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Droit Pénal Général : Cours et Thèmes

Le droit pénal général traite des règles relatives à la loi pénale, à la responsabilité et à la sanction pénale, permettant d'identifier les infractions et les personnes responsables. Ce cours, à jour des réformes jusqu'à l'été 2022, est destiné aux étudiants en droit, notamment ceux préparant des examens professionnels. Les auteurs, experts en droit privé et sciences criminelles, apportent une perspective académique et pratique sur le sujet.

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Droit Pénal Général : Cours et Thèmes

Le droit pénal général traite des règles relatives à la loi pénale, à la responsabilité et à la sanction pénale, permettant d'identifier les infractions et les personnes responsables. Ce cours, à jour des réformes jusqu'à l'été 2022, est destiné aux étudiants en droit, notamment ceux préparant des examens professionnels. Les auteurs, experts en droit privé et sciences criminelles, apportent une perspective académique et pratique sur le sujet.

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COURS

collection

collection
COURS collection

COURS

LMD
S
Droit pénal général LMD
Le droit pénal général correspond aux règles relatives à la loi pénale, à la
responsabilité pénale et à la sanction pénale. Il permet de déterminer l’infraction, 2022 Collection dirigée par Bernard Beignier

autrement dit d’identifier le comportement que la loi, par des dispositions pénales,
prohibe ou plus rarement impose.

R
Doivent ainsi être établies les sources du droit pénal avant d’appréhender les
éléments que recouvre l’infraction. Une fois déterminée, l’infraction peut être

Droit pénal
réprimée, ce qui suppose de désigner les personnes qui en sont responsables puis
de distinguer les sanctions pénales qui leur sont applicables.
Ce présent ouvrage est à jour des dernières réformes et évolutions de la jurisprudence,

général
jusqu’à l’été 2022.
Le droit pénal général est enseigné, le plus souvent, en 2e ou 3e année de licence

Droit pénal général


U
en droit. Ce cours sera aussi utile aux étudiants de master qui veulent réviser cette
matière et actualiser leurs connaissances ainsi qu’à ceux qui préparent l’examen
d’entrée au centre régional de formation professionnelle d’avocats (CRFPA) ou • Cours
les concours de la magistrature (ENM), de la gendarmerie nationale, de la police
nationale ou des services pénitentiaires. • Thèmes de travaux dirigés
Plus largement, il apportera un éclairage précieux à ceux qui s’intéressent aux droits
fondamentaux et au phénomène criminel. 5e édition
Olivier DÉCIMA est agrégé de droit privé et de sciences criminelles et professeur

O
à l’Université de Bordeaux.
Stéphane DETRAZ est maître de conférences HDR en droit privé à l’Université Paris-
Saclay, Faculté Jean Monnet.
Édouard VERNY est agrégé de droit privé et de sciences criminelles et professeur

O. DÉCIMA
S. DETRAZ
É. VERNY
à l’Université Paris-Panthéon-Assas dont il codirige l’Institut d’études judiciaires ;
il est également directeur adjoint de l’Institut de criminologie et de droit pénal
Olivier DÉCIMA

C
de Paris.
Stéphane DETRAZ
Édouard VERNY

[Link]
ISBN 978-2-275-10190-3 38 €

COURS - droit penal general - 5e [Link] 1 05/08/2022 13:51


DROIT PÉNAL GÉNÉRAL

Olivier DÉCIMA
Agrégé de droit privé et de sciences criminelles,
professeur à l’Université de Bordeaux

Stéphane DETRAZ
Maître de conférences HDR en droit privé
à l’Université Paris-Saclay, Faculté Jean Monnet

Édouard VERNY
Agrégé de droit privé et de sciences criminelles,
professeur à l’Université Paris-Panthéon-Assas

5e édition
© 2022, LGDJ, Lextenso
1, Parvis de La Défense • 92044 Paris La Défense Cedex
[Link]
EAN : 9782275101903 • ISSN : 1945-0450
SOMMAIRE

COURS
I. Présentation du droit pénal.. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 14
II. L’évolution du droit pénal. . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 17
PREMIÈRE PARTIE – LA DÉTERMINATION DE L’INFRACTION

TITRE 1. LES SOURCES DE L’INFRACTION : LE PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ CRIMINELLE . . .. . . .. . . .. . . .. 25

Chapitre 1 – L’élaboration de la loi pénale .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 27


Section 1 – La nécessité de la loi pénale . . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 27
I. Les justifications du principe de légalité criminelle . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 28
II. La valeur du principe de légalité . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 31
Section 2 – Les caractères de la loi pénale . . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 34
Sous-section 1 – La nature de la loi pénale : les sources de la loi pénale .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 34
I. La typologie des normes pénales. .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 34
II. La hiérarchie des normes pénales . . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 42
Sous-section 2 – Les qualités de la loi pénale . . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 47
I. Les qualités formelles de la loi pénale. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 47
II. Les qualités matérielles de la loi pénale . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 52

Chapitre 2 – La portée de la loi pénale .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 59


