racine ssi j 2 l’est.
3 si n = 0 [3]
(X 2n + X n + 1)( j ) = j 2n + j n + 1 = .
0 sinon
Finalement X 2 + X + 1 | X 2n + X n + 1 ⇔ n ≠ 0 [3] .
Factorisation de polynômes
2π 4π
et X 5 −1 = (X −1)(X 2 − 2 cos X + 1)(X 2 − 2 cos X + 1) dans ℝ [X ] .
5 5
c) (X 2 − X + 1) 2 + 1 = (X 2 − X + 1 + i )(X 2 − X + 1− i ) = (X − i )(X −1 + i )(X + i )(X −1− i ) dans ℂ [X ] et
(X 2 − X + 1) 2 + 1 = (X 2 + 1)(X 2 − 2X + 2) dans ℝ [X ] .
a) X 4 + X 2 + 1 = (X 2 + 1) 2 − X 2 = (X 2 + X + 1)(X 2 − X + 1)
b) X 4 + X 2 − 6 = (X 2 + 1 2)2 − 25 4 = (X 2 − 2)(X 2 + 3) = (X − 2)(X + 2)(X 2 + 3)
c) X 8 + X 4 + 1 = (X 4 + 1) 2 − (X 2 ) 2 = (X 4 − X 2 + 1)(X 4 + X 2 + 1) puis
X 8 + X 4 + 1 == (X 2 + X + 1)(X 2 − X + 1)(X 3 + 3X + 1)(X 2 − 3X + 1) .
kπ
Les racines de (X + i )n − (X − i )n sont les z k = cot avec k ∈ {1, 2,…, n −1} .
n
n −1
kπ
Par suite ∏ (X − cot n ) | (X + i )
k =1
n
− (X − i )n et par suite λ ∈ K tel que
n −1
kπ
(X + i ) − (X − i )n = λ∏ (X − cot
n
)
k =1 n
Le coefficient dominant de (X + i )n − (X − i )n étant 2ni , on obtient :
n −1
kπ
(X + i )n − (X − i )n = 2ni ∏ (X − cot )
k =1 n
Les racines de X 2 − 2 cos aX + 1 sont eia et e−ia donc X 2n − 2 cos aX n + 1 = (X n − eia )(X n − e−ia ) .
a + 2k π
i
Les racines de X n − eia sont les e n
avec k ∈ {0, …, n −1} et de même pour X n − e−ia .
n −1 a + 2k π n −1 −a + 2k π
Ainsi X 2n − 2 cos aX n + 1 = ∏ (X − e )∏ (X − e
i i
n n
) dans ℂ [X ] puis
k =0 k =0
a + 2k π a + 2k π
n −1 − n −1
a + 2k π
X 2n − 2 cos aX n + 1 = ∏ (X − e ) =∏ (X 2 − 2 cos
i
n
)(X − e n
X + 1) dans ℝ [X ] .
k =0 k =0 n
Exercice 48 Trouver les racines dans ℂ du polynôme X 4 + 12X − 5 sachant qu’il possède deux racines dont
la somme est 2.
Exercice 49 Donner une condition nécessaire et suffisante sur λ ∈ ℂ pour que X 3 − 7X + λ admette une
racine qui soit le double d’une autre. Résoudre alors l’équation.
Pour que X 3 − 7X + λ admette une racine double d’une autre il est nécessaire que λ = 6 ou − 6 .
Pour λ = 6 , X 3 − 7X + 6 admet 1, 2 et − 3 pour racines.
Pour λ = −6 , X 3 − 7X − 6 admet −1, −2 et 3 pour racines.
Exercice 50 Résoudre x 3 − 8x 2 + 23x − 28 = 0 sachant que la somme de deux des racines est égale à la
troisième.
x1x 2x 3 = 28 4x1x 2 = 28
Pour déterminer x1 et x 2 il reste à résoudre x 2 − 4x + 7 = 0 .
Finalement x1 = 2 + i 3, x 2 = 2 − i 3 et x 3 = 4 .
σ = x + x + x = 2 + 2
1 1 2 3
1 1 1 1
2
1 1
Exercice 53 Soit x , y , z ∈ ℂ∗ tel que x + y + z = 0 . Montrer que + 2 + 2 = + + .
x 2
y z x y z
Posons σ1 = x + y + z , σ2 = xy + yz + zx et σ3 = xyz
1 1 1 y 2z 2 + z 2 x 2 + x 2y 2
2
+ 2+ 2= .
x y z (xyz ) 2
Or σ 2 2 = x 2y 2 + y 2z 2 + z 2x 2 + 2(xyz 2 + yzx 2 + zxy 2 ) = x 2y 2 + y 2z 2 + z 2x 2 + 2σ1σ3 .
σ
2
1 1 1
2
σ 2 − 2σ σ
Donc 2 + 2 + 2 = 2 2 1 3 = 2 = + + car σ1 = 0 .
