MODULES TECHNIQUES
Module 4: MOYENS DE SUBSISTANCE ET
BIEN-ÊTRE HUMAIN
Norme pour l'agriculture durable
Juillet, 2017
Version 1
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Module 4 - Page 2
Table des matières
Apports de ce module ………………………………………………………….………………….. 3
Principe IV : quels sont ses objectifs ? ………………………………………………….……… 4
Recommandations générales pour l’audit des questions sociales …………………….. 6
Protéger les droits du travailleurs ………………………………………………………...…… 11
Travail forcé …………………………………………………………………………………………………………….. 14
Harcèlement au travail ……………………………………………………………………………………………. 15
Discrimination ………………………………………………………………………………………………………… 16
Libre association et négociation collective …………………………………………………………….. 19
Travail des enfants ………………………………………………………………………………………………….. 22
Respect du droit du travail ……………………………………………………………………………………… 23
Santé et sécurité au travail ……………………………………………………………………………………… 27
Bien-être du travailleur et de sa famille ……………………………………………………... 44
Accès à l'eau potable ……………………………………………………………………………………………… 46
Logement décent …………………………………………………………………………………………………… 53
Accès aux services d’éducation et de santé …………………………………………………………… 61
Bien-être communautaire………………………………………………………………………... 63
Droit à la terre ………………………………………………………………………………………………………… 65
Réduction des effets négatifs sur les communautés ……………………………………………... 68
Soutien aux communautés ……………………………………………………………………………………. 74
Module 4 - Page 3
Apports de ce
module
La protection du bien-être des travailleurs, de leurs familles et des communautés environnantes est
vitale pour assurer la durabilité des systèmes de production et leur engagement vis-à-vis du
développement humain.
L’exploitation qui répond aux exigences de la Norme 2017 s’assure que :
les droits sociaux des travailleurs sont respectés, y compris ceux relatifs aux journées de travail,
aux salaires, à la liberté d'association et aux congés.
Le bien-être des travailleurs et celui de leurs familles est assuré ; cela inclut des facteurs tels que
l'accès à l'eau potable, les services de santé de base, l'éducation et un logement décent.
Le bien-être des communautés environnantes est un objectif et il existe un droit à la terre.
Ce module fournit les outils suivants de manière à optimiser le travail de la communauté technique
du SAN :
• Des graphiques qui expliquent les objectifs et les points clés du Principe 4 ;
• Des informations sur les Termes et définitions Rainforest Alliancequi s’y réfèrent et leur correcte
interprétation ;
• Des tableaux et des diagrammes qui montrent les interrelations entre les critères (y compris
d’autres Principes de la Norme), ce qui permet de comprendre parallèlement toutes les exigences
relatives à la conservation des écosystèmes et à la biodiversité ;
• Des recommandations pour auditer des questions complexes ;
• Des informations pour la mise en œuvre et l'évaluation des exigences de la Norme 2017 en ce qui
concerne les travailleurs, leurs familles et les communautés situées à proximité de l’exploitation ;
• Des cas réels et des études de cas, agrémentés d’exemples pour illustrer des points complexes.
Le Guide de la Norme 2017 est un outil-clé pour la mise en œuvre et
l'évaluation de ses exigences.
Module 4 - Page 4
Principe IV
Quels sont ses objectifs ?
Protéger les
Respect des droits des
conventions travailleurs
internationales
de l'OIT Respect des lois
et des droits
sociaux
Assurer le bien-
être du
travailleur et de Assurer le bien-
sa famille être et les droits
Conservation des
de la
communautés
biodiversité
et des écosystèmes
Accès à l'eau Respect des
potable et à un droits des
logement communautés
décent Accès à la santé et du CLPE
et à l'éducation
Réduction des
impacts
négatifs sur les
Salaire décent communautés
Droit à la terre
Module 4 - Page 5
PRINCIPE IV:
Moyens de subsistance et bien-être humain
PROTÉGER LES DROITS DES ASSURER LE BIEN-ÊTRE DU
TRAVAILLEURS TRAVAILLEUR ET DE SA
Respect des droits sociaux FAMILLE
• Respect des conventions internationales : • Accès à l'eau potable pour le
non au travail forcé et à la traite des travailleur, le producteur et leurs
personnes ; non aux abus et au harcèlement ; familles.
non-discrimination ; libre association et
négociation collective ; non aux pires formes • Accès à un logement décent.
de travail des enfants et réglementation du
• Salaire décent.
travail chez les jeunes.
• Accès aux services de santé et
• Informations sur les droits et le système de
d’éducation.
plaintes.
Respect de la législation du travail
ASSURER LE BIEN-ÊTRE ET LES
• Salaire minimum et modalité de paiement.
DROITS COMMUNAUTAIRES
• Journée de travail et congés payés.
• Droit à la terre.
• Droit au congé de maternité.
• Réduction des effets négatifs sur les
• Absence de sous-traitance frauduleuse. communautés.
Santé et sécurité au travail • Soutien aux communautés.
• Plan de santé et de sécurité au travail. • Consentement libre, préalable et
éclairé (CLPE).
• Sécurité relative aux infrastructures.
• Protection individuelle : équipement de
protection individuelle, périodes de rentrée,
premiers secours, examens médicaux.
• Scénarios d'urgence.
Module 4 - Page 6
Recommandations générales
pour l’audit des questions sociales
Les pratiques suivantes optimisent l’audit des questions sociales relatives à la Norme 2017 :
Avant l'audit :
• Des informations sont mises à disposition sur les risques sociaux potentiels dans la région
susceptibles d’avoir une influence sur l’exploitation ou le groupe d’exploitations.
• Des informations spécifiques relatives à l'exploitation ou au groupe sont recueillies, concernant des
plaintes, des violations de droits, des conflits sociaux qui se sont déjà manifestés.
• Toutes les informations ci-dessus sont incluses dans la programmation de l’audit et un temps
opportun est prévu pour procéder à l’évaluation des questions sociales ; un temps prudentiel doit
servir à mener les entretiens (auprès des travailleurs et des communautés) et à l'examen complet
des documents. En cas de travail de nuit, une inspection et des entretiens sont programmés pour
évaluer les conditions lors des différentes rotations.
• L’auditeur s’informe sur l’existence d’un syndicat ou d’une organisation de travailleurs pour
coordonner à l’avance les réunions prévues pendant les jours d'audit.
Pendant l’audit :
• Obtenir des informations complémentaires sur les • La prise de notes est autorisée
pratiques sociales des exploitations ou des groupes pendant les entretiens et l’accent est
grâce à des entretiens menés avec les représentants mis sur la confidentialité des
d’instances extérieures à l’exploitation (Ministère du informations et sur le fait qu'aucun
Travail, centres médicaux, police, autorités locales, nom ne figure dans le rapport ni n’est
groupes sociaux de la communauté, etc.) mentionné pendant la réunion de
clôture.
• Rappeler la confidentialité des entretiens avec les
travailleurs lors de la réunion d'ouverture. Inclure un • Pour référence, il est bon pour
entretien avec les représentants des travailleurs après l'auditeur d'avoir une copie du Code
la réunion d'ouverture et demander à ce que ce soient du travail en vigueur du pays
eux qui accompagnent l'équipe d’audit pour le concerné.
déroulement des entretiens avec les travailleurs.
• Empêcher qu’une délégation administrative
n’accompagne l'auditeur lors de l'inspection de terrain
ou de l’usine de transformation, car cela pourrait
intimider les travailleurs que ce dernier souhaite
interroger.
• Ne pas mener d’entretiens pendant les périodes de
pause, par politesse et pour respect envers les
travailleurs.
Module 4 - Page 7
Entretiens
avec les travailleurs
Les travailleurs peuvent fournir des informations
précieuses non seulement sur les conditions de Vous trouverez sur le Centre de formation
travail, mais aussi sur la situation générale en en ligne du Rainforest Alliancedes
matière de conformité aux exigences de la Norme. informations détaillées sur les bonnes
Plus généralement, les informations qu’ils pratiques concernant les entretiens à mener
communiquent permettent de comprendre la gestion avec les travailleurs, dans chacun des
de l’exploitation et de donner d’éventuels signaux thèmes du Principe 4.
d'alerte. Techniques d'audit social
Certaines pratiques au cours de l’audit permettent à
l'auditeur de comprendre l'environnement de travail
de l’exploitation ou l’installation de groupe (usine de
transformation, unité de conditionnement, usine de
transformation, etc.). Des cas d’alerte sur l’existence
d’irrégularités ou de manquements peuvent être les
suivants :
• Se renseigner sur la fréquence de rotation du
personnel et les secteurs sujets à la plus forte
rotation. Une forte rotation peut être le signe de
conditions défavorables pour les travailleurs.
• Demander aux travailleurs de qualifier
l’exploitation agricole ou l'atmosphère de travail,
sur une échelle de 1 à 10 (la note 1 correspondant
à une atmosphère non appréciée, et la note 10 à
une atmosphère optimale). Cette question est
posée à la fin de l'entretien, en guise de synthèse
des affirmations communiquées par les
travailleurs et de leur ressenti.
• Grâce à ces deux pratiques, l'auditeur peut
conclure si les conditions de travail sont bonnes,
passables ou mauvaises, et ouvrir un champ
d’investigation en cas d’alertes.
Module 4 - Page 8
Entretiens
avec les représentants des travailleurs
Les employés traitent directement avec leurs représentants, leur
communiquent leurs plaintes et leurs requêtes, et ce sont eux qui Connaître les
négocient avec la Direction les requêtes du personnel, ce qui leur caractéristiques des
permet de restituer parfaitement le ressenti de la main-d'œuvre, et associations de travailleurs
l'attitude de la Direction dans les négociations. vous permet de poser les
bonnes questions aux
Un entretien avec les représentants au début de l’audit peut aider à représentants qui sont à
orienter les entretiens avec les travailleurs. S'ils sont consultés sur les même de vous fournir de
grands points de préoccupation des travailleurs, les questions à poser plus amples
au personnel n’en seront ensuite que mieux ciblées. renseignements.
Il existe différents contextes de représentants syndicaux, qui peuvent
nécessiter des stratégies d’approche différentes :
1. Organisations ou entreprises qui disposent d’un syndicat créé
exclusivement par les travailleurs eux-mêmes et qui n’incluent pas
de travailleurs provenant d'autres organisations. Dans ce cas,
l'entretien se déroule avec les représentants au sein de
l'organisation auditée. Par exemple, le Syndicat de l’exploitation
Les Melons pourrait s’appeler SITRANEXME (Syndicat des
travailleurs de l’exploitation Les Melons).
2. Syndicats regroupant des travailleurs affiliés à différentes
organisations, pouvant être issus de la même filière, ou bien des
travailleurs d’une région donnée qui couvre différents secteurs
professionnels. Dans ce cas, les syndicats s’en remettent à un
représentant au sein de l’exploitation ou du groupe. Il est possible
de s’entretenir avec ce représentant et d'autres membres au siège,
hors de l'organisation auditée. L'organisation auditée négocie la
convention collective avec le siège du syndicat. Il est important
d’interroger les représentants sur la dynamique des négociations,
et de s’entretenir avec les représentants agricoles sur le respect
des points définis dans la convention collective. Un exemple de ce
type de syndicats est celui de SINTRAINAGRO (Syndicat national
des travailleurs de l'industrie agricole), implanté en Colombie ;
comme son nom l'indique, ce syndicat représente les travailleurs
de l'industrie agricole à travers tout le pays et, par conséquent, les
travailleurs de plusieurs organisations.
Module 4 - Page 9
Entretiens avec les représentants
Situations d’alerte et enjeux
Le refus de coopérer avec l'équipe d’audit de la d'association ; qu’elle ait une politique capable
part des représentants des travailleurs peut d’octroyer concrètement le droit aux
être un signe de protestation motivé par des travailleurs de négocier librement leurs
conflits avec l’organisation ; il faut examiner conditions de travail.
cette situation avec la Direction et les
Si la représentation s’avère conflictuelle ou se
travailleurs pendant les entretiens. Les procès-
montre agressive, il faut évaluer l'objectivité de
verbaux ou les comptes-rendus de réunions
leurs requêtes et la possibilité pour
avec les représentants peuvent être demandés
l’exploitation d’y donner suite. C’est un point
à l’organisation afin d’évaluer les requêtes, les
délicat qui implique la tenue d’entretiens avec
plaintes ou les suggestions, et de s’informer si
l’organisation et les représentants afin de
ces points ont déjà donné lieu à une réponse.
pouvoir parvenir à un consensus en termes de
Les représentants des travailleurs peuvent résultat.
escompter que l'audit constitue un moyen de
Parfois, l’organisation autorise le droit
pression sur l'organisation pour que celle-ci
d'affiliation pour négocier des conditions de
donne suite à leurs requêtes. Il est important de
travail, mais en pratique, cela ne fonctionne pas.
préciser ici que l'objectif de l'audit consiste à
Cela est on ne peut plus manifeste lorsque les
évaluer la conformité de la Norme et non à
requêtes des travailleurs formulées par écrit
donner suite aux requêtes des représentants ni
restent sans réponse. Cela dit, le temps de
à évaluer le rapport organisation-
réponse de l’organisation aux requêtes des
représentants. Par exemple, qu’il s’agisse
travailleurs peut être également lié à un
d’évaluer la transparence de la politique de
manque de moyens.
l’organisation en ce qui concerne la liberté
Le fait que les rapports entre la représentation
du personnel et l’organisation soient mauvais, et
fragiles en quelque sorte, ne constitue pas une
non-conformité au regard de la Norme.
Cependant, l'absence de réponse aux demandes
d’améliorations concernant la santé au travail,
aux réclamations salariales, horaires de travail,
accès aux formations et harcèlement au travail,
entre autres, peuvent conduire à la formulation
de non-conformités à l’égard des critères
respectifs.
Module 4 - Page 10
Ressources externes
pour l’audit
Les exploitations agricoles ou les groupes sont Ces visites à des structures externes
exposés aux risques d’enfreindre les exigences peuvent être exploitées pour tirer des
sociales, en raison des conflits qui sévissent dans une informations sur de nombreux points de la
région donnée, de la situation géographique Norme, tels que la santé au travail, les
concernée, des conflits locaux, des coutumes accidents ou les arrêts de travail les plus
sociétales, de l'historique des plaintes, des soupçons communs chez les travailleurs agricoles, les
de non-respect des droits à l'égard des travailleurs ou cas de harcèlement en milieu professionnel,
des communautés, etc. le travail des enfants, la discrimination, la
traite des personnes dans la localité
En situations de risque, le recours à des instances
concernée, et le recrutement des mineurs et
extérieures à la communauté permet d’obtenir des
des jeunes, entre autres.
informations complètes et fiables. En guise
d’exemples, le ministère du Travail ou les autorités
compétentes en matière de travail, le système de
santé local, la Croix-Rouge et autres organismes
d’aide humanitaire, les syndicats de la branche
concernée (non seulement de l’exploitation, mais
aussi d’autres exploitations, ou bien couvrant
d'autres branches), les ONG, les centres religieux, le
système éducatif, les agences de développement
local et les universités travaillant dans la région,
entre autres.
