REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
THEME
RESUME
Règles Parasismiques Algériennes " RPA 99"
VERSION 2003
Préparé par :
- HAFED RAOUF.
- SOUALEM ABDELHAMID.
- MADI AMEUR.
- DJELLAB ALI.
- BOUDJELLAL ABDERRAHIM.
CONTRIBUTIONS
Ont également contribué à l'enrichissement du document Messieurs : AZZOUZ Hamid Président
Directeur Général du CTC /CHLEF, BELHADJ Larbi, Représentant du CTC/Ouest, CHARIF
Abdelhamid Université de Batna, DJAFOUR Mustapha, Université de Tlemcen, MVILA, Atelier A3
Chlef, ZERGOUG Kaddour Larbi Représentant du CTC /Ouest
HOMMAGE POST-MORTEM
Tous les membres du Groupe de Travail Spécialisé ont été profondément peinés par la perte de Monsieur
YEZLI Lamara, Maître de Conférence à USTHB/ IGC, décédé accidentellement en août 1998, en pleine
période de travail du groupe dont il était un membre des plus éminents. Les collègues tiennent tout
particulièrement à lui rendre ici un hommage hautement mérité pour son apport appréciable au
document et son entregent dans les discussions du groupe.
AVANT-PROPOS - PRESENTATION
Le document technique "DTR BC 2-48" portant sur les "REGLES PARASISMIQUES
ALGERIENNES RPA 99" qui a été approuvé par la commission technique permanente pour le
contrôle technique de la construction (CTP) lors de sa réunion du 4 Décembre 1999 se situe dans la
continuité des documents précédents "RPA 81, version 1983" et "RPA 88" dont il garde la philosophie
originelle.
Il constitue en fait une actualisation qui s'avère nécessaire après près de deux décennies de pratique
riche et diversifiée de la part des scientifiques et techniciens nationaux des bureaux d'études et de
contrôle, des entreprises et des institutions de formation supérieure.
Cette actualisation tient compte également des leçons tirées des récents séismes survenus en Algérie
tels que ceux de Oued Djer (oct 1988), Tipaza (oct 1989), Mascara (août 1994) ,ou à l'étranger, tels
que Spitak / Arménie (1988), Sanjan / Iran (1990),Loma Priéta / Californie (1989), Northridge
/Californie (1994), Kobé/Japon (1995),ou IzmitTTurquie (1999).
Cette actualisation a en outre bénéficié des grands progrès de la recherche dans ce domaine aussi bien
aux niveaux nationaux qu'international.
Globalement, les préoccupations essentielles qui ont présidé à la présente révision qui est la deuxième
sont les suivantes
- Prise en compte de l'évolution récente de la réglementation internationale en la matière.
INTRODUCTION :
Les présentes règles visent à assurer une protection acceptable des vies humaines et des constructions
vis à vis des effets des actions sismiques par une conception et un dimensionnement approprié.
Pour des ouvrages courants, les objectifs ainsi visés consistent à doter la structure d’une rigidité et
d'une résistance suffisante pour limiter les dommages non structuraux et éviter les dommages
structuraux par un comportement essentiellement élastique de la structure face à un séisme modéré,
relativement fréquent.
Puisqu’il faudra que l'ouvrage puisse demeurer opérationnel immédiatement après un séisme majeur.
- DOMAINE D'APPLICATION
Les présentes règles sont applicables à toutes les constructions courantes. Par contre, elles ne sont pas
directement applicables aux constructions telles que.
- Constructions et installations pour lesquelles les conséquences d'un dommage même léger peuvent
être d'une exceptionnelle gravité : centrales nucléaires, installations GNL, installations de fabrication
et de stockage des produits inflammables, explosifs, toxiques, ou polluants.
- Ouvrages d'art (barrages, ouvrages maritimes, ponts, tunnels,).
- Réseaux et ouvrages enterrés.
- Structures en plaques et en coques minces.
