0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues17 pages

Résolution d'équations polynomiales

Le document traite de divers exercices sur les polynômes, incluant la résolution d'équations polynomiales, la définition de suites de polynômes, et des propriétés de dérivation. Il aborde également des concepts d'arithmétique des polynômes, tels que la divisibilité et les relations entre polynômes. Enfin, il explore des résultats sur les polynômes premiers entre eux et la division euclidienne.

Transféré par

noussaibaelforkani01
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues17 pages

Résolution d'équations polynomiales

Le document traite de divers exercices sur les polynômes, incluant la résolution d'équations polynomiales, la définition de suites de polynômes, et des propriétés de dérivation. Il aborde également des concepts d'arithmétique des polynômes, tels que la divisibilité et les relations entre polynômes. Enfin, il explore des résultats sur les polynômes premiers entre eux et la division euclidienne.

Transféré par

noussaibaelforkani01
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L’anneau des polynômes

Exercice 1 Résoudre les équations suivantes :


a) Q 2 = XP 2 d’inconnues P ,Q ∈ K [X ]
b) P  P = P d’inconnue P ∈ K [X ] .

a) Si (P ,Q ) est un couple solution de polynômes non nuls alors Q 2 = XP 2 donne 2 degQ = 1 + 2 deg P avec
deg P , degQ ∈ ℕ ce qui est impossible. Il reste le cas où l’un des polynômes P ou Q est nul et l’autre, alors,
l’est aussi. Inversement, le couple nul est effectivement solution.
b) Si deg P ≥ 2 alors deg P  P = (deg P ) 2 > deg P et donc P n’est pas solution.
Si deg P ≤ 1 alors on peut écrire P = aX + b et alors
a 2 = a
P  P = P ⇔ a (aX + b ) + b = aX + b ⇔  ⇔ (a = 1 et b = 0) ou (a = 0 et b quelconque). Finalement
ab = 0
les solutions sont le polynôme X et les polynômes constants.

Exercice 2 On définit une suite de polynôme (Pn ) par P0 = 2, P1 = X et ∀n ∈ ℕ, Pn + 2 = XPn +1 − Pn .


a) Calculer P2 et P3 .
Déterminer degré et coefficient dominant de Pn .
b) Montrer que, pour tout n ∈ ℕ et pour tout z ∈ ℂ∗ on a Pn (z + 1 z ) = z n + 1 z n .
c) En déduire une expression simple de Pn (2 cos θ ) pour θ ∈ ℝ .
d) Déterminer les racines de Pn .

a) P2 = X 2 − 2 , P3 = X 3 − 3X .
Par récurrence double sur n ∈ ℕ , on montre deg Pn = n et coeff(Pn ) = 1 .
b) Par récurrence double sur n ∈ ℕ :
Pour n = 0 et n = 1 : ok
Supposons la propriété établir aux rangs n et n + 1 (avec n ≥ 0 )
 1  1   1 1
Pn +2 (z ) = (z + 1 z )Pn +1 (z ) − Pn (z ) = z + z n +1 + n +1  − z n + n  = z n +2 + n +2 .

HR  z  z   z  z
Récurrence établie.
c) Pn (2 cos θ ) = Pn (eiθ + e−iθ ) = einθ + e−in θ = 2 cos n θ .
d) Soit x ∈ [−2, 2] . Il existe θ ∈ [0, π ] unique tel que x = 2 cos θ .
π + 2k π
Pn (x ) = 0 ⇔ cos n θ = 0 ⇔ ∃k ∈ {0,…, n −1} , θ = .
2n
 π + 2k π 
Par suite les x k = 2 cos  avec k ∈ {0, …, n −1} constituent n racines distinctes de an ≠ 0 et a 0 ≠ 0 .
 2n 

Dérivation

Exercice 3 Résoudre les équations suivantes :


a) P ′ 2 = 4P d’inconnue P ∈ K [X ]
b) (X 2 + 1)P ′′ − 6P = 0 d’inconnue P ∈ K [X ] .

a) Parmi les polynômes constants, seul le polynôme nul est solution.


Parmi les polynômes non constants, si P est solution alors 2(deg P −1) = deg P et donc deg P = 2 . On peut
alors écrire P = aX 2 + bX + c avec a ≠ 0 .
a = 1
P ′ 2 = 4P ⇔ 4a 2 X 2 + 4ab + b 2 = 4aX 2 + 4bX + 4c ⇔ 
c = b 4
2
Les solutions de l’équation sont P = 0 et P = X 2 + bX + b 2 4 avec b ∈ K .
b) Parmi les polynôme de degré inférieur à 1, seul le polynôme nul est solution.
Pour P polynôme tel que deg P ≥ 2 alors la relation (X 2 + 1)P ′′ − 6P = 0 implique, en raisonnant sur
l’annulation des coefficients dominants, deg P (deg P −1) = 6 donc deg P = 3 .
En cherchant P sous la forme P = aX 3 + bX 2 + cX + d avec a ∈ K ∗ , on obtient que seuls les polynômes
P = a (X 3 + X ) avec a ∈ K ∗ sont solutions.
Finalement les polynômes solutions sont les a (X 3 + X ) avec a ∈ K .

Exercice 4 Montrer que pour tout entier naturel n , il existe un unique polynôme Pn ∈ ℝ [X ] tel que
Pn − Pn′ = X n . Exprimer les coefficients de Pn à l’aide de nombres factoriels.

Les polynômes solutions de Pn − Pn′ = X n sont nécessairement de degré n .


Cherchons ceux-ci de la forme : Pn = an X n + an −1X n −1 + ⋯ + a1X + a 0 .
Pn − Pn′ = X n équivaut à an = 1, an −1 = nan ,an −2 = (n −1)an −1 ,…,a 0 = 1.a1 .
Par suite l’équation Pn − Pn′ = X n possède une et une seule solution qui est :
n
n! k
P = X n + nX n −1 + n (n −1)X n −2 + ⋯ + n ! = ∑ X .
k =0 k !

Exercice 5 Déterminer dans K[X ] tous les polynômes divisibles par leur polynôme dérivé.

Parmi les polynômes constants, seul le polynôme nul est divisible par son polynôme dérivé.
Soit P un polynôme non constant et n son degré.
Si P ′ | P alors on peut écrire nP = (X −a )P ′ avec a ∈ K car deg P ′ = deg P −1 .
En dérivant nP ′ = (X −a )P ′′ + P ′ donc (n −1)P ′ = (X −a )P ′′ .
Ainsi de suite jusqu’à P (n −1) = (X −a )P (n ) .
Or, si on pose λ le coefficient dominant de P , on a P (n ) = n !λ donc en remontant les précédents calculs on
obtient n !P = n !(X −a )n λ . Ainsi P = λ (X −a )n . Inversement, un tel polynôme est solution.
Finalement les solutions sont les P = λ (X −a )n avec λ ∈ K .

+∞
1 (n )
Exercice 6 Soit P ∈ K [X ] . Montrer que P (X + 1) = ∑ P (X ) .
n =0 n !
+∞
P (n ) (0) n +∞
P (n ) (0) +∞
P (n +k ) (0)
P (X ) = ∑ X donc P (1) = ∑ et plus généralement P (k ) (1) = ∑ .
n =0 n! n =0 n! n =0 n!
P (k ) (1) k +∞ +∞ 1 P (n +k ) (0) k +∞ +∞ 1 P (n +k ) (0) k +∞ 1 (n )
+∞
P (X + 1) = ∑ X = ∑∑ X = ∑∑ X = ∑ P (X ) .
k =0 k! k = 0 n =0 k ! n! n =0 k =0 k ! n! n =0 n !
Les sommes manipulées ici se limitent toujours à un nombre fini de termes non nuls.

Arithmétique des polynômes

Exercice 7 Montrer les divisibilités suivantes et déterminer les quotients correspondant :


a) X −1 | X 3 − 2X 2 + 3X − 2 b) X − 2 | X 3 − 3X 2 + 3X − 2 c) X + 1 | X 3 + 3X 2 − 2 .

a) X 3 − 2X 2 + 3X − 2 = (X −1)(X 2 − X + 2) .
b) X 3 − 3X 2 + 3X − 2 = (X − 2)(X 2 − X + 1) .
c) X 3 + 3X 2 − 2 = (X + 1)(X 2 + 2X − 2) .
n
Exercice 8 Soit P = ∑ ak X k ∈ K[X ] .
k =0
a) Montrer que P − X divise P  P − P .
b) En déduire que P − X divise P  P − X .
n
a) P  P − P = ∑ ak (P k − X k ) et P − X | P k − X k .
k =0
b) P − X divise P  P − P et P − X donc la somme P  P − X .