Ces visites à des institutions externes peuvent être
envisagées dans le plan d'audit. S'il est difficile de se
rendre sur place, il est possible de contacter leurs
représentants par des moyens non personnels
(téléphone, courrier).
PROTÉGER LES
DROITS DES
TRAVAILLEURS
Module 4 - Page 12
Protéger les droits des travailleurs
Critères connexes
Les droits fondamentaux
des travailleurs sont Toutes les formes de travail forcé sont interdites.
Critère Conformément à la Convention sur le travail forcé
protégés tels que définis
critique 4.1 (N.o 29) et à la Convention sur l'abolition du travail
par les principales
forcé (N.o 105) de l'OIT
conventions
internationales de l'OIT Critère Les travailleurs ne souffrent pas d'abus ni de
critique 4.2 harcèlement sexuel.
Toutes formes de discrimination au travail sont
Critère interdites.
Conformément aux Conventions No 100 et 111 de
critique 4.3
l'OIT ; Convention No 100 sur l’égalité de
rémunération, 1951
Les travailleurs sont libres de s’associer et ont
droit à la négociation collective.
Critère Liberté d'association, conformément à la
Convention No 87 de l'OIT, Négociation collective
critique 4.4
conformément à la Convention No 98 de l'OIT sur
l'Application des principes du droit syndical et à la
négociation collective.
Critère Les travailleurs perçoivent au moins le salaire
critique 4.5 minimum.
Toutes les pires formes de travail des enfants sont
Critère interdites.
critique 4.6 Selon la Convention OIT sur les pires formes de
travail des enfants No 182
Certaines conditions sont garanties pour le
Critère
recrutement des jeunes travailleurs.
critique 4.7
Selon la Convention sur l'âge minimum No 138
Module 4 - Page 13
Protéger les droits des travailleurs
Évaluer la conformité
Enjeux de l'évaluation de la conformité :
Les questions sociales, liées à la protection des droits du travailleur, présentent des défis communs
dans leur mise en œuvre au sein de l'exploitation, et il est donc parfois difficile de détecter leur
conformité.
• La réalité sociale de certaines régions facilite l’apparition de certains problèmes au sein des
communautés. Par exemple : zones dotées d’une main d'œuvre appartenant à différents groupes
où la communication entre la Direction et les travailleurs est difficile ; sociétés très
discriminatoires à l’encontre de certains groupes ou membres qui facilitent des situations d’abus ;
situations sociales complexes telles que la marginalisation et la pauvreté, qui incitent au travail des
enfants ou à la situation de migrants illégaux, traite des personnes ou travail forcé, entre autres.
Les Organismes de certification et les auditeurs doivent se familiariser avec ces situations et les
contextes dans lesquels celles-ci se produisent pour pouvoir les gérer correctement.
• Il est parfois difficile d'obtenir des informations auprès de certains travailleurs lors des entretiens,
soit parce qu’ils sont d’une nature très réservée, soit parce qu’ils craignent des actions en
représailles.
• La confidentialité des informations obtenues est essentielle à la protection des personnes
interrogées. Bien que leur identité soit préservée pendant l'audit et dans le rapport, certaines
données peuvent facilement trahir une source. Bien que l'organisation ignore les discussions
abordées avec chaque travailleur, il est simple de savoir qui étaient les personnes interrogées, et
par la suite, de s’en prendre à eux d’une certaine manière.
• Étant donné que l’audit est un processus programmé, l’organisation peut très bien dissimuler
certaines pratiques qui seraient considérées comme des manquements à la Norme, ce qui serait
très difficile de les identifier au cours de l’audit.
Dans les sections suivantes, un certain nombre de situations réelles (d’audit) sont présentées pour
illustrer de bonnes pratiques d’évaluation du respect des critères liés la protection des droits des
travailleurs.
Dans la série d'outils techniques pour l’audit social,
des informations détaillées sont fournies pour gérer
ces situations.
Consulter le document
Module 4 - Page 14
Travail forcé,
esclavage et traite des personnes.
D’après les concepts de l'Organisation internationale du travail
Contrainte : force,
(Combattre le travail forcé : manuel pour les employeurs), une
empressement ou
personne se trouve en situation de travail forcé lorsqu’elle intègre
pression exercée sur
un travail ou un service contre son gré, sans possibilité d’y
quelqu’un, pour l’obliger
renoncer en l’absence de sanction ou de menace de sanction.
à faire ce qu’il ne souhaite
Il ne s’agit pas uniquement d’une punition ou d’une contrainte pas ou pour l’empêcher
physique ; le travail forcé peut également revêtir d’autres formes, de faire ce qu’il voudrait.
telles que la perte de droits ou de privilèges.
Déterminer le travail forcé n’est pas l’une des moindres tâches, mais certains paramètres aident à
établir son existence. L’évaluation porte particulièrement sur :
• L’absence de consentement au travail : il s’agit du consentement des travailleurs à être employés
et de leur liberté de mettre fin à leur emploi à tout moment, moyennant un préavis raisonnable,
conformément à la législation nationale ou à la convention collective applicable.
• La menace de peine : il s’agit de sanctions pénales et diverses formes de contraintes telles que les
menaces, la violence, la rétention de documents d'identité, l’isolement ou le non-paiement de
salaires. La peine peut également consister en une perte de droits ou de privilèges.
Identifier le travail forcé dans la pratique
Absence de consentement au travail Menace de peine
• Esclavage ou servitude pour dettes découlant de la • Violence physique contre le travailleur, sa
naissance ou ascendance. famille ou ses associés proches.
• Enlèvement ou contrainte physique. • Violence sexuelle.
• Vente d'une personne à une autre. • (Menace de) châtiment divin.
• Enfermement sur le lieu de travail – emprisonnement • Emprisonnement ou autre mode de
ou détention chez un particulier détention.
• Contrainte psychologique (obligation de travailler • Sanctions financières.
assortie de menaces de sanction en cas de refus). • Dénonciation aux autorités (police, services
• Endettement induit (par falsification des comptes, d’immigration, etc.) et expulsion.
augmentation exagérée des prix, sous-estimation de la • Emploi futur compromis.
valeur des biens ou des services produits,
recouvrement d’intérêts excessifs). • Exclusion de la communauté et de la vie
sociale.
• Tromperies ou fausses promesses quant à la nature et
aux conditions de travail. • Suppression de droits ou de privilèges.
• Retenue et non-paiement du salaire. • Privation de nourriture, d’abri et autres
biens essentiels.
• Rétention de documents d’identité ou
• Imposition de pires conditions de travail.
• autres biens personnels de valeur.
• Perte de statut social.
Module 4 - Page 15
En cas de
harcèlement au travail
La difficulté des relations interpersonnelles dans les exploitations est monnaie courante. Dans
certains cas, il est compliqué de faire la part des choses et de savoir si c’est le personnel administratif
qui est difficile, ou bien si ce sont les travailleurs, ou encore les deux.
Lorsqu’on ne peut pas démontrer la nature du conflit en question, l’auditeur ne peut relever une non-
conformité au regard de ce critère sans l’appui de preuves objectives. Les éléments de preuve dans ces
cas-ci sont complexes et font souvent défaut.
Certaines pratiques administratives peuvent aiguiller sur la façon dont cette question est traitée en
interne :
Bons signes
Bon signes Il existe :
Les exploitations (organisations) : • Des procédures mises en place par
• analysent l’ambiance de travail ; et l’exploitation pour apporter des
• font preuve d’un engagement de la réponses.
part de la Direction pour surveiller • Des décisions de médiateurs ou de
et améliorer l'ambiance de travail. tribunaux.
• Des formations destinées au
personnel.
Pratiques
Mauvais signes
Mauvais signes
En cas de :
Au cours des entretiens, le personnel
• Rotation élevée du personnel. administratif est maintenu
• Sentiment manifeste de gêne ou de prudemment à distance, mais on voit
crainte de la part des personnes qu’il est attentif et qu’il observe la
interrogées. personne interrogée.
Module 4 - Page 16
Non-discrimination
Généralités
Certaines situations peuvent fausser l'analyse des exigences en matière de non-discrimination et
inciter à la prise de mauvaises décisions. Il est nécessaire de connaître le contexte de l'activité pour
analyser les situations avec précision. Par exemple :
• On considère généralement que les examens médicaux
sont une mesure de discrimination contre les travailleurs
susceptibles de contracter le SIDA ou à l’encontre des
femmes enceintes. Cependant, certaines organisations
sollicitent des examens médicaux pour s’assurer que l’état
de santé des travailleurs ne les expose pas au danger. Les
examens médicaux peuvent être sollicités pour des
fonctions très spécifiques, telles que la manipulation des
machines et l'application de produits agrochimiques, qui
nécessitent des exigences minimales en matière de santé
pour une manipulation en toute sécurité. Ceci est
considéré comme une discrimination
• Les travailleurs ayant souffert de problèmes de santé, tels
que des maladies professionnelles ou des accidents, en plus
de leur invalidité légitime, peuvent demander à être
affectés temporairement ou de manière permanente à
d’autres fonctions. Des informations peuvent être
collectées sur les procédures de réaffectation du personnel
grâce à des entretiens et sur examen des documents. Un
travailleur congédié après un arrêt de travail peut être
considéré comme une non-conformité au regard du critère
de non-discrimination.
• Les faits discriminatoires peuvent se produire dans un
secteur particulier, sans que l'administration n’en ait
nécessairement connaissance ; par exemple, avec un
contremaître particulier, agricole ou dans une usine de
transformation. Cela peut être un indicateur de faille en
communication interne, mais ne saurait déterminer pour
autant un non-respect de l’exploitation des exigences en
matière de non-discrimination. Il est important d'examiner
les mesures prises par l’administration pour gérer les
affaires de ce type, les canaux de communication, et le
travail des représentants syndicaux, dans le but de vérifier
comment ces faits particuliers sont gérés.
Module 4 - Page 17
Non-discrimination
Bonnes pratiques d’audit
Quelques bonnes pratiques permettant d’évaluer la conformité en matière de non-discrimination lors
d’un audit sont les suivantes :
• Interroger les représentants des travailleurs, le
personnel d'usine et agricole, et des organismes
externes ayant un lieu avec l’exploitation, tels que le
Ministère ou le Bureau du travail local.
• Interroger le personnel des ressources humaines sur
les méthodes de recrutement : pièces demandées,
entretiens menés et questions posées.
• Lors des entretiens avec les travailleurs, et en
particulier avec les nouvelles recrues, se renseigner
sur les questions qui leur sont posées pendant les
entretiens et les documents qui leur sont demandés.
• Demander quelles sont les plaintes/suggestions des
travailleurs pour mettre en évidence les réponses
apportées et les suivis qui ont été donnés. Si un
traitement préférentiel a été donné à certaines
plaintes ou suggestions, les motifs doivent être
analysés car cela pourrait être un cas de
discrimination. Quelques signes positifs qui
• Demander les procès-verbaux des représentants des montrent que l'exploitation fait des
travailleurs et évaluer si des réponses sont efforts pour se conformer aux
apportées aux préoccupations et si certaines exigences du Critère critique 4.3 :
semblent au contraire être ignorées. • Si l'organisation a des employés
• Si l'organisation travaille en rotation, les entretiens ayant des besoins spéciaux.
ont lieu aussi bien auprès des équipes de jour que de • Si l'organisation intègre dans sa
nuit. Il se peut que le personnel de nuit ne bénéficie politique de recrutement
pas des mêmes avantages que l’équipe de jour, l'inclusion d’un personnel
comme par exemple : l’accès aux sanitaires, le handicapé, d’ethnies ou de
transport, les réfectoires, les pauses, entre autres. La groupes minoritaires, de
situation peut s’envenimer si l'organisation travailleurs sexuellement
n’effectue pas de rotation d’équipes, et assigne différents.
toujours les mêmes personnes aux horaires de nuit.
Module 4 - Page 18
Non-discrimination
Cas réels
Dans un groupe de producteurs de thé, on s’est demandé pourquoi les femmes n’étaient pas
recrutées dans l'usine de transformation. La Direction a soutenu que le travail était ardu pour
les femmes et qu’elles préféraient travailler à la récolte dans les exploitations.
• En interrogeant les femmes de la communauté, elles-mêmes disaient vouloir travailler à l'usine de
transformation, tout en précisant que le travail de terrain était dur également, mais aussi bien
réalisé par les hommes que par les femmes. Lors des entretiens menés auprès des femmes, la
réponse fit l'unanimité ; c’est pourquoi ce point fut de nouveau signalé à la Direction.
L’organisation s’est alors engagée à mettre des annonces de recrutement de femmes pour qu’elles
puissent travailler dans l'usine de transformation.
• Il est important de replacer les choses dans leur contexte, au vu de l’importance de la culture de
l'industrie du thé dans le pays, il est de coutume d'attribuer les travaux des champs aux femmes,
ce qui a été confirmé au moyen d’un entretien avec le représentant syndical. Ce cas n'a pas été
considéré comme une discrimination de genre, mais plutôt comme un processus de rupture d'un
paradigme culturel, car pendant bien longtemps, hommes et femmes avaient des rôles bien
définis. L’attitude collaborative de la Direction et le rapide suivi de cette question ont été pris en
compte. Une procédure de recrutement a été élaborée, dans laquelle il était précisé que le
recrutement devait être fondé sur les attributs nécessaires à l'exécution du travail et non par
rapport à un genre spécifique.
Dans une unité de conditionnement de bananes, il a
été signalé que l’exploitant de cette dernière assignait
des tâches supplémentaires à un groupe particulier, ce
qui générait des plaintes de la part des autres
employés.
• Ce type de favoritismes envers des groupes de
travailleurs peut être considéré comme une
discrimination, car il élimine l'égalité des chances à
tous les travailleurs.
• Un cas comme celui-ci pourrait être considéré comme
une non-conformité à l’égard du Critère critique 4.3.
Module 4 - Page 19
Libre association et négociation collective
Généralités
Certaines situations peuvent fausser l'analyse des exigences en matière de non-discrimination et inciter
à prendre de mauvaises décisions. Il est nécessaire de connaître le contexte de l'activité pour analyser
les situations avec précision. Par exemple :
• La liberté d'association signifie que travail. L’important est d'évaluer si
l'organisation permet aux travailleurs de l'organisation dispose d’une politique qui
s'organiser dans le groupe de leur choix pour respecte le droit des travailleurs à s’organiser et
qu’ils puissent négocier leurs conditions de à négocier les conditions de travail, et si les
travail. Le terme clé pour expliquer la liberté travailleurs ont été avisés à ce sujet, ce qui se
d'association est la négociation des conditions vérifie au moyen d'entretiens et de registres de
de travail. formations.
• Il existe différents types d'organisations pour • Il peut y avoir également d'autres organisations
représenter les travailleurs avec lesquelles les avec des objectifs différents. Celles-ci ne
auditeurs ont toute liberté de s’entretenir. La constituent pas une preuve de la liberté
figure la plus populaire est le syndicat, bien qu’il d'association, puisque leur but diffère de celui
en existe d'autres, telles que par exemple : le de la protection des droits des travailleurs et
Comité permanent au Costa Rica ou le Pacte des conditions de travail. Par exemple, au Costa
collectif en Colombie. Il est important de Rica, il existe les associations solidaristes.
souligner que, quel que soit le type Celles-ci n’ambitionnent pas de négocier des
d'organisation concerné, le but est de négocier conditions de travail, mais d’intervenir en vue
les conditions de travail et de protéger les d'autres activités des travailleurs, pour
droits des travailleurs constituer une épargne par exemple.