Section 1 – Le champ d’application de la loi pénale . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 59
Sous-section 1 – L’application de la loi pénale dans le temps .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 60
I. L’application dans le temps de la loi pénale de fond. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 61
II. L’application dans le temps de la loi pénale de forme . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 87
Sous-section 2 – L’application de la loi pénale dans l’espace . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 92
I. Les infractions commises sur le territoire français . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 93
II. Les infractions commises hors du territoire français. . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 95
Section 2 – L’interprétation de la loi pénale . . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 102
Sous-section 1 – La nécessité de l’interprétation . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 102
I. L’interprétation face aux imprécisions de la loi . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 102
II. L’interprétation face au principe de légalité . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 104
III. Les recours en interprétation .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 105
Sous-section 2 – Les méthodes d’interprétation . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 106
I. Les méthodes exclues . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 106
II. Les méthodes retenues . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 107

5
DROIT PÉNAL GÉNÉRAL

TITRE 2. LES ÉLÉMENTS DE L’INFRACTION .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 111

Chapitre 1 – L’élément légal . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 113


Section 1 – L’existence de l’infraction .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 113
Sous-section 1 – La nécessité de l’incrimination . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 113
I. La création de l’infraction pénale . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 114
II. La nature de l’infraction pénale . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 122
Sous-section 2 – La paralysie de l’incrimination . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 131
I. Les faits justificatifs de l’infraction . . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 131
II. L’amnistie . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 154
Section 2 – La qualification des faits .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 156
I. L’unicité de la qualification pénale .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 157
II. Le choix de la qualification pénale . . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 163

Chapitre 2 – Les éléments constitutifs .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 169


Section 1 – L’élément matériel . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 169
Sous-section 1 – L’acte . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 169
I. L’acte de commission ou d’omission . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 170
II. L’acte dans sa durée. . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 171
III. L’acte dans son unicité ou sa pluralité . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 173
Sous-section 2 – Le résultat . . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 174
I. La consommation de l’infraction . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 174
II. La tentative . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 175
Sous-section 3 – Le lien de causalité entre l’acte et son résultat . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 178
I. La condition du lien de causalité . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 179
II. La consistance du lien de causalité . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 183
Section 2 – L’élément moral .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 191
Sous-section 1 – L’imputabilité . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 191
I. Le discernement .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 191
II. La contrainte . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 196
Sous-section 2 – La culpabilité .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 198
I. Les fautes pénales . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 199
II. L’erreur, obstacle à la culpabilité . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 217
DEUXIÈME PARTIE – LA RÉPRESSION DE L’INFRACTION

TITRE 1. LA RESPONSABILITÉ PÉNALE : L’IMPUTATION DE L’INFRACTION . . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 225


Chapitre 1 – L’auteur . . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 229
Section 1 – L’auteur par commission de l’infraction . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 229
Sous-section 1 – L’auteur, personne physique .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 230
I. La détermination de l’auteur de l’infraction . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 230
II. Les modes de commission de l’infraction . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 233

6
Sommaire

Sous-section 2 – L’auteur personne morale (la responsabilité pénale des personnes morales) 236
I. La culpabilité .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 237
II. La sanction . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 249
Section 2 – L’auteur par participation à l’infraction . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 251
Sous-section 1 – Les hypothèses véritables de participation en qualité d’auteur . . . . .. . . .. . . .. . . .. 252
I. La responsabilité pénale du chef d’entreprise . . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 252
II. La responsabilité pénale « en cascade » .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 261
Sous-section 2 – Les hypothèses apparentes de participation en qualité d’auteur . .. . . .. . . .. . . .. 263
I. L’exclusion en raison de l’absence de responsabilité pénale . . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 263
II. L’exclusion en raison de la commission de l’infraction . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 264

Chapitre 2 – Le complice . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 267


Section 1 – Les conditions de la complicité .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 268
I. L’élément matériel de la complicité. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 269
II. L’élément moral de la complicité . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 284
Section 2 – La sanction de la complicité . . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 288
I. Le cas général des peines . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 288
II. Le cas particulier des causes d’aggravation et d’atténuation de peines . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 290

TITRE 2. LA SANCTION DE L’INFRACTION . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 293


Chapitre 1 – La nature des peines .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 295
Section 1 – Les fonctions de la peine .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 296
I. La distinction des peines et des mesures de sûreté . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 297
II. Les autres distinctions.. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 303
Section 2 – Le fonctionnement des peines .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 305
Sous-section 1 – Les familles de peines . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 305
I. La mort . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 309
II. L’enfermement . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 311
III. La contrainte. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 316
IV. L’appauvrissement .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 331
V. Le déshonneur . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 342
Sous-section 2 – Les ordres de peines . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 345
I. Les peines principales . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 346
II. Les peines complémentaires. . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 348
III. Les peines accessoires . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 349

Chapitre 2 – La détermination des peines . . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 353


Section 1 – La détermination légale de la peine . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 353
I. La nature et l’applicabilité de la peine . . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 354
II. Le quantum de la peine. . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 359
III. L’assise de la peine . . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 373
IV. Les modalités de la peine .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 373

7
DROIT PÉNAL GÉNÉRAL

Section 2 – La détermination judiciaire de la peine . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 374


I. La détermination judiciaire de la nature de la peine . . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 378
II. La détermination judiciaire du quantum de la peine . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 383
III. La détermination judiciaire de l’assise de la peine .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 386
IV. La détermination judiciaire des modalités d’exécution de la peine . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 386