Exercice 9 Soit A, B ∈ K [X ] tels que A2 | B 2 . Montrer que A | B .

Posons D = pgcd(A, B ) . On a D 2 = pgcd(A2 , B 2 ) associé à A2 donc deg D 2 = deg A2 puis deg D = deg A .
Or D | A donc D et A sont associés. Puisque D | B , on obtient A | B .

Exercice 10 Soit A, B ∈ K [X ] non constants et premiers entre eux.

Montrer qu’il existe un unique couple (U ,V ) ∈ K [X ] tel que AU + BV = 1 et


2
{degU < deg B
degV < deg A
.

Unicité : Soit (U ,V ) et (Uˆ ,Vˆ ) deux couples solutions. On a A(U −Uˆ ) = B (Vˆ −V ) .
A | B (Vˆ −V ) et A ∧ B = 1 donc A |Vˆ −V . Or deg(Vˆ −V ) < deg A donc Vˆ −V = 0 .
Par suite Vˆ = V et de même Uˆ = U .
Existence : Puisque A ∧ B = 1 , il existe U ,V ∈ K [X ] tels que AU + BV = 1 .
Réalisons la division euclidienne de U par B : U = BQ +Uˆ avec degUˆ < deg B .
Posons ensuite Vˆ =V + AQ . On a AUˆ + BVˆ = AU + BV = 1 avec degUˆ < deg B .
Comme deg AUˆ + BVˆ < max(deg AUˆ , deg BVˆ ) on a deg AUˆ = deg BVˆ
d’où degVˆ = deg A + degUˆ − deg B < deg A .

Exercice 11 Soit (A, B ) ∈ K [X ] non nuls. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
2

(i) A et B ne sont pas premiers entre eux.


(ii) ∃(U ,V ) ∈ (K [X ]− {0}) 2 tel que AU + BV = 0 , degU < deg B et degV < deg A .

(i) ⇒ (ii) Posons D = pgcd(A, B ) qui est non constant.


Puisque D | A et D | B on peut écrire A = DV et −B = DU avec degV < deg A et degU < deg B .
de sorte que AU + BV = DUV − DUV = 0 .
(ii) ⇒ (i) Supposons (ii)
Si par l’absurde A ∧ B = 1 alors, puisque A | −BV on a A |V .
Or V ≠ 0 donc deg A ≤ degV ce qui est exclu. Absurde.

Exercice 12 Soit A, B ∈ K[X ] non nuls.


Montrer : A et B sont premiers entre eux ssi A + B et AB le sont.

Si A ∧ B = 1 alors il existe U ,V ∈ K [X ] tels que AU + BV = 1 .


On a alors A(U −V ) + (A + B )V = 1 donc A ∧ (A + B ) = 1 . De même B ∧ (A + B ) = 1 .
Par suite AB ∧ (A + B ) = 1 .
Si AB ∧ (A + B ) = 1 alors puisque pgcd(A, B ) | AB et pgcd(A, B ) | A + B on a pgcd(A, B ) = 1 puis
A∧B = 1.

Exercice 13 Soit A, B ,C ∈ K [X ] tels que A et B soient premiers entre eux.


Montrer : pgcd(A, BC ) = pgcd(A,C ) .
pgcd(A,C ) | A et pgcd(A,C ) | C donc pgcd(A,C ) | BC puis pgcd(A,C ) | pgcd(A, BC ) .
Inversement. Posons D = pgcd(A, BC ) . On a D | A et A ∧ B = 1 donc D ∧ B = 1 .
De plus D | BC donc par le théorème de Gauss, D | C et finalement D | pgcd(A,C ) .

Division euclidienne

Exercice 14 En réalisant une division euclidienne, former une condition nécessaire et suffisante sur
(λ, µ ) ∈ K 2 pour que X 2 + 2 divise X 4 + X 3 + λX 2 + µX + 2 .

X 4 + X 3 + λX 2 + µX + 2 = (X 2 + 2)(X 2 + X + (λ − 2)) + (µ − 2)X + 6 − 2λ .


Le polynôme X 2 + 2 divise X 4 + X 3 + λX 2 + µX + 2 ssi λ = 3, µ = 2 .

Exercice 15 Soit (a ,b ) ∈ K 2 tel que a ≠ b et P ∈ K[X ] . Exprimer le reste de la division euclidienne de P par
(X −a )(X −b ) en fonction de P (a ) et P (b ) .

Cette division euclidienne s’écrit P = Q (X −a )(X −b ) + R avec deg R < 2 .


On peut écrire R = αX + β . En évaluant en a et b , on obtient un système dont la résolution donne
P (b ) − P (a ) bP (a ) −aP (b )
α= et β = .
b −a b −a

Exercice 16 Soit a ∈ K et P ∈ K[X ] . Exprimer le reste de la division euclidienne de P par (X −a ) 2 en


fonction de P (a ) et P ′ (a ) .

Cette division euclidienne s’écrit P = Q (X −a ) 2 + R avec deg R < 2 .


On peut écrire R = αX + β . En évaluant en a , puis en dérivant avant d’évaluer à nouveau en a , on obtient un
système dont la résolution donne α = P ′(a ) et β = P (a ) −aP ′(a ) .

Exercice 17 Soit t ∈ ℝ et n ∈ ℕ∗ .
Déterminer le reste de la division euclidienne dans ℝ [X ] de (X cos t + sin t )n par X 2 + 1 .

(X cos t + sin t )n = (X 2 + 1)Q + R avec deg R < 2 ce qui permet d’écrire R = aX + b avec a ,b ∈ ℝ .
Cette relation doit être aussi vraie dans ℂ [X ] et peut donc être évaluée en i :
(i cos t + sin t )n = R (i ) = ai + b or (i cos t + sin t )n = ei (n π 2−nt ) donc a = sin n (π 2 − t ) et b = cos n (π 2 − t ) .

Exercice 18 Soit k , n ∈ ℕ∗ et r le reste de la division euclidienne de k par n .


Montrer que le reste de la division euclidienne de X k par X n −1 est X r .

k = nq + r avec 0 ≤ r < n . On a X k − X r = X r (X nq −1) or X n −1 | X nq −1 donc on peut écrire


X nq −1 = (X n −1)Q (X ) puis X k = (X n −1)X rQ (X ) + X r avec deg X r < deg(X n −1) ce qui permet de
reconnaître le reste de division euclidienne cherchée.

Exercice 19 Soit n , m ∈ ℕ∗ .
a) De la division euclidienne de n par m , déduire celle de X n −1 par X m −1 .
b) Etablir que pgcd(X n −1, X m −1) = X pgcd(n ,m ) −1

a) n = mq + r avec 0 ≤ r < m .
X n −1 = X mq +r −1 = X mq +r − X r + X r −1 = X r (X mq −1) + X r −1
or X mq −1 = (X m −1)(1 + X m + ⋯ + X m (q −1) ) donc X n −1 = (X m −1)Q + R avec
Q = X r (1 + X m + ⋯ + X m (q −1) ) et R = X r −1 .
Puisque deg R < deg X m −1 , R est le reste de la division euclidienne de X n −1 par X m −1 .
b) Suivons l’algorithme d’Euclide calculant le pgcd de n et m .
a 0 = n , a1 = m puis tant que ak ≠ 0 , on pose ak +1 le reste de la division euclidienne de ak −1 par ak .
Cet algorithme donne pgcd(m , n ) = a p avec a p le dernier reste non nul.
Par la question ci-dessus on observer que si on pose Ak = X ak −1 alors A0 = X n −1 , A1 = X m −1 et pour tout
k tel que ak ≠ 0 , Ak ≠ 0 et Ak +1 est le reste de la division euclidienne de Ak −1 par Ak .
Par suite pgcd(X n −1, X m −1) = pgcd(A0 , A1 ) = pgcd(A1 , A2 ) = ⋯ = pgcd(Ap , Ap +1 ) = Ap = X pgcd(m ,n ) −1 car
Ap +1 = 0 puisque a p +1 = 0 .

