HÉMOGRAMME AUTOMATISÉ
Plan :
I-Introduction
Généralités
Définition
Mode de fonctionnement
II- Fonctionnement de l’automate
III- Interprétation
IV-Quelques cas concrets
V- Conclusion
I- Introduction :
A- Généralités :
L’hémogramme automatisé, examen clé en médecine,
analyse en quelques minutes les globules rouges,
blancs et plaquettes. Mais derrière ces chiffres se
cachent des interprétations complexes
B-Définition :
L’hémogramme, ou numération formule sanguine
(NFS), est un bilan sanguin qui quantifie et qualifie
les cellules sanguines. Automatisé depuis les
années 1970, il repose sur des technologies comme
la cytométrie en flux et l’impédancemétrie
C-Mode de préparation :
Prélèvement sanguin:
Collecter un échantillon de sang veineux dans
un tube contenant un anticoagulant
(généralement de l’EDTA pour éviter la
coagulation).
- Volume typique : 2 à 5 mL (selon le tube).
- Mélanger doucement le tube par retournement
pour homogénéiser l’échantillon.
2. Préparation de l’automate
- Vérifications préalables :
- S’assurer que l’automate est correctement
calibré et entretenu.
- Effectuer un « contrôle qualité « avec des
échantillons de référence pour valider la
précision des résultats.
- Charger les réactifs si nécessaires (p. ex.,
lyseurs pour différencier les cellules).
3. Analyse automatisée
- Chargement de l’échantillon:
- Homogénéiser à nouveau le tube avant de
l’insérer dans l’automate.
- L’automate prélève une petite quantité de
sang (quelques microlitres) via une pipette.
- Certains automates nécessitent de préparer
un frottis sanguin pour l’analyse morphologique
complémentaire.
II- Fonctionnement de l’automate :
Technologies clés :
- Impedancemétrie : Mesure la taille des cellules via leur
résistance électrique.
- Cytométrie en flux : Différencie les cellules par leur
granularité et marqueurs fluorescents (ex. : CD45 pour
les leucocytes).
- Spectrophotométrie : Dosage de l’hémoglobine par
réaction au cyanure.
Paramètres mesurés :
- Globules rouges (GR) :
- Numération, hémoglobine (Hb), hématocrite (Ht).
- Indices : VGM (volume moyen), CCMH (concentration
en Hb).
- Globules blancs (GB) :
- Numération totale et formule leucocytaire
(neutrophiles, lymphocytes, etc.).
- Plaquettes : Numération et MPV (volume plaquettaire
moyen).
III- Interprétation :
A- Valeurs de référence (adulte) :
lignée érythrocytaire :
Paramètres Valeur de référence
GR Homme :4,5-5,9*10⁶/µL
Femme :4,0–5,2 * 10⁶/µL
Hémoglobine (Hb) Homme : 13–17 g/dL
Femme :12–16 g/dL
Hematocrite (Ht) Homme :40-52%
Femme :36-48%
VGM 80-100fL (femtolitre)
CCMH 32–36 g/dL
- Lignée leucocytaire
Paramètres Valeur de référence
Numération leucocytaire 4 000–10 000/µL
Formule leucocytaire
Neutrophile 40–75 % (2 000–7 500/µL)
Lymphocyte 20–40 % (1 000–4 000/µL)
Monocytes 2–10 % (200–1 000/µL)
Eosinophile 1–6 % (50–500/µL)
Basophile 0–2 % (20–200/µL)
- Plaquette :
Paramètres Valeur de référence
Numération plaquettaire 150 000–450 000/µL
MPV(volume plaquettaire 7–12 fL
moyen
B- Variations physiologiques :
- Âge :
- Nouveau-nés : Neutrophiles élevés à la naissance,
lymphocytes dominants à 1 an.
- Personnes âgées : Anémie légère fréquente (pas
toujours pathologique).
- Grossesse :
- Hémodilution → baisse de l’Hb (11 g/dL acceptable
au 3ᵉ trimestre).
- Leucocytose modérée (jusqu’à 15 000 GB/µL)
C-Pathologie fréquente :
Anémies :
- Microcytaire (VGM < 80 fL) : Carence en fer (ferritine
basse), thalassémie.
- Macrocytaire (VGM > 100 fL) : Carence en
B12/folates, hypothyroïdie.
- Normocytaire: Insuffisance rénale, anémie
inflammatoire (ferritine normale/élevée, fer sérique
bas).
- Syndromes Infectieux :
- Bactérien : Neutrophiles ↑ + présence de formes
immatures (« déviation gauche »).
- Viral : Lymphocytose + lymphocytes activés (ex. :
mononucléose).
- Parasitaire : Éosinophilie (ex. : ascaris).
- Hémopathies :
- Leucémies aiguës : Blastes en excès + cytopénies
(drapeau « blasts »).
- Lymphomes : Lymphocytose atypique (ex. : cellules
clivées).
- Syndromes myéloprolifératifs : Polyglobulie (Hb >
18,5 g/dL), thrombocytose (> 450 000 plaquettes/µL).
D- piège et artefact :
- Pseudothrombopénie : Agrégats plaquettaires induits
par l’EDTA (confirmation sur tube citrate).
- Cryoglobulines : Blocage de l’automate (préchauffage
de l’échantillon nécessaire).
- Hémolyse in vitro : Fausse baisse de l’Hb et hausse du
potassium.
E-situation nécessitant un frottis sanguin :
- Anomalies morphologiques :
- Drépanocytose (GR en faucille).
- Cellules cibles (thalassémie).
- Granulations toxiques (infection sévère) .
- Confirmation de drapeaux :
- Présence de blastes, cellules lymphoïdes anormales.
IV- Quelques cas concrets :
Cas 1 : Fatigue et pâleur
- Résultats : Hb = 9 g/dL, VGM = 70 fL, ferritine = 10
ng/mL.
- Interprétation : Anémie microcytaire par carence
martiale.
- Cause probable : Saignement digestif ou règles
abondantes.
Cas 2 : Fièvre et frissons
- Résultats : GB = 18 000/µL, neutrophiles = 85%, CRP
élevée.
- Interprétation : Infection bactérienne
V- Conclusion :
L’hémogramme automatisé est un outil puissant, mais
son interprétation exige une analyse critique :
1. Contexte clinique : Symptômes, antécédents,
traitements.
2. Variations physiologiques : Âge, grossesse, origine.
3. Limites technologiques : Artéfacts, nécessité du
frottis.