Chapitre 3 – La mise en œuvre des peines . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 389


Section 1 – L’application des peines . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 389
I. La modification de la substance des peines. .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 390
II. La modification des modalités d’exécution des peines . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 391
Section 2 – L’extinction des peines . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 392
I. L’extinction après exécution de la peine . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 393
II. L’extinction sans exécution de la peine . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . 394

TRAVAUX DIRIGÉS
Exercice 1. : Le principe de légalité – Commentaire de la décision du Conseil constitutionnel,
QPC nº 2012-240, en date du 4 mai 2012. . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . 399
Exercice 2. : L’application de la loi pénale dans le temps – Cas pratiques . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . 403
Exercice 3. : L’application de la loi pénale dans l’espace – Cas pratique .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . 407
Exercice 4. : L’interprétation de la loi pénale – Commentaire de l’article 111-4 du Code pénal . .. . . .. . . .. . . 410
Exercice 5. : Cas pratique : les faits justificatifs .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . 414
Exercice 6. : La qualification pénale – Dissertation . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . 416
Exercice 7. : Manquement à une obligation de prudence ou de sécurité – Contrainte – Commentaire
d’un arrêt rendu le 3 décembre 2019 par la chambre criminelle de la Cour de cassation . . . . .. . . .. . . .. . . 420
Exercice 8. : L’auteur – Cas pratique . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . 425
Exercice 9. : Le complice – Commentaire d’un arrêt rendu le 13 septembre 2016 par la chambre
criminelle de la Cour de cassation . . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . 429
Exercice 10. : Dissertation : la peine. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . 437

INDEX ALPHABÉTIQUE . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. . . . .. . . .. . . .. . . .. 445

8
BIBLIOGRAPHIE

Droit pénal général


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Histoire du droit pénal


CARBASSE J.-M., Histoire du droit pénal et de la justice criminelle, PUF, coll. Droit fondamental, 3e éd., 2014.

9
COURS
INTRODUCTION

1 L’importance du droit pénal. – Les transgressions les plus graves, celles qui portent le plus grave-
ment atteinte à l’ordre public et qui exposent leurs auteurs aux sanctions les plus sévères, occupent
une place prépondérante dans l’histoire et la culture de l’humanité. Certains crimes passionnent assu-
rément l’opinion publique tandis que la prévention et la répression de la délinquance, plus encore peut-
être lorsque sont concernées des personnes plus ou moins connues, occupent une large place dans
les débats publics. En France, se succèdent selon une fréquence impressionnante des réformes en
droit pénal de fond comme de forme.
Le droit pénal est indissociable de la sanction pénale qui lui confère sa nature même. Les autres
branches du droit déterminent des comportements fautifs mais le droit pénal prévoit pour les
personnes responsables des peines prononcées dans l’intérêt de toute la société, et non d’une
autre personne ou d’un groupe de personnes. Une telle sanction ne se justifie que parce que l’acte
commis suscite une réprobation sociale particulièrement marquée. C’est pourquoi le droit pénal est
doté d’une part d’une fonction expressive, en ce qu’il déploie des valeurs sur lesquelles repose la
prohibition d’un comportement (du moins pour les crimes et les délits car cette fonction est contes-
table pour certaines contraventions), et d’autre part une fonction punitive qui lui confère sa spécifi-
cité. L’une et l’autre de ces fonctions doivent respecter un équilibre qui s’impose non seulement lors
de la délimitation des actes réprimés puisque le recours au droit pénal ne se justifie que lorsqu’il est
nécessaire et que d’autres instruments juridiques s’avéreraient insuffisants, mais aussi pour la déter-
mination de la peine prévue car elle doit, elle aussi, être nécessaire donc correctement mesurée. Cet
équilibre n’est compatible ni avec une rigueur excessive ni avec le laxisme : on ne respecterait la vie
humaine ni en exécutant de simples délinquants ni en omettant de punir les meurtriers.
Néanmoins, à des infractions dites « naturelles » en ce qu’elles sont commandées par la nature
humaine et indispensables à la vie sociale (comme le meurtre, les violences, la séquestration, le
vol...), s’ajoutent des infractions dites « artificielles » qui correspondent aux choix répressifs d’une
société à une certaine époque, selon un contexte déterminé et les progrès scientifiques réalisés
(comme les infractions en matière de santé publique, de construction, d’environnement, de
transport...).
L’importance du droit pénal se vérifie aussi quantitativement. Le ministère de l’Intérieur, sur son site
Interstats, publie régulièrement des analyses sur l’insécurité et la délinquance en France. Interstats
Conjoncture est une publication mensuelle d’indicateurs conjoncturels, Interstats Info rapide
présente une étude synthétique sur des sujets précis tandis qu’Interstats Analyse porte sur des
études plus approfondies. En outre, en début d’année est publiée une première analyse des crimes
et des délits enregistrés par la police et la gendarmerie sur l’année précédente. Les indicateurs de
la délinquance enregistrée qui étaient en légère hausse sur l’année 2020 reprennent leur nette
augmentation d’avant crise sanitaire. Par exemple, le nombre de victimes de violences volontaires
(sur personnes de 15 ans ou plus) enregistrées augmente très fortement en 2021 (+12 %, après +1 %
en 2020 et +8 % en 2019) : on en dénombre 306 700 dont 157 500 violences intrafamiliales. Sont aussi
relevées 423 000 escroqueries (+15 %). Un bilan complet de l’année 2021 sera publié en juin 2022.
Depuis 2007, l’enquête annuelle Cadre de vie et sécurité (CVS) assure le suivi statistique de certaines
infractions, qu’elles aient ou non donné lieu à une déclaration auprès des services de police ou de
gendarmerie. Cette enquête peut donc rendre compte de faits qui n’ont pas été dénoncés par les
victimes. Le sentiment d’insécurité de la population et sa confiance envers les autorités publiques