Pour ces types de constructions, il y a lieu de se référer à des règles ou recommandations spécifiques
Par ailleurs les dispositions du présent règlement ne s'appliquent pas en zone de séismicité négligeable
de la classification des zones sismiques.
❖ CONDITIONS D'APPLICATION :
Les constructions auxquelles s'appliquent les présentes règles doivent satisfaire concomitamment aux
règles de conception, de calcul et d'exécution applicables.
Par ailleurs, au cas où les sollicitations issues d'un calcul aux effets du vent sont plus défavorables,
ce sont ces dernières qu'il y a lieu de prendre en considération pour la vérification de la résistance et
de la stabilité de l'ouvrage, mais, en même temps, les dispositions constructives des règles RPA
doivent être respectées.
L'application rationnelle et efficace des présentes règles suppose une coopération et une coordination
étroite entre les différents intervenants à chaque stade de la conception et de la réalisation du projet.
❖ RÈGLES GÉNÉRALES DE CONCEPTION ET CHOIX DU SITE
Pour le choix du site, une attention particulière doit être portée aux conditions défavorables ou
pénalisantes suivantes :
• présence de failles reconnues actives
• zones suspectes de liquéfaction
• Terrains instables :
• Pentes instables, abords de falaises, rives et berges sujettes à affouillement
• Terrains passants, gorgés d'eau, mal drainés ou inondables
• Terrains susceptibles de s'effondrer sous l'effet des secousses
• Présence de cavités souterraines
• Présence de remblais non compactés
• Topographie superficielle accidentée :
• Crêtes, pitons rocheux
• Bords de vallées encaissées
• Abords de changements de pente importants
• Présence d'alluvions d'épaisseur variable en pied de pente ou d'épaisseur importante en
milieu de vallées (susceptible d’amplification).
• Présence de formations géologiques différentes
Le choix définitif du site sera arrêté sur la base des résultats d'investigations dont l'importance sera en
rapport avec celle de l'ouvrage projeté.
Le type et l'importance de ces investigations pourront être utilement orientés par les résultats d'études
de micro zonage sismique là où elles existent.
➢ RECONNAISSANCES ET ÉTUDES DE SOL
Exception faite pour les constructions en R+2 au maximum de hauteur moyenne (type maison
individuelle ou bâtiment assimilé) et dont la surface totale des planchers n'excède pas 400n-F, les
reconnaissances et études de sol sont obligatoires pour les ouvrages d'importance moyenne ou plus,
implantés en zones de sismicité moyenne à élevée.
Ces études sont en principe les mêmes que dans le cas des situations non sismiques mais doivent en
outre, permettre de classer le site et de détecter les zones Liquéfiables et / ou instables.
Des reconnaissances et études complémentaires peuvent s'avérer nécessaires en présence notamment
de zones liquéfiables ou instables ainsi que pour la prise en compte éventuelle des propriétés
dynamiques des sols dans les calculs.
➢ IMPLANTATION DES OUVRAGES
Lors de l'implantation des ouvrages, il faudrait :
• Éviter absolument la proximité immédiate d'une faille reconnue active pour les ouvrages
importants et ceux d'importance vitale. Si le tracé de la faille a été localisé à l'issue d'une étude de
site préalable, les ouvrages d'importance moyenne doivent faire l'objet d'un niveau de protection
plus élevé et être implantés en dehors d'une bande de 100 m de large minimum de part et d'autre
de la trace de la faille Pour les ouvrages d'importance faible, la largeur de la bande à neutraliser
est ramenée à 50 m, de part et d'autre de la faille.
• Éviter autant que possible, les terrains instables et les terrains à topographie accidentée ainsi que
le bord des falaises.
• Éviter les sols liquéfiables, les sols fortement fracturés, les sols faiblement cimentés et les zones
de remblais. Il est par ailleurs recommandé de :
• Préférer les sols rocheux et les sols fermes aux sols meubles, de faible portance et donnant lieu
à des tassements excessifs et irréguliers.
• Veiller à ce que la couche d'appui des fondations soit suffisamment épaisse et qu'elle ne repose
pas elle-même sur une couche instable.