• En l’absence de syndicat, de comité permanent,
ou autre organisation professionnelle, il faut
demander s'il existe un certain type de
représentation alternative dont le but est de
négocier des conditions de travail.
• Le fait qu'il n’y ait pas de représentation de la
main-d'œuvre agricole cherchant à négocier des
conditions de travail, ne constitue pas
obligatoirement un manquement. Lors des
entretiens, il peut être déterminé que les
travailleurs ne ressentent pas la nécessité de
s'organiser, soit parce qu'ils sont satisfaits de
leurs conditions de travail, soit par manque de
ressources ou de connaissances nécessaires
pour constituer un syndicat ou un comité de
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Libre association et négociation collective
Bonnes pratiques d’audit
• Par crainte des grèves et des impacts Il est important d'évaluer si l'organisation met en
économiques négatifs, de nombreuses œuvre l'une des pratiques suivantes, ce qui sera un bon
administrations agricoles expriment une indicateur de la façon dont la question est traitée :
certaine réticence vis-à-vis de la question de
• L’organisation a indiqué par écrit sa position
l’affiliation des travailleurs aux syndicats. Dans
concernant le droit des travailleurs à se syndiquer
certains audits, le personnel interrogé
en vue de négocier ses conditions de travail (par
mentionnait que les travailleurs affiliés à un
exemple, une politique en la matière).
syndicat externe étaient congédiés dans le but
de maintenir le quorum nécessaire à la • L’organisation ne fait pas obstacle ou n’interfère
négociation d’une convention collective au- nullement dans le mode de fonctionnement des
dessous du minimum requis par la loi. Obtenir représentants des travailleurs.
des preuves objectives de ce fait peut être • L'organisation auditée répond en temps opportun
compliqué, car cela implique de prouver un aux requêtes des travailleurs. Il arrive parfois que
plan de licenciements du personnel syndiqué et l'organisation dispose effectivement d’une
d'enquêter sur la justification de licenciement. représentation du personnel, mais dans la pratique,
En cas de constat d’une situation similaire et ne répond pas aux préoccupations des travailleurs,
faute de pouvoir parvenir à une conclusion comme en témoignent les entretiens au cours
définitive, il est conseillé d'en informer desquels les travailleurs se montrent insatisfaits à
l'organisme de certification afin de définir la l’égard de leurs représentants, et les représentants à
stratégie qui permettra d’obtenir des l’égard de la Direction.
informations complètes.
• Une réponse écrite fait suite aux requêtes formulées
• Chaque cas est unique et doit être analysé avec par les travailleurs ; aussi bien les représentants que
soin. Il se peut que la relation entre la Direction la Direction conservent des traces écrites (requêtes,
et le personnel soit difficile, ce qui ne constitue accords, dates de mise en œuvre, signatures).
pas un manquement en soi. Il se peut qu’au sein
de l'organisation auditée, il n'y ait pas de • L’organisation fournit les éléments nécessaires pour
représentation des travailleurs, ce qui ne que les représentants puissent exécuter leurs
constitue pas nécessairement une violation. tâches, telles que :
Faute de preuves solides venant étayer que – accorder un temps rémunéré pour débattre avec
l’organisation s’oppose au droit des travailleurs les travailleurs ;
à se regrouper en vue de négocier leurs – prévoir un temps pour que les représentants
conditions de travail, il ne peut être formulé puissent assister aux réunions de leur syndicat ;
une non-conformité à l’égard du Critère – fournir des installations au sein de l’exploitation ;
critique 4.4. – assurer le transport pour le transfert des
représentants au sein de l’exploitation.
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Libre association et négociation collective
Cas réels
Lors d’un d'audit, il a été signalé à l'équipe d’audit, de manière confidentielle, que le personnel
administratif souhaitait être interrogé parce qu'il n’avait pas de représentant, ni de moyens
pour négocier ses conditions de travail.
• Les entretiens ont été menés et ont réussi à montrer une certaine indisposition de la part de ce
personnel. L’organisation regroupait déjà 4 syndicats, ainsi qu’une politique bien définie sur la
liberté d'association, ce qui empêchait de relever une non-conformité.
• Sur la base de ces informations, le gérant du système a été interrogé sur le fait de savoir si le
personnel administratif bénéficiait d’un certain type de représentation (tout en préservant la
confidentialité des administratifs quant à leur inquiétude) ; ce à quoi il répondit que non, de sorte
que la question a été abordée en réunion de clôture. La Direction précisa que le point n’avait pas
été envisagé, mais qu’il n’y aurait aucun problème à ce que l’équipe administrative formât ou
rejoignît un groupe, si c’était son souhait, pour négocier les conditions de travail.
• Étant donné que l’organisation incluait la liberté d'association dans sa politique, et qu’elle
négociait en outre avec 4 syndicats, il était clair que le problème résidait dans l’organisation même
du personnel administratif ; c'est pourquoi il n’y a pas eu manquement aux obligations du Critère
critique 4.4.
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Les pires formes de travail des enfants
et la réglementation du travail des jeunes
Enjeux de leur évaluation
• Il est des régions où des facteurs tels que la très jeunes travailleurs dans les exploitations
pauvreté, l'absence ou l'éloignement des centres agricoles et il est très difficile de déterminer leur
éducatifs, contraignent les familles à nécessiter âge. Dans ces cas, l'organisation auditée doit
davantage de revenus, de sorte qu’une symbiose prouver, document à l'appui, l'âge du travailleur
se produit entre les mineurs en quête de travail, en question.
et les fournisseurs de main-d'œuvre qui
• Bon nombre d'adultes qui font travailler des
n’éprouvent pas de difficultés à falsifier des
mineurs soutiennent qu’ils sont des proches ou
pièces d'identité.
qu’ils n’effectuent que des tâches subalternes ;
• Étant donné que l’audit est un processus ou bien ils sont encore affectés à des tâches dans
annoncé, si l'organisation recrute des mineurs, il des parcelles isolées où il est difficile de les
se peut qu’ils tentent d’occulter ce manquement. localiser.
• Dans certains cas, il est possible de trouver de
Pour plus d’informations sur ce sujet, veuillez consulter le Programme international de l'OIT
pour l'abolition du travail des enfants.
Pour des informations détaillées sur la façon d’aborder ce point dans les plantations, veuillez vous
référer à l'exemple dans les plantations de cacao : Rooting out child labour from cocoa farms (OIT,
2007).
Les mesures correctives concernant le travail infantile
Section 12.2 (Règles de certification 2017)
a. L'administration de l'exploitation agricole ou l'administrateur de groupe ayant congédié un enfant
ouvrier après avoir s’être vu attribuer une non-conformité au regard du critère critique 4.6 de la Norme
2017, doit prouver à l'OC qu'il a exécuté les actions correctives suivantes, pour l'enfant et sa famille :
i. L'accès en temps opportun aux services médicaux ;
ii. L'accès en temps opportun aux services psychologiques et de réadaptation, tel que requis par l'état
de l'enfant ;
iii. La scolarisation de l'enfant à l'école locale lui est facilitée jusqu'à l'âge de fin de scolarité légalement
autorisé ; et
iv. Le recrutement d'un membre de la famille proche ou élargie de l'enfant, le cas échéant. Si aucun
membre de la famille n'est disponible à l’embauche, l'administration de l'exploitation ou
l'administrateur de groupe verse à la famille de l'enfant une aide salariale au moins égale au salaire
perçu par l'enfant congédié jusqu'à ce que ce dernier atteigne l'âge légal de fin de scolarité, ou 15 ans,
l'âge le plus élevé étant retenu.
Module 4 - Page 23
Respect de la législation sur le travail
Critères connexes
La législation sur le travail
régissant les salaires, la Paiement et règlementations CC 4.5 ; 4.21 C ; 4.27 A ;
journée de travail, les sur les salaires 4.29 C ; 4.33 A
conditions de travail, le
repos, les congés et le Interdiction des pratiques de
congé maternité est CC 4.8 ; C 4.22 ;
recrutement frauduleuses
respecté.
Procédures relatives aux
CC 4.9
plaintes des travailleurs
Règlementation sur les
CC 4.10 ; CC 4.11
journées de travail
Réglementation du travail des
femmes enceintes et CC 4.18 ; B 4.25 ; B 4.26
allaitantes
Le Guide de la Norme 2017 est un outil-clé La série d'outils techniques pour l’audit
pour la mise en œuvre et l'évaluation de ses social contient des informations détaillées
exigences. Consultez-le fréquemment sur les bonnes pratiques d’audit des
questions sociales.
Module 4 - Page 24
Respect de la législation sur le travail
Cas réels
Dans une plantation d'ananas, il a été identifié que les travailleurs de la station de conditionnement
ne comprenaient pas le fonctionnement du système de rémunération. Après avoir sollicité les feuilles
de paye, l’auditeur a du mal à comprendre toutes les rubriques qui y figurent. Le responsable de la
station de conditionnement explique qu’il est procédé à différents types d'emballage, et que chacun
se voit attribuer un tarif différent. Différents types de catégories de bananes sont conditionnées
chaque semaine, et chaque catégorie est détaillée dans le tarif. Le système est complexe à
comprendre. La preuve est apportée que les travailleurs ont été formés au système de paye, mais sur
une base annuelle, ce qui, comme le montrent les entretiens, est insuffisant pour pouvoir comprendre
l’intégralité du système.
• L’examen de la masse salariale montre
bien que les travailleurs perçoivent une
rémunération supérieure au minimum
requis par la loi, de sorte qu'aucune non-
conformité n’est relevée. Néanmoins, la
non-compréhension de la feuille de paye
empêche toutes réclamations en cas
d'irrégularités. Cette situation est
considérée constituer un manquement
potentiel aux obligations du critère
critique 4.9.
Au cours d’un audit, on s’aperçoit que les heures • À la question de savoir pourquoi les heures
supplémentaires commencent à se comptabiliser supplémentaires effectuées dans la journée
au-delà de 48 heures ordinaires hebdomadaires, ne sont pas rétribuées en tant que telles,
plutôt que de les reconnaître en fonction d’un l'administration explique à l'auditeur que le
décompte journalier tel que l’établit la législation décompte s’effectue au-delà des 48 heures
locale. La preuve est obtenue au moment où l’on travaillées à la semaine, et que ce nombre
s’aperçoit que des employés travaillent 14 heures à d’heures correspond au nombre total
la journée, alors que toutes ces heures sont payées d'heures à effectuer dans une journée
au taux de rémunération ordinaire. En effet, la ordinaire. Nous avons potentiellement ici
plupart des employés ne dépassent pas le affaire à une non-conformité au regard du
contingent des 48 heures hebdomadaires ; par Critère critique 4.11. Il faut toujours se
contre, les heures supplémentaires ne sont pas renseigner sur les exigences légales du pays
rémunérées en tant que telles. en ce qui concerne la reconnaissance des
heures supplémentaires.
Module 4 - Page 25
Respect de la législation sur le travail
Pratiques affectant les travailleurs
• Recours aux prestataires de main-d'œuvre : Le recours aux intermédiaires implique une décharge
des payes qui doivent être versées aux travailleurs pour l’organisation qui se limite désormais à
rétribuer une prestation de service. Les travailleurs peuvent se voir rétribuer des salaires
inférieurs au salaire minimum, et ne pas être couverts par une assurance sociale ou une assurance
contre les risques professionnels. Ceci constitue un manquement aux obligations du Critère
critique 1.5.
‒ Il arrive souvent qu’en demandant aux prestataires de main d'œuvre de se conformer aux
exigences des systèmes de certification, leurs coûts augmentent considérablement et par
conséquent, cessent d’être une formule économique pour l’administration de l'exploitation
ou des groupes. C’est pour cette raison que dans de nombreuses régions, la préférence est
donnée à l’embauche directe, même si le recrutement de main d'œuvre et des services
spécialisés se maintient, tels que l'application de pesticides et de nématicides dans les
plantations de bananes.
‒ Lorsqu'un sous-traitant ne respecte pas les paiements imposés par la loi, il convient
d’attribuer une non-conformité au regard du Critère critique 1.5, puisque le manquement est
commis par le fournisseur. Une non-conformité ne peut être attribuée au regard du Critère
critique 4.5, étant donné que ce n'est pas l’exploitation qui rémunère le travailleur. L'analyse
des causes premières de ces constatations est liée au manque de contrôles de la part de
l'organisation auditée avec ses prestataires de main-d'œuvre, de services ou de produits.
• Renouvellement fréquent de contrats : Dans certains pays, l'ancienneté du travailleur est
reconnue, ce qui implique de procéder à des augmentations de salaire annuelles, basées sur le
nombre d'années de travail cumulées par le travailleur dans l’organisation. De telles pratiques
peuvent affecter le salaire de l'employé et les montants perçus à titre de solde de tout compte en
cas de licenciement, tout en portant préjudice à ses droits sociaux. Ces pratiques sont
considérées comme un manquement aux obligations du Critère critique 4.8.
‒ Dans certaines régions, les exploitations agricoles pratiquent le renouvellement fréquent de
contrats et le personnel lui-même préfère cette méthode car elle lui permet de toucher des
indemnités tous les trois mois. La pratique implique de congédier le personnel tous les 3 mois
avec un délai de carence de 15 jours, période pendant laquelle le travailleur se consacre à
d'autres tâches, à une prise de congés, ou à un voyage retour à son lieu d'origine.
‒ Il est important de vérifier si cette pratique, bien que préférée des employés, est légale. Ainsi,
il est possible de contacter l'autorité compétente, ou demander à l'employeur de démontrer
le cadre juridique auquel il se réfère. Il pourrait s’ensuivre un cas de manquement contre les
obligations du Critère critique 4.8, bien que cette méthode soit davantage appréciée par les
travailleurs.
Module 4 - Page 26
Respect de la législation sur le travail
Signaux d’alerte
Risques de manquements aux droits ou à
la législation du travail (Critère B-4.23,
Congés)
• Il faut prendre en compte que, si le travailleur
est licencié, les congés doivent être payés en
fonction du temps de travail effectué dans
l’exploitation ou les installations du groupe.
Chaque code du travail établit des mesures
spécifiques à ce sujet. Pour le cas du Costa Rica,
il y est fait référence à l'article 153.
• Étant donné que les congés sont accordés sur la
base du temps travaillé, il est important de noter
que certaines juridictions indiquent que ce
temps de travail ne doit pas être affecté ou
diminué par des cas de congés sans solde, les
temps de repos accordés par la loi, et les
maladies justifiées, entre autres.