13
DROIT PÉNAL GÉNÉRAL

peuvent aussi être mesurés. Cette enquête est conduite par l’Institut national de la statistique et des
études économiques (Insee), en partenariat avec le Service statistique ministériel de la sécurité inté-
rieure (SSMSI, créé en 2014) et auparavant avec l’Observatoire national de la délinquance et de la
réponse pénale (ONDRP, supprimé en 2020). Cette enquête CVS est normalement réalisée par des
entretiens en face-à-face. Cette méthode fut cependant contrariée par le Covid-19 : en 2020, cette
enquête a été annulée tandis qu’elle fut menée en 2021 quasi-exclusivement par téléphone, ce qui a
empêché la collecte des informations sur les violences les plus sensibles (violences sexuelles ou
intrafamiliales). Par ailleurs, la direction de l’administration pénitentiaire, au sein du ministère de la
Justice, dénombrait en France, au 1er avril 2022, 71 053 personnes écrouées détenues
et 15 465 personnes écrouées non détenues (14 719 en détention à domicile sous surveillance électro-
nique et 746 en placement extérieur non hébergées).

2 Plan. – Une première approche du droit pénal doit d’abord consister en une présentation de cette
discipline en elle-même et en lien avec celles qui concourent à l’analyse des crimes et à l’étude de la
criminalité (I). L’appréhension du droit pénal suppose ensuite que soit exposée son évolution
historique (II).

I. Présentation du droit pénal


3 Le droit pénal face à la division entre droit privé et droit public. – L’infraction est par hypothèse
une atteinte à l’ordre public et l’objet principal du procès pénal est l’action publique qui concerne l’appli-
cation des peines et des mesures de sûreté. Toutefois, le droit pénal entretient des liens étroits avec le
droit privé. Le procès pénal incombe aux juridictions de l’ordre judiciaire et non à celles de l’ordre admi-
nistratif. Une infraction peut faire naître une action civile, dont l’importance ne cesse de croître, et qui a
comme objet la réparation du dommage causé par l’infraction : les convergences entre la responsabilité
pénale et la responsabilité civile sont donc manifestes. En France, les universitaires pénalistes sont par
ailleurs des privatistes.
Le droit pénal se trouve au carrefour des autres disciplines juridiques dans la mesure où l’inobserva-
tion de certaines règles relevant par exemple du droit civil, du droit des affaires, du droit du travail ou
encore du droit administratif est parfois sanctionnée pénalement. Cependant, le droit pénal n’est pas
seulement l’auxiliaire répressif des autres branches du droit car il repose sur des principes, des clas-
sifications, des notions et des institutions qui lui sont propres.

4 Plan. – Le droit pénal comprend plusieurs branches auxquelles il convient de reconnaître une iden-
tité propre en raison de leur objet et de leurs spécificités (A). D’autres disciplines, non juridiques, concer-
nent également la criminalité, revêtent une importance indéniable et apportent au droit pénal un
complément indispensable (B).

A. Les disciplines relevant du droit pénal


5 Le droit pénal général. – Au-delà des spécificités de chaque infraction, dont l’étude correspond au
droit pénal spécial, il existe des règles générales qui forment le droit pénal général et qui concernent la
loi pénale, la responsabilité pénale et la sanction pénale.

14
Introduction

6 Le droit pénal spécial. – Si le droit pénal général établit des règles applicables à toutes les infractions
ou du moins à certaines catégories d’entre elles, le droit pénal spécial détermine les éléments constitutifs
et la peine encourue pour chaque infraction. Le droit pénal spécial comprend des sous-divisions qui
correspondent à des ensembles d’infractions auxquels est reconnue une certaine autonomie théorique.
Il en est par exemple ainsi du droit pénal des affaires, du droit pénal du travail ou encore du droit pénal
de l’environnement.

7 La procédure pénale. – Si le droit pénal général et le droit pénal spécial recouvrent les règles de
fond, la procédure pénale concerne le droit pénal de forme. La procédure pénale a ainsi pour objet
l’ensemble des règles relatives à la recherche et au jugement des personnes soupçonnées d’avoir
commis une infraction.