• Implanter autant que possible, les bâtiments élevés sur des sites rocheux ou sites de sols fermes
de faible épaisseur et les bâtiments bas sur des sites de sols fermes ou meubles relativement épais
et ce pour éviter les phénomènes de résonance. - opter de préférence pour plusieurs blocs de
bâtiments sur plates-formes horizontales lors de l'implantation d'un programme important de
constructions sur un terrain en pente. La pente des talus dont la stabilité reste à vérifier ne doit pas
dépasser 2/3.
• Implanter un ouvrage d'un même côté d'une discontinuité telle que fracture, contact de
formations géologiques différentes, changement brusque de pente, sinon le scinder par des joints
en blocs distincts, implantés de part et d'autre de discontinuité.
➢ INFRASTRUCTURE ET FONDATIONS
L'infrastructure, constituée des éléments structuraux des sous-sols éventuels et le système de
fondations doivent former un ensemble résistant et rigide, prenant, si possible, appui à un minimum
de profondeur sur des formations en place compactes et homogènes, hors d'eau de préférence.
En outre, cet ensemble devra être capable de transmettre les charges sismiques horizontales en plus
des charges verticales, de limiter les tassements différentiels et d'empêcher les déplacements
horizontaux relatifs des points d'appui par solidarisation au moyen de longrines ou autre dispositif
équivalent.
Les fondations sur remblais ou sols reconstitués ne sont pas admises, sauf justifications spéciales.
Le système de fondation doit être homogène (semelles superficielles, radier, pieux) avec un seul mode
de fondation par bloc de construction, délimité par des joints. Il doit autant que possible constituer
une assise horizontale unique sur toute l'emprise du bloc.
➢ SUPERSTRUCTRE
• Régularité
Pour offrir une meilleure résistance aux séismes, les ouvrages doivent de préférence avoir, d'une part
des formes simples, d'autre part, une distribution aussi régulière que possible des masses et des
rigidités tant en plan qu'en élévation.
Le but recherché est d'assurer la meilleure répartition possible des sollicitations à travers la structure
de façon à faire participer tous les éléments à l'absorption et à la dissipation de l'énergie développée
par l'action sismique.
• Joints
La disposition des joints sismiques peut coïncider avec les joints de dilatation ou de rupture. Ils
doivent assurer l'indépendance complète des blocs qu'ils délimitent et empêcher leur
entrechoquement.
En cas de sol de fondation homogène, il n'est pas nécessaire de les poursuivre en fondation. Les joints
doivent être plans, sans décrochement et débarrassés de tout matériau ou corps étranger.
Ils sont disposés de façon.
- A limiter des longueurs de bâtiments trop importantes
- A séparer les blocs de bâtiments ou ouvrages accolés de géométrie et /ou de rigidités et de masses
inégales.
A simplifier les formes en plan de bâtiments présentant des configurations complexes (forme en T, U,
L, H,).
➢ MATÉRIAUX ET TECHNIQUES DE CONSTRUCTION :
Les présentes règles concernent essentiellement les structures réalisées avec les matériaux suivants :
• Aciers de construction
• Béton armé
• Maçonneries diverses (briques, blocs de béton, pierre...) convenablement chaînées
horizontalement et verticalement par des éléments en béton armé coulés en place.
Le comportement des matériaux aux séismes ne peut être dissocié du type de structure qu'ils
constituent :
• Les matériaux avec un rapport résistance/masse volumique tel que celui de l'acier permettent de
réaliser des structures légères, résistantes et économiques.
• La rigidité des matériaux permet de limiter les problèmes de stabilité de forme. La ductilité est
la capacité des matériaux à se déformer plastiquement lors d'efforts élevés sans diminution
significative de la résistance pendant plusieurs cycles de chargement.
L’acier et le béton armé convenablement ferraillé ont une bonne ductilité.
