Ministère de l’Education National REPUBLIQUE GABONAISE
Lycée d’Application Nelson Mandela
Département de français
Classe : Terminale C
Union - Travail - Justice
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Introduction
I) DEFINITION ET ENJEUX DE LA CITOYENNETE
II) LA CITOYENNETE A TRAVERS LE PRISME DE LA PENSEE PHILOSOPHIQUE
1) Perspectives philosophiques africaines
2) Perspectives philosophiques occidentales
III) DEFITS COMTEMPORAINS LIES A LA CITOYENNETE
1) Inclusion et exclusion
2) Citoyenneté numérique
3) Montée du nationalisme
IV) UNE OUVERTURE PHILOSOPHIQUE : LA CITOYENNETE SELON KANT
V) DISCUSSION SUR : « Quelles sont les qualités d’un bon citoyen ? »
Conclusion
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Introduction
« Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. » –
John F. Kennedy. Cette citation incite chacun à réfléchir sur l'engagement et la responsabilité inhérentes à la notion de
citoyenneté. La problématique se pose alors : Comment la citoyenneté permet-elle de concilier les droits individuels
avec les devoirs envers la société, dans un monde marqué par la diversité et les enjeux globaux ? Dans cet exposé,
nous explorons la définition de la citoyenneté, ses enjeux dans la société, ainsi que les diverses pensées philosophiques
qui l'éclairent. Nous examinons également les défis contemporains puis prendrons une figure emblématique telle que
Emmanuel Kant et enfin discuterons avec la salle sur la question : « Quelles sont les qualités d’un bon citoyen ? »
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I) DEFINITION ET ENJEUX DE LA CITOYENNETE
Être citoyen, c’est plus que posséder une carte d’identité : c’est faire partie d’une communauté, avec des droits et des
devoirs.
Parmi les droits, on trouve le vote, la liberté d’expression, ou encore l’accès aux services publics. Ces droits nous
permettent de participer à la vie politique et de faire entendre notre voix. Mais en échange, on a aussi des
responsabilités : respecter les lois, s’impliquer dans la société, et contribuer au bien commun.
La citoyenneté, c’est donc un équilibre entre liberté et responsabilité. C’est ce qui permet à la démocratie de
fonctionner.
Mais attention : la citoyenneté évolue selon les époques, les pays et les cultures. Elle n’est pas figée. Ce qui ne change
pas, en revanche, ce sont les droits fondamentaux, comme le droit de vote ou la liberté d’expression, essentiels pour
que chacun puisse s’exprimer et s’engager.
Déjà en 1789, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen affirmait : « les hommes naissent libres et égaux en
droits ». Cela montre que la justice et l’égalité sont au cœur de la citoyenneté.
En contrepartie, la société attend un minimum d’engagement : voter, s’informer, débattre, ou même s’engager dans des
actions locales. Rousseau disait : « L’homme naît libre, et partout il est dans les fers ». Pour lui, la vraie liberté passe
par la participation à la vie de la cité.
II) LA CITOYENNETE A TRAVERS LE PRISME DE LA PENSEE PHILOSOPHIQUE
1) Perspectives philosophiques africaines
La philosophie africaine offre une approche profondément relationnelle et communautaire de la citoyenneté, centrée
sur l’idée que l’individu est inséparable du tissu social qui le porte. Cette vision se retrouve dans le concept d’Ubuntu,
un principe moral issu des cultures bantoues d’Afrique australe, signifiant littéralement : « Je suis parce que nous
sommes ». Ubuntu incarne l’idée que l’identité d’un individu se construit dans et par sa relation avec les autres,
valorisant la solidarité, le respect et la responsabilité collective.
Le penseur Léopold Sédar Senghor, dans Liberté I : Négritude et humanisme (1964), défend cette vision holistique de
l’être humain :
« La communauté africaine ne connaît pas l’individu isolé. L’homme ne se réalise que dans la communauté. »
Cette idée d’une citoyenneté enracinée dans le lien social fonde une éthique de la participation et du soin mutuel, où
chaque citoyen est appelé à œuvrer pour le bien commun.
De son côté, Frantz Fanon, dans Les Damnés de la terre (1961), propose une réflexion critique sur les conséquences du
colonialisme sur les structures sociales et l’idée même de citoyenneté. Il affirme :
« Pour le peuple colonisé, la valeur la plus essentielle, parce que la plus concrète, est d'abord la terre : la terre qui doit
lui assurer pain et dignité. »
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Fanon plaide pour une citoyenneté décolonisée et émancipatrice, fondée sur la justice sociale et la reconstruction des
liens communautaires.
Enfin, la tradition orale occupe une place centrale dans les sociétés africaines. Elle véhicule les valeurs civiques, les
récits fondateurs et les règles morales à travers les générations. Elle constitue un vecteur essentiel de la mémoire
collective et de la transmission des principes de solidarité, de dialogue et de responsabilité citoyenne.
2) Perspectives philosophiques occidentales
Aristote, dans La Politique, considère la citoyenneté comme la pleine réalisation de l’homme dans la cité. Il déclare :
« L’homme est par nature un animal politique » (La Politique, Livre I, 1253a2).
Selon lui, la participation à la vie politique est une condition de l’épanouissement humain. La citoyenneté ne se limite pas
à un statut juridique ; elle implique un engagement actif dans les affaires publiques et une contribution au bien commun.
L’homme véritablement libre est celui qui participe à la délibération et à la gouvernance de la cité.