Module 4 - Page 27
Santé et sécurité au travail
Critères connexes
Établit un programme
1. Plan et comité de Santé et de
de santé et de sécurité CC-4.14 ; C-4.34
sécurité au travail SST
au travail, basé sur les
risques, qui protège 2. Formation du personnel CC-4.16 ; CC-4.14 ; B-4.44
l'intégrité des
travailleurs. 3. Infrastructure sécurisée C-3.30 ; C-4.38 ; C-4.39
4. Protection du travailleur
• Protection individuelle pour les travailleurs EPI > CC-4.15
• Zones d’hygiène > CC-4.17 ; C-4.42 ; C-4.43
• Délais de rentrée > CC-4.15 ; C-4.35
• Contrôles sanitaires, premiers secours et urgences CC-4.14; CC-4.16; C 4,40
Plan et Comité SST (CC-4.14 & C-4.34)
• La Norme requiert que le Plan de santé et
de sécurité au travail soit élaboré à partir
de l'analyse du risque que présente la
gestion de l’exploitation et des tâches qui y
sont effectuées.
• Ce n’est qu’en déterminant chacun des
risques potentiels et la manière de les gérer
que les impacts négatifs sur les travailleurs
peuvent être évités.
• Avec la correcte mise en œuvre d'un plan
de santé au travail et un comité chargé de
surveiller les conditions de santé au niveau
des différentes tâches, les travailleurs
travaillent en toute sécurité et sont en
bonne santé. Cela réduit l'absentéisme, les
arrêts maladie, le paiement d’heures
supplémentaires et autres complications
relatives à la gestion des imprévus
concernant le personnel.
Module 4 - Page 28
Santé et sécurité au travail
dans les activités certifiées
La santé au travail est une responsabilité partagée entre l'activité certifiée et ses
employés.
L'évaluation du plan SST et ses modalités de mise en fonctionnement dans les différents domaines
requièrent des recoupages d’informations documentaires, tout en observant les pratiques de
sécurité et en veillant à ce que les travailleurs aient les compétences nécessaires pour appliquer les
procédures. Lorsqu’il est procédé à une constatation, il faut toujours identifier si la cause est le
travailleur ou l’entreprise. Il se peut que l’organisation ait des lignes directrices bien définies, mais
que le travailleur ne les respecte pas, ou vice-versa.
Formation des travailleurs Comité SST et
aux manipulations évaluations du plan
sécurisées
Plan de santé et de
sécurité au travail basé
Équipement fonctionnel Délais de rentrée (DRE)
de protection personnelle
sur des risques qui
EPI protègent l'intégrité
des travailleurs.
Installations Infrastructures
sanitaires sécurisées
Contrôles sanitaires,
premiers secours et soins
d'urgence
Module 4 - Page 29
Santé et sécurité au travail
Évaluer la conformité
Quelques principes de base : Évaluer des cas de négligence chez l’employé
• Réviser le plan de santé au travail pour vérifier qu’il La négligence de l’employé est le manque
tient compte des risques de toutes les activités et des d’attention ou la négligence dont fait montre
mesures préventives correspondantes. l’employé et qui comporte un risque pour lui-
même ou pour autrui ; ces situations résultent
• Examiner le programme de formation et les registres :
d’un manque de calcul des éventuelles
quels sont les thèmes abordés ? Ont-ils un rapport avec
conséquences prévisibles d’une action.
les tâches effectuées et les risques qui y sont rattachés ?
Quelle est la fréquence des séances de formation du Cette action est une lacune du système de
personnel ? Comment évaluer si les pratiques gestion de l'exploitation. Elle peut résulter
professionnelles mises en œuvre sont conformes aux d’un manque de vigilance de la part de
formations dispensées ? Quelles sont les mesures l’administrateur ou du supérieur hiérarchique
correctives adoptées pour améliorer les résultats ? de l'employé car il est de sa responsabilité de
veiller à ce que ses employés se conforment
• Examiner les statistiques d'accidents, d’arrêts de travail
aux mesures de sécurité, d’une formation
et d'absentéisme, et analyser s'il existe une tendance à
insuffisante, ou de procédures de sécurité
l’augmentation ou à la diminution avec le temps. Y a-t-il
complexes, entre autres.
un rapport entre les thèmes de formation abordés et les
taux d’accidents ? Note-t-on des améliorations de ces Exemples de négligence chez l’employé :
indicateurs d'accidents avec le temps ?
• Un manipulateur de produits
• Interroger les travailleurs intervenant dans plusieurs agrochimiques formé à l’utilisation
activités, évaluer les risques et les mesures de sécuritaire d’intrants et qui se voit attribuer
prévention appliquées (ex.: EPI). Le travailleur connaît-il un EPI pour effectuer ses tâches, décide de
les risques de son labeur ? Est-il au courant des mesures ne pas le porter.
de prévention ? Est-il à même de les expliquer et d’en
• Des travailleurs circulant dans des zones
faire une démonstration ? Est-ce qu’on le voit appliquer
d’accès interdites.
des pratiques sécuritaires ?
• Une manipulation irresponsable des
• Interroger différentes équipes de travail (de jour, de
équipements lourds.
nuit, et mixte), étant donné que les formations ou les
mesures de sécurité peuvent avoir une application • Face à des cas répétés de négligence de la
différente. part des employés, il convient d’enquêter
sur les causes possibles de ce manque de
• Procéder au recoupement de la documentation, des
vigilance, car cela pourrait générer un
entretiens et des pratiques observées dans les
manquement aux critères critiques CC-
différents secteurs et dans les différentes tâches.
4.14, CC-4.16, B-4.44 ou A-2.13
• Interroger les différentes unités d’intervention
(urgences, premiers secours, santé au travail,
incendies). Connaissent-elles leurs rôles à jouer ? Sont-
elles à même de le prouver ? Quelle est la fréquence des
simulations réalisées avec le personnel ?
Module 4 - Page 30
Santé et sécurité au travail
Bonnes pratiques d’audit
Parmi quelques bonnes pratiques facilitant l’audit des exigences liées à la santé et à la sécurité du
travail :
Entretiens :
• Mener un entretien avec les représentants des travailleurs pour enquêter sur la manière dont est
perçue la sécurité sur le lieu de travail.
• Visiter les cliniques situées à proximité pour connaître les principaux maux, maladies et accidents
auxquels sont exposés les travailleurs de l'exploitation ou dans la région.
Documentation :
• Contrôler si le plan de santé au travail dispose
d’une analyse des risques liée aux différentes
tâches, et les mesures d’atténuation/prévention
de ces risques, tels que par exemple : un
équipement de sécurité et des formations, entre
autres.
• Demander à l’organisation toute certification ou
toute pièce certifiant que la personne ou
l'organisation chargée de l'élaboration du plan
SST soit compétente en la matière.
• Vérifier que les examens médicaux des
travailleurs sont disponibles et appropriés en
fonction du type de risques identifiés.
• Consulter les registres de formations, y compris
les formations en premiers secours.
• Se renseigner sur les principales causes d’arrêt de
travail et les statistiques d’accidents. Il est
probable que cette information ne soit pas
interprétée comme une incitation à la création de
plans d’action et à la réduction des cas prioritaires.
• Examiner le compte-rendu du comité SST.
Consulter les points soumis à la Direction, et
demander des preuves que les points ont été
abordés.
Module 4 - Page 31
Plan de santé et de sécurité au travail
Non-conformités fréquentes
Il est fréquent que le plan SST n’inclue pas tous les risques liés aux tâches effectuées dans l’exploitation,
par exemple :
• Orages sur place : de nombreuses exploitations • Dans certaines exploitations, les travailleurs
agricoles ne jugent pas nécessaire de former n’ont reçu qu’une seule formation en premiers
leur personnel aux mesures de sécurité à secours, il y a plusieurs années, sans aucun
adopter en cas d’orages, de leur donner des rappel ultérieur en la matière, ce qui est
informations sur les abris sécurisés et non essentiel pour pouvoir faire face à une
sécurisés, sur les conditions dans lesquelles le situation d'urgence. La fréquence des
travail doit être interrompu et quand la reprise formations doit veiller à ce que les travailleurs
du travail est jugée prudente. aient toujours à l’esprit la bonne réaction en
• Utilisation d’une protection respiratoire dans cas d'urgence.
les endroits infestés de particules dans l'air, • Un plan de santé au travail peut être incomplet
comme les usines de traitement par voie sèche et ne pas couvrir pas tous les domaines
ou les ateliers de soudure. d'activités dans la portée de l’audit
• Ergonomie et manutention de charges : l'OMS d'exploitation ou du groupe. Par exemple, il
a indiqué que 70 % des arrêts de travail dans le existe bien des plans pour les exploitations,
monde sont dus à des troubles musculo- mais les usines de transformation, n’y sont pas
squelettiques. À titre d’exemple, dans un incluses, ou vice-versa ; ou bien au sein de
groupe de producteurs de bananes regroupant groupes de petits exploitants, citons le cas de la
5400 employés, on s’est interrogé sur la ventilation pour les poêles à bois (cause de
principale cause d’arrêt de travail l'année bronchopneumopathie chronique obstructive
précédente, et il a été constaté que près de (BPCO) et cataractes).
4200 cas d'arrêt de travail étaient dus à des • Absence de suivi des travaux de réfection : sur
problèmes musculo-squelettiques ; bon ses comptes-rendus, le comité peut annoter
nombre d’entre eux étaient des arrêts de des points en suspens, tels que des travaux de
travail répétitifs. Le plan SST ne tenait pas réfection concernant des passerelles, des
compte de la question ergonomique. douches et des infrastructures de l’usine ; si ces
mêmes indications sont annotées dans des
comptes-rendus plus anciens, il est procédé à
une profonde analyse de la mise en œuvre
effective de l'ensemble du plan SST.
L’un quelconque des points abordés dans cette
diapositive peut relever d’une non-conformité
au regard des critères liés à la santé au travail.
Module 4 - Page 32
Plan de santé et de sécurité au travail
Bonnes pratiques au sein de l'exploitation
Dans un audit de groupe de producteurs de bananes, le gérant SST mentionnait que la Direction du
groupe s’opposait à la mise en œuvre de mesures de sécurité.
En collaboration avec l'agence d'assurances et le département des ressources humaines, il est
parvenu à déterminer le nombre de jours perdus pour cause d’absentéisme, le montant des coûts
relatifs aux soins médicaux pour cause d’accidents et le montant supporté par l’organisation au titre
des arrêts de travail.
Lors d’une réunion avec la Direction, le gérant expliquait les causes des arrêts de travail et le coût
économique que cela représentait pour la structure. La Direction ignorait que les arrêts de travail
produisaient des pertes financières aussi importantes. Il a donc été proposé de mettre sur pied un
programme, de manière à réduire les arrêts de travail par le biais de formations destinées aux
manouvriers et au personnel d’usine et à leurs administrateurs respectifs.
À ce jour, l'organisation surveille constamment l'absentéisme pour motif d’arrêts maladie chaque
année, et des plans d'action assortis d’objectifs sont établis de manière à pouvoir les améliorer. Les
résultats sont comparés d’une année sur l'autre afin de démontrer l'efficacité des mesures
adoptées.
Module 4 - Page 33
Santé et sécurité au travail
Exigences de formation
Conseils pour l’audit de conformité réglementaire
• Vérifier la fréquence des formations : les points • Solliciter des preuves à l’exploitation qui
de formation aux premiers secours et de puissent démontrer que la trousse de
sécurité au travail doivent être traités secours est contrôlée, qu’une personne est
régulièrement afin de maintenir les niveaux de désignée à cette tâche, et qu'une
connaissances (au moins une fois par an). Il fréquence de contrôle est établie à cet
peut en effet arriver d’oublier les procédures à effet.
suivre en cas d'urgence ou d’accident. Lorsque
le registre de formations montre que la • Demander des preuves de simulations
dispense de la dernière formation remonte à d’interventions d'urgence (photos,
deux ans ou plus, le personnel ne peut pas être registres, etc.).
considéré comme formé ; ce qui pourrait
générer une non-conformité.
• Procéder à un entretien avec le personnel
chargé des interventions d'urgence
(généralement, une unité d’intervention) et
l’interroger sur la façon dont les accidents sont
traités, en cas de coupures, brûlures, chutes et
fractures, entre autres.
• Vérifier qu'il y ait un personnel formé aux
premiers secours dans les différents secteurs
de travail concernés, aussi bien sur place qu’au
sein des installations ; veiller à ce que ce La triangulation des données est
personnel sache localiser la trousse de secours. toujours une bonne pratique, car
elle permet de vérifier que les
• Réviser les trousses de secours afin de
informations fournies par les
déterminer quelles sont celles dont le contenu
exploitations agricoles, les
est complet, et veiller à ce qu’elles ne
travailleurs, les administratifs et les
contiennent pas d’articles sales, contaminés ou
communautés, sont véridiques.
endommagés. Le contenu des trousses de
secours doit varier en fonction de l’analyse de
risques de l’activité.
Module 4 - Page 34
Santé et sécurité au travail
Équipement de protection individuelle
Conseils pour l’audit de conformité réglementaire
Quelques aspects à prendre en compte dans l'évaluation concernant l'utilisation d’EPI :
• Demander la liste des travailleurs exposés aux produits agrochimiques (agents d’entrepôt,
applicateurs, mélangeurs, personnel chargé du lavage du linge, mécaniciens chargés de
l'entretien des équipements d'application, personnel chargé du nettoyage des rampes de
pulvérisation) ; consulter leurs formations, les utilisations d’EPI, l’utilisation des équipements
d'application et de mélange, et les pratiques de gestion.
• Demander des preuves d'acquisition d’EPI. Vous pouvez faire un recoupement entre la fréquence
d’acquisition des équipements, le nombre et la fréquence des applications et la durée de vie des
équipements selon le fabricant. Il est ainsi possible de vérifier si l’EPI est renouvelé selon les
recommandations de la fiche de données de sécurité ou le manuel de l’utilisateur. Si l’exploitation
s’approvisionne en gros, le contrôle croisé doit s’effectuer avec la sortie d’inventaire des EPI à
remettre aux travailleurs.
• Interroger le personnel sur la fréquence de changement de l’EPI : savent-ils à quelle fréquence
doivent-ils le demander ? Les EPI sont-ils renouvelés régulièrement ?
• Examiner l’EPI utilisé pour déterminer s’il est en bon état.
• Vérifier l’endroit où les travailleurs rangent l’EPI de manière à ce qu’il ne soit pas exposé à la
lumière, qu’il ne prenne pas l'eau, et qu’il ne soit pas entreposé avec des produits agrochimiques.
• Pour les exploitations effectuant des applications à l’aide de rampes de pulvérisation : vérifier
que les tracteurs disposent de cabines avec filtres, et que ces filtres sont changés d’après les
recommandations du fabricant. Consulter si ces changements de filtres sont effectués à l’aide des
registres faisant état des heures et si les opérateurs tiennent un registre de ces informations et
des heures d’intervention. Réviser ces registres et les comparer avec les registres de maintenance
des tracteurs.
• Vérifier auprès des travailleurs s’ils savent comment utiliser, mettre et enlever un EPI en toute
sécurité ; s’ils connaissent les protocoles d'application et s’ils savent quoi faire en cas d'urgence.
• Vérifier s’il existe des procédures d'utilisation des EPI en fonction des spécifications du
composant actif appliqué.
Module 4 - Page 35
Santé et sécurité au travail
Équipement de protection individuelle - Cas réels
• Un membre du personnel utilise un masque de sécurité non
opérationnel suite à une surutilisation. Dans ce cas présent,
on observe que le nez du travailleur est partiellement
découvert. Si cette constatation était généralisée, elle
pourrait faire l’objet d’une non-conformité au regard du
Critère critique 4.15.