L’emploi de matériaux fragiles dont les résistances en traction et en cisaillement sont faibles
(béton non armé, maçonnerie non chaînée), est à proscrire pour la réalisation des éléments de
contreventement. Ils peuvent être utilisés par contre, pour certains éléments non structuraux,
après avoir vérifié que leur comportement est compatible avec les déformations de la structure
sollicitée ou en leur associant des matériaux capables de remédier à leurs insuffisances en matière
de résistance.
• Les assemblages qui assurent la transmission des efforts entre les éléments constructifs,
garantissant ainsi la continuité mécanique de la structure, doivent être réalisés en acier ou en
béton armé coulé en place.
• L’utilisation de la précontrainte pour les éléments de contreventement est interdite en zone
sismique. Par contre, l'utilisation d'éléments secondaires isostatiques en béton précontraint tels
que pannes, poutrelles de plancher, prédalles est permise.
• Les structures préfabriquées doivent :
• Satisfaire aux conditions générales de conception, de calcul, et d'exécution faire l'objet
d'agréments précisant les conditions d'utilisation en zones sismiques
➢ SYSTÈMES STRUCTURELS :
Les ouvrages doivent en général comporter des contreventements dans au moins deux directions
horizontales. Ces contreventements doivent être disposés de façon
- Reprendre une charge verticale suffisante pour assurer leur stabilité.
- Assurer une transmission directe des forces aux fondations.
- Minimiser les effets de torsion.
Les éléments de contreventement devraient présenter une configuration régulière et former un
système continu et cohérent aussi monolithique que possible. Par ailleurs, ce système doit être
suffisamment redondant de façon à assurer une marge importante entre la limite d'élasticité et le seuil
de rupture de la structure. Une attention particulière doit être accordée à l'étude et à la réalisation de
tous les assemblages en tenant compte des conséquences que peut avoir toute défaillance à ce niveau
sur le comportement de la structure.
➢ DUCTILITÉ
La structure et ses éléments doivent avoir une ductilité suffisante pour pouvoir dissiper une grande
part de l'énergie induite par le mouvement sismique et conserver leur résistance de calcul sous
déformations imposées.
Le développement des rotules plastiques devrait se faire, en dehors des nœuds, dc préférence dans
les éléments horizontaux (poutres, linteaux) plutôt que verticaux (poteaux, voile.) de façon à ne
remettre en cause ni le cheminement des forces verticales, ni la stabilité de la structure et/ou de ses
éléments porteurs. Quant aux éléments porteurs qui ne participent pas au contreventement ils doivent
pouvoir conserver leur capacité portante sous l'effet des déformations imposées.
➢ MODÉLISATION ET MÉTHODES DE CALCUL
Le choix des méthodes de calcul et la modélisation de la structure doivent avoir pour objectif de
reproduire au mieux le comportement réel de l'ouvrage.
Dans le cas des ouvrages qui relèvent du présent règlement, il est admis que les structures soumises
à une action sismique puissent subir des déformations dans le domaine post-élastique. Il est fait alors
recours à des méthodes de calcul linéaire équivalent, utilisant un modèle élastique de la structure où
l'action sismique est introduite sous forme de spectre de réponse.
Un coefficient de comportement unique associé à la structure permet alors :
• De déterminer les efforts de dimensionnement de la structure
• D’estimer les déformations inélastiques subies par la structure pour la vérification des critères
d'endommagement.
➢ CRITÈRES DE CLASSIFICATION :
Le présent chapitre expose un ensemble de classifications nécessaires à la définition de la situation
sismique étudiée et au choix de la méthode et des paramètres de calcul des forces sismiques.
➢ CLASSIFICATION DES ZONES SISMIQUES :
Le territoire national est divisé en cinq (05) zones de séismicité croissante, définies sur la carte des
zones de séismicité et le tableau associé qui précise cette réparation par wilaya et par commune, soit.
• Zone O : sismicité négligeable
• Zone I : sismicité faible
• Zones II a et II b : sismicité moyenne
• Zone III : sismicité élevée
La figure 3.1 représente la carte des zones sismiques de l'Algérie et le zonage global des différentes
wilayas. Annexe I donne la classification sismique par wilaya et par commune (lorsque la wilaya est
partagée entre plusieurs zones sismiques différentes).