8 Le droit pénal des mineurs. – Comme l’affirme le Conseil constitutionnel, la spécificité du droit pénal
des mineurs est un principe fondamental reconnu par les lois de la République. Des règles particulières
leur sont applicables, en droit pénal de fond comme de forme, de telle sorte qu’il s’agit d’un droit spécial
au sein du droit pénal général et de la procédure pénale. Selon les dispositions de l’article L. 13-1,
al. 1er du Code de la justice pénale des mineurs, entré en vigueur le 30 septembre 2021, les dispositions
législatives et réglementaires en matière de droit pénal et de procédure pénale, notamment celles du
Code pénal et du Code de procédure pénale, sont applicables aux mineurs, sauf lorsqu’il en est disposé
autrement par les dispositions du présent code.

9 Le droit de l’exécution des peines. – Une condamnation pénale (qu’elle comporte ou non une peine
privative de liberté) ne devient concrète que par son exécution. Par sa technicité et par l’existence de
juridictions et de services spécialisés, cette branche du droit pénal a pris une certaine autonomie par
rapport au droit pénal général et à la procédure pénale dont elle est issue. Le Code pénal comprend des
dispositions relatives à la nature et au régime des peines ainsi qu’à leur extinction et à l’effacement des
condamnations. Le Code de procédure pénale comprend toujours certaines dispositions relatives à
l’exécution des peines mais ce domaine relève désormais aussi du Code pénitentiaire entré en vigueur
le 1er mai 2022.

10 Le droit pénal international. – Le droit pénal international a pour objet d’une part la répression des
infractions ayant un caractère d’extranéité, la coopération pénale internationale ainsi que l’exécution
des jugements répressifs étrangers et d’autre part la répression des infractions internationales (celles
qui par nature portent atteinte à l’ordre public international et qui, selon certains auteurs, relèvent du
« droit international pénal »).

11 Le droit pénal comparé. – Les spécialistes de droit pénal international s’intéressent naturellement aux
droits répressifs étrangers. Plus largement, la connaissance des autres systèmes juridiques s’avère impor-
tante non seulement lorsque sont envisagées des coopérations avec ces pays mais aussi pour s’inspirer
d’exemples étrangers afin d’envisager des réformes dont la pertinence est ailleurs constatée. Le droit pénal
comparé consiste à étudier méthodiquement les différences et ressemblances entre des droits pénaux appli-
cables dans des États (voire pour les États fédéraux dans une partie d’entre eux) ou dans des groupes
d’États.

15
DROIT PÉNAL GÉNÉRAL

B. Les disciplines complémentaires


12 La politique criminelle. – La société doit combattre la criminalité par des procédés et selon des
priorités qui forment une politique criminelle. Selon les dispositions de l’article 30 du Code de procédure
pénale, le ministre de la Justice conduit la politique pénale déterminée par le Gouvernement et adresse
à cette fin aux magistrats du ministère public des instructions générales (à l’exclusion d’instructions
dans des affaires individuelles). Chaque année, il publie un rapport transmis au Parlement sur l’applica-
tion de cette politique pénale.
La politique criminelle est une part de la politique de la nation qui est déterminée et conduite par le
Gouvernement (article 20 de la Constitution). À vrai dire, il est impossible de dissocier totalement la
politique criminelle des autres volets de la politique nationale car la prévention et le traitement de la
criminalité dépendent de l’efficacité des dispositions prises en matière de sécurité intérieure et plus
largement encore des politiques économique, sociale, éducative... De surcroît, la violation de règles
techniques relatives à des obligations professionnelles précises est souvent incriminée.

13 La criminologie. – Il existe de nombreuses définitions de la criminologie. Au sens large, il s’agirait de


la science sociale appliquée au phénomène criminel. Dans un sens plus étroit, probablement plus éclai-
rant, la criminologie représente l’étude des causes du crime et du traitement du criminel. Selon des
approches complémentaires, cette discipline implique le concours de spécialistes divers, notamment
de médecins, de psychologues, de sociologues et naturellement de juristes. Les études criminologiques
s’avèrent souvent très éclairantes lorsqu’elles ont pour objet de déterminer, dans une société donnée,
les causes générales de la criminalité et les moyens de s’y opposer ou encore, plus spécifiquement, les
méthodes les plus judicieuses pour prévenir la récidive ; elles produisent des indications plus incer-
taines lorsqu’elles prétendent déterminer le profil d’un criminel dans une affaire précise ou encore les
moyens de resocialiser un condamné spécialement identifié.

14 La sociologie criminelle. – Les études criminologiques doivent comprendre des analyses sociologi-
ques qui examinent le développement du phénomène criminel dans les sociétés humaines. Elles-
mêmes ne se limitent pas à des considérations historiques, culturelles, économiques et statistiques
mais doivent aussi prendre en compte le comportement des délinquants qui ne peut parfois se
comprendre sans des explications provenant de psychiatres ou de psychologues.
La sociologie criminelle ne doit pas être confondue avec la sociologie du droit pénal et de la justice
pénale, ou sociologie pénale, qui étudie les aspects de la réaction sociale contre le crime, en tant que
faits sociaux. Certains auteurs, selon une approche militante et radicale, considèrent que la répression
n’est pas seulement la conséquence mais aussi, et surtout, la cause de la criminalité car les dominants
auraient selon eux établi des incriminations et des institutions répressives afin de légitimer et d’assurer
leur pouvoir sur les dominés.