• Dans les exploitations où des rampes de pulvérisation sont
utilisées pour appliquer les produits en vue de la lutte
contre les nuisibles, les tracteurs utilisés ont leur cabine
fermée, dotée d’un filtre à charbon actif. Ces filtres ont une
durée de vie variable entre 1000 et 2000 heures. Il arrive
parfois que ces filtres ne soient pas changés du tout. Si cette
constatation était généralisée, elle pourrait constituer une
non-conformité au regard du Critère critique 4.15.
• Lors d’un audit, il a été révélé que l'un des travailleurs qui
appliquait un insecticide, portait des gants troués. Aux dires
de l’administrateur de terrain, les gants étaient neufs et ils
avaient été remis à l’applicateur le matin même. D’après
l’employé, les gants s’étaient troués tandis qu’il travaillait. À
première vue, les gants étaient neufs, effectivement.
L'importance d’avoir des EPI en réserve a été discutée avec
l’administrateur de terrain dans l’optique d’éventuels cas
similaires. Le cas n'a pas fait l’objet d’une non-conformité,
vérification faite qu'il s’agissait bien d’un cas isolé.
Bonnes pratiques au sein de l’exploitation
• Il est souhaitable que le personnel amené à manipuler des produits agrochimiques soit composé de
travailleurs permanents, étant donné les compétences et les connaissances requises pour ce type
de tâche. Si le personnel est recruté ponctuellement, uniquement pour effectuer des applications,
il se peut qu’il ne développe pas le savoir-faire nécessaire pour manipuler les produits
agrochimiques en toute sécurité.
• Une exception est celle des équipes de travailleurs qui se rendent d’exploitation en exploitation
pour offrir une prestation de service d’application de produits agrochimiques, sous le couvert d'un
entrepreneur qui leur dispense les formations, leur fournit l’EPI et couvrent leurs examens
médicaux.
Module 4 - Page 36
Cas réels
• Lors d’un audit, un travailleur a été vu en train de
remplir un tracteur de semences traitées avec un
fongicide, sans utiliser d'équipement de protection. Si
cette pratique était généralisée, elle constituerait une
non-conformité au regard du Critère critique 4.15.
• Il est courant de voir les applicateurs de produits
agrochimiques porter leur pantalon replié à l’intérieur
des bottes, et leurs gants par-dessus les manches, alors
que les pantalons et les manches doivent toujours être
portés respectivement à l’extérieur des bottes et des
gants. Cela permet d'éviter tout contact entre le produit
et la peau au niveau des pieds et des mains. Cela n’est
pas considéré comme une non-conformité au regard du
critère critique 4.15 ; par contre, l’EPI est mal utilisé.
• Dans les plantations de bananes, certains emballages
requièrent un nœud au sac qui recouvre le fruit. Ce
nœud doit se faire avec des gants, pour les raisons
suivantes :
1) la banane reçoit un fongicide post-récolte ;
2) le personnel chargé de l’emballage et qui place les
fruits dans les cartons doit utiliser des gants pour
éviter tout contact avec le fongicide post-récolte ;
3) au moment de la fermeture du carton, le sac doit
être placé à l’intérieur, de manière à ce que la partie
supérieure du sac soit exposée au niveau de
l'ouverture du carton. Au moment de positionner le
sac, celui-ci rentre en contact avec les gants qui
sont humectés de produit post-récolte, et qui en
sont donc légèrement imprégnés ;
4) la dernière chose à faire est le nœud du sac ; pour ce
faire, le port des gants est obligatoire.
Module 4 - Page 37
Exemples de non-conformités
• Tracteurs sans équipement de protection contre les tonneaux
• Protection respiratoire déficiente pour le • Prises de force d’une machine dépourvues de
personnel affecté aux opérations de protection du cardan, ce qui présente un
soudage risque de coincements, car le cardan tourne à
grande vitesse. Les accidents liés aux cardans
non sécurisés entraînent généralement la
mort ou la perte de membres.
L’un quelconque des points abordés dans cette diapositive peut relever d’une non-
conformité au regard des critères liés à la santé au travail.
Module 4 - Page 38
Protection des travailleurs
Aires d'hygiène
Installations de douches après l'application de produits agrochimiques CC-4.17
Douches et lavabos d'urgence C-4.42
Sanitaires C-4.43
Bonnes pratiques d’audit de conformité
• Les entretiens menés avec les manipulateurs de • Dans les registres de formations, vérifier que la
produits agrochimiques et le personnel chargé de fréquence de ces formations est proportionnelle
l’observation des travaux et de l'inspection des à la fréquence d'applications des produits
installations sanitaires constituent une source agrochimiques. Par exemple, les produits
d'informations en la matière. agrochimiques utilisés dans les cultures d'ananas
• En cas d’applications sur place, il est nécessaire de se sont nettement plus importants que ceux utilisés
rendre sur les sites où sont effectués les mélanges et dans les cultures telles que l'huile de palme ou le
vérifier si ces sites sont dotés d’équipement café, de sorte que les formations dans le secteur
d'urgence, tels que des postes de lavage oculaire. de l'ananas doivent être plus nombreuses.
Ceci est particulièrement important si les mélanges
• Interroger les manouvriers sur l'accès aux
ont lieu sur place, et non dans la l’entrepôt.
sanitaires ; un accès à l’eau et au savon doit être
• Parcourir les douches des travailleurs et les aires prévu pour le lavage des mains.
d'hygiène ; vérifier si elles sont pourvues d’un accès à
l'eau, si elles fonctionnent correctement, et observer
• Certaines exploitations tiennent un registre des
si elles sont utilisées. travailleurs qui se douchent pour ainsi avoir une
preuve à l’appui. Bien que la tenue de ces
• Visiter l’aire de nettoyage des vêtements et registres ne soit pas obligatoire, il s’agit là d’une
interroger le ou la responsable. Contrôler qu’un
bonne pratique de la part des exploitations
équipement de protection est fourni en vue du
agricoles.
lavage afin d'éviter tout contact direct avec les
produits. • Le défi touche les petits groupes de producteurs
généralement dépourvus de douche séparée ; la
• Passer en revue le site d’entreposage des vêtements
seule disponible est celle du logement, qui est
et de l'équipement de protection individuelle ; ce site
ne doit pas être situé dans l’entrepôt qui est réservé l’endroit où se change le producteur.
aux produits agrochimiques. L’administrateur de groupe est responsable de la
formation des producteurs de manière à ce que
• En ce qui concerne les documents, le plan de santé au les vêtements utilisés soient nettoyés et séchés,
travail doit contenir des indications claires sur les
séparément des autres vêtements.
risques liés à la manipulation des produits
agrochimiques, ainsi que des mesures préventives.
Module 4 - Page 39
Protection des travailleurs
Délais de rentrée
Mise en oeuvre des délais de rentrée C-4.35
Bonnes pratiques d’audit de conformité
• Demander la liste des produits utilisés dans
l’exploitation et vérifier que chaque délai de
rentrée concernant ces produits est
disponible et respecté sur place.
• Vérifier les registres relatifs aux applications
et aux délais de rentrée : de quelle manière
l’interdiction d'accès aux parcelles fumigées
est-elle diffusée sur place ?
• Si le délai de rentrée est inférieur à celui
recommandé par le fabricant, il y a
manquement aux obligations du critère.
• Au cours des entretiens, effectuer un contrôle
croisé avec les manouvriers et le personnel
administratif pour s’assurer qu’ils ont
connaissance des délais de rentrée et qu’ils les
appliquent.
Module 4 - Page 40
Protection des travailleurs
Santé, premiers secours et urgences
Tests de cholinestérase chez les travailleurs manipulant des produits
C-4.36
agrochimiques
Réaffectation des tâches pour protéger la santé C-4.37
Disponibilité du matériel de premiers secours C-4.40
Mise en place de visites médicales et notification des résultats aux travailleurs C-4.41
Procédures en cas d'urgence B-4.44
Aires d'abri A.-4.45
Bonnes pratiques d’audit de conformité aux contrôles sanitaires
• Réviser si le plan SST signale comme un risque • Demander au gérant de l’exploitation ou à
l’utilisation de pesticides qui requièrent de faire l’administrateur de groupe toute preuve
passer des visites médicales aux travailleurs (en justifiant que le médecin chargé de
raison de leur éventuel impact négatif sur la santé). l'évaluation des travailleurs a connaissance
du travail accompli par eux. Dans certains
• Vérifier s'il existe une procédure ou des formalités
cas, les examens médicaux sont généraux
de rigueur concernant le suivi des applicateurs de
et ne permettent pas de savoir si le
produits agrochimiques et des tests qui sont
médecin a vérifié les risques associés à la
effectués.
tâche accomplie par le travailleur.
• Solliciter les registres relatifs aux applications, au
personnel responsable et à leurs antécédents
médicaux.
• Se renseigner sur la façon dont les résultats des
tests sont communiqués au travailleur.
• Se renseigner sur les procédures de réaffectation du
personnel inapte pour raisons de santé, arrêté de
manière temporaire, ou souffrant de taux de
cholinestérase inacceptables. Les résultats de
l'examen médical peuvent déterminer la
réaffectation du travailleur. Les informations des
certificats médicaux doivent clairement indiquer si
un travailleur particulier est physiquement apte à
accomplir certaines tâches.
Module 4 - Page 41
Bonnes pratiques d’audit de conformité aux procédures en cas d’urgence
• Contrôler la réponse du personnel face à une urgence est la meilleure façon de mesurer s’il est
prêt à intervenir. Il est possible de demander des simulations, ou une explication des procédures,
des informations relatives aux lieux sécurisés, de se renseigner sur les voies d’évacuation ou les
points de rencontre, entre autres.
• Si la structure auditée travaille avec des équipes de nuit dans son usine de transformation, on
vérifie que les exercices d’évacuation aient également lieu la nuit afin d'évaluer si le personnel
est en mesure de quitter son lieu de travail aussi facilement que lors des simulations de jour. La
différence de temps entre l'évacuation de jour et l’évacuation de nuit pourrait s’expliquer par un
mauvais éclairage, un mauvais balisage, un éclairage de secours déficient, le blocage de sorties
pour des raisons de sécurité, etc.
Bonnes pratiques au sein de l'exploitation
Une urgence dont on parle peu est celle des orages. Les
travailleurs des plantations d'ananas, de melons et de
pastèques sont plus susceptibles d'être frappés par la foudre.
Statistiquement, les décès chaque année à cause de la foudre
sont comparativement plus importants que ceux dus aux
séismes, alors qu’il y a plus de simulations aux tremblements
de terre comparativement à toute autre situation d'urgence.
Une bonne pratique menée par certaines plantations d'ananas consiste à laisser un vieux bus usagé
près du lieu de travail, de sorte que les employés puissent s’y réfugier en cas d'orages.
Module 4 - Page 42
Non-conformités fréquentes au regard du Critère B-4.44
• Absence de registres sur les simulations d’évacuation
• Registres comportant des simulations datant de plus d’un an d’ancienneté, ce qui prouve que le
personnel n’est pas bien formé en termes d’évacuations.
• Sorties de secours bloquées ou fermées pour des raisons de sécurité
• Extincteurs bloqués
• Absence de simulations pendant les heures de nuit
• Absence d’éclairage de secours pendant le travail de nuit
• Personnel non formé à la manipulation des extincteurs.
• Ne pas envisager toutes les urgences susceptibles de se produire dans l’exploitation ou au sein
de l’installation.
Cas réel
Dans une plantation d'ananas, une partie de l'audit
s’est déroulée pendant les horaires de nuit. Il a été
demandé de procéder à une simulation d'évacuation
en utilisant exclusivement l’éclairage de secours afin
d'évaluer la qualité de l'éclairage et la réponse
d’intervention des travailleurs.
Dans la station de conditionnement, l'alarme devait
retentir au même moment que la coupure de courant
pour que l’éclairage de secours pût s’activer. Au
début de l'exercice, il était clair que plusieurs
secteurs étaient particulièrement sombres,
l’éclairage de secours ne suffisant pas. La simulation a
dû être interrompue et le courant électrique rétabli,
car certains travailleurs avaient pris peur, ne
parvenant pas bien à s’orienter. Le résultat de la
simulation a mis en évidence la nécessité de renforcer
l’éclairage de secours et de procéder à de nouvelles
simulations pendant ce créneau horaire.
Dans ce cas-ci, une non-conformité
pourrait être attribuée au regard du
Critère B-4.44
Module 4 - Page 43
Protection des travailleurs
Infrastructures sécurisées
Entreposage sécurisé des intrants, du matériel et de l'équipement C-4.38
Personnel autorisé à accéder aux installations spécifiques C-4.39
Généralités pour évaluer la conformité :
• Vérifier que les couloirs des installations soient balisés et bien
dégagés de manière à assurer une évacuation sécurisée en cas
d'urgence.
• Vérifier que les câbles électriques soient en bon état et placés sous
gaines, afin de prévenir tous risques d’incendies.
• Les installations doivent disposer d’extincteurs, et il faut vérifier :
‒ qu’ils soient bien dégagés
‒ qu’ils soient équipés d’une recharge
‒ qu’ils ne soient pas posés à-même le sol
‒ qu’ils soient polyvalents pour intervenir sur les feux de classe
(A, B, C)
‒ que la période de recharge n’ait pas expirée
Bonnes pratiques d’audit
Il est très utile pour l'auditeur de tenir une check-list pour vérifier tous les aspects liés aux mesures
de sécurité concernant les installations, tels que par exemple :
• Balisage des couloirs
• Dégagement des couloirs
• Sécurité de la hauteur de fixation des matériels
• Bon état des installations électriques
• Dégagement des extincteurs
• EPI pour le personnel (le cas échéant, par exemple, l’aire de stockage des produits
agrochimiques et les ateliers)
• Signalétique des sorties de secours
• Dégagement des sorties de secours
• Bon état des plafonds et des planchers
• Ordre et propreté.
BIEN-ÊTRE DU
TRAVAILLEUR ET DE SA
FAMILLE
Module 4 - Page 45
Assurer le bien-être
du travailleur et de sa famille
Dans le principe 4 de la Norme, la gestion des aspects clés pour le bien-être des travailleurs et de
leurs familles est abordé, parmi lesquels :
l’accès à l'eau potable
le logement décent
le salaire décent
et l’accès aux services de santé et d’éducation.
Les exigences de la Norme ont pour but d’assurer aux travailleurs agricoles ainsi qu’à leurs familles,
les moyens pour qu’ils puissent satisfaire leurs besoins fondamentaux, accéder à des conditions de
travail et de vie décentes, protéger leur santé et leur bien-être.
L’eau, l'assainissement, l'hygiène et des conditions de logement décentes sont essentielles à la santé
et au développement des personnes. Investir dans ces domaines contribue à améliorer les conditions
de travail et de productivité, et à créer des relations de travail favorables.
Module 4 - Page 46
Accès à l'eau potable
dans la Norme SAN
Les producteurs, les travailleurs et leurs familles ont accès à l'eau potable CC-4.12
Les exploitations qui mettent en œuvre la Norme 2017garantissent l'accès à l'eau potable à leurs
travailleurs et leurs familles, aussi bien dans les aires de travail qu’au niveau des logements
fournis par l’exploitation.