❖ CLASSIFICATION DES OUVRAGES SELON LEUR IMPORTANCE :
Le niveau minimal de protection sismique accordé à un ouvrage dépend de sa destination et de son
importance vis à vis des objectifs de protection fixés par la collectivité.
Les listes décrites ci-dessous sont nécessairement incomplètes. Cependant, elles permettent d'illustrer
cette classification qui vise à protéger les personnes, puis les biens économiques et culturels de la
communauté.
Cette classification préconise des seuils minima de protection qu'un maître d'ouvrage peut modifier
uniquement en surclassant l'ouvrage pour une protection accrue, compte tenu de la nature et de la
destination de l'ouvrage vis à vis des objectifs visés.
Tout ouvrage qui relève du domaine d'application des présentes règles doit être classé dans l'un des
quatre (04) groupes définis ci-après.
Groupe IA : Ouvrages d'importance vitale
- Ouvrages vitaux qui doivent demeurer opérationnels après un séisme majeur pour les besoins de
la survie de la région, de la sécurité publique et de la défense nationale, soit :
- Bâtiments abritant tes centres de décisions stratégiques
- Bâtiments abritant le personnel et le matériel de secours et (ou) de défense nationale ayant un
caractère opérationnel tels que casernes de pompiers, de police ou militaires, parcs d'engins et
de véhicules d'intervention d'urgence et de secours.
- Bâtiments des établissements publics de santé tels que les hôpitaux et centres dotés de services
des urgences, de chirurgie et d'obstétrique.
- Bâtiments des établissements publics de communications tels que les centres de
télécommunications, de diffusion et de réception de l'information (radio et télévision), des relais
hertziens, des tours de contrôle des aéroports et contrôle de la circulation aérienne.
- Bâtiments de production et de stockage d'eau potable d'importance vitale.
- Ouvrages publics à caractère culturel, ou historique d'importance nationale.
- Bâtiments des centres de production ou de distribution d'énergie, d'importance nationale.
- Bâtiments administratifs ou autre devant rester fonctionnels en cas de séisme.
Groupe IB : Ouvrages de grande importance
- Ouvrages abritant fréquemment de grands rassemblements de personnes
- Bâtiments recevant du public et pouvant accueillir simultanément plus de 300 personnes tels que
grande mosquée, bâtiments à usage de bureaux, bâtiments industriels et commerciaux, scolaires,
universitaires, constructions sportives et culturelles, pénitenciers, grands hôtels.
- Bâtiments d'habitation collective ou à usage de bureaux dont la hauteur dépasse 48 m.
- Ouvrages publics d'intérêt national ou ayant une importance socio-culturelle et économique
certaine.
- Bâtiments de bibliothèque ou d'archives d'importance régionale, musée, etc.
- Bâtiments des établissements sanitaires autres que ceux du groupe IA.
- Bâtiments de centres de production ou de distribution d'énergie autres que ceux du groupe IA.
- Châteaux d'eau et réservoirs de grande à moyenne importance
Groupe 2 : Ouvrages courants ou d'importance moyenne
- Ouvrages non classés dans les autres groupes IA, I B ou 3 tels que :
- Bâtiments d'habitation collective ou à usage de bureaux dont la hauteur ne dépasse pas 48 m.
- Autres bâtiments pouvant accueillir au plus 300 personnes simultanément tels que, bâtiments à
usage de bureaux, bâtiments industriels, ...
- Parkings de stationnement publics, ...
Groupe 3 : Ouvrages de faible importance
- Bâtiments industriels ou agricoles abritant des biens de faibles valeurs.
- Bâtiments à risque limité pour 'es personnes.
❖ CLASSIFICATION DES SITES :
- Catégories et Critères de classification
Les sites sont classés en quatre (04) catégories en fonction des propriétés mécaniques des sols qui les
constituent.