L’espace vectoriel des polynômes

Exercice 20 Soit P1 = X 2 + 1 , P2 = X 2 + X −1 et P3 = X 2 + X .
Montrer que la famille (P1 , P2 , P3 ) est une base de K 2 [X ] .

 λ1 − λ2 = 0
Supposons λ1P1 + λ2P2 + λ3P3 = 0 . Par égalité de coefficients de polynômes :   λ2 + λ3 = 0 .

λ1 + λ2 + λ3 = 0
Après résolution λ1 = λ2 = λ3 = 0 .
La famille (P1 , P2 , P3 ) est une famille libre formée de 3 = dim K 2 [X ] polynômes de K 2 [X ] , c’est donc une
base de K 2 [X ] .

Exercice 21 Pour k ∈ {0, …, n } , on pose Pk = (X + 1)k +1 − X k +1 .


Montrer que la famille (P0 ,…, Pn ) est une base de Kn [X ] .

On remarque que deg Pk = k donc Pk ∈ Kn [X ] .


Supposons λ0P0 + ⋯ + λn Pn = 0 .
Si λn ≠ 0 alors deg(λ0P0 + ⋯ + λn Pn ) = n car deg(λ0P0 + ⋯ + λn −1Pn −1 ) ≤ n −1 et deg λn Pn = n
Ceci est exclu, donc λn = 0 .
Sachant λn = 0 , le même raisonnement donne λn −1 = 0 et ainsi de suite λn −2 = … = λ0 = 0 .
La famille (P0 ,…, Pn ) est une famille libre de n + 1 = dim Kn [X ] éléments de Kn [X ] , c’est donc une base de
K n [X ] .

Exercice 22 Pour k ∈ {0, …, n } , on pose Pk = X k (1− X )n −k .


Montrer que la famille (P0 ,…, Pn ) est une base de Kn [X ] .

Supposons λ0P0 + ⋯ + λn Pn = 0 .
En évaluant en 0, on obtient λ0 = 0 et alors λ1X (1− X )n −1 + ⋯ + λn X n = 0 .
En simplifiant par X (ce qui est possible car X ≠ 0 ) on obtient λ1 (1− X )n −1 + ⋯ + λn X n −1 = 0 qui évaluée en
0 donne λ1 = 0 . On reprend ce processus jusqu’à obtention de λ2 = … = λn = 0 .
La famille (P0 ,…, Pn ) est une famille libre de n + 1 = dim Kn [X ] éléments de Kn [X ] (car deg Pk = n ), c’est
donc une base de Kn [X ] .

X (X −1) … (X − k + 1)
Exercice 23 On pose Pk = pour k ∈ {0, …, n } .
k!
a) Montrer que (P0 , P1 , …, Pn ) est une base de ℝ n [X ] .
b) Montrer que ∀x ∈ ℤ, ∀k ∈ ℤ , Pk (x ) ∈ ℤ .
c) Trouver tous les polynômes P tels que ∀x ∈ ℤ, P (x ) ∈ ℤ .
a) polynôme de degrés étagés.
m 
b) Quand k ≤ m : Pk (m ) =   .
k 
Quand 0 ≤ m ≤ k −1 : Pk (m ) = 0 .
m + k −1
Quand m < 0 , Pk (m ) = (−1)k   .
 k 
c) Soit P non nul solution, P = λ0P0 + ⋯ + λn Pn (avec n = deg P ).
P (0) ∈ ℤ donne λ0 ∈ ℤ .
P (1) ∈ ℤ sachant λ0P0 (1) ∈ ℤ donne λ1 ∈ ℤ etc... Inversement ok
Finalement les polynômes solutions sont ceux se décomposant en coefficients entiers sur les Pk .

Exercice 24 Soit E l’espace vectoriel des applications de ℝ dans ℝ .


On considère F la partie de E constituée des applications de la forme :
x ֏ P (x )sin x +Q (x ) cos x avec P ,Q ∈ ℝ n [X ] .
a) Montrer que F un sous-espace vectoriel de E .
b) Montrer que F est de dimension finie et déterminer dim F .

a) F ⊂ E et la fonction nulle appartient à F (en prenant P = Q = 0 ∈ ℝ n [X ] )


Soit f , g ∈ F et λ , µ ∈ ℝ . On peut écrire f (x ) = P (x ) sin x +Q (x ) cos x et g (x ) = Pˆ (x )sin x +Qˆ (x ) cos x avec
P ,Q , Pˆ ,Qˆ ∈ ℝ [X ] .
n

On a alors λ f + µg = (λP + µPˆ )(x ) sin x + (λQ + µQˆ )(x ) cos x avec λP + µPˆ , λQ + µQˆ ∈ ℝ n [X ] donc
λ f + µg ∈ F et finalement F est un sous-espace vectoriel de E .
b) Posons fk (x ) = x k sin x et g k (x ) = x k cos x avec k ∈ {0, …, n } .
Les fonctions f0 ,…, fn , g 0 ,…, gn sont des fonctions de F formant clairement une famille génératrice.
Supposons λ0 f0 + ⋯ + λn fn + µ0g 0 + ⋯ + µn gn = 0 alors pour tout x ∈ ℝ on a :
(λ0 + λ1x + ⋯ + λn x n )sin x + (µ0 + µ1x + ⋯ + µn x n )cos x = 0 .
Pour x = π 2 + 2k π avec k ∈ ℤ , on obtient une infinité de racine au polynôme λ0 + λ1X + ⋯ + λn X n .
Ceci permet d’affirmer λ0 = λ1 = … = λn = 0 .
Pour x = 2k π avec k ∈ ℤ , on peut affirmer µ0 = µ1 = … = µn = 0 .
On peut conclure que ( f0 ,…, fn , g 0 ,…, gn ) est libre et donc une base de F puis dim F = 2(n + 1) .

Exercice 25 Soit n ∈ ℕ et A ∈ Kn [X ] un polynôme non nul.


Montrer que F = {P ∈ Kn [X ] / A | P } est un sous-espace vectoriel de Kn [X ] et en déterminer la
dimension et un supplémentaire.

F ⊂ Kn [X ] , 0 ∈ F car A | 0 .
Soit λ, µ ∈ K et P ,Q ∈ F . A | P et A | Q donc A | λP + µQ puis A | F .
Ainsi F est un sous-espace vectoriel de Kn [X ] . Notons p = deg A . On a F ⊕ K p−1 [X ] = Kn [X ] ce qui
détermine un supplémentaire de F et donne dim F = n + 1 − p .

Endomorphisme opérant sur les polynômes

Exercice 26 Soit n ∈ ℕ∗ et ∆ : K n +1[X ] → K n[X ] l’application définie par : ∆(P ) = P (X + 1) − P (X ) .


a) Montrer que ∆ est bien définie et que ∆ est une application linéaire.
b) Déterminer le noyau de ∆ .
c) En déduire que cette application est surjective.
a) P (X + 1) et P (X ) sont de polynômes de mêmes degré et de coefficients dominants égaux donc
deg P (X + 1) − P (X ) < deg P à moins que P = 0 . Par suite ∀P ∈ Kn +1 [X ] , ∆(P ) ∈ Kn [X ] .
Soit λ , µ ∈ K et P ,Q ∈ K n +1[X ] .
∆(λP + µQ ) = (λP + µQ )(X + 1) − (λP + µQ )(X ) = λ (P (X + 1) − P (X )) + µ(Q (X + 1) −Q (X ))
donc ∆(λP + µQ ) = λ∆(P ) + µ∆(Q ) .
b) P ∈ ker ∆ ⇔ P (X + 1) − P (X ) .
En écrivant P ∈ ker ∆ ⇔ P (X + 1) = P (X ) ⇔ a 0 + a1 (X + 1) + ⋯ + an (X + 1)n = a 0 + a1X + ⋯ + an X n
En développant et en identifiant les coefficients, on obtient successivement, an = 0,…, a1 = 0 et donc
ker ∆ = K 0 [X ] .
c) Par le théorème du rang rg ∆ = dim Kn +1 [X ]− dim ker ∆ = n + 2 −1 = n + 1 = dim Kn [X ] donc ∆ est
surjectif.