Les situations suivantes peuvent se produire :
• Les services d’adduction d’eau n'appartiennent pas à l’exploitation ; ils peuvent être
publics, privés, ruraux, municipaux, ou appartenir à des coopératives, etc.
• L'exploitation ou l’administrateur de groupe capte l’eau à partir de la surface et/ou de
nappes d’eaux souterraines pour approvisionner les travailleurs et leurs familles.
• L’exploitation ou l'administrateur de groupe achète l’eau qu’il fournit.
Dans ces deux derniers cas, les exploitations ou les administrateurs de groupe doivent démontrer
par des tests réalisés en laboratoires agréés, que l'eau fournie répond aux Paramètres Rainforest
Allianceconcernant l'eau potable.
Module 4 - Page 47
Accès à l'eau potable
Aspects importants
Paramètres Rainforest Allianceconcernant l'eau potable :
PARAMÈTRE VALEUR
E. coli ou bactéries coliformes Non détectable dans aucun
Définition contraignante. thermotolérantes échantillon de 100 ml
Résidus de chlore ou autres
Ces chiffres sont basés sur les résidus de traitements 0,5 mg/L maximum
valeurs guides de désinfectants
l'Organisation mondiale de la pH Entre 6,5 et 8,5
santé. L’exploitation doit
démontrer que l'eau fournie Sodium 20 mg/L maximum
est conforme à ces 10 mg/L maximum sous forme
paramètres au moyen Nitrates
de nitrates
d’analyses chimiques
réalisées avant l’audit de Sulfates 250 mg/L maximum
certification ou face aux Inférieure ou égale à 5 UTN
risques de contamination. Turbidité (Unité de turbidité
néphélométrique)
Captage Traitement Distribution Consommateur
Aspects à considérer SOURCES D'EAU AMÉLIORÉES
Pour assurer l'intégrité de l'eau potable, il faut Service public
évaluer la source (captage), le système de
Puits tubé
traitement (le cas échéant), le stockage et le
système de distribution. Puits foré protégé
Source protégée
Risques
La contamination de l'eau peut provenir SOURCES D'EAU NON AMÉLIORÉES
d’éléments biologiques, physiques ou chimiques à Puits foré non protégé
n’importe quel stade du système
Source non protégée
d'approvisionnement. Le manque de protection du
champ captant ou le stockage et les ruptures de Eaux de surface (rivière, barrage, lac,
canalisations sont des causes fréquentes de étang, ruisseau, canal, canal d'irrigation)
contamination de l'eau.
Module 4 - Page 48
Accès à l'eau potable
Comment évaluer la conformité ?
Si l'exploitation s’approvisionne en eau à partir de ses propres sources, ou si elle capte et/ou
distribue l’eau aux travailleurs et à leurs familles, il est important d'évaluer :
• Les tests sur la qualité de l'eau sont-ils conformes aux exigences des paramètres Rainforest
Allianceconcernant l'eau potable ? Les risques associés à la contamination de l'eau sont-ils
évités ?
• En entretien avec les travailleurs et les résidents : l'alimentation en eau est-elle suffisante pour
approvisionner les familles ? Des problèmes liés à la qualité de l'eau sont-ils signalés, tels que des
problèmes liés à la turbidité, la salinité, l’odeur, le goût ? Y a-t-il des incidences de maladies
imputables à la mauvaise qualité de l'eau ?
Au cours de la visite de l’aire des logements, des installations et de l’exploitation en général, sont
évalués :
SOURCE
TRAITEMENT
• Le captage s’effectue-t-il en surface ou
dans le sous-sol ? • Les résultats d’analyses de l'eau se
situent-ils à l’intérieur des valeurs
• La source est-elle protégée pour éviter acceptées par le SAN ?
toute contamination ?
• Existe-t-il des registres concernant le
• L'approvisionnement est-il continu et traitement de l’eau ? Le cas échéant.
en quantité suffisante ?
DISTRIBUTION
• Les canalisations sont-elles en bon état,
STOCKAGE ou bien fissurées ou cassées ?
• Où l'eau est-elle stockée ? • Les installations destinées au stockage,
à la distribution et à l’exploitation de
• Le site de stockage est-il protégé ?
l’eau dans l'exploitation agricole sont-
elles bien entretenues pour éviter toute
contamination ?
Définition contraignante SAN
Risque de contamination de l'eau : affectation du système de
traitement d'eau et des canalisations qui lui sont associées, ou en raison de
catastrophes naturelles telles que : tremblements de terre, secousses sismiques ou
glissements de terrain.
Module 4 - Page 49
Accès à l'eau potable
Groupes de petits producteurs
Les plus grands risques de maladies à transmission hydrique à travers le monde proviennent des
micro-organismes pathogènes, bien qu’à l’échelle locale ou régionale, les contaminants chimiques
peuvent présenter des risques importants pour la santé publique.
La Norme impose à l'administrateur de groupe de former les producteurs membres pour que ceux-ci
puissent appliquer des techniques de traitement domestique de l’eau afin d'éliminer tous micro-
organismes pathogènes. Les techniques comprennent la chloration, la filtration, l’ébullition, la
coagulation, la floculation et l’irradiation UV, parmi d’autres ayant fait leurs preuves.
Les techniques de traitement domestique
Filtrer
Chlorer Bouillir
Comment auditer ?
FORMATION
Entretiens avec les
producteurs
Observation des pratiques
mises en œuvre par les
Programme de
producteurs
formation ?
Registres de formations ?
Sources :
[Link]
[Link]
[Link]
Module 4 - Page 50
Accès à l'eau potable
sur le lieu de travail
L’exploitation doit fournir un accès à l'eau conforme aux Paramètres Rainforest Allianceconcernant
l'eau potable, sur le lieu de travail et en quantité suffisante.
De nombreux travaux agricoles sont effectués dans les régions tropicales où le travailleur est
exposé à de longues journées de labeur dans des conditions de hautes températures. Dans ces
conditions, les travailleurs sont exposés à des risques de déshydratation à défaut d’ingérer
suffisamment de liquides, ce qui pourrait provoquer des épisodes subcliniques répétitifs de lésions
rénales aiguës et finir par entraîner des dommages chroniques.
L'eau doit être facilement accessible et offerte dans des conditions d’hygiène et de propreté.
Questions d'audit : Exemples de bonnes pratiques observées
dans les exploitations agricoles :
• De quelle manière l'accès à l'eau potable est-il
garanti pour le travail effectué dans les • Les exploitations distribuent des
parcelles éloignées ? boissons hydratantes sur les lieux de
travail les jours de grosse chaleur.
• Y a-t-il un registre, un document qui y fait
référence ?
• Les exploitations placent des bidons
d'eau fraîche dans les parcelles où le
Entretiens avec les travailleurs :
travail est effectué.
• Avez-vous de l'eau à proximité de votre lieu de
travail ? Est-ce suffisant pour toute la journée ? • Les exploitations sensibilisent le
Comment est-elle fournie ? Au cours de la personnel sur l'importance de la
journée, combien de fois buvez-vous de l'eau ? consommation d'eau et les effets
néfastes de la déshydratation.
• Des bidons d'eau fraîche et des verres
jetables sont placés dans les stations de
conditionnement.
Dans une unité de conditionnement de bananes, au Panama, un bidon en plastique
contenant moins de 4 litres d’eau, accroché à une poutre du bâtiment, a été présenté à
l’auditeur comme la seule source d'eau disponible pour ravitailler 30 travailleurs. Il n’y
avait pas de verres jetables et il a été indiqué que les travailleurs buvaient
directement du bidon. L'eau était tiède, et les mesures antihygiéniques. Cela n'est pas
considéré comme un accès à l'eau potable.
Module 4 - Page 51
Qualité de l'eau
Indices de problèmes
Le plus grand risque se produit dans les exploitations qui sont chargées de capter l'eau, de la traiter
(le cas échéant) et de la distribuer.
Risques ou signaux d’alerte :
• Sources d'eau non protégées de la Les opérations de traitement domestique de
contamination (eaux de surface ou puits non l'eau (TDA) peuvent contribuer grandement à
protégés) auxquelles les animaux ou les la protection de la santé publique dans les cas
personnes ont accès gratuitement. où l'eau de consommation -provenant de
• Conduites endommagées ou tuyaux cassés. sources diverses-, n’est pas traitée, n’est pas
correctement traitée, ou est contaminée lors
• Informations concernant des enfants ou des
de sa distribution ou de son stockage.
adultes souffrant de diarrhées, de
vomissements ou autres troubles digestifs.
• Absence de registres concernant la CONSEILS D’AUDIT
potabilisation de l'eau, même si les examens
Visiter le centre médical. Y a-t-il une
attestent d’une qualité d’eau acceptable.
récurrence de diarrhées, de parasitoses ?
• Dans le cas des groupes : l'administrateur de
Inspecter le champ captant, si possible.
groupe a formé à la technique de l'ébullition,
mais sur place, il n’y a presque pas de bois et les Vérifier les techniques de potabilisation
producteurs ne veulent pas dépenser de gaz utilisées par les petits producteurs et la
pour faire bouillir l'eau. Les formations doivent possibilité d’accéder au matériel
inclure des techniques réalistes qui peuvent nécessaire à la potabilisation.
être mises en œuvre dans ce contexte.
• Les petits producteurs ne disposent pas Remarque : dans le cas où le risque de
d'installations pour acheter du chlore ni de contamination est une constante, avec des
systèmes de filtration. ruptures de canalisations assurant la
distribution et un captage en eaux de
surface ou à partir de puits non protégés,
des preuves permettront d’établir une non-
conformité au regard du critère critique
4.12.
Module 4 - Page 52
Eau potable
Cas réels
Au cours d'un audit dans une exploitation de
palmiers à huile, l’auditeur remarque que plusieurs
récipients en plastique semblant contenir de l’eau,
se trouvent à l'extérieur d'une maison habitée par
l’un des travailleurs et sa famille. Les récipients
observés sont sales. Le travailleur indique qu’il y
stocke l’eau pour la consommation familiale, étant
donné que le ruisseau qui lui sert de point de
ravitaillement se trouve à 150 mètres de la
maison.
La famille indique qu'ils vivent une situation très
difficile car les conditions de logement ne sont pas L’administrateur de l’exploitation confirme à
bonnes, et que les enfants tombent constamment l’auditeur les conditions d'accès à l'eau
malades, avec des diarrhées fréquentes, des maux concernant la famille interrogée.
d'estomac et de tête, si bien que le plus jeune ne
Autres circonstances aggravantes : la famille
fréquente pas souvent l'école. Ils pensent que cela
mentionne que les diarrhées et les douleurs
est dû aux conditions de l'eau et à l‘humidité du
d'estomac sont fréquentes, ce qui pourrait
logement.
être lié à la qualité de l’eau. L'eau doit être
transportée sur plus de 150 mètres. La
Le père de famille qui travaille dans l’exploitation
propriétaire de l’exploitation connaît la
montre à l'auditeur un trou de deux mètres de
situation et la préoccupation du travailleur et
profondeur, en partie rempli par de l'eau de pluie,
n'a pas fourni de solution à ce sujet.
qu’il a creusé pendant ses jours de congés, afin
d’obtenir une eau de meilleure qualité et plus
proche de la maison. Il indique avoir demandé à la
propriétaire de l’exploitation de lui fournir un
dispositif pour couvrir le puits, mais devant son
refus, le travailleur a décidé de renoncer à
poursuivre les travaux d'excavation du puits. L’exploitation ne fournit pas d'eau potable au
travailleur résident et à sa famille.
L’exploitation ne fournit pas d'eau potable au
travailleur résident et à sa famille. L'eau est
collectée à la surface d’une source non
protégée, ce qui fournit des éléments de
preuve suffisants pour établir une non-
conformité vis-à-vis du critère critique 4.12
Module 4 - Page 53
Logement décent pour
le travailleur et sa famille
La Norme exige que le logement fourni par l’exploitation aux travailleurs agricoles dispose de
conditions qui contribuent à donner au travailleur et à sa famille une vie décente, la santé et la
sécurité.
La Norme établit un critère critique 4.13 qui garantit que les exploitations certifiées répondent aux
exigences de base du logement décent, dont les conditions sont favorables à la santé et la sécurité
de ses occupants. Les exploitations doivent se conformer à ces exigences dès le premier audit de
certification. En outre, des plans pour améliorer les conditions de logement sont à mettre en œuvre
au cours des prochaines années de certification.
Dans des conditions optimales (après avoir satisfait aux exigences de l'amélioration continue), un
logement décent doit disposer :
d'eau potable (à évaluer dans un critère distinct)
d’installations sanitaires, de douches et d’éviers pour laver le linge appropriés et suffisants
de protection contre le froid, le vent, la pluie
conditions pour le maintien de la sécurité physique et la santé de ses habitants
de conditions d'hygiène pour prévenir la propagation de vecteurs et de maladies
d’un espace suffisant pour toutes les activités
d’aires de loisirs et le séchage du linge.
Le Rainforest Allianceaborde la conformité aux exigences en matière de logement dans 4 critères du
Principe 4, dont l’un d’eux est critique ; et chacun des autres appartient à un niveau différent C, B et
A.
Module 4 - Page 54
Logement décent
dans la Norme SAN
Les logements fournis par l’administration de l’exploitation ou du groupe
CC-4.13
répondent aux conditions de base du logement décent.
Les logements fournis par l'administration de l'exploitation ou du groupe
respectent les recommandations de l'OIT sur le logement des travailleurs (N.° C-4.28
115)
Les logements fournis par l’administration de l’exploitation ou du groupe
répondent aux conditions supplémentaires en termes d’espace, de distribution C-4.30
et de sécurité.
Les logements fournis par l’administration de l’exploitation ou du groupe
répondent aux conditions supplémentaires en termes d’espaces de loisirs et C-4.32
d’hygiène personnelle.
Le texte des critères établit clairement un grand nombre des conditions et des paramètres que les
ménages doivent respecter. Cette section traite uniquement des aspects qui nécessitent de plus
amples informations pour être interprétés correctement :
Les personnes autorisées à utiliser les logements et les conditions de surpeuplement ;
L’absence d’animaux nocifs ou de conditions favorisant leurs populations ;
Une protection contre la pluie, le vent et par temps froid ;
Les conditions qui présentent un risque pour la sécurité et la santé de ses habitants.
Personnes autorisées à utiliser les logements et conditions de surpeuplement
Les critères liés au logement s’appliquent uniquement
aux personnes autorisées par l’exploitation à occuper
les logements. L’exploitation doit disposer d’une liste
des travailleurs et de leurs familles vivant dans les
logements de l’exploitation.
L’exploitation décline toute responsabilité concernant
les logements appartenant aux travailleurs ou en cas
de surpeuplement causé par des personnes non
autorisées par la Direction à résider dans les
logements de l’exploitation.
Module 4 - Page 55
Logement décent
Vecteurs de maladies
Absence d’animaux vecteurs de maladies et de conditions propices à leur
propagation
Selon l’objectif du critère, une non-conformité
peut être émise lorsque les populations de ces
animaux ont augmenté de manière
disproportionnée et qu’aucune mesure n’a été
prise pour empêcher ce phénomène.