✓ Catégorie SI (site rocheux).
Roche ou autre formation géologique caractérisée par une vitesse moyenne d'onde de cisaillement
Vs à800m/s.
✓ Catégorie S2 (site ferme)
Dépôts de sables et de graviers très denses et/ou d'argile sur consolidée sur 10 à 20 m d'épaisseur
avec Vs 2400 m/s à partir de 10 m de profondeur.
✓ Catégorie S3 (site meuble)
Dépôts épais de sables et graviers moyennement denses ou d'argile moyennement raide avec Vs
>200 m/s à partir de 10 m de profondeur.
✓ Catégorie S4 (site très meuble).
-Dépôts de sables lâches avec ou sans présence de couches d'argile molle avec Vs < 200
m/s dans les 20 premiers mètres.
-Dépôts d'argile molle à moyennement raide avec Vs < 200 m/s dans les 20 premiers mètres.
Par ailleurs, outre les valeurs des vitesses d'ondes de cisaillement, les valeurs moyennes harmoniques
d'autres résultats d'essais (pénétromètre statique, SPT, pressiomètre...) peuvent être utilisées pour
classer un site selon le tableau suivant :
Tableau 3.2 : Classification des sites
Catégorie Description qc N Pl Ep qu Vs
(MPA (MPA (MPA (MPA)
(d) (m/s)
) ) )
SI Rocheux (a) > 100 > 10 >800
-
S2 Ferme > 15 > 50 > 20 < 800
S3 Meuble 1.5 10 1-2 5 - 20 0.4 2200
15 50 < 400
Très Meuble < 1.5 < 10 < 0.1 > 100
< 200
(À) : La valeur de la vitesse de l'onde de cisaillement du rocher doit être mesurée sur site ou estimée
dans le cas d'un rocher peu altéré. Les roches tendres ou très
Altérées peuvent être classées en catégorie S2 dans le cas où Vs n'est pas mesurée. Le site ne peut
être classé dans la catégorie SI s'il existe plus de 3 m de sols entre la surface du rocher et le niveau
bas des fondations superficielles
(b) : L'argile molle est définie par un indice de plasticité Ip >20, une teneur en eau naturelle Wn
*00/0, une résistance non drainée Cu < 25 kPa et une vitesse d'onde de cisaillement Vs < 150 m/s.
➢ Conditions de site nécessitant des investigations approfondies
Les conditions de site qui nécessitent des investigations approfondies
Sont les suivantes :
-Présence de sols instables sous les actions sismiques tels que. Sols liquéfiables, sols faiblement
cimentés, anciens remblais.
-Présence de sols vaseux ou d'argile avec une très forte teneur en matière organique sur une
épaisseur de plus de 3 m.
-Présence d'argile très plastique (indice de plasticité Ip >75) sur une épaisseur de plus de 6 m.
-Présence sur une épaisseur de plus de 30 m d'une couche d'argile molle à moyennement raide (qc
= 1.5 à 5 MPA, p, = 0.5 à 2 MPA, Ep = 5 à 25 MPA, = à 0.4 MPA)
CONCLUSION :
Les points qui ont été retenus pour révision se présentent comme suite
- Définir de manière plus précise l'objet du RPA
- Préciser davantage le domaine d'application du RPA
- Préciser les objectifs et les niveaux de protection parasismique recherchés pour" les différentes
catégories de constructions qui relèvent du domaine d'application du RPA.
- Décrire les principes de conception parasismique à respecter, préalablement à tout calcul (choix de
site, implantation,).
- Revoir les différentes classifications (zonage sismique, sites et sols, catégories d'ouvrages).
- Préciser davantage les critères de régularité en plan et en élévation des constructions.
- Identifier les systèmes structuraux en usage courant en Algérie.
- Préciser les critères de choix de la méthode de calcul des forces sismiques (méthode statique
équivalente, méthode d'analyse modale spectrale).
- Décrire la méthode statique équivalente avec les modifications apportées sur les différents paramètres.