Exercice 27 Soit ∆ : ℂ [X ] → ℂ [X ] l’application définie par ∆ (P ) = P (X + 1) − P (X )


a) Montrer que ∆ est un endomorphisme et que pour tout polynôme P non constant
deg (∆(P )) = deg P −1 .
b) Déterminer ker ∆ et Im ∆ .
n
n 
c) Soit P ∈ ℂ [X ] et n ∈ ℕ . Montrer que ∆n (P ) = (−1)n ∑ (−1)k   P (X + k ) .
k =0
k 
n
n 
d) En déduire que si deg P < n alors on a ∑ k  (−1) P (k ) = 0 .
k =0
k

a) ∆ est clairement linéaire.


Soit P ∈ ℂ [X ] non nul et n = deg P . On peut écrire P = a 0 + a1X + ⋯ + an X n avec an ≠ 0 .
∆(P ) = a1∆(X ) + ⋯ + an ∆(X n ) or deg ∆(X ),…, deg ∆(X n −1 ) ≤ n −1 et deg ∆(X n ) = n −1 donc
deg ∆(P ) = n −1 .
b) Si P est constant alors ∆(P ) = 0 et sinon ∆(P ) ≠ 0 donc ker ∆ = ℂ 0 [X ] .
Soit P ∈ ℂ n [X ] . La restriction ∆
ɶ de ∆ au départ ℂ [X ] et à l’arrivée dans ℂ [X ] est bien définie, de
n +1 n

noyau de dimension 1 et en vertu du théorème du rang surjective. Il s’en suit que ∆ est surjective.
c) Notons T ∈ L(ℂ [X ]) défini par T (P ) = P (X + 1) .
n
n 
∆ = T − I donc ∆n = ∑ (−1)n −k  T k avec T k (P ) = P (X + k ) donc
k =0
k 
n
n 
∆n (P ) = (−1)n ∑ (−1)k   P (X + k )
k =0
k
n
d) Si deg P < n alors ∆n (P ) = 0 donc ∑C
k =0
k
n (−1)k P (k ) = 0 .

Exercice 28 Soit ϕ : Kn +1 [X ] → Kn [X ] définie par ϕ (P ) = (n + 1)P − XP ′ .


a) Justifier que ϕ est bien définie et que c’est une application linéaire.
b) Déterminer le noyau de ϕ .
c) En déduire que ϕ est surjective.

a) Si P ∈ Kn [X ] alors ϕ (P ) ∈ Kn [X ] .
Si deg P = n + 1 alors (n + 1)P et XP ′ ont même degré ( n + 1 ) et même coefficient dominant dont
deg(n + 1)P − XP ′ < n + 1 puis (n + 1)P − XP ′ ∈ Kn [X ] .
Finalement ∀P ∈ Kn +1 [X ] , ϕ (P ) ∈ Kn [X ] et donc l’application ϕ est bien définie.
Pour λ , µ ∈ K et tout P ,Q ∈ Kn [X ] :
ϕ(λP + µQ ) = (n + 1)(λP + µQ ) − X (λP + µQ ) ′ = λ ((n + 1)P − XP ′) + µ((n + 1)Q − XQ ′)
et donc ϕ(λP + µQ ) = λϕ(P ) + µϕ(Q ) .
n +1
b) Soit P = ∑ a k X k ∈ Kn +1 [X ] . ϕ(P ) = 0 ⇔ ∀k ∈ {0,1,…, n + 1} , (n + 1)ak = kak .
k =0

Ainsi P ∈ ker ϕ ⇔ ∀k ∈ {0,1…, n } , ak = 0 . Par suite ker ϕ = Vect(X n +1 ) .


c) Par le théorème du rang rg(ϕ) = dim Kn +1 [X ] − dim ker ϕ = n + 1 = dim Kn [X ] donc ϕ est surjective.

Exercice 29 a) Montrer que ϕ : ℝ n [X ] → ℝ n [X ] définie par ϕ(P ) = P (X ) + P (X + 1) est bijective.


On en déduit qu’il existe un unique Pn ∈ ℝ n [X ] tel que : Pn (X ) + Pn (X + 1) = 2X n .
Montrer que pour tout n ∈ ℕ , il existe Pn ∈ ℝ n [X ] unique tel que : Pn (X ) + Pn (X + 1) = 2X n .
b) Justifier qu’on peut exprimer Pn (X + 1) en fonction de P0 ,…, Pn .
c) En calculant de deux façons Pn (X + 2) + Pn (X + 1) déterminer une relation donnant Pn en
fonction de P0 ,…, Pn −1 .

a) ϕ est linaire. Si deg P = k ∈ ℕ alors deg ϕ(P ) = k donc ker ϕ = {0} . Par suite ϕ est bijective.
b) (P0 ,…, Pn ) est une famille de polynômes de degrés étagés, c’est donc une base de ℝ n [X ] .
n
Puisque Pn (X + 1) ∈ ℝ n [X ] , on peut écrire Pn (X + 1) = ∑ λk Pk .
k =0
n
c) Pn (X + 2) + Pn (X + 1) = 2(X + 1)n et Pn (X + 2) + Pn (X + 1) = ∑ 2λk X k donc λk = C nk .
k =0
n −1
1 n −1
Pn = 2X − Pn (X + 1) = 2X − ∑C Pk − Pn puis Pn = X − ∑C nk Pk .
n n k
n
n

k =0 2 k =0

Exercice 30 Soit A un polynôme non nul de ℝ [X ] et r : ℝ [X ] → ℝ [X ] l’application définie par :


∀P ∈ ℝ [X ] , r (P ) est le reste de la division euclidienne de P par A .
Montrer que r est un endomorphisme de ℝ [X ] tel que r 2 = r  r = r .
Déterminer le noyau et l’image de cet endomorphisme.

Soit λ , µ ∈ ℝ et P1 , P2 ∈ ℝ [X ] .
On a P1 = AQ1 + r (P1 ), P2 = AQ2 + r (P2 ) avec deg r (P1 ), deg r (P2 ) < deg A .
Donc λP1 + µP2 = A(λQ1 + µQ2 ) + λr (P1 ) + µr (P2 ) avec deg(λr (P1 ) + µr (P2 )) < deg A .
Par suite r (λP1 + µP2 ) = λr (P1 ) + µr (P2 ) . Finalement r est un endomorphisme de ℝ [X ] .
De plus pour tout P ∈ ℝ [X ] , on a r (P ) = A× 0 + r (P ) avec deg r (P ) < deg A donc r (r (P )) = r (P ) . Ainsi
r 2 = r . r est un projecteur.
∀P ∈ ℝ [X ] , r (P ) = 0 ⇔ A | P , donc ker r = A.ℝ [X ] .
∀P ∈ ℝ [X ] , r (P ) ∈ ℝ n −1 [X ] en posant n = deg A . Donc Im r ⊂ ℝ n −1 [X ] .
Inversement, ∀P ∈ ℝ n −1 [X ] , r (P ) = P ∈ Im r . Donc ℝ n −1 [X ] ⊂ Im r .
Finalement Im r = ℝ n −1 [X ] .

Racines d’un polynôme

Exercice 31 a) Soit P = an X n + an −1X n −1 + ... + a1X + a 0 un polynôme à coefficients entiers tel que
an ≠ 0 et a 0 ≠ 0 .
On suppose que P admet une racine rationnelle r = p q exprimée sous forme irréductible.
Montrer que p | a 0 et q | an .
b) Factoriser P = 2X 3 − X 2 −13X + 5 .
c) Le polynôme P = X 3 + 3X −1 est-il irréductible dans ℚ [X ] ?
a) P (p q ) = 0 donne an p n + an −1p n −1q + ⋯ + a1pq n −1 + a 0q n = 0 .
Puisque p | an p n + ⋯ + a1pq n −1 , on a p | a 0q n or p ∧ q = 1 donc p | a 0 . De même q | an .
p 5
b) Si P admet un racine rationnelle r = alors p ∈ {−5, −1,1,5} et q ∈ {1, 2} . − est racine de P .
q 2
 
3 + 5  3 − 5 
P = 2X 3 − X 2 −13X + 5 = (2X + 5)(X 2 − 3X + 1) = (2X + 5) X − X − .
 2  2 
c) Si P est composé dans ℚ [X ] alors P possède une racine rationnelle, or ce n’est pas le cas.
Donc P est irréductible dans ℚ [X ] .