Ce problème peut se manifester par la
présence de « nuées » de moustiques ou de
mouches, un grand nombre de vers et
d’insectes, et des excréments de rats dispersés
dans le logement. Trouver quelques mouches,
moustiques ou insectes est, dans une certaine
mesure, inévitable dans n’importe quelle
maison et ne doit pas être pénalisé lors de
l'audit.
Si l'auditeur considère qu'il existe des facteurs
de risque, il est important de prendre
suffisamment de temps pour mener des
entrevues avec les travailleurs résidents et
leurs familles pour obtenir des informations
déterminantes sur :
• l'incidence de maladies chez la population
résidente ;
• la gestion des facteurs de risque dans les
logements de l’exploitation et leurs
environs ;
• la présence de ces animaux à différentes
périodes de l’année ou à différents moments
de la journée, ou des éléments déclencheurs
de leur apparition ;
• les moyens mis à disposition par
l’exploitation pour lutter contre ces
animaux.
Module 4 - Page 56
Logement décent
Vecteurs de maladies
Bonnes pratiques pour évaluer la conformité réglementaire de la Norme SAN
L'information est obtenue par le biais
d'entrevues avec les résidents des logements
afin de déterminer s’il existe des risques ou des
problèmes liés à la santé et la sécurité des
habitants. Il est recommandé d’inspecter les
toilettes, les cuisines, les salles à manger, les
chambres à coucher, les aires de stockage de
produits alimentaires et de gestion des déchets,
ainsi que les autres zones avoisinantes. Marcher
autour et à proximité des installations permet
de détecter les situations de risque.
Quelques aspects à vérifier :
• Y a-t-il des poubelles sans couvercle ? • Existe-t-il un système de plaintes accessible
aux résidents ?
• De quelle façon les déchets des logements
sont-ils éliminés ? • Des plaintes concernant les conditions de
logement ont-elles été reçues ? Comment
• Y a-t-il de l’eau stagnante accumulée ?
l'administration de l’exploitation les a-t-elle
• Y a-t-il des fissures dans les murs ou les gérées ?
planchers ? Des trous ou des cavités ?
• Le personnel administratif a-t-il identifié des
• Comment les aliments sont-ils stockés ? problèmes de nuisibles ? Des mesures ont-
• Existe-t-il des maladies récurrentes au sein elles été établies pour les éviter ?
de la population résidente ? • Existe-t-il une politique régissant les
• Existe-il des maladies à transmission conditions de logement ?
vectorielle et des conditions d’insalubrité ? • Les travailleurs ont-ils reçu une formation
• Les sanitaires fonctionnent-ils correctement pour prévenir ou lutter contre la prolifération
et sont-ils bien entretenus ? de nuisibles ?
Module 4 - Page 57
Logement décent
Protection contre les conditions climatiques
Protection contre la pluie, le vent, le froid et les phénomènes météorologiques
extrêmes
Pour auditer ce critère, il faut visiter les logements et interroger les résidents. En cas de problèmes, il
faut également interroger l'administration de l’exploitation.
Comment l’évaluer ?
• Les logements ont-ils un toit et des murs ?
• Des fuites sont-elles observées au niveau du
plafond ? En entretien : les résidents indiquent-ils
l'existence de fuites ?
• Y a-t-il des fenêtres ou des portes brisées ? Ont-
elles été cassées récemment ou cela remonte-t-il
déjà à un certain temps ? L'administration de
l’exploitation en a-t-elle été informée ?
• L’exploitation dispose-t-elle d’un mécanisme,
connu des résidents, pour signaler/se plaindre des
conditions de logement ? IMPORTANT
• Manque-t-il des planches ou y a-t-il des trous dans L’exploitation doit disposer d’une liste des
les murs pouvant exposer les résidents aux travailleurs et des membres de leur famille
intempéries ou permettant l’intrusion d'animaux ? vivant dans les logements de l’exploitation.
• L’exploitation tient-elle des registres sur l’état des Les critères liés au logement s’appliquent
logements et les opérations d’entretien ? uniquement aux personnes autorisées par
l’exploitation à occuper les logements.
• Le cas échéant, l'administration de l’exploitation a-
t-elle remédié à la situation de bris de fenêtres
et/ou de fuites ?
• Si les logements sont en mauvais état, existe-t-il un
plan de réparation ou de construction de nouvelles
structures pour remplacer les logements actuels ?
Le plan est-il conforme aux délais fixés par le
SAN ?c
Module 4 - Page 58
Conditions à risques
Fumée provenant des cuisines
La fumée contient des composés cancérigènes et
autres composants qui affectent les poumons, les Certaines activités quotidiennes
voies respiratoires et la vue. peuvent mettre en danger la santé des
résidents si elles ne pas bien gérées,
Comment l’évaluer ? notamment l'évacuation de la fumée
• En cas d'utilisation de poêles à bois, vérifier qu’il des poêles à bois.
existe des systèmes fonctionnels pour évacuer la
fumée vers l'extérieur.
• Il est de la responsabilité du gérant de
l‘exploitation ou de l’administrateur de groupe, de
fournir un logement muni de ces systèmes car c’est
la santé des occupants qui est en jeu.
Il est important de prêter attention à :
• Des cheminées ou autres mécanismes servant à
l'évacuation de la fumée ont-ils été mis en place par
l’exploitation ? Sont fonctionnels ?
• Les résidents ont-ils été formés/sensibilisés aux
effets nocifs de la fumée sur la santé ?
• Des plaintes ont-elles été formulées par les
résidents qui n’auraient pas fait l’objet d’un suivi ?
• Les résidents montrent-ils qu’ils connaissent les
effets nocifs de la fumée des poêles à bois sur la
santé ?
Module 4 - Page 59
Conditions à risques
Structure des logements
Les logements ne doivent présenter aucun risque pour
l'intégrité physique des personnes. Les structures qui
semblent sur le point de s’écrouler, la présence de fissures et
de failles au niveau des fondations des murs, en particulier
dans les lieux propices à une activité sismique régulière,
doivent faire l'objet d'une non-conformité.
Installations électriques et substances inflammables
• Le système électrique doit être protégé par des gaines.
• Les fils ne doivent pas être dénudés.
• Pour les cuisinières à gaz, les bonbonnes de gaz doivent
être installées à l'extérieur de la maison.
Comment l’évaluer ?
• Les logements sont inspectés et les résidents sont
interrogés.
• Les poutres, les colonnes, les murs et le plafond sont-ils
stables et solides ?
• Le câblage et les installations électriques sont-ils en
mauvais état ? Des câbles dénudés pendent-ils des murs
ou des plafonds ? Y a-t-il des prises de courant à
découvert ?
IMPORTANT
• Pour les cuisinières à gaz, les bonbonnes sont-elles
Face à des situations qui mettent en
situées à l'extérieur de la maison ?
danger la sécurité physique des
• En entretien, les travailleurs confirment-ils des incidents résidents, l’attribution d'une non-
tels que des incendies, des courts-circuits, ou conformité vis-à-vis du critère 4.13
l'effondrement de structures ? Quand cela s’est produit, doit être évaluée.
l’administration a-t-elle été informée ? Quel a été le suivi ?
• Si nécessaire, l’exploitation dispose-t-elle d'un plan
d'amélioration des logements fournis aux travailleurs ? Le
plan est-il conforme aux délais fixés par le SAN ?
Module 4 - Page 60
Conditions à risques
Sanitaires
La Norme 2017indique le nombre de sanitaires et Comment évaluer la conformité ?
d’installations pour l'hygiène, telles que douches
et lavabos, dont doit disposer un logement pour • Les sanitaires sont-ils en nombre suffisant
les travailleurs. pour les travailleurs et les résidents ?
En plus d'évaluer le nombre d'installations • Les sanitaires sont-ils conçus sous forme
disponibles, il faut vérifier qu‘elles présentent des de modules séparés hommes/femmes ?
conditions d'hygiène acceptables et assurer la
• Y en a-t-il suffisamment en état de
sécurité.
fonctionnement ?
• Sont-ils installés dans un endroit
approprié, facilement accessible et sûr,
loin des plans d'eau, avec de bonnes
La Norme 2017établit également différents conditions d'hygiène ?
niveaux de conformité pour les critères • Les chemins d’accès sont-ils maintenus en
d'amélioration continue. Chaque niveau définit des bon état ?
conditions différentes pour le logement, à partir
d'un état de base pour parvenir à un état optimal à • Permettent-ils l’intimité et la sécurité ?
atteindre sur 6 ans maximum.
• Les lumières et les verrous des portes
fonctionnent-ils ?
Sur le lieu de travail :
• Y a-t-il des installations pour le lavage des
mains à proximité ?
• Y a-t-il de l'eau et du savon à disposition ?
• Existe-t-il un programme de nettoyage et
d'entretien ?
• Les sanitaires sont-ils propres et sans trop
de mauvaises odeurs ?
• Des ustensiles de nettoyage sont-ils
disponibles à tout moment ?
Module 4 - Page 61
Accès aux services d’éducation et de santé
dans la Norme SAN
Les travailleurs agricoles dépendent, en général, des
services publics d'éducation et de santé dans les
zones rurales, où les soins médicaux,
l'approvisionnement adéquat en eau et les systèmes
de drainage des eaux usées sont généralement
insuffisants.
Les communautés rurales sont souvent mal
éduquées et mal informées sur les risques sanitaires
auxquels elles sont exposées.
La Norme exige que les travailleurs et leurs familles
aient accès à l'éducation et la santé de base ; ce
thème est abordé dans trois critères d'amélioration
continue, comme indiqué dans le tableau ci-
dessous :
Salaire décent et accès aux services d’éducation et de santé C-4.29
Tous les travailleurs ont accès aux services d’éducation de base et de santé. B-4.31
Fournir un accès à la santé et à l'éducation aux membres du groupe C-1.19
Dans certains pays, l'éducation primaire publique et gratuite de base est présente même dans les
plus petits villages des zones rurales, contrairement à d'autres pays où elle fait défaut, ce qui
génère des conditions d'accès difficiles à l'éducation. Il en est de même pour les services de santé
publique, auxquels on accède par affiliation.
Il faut déterminer si les enfants vivant dans l’exploitation ont de réelles possibilités de se rendre à
l’école du village la plus proche de l’exploitation ou, faute de moyens ou de structures, si cette
possibilité est inexistante.
Si les enfants n’ont aucune chance de se rendre à l'école, l’exploitation ou l’administrateur de
groupe doit disposer d’un programme pour assurer l'accès à l'éducation de base (lecture, écriture
et mathématiques de base) pour les enfants résidents. L'éducation des enfants doit être gratuite
(tant qu'il n‘y a pas de référence pour le salaire décent dans le pays, telle qu’établie par la Coalition
mondiale pour le salaire décent).
Module 4 - Page 62
Accès aux services d’éducation et de santé
Aspects à considérer
En ce qui concerne la santé, l’exploitation ou Définitions contraignantes du
l’administrateur de groupe doit fournir un accès SAN :
gratuit aux services de santé (tant qu'il n‘existe
• Éducation de base : éducation de base
pas de référence pour le salaire décent dans le
destinée aux enfants des travailleurs
pays, telle qu’établie par la Coalition mondiale
comprenant la lecture, l'écriture et les
pour le salaire décent); et si ces services sont
mathématiques de base (enseignement
publics, l’adhésion et le transport doivent être
primaire).
facilités.
• Soins de santé : accès aux soins médicaux,
En général, l'un des principaux signaux d'alerte indépendamment du niveau de gravité,
sur les problèmes de conformité, est transport aux centres publics spécialisés ou
l'éloignement des exploitations des centres de autres.
population et des structures d’éducation et de
santé.
Exemples de bonnes pratiques
Éducation de base : Quand attribuer une non-conformité ?
L’exploitation se charge de Lorsque l’école publique ou le centre de santé
l'alphabétisation (s’il n’y a pas d’écoles public n’est pas accessible et que l’exploitation
ou l'administrateur de groupe n'a pas mis en
publiques à proximité).
œuvre un programme pour l’accès aux soins de
de payer le transport quotidien jusqu’à santé et à l’éducation de base.
l'école.
de faciliter l'éducation à distance, le télé-
enseignement.
Santé :
de faciliter la visite
d’infirmières / médecins à l’exploitation
(médecine d’entreprise).
de faciliter la participation aux régimes de
santé privés.
BIEN-ÊTRE
COMMUNAUTAIRE
Module 4 - Page 64
Assurer le bien-être
de la communauté
Le principe 4 de la Norme aborde la gestion d’aspects cruciaux permettant d’assurer le bien-être des
communautés parallèlement aux opérations certifiées, sous la perspective de quatre axes :
Le droit à la terre
La réduction des effets négatifs des activités sur les communautés
Le soutien et l’implication auprès des communautés
Le processus de consentement préalable, libre et éclairé (CPLE).
Module 4 - Page 65
Droit à la terre
dans la Norme SAN
Les exploitations démontrent le droit à la terre CC-4.19
Le but du critère est de protéger le droit à la terre, aussi bien les terres de particuliers, d’entreprises,
ou de producteurs agissant sous un régime d’administrateur de groupe, que les terres louées ou les
terres communales ou indigènes. Il est important de s’informer au préalable sur les conflits fonciers
qui ont lieu dans la région.
• Terres appartenant à des entreprises ou à des • Baux ruraux : vérifier l'existence d'un bail en
particuliers : Le droit à la terre est vérifié au vigueur signé par les deux parties. Pour
moyen de rapports de registre mis à jour où vérifier la propriété légitime de celui qui met
figurent le nom du propriétaire, la superficie son terrain à bail, il suffit de comparer que le
et l'emplacement géographique ; ces rapports nom du propriétaire indiqué dans l’acte de
indiquent généralement le moyen d’obtention propriété ou le registre foncier corresponde
de la propriété, les titres de propriété ou tout au signataire du bail. Il faut également
autre document légalement conforme. démontrer la légitimité de la propriété et
• Terres de producteurs fonctionnant sous le l'absence de conflits fonciers non résolus.
régime d’administrateur de groupe : les
associations, les coopératives ou les
administrateurs de groupe demandent la
certification pour des petits producteurs. Le
système de contrôle interne dispose d’un
dossier pour chaque producteur ; ce dossier
doit comporter un croquis ou un plan de la
propriété, ainsi qu’une preuve juridique
certifiant la possession légale de la propriété.
• Territoires indigènes ou terres communales : il
existe des Associations de développement
intégral du territoire qui peuvent notifier que
le producteur est légitimement installé sur le
terrain qu’il occupe dans le territoire/réserve
indigène. Une autre façon de le vérifier est de
se rendre au bureau de l'entité administrative
du territoire.
Module 4 - Page 66
Droit à la terre
Comment évaluer la conformité ?
Quelques bonnes pratiques pour évaluer la conformité avec les exigences liées au droit à la terre.
Propriétaires terriens : Territoires indigènes et terres communales :
• Demander : • Demander au système de contrôle interne
une preuve du droit à la terre par les
‒ Un extrait récent du registre foncier ; ou
producteurs du groupe, ce qui peut être
‒ Une copie de l’acte de propriété ; ou démontré par une lettre de l‘Association de
‒ Un plan cadastral. développement intégral du territoire
indigène ou d’une autre organisation
* Une copie de l'acte d'achat-vente est
chargée de l'administration du territoire.
acceptée comme valable dans les régions
éloignées où il peut être difficile pour la • Vérifier dans les dossiers des producteurs
structure auditée d’avoir un extrait récent l’existence de croquis ou de plans et de
du registre foncier. preuves du droit à la terre (lettres des
organisations responsables).
