La méthode PHAST (Participatory Hygiene and
Sanitation Transformation) ou Transformation
Participative de l’Hygiène et de l’Assainissement
1. Genèse (Qui a inventé la méthode, où et quand)
La méthode PHAST a été conçue à l’origine par le PNUD et l’OMS en 1992 (à
partir des méthodes d’animation « SARAR » et « PROWWESS ») puis testée et
améliorée sur le terrain au Zimbabwe, Botswana, Ouganda et Kenya, en
coordination avec les gouvernements nationaux, des ONG, l’UNICEF et des
bailleurs de fonds bilatéraux. Le PHAST a été piloté pour la première fois au
Botswana, au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda et au Zimbabwe afin de tester
l’utilisation de méthodes participatives de promotion des comportements en
matière d’hygiène, d’amélioration de l’assainissement et de gestion
communautaire des installations d’eau et d’assainissement.
2. Définition
Le PHAST est une méthodologie d’apprentissage participative qui vise à aider les
communautés à améliorer les comportements en matière d’hygiène, à réduire les
maladies diarrhéiques et à encourager une gestion communautaire efficace des
services d’eau et d’assainissement.
Le PHAST est avant tout un outil d’aide à la prise de décision qui se fonde sur une
approche participative en « sept étapes » visant à faciliter la planification et
l’action communautaire. (Voir les étapes ci-dessous).
Le PHAST repose sur le principe selon lequel, lorsque les communautés prennent
conscience de leur propre situation en matière d’eau, d’assainissement et
d’hygiène à travers des activités participatives, elles renforcent leur autonomie
et élaborent leurs propres plans visant à améliorer cette situation. Les plans
adoptés peuvent inclure la construction et la gestion de nouvelles installations
physiques, ainsi que des comportements individuels et collectifs plus sûrs.
Le PHAST se base avant tout sur des outils élaborés afin de couvrir les questions
de l’eau, de l’assainissement, du VIH/sida et de la santé en général. Ces outils
comprennent une série d’images qui illustrent la situation locale. On demande
alors aux groupes de personnes de mettre ces problèmes en relation avec la
situation locale et ce qu’ils devraient mettre en œuvre afin de résoudre les
problèmes qu’ils ont identifiés.
Lorsque certaines connaissances individuelles sont requises, un processus appelé
vote à l’aide d’un tableau à pochettes est utilisé et permet aux participants de
préserver le secret de leur vote. Les résultats sont alors discutés en groupe.
Toutefois, un particulier ne devra jamais fournir d’explications concernant son
choix.
3. Particularités
Groupe cible : communauté
Mise en œuvre du PHAST : milieu rural, urbain
Domaines d’application : Eau-assainissement-hygiène, VIH/Sida, la santé en
général.
Caractéristiques :
Les animations autour de chaque étape se font par petits groupes (une
vingtaine de personnes en moyenne) avec des supports visuels (posters) ;
La décision appartient à la communauté. Le rôle de l’animateur est de
faciliter le cheminement des réflexions, mais pas de les diriger ;
Les étapes et l’utilisation des outils pédagogiques soient balisées à
l’avance.
4. Pays où la méthode a été mise en place jusqu’à présent
Botswana, Kenya, Ouganda, Tanzanie, Zimbabwe, Afrique du Sud, Ghana,
Burkina Faso, Swaziland et Myanmar.
Depuis 1994, le PHAST s’inscrit dans le cadre d’un Programme officiel du
ministère de la Santé zimbabwéen, ainsi que dans le cadre de programmes
d’assainissement en Ouganda et au Kenya.
5. La démarche de la méthode PHAST :
Théoriquement on limite les étapes de la démarche en sept phases comme le
décrit le tableau suivant extrait de :
[Link]
[Link], consulté le 04 juillet 2012 à 17h. (veuillez y consulter le tableau
6. Forces
Le PHAST est extrêmement enrichissant tant pour les membres de la
communauté que pour les travailleurs communautaires et ce, grâce notamment
à la participation des communautés dans la planification et la mise en place de
leurs projets, ainsi qu’aux techniques participatives. Les communautés
acquièrent la confiance et la responsabilité nécessaires afin de mettre en place
leurs propres projets et d’avoir leur mot à dire sur ce qu’ils veulent ou ne veulent
pas.
La participation efficace de la communauté lors du suivi et de l’évaluation est
nécessaire afin de s’assurer que les services mis en place répondent aux besoins
de la communauté et qu’une rétroaction directe et essentielle soit fournie en vue
de modifier les activités selon les besoins.
7. Faiblesses
Le PHAST requiert une formation des travailleurs en matière de techniques
participatives. Cette formation dure en moyenne deux semaines et doit être
régulièrement suivie de cours de recyclage. L’identification et la sélection des
travailleurs communautaires est cruciale. En général, il est nécessaire de
sélectionner des travailleurs communautaires expérimentés pour la formation.
Cette sélection peut toutefois donner lieu à différents problèmes potentiels tels
que :
L’adaptation difficile des travailleurs communautaires expérimentés aux
approches participatives ;
Les travailleurs communautaires doivent faire preuve de certains traits de
caractère dans le cadre de l’approche PHAST : ils doivent être extravertis
et savoir comment la communauté répondra aux outils participatifs afin
d’apporter les changements nécessaires lors de la mise en œuvre.
Le PHAST requiert une structure importante de gestion. Celle-ci est réalisable
dans le cadre de projets locaux mais pose des problèmes lors du passage à
l’échelle.
L’utilisation des outils PHAST exige beaucoup de temps et les communautés
bénéficiaires doivent être disponibles afin de compléter les exercices
participatifs. Cela imposerait un fardeau si ce point n’a pas été discuté avec les
communautés à l’avance.
Ces faiblesses peuvent se traduire par un usage incorrect du PHAST et
l’inefficacité de l’approche.