Exercice 32 Soit a ,b ,c trois éléments, non nuls et distincts, du corps K .


X (X −b )(X −c ) X (X −c )(X −a ) X (X −a )(X −b )
Démontrer que le polynôme P = + + peut
a (a −b )(a −c ) b (b −c )(b −a ) c (c −a )(c −b )
s’écrire sous la forme P = λ (X −a )(X −b )(X −c ) + 1 où λ est une constante que l’on
déterminera.

P (a ) = P (b ) = P (c ) = 1 et a ,b ,c deux à deux distincts donc (X −a )(X −b )(X −c ) | P −1 .


De plus deg P ≤ 3 donc ∃λ ∈ K tel que P = λ (X −a )(X −b )(X −c ) + 1 .
1
Puisque P (0) = 0 , on a λ = .
abc

Exercice 33 Soit P ∈ ℂ [X ] un polynôme non nul tel que P (X 2 ) + P (X )P (X + 1) = 0 .


a) Montrer que si a est racine de P alors a 2 l’est aussi
b) En déduire que a = 0 ou bien a est racine de l’unité.

a) Si P (a ) = 0 alors P (a 2 ) = −P (a )P (a + 1) = 0 donc a 2 est racine de P .


n
b) Si a ≠ 0 et a non racine de l’unité alors la suite des a 2 est une suite de complexe deux à deux distincts, or
tous les termes de cette suite sont racines de P or P ≠ 0 donc ce polynôme ne peut avoir une infinité de
racines. Absurde.

Exercice 34 Soit P un polynôme de degré n + 1 ∈ ℕ∗ à coefficients réels, possédant n + 1 racines réelles


distinctes.
a) Montrer que son polynôme dérivé P ′ possède exactement n racines réelles distinctes.
b) En déduire que les racines du polynôme P 2 + 1 sont toutes simples dans ℂ .

a) Notons a 0 < a1 < … < an les racines de P .


En appliquant le théorème de Rolle à x ֏ P (x ) sur [ai −1 ,ai ] on obtient ∃bi ∈ ]ai −1 , ai [ tel que P ′(bi ) = 0 .
Puisque a 0 < b1 < a1 < b2 < … < bn < an , on obtient ainsi n racines réelles pour P ′ .
Puisque deg P ′ = deg P −1 = n , il ne peut y en avoir d’autres.
b) Une racine multiple de P 2 + 1 est racine de (P 2 + 1) ′ = 2PP ′ . Or les racines de P ne sont pas racines de
P 2 + 1 et les racines de P ′ sont réelles et ne peuvent donc être racines de P 2 + 1 . Par suite P 2 + 1 et (P 2 + 1) ′
n’ont pas de racines communes : les racines de P 2 + 1 sont simples.

Exercice 35 Soit a 0 , a1 , …, an des éléments deux à deux distincts de K .


Montrer que l’application ϕ : Kn [X ] → Kn +1 définie par ϕ(P ) = (P (a 0 ), P (a1 ), …, P (an )) est un
isomorphisme de K -espace vectoriel.

Soit λ , µ ∈ K et P ,Q ∈ Kn [X ] . Clairement ϕ(λP + µQ ) = λϕ(P ) + µϕ(Q ) .


Soit P ∈ ker ϕ . On a ϕ(P ) = (0, …, 0) donc P (a 0 ) = P (a1 ) = … = P (an ) = 0 .
deg P ≤ n et P admet au moins n + 1 racines distinctes donc P = 0 .
ker ϕ = {0} donc ϕ est injectif. De plus dim Kn [X ] = dim Kn +1 donc ϕ est un isomorphisme.
Exercice 36 Soit a 0 , …, an des réels distincts et ϕ : ℝ 2n +1 [X ] → ℝ 2n +2 définie par
ϕ(P ) = (P (a 0 ), P ′(a 0 ),…, P (an ), P ′(an )) . Montrer que ϕ est bijective.

ϕ est clairement linéaire et si P ∈ ker ϕ alors P a plus de racines (comptés avec multiplicité) que son degré
donc P = 0 . Ainsi ϕ est injective et puisque dim ℝ 2n +1 [X ] = dim ℝ 2n +2 , ϕ est un isomorphisme.

Exercice 37 Soit P ∈ ℝ [X ] un polynôme scindé de degré supérieur à 2.


Montrer que P ′ est scindé.

Posons n = deg P ≥ 2 , a1 < a 2 < … < a p les racines réelles distinctes de P et α1 , α2 ,..., αp leurs ordres
respectifs. On a α1 + α2 + ⋯ + αp = n car P est supposé scindé.
En appliquant le théorème de Rolle à x ֏ Pɶ (x ) sur chaque ai , ai +1  on justifie l’existence de racines distinctes
b1 ,b2 , …,bp−1 disposée de sorte que a1 < b1 < a 2 < b2 < … < bp−1 < a p .
Comme les a1 , a 2 , …, a p sont des racines d’ordres α1 −1, α2 −1,…, αp −1 de P ′ et que b1 ,b2 , …,bp−1 sont des
racines au moins simples de P ′ , on vient de déterminer (n −1) = deg P ′ racines de P ′ comptées avec leur
multiplicité. Finalement P ′ est scindé.

Racines et arithmétique

Exercice 38 Soit p et q deux entiers supérieurs à 2 et premiers entre eux.


Montrer que : (X p −1)(X q −1) | (X −1)(X pq −1) .

Les racines de X p −1 sont simples et toutes racines de X pq −1 .


Les racines de X q −1 sont simples et toutes racines de X pq −1 .
En dehors de 1, les racines de X p −1 et X q −1 sont distinctes.
Comme 1 racine double de (X −1)(X pq −1) , on peut conclure (X p −1)(X q −1) | (X −1)(X pq −1) .

Exercice 39 Justifier les divisibilités suivantes :


a) ∀n ∈ ℕ , X 2 | (X + 1)n − nX −1
b) ∀n ∈ ℕ∗ , (X −1)3 | nX n +2 − (n + 2).X n +1 + (n + 2)X − n

a) Posons P = (X + 1)n − nX −1 . On a P (0) = 0 et P ′ = n (X + 1)n −1 − n donc P ′(0) = 0 .


0 est au moins racine double de P donc X 2 | P .
b) Posons P = nX n +2 − (n + 2).X n +1 + (n + 2)X − n . On observe P (1) = P ′(1) = P ′′(1) = 0 .
1 est au moins racine triple de P donc (X −1)3 | P .

Exercice 40 Montrer qu’il existe un unique polynôme P de degré inférieur à 3 tel que :
(X −1) 2 | P −1 et (X + 1)2 | P + 1 . Déterminer celui-ci.

1 est au moins racine double de P −1 donc 1 est au moins racine simple de (P −1) ′ = P ′ .
De même −1 est au moins racine simple de P ′ . Par suite X 2 −1| P ′ .
Puisque deg P ′ ≤ 2 , on peut écrire P ′ = λ (X 2 −1) avec λ ∈ K .
λ 3
Par suite P = X − λX + µ . P (1) = 1 et P (−1) = −1 permettent de déterminer λ et µ .
3
3
On obtient : λ = − et µ = 0 .
2

Exercice 41 Justifier : ∀ (n , p ,q ) ∈ ℕ 3 , 1 + X + X 2 | X 3n + X 3p +1 + X 3q +2 .
1 + X + X 2 = (X − j )(X − j 2 ) .
j et j 2 sont racines de X 3n + X 3p +1 + X 3q + 2 donc 1 + X + X 2 | X 3n + X 3p +1 + X 3q +2 .

Exercice 42 Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur n ∈ ℕ pour que X 2 + X + 1| X 2n + X n + 1 .

X 2 + X + 1 = (X − j )(X − j 2 ) .
X 2 + X + 1| X 2n + X n + 1 ⇔ j et j 2 sont racines de X 2n + X n + 1 .
Puisque X 2n + X n + 1 est polynôme réel j en est racine ssi j 2 l’est.
3 si n = 0 [3]
(X 2n + X n + 1)( j ) = j 2n + j n + 1 =  .
0 sinon
Finalement X 2 + X + 1 | X 2n + X n + 1 ⇔ n ≠ 0 [3] .