- Décrire la méthode dynamique modale spectrale.
- Décrire les critères de sécurité à justifier pour que la structure soit réputée parasismique (système de
contreventement, éléments secondaires et éléments non structuraux).
Un avant-projet de RPA révisé a été ainsi élaboré et soumis à un examen détaillé de la part d'un
groupe de travail spécialisé regroupant des experts de bureaux d’études, de bureaux de contrôle,
d'universités, d'entreprises et de représentants du Ministère.
Annexe
NOTE
Le présent document intitulé "REGLES PARASISMIQUES ALGERIENNES RPA 99/ VERSION
2003" reprend le texte initial du RPA 99 dans lequel ont été intégrés, en caractères italiques (non gras),
tous les compléments et modificatifs proposés par le groupe de travail spécialisé GTS constitué par
décision de Monsieur le Ministre de l'habitat et de l'urbanisme du 28 juin 2003 consécutivement au
séisme de Zemouri - Boumerdes du 21 mai 2003 et aux leçons qu'il y avait lieu d'en tirer pour les court,
moyen et long termes au niveau de la réglementation parasismique Algérienne.
Le document ainsi modifié a été approuvé par Arrêté de Monsieur le Ministre de l'Habitat et de
l'Urbanisme du 11 janvier 2004 publié au journal officiel de la République algérienne démocratique et
populaire (JO n o 8) du 08 février 2004. La "révision court terme" ou "révision 2003' tient compte
essentiellement de la nouvelle classification des zones sismiques et des valeurs du coefficient
d'accélération de zone l'A" qui s'y rattachent. En outre elle modifie ou enrichit certaines prescriptions
du règlement et, en particulier, celles concernant les systèmes de contreventement par "portiques auto
stables".
Remarque Importante :
Outre les modifications dans les chapitres ou articles mentionnés ci-dessus, il a été procédé, tous
chapitres confondus, et là où ne figurent pas d'autres dispositions explicites, au remplacement du terme
"zone III" par "Zones Il b et III" et du terme "zone Il" par "zone Il a" (pour les différentes dispositions
constructives ou prescriptions complémentaires).
AVERTISSEMENT :
A tous les utilisateurs des Règles Parasismiques Algériennes " RPA ".
Nul n'ignore que les séismes sont destructeurs et leur prédiction très difficile, voire impossible. Par
conséquent, la prévention du risque sismique consisterait, tout d'abord, à construire parasismique.
A ce titre, il est utile de rappeler que les RPA visent un double objectif :
- Protéger les vies humaines en évitant t'effondrement des ouvrages sous l'effet d'un
séisme majeur, rare, en limitant le choix des systèmes constructifs ainsi que la hauteur des
ouvrages en fonction de l'importance de la sismicité de la zone d'implantation.
- Limiter les dommages dans les éléments secondaires fragiles dus à des déformations
imposées par un séisme modéré, plus fréquent.
L'importante secousse tellurique qu'a subie notre pays, le 21 mai 2003, nous rappelle, encore une fois,
que la prévention contre une telle catastrophe naturelle se situe aussi dans l'application stricte de toutes
les prescriptions techniques, les règles et les normes régissant le domaine de la construction.
En effet, les différents cas de pathologies et de dommages occasionnés aux ouvrages dans les wilayas
d'Alger et de Boumerdès, à la suite de ce tragique événement du 21 mai 2003, ont révélé, outre la
violence du séisme de magnitude 6.8 sur l'échelle de RICHTER, des défaillances dans plusieurs
constructions réalisées ou en cours de réalisation.
Ce constat, qui interpelle l'ensemble des intervenants dans l'acte de bâtir, a amené les pouvoirs publics
à s'interroger sérieusement sur les causes de ces dommages, et à tenir compte, également, des niveaux
élevés des accélérations enregistrées par les instruments de mesure implantés dans les zones touchées
et les régions environnantes, aussi bien pendant la secousse principale que pendant les répliques qui
l'ont suivie.