1 1 1
x y z σ3 σ3 x y z
n
Exercice 54 Pour n ∈ ℕ∗ on pose Pn = ∑ X k .
k =0
n n
a) (X −1)Pn = X n +1 −1 = ∏ (X − e 2ik π (n +1) ) donc Pn = ∏ (X − e 2ik π (n +1) ) .
k =0 k =1
n k π n i nk+π1 n n i
kπ
a) f0 : x ֏ 1, f1 : x ֏ x , f2 : x ֏ 2x 2 −1 et f3 : x ֏ 4x 3 − 3x
b) fn +1 (x ) + fn −1 (x ) = cos((n + 1)θ ) + cos((n −1)θ ) = 2cos θ cos n θ = 2xfn (x ) en posant θ = arccosx .
c) Existence : Par récurrence double sur n ∈ ℕ .
Pour n = 0 et n = 1 : T0 = 1 et T1 = X conviennent.
Supposons le résultat établi aux rangs n −1 et n ≥ 1 .
Soit Tn +1 le polynôme défini par Tn +1 = 2XTn −Tn −1 .
On a Tn +1 (x ) = 2xTn (x ) −Tn −1 (x ) = 2xfn (x ) − fn −1 (x ) = fn +1 (x ) .
C polynôme Tn +1 convient. Récurrence établie.
Unicité : Si Tn et Rn conviennent, alors ceux-ci prennent mêmes valeurs en un infinité de points, ils sont donc
égaux.
d) Comme Tn +1 = 2XTn −Tn −1 , on montre par récurrence double sur n ∈ ℕ que ∀n ∈ ℕ, degTn = n .
Il est alors aisé de montrer, par récurrence simple que degT0 = 0 et ∀n ∈ ℕ * , degTn = 2n −1
e) Résolvons l’équation Tn (x ) = 0 sur [−1,1] :
π π π
cos(n arccos x ) = 0 ⇔ n arccos x = [ π ] ⇔ arccos x =
2 2n n
(2k + 1)π
Posons x 0 , x1 ,…, x n −1 définis par x k = cos .
2n
x 0 , x1 ,…, x n −1 forment n racines distinctes appartenant à ]−1,1[ du polynôme Tn .
Or degTn = n donc il ne peut y avoir d’autres racines et celles-ci sont nécessairement simples.
P et Q sont deux polynômes de degré inférieur à n et prenant mêmes valeurs aux n + 1 points a 0 ,a1 ,..., an ils
sont donc égaux.
n! 1 1
donc ∫
(2n )! −1
Ln (t )Q (t )dt = −∫ (t 2 −1)(n −1)Q ′(t )dt
−1
1 1
puis en reprenant le processus ∫ −1
Ln (t )Q (t )dt = (−1)n ∫ (t 2 −1)(0)Qɶ (n ) (t )dt = 0
−1
donc 1 + Pn + 2Pn = X 2Pn 2 − XPn −1Pn − Pn −1 (XPn − Pn −1 ) = X 2Pn 2 − 2XPn −1Pn + Pn2−1 = Pn2+1
Récurrence établie.
b) La relation ci-dessus peut se relire : UPn +VPn +1 = 1 . Donc Pn et Pn +1 sont premiers entre eux.
c) Par récurrence sur m ∈ ℕ , établissons la propriété : ∀n ∈ ℕ∗ , Pm +n = Pn Pm +1 − Pn −1Pm .
Pour m = 0 : ok
Supposons la propriété établie au rang m ≥ 0 . Pour tout n ∈ ℕ∗
Pm +n +1 = Pn +1Pm +1 − Pn Pm = (XPn − Pn −1 )Pm +1 − Pn Pm = (XPm +1 − Pm )Pn − Pn −1Pm +1
donc Pm +n +1 = Pm + 2Pn − Pn −1Pm +1 . Récurrence établie.
d) Posons D = pgcd(Pn , Pn +m ) et E = pgcd(Pn , Pm ) .
Comme Pn +m = Pn Pm +1 − Pn −1Pm on a E | D .
Comme Pn −1Pm = Pn Pm +1 − Pm +n et Pn ∧ Pn −1 = 1 on a D | E . Finalement D = E .
En notant r le reste de la division euclidienne de m par n on a m = nq + r avec q ∈ ℕ et
pgcd(Pn , Pm ) = pgcd(Pn , Pn −m ) = pgcd(Pn , Pn −2m ) = … = pgcd(Pn , Pr ) .
e) En suivant l’algorithme d’Euclide menant le calcul de pgcd(m , n ) simultanément avec celui menant le calcul
de pgcd(Pm , Pn ) , on observe que pgcd(Pn , Pm ) = Ppgcd(m ,n ) .
dn −x n n
n n
n! n ! k −x
n (
Par la formule de dérivation de Leibniz e x ) = ∑ (x n )(n −k ) (e−x )(k ) = ∑ (−1)k x e
dx k =0
k k =0 k !(n − k )! k!
n
(n !)2
donc Ln = ∑ (−1)k X k est un polynôme de degré n et de coefficient dominant (−1)n .
k =0 (k !)2 (n − k )!
david Delaunay [Link]