Hannah Arendt, dans La Condition de l’homme moderne (1958), distingue trois activités humaines fondamentales : le
travail, l’œuvre et l’action. C’est l’action politique, liée à la parole et à la délibération publique, qui permet aux individus
de se révéler pleinement en tant que citoyens. Elle écrit :
« Être libre et agir ne font qu’un. »
Dans Eichmann à Jérusalem (1963), elle développe la notion de banalité du mal, soulignant les dangers de l’inaction et
de la soumission bureaucratique. La citoyenneté, chez Arendt, implique donc une vigilance constante et une capacité à
juger et à agir face à l’injustice. L’engagement civique devient un rempart contre la déshumanisation et l’effacement de
la responsabilité individuelle.
III) DEFITS COMTEMPORAINS LIES A LA CITOYENNETE
1) Inclusion et exclusion
Les flux migratoires contemporains, qu’ils soient économiques, politiques ou climatiques, soulèvent des enjeux profonds
liés à l’intégration, à la reconnaissance culturelle et à la définition de la citoyenneté. Dans un monde globalisé, la
citoyenneté ne peut plus être pensée uniquement en termes de nationalité ou d’homogénéité culturelle. Elle devient un
outil d’inclusion, capable de garantir à chacun – quelle que soit son origine – des droits fondamentaux et la possibilité
de participer à la vie collective. La philosophe Étienne Balibar, dans Nous, citoyens d’Europe ? (2001), plaide pour une
citoyenneté "post-nationale", où l'appartenance ne repose plus exclusivement sur les frontières territoriales, mais sur
l'égalité des droits et la participation active.
2) Citoyenneté numérique
La révolution numérique transforme en profondeur la manière dont les citoyens s’informent, débattent et participent à
la vie démocratique. Grâce aux réseaux sociaux, de nouvelles formes de mobilisation citoyenne émergent : pétitions en
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ligne, hashtags militants, démocratie participative numérique. Ces outils offrent un accès élargi à l’information et
permettent de contourner les circuits traditionnels du pouvoir.
Cependant, cette ouverture s’accompagne de dérives majeures : propagation de fausses informations, bulles de filtre,
polarisation de l’opinion publique. Le philosophe Dominique Cardon, dans À quoi rêvent les algorithmes (2015), analyse
les effets ambivalents des plateformes numériques : « Internet ne désintermédie pas seulement l'information, il
désintermédie aussi la vérité ». Dans ce contexte, la citoyenneté numérique suppose une nouvelle éthique de
l’information, mais aussi une éducation au discernement critique, indispensable pour éviter que la participation ne soit
manipulée par des logiques de viralité ou de haine.
3) Montée du nationalisme
Parallèlement, la montée des nationalismes identitaires met en péril ces idéaux inclusifs. Sous prétexte de préserver
une culture "authentique" ou une sécurité nationale, certains discours politiques stigmatisent les étrangers et
instrumentalisent la citoyenneté pour en faire un outil d’exclusion. Ce glissement peut transformer la citoyenneté en
privilège fermé, plutôt qu’en droit ouvert à tous ceux qui participent à la vie commune. Le philosophe Tzvetan Todorov,
dans La peur des barbares (2008), met en garde contre ces dérives : « C’est en devenant barbare que l’on croit se
protéger des barbares » Il souligne que la peur de l'autre conduit à renier les valeurs mêmes – liberté, égalité,
solidarité – sur lesquelles les sociétés démocratiques prétendent se fonder.
Cette tension révèle une crise du modèle républicain dans certains pays, où l'universalisme est parfois utilisé pour nier
la reconnaissance des différences culturelles. La citoyenneté, dans ce contexte, doit être repensée non comme un
héritage ethnique, mais comme un projet politique commun, ouvert à la pluralité.
IV) UNE OUVERTURE PHILOSOPHIQUE : LA CITOYENNETE SELON KANT
A
gis toujours de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta
personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps
comme une fin et jamais simplement comme un moyen. » Emmanuel
Kant
Cette célèbre maxime met en lumière un principe fondamental de la
citoyenneté : le respect inconditionnel de la dignité humaine, principe qui
doit guider les actions de chaque citoyen.
Kant nous invite à considérer la citoyenneté comme un engagement éthique,
dépassant la simple appartenance juridique. Elle implique une responsabilité
envers autrui, une reconnaissance de la valeur intrinsèque de chaque
individu.
Dans le cadre scolaire, cette pensée invite à une réflexion profonde sur les qualités d9un bon citoyen, notamment le
respect, la justice et l9empathie, tout en questionnant les limites posées par les intérêts particuliers.
Cette perspective philosophique encourage un dialogue continu sur la manière dont on construit la société à partir de
chaque citoyen conscient de son rôle moral.
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V) DISCUSSION SUR : « Quelles sont les qualités d’un bon citoyen ? »
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Conclusion
En synthétisant ces arguments convaincants, la citoyenneté est un concept riche et dynamique, ancré à la fois dans des
réalités juridiques et des pratiques éthiques. Elle exige un équilibre entre droits et devoirs, entre liberté individuelle et
responsabilité collective. À l’avenir, quel type de citoyenneté souhaitons-nous construire ? Il est essentiel de
promouvoir une citoyenneté qui favorise l'inclusion, l'engagement et la responsabilité, afin de relever les défis d’un
monde en constante évolution. La réflexion sur la citoyenneté doit continuer à évoluer, intégrant les contributions de
diverses philosophies pour enrichir notre compréhension et notre pratique.
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Annexe
[Link]
4Q37DJ8/La-citoyennete-en-philosophie-Comprehension-et-Perspectives[1].pdf
[Link]
INTSA
[Link]
ABC du Bac AIDE MEMOIRE
ABC DU BAC DISSERTATION
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