Factorisation de polynômes

Exercice 43 Factoriser dans ℂ [X ] puis dans ℝ [X ] les polynômes suivants :


a) X 4 −1 b) X 5 −1 c) (X 2 − X + 1) 2 + 1 .

a) X 4 −1 = (X −1)(X + 1)(X − i )(X + i ) dans ℂ [X ] et X 4 −1 = (X −1)(X + 1)(X 2 + 1) dans ℝ [X ] .


4 2ik π
b) X 5 −1 = ∏ (X − e 5
) dans ℂ [X ]
k =0

2π 4π
et X 5 −1 = (X −1)(X 2 − 2 cos X + 1)(X 2 − 2 cos X + 1) dans ℝ [X ] .
5 5
c) (X 2 − X + 1) 2 + 1 = (X 2 − X + 1 + i )(X 2 − X + 1− i ) = (X − i )(X −1 + i )(X + i )(X −1− i ) dans ℂ [X ] et
(X 2 − X + 1) 2 + 1 = (X 2 + 1)(X 2 − 2X + 2) dans ℝ [X ] .

Exercice 44 Factoriser dans ℝ [X ] les polynômes suivants :


a) X 4 + X 2 + 1 b) X 4 + X 2 − 6 c) X 8 + X 4 + 1 .

a) X 4 + X 2 + 1 = (X 2 + 1) 2 − X 2 = (X 2 + X + 1)(X 2 − X + 1)
b) X 4 + X 2 − 6 = (X 2 + 1 2)2 − 25 4 = (X 2 − 2)(X 2 + 3) = (X − 2)(X + 2)(X 2 + 3)
c) X 8 + X 4 + 1 = (X 4 + 1) 2 − (X 2 ) 2 = (X 4 − X 2 + 1)(X 4 + X 2 + 1) puis
X 8 + X 4 + 1 == (X 2 + X + 1)(X 2 − X + 1)(X 3 + 3X + 1)(X 2 − 3X + 1) .

Exercice 45 Factoriser le polynôme (X + i )n − (X − i )n pour n ∈ ℕ∗ .


Les racines de (X + i )n − (X − i )n sont les z k = cot avec k ∈ {1, 2,…, n −1} .
n
n −1

Par suite ∏ (X − cot n ) | (X + i )
k =1
n
− (X − i )n et par suite λ ∈ K tel que
n −1

(X + i ) − (X − i )n = λ∏ (X − cot
n
)
k =1 n
Le coefficient dominant de (X + i )n − (X − i )n étant 2ni , on obtient :
n −1

(X + i )n − (X − i )n = 2ni ∏ (X − cot )
k =1 n

Exercice 46 Former la décomposition primaire dans ℝ [X ] de P = X 2n +1 −1 (avec n ∈ ℕ ).


2ik π

Les racines complexes de P sont les ωk = e 2n +1 avec k ∈ {0,…, 2n } .


On observe ωk = ω2n −k pour k ∈ {1, …, n } donc
n n
2k π
P = (X −1)∏ (X − ωk )(X − ωk ) = (X −1)∏ X 2 − 2 cos +1 .
k =1 k =1 2n + 1

Exercice 47 Soit a ∈ ]0, π[ et n ∈ ℕ∗ . Factoriser dans ℂ [X ] puis dans ℝ [X ] le polynôme


X 2n − 2 cos aX n + 1 .

Les racines de X 2 − 2 cos aX + 1 sont eia et e−ia donc X 2n − 2 cos aX n + 1 = (X n − eia )(X n − e−ia ) .
a + 2k π
i
Les racines de X n − eia sont les e n
avec k ∈ {0, …, n −1} et de même pour X n − e−ia .
n −1 a + 2k π n −1 −a + 2k π
Ainsi X 2n − 2 cos aX n + 1 = ∏ (X − e )∏ (X − e
i i
n n
) dans ℂ [X ] puis
k =0 k =0
a + 2k π a + 2k π
n −1 − n −1
a + 2k π
X 2n − 2 cos aX n + 1 = ∏ (X − e ) =∏ (X 2 − 2 cos
i
n
)(X − e n
X + 1) dans ℝ [X ] .
k =0 k =0 n

Relations entre racines et coefficients

Exercice 48 Trouver les racines dans ℂ du polynôme X 4 + 12X − 5 sachant qu’il possède deux racines dont
la somme est 2.

Notons x1 , x 2 , x 3 , x 4 les racines du polynôme considéré avec x1 + x 2 = 2 .


σ1 = x1 + x 2 + x 3 + x 4 = 0

σ2 = x1x 2 + x1x 3 + x1x 4 + x 2x 3 + x 2x 4 + x 3x 4 = 0
σ = x x x + x x x + x x x + x x x = −12
 3 1 2 3 1 2 4 1 3 4 2 3 4
σ = x x x x = −5
 4 1 2 3 4

σ1 donne x 3 + x 4 = −2 , σ2 donne x1x 2 + x 3x 4 = 4 et σ3 donne x1x 2 − x 3x 4 = 6 .


On obtient x1x 2 = 5 et x 3x 4 = −1 .
x1 et x 2 sont les racines de X 2 − 2X + 5 i.e. 1 ± 2i .
x 3 et x 4 sont les racines de X 2 + 2X −1 i.e. −1 ± 2 .

Exercice 49 Donner une condition nécessaire et suffisante sur λ ∈ ℂ pour que X 3 − 7X + λ admette une
racine qui soit le double d’une autre. Résoudre alors l’équation.

Notons x1 , x 2 , x 3 les racines de X 3 − 7X + λ . On peut supposer x 2 = 2x1 .


Les relations entre coefficients et racines donnent :
x1 + x 2 + x 3 = 0 x 3 = −3x1 x 3 = −3x1
x x + x x + x x = −7 d’où 2x 2 − 6x 2 − 3x 2 = −7 puis x 2 = 1 .
 1 2 2 3 3 1
 1 3 1 1
 1
x x x
 1 2 3 = − λ −6x1 = −λ λ = 6x1
3

Pour que X 3 − 7X + λ admette une racine double d’une autre il est nécessaire que λ = 6 ou − 6 .
Pour λ = 6 , X 3 − 7X + 6 admet 1, 2 et − 3 pour racines.
Pour λ = −6 , X 3 − 7X − 6 admet −1, −2 et 3 pour racines.

Exercice 50 Résoudre x 3 − 8x 2 + 23x − 28 = 0 sachant que la somme de deux des racines est égale à la
troisième.

Notons x1 , x 2 , x 3 les racines de X 3 − 8X 2 + 23X − 28 . On peut supposer x1 + x 2 = x 3 .


Les relations entre coefficients et racines donnent :
x1 + x 2 + x 3 = 8 x 3 = 4
x x + x x + x x = 23 d’où x x + 4(x + x ) = 23 .
 1 2 2 3 3 1
 1 2 2 1

x1x 2x 3 = 28 4x1x 2 = 28
Pour déterminer x1 et x 2 il reste à résoudre x 2 − 4x + 7 = 0 .
Finalement x1 = 2 + i 3, x 2 = 2 − i 3 et x 3 = 4 .

Exercice 51 On considère l’équation : x 3 − (2 + 2)x 2 + 2( 2 + 1)x − 2 2 = 0 de racines x1 , x 2 et x 3 .


a) Former une équation dont x12 , x 22 et x 32 seraient racines.
b) En déduire les valeurs de x1 , x 2 , x 3 .

σ = x + x + x = 2 + 2
 1 1 2 3

a)  σ2 = x1x 2 + x 2x 3 + x 3x1 = 2 2 + 2 ,



σ3 = x1x 2x 3 = 2 2

On en déduit x12 + x 22 + x 32 = σ12 − 2σ 2 = 2 , x12x 22 + x 22x 32 + x 32x12 = σ22 − 2σ3σ1 = 4 et x12x 22x 32 = 8 .
Donc x12 , x 22 et x 32 sont racines de x 3 − 2x 2 + 4x − 8 = 0 .
b) 2 est racine de l’équation ci-dessus : x 3 − 2x 2 + 4x − 8 = (x − 2)(x 2 + 4) = (x − 2)(x + 2i )(x − 2i ) .
Quitte à réindexer : x12 = 2, x 22 = 2i et x 32 = −2i d’où x1 = ± 2, x 2 = ±(1 + i ) et x 3 = ± (1− i ) .
Puisque x1 + x 2 + x 3 = 2 + 2 , on a x1 = 2, x 2 = 1 + i et x 3 = 1− i .

