Vendredi, 09 mai 2025
GOPO SONTSA
DANY MARCELLE
ESC3 CFA
22C10115
FINANCEMENT DE L’ENTREPRISE ET MICRO-FINANCE
Sujet 3 : Discutez des facteurs de la chute de COFINEST et énumérez les leçons à en tirer
Selon l’article 1 du règlement N°01/02/CEMAC/UMAC/COBAC relatif aux
conditions d’exercice et de contrôle de l’activité de Micro finance de la Communauté
Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale du 13 avril 2002, la « micro finance est une
activité exercée Par des entités agréées, n’ayant pas le statut de banque ou d’établissement
financier et qui pratiquent, à titre habituel, des opérations de crédit et/ou .de collecte de
l’épargne et offrent des services financiers spécifiques au profit des populations évoluant pour
l’essentiel en marge du circuit bancaire traditionnel.»Les EMF ont été créés en vue de faciliter
l’accès aux services financiers pour les populations pauvres. Toutefois, depuis l’année 2008, il
semblerait que ce secteur de l’économie est en crise. En effet, l’on assiste à la fermeture de
plusieurs de ces établissements à l’instar de la GBF (Goldy Businessmen Fund) dont la
fermeture est intervenue le 07 juillet 2008 ; de la COFINEST (Compagnie Financière de
l’Estuaire) qui a subi un sort similaire le 21 février 2011. D’où se pose le problème des causes
de la faillite des Établissements de Micro Finance. Mais dans notre cas, nous allons nous
attarder sur le cas de la micro finance COFINEST. Ainsi, il sera donc question pour nous tout
au long de notre devoir de donner les facteurs qui ont causé sa fermeture et d’en tirer des
leçons.
Au Cameroun, la micro finance souffre de graves problèmes de gouvernance. Moins de
5% des Camerounais ont accès au système bancaire classique, ce qui favorise la ruée vers les
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établissements de micro finance (EMF), spécialisés dans la collecte de petites épargnes, plus
accessibles et moins regardants sur les conditions d’octroi de crédits. On estime à environ 1,5
million le nombre de Camerounais qui leur confient leur argent.
COFINEST (Compagnie Financière de l’Estuaire) est un Établissement de Micro Finance
(EMF) crée le 16 mars 1996 et a débuté ses activités le 8 avril 1996. En dehors de la collecte
de l’épargne, de la distribution du crédit, de la bancassurance, de l’émission des chèques de
voyage, son produit phare était le transfert d’argent (Western Union), seul produit
véritablement rentable de la société, selon certains ex employés. En 1996, COFINEST était le
seul représentant de Western Union en Afrique centrale, ce qui lui permettait d’engranger des
commissions annuelles d’environ 1,5 milliard de FCFA. «Cependant, ces revenus n’ont pas
pu être capitalisé par les dirigeants de la micro finance, qui aura souffert de problèmes de
gouvernance.» les causes de sa chute sont nombreuses.
En s’appuyant sur l’analyse de David Kegne, il apparait qu’une part importante de
Responsabilité incombe aux dirigeants de la COFINEST qui avaient bel et bien échappé au tri
Exercé par la COBAC à l’entrée des fonctions de dirigeant d’EMF. En effet, cette dernière qui
était chargée de mettre en œuvre les règles de gestion prudentielle de l’EMF, de veiller à leur
respect, de détecter les difficultés et de les soumettre aux Autorités Monétaires, s’est
distinguée par des violations graves de la règlementation en vigueur. En effet, il semblerait
que les dirigeant de cette EMF ont « géré les dépôts de leur clientèle comme leur patrimoine
personnel » ; ils n’ont pas veillé à tenir les assemblées générales ni les conseils
d’administrations, ni les comités de surveillances pour les EMF de 1ère catégorie. Par ailleurs,
ils ont accordé des crédits de « complaisance »29. Cette position est confirmée par la COBAC
la mise sous administration provisoire de la COFINEST en 2007, suite à un contrôle effectif
de la structure. En effet, la COBAC a relevé les faits suivants dans cette structure en état de
cessation de paiement : « non fonctionnement des organes de gouvernance ; concentration des
pouvoirs entre les mains du directeur général, pas de politique de gestion des ressources
humaines ; […] un système de contrôle interne défaillant ; entretien des opérations avec
l’extérieur en violation de la règlementation en la matière »30. Elle a également souligné le
fait que la somme des crédits non remboursés des administrateurs s’élevait, lors de la mise en
liquidation de COFINEST, à « près de 5 milliards de FCFA »31. Il semblerait donc, que la
violation des règles de gestion des EMF par les dirigeants est de nature à conduire ces
structures à la faillite.
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La faillite de COFINEST, a-t-on appris, est aussi née de ce que des dirigeants et promoteurs
de cette institution financière se sont octroyé des crédits qu’ils n’ont pas pu rembourser, pour
un montant de plus de 2 milliards de francs Cfa. Une somme contestée par certains de ces
débiteurs. Cependant, de part ces différents facteurs qui ont causé la fermeture de l’EMF
COFINEST, nous pouvons en tirer plusieurs leçons :
L’importance de la transparence et de la responsabilité : Les institutions financières
doivent être transparentes dans leurs opérations et leurs décisions, et les dirigeants
doivent être responsables de leurs actes.
Contrôle interne et audit : Les institutions financières doivent avoir des systèmes de
contrôle interne et d'audit efficaces pour détecter et prévenir les irrégularités.
Gouvernance d'entreprise : Les institutions financières doivent avoir une gouvernance
d'entreprise solide, avec une séparation des pouvoirs et une surveillance effective.
Réglementation et supervision : Les institutions financières doivent être soumises à
une réglementation et une supervision strictes pour prévenir les abus et les dérives.
Sanctions pour les dirigeants fautifs : Les dirigeants fautifs doivent être sanctionnés
pour leurs actes, afin de prévenir les abus de pouvoir et de protéger les intérêts des
actionnaires et des clients.
Le secteur de la micro finance au Cameroun est réglementé par le ministère des
finances et la COBAC d’une part, et les institutions garantes de la justice en matières
financière et bancaire. Depuis l’année 2008, de nombreuses mutations sont intervenues dans
le secteur des institutions de micro finance qui semblaient être une solution adéquate aux
problèmes de financement des couches défavorisées de la population. Au nombre de ces
mutations l’on peut relever la série de fermetures ou de liquidation. Il en ressort qu’il existe en
effet, un certain nombre de causes liées à l’absence d’incitation juridico-réglementaire à se
conformer strictement à la réglementation en vigueur. Deux solutions sont alors proposées
pour pallier à cela. La première proposition invite les autorités monétaires et plus précisément
la COBAC, à prendre en compte de manière autonome, le sort des dirigeants fautifs dans les
textes régissant l’activité de micro finance. La seconde proposition, quant à elle, concerne
l’action individuelle des déposants des EMF. Pour conclure notre travail, nous soulignerons
qu’en raison de la vulnérabilité des populations qui recourent aux EMF et du souci de l’Etat
camerounais d’acheminer l’épargne publique dans les circuits formels, il convient d’assainir
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la gouvernance des EMF, afin que ces structures puissent jouer un rôle déterminant dans la
collecte de l’épargne et le financement de l’économie.