15 La médecine légale et la police scientifique. – Les médecins et scientifiques apportent parfois une
contribution précieuse aux enquêtes criminelles. Ils permettent de plus en plus souvent et de plus en
plus précisément de comprendre le déroulement d’une infraction. La médecine légale a pour objectif de
déterminer l’existence et les circonstances d’une infraction par l’examen d’un corps humain. La police
scientifique et technique étudie les traces liées à la commission d’une infraction, ce qui correspond à la
criminalistique, et peut avoir recours à des spécialités comme la balistique ou la toxicologie. Si les

16
Introduction

empreintes digitales sont depuis longtemps utilisées, nul n’ignore l’importance prise ces dernières
années par l’examen des empreintes génétiques.

II. L’évolution du droit pénal


16 D’une époque à une autre. – La Révolution française peut être retenue comme un point d’inflexion
de l’évolution du droit pénal, pas seulement par simple convenance historique mais aussi parce qu’elle
a provoqué certains changements majeurs comme la consécration du principe de légalité des délits et
des peines. Le droit pénal de l’Antiquité et de l’Ancien Régime (A) a ainsi connu un bouleversement indé-
niable à partir de la Révolution, d’abord en ce qui concerne la loi pénale et plus tardivement à propos de
la responsabilité pénale et des peines (B).

A. Le droit pénal de l’Antiquité et de l’Ancien Régime


17 Les premiers systèmes répressifs. – Le crime fut d’abord considéré comme une atteinte injuste
portée par le groupe de son auteur au groupe de sa victime. Quand cette offense ne provoquait pas
une guerre entre clans, elle se traduisait par une vengeance privée qui pouvait se régler par une
compensation accordée à la communauté lésée. Les atteintes directes à l’ordre social (la trahison, la
rébellion ou encore l’inceste ou l’apostasie) appelaient cependant, dès les civilisations anciennes, une
répression par l’autorité publique. Le pouvoir politique s’est progressivement accordé le droit de
juguler le traitement des délits par une justice qui demeurait cependant privée car l’infraction restait
généralement une atteinte privée bien plus qu’un trouble à l’ordre public. Ensuite s’imposa de plus en
plus une justice publique portée par une autorité instituée, de telle sorte que l’infraction faisait naître
une véritable action publique aux côtés d’une action privée.

18 Les principes de l’Ancien Régime et leur contestation. – Sous l’Ancien Régime sont appliquées
des coutumes qui déterminent les comportements sanctionnés et les peines que le tribunal peut
souvent prononcer de façon arbitraire, ce qui ne signifie pas qu’elles étaient injustes mais qu’elles
étaient fixées par le juge selon sa seule appréciation. Le juge n’est ainsi pas tenu d’appliquer des
textes au demeurant fort incomplets mais doit assurer, au nom du souverain, le respect des lois
divines et naturelles. Jusqu’alors généralement accusatoire, la procédure devient inquisitoire (donc
écrite, secrète et non contradictoire) vers la fin du Moyen Âge puis par application de l’importante
ordonnance de 1670 qui réglemente avec précision la procédure pénale. De façon générale, « l’ancien
droit pénal » d’Occident – celui des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, procédait du droit pénal romain enrichi par
la doctrine chrétienne.
Le droit pénal de l’Ancien Régime est souvent présenté comme extrêmement sévère. Cependant, les
peines prononcées étaient, dans leur immense majorité, d’ordre pécuniaire. Il est vrai que face à
des crimes odieux, les supplices pouvaient être spectaculaires et publics mais c’était aussi une
conséquence de la faible efficacité des enquêteurs de l’époque : lorsqu’un criminel était capturé,
les autorités étaient tentées de faire de son châtiment un exemple, pour intimider ceux qui songe-
raient à commettre de tels actes en manifestant leur crédibilité. La publicité de l’exécution des
peines, par opposition au jugement en principe non public, permettait aussi au souverain de mani-
fester ses prérogatives car son pouvoir était indissociable du droit de punir – et même du devoir de
punir – dont il était investi.

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DROIT PÉNAL GÉNÉRAL

La fin de l’Ancien Régime fut marquée par la publication d’ouvrages toujours considérés comme
essentiels dans l’histoire des doctrines juridiques : L’esprit des lois de Montesquieu publié en 1748 et
le traité Des délits et des peines de Cesare Beccaria publié en 1764. Ces deux grands auteurs
prônaient la reconnaissance du principe de légalité des délits et des peines ainsi qu’une certaine
modération dans la détermination des peines. Puisque le droit de punir ne repose que sur le contrat
social, le juge doit s’effacer derrière une loi pénale écrite et précise qui doit elle-même, tant en ce qui
concerne les incriminations que les peines, s’avérer objectivement nécessaire.
Si pour Emmanuel Kant la justice est un impératif que toute société humaine a le devoir de faire
respecter, quelles que soient les circonstances, Jeremy Bentham, représentant majeur de la pensée
utilitariste, considère à l’inverse que la répression ne doit intervenir que si un avantage en résulte
pour la société et qu’il convient de faire en sorte, à travers une « arithmétique pénale », que la
commission d’une infraction procure à son auteur moins de satisfactions que de désagréments.