Exercice 52 Déterminer les triplets : (x , y , z ) ∈ ℂ3 tel que


x + y + z = 1 x (y + z ) = 1 x + y + z = 2
a)  1 x + 1 y + 1 z = 1 b)  y (z + x ) = 1 c)  x + y + z = 14 .
2 2 2
   3
xyz = −4 z (x + y ) = 1 x + y + z = 20
3 3

a) Soit (x , y , z ) un triplet solution


1 1 1
On a σ1 = x + y + z = 1, σ3 = xyz = −4 et σ 2 = xy + yz + zx = xyz ( + + ) = −4 .
x y z
Par suite x , y , z sont les racines de : X 3 − σ1X 2 + σ2 X − σ3 = X 3 − X 2 − 4X + 4 = (X −1)(X − 2)(X + 2) .
Donc {x , y , z } = {1, −2, 2} .
Inversement de tels triplets sont solutions.
x (y + z ) = 1 (1)
b) Soit (x , y , z ) un triplet solution de  y (z + x ) = 1 (2)

z (x + y ) = 1 (3)
(1) − (2) donne xz = yz , (3) donne z ≠ 0 donc x = y .
De même on obtient x = z .
Ainsi x = y = z = 1 2 ou −1 2 .
Inversement de tels triplets sont solutions.
c) Soit (x , y , z ) un triplet solution.
Posons S1 = x + y + z = 2, S 2 = x 2 + y 2 + z 2 = 14 et S 3 = x 3 + y 3 + z 3 .
Déterminons σ1 = x + y + z , σ2 = xy + yz + zx et σ3 = xyz .
On a σ1 = 2 .
S12 − S 2 = 2σ2 . Par suite σ2 = −5 .
Posons t = x 2y + yx 2 + y 2z + zy 2 + z 2x + xz 2 .
On a S1S 2 = S 3 + t d’où t = S1S 2 − S 3 = 8
1
On a S13 = S 3 + 3t + 6σ3 d’où σ3 = (S13 − S 3 − 3t ) = −6 .
6
Par suite x , y , z sont les racines de : X 3 − σ1X 2 + σ2 X − σ3 = X 3 − 2X 2 − 5X + 6 = (X −1)(X + 2)(X − 3) .
Donc {x , y , z } = {1, −2,3} .
Inversement de tels triplets sont solutions.

1  1 1 1
2
1 1
Exercice 53 Soit x , y , z ∈ ℂ∗ tel que x + y + z = 0 . Montrer que + 2 + 2 =  + +  .
x 2
y z  x y z 

Posons σ1 = x + y + z , σ2 = xy + yz + zx et σ3 = xyz
1 1 1 y 2z 2 + z 2 x 2 + x 2y 2
2
+ 2+ 2= .
x y z (xyz ) 2
Or σ 2 2 = x 2y 2 + y 2z 2 + z 2x 2 + 2(xyz 2 + yzx 2 + zxy 2 ) = x 2y 2 + y 2z 2 + z 2x 2 + 2σ1σ3 .
σ 
2
1 1 1
2
σ 2 − 2σ σ
Donc 2 + 2 + 2 = 2 2 1 3 =  2  =  + +  car σ1 = 0 .
1 1 1
x y z σ3  σ3   x y z 

n
Exercice 54 Pour n ∈ ℕ∗ on pose Pn = ∑ X k .
k =0

a) Former la décomposition primaire de Pn dans ℂ [X ] .


n

b) En déduire la valeur de ∏ sin n +1 .
k =1

n n
a) (X −1)Pn = X n +1 −1 = ∏ (X − e 2ik π (n +1) ) donc Pn = ∏ (X − e 2ik π (n +1) ) .
k =0 k =1
n  k π  n i nk+π1 n n i

b) Pn (1) = n + 1 et Pn (1) = ∏ (1− e 2ik π (n +1) ) = (−2i )n ∏ sin 


 n + 1 ∏ ∏e
 e mais n +1
= exp(in π 2) = i n
k =1 k =1 k =1 k =1
n
kπ n +1
donc ∏ sin = n .
k =1 n +1 2

Exercice 55 Soit a ∈ ℝ et n ∈ ℕ∗ . Résoudre dans ℂ l’équation (1 + z )n = cos(2na ) + i sin(2na ) .


n −1
 kπ 
En déduire la valeur de ∏ sin a +  .
k =0

 n
2a + 2k π
i
(1 + z )n = cos(2na ) + i sin(2na ) = e 2ina ⇔ 1 + z = e n
avec k ∈ {0,1,…, n −1} .
2a + 2k π
i
Cette équation possède donc n solutions distinctes qui sont z k = e n
−1 avec k ∈ {0,1,…, n −1} .
n −1
On observe alors ∏z
k =0
k = (−1)n (1− e2ina ) .
n −1 n −1 2a + 2k π n −1 kπ (n −1) π n −1
i (a + kπ ina +i kπ
∏z = ∏ (e −1) = ∏ e ∏
i )
Or : k
n n
2i sin(a + ) = 2n i n e 2
sin(a + )
k =0 k =0 k =0 n k =0 n
n −1 n −1
kπ n −1
kπ i 1− e2ina 1
donc ∏z
k =0
k = 2n i −1 (−1)n eina ∏ sin(a +
k =0 n
) puis ∏ sin(a + n ) = 2
k =0
n
eina
= n −1 sin na .
2

Exercice 56 Soit P ∈ ℂ [X ] non nul et n = deg P .


Montrer que les sommes des zéros de P , P ′, …, P (n −1) sont en progression arithmétique.
n
P = ∑ ak X k avec an ≠ 0 .
k =0

Notons αk la somme des zéros de P (k ) .


an −1 (n −1)an −1 (n − 2)an −1 (n − k )an −1 a
α0 = − , α1 = − , α2 = − ,..., αk = − ,..., αn −1 = − n −1 .
an nan nan nan nan
Les α0 , α1 ,…, αn −1 sont en progression arithmétique de raison −an −1 an .
Familles de polynômes classiques

Exercice 57 Polynômes de Tchebychev (1821-1894) :


Soit n ∈ ℕ . On pose fn : [−1,1] → ℝ l’application définie par fn (x ) = cos(n arccos x ) .
a) Calculer f0 ,f1 , f2 et f3 .
b) Exprimer fn +1 (x ) + fn −1 (x ) en fonction de fn (x ) .
c) Etablir qu’il existe un unique polynôme Tn de ℝ [X ] dont la fonction polynomiale associée
coïncide avec fn sur [−1,1] .
d) Donner le degré de Tn ainsi que son coefficient dominant.
e) Observer que Tn possède exactement n racines distinctes, que l’on exprimera, toutes dans
]−1,1[ .

a) f0 : x ֏ 1, f1 : x ֏ x , f2 : x ֏ 2x 2 −1 et f3 : x ֏ 4x 3 − 3x
b) fn +1 (x ) + fn −1 (x ) = cos((n + 1)θ ) + cos((n −1)θ ) = 2cos θ cos n θ = 2xfn (x ) en posant θ = arccosx .
c) Existence : Par récurrence double sur n ∈ ℕ .
Pour n = 0 et n = 1 : T0 = 1 et T1 = X conviennent.
Supposons le résultat établi aux rangs n −1 et n ≥ 1 .
Soit Tn +1 le polynôme défini par Tn +1 = 2XTn −Tn −1 .
On a Tn +1 (x ) = 2xTn (x ) −Tn −1 (x ) = 2xfn (x ) − fn −1 (x ) = fn +1 (x ) .
C polynôme Tn +1 convient. Récurrence établie.
Unicité : Si Tn et Rn conviennent, alors ceux-ci prennent mêmes valeurs en un infinité de points, ils sont donc
égaux.
d) Comme Tn +1 = 2XTn −Tn −1 , on montre par récurrence double sur n ∈ ℕ que ∀n ∈ ℕ, degTn = n .
Il est alors aisé de montrer, par récurrence simple que degT0 = 0 et ∀n ∈ ℕ * , degTn = 2n −1
e) Résolvons l’équation Tn (x ) = 0 sur [−1,1] :
π π π
cos(n arccos x ) = 0 ⇔ n arccos x = [ π ] ⇔ arccos x =  
2 2n  n 
(2k + 1)π
Posons x 0 , x1 ,…, x n −1 définis par x k = cos .
2n
x 0 , x1 ,…, x n −1 forment n racines distinctes appartenant à ]−1,1[ du polynôme Tn .
Or degTn = n donc il ne peut y avoir d’autres racines et celles-ci sont nécessairement simples.