• Vérifier que la superficie et l'emplacement de
• Lors de la visite des exploitations de
l’exploitation auditée correspondent bien à
l’échantillon, en profiter pour discuter avec
ceux mentionnés dans l’acte.
les voisins de la structure auditée. Existe-t-
• Rendre visite aux voisins immédiats et aux il des conflits fonciers ? Les propriétés sont-
membres de la communauté. Parler avec eux elles clairement délimitées ?
pour en savoir plus sur l'histoire de la détention
de la propriété et confirmer l'absence de
conflits fonciers.
• Lors de l’entretien avec les travailleurs locaux,
en profiter pour poser des questions sur
l'histoire de la propriété du bien et l'utilisation
antérieure des terres, notamment.
Preneurs :
• Demander le contrat de location en vigueur
signé par les deux parties.
• Demander le titre de propriété du bailleur.
• Vérifier l'absence de conflits fonciers en
interrogeant les membres de la communauté,
les voisins et les travailleurs locaux.
Module 4 - Page 67
Droit à la terre
Bonnes pratiques d’audit
Il est important de parler avec les voisins
immédiats et d'autres membres de la Les résidents locaux sont la plus grande
communauté afin d'obtenir des informations sur source d'informations, car ils ont
l'histoire de la propriété foncière : généralement vécu pendant plusieurs
• La famille « XX » vit-elle ici depuis longtemps ? années dans la région et connaissent
l'histoire des propriétés. Certains des
• Depuis combien de temps l'organisation opère-
résidents locaux travaillent dans
t-elle sur cette propriété ?
l’exploitation auditée et peuvent fournir
• Qui étaient les anciens propriétaires ? des informations précieuses.
• Quelle était leur activité ?
• Pourquoi sont-ils partis ?
• Savez-vous comment l’organisation/la famille
actuelle a acquis le terrain ?
• Y a-t-il déjà eu des conflits liés à l’utilisation des
terres ?
Les réponses aux questions ci-dessus peuvent
fournir une meilleure idée de certains problèmes
actuels ou passés liés au droit à la terre.
En cas de conflit, il est probable que le temps
prévu pour l’audit ne permette pas à l'équipe
d’auditeurs d’approfondir suffisamment le sujet
auquel cas, il est recommandé ce qui suit :
• Contacter l'organisme de certification ;
• Consigner les résultats dans le rapport de
réunion de clôture ;
• Insérer une note indiquant que le cas nécessite
une enquête plus approfondie.
Module 4 - Page 68
Réduction des effets négatifs
sur les communautés
Les impacts que peuvent générer les activités
agricoles et d'élevage sur les communautés sont
divers et leur ampleur peut augmenter en
fonction de la taille et du nombre d’activités
menées par l’exploitation. Ces impacts peuvent
être à la fois environnementaux et sociaux, par
exemple :
• génération de déchets végétaux
susceptibles de générer des parasites,
• pollution de l'eau, du sol et de l'air,
• concurrence en matière de ressources avec
les membres de la communauté.
Étude d'impact environnemental et social (EIES) CC-1.4
Non-destruction des zones à haute valeur pour la conservation (HCV) CC-2.1
Consentement libre, préalable et éclairé (CLPE) C-4.20
Mise en place de mécanismes de communication et soutien aux communautés B-4.46
Remarque : tous les critères visant à empêcher la pollution de l'environnement par les effluents,
les produits ou la gestion de l’exploitation, cherchent également à éviter ce risque potentiel
d’affecter les communautés :
Critères : 2.3 ; 2.13 ; 3.1 ; 3.2 ; 3.5 ; 3.7 ; 3.9 ; 3.15 ; 3.20 ; 3.21 ; 3.22 ; 3.32 ; 3.37 ; 5.21 ; 5.22 ; et
5.26.
Module 4 - Page 69
Réduction des effets négatifs
Quelques considérations
Signes positifs dans l’exploitation : Comment évaluer la conformité ?
• Elle respecte le droit environnemental et la • L’exploitation dispose-t-elle d’une liste des
législation du travail du pays. parties prenantes et de leurs coordonnées ?
• Elle respecte la propriété foncière, les accès • L’exploitation a-t-elle consulté la
et les sites importants pour les communauté sur sa perception des impacts
communautés voisines. que peuvent générer l’activité ? Par le biais
d’enquêtes ? De réunions ? Par d’autres
• Elle démontre une interaction positive avec
moyens ?
les communautés dans la zone d'influence.
• Les réponses données aux membres de la
• Elle recueille les préoccupations des
communauté ont-elles été analysées ?
membres de la communauté sur les activités
de l’exploitation et elle répond de manière • Quelle a été la réponse de l’exploitation aux
adéquate aux préoccupations et/ou aux préoccupations ou aux perceptions
plaintes. d’impacts négatifs de la communauté ?
• Elle adopte une approche proactive, encline • Existe-t-il un système habilité à recevoir des
à la collaboration, et met en œuvre des plaintes et à y donner suite, et celui-ci a-t-il
mesures préventives et correctives si été communiqué aux parties prenantes ?
nécessaire.
• Le système habilité à recevoir les plaintes
fonctionne-t-il ?
• Existe-t-il une procédure qui détermine les
responsabilités du personnel pour la
résolution des plaintes ? Un délai a-t-il été
établi pour traiter les plaintes ?
• Des plaintes ont-elles déjà été reçues ? Les
plaintes reçues ont-elle fait l’objet d’un suivi
et d’un traitement approprié ? Existe-t-il des
preuves d’impacts qui auraient été négligés ?
• La réponse de l’exploitation a-t-elle été
constructive, appropriée, encline à la
collaboration, et les mesures correctives et
préventives nécessaires ont-elles été prises ?
Module 4 - Page 70
Réduction des effets négatifs
Cas réel
Résidus de récolte et mouches d’étable
EXPLOITATION 1. Lors d’un audit annuel dans une
plantation d'ananas, le personnel indique qu’en juin
et en juillet 2016, de fortes pluies ont provoqué
une infestation de mouches d’étables, affectant les
éleveurs bovins de la région.
Comme les fortes pluies avaient endommagé les
chemins, les machines agricoles n’ont pas pu se
rendre sur place pour broyer et réincorporer les
résidus de récolte dans les parcelles où les plants
avaient été coupés. Analyse et résultat
L’auditeur juge important d'analyser la réponse de La preuve indique que l'incident était un
l’exploitation face à l’impact causé aux éleveurs cas isolé et inhabituel, aggravé par les
bovins voisins. Il visite donc trois exploitations conditions météorologiques du moment,
bovines voisines et les familles d’éleveurs et non un fait qui s’est répété dans le
interrogées confirment que l’infestation de temps. Les personnes touchées qui ont
mouches d’étables, qui avait gravement affecté le été interrogées, perçoivent la disposition
bétail et perturbé la tranquillité de la vie de l’exploitation à collaborer et à
quotidienne, est liée à l'activité de production adopter des mesures préventives.
d’ananas. Ils indiquent qu’il s’agit d’un événement L'attitude de transparence et de
isolé et inhabituel qui ne s’était jamais produit au collaboration, ainsi que l'adoption
cours des 5 années de voisinage avec la plantation immédiate de mesures correctives et
d’ananas. Ils ont également mentionné que préventives de la part de l’exploitation
l’exploitation avait placé des pièges à mouches, sont conformes aux exigences de la
livré des médicaments et des fortifiants pour le Norme SAN.
bétail, et que le personnel avait assuré le suivi et
répondu aux appels des éleveurs pour remplacer
les sacs et porter une attention particulière à
certains cas.
Ils ont indiqué que l‘infestation a été contrôlée et
que l’exploitation a toujours été disposée à
collaborer et à prendre des mesures de prévention.
Module 4 - Page 71
Résidus de récolte et mouches d’étable Une fois dans le bureau, l’auditeur examine le
seul entretien mené dans la communauté et
EXPLOITATION 2. Pendant la réunion dans lequel la personne interrogée évoque la
d’ouverture dans une plantation d'ananas, toxicomanie et le vol comme des problèmes
l’auditeur demande concrètement si des actuels de la communauté.
infestations de mouches s’étaient déjà produites L'auditeur téléphone à la personne interrogée
lors du traitement des résidus de récolte. Le pour lui demander pourquoi elle n'a pas évoqué
gérant indique que l’exploitation n’a pas eu le problème des mouches si évident chez les
affaire à ce genre de problèmes et qu’il n'a pas éleveurs. La réponse a été qu‘on lui a indiqué de
reçu de plaintes dans les boîtes aux lettres se référer aux problèmes sociaux tels que le vol,
placées à cet effet aux postes d’entrée. Le gérant le délinquance et la toxicomanie.
indique que le problème de mouches provenait
d'autres plantations d'ananas implantées dans le L’administration montre les registres des
secteur. pièges à mouches remis aux éleveurs au cours
des 24 mois, avec leurs signatures attestant
Sachant que les infestations de mouches d’étable qu’ils les ont bien reçus.
sont un problème récurrent dans la région,
l'auditeur se rend dans l'une des communautés L’auditeur inspecte une parcelle de 3 ha avec
voisines. À moins d'un kilomètre de des résidus de récolte d'ananas en
l’exploitation, un grand nombre de pièges à décomposition en plein champ. Le gérant
mouches sont visibles dans les prés des petits indique qu’il s’agit d’un cas isolé car la machine
éleveurs. est actuellement affectée à une autre parcelle.
L'auditeur interroge les riverains qui déclarent
souffrir depuis deux ans de l'infestation de
mouches d’étable générée par l’exploitation Analyse et résultat
auditée. Ils indiquent avoir déposé trois plaintes
Dans le cas de l’Exploitation 2, celle-ci fait
auprès de l’autorité compétente en matière de
preuve d’un manque de transparence, de
santé animale, mais que la situation perdure. Ils
négligence dans le traitement des résidus de
mentionnent également que les pièges ont été
récolte d’ananas, d’inefficacité dans le
placés par l’exploitation auditée, mais que
processus de consultation communautaire et
l’infestation est si forte qu'ils n’ont eu aucun
de résolution de plaintes, d’impacts négatifs
effet. Selon eux, plusieurs voisins avaient déjà
réguliers qui perdurent depuis deux ans et
vendu leurs exploitations à la plantation
affectent la communauté faute de mise en
d’ananas à l’origine de l‘infestation et d'autres
œuvre de mesures préventives et correctives,
envisageaient de le faire, en raison de
tout en sachant l'impact généré. Les preuves
l'impossibilité de poursuivre leur activité.
sont suffisantes pour déterminer que la gestion
Interrogé à nouveau, le gérant reconnaît que les de l’exploitation n’est pas conforme aux
pièges à mouches ont été placés par exigences du Rainforest Allianceet requiert
l’exploitation, mais qu'ils le faisaient pour aider l’attribution d’une non-conformité concernant
les gens, l’exploitation n’était pas à l’origine du plusieurs critères de la Norme relatifs aux
problème. points susvisés, tels que les critères B-4.46
(notification et résolution des plaintes de la
communauté) et C-3.37 (déchets).
Module 4 - Page 72
Résidus de récolte et mouches d’étable
BONNES PRATIQUES D’AUDIT
Dans les deux cas (Exploitation 1 et Exploitation 2),
l'auditeur a tiré des conclusions justes grâce à
l'utilisation de bonnes pratiques d’audit :
Il connaît les risques d’impacts que peut générer
une activité particulière et la problématique de la
région.
• Dans le cas de l’Exploitation 2, les
Il pose des questions pertinentes.
preuves peuvent être suffisantes pour
Il recoupe des informations. L'auditeur n'a pas attribuer une non-conformité au
clos l’affaire uniquement sur la base des regard du critère B-4.46 étant donné
informations que lui a fournies le gérant de la résolution insuffisante des plaintes.
l'exploitation. Il n'a pas écouté uniquement l’une L’exploitation n'a pas entrepris de
des parties prenantes.
mesures correctives suffisantes pour
Il se rend dans les communautés voisines. réduire au minimum/éradiquer le
Il observe et détecte des impacts potentiels problème des mouches.
(l’incidence des mouches est indiquée par la • Dans l’Exploitation 1, au contraire, la
présence de pièges à mouches). mise en place immédiate de mesures
Il fait preuve d’aplomb en mettant en doute la correctives et préventives démontre
parole du gérant et en interrogeant les éleveurs. la résolution adéquate des plaintes.
Module 4 - Page 73
Autres exemples
d’impacts négatifs dans la communauté
Il est important que l'auditeur connaisse les risques impacts qu’une activité ou une culture particulière
peut générer, afin d’orienter correctement les questions lors de l'audit.
Détournement d'eau pour l'irrigation Déchets non traités
Le détournement d'eau peut affecter les Les résidus végétaux non traités issus de
communautés en aval, qui voient la ressource nombreuses cultures peuvent générer des
réduite pour leurs activités. L'impact peut être nuisibles qui affectent gravement les autres
difficile à détecter. activités agricoles.
Émissions de gaz Effluents hors des paramètres
Les émissions des usines de transformation situées acceptés
dans les exploitations doivent respecter les Le rejet programmé ou accidentel
paramètres légaux en matière d’émissions. Parfois, provoque des dommages
les habitants perçoivent ces émissions comme très environnementaux et peut engendrer, par
polluantes, alors qu’elles peuvent ne pas l’être. Il est conséquent, un impact social grave :
de la responsabilité de l‘exploitation de partager les l’élimination des moyens de subsistance.
résultats des analyses.
Module 4 - Page 74
Soutien aux communautés
dans la Norme SAN
Les exploitations disposent en général d’un personnel formé à même de participer à des projets de
sensibilisation communautaire. Le soutien à apporter aux communautés dans la zone d'influence ne
requiert pas nécessairement d’importants investissements financiers de la part de l’exploitation, la
non-contribution auprès de la communauté n’a donc pas d’excuses valables, pour ainsi dire.
La système normatif du Rainforest Allianceaborde la question du soutien aux communautés dans
un seul critère, appartenant au niveau A :
Les exploitations et les groupes mettent en œuvre et documentent les activités
A-4-47
de soutien aux communautés
Le soutien apporté par l’exploitation aux Comment l’auditer ?
communautés doit générer des effets
bénéfiques pour la communauté au lieu de servir • Y a-t-il une liste des communautés
des intérêts particuliers. Les projets entrepris relevant de la zone d'influence ?
doivent s’ajuster au résultat des consultations • Y a-t-il une liste des parties prenantes ?
faites auprès de la communauté et aux priorités
qui ont été identifiées. • Existe-t-il des preuves de consultations
dans les communautés permettant
d’identifier les besoins ? Les aides à fournir
ont-elles été priorisées en collaboration
avec les communautés ?
• La consultation a-t-elle inclus des
membres d’organisations communautaires
telles que des associations de
développement, des comités de gestion de
systèmes d'adduction d’eau et autres
responsables communautaires ?
• Existent-ils des preuves de l'aide fournie ?