B. Le droit pénal depuis la Révolution française


19 L’inflexion révolutionnaire. – Le principe de légalité des délits et des peines est consacré par
l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 aux termes duquel « la Loi ne
doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en
vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée ». Le Code
pénal de 1791, premier Code pénal français, consacre de nouveau le principe de légalité. Il est remplacé
en 1795 par le Code des délits et des peines.

20 La codification napoléonienne. – Le Code d’instruction criminelle de 1808, qui combine l’accusa-


toire et l’inquisitoire, et le Code pénal de 1810, marqué par une indéniable sévérité, sont des œuvres de
compromis entre le droit de l’Ancien Régime et le droit intermédiaire. Ils traduisent certes l’autorité poli-
tique de Napoléon mais s’avèrent, à la différence du Code civil de 1804, techniquement médiocres.

21 L’École néoclassique du XIXe siècle. – Jusqu’au dernier quart du XIXe siècle a dominé une école
néoclassique et conservatrice qui prônait la modération tant pour les incriminations que pour les
peines. La loi du 28 avril 1832 s’inspire de cette doctrine notamment en transformant de nombreux
crimes en délits, en supprimant les châtiments corporels qui figuraient jusqu’alors dans le Code pénal
et en étendant le champ d’application des circonstances atténuantes. Selon la formule célèbre de
Joseph Ortolan « jamais plus qu’il n’est juste et jamais plus qu’il n’est utile ; à la moins élevée de
ces deux limites le droit de punir pour la société s’arrête » (Éléments de droit pénal publiés en 1855).

22 La doctrine positiviste. – La fin du XIXe siècle fut marquée par la doctrine positiviste menée par des
auteurs Italiens : Cesare Lombroso (professeur de médecine légale et auteur de L’Homme criminel en
1876), Raffaele Garofalo (magistrat et auteur de La Criminologie en 1885) et Enrico Ferri (professeur de
droit et avocat, auteur de La Sociologie criminelle en 1892). Selon eux, l’homme n’est pas libre mais
déterminé par sa nature et son environnement. Le délinquant dangereux pour la société doit être
neutralisé tandis que sont préconisées des mesures préventives qui limiteront les causes de la crimi-
nalité. La réaction sociale ne doit donc pas dépendre de la gravité de l’infraction mais de la temebilità
(état dangereux) de son auteur. Certes, ce système positiviste justifiait qu’un simple « état dangereux »

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Introduction

pût être sanctionné avant la commission d’une infraction (ante delictum) ; cependant, les positivistes
italiens n’ont jamais prôné expressément une application aussi redoutable de leur doctrine.
Lombroso considérait que la prédisposition au crime reposait sur de nombreux éléments dont
certains étaient d’ordre morphologique (forme et dimension du menton, de la mâchoire, des arcades
sourcilières...) : cette partie de ses travaux fut vivement contestée dès la fin du XIXe siècle et est
aujourd’hui unanimement rejetée. L’œuvre de Ferri fait actuellement l’objet d’une plus grande consi-
dération : en se fondant sur une approche multifactorielle, elle explique la criminalité à partir de
facteurs sociologiques et économiques qui ne sont pas dénués de pertinence. Si Lombroso a
insisté, de façon fort contestable, sur le déterminisme de chaque homme en raison de ses caracté-
ristiques personnelles, Ferri croyait en un déterminisme social selon lequel la criminalité est le
produit du milieu naturel, social, familial, économique... Cette approche est plus convaincante,
même si rares sont ceux, aujourd’hui, qui nient la part, ou au moins une certaine part, du libre
arbitre dans le passage à l’acte.

23 Les écoles de défense sociale. – De la fin du XIXe siècle à la fin de la Seconde guerre mondiale,
l’augmentation de la criminalité et l’apparition de nouveaux enjeux économiques et sociaux ont
conduit à la création de nouvelles infractions et à l’augmentation des peines encourues tandis que la
jurisprudence se montrait moins attachée au principe d’interprétation stricte de la loi pénale (donc au
principe de légalité). D’inspiration bien différente, l’École de la défense sociale fut d’abord incarnée par
Filippo Gramatica qui a créé en 1949 la Société internationale de défense sociale et dont les Principes
de défense sociale ont été publiés en 1961. Il s’intéressait aux délinquants et non aux infractions
commises et prônait des mesures individualisées. Un magistrat français, Marc Ancel, a publié en 1954
un ouvrage dont le retentissement fut majeur, intitulé : La défense sociale nouvelle. Contrairement à
Gramatica, il admettait l’importance de l’infraction mais comme lui promouvait l’individualisation du trai-
tement des délinquants qui doivent être resocialisés sans être affectés d’un quelconque blâme moral.
Les écoles de défense sociale sont d’inspiration individualiste en ce qu’elles n’admettent pas les préten-
tions répressives de la société sur le délinquant mais reconnaissent le droit des délinquants à obtenir
une réadaptation à la vie sociale.
S’inscrivent dans les idées portées par cette doctrine, l’ordonnance du 2 février 1945 relative à
l’enfance délinquante, qui privilégie la prévention et la rééducation du mineur, de même que la loi du
11 juillet 1975 modifiant et complétant certaines dispositions de droit pénal (cette loi instituait des
substituts aux courtes peines d’emprisonnement et des mesures en faveur du reclassement des
condamnés).