Exercice 58 Polynômes d’interpolation de Lagrange (1736-1813) :


Soit (a 0 , a1 , …, an ) une famille d’éléments de K deux à deux distincts.
∏ (X −a j )
Pour tout i ∈ {0,1,…, n } on pose Li =
0≤ j ≤n , j ≠i
.

0≤ j ≤n , j ≠i
(ai −a j )

a) Observer que, pour tout j ∈ {0,1,..., n } , on a Li (a j ) = δi , j


(où δi , j est le symbole de Kronecker (1823-1891) qui est égal à 1 lorsque i = j et 0 sinon).
n
b) Montrer que ∀P ∈ K n[X ] on a P (X ) = ∑ P (ai )Li (X ) .
i =0

a) a 0 ,…,ai −1 ,ai +1 , …, an sont racines de Li donc ∀j ≠ i , Li (a j ) = 0 .


∏ (ai −a j )
= 1 . Donc ∀j ∈ {0,1,..., n } , Li (a j ) = δi , j .
0≤ j ≤n , j ≠i
De plus Li (ai ) =

0≤ j ≤n , j ≠i
(ai −a j )
n n n
b) Posons Q = ∑ P (ai )Li (X ) , on a Q (a j ) = ∑ P (ai )Li (a j ) = ∑ P (ai )δi , j = P (a j ) .
i =0 i =0 i =0

P et Q sont deux polynômes de degré inférieur à n et prenant mêmes valeurs aux n + 1 points a 0 ,a1 ,..., an ils
sont donc égaux.

Exercice 59 Polynômes de Legendre (1752-1833) :


n!
( (X 2 −1)n ) .
(n )
Pour tout entier naturel n on pose Ln =
(2n )!
a) Montrer que Ln est un polynôme unitaire de degré n .
1
b) Montrer que ∀Q ∈ ℝ n −1 [X ] on a ∫ Ln (t )Q (t )dt = 0 .
−1

c) En déduire que Ln possède n racines simples toutes dans ]−1,1[ .

a) Ln est le polynôme dérivé d’ordre n d’un polynôme de degré 2n donc deg Ln = n .


n!
De plus sont coefficient dominant est le même que celui de (X 2n )(n ) à savoir 1.
(2n )!
b) 1 et −1 sont racines d’ordre n de (X 2 −1)n . Par intégration par parties :
n! 1 1 1
Ln (t )Q (t )dt = ∫ (t 2 −1)(n )Q (t )dt =  (t 2 −1)(n −1)Q (t ) − ∫ (t 2 −1)(n −1)Q ′(t )dt
1

(2n )! −1 −1 −1 −1

n! 1 1
donc ∫
(2n )! −1
Ln (t )Q (t )dt = −∫ (t 2 −1)(n −1)Q ′(t )dt
−1

1 1
puis en reprenant le processus ∫ −1
Ln (t )Q (t )dt = (−1)n ∫ (t 2 −1)(0)Qɶ (n ) (t )dt = 0
−1

c) Soit a1 , a 2 , …, a p les racines d’ordres impairs de Ln appartenant à ]−1,1[ .


Soit Q = (X −a1 )(X −a 2 ) … (X −a p ) . La fonction t ֏ Ln (t )Q (t ) est continue, de signe constant sur [−1,1]
1
sans être la fonction nulle donc ∫ −1
Ln (t )Q (t )dt ≠ 0 .
Compte tenu de b) on a nécessairement p ≥ n puis p = n car le nombre de racines ne peut excéder n .. De plus
les racines a1 , a 2 , …, an sont simples car la somme de leurs multiplicités ne peut excéder n .

Exercice 60 Polynômes de Fibonacci (~1180~1250) :


Soit (Pn )n ≥0 la suite de K[X ] définie par : P0 = 0, P1 = 1 et ∀n ∈ ℕ, Pn + 2 = XPn +1 − Pn .
a) Montrer que ∀n ∈ ℕ, Pn2+1 = 1 + Pn Pn + 2 .
b) En déduire : ∀n ∈ ℕ, Pn et Pn +1 sont premiers entre eux.
c) Etablir pour que pour tout m ∈ ℕ et pour tout n ∈ ℕ∗ on a : Pm +n = Pn Pm +1 − Pn −1Pm .
d) Montrer que pour tout m ∈ ℕ et pour tout n ∈ ℕ∗ on a : pgcd(Pm +n , Pn ) = pgcd(Pn , Pm ) .
En déduire que pgcd(Pm , Pn ) = pgcd(Pn , Pr ) où r est le reste de la division euclidienne de m par
n.
e) Conclure que pgcd(Pn , Pm ) = Ppgcd(m ,n ) .

a) Par récurrence sur n ∈ ℕ


Pour n = 0 : ok avec P2 = X .
Supposons la propriété établie au rang n −1 ∈ ℕ .
1 + Pn + 2Pn = 1 + XPn +1Pn − Pn 2 = 1 + X (XPn + Pn −1 )Pn − Pn 2 = X 2Pn 2 − XPn −1Pn + Pn −1Pn +1
HR

donc 1 + Pn + 2Pn = X 2Pn 2 − XPn −1Pn − Pn −1 (XPn − Pn −1 ) = X 2Pn 2 − 2XPn −1Pn + Pn2−1 = Pn2+1
Récurrence établie.
b) La relation ci-dessus peut se relire : UPn +VPn +1 = 1 . Donc Pn et Pn +1 sont premiers entre eux.
c) Par récurrence sur m ∈ ℕ , établissons la propriété : ∀n ∈ ℕ∗ , Pm +n = Pn Pm +1 − Pn −1Pm .
Pour m = 0 : ok
Supposons la propriété établie au rang m ≥ 0 . Pour tout n ∈ ℕ∗
Pm +n +1 = Pn +1Pm +1 − Pn Pm = (XPn − Pn −1 )Pm +1 − Pn Pm = (XPm +1 − Pm )Pn − Pn −1Pm +1
donc Pm +n +1 = Pm + 2Pn − Pn −1Pm +1 . Récurrence établie.
d) Posons D = pgcd(Pn , Pn +m ) et E = pgcd(Pn , Pm ) .
Comme Pn +m = Pn Pm +1 − Pn −1Pm on a E | D .
Comme Pn −1Pm = Pn Pm +1 − Pm +n et Pn ∧ Pn −1 = 1 on a D | E . Finalement D = E .
En notant r le reste de la division euclidienne de m par n on a m = nq + r avec q ∈ ℕ et
pgcd(Pn , Pm ) = pgcd(Pn , Pn −m ) = pgcd(Pn , Pn −2m ) = … = pgcd(Pn , Pr ) .
e) En suivant l’algorithme d’Euclide menant le calcul de pgcd(m , n ) simultanément avec celui menant le calcul
de pgcd(Pm , Pn ) , on observe que pgcd(Pn , Pm ) = Ppgcd(m ,n ) .

Exercice 61 Polynômes de Laguerre (1834-1886) :


dn −x n
Pour n ∈ ℕ , on définit Ln : ℝ → ℝ par Ln (x ) = ex (e x ) . Observer que Ln est une
dx n
fonction polynomiale dont on déterminera le degré et le coefficient dominant.

dn −x n n
n  n
n! n ! k −x
n (
Par la formule de dérivation de Leibniz e x ) = ∑   (x n )(n −k ) (e−x )(k ) = ∑ (−1)k x e
dx k =0
k  k =0 k !(n − k )! k!
n
(n !)2
donc Ln = ∑ (−1)k X k est un polynôme de degré n et de coefficient dominant (−1)n .
k =0 (k !)2 (n − k )!
david Delaunay [Link]

Vous aimerez peut-être aussi