Dans ce cadre, le Groupe Technique Spécialisé (G TS), créé par décision de Monsieur le Ministre de
l'Habitat et de l'Urbanisme le 28 juin 2003, a été chargé de procéder à ta révision "court terme" du RPA
99 et d'engager la réflexion sur les enrichissements techniques et scientifiques à apporter, à moyen
terme, à la réglementation parasismique algérienne.
"MODIFICATIFS ET COMPLEMENTS AUX RPA 99", porte essentiellement sur deux
volets :
- Révision du zonage sismique du RPA 99.
- Nouvelles prescriptions, plus restrictives, pour le système de portiques auto stables en béton armé
(système poteaux-poutres).
Le GTS considère que si des amendements et des enrichissements sont apportés à la réglementation
parasismique en vigueur pour l'améliorer et l'actualiser progressivement sur la base des expériences et
des résultats des études et des recherches réalisées, il va sans dire que ces efforts seraient vains si leur
application n'est pas effective et rigoureusement suivie par les différents intervenants dans l'acte de
bâtir. Ces efforts seraient d'autant plus vains si, au préalable, on ne veille pas à la qualité des études
aux plans de la conception et du calcul ainsi que de la reconnaissance du sol et du site d'implantation
des ouvrages, à la qualité des matériaux et produits de construction, à la qualité des travaux d'exécution,
à la qualité du suivi des travaux de réalisation et du contrôle technique de construction, conformément
aux exigences réglementaires requises, en particulier ,et aux règles de l'art, en général.
Alger, janvier 2004
M me Saliha AIT MESBAH
Directrice de la Recherche et de la Construction.
"Modificatifs et compléments au RPA 99 (révision 2003)"
Arrêté du 18 Dhou El Kaada 1424 correspondant au lljanvier 2004 portant
approbation du document technique réglementaire relatif aux "règles parasismiques
algériennes RPA 99 / version 2003"
Le Ministre de l'habitat et de l'urbanisme ;
- Vu le décret n o 85-71 du 13 avril 1985 portant création du centre national de recherche appliquée en
génie parasismique (CGS), modifié et complété par le décret n o 86-212 du 19 août 1986 ;
- Vu le décret n o 86-213 du 19 août 1986 portant création de la commission technique permanente pour
le contrôle technique de la construction ;
- Vu le décret présidentiel n003-215 du 07 Rabie El Aouel 1424 correspondant au
9 mai 2003, modifié, portant nomination des membres du gouvernement ;
- Vu le décret exécutif n092-176 du 4 mai 1992 fixant les attributions du ministre de l'habitat ;
- Vu l'arrêté du 27 Ramadhan 1420 correspondant au 4 janvier 2000 portant approbation du document
technique réglementaire relatif aux "règles parasismiques algériennes RPA 99 ».
ARRETE
er
Article 1 - Est approuvé le document technique réglementaire relatif aux "Règles parasismiques
algériennes RPA 99 / version 2003", annexé à l'original au présent arrêté.
Article 2 • Les dispositions du "RPA 99 / version 2003" s'appliquent à toute nouvelle étude de projet de
construction à compter de la date de publication du présent arrêté au journal officiel de la
République algérienne démocratique et populaire.
Article 3 - Les maîtres d'ouvrage, les maîtres d'œuvre, les bureaux d'études techniques, les entreprises
de réalisation, les organismes de contrôle technique et d'expertise sont tenus d'appliquer les
dispositions du "RPA 99 i version 2003».
Article 4 - Le centre national de recherche appliquée en génie parasismique (CGS) est chargé de l'édition
et de la diffusion du "RPA 99 / version 2003"
Article 5 - Les dispositions de l'arrêté du 27 Ramadhan 1420 correspondant au 4 janvier 2000 susvisé,
sont abrogées.
Article 6 - Le présent arrêté sera publié au journal officiel de la République algérienne démocratique et
populaire.
Fait à Alger, le 11 janvier 2004
Note : cet arrêté est publié au journal officiel N O 08 du 08 février 2004