24 La réaction néoclassique contemporaine. – Depuis le dernier quart du XXe siècle, plusieurs auteurs
ont, de façon très engagée ou plus nuancée, assumé et revendiqué la dimension expiatrice du droit
pénal qui ne peut être uniquement réduit à la prévention et à la réinsertion des délinquants. Ils trouvent
un appui dans l’opinion publique qui estime majoritairement qu’une trop grande compréhension envers
l’auteur de l’infraction se traduit par une trop faible considération envers sa victime.
La loi du 2 février 1981 renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes, dite loi « sécurité
et liberté », s’inscrit dans ce courant de pensée par ses dispositions répressives qui étaient cepen-
dant accompagnées de garanties procédurales nouvelles.

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DROIT PÉNAL GÉNÉRAL

25 Le « droit pénal de l’ennemi ». – Depuis le milieu des années 1980 se développe sous l’impulsion de
l’universitaire allemand Günther Jakobs une doctrine selon laquelle il conviendrait de scinder le droit
pénal entre « le droit pénal du citoyen » applicable aux auteurs d’infractions qui ne portent pas atteinte
aux fondements de la société et qui doivent bénéficier de l’ensemble de leurs droits et le « droit pénal
de l’ennemi » applicable à ceux, très minoritaires, qui combattent la société elle-même et qui pourraient
être privés d’une partie de leurs droits et libertés. Cette doctrine est très critiquée en Europe où sa
consécration législative serait d’ailleurs contrée non seulement par les Constitutions des États euro-
péens mais aussi par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Cependant, elle
a rencontré un intérêt certain lors de la mise en place de dispositifs de lutte contre le trafic de
drogue en Amérique centrale et en Amérique latine et trouve aussi parfois un écho favorable aux
États-Unis s’agissant de la lutte contre le terrorisme.

26 La réforme du Code pénal. – Le Code pénal de 1810 qui présentait dès l’origine d’indéniables
faiblesses avait en outre vieilli tant sur la forme que sur le fond. Le Code d’instruction criminelle de
1808 avait lui-même été remplacé par le Code de procédure pénale entré en vigueur en 1959. Après
plusieurs tentatives infructueuses, la réforme du Code pénal fut opérée par quatre lois du 22 juillet
1992 complétées par une loi du 16 décembre 1992 pour sa partie législative et par un décret du
29 mars 1993 pour sa partie réglementaire. Ce Code pénal, à l’époque surnommé « nouveau Code
pénal », est entré en vigueur le 1er mars 1994. Le Code pénal s’avère désormais plus clair et dans
l’ensemble mieux construit. Parmi les innovations majeures, au demeurant peu nombreuses, peut être
d’emblée soulignée l’introduction de la responsabilité pénale des personnes morales.
La partie législative du Code pénal comprend un livre premier consacré aux dispositions générales,
donc au droit pénal général, suivi d’un livre (deuxième) sur les crimes et délits contre les personnes,
d’un autre (livre troisième) sur les crimes et délits contre les biens, d’un autre (livre quatrième) sur les
crimes et délits contre la nation, l’État et la paix publique, d’un autre (quatrième bis, ajouté par une loi
du 9 août 2010) sur les crimes et délits de guerre, d’un autre (cinquième) sur les autres crimes et
délits, d’un autre (sixième) sur les contraventions qui ne comprend cependant qu’un seul article
puisque la matière contraventionnelle figure dans la partie réglementaire et enfin d’un livre septième
consacré aux dispositions relatives à l’outre-mer. La numérotation est désormais logique : le premier
chiffre de chaque article correspond au livre, le deuxième chiffre au titre et le troisième au chapitre.
Puis, après un tiret, se succèdent les articles du chapitre concerné (la responsabilité pénale des
personnes morales figure par exemple à l’article 121-2 du Code pénal, en tant que deuxième article
du livre premier, titre deuxième, chapitre premier). Lorsqu’un nouvel article vient s’interposer entre
deux autres, au sein d’un même chapitre, s’impose un second tiré lui-même suivi d’un chiffre (ainsi,
le stage de citoyenneté qui peut désormais remplacer l’emprisonnement est prévu à l’article 131-5-1,
entre l’article 131-5 et l’article 131-6).
L’importance du Code pénal est manifeste. Certes, de très nombreuses incriminations se situent
toujours dans d’autres codes ou dans des textes non codifiés. Mais les crimes et délits les plus
importants, ceux qui sont connus (au moins de façon approximative) de l’ensemble de la population
et pas seulement des juristes, figurent presque tous dans ce Code : il en est ainsi, par exemple, des
crimes contre l’humanité, du meurtre, de l’homicide involontaire, des violences, du viol et des autres
agressions sexuelles (dans le livre deuxième), du vol, de l’escroquerie, de l’abus de confiance et du
recel (dans le livre troisième) ou encore des actes de terrorisme (dans le livre quatrième). En outre,
une très grande part du droit pénal général se trouve bien dans le livre premier du Code pénal
consacré aux dispositions générales qui sont, logiquement, réparties en trois titres successifs

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